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  • Les Google Glass bientôt de retour ?
    Séquence nostalgie (encore !). Une douzaine d'années après sa première tentative, qui s'est soldée par un retrait du marché, Google se lance à nouveau dans l'aventure des lunettes connectées, probablement sous la pression concurrentielle du partenariat conclu entre Meta et Ray-Ban. Les évolutions apportées à cette itération suffiront-elles cette fois à lui ouvrir les portes du succès ?Il faut d'abord préciser que, pour l'instant, il n'est pas directement question pour le géant du web de produir

Les Google Glass bientôt de retour ?

Par : Patrice
18 février 2026 à 21:30
Android
Séquence nostalgie (encore !). Une douzaine d'années après sa première tentative, qui s'est soldée par un retrait du marché, Google se lance à nouveau dans l'aventure des lunettes connectées, probablement sous la pression concurrentielle du partenariat conclu entre Meta et Ray-Ban. Les évolutions apportées à cette itération suffiront-elles cette fois à lui ouvrir les portes du succès ?

Il faut d'abord préciser que, pour l'instant, il n'est pas directement question pour le géant du web de produire et distribuer ses propres matériels. Seules sont proposées des recommandations de design pour les développeurs d'applications qui souhaiteront adapter à ces futurs appareils leurs solutions conçues pour le système Android XR. Elles s'accompagnent de divers indices sur les exigences que devront respecter les constructeurs, l'ensemble donnant une idée du mode de fonctionnement envisagé.

Deux versions de lunettes sont prises en charge, avec ou sans un écran privé, qui complète l'affichage superposé au champ de vision normal. Les composants d'interaction physique ne rompent pas avec les traditions et se limitent essentiellement à un interrupteur général et une petite surface sur une branche jouant un rôle de pavé tactile. De toutes manières, la première préconisation de Google est un pilotage multi-modal des logiciels, reposant largement sur les commandes vocales et par gestes.

En termes de fonctions natives, aucune révolution non plus : le principal attrait de ce genre d'équipement réside dans sa caméra et sa capacité à prendre des photos ou capturer des séquences vidéo. S'y ajoute tout au plus un accès direct à l'agent d'intelligence artificielle générative maison, Gemini, qui remplace le moteur de recherche historique et autorise une prise en compte du contexte de l'utilisateur (par exemple pour le guidage sur les trajets). Les développeurs tiers devront inventer le reste.

Google AI Glasses

À la découverte de ces caractéristiques, je ne peux manquer de remarquer une forte similarité avec les Google Glass d'antan. Peut-être les progrès techniques permettent-ils d'améliorer le confort de l'utilisateur, physique et visuel, indispensable alors que l'objectif affiché est d'encourager le port permanent. Mais il ne s'agit pas d'un bouleversement majeur, d'autant plus que des limitations physiques surprenantes subsistent (cf. le conseil de modérer le recours à certaines couleurs dans l'interface afin d'éviter la surchauffe). L'introduction de l'IA, mise aussi à la disposition des développeurs, constitue donc la seule véritable avancée par rapport à la première génération mais rien ne montre à ce stade qu'elle suscitera des usages disruptifs.

L'apparente réticence de la firme à créer son propre matériel donne l'impression que cette initiative est avant tout une réponse à un frémissement de l'industrie, dont elle espère mollement qu'elle trouvera maintenant son audience (justifiant son précédent échec par l'excuse d'avoir été en avance sur son temps). Indépendamment de l'exemple à ce jour peu concluant de Meta, les inconnues sont encore nombreuses avant de pouvoir valider l'hypothèse : il lui faudra convaincre des fabricants (ou se lancer) et des éditeurs capables de concevoir des applications incontournables, les uns attendant l'engagement des autres avant d'investir dans ce qui peut se révéler une impasse…

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  • L'IA de Google accompagne le shopping
    Après une série d'initiatives ponctuelles, parfois expérimentales, Google lance maintenant une vaste offensive afin d'introduire l'intelligence artificielle au cœur de l'expérience de shopping. Elle vise un objectif très précis : laisser le consommateur profiter de ce qui la rend agréable mais lui en épargner toutes les étapes fastidieuses.Sont concernées quatre sources de friction principales des emplettes « plaisir », en ligne ou dans les boutiques : l'inspiration, la disponibilité, le meille

L'IA de Google accompagne le shopping

Par : Patrice
18 novembre 2025 à 21:30
Google
Après une série d'initiatives ponctuelles, parfois expérimentales, Google lance maintenant une vaste offensive afin d'introduire l'intelligence artificielle au cœur de l'expérience de shopping. Elle vise un objectif très précis : laisser le consommateur profiter de ce qui la rend agréable mais lui en épargner toutes les étapes fastidieuses.

Sont concernées quatre sources de friction principales des emplettes « plaisir », en ligne ou dans les boutiques : l'inspiration, la disponibilité, le meilleur prix et le paiement. Ce sont donc les sujets sur lesquels l'IA va désormais pouvoir intervenir.

Pour le premier, Google tente d'imaginer une nouvelle façon d'explorer les opportunités commerciales, que ce soit dans son moteur de recherche (avec l'option ad hoc activée) ou directement dans son application dédiée Gemini. La démarche d'achat devient conversationnelle, comme elle se déroulerait entre amis, et le moteur s'adapte au contexte pour, par exemple, présenter des photos quand elles sont plus explicites que des mots ou afficher un comparatif face à une hésitation entre plusieurs choix.

Une fois le produit rêvé repéré, pour ceux qui ne peuvent attendre et souhaitent trouver un magasin où ils pourront l'acquérir immédiatement, la technologie Duplex, aperçue jusqu'à maintenant dans des démonstrations, propose d'appeler automatiquement les commerçants de proximité de manière à déterminer où il sera disponible, sans perdre du temps à les contacter un par un et attendre leur réponse. Seules quelques catégories sont éligibles initialement aux États-Unis, jouets, santé, beauté, électronique.

Google AI Shopping

Vient ensuite le système de surveillance des prix, idéal pour quiconque tombe sur un article désiré mais le considère trop cher. Vous spécifiez l'objet en question, avec les précisions importantes (couleur, taille…), vous fixez le montant que vous êtes prêts à dépenser et vous recevrez une notification dès qu'il entre dans votre budget.

Dernière possibilité à l'issue de ce parcours, l'agent intelligent peut, si vous lui en donnez l'autorisation, réaliser la transaction pour votre compte sans plus vous solliciter, via votre porte-monnaie « digital » (de la marque, évidemment). Là encore, cette fonction n'est aujourd'hui disponible que pour les américains, sur quelques sites marchands.

De plus en plus, les géants du web s'approprient l'IA – qui n'était encore récemment qu'un gadget remplaçant un moteur de recherche par un chatbot – dans le but de transformer les expériences du quotidien. Ici, Google en applique les facultés multiformes à son « Shopping Graph » et ses 50 milliards de référence, et peut ainsi vraiment prétendre à un bouleversement des habitudes des consommateurs, avec des arguments de simplification et d'optimisation qui ont tout pour les séduire.

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  • Google lance un protocole de paiement pour l'IA
    Plus d'un quart de siècle après la naissance du e-commerce, les standards de paiement web ne se sont toujours pas imposés sur le marché, laissant place à des mécanismes qui certes fonctionnent mais ne sont pas optimaux. Les ténors de l'intelligence artificielle veulent éviter la même erreur, quitte à tomber dans la précipitation : Google dévoile donc un protocole de paiement pour agents intelligents.Le géant du web revendique la paternité de la spécification, publiée sous licence libre, mais il

Google lance un protocole de paiement pour l'IA

Par : Patrice
16 septembre 2025 à 21:30
Google
Plus d'un quart de siècle après la naissance du e-commerce, les standards de paiement web ne se sont toujours pas imposés sur le marché, laissant place à des mécanismes qui certes fonctionnent mais ne sont pas optimaux. Les ténors de l'intelligence artificielle veulent éviter la même erreur, quitte à tomber dans la précipitation : Google dévoile donc un protocole de paiement pour agents intelligents.

Le géant du web revendique la paternité de la spécification, publiée sous licence libre, mais il n'a pas travaillé seul. Une soixantaine de partenaires ont contribué au chantier, parmi lesquels figurent naturellement, outre quelques-uns des acteurs mondiaux du commerce en ligne et diverses entreprises technologiques, tous les grands noms des paiements – American Express, Ant International, Checkout.com, Mastercard, PayPal, Union Pay, Worldline… – à l'exception notable de Visa, toutefois.

C'est que celle-ci n'est pas la première initiative dans ce domaine. Quelques pionniers ont notamment exploré la possibilité d'exploiter les travaux du W3C que j'évoquais en introduction. La nouvelle venue choisit cependant une approche différente. Ainsi, il n'est pas question d'adapter un modèle imaginé pour un contexte historique de transactions via internet mais d'inventer un système nativement conçu pour un futur monde piloté par l'IA, même s'il s'appuie sur les normes de fait existant dans cet univers.

Il est vrai que les scénarios dans lesquels une personne confie à son compagnon virtuel des tâches impliquant un règlement – composer un voyage complet pour un budget prédéterminé, acheter un ticket de concert dès l'ouverture des guichets… – créent des contraintes spécifiques. En conséquence, le protocole AP2 (Agent Payments Protocol) inclut des capacités de délégation d'autorisation, de contrôle d'authenticité et de responsabilité, assortis de fonctions de gestion de preuve à tous les niveaux.

Google – Protocole de Paiement Agentique

L'objectif recherché consiste à instiller la confiance chez toutes les parties prenantes : le fournisseur de l'agent intelligent, le marchand, l'intermédiaire de paiement et le client. Par exemple, la demande formulée par ce dernier constitue une intention dûment consignée, assortie de conditions dans le cas d'un mandat sans validation humaine, tandis que le vendeur fait signer une confirmation de commande, à l'utilisateur s'il est sollicité ou à l'agent s'il en a l'autorisation, dont il fournit alors tous les détails.

L'engouement universel autour de l'IA agentique et ses promesses de simplification des interactions avec toutes sortes de services rend inévitable la mise en place rapide de fonctions de paiement. On peut toutefois s'inquiéter d'une telle réactivité de l'industrie, alors que les risques de fraude s'avèrent extrêmement élevés avec les solutions disponibles aujourd'hui, ceux-ci n'étant (logiquement) pas pris en considération par le protocole proposé par Google, autrement qu'à travers l'assurance de savoir assigner sans ambiguïté la responsabilité des incidents à un des participants.

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  • Des paiements plus transparents avec Google
    Comme les autres géants technologiques, Google veut prendre une place en propre dans les paiements. Mais cela ne l'empêche pas, en parallèle, de continuer à enrichir les possibilités proposées avec les instruments traditionnels, carte en tête. L'introduction de nouvelles options dans son navigateur Chrome offre un cas intéressant.Passons rapidement sur les informations additionnelles qui seront fournies aux internautes utilisant le moteur de recherche de l'entreprise ou son porte-monnaie en lig

Des paiements plus transparents avec Google

Par : Patrice
12 août 2025 à 22:00
Google
Comme les autres géants technologiques, Google veut prendre une place en propre dans les paiements. Mais cela ne l'empêche pas, en parallèle, de continuer à enrichir les possibilités proposées avec les instruments traditionnels, carte en tête. L'introduction de nouvelles options dans son navigateur Chrome offre un cas intéressant.

Passons rapidement sur les informations additionnelles qui seront fournies aux internautes utilisant le moteur de recherche de l'entreprise ou son porte-monnaie en ligne lors de leurs interrogations sur les taux de change : dans un mode pour l'instant expérimental, les résultats habituels seront complétés par l'affichage direct des conditions – frais compris – pratiquées par quelques spécialistes tels que Ria et Wise. Un transfert pourra ensuite être exécuté sur ces plates-formes en quelques gestes.

La suite concerne la fonction de remplissage automatique des données de paiement incluse dans le navigateur web. Un premier ajout s'inscrit dans une tendance majeure, qui vient donc désormais s'immiscer au plus profond de l'expérience e-commerce : outre le choix d'un des supports préalablement enregistrés, le consommateur pourra également régler ses achats (éligibles) en plusieurs fois grâce aux solutions de BNPL d'un éventail de partenaires (Affirm et Zip initialement, Klarna et d'autres à venir).

Enfin, dernière évolution, particulièrement notable pour le marché américain (seul visé à ce stade), l'outil connaît maintenant les détails des programmes de récompense qui accompagnent plus de 100 cartes de crédit parmi les plus populaires. Ainsi armé, il devient capable d'afficher automatiquement, lors de la demande de sélection d'un moyen de paiement, les primes et autres avantages auxquels peut prétendre le porteur sur son achat en cours avec chacune de ses cartes, afin d'éclairer sa décision.

Paiement dans Chrome

L'approche devrait facilement séduire les consommateurs, qui n'hésitent pas à adopter de multiples cartes, en grande partie sur la base de leurs promesses d'économies et/ou de cadeaux, mais qui ne savent plus, au moment opportun, laquelle leur procurera le bénéfice optimal pour chaque transaction à finaliser, et se résolvent alors généralement à recourir à la plus familière d'entre elles, effaçant de la sorte toutes les opportunités qui les avaient conduit d'abord à accumuler une vaste collection dans leur portefeuille.

En revanche, les émetteurs seront peut-être moins enthousiastes, entre ceux qui profitent, par exemple en raison de leur notoriété, de l'effet de carte préférée à défaut de maîtriser toutes les caractéristiques des autres, et ceux qui vantent des avantages extravagants en comptant sur la mémoire courte de leurs clients pour en limiter le coût. Quoi qu'il en soit, Google donne ici une leçon magistrale sur la manière dont les outils modernes peuvent contribuer à mettre plus de transparence dans les actes du quotidien, avec une information contextuelle qui aide à prendre de meilleures décisions.

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  • Google régule sa consommation électrique
    Étant un des grands fournisseurs mondiaux de capacités d'intelligence artificielle, Google est confronté à l'immense problème de leur consommation énergétique. Fidèle à son habitude d'optimisation, la firme commence donc à déployer des mécanismes sophistiqués afin d'ajuster au mieux ses besoins aux contraintes de ses fournisseurs.Le contexte le plus propice à la mise en œuvre de ce nouveau dispositif est celui de l'atteinte des limites de capacité à l'occasion de pics de consommation (par exemp

Google régule sa consommation électrique

Par : Patrice
5 août 2025 à 21:40
Google
Étant un des grands fournisseurs mondiaux de capacités d'intelligence artificielle, Google est confronté à l'immense problème de leur consommation énergétique. Fidèle à son habitude d'optimisation, la firme commence donc à déployer des mécanismes sophistiqués afin d'ajuster au mieux ses besoins aux contraintes de ses fournisseurs.

Le contexte le plus propice à la mise en œuvre de ce nouveau dispositif est celui de l'atteinte des limites de capacité à l'occasion de pics de consommation (par exemple en période de grand froid et son impact sur la demande de chauffage) : les centres de production informatique concernés, directement reliés aux systèmes des distributeurs d'électricité et donc informés en temps réel, sont alors configurés pour reporter ultérieurement l'exécution de tâches considérées comme moins prioritaires.

Le premier cas d'usage implémenté par Google, déjà activé trois fois dans une de ses installations aux États-Unis, concerne le traitement des vidéos téléchargées sur YouTube, mises en attente pendant que le moteur de recherche et le service de cartographie continuent à fonctionner au plus haut niveau de performance. Logiquement, des réflexions sont maintenant engagées pour décliner le principe sur les opérations d'apprentissage automatique et d'entrainement de l'IA, particulièrement gourmandes.

Google – Flexible Data Center

Les avantages d'une telle architecture sont multiples. Il s'agit d'abord de soulager la pression exercée sur les réseaux de transport, en offrant à leurs opérateurs une meilleure visibilité sur la consommation maximale possible, ce qui leur permet de mieux s'organiser – en termes de production ou de liaisons entre usines, notamment – et, en conséquence, d'accélérer le déploiement de raccordements supplémentaires.

Vient ensuite, naturellement, l'argument environnemental : les énergies renouvelables étant pour la plupart intermittentes, la faculté de choisir les moments d'une partie de la charge autorise non seulement de réduire le recours à des sources polluantes lors des pointes mais également, avec les « bons » paramètres de sélectionner les intervalles de temps durant lesquels les centrales solaires ou éoliennes tournent à plein régime. Le coût pourrait aussi entrer en ligne de compte, si les tarifs sont modulés au fil de l'eau.

Si, bien sûr, l'électricité la plus verte est celle qui n'est pas nécessaire, la tendance actuelle à l'explosion des besoins impose de rechercher des moyens d'en minimiser l'impact. Comme toujours, Google propose une idée qui mériterait d'être répliquée dans toutes les industries grandes utilisatrices d'informatique… dont les institutions financières. Elles pourraient ainsi commencer à réfléchir sur leurs fonctions réellement essentielles et envisager de piloter les autres selon les impératifs énergétiques.

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  • Le contrôle d'âge devient une priorité
    Rien de tel que la pression réglementaire pour encourager des acteurs réticents à prendre des mesures sur un sujet aussi sensible que le contrôle de l'âge pour l'accès à certains produits et services. Et même si beaucoup ont encore tendance à reporter la responsabilité sur leur voisin, Google propose désormais une solution opérationnelle… tout en soulignant discrètement une incohérence du législateur européen.Alors que, ici, les sanctions menacent désormais les sites pour adultes qui ne se conf

Le contrôle d'âge devient une priorité

Par : Patrice
14 juin 2025 à 21:30
Google
Rien de tel que la pression réglementaire pour encourager des acteurs réticents à prendre des mesures sur un sujet aussi sensible que le contrôle de l'âge pour l'accès à certains produits et services. Et même si beaucoup ont encore tendance à reporter la responsabilité sur leur voisin, Google propose désormais une solution opérationnelle… tout en soulignant discrètement une incohérence du législateur européen.

Alors que, ici, les sanctions menacent désormais les sites pour adultes qui ne se conforment pas aux exigences de vérification de majorité pour tous leurs utilisateurs et que sont évoquées des interdictions d'accès aux réseaux sociaux au moins de 15 ans, la première réaction des entreprises concernées consiste à brandir l'argument de la non faisabilité… qui ne trompe personne : elles sont surtout inquiètes de perdre des revenus sur une population facile à conquérir, même quand elles prétendent l'écarter, ou, au mieux, elles ne veulent pas investir dans le déploiement des outils requis.

Cependant, comme la position adoptée dans l'Union Européenne, pionnière en la matière, semble inébranlable, les récriminations évoluent maintenant vers le renvoi de l'obligation de contrôle vers une autre entité, généralement désignée de manière assez floue. Quelques-uns suggèrent d'instaurer un mécanisme de protection dans le système d'exploitation des machines, d'autres, dont Meta (qui est particulièrement visée par Google), demandent qu'il soit placé dans les boutiques d'applications mobiles. Autant d'idées qui ne couvrent absolument pas l'ensemble des scénarios à considérer.

Google – Age Assurance Tool

Tous les géants du web s'inquiètent de leur exposition aux foudres (et aux lourdes amendes) des régulateurs, s'ils devaient endosser la responsabilité d'éventuelles infractions, qu'elles soient directement de leur fait ou non. Alors Google, comme quelques autres, prend les devants et offre donc aux développeurs d'applications pour son système Android un service prêt à l'emploi – sous la forme, classique dans ce domaine, d'une API – leur permettant d'invoquer les contrôles que leur impose la loi.

Estimant toutefois que son rôle n'inclut pas la vérification d'identité des porteurs de téléphone, l'interface se contente de transférer les requêtes vers les dispositifs existants, sa valeur résidant uniquement dans sa capacité à fournir un mécanisme universel et international à l'écosystème des éditeurs de logiciels. Initialement, la firme capitalise ainsi sur la publication par l'UE des spécifications d'interactions avec son futur portefeuille d'identité « digitale » (que j'ai précédemment couvert dans ces colonnes).

Le modèle se veut à l'état de l'art, notamment en termes de protection des données personnelles. Grâce à son approche « Zero-Knowledge Proof » (ZKP), le demandeur n'est autorisé à interroger que les informations sont il a strictement besoin. Par exemple, une app réservée aux individus majeurs se contentera de la réponse à la question « cet utilisateur a-t-il plus de 18 ans ? », sans obtenir sa date de naissance ni même son âge (ce qui est le cas, incidemment, avec la consultation d'une carte d'identité).

Petit problème… l'identité « digitale » européenne est encore à l'état embryonnaire, le projet accumulant des retards désastreux (comme je le craignais dès son annonce, au vu de son planning totalement irréaliste). Google n'insiste pas sur ce « détail » mais aura beau jeu de retourner la balle à la Commission Européenne si d'aventure celle-ci voulait lui chercher noise. Pour sa défense, il faut bien admettre que, en l'occurrence, les autorités paraissent prendre leurs décisions sans trop se préoccuper de cohérence

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  • Google ouvre un canal prioritaire contre la fraude
    Bien que, par rapport aux autres géants du web (Meta en tête), Google semble plutôt vertueux en matière de lutte contre la fraude financière, ses équipes renforcent encore leurs efforts, en mettant désormais en place un canal de signalement prioritaire pour les membres de FS-ISAC, l'association sectorielle pour la cybersécurité et la résilience.L'initiative s'inscrit dans un dispositif plus global instauré par Google – le « Priority Flagger Program » – destiné à optimiser ses procédures d'ident

Google ouvre un canal prioritaire contre la fraude

Par : Patrice
26 mai 2025 à 21:30
Google
Bien que, par rapport aux autres géants du web (Meta en tête), Google semble plutôt vertueux en matière de lutte contre la fraude financière, ses équipes renforcent encore leurs efforts, en mettant désormais en place un canal de signalement prioritaire pour les membres de FS-ISAC, l'association sectorielle pour la cybersécurité et la résilience.

L'initiative s'inscrit dans un dispositif plus global instauré par Google – le « Priority Flagger Program » – destiné à optimiser ses procédures d'identification, de dénonciation et de résolution des menaces affectant ses plates-formes, dont, plus spécifiquement, ses outils de bureautique (« Workspace ») et ses programmes publicitaires, qui constituent les cibles les plus fréquentes de malveillance au sein de son écosystème.

Pour sa branche dédiée au secteur financier, FS-ISAC se chargera de déployer et opérer un espace permettant à ses adhérents de transmettre les informations sur les fraudes et autres activités suspectes dont ils ont connaissance, de manière à engager une réponse appropriée aussi rapidement que possible, avant que les dégâts causés ne prennent de l'ampleur, pour une meilleure protection des institutions et de leurs clients.

Le service a d'abord été expérimenté dans le cadre d'un pilote, auquel participait un petit groupe d'établissements. Selon la communication officielle, durant les 10 premiers jours du test, 21 comptes ont été signalés par son intermédiaire, à partir desquels Google a pu repérer et désactiver presque 300 comptes aux comportements abusifs. Ces résultats concluants ont bien sûr contribué à la décision de le généraliser.

FS-ISAC + Google

Il ne faut évidemment pas être dupe de la manœuvre du leader de la recherche en ligne, qui est tout à fait conscient de son intérêt à coopérer avec l'industrie pour éviter de se retrouver en position d'être tenu responsable des dommages encourus par ses utilisateurs victimes de fraude émanant de ses applications, comme le réclament avec véhémence les plus grandes enseignes face aux réseaux sociaux. En faisant peser une partie de la charge (déclarative) sur les demandeurs, il espère s'en tirer à bon compte.

Toujours est-il que la méthode retenue démontre toute sa pertinence, entre le bénéfice du partage fluide d'informations entre différents acteurs de la chaîne de valeur et l'impact concret d'une réactivité maximale sur le fléau de la fraude. Car, aujourd'hui, une des principales faiblesses de la bataille menée contre la cybercriminalité réside justement dans la capacité de ses auteurs à opérer sur des périodes longues sans être inquiétés.

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  • Liens vagabonds : Google n’aime pas l’actu
    Google semble avoir trouvé un nouveau levier de négociation dans le bras de fer sur les droits voisins et la rémunération de la presse. Leur “expérience publique” menée en Europe conclut que les contenus d’actualité ne génèrent aucun revenu publicitaire mesurable. Autrement dit, la presse ne leur vaudrait rien. La question essentielle de l’étude était […] The post Liens vagabonds : Google n’aime pas l’actu first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

Liens vagabonds : Google n’aime pas l’actu

Google semble avoir trouvé un nouveau levier de négociation dans le bras de fer sur les droits voisins et la rémunération de la presse. Leur “expérience publique” menée en Europe conclut que les contenus d’actualité ne génèrent aucun revenu publicitaire mesurable. Autrement dit, la presse ne leur vaudrait rien. La question essentielle de l’étude était […]

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  • Google Wallet disponible pour les enfants
    En 2025, les enfants possèdent assez tôt (trop tôt ?) leur propre téléphone et, les habitudes évoluant, ils sont de plus en plus nombreux à manipuler l'argent sous forme numérique, notamment avec des cartes conçues pour eux. À la croisée logique des deux tendances, Google leur propose désormais l'accès à son porte-monnaie mobile.Déployée dans les semaines qui viennent, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Espagne et en Pologne (pour commencer ?), la nouvelle option permettra aux min

Google Wallet disponible pour les enfants

Par : Patrice
19 mars 2025 à 21:45
Google
En 2025, les enfants possèdent assez tôt (trop tôt ?) leur propre téléphone et, les habitudes évoluant, ils sont de plus en plus nombreux à manipuler l'argent sous forme numérique, notamment avec des cartes conçues pour eux. À la croisée logique des deux tendances, Google leur propose désormais l'accès à son porte-monnaie mobile.

Déployée dans les semaines qui viennent, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Espagne et en Pologne (pour commencer ?), la nouvelle option permettra aux mineurs de profiter pleinement de l'ensemble des services de Google Wallet : pour les paiements bien sûr, mais également pour les cartes cadeaux et autres catégories de support prises en charge, telles que les programmes de fidélité, les billets de spectacle, les badges de bibliothèque, voire les titres de transports (pas explicitement cités)…

L'enregistrement d'une carte de débit ou de crédit se fait impérativement sous la supervision d'un parent ou tuteur (sans que soit précisé comment est validée l'autorité de l'adulte), qui conserve par la suite un droit de regard sur les usages de l'enfant. Chaque transaction lui est ainsi notifiée par courriel, en complément d'un tableau de bord de suivi des dépenses, dans son espace familial. Il dispose en outre de la faculté de révoquer l'instrument à tout moment ou d'en suspendre le fonctionnement.

Google Wallet for Kids

Particularité notable, pour laquelle Google ne fournit pas de justification, la carte virtuelle n'est utilisable que dans les boutiques physiques, excluant tout achat en ligne, y compris sur les propres plates-formes de l'entreprise. Soulignons par ailleurs que l'implémentation ne comprend aucun mécanisme de filtrage (par exemple le blocage dans certains commerces ou la mise en place de plafonds), comme il en existe souvent dans les solutions destinées aux jeunes. L'objectif est d'autoriser l'intégration de cartes dédiées à ce segment – sur lesquelles reposent alors la responsabilité d'offrir cette capacité – pas d'accepter une délégation sur celle d'un parent.

Bien qu'elle réponde à un besoin réel de sa cible, l'initiative de Google me semble rater une opportunité d'apporter aux enfants et aux adolescents les éléments d'éducation financière qui leur font tellement défaut de nos jours, en jouant entre autres sur la relation avec un proche instaurée dès le début pour encourager un accompagnement de proximité. Les banques qui souhaitent se positionner sur ce domaine se réjouiront d'éviter un puissant concurrent mais celles-ci étant rares, elle laisse une génération de futurs consommateurs se débrouiller avec un outil potentiellement dangereux.

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  • Google appelle les entreprises pour vous
    Depuis sa première démonstration de prise de rendez-vous automatisée en 2020, Google a commencé à tester, l'année dernière, un agent virtuel qui patiente au téléphone pour le compte de son utilisateur humain. Celui-ci évolue maintenant avec la capacité d'interroger l'entreprise contactée sur ses services et ses horaires.Toujours en mode expérimental, réservée aux internautes éligibles inscrits au programme Search Labs, la fonction « ask for me » (« demande pour moi ») concerne pour l'instant un

Google appelle les entreprises pour vous

Par : Patrice
31 janvier 2025 à 22:00
Google
Depuis sa première démonstration de prise de rendez-vous automatisée en 2020, Google a commencé à tester, l'année dernière, un agent virtuel qui patiente au téléphone pour le compte de son utilisateur humain. Celui-ci évolue maintenant avec la capacité d'interroger l'entreprise contactée sur ses services et ses horaires.

Toujours en mode expérimental, réservée aux internautes éligibles inscrits au programme Search Labs, la fonction « ask for me » (« demande pour moi ») concerne pour l'instant uniquement les salons de manucure et les garages automobiles. Concrètement, après une requête classique sur ces catégories d'activité (par exemple « où puis-je effectuer une vidange près de chez moi ? »), un bouton dédié apparaît dans la liste de résultats permettant d'obtenir rapidement plus d'information via un appel téléphonique, pris en charge de bout en bout par une intelligence artificielle.

La démarche s'avère prudente puisque, outre le périmètre limité à deux métiers, il faut d'abord sélectionner la question à poser aux commerçants suggérés au sein d'une liste prédéfinie, comprenant les principaux actes qu'ils sont à même de proposer, et préciser les créneaux horaires envisageables. Ce n'est qu'après avoir franchi cette étape que le robot va lancer sa campagne d'appels afin de recueillir les réponses correspondantes, qui seront finalement présentées au demandeur dans un format synthétique.

Alors que les nouveaux entrants de l’intelligence artificielle laissent planer une menace existentielle sur le leader incontesté de la recherche en ligne, Google réagit, entre autres, en introduisant une approche inédite de son cœur de métier qui consiste à enrichir les données dont dispose son moteur sur les PME, souvent partielles et/ou obsolètes, avec une option d’accès à la source intégrée de manière (plus ou moins) transparente dans un parcours bien connu – tenant du réflexe – des usagers du web.

Le scénario du client robot – sorte d’esclave numérique exécutant de façon autonome les tâches simples à la place des humains auprès de leurs fournisseurs – prend ainsi forme, pas à pas. Avec lui, se rapproche également la menace d’une submersion des professionnels par les sollicitations permanentes, éventuellement malveillantes, de logiciels infatigables. Si, dans un premier temps, des automates téléphoniques pourront aider à faire face, il sera probablement nécessaire, à terme, pour plus d’efficacité, de mettre en place un canal d’interaction spécifique aux agents intelligents…

Google Search Labs

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  • Google distribue aussi du crédit (en Inde)
    La nouvelle solution de prêts gagés sur l'or de Google Pay en Inde, issue d'une collaboration avec le spécialiste local Muthoot Finance, révèle simultanément l'intérêt persistant du géant de l'internet pour les services financiers et, à travers la stratégie qu'il met en œuvre sur le long terme, un peu de ses véritables ambitions en la matière.Bien que des progrès considérables aient été enregistrés depuis quelques années, entre autres grâce à l'initiative de paiement universelle (UPI) pour le d

Google distribue aussi du crédit (en Inde)

Par : Patrice
8 octobre 2024 à 21:30
Google
La nouvelle solution de prêts gagés sur l'or de Google Pay en Inde, issue d'une collaboration avec le spécialiste local Muthoot Finance, révèle simultanément l'intérêt persistant du géant de l'internet pour les services financiers et, à travers la stratégie qu'il met en œuvre sur le long terme, un peu de ses véritables ambitions en la matière.

Bien que des progrès considérables aient été enregistrés depuis quelques années, entre autres grâce à l'initiative de paiement universelle (UPI) pour le droit à un compte basique, l'exclusion financière continue à affecter une immense majorité de la population indienne : le recours au crédit « classique », en particulier, reste réservé aux privilégiés qui ont réussi à qualifier leur profil auprès des agences de notation.

À tous les autres, Google propose donc une alternative. Connaissant la passion, d'ordre culturel, des habitants du sous-continent pour l'or, dont même les plus pauvres accumulent quelques fragments au cours de leur vie, l'entreprise offre, depuis son porte-monnaie mobile, des prêts garantis par le métal précieux, ceux-ci étant effectivement gérés, d'un point de vue des flux et de la logistique, par son partenaire.

Outre le soutien immédiat que ce crédit, en général d'un montant modeste, est susceptible d'apporter aux emprunteurs, la démarche se veut également vertueuse en leur procurant une première occasion d'être identifiés et reconnus par les acteurs du scoring. Ils peuvent de la sorte franchir le premier obstacle de l'inclusion et espérer devenir éligibles aux financements traditionnels (aussi disponibles via Google Pay).

La tactique est limpide. Il s'agit de prendre pied dans un marché où les besoins sont gigantesques (à l'échelle du pays le plus peuplé du monde), où les produits existants ne sont pas facilement accessibles ou manquent de notoriété (par exemple ceux de Muthoot Finance), en capitalisant sur la réputation acquise (et la prééminence de Google Pay, en l'occurrence) afin de s'imposer comme intermédiaire incontournable.

Voilà une nouvelle illustration de la vision globale que Google porte sur le secteur financier. Il n'est guère question de développer des solutions en propre mais plutôt de rechercher les opportunités les plus significatives, en appréhendant les spécificités de chaque région, et de cultiver les collaborations adéquates en vue de se positionner très vite comme un distributeur de premier plan, nettement démarqué de la concurrence.

Google for India

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  • Liens Vagabonds : Imagined for You, Meta propose à chacun sa réalité
    « Ça se passe maintenant », a proclamé Mark Zuckerberg au Meta Connect du mercredi 25 septembre. Vêtu d’une montre identifiée par les utilisateurs de Reddit comme valant l'équivalent du revenu annuel moyen d’un Américain et d'un t-shirt arborant le slogan "Aut Zuck Aut Nihil" (soit Zuck, soit rien), le créateur de Facebook prône une philosophie égalitaire. Ironique, mais révélateur des tensions entre ses habitudes de consommation personnelles et la stratégie de sa société. Les pertes opérationne

Liens Vagabonds : Imagined for You, Meta propose à chacun sa réalité

Par : oansah
28 septembre 2024 à 10:45

« Ça se passe maintenant », a proclamé Mark Zuckerberg au Meta Connect du mercredi 25 septembre. Vêtu d’une montre identifiée par les utilisateurs de Reddit comme valant l'équivalent du revenu annuel moyen d’un Américain et d'un t-shirt arborant le slogan "Aut Zuck Aut Nihil" (soit Zuck, soit rien), le créateur de Facebook prône une philosophie égalitaire. Ironique, mais révélateur des tensions entre ses habitudes de consommation personnelles et la stratégie de sa société. Les pertes opérationnelles colossales de son unité Reality Labs, évaluées à des dizaines de milliards, ne semblent pas freiner ses ambitions, même si les retours sur investissement tardent. Au programme : beaucoup de "WOW" et un peu de "WTF", avec, parmi les vedettes de la journée, le casque de réalité virtuelle Quest 3S pour un dixième du prix d’un Vision Pro d'Apple, sans oublier les lunettes intégrant une technologie holographique connectées à nos cerveaux pour un futur lunatique pas si lointain peut-être (le NYT parle même toujours de métavers).


(Les lunettes, l’accessoire fashion indispensable du futur connecté, image IA)

Après nous avoir enfermés dans des bulles de filtre, Meta fait un pas audacieux dans les nouvelles réalités artificielles, avec "Imagined for You". On pourra désormais personnaliser son fil d'actualités avec des contenus générés par IA, ajustés aux préférences des utilisateurs en temps réel. Ils auront la possibilité de modifier les images grâce à des prompts ou de les faire défiler pour découvrir de nouvelles créations instantanément. Selon Amanda Felix, porte-parole de Meta, les utilisateurs qui activeront la fonctionnalité "Imagine Yourself" verront même des images de leur propre visage, à condition d’offrir leurs photos personnelles à Meta.

Cette personnalisation repose en effet sur une collecte massive de données, permettant à Meta d’ajuster précisément les contenus pour chaque individu. Lors d’un entretien avec Alex Heath de The Verge, Mark Zuckerberg ne cache pas son ambition que l'intégration d'images générées par l'IA dans les fils d'actualité représente la prochaine étape logique pour Facebook et Instagram. « Au départ, les fils d’actualité montraient exclusivement les publications des amis et abonnés. Désormais, une nouvelle couche s’ajoute : du contenu généré par des systèmes d’intelligence artificielle, conçu pour correspondre aux centres d’intérêt de chaque utilisateur ».

Le New York Times a qualifié cette mise à jour de « risquée », avertissant des dangers d’une personnalisation excessive. Par ailleurs, l’invasion de contenu généré par l’IA, parfois désignée sous le terme de « slop » (au départ, des déchets maritimes, en figuré pour les contenus de faible qualité générés par l'IA) , préoccupe. Max Read a estimé que « depuis presque deux ans, une marée montante de slop commence à inonder la plupart des espaces considérés comme l’internet. La montée en puissance de l’IA et des contenus générés automatiquement pourrait également annoncer la fin des contenus générés par les utilisateurs ».

Reste un espoir : comme l’indique Axios, lesdits utilisateurs ne s’avèrent pas nécessairement enthousiastes à l’idée d’être submergés par ce type de contenu à long terme. Pour Casey Newton, si Meta va trop vite en noyant les fils d’actualités sous des contenus générés par l’IA, elle risque de donner à ses produits phares "l'aspect d'un parc d'attractions abandonné". En attendant, près de 500 millions d'utilisateurs utilisent les produits IA de Meta, a déclaré Mark Zuckerberg, affirmant que l'IA de Meta est en passe de devenir l'IA la plus utilisée au monde. Après les bulles de filtre, chacun pourra désormais imaginer sa propre réalité ?

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • « Pour le pluralisme algorithmique ! » (Le Monde)
  • M6 s'allie avec la plateforme Pluto pour enrichir son offre de streaming gratuit (Les Echos)
  • La CNIL s'attaque aux atteintes à la vie privée sur smartphone (Les Echos)
  • TNT : Christopher Baldelli nommé président de Réels TV, la future chaîne de Kretinsky (Télérama)
  • « Le Canard enchaîné » se jette enfin dans la grande mare d'Internet (Les Echos)
  • Dispositif SIG : Bouygues Telecom, Canal+, Free, Orange et SFR seront les premiers assujettis (Digital Transformation Notepad)
  • Rachida Dati met sur pause la fusion de l’audiovisuel public sans l’enterrer (Le Figaro)

3 CHIFFRES

  • Plus de la moitié des journalistes ont envisagé de démissionner pour cause d'épuisement professionnel cette année, selon une enquête Muck Rack
  • Selon Bain & Company, le marché des produits et services d'IA pourrait atteindre jusqu'à 990 milliards de dollars d'ici 2027. (Bain & Company)
  • 54% des adultes américains disent consulter parfois les réseaux sociaux pour s'informer, une légère hausse par rapport aux dernières années. (Pew Research Center)

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

En France, Hugo Décrypte est le compte personnel lié à l'actualité le plus mentionné.

Source : Reuters

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Les joies de discuter avec ChatGPT (Wall Street Journal)
  • Mark Zuckerberg : les créateurs et les éditeurs « surestiment la valeur » de leur travail pour l'entraînement de l'IA (The Verge)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • James Cameron rejoint le comité de direction de Stability AI (The Verge)
  • Cloudflare propose de faire payer les IA pour l’accès aux sites web (TechCrunchl)
  • Augmentation marquée de l'utilisation problématique des réseaux sociaux chez les adolescents, selon une étude de The Health Behaviour In School-aged Children (HBSC)  (BBC)
  • Pavel Durov, le patron de Telegram, annonce un durcissement de la modération (Le Monde)
  • Les régulateurs chinois accentuent la pression sur les entreprises chinoises pour qu'elles achètent des puces locales plutôt que celles de Nvidia (Bloomberg)
  • Le Comex d'OpenAI quitte l'entreprise tandis que son PDG s'efforce d'en faire une société profitable (The Wall Street Journal) ; OpenAI a informé ses investisseurs que ses revenus atteindraient 11,6 milliards de dollars l'année prochaine, contre 3,7 milliards de dollars estimés cette année (NYT) ; OpenAI tel que nous le connaissions est-il mort ? (Vox)

I shared the following note with the OpenAI team today. pic.twitter.com/nsZ4khI06P

— Mira Murati (@miramurati) September 25, 2024

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

  • Qualifier les mensonges de Trump de 'contestés' sur X Incite les partisans à les croire davantage, selon une étude (The Guardian)
  • Les Américains reprochent aux politiciens la diffusion de fausses informations (Axios)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • IA : Meta et Apple mettent la pression sur l’Union européenne, accusée de « rejeter le progrès »(Le Monde)
  • CrowdStrike se rend au Capitole pour une première audition sur la panne mondiale (Axios)
  • La moitié des États américains cherchent à réprimer l'utilisation de l'IA dans les élections (Axios)

JOURNALISME

  • Le Washington Post va licencier un quart du personnel de son unité Software (Wall Street Journal)
  • Youtubeurs politiques ou la poursuite du journalisme politique par d’autres moyens (AOC)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Délaissés par les réseaux sociaux, les éditeurs se tournent vers WhatsApp (New York Times)

ENVIRONNEMENT 

  • L'IA est-elle plus durable si elle est produite sous l'eau ? (Wired)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • TikTok va fermer son service de streaming musical éphémère (Wall Street Journal)
  • Le copier-coller viral « Goodbye Meta AI » ne vous protègera pas (Wired)

what if you fell in love with someone then they reposted Goodbye Meta AI on their instagram story pic.twitter.com/5wD0OgtZTc

— hannah louise (@hannahlouisef) September 24, 2024

  • Le Dash Hudson Social Media Benchmark (Dash Hudson)
    Un chiffre extrait du rapport : Les vues des Shorts YouTube sont en hausse de 153 % - le long format est EN BAISSE de 15 %

STREAMING, OTT, SVOD

  • Max bénéficiera de sous-titres codés générés par l'IA de Google (The Verge)
  • Disney+ lance une vaste campagne de répression contre le partage de mots de passe et propose une option payante de « membre supplémentaire » (Variety)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Le NYT proposera des abonnements audio par l'intermédiaire d'Apple et de Spotify (Axios)
  • Peu après les explosions mortelles des pagers du Hezbollah, ce podcast généré par IA a été mis en ligne (Wired)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le clone IA d'un journaliste de la BBC peut-il tromper ses collègues ? (BBC)

  • L’ancien patron du design d’Apple a rejoint OpenAI (The Verge)
  • Les fonds du Moyen-Orient investissent des milliards de dollars dans les start-ups d’IA les plus populaires (CNBC News)
  • L'IA sera-t-elle un échec ? Un sceptique de Wall Street tire la sonnette d'alarme (New York Times)
  • Le premier musée d'art dédié à l'IA va ouvrir à Los Angeles (Semafor)
  • Runway déclare qu'ils financeront les réalisateurs s'ils utilisent ses outils d'intelligence artificielle (The Hollywood Reporter)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Havas Media Network annonce le lancement de son algorithme d’enchères programmatiques basé sur l’IA (Media Leader)

 

Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah

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  • Lectures d'été : Nos recommandations (2/2)
    Notre première sélection vous a captivé ou vous cherchez encore la lecture parfaite ? Ne vous en faites pas, l'été est loin d'être fini ! Voici le deuxième volet de nos recommandations littéraires pour découvrir davantage le monde de demain. The Chaos Machine – Max Fisher Les plateformes ressemblent aux fabricants de cigarettes des années 60 : elles prétendent ne pas comprendre pourquoi les gens pourraient s’inquiéter de l’impact de leurs produits. Dans The Chaos Machine, le journaliste du New Y

Lectures d'été : Nos recommandations (2/2)

Notre première sélection vous a captivé ou vous cherchez encore la lecture parfaite ? Ne vous en faites pas, l'été est loin d'être fini ! Voici le deuxième volet de nos recommandations littéraires pour découvrir davantage le monde de demain.

The Chaos Machine – Max Fisher

Les plateformes ressemblent aux fabricants de cigarettes des années 60 : elles prétendent ne pas comprendre pourquoi les gens pourraient s’inquiéter de l’impact de leurs produits. Dans The Chaos Machine, le journaliste du New York Times, Max Fisher, souhaite montrer concrètement la duplicité des réseaux sociaux. Les algorithmes utilisés exploitent les émotions pour maximiser l’engagement, en dépit de la violence engendrée. L’auteur s’est ainsi penché sur l’influence clé des réseaux sociaux dans la victoire de Trump aux élections américaines, et dans les émeutes au Sri Lanka et en Birmanie. Il montre notamment que le plaisir de l’indignation est l’un des sentiments clé qui est exploité par les algorithmes conçus par Google pour YouTube et Meta pour Facebook, Instagram et WhatsApp. La division alimente l’engagement, ce qui à son tour génère des revenus publicitaires…

A travers les interviews de chercheurs, le journaliste explique notamment comment les algorithmes et la conception des réseaux sociaux « façonnent délibérément nos expériences », exerçant « une attraction si puissante sur notre psychologie et notre identité qu’elle change notre façon de penser, de nous comporter et de nous relier les uns aux autres ». Un ouvrage nécessaire pour prendre du recul.

Rupert Murdoch, l’empereur des médias qui manipule le mondeDavid Colon

« Rupert Murdoch est très bon dans ce qu'il fait. La question est : est-ce qu'il fait quoi que ce soit de bon ? » se demandait l’avocat Théodore Kheel, qui a travaillé tant pour que contre le magnat de la presse. À 93 ans, Rupert Murdoch continue d'exercer une influence colossale à l’échelle mondiale avec son empire médiatique, qui inclut The Sun, le Wall Street Journal, Fox News et bien d'autres. Dans sa biographie captivante intitulée Rupert Murdoch, l’empereur des médias qui manipule le monde, David Colon explore le rôle de Murdoch dans la concentration des médias et sa réputation controversée, le qualifiant parfois de « cancer pour la démocratie ». Ce portrait révèle comment le magnat australien a construit un réseau tentaculaire, comprenant 175 journaux, des dizaines de chaînes de télévision, un studio hollywoodien et une maison d'édition sur quatre continents.

Surnommé « grand manipulateur », « sorcier des médias », « Roi Soleil », « antéchrist » ou encore « homme le plus dangereux du monde », Rupert Murdoch est au centre d'un débat intense sur l'impact de ses méthodes. « Lire la biographie de Murdoch, c’est aussi lire en filigrane celle des propriétaires de grands médias », prévient David Colon.

Read Write Own – Chris Dixon

Dans Read Write Own, Chris Dixon offre une vision enthousiaste et idéaliste de la technologie blockchain comme remède aux maux d'Internet. L’essai se présente comme une défense argumentée de la blockchain, la présentant comme la solution idéale pour créer un Internet plus décentralisé et équitable, loin du contrôle des grandes entreprises technologiques.

Ce « puriste d’internet » aborde l'histoire du web pour contextualiser l'évolution vers la blockchain. Il argumente que les blockchains pourraient surpasser les réseaux centralisés en offrant un environnement où les règles sont codifiées dans le logiciel, éliminant ainsi la nécessité de faire confiance aux entreprises de la tech. « « Tout le monde parle de l’IA qui va tout détruire, estime l’auteur. La véritable menace est que cinq grandes entreprises finissent par tout contrôler, et que nous soyons tous soumis à ce qu’elles décident. Cela me semble très ennuyeux, monotone et dystopique. J’ai l’impression d’être une personne folle, debout sur le coin de la rue en criant : ‘Pourquoi cela ne devrait-il pas être un problème plus important pour plus de gens ?’ »

Si Read Write Own est un essai intéressant en faveur de la blockchain et de sa philosophie, il ne mentionne ni les critiques, ni les échecs récurrents dans l'écosystème crypto, et ne s'attaque pas aux questions cruciales sur la lente adoption de la blockchain et les nombreux projets frauduleux…

 

 

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Au festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne, les créateurs de contenus sur le devant de la scène

Fini le mépris de la presse traditionnelle envers les YouTubeurs : le festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne, organisé par le groupe Le Monde, et parrainé par Camelia Jordana, a ouvert grand ses portes aux créateurs de contenus dits informatifs.

Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l’Information de France Télévisions

Jean Massiet, Gaspard G, et Charlie Danger, entre autres, ont répondu présents pour partager les « secrets de fabrication » de ceux qui captivent les jeunes sur les réseaux sociaux, surpassant ainsi les médias classiques. Leur influence sur l'information est telle qu'un intervenant s'interroge : « Est-il devenu has been, dans l'écosystème médiatique actuel, de raisonner encore en termes de journalisme traditionnel ? ». La frontière de plus en plus floue entre influenceur et journaliste ne mérite-t-elle pas d'être réévaluée ?

Résumé des points clés

Journaliste ou influenceur : une étiquette fluctuante

Jean Massiet, vulgarisateur politique et Gaspard G, YouTubeur 

  • Comment se définir par rapport à l’autre ? Pour le créateur Gaspard G – fort de 980 000 abonnés sur sa chaîne YouTube d’information généraliste – la réponse varie en fonction du contexte. « Cela dépend des jours et de la personne à qui je m’adresse », explique-t-il. « Je m’efforce de fournir une couverture des actualités la plus objective possible, entouré de professionnels. » Actuellement, il travaille avec une équipe de cinq salariés ainsi que des prestataires externes pour les recherches et les tâches administratives. Les journalistes qui collaborent avec lui possèdent une carte de presse. Un jeune festivalier a d’ailleurs été surpris de découvrir l’ampleur de son équipe : « Je n’étais pas conscient que tu étais aussi entouré », a-t-il commenté, habitué à ne voir qu’un seul visage (devenu logo) sur les vidéos.
  • Jean Massiet, derrière la chaîne Twitch de vulgarisation politique BackSeat, ne s’embarrasse pas d’étiquettes et précise bien qu’il ne rentre pas dans la définition stricte de journaliste : « Mon métier va beaucoup plus loin parce que je suis aussi influenceur, producteur, chef d’entreprise», bref un homme-orchestre aux multiples fonctions, qui souhaite informer avant tout les jeunes. La moyenne d’âge de son public est de 24 ans.
  • Les médias traditionnels effacent progressivement la barrière entre leurs mondes et ceux des créateurs de contenu en ligne. « Ce mépris, ce scepticisme que certains médias ont cultivé semble s’estomper aujourd’hui », observe Gaspard G. « Nous faisons notre métier avec sérieux et obtenons des interviews pertinentes, y compris avec Emmanuel Macron. Ils ont peut-être ressenti de la jalousie en voyant Volodymyr Zelenskyy choisir de s’entretenir avec Hugo Travers, 27 ans, plutôt qu’avec Laurent Delahousse ou David Pujadas », sourit-il. Jean Massiet partage ce sentiment et note un effort de la presse écrite, qui publie désormais « d’excellents articles » sur cet univers, avec « des enquêtes approfondies et bien écrites ». Cependant, il souligne que la télévision reste encore « réticente au possible » à l’égard du monde du web, qui bouscule les codes de l’information depuis cinq ans.
  • Les médias traditionnels s’allient directement aux créateurs de contenus. France Télévisions collabore ainsi avec Hugo Décrypte pour l'émission "Face Cachée", produite par France 2 et Unfold, la société de production de Hugo Travers et Squeezie. Le partenariat fonctionne de la manière suivante : une semaine après la diffusion de l'émission, France TV perd les droits ou les co-partage pour permettre sa diffusion sur la chaîne privée d'Hugo Décrypte. Cet effort, bien que « louable », ne porte pas ses fruits, estime le journaliste de TF1 Paul Larrouturou, un autre intervenant, pour qui le succès n'est pas au rendez-vous. La recette d’une collaboration réussie reste encore à trouver.

Les partenariats, le bât qui blesse

  • Pour faire vivre cette nouvelle manière d’informer sur les réseaux sociaux, la plus grosse problématique reste le financement, estime Gaspard G. Il a dû lui-même limiter la couverture internationale de son média – trois voyages sur le terrain en douze mois (Israël, Nouvelle-Calédonie, Ukraine) – en raison des « coûts astronomiques » de tels projets pour une structure encore fragile. « Aujourd’hui, malheureusement, on ne dispose pas d’aides publiques, et notre génération n’a pas l’habitude de payer pour l’info », estime-t-il. Pour assurer ses arrières, le créateur de contenu n’hésite donc pas à faire appel aux annonceurs. « On fait avec nos armes pour pouvoir créer un modèle de revenu et payer nos équipes », justifie-t-il. Dans ses vidéos d’actualités, il représente ainsi les intérêts de ses clients. « Pendant une minute, il peut m’arriver de parler d’un VPN, d’une marque, d’un service », explique-t-il. C'est pourquoi certains hésitent à le considérer comme un journaliste. Selon la charte de Munich, le "Saint Graal du journalisme", il ne faut "jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n'accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs". « Je te considère comme un confrère. La grande question reste le modèle économique. Moi, je suis salarié d’une rédaction, j’ai le confort d’avoir un salaire qui tombe tous les mois », répond Paul Larrouturou, ancien de Quotidien.

De gauche à droite, Anaïs Carayon, directrice de la rédaction d'Urbania France, Paul Larrouturou, reporter chez TF1 et Gaspard G, créateur de contenus

  • Pour Backseat, le fonctionnement repose sur un modèle similaire. L'émission est majoritairement financée par du financement participatif (au moins les deux tiers), tandis que le reste provient de partenariats. En tout, le budget annuel s'élève à un demi-million d'euros. « Mon public ne m'en veut absolument pas pour les partenariats, parce que je leur explique à quoi ils servent. Je m'assure toujours que le partenariat ait un intérêt éditorial. Cela ne m'intéresse pas de faire de la publicité pour une marque dont je me fiche. En revanche, interviewer le PDG d'une entreprise pour poser des questions citoyennes et faire le lien avec ma chaîne où je parle politique, ça m'intéresse », raconte Jean Massiet. Le streamer affirme être l'un des leaders auprès d'un public particulièrement difficile à atteindre : les jeunes. La plupart de ses clients sont des institutions souhaitant s'adresser aux jeunes, « pas forcément pour faire passer des idées, juste pour dire bonjour », comme l'a fait récemment la Cour des comptes.
  • En fin de compte, la transparence envers son audience est essentielle. Il s'agit toujours de maintenir la confiance par l'explication et la justification. « L'enjeu, c'est la confiance et la crédibilité envers ton public. Il n'y a pas forcément de règles écrites. Il y a une loi qui encadre les influenceurs, mais elle a été rédigée avec les pieds », estime Jean Massiet. « L'important est de ne pas perdre la confiance que les gens placent en nous. C'est un contrat de confiance, une sorte de common law qui se développe avec le temps entre les influenceurs et leur public, en l'absence de règles plus précises imposées par les plateformes. » Il n'est d'ailleurs pas favorable à ce que les plateformes imposent leurs règles, car ce sont des entreprises américaines avec une culture américaine, dont les règles s'appliquent encore mal en Europe.
  • Par ailleurs, cette transparence est de plus en plus demandée par l'audience, rappelle le journaliste Vincent Manilève, notamment depuis les polémiques sur les placements de produits effectués par les « influvoleurs ». Il estime qu'une prise de conscience a eu lieu depuis.

Sourcer ses vidéos : une pratique journalistique devenue indispensable chez les créateurs de contenus

  • « Le public est un outil de contrôle démocratique », rappelle Jean Massiet. L’audience exige désormais que les vidéos et les images soient sourcées. Selon une étude du Financial Times, avoir des sources fiables, en lesquelles les jeunes peuvent avoir confiance, arrive en priorité dans les demandes des jeunes.

William Audureau, journaliste au Monde et Jean Massiet, vulgarisateur politique

  • Depuis le bad buzz de Squeezie (Lucas Hauchard), la vigilance du public a redoublé, selon Vincent Manilève. En 2019, le plus grand YouTubeur français (catégorie formats longs) a publié une vidéo sur les pyramides où il privilégiait les théories fantastiques aux théories scientifiques. « Ça reste une vidéo "théorie du complot" », s'était-il excusé. « C'était une vidéo de désinformation massive, alors qu'il avait une responsabilité éditoriale », explique le journaliste spécialisé dans Internet. Finalement, Squeezie a présenté ses excuses et supprimé la vidéo, bien qu'elle soit encore disponible sur DailyMotion. Depuis cet incident, il veille à sourcer et citer ses références, notamment le New Yorker.
  • Apprendre à utiliser des sources fiables et à respecter le cadre légal est un exercice complexe pour les YouTubeurs. Pour Gaspard G, l'utilisation d'extraits d'archives a été particulièrement ardue. Lorsqu'il a commencé à réaliser des vidéos avec son monteur, il a été plongé dans un « Far West total », ne disposant pas comme dans les grandes rédactions de services juridiques. « Un nombre incalculable de nos vidéos ont été retirées de la plateforme parce que nous n'avions pas tous les droits nécessaires pour citer des archives de TF1, France 2, Blast, Mediapart. Je pensais que cela relevait du droit de citation, mais ce n'était absolument pas le cas », se remémore-t-il. Parfois, la source n’était pas correctement citée ou l'image était zoomée avec une texture superposée, dissimulant ainsi le watermark de la chaîne. En conséquence, ils ont reçu de nombreuses mises en demeure et des vidéos entières ont été supprimées de leur chaîne. Aujourd'hui, le YouTubeur a amélioré ses pratiques et s'appuie sur l'INA, qui propose un forfait permettant aux créateurs de contenus d'utiliser les archives pour un total de 1000 euros par an.
  • Pour que l’apprentissage continue de manière pérenne, l’UNESCO a ainsi un mandat sur l’éducation aux médias et met en place un programme pour ces créateurs de contenus qui les aident à « avoir les bons codes pour informer », note Vincent Manilève. Lui-même, en tant que journaliste web spécialisé, est en contact avec une université des Etats-Unis pour les aider à retranscrire et localiser un cours en ligne à destination des influenceurs pour les aider à mieux informer et à suivre les règles de déontologie.

L’avenir ?

  • Comment les créateurs de contenu voient-ils l’avenir ? « Pas à la télévision », rétorque Jean Massiet : « Si la télé reste majeure en termes d’audience, en termes de génération, il y a un décrochage qui est absolument phénoménal ». Lors de la saison 2022-2023, l'âge moyen des téléspectateurs du journal télévisé de France 2 était de 63 ans et de 57 ans pour celui de TF1, selon Médiamétrie. Il cite ainsi Ikea qui a fait un rapport sur l’aménagement intérieur des ménages dans les pays développés. Aucune télévision n’était représentée devant les canapés. « Cette modification anthropologique est une très mauvaise nouvelle pour la télévision, qui va disparaître des salons des gens» prédit-il. Plus prosaïquement, il ne voit pas l’avenir de sa chaîne sur le format télévisé en raisons de coûts de production. « C’est scandaleusement cher de maintenir à flot une chaîne de télévision. Sur LCP, Public Sénat, c’est 7,5 millions d’euros d’infrastructures par an ! », dénonce le vulgarisateur.
  • Gaspard G anticipe une spécialisation progressive des créateurs de contenus dans les cinq à dix prochaines années. « À l'heure actuelle, Hugo Décrypte fait du JT, je couvre l'actualité froide, et Charles Villa s'intéresse aux sujets d'actualité brûlants… Nous verrons une montée en puissance de YouTubeurs qui choisiront de se spécialiser dans des créneaux particuliers du journalisme. Il est aussi essentiel de permettre à ces jeunes structures de trouver leur équilibre financier, car les coûts peuvent être très élevés », observe-t-il.

Aujourd’hui, les règles du jeu médiatique changent. La crédibilité est non pas donnée, par la profession mais par les gens qui regardent les contenus. Les créateurs, loin d’être de simples diffuseurs de divertissement, jouent désormais un rôle crucial dans la diffusion de l’information, captant un public jeune et diversifié souvent délaissé par les médias traditionnels. En se mettant à leur hauteur, ils parviennent à ouvrir le dialogue, et développent une proximité à la fois en ligne et « in real life »  – Jean Massiet, par exemple n’hésite pas à parcourir la France pour des apéros organisés avec sa communauté sur Discord. Il est crucial que le secteur continue de naviguer entre innovation et rigueur pour assurer la pérennité et la fiabilité de l’information dans cette ère numérique. La question demeure : comment les médias traditionnels et les créateurs de contenu pourront-ils collaborer efficacement pour offrir une information de qualité dans un paysage en perpétuelle mutation ? La réponse pourrait bien façonner le journalisme de demain.

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  • ✇C'est pas mon idée !
  • L'IA, protectrice ou ruine du climat ?
    Depuis plusieurs années, Google prend sa responsabilité environnementale au sérieux et son nouveau rapport annuel [PDF] consacré au sujet en fournit encore une preuve difficilement contestable. Pourtant les grandes tendances qui se dégagent au fil de ses pages ont de quoi inquiéter pour l'avenir de la planète… bien que le géant du web s'efforce désespérément de rassurer ses lecteurs.Fidèle à ses convictions historiques, l'entreprise poursuit ses efforts afin de concourir à la réduction des impa

L'IA, protectrice ou ruine du climat ?

Par : Patrice
3 juillet 2024 à 18:30
Google
Depuis plusieurs années, Google prend sa responsabilité environnementale au sérieux et son nouveau rapport annuel [PDF] consacré au sujet en fournit encore une preuve difficilement contestable. Pourtant les grandes tendances qui se dégagent au fil de ses pages ont de quoi inquiéter pour l'avenir de la planète… bien que le géant du web s'efforce désespérément de rassurer ses lecteurs.

Fidèle à ses convictions historiques, l'entreprise poursuit ses efforts afin de concourir à la réduction des impacts des activités humaines sur le monde qui nous entoure, dans toutes ses dimensions (ce qui la distingue de bien d'autres opérateurs), par exemple à travers la conception de services contribuant à la lutte contre le réchauffement (tels que les système d'alerte aux catastrophes naturelles) et ses préoccupations concrètes vis-à-vis de la biodiversité ou de sa consommation d'eau (trop souvent oubliée).

Malheureusement, dans son cœur de métier, les nouvelles sont mauvaises. Ainsi, en dépit de ses investissements constants dans la production d'énergie renouvelable, son objectif d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2030 est désormais présenté comme probablement difficile à atteindre et ses estimations d'émissions de gaz à effet de serre expliquent clairement pourquoi, avec une hausse de 66% depuis 2020, dont 13% au cours des 12 derniers mois, pour atteindre 14,3 millions de tonnes d'équivalent CO2.

La principale cause de cette augmentation continue depuis 4 ans se situe dans le « Scope 2 » du référentiel international, à savoir, en l'occurrence, la consommation d'énergie des centres de données de Google qui a crû de 37% en 2023. Comme le souligne TechCrunch, les responsables évitent soigneusement d'entrer dans des détails quantifiés mais, selon toute vraisemblance, le développement de l'intelligence artificielle et de ses applications est au premier rang sur le banc des accusés.

Rapport Environnemental Google 2024

Le constat est d'autant plus alarmant que, au détour d'une tentative de minimisation de sa contribution à l'équilibre général (p. 12 pour qui veut vérifier), on découvre que les infrastructures de Google absorberaient environ 1‰ de l'électricité mondiale ! Une seule firme, parmi les dizaines qui s'engouffrent dans les promesses de l'IA, dont la plupart ne s'inquiètent guère de leur empreinte carbone, engloutit 1 MWh sur 1000 MWh produits sur Terre, avec toutes les conséquences que cela implique, dont l'impossibilité manifeste de les verdir à court terme. Et ce n'est que le début !

Naturellement, Google vante les opportunités d'optimisation environnementale que crée l'intelligence artificielle et qu'elle exploite déjà, évoquant notamment un potentiel d'action (à défaut de réduction ?) sur 5 à 10% des émissions de gaz à effet de serre globales. Cependant, avec ces deux parties de l'équation qui convergent dangereusement, il va falloir s'interroger en conscience sur chaque initiative engagée. Les analyses de retour sur investissement des projets d'IA, surtout à vocation climatique, devront impérativement intégrer les effets néfastes des technologies mises en œuvre.

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  • Liens vagabonds : Google veut révolutionner notre travail, OpenAI, notre vie
    « Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière.  Cha

Liens vagabonds : Google veut révolutionner notre travail, OpenAI, notre vie

« Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière. 

ChatGPT veut révolutionner notre vie  

  • De son côté, OpenAI a dévoilé lundi 13 mai la nouvelle version de son assistant : ChatGPT-4o. Et surprise, il ne s’agit pas d’un chatbot ordinaire. Son abréviation « o » provient du mot anglais « omni », c’est-à-dire multimodal en français. Il s’agit donc d’un modèle capable de traiter du texte, de l'audio et des images en temps réel. 
  • Toutefois, il ne s’agit pas d’un nouvel outil comme Alexa ou Siri. La véritable révolution réside dans sa capacité à tenir une véritable conversation comme utiliser des onomatopées, faire des blagues, imiter une émotion (à la façon du film Her), permettre à l'utilisateur d'interrompre ou de changer totalement de sujet. « Parler à un ordinateur ne m'a jamais semblé vraiment naturel ; maintenant, c'est le cas », s’est félicité Sam Altman, PDG d'OpenAI. 
  • Auparavant, les assistants vocaux, y compris ChatGPT, pouvaient déjà répondre à des questions. Aujourd'hui, elle est fait en temps réel, et avec le sourire (en tout cas dans la vidéo démo).
  • S’il était déjà possible de prendre une photo de notre frigo avec ChatGPT4, il est désormais possible de prendre son téléphone pour filmer directement notre environnement et le montrer à l’IA. Elle comprend le contexte et peut décrire des scènes en temps réel, comme « décris-moi la ville ». 
  • La version de ChatGPT-4o est progressivement déployée pour les utilisateurs gratuits. Toutefois, le nouveau mode vocal n’est pas encore intégré à l’application. Difficile donc de vérifier s’il est à la hauteur des promesses marketing de la start-up. Sam Altman a en effet expliqué dans un tweet : « le nouveau mode vocal n'a pas encore été livré (bien que le mode texte de GPT-4o l'ait été). Ce que vous pouvez actuellement utiliser dans l'application est l'ancienne version ». 
  • Demain, ce sympathique assistant nous lira-t-il une sélection de news (fabriquées elles-mêmes par une IA ?)

Démonstration des capacités de ChatGPT-4o par OpenAI 

Gemini 1.5 veut révolutionner notre travail 

  • Mardi 14 mai, c’est au tour de Google de montrer une série de nouveautés au cours de sa conférence de presse. La promesse ? intégrer son IA Gemini 1.5 dans toutes ses gammes d’outils.
  • Cette innovation révolutionnera notre façon de travailler. Google bénéficie de l'avantage (comme Microsoft) d'avoir déjà des outils déployés dans les entreprises et sur les ordinateurs personnels. L'IA pourra analyser nos courriels et nous aider à organiser notre agenda par exemple. 
  • À partir de cette semaine, les utilisateurs aux États-Unis découvriront les résumés par IA dans leur moteur de recherche Google au-dessus des liens vers les sites web. Une nouveauté qui risque d’accentuer encore plus les inquiétudes des éditeurs de site web (une bataille des droits voisins puissance 10 est déjà en cours).
  • Enfin, Google a dévoilé son projet « Astra », assistant vocal multimodal voulant faire concurrence ChatGPT-4o. Si Astra ne montre pas encore d’émotion, Google souhaite améliorer son agent dans les prochaines semaines. 

Démonstration du projet Astra par Google 

Révolution technologique ou simple coup de communication ? 

Alors, demain, rira-t-on avec les robots pour mieux vivre avec eux, comme nous l'annonçait Laurence Devillers déjà en 2015 ? Ce qui semble être une promesse technologique révolutionnaire doit néanmoins être nuancé. Les assistants conversationnels d’OpenAI et de Google affichent toujours un taux d’erreur d’environ 20 %. Il reste donc primordial de vérifier les informations fournies avec d'autres sources. De plus, pour Benoit Raphael, journaliste expert en IA, « la hype de l'IA générative semble avoir atteint un plateau », tant en termes d’utilisateurs qu’en termes techniques. Il explique : « GPT-4o, le nouveau modèle d'OpenAI, est à peine meilleur que GPT-4, même s'il est plus rapide. Aujourd'hui, la plupart des modèles se valent ». Le principal enjeu est maintenant le marketing (plusieurs vidéos sur YouTube ont d'ailleurs transformé cette semaine en battle entre les deux géants)...

Mais ces entreprises sont bien en train de construire un avenir où les modèles d'IA recherchent, vérifient et évaluent les informations pour nous fournir une réponse concise à nos questions. Et pour Melissa Heikkilä, journaliste experte IA au MIT, "Encore plus qu'avec des chatbots plus simples, il est judicieux de rester sceptique par rapport à ce qu'ils vous disent".

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Une future entreprise unique de l’audiovisuel public sans France Médias Monde (Le Monde)
  • Le journal gratuit «20 Minutes» va supprimer son édition papier, 56 postes menacés (Libération)
  • Fréquences TNT ; plusieurs nouveaux entrants veulent lancer leur chaîne télé (Les Echos)
  • Streaming vidéo, IA... La France veut réduire le coût environnemental des services des géants du numérique (Le Figaro)
  • Le blocage de TikTok dans un territoire d'outre-mer crée un « dangereux précédent », avertissent les critiques (Politico)
  • Cannes : TikTok sur le tapis rouge (France Culture)

3 CHIFFRES

  • Selon des données collectées par Ecoprod, l’impact moyen d’un long-métrage de cinéma est de 188,7 tonnes CO2-équivalent, soit une centaine de voyages aller-retour en avion entre Paris et New York.
  • Au premier trimestre 2024, les recettes publicitaires nettes de l’ensemble des médias s’élèvent à 3,996 milliards d’euros, soit une hausse de 3,8 % par rapport au premier trimestre 2023, selon le Baromètre unifié du marché publicitaire (BUMP).
  • Les responsables de l'information sont légèrement plus optimistes quant à l'impact de l'IA. Un peu plus de la moitié des personnes interrogées (52 %) ont déclaré être « optimistes » ou « très optimistes » quant à l'effet qu'aura l'IA sur leur entreprise d'ici quelques années, d'après WAN-IFRA.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Les renvois vers les sites d'infos en provenance de Facebook ont chuté de 50 % en un an

Source : Mediapost

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • « Au début, on se fait agresser et à 45 ans, on est trop vieille pour travailler » - la misère secrète des femmes travaillant à la télévision (The Guardian)
  • Les moteurs de réponses remplacent les moteurs de recherche : carnage attendu pour les éditeurs (Washington Post)
  • Les liens rompus de Google avec le web (Platformer)
  • Comment les streamers de Twitch pourraient influencer les élections de 2024 (Wired)

Capture d'écran : Washington Post

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les adolescents qui se lient d'amitié avec les chatbots d'IA (The Verge)
  • Le PDG de YouTube : il est temps que les Emmys s'intéressent aux créateurs (Hollywood Reporter)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • L'IA me ment-elle ? Les scientifiques mettent en garde contre une capacité de tromperie croissante (The Guardian)
  • « Goodbye, Delhi » : forcée à partir après 25 ans en Inde, la correspondante de « La Croix » raconte (La Croix)
  • Un tribunal guatémaltèque ordonne la libération d'un journaliste emprisonné depuis près de deux ans pour blanchiment d'argent (AP)
  • Comment le gouvernement indien utilise les lois pour réduire au silence et intimider les journalistes (ijnet)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Le gouvernement français a-t-il le droit d’interdire TikTok en Nouvelle-Calédonie? (Le Figaro)
  • La Quadrature du Net attaque en justice le blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie (Quadrature du Net)
  • Après TikTok et X, Facebook et Instagram accusés par Bruxelles d'attenter à la santé mentale des enfants (Les Echos)

JOURNALISME

  • La nouvelle série spin-off de The Office prendra place dans un journal local en difficulté (Washington Post)
  • Sous-payé et sous-évalué : Ce que c'est que d'être un étudiant journaliste palestinien à l'heure actuelle (Teen Vogue)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • TikTok teste le téléchargement de vidéos de 60 minutes et continue de s'attaquer à YouTube (TechCrunch)

ENVIRONNEMENT

  • « Permacomputing » : la discrète communauté qui défend des outils numériques libres, sobres et décroissants (Le Monde)
  • Sous l'eau, Correio do Povo couvre la tragédie humaine des inondations dans le sud du Brésil (Latin American Journalism Review)
  • Comment les compagnies pétrolières manipulent les journalistes (Drilled)
  • Les déserts d'information occultent l'ampleur des catastrophes climatiques (The Nation)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • L'utilisation d'Internet est statistiquement associée à un plus grand bien-être, selon une nouvelle étude mondiale d'Oxford (University of Oxford)
  • Threads teste un flux semblable à TweetDeck (The Verge)
  • Pourquoi Jack Dorsey a abandonné Bluesky (The Washington Post)
  • Les réseaux sociaux chinois effacent les messages « ostentatoires de richesse et de glorification de l'argent » (The Guardian)
  • Comment WhatsApp est devenu une machine de campagne en Inde (Rest of World)
  • Reddit et OpenAI créent un partenariat (Reddit)
  • Twitter est officiellement X. com maintenant (The Verge)

 

Publié par @zuck
Voir dans Threads

 

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Stanford vient-il de créer le prototype des lunettes AR du futur ? (The Verge)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Qu'est-ce qu'on regarde à la télé ? Pour de nombreux Américains, c'est YouTube (Wall Street Journal)
  • Le retour des bouquets (The Atlantic)
  • Pour le marché du film de Cannes, les conditions sont mûres pour le succès après les premières années de pandémie (Reuters)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Sony Music met en garde les entreprises technologiques et les diffuseurs de musique contre l'utilisation de ses artistes par l'IA (Financial Times)
  • Spotify est accusé de violation du droit d’auteur par une association américaine (Billboard)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • L'Oklahoma adopte un projet de loi historique protégeant les droits des utilisateurs de Bitcoin (Forbes)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le cofondateur d'OpenAI, Ilya Sutskever, annonce son départ (New York Times)
  • Claude d’Anthropic propose maintenant son propre générateur de prompts (Anthropic)
  • Google et OpenAI se livrent une bataille pour remodeler Internet (The Verge)
  • ChatGPT sera capable de vous parler comme Scarlett Johansson dans Her (The Verge)

You can now generate production-ready prompts in the Anthropic Console.

Describe what you want to achieve, and Claude will use prompt engineering techniques like chain-of-thought reasoning to create more effective, precise and reliable prompts. pic.twitter.com/TqylVRkfP5

— Anthropic (@AnthropicAI) May 10, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Comment la publicité télévisée a perdu de son importance (Wall Street Journal)
  • Les groupes de presse britanniques mettent en garde Apple contre les projets de blocage des publicités (Financial Times

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

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IJF24 : « Lorsqu’il s’agit d’une bataille pour les faits, les journalistes sont des activistes »

Au Festival International de journalisme de Pérouse, les journalistes se réunissent pour des "thérapies en direct" dans un contexte de montée de la désinformation amplifiée par l'IA et de la toute-puissance des grandes plateformes. Et affûtent leurs armes pour les combats à venir.

Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l’Information de France Télévisions

« Imaginez Pérouse comme un groupe d'Alcooliques Anonymes... mais pour les journalistes », plaisante Maria Ressa, journaliste philippine et lauréate du Prix Nobel de la paix. Au Festival International de journalisme de Pérouse, la presse s’est adonnée à des « thérapies en direct ». Avec pour toile de fond : des fresques de la Renaissance et les paysages vallonnés de la capitale d’Ombrie. Le besoin de se rassembler, dont on parle tant, ne concerne pas uniquement les communautés auxquelles les médias s'adressent. Les journalistes eux-mêmes ont besoin de se regénérer pour affronter les défis à venir. Les enjeux sont immenses : la montée de la désinformation amplifiée par l’intelligence artificielle, la toute-puissance des grandes plateformes - ces "frenemies" abonnés au capitalisme de surveillance, la perte d’une réalité commune.  A l’ère où près de la moitié de la population mondiale s'apprête à élire ses représentants, les signaux d'alarme s’intensifient. « 2024 est l’année où la démocratie pourrait tomber d’une falaise », prévient Maria Ressa. « La situation n’a jamais été aussi mauvaise qu’aujourd’hui et plus la démocratie recule, plus les journalistes en paient le prix. Lorsqu’il s’agit d’une bataille pour les faits, les journalistes sont des activistes ».

Résumé des principaux champs de bataille.

Les médias de service public : « trop vieux, blancs et angoissés » ?

 « Les jeunes ne nous feront pas confiance juste parce qu’on est la BBC » constate Naja Nielsen, directrice digitale à BBC News. Le simple fait d’être une marque historique n’est plus un gage d’attrait. Même si l’institution britannique reste la première marque anglophone au monde, la confiance de l’audience a baissé de 19% en cinq ans. Comment continuer à être une référence auprès d’un jeune public fuyant ? Cette question existentielle a fait l’objet d’une table ronde centrée sur le rôle des médias publics, « les fondements d’une société saine ». Un impératif demeure : une refonte pour une couverture moins négative et plus diversifiée.

De gauche à droite : Rasmus Nielsen, Renée Kaplan, Naja Nielsen et Anne Lagercrantz

 Les points clés :

  • Les médias de service public jouent un rôle crucial dans le renforcement de la résilience des citoyens face au manipulations de divers acteurs. « Les médias de service public sont parmi les plus fiables et utilisés dans de nombreux pays. Ils rendent les gens plus résistants à la désinformation des États étrangers», a souligné Rasmus Nielsen, directeur du Reuters Institute for the Study of Journalism.
  • Un des principaux défis reste de maintenir une viabilité financière dans un contexte de réduction des financements publics. La BBC a perdu 30% de son budget depuis 2010 et supprimé 1 800 emplois. Les gouvernements conservateurs ont imposé soit un gel de la redevance, soit une augmentation inférieure à l’inflation.
  • Il s’agit également de résister à la montée en puissance des plateformes de streaming. L’objectif est de rester « pertinents pour les publics pour lesquels la télévision linéaire ne l’est plus», rappelle Rasmus Nielsen. En 2022, selon l’Ofcom, le régulateur des télécoms du Royaume-Uni, les Britanniques regardaient en moyenne quatre heures et demie de vidéos par jour, dont seulement deux heures de télévision en direct.
  • Même dans les pays où la confiance dans les médias publics est forte, une certaine lassitude de la part du public émerge. « En Suède, les jeunes sont plus anxieux et pessimistes, quant à l’avenir, et beaucoup d’entre eux sont d’origine étrangère. Jusqu’à 50% des 16-29 évitent les actualités parce qu’elles les mettent de mauvaise humeur», s’alarme Anne Lagercrantz, de la SVT, qui reconnaît être dans « une panique positive » (quoi que cela puisse signifier).
  • La chaîne de télévision publique suédoise tente de s’adapter à son public jeune et de parler à chacun. Sa rédaction est ainsi devenue « video-centric». Ils ont également doublé les rédactions locales, passant de 27 à 50 « pour être au plus proche de leur audience ».
  • Tous les intervenants du panel s’accordent : il s’agit de faire face aux critiques justifiées sur le manque de diversité des médias de service public. « Une collègue de la CBC, (le plus grand diffuseur du Canada) m’a raconté qu’ils avaient demandé à un public diversifié pourquoi ils ne prêtaient pas attention aux médias de service public. Leur réponse : « Parce que vous êtes vieux, blancs et angoissés », se remémore Anne Lagercrantz. Cette constatation doit entraîner un sursaut de la part des institutions.
  • Naja Nielsen de la BBC, « sans être optimiste», a appelé à une approche plus courageuse et honnête dans la recherche de la vérité, sans « agenda caché ». Elle a également insisté sur la nécessité de faire communauté, à une époque où la solitude est devenue une épidémie silencieuse.
  • Lors d’une conférence parallèle sur l’utilité des médias, Janine Gibson, du Financial Times, a rappelé l’utilité de prendre en compte les retours de l’audience, et parfois de manière plus « intime » : « Au FT, nous avons tous les ans une journée animée, par le PDG, où chaque manager doit mener un entretien avec un abonné payant, et retranscrire leurs feedbacks. Et ils ne sont pas toujours gentils », partage Maxime Loisel.

Zéro : le juste prix de la presse ?

Quelle est la valeur des actualités pour une plateforme ? « Aucune », a répondu Jesper Doub, ex-Meta. Celle-ci pourrait même être négative. Meta pourrait quitter le monde de l’info, sans perte commerciale du moins à court terme, a assuré l’ancien employé de Facebook, dans une table ronde intitulée « Qu’est-ce qui a mal tourné entre la presse et les big tech ? ». « Si vous obligez une entreprise privée à payer pour quelque chose qu’elle n’apprécie pas, elle en voudra encore moins », estime Madhav Chinnapa, ancien directeur du développement de l'écosystème de l'information chez Google. Dans une conférence parallèle, des économistes de renom ont posé un constat d’une différente nature sur le juste prix de la presse, devant être attribué par les plateformes.

Les points clés :

  • « Aujourd’hui les rédactions sont clairement lésées», souligne Anya Schiffrin de la School of International and Public Affairs Columbia University. « Google a fait le tour du monde en racontant que seulement 2% des recherches sont directement liées à l’actualité ». D’après des recherches, la quantité d’informations utilisées et exploitées pourrait plutôt s’approcher des… 35% ! (Et sur Alexa, 20%).
  • Une compensation équitable aux Etats-Unis seule devrait dépasser les 12 Milliards de dollars
  • Google, et dans une moindre mesure, Meta, ont décidé arbitrairement de donner aux éditeurs ce qu’ils estiment approprié, sans suivre de critères ou de règle précis, simplement parce qu’ils ont un pouvoir considérable. « C’est presque comme s’ils appartenaient à une religion différente de la mienne. Leur attitude est de dire qu’ils envoient du trafic et qu’il faut arrêter de se plaindre», s’étonne Anya Schiffrin. « Ils donnent de l’argent aux éditeurs individuellement dans l’espoir de diviser la classe et de les amener à s’opposer à la réglementation », poursuit-elle.
  • En réaction à cette dynamique, Jonathan Heawood, directeur exécutif de Public Interest News Foundation, se veut optimiste et espère un « win-win» avec l’arrivée du Digital Market Competition and Consumer Act. Avec ce nouvel arrangement, le régulateur sera en mesure de demander aux plateformes l’accès aux données pertinentes, afin de savoir quel est la part de trafic réel généré par les nouvelles, et la façon dont elles sont monétisées. « Je ne dis pas que c’est la solution pour sauver le journalisme. C’est de l’argent dû et il est temps d’en extraire une partie », explique-t-il.
  • Les journalistes peuvent tirer parti de l’intelligence artificielle pour mieux faire valoir leur prix. C’est en tout cas la position optimiste d’Andrea Carson, de la Trobe University, qui estime que les journalistes occupent une position privilégiée dans la bataille IA : « Les entreprises sont dans une course aux armements car ils ont besoin de bons contenus. C’est un des rares moments de l’histoire où les journalistes sont en position de force, car le modèle est en train de se détériorer. Ils ont besoin d’informations précises. Et pas seulement maintenant, mais aussi dans le futur».

Journalistes influenceurs : récupère ton argent !

Un journaliste est-il un influenceur (qui s’ignore) ? Peut-il accepter des partenariats avec des marques, au risque de franchir la ligne rouge de l’éthique ? Ces questions ont animé un panel en très grande forme intitulée « La montée des influenceurs : ce que les journalistes doivent apprendre ».

De gauche à droite : Mercy Abang, Enrique Anarte Lazo, Fatu Ogwuche et Johanna Rudiger

 Les points clés :

  • Si aucun des participants ne se considère comme un « influenceur », préférant le terme « créateurs de contenus » ou « journalistes », ils comprennent néanmoins la nature de cette attribution. « Je ne considère pas que ce que je fais soit très différent de ce que d'autres journalistes ont fait sur Twitter, lorsqu'ils ne se contentaient pas de partager ce qu'ils écrivaient, mais analysaient la situation. En fin de compte, même si vous ne partagez pas votre opinion, vous aidez les gens à comprendre le monde. Pour moi, c'est une forme d'influence. Et je le fais sans compromettre les normes d'impartialité de mon organisation», partage Enrique Anarte Lazo, du Thomson Reuters Foundation, qui réalise des vidéos informatives sur les réseaux sociaux.
  • Dans une profession décimée par les coupes budgétaires et les licenciements successifs, il faut assurer ses arrières et donc… monétiser son contenu si on se lance sur TikTok&co. « Si vous produisez du contenu pour YouTube, pour Facebook, prenez votre argent Vous vous ferez arnaquer de toute façon. Je pense que les journalistes ont plus que jamais besoin de comprendre le business du journalisme», lance Mercy Abang, CEO de Hostwriter face à un public conquis. « Si vous êtes journaliste, il faut aller sur TikTok, Twitter », insiste-t-elle en rappelant que le jeune public s’informe avant tout sur les réseaux sociaux.
  • Comment faire des partenariats avec des marques sans me compromettre ? « Est-ce que c’est si différent de la publicité publiée dans le journal? », s’interroge Enrique Anarte Lazo.
  • Les jeunes générations qui les soutiennent ne semblent pas être aussi préoccupés par cette question morale, allant jusqu’à encourager les journalistes à demander rémunération. C’est ce que raconte avec amusement Johanna Rudiger, head of social media strategy à Deutsche Welle Culture & Documentaries, qui multiplie les vidéos informatives à côté de son travail à temps plein : “Ma communauté pense parfois que je suis payée pour mes vidéos. Et quand ils découvrent que ce n’est pas le cas, ils ont pitié de moi et essaient de me donner des conseils pour mieux gagner ma vie». Tout travail mérite salaire.
  • Une festivalière se demande si le statut de « news influenceur » ne suscite pas inévitablement une compétition interne avec les autres journalistes de la rédaction. « La vraie concurrence reste les gens qui diffusent la désinformation. Plus on s’éloigne des réseaux sociaux, plus on permet à la désinformation de se propager», souligne Enrique Anarte Lazo… et considère ses collègues plutôt comme une source d’inspiration.

La désinformation, une épidémie hors de contrôle ?

Le fil rouge de chaque conférence était sans aucun doute la désinformation. Avec ce terrible constat en arrière-plan : malgré la multiplication d’organisations de fact-checking dans le monde, la désinformation perdure. Et va s’accroître notamment avec le déferlement de l’IA générative. De faux influenceurs, voire de faux médecins, générés par l'IA ont des millions de vues sur leurs comptes de médias sociaux.

Certaines plateformes abandonnent le navire ou jouent un rôle ambigu. « Les plateformes ont joué un rôle majeur dans les opérations de fact-checking dans le monde, mais nous ne savons pas pour combien de temps. Et cela suscite beaucoup d’inquiétude. Nous recevons beaucoup de signaux contradictoires », remet en contexte Marie Bohner, responsable du développement et des partenariats de l’investigation numérique. Twitter, temple du chaos, par exemple, ne répond aux demandes des journalistes que par un mail « out-of-office ». « J’ai essayé de les contacter 10 fois en quatre mois, avec le même résultat nul », déplore Marianna Spring, spécialiste de la désinformation à la BBC. Enfin, certains terrains sont désertés par les journalistes « Il nous faut des fact-checkers sur TikTok. On en manque cruellement », martèle Shayan Sardarizadeh de BBC Verify.

De gauche à droite : Lee Mwiti, Lucas Graves, Tai Nalon, Shayan Sardarizadeh, et Marie Bohner

Quelques chiffres rappelés lors du festival :

  • Selon le rapport annuel de l’International Fact-Checking Network, 72% des organisatins interrogées ont déclaré qu’elles étaient confrontées au harcèlement en 2023 dans le cadre de leur travail quotidien.
  • D’après une étude de MIT, les mensonges se propagent six fois plus rapidement que « les faits ennuyeux », rappelle Maria Ressa.

L’IA, l’éléphant dans la pièce

L’IA générative a également habité tous les esprits et de nombreuses conférences. Voici quelques réflexions et initiatives :

De gauche à droite : Chris Moran, Charlie Beckett, Julie Pace, et Vivian Schiller

  • Pour David Caswell, expert IA, la principale difficulté rencontrée par les petites rédactions dans le cadre des projets d’IA concerne la confiance : « Le plus grand obstacle n’était pas l’argent, ni les subtilités techniques, mais la confiance. Ils pouvaient absolument le faire, ils l’ont fait. Mais tous ont dû surmonter un certain manque de confiance en leur capacité à le faire dès le début». Pour lui d’ailleurs, les petites rédactions ont un avantage indéniable sur les plus grosses pour faire avancer leurs projets IA : « Elles ne sont pas en train de tout suranalyser. Les grandes rédactions osent moins expérimenter », souligne-t-il.
  • "Sophina" est un générateur de scripts de vidéo TikTok, présenté par la journaliste britannique Sophia Smith Galer, ex-BBC News et VICE News. Pour le former, la journaliste a utilisé plus d'une centaine de ses propres scripts vidéo. L'objectif de "Sophina" est d'aider à transformer divers types de contenu, comme des articles ou des podcasts, en scripts vidéo optimisés pour maximiser leur visibilité et leur potentiel de viralité sur les réseaux sociaux.

Conclusion :

Dans un monde où les enjeux technologiques et médiatiques sont de plus en plus entremêlés, Maria Ressa nous exhorte à garder espoir. Elle affirme : « Si les plateformes tech modéraient leur cupidité juste un petit peu, on serait capable de sauver la démocratie ».  Pour la journaliste, il faut redoubler d’efforts, si on ne veut pas d’un monde à la Black Mirror où l’actualité aura disparu. « Nous menons le bon combat au moment qui compte », assure-t-elle. D'alcooliques anonymes à soldats de l'info...

Pérouse

 

 

Illustration : Jesper Doub et Madhav Chinnapa

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  • ✇C'est pas mon idée !
  • Google s'attaque aux catastrophes naturelles
    À la convergence de ses expertises incontestables en matière de cartographie et d'intelligence artificielle, Alphabet (Google) développe activement, dans le cadre de sa division X dédiée à ses projets les plus ambitieux, des solutions avancées de prédiction et d'aide à la remédiation des catastrophes naturelles et de leurs impacts.Quelles que soient les actions entreprises maintenant en vue de le limiter à terme, le réchauffement climatique est désormais une certitude, tout comme ses conséquenc

Google s'attaque aux catastrophes naturelles

Par : Patrice
21 avril 2024 à 21:45
Alphabet X
À la convergence de ses expertises incontestables en matière de cartographie et d'intelligence artificielle, Alphabet (Google) développe activement, dans le cadre de sa division X dédiée à ses projets les plus ambitieux, des solutions avancées de prédiction et d'aide à la remédiation des catastrophes naturelles et de leurs impacts.

Quelles que soient les actions entreprises maintenant en vue de le limiter à terme, le réchauffement climatique est désormais une certitude, tout comme ses conséquences, dont notamment l'augmentation dramatique inéluctable du nombre de phénomènes dangereux, constatée presque quotidiennement partout autour de la planète. En parallèle des efforts environnementaux, l'humanité à donc besoin, en urgence, de moyens de contrôler ces épisodes qui menacent des populations entières.

L'initiative Bellwether prend donc ce problème à bras-le-corps, sous deux angles complémentaires. D'abord focalisée sur les deux catégories de sinistres les plus fréquents et les plus dévastateurs que sont les incendies et les inondations, elle élabore en amont des modèles prédictifs capables de déterminer la probabilité de survenue d'un événement sur une longue période (jusqu'à 5 ans), tandis que, en aval, elle conçoit des outils destinés à identifier rapidement les dommages et où concentrer les secours.

L'approche retenue s'avère extrêmement sophistiquée, basée principalement sur l'accumulation de photographies aériennes et combinant, entre autres, une analyse de l'évolution dans la durée de la surface de la terre, à la fois dans sa dimension naturelle et à travers ses constructions, avec un recensement des éléments surveillés (par exemple les catégories d'essence végétale, les types de bâtiment, les vents dominants…) permettant d'évaluer aussi finement que possible les risques à appréhender.

Alphabet X – Betllwether

La mission que se donne l'équipe de Bellwether est également double. D'une part, il s'agit d'offrir aux parties prenantes – citoyens, organismes publics, entreprises privées (dont, évidemment, les assurances)… – de la visibilité et de la transparence sur leurs niveaux d'exposition, grâce auxquelles elles sont en mesure d'anticiper les cataclysmes et, donc, de s'y préparer, voire de s'en prémunir, avec beaucoup plus d'efficacité.

Puis le deuxième volet entre en jeu quand arrive le pire : il faut réagir vite et en priorité là où c'est le plus important afin de limiter les dégâts (matériels et humains), ce que la plate-forme aide à qualifier immédiatement. La Garde Nationale américaine a ainsi adopté le système, avec lequel elle ne perd plus, comme aujourd'hui, des heures à chercher, manuellement, les cartes les plus appropriées de la zone affectée et à repérer les points sensibles où elle doit intervenir pour optimiser ses opérations.

Parce que le dérèglement climatique est déjà enclenché, parce que rien ne permettra de l'infléchir avant des décennies et parce que ses effets sur nos vies et nos activités vont devenir de plus en plus écrasants, la mise au point de solutions de prévention et d'assistance, telles que celles d'Alphabet X, devient aussi critique que les démarches de protection de l'environnement et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Voilà un nouveau chantier à engager… notamment par le secteur de l'assurance.

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    En dépit de la prolifération des chatbots, plus ou moins intelligents, nombre de circonstances de la vie courante nous contraignent toujours à interagir avec de vraies personnes. Google déborde d'imagination afin de simplifier ces échanges, pour une prise de rendez-vous, depuis quelque temps, ou, dorénavant, pour contacter un service client.Cette dernière fonction – pour l'instant expérimentée auprès des utilisateurs inscrits aux Search Labs de la firme et disponible pour une trentaine d'enseig

Ce robot qui appelle le support pour vous

Par : Patrice
26 février 2024 à 21:30
Google
En dépit de la prolifération des chatbots, plus ou moins intelligents, nombre de circonstances de la vie courante nous contraignent toujours à interagir avec de vraies personnes. Google déborde d'imagination afin de simplifier ces échanges, pour une prise de rendez-vous, depuis quelque temps, ou, dorénavant, pour contacter un service client.

Cette dernière fonction – pour l'instant expérimentée auprès des utilisateurs inscrits aux Search Labs de la firme et disponible pour une trentaine d'enseignes du transport aérien, des télécoms, du commerce de détail, de l'assurance (Esurance et StateFarm)… – consiste à proposer à l'internaute qui recherche les coordonnées d'un centre de support d'initier l'appel pour son compte et d'assumer (automatiquement, bien sûr) toutes les étapes préliminaires jusqu'à la connexion avec un opérateur humain.

Certes, quelques (rares) marques, particulièrement attentives au confort de leurs clients, offrent déjà la faculté de demander à être appelé, parfois même avec le choix de créneau horaire. Avec l'option « talk to a live representative », celle-ci pourrait être généralisée à toutes les entreprises : vous indiquez le motif de votre demande et votre numéro de téléphone, vous raccrochez puis vous attendez – avec un suivi du temps d'attente actualisé par SMS – la mise en ligne, dès qu'un conseiller décroche. Votre seule obligation est de vous tenir prêt à répondre au téléphone à ce moment-là.

Google Search Labs

Voilà une autre incarnation du client robot cher à Gartner, capable de prendre la place de son « maître » dans les circonstances pénibles ou délicates, de manière à lui faciliter l'existence. Et il ne fait guère de doute que cette première itération évoluera : s'il n'est aujourd'hui question que d'éviter la navigation dans les menus du système et l'attente avant d'obtenir un interlocuteur, il deviendra un jour possible d'expliquer à un assistant virtuel le problème rencontré et de le laisser s'en débrouiller avec le fournisseur. En quelque sorte l'inversion du modèle du chatbot, au bénéfice du consommateur !

Dans la lignée des exemples précédents de cette tendance qui prend décidément de l'ampleur, les organisations qui n'offrent pas une expérience utilisateur optimale et, par exemple, négligent la qualité de service dans leurs centres de contact seront les plus exposées à la transformation qui s'annonce. Rien n'arrêtera plus le flot d'insatisfaction et de mécontentement, qui finira par les submerger totalement. Il faut donc anticiper et corriger les déficiences (généralement bien connues) dès maintenant.

#IA – Cauchemar d'éditeur: le moteur de réponses remplace le moteur de recherche

« Nous nous dirigeons vers un monde où plus personne n'aura besoin de visiter des sites web et donc de voir des publicités d'éditeurs qui financent des trucs comme le journalisme », a averti il y a quelque jour un journaliste dans un podcast du New York Times.

Car en ce moment le monde de l’IA dans la Silicon Valley ne parle que d’un site : Perplexity.ai ! Ce service n’est pas un agent conversationnel, mais un mélange très séduisant combinant search et IA. Et préfigure … la mort possible des revenus tirés des liens vers les contenus des éditeurs.

En gros, à votre question, Perplexity fournit, à partir de multiples contenus du web, un résumé instantané parfait, un article à la volée bien présenté, avec des encadrés pertinents et à jour. Une sorte de Wikipédia dynamique et personnalisé, sans passer par le search classique.

Certes les principales sources sont affichées en haut de la page, mais rares sont ceux qui creuseront davantage le sujet, car la réponse proposée, synthèse intelligente de nombreux contenus soigneusement choisis, suffit et fait gagner du temps. Mais, pour l’instant, ces sources – souvent des éditeurs de presse-- ne sont pas rémunérées, au nom du fameux « fair use », le principe de citation du monde universitaire.

Perplexity, fondée par un ancien d’OpenAi et de DeepMind de Google, revendique 10 millions d’utilisateurs mensuels actifs et une durée moyenne de visite de 21 minutes. La version pro coûte 20 $ par mois, comme pour GPT-4. Et Jeff Bezos est un des actionnaires.

Face aux éditeurs terrifiés, le CEO et fondateur de Perplexity, Aravind Srinivas, estime que son moteur de réponses offre un meilleur référencement, une meilleure visibilité que Google, et permet d’accroître la notoriété des sources. Il reconnaît toutefois qu’il faudrait mieux monétiser cette notoriété.

« Nous devrions pouvoir dire au New York Times le nombre fois qu’un de ses extraits a été utilisé dans des réponses de Perplexity cette semaine ».

Notre but est de devenir le lieu de facto de l’information sur Internet (….) l’appli ultime de la connaissance, le TikTok du savoir!”, a-t-il indiqué dans deux récents podcasts.

« Aujourd’hui vous perdez beaucoup de temps à obtenir une réponse qu’une dizaine de commerciaux essaient de vous donner », précise-t-il. « Google, qui travaille d’abord pour les annonceurs, n’a aucun intérêt à vous faire gagner du temps ».

Il réfléchit ainsi à des modèles d’abonnements groupés avec des médias. Mais sa diversification de revenus passera à terme par les APIs et la publicité, a ajouté il y a quelques jours Srinivas.

Sur Perplexity, explique Srinivas, « la compétence N°1 est de poser de bonnes questions ».

La recherche peut être affinée et se concentrer uniquement sur des groupes de sources, comme par exemple les seules vidéos YouTube, ou les posts Reddit. Les erreurs existent mais sont bien moins nombreuses que sur les plateformes d’IA générative.

Evidemment, le roi du search, Google, pourrait faire la même chose que Perplexity. Il le fait d’ailleurs discrètement depuis plusieurs années dans des encadrés brefs. Mais son modèle d’affaires basé sur des liens sponsorisés – déjà partiellement cannibalisé par son IA Gemini- serait en grand risque. Wall Street ne manquerait pas de sanctionner tout recul des revenus publicitaires du géant de Mountain View.

Le « search génératif » de Google (dopé à l’IA) qui a déjà fait chuter le trafic de plus d’un tiers vers les sites d’infos d’Amérique du Nord n’est pour l’instant pas disponible en Europe. Il pourrait toutefois y arriver sous une forme intégrée au search classique d’ici moins d’un an, selon des contacts pris auprès de Google.

Les prochaines étapes chez Perplexity ?

Des notifications de news ("Perplexity Push") et « des résultats encore plus fiables, des questions et des réponses sous forme audio et vidéo (dire « multimodales » !), un meilleur raisonnement et plus de personnalisation », promet Srinivas.

D’autres offres semblables se multiplient comme l’appli « Arc Search » sur iPhone ou « Consensus » et peut-être bientôt via Reddit, qui vient de signer un accord important avec une firme d’IA.

Demain, nos smart phones, nous donnerons à la volée les cinq infos importantes du moment. Et peu d'entre nous se soucieront des sources !

ES

ps : ah j'oubliais ! Perplexity fonctionne aussi en Français !

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