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  • La vieille génération du m-paiement disparaît
    Né il y a presque dix ans de la fusion de deux initiatives similaires de BNP Paribas et Crédit Mutuel, le porte-monnaie mobile Lyf tirera sa référence prochainement, faute de rentabilité. Cette issue ne constitue pas vraiment une surprise pour une solution qui n'a guère évolué avec les transformations majeures intervenues dans son domaine.Il faut se souvenir du contexte de 2016 pour comprendre le parcours de la jeune pousse. Deux ans plus tôt, Apple annonçait son application de paiement sur iPh

La vieille génération du m-paiement disparaît

Par : Patrice
9 février 2026 à 21:30
Lyf Pay
Né il y a presque dix ans de la fusion de deux initiatives similaires de BNP Paribas et Crédit Mutuel, le porte-monnaie mobile Lyf tirera sa référence prochainement, faute de rentabilité. Cette issue ne constitue pas vraiment une surprise pour une solution qui n'a guère évolué avec les transformations majeures intervenues dans son domaine.

Il faut se souvenir du contexte de 2016 pour comprendre le parcours de la jeune pousse. Deux ans plus tôt, Apple annonçait son application de paiement sur iPhone et, à ce stade de son histoire, celle-ci ne parvenait pas à s'imposer, tout comme les équivalents de ses concurrents, Google et Samsung. Il semblait donc rester une place pour une approche différente, techniquement moins élaborée avec ses QR codes, mais intégrant nativement la gestion de programmes de fidélité et autres offres promotionnelles.

Aujourd'hui, la situation est bouleversée : le téléphone représente environ 15% des transactions par carte (en France), stimulé par une expérience utilisateur optimisée, en passe d'entrer dans les habitudes, et une compatibilité totale avec les infrastructures existantes (chez les commerçants). En parallèle, les outils marketing se sont rapprochés du modèle américain, avec des mécanismes de « cashback », par exemple, adossés à l'instrument de paiement sous-jacent, éliminant le besoin d'un support dédié.

En contrepoint de cette progression, Lyf affirme, de son côté, avoir enregistré 10 millions de téléchargements pour son logiciel… mais aurait généré moins de 2 millions d'euros de chiffres d'affaires (sur l'année 2023), creusant de la sorte un trou qui atteindrait quelques 180 millions depuis sa création. De toute évidence, l'entreprise n'a pas trouvé de modèle économique viable capitalisant sur une audience potentielle de taille respectable et elle n'a d'autre choix que de déclarer forfait (un peu tardivement ?).

Lyf – Fermeture

Les raisons profondes de cette défaillance sont multiples, entre frictions dans l'expérience client, nécessité d'un équipement spécifique pour les marchands, entraînant elle-même une diffusion limitée donc des opportunités d'usage réduites… On regrettera cependant qu'aucune réorientation n'ait été tentée quand il était encore temps. Lyf a tout au plus ajouté quelques fonctions cosmétiques au fil des ans, dont les cagnottes entre amis, mais ne paraît pas avoir cherché à traiter son problème de rentabilité.

En résumé, je retrouve là une des difficultés classiques des aventures de grands groupes dans la FinTech : la forte réticence – quand ce n'est pas une impossibilité absolue – à envisager un « pivot », pourtant essentiel dans les stratégies de startups. Le parallèle qu'établit la presse entre le destin de Lyf et celui de deux autres spécialistes des paiements, Lydia et Wero, est à ce titre intéressant, la première ayant démontré sa capacité à se réinventer plusieurs fois pour réussir, la deuxième, initiative d'un consortium bancaire, ayant tendance à afficher une certaine rigidité dans sa trajectoire.

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  • Leçons d'un incident bancaire
    Fin de journée, samedi 30 août 2025, dernier week-end avant la rentrée scolaire. Catastrophe pour le Crédit Mutuel - CIC et ses millions de clients qui voient leurs tentatives de paiements et de retraits échouer sans aucune explication. Si les pannes sont inévitables, la banque souffre des récriminations des consommateurs pour une autre raison.Quelles que soient les mesures prises afin d'assurer la robustesse des systèmes informatiques, depuis les infrastructures physiques jusqu'aux logiciels,

Leçons d'un incident bancaire

Par : Patrice
31 août 2025 à 21:30
Crédit Mutuel
Fin de journée, samedi 30 août 2025, dernier week-end avant la rentrée scolaire. Catastrophe pour le Crédit Mutuel - CIC et ses millions de clients qui voient leurs tentatives de paiements et de retraits échouer sans aucune explication. Si les pannes sont inévitables, la banque souffre des récriminations des consommateurs pour une autre raison.

Quelles que soient les mesures prises afin d'assurer la robustesse des systèmes informatiques, depuis les infrastructures physiques jusqu'aux logiciels, en passant par les réseaux, il est impossible de garantir qu'aucun incident ne se produira jamais. Le délai, plutôt honorable, de remise en route dans le cas qui nous intéresse – bien que certains estiment qu'il a dépassé les deux heures officielles – tend d'ailleurs à prouver que les équipes techniques sont préparées à réagir à ce genre de circonstances.

S'il faut en croire les commentaires publiés sur les plates-formes sociales, le grand public, désormais familier des aléas de l'économie « digitale », semble relativement compréhensif vis-à-vis de l'événement lui-même. En revanche, et, là aussi, parce qu'ils ont acquis une certaine expérience sur les capacités des entreprises dans le monde contemporain, les victimes expriment leur mécontentement avec véhémence quant au manque de communication de leur banque durant la période d'indisponibilité.

Concrètement, ils se plaignent, entre autres, d'avoir dû laisser leurs courses à la caisse des supermarchés après avoir perdu leur temps dans les rayons, d'avoir dû subir le jugement implicite des autres clients et des vendeurs qui ne pouvaient enregistrer leurs paiements… sans avoir la moindre information sur la source de leur problème, ni en amont ni a posteriori (jusqu'à résolution). Alors qu'ils doivent régulièrement supporter des messages commerciaux qu'ils exècrent, transmis par toutes sortes de médias.

Incident au Crédit Mutuel - CIC

Ils ont parfaitement raison d'être furieux ! En 2025, à l'ère des messages instantanés incessants sur nos téléphones, il est absolument indigne pour un établissement dont la mission est critique dans la vie quotidienne de ses clients de ne pas avoir anticipé avec un plan de communication adapté la survenue, aussi exceptionnelle soit-elle, d'une crise les affectant directement. Celui-ci aurait dû être déclenché dès les premières alertes et suivi jusqu'à la fin réelle des difficultés, en tenant compte des « répliques » finales.

Peut-être les responsables du Crédit Mutuel - CIC n'ont-il pas prévu un tel scénario, peut-être n'ont-ils pas identifié à temps les signaux annonciateurs, peut-être ont-ils cru que la réparation serait suffisamment rapide pour éviter tout embarras, peut-être n'ont-ils trouvé personne pour prendre en charge la stratégie éditoriale… Toutes ces hypothèses correspondent aux erreurs qu'il faut impérativement corriger afin de limiter les impacts désastreux et souvent durables d'un incident sur la confiance des clients.

Un plan de gestion de crise – informatique, cybercriminelle ou autre – ne peut se limiter aux interventions techniques : il doit également comprendre un volet de communication transparente. Ses caractéristiques incluent par exemple la désignation de responsables, avec astreintes pour les horaires non ouvrés, la spécification des actions à engager, y compris à travers un canal d'urgence dans les applications web et mobiles (qu'il faut avoir conçu et développé), la définition d'éléments de langage appropriés… et le partage d'une analyse « post mortem », pour la réassurance des clients (je suis curieux de voir ce que la banque strasbourgeoise présentera en la matière).

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  • Arkéa réduit son empreinte carbone mais…
    Dans un contexte où la remise en question des objectifs de réduction globale des émissions de gaz à effet de serre semble se propager dans le monde, réjouissons-nous des progrès spectaculaires enregistrés par le Crédit Mutuel Arkéa en 5 ans, avec une baisse totale de 22%… et même de 38% par collaborateur (les effectifs ayant crû).Cette évolution est présentée comme le résultat d'un vaste programme transverse, baptisé « CO2acteur », orchestré autour de cinq axes stratégiques, qui tous contribuen

Arkéa réduit son empreinte carbone mais…

Par : Patrice
11 mai 2025 à 21:30
Crédit Mutuel Arkéa
Dans un contexte où la remise en question des objectifs de réduction globale des émissions de gaz à effet de serre semble se propager dans le monde, réjouissons-nous des progrès spectaculaires enregistrés par le Crédit Mutuel Arkéa en 5 ans, avec une baisse totale de 22%… et même de 38% par collaborateur (les effectifs ayant crû).

Cette évolution est présentée comme le résultat d'un vaste programme transverse, baptisé « CO2acteur », orchestré autour de cinq axes stratégiques, qui tous contribuent à la performance. Sans surprise, le premier d'entre eux, portant sur les trajets domicile-travail, est en pointe grâce à la généralisation du télétravail (concernant désormais deux tiers de employés). Bien entendu, la crise sanitaire est passée par là, comme le démontre la chute brutale des émissions sur les années 2020 et 2021.

Les déplacements professionnels ont aussi bénéficié du même effet mais un changement des habitudes de transport – la banque note en particulier le choix du train à 81% sur le parcours entre Brest et Paris, un des plus fréquentés par ses salariés – est également responsable d'une partie de la diminution. Autres domaines importants, la rénovation du parc immobilier, qui, naturellement, agit sur un temps plus long, et les fournitures, avec notamment le développement de la consommation de papier recyclé.

Reste évidemment (puisque ne sont pas abordées les retombées des investissements et des financements) le point noir du secteur financier, à savoir l'informatique, qui représente sa source principale d'impact environnemental. Sur ce dossier, Arkéa souligne les bénéfices de sa politique d'approvisionnement révisée, entre l'achat de matériel reconditionné, la limitation du nombre d'appareils mis à la disposition des collaborateurs et la sélection de fournisseurs aux pratiques plus vertueuses.

Crédit Mutuel Arkéa – Empreinte Carbone

Mais, attendez ! Il manque l'essentiel, non ? La consommation énergétique (et d'eau, incidemment, mais elle est si souvent oubliée…) des centres de production informatique n'apparaît pas dans les actions prioritaires ? Je n'ose pourtant croire que l'efficacité des installations est optimale et que des mesures conservatoires significatives ne pourraient être engagées. Même Google, pourtant très avancée sur le sujet, poursuit inlassablement ses effort en vue d'améliorer la qualité de ses infrastructures !

Cependant, la situation est probablement en train de se dégrader sur ce front spécifique. Quelles que soient les améliorations apportées aux « data centers », nous sommes entrés depuis plusieurs mois dans une spirale d'expansion des applications les plus gourmandes en ressources, entraînée, entre autres, par la prolifération incontrôlée des modèles de science des données et, dorénavant, d'intelligence artificielle.

La tendance, qui ne donne aucun signe d'essoufflement, au contraire, est inquiétante à la fois par la pression qu'elle exerce directement sur les démarches de responsabilité sociale et environnementale mais, encore plus, dans l'industrie de la finance parce qu'elle concerne le périmètre qui est déjà le plus problématique et où, malheureusement, les actions correctrices paraissent rencontrer de sérieuses difficultés à s'imposer.

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  • Arkéa investit dans la facturation électronique
    Alors que l'échéance réglementaire de la facturation électronique approche, le Crédit Mutuel Arkéa acquiert Seqino et sa plate-forme de dématérialisation partenaire (PDP), intermédiaire indispensable des échanges financiers à l'avenir. L'opération reflète indubitablement son positionnement stratégique dans les services aux entreprises.Dans le cadre de la loi qui, à partir de septembre 2026, imposera progressivement la transition vers la facture « digitale », est instauré un nouveau rôle de tier

Arkéa investit dans la facturation électronique

Par : Patrice
14 avril 2025 à 21:30
Crédit Mutuel Arkéa
Alors que l'échéance réglementaire de la facturation électronique approche, le Crédit Mutuel Arkéa acquiert Seqino et sa plate-forme de dématérialisation partenaire (PDP), intermédiaire indispensable des échanges financiers à l'avenir. L'opération reflète indubitablement son positionnement stratégique dans les services aux entreprises.

Dans le cadre de la loi qui, à partir de septembre 2026, imposera progressivement la transition vers la facture « digitale », est instauré un nouveau rôle de tiers de confiance, dûment habilité, à travers lequel doivent circuler tous les flux (l'objectif étant non seulement de faciliter l'automatisation des traitements mais également de transmettre les informations en temps réels aux services fiscaux, dans le but prioritaire de lutter contre la fraude à la TVA). Seqino est un des acteurs agréés pour cette mission.

L'ambition du Crédit Mutuel Arkéa grâce à cette acquisition est de fournir directement à ses clients professionnels, de la TPE à l'ETI, un outil clé en main prenant en charge l'émission et la réception de factures – qui pourront alors être intégrées de manière transparente avec les fonctions de règlement – mais également de pouvoir proposer ces mêmes capacités à leurs partenaires habituels, notamment les cabinets d'expertise comptable, les éditeurs de logiciels de gestion financière, voire d'autres banques.

Crédit Mutuel Arkéa x Seqino

Voilà une nouvelle aventure extra-bancaire pour l'établissement et elle paraît pertinente pour plusieurs raisons. D'abord, elle s'inscrit dans une logique de développement d'offres extensives à l'intention des petites entreprises. La tendance est aujourd'hui bien avancée, avec des plates-formes combinant comptabilité, facturation, paiements, trésorerie, ressources humaines, pilotage des ventes, marketing… qui, de plus en plus, constituent un point de contact unique pour cette catégorie de clientèle.

Mais il est intéressant de constater que le Crédit Mutuel Arkéa ne se place pas uniquement dans une posture défensive, qui consisterait à vouloir absolument conserver la relation directe en déployant sa propre solution complète.

Elle enrichit simultanément son catalogue de « Banque en Services », qui reste donc central dans sa stratégie, et devient pourvoyeuse d'une gamme diversifiée de produits en marque blanche, y compris, désormais, au-delà de ses métiers historiques. Car elle a vraisemblablement compris que tous ses clients, aux profils si variés, ne se satisferont pas de sa déclinaison de la plate-forme universelle de gestion d'entreprise, ne serait-ce que parce que des acteurs spécialisés ciblent mieux qu'elle certaines niches.

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  • Monabanq soulage l'angoisse du découvert
    Avec sa protection contre les découverts, Monabanq ne fait que reprendre une idée qui revient à intervalles réguliers dans les banques, sans jamais se diffuser (et je me demande pourquoi). Mais en contextualisant sa présentation, elle en fait aussi un excellent instrument d'incitation à l'épargne… qui pourrait encore être enrichi.Le principe mis en œuvre par la filiale du Crédit Mutuel est trivial (raison pour laquelle il devrait être généralisé depuis longtemps, sous une forme ou une autre) pu

Monabanq soulage l'angoisse du découvert

Par : Patrice
18 février 2025 à 21:45
Monabanq
Avec sa protection contre les découverts, Monabanq ne fait que reprendre une idée qui revient à intervalles réguliers dans les banques, sans jamais se diffuser (et je me demande pourquoi). Mais en contextualisant sa présentation, elle en fait aussi un excellent instrument d'incitation à l'épargne… qui pourrait encore être enrichi.

Le principe mis en œuvre par la filiale du Crédit Mutuel est trivial (raison pour laquelle il devrait être généralisé depuis longtemps, sous une forme ou une autre) puisqu'il consiste à programmer un transfert automatique d'un montant spécifié depuis un compte d'épargne (provisionné) au choix (pour les clients qui en ont ouvert plusieurs) vers le compte courant, dès que le solde de ce dernier atteint un seuil prédéterminé (en général proche de zéro, indiquant le risque imminent de passer dans le rouge).

Traditionnellement, les options de ce genre sont proposées par les institutions financières qui savent qu'une majorité des personnes se laissant aller vers le découvert sont en réalité distraites et, de manière générale, peu attentives à leur situation financière, alors qu'un virement effectué à temps leur éviterait des déconvenues… et des frais souvent élevés. L'adoption d'un mécanisme autonome répond parfaitement à leur besoin, en éliminant le problème à la racine sans interférer avec leur insouciance.

Mais Monabanq introduit cette fonction dans le cadre plus large de son service Monabudget, et lui donne ainsi une autre dimension, au moins aussi importante. Le régulateur de découvert est en effet associé, explicitement, à un système tout aussi classique d'épargne automatique : l'utilisateur choisit le jour et la fréquence de l'opération, la somme maximale à mettre de côté, le minimum de disponibilités à préserver et le compte à créditer, les logiciels de la banque s'occupent du reste.

Monabanq – Service Monabudget

Grâce à cette intelligente combinaison, Monabanq rassure implicitement ses clients vis-à-vis d'un des principaux freins à la mise en place d'un virement d'épargne permanent : à tous ceux qui redoutent que, à l'occasion d'un mois difficile (après une dépense exceptionnelle, notamment), la ponction planifiée fasse passer, plus tard, leur solde en négatif, elle propose une solution élégante qui leur garantit qu'ils n'ont pas à se préoccuper de ce risque et qu'ils n'en subiront aucune conséquence.

J'ai toutefois un petit regret à exprimer face à l'offre actuelle (qui évoluera peut-être ?), car le couplage de cette approche avec un robot intelligent, tel que celui que fournit Oportun (ex-Digit) depuis plus d'une décennie, serait vraisemblablement idéal, avec, d'un côté, un outil capable d'optimiser les fonds mis en réserve selon les habitudes et les comportements de l'individu et, de l'autre, un dispositif de protection qui s'active, en totale transparence, en cas d'imprévu ou d'erreur des algorithmes prédictifs.

En synthèse, avec une idée relativement élémentaire et sa mise en perspective dans un cas d'usage très opportun, Monabanq joue simultanément sur deux paramètres critiques du bien-être financier, au profit de la sérénité de ses clients : la peur du découvert – et ses embarras purement administratifs – et l'encouragement à l'épargne « sans y penser » – et sa contribution à la réalisation de projets, petits et grands.

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  • Offensive du Crédit Mutuel sur FIDA
    La perspective de l'ouverture généralisée des données financières telle qu'elle est concoctée par les instances européennes est encore lointaine mais les réactions des principales intéressées ne tardent pas à se faire entendre. Est-on surpris que le Crédit Mutuel, détracteur acharné de la DSP2 précurseuse, soit en pointe des critiques ?La réglementation FIDA qui se prépare laborieusement à Bruxelles n'est finalement qu'une extension logique des exigences qui s'imposent depuis 2019 sur les seuls

Offensive du Crédit Mutuel sur FIDA

Par : Patrice
9 décembre 2024 à 21:31
Crédit Mutuel
La perspective de l'ouverture généralisée des données financières telle qu'elle est concoctée par les instances européennes est encore lointaine mais les réactions des principales intéressées ne tardent pas à se faire entendre. Est-on surpris que le Crédit Mutuel, détracteur acharné de la DSP2 précurseuse, soit en pointe des critiques ?

La réglementation FIDA qui se prépare laborieusement à Bruxelles n'est finalement qu'une extension logique des exigences qui s'imposent depuis 2019 sur les seuls comptes de paiement. En l'état du projet, elle assujettira ainsi toutes les institutions financières aux mêmes contraintes de partage, avec les organisations habilitées, des informations qu'elles hébergent concernant tous les produits détenus par leurs clients. Ce que la Confédération Nationale du Crédit Mutuel, par la voix de sa directrice générale Isabelle Ferrand, considère donc représenter un danger insoutenable.

Ses arguments, inchangés depuis plusieurs années, persistent à ignorer les réalités du monde « digital » contemporain… et l'expérience accumulée depuis le texte précédent. Il est toujours question de risque pour la sécurité des comptes, de perte de souveraineté, de création d'inégalités… En revanche, et c'est le premier trou béant dans le raisonnement adopté, n'est pas soulignée l'évidence factuelle qui devrait concentrer les débats : les données financières des utilisateurs de services leur appartiennent et qu'elles soient conservées par un tiers ne lui en attribue pas pour autant la propriété !

L'opposition à toute ouverture est en réalité un réflexe d'autodéfense égoïste. Quelles peuvent-en être les motivations profondes ? Il faut d'abord parler du coût de mise en œuvre, forcément élevé au vu de la situation des systèmes d'information préhistoriques qui prévalent dans le secteur. Ensuite, plus sournoisement, il existe peut-être également une inquiétude sur ses conséquences : des entreprises créatives sont susceptibles de s'emparer de l'opportunité en vue de développer les fonctions innovantes qu'attendent les clients et que s'avèrent incapables de leur fournir leur banque habituelle.

Même si cela ne plaît pas au Crédit Mutuel, ce serait une victoire pour les promoteurs de la législation, dont un objectif majeur reste la stimulation de la concurrence. En outre, elle constituerait potentiellement un facteur de maintien de la souveraineté européenne (et éventuellement hexagonale) car, à armes égales, les acteurs locaux auront autant – voire plus – de chances de concevoir et déployer des offres qui correspondent aux besoins dont ils sont proches. Alors qu'aujourd'hui, les géants américains sont en mesure de profiter de l'immobilisme de l'industrie financière traditionnelle.

Les autres justifications brandies par Mme Ferrand n'ont pas plus de matérialité. Dans le registre de la sécurité, par exemple, cinq ans de DSP2 ont démontré que les garde-fous mis en place fonctionnent correctement. Mais il s'agit bien entendu d'un épouvantail (éculé) destiné à effrayer ceux qui seront appelés à valider la proposition de la Commission Européenne sans toujours prendre le temps de rationaliser le tapage médiatique, qu'il est donc important pour ses adversaires de déclencher au plus tôt.

Open Data

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  • Un crédit immobilier plus flexible au CIC
    Dans un monde où le travail salarié laisse de plus en plus la place à d'autres formes d'emploi, les banques apprennent progressivement à adapter leurs offres. Au-delà de sa faculté d'accorder des prêts immobiliers aux populations sans CDI, le CIC introduit maintenant des conditions plus flexibles, correspondant mieux à leur situation.Historiquement, les entrepreneurs individuels, les intérimaires, les détenteurs de contrats à durée déterminée, les travailleurs saisonniers, les intermittents du

Un crédit immobilier plus flexible au CIC

Par : Patrice
20 septembre 2024 à 21:30
CIC
Dans un monde où le travail salarié laisse de plus en plus la place à d'autres formes d'emploi, les banques apprennent progressivement à adapter leurs offres. Au-delà de sa faculté d'accorder des prêts immobiliers aux populations sans CDI, le CIC introduit maintenant des conditions plus flexibles, correspondant mieux à leur situation.

Historiquement, les entrepreneurs individuels, les intérimaires, les détenteurs de contrats à durée déterminée, les travailleurs saisonniers, les intermittents du spectacle… ont toujours rencontré des difficultés à satisfaire les critères d'attribution de crédit des institutions financières, conçus avant tout pour ceux occupant un poste stable, aux revenus réguliers et prévisibles. Mais avec 4 millions d'actifs concernés à ce jour, ils représentent désormais un marché impossible à ignorer plus longtemps.

Comme d'autres établissements, le CIC a d'abord dû définir de nouveaux modes d'évaluation de la capacité de remboursement et la fiabilité de ces emprunteurs potentiels afin de pouvoir leur proposer des solutions et mettre un terme à une discrimination intolérable. Mais, et c'est plus rare, il a ensuite prolongé sa réflexion en appréhendant les spécificités de cette clientèle, en termes de fluctuations des rentrées d'argent, et en cherchant alors à personnaliser son produit en conséquence.

Concrètement, ces demandeurs, qui doivent tout de même justifier d'un contrat ou d'un statut officiel avant de soumettre leur dossier, sont donc jugés non plus sur leurs bulletins de salaires mais sur leur ancienneté professionnelle, l'évolution de leurs revenus, leur comportement d'épargne (les deux derniers déterminés à partir de leur historique de transactions)… Puis, une fois le contrat signé, ils disposent d'options d'ajustement de leurs mensualités selon l'état de leurs finances personnelles.

Ils ont ainsi la possibilité, jusqu'à 10 reprises pendant toute la durée de leur crédit, sans aucun frais supplémentaire et sans avoir à fournir la moindre explication, de moduler le montant de leurs échéances pendant 1 à 4 mois, à la hausse comme à la baisse (jusqu'à un maximum de 50%). Dans un effort de transparence bienvenu (et, en fait, indispensable) et de manière à permettre une prise de décision éclairée, l'impact de ces modifications sur le coût total de l'opération est clairement exposé.

Aussi utile et pertinent soit-il, le système n'est pas exempt de quelques limitations dommageables. En particulier, je regrette qu'ils soit exclusivement réservé aux clients fidèles, c'est à dire ceux dont la relation avec le CIC a au moins 3 ans d'ancienneté. Cet obstacle est d'autant plus susceptible de critique s'il est imposé en raison du besoin d'analyse comportementale sur les comptes… qui serait tout à fait envisageable quelle que soit leur domiciliation grâce aux incontournables API de banque ouverte.

Notons qu'une éventuelle extension vers les prospects se heurterait à une autre restriction (consternante), alors même qu'une de ses promesses (dont il vaudrait de vérifier la matérialité et la portée réelle) réside dans l'accès au prêt sans avoir à se déplacer : le portail web de la banque ne propose aucun simulateur de crédit immobilier digne de ce nom à moins d'être connecté en tant que client (seule une calculette des mensualités en fonction d'un taux d'intérêt est disponible).

En tout état de cause, l'initiative du CIC est un immense progrès pour les intéressés, qui réclament depuis longtemps que leur situation professionnelle soit reconnue et prise en compte, et cesse de constituer un handicap insurmontable dans un des actes les plus importants de leur existence. Il restera dorénavant à se préoccuper du sort d'une autre catégorie de travailleurs maltraités, dont le nombre est aussi en hausse : ceux qui complètent leurs revenus via une activité d'appoint exercée en indépendant…

CIC – Crédit Immobilier

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  • Deux façons d'envisager l'éducation financière
    La douzième édition de la semaine internationale de l'éducation financière, organisée sous l'égide de l'OCDE à partir de lundi prochain, nous procure cette année l'occasion de comparer deux approches opposées de cet enjeu si important : l'exhortation de France FinTech aux pouvoirs publics face à l'initiative proactive de Monabanq.Si tout le monde s'accorde sur le constat de l'insuffisance criante de formation aux arcanes de l'argent parmi nos concitoyens (et il en est plus ou moins de même sur

Deux façons d'envisager l'éducation financière

Par : Patrice
15 mars 2024 à 21:32
Monabanq
La douzième édition de la semaine internationale de l'éducation financière, organisée sous l'égide de l'OCDE à partir de lundi prochain, nous procure cette année l'occasion de comparer deux approches opposées de cet enjeu si important : l'exhortation de France FinTech aux pouvoirs publics face à l'initiative proactive de Monabanq.

Si tout le monde s'accorde sur le constat de l'insuffisance criante de formation aux arcanes de l'argent parmi nos concitoyens (et il en est plus ou moins de même sur toute la planète), je ne peux que réitérer mon avis que l'école n'est pas le lieu adéquat pour y remédier, contrairement à ce que suggère la lettre ouverte de l'écosystème de la FinTech adressée au premier ministre et à la ministre de l'éducation nationale.

Je ne reviendrai pas sur tous les arguments qui justifient ma position, je me contenterai de deux des plus sérieux. D'abord, au vu de la baisse dramatique du niveau général dans les matières de base (arithmétique et lecture), les priorités de l'enseignement ne peuvent souffrir aucune diversion. Incidemment, que retiendra un élève d'un cours sur les taux d'intérêt quand il ne maîtrise pas les notions élémentaires de calcul ?

Par ailleurs, pourquoi surcharger les programmes des collèges et des lycées, alors qu'il existe des structures idéalement placées pour assumer le rôle pédagogique tant désiré ? Je pense bien sûr aux banques (et équivalentes), auprès desquelles les adolescents ouvrent un premier compte à partir de 12 ans, les adultes étant contraints d'en détenir un dès leur premier emploi (ou leur inscription à France Travail).

Monabanq x Spak

Voici justement l'exemple de Monabanq, qui offre désormais à ses clients, gratuitement, un cursus complet concocté par la jeune pousse spécialiste Spak en collaboration étroite avec les conseillers de l'établissement (pour une meilleure adéquation à la cible et aux conditions existantes). Aussi modeste soit la démarche, elle permet d'illustrer (presque) tous les avantages de son intégration par une institution financière.

D'emblée, le format adopté, autorisé par la liberté de création d'une entité indépendante, s'adapte au mieux aux habitudes des jeunes générations visées en priorité (car les plus défaillantes). La vingtaine de modules de micro-apprentissage proposées combinent vidéos, quiz ludiques, anecdotes…, le tout sur un ton léger et parfois décalé, destinés à facilement mémoriser les concepts présentés autour de thèmes économiques liés à l'actualité, de sujets génériques, de produits bancaires…

Plus important, les thématiques abordées prennent beaucoup plus de sens dans l'environnement de la banque, où leur réalité est à portée de clic, que dans un cadre scolaire où les rudiments inculqués restent désespérément théoriques. Et l'approche serait encore plus percutante si elle s'inscrivait dans le contexte des opérations exécutées par le client , pour un éclairage, un appui, voire du conseil, in situ.

Dans le domaine de l'éducation, il est toujours tentant de transférer les responsabilités vers l'état, mais, de toute évidence, l'école ne peut combler tous les besoins. Les apprentissages relevant de la vie pratique, en particulier, non seulement sont intrinsèquement hors de son champ de compétences naturel mais bénéficient de surcroît d'une efficacité démultipliée lorsqu'ils sont apportés au sein de leur périmètre natif.

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  • Nexity se laisse séduire par l'épargne en service
    Après un démarrage en fanfare, dans des contextes plutôt financiers (Placement Direct, MeilleurTaux…), le livret d'épargne prêt à intégrer du CFCAL exprime aujourd'hui tout son potentiel à travers son adoption par le promoteur immobilier Nexity, dans une logique d'accompagnement de bout en bout des candidats à l'acquisition.En n'introduisant initialement pas de rupture directe, l'ajout d'une option supplémentaire au sein de catalogues existants pouvait être considérée comme un galop d'essai pou

Nexity se laisse séduire par l'épargne en service

Par : Patrice
5 février 2024 à 21:30
Nexity
Après un démarrage en fanfare, dans des contextes plutôt financiers (Placement Direct, MeilleurTaux…), le livret d'épargne prêt à intégrer du CFCAL exprime aujourd'hui tout son potentiel à travers son adoption par le promoteur immobilier Nexity, dans une logique d'accompagnement de bout en bout des candidats à l'acquisition.

En n'introduisant initialement pas de rupture directe, l'ajout d'une option supplémentaire au sein de catalogues existants pouvait être considérée comme un galop d'essai pour cette initiative pionnière d'épargne enfouie. La collaboration avec une entreprise d'un autre secteur représente cette fois l'entrée dans une autre dimension, radicalement innovante, puisqu'elle permet d'installer le produit dans un moment de vie du consommateur plutôt que dans un registre d'opération bancaire habituelle.

L'offre s'adresse en effet a priori aux jeunes actifs désireux d'acheter leur première résidence mais qui rencontrent des difficultés à obtenir l'indispensable prêt. Ils sont évidemment nombreux à subir ce genre de revers dans la conjoncture présente. Afin de leur fournir malgré tout une réponse et entretenir leurs espoirs, Nexity les encourage donc à mettre de l'argent de côté, en ouvrant un compte en ligne, en quelques clics, de manière à consolider leur apport personnel et ainsi se rapprocher de leur rêve.

Naturellement, la démarche constitue pour l'organisation un moyen élégant et efficace de conserver le contact avec des prospects qui, potentiellement, deviendront clients, même s'il faut pour cela attendre quelques mois ou années, le temps de remplir les conditions requises. Des avantages additionnels, sous forme de réduction de prix, notamment, contribuent à cet objectif. Je regrette toutefois l'absence d'une assistance pédagogique à la réalisation du projet, qui complèterait utilement l'approche.

Livret Propriétaire par Nexity

La capacité à fidéliser des futurs propriétaires est d'autant plus importante pour Nexity dans le contexte morose qui entoure actuellement les activités immobilières. S'il lui faut se résigner à perdre des contrats en raison du resserrement du crédit (mais également de la crise du pouvoir d'achat, voire des inquiétudes génériques pour l'avenir), la période est en revanche propice au déploiement d'outils originaux et différenciants susceptibles d'entretenir l'optimisme, la relation amorcée et la confiance naissante.

Avec cette collaboration, le CFCAL et Nexity nous procurent une parfaite démonstration, dans un domaine de l'épargne où elle n'apparaît peut-être pas immédiatement, de la valeur de la finance enfouie, au service de clients finaux pour lesquels elle n'est qu'un facilitateur dans l'accomplissement d'un dessein… et aussi au bénéfice de la structure qui la met en œuvre et renforce de la sorte leur engagement. Il ne fait guère de doute que d'innombrables autres opportunités du même ordre restent à explorer.

  • ✇C'est pas mon idée !
  • 3 banques françaises mutualisent leurs GAB
    Dans le sillage d'une tendance qui se répand (lentement) en Europe, en réponse aux évolutions sociétales vis-à-vis des espèces… mais aussi des agences bancaires, trois grandes institutions de l'hexagone – BNP Paribas, le Crédit Mutuel et Société Générale – déploient [PDF] en ce début d'année leurs tout premiers automates mutualisés.Presque un an après l'annonce initiale de la constitution du consortium, la mise en œuvre préliminaire n'apportera guère d'avantages aux utilisateurs, puisque une pe

3 banques françaises mutualisent leurs GAB

Par : Patrice
15 janvier 2024 à 21:30
Cash Services
Dans le sillage d'une tendance qui se répand (lentement) en Europe, en réponse aux évolutions sociétales vis-à-vis des espèces… mais aussi des agences bancaires, trois grandes institutions de l'hexagone – BNP Paribas, le Crédit Mutuel et Société Générale – déploient [PDF] en ce début d'année leurs tout premiers automates mutualisés.

Presque un an après l'annonce initiale de la constitution du consortium, la mise en œuvre préliminaire n'apportera guère d'avantages aux utilisateurs, puisque une petite soixantaine d'appareils sont pour l'instant concernés, sur lesquels seul le retrait d'argent est opérationnel, exactement comme l'autorise actuellement l'ensemble du réseau national (quoique, il est vrai, moyennant une éventuelle facturation sur les opérations réalisées hors de l'établissement émetteur de la carte employée).

Il faudra attendre la fin de l'année pour accéder aux options avancées : dépôts de chèques et d'espèces, collecte de monnaie et le « libre-service bancaire », c'est-à-dire la possibilité de consulter le solde de son compte et les dernières transactions enregistrées, mais également d'exécuter des virements. En parallèle, les installations se poursuivront, avec l'objectif d'atteindre quelques 7 000 implantations en 2026, soit une multiplication par trois de la densité pour les clients des enseignes impliquées.

Cash Services

La mise en commun des GAB constitue un mouvement naturel dans un contexte de rationalisation rendu nécessaire à la fois par la baisse régulière de l'usage du liquide dans les échanges commerciaux et les coûts toujours plus élevés d'entretien et de gestion des équipements. Les velléités de différenciation concurrentielle grâce au maillage du territoire cèdent désormais le pas face aux exigences de rentabilité.

En filigrane, et les banques rassemblées dans l'initiative Cash Services se gardent soigneusement d'en parler, il est aussi question des agences. En effet, la multiplication de terminaux capables de prendre en charge des opérations basiques, fortement mise en avant, représentera une opportunité évidente de réduire leur nombre tout en donnant l'impression aux intéressés qu'ils conservent un accès de proximité à leur banque.

En ce sens, la promesse, à terme, d'une solution à l'intention des communes désireuses d'offrir un service minimum à leurs populations (qui rappelle celle que Brinks commercialise depuis plusieurs années) devient un moyen habile (?) de faire supporter aux usagers le prix d'une présence physique (bien que sans relation humaine). En dépit des dénégations récurrentes, le paysage de la banque « en dur » est clairement en pleine évolution et il ne faudra probablement plus attendre longtemps avant de voir arriver en France les stratégies d'optimisation qui ont déferlé sur le Royaume-Uni.

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