Les Google Glass bientôt de retour ?





YouTube à la conquête de la télé - Lors de son événement Made On YouTube du mercredi 18 septembre, la plateforme de Google a dévoilé un plan ambitieux de transformation. Ce remaniement s’appuie sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’introduction de nouvelles fonctionnalités conçues pour séduire créateurs et utilisateurs, tout en accentuant la pression sur ses rivaux dans le marché du streaming.
« YouTube est la plus grande chaîne de télévision au monde et un acteur clé de l’écosystème télévisuel. Contrairement à TikTok ou Facebook, YouTube est présent sur les téléviseurs de salon », avait déjà déclaré Evan Shapiro, cartographe de l'écosystème médias, lors d’un débat sur les prévisions 2024 pour le secteur des écrans, à la Royal Television Society à Londres. Malgré les prédictions concernant sa disparition, la télévision reste une composante majeure dans de nombreux foyers à travers le monde, et YouTube s’y implante de plus en plus. 60 % des enfants âgés de 4 à 15 ans au Royaume-Uni regardent YouTube régulièrement sur leur télévision connectée, selon des données de Barb.
Ce repositionnement de YouTube en tant que chaîne de télévision marginalise progressivement les autres plateformes de streaming. En août, selon Nielsen, YouTube représentait 10,6 % du temps de visionnage sur les télévisions connectées, contre 7,9 % pour Netflix et 3,1 % pour Prime Video. Pour Robyn Summer, directeur commercial à l'agence marketing Essence Mediacom, YouTube pourrait même dépasser Netflix en termes d'audience quotidienne moyenne d'ici décembre 2024.
introducing fresh features to supercharge your creativity, community & business, including:
AI-powered tools to ignite your imagination
deeper ways to connect with *your* people
fun new opportunities to make money pic.twitter.com/0V2yWolR11
— YouTube (@YouTube) September 18, 2024
Dans cette même dynamique, YouTube introduit les « Creator Show Pages », une nouveauté qui s'inspire de la mise en page des plateformes comme Netflix ou Prime Video. D’après le vice-président des produits chez Youtube, cette fonctionnalité permettra aux consommateurs de « voir clairement l’intégralité d’une saison, ce qui pourrait les inciter à continuer à regarder ou même à télécharger la saison entière avant un vol ». Cette nouveauté s’ajoute aux avantages déjà mis en place pour optimiser l’impact des créateurs et faciliter leur portée. La place de Youtube sur les téléviseurs permet aux créateurs de considérer leur programmation, leur contenu et leurs investissements dans leurs communautés avec la même perspective que les médias traditionnels.
L'adoption de l'IA est bien sûr un élément crucial dans ce "pivot to tv". L'un des outils phares permet aux créateurs de recevoir des suggestions de concepts de vidéos, des titres, des miniatures, voire même un plan et les premières lignes du script. Le modèle vidéo de DeepMind, « Veo », désormais intégré à YouTube Shorts, sera principalement utilisé dans la fonctionnalité « Dream Screen », qui révolutionne l’écran vert en générant des arrière-plans virtuels. De plus, un nouveau bouton « Hype » placé à côté du bouton “like” permettra aux spectateurs de soutenir leurs créateurs favoris d’un simple clic, le faisant grimper dans un classement des vidéos les plus populaires. « YouTube semble convaincu que l'IA peut simplifier presque toutes les facettes du travail des créateurs — et peut-être les inciter à produire encore plus de contenu », relate The Verge.
Malgré ces avancées technologiques prometteuses, YouTube fait encore face à des défis majeurs. Selon Les Echos, le géant de la vidéo en streaming peine encore à s'imposer comme la plateforme privilégiée pour la diffusion de programmes à gros budget. « Il faut un énorme volume de vues pour couvrir les coûts. La plupart des youtubeurs dépendent d'autres sources de revenus en plus des recettes publicitaires ». La prolifération des vidéos générées par l’IA pourrait exacerber cette problématique en rendant la compétition encore plus féroce. Dans une course où l'innovation ne laisse aucune place à l'hésitation, YouTube se prépare non seulement à consolider sa domination, mais à redéfinir les règles du jeu.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Breaking news:
My official portrait for the next European Commission term
pic.twitter.com/BolWcdYiPU
— Thierry Breton (@ThierryBreton) September 16, 2024
3 CHIFFRES
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Plus de la moitié des utilisateurs de TikTok se tournent désormais régulièrement vers la plateforme pour s'informer
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Source : Pew Research Center
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... et une petite dose de "cuteness" fabriquée avec l'IA :
AI's Tiny, elegant white peacock pic.twitter.com/cDIrUnsnvE
— March (@theXofficially) September 19, 2024
Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah
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L'arrestation de Pavel Durov marque une première historique dans le monde de la technologie. Le 24 août, le PDG de l’application Telegram, a été arrêté à l’aéroport du Bourget, à Paris. Une information judiciaire est ouverte contre le milliardaire franco-émirati par le pôle cyber du parquet de Paris. Parmi les six chefs d'accusation, on reproche au dirigeant tech une « complicité de diffusion en bande organisée d’images de mineur présentant un caractère pornographique ». En cause, l’absence quasi-totale de modération et de coopération avec les autorités judiciaires françaises. La France surveille Telegram de près depuis que le réseau a été utilisé pour la coordination des attaques terroristes de Paris en 2015. Pour Wired, « Pavel Durov est le premier de sa génération de fondateurs de grandes plateformes à faire face à de telles conséquences sévères ». Ce cas pourrait créer un précédent pour toute l'industrie.
Pourquoi Pavel Durov, le 'Robin Hood' d'Internet, est-il arrêté ?
Telegram, "le dark web de poche" qui revendique 900 millions d’utilisateurs dans le monde, est critiqué pour avoir laissé prospérer des groupes diffusant des images pédopornographiques, des fausses informations, et des contenus criminels. Contrairement à d'autres réseaux sociaux, Telegram ne coopère pas par exemple avec des organisations telles que le National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), qui centralise la plus grande base de données mondiale de contenus pédopornographiques. Cette non-coopération avec les demandes de suppression de contenus et les réquisitions judiciaires fait de Telegram une plateforme à part : « Parmi les dirigeants des plus grands réseaux sociaux, Pavel Durov a toujours été un outsider », observe Wired. Contrairement à ses pairs, comme Mark Zuckerberg de Facebook ou Shou Zi Chew de TikTok, il a refusé de répondre aux convocations des autorités pour s'expliquer sur sa politique de gestion de contenu.
Telegram abides by EU laws, including the Digital Services Act — its moderation is within industry standards and constantly improving.
Telegram's CEO Pavel Durov has nothing to hide and travels frequently in Europe.
It is absurd to claim that a platform or its owner…
— Telegram Messenger (@telegram) August 25, 2024
Les motivations derrière cette action judiciaire
Telegram, dont la santé financière repose essentiellement sur la crypto-monnaie, se positionne en "outsider" en affirmant ne pas être soumis aux mêmes règles de modération que les autres grands réseaux sociaux. En effet, la plateforme considère qu'elle n'est pas concernée par le Digital Services Act (DSA), la loi européenne qui oblige les plateformes de plus de 45 millions d'utilisateurs actifs à lutter contre les contenus illégaux sous peine de sanctions. Le DSA impose des règles telles que l'interdiction de cibler les publicités selon la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle, la transparence sur la lutte contre la désinformation, et de nouvelles protections pour les mineurs.
Telegram déclare officiellement avoir 41 millions d'utilisateurs actifs en Europe, juste en dessous de ce seuil. Cependant, des responsables de l'UE soupçonnent l'application d'avoir sous-estimé ce chiffre pour éviter d'être classée parmi les « très grandes plateformes ». En ne fournissant pas un chiffre actualisé ce mois-ci, Telegram se trouve déjà en infraction avec le DSA, note The Financial Times.
L'affaire est aussi hautement politique, avec un accusé qui détient les nationalités de quatre puissances mondiales. Il y a six ans, selon le Wall Street Journal, Emmanuel Macron avait tenté de convaincre Durov de déplacer Telegram à Paris et lui a offert la nationalité française. Bien que Durov a depuis reçu le cadeau de la nationalité française (tout comme Evan Spiegel, patron de Snapchat), le siège de Telegram se trouve actuellement à Dubaï. La Russie, de son côté, prétend ne pas être au courant d'autres nationalités détenues par son ressortissant (également fondateur de VKontakte, le Facebook russe), et défend l'application de messagerie la plus populaire du pays dans un élan qui réunit gouvernement et opposition politique. Et en Ukraine, où Telegram bénéficie de la même popularité, on se demande toujours si est-elle un cheval de Troie russe.
Enjeux pour les autres plateformes
Cette affaire pourrait créer un précédent significatif pour d'autres plateformes numériques. Evelyn Austin, de la fondation Bits of Freedom, déclare : « L’arrestation de Durov intervient à un moment particulièrement volatile pour les plateformes en ligne et leurs utilisateurs. » L'idée que les entreprises puissent être tenues responsables des actions criminelles de leurs utilisateurs gagne du terrain. Un sondage récent au Royaume-Uni montre que deux tiers des personnes interrogées estiment que les entreprises tech devraient être tenus responsables d'héberger du contenu incitant à la violence.
Selon Casey Newton, journaliste spécialisé dans les technologies, la poursuite éventuelle de Telegram par la France pourrait encourager d'autres pays à adopter des mesures similaires contre les dirigeants de plateformes pour non-divulgation des données des utilisateurs. « Nous nous sommes déjà dangereusement rapprochés de cette réalité », avertit-il. « L'Inde et la Russie ont été parmi les premiers pays à utiliser des « lois de prise d'otage » pour menacer les employés des plateformes de prison en raison de décisions de modération de contenu, et d'autres pays pourraient suivre. »
Un changement de paradigme pour l'industrie numérique ?
L'arrestation de Pavel Durov (qui a été libéré sous caution de 5 millions d'euros mercredi) marque un tournant dans la façon dont les gouvernements traitent les plateformes numériques, en soulignant une volonté croissante de tenir les dirigeants responsables de la diffusion de contenus illégaux. À l'heure où l'équilibre entre liberté d'expression et sécurité en ligne est de plus en plus débattu, cette affaire représente un test pour Telegram et pour toutes les autres entreprises technologiques.
En attendant, Marc Zuckerberg se retrouve de l'autre côté du mirroir de la censure, en avouant cette semaine que Meta a cédé aux pressions de l'administration Biden pour censurer du contenu sur le COVID-19 en 2021.
BREAKING: ZUCKERBERG REGRETS CAVING TO BIDEN'S CENSORSHIP DEMANDS, CUTS DEM FUNDING
Mark Zuckerberg, in a bombshell letter to House Judiciary Chairman Jim Jordan, expresses deep regret over Meta's compliance with Biden Administration pressure to censor COVID-19 content in… pic.twitter.com/FPXdFWd55n
— Mario Nawfal (@MarioNawfal) August 26, 2024
CETTE SEMAINE EN FRANCE
3 CHIFFRES
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Deux tiers des Britanniques estiment que les entreprises tech devraient être tenues responsables des publications incitant aux émeutes
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Source : YouGov
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Crédit image : Anna Moneymaker/Getty Images
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
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DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION
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Source : The Guardian
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
JOURNALISME
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Crédit image : NiemanLab
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
ENVIRONNEMENT
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
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Source : Wall Street Journal
STREAMING, OTT, SVOD
AUDIO, PODCAST, BORNES
Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
Par KATI BREMME, ALEXANDRA KLINNIK ET AUDE NEVO
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Vivek Murthy, principal conseiller de santé auprès de l’exécutif américain, tire la sonnette d'alarme : il est vital d'afficher des messages de prévention sur les réseaux sociaux, à l'instar des avertissements présents sur les paquets de cigarettes. « Il est temps que les autorités requièrent un message de prévention sur les réseaux sociaux pour alerter des dangers importants qu’ils représentent pour la santé mentale des adolescents », déclare le médecin chef, dans une tribune publiée par le New York Times.
« La crise de santé mentale chez les jeunes est une urgence »
Les données révèlent une véritable crise nationale de la santé mentale chez les jeunes, exacerbée par l’utilisation excessive des réseaux sociaux. Selon Jonathan Haidt dans son livre « The Anxious Generation », le nombre d’enfants et d’adolescents souffrant de dépression et d’anxiété a bondi de près de 30% ces dernières années, aboutissant à une "épidémie de maladie mentale". Vivek Murthy souligne que les adolescents passant plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux courent deux fois plus de risques de présenter des symptômes d’anxiété et de dépression. En moyenne, les adolescents y passent près de cinq heures par jour, augmentant considérablement leur risque de problèmes de santé mentale. Une récente étude de l’Ofcom « Children’s Media Lives » révèle même que les enfants passent entre six à huit heures par jour sur ces plateformes.
Un cercle vicieux
Piégés, les enfants ne peuvent pas quitter les plateformes parce qu’elles sont conçues sournoisement pour les maintenir captifs. « Imaginez un adolescent face aux meilleurs ingénieurs produits du monde, utilisant les sciences cérébrales les plus avancées pour maximiser le temps passé sur une plateforme », déplore le médecin chef. S'y ajoute la pression sociale quand le principal sujet de discussion dans la cour de récréation est telle ou telle nouvelle tendance découverte sur les réseaux. D'emblée, le combat s'annonce inégal.
Des effets néfastes
Les réseaux sociaux ne se contentent pas de rendre les jeunes addicts ; ils poussent à la dépression et exposent intensément à des contenus choquants. Comme un poison lent, ils minent lentement mais sûrement l'estime, en construction, des adolescents. En 2021, la série « Facebook Files » du Wall Street Journal a révélé que la plateforme exacerbait les problèmes d’image corporelle chez un tiers des adolescentes. Récemment, ce même journal a dévoilé qu’Instagram recommandait régulièrement des vidéos à caractère sexuel aux comptes d'enfants de 13 ans, et ce, quelques minutes après leur première connexion !
TikTok n'est pas en reste. En novembre, Amnesty International avait publié un rapport intitulé « Poussés vers les ténèbres », soulignant que le fil « Pour toi » de TikTok encourageait la mutilation et les idées suicidaires chez les jeunes. « Ils sont rapidement entraînés dans des spirales de contenus potentiellement dangereux, notamment des vidéos idéalisant et encourageant les pensées dépressives », avertissait le rapport.
Les messages de prévention : un début de lutte
Bien que les messages de prévention puissent sembler cosmétiques, ils favorisent bel et bien la prise de conscience et le changement des pratiques. Mais ce n'est qu'un début. Le Congrès doit agir pour renforcer les efforts de protection : empêcher les plateformes de collecter des données sensibles sur les enfants, restreindre l’utilisation de fonctionnalités telles que les notifications push, la lecture automatique, et le défilement infini. Les entreprises doivent être tenues de partager toutes leurs données sur les effets sur la santé avec des scientifiques indépendants et le public. « Pourquoi avons-nous échoué à répondre aux dangers des réseaux sociaux alors qu’ils ne sont ni moins urgents ni moins répandus que ceux posés par des voitures, des avions ou des aliments dangereux ? », interroge Vivek Murthy. « Ces dangers ne sont pas un échec de volonté et de parentalité : ils sont la conséquence de la libération de technologies puissantes sans mesures de sécurité adéquates, sans transparence, ni responsabilité ». Le commissaire européen Thierry Breton a justement rappelé sur Twitter au mois d'avril un message important : « Nos enfants ne sont pas les cobayes des réseaux sociaux ».
Prendre des mesures à l'échelle individuelle
À titre individuel, il est aussi nécessaire de prévoir des « zones sans technologie ». Dans les Cévennes, des collégiens addicts aux réseaux sociaux ont passé ainsi quatre jours à randonner sans smartphone, rapporte Le Monde. L'objectif : les aider à se déconnecter des écrans, avec pour seuls réseaux sociaux... des ânes.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
3 CHIFFRES
It's going to be a scene on the Seine.
Don't miss the #ParisOlympics Opening Ceremony on Friday, July 26 on @nbc and streaming on @peacock. pic.twitter.com/NMgOwL5kC8
— NBC Olympics & Paralympics (@NBCOlympics) June 18, 2024
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
La France se classe toujours parmi les pays ayant le moins de confiance dans les médias.
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Source : Reuters Institute
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
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Illustration par Thomas Levinson / Daily Beast / Gettty
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
Signal strongly opposes this proposal.
Let there be no doubt: we will leave the EU market rather than undermine our privacy guarantees.
This proposal--if passed and enforced against us--would require us to make this choice.
It's surveillance wine in safety bottles. https://t.co/i8D4Mlcrgd
— Meredith Whittaker (@mer__edith) May 31, 2024
JOURNALISME
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
Un point de branding électoral intéressant : l’univers graphique du #FrontPopulaire ne ressemble à aucun autre.
La raison : il est très décentralisé. Pour une fois, il vient moins des partis que de créations spontanées.
Petit thread décryptage de ce militantisme créatif !
pic.twitter.com/vfd7S2rMxm
— François d’Estais (@fdestais) June 15, 2024
ENVIRONNEMENT
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
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Capture d'écran Axios
Les utilisateurs d'Instagram s'inquiètent du fait que l'IA récupère leurs photos (Fast Company)
YouTube accentue son combat contre les adblockers (TechCrunch)
IMMERSION, 360, VR, AR
STREAMING, OTT, SVOD
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
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Superintelligence is within reach.
Building safe superintelligence (SSI) is the most important technical problem of our time.
We've started the world’s first straight-shot SSI lab, with one goal and one product: a safe superintelligence.
It’s called Safe Superintelligence…
— SSI Inc. (@ssi) June 19, 2024
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
Kati Bremme et Alexandra Klinnik
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Comment se débarrasser de sa peur des nouvelles technologies ? Fatie Toko, directrice de l’innovation du groupe La Poste, propose quelques pistes éclairées dans son essai « techno-optimiste » : Et si la tech pouvait sauver le monde ?
Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
La société, totalement pervertie par les nouvelles technologies ? « Nos ados sont toujours plus affectés par un chagrin d’amour que par un sevrage temporaire de leur smartphone », nuance Fatie Toko. La directrice de l’innovation du groupe de la Poste veut croire au bien-fondé et aux effets positifs de la tech sur la société. Dans son essai Et si la tech pouvait sauver le monde ?, la franco-ivoirienne choisit de voir « le remède, pas le poison » et fustige les « discours alarmistes de certains médias ». La nouvelle vague d’innovations technologies offre un immense potentiel pour résoudre les crises à venir, assure-t-elle. Celle qui livre un récit « techno-optimiste » mais pas « techno-naïf » déroule les raisons de se réjouir : des plateformes pour accélérer le développement économique durable et la sécurité alimentaire dans les pays à faibles revenus, des capacités d’analyses d’images satellitaires et de données géographiques pour réduire la pollution, la vision par ordinateur pour protéger les écosystèmes terrestres et marins… Entretien sur les initiatives et les défis à venir du monde de la tech.
Que reprochez-vous à la couverture tech des médias ?
Les médias ont un biais négatif général sur les nouvelles technologies. Ils ont tendance à faire appel à des experts, qui complexifient des sujets déjà difficiles à appréhender pour le grand public. Je regrette ce manque de vulgarisation. Les questions posées sont souvent alarmistes : « est-ce qu’il va y avoir des robots tueurs ? », « L’IA va-t-elle nous remplacer ? ». Cette approche détourne l’attention des questions essentielles telles que la manière de s’informer, de se protéger, de tirer profit des nouvelles technologies. La peur n’est pas une fatalité, ni une nécessité absolue. Dans mon travail, je m’intéresse notamment aux initiatives émergentes en Afrique et je refuse de céder à la peur qui entoure souvent les avancées technologiques. Il existe de nombreuses initiatives, tant au niveau de politiques publiques que dans le domaine scientifique, visant à promouvoir des technologies plus éthiques, responsables et durables. Mon livre vise à mettre en lumière ces aspects positifs souvent méconnus et présenter une vision équilibrée des nouvelles technologies.
Quelles initiatives vous incitent à être aussi optimiste ?
Des initiatives émergent en matière de santé, d’environnement, de lutte contre les vulnérabilités et l’éducation. J’ai ainsi découvert des couveuses connectées au Cameroun qui permettent de mettre des sondes et des caméras dans les cabines des prématurés pour surveiller les signaux vitaux et la température à l’intérieur. De nombreuses solutions technologiques, des caméras par vision par ordinateur, nous permettent de voir comment les animaux réagissent aux aléas climatiques. Dans le domaine de la santé, le recours à l’intelligence artificielle, l’analyse et la visualisation des données, la réalité augmentée et immersive, permet par exemple de voir l’environnement du « bloc » à travers les yeux d’un chirurgien qui opère. Il s’agit d’une plateforme médicale tout-en-un unique, conçue pour couvrir l’ensemble du cycle d’une intervention. Cette solution peut être une assistance vitale dans la médecine humanitaire et notamment les premiers actes de secours des civils en temps de guerre.
Si vous évoquez les raisons d’être optimiste, vous mentionnez également les défis à venir. Vous écrivez notamment que la menace la plus importante pour l’État est celle constituée par la concentration inédite des géants du numérique. « Les GAFAM risquent de devenir des véritables États plateformes qui portent atteinte à la souveraineté des nations ». Mais n’est-ce pas déjà le cas ?
En effet. Elles sont les plus grandes bénéficiaires de la mondialisation. Elles se moquent des lois, car les outils de régulation ne peuvent pas les soumettre. Les problèmes actuels ne sont pas uniquement dus à la technologie, mais aussi à des questions de régulation et d’idéologie favorables à certaines puissances économiques. Les géants du numérique ne sont pas surpuissants juste parce qu’ils exploitent les données, mais aussi parce qu’ils bénéficient d’un environnement mondialisé et de politiques qui les favorisent. Il est crucial de mettre en place des normes mondiales pour protéger les citoyens contre les risques liés à la cybersécurité et à la manipulation de l’information. Cela nécessite une collaboration internationale pour établir une base éthique et réglementaire solide afin de protéger les individus et les consommateurs.
La régulation de l’IA par exemple est devenue un énorme défi pour le législateur. Dans son livre que vous citez « Les algorithmes font-ils la loi ? », Aurélie Jean explique que « la réflexion et la conception de lois pour l’encadrement des algorithmes sont fortement impactés par la discipline elle-même. Intangible, complexe et en perpétuelle évolution, elle impose son rythme avec un certain flou artistique sur sa compréhension chez les acteurs de la loi voire les lobbystes eux-mêmes ». Et souligne le manque de formation des élites et du personnel politique…
La compréhension de ces questions est extrêmement complexe pour ceux qui ne sont pas des data scientistes. Le personnel politique ne possède pas nécessairement les compétences scientifiques requises pour appréhender la complexité de l’intelligence artificielle. L’IA pose un défi en raison de sa complexité multidisciplinaire et de sa convergence de domaines. On est tous fragile face à cette révolution technologique, car elle est difficile à lire.
Vous expliquez que l’Afrique devient le nouveau terrain de jeu des GAFAM.
Le contexte de régulation est très peu contraignant dans ces régions. Cette absence de règles facilite l’adoption de technologies nouvelles. Contrairement à d’autres régions où chaque innovation suscite un débat et des craintes, en Afrique, l’adoption est rapide et sans préambule. Si une technologie démontre son utilité, elle est immédiatement intégrée et déployée. Il n’y a pas ce débat d’experts qui précède l’usage. Sous couvert de philanthropie et au nom de la connectivité, des entreprises installent des centres de données et des laboratoires d’expérimentation sur le continent. La jeunesse de la population et l’absence de régulation offrent un terrain propice à ces essais à grande échelle, à l’instar de Google qui a établi en 2019 son centre de recherche en intelligence artificielle à Accra (Ghana) et installé à Lomé (Togo) en 2022 un câble internet sous-marin dans le cadre de son projet d’infrastructure réseau pour relier l’Afrique à l’Europe. Ces initiatives amplifient les risques en termes de protection de données et de dépendance économique et infrastructurelle.
Comment adopter une relation plus sereine avec les nouvelles technologies ?
Il est essentiel de ne pas les craindre. Il faut commencer par chercher à comprendre. Les technologies offrent cet avantage : l’information est accessible à tous. Je mentionne Objectif IA, une formation accessible en ligne pour tous les Français, qui sensibilise et explique l’intelligence artificielle dans notre quotidien, tout en prodiguant des conseils sur l’hygiène numérique et le consentement éclairé. Il s’agit de s’informer encore et toujours. Il est crucial de réfléchir à l’usage que l’on en fait. Prenez l’exemple de ChatGPT : je l’utilise pour gagner du temps dans l’organisation de mes cours, la préparation du matériel pédagogique, la rédaction de scénarios, etc. Enfin un mot pour les jeunes : soyons modestes et tolérants envers la jeunesse. Arrêtons, nous les adultes, d’être nostalgique. Ce ne sont pas eux qui ont l’utilisation la plus compulsive de leurs écrans. Notre devoir est de les guider vers une utilisation intelligente. Le consentement est un aspect souvent négligé : nous devons accompagner les jeunes en leur posant des questions sur les implications de leurs actions en ligne, sur les coûts, les impacts. Trop souvent, nous les culpabilisons. C’est contre-productif et encourage même les jeunes à dissimuler leurs activités numériques à leurs parents, plutôt que d’en parler ouvertement. Cela les pousse à se replier dans un monde virtuel, coupés de la réalité, plutôt que d’engager des conversations sur une utilisation raisonnée des technologies.
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« Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière.
ChatGPT veut révolutionner notre vie
Démonstration des capacités de ChatGPT-4o par OpenAI
Gemini 1.5 veut révolutionner notre travail
Démonstration du projet Astra par Google
Révolution technologique ou simple coup de communication ?
Alors, demain, rira-t-on avec les robots pour mieux vivre avec eux, comme nous l'annonçait Laurence Devillers déjà en 2015 ? Ce qui semble être une promesse technologique révolutionnaire doit néanmoins être nuancé. Les assistants conversationnels d’OpenAI et de Google affichent toujours un taux d’erreur d’environ 20 %. Il reste donc primordial de vérifier les informations fournies avec d'autres sources. De plus, pour Benoit Raphael, journaliste expert en IA, « la hype de l'IA générative semble avoir atteint un plateau », tant en termes d’utilisateurs qu’en termes techniques. Il explique : « GPT-4o, le nouveau modèle d'OpenAI, est à peine meilleur que GPT-4, même s'il est plus rapide. Aujourd'hui, la plupart des modèles se valent ». Le principal enjeu est maintenant le marketing (plusieurs vidéos sur YouTube ont d'ailleurs transformé cette semaine en battle entre les deux géants)...
Mais ces entreprises sont bien en train de construire un avenir où les modèles d'IA recherchent, vérifient et évaluent les informations pour nous fournir une réponse concise à nos questions. Et pour Melissa Heikkilä, journaliste experte IA au MIT, "Encore plus qu'avec des chatbots plus simples, il est judicieux de rester sceptique par rapport à ce qu'ils vous disent".
CETTE SEMAINE EN FRANCE
3 CHIFFRES
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Les renvois vers les sites d'infos en provenance de Facebook ont chuté de 50 % en un an
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Source : Mediapost
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Capture d'écran : Washington Post
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You can now generate production-ready prompts in the Anthropic Console.
Describe what you want to achieve, and Claude will use prompt engineering techniques like chain-of-thought reasoning to create more effective, precise and reliable prompts. pic.twitter.com/TqylVRkfP5
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Contrairement à ce que l'on peut penser, certains individus diffuseurs de fake news n'agissent pas dans le seul but de promouvoir une idéologie spécifique ou de discréditer un adversaire politique. Il existe une catégorie d’individus motivés par un désir pur et simple de « chaos ». Ces derniers semblent intéressés par des histoires qui sapent la confiance dans tous les systèmes de pouvoir.
Une étude de la Cambridge University, intitulée « Le Besoin de Chaos et les Motivations derrière le Partage de Rumeurs Politiques Hostiles » (The « Need for Chaos » and Motivations to Share Hostile Political Rumors) explore cette tendance. Les participants, indépendamment de leur affiliation politique, ont montré une propension à partager des fausses informations concernant divers politiciens américains, qu'ils soient démocrates ou républicains, tels que Bernie Sanders, Ted Cruz, Hillary Clinton et Donald Trump. Selon le chercheur Michael Bang Peterson, les « ingénieurs du chaos » sont plus susceptible d’être en accord avec les affirmations telles que : « Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes de nos institutions, nous devons les démolir et tout recommencer à zéro » ou « J'ai besoin de chaos autour de moi, c'est trop ennuyeux s'il ne se passe rien ».
Qui sont ces ingénieurs du chaos ?
« Ces individus ne sont pas des idéalistes qui cherchent à détruire l'ordre établi afin de construire une société meilleure pour tous » explique Michael Bang Peterson dans une interview dans The Atlantic. Par exemple, un électeur du New Hampshire, bien établi financièrement, a exprimé son désir que Donald Trump « brise le système » pour engendrer « quatre années misérables pour tout le monde ».
Pour certains, le besoin de chaos représente une stratégie de dernier recours pour obtenir une reconnaissance du système. Une métaphore du journaliste Derek Thompson décrit le phénomène :
« Vous êtes un homme d'âge moyen et vous jouez à un jeu, qu'il s'agisse de dames ou d'échecs. Vous avez l'habitude de gagner. Mais vous avez perdu plusieurs fois de suite, et toujours contre les mêmes personnes. Aujourd'hui, vous perdez à nouveau et cela ne vous semble pas normal. Vous n'avez pas fait de faux pas. Quelque chose ne va pas. Quelque chose doit être truqué. Ils doivent tricher. Dans un accès de rage, vous renversez la table et les pièces s'éparpillent et se brisent. Pourquoi faire cela ? Casser le jeu rend la situation pire pour tout le monde. Mais il ne s'agit pas d'améliorer les choses. Il s'agit d'avoir le sentiment d'agir et de contrôler la situation. Il s'agit de ne pas se sentir perdant. On pourrait parler de chaos. Mais au moins, c'est le chaos que vous avez choisi ».
Bien que l’étude ne prenne en compte que la population américaine, on observe des tendances similaires en France. La vieille rumeur, selon laquelle Brigitte Macron serait en réalité un homme transgenre, a récemment repris de l’ampleur après avoir été relayée par la figure américaine pro-Trump Candace Owens. Raphael Llorca, chercheur à la fondation Jean-Jaurès souligne : « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse de porter atteinte aux puissants qui nous dirigent ». Selon lui, cette tendance à propager le chaos n'est pas le fait d'extrémistes, mais plutôt de « citoyens lambdas » qui se laissent emporter par le besoin de déstabiliser les structures de pouvoir établies. Lors de son intervention à l’édition 2023 de Médias en Seine, David Chavalarias, directeur de recherche au CNRS s’alarmait : « la pandémie a créé un terrain très favorable à la remise en cause du système ». Par exemple, les climatosceptiques, issus principalement de la mouvance antivax, propagent des théories du complot visant à déstabiliser les institutions et à semer le doute sur les politiques environnementales. D’après l’étude du chercheur, les algorithmes de recommandation de X concentreraient le pouvoir social entre les mains des comptes les plus toxiques avec une estimation de +80 à +180% de compte nocifs dans le top 1% des influenceurs depuis 2023.
Des chiffres alarmants, d'autant plus que de nombreux politiciens privilégient désormais les influenceurs aux journalistes pour diffuser leur message. Un exemple frappant est celui de Joe Biden, qui a organisé jeudi 28 mars une soirée de levée de fonds, entouré d'influenceurs. Wired explique que la presse était quant à elle « dans la loge ». Les influenceurs ont désormais autant accès au président que les journalistes, et les messages politiques se noient dans le chaos des réseaux sociaux...
CETTE SEMAINE EN FRANCE
3 CHIFFRES
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Parmi toutes les offres du New York Times, les utilisateurs passent désormais plus de temps sur les applications de jeux du NYT que sur n'importe quel autre contenu.
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Source : Graphique créé par ValueAct Capital, basé sur des données de Yipit et apparu dans un récent rapport de la Sec
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Wonder Chase, La BBC arrive dans Roblox (BBC)
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États-Unis VS TikTok – Ce mercredi 13 mars, la Chambre des représentants a voté une potentielle interdiction de l’application chinoise dans le pays. Si le sujet est sur la table depuis quelques années (Donald Trump avait lancé les hostilités en 2020, avant de changer d'avis récemment), la menace est cette fois prise très au sérieux par ByteDance, société mère de l’application. Phénomène assez rare, les Démocrates et Républicains semblent s’accorder sur la décision à prendre : « L'impulsion bipartite récente pour forcer l'entreprise à se désinvestir marque le défi le plus sérieux pour l'application jusqu'à présent, et elle est maintenant confrontée à un vote incertain au Sénat » analyse the Guardian.
Contexte d’une guerre froide numérique
Mercredi, la Chambre a voté massivement en faveur d'une interdiction, avec 352 membres du Congrès votant pour le projet de loi et seulement 65 s'y opposant. Le Sénat a cependant freiné en proposant d'éventuelles modifications à la mesure, brisant les espoirs des partisans d'une adoption rapide et offrant un sursis potentiel à l'application populaire de courtes vidéos. L’entreprise chinoise a quant à elle qualifié le projet de loi « d'inconstitutionnel ». Dans cette guerre froide numérique, il est loin d'être évident que les États-Unis sortiraient vainqueurs.
La vente de TikTok serait rendue obligatoire dans un délai de six mois à un acheteur approuvé par le gouvernement américain. Si ByteDance refuse de vendre TikTok, il serait illégal pour les magasins d'applications et les sociétés d'hébergement web de distribuer ou de mettre à jour l'application aux États-Unis. Celles qui dérogeraient à la règle s’exposeraient à des pénalités. Une interdiction totale semble donc difficile à mettre en place, mais l’accès pourrait être drastiquement limité. La raison ? Les législateurs craignent un risque pour la sécurité nationale des États-Unis et les données de ses utilisateurs.
reminder why lawmakers are considering a tiktok ban:
-bytedance answers to the ccp
-beijing can weaponize americans’ data
-it's in xi’s best interest to control the algorithm + further polarize americanshttps://t.co/KWCf8dxjD4— ian bremmer (@ianbremmer) March 14, 2024
La réponse de ByteDance
De son côté Bytedance affirme que « 60% de l'entreprise appartient à des investisseurs institutionnels mondiaux ». L'entreprise indique également avoir investi plus de 1 milliard de dollars dans un plan visant à stocker les données sensibles des utilisateurs américains sur des serveurs exploités par Oracle, société américaine de cloud computing. Lors de la récente audition des géants de la tech au Congrès, Shou Zi Chew, le CEO de TikTok, avait insité sur ses origines singapouriennes. Pour Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, le vote de la Chambre suivrait une « logique du voleur ». Il souligne : « Quand vous voyez les bonnes choses des autres, vous tentez de vous les approprier ».
Un rachat est-il réellement possible ?
Avec ses 170 millions d'utilisateurs aux États-Unis, TikTok est une acquisition hors de portée pour la plupart des entreprises. Microsoft, Google et Meta sont sous le coup de la loi antitrust, ce qui limite leurs possibilités d'achat. Steven Mnuchin, ancien secrétaire au Trésor controversé sous Donald Trump, a cependant manifesté son intérêt : « C'est une excellente entreprise et je vais constituer un groupe d’investisseurs pour acheter TikTok ».
L’hécatombe pour les créateurs de contenu
Face à la perspective d'une interdiction imminente, plusieurs créateurs expriment leur crainte : « J'achète des articles à des petites entreprises et je les présente sur ma plateforme - je les mets en valeur », a déclaré Ophelia Nichols, une créatrice basée en Alabama aux 12 millions d’abonnés. En Inde où l’application a été interdite en 2020, de nombreux créateurs peinent à faire repartir leur modèle économique : « La manière dont on gagnait en visibilité et en abonnés sur TikTok est [encore] incomparable à toute autre plateforme disponible pour le moment », a déclaré Clyde Fernandes, directeur exécutif chez Opraahfx, une agence de marketing et de gestion d'influenceurs.
De son côté, Jason Koebler, le cofondateur de 404 Media se demande comment le gouvernement américain peut supprimer TikTok « sans violer les droits de liberté d'expression de millions d'Américains et nous mettre sur la voie où un internet relativement ouvert et mondial devient de plus en plus géographiquement cloisonné ».
Affaire à suivre…
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Le message envoyé ce matin par Rodolphe Saadé aux collaborateurs de CMA CGM pour annoncer son rachat de BFM-TV et RMC. https://t.co/ifm6CHtSv0 pic.twitter.com/bfqv7kLCBH
— Alexandre Berteau (@aberteau_) March 15, 2024
3 CHIFFRES
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Les Français préfèrent les journalistes aux algorithmes
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Source : Arcom
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Le Monde devient le premier média français à signer un partenariat avec OpenAI.
ChatGPT utilisera les contenus du journal pour plus de pertinence.
Le Monde touchera des revenus conséquents en contrepartie et pourra développer des fonctionnalités IA.https://t.co/WpA6UEuBdw
— François d’Estais (@fdestais) March 14, 2024
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BREAKING: The European Commission sent formal requests to Bing, Facebook, Google Search, Instagram, Snapchat, TikTok, YouTube, and X:
Following these companies' designation as Very Large Online Platforms (VLOPs) or Very Large Online Search Engines (VLOSEs) by the DSA, the… pic.twitter.com/OTeFS3OeWC
— Luiza Jarovsky (@LuizaJarovsky) March 15, 2024
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Paris, jeudi 15 janvier - Google annonce l'inauguration de son nouveau centre de recherche en intelligence artificielle à Paris, en présence de son PDG Sundar Pichai. L’objectif ? « Faire émerger de nouveaux partenariats académiques et former des professionnels à cette technologie ». Le nouveau Lab réunira pas moins de 300 chercheurs et ingénieurs travaillant en collaboration avec les universités et les instituts de recherche français.
"La France possède des atouts considérables dans le domaine scientifique, avec ses 500 000 chercheurs et des institutions de premier plan tels que le CNRS, Inria, Paris Saclay, l'Institut Curie, ou encore l'Université PSL (Paris Sciences & Lettres)," souligne Google. Cette collaboration avec des institutions françaises de renom vise à stimuler la recherche fondamentale et appliquée en IA, consolidant ainsi la position de la France comme leader dans ce domaine. Google prévoit également de former 100 000 professionnels français aux outils de l'IA d'ici la fin de 2025.
Oui, la France est le pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers et notamment des entreprises de la tech !
L’ouverture du hub Google dédié à l’intelligence artificielle, ouvert à tout l’écosystème français, en est le parfait exemple.
Nous sommes… pic.twitter.com/wn0cTbm2YD
— Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) February 15, 2024
Une démarche qui soulève des questions sur le monopole numérique de Google
On pourrait pointer du doigt cette initiative comme un moyen pour Google de maintenir son hégémonie dans le domaine de l'IA, en monopolisant les ressources et les talents. C’était déjà le cas avec l’ouverture d’un laboratoire Meta en 2015, puis Google en 2018. « A l’époque, certains regrettaient l’aspiration par les géants américains des cerveaux français, dont Yann LeCun, un des parrains de l’IA moderne, chez Meta » explique Alexandre Piquard, journaliste du Monde.
TechCrunch, dans son analyse, tente de disséquer cette inauguration à la vue de tous « Google aurait pu envoyer un courriel à ses employés pour leur dire quand ils pourraient récupérer leurs badges pour le nouveau bureau. Au lieu de cela, l'entreprise a décidé qu'il s'agissait d'une opportunité de relations publiques. L'entreprise doit montrer qu'elle se préoccupe de l'IA et qu'il s'agit d'une priorité. »
Le nouveau bâtiment accueillera certes des projets d’IA, mais aussi des programmes autour de YouTube et Chrome. « Google aurait pu simplement l'appeler « Google hub » » affirme le média américain, mais l’entreprise souhaite « affirmer haut et fort qu'elle est spécialisée dans l’IA ».
Paris, un écosystème florissant de startups spécialisées dans l’IA
Pendant ce temps, des entreprises telles que Nabla, Dust, Gladia et Giskard témoignent de l'essor de l'IA en France. Les importantes levées de fond de Mistral AI, la start-up française valorisée à 2 milliards de dollars, ainsi que l'implantation de la startup californienne Poolside AI à Paris, mettent en lumière la dynamique croissante de ce secteur.
« En quelques années, nous sommes parvenus à créer plusieurs instituts de recherche interdisciplinaire, des chaires de recherche, à doubler le nombre de diplômés en IA et à augmenter de 500 le nombre de doctorants », s'était félicité Emmanuel Macron en novembre, à l'occasion du lancement du laboratoire Kyutai, porté notamment par Xavier Niel (Iliad) et Rodolphe Saadé (CMA-CGM) et basé également à Paris.
Un des avantages du pays ? Son attractivité financière (même si elle reste toute relative face aux Etats-Unis), combinée à un soutien gouvernemental. Bpifrance, un fonds soutenu par l'État, a participé à la fois au financement de Mistral et Poolside. Paul Barbaste, cofondateur d'Inclusive Brains, une startup spécialisée dans les neurosciences, explique : « C'est quatre fois moins cher. Et le gouvernement français en paie la moitié ». Au sein d'une approche européenne dans la course à l'IA, la France souhaite définitivement défendre ses atouts.
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Et la protection du travail journalistique français face aux IA dans tout ça ?
Bruno Le Maire, ministre de l’économie a affirmé refuser « que les systèmes d’intelligence artificielle aient un libre accès au travail des journalistes » lors de son intervention au World AI Cannes Festival vendredi 9 février. S’agirait-il d’un premier réveil officiel sur les risques de l’IA pour la profession en France ? « Quel est l’avenir d’un métier dont les informations, recueillies au prix d’un travail très exigent sont récupérés gratuitement par les systèmes d’intelligence artificielle ? » s’est-il demandé. A la question : bloquer ou ne pas bloquer les « crawlers » des intelligences artificielles sur les sites d’information on n'obtient pas la même réponses selon le média concerné.
Sur le plan européen, le ministre a appelé à la création d’un marché unique de la donnée régulée et équitable pour contrer la monopolisation des données par les géants du numériques.
La France n’en a pas fini de faire parler d’elle en matière d’IA, mais Bloomberg nuance que la France n’a représenté que 2,9 % du financement mondial du capital-risque et la pénurie d'offres d'actions et d'acquisitions sur le marché local de la technologie ne sera pas réglé de sitôt par les nouveaux venus de l’IA.
Cela ne va pas empêcher le pays d’accueillir le prochain sommet sur la sécurité de l’intelligence artificielle en 2024, ...à Paris bien-sûr.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
« Nous allons changer de marque : nous allons nous appeler ICI » indique ce matin @celinepigalle directrice de @francebleu
pic.twitter.com/4NlNssdgk6— Brulhatour (@Brulhatour) February 14, 2024
3 CHIFFRES
Nous avons passé au crible les contenus publiés par plus de 550 influenceurs actifs en Europe
Si la quasi-totalité (97%) des comptes analysés publient du contenu commercial, seuls 20% le présentaient systématiquement comme étant de la publicité ↓https://t.co/uRcouMIEMZ
— Commission européenne
(@UEFrance) February 14, 2024
Vous trouverez plus d'infographies sur Statista
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remarkable moment.
— Sam Altman (@sama) February 15, 2024
Introducing Sora, our text-to-video model.
Sora can create videos of up to 60 seconds featuring highly detailed scenes, complex camera motion, and multiple characters with vibrant emotions. https://t.co/7j2JN27M3W
Prompt: “Beautiful, snowy… pic.twitter.com/ruTEWn87vf
— OpenAI (@OpenAI) February 15, 2024
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C'était prévisible : un peu plus d'un an après le lancement de ChatGPT, le Consumer Electronics Show de 2024 a célébré le centenaire de l’association organisatrice, en mettant à l'honneur l'intelligence artificielle. Le thème a attiré les foules : 135 000 visiteurs se sont empressés aux stands pour mieux comprendre comment intégrer les avancées de l'IA générative dans les appareils du quotidien, du réfrigérateur au téléviseur, en passant par le maquillage. ChatGPT s’installe au volant, Alexa, boosté par les LLM, gagne en intelligence (bien qu’il reste du chemin à parcourir) et s’intéresse à l'actualité. La Corée du Sud était présente massivement, avec son métavers axé sur l'apprentissage et le divertissement. Et dans une démarche durable, des innovations des éditions précédentes ont été remises au goût du jour, avec en vedette Ballie de Samsung, l'assistant intelligent connecté déjà dévoilé en 2020.
Par Kati Bremme, Directrice de l’Innovation, Vincent Nalpas, Directeur Innovation Produits et Yves-Marie Poirier, Ingénieur direction de l’Innovation
Ces dernières années, le CES s'était peu à peu muté en salon de l'automobile, jusqu’aux tracteurs connectés. Cette année, il devient salon des médias, avec l’intégration dans les véhicules d’écrans de plus en plus impressionnants et d’interfaces (vocales) toujours plus intelligentes. D'ailleurs, comme l'a souligné Gary Shapiro lors de la conférence d'ouverture, ici, les défis sont identiques à ceux de l'Europe : trouver l’équilibre délicat entre réglementation et innovation, au bénéfice des consommateurs... et des constructeurs. Aux États-Unis, on n'oublie pas que "Money makes the World go round".
BlueAnt Soundblade, une barre de son placée sous l'écran qui promet de révolutionner l'expérience audio et visuelle sur le bureau
Le CES reste aussi le lieu de ce que l'on appelle les vaporware, les grandes promesses qui s'évanouissent rapidement. Le CES, c’est un show TV, un salon de l'automobile, un salon de la maison intelligente et un salon pour à peu près tous les autres types de technologie. Voici nos inspirations de retour de Las Vegas.
Les objets intelligents plus ou moins utiles
Retour dans le futur : Nous sommes en 2024 et les téléphones portables à touches semblent être redevenus cool. Clicks, qui propose une coque d'iPhone avec un clavier est probablement le gadget qui a suscité le plus d'excitation sur les médias sociaux avant le CES. Que ce soit en raison d'une nostalgie évidente pour le BlackBerry, de la couleur vive ou parce qu'un clavier physique peut être vraiment utile pour les personnes qui ont des problèmes avec les claviers tactiles, par exemple en raison d'une déficience visuelle.
Come by Showstoppers @CES #CES2024 to get your thumbs on Clicks for #iPhone! pic.twitter.com/ro9lO2VHGj
— Clicks (@clickskeyboard) January 10, 2024
Rabbit R1 est un autre appareil qui a fait du buzz sur les réseaux sociaux (10.000 ventes en 24 heures suite à sa présentation), Pourtant, on a un peu de mal à comprendre son dessein : appareil vocal intelligent, 2 fois plus petit qu'un smartphone et sans applications, il fonctionne entièrement à la voix et fournit des retours soit visuels, soit sonores. En quelque sorte, un talkie-walkie IA. Pour Jesse Lyu, le fondateur de Rabbit: "It's that simple". Et Rabbit n'est pas simplement un assistant Alexa-Siri avec IA : via un portail web appelé The Rabbit Hole (évidemment), le R1 peut être connecté à différents services.
This pocket-friendly, walkie-talkie-style-operated, touch screen with 360° camera and analogue scroll wheel is keen to unleash its rabbits (a series of automated scripts) to carry out your daily mundane tasks. @JulianChokkattu gives us the full rundown on the Rabbit R1. #CES2024 pic.twitter.com/lwgeYCUgpW
— WIRED (@WIRED) January 11, 2024
À côté des robots-chiens de Boston Dynamics, qui se déplacent (accompagnés) entre les halls du salon, on a donc retrouvé Ballie, objet mignon au nom mignon, et LG avec le LG AI Agent, également très mignon, mais au nom très basique, qui ressemble à un petit chien avec des écouteurs. On peut s'imaginer ces deux robots comme une Alexa sur roulettes. A propos d'Alexa, Amazon va bien sûr également intégrer les avancées des LLM dans Alexa (avec laquelle la conversation reste à ce jour assez pénible). Selon nos entretiens au CES, l’entreprise a en tête des contenus d’actualité résumés « alimentés par des sources fiables ». Le produit sera lancé en 2024 aux Etats-Unis, y compris avec des contenus européens. Affaire à suivre.
Les CES vient aussi avec son lot de voitures volantes (comme chaque année, sans jamais les voir arriver dans la vraie vie) : La société DTA présentait l’« Evitol » premier véhicule électrique volant entièrement autonome à destination des particuliers et professionnels qui promet de se déplacer simplement d’un point à un autre, en rentrant les coordonnées GPS du point d’arrivée. Il permet de transporter deux personnes pour un poids de 180 KG sur une distance de 200 KM. Ce véhicule sera commercialisé à partir de 2026 au prix de 200 000€.
Supernal, de son côté, la division eVTOL du constructeur automobile Hyundai, affirme que son concept S-A2 peut rouler à 120 miles par heure et atteindre une altitude de 1 500 pieds. La capacité de la batterie est suffisante pour les trajets de 25 à 40 miles que les hélicoptères effectuent couramment entre les centres-villes et les aéroports pour les hommes d'affaires fortunés. La société affirme que son "avion" "fonctionne aussi silencieusement qu'un lave-vaisselle", émettant 65 décibels lors des phases de décollage et d'atterrissage à la verticale et 45 dB en croisière à l'horizontale. Et si ce modèle paraît familier, c'est parce que l'entreprise a présenté un même prototype au CES en 2020.
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Vu également au LVCC, la très impressionnante première voiture volante « L’Aeroht eVTOL Flying Car» du constructeur Chinois XPeng, permettra de se déplacer sur des distances de 20 km à la vitesse de 60 km/h. Elle devrait être commercialisée fin 2025 et son prix n’est pas encore connu.
Pendant ce temps, Samsung présente aussi un téléphone qui se plie dans les deux sens ("Flex In & Out"), et les écrans deviennent de plus en plus transparents.
Des téléviseurs toujours plus grands et toujours plus lumineux…
Cette édition du CES 2024 n’a pas dérogé à la règle du « toujours plus » ! Ainsi TCL a dévoilé un écran de 115 pouces miniLED (292 cm de diagonale) qui en fait le plus grand écran du monde. Celui-ci devrait être commercialisé au premier semestre 2024. Samsung a annoncé le lancement d’une nouvelle gamme de téléviseurs microLED (de 76 pouces à 140 pouces) qui sera commercialisée en début d’année 2024 (compter 1000 €/pouce).
Samsung MicroLed
LG annonce équiper sa gamme de téléviseurs OLED 2024 « M4 & G4 » du nouveau processeur Alpha 11 AI au profit d’une optimisation de l’image et du son et qui permet notamment aux écrans de passer de 120 à 144 HZ avec une certification G-Sync.
LG et Samsung dévoilent leurs écrans transparents
Sans doute destinés aux professionnels dans un premiers temps, et à des prix qui restent prohibitifs (jusqu’à 150 000 € ) ces écrans (MicroLED pour Samsung et OLED T pour LG) permettent d’afficher, en transparence, un décor ou une animation avec une qualité d’image exceptionnelle ! Ces écrans permettent également de retrouver l’usage de la télé traditionnelle grâce à un système d’opacification de la dalle. L’écran LG sera disponible à la vente fin 2024 et celui de Samsung n’est pas encore annoncé.
Ecrans 3D sans lunettes
Les écrans 3D sans lunettes sont de retour cette année. En plus de Leia Inc présente l’année dernière, des constructeurs comme Samsung et TCL présentent des moniteurs gaming permettant de voir ses jeux et films en relief sans porter de lunettes ou casque.
Le CES reste un salon de l’auto 2.0 où les entreprises comme Sony et Samsung présentent leurs futurs systèmes d’infodivertissement embarqués dans les voitures. Concernant la partie intelligence artificielle, ces deux sociétés ont annoncé leur collaboration avec Microsoft sur les sujets de la data et l’IA dans le domaine de la voiture autonome. TCL, Panasonic, LG ont également dévoilé leurs visions de l’intégration des téléviseurs dans les tableaux de bords des voitures et pour les passagers.
Le métavers, pour l’industrie
Pour Dr. Roland Busch, président et CEO de Siemens, 2024 est un point tournant : on peut construire et utiliser les technologies plus vite que jamais parce que nous pouvons combiner réel et digital en donnant, entre autres, accès à des talents à travers le monde virtuel.
Pour lui, le métavers industriel est un monde virtuel, un espace immersif où les humains et les IA peuvent collaborer en temps réel pour résoudre les problèmes du monde réel, un lieu qui combine le réel et le numérique, pour accélérer l'innovation. On peut y simuler ce que l’on veut à moindre coût, avant de le construire dans le monde réel, tout en utilisant moins de ressources naturelles.
Dr Roland Busch lors de sa keynote Siemens
L’entreprise en a fait la démonstration à travers l’exemple de la construction d’une usine, avec une première version en jumeau numérique (mais qui peut bien sûr s’appliquer sur tout autre sujet) : les capacités de production sont augmentées de 200%, l’efficacité de 20%, et la consommation d’énergie y est de moins 20%.
A propos de métavers, dans une des tables rondes, Dan Reed, le COO de Meta Reality Labs, a mis en avant l’importance de l’interaction sociale dans son espace immersif (qui ne semble toujours pas mort). Pour lui, des plateformes comme Roblox sont massivement adoptées dans les casques Quest, et l’évolution du monde digital ne s’arrête pas au smartphone : les lunettes connectées (également vues chez Amazon, entre autres) sont un moyen d’ajouter une interaction avec des informations bien plus étendues qu’un simple écran. Il les a d’ailleurs fièrement présentées sur scène.
Dan Reed, COO de Meta, avec Nickole Tara, Cirque du Soleil
Le virtuel s'immisce en tout cas aussi de plus en plus dans la production, exemple avec Sony Extended Reality. Smode Japan, filiale de la société française Smode Tech, a pour cela apporté son soutien à Sony. En s'appuyant sur la technologie XR, qui permet aux utilisateurs de fusionner les mondes réel et virtuel, Smode XR facilite la création et l'étalonnage d'expériences immersives pour les tournages de productions virtuelles, ainsi que pour les émissions de télévision, les films et les événements en direct.
Smart lunettes, casques et expériences immersives
Les lunettes connectées et casques de réalité mixte étaient bien présents également sur le salon. TCL montre ses lunettes RayNeo Air 2 et les décrit comme un moniteur portable géant compatible avec tout type de console ou de devices. Xreal présente des lunettes de réalité augmentées Xreal Air 2 Ultra en mettant en avant un écosystème virtuel “spatial” modulable basculant entre travail et divertissement, permettant d’afficher tout un ensemble de fenêtres virtuelles et de faire du “spatial computing”, terme devenu clef voulant regrouper les termes AR, VR, XR des années précédentes.
Les sociétés comme LetinAR ou Cellid présentent quant à elles des prototypes de verres avec des écrans toujours mieux intégrés qui permettent d’imaginer qu’on se rapproche de plus en plus de lunettes connectées qui aient sensiblement la même forme et un poids similaire à des lunettes traditionnelles.
MeganeX superlight
Shiftall (Panasonic) présente également un prototype de sa nouvelle version de casque de réalité virtuelle PCVR MeganeX, plus léger et confortable. Sony a dévoilé un partenariat avec Siemens pour produire un nouveau casque de réalité virtuelle, sans nom officiel pour l’instant, ciblant contrairement au PSVR 2 une cible professionnelle. Le casque, accompagné d’une bague et d’un contrôleur, est conçu pour le design et l’ingénierie, et peut être utilisé de façon autonome ou connecté à un ordinateur.
Bague connectée
Dans les objets connectés il y a également cette année l’arrivée des premières bagues connectées de la société chinoise RingConn permettant de monitorer la santé de leurs porteurs sur les mobiles.
Création/Génération d’expérience immersive
Afin de créer les expériences que les consommateurs verront à l’avenir dans tous ces appareils immersifs, plusieurs innovations autour de la génération de contenus 3D étaient présentes. Sony remet en avant ses filiales HawkEye et BeyondSports qui créent des expériences immersives notamment sur Roblox, grâce à des données capturées pendant des évènements sportifs. Sony présente également les expériences créées par sa filiale musicale sur Roblox et Fortnite. Canon a mis en avant son système de captation de terrain de basket en vidéo volumétrique permettant de suivre un match en direct suivant n’importe quel angle sur mobile ou en réalité mixte.
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La génération (grâce à l’intelligence artificielle) de contenu 3D était également présente dans les allées de l’Eureka Park, la zone “Start-Up” du CES. Chat3D propose de générer des modèles 3D à partir de prompt et travaillerait déjà avec des grands noms du monde du jeu vidéo pour accélérer leurs process. Nation A, une société coréenne propose elle de générer des animations pour des personnages 3D et il semblerait que cela soit très utilisé chez les créateurs de jeux Roblox. Les avatars étaient également présents et on notera par exemple la société COprésence présente au pavillon Suisse dont la technologie permet de créer des avatars très réalistes et d’animer leurs visages en temps réel en se filmant avec une caméra.
Et s’il n’y a pas encore suffisamment de contenus 3D, les sociétés comme Leia et son logiciel LeiaPix ou encore Owl3D proposent de nouveaux outils pour convertir les films et les vidéos 2D vers la 3D grâce à l’IA.
Demain, des Turbo-Humains ?
Dans le futur, nous serons tous un peu des cyborgs, du moins si l'on en croit certains des exposants du CES. Les Moonwalkers de Shift Robotics en sont un bon exemple. Ils ressemblent à des patins à roulettes aux allures de Starlight Express, mais sont plutôt un accélérateur pour notre propre démarche. On y monte avec des chaussures de ville, on marche normalement et, sous le contrôle de l'intelligence artificielle - comme il se doit pour le CES 2024 - les roulettes assurent une vitesse de marche trois fois plus élevée, sans risque de basculer en avant : Les boots s'adaptent à votre démarche.
Photo : Shift Robotics
L'IA s'associe aussi à la Santé : parmi toutes ces sociétés, SQUAREMIND, start-up Parisienne, propose, en première mondiale, un robot dont l’objectif consiste à numériser, à très haute résolution l’intégralité de la peau en quelques minutes. Une IA permet de mettre en évidence les évolutions significatives des différents grains de beauté entre deux visites. Cette solution, qui a sollicité 4 ans de R&D, permettra d’augmenter les capacités diagnostiques des médecins dans le cadre du dépistage du cancer de la peau. Elle devrait être commercialisée en fin d’année 2024. La société IVès, de son côté, propose une solution de chatbot basée sur une IA capable de répondre, en temps réel, à une question d’utilisateur posée en langage des signes. La réponse est également apportée en langage des signes par un avatar.
Des partenariats pour survivre dans un monde en crise
Dans un monde en pleine crise, les partenariats entre entreprises sont un moyen de survie stratégique. Les associations et partenariats entre industriels étaient en pléthore au CES 2024 :
Intérieur Sony Afeela
Sony et Honda unissent leurs forces pour créer la voiture électrique Afeela, Volkswagen, de son côté, innove en intégrant un chatbot ChatGPT dans ses véhicules, tandis que L'Oréal s'associe à Alphabet pour développer Hapta, un dispositif rendant le maquillage accessible aux personnes en situation de handicap. Delta Airlines permet à ses clients de payer un café avec des miles accumulés, et Mercedes Benz collabore avec Will.i.am pour créer une expérience musicale immersive adaptée au style de conduite, transformant ainsi la voiture en orchestre symphonique. Mercedes-Benz, toujours, veut aussi, avec l'aide des graphismes de jeu haute résolution de Unity, réinventer l'assistant vocal "Hey Mercedes" en lui conférant une nouvelle dimension visuelle. Ola Källenius, le PDG de Mercedes-Benz, a déclaré : « Mercedes-Benz réinvente l'expérience numérique des passagers en tirant parti de l'intelligence artificielle pour offrir une interaction semblable à celle d'un humain avec l'assistant virtuel intelligent MBUX.
L'expérience de shopping se réinvente avec Walmart, dont le président et CEO Doug McMillon annonce une révolution par l'IA, marquant potentiellement la fin des supermarchés tels que nous les connaissons. La compagnie a présenté une application utilisant des modèles de langage avancés, permettant une recherche par cas d'usage plutôt que par des requêtes spécifiques, rivalisant ainsi avec la nouvelle expérience de recherche générative de Google (SGE, Search Generative Experience). Cette innovation offre une personnalisation poussée, où, plutôt que de fournir une liste de courses précise, on pourra demander au chatbot "Que faut-il pour ma prochaine fête d'anniversaire". McMillon a aussi mis en lumière le partenariat avec Microsoft, en invitant Satya Nadella sur scène lors de sa keynote, révélant l'utilisation conjointe de modèles de langage OpenAI Azure et de modèles spécifiques à la vente au détail de Walmart.
Partenariat AWS + Siemens
AWS et Siemens se sont aussi retrouvés ensemble sous les feux de la rampe lorsque Matt Wood, vice-président des produits, a rejoint Roland Busch, PDG de Siemens Global, sur scène lors de la conférence d'ouverture pour expliquer comment les deux entreprises facilitent l'accès aux outils d'IA générative dans tous les secteurs d'activité. Siemens intègre Amazon Bedrock - un service qui offre un choix de modèles de base très performants de grandes entreprises d'IA via une API unique, ainsi que des capacités en matière de sécurité, de confidentialité et d'IA responsable - à Mendix, la principale plateforme à code bas qui fait partie du portefeuille Siemens Xcelerator. Cela permettra à un plus grand nombre de clients de créer, de mettre à l'échelle et d'optimiser les applications existantes avec la puissance de l'IA générative sur AWS.
La célèbre Martha Stewart, de son côté, s'est associée avec Samsung, pour proposer un show culinaire SmartThings
@marthastewart What’s better than @samsungUS #SmartThings kitchen innovations at #CES2024? ♬ G.A.B - Official Sound Studio
Apple a annoncé que la nouvelle expérience CarPlay serait différente dans chaque véhicule, avec une interface et un design spécifiques, et des fonctionnalités qui pourraient évoluer selon le moment de la journée, en citant Porsche comme exemple lors de cette présentation.
Le service de streaming live TuneIn a, de son côté, mis en place des partenariats avec presque tout le monde : il rassemble des sports, des actus, de la musique, des podcasts et des radios du monde entier. Avec plus de 75 millions d'utilisateurs actifs par mois, TuneIn est l'une des plateformes de streaming audio les plus utilisées au monde. TuneIn diffuse plus de 100 000 stations de radio détenues, opérées et partenaires. Avec une distribution de premier plan sur plus de 200 plateformes et appareils connectés, TuneIn permet aux auditeurs d'écouter ce qu'ils aiment, où qu'ils se trouvent. Les abonnés à TuneIn Premium bénéficient d'un accès exclusif à des informations sans publicité de grands réseaux comme CNN, Fox News Radio, CSPAN, MSNBC, CNBC et Bloomberg, ainsi qu'à des retransmissions en direct de MLB, NFL, NHL et à des programmes sportifs universitaires et des chaînes de musique sans publicité. Au CES, TuneIn a annoncé offrir son service de radio aux téléviseurs intelligents VIZIO.
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Amazon FireTV s'apprête à lancer ses chaînes en 2025 avec un modèle FAST, offrant une expérience gratuite et soutenue par la publicité. L'objectif est de rassembler des vidéos courtes dans un flux unique sur les TV et les produits Alexa, avec des pages d'accueil éditorialisées et un partage des revenus. Un contrat unique avec chaque source est recherché pour les droits globaux, et des partenariats comme celui récemment annoncé avec Panasonic sont essentiels pour la distribution du matériel FireTV Stick, qui continue de bien se vendre. Alexa et Character AI offriront aussi bientôt aux utilisateurs la possibilité de "parler" avec différentes personnalités, de Socrate à Elon Musk, apportant "une dimension plus humaine et interactive à l'expérience utilisateur".
Les téléviseurs LG se transformeront bientôt en centres de commande pour la maison intelligente Google Home, comme annoncé lors de la conférence de presse CES de LG. Erik Kay de Google y a été invité sur scène, pour expliquer que les téléviseurs LG agiront comme des contrôleurs pour Google Home, permettant de configurer et de contrôler les dispositifs Matter, ainsi que de voir et de contrôler les appareils LG, Google et Google Home directement depuis le téléviseur ou l'application ThinQ.
Sonos, enfin, cherche à améliorer son intégration avec Spotify, percevant les options actuelles comme très limitées, notamment parce que la plupart des services de musique en streaming ne sont pas lucratifs et ne peuvent pas utiliser la publicité.
Côté politique, le Bureau du Gouverneur de Pennsylvanie s'associe avec OpenAI pour intégrer ChatGPT Enterprise, ce qui en fait le premier État américain à adopter cette initiative. L'objectif ? Améliorer l'efficacité à tous les niveaux. Dans un premier temps, le Bureau de l'Administration utilisera ChatGPT pour des tâches telles que la simplification du langage de politique publique dépassé, la rédaction de descriptions de postes, la résolution de problèmes de redondance dans les politiques internes des employés, la génération de code, entre autres applications.
Le marketing à l'ère de l'IA
Lors de tables rondes très prisées par les professionnels de divers secteurs, une question revient souvent : comment l'intelligence artificielle générative influence-t-elle notre façon de travailler ? Pour le Weather Channel, qui repose sur les données et prévisions météorologiques depuis des années, l'IA promet de rendre le storytelling encore plus captivant. Dès 2015, Nora Zimmet s'est penchée sur les plateformes de jeux vidéo pour mieux cerner les attentes du public. L'IA générative devrait permettre de fournir des contenus plus locaux, plus ciblés et encore plus pertinents.
Il est largement reconnu que l'IA devrait être utilisée comme un outil, et non comme un jouet. Elle est destinée à renforcer la créativité et incarne la technologie du « Et si ? » (What if). L'IA accélère aussi le passage d'une mentalité de diffusion large (broadcasting) à une diffusion personnalisée (narrowcasting).
Evan Spiegel, fondateur de Snap, a souligné comment sa société se distingue de ses concurrents : les services de messagerie remplaceront-ils les réseaux sociaux traditionnels ?
Michael Kassan de MediaLink a clôturé chaque table ronde en résumant ses « Media Links T's and C's » (Terms and Conditions) : T pour trust (confiance), transparency (transparence), technology (technologie), talent (talent) et transformation (transformation). C pour content (contenu), commerce, culture, creativity (créativité), community (communauté), creation (création) et curation. La curation, dans ce contexte, signifie faire face à un excès de choix tout en augmentant la commodité.
La maîtrise d'une marque poussée à ses limites, sur une table au CES 2024
Lors de la table ronde dédiée à la guerre du streaming, Roku était l'invité vedette, définissant le streaming comme un contenu diffusé via Internet sur un téléviseur. Roku offre plus de 400 chaînes FAST. Pour Kristina Shepard, VP Global Advertising Sales de Roku , les chaînes FAST représentent une solution au problème de l'attrition des abonnés, avec un ciblage très précis qui nécessite une créativité tout aussi affinée. Elles pourraient également être un moyen d'attirer la Génération Z, qui, d'après Amie Owen de UM, fait défiler l'équivalent de 8 kilomètres de contenu sur son téléphone chaque jour, un fait qui pourrait intéresser particulièrement les applications de fitness.
Publicité "shoppable" chez Disney
Disney, de son côté, se joint à Walmart, Amazon, Home Depot et d'autres pour tester la "shoppable TV" avec des publicités d'Unilever. Disney a annoncé le lancement d'un programme bêta pour ses premières publicités "shoppables". Les consommateurs pourront effectuer des achats par l'intermédiaire de la nouvelle boutique Gateway dans Hulu sans rupture de leur expérience de visionnage. Cette annonce donne un aperçu de ce que Disney prévoit de faire avec Hulu. La société a conclu un accord en 2023 pour acquérir la participation précédemment détenue par Comcast. Les téléspectateurs verront des publicités personnalisées pour des produits qui seront envoyées aux téléphones par le biais de notifications push ou par courrier électronique, selon Disney. Au cours des prochains mois, Disney développera les fonctions d'achat interactif en streaming.
Bodyfriend
Dans une discussion sur l'avenir de l'industrie du divertissement, Cynthia Littleton, co-rédactrice en chef chez Variety, a mentionné une publicité vue dans un aéroport pour une entreprise qui, grâce à l'IA, crée des publicités en quelques minutes pour quelques centimes. Pour les diffuseurs, TikTok devient une mesure culturelle importante : un vieux programme peut soudainement devenir le nouveau sujet tendance (comme c'était le cas avec Judge Judy). Cette table ronde a également été l'occasion pour NBC d'annoncer une nouvelle émission nature, en partenariat avec la BBC (5 ans de production), avec Tom Hanks "dans le rôle de David Attenborough". Les marques et chaînes historiques voient de plus en plus l'intérêt de partenariats avec TikTok, selon Catherine Halaby, Head of Entertainment chez TikTok, à l'instar de Disney pour célébrer les 100 ans de sa marque. TikTok devient un vecteur incontournable de trafic. Netflix et Paramount l'ont vite compris, en voyant des fans publier du contenu, ils ont décidé de le faire eux-mêmes avec comme devise : Créez comme un créateur (Create like a creator).
@disneyanimation 100 years of stories. 100 years of magic. Once Upon A Studio, a new Original short film, premieres on ABC during “The Wonderful World of Disney: Disney’s 100th Anniversary Celebration!” on October 15 at 8/7c. #Disney #Disney100 #D100 #OnceUponAStudio #MickeyMouse ♬ original sound - Walt Disney Animation Studios
Adobe, quant à lui, s'est positionné comme un accélérateur de créativité, éliminant la peur de la page blanche. Les cycles de création qui duraient plusieurs semaines et aboutissaient à peut-être deux campagnes par an se sont raccourcis à quelques minutes. Kristen O'Hara, CMO de Google, considère aussi l'IA comme la technologie salvatrice de l'éducation, offrant un accès à des assistants de formation personnels, une idée déjà soulignée lors du Google Zeitgeist. Enfin, le monde virtuel s'infiltre dans l'espace de travail. Nickole Tara du Cirque du Soleil, pionnier dans l'utilisation de l'IA pour ses spectacles, affirme que, grâce aux outils technologiques, le jeudi est désormais le nouveau vendredi.
Dans table ronde intitulée "Embrace the Power of Fandom to Connect Content and Commerce", Alexys Coronel, responsable des loisirs et des télécommunications aux États-Unis chez Amazon Ads, s'est entretenu avec Andrew Wallenstein, président de Variety Intelligence Platform et analyste en chef des médias, sur la manière dont les marques peuvent se rapprocher des fans - et sur la manière dont cela se rapporte à la transition de Prime Video vers un service financé par la publicité. Alexys Coronel a révélé que l'objectif d'Amazon est de fournir 115 millions d'utilisateurs uniques à sa communauté d'annonceurs américains. "À moins que vous ne choisissiez de ne pas participer, vous commencerez à profiter de ce que nous pensons être des expériences publicitaires très convaincantes au sein de Prime Video", a-t-elle déclaré.
Conclusion
Dans un monde rempli d’IA générative, essayons de garder un pied dans le réel. Pour Jason Carmel, Global Creative Data Lead chez VML, l’IA c’est juste un logiciel [sic] (même très smart), et on a tout de suite l’air très bête lorsque l’on remplace « un ordinateur boosté à l’IA » par « un ordinateur boosté par un logiciel ». Ce qui est sûr : le CES est désormais autant (voire plus) une conférence sur les médias qu'un salon technologique, car la technologie et les médias fusionnent en un seul écosystème. Et la question pour les médias n'est plus s'il faut être présent dans telle voiture connectée ou sur telle télé connectée : les systèmes d'exploitation sont en train de fusionner, n'importe le support de diffusion. La question est désormais : comment être visible dans ces nouvelles interfaces pilotées par la voix (devenues sophistiquées grâce à l'IA générative), quelle expérience utilisateur y sera proposée, quels contenus seront diffusés et comment seront-ils protégés ?
Du côté des médias et du divertissement, les innovations technologiques matérielles telles que les écrans invisibles de LG et Samsung (qui ne semblent pas correspondre à un cas d'utilisation vital) ont presque paru insignifiantes par rapport aux nouvelles concernant l'entrée d'Amazon dans la publicité sur Prime, ou aux annonces majeures de Disney en matière de technologie publicitaire, y compris une avancée majeure dans le domaine des médias de détail avec des publicités "shoppables".
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Du point de vue d'un expert en médias, le CES de cette année a marqué l'achèvement d'une évolution entamée bien avant le salon international. Ce qui était autrefois considéré comme un événement centré sur les gadgets est désormais reconnu comme un lieu de discussion sur l'impact et l'évolution de la technologie dans le secteur des médias. L'ironie des licenciements annoncés par Amazon, Google et NBC en parallèle du CES n'a pas échappé aux participants. De même, la semaine difficile pour Apple à la Bourse s'est produite en même temps que la mise en vente publique de Paramount. Ces événements, survenus à Las Vegas et ailleurs au cours de ces quatre jours, ont clairement démontré l'interconnexion croissante entre les industries du divertissement et de la technologie.
Illustration : Montage du logo CES sur The Sphere, une version XXL de la Géode
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