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  • Revolut déploie ses premiers automates
    Quand la tendance parmi les institutions financières traditionnelles est à la réduction de leur empreinte physique, notamment à travers la mutualisation des réseaux d’automates, Revolut annonce le déploiement du sien, d’abord en Espagne, en introduisant, comme il se doit, une approche originale, surtout sur son modèle économique.Le plan de marche, découpé en plusieurs étapes, est d’ores et déjà établi. La première phase, présentée comme un pilote, concernera 50 appareils, qui seront installés à

Revolut déploie ses premiers automates

Par : Patrice
5 juin 2025 à 21:30
Revolut
Quand la tendance parmi les institutions financières traditionnelles est à la réduction de leur empreinte physique, notamment à travers la mutualisation des réseaux d’automates, Revolut annonce le déploiement du sien, d’abord en Espagne, en introduisant, comme il se doit, une approche originale, surtout sur son modèle économique.

Le plan de marche, découpé en plusieurs étapes, est d’ores et déjà établi. La première phase, présentée comme un pilote, concernera 50 appareils, qui seront installés à Madrid et Barcelone. Si tout va bien, elle sera suivie d’une extension de 150 distributeurs supplémentaires, y compris dans d’autres capitales régionales du pays. À partir de 2026, d’autres marchés seront envisagés, tels que l’Allemagne, l’Italie et le Portugal, probablement dans le prolongement de la logique de sélection de zones où les espèces sont encore largement prédominantes dans le commerce de proximité.

Outre un design futuriste, entre autres au niveau de l’expérience utilisateur (dont il faudra voir la réalité sur le terrain), le principal avantage des nouveaux GAB portera sur les retraits en devises étrangères, en parfait alignement avec l’ADN d'origine de la néo-banque. Pour ses clients, il s’agira d’obtenir les conditions auxquelles ils sont habitués avec leurs transactions par carte, sans aucun frais additionnels. Pour les autres, il sera initialement appliqué automatiquement le taux de change de leur émetteur (sans les incitations à utiliser celui, en général exorbitant, de l’opérateur de la machine).

Quelques caractéristiques complémentaires, moins prépondérantes mais la plupart inédites, méritent encore l’attention. L’interface, évidemment tactile, est ainsi disponible dans plus de 20 langues. Plus significatif, les opérations sont accessibles non seulement via l’insertion de la carte physique mais également en mode sans contact, en particulier depuis un porte-monnaie mobile (il n’est pas précisé si l’option est réservée aux clients, ce qui paraît toutefois vraisemblable). Et une faculté d’authentification biométrique, par reconnaissance faciale, devrait aussi faire son apparition à l’avenir.

Revolut ATMs

Il faut maintenant en venir à la vraie nouveauté proposée par Revolut : ses distributeurs permettront aux non clients d’ouvrir un compte en quelques instants, avec la délivrance immédiate d’une carte. Le principe est astucieux : l’utilisateur opérant un retrait est de la sorte identifié et authentifié, simplifiant la démarche d’entrée en relation, et il peut procéder au provisionnement dans le même parcours. Quand arrivera la faculté (prévue) de réaliser les retraits avec des conditions de change concurrentielles, mises en avant en toute transparence, elles constitueront un argument de vente auprès des touristes qui découvriront les appareils dans des lieux stratégiques, très fréquentés.

La combinaison des fonctions classiques du GAB avec celle des automates exclusivement dédiés à la vente de sa solution, que le trublion a précédemment expérimentés dans quelques aéroports européens, ne correspond donc pas uniquement à une opportunité conjoncturelle. Il s’agit véritablement de trouver un modèle économique pour une infrastructure relativement lourde et coûteuse (à mettre en place et à gérer). En l’occurrence, l’approche est idéale pour une jeune pousse qui se trouve toujours dans sa période d’hypercroissance et serait difficile à répliquer par des acteurs traditionnels. Mais l’initiative prouve qu’il existe des voies de monétisation à explorer !

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  • Liens vagabonds : L'information locale "en péril" ?
    Les élections américaines approchent. L’actualité locale, quant à elle, recule. Un rapport de la Medill School of Journalism de Northwestern révèle qu’un nombre croissant de régions ne disposent plus que d'une seule source d’information locale, voire d’aucune. Les déserts médiatiques couvrent désormais 208 comtés, contre 204 en 2023, ce qui signifie que près de 55 millions d’Américains ont un accès limité, voire inexistant, aux informations locales. Axios souligne une hausse de 22 % du nombre d

Liens vagabonds : L'information locale "en péril" ?

Les élections américaines approchent. L’actualité locale, quant à elle, recule. Un rapport de la Medill School of Journalism de Northwestern révèle qu’un nombre croissant de régions ne disposent plus que d'une seule source d’information locale, voire d’aucune. Les déserts médiatiques couvrent désormais 208 comtés, contre 204 en 2023, ce qui signifie que près de 55 millions d’Américains ont un accès limité, voire inexistant, aux informations locales. Axios souligne une hausse de 22 % du nombre de comtés à haut risque de perdre totalement leur couverture d’actualité locale. Malgré l'essor des sites d’actualités numériques, la grande majorité cible les zones métropolitaines, délaissant les déserts d’actualité ruraux. Ces déserts d'information sont souvent plus pauvres, plus âgés et moins éduqués. Dans ces zones, le revenu médian des foyers s’élève à 57 000 dollars, contre 74 000 dollars au niveau national.

Comment faire face à cette désertion ? La première étape consiste à ne pas céder aux discours alarmistes (malgré la réalité préoccupante) et à ne pas sombrer dans l'inertie. Pour Sewell Chan, qui a dirigé le Texas Tribune, une association à but non lucratif, pendant trois ans, il est crucial de veiller à “ ne pas trop utiliser le récit de ‘péril’, où les gens penseront que tout est déjà mort et qu’il n’y a plus rien à sauver ». Dans un article du New York Magazine intitulé « Can the Media Survive ? », il met en avant les efforts pour soutenir les actualités locales, tels que le National Trust for Local News, qui “acquiert des journaux communautaires vulnérables et investit dans leur développement”, ainsi que l’American Journalism Project, qui “tente de reconstruire les actualités locales en soutenant des start-ups numériques” et qui annonçait un partenariat avec open Ai en juillet 2023. Le rapport de la Medill School of Journalism appuie lui aussi un aspect légèrement positif en incluant une douzaine de « Bright Spots », des start-ups qui créent leurs propres médias d'information locaux. Une énorme augmentation des initiatives philanthropiques a soutenu ces efforts. Annoncée en 2023, la campagne Press Forward s'est engagée à verser plus d'un demi-milliard de dollars pour soutenir les salles de rédaction locales.

Par ailleurs, l’intérêt du public pour les histoires locales est bel et bien présent, selon Apple News. « C’est une partie de ce que nous essayons de faire — reconnecter les médias locaux avec leurs audiences », déclare Lauren Kern d’Apple News. « Après la fusillade à l’école Apalachee plus tôt cet automne, nous avons compté sur l’Atlanta Journal-Constitution pour la couverture », note-t-elle dans l’article Can The Media Survive ? « L’interdiction de l’avortement dans l’État du Dakota du Nord a été déclarée inconstitutionnelle, et nous avons le North Dakota Monitor pour le mettre littéralement en haut d’une application d’actualités nationale. »

Le déclin des médias locaux est un phénomène mondial : Au Royaume-Uni depuis 2005, 293 titres de presse locale ont fermé contribuant à la création de « déserts d'information » où aucune couverture locale n'est disponible. Au Canada, plus de 450 médias locaux ont disparu entre 2008 et 2023, Postmedia y ayant fusionné des titres et réduit les éditions locales, diminuant la couverture en régions rurales et isolées. Aux Philippines, la presse locale joue un rôle central dans l'accès à l'information, le renforcement de l'engagement et la défense des communautés. En 2023, de nombreux journaux régionaux y ont cessé leurs activités ou réduit leur portée en raison de leur dépendance accrue aux plateformes comme Facebook pour la diffusion. Certains titres comme Rappler ont lancé des campagnes de financement participatif pour compenser la chute des revenus publicitaires et continuer la bataille contre la désinformation. En Australie, plusieurs régions rurales ne disposent plus de couverture locale, les grandes entreprises de médias comme News Corp ayant recentré leurs investissements sur le numérique. En France, le débat sur la concentration des médias épargne curieusement la presse locale, bien qu'il s'agisse du secteur médiatique le plus concentré. Une bonne nouvelle cependant : L'IA transforme déjà  l'industrie de la presse locale, en lui donnant accès à des outils auparavant réservés aux grand titres : automatisation, ciblage, personnalisation, interaction, qui peuvent aider à recréer le lien avec les communautés tout en diminuant les coûts.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Streaming : TF1 signe un accord très attendu avec le cinéma français (Les Echos)
  • Cyril Hanouna : la création d'une plateforme numérique comme nouvelle terre d'accueil ? (Radio France)
  • Des annonceurs et médias français réclament la suspension du nouvel outil d'Apple masquant les publicités (Le Figaro)
  • À BFMTV, Camille Langlade nommée directrice de la rédaction (Télérama)
  • En pleine bagarre avec CNews, BFMTV contrainte de gérer sa réorganisation (Les Echos)
  • Le site My Little Paris en passe d'être racheté par le groupe de médias DC Company (Les Echos)
  • Microsoft veut convaincre les entreprises françaises de se saisir de ses «agents IA» (Le Figaro)
  • Vivendi solide au troisième trimestre, avant la scission projetée en décembre (Le Figaro)
  • Déjà 4 000 inscrits au « dating » en tout bien tout honneur revisité par « la Croix » et Brut (Nouvel Obs)

3 CHIFFRES

  • 43,6 millions : c’est la somme en dollars qu’Elon Musk a injecté dans la campagne de Donald Trump, rapporte Le Monde.
  • Un audit français des 10 principaux modèles d’IA générative révèle que les chatbots répètent des récits faux sur des sujets d’actualité dans 13,33% des cas, selon Newsguard.
  • Avec 2,505 millions de téléspectateurs en prime time, Fox News a terminé le mois de septembre comme le réseau câblé numéro 1 en termes de téléspectateurs totaux, rapporte Adweek.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Netflix continue de prendre de l'avance sur la concurrence

Source : Sherwood

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • ChatGPT contre le code d'honneur (The Atlantic)
  • « Le public ne sait pas ce que le journalisme peut offrir » (La revue des médias)
  • Les conversations secrètes d'Elon Musk avec Vladimir Poutine (Wall Street Journal)
  • Donald Trump, Emmanuel Macron, Xavier Niel… Comment le podcast est devenu le format favori des politiques et des grands patrons (Le Figaro) + Comment les mecs avec des podcasts sont devenus les rois de l'élection (Vox)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Meta conclut un partenariat à long terme en IA avec Reuters (Axios)
  • Netflix renonce à son projet de développer un jeu vidéo blockbuster (WSJ)
  • Rencontre avec le prophète de malheur de l'IA à Hollywood : Joseph Gordon-Levitt (Wall Street Journal)
  • L'IA aggravera-t-elle l'épuisement professionnel ? (BBC)
  • Décryptage de la nouvelle feuille de route de réforme de la Chine (Sinical China)
  • Un Netflix pour le village : les start-ups indiennes s'installent en milieu rural (BBC)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

  • À l'approche des élections, la désinformation « n'a jamais été aussi grave » (New York Times)
  • Google, Microsoft et Perplexity promeuvent le racisme scientifique dans les résultats de recherche (Wired)
  • Journaliste cambodgien libéré sous caution après avoir présenté des excuses pour des publications 'nuisibles' (Reuters)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • News Corp poursuit la startup Perplexity pour avoir plagié le contenu du Wall Street Journal et du New York Post (The Verge)

JOURNALISME

  • Comment les médias peuvent échapper à la méfiance persistante (Bloomberg)
  • La chute des journaux gratuits en Europe : est-ce la fin ? (The Fix)
  • La course à la publication d'articles supplémentaires ne favorise pas les intérêts du public (ou des reporters) (Press Gazette)
  • Public / Privé : Les offres de la SSR n’ont pas d’influence négative sur l’utilisation des médias privés (SRG SSR)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Les magazines imprimés sont désormais un produit de luxe (Bloomberg)

ENVIRONNEMENT 

  • L'IA et d'autres nouveaux outils améliorent le suivi de la déforestation (Axios)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Facebook et Instagram lancent une campagne de lutte contre les arnaques publicitaires mettant en scène des célébrités (BBC)
  • X admet qu'une « erreur » a conduit à la réintégration d'un suspect clé dans le meurtre de Jamal Khashoggi (The Guardian)
  • Le réseau social Bluesky va lancer une offre payante (The Verge)

STREAMING, OTT, SVOD

  • L'accord avec Apple n'est qu'un élément de la stratégie d'Amazon sur le marché du streaming (Variety)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Pourquoi “The Rest Is Politics”, un podcast britannique, est un succès (The Economist)
  • 3 heures de podcast Trump / Rogan (NYT)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • La startup d'IA Perplexity en discussions pour doubler sa valorisation à plus de 8 milliards de dollars (Wall Street journal)
  • Microsoft et OpenAI offrent 10 millions de dollars aux médias pour utiliser des outils d'IA (The Verge)
  • Anthropic veut que son agent IA contrôle votre ordinateur (Axios)
  • Les livres de Penguin Random House disent désormais explicitement « non » à l'entraînement par IA (The Verge)
  • Google DeepMind rend open source son outil de filigrane pour le texte généré par l'IA (Axios)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • La nouvelle reconnaissance faciale de Meta aide à récupérer des comptes et à détecter les fausses publicités (Axios)
  • Le groupe publicitaire WPP renoue avec la croissance au troisième trimestre, ce qui stimule les actions (Reuters)
  • Pourquoi le print est une force durable pour les annonceurs (campaignasia)


Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah

 

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  • Voici le dépôt d'espèces sur GAB mutualisé
    Depuis des années, la plupart des banques britanniques se sont lancées dans une vaste campagne de réduction de leurs réseaux d'agences. Avec leur dernière initiative en date, il devient toujours plus apparent que leur stratégie consiste en réalité à se débarrasser, dans la mesure du possible, de tous les aspects matériels de leur métier.Après la délégation des opérations basiques aux bureaux de poste de sa majesté, puis le déploiement d'agences mutualisées, capables de prendre en charge les cli

Voici le dépôt d'espèces sur GAB mutualisé

Par : Patrice
6 juin 2024 à 22:00
Cash Access UK
Depuis des années, la plupart des banques britanniques se sont lancées dans une vaste campagne de réduction de leurs réseaux d'agences. Avec leur dernière initiative en date, il devient toujours plus apparent que leur stratégie consiste en réalité à se débarrasser, dans la mesure du possible, de tous les aspects matériels de leur métier.

Après la délégation des opérations basiques aux bureaux de poste de sa majesté, puis le déploiement d'agences mutualisées, capables de prendre en charge les clients de différents établissements, la prochaine étape consiste maintenant pour l'industrie à déporter vers les automates les usages qui requièrent impérativement une interaction physique : une première expérimentation, qui devrait rapidement être suivie par une quinzaine d'autres, autorise ainsi le dépôt d'espèces multi-enseignes.

Le projet émane à nouveau du consortium de banques Cash Access UK, dont l'objectif officiel, en réponse à la pression des autorités, est de garantir un accès aux services financiers de proximité aux populations, notamment rurales, qui ne se satisfont pas des outils numériques (et sont souvent adeptes des échanges en billets et pièces de monnaie). Dans les faits, il s'agit plutôt d'un moyen pour ses membres de continuer leurs plans de réduction de leur présence sur le territoire en évitant un abandon brutal.

De toute évidence, la phase précédente, conservant une forme de relation humaine dans un lieu dédié, est le début d'une transition et le développement des fonctions disponibles sur les guichets automatiques en constitue la suite logique, la cible étant l'inévitable disparition de la banque comme espace de rencontre avec un professionnel. Les GAB acceptant les dépôts étant en outre gérés par le spécialiste indépendant Link, ils libèrent les institutions d'une autre activité « matérielle », autant du point de vue des appareils eux-mêmes que de la logistique associée à la collecte.

La marche forcée vers la dématérialisation et la déshumanisation engagée par le secteur au Royaume-Uni est probablement une grave erreur, non par inadéquation aux besoins de la majorité de leurs clients – qui, de toutes manières, préfèrent les services en ligne – mais parce qu'elle est prématurée. En effet, la véritable valeur ajoutée du point de vente, à savoir la relation face à face avec un conseiller susceptible d'offrir un accompagnement personnalisé, n'a aujourd'hui aucun équivalent sérieux sur les canaux « digitaux ». Fermer les agences en fournissant uniquement des substituts à leur rôle transactionnel revient donc à oublier le vrai cœur du métier de banquier.

Accueil Cash Access UK

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  • CaixaBank livre les espèces à domicile
    Contrairement aux pays du nord de l'Europe, le maillage des agences bancaires en Espagne se maintient à un niveau élevé. La tendance aux fermetures commence cependant à s'installer… au point que CaixaBank ressent déjà l'obligation de mettre en place un service de substitution, au moins pour la distribution d'espèces en milieu rural.Pour ne prendre que cet exemple, avec ses quelques 4 000 points de vente, l'établissement dispose d'une couverture de la population huit fois plus élevée que le rése

CaixaBank livre les espèces à domicile

Par : Patrice
23 février 2024 à 21:30
CaixaBank
Contrairement aux pays du nord de l'Europe, le maillage des agences bancaires en Espagne se maintient à un niveau élevé. La tendance aux fermetures commence cependant à s'installer… au point que CaixaBank ressent déjà l'obligation de mettre en place un service de substitution, au moins pour la distribution d'espèces en milieu rural.

Pour ne prendre que cet exemple, avec ses quelques 4 000 points de vente, l'établissement dispose d'une couverture de la population huit fois plus élevée que le réseau de Nationwide, désormais présenté comme le plus dense du Royaume-Uni. Mais les habitudes culturelles sont différentes et, surtout, la réduction drastique des dernières années (il comptait 6 500 succursales en 2015) a partout le même conséquence d'une perception de désaffection des campagnes qui passe mal auprès des clients.

Alors, pendant que, en Angleterre, les derniers vestiges de la banque de proximité sont plus ou moins en train de disparaître (Lloyds vient notamment d'annoncer le démantèlement de ses camionnettes itinérantes, qui sillonnaient jusqu'à maintenant les routes des zones mal desservies), CaixaBank, moins aguerrie dans sa démarche, tente donc de rassurer ses utilisateurs en leur promettant un accès facile au cash, qui constitue souvent un besoin fondamental dans les petites bourgades et les villages.

En pratique, grâce à une collaboration avec la poste, ses clients – en particulier parmi les 900 000 personnes, au total, qui n'ont pas de distributeur ou d'agence dans leur localité – ont dorénavant la possibilité de solliciter, via un simple appel téléphonique, l'envoi de 60 à 500 euros en billets, remis par leur facteur à leur domicile. Le service, qui couvre l'ensemble du territoire national, est facturé à prix coûtant, c'est-à-dire celui fixé pour les livraisons postales (tout de même 7,15 euros par transaction).

CaixaBank y Correos

L'approche, qui se réclame d'un attachement à l'inclusion financière, illustre à nouveau les ambiguïtés de la désertification bancaire. D'emblée, il apparaît une incohérence entre l'affirmation du contact humain comme élément essentiel de l'accompagnement dans des opérations complexes et sa substitution, quand le lieu d'accueil est éliminé, par la seule prise en charge d'une des ses fonctions élémentaires. Elle résonne comme un certain mépris à l'égard des individus, en priorité les seniors, qui ne s'accommodent pas des outils en ligne et devraient se résoudre à devenir des clients de second rang.

On est là très loin des promesses de maintien du contact local formulées il y a deux ans à l'intention de la même cible. Certes, ceux qui ont la chance de résider à distance raisonnable d'une agence, selon leurs moyens de transport, continueront à bénéficier des facilités qu'ils réclament… mais ceux qui en sont trop éloignés n'auront qu'à se débrouiller. Décidément, la transition entre la banque physique d'autrefois et la banque « digitale » de demain reste un exercice périlleux et nul n'a trouvé sa recette idéale.

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  • 3 banques françaises mutualisent leurs GAB
    Dans le sillage d'une tendance qui se répand (lentement) en Europe, en réponse aux évolutions sociétales vis-à-vis des espèces… mais aussi des agences bancaires, trois grandes institutions de l'hexagone – BNP Paribas, le Crédit Mutuel et Société Générale – déploient [PDF] en ce début d'année leurs tout premiers automates mutualisés.Presque un an après l'annonce initiale de la constitution du consortium, la mise en œuvre préliminaire n'apportera guère d'avantages aux utilisateurs, puisque une pe

3 banques françaises mutualisent leurs GAB

Par : Patrice
15 janvier 2024 à 21:30
Cash Services
Dans le sillage d'une tendance qui se répand (lentement) en Europe, en réponse aux évolutions sociétales vis-à-vis des espèces… mais aussi des agences bancaires, trois grandes institutions de l'hexagone – BNP Paribas, le Crédit Mutuel et Société Générale – déploient [PDF] en ce début d'année leurs tout premiers automates mutualisés.

Presque un an après l'annonce initiale de la constitution du consortium, la mise en œuvre préliminaire n'apportera guère d'avantages aux utilisateurs, puisque une petite soixantaine d'appareils sont pour l'instant concernés, sur lesquels seul le retrait d'argent est opérationnel, exactement comme l'autorise actuellement l'ensemble du réseau national (quoique, il est vrai, moyennant une éventuelle facturation sur les opérations réalisées hors de l'établissement émetteur de la carte employée).

Il faudra attendre la fin de l'année pour accéder aux options avancées : dépôts de chèques et d'espèces, collecte de monnaie et le « libre-service bancaire », c'est-à-dire la possibilité de consulter le solde de son compte et les dernières transactions enregistrées, mais également d'exécuter des virements. En parallèle, les installations se poursuivront, avec l'objectif d'atteindre quelques 7 000 implantations en 2026, soit une multiplication par trois de la densité pour les clients des enseignes impliquées.

Cash Services

La mise en commun des GAB constitue un mouvement naturel dans un contexte de rationalisation rendu nécessaire à la fois par la baisse régulière de l'usage du liquide dans les échanges commerciaux et les coûts toujours plus élevés d'entretien et de gestion des équipements. Les velléités de différenciation concurrentielle grâce au maillage du territoire cèdent désormais le pas face aux exigences de rentabilité.

En filigrane, et les banques rassemblées dans l'initiative Cash Services se gardent soigneusement d'en parler, il est aussi question des agences. En effet, la multiplication de terminaux capables de prendre en charge des opérations basiques, fortement mise en avant, représentera une opportunité évidente de réduire leur nombre tout en donnant l'impression aux intéressés qu'ils conservent un accès de proximité à leur banque.

En ce sens, la promesse, à terme, d'une solution à l'intention des communes désireuses d'offrir un service minimum à leurs populations (qui rappelle celle que Brinks commercialise depuis plusieurs années) devient un moyen habile (?) de faire supporter aux usagers le prix d'une présence physique (bien que sans relation humaine). En dépit des dénégations récurrentes, le paysage de la banque « en dur » est clairement en pleine évolution et il ne faudra probablement plus attendre longtemps avant de voir arriver en France les stratégies d'optimisation qui ont déferlé sur le Royaume-Uni.

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  • Cash en hausse, gestion budgétaire en berne
    Alors que la tendance était depuis longtemps à la baisse, voilà que, même en écartant l'effet spécifique de la crise sanitaire, l'usage des espèces, tel qu'il est mesuré par Nationwide à travers les retraits effectués sur ses automates, commence à repartir à la hausse, en corrélation, apparemment, avec la pression sur le pouvoir d'achat.Le phénomène se reproduit pour la deuxième année consécutive (encore une fois, en excluant les « anomalies » conjoncturelles de 2020 et 2021) et s'il s'explique

Cash en hausse, gestion budgétaire en berne

Par : Patrice
6 janvier 2024 à 23:11
Nationwide Building Society
Alors que la tendance était depuis longtemps à la baisse, voilà que, même en écartant l'effet spécifique de la crise sanitaire, l'usage des espèces, tel qu'il est mesuré par Nationwide à travers les retraits effectués sur ses automates, commence à repartir à la hausse, en corrélation, apparemment, avec la pression sur le pouvoir d'achat.

Le phénomène se reproduit pour la deuxième année consécutive (encore une fois, en excluant les « anomalies » conjoncturelles de 2020 et 2021) et s'il s'explique en partie, pour l'établissement, par son insistance à maintenir ses implantations dans des localités que les grandes banques britanniques désertent, il serait également dû à un comportement défensif en période difficile : pour beaucoup, le recours à l'argent physique continue à représenter le meilleur moyen de maîtriser son budget.

Rien de tel, afin de s'assurer de ne pas dépenser plus que prévu, que de retirer les fonds alloués à telle ou telle catégorie dès réception des revenus, sans aucune possibilité de dépasser le solde disponible, et de régler par la suite tous ses achats en liquide, en laissant la carte de débit (avec ses risques de découvert) ou de crédit (avec ses engagements subreptices) à la maison. Avantage supplémentaire, la matérialité des pièces et des billets permet de surveiller instinctivement le niveau des réserves.

Nationwide – Cash Back

Ce que traduit donc le réflexe de ces consommateurs observé par Nationwide est la complexité persistante pour eux de réguler leurs finances personnelles dans un univers « digitalisé ». Quels que soient les outils mis à leur disposition, une fraction non négligeable de la population ne parvient pas à piloter des comptes bancaires rendus totalement abstraits quand ils ne sont représentés que par des nombres affichés sur un écran. Et le stress croissant des fins de mois ne fait qu'aggraver la situation.

Comment répondre… si on considère que le cash est un pis-aller en voie d'obsolescence face à une problématique profonde ? Il n'existe probablement pas de recette magique, hélas. De toute évidence, la priorité consisterait à travailler sur l'éducation financière élémentaire des personnes concernées, en renforçant leur capacité à gérer leur budget quotidien, avec un accompagnement de proximité proactif afin de leur faciliter la transition d'une approche « tactile » à une logique numérique.

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