Vue normale

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierinformatique général
  • ✇Korben
  • Zimbra pas à jour ? Un APT russe lit peut-être déjà vos mails
    Hier, le 23 juillet 2026, la CISA, la NSA et le FBI ont sorti une alerte conjointe avec une douzaine d'agences alliées, et pour une fois leur message est assez court : Si vous auto-hébergez un serveur de messagerie Zimbra pas à jour, considérez que des espions russes lisent peut-être déjà vos mails !! Voilà, le groupe s'appelle Laundry Bear (aussi connu sous le nom Void Blizzard chez Microsoft, ou TA488 chez Proofpoint), il est lié à l'État russe, et il exploite une faille connue de Zimbra depui

Zimbra pas à jour ? Un APT russe lit peut-être déjà vos mails

Par : Korben ✨
24 juillet 2026 à 18:04

Hier, le 23 juillet 2026, la CISA, la NSA et le FBI ont sorti une alerte conjointe avec une douzaine d'agences alliées, et pour une fois leur message est assez court : Si vous auto-hébergez un serveur de messagerie Zimbra pas à jour, considérez que des espions russes lisent peut-être déjà vos mails !!

Voilà, le groupe s'appelle Laundry Bear (aussi connu sous le nom Void Blizzard chez Microsoft, ou TA488 chez Proofpoint), il est lié à l'État russe, et il exploite une faille connue de Zimbra depuis juillet 2025.

La faille, c'est la CVE-2025-66376. Il s'agit d'une XSS stockée dans la vieille interface Classic de Zimbra Collaboration, déclenchée par des directives CSS @import planquées dans un email HTML piégé. Le truc vicieux c'est qu'il n'y a pas besoin de cliquer pour se faire infecter. Vous ouvrez le mail, le JavaScript s'exécute tout seul, et voilà !! NVD note cette vuln 6.1 (interaction requise) quand le MITRE la monte à 7.2 (aucune interaction).

Et ce qu'ils récupèrent nos amis russes, là, c'est du lourd ! Une fois dedans, Laundry Bear siphonne vos 90 derniers jours d'emails, les adresses et mots de passe des comptes, l'annuaire complet de l'organisation (la Global Address List), et surtout vos jetons 2FA et codes de récupération. Autrement dit, même votre double authentification saute. Ils ont carrément développé un outil maison pour ça, baptisé "Ulej" (Улей, "ruche" en russe), qui exfiltre tranquillement les archives par requêtes DNS et HTTPS.

Zimbra a bien sûr corrigé la faille le 6 novembre 2025, dans les versions 10.0.18 et 10.1.13. Le patch existe donc depuis 8 mois ! Sauf que la campagne, elle, tournait déjà comme 0-day depuis juillet 2025, soit 4 mois avant le correctif. Résultat, entre les serveurs jamais mis à jour et ceux compromis avant le fix, on ne s'en sort plus. La CISA a même inscrit cette CVE à son catalogue KEV des failles activement exploitées. L'advisory conjoint des américains ne donne pas de décompte des victimes, mais le casting des cibles fait froid dans le dos puisque vous vous en doutez, l'Ukraine est en première ligne, ainsi qu'une tripotée de gouvernements sans parler des secteurs de la défense et l'énergie côté OTAN.

Si vous êtes concerné, et là je parle aux admins qui font tourner leur propre Zimbra, pas aux gens sur Gmail ou Outlook ^^, la marche à suivre est simple. Vous mettez à jour vers 10.0.18 ou 10.1.13 minimum, tout de suite. Et comme un serveur laissé sans patch durant des mois a de bonnes chances d'avoir déjà reçu de la visite, partez du principe que vous êtes compromis. Donc vous devez remettre à zéro tous les mots de passe, invalider les sessions actives, régénérer des codes 2FA, et jeter un coup d'œil dans les logs à la recherche de la commande CreateAppSpecificPasswordRequest ou de la chaîne "ZimbraWeb". Ce sont les traces que laisse le groupe Laundry Bear.

Ce genre d'attaque qui passe par un client mail, c'est devenu une spécialité des APT russes. Je vous en parlais quand APT28 transformait Outlook en backdoor avec NotDoor , et plus récemment quand des espions russes se faisaient piéger sur Signal . En général, la messagerie, c'est le coffre-fort d'une organisation, et ça ils le savent très bien.

Bref, si un Zimbra traîne quelque part sur votre infra, arrêtez de lire mon site et allez le patcher immédiatement !

Source

  • ✇Korben
  • La Russie réclame 52 millions à Apple alors qu'ils n'y vendent plus rien
    4 milliards de roubles, c'est ce que réclame Moscou à Apple. Si vous n'êtes pas fortiche en roubles, c'est environ 52 millions de dollars. Mais alors pourquoi la Russie réclame-t-elle une telle somme à Apple ? Eh bien c'est parce que Max , la messagerie du Kremlin ainsi que RuStore, sa boutique d'app et un moteur de recherche local ne sont pas pré-installés sur les iPhones vendus en Russie alors que c'était obligatoire depuis le 15 juillet. Mais attendez, ce n'est pas la partie la plus drôle de

La Russie réclame 52 millions à Apple alors qu'ils n'y vendent plus rien

Par : Korben ✨
2 juillet 2026 à 11:35

4 milliards de roubles, c'est ce que réclame Moscou à Apple. Si vous n'êtes pas fortiche en roubles, c'est environ 52 millions de dollars.

Mais alors pourquoi la Russie réclame-t-elle une telle somme à Apple ? Eh bien c'est parce que Max , la messagerie du Kremlin ainsi que RuStore, sa boutique d'app et un moteur de recherche local ne sont pas pré-installés sur les iPhones vendus en Russie alors que c'était obligatoire depuis le 15 juillet.

Mais attendez, ce n'est pas la partie la plus drôle de cette actu. Non, le plus fun c'est qu'Apple ne vend officiellement plus un seul téléphone depuis mars 2022.

Mais lol. Tous les iPhones récents qui traînent là bas sont passés par des circuits d'import parallèle du Kazakhstan, de Dubaï ou de Hong Kong. Voilà, si vous vous demandiez comment on s'achète un iPhone à Moscou en 2026, bah maintenant vous savez.

En fait, tout est parti du grand ménage de juin dans l'App Store russe quand Apple a dégagé les apps du groupe VK, à savoir Max, VKontakte, Mail.ru et Odnoklassniki. Ils ont tout viré parce que sinon, le gouvernement américain allait leur taper sur les doigts... Mais bien sûr, le Kremlin exige maintenant des explications. Et vient se rajouter à cela, le FAS (le régulateur antitrust local) qui note des "conditions discriminatoires pour les développeurs nationaux" qui "portent atteinte aux droits et aux intérêts des consommateurs" et qui menace de coller une amende.

En fait, le gros problème avec Max, ce clone de Whatsapp du groupe VK c'est qu'il transforme votre smartphone en mouchard du FSB . Et depuis le 1er septembre 2025, la loi russe impose sa préinstallation sur tous les smartphones et tablettes vendus dans le pays, et RuStore est devenue obligatoire sur iOS au passage (Android y avait déjà droit).

Sauf que préinstaller un logiciel sur des téléphones qui entrent en douce dans le pays, bon courage. Vous pouvez être sûr qu'Apple ne va pas se faire chier à développer une config spéciale pour les iPhone de contrebande entrés en Russie... loool

Donc le seul vrai levier qu'a Moscou c'est de passer par l'App Store qui lui reste accessible sur ces smartphones et de tenter une négo là-dessus. Après, Apple a un petit historique avec la Russie. Ils ont déjà plié plusieurs fois face au Kremlin et ont retiré les apps VPN de l'App Store russe durant l'été 2024, suivies des médias indépendants et de Radio Free Europe quelques mois plus tard. Ajoutez à ça une amende antitrust d'environ 12 millions de dollars réglée en 2023, plus les abonnements et paiements coupés en avril dernier... Bref, la relation entre la Russie et son Sugar Daddy, Apple, est aussi compliquée que mon statut Facebook.

Maintenant pour les citoyens russes, qu'ils soient sur iPhone ou Android, le vrai souci c'est surtout que Moscou est en train de mettre au point une "super app" à la chinoise où absolument TOUT passe par leurs mains : Les messages, les paiements, les démarches administratives, les apps...etc tout doit passer par Max. C'est moche, mais bon, après c'est une dictature donc rien de très étonnant non plus...

Bref, rendez-vous le 15 juillet pour voir si le FAS met sa menace à exécution. En attendant, si vous causez avec de la famille ou des potes là-bas, bah évitez Max, je ne le répéterai jamais assez !

Source

  • ✇Korben
  • Linux commence à retirer le support des processeurs russes Baikal
    Le noyau Linux est en train de retirer le support matériel des processeurs Baikal, fabriqués par Baikal Electronics en Russie. Pas juste les mainteneurs cette fois, le code lui-même. Les drivers et le support de la plateforme MIPS Baikal-T1 sont en cours de suppression dans les sources du noyau, après des années de tensions autour des sanctions internationales. Pour remettre en contexte, le support du Baikal-T1 (un CPU MIPS double coeur P5600 cadencé à 1,2 GHz) et du SoC BE-T1000 avait été intég

Linux commence à retirer le support des processeurs russes Baikal

Par : Korben
16 avril 2026 à 18:20

Le noyau Linux est en train de retirer le support matériel des processeurs Baikal, fabriqués par Baikal Electronics en Russie. Pas juste les mainteneurs cette fois, le code lui-même. Les drivers et le support de la plateforme MIPS Baikal-T1 sont en cours de suppression dans les sources du noyau, après des années de tensions autour des sanctions internationales.

Pour remettre en contexte, le support du Baikal-T1 (un CPU MIPS double coeur P5600 cadencé à 1,2 GHz) et du SoC BE-T1000 avait été intégré au noyau Linux à partir de la branche 5.8. Baikal Electronics travaille sur des processeurs domestiques russes, en MIPS et en ARM, pensés pour réduire la dépendance de la Russie aux puces étrangères.

Le problème, c'est que l'entreprise est directement sanctionnée par les États-Unis, l'Union européenne et d'autres pays, avec le soupçon que ses puces puissent finir dans du matériel militaire.

En octobre 2024, une première étape avait été franchie. Onze mainteneurs russes avaient été retirés du fichier MAINTAINERS du noyau, dont Serge Semin, responsable du driver Baikal-T1 PVT et de la plateforme MIPS Baikal-T1.

Linus Torvalds avait tranché clairement : "C'est parfaitement clair pourquoi le changement a été fait, il ne sera pas annulé." Greg Kroah-Hartman, de son côté, avait invoqué des "exigences de conformité" liées aux sanctions américaines OFAC.

Mais à l'époque, le code restait. Les mainteneurs partaient, les drivers non. Du coup, un développeur de chez Baikal pouvait toujours soumettre un patch, même si trouver quelqu'un pour le merger devenait compliqué.

Jakub Kicinski, mainteneur du sous-système réseau du noyau, avait d'ailleurs refusé publiquement d'accepter des patches venant d'employés de Baikal Electronics, en invoquant un malaise personnel face à la situation.

L'étape en cours va plus loin. C'est le support matériel lui-même qui est en train d'être retiré. Concrètement, ça veut dire que les futures versions du noyau ne compileront plus pour cette plateforme, et que les distributions qui montent en version perdront le support natif de ces puces.

Pour les quelques machines qui tournent sur du Baikal-T1 en dehors de Russie (il y en a très peu), ça implique de rester sur un noyau ancien ou de maintenir un fork.

Côté Russie, Baikal Electronics maintient son propre fork du noyau Linux sur GitHub. Le projet n'est pas mort, il est juste découplé de l'upstream. Ça pose quand même une vraie question sur la viabilité long terme d'un fork désormais très isolé, sans les contributions de la communauté internationale.

Bref, Linux tranche dans le dur cette fois. Plus de mainteneurs, et bientôt plus de code non plus.

Source : Phoronix

  • ✇Korben
  • ByeByeDPI - Le "VPN" qui contourne la censure sans rien chiffrer
    Si vous êtes sous Android, voici une application qui est une imposture technique complète et qui bizarrement vous permet de contourner la censure parfois mieux qu’avec un vrai VPN. Je vous explique comment ça marche, en fait, ByeByeDPI , c’est une app Android qui utilise ByeDPI localement sur votre téléphone afin de rediriger tout le trafic à travers elle. ByeDPI, si vous ne connaissez pas encore, c’est un proxy qui intercepte les paquets réseau et applique des techniques de désynchronisation af

ByeByeDPI - Le "VPN" qui contourne la censure sans rien chiffrer

Par : Korben
6 novembre 2025 à 15:00

Si vous êtes sous Android, voici une application qui est une imposture technique complète et qui bizarrement vous permet de contourner la censure parfois mieux qu’avec un vrai VPN.

Je vous explique comment ça marche, en fait, ByeByeDPI , c’est une app Android qui utilise ByeDPI localement sur votre téléphone afin de rediriger tout le trafic à travers elle. ByeDPI, si vous ne connaissez pas encore, c’est un proxy qui intercepte les paquets réseau et applique des techniques de désynchronisation afin de contourner tout ce qui est système de deep packet inspection.

Pour rappel, le deep packet inspection (DPI), c’est une techno que le gouvernement et les fournisseurs d’accès internet utilisent pour inspecter le contenu de vos paquets réseau. Donc ça n’analyse pas juste les entête de vos paquets mais également leur contenu. C’est ce qui permet par exemple à certains FAI de ralentir Netflix ou Youtube pour économiser un peu de bande passante.

En fait, tout l’astuce de cette app, c’est qu’elle détourne l’interface VPN d’Android pour rediriger le trafic vers elle-même. Quand vous l’activez en mode VPN, Android va créer une interface TUN (un tunnel virtuel), et envoyer tout le trafic réseau dedans. Normalement, un VPN classique chiffrerait le trafic et l’enverrait vers un serveur VPN distant. Mais BybDPI, lui, intercepte le trafic, le modifie légèrement pour tromper l’ennemi et le renvoie directement sur le net. Comme ça, tout reste en local, il n’y a pas de chiffrement supplémentaire ni de tunnel externe.

C’est donc vraiment un détournement pur et simple de l’API VPNServices d’Android. ByeByeDPI faire croire à Android qu’il est un VPN tout à fait classique, alors qu’en fait il effectue juste une fragmentation et une manipulation de paquets en local.

Voici les techniques qu’il utilise :

Technique 1 : Fragmentation de paquets.

Quand vous tapez par exemple “facebook.com”, votre navigateur envoie un paquet TCP qui contient une requête HTTP avec “Host: facebook.com” dans les headers. Le DPI inspecte alors ce paquet, voit “facebook.com”, et bloque ça.

ByeByeDPI découpe ce paquet en morceaux plus petits comme ça un fragment contient juste “face”, l’autre contient “book.com”. Et comme le DPI reçoit les fragments séparément, il ne reconnaît pas le mot interdit et le laisse passer. Le serveur de destination reçoit alors les deux fragments, les réassemble, et traite la requête normalement.

Technique 2 : Manipulation du TTL (Time-To-Live).

Chaque paquet réseau a un compteur TTL qui se décrémente à chaque routeur traversé. Quand TTL atteint zéro, le paquet meurt. ByeByeDPI envoie de faux paquets avec un TTL trop bas pour atteindre le serveur final, mais assez haut pour atteindre le DPI. Le DPI alors voit ces faux paquets, pense que la connexion échoue ou est corrompue, et laisse passer les vrais paquets qui suivent.

Technique 3 : Désynchronisation.

ByeByeDPI peut injecter des paquets avec des numéros de séquence TCP incorrects, ou des checksums invalides, pour embrouiller le DPI. Ces paquets sont ignorés par le serveur de destination, mais le DPI les traite comme légitimes et autorise la connexion.

Toutes ces techniques exploitent une vraie faiblesse fondamentale du DPI qui doit analyser des milliards de paquets par seconde. Comme il ne peut pas faire d’analyse approfondie sans ralentir massivement le réseau, il doit faire des compromis. Il inspecte donc uniquement tout ce qui est patterns évidents, et les signatures connues… donc si vous fragmentez bizarrement vos paquets, ou si vous envoyez des paquets malformés, le DPI est totalement perdu.

Et le truc fou, c’est que ByeByeDPI fait tout ça SANS chiffrer votre trafic. Votre connexion reste en clair donc votre FAI peut toujours voir votre IP, votre destination, et tout. Mais le système de censure, lui, ne voit que des paquets bizarres et les laisse passer.

Voilà donc comment en simulant une connexion pourrie, on peut contourner de la censure.

L’app propose 2 modes : VPN et Proxy.

En mode VPN, ByeByeDPI utilise l’API VpnService d’Android pour intercepter tout le trafic du téléphone. C’est transparent et toutes vos apps passent par le proxy sans configuration. Le trafic est redirigé via hev-socks5-tunnel , une bibliothèque qui crée un tunnel SOCKS5 local, puis envoyé vers ByeDPI qui applique les techniques de désynchronisation.

En mode Proxy, ByeByeDPI tourne comme un serveur SOCKS5 local sur 127.0.0.1:1080. Vous devez alors configurer manuellement vos apps pour utiliser ce proxy. C’est très utile si vous voulez combiner ByeByeDPI avec d’autres outils, genre AdGuard. Vous lancez ByeByeDPI en mode proxy, vous configurez AdGuard pour utiliser le proxy SOCKS5, et vous avez à la fois le blocage pub et du contournement DPI.

L’app supporte aussi le split tunneling. Vous pouvez créer une whitelist (seules certaines apps passent par ByeByeDPI) ou une blacklist (toutes les apps sauf certaines). C’est important sur Android TV/BOX où l’Ethernet peut planter si tout le trafic passe par un VPN. Là, vous mettez juste YouTube dans la whitelist, le reste du système utilise la connexion normale.

Cette app est née en Russie, où le DPI est massivement déployé depuis 2019 avec le système TSPU (Technical Means for Countering Threats). Comme la Russie bloque des sites avec une combinaison de blocage IP + DNS + DPI, les VPN classiques sont de plus en plus détectés et bloqués. Mais ByeByeDPI, lui, passe sous les radars parce qu’il ne ressemble PAS à un VPN. Il ressemble à du trafic normal avec des problèmes de connexion.

Le développeur original de ByeDPI, c’est ValdikSS , le créateur de GoodbyeDPI pour Windows et ByeDPI c’est le portage Linux/Android de ce même concept. ByeByeDPI quand à lui est un wrapper Android qui rend tout ça utilisable sans avoir à se palucher de la ligne de commande.

Évidemment, ByeByeDPI ne vous protège pas contre la surveillance puisque votre FAI voit toujours tout et un gouvernement peut toujours logger vos connexions. Cette app contourne juste les blocage DPI, mais ne vous rend pas anonyme pour autant, donc si c’est de l’anonymat que vous voulez, utilisez Tor ! Et si vous voulez du vrai chiffrement, utilisez un VPN comme NordVPN (lien affilié). Par contre, si vous voulez juste accéder à un site bloqué par DPI, ByeByeDPI suffira.

Merci à Letsar pour le partage.

  • ✇Korben
  • NotDoor - Quand APT28 transforme Outlook en porte d'entrée secrète
    J’sais pas si vous êtes un adepte d’Outlook au bureau, mais si c’est le cas, bingo, les hackers russes d’APT28 dont je vous ai causé y’a pas longtemps, aussi ! Mais attention, ils ne l’utilisent pas pour vous rappeler la réunion du lundi matin, bien au contraire, puisqu’ils ont concocté NotDoor, une backdoor qui transforme votre client mail préféré en système de commande et contrôle pour leur botnet. C’est LAB52 qui a dévoilé le stratagème hier, et en jetant un œil à la mécanique de ce malware,

NotDoor - Quand APT28 transforme Outlook en porte d'entrée secrète

Par : Korben
4 septembre 2025 à 11:24

J’sais pas si vous êtes un adepte d’Outlook au bureau, mais si c’est le cas, bingo, les hackers russes d’APT28 dont je vous ai causé y’a pas longtemps, aussi !

Mais attention, ils ne l’utilisent pas pour vous rappeler la réunion du lundi matin, bien au contraire, puisqu’ils ont concocté NotDoor, une backdoor qui transforme votre client mail préféré en système de commande et contrôle pour leur botnet.

C’est LAB52 qui a dévoilé le stratagème hier, et en jetant un œil à la mécanique de ce malware, on réalise qu’APT28 ( alias Fancy Bear, le groupe associé au GRU russe ) n’a pas perdu une miette de sa créativité débridée.

NotDoor est donc une backdoor VBA qui se cache dans des macros Outlook qui semblent tout ce qu’il y a de plus légitimes. Et une fois en place, elle attend sagement l’arrivée d’un email contenant un mot-clé spécifique dans votre boîte de réception. D’après l’analyse technique de LAB52 , l’échantillon utilisait “Daily Report” comme déclencheur, mais le malware peut être paramétré avec plusieurs déclencheurs différents. Et une fois le mot magique repéré, NotDoor décortique le contenu de l’email pour en extraire des commandes à exécuter sur votre machine.

Ce qui rend cette manœuvre particulièrement sournoise, c’est la méthode de déploiement car les attaquants utilisent une technique de DLL side-loading avec OneDrive.exe, le binaire signé de Microsoft. En clair, ils font charger une DLL malveillante (SSPICLI.dll) à un programme légitime pour esquiver les détections. Cette DLL installe alors ensuite la backdoor VBA et désactive plusieurs protections de sécurité relatives aux macros dans Outlook. C’est bien trouvé non ?

Une fois installé, NotDoor offre ainsi aux attaquants un arsenal complet : Exfiltration de données, upload de fichiers, exécution de commandes arbitraires sur le système compromis. Les fichiers subtilisés sont ensuite automatiquement envoyés à une adresse ProtonMail contrôlée par les hackers ( a.matti444@proton.me pour les curieux), puis effacés de la machine victime pour ne laisser aucune trace. Le malware crée également un répertoire caché dans %TEMP%\Temp pour stocker temporairement sa petite collecte avant de les envoyer et de faire le ménage derrière lui.

Pour maintenir sa persistance et rester discret, NotDoor modifie les paramètres du registre Windows pour désactiver les avertissements de sécurité, activer les macros au démarrage d’Outlook et supprimer les boites de dialogue d’alerte. L’obfuscation du code est aussi de la partie puisque les noms de variables et de fonctions sont remplacés par des chaînes alphabétiques aléatoires, et les développeurs ont utilisé une technique d’encodage assez originale qui consiste à ajouter des caractères alphanumériques aléatoires devant des chaînes Base64 valides. D’où le nom “NotDoor”, d’ailleurs, qui vient du mot “Nothing” trouvé dans le code par les chercheurs.

Plusieurs entreprises de pays membres de l’OTAN ont déjà été compromises par NotDoor, ce qui n’est malheureusement pas surprenant quand on sait qu’APT28 est particulièrement actif depuis le début de la guerre en Ukraine. Les agences de renseignement occidentales ont d’ailleurs récemment uni leurs forces pour dénoncer une vaste campagne de ce groupe ciblant les entreprises de logistique et de technologie qui aident l’Ukraine.

Pour se prémunir de NotDoor, LAB52 préconise donc de désactiver les macros par défaut dans Outlook, de surveiller toute activité inhabituelle du client mail et d’inspecter les emails contenant des déclencheurs potentiels. Il est également crucial de maintenir vos systèmes à jour, car même si Microsoft n’a pas encore publié de correctif spécifique pour cette technique, les mises à jour de sécurité régulières restent votre première ligne de défense.

Récemment, APT28 a été lié à LameHug , l’un des premiers malwares à utiliser des modèles de langage (les fameux LLMs qu’on aime tant ^^). On voit donc bien qu’ils ne se contentent pas de recycler leurs vieilles techniques mais innovent constamment pour contourner les défenses modernes.

APT28 / Fancy Bear , un groupe de hackers éthatiques que vous connaissez bien…

Bref, la prochaine fois que vous recevez un email avec “Daily Report” dans le contenu, jetez-y un œil deux fois car ça pourrait être juste le rapport habituel de votre collègue… ou une invitation des services de renseignement russes à visiter votre infrastructure informatique.

Source

  • ✇Korben
  • Carbanak - Le gang qui a volé 1 milliard de dollars aux banques
    Cet article fait partie de ma série de l’été spécial hackers . Bonne lecture ! Aujourd’hui je vais vous parler du casse du siècle les amis ! Entre 2013 et 2018, un groupe de cybercriminels connu sous le nom de Carbanak a réussi à dérober plus de 1,2 milliard de dollars à une centaine de banques dans 40 pays. Du jamais vu dans l’histoire de la cybercriminalité financière ! Et ce groupe Carbanak, c’est pas juste une bande de script kiddies qui ont eu de la chance, non c’est une vrai une organis

Carbanak - Le gang qui a volé 1 milliard de dollars aux banques

Par : Korben
27 août 2025 à 13:37
Cet article fait partie de ma série de l’été spécial hackers . Bonne lecture !

Aujourd’hui je vais vous parler du casse du siècle les amis ! Entre 2013 et 2018, un groupe de cybercriminels connu sous le nom de Carbanak a réussi à dérober plus de 1,2 milliard de dollars à une centaine de banques dans 40 pays. Du jamais vu dans l’histoire de la cybercriminalité financière !

Et ce groupe Carbanak, c’est pas juste une bande de script kiddies qui ont eu de la chance, non c’est une vrai une organisation criminelle ultra-sophistiquée qui a réinventé le concept même de braquage bancaire. Fini les cagoules et les armes, place aux malwares et au social engineering de haut vol. Ils fonctionnaient même comme une vraie entreprise avec une hiérarchie, des horaires de travail réguliers, et même des bonus pour les opérateurs les plus efficaces !

L’histoire commence donc en 2013 quand les premières banques ukrainiennes et russes remarquent des mouvements d’argent bizarres sur leurs comptes. Des millions de dollars disparaissent sans laisser de traces évidentes. À Kiev, en novembre 2013, c’est même un distributeur qui commence à cracher des billets à des heures complètement aléatoires, sans qu’aucune carte ne soit insérée ! Les passants récupèrent l’argent, pensant d’abord à un bug, jusqu’à ce que les banques comprennent qu’elles sont victimes d’une cyberattaque d’un genre nouveau. C’est là que Kaspersky Lab entre en scène et découvre ce qui deviendra l’une des plus grandes cyberattaques financières de tous les temps.

Le mode opératoire de Carbanak, c’est de l’art. D’abord, ils envoient des emails de spear phishing ultra-ciblés aux employés de banque. Ces emails exploitent des vulnérabilités connues comme CVE-2012-0158 (Microsoft Windows Common Controls), CVE-2013-3906 (Microsoft GDI+) et CVE-2014-1761 pour installer leur backdoor custom. Et une fois dans la place, le malware Carbanak fait son petit bonhomme de chemin dans le réseau bancaire.

La phase de reconnaissance est assez dingue puisque les hackers activent discrètement les webcams et prennent des captures d’écran pour observer les employés de banque pendant des mois. Ils apprennent littéralement comment fonctionne chaque banque de l’intérieur, mémorisant les procédures, les horaires, les protocoles de sécurité. En moyenne, cette phase d’apprentissage dure entre 2 et 4 mois complets ! Du coup, quand ils passent à l’action, ils imitent parfaitement le comportement des vrais employés. Flippant !

Et leurs techniques de vol sont variées et créatives. Parfois, ils programment des distributeurs automatiques pour cracher des billets à une heure précise où un complice attend tranquillement devant. D’autres fois, ils créent des comptes fantômes et y transfèrent des millions via le système SWIFT. Ou alors, ils modifient directement les bases de données pour gonfler artificiellement certains comptes avant de vider l’excédent, tout en laissant le solde original intact pour que le vrai propriétaire ne remarque rien. Chaque banque piratée rapporte entre 2,5 et 10 millions de dollars en moyenne.

Le cerveau présumé de l’opération, c’est Denis Katana (de son vrai nom Denis Tokarenko), un Ukrainien arrêté en mars 2018 à Alicante en Espagne. Et là, attention les yeux, les autorités trouvent sur son laptop 15 000 bitcoins, soit environ 162 millions de dollars à l’époque ! Le bonhomme avait monté tout un système avec des plateformes financières de Gibraltar et du Royaume-Uni pour convertir ses bitcoins en cartes prépayées qu’il utilisait ensuite pour acheter des voitures de luxe, des maisons, et vivre la grande vie en Espagne. Il avait même créé un “énorme réseau” de minage de bitcoins pour blanchir l’argent. Et le détail qui tue c’est que Denis travaillait depuis l’Espagne et trouvait tous ses complices en ligne, mais ils ne se sont jamais rencontrés en personne ! Tout se passait par internet, comme une startup criminelle en full remote.

Car Carbanak, c’est pas qu’un seul mec. Le groupe est étroitement lié à FIN7, aussi connu sous le nom de Navigator Group. En 2018, les autorités arrêtent plusieurs membres clés dans une opération internationale coordonnée : Fedir Hladyr, 33 ans, le sysadmin du groupe arrêté à Dresde en Allemagne, Dmytro Fedorov, 44 ans, le manager supervisant les hackers, arrêté à Bielsko-Biala en Pologne, et Andrii Kolpakov, 30 ans, arrêté à Lepe en Espagne. Chacun fait face à 26 chefs d’accusation incluant conspiration, fraude électronique, piratage informatique et vol d’identité aggravé. Hladyr, considéré comme le cerveau technique derrière Carbanak, a écopé de 10 ans de prison en 2021.

Ce qui impressionne les enquêteurs avec FIN7/Carbanak, c’est leur professionnalisme et leur créativité pour recruter. Ils ont d’abord créé une fausse société de cybersécurité appelée Combi Security, soi-disant basée en Israël et en Russie, pour recruter des développeurs sans qu’ils sachent qu’ils travaillaient pour des criminels. Les employés pensaient développer des outils de tests de pénétration légitimes alors qu’en réalité, ils créaient des malwares pour attaquer des entreprises. Le site web de Combi Security listait même parmi ses “clients” plusieurs de vraies victimes de FIN7 ! Après les arrestations de 2018, ils ont alors remis ça avec une nouvelle fausse boîte appelée Bastion Secure, avec un processus de recrutement en trois phases qui révélait progressivement la nature criminelle du travail. Les candidats passaient des entretiens RH classiques sur Telegram, signaient des contrats avec clause de confidentialité, puis se retrouvaient à faire du “pentest” sur des réseaux qui étaient en fait des vraies cibles à pirater.

L’organisation interne de Carbanak, c’est du grand art criminel. Ils avaient une hiérarchie claire avec des “gestionnaires de flux monétaires” qui analysaient les infos des ordinateurs infectés, des “chefs de mules” qui géraient les réseaux de blanchiment, et même des techniques de pression pour empêcher les membres de partir. Les opérateurs en position de leadership n’hésitaient pas à faire du chantage et à menacer de “blesser les membres de la famille en cas de démission”. Pour l’extraction d’argent, ils collaboraient d’abord avec la mafia russe jusqu’en 2015, puis avec la mafia moldave pour coordonner le travail des “mules” qui récupéraient le cash des distributeurs piratés.

Le malware Carbanak lui-même est une merveille d’ingénierie malveillante puisqu’il combine des capacités de keylogging, de capture d’écran, d’exécution de commandes à distance et de détection d’applications bancaires spécifiques. Il peut rester dormant pendant des mois, collectant silencieusement des informations avant de frapper. Au début, le groupe utilisait du code basé sur le malware Carberp, mais au fil du temps, ils ont développé leur propre solution complètement originale. En 2019, le code source complet de Carbanak est même apparu sur VirusTotal, donnant aux chercheurs en sécurité un aperçu détaillé de son fonctionnement interne et confirmant sa sophistication technique.

Malgré les arrestations de 2018, l’activité du groupe n’a pas cessé immédiatement. Entre mars et juin 2018, plusieurs nouvelles vagues de phishing liées à Carbanak sont observées, ciblant des banques et des entreprises de traitement de paiements dans différents pays. Six mois après l’arrestation de Denis Katana, le groupe était encore très actif selon les experts, prouvant bien la résilience et la structure décentralisée de cette organisation criminelle.

Surtout, l’impact de Carbanak dépasse largement les pertes financières car leurs attaques ont fondamentalement changé la façon dont les banques approchent la cybersécurité. Elle a démontré que les techniques APT (Advanced Persistent Threat), traditionnellement utilisées pour l’espionnage d’État, pouvaient être détournées pour le crime financier pur et simple. Carbanak a marqué le début d’une nouvelle ère où les cybercriminels ne s’attaquent plus aux clients des banques, mais directement aux banques elles-mêmes.

Du coup, les banques ont dû repenser complètement leur sécurité. Plus question de se contenter de pare-feux et d’antivirus. Il faut maintenant des systèmes de détection comportementale, de la surveillance vidéo des postes de travail critiques, des protocoles de validation multi-niveaux pour les transferts importants, et une formation continue des employés contre le phishing. L’attaque a aussi poussé le secteur à mieux sécuriser les liens entre les ATMs et les systèmes centraux.

Carbanak reste donc aujourd’hui l’exemple parfait de ce que peut accomplir un groupe de cybercriminels déterminés et techniquement compétents. Leur approche méthodique, leur patience de plusieurs mois par cible, leur capacité à s’adapter aux défenses de leurs victimes et leur structure d’organisation quasi-corporate en font un cas d’école.

Avec Carbanak, on sait maintenant qu’il est possible de voler un milliard de dollars sans jamais braquer physiquement une seule banque. Juste avec du code, de la patience et une compréhension profonde des systèmes bancaires. Denis Katana et ses complices ont réussi à accéder à “pratiquement toutes les banques de Russie” et à faire des retraits de distributeurs à Madrid pour un demi-million d’euros, tout ça depuis leur laptop. Ça fait réfléchir sur la vulnérabilité de notre système financier mondial face à des attaquants chevronnés.

Les attaquants peuvent être n’importe où, leurs victimes partout, et l’argent volé transite par des dizaines de pays avant de disparaître dans des cryptomonnaies. La coopération internationale devient alors cruciale, comme l’a montré l’opération coordonnée par Europol, le FBI, la police espagnole et les autorités de plusieurs pays qui a permis les arrestations de 2018.

Sans cette heureuse collaboration, Denis Katana serait probablement encore en train de siroter des cocktails sur la Costa del Sol avec ses bitcoins…

Sources : Kaspersky Lab - Carbanak APT Report , US Department of Justice - FIN7 Arrests , Europol - Carbanak Mastermind Arrest , CrowdStrike - Carbon Spider Analysis , Trend Micro - Carbanak Technical Analysis , Threatpost - Denis Katana Arrest , TechCrunch - Bastion Secure Fake Company , Decrypt - Denis Katana Bitcoin Laundering

  • ✇LinuxFr.org : les dépêches
  • Revue de presse de l’April pour la semaine 43 de l’année 2024
    Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April. [clubic.com] Quand la géopolitique se mêle de l'open source: Linux se sépare de ses contributeurs russes [ZDNET] IBM redouble d'efforts en matière d'IA open source avec de nouveaux modèles Granite 3.0 [cio-online.com] S

Revue de presse de l’April pour la semaine 43 de l’année 2024

Par : echarp
29 octobre 2024 à 07:54

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[clubic.com] Quand la géopolitique se mêle de l'open source: Linux se sépare de ses contributeurs russes

✍ Naïm Bada, le dimanche 27 octobre 2024.

La guerre en Ukraine et les sanctions internationales contre la Russie ont des répercussions inattendues. Le projet open source Linux vient en effet de retirer une douzaine de contributeurs russes de la liste officielle des maintainers du noyau, suscitant un vif débat au sein de la communauté.

[ZDNET] IBM redouble d'efforts en matière d'IA open source avec de nouveaux modèles Granite 3.0

Le mercredi 23 octobre 2024.

Les grands modèles de langage Granite de Big Blue conçus pour les entreprises sont désormais disponibles sous licence Apache 2.0.

[cio-online.com] Supply chain logicielle: explosion des composants open source malveillants en 2024

✍ Lucian Constantin, le mercredi 23 octobre 2024.

L’écosystème open source voit bondir le nombre de composants logiciels malveillants. Un signal d’alarme pour la supply chain logicielle.

[Next] Du code propriétaire dans le projet GNU Boot, les difficultés du libre face au matériel courant

✍ Vincent Hermann, le lundi 21 octobre 2024.

Le projet GNU Boot est bien embêté: pour la deuxième fois en moins d’un an, l’équipe de développement s’est retrouvée à pousser du code propriétaire dans leur logiciel. Problème, le projet se veut 100 % libre. Le cas illustre la difficulté du monde open source et libre à prévoir du support matériel avec les marques courantes.

[Numerama] L'avenir open source de Bitwarden a connu une frayeur

✍ Julien Lausson, le lundi 21 octobre 2024.

Figurant parmi les gestionnaires de mots de passe les plus connus, Bitwarden a aussi pour particularité de reposer sur la philosophie de l’open source (code source ouvert). Mais ces jours-ci, des éléments ont suscité l’inquiétude. Avant que le fondateur ne prenne la parole.

[ZDNET] Un 'Guide pratique des logiciels libres' pour une logithèque idéale

✍ Thierry Noisette, le lundi 21 octobre 2024.

Cet ouvrage présente les avantages et enjeux du Libre, et une vingtaine de logiciels libres de référence dans différents domaines.

Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

  • ✇Korben
  • Ruviki – Quand le Kremlin réécrit Wikipedia à sa sauce
    Vous pensiez que Wikipedia était un havre de savoir libre et ouvert à tous ? Détrompez-vous ! En Russie, le gouvernement vient de frapper un grand coup en clonant l’encyclopédie collaborative pour en faire une version légèrement différente, histoire de réécrire l’Histoire à sa sauce. Fini Wikipedia, place à Ruviki ! Enfin quand je dis Ruviki, c’est en fait une version modifiée de Wikipedia en russe (Wikipedia RU) mais sans les articles qui dérangent. Bref, appelez ça comme vous voulez,

Ruviki – Quand le Kremlin réécrit Wikipedia à sa sauce

Par : Korben
30 avril 2024 à 12:03

Vous pensiez que Wikipedia était un havre de savoir libre et ouvert à tous ?

Détrompez-vous ! En Russie, le gouvernement vient de frapper un grand coup en clonant l’encyclopédie collaborative pour en faire une version légèrement différente, histoire de réécrire l’Histoire à sa sauce.

Fini Wikipedia, place à Ruviki ! Enfin quand je dis Ruviki, c’est en fait une version modifiée de Wikipedia en russe (Wikipedia RU) mais sans les articles qui dérangent. Bref, appelez ça comme vous voulez, le principe reste le même : on prend l’encyclopédie, on vire tout ce qui nous plaît pas, et voilà, on a une Wikipedia sous stéroïdes made in Kremlin. Pratique.

Concrètement, ce projet Ruviki a été initié par Vladimir Medeyko, président de Wikimedia.ru (la version russe de la Wikimedia Foundation). Les articles sur les « agents étrangers » (comprenez tous ceux qui osent émettre une opinion sur le gouvernement sans être sponsorisés par Poutine himself), les scandales impliquant des représentants du gouvernement ou encore les rapports sur la torture dans les prisons russes ont comme par magie disparu ! Pouf ! Envolés les « détails » qui fâchent.

Mais le plus drôle dans l’histoire, c’est que même les articles sur des sujets à priori sans rapport y passent. Prenez par exemple l’article sur « 1984 » de George Orwell. Bizarrement, toute mention du « Ministère de la Vérité », l’institution chargée de la propagande et de la réécriture de l’Histoire dans le roman, s’est volatilisée de Ruviki. Étonnant, non ?

Et ne croyez pas que seuls quelques articles sont concernés. D’après une analyse du chercheur Constantine Konovalov, ce sont plus de 200 000 caractères qui ont été modifiés ou supprimés dans les articles sur la liberté d’expression, 150 000 sur les droits humains, 96 000 sur les prisonniers politiques et 71 000 sur la censure. Ça en fait de la réécriture !

Le plus ironique dans tout ça, c’est que les autorités russes présentent ce Ruviki comme une version « fiable » et « neutre » de Wikipedia. Ben voyons… C’est sûr que quand on vire tout ce qui nous arrange pas, ça devient vite plus « neutre ». Dans le genre révision historique de niveau olympique, on n’a pas fait mieux depuis l’invention du correcteur liquide.

Et comme si ça suffisait pas, la véritable Wikipedia en russe est désormais bannie en Russie. Circulez, y a plus rien à voir ! Seule la version tronquée made in Kremlin est autorisée. C’est ballot, les Russes vont devoir se contenter d’une réalité quelque peu… alternative.

Mais bon, après tout, c’est pas comme si la Russie était réputée pour sa transparence, sa liberté d’expression et son amour de la vérité vraie. Alors une encyclopédie sous contrôle étatique, c’est bien pratique pourj le gouvernement qui ne fera plus de nuits blanches en se demandant si un article compromettant va être publié.

La prochaine fois que vous consulterez Wikipedia, ayez une petite pensée pour nos amis Russes qui, eux, devront se contenter de la version caviardée… (et c’est pas du Beluga)

Source

❌
❌