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  • FramIActu n°4 — La revue mensuelle sur l’actualité de l’IA
    Bienvenue à toutes et tous pour ce quatrième numéro de la FramIActu ! Semaine après semaine, l’actualité autour de l’Intelligence Artificielle défile, et si pour autant nous ne voyons pas plus clairement le cap que nous devons suivre, nous percevons de mieux en mieux les remous qui nous entourent. Préparez votre boisson préférée et installez-vous confortablement : c’est l’heure de la FramIActu !   Stokastik, la mascotte de FramamIA, faisant référence au perroquet stochastique. Illustration de

FramIActu n°4 — La revue mensuelle sur l’actualité de l’IA

Bienvenue à toutes et tous pour ce quatrième numéro de la FramIActu !

Semaine après semaine, l’actualité autour de l’Intelligence Artificielle défile, et si pour autant nous ne voyons pas plus clairement le cap que nous devons suivre, nous percevons de mieux en mieux les remous qui nous entourent.

Préparez votre boisson préférée et installez-vous confortablement : c’est l’heure de la FramIActu !

 

Le dessin d'un perroquet Ara, avec un remonteur mécanique dans son dos, comme pour les jouets ou les montres. Celui si est assis et semble parler.

Stokastik, la mascotte de FramamIA, faisant référence au perroquet stochastique. Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Une dépendance trop forte aux modélisations par IA est mauvaise pour la science

Dans un article paru le 07 avril 2025 dans Nature (accès payant, malheureusement), des chercheureuses démontrent que la dépendance excessive aux modélisations par IA nuit à la recherche scientifique.
Dans cette étude, nous apprenons que de nombreux champs de recherche (au moins une trentaine sont concernés, allant de la psychiatrie à la biologie moléculaire) sont affectés par des études basées sur des modélisations faites par IA dont les résultats sont erronés.

À titre d’exemple, les chercheureuses indiquent que durant la pandémie du COVID-19, 415 études ont avancé qu’une radiographie de la poitrine ou une tomodensitométrie pourraient diagnostiquer la maladie. Or, seulement 62 de ces études respectaient un standard de qualité suffisant et même parmi celles-ci, des défauts étaient très répandus, incluant des méthodes d’évaluation bancales, des données dupliquées et un manque de clarté concernant les cas « positifs », certaines études ne précisant pas si ces cas provenaient bien de personnes ayant un diagnostic médical confirmé.

Les auteurices de l’étude se plaignent aussi de la difficulté à reproduire les résultats des études (la reproductibilité étant une condition essentielle à la méthode scientifique) utilisant des IA basées sur de grands modèles de langage. Ces modèles sont très sensibles aux entrées : de tous petits changements de formulations lors de la requête peut générer une réponse très différente.
De plus, les modèles appartenant le plus souvent à des compagnies privées, il est très difficile de pouvoir y accéder rendant des études basées sur ceux-ci difficiles à reproduire.
D’autant plus que des mises à jour des modèles surviennent régulièrement, sans que les chercheureuses n’aient été notifié·es.

Mème. À gauche, une carte Uno avec marqué « Fais des études reproductibles ou pioche 25 cartes ». À droite, un personnage tagué « Le monde de la recherche » a pioché 25 cartes.

Le monde de recherche et l’IA. Mème généré via Framamèmes. Licence : CC0

Les chercheureuses appuient donc sur la nécessité d’être vigilant·es concernant l’augmentation de recherches scientifiques liées au boom de l’IA. Même si celles-ci étaient sans erreur, elles ne sont pas forcément synonymes de réelles avancées scientifiques.
Bien que certaines modélisations trouvées par des recherches basées sur de l’IA peuvent être utiles, en tirer une conclusion scientifique permettant de mieux comprendre le réel est bien plus difficile et les chercheureuses invitent leurs collègues à ne pas se tromper.
Les boites à outils composées d’IA basées sur de l’apprentissage machine permettent de construire plus facilement des modélisations mais ne rendent pas nécessairement plus faciles l’extraction des savoirs sur le monde et peuvent même rendre celle-ci plus difficile.
Le risque est donc de produire plus mais de comprendre moins.

Les auteurices invitent en conclusion à séparer la production de résultats individuels du progrès scientifique. Pour cela, celleux-ci indiquent qu’il est nécessaire de rédiger des synthèses avec un discours moins systématique et plus critique qui questionne les méthodes acceptées, adopte différentes formes de preuves, se confronte à des affirmations supposément incompatibles et théorise les découvertes existantes.
Aussi, une prudence bien plus forte doit être apportée aux recherches basées sur des modèles d’IA, jusqu’à ce que les résultats de celles-ci puissent être rigoureusement reproduits.
Enfin, les chercheureuses encouragent les financeurs à financer des recherches de qualité plutôt que de se focaliser sur la quantité.

L’IA rate les diagnostics médicaux de femmes et personnes noires.

Dans une étude parue dans Science Advances, un groupe de chercheureuses dévoile (sans grande surprise, avouons-le) qu’un des modèles d’IA les plus utilisés pour faire de la radiologie des poitrines à la recherche de maladies ne détecte pas correctement certain·es maladies potentiellement mortelles pour les groupes marginalisés (dont les femmes et les personnes noires).

Judy Gichoya, une informaticienne et radiologiste qui n’est pas impliquée dans l’étude, appuie sur la difficulté de réduire ces biais. Elle propose de s’appuyer sur des jeux de données plus petits mais plus diversifiés et de résoudre leurs défauts petit à petit.

L’étude s’inscrit dans un contexte où l’utilisation dans des contextes médicaux s’accélère et appuie ainsi sur la nécessité de toujours garder un regard humain sur les diagnostics et de ne jamais faire aveuglément confiance en les résultats fournis par une IA.

L'IA qui rend son diagnostique.Généré avec Framamemes. CC-0

L’IA rend son diagnostic.
Généré avec Framamemes. Licence : CC-0

De notre point de vue, la grande difficulté de la résolution des biais dans l’IA est liée à une volonté politique et financière : si ce genre de méthode se généralise, il faudrait très certainement investir massivement dans la numérisation des réalités des minorités et faire un immense travail de fond pour en éliminer le maximum de biais.
Cela semble malheureusement aller à contre-courant de la tendance actuelle.

 

Des expert·es en sécurité informatique dévoilent comment l’IA « malveillante » impacte le domaine

Lors de la conférence RSA, dédiée à la sécurité informatique, des expert·es du domaine ont dévoilé la puissance d’outils comme WormGPT pour découvrir des failles de sécurité et concevoir des attaques les exploitant.

WormGPT est un agent conversationnel ressemblant à ChatGPT mais n’ayant pas de modération. Celui-ci est aussi taillé pour la cybersécurité. On peut donc lui demander de fournir des réponses à tout, même à des choses illégales et/ou dangereuses.

Dans leur présentation, les informaticien·nes décrivent l’outil et ses capacités.
Celui-ci leur a permis de trouver rapidement des failles de sécurité dans un logiciel open source connu, mais aussi d’en générer des instructions claires permettant d’exploiter ces failles.

Les expert·es ont aussi cherché à faire générer directement le code par l’IA mais celui-ci n’était pas fonctionnel.
Ce dernier point sera très certainement amélioré au fil des prochains mois.

L’automatisation de l’analyse de failles informatiques a ainsi fait un bond conséquent en avant tout comme les capacités à les exploiter. Si des groupes de pirates se mettent à automatiser le processus, l’ensemble des systèmes informatiques risquent fort d’en pâtir.

D’un autre côté, si nous pouvons découvrir automatiquement des failles de sécurité dans nos logiciels, nous pouvons aussi chercher à les corriger avant qu’un·e attaquant·e ne les exploite.
L’utilisation de l’IA dans l’infrastructure entourant un logiciel semble donc presque inévitable de ce point de vue.

Enfin, nous pourrons aussi questionner ce que cela implique pour les développeur·euses modestes, notamment celleux partageant le code source de leur logiciel. Est-ce que la situation va ajouter encore plus de poids sur leurs épaules, leur demandant d’alourdir leur charge de travail (souvent bénévole) en mettant en place une infrastructure analysant les failles de sécurité et leur demandant de les résoudre au plus vite pour protéger leurs utilisateurices ?

L'image montre des briques reposant les unes sur les autres. L'ensemble de ces briques est taguée "All modern digital infrastructure". Une brique, sur laquelle repose tout l'équilibre de l'ensemble, est taguée "A project some random person in Nebraska has been Thanklessly maintaining since 2005".

Dependency – xkcd.
Licence : CC-BY-NC 2.5
Le célèbre xkcd représentant l’infrastructure du numérique moderne reposant entièrement sur une seule personne.

ChatGPT induit des psychoses à certain·es utilisateurices via ses réponses.

Dans un article de Rolling Stone, nous apprenons que des utilisateurices du média social Reddit décrivent comment l’IA a poussé leurs proches à adopter des délires, souvent basés sur des folies spirituelles ou des fantasmes surnaturels.

ChatGPT semble renforcer des psychoses chez certaines personnes, le plus souvent celles ayant déjà des tendances.
Interviewée par Rolling Stone, Erin Westgate, chercheuse en cognition, indique que certaines personnes utilisent ChatGPT comme « thérapie miroir ». Sauf que ChatGPT n’a pas pour préoccupation les intérêts de ces personnes.
Elle indique que des personnes utilisent ChatGPT pour trouver un sens à leur vie et ChatGPT leur recrache n’importe quelle explication trouvée un peu partout sur internet.

 

« Les explications sont puissantes, même si elles sont fausses » – Erin Westgate

Rappelons donc encore une fois que toute Intelligence Artificielle n’a aucune compréhension du réel et est surtout un système probabiliste. Une IA ne donnera jamais une réponse qu’elle considère être « vraie », c’est une notion inconnue pour elle. Elle donnera toujours une réponse qu’elle considère être « la plus probable » au regard de la manière dont elle a été entraînée et de l’historique de ses interactions avec l’utilisateur·ice.

Le dessin d'un perroquet Ara, avec un remonteur mécanique dans son dos, comme pour les jouets ou les montres. Accroché à son aile gauche, un ballon de baudruche.

Stokastik, la mascotte de FramamIA, faisant référence au perroquet stochastique. Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

C’est tout pour ce mois-ci !

 

Cependant, si vous avez trouvé cette FramIActu trop courte et que vous êtes resté·e sur votre faim, vous pouvez vous mettre d’autres actualités sous la dent en consultant notre site de curation dédié au sujet, mais aussi et surtout FramamIA, notre site partageant des clés de compréhension sur l’IA !

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Dans tous les cas, nous nous retrouverons le mois prochain pour un nouveau numéro de FramIActu ! 👋

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  • FramIActu n°3 — La revue mensuelle sur l’actualité de l’IA !
    Bienvenue dans ce troisième numéro de FramIActu, la revue mensuelle sur l’actualité de l’IA !   Ce mois-ci, encore, nous avons plein de choses à dire au sujet de l’IA et ses impacts sur nos sociétés. Pour rappel, nous mettons en avant notre veille sur le sujet sur notre site de curation dédié ainsi que sur Mastodon et Bluesky (sur le compte dédié FramamIA) !   Vous avez préparé votre boisson chaude (ou froide, c’est le printemps après tout !) préférée ? Alors c’est parti pour la FramIActu !  

FramIActu n°3 — La revue mensuelle sur l’actualité de l’IA !

Bienvenue dans ce troisième numéro de FramIActu, la revue mensuelle sur l’actualité de l’IA !

 

Ce mois-ci, encore, nous avons plein de choses à dire au sujet de l’IA et ses impacts sur nos sociétés.
Pour rappel, nous mettons en avant notre veille sur le sujet sur notre site de curation dédié ainsi que sur Mastodon et Bluesky (sur le compte dédié FramamIA) !

 

Vous avez préparé votre boisson chaude (ou froide, c’est le printemps après tout !) préférée ? Alors c’est parti pour la FramIActu !

 

Le dessin d'un perroquet Ara, avec un remonteur mécanique dans son dos, comme pour les jouets ou les montres. Celui si est assis et semble parler.

Stokastik, la mascotte de FramamIA, faisant référence au perroquet stochastique. Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Tout ce que vous dites à votre Echo est envoyé à Amazon

Dans cet article de Les Numériques, nous apprenons que fin mars, Amazon a retiré le support du traitement local des voix sur les assistants connectés Amazon Echo.

Cela signifie que toutes les enceintes connectées d’Amazon enverront les enregistrements audio sur leurs serveurs pour être traités afin d’améliorer la qualité de leurs services IA.

Amazon promet de ne pas conserver les enregistrements après traitement si l’utilisateurice a modifié ses préférences dans ce sens. Cependant, et comme le rappelle l’article, Amazon a déjà menti concernant cette promesse et l’entreprise a déjà été condamnée pour avoir conservé illégalement des enregistrements vocaux d’enfants.

Outre la question du respect de l’intimité numérique — et donc du RGPD — (mais bon, venant d’Amazon il n’y a aucune surprise sur ce sujet), c’est bien le message envoyé par les géants de la Tech que nous pouvons souligner : l’IA est leur excuse magique pour justifier toute action, même celles supposées illégales. Les géants capitalistes s’embêtent de moins en moins à respecter la loi et cherchent même à la tordre, comme en témoigne cet article de Next.

Mème : deux boutons rouges, un dit « Envoyer toutes mes données à Amazon », l'autre « Envoyer toutes mes données à Amazon ». Un homme tagué « Utilisateur·ice d'Amazon Echo » transpire en ne sachant sur quel bouton appuyer.

L’absence de choix, via Framamèmes. Licence CC-0

C’est assez exceptionnel, mais voici un article, datant de l’année dernière, que nous déterrons ! (En même temps, la FramIActu n’existait pas l’année dernière…)

Nous estimons qu’il est important d’en parler car nous entendons désormais très souvent des témoignages concernant la dégradation des résultats de Google.

Cet article (en anglais), publié par Mashable, traite d’une étude réalisée par des chercheureuses allemand·es décrivant la dégradation de la qualité des résultats de Google.

En effet, en raison du phénomène d’IA Slop, c’est-à-dire l’apparition massive de sites générés par IA et proposant un contenu de faible qualité, une bonne partie des résultats de recherche de Google n’orientent plus vers du contenu pertinent.

Parmi les raisons décrites, les chercheureuses expliquent que les sites générés par IA exploitent parfaitement les algorithmes de Google afin d’être mieux référencés que des contenus rédigés manuellement.

Cependant, on pourrait aussi expliquer la dégradation de la pertinence des résultats de Google, spécifiquement, en se référant à un autre article (en anglais, toujours) d’Edward Zitron, faisant une chronologie complète de comment Google a décidé de réduire volontairement la qualité de ses résultats afin de forcer les utilisateurices à faire plus de recherches sur le moteur de recherche. Cela dans le but d’afficher plus de publicités et donc générer plus de revenus pour l’entreprise.

Une illustration de « l’emmerdification » de Google, comme le souligne Cory Doctorow dans une de ses conférences dont nous avons récemment publié une traduction sur le Framablog.

Une démonstration vulgaire de pouvoir

Dans une note de blog, Jürgen Geuter (connu sous le pseudonyme tante), présente un point de vue intéressant sur l’ajout récent, par OpenAI, de la possibilité de générer des images dans le style du studio d’animation Ghibli.

Dans son analyse, le théoricien souligne l’idée que le choix du style du studio Ghibli n’est pas anodin. Ce choix est une « démonstration vulgaire de pouvoir ».

En effet, le studio, à travers ses œuvres, prône une vision humaniste et littéralement anti-fasciste de la société.
Plus, Hayao Miyazaki, co-fondateur du studio, avait déjà exprimé, en 2016, son effroi vis-à-vis de l’Intelligence Artificielle.
Pour tante, l’utilisation du style emblématique du studio Ghibli, par OpenAI, est la preuve que l’entreprise étasunienne n’a que faire de cette vision et des valeurs du studio, ni même du droit d’auteur ou de tout ce qui n’irait pas dans le sens de ce vampire capitaliste.

Ce comportement fait écho (sans mauvais jeu de mot) avec l’actualité concernant les enceintes connectées d’Amazon.

Comme si les entreprises de l’IA n’avaient pas besoin de respecter la loi, et pouvaient se permettre des pratiques toujours plus agressives, particulièrement depuis l’élection de Donald Trump aux États-Unis.

Mème : sur l'autoroute, un panneau indique « Respecter Les lois, les autres, le vivant » tout droit et « S'en foutre » sur la sortie à droite. Une voiture taguée « Les entreprises de l'IA » fait un dérapage pour prendre la sortie.

Les entreprises de l’IA et le respect. Mème généré avec Framamèmes. Licence CC-0

Aussi, tante appuie l’idée qu’OpenAI doit sortir de nouvelles fonctionnalités et paraître « cool » afin d’attirer les investisseurs. L’ajout du style du studio Ghibli comme « fonctionnalité » de ChatGPT en serait une illustration.

Cette réflexion semble faire sens, surtout lorsqu’on observe une autre actualité décrivant la volonté d’OpenAI de faire une nouvelle levée de fonds à hauteur de 40 milliards de dollars.

L’infrastructure du libre est attaquée par les entreprises d’IA

À travers un article s’appuyant sur les témoignages de différentes acteurices du Libre, nous découvrons la difficulté qu’ont de nombreuses structures à faire face à l’accaparement des ressources du Web par les robots d’indexation de l’IA.

Ces robots, en charge de récupérer le contenu de l’ensemble du Web afin de nourrir les réponses des Intelligences Artificielles génératives, composent parfois presque l’intégralité du trafic affectant un site Web.

Ce trafic représente un véritable problème car il représente une surcharge significative (de manière semblable à une attaque par déni de service) des infrastructures, forçant différents projets à adopter des techniques expérimentales pour se protéger et éviter de tomber en panne.

Par exemple, le projet GNOME a déployé le logiciel Anubis sur sa forge logicielle (où sont déposés les codes sources de l’ensemble des projets de l’organisation).

Anubis permet de détecter si une ressource est accédée par un·e humain·e ou un robot d’IA et permet, dans ce deuxième cas, de bloquer l’accès à la ressource.

Deux heures et demie après avoir installé Anubis, le projet GNOME indiquait que 97 % du trafic avait été bloqué par Anubis, car provenant d’IA.

Malheureusement, des outils comme Anubis nuisent à l’expérience globale du Web et sont peut-être des solutions seulement temporaires jusqu’à ce que les robots d’indexation des IA réussissent à contourner le logiciel et piller les ressources malgré tout.

Alors que l’infrastructure du Libre repose avant tout sur des efforts bénévoles et est déjà largement en tension financière, les géants de l’IA refusent de « respecter » ce fragile écosystème en ignorant ses faiblesses tout en se nourrissant de ses forces (son savoir et tous les communs mis à disposition de toustes).

Là encore, l’exemple le plus flagrant est que les robots d’indexation de l’IA ignorent les directives des sites Web lorsque ces derniers précisent, à l’aide d’un protocole, ne pas souhaiter être indexés par un robot.

Le dessin d'un perroquet Ara, avec un remonteur mécanique dans son dos, comme pour les jouets ou les montres. Accroché à son aile gauche, un ballon de baudruche.

Stokastik, la mascotte de FramamIA, faisant référence au perroquet stochastique. Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

C’est tout pour ce mois-ci mais si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur l’Intelligence Artificielle, vous pouvez consulter notre site de curation dédié au sujet, mais aussi et surtout FramamIA, notre site partageant des clés de compréhension sur l’IA !

Enfin, si nous pouvons vous proposer cette nouvelle revue mensuelle, c’est grâce à vos dons, Framasoft vivant presque exclusivement grâce à eux !

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  • Faire sa veille informationnelle à l’ère de l’IA générative
    Il y a quelques mois, Hubert Guillaud publiait, dans le média Dans Les Algorithmes, un article sur l’abondance de contenus générés par IA sur le Web (le fameux IA Slop). Quelques semaines plus tard, le média Next publiait une enquête sur les médias diffusant en partie ou exclusivement des articles générés par IA. Récemment encore, la Chine mettait en place une mesure imposant d’étiqueter les contenus générés par IA, prétextant un besoin de lutter contre la désinformation. Les techniques d’Intel

Faire sa veille informationnelle à l’ère de l’IA générative

Il y a quelques mois, Hubert Guillaud publiait, dans le média Dans Les Algorithmes, un article sur l’abondance de contenus générés par IA sur le Web (le fameux IA Slop).

Quelques semaines plus tard, le média Next publiait une enquête sur les médias diffusant en partie ou exclusivement des articles générés par IA.

Récemment encore, la Chine mettait en place une mesure imposant d’étiqueter les contenus générés par IA, prétextant un besoin de lutter contre la désinformation.

Les techniques d’Intelligence Artificielle générative sont aujourd’hui massivement utilisées pour publier du contenu sur la toile et il devient difficile de déterminer si une information est réelle ou non.

C’est pourquoi nous vous proposons un article permettant d’explorer quelques pistes pour faciliter l’exercice de l’esprit critique !

Bonne lecture !

En quoi la généralisation de l’IA générative nuit à la qualité des informations ?

IA Générative et réalité

L’IA générative (parfois abrégée GenAI) est une technique d’intelligence artificielle ayant pour objectif de produire du contenu qui semble naturel.

Ce qui marque quand on expérimente avec une IA générative, c’est la vraisemblance des réponses : celles-ci nous semblent plausibles.

Pourtant, une IA générative n’a aucune compréhension du réel, de ce qui existe ou non, de ce qui est donc vrai, ou non. Quand on lui demande « Qui est Framasoft ? », celle-ci va faire des calculs complexes et énergivores pour tenter de deviner quel est le résultat le plus probable attendu, en se basant sur toutes les données à partir desquelles elle a été « entraînée ».

Le logiciel nous fournira ainsi une réponse, parfois juste, parfois à côté de la plaque, parce que son algorithme aura estimé que c’est le résultat le plus probable attendu.

Mème : un homme tagué « l'ia » regarde d'un œil intéressé une femme taguée « Réponse probable », pendant que sa compagne taguée « La réalité » lui lance un regard noir.

L’IA est la réalité.

Parmi les gros problèmes de l’IA générative se situe l’incapacité à pouvoir décrire le cheminement de l’algorithme pour générer une réponse. Aucune IA générative ne peut, à ce jour, décrire ses sources ni indiquer pourquoi elle a préféré donner telle réponse plutôt qu’une autre. Nous nous retrouvons, au mieux, avec une chaîne de pensée et un score de probabilité et au pire, avec seulement le contenu de la réponse. À nous alors de faire preuve d’esprit critique pour déterminer si l’IA générative a donné une réponse probable et juste ou probable mais fausse. À nous aussi, comme le décrit Hubert Guillaud dans son article, de douter de la machine pour ne pas nous laisser induire en erreur.

Nous n’en sommes pas habitué·es, pourtant.

En effet, nous avons plutôt tendance à croire aveuglément les machines, persuadé·es que nous en maîtrisons de bout en bout tous les processus. Or, l’IA générative, malgré son ton toujours sûr, sa verve parfois moralisatrice et son incapacité à dire « Je ne sais pas », n’est pas une technique dont nous maîtrisons tous les processus (de la construction à la réponse). Il y a des zones d’ombre, des zones incomprises (du fait de l’essence même de cette technique) qui nous empêchent de pouvoir faire confiance en ses affirmations.

Enfin, l’IA générative inverse notre rapport à la production (d’écrits, notamment). Si autrefois, il était plus long de produire un contenu textuel que de le lire, c’est aujourd’hui l’inverse et ce fait, qui peut sembler anodin de prime abord, transfigure pourtant une bonne partie de notre société, notamment numérique.

IA Slop

Depuis quelques temps, le terme de « Slop » ou d’ « IA Slop » devient de plus en plus populaire pour décrire les contenus de mauvaise qualité réalisés via IA générative et qui pullulent désormais sur le Web.

Le Web, avec l’IA générative, se remplit peu à peu de contenus vides de sens, entièrement pensés pour créer de l’engagement ou plaire aux algorithmes de SEO (Search Engine Optimisation, les techniques mises en place pour être mieux référencé·e sur Google).
L’objectif final étant d’engranger facilement des revenus, via les mécanismes de réseaux sociaux ou la publicité.

La surabondance de ces contenus a plusieurs effets :

    • La raréfaction de contenus « originaux » (créés par un·e humain·e).

    • Une tendance à la réduction de la qualité des résultats de l’IA générative. Les données générées par IA générative écrasant sous leur masse celles créées par des humain·es, ces dernières deviennent donc plus difficiles à retrouver en bout de chaîne.

    • La mise en place d’un environnement « douteux ». Il devient difficile, aujourd’hui, de faire confiance en la qualité réelle d’un contenu a priori.

C’est en réaction à cette vague d’IA Slop et après la lecture de cette excellente enquête de Next sur la présence de plus de 3000 médias français générés par IA que nous avons décidé d’écrire cet article, dont le but est d’aider à mettre en lumière la problématique, mais aussi de présenter des pistes de solution.

Nous y reviendrons plus bas !

Comment reconnaître un texte produit par une IA Générative ?

Dans son enquête sur les sites de médias dont les contenus sont des plagiats générés par des IA génératives, Next a élaboré une méthode pour pouvoir reconnaître ceux-ci et nous la partage dans un article dont nous reprenons ici quelques points (mais nous vous recommandons chaudement de lire l’article de Next pour en découvrir l’intégralité des éléments) !

    • ChatGPT a des « tics de langage » et utilise, abusivement, certains termes tels que « crucial », « fondamental », « captivant », « troublant », « fascinant », « besoin urgent », « il est essentiel », etc ;

    • Les contenus produits par l’IA générative sont très scolaires alors que les journalistes tendent à adopter un « angle », c’est-à-dire un choix particulier dans la manière de traiter le sujet, aidant à se démarquer de ce qui est déjà écrit ;

    • Les fins d’articles générés par ChatGPT résument souvent l’article et/ou abordent des conclusions moralisantes ;

    • Les images d’illustration sont le plus souvent des copiés-collés des articles plagiés, parfois modifiés avec une rotation à 180° pour éviter d’être détectées par des moteurs de recherche d’images inversés. Sinon, elles sont générées par des IA génératives et sont particulièrement grossières et caricaturales, ou n’ont rien à voir avec le sujet ;

    • …

La méthodologie de Next permet de nous outiller pour exercer notre esprit critique dans notre navigation quotidienne.

Cependant, cela peut rapidement être fastidieux, notamment avec l’immense quantité d’articles générés par IA générative auxquels nous sommes confronté·es au quotidien. Dans son enquête, Next souligne d’ailleurs que des milliers d’articles mis en avant par Google Actualités sont en fait le fruit d’IA génératives.

Afin de faciliter la reconnaissance des sites proposant des articles générés par IA, Next a développé une extension de navigateur permettant d’afficher un message d’information lorsque nous accédons à un site GenAI. L’extension est actuellement capable de reconnaître plus de 3000 sites ( !) et sa base de données continue de grossir.

Gardons cependant à l’esprit que si cette extension nous pré-mâche énormément le travail, elle ne suffit cependant pas pour nous permettre de lever notre vigilance. De nouveaux sites émergent chaque jour et l’extension ne peut tous les recenser.

Notons qu’il existe des outils pour détecter si un texte a été écrit par un humain, comme le détecteur de QuillBot ou GPTZero. Cependant, nous ne recommandons pas leur usage (ou du moins pas sans un regard très critique).
Premièrement, ces outils ne sont pas libres, il convient donc de ne pas y envoyer de textes privés ou sensibles. Mais surtout, ces détecteurs sont réputés pour leur manque de fiabilité.
Par exemple, OpenAI proposait un détecteur de textes générés par ChatGPT
jusqu’en 2023, mais a décidé de l’arrêter, car il produisait trop d’erreurs.
Beaucoup de textes écrits par des humain·es peuvent être marqués par erreur comme générés par une IA. Ces détecteurs ont tendance à
défavoriser les locuteurs et locutrices non-natives : les textes en anglais écrits par des personnes dont l’anglais n’est pas la langue maternelle seront plus souvent marqués à tort comme étant écrits par une IA. Et inversement, il existe de nombreuses techniques pour contourner ces détecteurs.
Par exemple, des chercheur·euses ont montré qu’il est possible de paraphraser un texte généré par une IA afin que le texte soit marqué comme écrit par un·e humain·e.

Si nous décidons quand même d’utiliser ces outils, ne nous fions pas à leur décision ou à la probabilité affichée. Remettons-les en perspective avec d’autres éléments, dont ceux mentionnés précédemment.
Sinon nous risquons
d’accepter un texte écrit par une IA.
À l’inverse nous risquerions de jeter le discrédit sur un texte écrit par un·e humain·e, ce qui peut être emb
êtant, en particulier dans le cas des enseignant·es corrigeant des copies d’élèves.

De l’importance de la confiance

Il n’y a pas de méthode stricte et infaillible pour déterminer si un média est de source fiable ou non.
Au final, nous nous basons avant tout sur la confiance qu‘il nous inspire.
Et justement, il n’est pas toujours aisé de déterminer si nous souhaitons faire confiance ou non en un média.

Quelques questions peuvent néanmoins nous aider à affiner notre perception.

Quel est l’objectif du média ?

Se questionner sur l’objectif du média que l’on consulte peut grandement aider à y voir plus clair.

Pourquoi est-ce que celui-ci a été créé ?
Est-ce pour le « bien commun », un intérêt financier ou encore de pouvoir ?
Aucun média n’est totalement objectif, ce qui est normal, mais quel est le positionnement politique du média ?
Cherche-t-il à convaincre plutôt qu’informer ?

Quels sont les engagements du média pour parvenir à l’objectif évoqué ?

Parfois, certains objectifs peuvent n’être que des vœux pieux.
Regarder concrètement quels sont les actes et les engagements mis en place du média pour faire advenir ces objectifs peut nous aiguiller à jauger le degré de confiance que nous donnerons à celui-ci.

Qui possède le média ?

Et donc, quels sont les intérêts des personnes qui possèdent le média ?
Et quel
s pouvoirs exercent ces personnes sur lui ?

La cartographie mise à jour chaque année par Le Monde Diplomatique et ACRIMED est édifiante sur le fait que la majorité des médias « mainstream » sont — au moins en partie — possédés par des milliardaires ou des groupes de milliardaires.

Ces derniers semblent pouvoir orienter les journaux dans certaines directions, comme encore récemment avec Jeff Bezos (patron de, entre autres, Amazon, Twitch ou le Washington Post, quotidien emblématique étasunien), qui a souhaité ne pas faire publier la traditionnelle recommendation de vote du journal à l’approche de l’élection présidentielle étasunienne (alors que cette recommandation allait dans le sens de Harris, l’opposante de Trump).

Cependant, s’il est possible que les médias possédés par les milliardaires soient, en partie, influencés par leurs dirigeant·es, ce n’est pas forcément systématiquement le cas.

Le Monde Diplomatique, par exemple, est possédé à 51 % par le groupe Le Monde, mais à 49 % par l’association de lecteurs et lectrices du journal et l’association composée de toute l’équipe de rédaction. Ce sont ces 49 % qui choisissent le ou la rédacteurice en chef et iels possèdent un droit de veto pour les décisions prises.

Nous y retrouvons là un exemple de contre-pouvoir.

Comment est financé le média ?

Dans une société capitaliste, l’argent est au cœur de bien des choses et nous pensons essentiel de nous questionner sur la manière dont un média est financé.

Est-ce via la publicité ?
Sont-ce les liens d’affiliation (permettant de récolter des sous en fonction du nombre de visites/d’achats sur le lien) ? Les abonnements ? Les aides de l’État ? Les dons ?

Et si c’est un peu de tout ça, dans quelles proportions ?

Il y a bien des manières de financer un média, et toutes ne sont pas forcément viables dans le long terme ou ne correspondent à notre propre idée de la déontologie.

Le média cite-t-il ses sources ?

C’est une des premières choses que nous cherchons en général à consulter : d’où vient l’information mise en avant dans l’article.

Est-ce que c’est une revue scientifique ? Une dépêche AFP ? Un autre journal ? Un vieux Skyblog fait par Camille Dupuis-Morizeau ?

Si — comme trop souvent à notre goût 😬 — les sources ne sont pas citées, il est difficile de prouver la véracité de l’information et il nous faudra chercher celles-ci nous-même.

L’article est-il relu par les pair·es ?

C’est un processus obligatoire dans beaucoup de médias, chaque article est supposé être relu par au moins une autre personne que l’auteur·ice.

Cela permet d’avoir un regard frais sur le sujet, sur la qualité de l’article, etc.
Cependant et évidemment, la relecture n’empêche pas toujours certaines erreurs ou une ligne éditoriale idéologique.

Parfois, nous sommes convaincu·es que l’angle adopté par un article est le bon alors que d’autres estimeront que non.
D’autres fois, nous aurons tout simplement fait une erreur : choisi une source peu fiable, mal interprété une situation, etc.


Les erreurs arrivent et c’est pourquoi le processus de relecture et validation par d’autres existe !

Il y a-t-il une mise en avant des corrections apportées à l’article ?

Comme les erreurs arrivent, il est courant d’apporter des corrections aux articles publiés.

Est-ce que le média met en avant (en haut de son article, voire même en fin) ces corrections ?

Une mise à jour de l’article suite à l’apparition d’un événement nouveau mais crucial à la compréhension du sujet, par exemple ?

Toutes ces questions ne constituent pas une liste exhaustive, bien sûr, mais celles-ci peuvent déjà grandement nous aider à nous positionner vis-à-vis d’un média.

En nous prêtant à l’exercice, nous nous rendrons compte qu’il est parfois difficile de savoir clairement si un média est de confiance et nous devrons donc faire preuve de vigilance à son égard.

Enfin, aujourd’hui, avec la quantité faramineuse de sites générés par IA, nous ressentons facilement un sentiment de submersion et l’énergie nécessaire pour pouvoir exercer notre esprit critique sur tous ces sites dépasse l’entendement.

Faire sa veille, à l’heure de l’IA générative, est un vrai défi !

Mème. À gauche, une carte Uno avec marqué « Crois le premier site venu ou pioche 25 cartes ». À droite, un personnage tagué « Nous » a pioché 25 cartes.

L’exercice de l’esprit critique à l’heure de l’IA, une entreprise difficile.

C’est pourquoi dans la dernière partie de cet article, nous vous proposons de découvrir un outil pouvant aider à faciliter la veille informationnelle !

Vigilance cependant, si cet outil technique peut aider à assumer notre veille, il nous demande tout de même de rester attentifs et attentives, notamment avec la fonctionnalité de veille partagées !

Découvrons cet outil ensemble !

Flus, outil de veille simple

Flus est un outil de veille conçu par Marien, membre de Framasoft.

Ce n’est pas le premier coup d’essai de Marien dans la conception d’un tel outil, il a en effet, en 2012, initié un autre projet de veille : FreshRSS.

C’est grâce à l’enseignement des expériences apprises en concevant FreshRSS qu’il a pu concevoir une expérience aussi fluide dans Flus.

 

Un schéma montrant des sites agrégés vers Flus, d’où ressortent différents services.

Liste des services proposés par Flus.

 

Au cœur de FreshRSS et Flus se situe une technique majeure du Web : les flux RSS.

C’est quoi un flux RSS ?

Les flux RSS existent depuis 1999 et permettent à des applications tierces de savoir, presque en temps réel, si un nouvel article a été publié sur notre site.

Logo des flux RSS

Le gros avantage est de pouvoir centraliser dans un unique logiciel tous les flux auxquels nous souhaitons nous « abonner » et donc prendre connaissance des mises à jour de dizaines (voire centaines ou milliers, c’est à nous de choisir) de sites sans avoir à les ouvrir individuellement !

Le flux RSS est une technique légère, simple, mais terriblement efficace, simplifiant énormément le processus de veille.

C’est grâce aux flux RSS que de nombreux outils de veille fonctionnent… dont Flus !

Flus : un outil pensé pour éviter d’être submergé·es d’informations

Une des problématiques auxquelles nous pouvons être confronté·es en regroupant des centaines de flux RSS dans un logiciel permettant de les lire (ces logiciels sont appelés des agrégateurs) est que nous pouvons nous sentir submergé·es d’informations.

Si nous nous abonnons à des sites qui publient beaucoup d’actualités ou si nous avons beaucoup d’abonnements, il est fréquent de ressentir une forme « d’info-pollution ».

C’est pourquoi Flus a été pensé avec deux fonctionnalités nous permettant de contrôler le flot d’informations auquel nous sommes confronté·es.

Premièrement, l’espace de lecture des flux est conçu pour ne pas laisser s’accumuler les contenus, évitant ainsi une surcharge d’informations. Cet espace est limité volontairement à 50 contenus qui doivent être traités (ex. marqué comme lu, rangé, ou retiré) avant de pouvoir passer à la suite. 

Capture d'écran du journal de Flus.

Capture d’écran du journal de Flus.

Deuxièmement, chaque flux dispose d’un indicateur de fréquence de publication, indiquant le nombre de liens postés chaque jour.

Si ce rythme est trop élevé, il est possible de configurer le filtre définissant sur quelle période Flus va récupérer les publications pour l’abonnement.

Ce dernier point est très utile et est configuré par défaut pour ne récupérer que les publications de la dernière semaine. Cependant, si nous souhaitons tout recevoir d’un flux RSS, il est possible de configurer celui-ci pour tout nous afficher, sans limite temporelle.

Un outil de veille collaborative

Autre aspect intéressant de Flus : la possibilité de partager sa veille avec d’autres ou de construire des veilles collaboratives.

Le site propose d’ailleurs, dans son interface, de découvrir la veille d’autres personnes, triées par catégories.

Cette fonctionnalité est bien chouette lorsque l’on cherche à sortir un peu de ce que l’on connaît et chercher à découvrir d’autres sites ou sujets.

Attention encore ! Ce n’est pas parce que quelqu’un publie sa veille sur Flus que les informations partagées sont forcément fiables.

Là aussi, nous devons trouver où placer notre confiance !

Un modèle de financement basé sur la solidarité

Flus utilise un modèle de financement basé sur le prix libre.

Le principe est simple : vous pouvez profiter de Flus au prix qui vous convient, y compris gratuitement. Cela permet à ses utilisateurs et utilisatrices de participer au fonctionnement de la plateforme à hauteur de leurs moyens.

Afin d’avoir une idée de ce que peut être une contribution financière juste, Marien affiche trois tarifs références : un tarif solidaire pour celles et ceux qui ne peuvent offrir plus, un tarif équilibre qui correspond au juste prix et un tarif soutien qui correspond à l’objectif financier de l’auteur.

 

Alors que l’IA générative transforme agressivement le Web en un immense catalogue de contenus approximatifs, conçus par des IAs pour plaire à des algorithmes (principalement ceux du moteur de recherche de Google), la société capitaliste nous demande toujours plus d’efforts pour réussir à exercer notre esprit critique.

Pourtant il existe encore des espaces de respiration, où nous pouvons relâcher (un peu) notre attention, et des outils nous permettant d’y accéder plus facilement.

Le flux RSS est un outil émancipateur d’une rare simplicité qui, grâce à des plateformes comme Flus ou des outils comme FreshRSS, nous permet de décider de la manière avec laquelle nous nous confrontons aux informations de ce monde.

Alors profitons de ces joyaux techniques pour partager nos veilles, créer des veilles collectives, exercer ensemble notre esprit critique et lutter, solidairement et joyeusement, contre la désinformation en ligne !

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