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  • La bourse de Londres s'ouvre au crowdfunding
    Dans un contexte européen généralement difficile pour le financement des startups, la plate-forme d'investissement participatif Crowdcube multiplie les initiatives de diversification, en profitant des tendances qui affectent le marché. Dernière en date, sa collaboration avec la bourse de Londres en vue d'accéder à ses enchères de titres privés.Le baromètre français du « crowdfunding » l'illustrait encore récemment, et la situation n'est guère meilleure dans les autres pays du continent, les spé

La bourse de Londres s'ouvre au crowdfunding

Par : Patrice
7 octobre 2025 à 22:00
Crowdcube
Dans un contexte européen généralement difficile pour le financement des startups, la plate-forme d'investissement participatif Crowdcube multiplie les initiatives de diversification, en profitant des tendances qui affectent le marché. Dernière en date, sa collaboration avec la bourse de Londres en vue d'accéder à ses enchères de titres privés.

Le baromètre français du « crowdfunding » l'illustrait encore récemment, et la situation n'est guère meilleure dans les autres pays du continent, les spécialistes de l'investissement en capital peinent à progresser, voire perdent du terrain, en raison d'une contraction de l'offre qui reflète, à mon avis, autant une frilosité des levées de fonds qu'un ralentissement de l'innovation et de l'entrepreneuriat. Pour un leader tel que Crowdcube, la conjoncture crée cependant d'autres opportunités de croissance.

Une de ses premières réactions à la morosité ambiante consistait, en 2023, à mettre en place un marché secondaire, afin de procurer une perspective de liquidité à ses utilisateurs, en leur permettant de revendre leurs parts sans devoir attendre une sortie – acquisition ou introduction en bourse – qui est désormais de plus en plus tardive dans la vie des jeunes pousses. L'objectif était évidemment d'écarter un des principaux freins pour les investisseurs au blocage de leur argent dans une levée de fonds précoce.

Dernièrement (au début de septembre), Crowdcube a continué à s'adapter à l'évolution de son environnement, avec le lancement d'une offre centrée sur une sélection de tours de financement avancés, c'est-à-dire ceux des entreprises qui ont atteint une certaine maturité. Cette ouverture répond justement au besoin des structures concernées de continuer à s'appuyer sur des capitaux privés, en remettant à une échéance plus lointaine (et plus propice) la possibilité d'une cession ou d'une entrée en bourse.

Crowdcube x LSEG

L'accord conclu avec LSEG, l'opérateur, entre autres, du marché londonien, arrive maintenant comme une sorte de point de convergence de ces ajouts successifs. Sur le papier, il s'agit d'abord de proposer aux clients de la solution de « crowdfunding » d'accéder aux transactions secondaires organisées par la bourse, sous forme de mises aux enchères ponctuelles (et non en continu, comme pour les actions « publiques »), pour une autre manière de contribuer au développement de sociétés plus mûres.

D'autre part, il met en lumière auprès des entreprises qui ont recouru à Crowdcube pour leurs recherches de fonds initiales une alternative – ou un complément – à l'option équivalente de la plate-forme pour leurs besoins ultérieurs, avec une visibilité démultipliée. Grâce à la relation spéciale entre les deux acteurs, les investisseurs de la première heure resteront partie prenante des opérations touchant leur portefeuille, que ce soit pour prendre leurs bénéfices ou pour renforcer leur participation.

La démarche du leader britannique pourrait peut-être servir d'inspiration à ses alter ego dans l'hexagone, dont la part marginale dans le financement des startups est un facteur aggravant des difficultés que rencontrent les entrepreneurs dans notre pays. Nos concitoyens étant particulièrement sensibles aux risques, à défaut de pouvoir les rassurer sur la menace de perte de capital, la mise en place de facilités garantissant un minimum de liquidité sur les engagements porterait une promesse bienvenue.

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  • La finance participative française s'essouffle
    En attendant le baromètre de l'association France FinTech, le marché français de la finance participative tendrait, selon L'Agefi, à poursuivre le déclin entamé à partir de 2023, après le bond enregistré durant les années post-COVID. Le mouvement atteint un tel niveau qu'il semble nécessaire de repenser les stratégies de fond en comble.Après avoir perdu plus d'un quart de son volume d'activité au cours des deux années précédentes, ce premier semestre serait donc sur la voie d'une baisse supplém

La finance participative française s'essouffle

Par : Patrice
10 août 2025 à 21:45
France FinTech
En attendant le baromètre de l'association France FinTech, le marché français de la finance participative tendrait, selon L'Agefi, à poursuivre le déclin entamé à partir de 2023, après le bond enregistré durant les années post-COVID. Le mouvement atteint un tel niveau qu'il semble nécessaire de repenser les stratégies de fond en comble.

Après avoir perdu plus d'un quart de son volume d'activité au cours des deux années précédentes, ce premier semestre serait donc sur la voie d'une baisse supplémentaire de 10 à 15%. Celle-ci serait principalement due au secteur immobilier, qui représente environ la moitié des collectes et continue à subir la crise générale du domaine. Les énergies renouvelables, cumulant presque 25% des fonds recueillis, parviendraient en revanche à limiter la casse, sans toutefois afficher une santé brillante.

Outre quelques fermetures de plates-formes, le coup de frein serait dû, pour l'essentiel, à une plus grande sélectivité des dossiers acceptés. Il s'agit d'un revirement par rapport à une période de forte croissance… qui n'était pas toujours bien maîtrisée, entraînant un inévitable renchérissement des taux de défaut, dangereux à la fois pour l'équilibre financier des intermédiaires concernés et pour la confiance de leurs clients.

Cette situation de risque, renforcée par la conjoncture économique peu favorable, conduit certains acteurs à envisager de réclamer une contribution à leurs investisseurs, soit pour leur faire bénéficier des meilleures opportunités, soit pour partager les coûts des contentieux. Dans tous les cas, la fin de la gratuité (faciale) paraît être à l'ordre du jour… ce qui pourrait s'avérer contre-productif pour des participants déjà réticents.

France FinTech – Finance Participative

Face à la dépression qui affecte la finance participative en France, une réinvention complète des approches en vigueur serait probablement indispensable. Je soupçonne qu'elle souffre d'un manque d'attrait pour les personnes qui disposent de fonds à faire fructifier. Entre autres faiblesses : l'offre est relativement limitée (les opérations en cours à un moment donné sont peu nombreuses), le modèle requiert un engagement soutenu… et les crypto-actifs créent une concurrence dans les instruments alternatifs.

Naturellement, dans une illustration parfaite du dilemme classique des solutions de mise en relation entre deux typologies de clientèle, l'autre catégorie de partie prenante, constituée par les entités en recherche de financement, est elle-même frileuse en raison de l'audience réduite qu'elle est susceptible de toucher. La clé pour débloquer cette impasse imposera de développer la notoriété du concept, auprès des demandeurs comme des bailleurs de fonds, en défendant ses caractéristiques distinctives.

Je reste un fervent enthousiaste de la finance participative et de ses possibilités de rendre l'investissement ou le crédit plus concret, plus transparent et plus engagé. Mais il ne pourra pas progresser tant qu'il ne sera pas démocratisé très largement. Peut-être faut-il user des méthodes d'influence qui réussissent aux cryptomonnaies (en les attaquant sur leurs points faibles ?), peut-être faut-il rechercher des partenariats avec des acteurs présents en première ligne (les banques)… Une certitude : sans prise de mesures drastiques, le crowdfunding restera une anecdote dans le paysage.

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  • Comment relancer la finance participative ?
    Quelques jours après la publication par France FinTech de son baromètre du « crowdfunding », je découvrais au hasard d'une communication officielle la (déjà ancienne) plate-forme Kiwaï Normandie de la Caisse d'Épargne locale, qui illustre tristement le développement poussif de la finance participative dans l'hexagone.Je ne m'attarderai pas outre mesure sur l'état des lieux du marché français à la fin de 2024 mais il faut bien parler des chiffres qui dérangent : si le cap des 10 milliards d'euro

Comment relancer la finance participative ?

Par : Patrice
23 février 2025 à 21:30
Caisse d'Épargne
Quelques jours après la publication par France FinTech de son baromètre du « crowdfunding », je découvrais au hasard d'une communication officielle la (déjà ancienne) plate-forme Kiwaï Normandie de la Caisse d'Épargne locale, qui illustre tristement le développement poussif de la finance participative dans l'hexagone.

Je ne m'attarderai pas outre mesure sur l'état des lieux du marché français à la fin de 2024 mais il faut bien parler des chiffres qui dérangent : si le cap des 10 milliards d'euros apportés en une décennie représente un seuil symbolique fort, il n'en reste pas moins que ce montant est infime par rapport à la masse de l'épargne de nos compatriotes. Par ailleurs, la baisse de 17% constatée sur un an, suivant celle de 11% observée en 2023, est de mauvais augure pour l'avenir du secteur même après la prise en compte des explications conjoncturelles (sur la crise de l'immobilier, notamment).

Je ne sais pas si elle est représentative de ses consœurs, mais l'exemple de Kiwaï, qui est membre de France FinTech, peut fournir un aperçu des opportunités manquées. Voilà en effet une initiative qui, à première vue, coche toutes les cases de la pépite : une solution et une équipe ancrées dans leur territoire, pour proposer aux internautes d'investir – sous forme de prêt (à taux fixe) – dans des projets locaux à vocation exclusivement environnementale, avec une garantie totale du capital et des intérêts.

Ouverte en 2018, elle n'a pourtant qu'une quarantaine d'opérations (réussies) à son actif et aucune n'a été lancée depuis cinq mois. Entre les rémunérations attractives, entre autres par rapport au Livret A favori des français, la faculté pour les participants de s'engager concrètement pour la transition écologique, la confiance implicite accordée à une initiative portée par un établissement bancaire et l'assurance de ne pas perdre d'argent, tout porte à croire que les particuliers sont prêts à se ruer sur les offres.

Kiwaï Normandie

Alors qu'est-ce qui manque à Kiwaï (et probablement à d'autres) pour devenir un standard de l'épargne ou, à tout le moins pour atteindre un niveau de réussite susceptible de pérenniser le modèle ? J'imagine deux hypothèses, toutes deux relatives à un problème de notoriété. D'une part, le grand public n'est peut-être pas suffisamment informé de l'existence de cette catégorie d'épargne, interdisant tout développement exponentiel. D'autre part, les entreprises seraient trop rarement guidées vers ces mécanismes de financement, qu'elles connaissent probablement mal, elles aussi.

Le deuxième point pourrait représenter un sérieux échec pour Kiwaï, puisque, logiquement, ce sont les conseillers de la Caisse d'Épargne qui devraient suggérer le recours au « crowdlending », en principe en complément d'un crédit classique. N'assument-ils donc pas ce rôle de relais (faute de formation adéquate, par exemple) ? Ou bien finit-elle par apparaître comme une concurrente de la banque ? À moins que la niche « verte » retenue soit trop étroite pour générer du volume ?

Côté investisseurs, le même raisonnement pourrait être appliqué, lors de leurs échanges sur leurs options d'épargne avec leur conseiller. Mais, plus généralement, il faudrait également populariser le concept de finance participative, aujourd'hui trop marginal en France, afin de lui donner un statut incontournable dans l'éventail des solutions disponibles et le sortir du cercle d'initiés auquel il s'adresse jusqu'à maintenant. Quoi qu'il en soit, au vu de la situation actuelle, une réaction énergique est nécessaire si on ne veut pas voir disparaître un des rares instruments innovants nés de la FinTech.

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