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Interface cerveau-machine : Synchron envisage une étude à grande échelle pour son implant

Les interfaces cerveau-machine (ICM) représentent un immense espoir pour les malades atteints de troubles moteurs et sont le sujet de recherche depuis des décennies. Synchron, une start-up australienne également basée à New-York, après des essais concluants sur Stentrode, l’implant cérébral endovasculaire qu’elle a développé, a annoncé la semaine dernière le lancement d’un registre patients dans le but de mener un essai clinique à grande échelle.

Les avancées en matière d’IA, deep learning et traitement du signal ont permis de mieux interpréter les signaux cérébraux, les progrès dans la miniaturisation des capteurs EEG (électroencéphalographie) et dans les techniques d’imagerie cérébrale, telles que l’IRM fonctionnelle et la spectroscopie proche-infrarouge ont également contribué à ceux des interfaces cerveau-machine depuis la première implantation humaine par Neural Signals en 1998.

La startup Cortera Neurotechnologies a ainsi mis au point en 2019 un implant de stimulation cérébrale pour la maladie de Parkinson. La même année, un exosquelette de la main contrôlé par la pensée était développé à l’EPFL, une de ses équipes a conçu l’an passé une neuro-puce pour détecter et atténuer les symptômes de maladies neurologiques. Le centre de recherche Clinatec à Grenoble a développé, lui aussi en 2019, un exosquelette qui a permis à Thibault, un patient tétraplégique de 28 ans équipé d’implants cérébraux semi-invasifs, de contrôler la marche et le mouvement des bras d’un exosquelette dans lequel il est installé.

Synchron a été créée en 2016 par le neurologue Thomas Oxley, l’année de la création de Neuralink, la start-up cofondée par Elon Musk. Après une levée de fonds de 40 millions de dollars en 2021, elle a bénéficié en 2022 lors d’un nouveau tour de table de 75 millions de dollars auquel ont participé Jeff Bezos et Bill Gates via leurs sociétés d’investissement. Elle a également reçu le soutien des gouvernements australien et américain.

Les deux start-ups, concurrentes sur un marché qui peut s’avérer très lucratif, ont adopté deux approches très différentes. Telepathy, la technologie de Neuralink, plus intrusive, consiste en une puce informatique dotée d’électrodes qui est implantée à la surface du cerveau par un robot chirurgical. Stentrode, le dispositif de neuroprothèse de Synchron est implanté dans le cortex moteur du cerveau via la veine jugulaire lors d’une procédure endovasculaire mini-invasive. Les signaux neuronaux sont transmis d’un boîtier installé dans la poitrine du patient à un ordinateur, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous.

Alors qu’Elon Musk n’a annoncé la première implantation de Telepathy sur un humain qu’en janvier dernier, Synchron, qui avait reçu l’autorisation de la FDA pour des tests préliminaires en juillet 2021, révélait en juillet 2022 la pose de son implant sur un patient au centre médical Mount Sinai West à New York dans le cadre de l’essai COMMAND. Le dispositif a été ensuite implanté avec succès chez d’autres patients à Carnegie Mellon et à l’Université de Pittsburgh.

L’étude Stentrode With Thought-Controlled Digital Switch (SWITCH), qui a évalué quatre de ces patients atteints de paralysie sévère, a montré qu’aucun effet secondaire indésirable grave n’avait été constaté un an après l’implantation de Stentrode.

La start-up est à la recherche de prochains participants pour l’essai COMMAND, qui inclurait des dizaines de patients atteints d’une paralysie sévère due à la SLA, à un accident vasculaire cérébral, à une lésion de la moelle épinière ou à la sclérose en plaques. L’étude des données recueillies pourrait lui apporter l’approbation de la FDA pour la mise sur le marché de son implant.

Interface cerveau- machine Synchron envisage une étude à grande échelle pour son implant

L’IAE Lille organise une conférence sur l’impact de l’IA dans l’industrie à travers l’analyse des données émotionnelles

Les entreprises doivent aujourd’hui revoir leurs stratégies au prisme de l’IA. Pour vous permettre d’appréhender l’impact de l’IA dans l’industrie, les étudiants du Master 1 Marketing B to B International et Innovation de l’IAE Lille vous invitent à participer à la conférence “Comment l’IA révolutionne-t-elle l’industrie grâce à l’analyse des données émotionnelles ?”. L’événement aura lieu le 13 février prochain, de 18h à 20h, à l’amphithéâtre Pierre Mauroy à l’IAE Lille, site Vieux-Lille.

Les données émotionnelles utilisées dans des domaines tels que la psychologie, les sciences sociales, les sciences du comportement, sont de plus en plus exploitées dans le développement des interfaces homme-machine pour améliorer la compréhension et l’interaction avec les utilisateurs et dans le marketing. Elles offrent aux entreprises un avantage concurrentiel en leur permettant de comprendre et d’adresser de manière plus précise les besoins et les motivations de leurs clients.

Cette conférence vous permettra de découvrir les enjeux, les opportunités de l’IA et des données émotionnelles, et d’échanger avec des professionnels chevronnés dans ce domaine. Ils vous présenteront les dernières avancées technologiques, les aspects juridiques, les applications pratiques et les implications psychologiques de l’IA.

Les intervenants

Les quatre intervenants de cette conférence sont Aurore Bonavia, Avocate, Alex Deslée – Maître de conférences, Mathias Planckaert – Consultant en IA et Stéphane Mouchabac – Psychiatre.

  • Aurore Bonavia abordera les limites du sujet en échangeant sur l’impact de l’IA sous le prisme de la propriété intellectuelle et celui des données personnelles/confidentielles pouvant être transmises via ces outils IA. Elle discutera également de la future réglementation européenne en cours de discussion ;
  • Alex Deslée apportera son expertise sur les dernières avancées technologiques dans le domaine de l’intelligence artificielle et son impact sur l’industrie;
  • Mathias Planckaert partagera son expérience pratique et son point de vue sur la manière dont l’IA transforme les processus industriels ;
  • Stéphane Mouchabac explorera l’aspect fondamental des émotions dans le contexte de l’IA, en abordant des sujets tels que l’agentivité, l’empathie, et comment donner une vie mentale aux robots et interagir avec eux.

Comment participer : Pour assister à cette conférence enrichissante, veuillez vous inscrire via le lien suivant : https://forms.gle/84KbUFtq3f6tJVSD9. Vous pouvez également suivre l’événement sur Instagram @CONFERENCESMB2I.

Pour plus d’informations, veuillez contacter : conferencemb2i.2024@gmail.com

A propos de l’IAE Lille : L’IAE Lille est une école de management, composante de
l’Université de Lille, et faisant partie du réseau IAE France. Elle possède trois sites composés de plusieurs pôles de formation : site Vieux-Lille (pôles Management, Marketing Vente, Management de l’innovation et Gestion des Ressources Humaines), site Moulins (pôles Finance et Comptabilité Audit Contrôle) et site Roubaix (pôle Commerce et Distribution).

Visuel conférence IAE LILLE

Elon Musk annonce la pose d’une interface cerveau-machine sur un humain, une première pour Neuralink

C’est sur X qu’Elon Musk a annoncé la pose de l’implant cérébral de la société Neuralink, dont il est un des cofondateurs, sur un humain. Selon lui, l’opération s’était bien passée et les premiers résultats montraient une activité neuronale prometteuse.

La start-up Neuralink a été cofondée en juillet 2016 par Elon Musk et une équipe de scientifiques et d’ingénieurs. Son objectif était de développer un dispositif d’interface cerveau-machine implantable afin d’améliorer la vie des personnes atteintes de graves lésions cérébrales et de la moelle épinière, dans le but final de créer une interface cérébrale complète capable de connecter plus étroitement l’intelligence biologique et artificielle.

Si en 2019 Elon Musk envisageait l’installation du dispositif sur un patient humain en 2020, il a du patienter jusqu’au 29 janvier dernier.

La technologie de Neuralink consiste en une puce informatique dotée d’électrodes qui est implantée à la surface du cerveau par un robot chirurgical. En effet, l’activité cérébrale était dans un premier temps enregistrée à partir de 1024 électrodes réparties sur 64 fils, mais ceux-ci sont si minces qu’ils ne peuvent être insérés par la main humaine, Neuralink a donc conçu un robot capable de le faire.

La société a fait état de progrès significatifs dans la miniaturisation des composants, l’augmentation du nombre d’électrodes et l’amélioration de la fiabilité des interfaces. Le dispositif amélioré se compose à présent de 96 sondes, chacune d’entre elles comprend 32 électrodes, ce qui représente un total de 3 072 électrodes placées dans  le cerveau.

Si à l’origine les implants ont été conçus afin de venir en aide aux personnes atteintes de paralysie ou de cécité, ils pourraient être ensuite utilisés pour combattre les maladies neuro-dégénératives comme celles d’Alzheimer ou de Parkinson. Selon Elon Musk, ils pourraient également aider à lutter contre l’obésité, l’autisme, la dépression et la schizophrénie et même permettre la navigation sur Internet et la télépathie.

En mai 2023, Neuralink a reçu l’approbation de la FDA pour des essais cliniques sur les humains après avoir expérimenté le dispositif sur des animaux. Ce qui a d’ailleurs valu à la start-up d’être accusée de maltraitance animale et d’être au cœur de plusieurs polémiques.

En février de la même année, le département américain des Transports avait annoncé mener une enquête sur Neuralink après qu’une organisation de défense des animaux ait accusé la startup d’avoir transporté des matières contaminées provenant de primates malades sans avoir suivi la procédure.

Parallèlement, elle faisait l’objet d’une enquête fédérale pour maltraitance animale, certains de ses employés s’étant plaints de la précipitation des tests réalisés sur les animaux. Elon Musk aurait demandé à son personnel d’accélérer les tests sur des singes, des porcs et des moutons causant la mort de nombre d’entre eux.

Télépathie, le premier implant de Neuralink

Suite à l’approbation de la FDA, Neuralink avait demandé aux personnes souffrant de paraplégie, de cécité, de surdité et/ou d’aphasie souhaitant participer aux essais cliniques de s’inscrire sur son “Registre des patients”.

Elon Musk n’a pas spécifié de quel handicap était atteinte la personne à qui a été posée l’implant de Neuralink, il a néanmoins  déclaré “Le premier produit de Neuralink s’appelle Télépathie. Il permet de contrôler votre téléphone ou votre ordinateur, et à travers eux presque n’importe quel appareil, simplement par la pensée”. 

Si Neuralink s’en tient à ses projets, le premier essai clinique chez l’humain ou étude PRIME (abréviation de Precise Robotically Implanted Brain-Computer Interface) visera à évaluer la sécurité de l’implant, du robot chirurgical ainsi que la fonctionnalité initiale de l’interface cerveau-machine dont l’objectif est de permettre aux personnes paralysées de contrôler des dispositifs externes par la pensée.

Les puces implantables sont le sujet de nombreuses recherches, une équipe de l’EPFL a ainsi conçu une neuro-puce pour détecter et atténuer les symptômes de maladies neurologiques. La startup Cortera Neurotechnologies a mis au point dès 2019 un implant intelligent de stimulation cérébrale pour la maladie de Parkinson. Certains malades atteints de cette maladie se voient depuis des années proposer la pose d’électrodes de stimulation dans le cerveau.

Selon Elon Musk, les dispositifs de Neuralink pourraient être régulièrement mis à niveau, ce qui soulève des questions éthiques et de sécurité.

Si l’implant de Neuralink n’apporte pas une révolution dans le domaine des neurosciences, il ouvre néanmoins des perspectives dans le traitement des maladies neurologiques.  Neuralink devra toutefois prouver à la FDA que ses dispositifs sont sûrs et fiables avant d’envisager leur mise sur le marché.

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