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Derrière le Nobel de physique, la consécration de Google : c’est le cinquième prix de l’entreprise américaine

On connait Google pour ses produits et services grand public, mais l'entreprise est aussi très active dans la recherche fondamentale. Au point, d'ailleurs, que certains employés actuels ou passés ont fini par avoir un prix Nobel. En l'espace de deux ans, la firme de Mountain View est passée de zéro à cinq Nobel. Signe de son implication dans la tech de pointe.
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Actualités quantiques de mai 2025
Voici une chanson créée par l’IA quantique, sans plagier personne
Une mélodie issue de calculs quantiques ? C’est désormais une réalité sonore. L’artiste électro ILĀ vient de dévoiler une chanson inédite, conçue à partir d’IA et d’informatique quantique.
Ce titre, baptisé « Recurse », redéfinit la création musicale en y mêlant des technologies encore rares dans le domaine artistique.
Le projet a été mené en collaboration avec la startup britannique Moth, spécialisée dans les outils de génération créative. Ensemble, ils ont utilisé la plateforme logicielle Archaeo, développée par Moth et déployée sur un ordinateur quantique signé IQM.
Contrairement aux IA génératives habituelles, souvent critiquées pour s’appuyer sur des bases de données incluant des œuvres d’autres artistes, cette IA a été entraînée uniquement à partir de contenus fournis par ILĀ. Une manière d’éviter toute accusation de plagiat et de respecter l’intégrité des œuvres originales.
Une IA qui accompagne, sans copier ni deviner
Plutôt que de produire un morceau complet de manière autonome, l’IA quantique fonctionne ici comme un assistant créatif. Elle restructure, combine et réorganise les séquences musicales fournies par ILĀ, sans jamais piocher dans des banques de sons externes. « J’ai créé un morceau comme je le ferais normalement, et ces séquences ont servi à entraîner le système », a expliqué l’artiste. L’algorithme n’invente pas à partir de rien, il prolonge une intention artistique déjà existante.
Disponible sur Spotify, YouTube et d’autres plateformes, la chanson Recurse s’accompagne d’un clip utilisant un effet visuel appelé “flou quantique”. Ce filtre, imaginé par Moth, évoque les instabilités et superpositions typiques de l’univers quantique. Le rendu visuel fait écho à la nature expérimentale du projet. L’objectif était clair : créer une œuvre cohérente, née d’une nouvelle interaction entre l’artiste et la machine.
Du côté de Moth, le ton est solennel. « C’est un moment décisif l’avenir de la créativité elle-même. », affirme l’équipe. La technologie employée permettrait, selon eux, d’élargir les outils créatifs sans sacrifier l’originalité ni l’empreinte de l’auteur. Contrairement aux IA qui génèrent des titres entiers en imitant des styles préexistants, cette approche valorise la co-création entre humain et machine.
Une piste de réflexion pour l’industrie musicale
Alors que les débats autour de l’IA dans les arts restent vifs, ce projet propose une autre voie. L’IA peut ici enrichir le processus sans le court-circuiter. Elle devient un outil d’expérimentation, pas un substitut à l’inspiration. Recurse se présente ainsi comme une expérience musicale mais aussi comme un manifeste technologique.
Avec cette chanson, ILĀ et Moth montrent que l’IA quantique ne sert pas qu’à résoudre des équations complexes. Elle peut aussi, d’une certaine manière, écrire des partitions.
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Actualités quantiques de janvier 2025
Vous allez vivre 200 ans grâce à l’IA ! Anthropic annonce une révolution pour 2030
L’espérance de vie humaine pourrait très bientôt doubler grâce à l’intelligence artificielle ! C’est ce qu’affirme Dario Amodei, CEO d’Anthropic, lors d’un panel de discussion au Forum Economique Mondial de Davos. Aux côtés des dirigeants d’autres grandes entreprises comme Uber, Google ou Salesforce, il explique les plus grandes promesses de l’IA, mais livre aussi de vives inquiétudes quant à son potentiel destructeur…
Jusqu’à présent, le record de longévité humaine officiellement reconnu est détenu par la Française Jeanne Louise Calment, qui s’est éteinte en 1997 à l’âge de 122 ans et 164 jours. Toutefois, ce record pourrait prochainement exploser grâce à l’intelligence artificielle !
Selon Dario Amodei, le CEO d’Anthropic, l’IA pourrait très prochainement permettre d’importantes avancées dans la science et notamment dans le domaine de la biologie.
Lors d’un panel organisé le 23 janvier 2025 au Forum Economique Mondial de Davos, il a expliqué que l’IA pourrait « doubler l’espérance de vie humaine d’ici seulement 5 à 10 ans ». Il s’agit d’après lui de la « grande vision » du secteur de l’intelligence artificielle.
Pour cause, il estime qu’une IA peut aujourd’hui accomplir l’équivalent d’un siècle de recherche en biologie à seulement 5 à 10 ans. Or, beaucoup d’experts considèrent qu’il faudra 100 ans de recherche pour doubler la durée moyenne de la vie humaine.
Anthropic CEO Dario Amodei says there will be "a great acceleration" due to AI, with 100 years of progress in biology over the next 5-10 years, resulting in a doubling of the human lifespan in that timeframe pic.twitter.com/ERRitp7Av5
— Tsarathustra (@tsarnick) January 24, 2025
D’ailleurs, Amodei révèle que son entreprise travaille actuellement sur un « collaborateur virtuel » : un agent IA capable d’accomplir des tâches de haut niveau sur le lieu de travail.
Il peut par exemple ouvrir Google Docs ou utiliser la messagerie Slack. Un manager n’aura besoin de le surveiller qu’une fois de temps en temps, à la manière d’un employé humain.
Au cours des trois à six derniers mois, le chef d’entreprise explique être devenu « plus confiant » sur le fait que « nous nous dirigeons vraiment vers des systèmes IA meilleurs que presque tous les humains sur presque toutes les tâches ».
Comme nous l’expliquions dans ce précédent article, il affirme avoir vu des modèles IA aussi performants que des étudiants en doctorat de mathématiques, programmation ou biologie.
D’ici 2026 ou 2027, il s’attend à ce que « nous ayons des systèmes IA largement meilleurs que presque tous les humains à presque tout ».
L’IA ne peut pas sauver le monde à cause de deux obstacles
Cependant, Amodei précise que les agents IA ne vont pas « résoudre immédiatement tous les problèmes du monde ». Deux principaux obstacles se dressent face à cette technologie révolutionnaire.
Il s’agit du monde physique et de la bureaucratie humaine. Un problème que l’on rencontre déjà dans le domaine des voitures autonomes, qui peinent à s’adapter aux imprévus du monde réel et se heurtent à des restrictions administratives.
Un frein qu’admet le CEO de Uber, Dara Khosrowshahi. Par exemple, un panneau stop un peu effacé peut provoquer la confusion chez une voiture autonome alors que même un conducteur humain débutant n’aura aucun souci à en tenir compte.
De la même manière, le CEO d’Anthropic explique que l’IA peut inventer de nouveaux médicaments, mais qu’ils devront faire l’objet de tests cliniques et être approuvés par les régulateurs.
Néanmoins, le CEO de Pfizer, Albert Bourla, également présent lors de ce panel de discussion, confirme que l’IA peut réduire le temps de découverte de médicaments à quelques mois au lieu de plusieurs années.
Cependant, pour que le public puisse profiter de ces avancées, plusieurs étapes doivent être franchies. Par exemple, l’IA doit aider à identifier des cibles prometteuses, mais il faut ensuite suivre un processus pour associer un anticorps à une protéine spécifique que l’on retrouve souvent dans les cellules cancéreuses.
Il faut ensuite l’armer avec une « ogive » pour qu’elle détruise uniquement les cellules cancéreuses et non les cellules saines.
Un second obstacle que pointe du doigt le CEO d’ Uber est le manque de confiance du public. Selon lui, il est plus facile pour les gens d’accepter les erreurs d’autres humains que celles de l’IA.
Par conséquent, l’IA doit être 10 fois meilleure que les humains pour obtenir leur confiance. Même s’il est convaincu que les voitures autonomes sont plus sûres que les véhicules conduits par les humains, même une poignée d’accidents suffit à éroder la confiance du public.
De même, Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, reconnaît que son institution peut être « trop lente » pour innover. Très souvent l’OTAN voudrait qu’une solution technologique fonctionne presque parfaitement avant d’être déployée. Il estime que c’est une erreur, car « la vitesse est l’essence ».
La dernière génération d’employés humains ?
Un autre CEO présent lors de ce panel est celui de Salesforce, Marc Benioff. Selon lui, les chefs d’entreprise présents à Davos étaient peut-être les derniers à gérer des employés uniquement humains.
À ses yeux, les agents IA vont très bientôt prendre une grande importance au sein des entreprises. Les managers travailleront à la fois avec des employés humains et numériques.
Pour rappel, Salesforce propose déjà Agentforce : une solution laissant les clients construire et personnaliser les agents IA.
Même son de cloche pour la CIO de Google, Ruth Porat, affirmant que Google regarde déjà vers l’avenir et vers des technologies comme l’informatique quantique.
En décembre 2024, la firme a présenté la puce quantique Willow capable de résoudre en moins de 5 minutes des problèmes qui prendraient des milliards d’années aux meilleurs superordinateurs.
La crainte d’une super-dictature basée sur l’IA
WEF 2025, Davos: Anthropic's Dario Amodei Sounds the Alarm – AI's Shadow Could Eclipse Democracy, Heralding an Age of Tyranny
"Imagine what that country of geniuses in a data center could do in the hands of an autocracy. We take 10 million virtual minds that are smarter than any… pic.twitter.com/1BmrCBxElP— Camus (@newstart_2024) January 24, 2025
Toutefois, concernant l’avenir, Amodei s’inquiète de l’impact de l’IA sur les systèmes politiques. Il ignore pour l’instant si elle mènera à une meilleure démocratie ou à davantage d’autocratie.
Par exemple, il se demande ce qu’il adviendra quand la Chine déploiera 10 millions d’agents IA : « que pourraient-ils faire en termes d’État de surveillance ? Le pouvoir des dictateurs a traditionnellement été restreint par le besoin d’avoir des humains qui exécutent la volonté du dictateur… »
Or, « il y a une possibilité effrayante que l’IA puisse supprimer certaines de ces limites et rendre possible quelque chose comme le roman 1984 ou encore plus sombre à l’échelle internationale ».
Selon la CIO de Google, c’est précisément pourquoi l’Occident doit rester en avance dans le développement de l’IA. Et ceci requiert un environnement administratif propice à l’innovation.
Elle estime aussi que les entreprises doivent rester engagées avec les pays étrangers dans leur développement de l’IA. Quand elle parle avec des dirigeants, elle rapporte qu’ils expriment tous de l’intérêt pour déployer l’IA dans leurs pays.
Cependant, ils disent aussi clairement que si les États-Unis ne sont pas présents, ils feront des partenariats avec d’autres pays. La récente percée fulgurante de la startup chinoise DeepSeek confirme que la domination occidentale sur l’IA ne tient qu’à un fil…
Et vous, qu’en pensez-vous ? Quels sont vos plus grands espoirs et vos plus grandes craintes concernant l’intelligence artificielle ? Partagez votre avis en commentaire !
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Alice & Bob lève 100 millions d’euros en Europe pour industrialiser son calculateur quantique
CERN QT4HEP, LHC, Atlas, CMS and antimatter factory
Structurer l’écosystème quantique européen : la vision de Benjamin Haddad
Hier après-midi, Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, s’est rendu à l’usine de Quandela, acteur majeur français du quantique, à Massy, dans l’Essonne. Lors de cette visite, il a appelé à redoubler d’efforts pour structurer un écosystème technologique cohérent et efficace, soulignant l’importance de coordonner les initiatives nationales et européennes et plaidant pour l’élaboration d’une stratégie quantique au niveau de l’UE.
Fondé en 2017, Quandela, leader européen de la photonique quantique, conçoit, construit et fournit des solutions quantiques de pointe pour l’industrie, notamment des systèmes prêts à l’emploi pour les datacenters, des processeurs quantiques accessibles via le cloud, ainsi que des services d’accès aux algorithmes.
Coordonner les initiatives
Benjamin Haddad entend défendre une meilleure coordination des initiatives telles qu’EuroHPC, EuroQCI et les programmes nationaux pour maximiser les synergies. Par ailleurs, il préconise que les financements de France 2030 soient relayés dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) européen. La France souhaite cibler le financement des secteurs économiques stratégiques dans les futures négociations du programme cadre de recherche et d’innovation (FP10) ainsi que dans Digital Europe, en mettant l’accent sur les technologies quantiques.
Simplification réglementaire : un levier pour l’innovation
Benjamin Haddad estime également que la simplification des réglementations européennes est une priorité urgente. Selon lui, ces textes ne doivent pas freiner l’investissement, l’innovation et la compétitivité des entreprises : “Nous en ferons également une grande cause du Sommet IA.”
Concernant les aides d’État, il souligne la nécessité d’un allègement des procédures pour permettre aux entreprises du quantique de mobiliser rapidement des fonds en phase initiale :
“L’allègement des procédures d’aides d’Etat est essentiel pour que les entreprises du quantique puissent débloquer rapidement des fonds en phase initiale. Je porterai, auprès de la Commission, l’objectif de rationaliser le règlement d’exemption par catégories (RGEC) afin de mieux articuler les règles relatives aux aides d’Etat et celles relatives aux fonds européens. Cela passe par un l’alignement des conditions d’éligibilité pour simplifier l’utilisation croisée, et par un alignement des modalités d’utilisation des options de coûts simplifiées (OCS) dans le cadre des fonds européens”.
Pour accélérer la simplification réglementaire, Benjamin Haddad entend également appuyer la proposition de la Commission européenne de créer un 28e régime pour les jeunes entreprises innovantes, défendue par les autorités françaises :
“Les difficultés d’expansion au sein du marché européen sont une faiblesse de notre écosystème d’innovation, qui provient en partie d’une fragmentation réglementaire. Cette mesure instaurerait un statut européen unique de la jeune entreprise innovante, qui permettrait à ces entreprises de ne s’enregistrer qu’une seule fois au niveau européen et de bénéficier d’une uniformisation de certaines réglementations, notamment celles facilitant l’accès aux financements. Cette mesure pourrait être la clé de voûte de la nouvelle « EU start-up and scale-up strategy » et permettrait d’accompagner les jeunes entreprises en phase de croissance.”
Renforcer l’investissement privé
Le ministre délégué à l’Europe souhaite mobiliser davantage les financements privés et l’épargne européenne pour soutenir l’innovation dans les phases d’amorçage et de développement du hardware quantique.
Il insiste sur la nécessité de rendre l’investissement européen plus attractif, rappelant que 300 milliards d’euros d’épargne privée sont actuellement investis hors d’Europe, principalement aux États-Unis. La création d’un produit d’épargne européen est une piste explorée, et l’Eurogroupe a déjà exprimé son intérêt sur cette question.
Renouer avec le risque
Benjamin Haddad insiste sur la nécessité pour l’Europe de se réconcilier avec la prise de risque. Il plaide pour une relance du marché de la titrisation afin de financer les innovations quantiques, tout en simplifiant les exigences de due diligence pour les investisseurs. La titrisation permet de transformer des actifs financiers, tels que des créances ou des prêts, en titres négociables sur les marchés financiers et offre aux entreprises la possibilité de lever rapidement des fonds.
“Nous ne pouvons pas bureaucratiser ce qui relève de l’innovation et de l’investissement dans notre futur. C’est la raison pour laquelle je soutiens l’allégement des exigences de due diligence applicable aux investisseurs dans les opérations de titrisation, aujourd’hui trop lourdes et prescriptives. L’adoption d’une approche principielle permettra de limiter la complexité induite pour les investisseurs en se bornant à leur imposer d’évaluer correctement et raisonnablement les risques auxquels ils s’exposent.”
