Une soirée avec Alain Willaume, photographe : un réel hanté
AUTRES FILMS PRÉSENTÉS LORS DE CETTE SOIRÉE AVEC ALAIN WILLAUME, EN SA PRÉSENCE
STRASBOURG EST. PORTRAIT ROBOT D’UNE VILLE D’OCCIDENT À LA FIN DU SIÈCLE
d’Alain Willaume et Georges Pasquier
45’ | 1988 | FR3 Alsace | France
Alain Willaume et Georges Pasquier portent sur Strasbourg le regard qu’un homme amoureux porterait sur celle qu’il aime depuis longtemps. Ils n’en voient plus les traits extérieurs, ceux que tout le monde connaît. Ils partent du principe que la belle a une certaine notoriété. Ils ne s’arrêtent donc pas au manifestement visible. Le portrait qu’ils esquissent de la ville tient un peu de confidence, de l’indiscrétion, de la surprise. Leur film ne relève d’aucun genre répertorié.
Que la ville qu’ils nous montrent ne ressemble en rien à ce que l’on croit savoir d’elle importe peu finalement. En retournant quelques-unes de ses poches confidentielles, voire obscures, ils ne font qu’en agrandir le territoire.
La seule parole qui structure le film et qui nomme la ville est celle de Monsieur Rudloff, le maire, dont le discours lu le 1er janvier 1988 ponctue les séquences. Cette parole incantatoire qui scande une « ville idéale » est aux images de Willaume et Pasquier ce qu’un portrait officiel serait à un instantané pris dans l’intimité.
PHARE OUEST. CHRONIQUES D’EXTRÊME-EUROPE n°1, ÎLE DE FER – TERRITOIRE ESPAGNOL
d’Anne Testut et Alain Willaume
7’ | 1991 | Les Films de l’observatoire, Eurocréation Production, Testut & Willaume
PHARE-OUEST est une évocation poétique de la mythique Île de Fer. Ptolémée, le géographe de l’antiquité, y situait le méridien O du monde connu et l’a décrété terre la plus occidentale du continent européen.
On y découvre Jorge, le gardien du dernier phare à pétrole de l’île et d’autres habitants et aspects de cette île aux confins de l’Europe.
Ce film a été tourné en 1991, au début du « Voyage en Extrême Europe » qui a donné naissance à la série photographique « De Finibus Terrae ».
Ce court-métrage a été le pilote d’une série télévisée évoquant les extrémités géographiques de l’Union européenne constituée alors de 15 pays. La série ne vit jamais le jour.
PROJECTION EN AFTER
POESIS
Film photographique du collectif de photographes Tendance Floue
32’ | 2016 | Collectif Tendance Floue | France
Images de Pascal Aimar, Thierry Ardouin, Denis Bourges, Gilles Coulon, Olivier Culmann, Grégoire Eloy, Mat Jacob, Caty Jan, Yohanne Lamoulère, Philippe Lopparelli, Bertrand Meunier, Meyer, Flore-Aël Surun, Patrick Tournebœuf et Alain Willaume
À l’origine, le mot grec “poesis” signifie création. Il s’agit encore de faire ensemble, d’inventer, de s’inventer en images. Cet opus de notre œuvre collective s’inscrit dans un courant contemporain de résistance artistique. À notre mesure, nous devons nous tenir aux côtés de celles et ceux qui s’engagent pour défendre la célébration permanente du regard poétique, la magie de voir la lune comme si c’était la première fois. À l’heure où les barbaries se déploient dans un univers qui se consomme et se consume, il est urgent de déclarer libre le royaume de l’émotion. Ne pas espérer, mais désirer. Se pencher sur l’inconnu, embrasser notre pouvoir d’imagination, nourrir le langage de l’image par la soumission poétique et le mystère. La photographie ne change pas le monde, elle y participe.
ALAIN WILLAUME | PODCASTS, ENTRETIENS VIDÉO ET REVUE
Entretien avec Alain Willaume par Franck Ribery, extrait
F.R. : N’y a-t-il pas dans votre poétique photographique une tension constante entre abstraction et figuration, ce qui apparaît et ce qui disparaît, une forme de paix et un océan de troubles, une soif d’être au monde et une sensation de néant ?
A.W. : Je crois en effet ne savoir photographier que sous cette tension : elle fonde à mes yeux le réel et le rend lisible à mes yeux. Mon penchant naturel à la contemplation du monde est sans cesse vrillé par les innombrables tragédies qui l’habitent. Sans vouloir faire le récit circonstancié de ces désastres, j’essaie néanmoins d’en être l’écho, même diffracté. Mais je ne peux pas non plus résister au témoignage de quelques-unes de ses beautés fulgurantes. C’est la friction de ces deux pôles qui constitue, je crois, l’assise de ma photographie. Et ce livre, « Coordonnées 72/18 », (Éditions Xavier Barral), pour la première fois, en témoigne.
Lire l’entretien en intégralité sur le site « L’intervalle ».
« NUL SOLEIL. MAIS LE FEU » | UNE EXPOSITION D’ALAIN WILLAUME
DU 22 MAI AU 5 SEPTEMBRE 2026, À STIMULTANIA, PÔLE DE PHOTOGRAPHIE À STRASBOURG
Membre du collectif Tendance Floue, Alain Willaume développe, aux marges des courants dominants du documentaire, une œuvre faite d’images énigmatiques qui font récit de la tension et de la vulnérabilité du monde et des humains qui l’habitent.
Durant sa résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto, il a confronté aux lumières de l’hiver japonais les incertaines notions de wabi et de sabi. NUL SOLEIL. MAIS LE FEU, la série photographique née de ce séjour, dessine le territoire d’un XXIe siècle vacillant et parcourt les méandres fiévreux d’un Japon “sans soleil”. Ce travail sur la béance et la beauté, ponctué de silhouettes énigmatiques, est nourri du tremblement des certitudes, dans les ondes d’une mystérieuse puissance tellurique.
L’ensemble de la sérié sera publié en 2026 par l’Atelier EXB et fera l’objet d’une exposition itinérante au sein du Réseau Diagonal, pilotée par le pôle de photographie Stimultania (Strasbourg) et avec le soutien technique du Musée Nicéphore Niépce (Chalon-sur-Saône). Un intriguant boro d’enfant, acquis sur un marché aux puces de Kyoto, accompagnera les expositions.
PARTAGEONS NOTRE GOÛT POUR LE CINÉMA DOCUMENTAIRE
Tous nos rendez-vous autour du cinéma documentaire : projections, rencontres, festivals et ateliers