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  • Claude casse un algo post-quantique en 60 heures
    Anthropic, le concurrent direct d'OpenAI sur les modèles d'IA, a publié hier un billet de recherche qui a fait pas mal de bruit : son modèle Claude Mythos Preview a trouvé en 60 heures une faiblesse dans HAWK, un schéma de signature post-quantique que deux ans de relecture humaine n'avaient pas repérée. La cryptographie post-quantique, ce sont ces nouveaux algorithmes conçus pour résister aux futurs ordinateurs quantiques, qui pourraient un jour casser une partie du chiffrement actuel. Le NIST,

Claude casse un algo post-quantique en 60 heures

29 juillet 2026 à 17:17

Anthropic, le concurrent direct d'OpenAI sur les modèles d'IA, a publié hier un billet de recherche qui a fait pas mal de bruit : son modèle Claude Mythos Preview a trouvé en 60 heures une faiblesse dans HAWK, un schéma de signature post-quantique que deux ans de relecture humaine n'avaient pas repérée.

La cryptographie post-quantique, ce sont ces nouveaux algorithmes conçus pour résister aux futurs ordinateurs quantiques, qui pourraient un jour casser une partie du chiffrement actuel. Le NIST, l'organisme américain qui normalise ces standards, organise depuis des années un concours public, et HAWK y concourt au troisième tour pour les signatures numériques, ce mécanisme qui prouve qu'un message vient bien de vous.

Sauf que voilà, ce que l'IA a réellement cassé, c'est HAWK-256, un paramètre de défi mis à disposition des chercheurs pour être attaqué, pas les versions HAWK-512 et HAWK-1024 pensées pour un usage réel. L'attaque fait passer le coût d'une récupération de clé de 2 puissance 64 à 2 puissance 38 opérations, de quoi diviser par deux la taille de clé effective sur un schéma qui n'est déployé nulle part.

Deuxième résultat mis en avant : une attaque 200 à 800 fois plus rapide que la meilleure méthode connue contre AES-128 réduit à 7 tours. AES, c'est le chiffrement le plus utilisé au monde, celui qui protège votre navigateur, vos sauvegardes ou votre disque dur.

Un tour, c'est une passe de brouillage des données, et AES-128 en enchaîne dix. Les cryptographes attaquent depuis toujours des versions volontairement raccourcies pour jauger la marge de sécurité du vrai chiffre, du coup 7 tours, c'est un exercice académique, rien de plus.

Même sur cette version affaiblie, l'attaque suppose de faire chiffrer environ 2 puissance 105 messages choisis par l'attaquant, une quantité de données que personne ne réunira jamais. Anthropic l'écrit noir sur blanc : aucun système en production n'est touché.

Le sujet est ailleurs. La technique contre AES, que le modèle a baptisée le pont de Möbius, est sortie de trois jours de travail quasi autonome pour environ 100 000 dollars de calcul, avant plusieurs centaines d'heures de vérification par des chercheurs humains, seuls capables de confirmer que l'attaque tient debout.

Anthropic a d'ailleurs prévenu les auteurs de HAWK dès juin et coordonné sa publication avec le NIST. Chez Keyfactor, une société spécialisée dans la gestion du chiffrement, on y voit la preuve que le processus d'évaluation fait son travail : mieux vaut découvrir ces faiblesses maintenant qu'une fois le standard déployé partout.

Une IA qui trouve toute seule des failles dans du chiffrement, c'est franchement impressionnant. Les titres qui enterrent déjà le chiffrement mondial, beaucoup moins.

Source : Anthropic

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  • Cold boot attack - Dumper la RAM d'un PC avec 5 Ko d'assembleur
    Vous branchez une clé USB sur un PC, vous démarrez dessus, et le temps de vous servir un petit café, hop, tout le contenu de la mémoire vive est recopié sur la clé. Le rêve pour les gens qui font du forensic, car dans la RAM on trouve des mots de passe, des clés de chiffrement et tout ce qui traîne. De quoi choper de sérieux indices ! Parce que oui, si vous pensiez être bien tranquille avec votre disque chiffré grâce à BitLocker, FileVault ou LUKS, sachez que la clé de déchiffrement se balade en

Cold boot attack - Dumper la RAM d'un PC avec 5 Ko d'assembleur

Par : Korben ✨
6 juillet 2026 à 09:00

Vous branchez une clé USB sur un PC, vous démarrez dessus, et le temps de vous servir un petit café, hop, tout le contenu de la mémoire vive est recopié sur la clé. Le rêve pour les gens qui font du forensic, car dans la RAM on trouve des mots de passe, des clés de chiffrement et tout ce qui traîne. De quoi choper de sérieux indices !

Parce que oui, si vous pensiez être bien tranquille avec votre disque chiffré grâce à BitLocker, FileVault ou LUKS, sachez que la clé de déchiffrement se balade en clair dans la RAM. Pas la peine de casser de la crypto quand il suffit d'aller cueillir la clé là où elle traîne. C'est cet angle mort qu' ElcomSoft exploitait déjà en 2012 pour cracker TrueCrypt et BitLocker .

Sauf que pour aller cueillir cette clé, encore faut-il que la machine soit allumée, non ?

Eh bien pas forcément car contrairement à ce qu'on croit, la RAM ne s'efface pas d'un coup quand on coupe le courant.

Hé oui, les données restent lisibles plusieurs secondes, voire une minute, ce qui est largement suffisant pour récupérer des infos importantes. Et si vous refroidissez les barrettes (par exemple jusqu'à -60°C avec de l'azote liquide), le contenu peut tenir plusieurs heures !!

Ce phénomène n'a rien de neuf. On appelle ça une cold boot attack, et ce sont des chercheurs de Princeton qui l'ont mise en lumière dès 2008, en révélant un truc totalement contre-intuitif : une mémoire vive censée se vider dès qu'on l'éteint, garde en réalité ses secrets bien après.

Alors on va me dire que tout ça, c'est mitigé depuis des lustres : Le scrubbing mémoire au boot, où le firmware écrase la RAM au démarrage, les clés planquées dans les registres du CPU façon TRESOR, le chiffrement mémoire chez Intel et AMD, les barrettes carrément soudées à la carte mère... les parades existent, c'est vrai. Sauf qu'en 2018, deux chercheurs de F-Secure ont remis une pièce dans la machine en montrant comment désactiver ce fameux scrubbing sur quasiment tous les ordi portables modernes, Dell, Lenovo et même les Mac.

Et c'est là qu'arrive BareMetal RAM Dumper, un outil signé pIat0n qui rejoue justement cette vieille attaque de 2008. Le truc tient dans 5 Ko d'assembleur x86 et démarre directement sur le BIOS en mode legacy, avant de basculer en unreal mode pour aller taper dans toute la mémoire au-dessus de 1 Mo.

La récupération totale ne dépassera pas 4 Go par contre, car l'unreal mode ne grimpe pas plus haut, mais en général c'est bien suffisant pour repêcher quelques clés d'accès. Et surtout, ça fait gagner un temps fou aux gens qui font du forensic : plus besoin d'un labo dédié, une clé USB et le tour est joué. Ça rejoint donc la longue liste des façons d'ouvrir un disque soi-disant blindé, comme BitPixie qui déverrouille BitLocker en cinq minutes .

Bref, c'est aussi une bonne piqûre de rappel qu'un chiffrement ne protège vraiment vos données que quand la machine est éteinte pour de bon. Le code est sur GitHub sous licence AGPL !

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  • Let's Encrypt - Les sanctions US s'invitent dans le contrat
    Si vous êtes développeur en Iran, à Cuba ou en Corée du Nord, vous venez officiellement de perdre l'accès à Let's Encrypt ! En effet, la version 1.7 du Subscriber Agreement publiée par l'ISRG (Internet Security Research Group), l'organisation derrière le service, est malheureusement entrée en vigueur le 4 juin dernier. Et sur les 8 pages du document, il n'y a qu'un seul ajout, mais il pèse trèèès lourd : section 3.1, un nouveau bullet point oblige maintenant chaque utilisateur à garantir qu'il

Let's Encrypt - Les sanctions US s'invitent dans le contrat

Par : Korben ✨
9 juin 2026 à 16:32

Si vous êtes développeur en Iran, à Cuba ou en Corée du Nord, vous venez officiellement de perdre l'accès à Let's Encrypt !

En effet, la version 1.7 du Subscriber Agreement publiée par l'ISRG (Internet Security Research Group), l'organisation derrière le service, est malheureusement entrée en vigueur le 4 juin dernier. Et sur les 8 pages du document, il n'y a qu'un seul ajout, mais il pèse trèèès lourd : section 3.1, un nouveau bullet point oblige maintenant chaque utilisateur à garantir qu'il "n'est pas localisé, organisé sous les lois de, ou résident dans un pays cible de sanctions américaines complètes".

En pratique, la liste OFAC des juridictions sous sanctions globales actuelles couvre Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, et les zones occupées de Crimée, Donetsk et Lougansk (la Syrie en a été retirée fin 2025 ce qui montre bien à quel point ce périmètre peut évoluer rapidement).

Et le couperet ne tombe pas que sur des États-paria abstraits puisque ONG d'aide humanitaire, journalistes, universités, et tout le monde qui travaille ou vit dans ces zones perd le service. Du coup, pour récupérer un certificat HTTPS gratuit, vous devez maintenant signer une clause d'embargo. Plusieurs utilisateurs rapportent également que des certificats de sites russes auraient déjà été révoqués au cours des derniers mois, sans préavis officiel de l'ISRG...

Le piège, c'est la section 2.2 du contrat, intacte depuis longtemps mais qui prend un sens tout neuf : l'agrément reste en vigueur tant que vous possédez un seul certificat valide. Cela veut dire qu'une violation potentielle sur UN certificat peut donc, en théorie, déclencher une révocation en cascade de TOUS les autres, un peu comme un crédit immobilier où une mensualité ratée rendrait tout le contrat caduque...

Je vous laisse imaginer la tronche d'un hébergeur qui gère mille sites le jour où ça tombe et qui crée des certificats Let's Encrypt pour ses clients... La section 4.2 énumère onze motifs de révocation activables "à la seule discrétion" de l'ISRG, dont la violation de l'agrément et un joli fourre-tout "d'autres motifs raisonnables et légaux".

Notez que l'ISRG est domiciliée à San Jose, en Californie et que tous les CA américains (DigiCert, Sectigo, GlobalSign US) sont déjà soumis aux mêmes obligations OFAC depuis toujours, donc c'est pas vraiment non plus une surprise... Mais ça tombe toujours mal ce genre de conneries.

Maintenant, côté alternatives, si vous voulez sortir de la juridiction US, y'a pas grand chose... Je me souviens de ZeroSSL qui ressemblait à une option européenne mais qui a été racheté début 2024 par HID Global (filiale du suédois Assa Abloy, basée au Texas... donc aux Etats-Unis), donc soumis aux mêmes obligations OFAC à terme. Après vous avez peut-être des services à me recommander ? Sinon il faudra passer par des certificats payants.

Bref, le HTTPS gratuit a toujours eu un drapeau, mais on faisait juste semblant de l'oublier...

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  • Tor CGO - Quand chaque attaque se transforme en auto-sabotage
    Bonne nouvelle, les amis, Tor vient d’implémenter CGO (Counter Galois Onion) ! Si ça ne vous dit rien, c’est normal, moi non plus je ne connaissais pas, mais je vais tout vous expliquer ! Jusqu’à maintenant, le réseau Tor protégeait votre anonymat avec du chiffrement en oignon. Plusieurs couches de crypto, une par relais et ça marche bien… sauf qu’il existe une technique vicieuse qu’on appelle les attaques par tagging. Le tagging c’est quand un attaquant modifie votre trafic chiffré à différents

Tor CGO - Quand chaque attaque se transforme en auto-sabotage

Par : Korben
25 novembre 2025 à 12:03

Bonne nouvelle, les amis, Tor vient d’implémenter CGO (Counter Galois Onion) !

Si ça ne vous dit rien, c’est normal, moi non plus je ne connaissais pas, mais je vais tout vous expliquer !

Jusqu’à maintenant, le réseau Tor protégeait votre anonymat avec du chiffrement en oignon. Plusieurs couches de crypto, une par relais et ça marche bien… sauf qu’il existe une technique vicieuse qu’on appelle les attaques par tagging.

Le tagging c’est quand un attaquant modifie votre trafic chiffré à différents endroits du réseau (genre en ajoutant un marqueur invisible dans certains noeuds), puis il observe ce qui sort de l’autre côté pour vous tracer. C’est comme quand vous collez un traceur GPS dans votre voiture, sauf que là c’est des bits dans du trafic chiffré.

Et de son côté, CGO fait encore mieux que de bloquer cette attaque. En effet, il transforme chaque attaque en auto-sabotage ! Si quelqu’un modifie ne serait-ce qu’un seul bit de votre trafic chiffré, tout le message devient illisible. Et pas seulement ce message… tous les messages futurs de la session deviennent du bruit blanc irrécupérable.

Avec ça en place, l’attaquant se tire une balle dans le pied à chaque tentative.

Derrière ce système, il y a 4 cryptographes qui ont bossé très dur : Jean Paul Degabriele, Alessandro Melloni, Jean-Pierre Münch et Martijn Stam. Ils ont publié leur recherche cette année et ça a été implémenté dans Arti, la version Rust de Tor et l’implémentation C arrive bientôt.

Ce qui change tout, c’est le calcul risque/bénéfice pour les attaquants car avant, tenter de tracer quelqu’un avait peu de conséquences si ça échouait. Mais maintenant, tenter de tracer quelqu’un détruit définitivement votre capacité à surveiller cette personne. Et vous vous en doutez, les agences de surveillance détestent perdre leur accès… Elles préfèrent observer en silence plutôt que de tout casser dans une tentative maladroite. Du coup CGO les force à choisir. Soit rester invisibles, soit tout perdre.

Et puis il y a un autre aspect génial à cette techno, c’est le forward secrecy renforcé que ça engendre car à chaque message, CGO transforme les clés de chiffrement de façon irréversible. Même si un attaquant récupère vos clés actuelles, il ne peut pas déchiffrer les messages précédents car les clés précédentes ont été broyées et remplacées à chaque étape.

CGO remplace aussi l’ancien système d’authentification qui utilisait un digest de 4 bytes par un authenticateur de 16 bytes. C’est donc bien plus costaud et plus difficile à falsifier ainsi qu’à contourner.

Comme d’hab, Tor publie l’algorithme en open source donc vous pouvez vous plonger dans le code si ça vous amuse.

Cette implémentation de CGO est encore expérimentale pour le moment, mais une fois que cela aura été éprouvé par la communauté et testé pendant plusieurs mois, voire des années, ce sera déployé officiellement dans les futurs relais, puis dans les services onion de Tor.

Voilà donc comment Tor fait de chaque tentative de surveillance un auto-sabotage irréversible, et ça les amis, c’est un message qui devrait faire réfléchir pas mal de gens dans des bureaux sans fenêtres.

Source

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  • Bruce Schneier - Le cryptographe qui a défié la NSA
    Cet article fait partie de ma série de l’été spécial hackers. Bonne lecture ! Vous savez ce qui est plus fort qu’un gouvernement qui veut lire vos emails ? Et bien c’est un petit gars de Brooklyn qui code des algorithmes dans son garage et les distribue gratuitement sur Internet. Bruce Schneier a littéralement cassé le monopole gouvernemental sur la cryptographie forte, et la NSA ne s’en est toujours pas remise. D’ailleurs son histoire explique pourquoi vous pouvez aujourd’hui chiffrer vos donné

Bruce Schneier - Le cryptographe qui a défié la NSA

Par : Korben
2 juillet 2025 à 13:37

Cet article fait partie de ma série de l’été spécial hackers. Bonne lecture !

Vous savez ce qui est plus fort qu’un gouvernement qui veut lire vos emails ? Et bien c’est un petit gars de Brooklyn qui code des algorithmes dans son garage et les distribue gratuitement sur Internet.

Bruce Schneier a littéralement cassé le monopole gouvernemental sur la cryptographie forte, et la NSA ne s’en est toujours pas remise. D’ailleurs son histoire explique pourquoi vous pouvez aujourd’hui chiffrer vos données sans demander l’autorisation à qui que ce soit.

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  • rPGP – Une bibliothèque Rust pour l’implémentation d’OpenPGP
    rPGP c’est un bibliothèque Rust qui va vous permettre de jouer avec OpenPGP comme des grands ! Plus besoin de vous taper des kilomètres de C pour avoir un bout de code qui chiffre trois mails bourrés de fautes. Maintenant, on a le droit à une implémentation 100% Rust, avec une API minimaliste mais qui fait le taf. Et en plus, c’est sous licence libre, donc on peut en faire ce qu’on veut ! Le top du top, c’est que rPGP gère tout ce qu’il faut pour être compatible avec Autocrypt 1.1. Si vous

rPGP – Une bibliothèque Rust pour l’implémentation d’OpenPGP

Par : Korben
13 septembre 2024 à 09:00

rPGP c’est un bibliothèque Rust qui va vous permettre de jouer avec OpenPGP comme des grands ! Plus besoin de vous taper des kilomètres de C pour avoir un bout de code qui chiffre trois mails bourrés de fautes. Maintenant, on a le droit à une implémentation 100% Rust, avec une API minimaliste mais qui fait le taf. Et en plus, c’est sous licence libre, donc on peut en faire ce qu’on veut !

Le top du top, c’est que rPGP gère tout ce qu’il faut pour être compatible avec Autocrypt 1.1. Si vous ne connaissez pas, c’est une spécification pour chiffrer les mails qui est censée être facile à utiliser pour monsieur et madame tout-le-monde.

Côté technique, rPGP est mis à jour régulièrement en tant que crate pgp (oui, ils ont pensé à nous, les flemmards qui ne veulent pas taper plus de trois lettres). Et pour la partie RSA, ça vit tranquillou sous le parapluie collectif RustCrypto. Et pour les petits malins qui voudraient se la jouer elliptique, pas de panique : le support ECC est assuré par la crate Curve25519-dalek. J’adore le nom 🙂

Bon, après, faut avouer que la doc de l’API est encore un peu légère mais si vraiment vous séchez, vous pouvez toujours ouvrir une issue sur GitHub. Les devs sont sympas, ils répondent (des fois).

D’ailleurs, rPGP s’est payé un petit audit de sécurité indépendant en 2019, réalisé par les gars d’IncludeSecurity et pas de failles critiques ! Bon, quelques trucs à corriger par ci par là, mais globalement, c’est du solide. Si vous voulez jeter un œil au rapport, c’est par ici.

Notez que rPGP est utilisé en prod par Delta Chat, l’app de messagerie basée sur les mails et ça tourne nickel sur Windows, Linux, macOS, Android et iOS, en 32 et 64 bits. Que demande le peuple ?

Et si vous êtes du genre à tout vouloir faire tourner dans votre navigateur (ou dans Node.js, on ne juge pas), rPGP a même pensé à vous avec une feature wasm ! Par contre, les bindings sont encore expérimentaux, mais tout se trouve dans le repo rpgp/rpgp-js.

Allez, je vous laisse, j’ai des messages secrets à chiffrer moi !

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  • Phil Zimmermann – Père de PGP et gardien de notre vie privée
    Je me souviens très bien, la première fois que j’ai entendu parler de Phil Zimmermann… C’était à la fin des années 90 quand pour la première fois, j’ai installé PGP sur mon ordinateur en me disant « Trop cool, on peut chiffrer en 4096 bits, c’est dingue (en plus d’être interdit à l’époque) !« . Philip R. Zimmermann est né en 1954 à Camden dans le New Jersey aux Etats-Unis et il est surtout connu de tous les techos que nous sommes pour avoir marqué l’histoire de l’informatique grâce à son in

Phil Zimmermann – Père de PGP et gardien de notre vie privée

Par : Korben
23 mai 2024 à 15:15

Je me souviens très bien, la première fois que j’ai entendu parler de Phil Zimmermann… C’était à la fin des années 90 quand pour la première fois, j’ai installé PGP sur mon ordinateur en me disant « Trop cool, on peut chiffrer en 4096 bits, c’est dingue (en plus d’être interdit à l’époque) !« .

Philip R. Zimmermann est né en 1954 à Camden dans le New Jersey aux Etats-Unis et il est surtout connu de tous les techos que nous sommes pour avoir marqué l’histoire de l’informatique grâce à son invention : PGP (Pretty Good Privacy).

Téléchargé au début par quelques geeks, PGP est rapidement devenu le logiciel de chiffrement d’email le plus utilisé au monde. Imaginez-le en 1991, à 37 ans bien tassé, développant ce qu’il espérait devenir un outil pour aider les droits de l’homme… Notre utopiste l’a d’ailleurs rendu disponible gratuitement très rapidement, en le diffusant sur le net… Et c’était un truc de dingue ! On pouvait enfin sécuriser sérieusement nos communications électroniques grâce à ce tout petit outil de rien du tout. C’est cet événement qui a à tout jamais façonné la réputation de Zimmermann en tant que pionnier de la cryptographie moderne.

Un des aspects fascinants de PGP, c’était que ce logiciel fonctionnait déjà comme un système de chiffrement hybride. Plutôt que de choisir entre de la cryptographie symétrique (rapide mais nécessitant une distribution sécurisée des clés) et asymétrique (sécurisée mais lente), Zimmermann a opté pour une combinaison des deux, histoire d’avoir la vitesse ET l’efficacité. La première version de PGP incluait même un algorithme de chiffrement qu’il avait développé lui-même, baptisé Bass-O-matic.

Bah oui, parce qu’avant l’arrivée de PGP, envoyer un e-mail c’était comme envoyer une carte postale. Tout le monde pouvait lire ce que vous écriviez. Mais avec cet outil, les informations envoyées sont devenues tellement indéchiffrables que même les services secrets ne pouvaient plus rien y faire. Et c’est là que Zimmermann a marqué des points dans mon cœur, en offrant à monsieur et madame tout-le-monde la possibilité de protéger ses échanges personnels de manière facile et surtout ultra sécurisée.

Toutefois, cette brillante invention a rapidement attiré l’attention des autorités. L’histoire se corse en 1993, lorsque le gouvernement américain, qui voyait déjà d’un mauvais œil la prolifération d’outils de chiffrement, a mené une enquête criminelle à l’encontre de Phil pour violation de la loi sur le contrôle des exportations. Car oui, selon les autorités, faire circuler PGP sur le net, c’était comme faire passer des armes à l’étranger. Cette enquête, déclenchée par un rapport de RSA Security concernant un différend de licence sur l’utilisation de l’algorithme RSA dans PGP, a duré trois ans. Finalement, elle a été abandonnée en 1996, après que le code source de PGP ait été publié par le MIT Press.

Zimmermann, en bon résistant, a utilisé cette publication comme une manière de contourner les restrictions d’exportation de code numérique. Il a confié plus tard qu’il était confus sur la façon dont USENET gérait les limitations géographiques, pensant à tort qu’un tag « US only » empêcherait réellement la diffusion mondiale. Mais sa démarche était claire : PGP devait appartenir au monde entier.

Après cet épisode tumultueux, il a ensuite fondé PGP Inc. en 1996, sa société destinée à commercialiser sa technologie de chiffrement. Puis, les rachats de boîtes se sont succédé comme dans une partie de Monopoly: PGP Inc. a été rachetée par Network Associates en 1997, avant d’être acquise par PGP Corporation en 2002, pour finalement atterrir chez Symantec en 2010. Et bien sûr, Phil est toujours resté à bord de sa coquille de noix en tant que conseiller et consultant, veillant sur PGP comme un gardien du temple.

Puis il a créé Zfone en 2006, un projet visant à sécuriser les communications VoIP. Grâce au protocole ZRTP, Zfone était capable de sécuriser les appels vocaux en créant une clé cryptographique unique pour chaque conversation.

Néanmoins, entre les licences logicielles et les attentes de la communauté, ce projet a connu quelques déboires. Ensuite, en 2012, avec ses amis Mike Janke et Jon Callas, il co-fonde Silent Circle, une entreprise spécialisée dans la sécurisation des communications mobiles. Leurs services de messagerie, d’appels et d’emails chiffrés sont alors utilisés par tout le monde, des journalistes en zones de conflit aux agences gouvernementales.

Avec Silent Circle, Zimmermann a alors une nouvelle fois transformé l’art de la communication sécurisée en quelque chose d’accessible à tous et de fluide peu importe le réseau… On est bien loin des soucis de configuration complexe de PGP qu’on pouvait rencontré au début. Suite à l’affaire Lavabit en 2013, où le FBI a exigé l’accès aux e-mails d’Edward Snowden, Silent Circle a pris peur et a déplacé ses serveurs en Suisse car ils sont moins susceptibles d’y rencontrer des pressions juridiques qu’aux États-Unis, comme l’a expliqué à l’époque Phil.

Puis en 2013, il a rejoint le mouvement Dark Mail Alliance avec Ladar Levison de Lavabit, pour créer un nouveau protocole qui dépasse les limitations de PGP en sécurisant non seulement les emails, mais aussi les métadonnées. Il s’est également impliqué dans le réseau social Okuna, aujourd’hui disparu, qui était une alternative éthique et respectueuse de la vie privée aux réseaux sociaux existants comme Facebook ou Twitter.

Alors comme l’a déclaré Zimmermann il y a fort longtemps : « La cryptographie forte fait plus de bien que de mal à la démocratie, même si elle peut servir aux terroristes.« 

Ce postulat est pour lui autant un angle de défense face à tous ceux qui privilégient leur sécurité à leur liberté (enfin surtout celle des autres), qu’une vision claire de son engagement. Il a d’ailleurs toujours insisté sur l’importance de la vie privée à l’ère du numérique.

Les contributions de Zimmermann à la cryptographie lui ont valu de nombreuses récompenses : du Chrysler Design Award en 1995 aux distinctions les plus prestigieuses comme son entrée au Temple de la renommée de l’Internet en 2012. Y’a beaucoup trop de distinctions pour que je vous les tartine toutes ici mais croyez moi sur parole, il en a eu une flopée et a même été dans des TOP 50 de personnalités les plus influentes.

En plus de ses réalisations techniques, Zimmermann a aussi joué un rôle éducatif et politique important. Entre 2016 et 2021, il a travaillé à l’Université de Technologie de Delft en tant que professeur dans la section cybersécurité de la Faculté de génie électrique, de mathématiques et d’informatique. Il a également été impliqué dans plusieurs conseils consultatifs, notamment pour le département d’ingénierie informatique de l’Université de Santa Clara et pour Hush Communications. Il a même contribué au développement du protocole d’accord de clé cryptographique pour la norme Wireless USB, ce qui démontre une fois encore l’étendue de ses compétences et de son influence dans le domaine de la sécurité.

Il a également participé à des discussions politiques et scientifiques sur la communication sécurisée et la sécurité nationale aux Etats-Unis et en tant que membre de l’Association Internationale de Recherche en Cryptologie et de la Ligue pour la Liberté de Programmer, il a continuellement défendu les droits des individus à une communication privée et sécurisée.

Aujourd’hui, sa plus grande inquiétude n’est pas les portes dérobées dans les logiciels, mais les pétaoctets d’informations stockées par des entreprises comme Google et Facebook. Il met également en garde contre les poursuites judiciaires facilitées par la technologie et craint qu’une infrastructure de surveillance aux mains d’un gouvernement malveillant ne puisse être utilisée pour créer un régime immuable. Il plaide également pour le rétablissement d’une certaine « friction » dans le travail policier, afin d’éviter de glisser trop facilement vers un état policier.

Pour conclure, Phil Zimmermann reste un pionnier inébranlable dans le domaine de la cryptographie. Il a inspiré des générations de développeurs et d’activistes à poursuivre leur quête d’un Internet libre et sécurisé. Donc un grand merci à lui pour avoir fait de notre Internet un monde plus sûr pour notre vie privée !

Sources :

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  • Cet internaute propose une nouvelle théorie sur l’identité réelle de Satoshi Nakamoto, le créateur du Bitcoin
    Qui est donc ce mystérieux Satoshi Nakamoto, le créateur de Bitcoin dont l’identité reste un mystère depuis plus d’une décennie ? C’est LA question qui fascine et intrigue la communauté crypto depuis les tous débuts. De nombreuses théories ont d’ailleurs été avancées au fil des années, mais aucune n’a réussi à percer définitivement le secret. Certains pensent que derrière ce pseudonyme se cache en réalité un groupe de personnes, travaillant main dans la main alors que d’autres imaginent un

Cet internaute propose une nouvelle théorie sur l’identité réelle de Satoshi Nakamoto, le créateur du Bitcoin

Par : Korben
8 avril 2024 à 11:12

Qui est donc ce mystérieux Satoshi Nakamoto, le créateur de Bitcoin dont l’identité reste un mystère depuis plus d’une décennie ? C’est LA question qui fascine et intrigue la communauté crypto depuis les tous débuts.

De nombreuses théories ont d’ailleurs été avancées au fil des années, mais aucune n’a réussi à percer définitivement le secret. Certains pensent que derrière ce pseudonyme se cache en réalité un groupe de personnes, travaillant main dans la main alors que d’autres imaginent un génie solitaire, un visionnaire qui a préféré rester dans l’ombre et laisser sa création parler d’elle-même…

Cependant, une nouvelle piste des plus intrigantes vient d’être mise au jour par un redditeur passionné. En fouillant méticuleusement dans de vieilles publications académiques sur la cryptographie, il a fait une découverte plutôt étonnante : Lors d’une conférence sur la crypto en 1998, un certain Satoshi Hada a donné une présentation aux côtés d’un autre intervenant nommé Toshiaki Tanaka.

Satoshi ? Cela a immédiatement titillé la curiosité de notre détective en herbe qui en creusant un peu plus, s’est rendu compte que les travaux de recherche de Satoshi Hada, Toshiaki Tanaka et d’un troisième larron, Naohiko Uramoto, portaient justement sur les clés publiques et privées… c’est à dire sur les fondements de la blockchain !

Encore plus troublant, si on combine astucieusement des morceaux de leurs trois noms, on obtient… Satoshi + Naka + MotoSatoshi Nakamoto ! Serait-ce un hommage de la part du véritable créateur de Bitcoin ? Ou bien ces trois cryptographes japonais d’IBM sont-ils les cerveaux derrière la révolutionnaire crypto-monnaie ?

Les indices s’accumulent en tout cas. Leurs publications académiques se sont mystérieusement taries peu après l’envol de Bitcoin. Troublant non ?

Bien sûr, il ne s’agit pour l’instant que d’une théorie, aussi fascinante soit-elle. Peut-être une simple coïncidence ou un habile leurre de la part du vrai Satoshi. Mais avouez que l’hypothèse a de quoi faire cogiter !

En tout cas, si ça vous intéresse, y’a tout un fil Reddit à ce sujet ici.

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