Vue normale

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierFlux principal

AI Action Summit : la France ambitionne de lever 2,5 milliards d’euros d’ici 5 ans pour mettre l’IA au service de l’intérêt général

28 janvier 2025 à 14:00

Dans tout juste deux semaines, les 10 et 11 février prochains, la France accueillera à Paris le Sommet pour l’Action sur l’IA qu’elle co-présidera avec l’Inde. Selon les déclarations d’Anne Bouverot, l’envoyée spéciale du président de la République chargée d’organiser cet événement, à La Tribune Dimanche, en marge du Forum de Davos, l’une des premières initiatives concrètes à y voir le jour sera la création d’une fondation pour une IA au service de l’intérêt général.

Selon Anne Bouverot, elle “permettrait de rassembler des données d’intérêt général, sur la santé par exemple. L’idée est de créer un cadre de confiance pour rassembler ces données, qui seraient librement accessibles aux chercheurs et vendus à un prix modique aux start-up. Elles seraient payantes pour les acteurs privés.”

L’objectif de cette fondation “qui pourrait être située à Paris” est de promouvoir le développement de l’IA au service de l’intérêt général. Pour la financer, le gouvernement espère “lever 2,5 milliards d’euros sur cinq ans(…) dont 500 millions dès cette année.”

Interrogée sur les autres objectifs du Sommet pour l’Action sur l’IA, Anne Bouverot a déclaré qu’il visait à “former une coalition pour une IA durable”, et à ce “que les pays participants signent une déclaration commune sur la nécessité d’une gouvernance internationale”.

Une semaine dédiée à l’IA

L’AI Action Summit réunira à Paris près d’une centaine de pays et plus d’un millier d’acteurs du secteur privé et de la société civile venus de tous les continents.

Les événements de l’initiative la “Route vers le Sommet” ont permis de préparer le terrain pour cet événement majeur. À travers une centaine de rencontres, organisées dans le monde entier, les participants (acteurs publics, privés, experts, membres des mondes académique, culturel et médiatique) ont pu se réunir autour de discussions portant sur les enjeux du Sommet.

Cette mobilisation internationale conduira en février à une “semaine de l’action pour l’IA” dont le Sommet sera le point d’orgue. Elle débutera les 6 et 7 février avec la conférence scientifique internationale “AI, Science and Society” organisée par l’Institut Polytechnique de Paris, sur son campus de Saclay, qui portera sur les transformations engendrées par l’IA sur la science et sur nos sociétés. En favorisant un dialogue interdisciplinaire, cette rencontre permettra à des chercheurs de renom, dont certains lauréats du Prix Nobel, de venir présenter leurs travaux.

Les 8 et 9 février, le Week-end culturel de l’IA proposera au grand public une immersion dans les multiples dimensions de l’IA et ses impacts sur la création artistique contemporaine. Le samedi 8 février, le site François-Mitterrand de la Bibliothèque Nationale de France accueillera des tables rondes et des ateliers pour explorer les transformations engendrées par l’IA dans plusieurs domaines (droits d’auteurs, évolutions des musées, architecture et aménagement du territoire, patrimoine, journalisme et information, audiovisuel et cinéma, etc.). Le lendemain, la Conciergerie accueillera l’exposition Machina Sapiens qui proposera de cartographier les enjeux de l’IA générative et son impact sur la société à travers une vingtaine d’œuvres d’artistes français et internationaux. Des masterclass avec les artistes seront organisées durant l’après-midi.

Les deux journées du Sommet

L’Elysée a donné ce 26 janvier plus de précisions sur le programme des deux journées du Sommet.

Jour 1 – lundi 10 février 2025

La première journée du Sommet prendra la forme de conférences, tables-rondes, présentations, qui mettront en avant les solutions permises par l’IA. Ce sera l’occasion de rencontres et discussions entre participants du monde entier, croisant systématiquement le regard des gouvernements, entreprises et de la société civile, réunis pour la première fois dans un même lieu. Les principaux thèmes abordés lors des conférences et ateliers seront :

Nef

  • Ouverture du Sommet : IA de pointe, au-delà des grands modèles de langage ;
  • Tout au long de la journée : l’IA en pratique, projections artistiques, démonstrations et défis portés par des innovateurs du monde entier

Scène principale

Matin :

  • Mettre l’IA au service de l’avenir du travail
  • Créer un cercle vertueux entre l’IA, la création et l’information

Après-midi :

  • Cyberattaques et désinformation : tirer parti de l’IA pour protéger les démocraties
  • Mettre en place une gouvernance de l’IA efficiente et réellement inclusive
  • Faire grandir des écosystèmes d’IA compétitifs et soutenables dans le monde entier
  • Orienter l’IA vers l’’intérêt général : vers un écosystème d’IA résilient et ouvert

Auditorium

Matin :

  • Construire une IA de confiance : des engagements volontaires à des codes de bonnes pratiques collaboratifs
  • Evaluer les risques de l’IA à la frontière technologique
  • IA et science : face au mur des données

Après-midi : Discussions organisées par Project Syndicate sur la concurrence et l’investissement, l’innovation et le futur du travail, et l’énergie.

Jour 2 – mardi 11 février 2025

Ce dernier jour de cette semaine consacrée à l’IA, une session plénière au Grand Palais rassemblera les chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que des personnalités internationales. Ensemble, ils échangeront sur les grandes actions communes à mettre en œuvre en matière d’IA.

En parallèle, de nombreux événements seront organisés à Paris : l’IA et la démocratie et l’impact environnemental de l’IA seront abordés respectivement à l’École Normale Supérieure et au Ministère de la transition écologique, d’autres événements s’adresseront à la manipulation de l’information, ou encore à la cybersécurité. Station F accueillera quant à lui le Business Day, une journée consacrée aux entreprises.

IA au service de l'intérêt général
  • ✇ActuIA
  • Repenser l’IA pour l’intérêt général : les recommandations du CESE
    En amont du Sommet mondial de l’IA de Paris, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté hier à 99 voix pour, 22 abstentions et 10 voix contre, l’avis “Pour une IA au service de l’intérêt général”. Ce document propose un cadre d’acceptabilité inédit pour le déploiement de l’IA dans la société française. Élaboré par une commission temporaire composée de conseillers issus de la société civile organisée et de 10 citoyens tirés au sort, cet avis offre une contribution sur l’impa

Repenser l’IA pour l’intérêt général : les recommandations du CESE

15 janvier 2025 à 11:12

En amont du Sommet mondial de l’IA de Paris, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté hier à 99 voix pour, 22 abstentions et 10 voix contre, l’avis “Pour une IA au service de l’intérêt général”. Ce document propose un cadre d’acceptabilité inédit pour le déploiement de l’IA dans la société française. Élaboré par une commission temporaire composée de conseillers issus de la société civile organisée et de 10 citoyens tirés au sort, cet avis offre une contribution sur l’impact de l’IA dans des domaines clés tels que le travail, la santé, l’éducation et les services publics.

Troisième assemblée constitutionnelle de la République française, le CESE assure le lien entre les pouvoirs publics et les citoyens. Ses 175 membres, répartis en divers groupes de travail, sont désignés pour 5 ans par des syndicats, des organisations patronales, des associations ou des ONG. Il peut également associer à ses travaux des citoyens tirés au sort et organiser des conventions citoyennes ou des consultations en ligne.

Les travaux adoptés par le Bureau sont ensuite publiés au Journal Officiel et transmises au Gouvernement et au Parlement afin de les éclairer dans l’élaboration des politiques publiques.

Quatre critères pour une IA à l’écoute de la société

Le CESE souligne l’importance de garantir que l’IA soit déployée de manière responsable, éthique et durable. Pour garantir que l’IA serve réellement l’intérêt général, il identifie quatre critères fondamentaux :

  • Compatibilité avec les limites planétaires : Intégrer l’impact environnemental dans la conception et l’usage des technologies d’IA ;
  • Progrès social : Promouvoir une IA qui améliore les conditions de vie et réduit les inégalités ;
  • Enjeux économiques : Soutenir la création de valeur tout en évitant les effets pervers tels que la précarisation de l’emploi ;
  • Respect des droits fondamentaux : Garantir libertés individuelles, transparence et équité.

Des recommandations concrètes et inclusives

Le CESE propose 32 préconisations clés, parmi lesquelles :

  • Prioriser l’utilité sociétale

L’IA doit être d’abord envisagée comme un outil au service de besoins essentiels (santé, éducation, accessibilité). Son impact sur les conditions de travail, qu’il ait des effets positifs (automatisation de tâches répétitives, optimisation de l’efficacité…) ou négatifs (sentiment de perte de compétence, surveillance excessive…), doit être mesuré et régulièrement discuté.

Le CESE préconise donc d’inclure l’IA dans le dialogue social et recommande la mise en place d’un accord national interprofessionnel (ANI) sur les modalités de déploiement de l’IA dans les entreprises. Cet accord, négocié par tous les partenaires sociaux, doit assurer un déploiement maîtrisé de l’IA, au service des travailleurs et en adéquation avec les besoins identifiés.

  • Former et inclure

32% de la population française, soit 16 millions de personnes, se considère éloignée du numérique. Le CESE prône un plan national de formation au numérique et à l’IA, adapté à tous les âges. Les usages et les risques potentiels de l’IA devront par ailleurs être intégrés au plan national de formation du personnel éducatif, des médiateurs numériques, des travailleurs sociaux et des agents publics.

  • Renforcer le choix citoyen

Pour que les citoyens puissent faire des choix éclairés quant au déploiement de l’IA, il est  crucial de les sensibiliser à ses impacts environnementaux, tels que la consommation d’énergie, d’eau et de ressources pour les infrastructures d’IA, et de les former à un usage plus frugal de l’IA. Le CESE souligne la nécessité de prendre en compte les conflits potentiels liés à l’implantation de nouveaux centres de données, appelant à une communication transparente sur les conséquences associées et à une réelle considération des retours citoyens.

L’IA ne doit pas être imposée : les services publics doivent préserver une option humaine, pour garantir l’universalité de l’accès au service public et la liberté de choix de tous.

  • Assurer la transparence et l’explicabilité de l’IA

Selon le CESE, les biais intrinsèques des IA, liés aux jeux de données et aux choix des concepteurs, confèrent à ces technologies une dimension politique. Il appelle à garantir la transparence et l’explicabilité des décisions et des résultats produits par les IA. Il préconise également de renforcer les exigences de la réglementation européenne en matière de transparence des algorithmes et des données d’entraînement, de diversifier ces dernières pour limiter les biais, et de clarifier les règles de protection des données personnelles en conformité avec le RGPD.

Palais_d'Iéna,_hémicycle_(3)
❌
❌