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  • Hadron, le futur de macOS court-circuite tout macOS
    Un hadron est une particule composite, composée de particules subatomiques régies par l'interaction forte, nous dit Wikipédia. Si cela vous fait penser à Proton, ce n’est peut-être pas parce qu’un proton est un hadron, mais parce que Hadron, comme Proton, promet de faire tourner vos jeux (et plus) n’importe où, même sur des systèmes terreux. Vous connaissez peut-être Proton, l’assemblage de Wine et d’autres composants libres que Valve emploie pour faire tourner des jeux Windows sous Linux pou

Hadron, le futur de macOS court-circuite tout macOS

Un hadron est une particule composite, composée de particules subatomiques régies par l'interaction forte, nous dit Wikipédia. Si cela vous fait penser à Proton, ce n’est peut-être pas parce qu’un proton est un hadron, mais parce que Hadron, comme Proton, promet de faire tourner vos jeux (et plus) n’importe où, même sur des systèmes terreux.

Logo Hadron

Vous connaissez peut-être Proton, l’assemblage de Wine et d’autres composants libres que Valve emploie pour faire tourner des jeux Windows sous Linux pour sa plate-forme Steam. Hadron propose la même chose pour macOS.

Des jeux Windows ? Sous macOS ? Quel est le 🌀️💀️⚡️⁉️ de rapport avec LinuxFr.org et son objectif de promotion des logiciels libres ? C’est parce que Hadron est construit de briques libres du sol au plafond : Wine, FEX, Mesa, vkd3d…

Sommaire

7zFM sur macOS et Apple Silicon grâce à HadronLe logiciel libre 7zFM pour Windows x86-64 s‘exécutant sur un Mac mini M1 sous macOS 27 sans utiliser Rosetta 2.

Le développement de Hadron est encore très jeune, confidentiel, mais très rapide et réactif. Votre serviteur a testé de faire tourner le jeu libre Unvanquished et a rencontré deux bugs (1, 2) qui ont tous deux été corrigés dans les deux jours (1, 2), et une nouvelle version incorporant les correctifs a été publiée sous cinq jours (1).

Les spéculations sur « qui est derrière Hadron » pourraient se tourner naturellement vers Valve, qui est le premier bénéficiaire économique d’un tel système, mais le README du projet Hadron est explicite : « It is unofficial. Hadron is not affiliated with or endorsed by Valve, Apple, CodeWeavers or any of the projects it builds on », « C’est un projet non officiel. Hadron n’est ni affilié à, ni approuvé par Valve, Apple, CodeWeavers ou l’un des projets sur lesquels il s’appuie ».

Il semble donc que Hadron soit simplement l’initiative de son auteur David Andrews (Broyojo), ni plus ni moins.

Au delà de la proximité de nom entre Hadron et Proton, Hadron reste délibérément focalisé sur Steam : la fenêtre qui s’affiche quand vous lancez Hadron ne sert qu’à intégrer Hadron à Steam, et les premières versions ne proposaient d’ailleurs pas d’option pour lancer un programme non-Steam (fonctionnalité ajoutée très rapidement en quelques jours aussi). Le but premier de Hadron est Steam, et quand vous rapportez un bug pour un jeu, il vous est demandé l’identifiant Steam de ce jeu (cet identifiant est heureusement optionnel).

Pourquoi Hadron ?

En 2027, Apple sortira macOS 28 et à cette occasion, a prévu de drastiquement réduire l’étendue de la compatibilité Rosetta 2. Rosetta 2 est le système de traduction automatique qui permet de faire tourner des binaires amd64 (x86-64) sur arm64 (Apple Silicon ici, dans les macs « M »). Rosetta 2 a un 2 parce que Rosetta premier du nom s’occupait de traduire les binaires PowerPC vers Intel il y a très longtemps. Par commodité nous dirons simplement Rosetta au lieu de Rosetta 2 dans la suite de l’article.

Apple a annoncé que Rosetta ne sera plus disponible pour les applications, mais qu’ils conserveront une petite sous-partie prévue uniquement pour faire tourner des vieux jeux non maintenus s'appuyant sur des bibliothèques pour Intel (« we will keep a subset of Rosetta functionality aimed at supporting older unmaintained gaming titles, that rely on Intel-based frameworks » (source). C’est une affirmation super floue. Que restera-t-il de Rosetta ? Sur quoi pourra-t-on compter et ne pas compter ?

Pour Apple, décommissionner Rosetta a un intérêt : ne plus fournir toutes les bibliothèques systèmes en double, ne plus avoir à apporter de la maintenance et du code système pour l’architecture amd64, etc. Tout l’effort de migration vers arm64 est entièrement externalisé vers le développeur indépendant. Ça coûte très cher à l’échelle globale, mais rien du tout pour Apple, et leur clientèle est suffisamment captive pour que le développeur au milieu y soit contraint. Si un développeur échoue à porter son logiciel, le développeur perdra des ventes, mais pas nécessairement Apple. Ce n’est pas le problème d’Apple, surtout quand l’acquisition du logiciel a lieu probablement en dehors de leur marché. Ceci est d’autant plus vrai en dehors du jeu : un logiciel de production concurrent remplace facilement un autre s’il venait à disparaître.

Pour un consommateur de jeu, c’est insupportable : il ne veut pas perdre son jeu parce que le développeur ne le développe plus. Il y a un attachement affectif, le joueur y a investi une partie de sa vie, il peut être attaché à l’histoire, etc. Et si le jeu est encore développé, le joueur ne trouve pas d’intérêt à ce que le développeur se retrouve avec plus de travail qui ne lui apportera aucun changement en jeu. Rajouter gratuitement du travail au développeur de jeu n’apporte rien au joueur.

Et pour une plate-forme tierce de vente et de location de logiciels comme Steam et autre GOG GALAXY, c’est une catastrophe : si un développeur échoue à porter son logiciel, ou n’est plus disponible pour cette tâche, ce sont des ventes en moins pour le développeur et pour le vendeur. Un vendeur de jeux qui prend sa commission à chaque vente (et dont ce serait la première sinon la seule activité économique) a intérêt à ce que le moindre effort soit proposé aux développeurs de jeux.

L’architecture de Hadron

Ne pas confondre avec le Grand collisionneur de hadrons ! L’architecture de Hadron est très différente, mais fait aussi se rencontrer plein de particules élémentaires libres pour observer des effets très intéressants.

Diagramme de l’architecture de Hadron Diagramme de l’architecture de Hadron, telle que décrite dans la documentation du projet.

FEX, le traducteur automatique d’instruction processeur

Comme alternative à Rosetta pour traduire les instructions amd64 vers arm64 pour exécuter des logiciels, il existe au moins deux logiciels libres : FEX (dont le développement était initialement secrètement soutenu par Valve), et Box64 développé par notre ptitSeb national.

Ces deux logiciels libres ont été à la base développés pour s’exécuter sous Linux. Hadron a choisi FEX et le fait tourner sous macOS. Ainsi, plus besoin de compter sur Rosetta et d’être dépendant du bon-vouloir d’Apple !

Le choix de FEX correspond bien à l’écosystème de Valve : l’intégration de FEX peut prendre exemple sur celle déjà réalisée pour Steam sur le Steam Frame (un produit de réalité virtuelle tournant sous Linux et sur ARM), et permet d’hériter des tests déjà réalisés par Valve pour le Steam Frame.

En intégrant FEX, Hadron rend les jeux et autres logiciels indépendants de la volonté d’Apple d’abandonner la prise en charge de l’architecture x86.

Wine, l’implémentation libre des API Windows

On ne présente plus Wine, le logiciel libre qui permet de faire tourner depuis des décennies des programmes Windows sous Linux, BSD et macOS. En 2022 Arek Hiler avait prononcé la désormais célèbre phrase Win32 Is The Only Stable ABI on Linux, Win32 est la seule interface binaire de programmation qui soit stable sous Linux. Ce constat de l’ABI Win32 comme une interface très stable s’étend en fait bien au-delà des utilisateurs de Linux.

Wine est une brique fondamentale de Proton, la sous-couche de Valve pour faire tourner des jeux Windows sous Linux. Hadron fait de même pour macOS.

Hadron intègre donc FEX et Wine pour faire tourner des programmes Windows compilés pour x86 (32-bit et 64-bit) sur les macs exécutant macOS sur des processeurs ARM. L’héritage Wintel ne s’effacera donc jamais.

En intégrant Wine, Hadron rend les jeux et autres logiciels indépendants des interfaces de programmation de macOS.

Mesa, Zink et KosmicKrisp

Mesa est la collection de pilotes graphiques libres qui domine nos écosystèmes Linux et BSD. Mais Mesa propose aussi des pilotes pour d’autres plate-formes, comme Windows et macOS.

L’article Le pilote open-source Vulkan pour AMD “RADV” de chez Mesa bientôt disponible sous Windows ? posait ce constat en répondant à la question « Et pour Vulkan sur macOS ? » :

En participant au développement de RADV sous Linux et Windows, Valve se donne le pouvoir de contrôler la qualité de la pile logicielle d’exécution des jeux qu’ils vendent, jusqu’au pilote graphique inclus.

Pour macOS, la solution n’est pas à voir du côté de RADV (les derniers macs n’ont plus de cartes graphiques AMD de toute façon), mais du côté de MolktenVK et KosmicKrisp, des pilotes libres convertissant les appels Vulkan vers l’API Metal de macOS.

Sur macOS Vulkan est déjà disponible grâce à MoltenVK, une implémentation libre traduisant Vulkan pour l’API propriétaire Metal de macOS. Valve a investi dans MoltenVK. Cela permet par exemple à Valve de faire tourner leur jeu Dota2 sur macOS et pouvoir continuer à le vendre aux utilisateurs de macOS sans se soucier de l’obsolétisation d’OpenGL sur macOS par Apple.

KosmicKrisp est lui un pilote Mesa qui fait de même (convertir Vulkan vers Metal) mais de façon intimement spécialisée pour les puces AGX que l’on trouve dans les ordinateurs Apple M1, M2, etc. (aussi appelé « Apple Silicon »).

Et vous le voyez venir en mille, Hadron intègre KosmicKrisp pour fournir la prise en charge de l’API graphique Vulkan. KosmicKrisp traduit les appels Vulkan vers l’Interface de programmation (API) propriétaire Metal.

En intégrant KosmicKrisp, Hadron rend les jeux et autres logiciels indépendants de la politique d’Apple refusant de prendre en charge le standard industriel Vulkan.

Mais, et pour OpenGL ? Zink est un pilote Mesa qui implémente OpenGL au dessus de Vulkan, quel que soit le système (Zink tourne déjà sous Linux et Windows, et donc aussi macOS comme on peut le voir). Voilà, problème résolu.

En fait macOS fournit déjà OpenGL, mais ils l’ont déclaré obsolète depuis longtemps et ne fournissent qu’une ancienne version 4.1 qui date de 2010 (16 ans déjà !) qui est 7 ans plus ancienne que la dernière version d’OpenGL (4.6).

Zink implémente donc OpenGL 4.6 et en intégrant Zink, Hadron rend les jeux et autres logiciels indépendant de la volonté d’Apple d’abandonner OpenGL.

Et au passage, Zink propose la dernière version d’OpenGL et est un pilote désormais bien connu des développeurs de jeu, c’est tout bénef !

Hadron a comme politique de favoriser Zink à la place de l’implémentation OpenGL maison d’Apple. Quand un des bugs donnés comme exemple et affectant Unvanquished a été rapporté, l’expérimentation avait été réalisée avant que Hadron ne propose un moyen simple de lancer un logiciel en dehors de Steam, et donc l’expérimentation avait été faite en appelant Wine directement sans passer par le lanceur de Hadron. Le développeur Broyojo a constaté en lisant le journal du moteur de jeu Dæmon que dans ces circonstances, le jeu utilisait l’implémentation OpenGL d’Apple, chose qu’il s’est empressé de corriger fissa. Et pour le coup, ce changement est ce qui a corrigé le bug, trop facile.

L’article sur RADV et Windows indiquait :

Pour un distributeur de jeu vidéo comme Valve c’est excellent : ça signifie que — si nécessaire — le jeu peut être distribué avec RADV sur Windows et Linux pour les utilisateurs de cartes graphiques AMD, et MoltenVK ou KosmicKrisp sur macOS afin de fournir une expérience Vulkan finement contrôlée, et autres combinaisons sus-mentionnées. Cela permet de contrôler et donc d’assurer au maximum la compatibilité d’un jeu.

Nous y sommes. À part que cette fois-ci, ce n’est pas Valve qui en aurait eu l’initiative.

vkd3d-proton, DirectX 12 sur KosmicKrisp

Là où Zink implémente OpenGL sur Vulkan, vkd3d-proton fait de même et implémente DirectX 12 sur Vulkan, lui-même implémenté par KosmicKrisp.

DirectX 12 est l’interface de programmation graphique propriétaire de Microsoft pour Windows, elle est similaire à Metal et Vulkan.

Un développeur de jeu libre n’en a pas besoin : il peut utiliser OpenGL ou Vulkan, mais de très nombreux jeux utilisent Direct X 12, et Hadron s’assure donc de fournir cette prise en charge.

Comme son nom l’indique, vkd3d-proton est une brique essentielle de Proton, et l’est aussi maintenant pour Hadron.

mtld3d et DXMT, les plus anciens Direct3D sur Metal

Vous connaissez peut-être le logiciel DXVK qui implémentent Direct3D 8, 9, 10 et 11 au dessus de Vulkan. Vous aviez peut-être entendu parlé de D9VK qui faisait de même pour D3D9 mais qui est désormais intégré à DXVK, ou WineD3D qui implémentait Direct3D 8, 9, 10 et 11 au dessus de OpenGL.

Proton utilise DXVK sous Linux, implémentant donc D3D sur Vulkan, et Hadron pourrait faire de même, à la façon dont c’est effectivement implémenté avec vkd3d-proton.

Mais il existe deux logiciels qui implémentent D3D sur l’API Metal directement, ce qui permet de supprimer une couche intermédiaire de traduction.

Ces deux logiciels libres sont mtld3d qui implémente D3D9 sur Metal, et dxmt qui implémente D3D10 et D3D11 sur Metal.

Pour D3D8, Hadron ne précise pas si quelque chose est prévu, mais il devrait être possible d’utiliser DXVK, ou encore d3d8to9 qui implémente D3D8 sur D3D9. Et on peut supposer que rien ne devrait techniquement empêcher d’utiliser dd7to9 et autres projets de ce type (voir dxwrapper pour plus de détails).

Win32 + Vulkan + AMD64, la plate-forme universelle ?

Pour un développeur de logiciel libre, ces APIs DirectX sont peu utiles, mais tout le reste de cet écosystème peut profiter aux développeurs de logiciels libres.

Les compilateurs libres du projet MinGW permettent de compiler pour Win32. Wine permet de faire tourner ces programmes Win32 ailleurs que sur Windows. Et en s’appuyant sur les API graphiques OpenGL ou Vulkan, et des bibliothèques comme OpenAL ou SDL pour le son, le fenêtrage et les entrées, un développeur de jeu libre peut donc produire un seul binaire entièrement libre de la tête aux pieds qui tourne partout, sous Linux, BSD, macOS ou Windows.

Alors bien évidemment, certains préféreront un programme natif à leur système, avec de bonnes raisons. Mais quand un lanceur comme Steam ou une alternative libre comme Lutris fait toute l’intégration pour vous, tout ce qui retient se réduit à un attachement affectif (et ça compte beaucoup). C’est un chagrin légitime mais il n’empêche pas de jouer.

Wine fait déjà tourner naturellement les programmes x86 sur Linux et autres BSD. FEX peut être associé à Wine pour faire tourner des programmes Windows x86 sous Linux et macOS sur les processeurs ARM. Et Box64 sait faire de même sous Linux, non-seulement sur ARM64, mais aussi sur PowerPC (en mode petit-boutiste), RISC-V et Loongson.

Certains ont pu déclarer que « AMD64 is the new Java », en réalité, c’est peut-être la triforce Win32 + Vulkan + AMD64 qui est ce nouveau Java. Vous ferez peut-être autant la grimace, mais ça ne marche pas moins.

Et avec Hadron, votre prochain environnement de développement pour macOS pourrait simplement être MinGW, trop bien !

Avec Hadron, le futur de macOS court-circuite tout macOS, et Apple ne peut rien y faire.

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  • ✇Korben
  • Xodus - Vos jeux Xbox PC tourneront bientôt sur Linux / macOS
    Vous jouez sous Linux et votre bibliothèque Steam, GOG ou Epic tourne à peu près entièrement grâce à Proton ? Cela signifie que, malheureusement, vos jeux Xbox PC et ceux du Game Pass, eux, restent à la porte... C'est con d'avoir un catalogue entier, payé tous les mois rubis sur l'ongle et de ne pas pouvoir y toucher ailleurs que sous Windows, via le streaming cloud. Mais cette époque est révolue puisque Xodus est un projet open source qui rétro-ingénierie la chaîne Xbox PC pour

Xodus - Vos jeux Xbox PC tourneront bientôt sur Linux / macOS

Par : Korben ✨
12 août 2026 à 11:06

Vous jouez sous Linux et votre bibliothèque Steam, GOG ou Epic tourne à peu près entièrement grâce à Proton ? Cela signifie que, malheureusement, vos jeux Xbox PC et ceux du Game Pass, eux, restent à la porte... C'est con d'avoir un catalogue entier, payé tous les mois rubis sur l'ongle et de ne pas pouvoir y toucher ailleurs que sous Windows, via le streaming cloud.

Mais cette époque est révolue puisque Xodus est un projet open source qui rétro-ingénierie la chaîne Xbox PC pour faire tourner ces jeux directement sur Linux. Son dépôt coche déjà la connexion de l'appareil, celle du compte, l'autorisation Xbox, la récupération des licences, le téléchargement des paquets de jeu et le déchiffrement des exécutables à la demande. Bref, la douane est passée (non pas Hamza, celle de Microsoft).

Ce qui bloquait n'a jamais été Proton puisqu'en fait un jeu Xbox PC moderne repose sur le GDK de Microsoft et arrive emballé dans un conteneur MSIXVC chiffré, dont les clés dépendent de la licence attachée au compte.

Rien à voir donc avec un .exe posé dans un dossier.

L'équipe, emmenée par Paweł Lidwin qui contribue aussi à Heroic , a donc dû fabriquer ses propres briques, une bibliothèque d'authentification Xbox, un lecteur capable de parcourir ces conteneurs, et surtout une réimplémentation libre de xgameruntime.dll, le composant par lequel les jeux réclament les services Xbox (Celle-là est toujours en chantier). Le projet entretient même ses propres versions modifiées de Wine et de Proton.

Sauf qu'on ne joue toujours pas... Aucun binaire n'est distribué, il faut tout compiler soi-même, et les fameux services Xbox doivent encore être servis aux jeux à travers Wine. Le lancement, c'est donc le gros morceau restant même si un jeu auquel vous avez droit se récupère et se déchiffre.

Côté catalogue, il faut du GDK et du MSIXVC. Le MSIXVC2 n'est pas géré, Gears of War 4 reste sur le carreau, et les titres rétrocompatibles se récupèrent mais réclameront peut-être des correctifs dans wine ou dxvk. Quant au déchiffrement, il s'appuie sur les instructions AES du processeur. Cela signifie que sur une machine trop vieille pour les avoir, ça ne ramera même pas... ça s'arrête juste net sur une instruction "illegal".

Et puis, vous vous en doutez, il y a Microsoft... Le projet n'est ni affilié ni approuvé par Redmond, donc c'est à utiliser à vos risques et périls, car rien n'empêche l'éditeur de changer une clé ou de modifier un bout du protocole et de refermer la porte du jour au lendemain. Avec Xodus, personne n'a rien promis, et c'est un pari sur un avenir incertain... Toutefois le dépôt avance bien quand même, sans binaire à la clé pour le moment.

Source

  • ✇Korben
  • Proton 11 ressuscite Dino Crisis et Resident Evil sur Linux
    Je sais pas si vous avez vu mais Valve vient de sortir Proton 11, la nouvelle version stable de sa couche de compatibilité qui fait tourner les jeux Windows sur Linux via Steam Play. Et cette fois, c'est basé sur Wine 11, donc il y a pas mal de "nouveaux" vieux jeux qui sont maintenant jouables. Parmi ces nouveautés, on retrouve donc Resident Evil premier du nom, celui de 1996, Resident Evil 2, Dino Crisis et Dino Crisis 2, SHOGUN: Total War, Gothic 1 Classic, Breath of Fire IV, Deadly Premoniti

Proton 11 ressuscite Dino Crisis et Resident Evil sur Linux

Par : Korben ✨
8 juillet 2026 à 14:42

Je sais pas si vous avez vu mais Valve vient de sortir Proton 11, la nouvelle version stable de sa couche de compatibilité qui fait tourner les jeux Windows sur Linux via Steam Play. Et cette fois, c'est basé sur Wine 11, donc il y a pas mal de "nouveaux" vieux jeux qui sont maintenant jouables.

Parmi ces nouveautés, on retrouve donc Resident Evil premier du nom, celui de 1996, Resident Evil 2, Dino Crisis et Dino Crisis 2, SHOGUN: Total War, Gothic 1 Classic, Breath of Fire IV, Deadly Premonition ou encore Metal Fatigue. Et à côté de ces reliques, il y avait aussi des trucs plus récents comme METAL GEAR SURVIVE, Warhammer: Vermintide 2 et X-Plane 12.

Et pour les jeux qui étaient déjà jouables, Proton 11 affine encore le support de ces derniers pour les rendre encore plus jolis ou plus rapides ou avec moins de bugs etc. Je pense notamment à Cyberpunk 2077, The Witcher 3, Death Stranding 2, Helldivers 2, ARC Raiders, THE FINALS, Titanfall 2, Satisfactory, Metal Gear Solid 2, Oblivion GOTY ou Call of Duty 2.

Donc autant dire que si vous jouez sous Linux ou sous Steam Deck, je pense que vous êtes concerné par cette mise à jour. Et puis il y a un truc dont je ne vous ai pas parlé encore, c'est les correctifs qui font zizir. Je pense notamment au hot plug des manettes qui a été amélioré, notamment pour la 8BitDo Ultimate 2C et toutes les manettes qui exposent plusieurs périphériques HID. Sur KDE, la maximisation des fenêtres a aussi été corrigée, sans oublier le rendu des pop-ups du Rockstar Launcher ou encore la détection du fuseau horaire qui devient plus fiable. Même le lecteur multimédia Kodi passe mieux sous cette version, ce qui est top !

Ce passage sur Wine 11, c'est justement celui qui avait montré des gains de perf assez dingues au moment des premiers benchmarks NTSync et maintenant que c'est dans le Proton officiel, tout le monde y a droit sans bidouiller !! Pour l'installer, rien de sorcier, comme d'habitude, vous allez sur Steam, vous faites un clic droit sur un jeu, vous cliquez ensuite sur "Propriétés", et puis vous allez dans l'onglet "Compatibilité". Et là, vous sélectionnez la branche Proton 11.

Et voilà ! En tout cas, je suis content de voir que jouer sur Linux n'est plus un parcours du combattant . Avec le Steam Deck et cette compatibilité qui grignote chaque jour un peu de terrain, Windows perd de plus en plus son statut de passage obligé pour le jeu PC....

Source : 9to5Linux

  • ✇Korben
  • Le gestionnaire de mots de passe qui vous donne des alias email natifs
    -- Article en partenariat avec Proton -- Si vous avez encore un mot de passe identique sur trois sites, ou que vous vous dites "le 2FA c'est bien, mais je ferai ça plus tard", ce billet est pour vous. Proton Pass, c'est le gestionnaire de mots de passe de Proton, l'éditeur suisse derrière Proton Mail, Proton VPN, Calendar et Drive. On va voir ensemble quels sont les points forts, les limites et la vraie valeur ajoutée côté vie privée par rapport à d'autres outils du même genre. Parce que Proton

Le gestionnaire de mots de passe qui vous donne des alias email natifs

Par : Korben ✨
24 juin 2026 à 09:57
-- Article en partenariat avec Proton --

Si vous avez encore un mot de passe identique sur trois sites, ou que vous vous dites "le 2FA c'est bien, mais je ferai ça plus tard", ce billet est pour vous. Proton Pass, c'est le gestionnaire de mots de passe de Proton, l'éditeur suisse derrière Proton Mail, Proton VPN, Calendar et Drive. On va voir ensemble quels sont les points forts, les limites et la vraie valeur ajoutée côté vie privée par rapport à d'autres outils du même genre.

Parce que Proton essaie de nous faire admettre qu'il est possible d'avoir un gestionnaire de mots de passe sérieux, open source, zero-knowledge, avec des alias email intégrés, sans payer 50 € par an. Du coup on va voir si l'affirmation se vérifie ou pas. Avec une promo tonton Korben rien que pour vous, ma bonté me perdra je sais ^^

Proton Pass : tour du proprio

Le premier truc à comprendre, c'est que Proton Pass est zero-knowledge. Pour les moins techos d'entre vous, cela veut dire que Proton ne peut pas lire vos données, même s'il le voulait. Tout est chiffré côté client (via AES-256-GCM), et votre clé de chiffrement dérive de votre mot de passe maître que Proton ne connaît jamais. C'est la même logique que Proton Mail, Proton Drive, Proton VPN . Zero-knowledge, justice suisse, en dehors des alliances de surveillance 5/9/14 Eyes et personne qui a les clés à votre place.

Mais ce qui rend Proton Pass vraiment différent là où les autres gestionnaires sont souvent juste "fonctionnels", c'est un ensemble de features qui touchent à l'identité et à la vie privée, pas juste à la sécurité brute. Point important, 2 audits indépendants (Cure53 en 2023 et Recurity Labs 2026 ). Extensions navigateurs, applis mobiles/desktop et même l'interface en ligne de commande ont été passées au crible.

Voici les principaux points de différence qui font que Proton Pass se distingue de la masse (selon bibi) :

1. Les alias email intégrés : la killer feature côté privacy

C'est ZE fonctionnalité qui claque. Proton Pass intègre nativement Hide-my-email, hérité de SimpleLogin, un très bon outil de messagerie anonyme open source qu'ils ont racheté en 2022.

Le principe est aussi simple qu'efficace puisque cela vous permet de générer des adresses email aléatoires qui redirigent vers votre vraie boîte. Vous ne donnez donc jamais votre vraie adresse à un site. Lorsque vous créez un compte, vous choisissez un alias, et l'alias reçoit les emails comme s'il était la vraie adresse. Le nombre d'alias est de 10 dans la version gratuite (cette dernière propose par contre un nombre illimité de mots de passe et d'appareils), mais si vous avez besoin de plus, il y a le Pass Plus (alias illimités, domaines perso, envoi depuis l'alias, etc.).

C'est massif comme diraient les djeuns, parce que peu de concurrents l'intègrent nativement dans le gestionnaire. Vous avez des outils comme AnonAddy ou des services externes, mais ici c'est intégré dans le flux de création de mots de passe. Vous créez un login, vous choisissez un alias, vous validez. Basta. C'est déjà un niveau de privacy en avance et surtout ça se fait le plus facilement du monde quel que soit votre niveau.

2. Zero-knowledge et métadonnées

Outre l'utilisation de l'algo de niveau militaire AES-256-GCM (le même que la plupart des outils du genre), Pass ajoute un point technique fort, souvent ignoré par les concurrents. Proton Pass chiffre en effet aussi les métadonnées (URLs, usernames, noms de dossiers). La plupart des gestionnaires laissent ces champs en clair côté serveur, ce qui permet un profilage possible (quels sites vous utilisez, quelle fréquence, etc.).

De son côté, Proton chiffre ces champs, ce qui empêche la société de voir ce que vous faites. C'est un point moins visible côté UX, mais massif pour la vie privée.

3. 2FA/TOTP intégré et passkeys illimités

Proton Pass intègre un authentificateur 2FA/TOTP, sans avoir besoin d'un outil séparé comme Authy ou Google Authenticator. Vous pouvez générer vos codes 2FA directement dans le gestionnaire, au moment de la connexion. Depuis début 2026, les passkeys sont aussi illimitées, même sur le plan gratuit. C'est un vrai plus pour remplacer les 2FA classiques par une méthode plus moderne et plus sécurisée, sans payer un supplément.

Et bien sûr, l'autofill et la synchro entre vos différentes machines (navigateurs Safari/Edge/Firefox/Chrome ...) et OS (macOS/iOS, Android, Windows) sont en place. Sur les versions payantes il y a même une surveillance continue du darknet (Monitor) pour vous prévenir si un de vos mails a fuité et une protection anti-phishing (Sentinel). Que demande le peuple ?

4. Écosystème Proton, une logique cohérente

Proton est l'éditeur de Proton Mail, Proton VPN, Proton Calendar, Proton Drive, tous zero-knowledge. Proton Pass fait partie du même écosystème , avec un seul compte, une logique cohérente. Si vous utilisez déjà Proton, c'est un package complet. Si vous venez de Google, LastPass, 1Password, c'est une alternative sérieuse.

Et si vous avez des besoins un peu plus larges il y a les packs Family (pour 6 utilisateurs avec les fonctions Pass Plus, panneau admin, etc.) ou Pass for Business , qui est la version entreprise (avec logs d'activité, SSO/SCIM et depuis peu la gestion par groupes). Bref, un vrai plus pour la gestion des équipes, car ça permet à l'administrateur de suivre qui a des mots de passe faibles, qui réutilise les mêmes à gauche et à droite, etc.

Sans compter que bientôt de nouvelles fonctionnalités vont arriver, car Proton Pass a une roadmap claire pour cette année : organisation plus fine via dossiers/sous-dossiers, agent SSH (stockage de clés SSH), amélioration de l'autofill, gestion par groupes en B2B, gestion des tokens d'accès pour les agents IA. C'est un produit qui bouge, pas un gestionnaire statique comme trop le sont devenu.

Proton Pass vs Bitwarden vs 1Password & co

Sans creuser plus que ça, on peut le comparer assez rapidement avec les gestionnaires les plus connus. Chacun ayant ses avantages et ses inconvénients donc à voir selon votre profil.

  • Bitwarden : open source, auto-hébergement possible, moins intégré côté alias, pas de chiffrement des métadonnées. Proton gagne sur les alias + métadonnées, Bitwarden gagne sur le côté self-hosting.
  • 1Password : premium, plus mature, pas d'alias natif, pas de chiffrement des métadonnées. Proton gagne sur la vie privée (alias + métadonnées), 1Password gagne sur l'UX et la maturité.
  • LastPass : une des leaders du marché mais avec un historique de fuites, moins privacy-focused, pas d'alias natif. Proton gagne sur l'aspect vie privée et zero-knowledge, LastPass sur la maturité et une base d'utilisateurs plus large.
  • NordPass : facile à utiliser, bonne UX, audits indépendants, nombre d'alias limité, pas de chiffrement des métadonnées. Là encore Proton gagne sur la vie privée. NordPass gagne sur simplicité et parfois des prix bas lors de certaines promos.
  • Google Password Manager : pas de zero-knowledge, pas d'alias natif. Proton gagne sur la plupart des points en dehors du prix.

Et pour vous partager la table de comparaison un peu plus visuelle du site Proton (c'est un peu plus complet) :

Vous voulez passer à Proton depuis un autre gestionnaire de mots de passe ? C'est facile, Pass vous propose un import automatique en quelques clics.

Le bon plan du moment !

Si vous voulez tester Proton Pass sans vous prendre la tête, il y a une série d'offres spéciales tonton Korben, toutes sur la même page. Proton Pass tout seul, c'est 12 mois à -50%, soit 2,49 €/mois. Pour équiper toute la famille, le pack Pass Family est à -40%, soit 4,19 €/mois (jusqu'à 6 personnes). Et si vous voulez le grand chelem (Pass + VPN + Drive + Mail), Proton Unlimited est à -30%, soit 9,09 €/mois. De quoi essayer toutes les features premium (alias illimités, 2fa intégré, passkeys, monitoring dark web, etc.) sans vous prendre un mur côté budget.

Découvrir les offres Proton Pass →

Note : en partenariat avec Proton. Ce billet est rémunéré. Le lien affilié ne change pas le prix pour vous.

  • ✇Korben
  • NTSYNC - Wine 11 booste les jeux Linux de 678%
    Dirt 3 qui passe de 110 à 860 FPS sous nunux, non, j'ai pas fumé la moquette ! En fait c'est surtout grâce au fameux module de synchronisation kernel NTSYNC promis avec Wine 11 qui est enfin dispo dans certaines distros. Et la bonne nouvelle c'est que les premiers benchmarks développeurs viennent de tomber, donc on va regarder ça ensemble ! Concrètement, Fedora 42, Ubuntu 25.04 et SteamOS 3.7.20 beta embarquent maintenant le module par défaut avec le kernel 6.14. Du coup Resident Evil 2 bondit d

NTSYNC - Wine 11 booste les jeux Linux de 678%

Par : Korben
25 mars 2026 à 15:45

Dirt 3 qui passe de 110 à 860 FPS sous nunux, non, j'ai pas fumé la moquette ! En fait c'est surtout grâce au fameux module de synchronisation kernel NTSYNC promis avec Wine 11 qui est enfin dispo dans certaines distros. Et la bonne nouvelle c'est que les premiers benchmarks développeurs viennent de tomber, donc on va regarder ça ensemble !

Concrètement, Fedora 42, Ubuntu 25.04 et SteamOS 3.7.20 beta embarquent maintenant le module par défaut avec le kernel 6.14. Du coup Resident Evil 2 bondit de 26 à 77 FPS, Call of Juarez grimpe de 99 à 224 FPS, et Tiny Tina's Wonderlands passe de 130 à 360. Et Call of Duty Black Ops est maintenant devenu... jouable ! Woohoo !

Alors attention, ces benchmarks comparent Wine vanilla (sans aucune optimisation) avec Wine + le module. Cela veut dire que si vous utilisiez déjà fsync via Proton ou Lutris, les gains seront moins spectaculaires. Après les jeux qui en profitent le plus sont ceux avec de grosses charges multi-thread où la synchronisation était vraiment le problèmo noméro uno.

Pour capter pourquoi cette news est un gros morceau, faut regarder un peu sous le capot. Au temps jadis, chaque fois qu'un jeu Windows devait coordonner ses threads (genre, attendre qu'une texture finisse de charger), Wine faisait des allers-retours avec wineserver... des milliers de fois par seconde. Du coup, on se tapait des micro-sacades et une cadence d'images pourrie.

Y'a eu des tentatives pour arranger ça. D'abord esync, puis fsync... ça améliorait les choses mais c'était du bricolage. Ça nécessitait des patchs kernel non-officiels que personne ne maintenait vraiment, et certains jeux gourmands faisaient carrément tout planter.

Mais tout cela c'est de l'histoire ancienne puisque NTSYNC, semble être enfin la bonne approche. Elizabeth Figura (CodeWeavers), la même dev qui avait pondu les solutions précédentes, a créé, cette fois, un vrai module intégré directement dans le noyau Linux. Comme ça, plus de bidouilles à la con et surtout plus d'approximations. Le noyau gère enfin la synchronisation lui-même, nativement, comme il aurait toujours dû le faire.

La stonksitude du barbu gamer est à son maaaax

Après des années de boulot et une présentation à la Linux Plumbers Conference 2023, le module a fini par être mergé dans le kernel mainline il y a peu. Ça marche donc "out of the box" et ça c'est plutôt chouette !

Et pour les possesseurs de Steam Deck, quand Valve rebasera Proton officiel sur Wine 11, tout le monde aura ça gratos !! En attendant, si vous êtes impatient, sachez que Proton-GE le supporte déjà ! Entre ça et le fait que 90% des jeux Windows tournent maintenant sous Linux , y'a clairement plus d'excuses pour rester sous Windows si c'est le gaming qui vous retenait, mes cocos !

Bref, c'est carrément la plus grosse avancée gaming Linux depuis Proton. Pas mal pour un module kernel bien velu quand même !

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  • Quand je pense que Win32 est devenu la couche de compatibilité la plus stable sur Linux...
    Vous avez déjà essayé de faire tourner un vieux logiciel Linux sur une distrib récente, du genre un truc compilé il y a 5 ans ? Bah bon courage, parce que y'a de grandes chances que ça plante lamentablement à cause d'une dépendance qui aura changé entre-temps. Maintenant, prenez un .exe Windows de 1998, genre un vieux jeu ou une appli Win32 classique. Lancez-le sous Wine et là, ô surprise... y'a de bonnes chances que ça tourne ! Bon, ça dépend des applis évidemment, mais le taux de réussite est

Quand je pense que Win32 est devenu la couche de compatibilité la plus stable sur Linux...

Par : Korben
31 décembre 2025 à 11:55

Vous avez déjà essayé de faire tourner un vieux logiciel Linux sur une distrib récente, du genre un truc compilé il y a 5 ans ? Bah bon courage, parce que y'a de grandes chances que ça plante lamentablement à cause d'une dépendance qui aura changé entre-temps.

Maintenant, prenez un .exe Windows de 1998, genre un vieux jeu ou une appli Win32 classique. Lancez-le sous Wine et là, ô surprise... y'a de bonnes chances que ça tourne ! Bon, ça dépend des applis évidemment, mais le taux de réussite est souvent meilleur qu'avec les vieux binaires Linux...

C'est précisément ce paradoxe que pointe le projet loss32 , une distro Linux expérimentale dont l'idée complètement dingue serait de faire tourner TOUT l'environnement de bureau en Win32 via Wine. Leur slogan c'est "Win32 is the stable Linux ABI!" ce qui veut dire en gros que l'interface binaire la plus fiable pour faire tourner des applications sur Linux à long terme, c'est celle de Windows. Ahaha, je suis mort de rire en écrivant ça car j'imagine votre tête énervée de barbu ! Pourtant, vous allez voir, c'est difficile de leur donner tort...

Alors c'est quoi le problème avec Linux exactement ?

Hé bien en août 2022, un changement dans la toolchain a fait des dégâts. Beaucoup de distributions ont basculé vers l'option --hash-style=gnu au lieu de --hash-style=both, ce qui génère des binaires sans la section DT_HASH classique. L'idée c'était de gagner quelques kilobytes par binaire avec DT_GNU_HASH, qui est plus moderne et plus performant.

Ça n'a l'air de rien comme ça... sauf que ça a cassé pas mal de trucs. Des jeux utilisant Easy Anti-Cheat d'Epic se sont retrouvés en vrac, par exemple Shovel Knight a eu des soucis, ou encore le limiteur de framerate libstrangle . Bref, des logiciels qui marchaient très bien la veille se sont retrouvés dans les choux du jour au lendemain.

Et c'est là qu'on touche au cœur du problème car sous Windows, Microsoft maintient une compatibilité binaire quasi-religieuse pour les applis Win32 classiques. Un programme compilé pour Windows 95, s'il n'utilise pas de drivers ou d'APIs obsolètes, a de bonnes chances de tourner sur Windows 11. C'est un contrat tacite entre Microsoft et les développeurs qui a tenu pendant trois décennies.

Et même si sous Linux, le kernel et glibc sont plutôt stables, c'est vrai, dès qu'on parle de binaires tiers liés à des bibliothèques user, c'est une autre histoire. Et comme c'est le bordel et que chaque distribution fait un peu ce qu'elle veut, et les dépendances évoluen forcement. Du coup, si votre binaire précompilé casse, c'est votre problème. La philosophie c'est donc plutôt "recompile ton truc et arrête de te chialer 'spèce de fragile".

Et c'est pour ça que Valve a misé gros sur Proton. Officiellement, ils n'ont pas de préférence entre ports natifs et Windows via Proton, mais dans les faits, Proton fonctionne tellement bien que pas mal de studios ne se cassent plus la tête à faire des ports Linux natifs. Et parfois, les jeux Windows via Proton tournent même mieux que les ports natifs ... c'est dire.

Et le projet loss32 pousse cette logique jusqu'au bout car pourquoi se battre contre les moulins à vent de la fragmentation Linux quand on peut simplement tout faire tourner en Win32 ?

Alors perso, j'ai hâte de voir ça et visiblement un PoC devrait sortir en janvier 2026 avec un paquet APT pour qu'on puisse tous tester ça chez nous. Et si ça fonctionne bien, ça veut dire que si vous créez une application desktop simple et que vous voulez qu'elle tourne sur Linux encore dans 10 ans, cibler Win32 et distribuer un .exe via Wine/Proton est une option à considérer sérieusement.

Ça semble contre-intuitif, mais pour certains cas d'usage, c'est une stratégie pragmatique...

Pour les utilisateurs, ça veut dire aussi que Wine et Proton ne sont pas des rustines en attendant mieux mais des des solutions de première classe pour faire tourner des logiciels de manière stable sur Linux. Le Steam Deck l'a prouvé avec des milliers de jeux Windows qui tournent nickel.

Bref, on en est là... Win32, l'API de Microsoft, est devenue paradoxalement une des couches de compatibilité les plus stables pour faire tourner des logiciels sur Linux. C'est fou non ? Ça va faire grincer des dents de barbus c'est sûr mais c'est aussi la preuve que parfois, les solutions terre à terre l'emportent sur l'idéologie.

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  • Pour jouer à vos vieux jeux Windows, il faut quitter Windows
    Ça vous dirait de vous refaire le Counter-Strike original, Deus Ex, ou Hitman Codename 47 ? Oui, je suis un peu nostalgique aujourd’hui et c’est pour ça que je vous parle de ces classiques de l’an 2000. Mais bon, si on s’amuse à lancer ça comme ça, sur un Windows 11 flambant neuf, hop, ça risque de planter. Un écran noir, un erreur DirectX, une incompatibilité graphique… Snif… Tout ça parce que Windows 11 a abandonné la rétrocompatibilité avec DirectX 7… Alors si je vous disais qu’aujourd’hui, p

Pour jouer à vos vieux jeux Windows, il faut quitter Windows

Par : Korben
11 novembre 2025 à 09:00

Ça vous dirait de vous refaire le Counter-Strike original, Deus Ex, ou Hitman Codename 47 ?

Oui, je suis un peu nostalgique aujourd’hui et c’est pour ça que je vous parle de ces classiques de l’an 2000. Mais bon, si on s’amuse à lancer ça comme ça, sur un Windows 11 flambant neuf, hop, ça risque de planter. Un écran noir, un erreur DirectX, une incompatibilité graphique… Snif… Tout ça parce que Windows 11 a abandonné la rétrocompatibilité avec DirectX 7…

Alors si je vous disais qu’aujourd’hui, pour jouer à nos jeux Windows de l’ancien temps, il fallait quitter Windows ! Non, j’ai pas fumé la moquette de mes toilettes… A la place, je suis tombé sur D7VK , un projet qui vient de sortir et qui permet de faire tourner les vieux jeux Direct3D 7 sur Linux.

Comme je vous en parlais il y a quelques semaines, 90% des jeux Windows tournent maintenant sur Linux grâce à Proton et DXVK. Mais il restait un trou dans la raquette : les jeux Direct3D 7. Ces titres cultes sortis entre 2000 et 2004, quand l’API D3D7 dominait sur nos PC de gamers. Et je vous parle pas de quelques titres pourris non… je vous parle de plus de 400 jeux qui ont été mis au rebus à cause de ce problème. Counter-Strike original, FIFA 2001, Deus Ex, Unreal Tournament, Escape from Monkey Island, Arx Fatalis, Sacrifice, Disciples II. Toute une époque les amis !!

DXVK, c’est le projet open-source qui traduit DirectX vers Vulkan pour Linux. Il supporte D3D8, D3D9, D3D10, D3D11. Et Proton de Valve l’utilise pour faire tourner les jeux Windows sur le Steam Deck. Mais DXVK n’allait pas jusqu’à D3D7. C’est trop vieux, trop chiant à supporter, trop différent de D3D9. Donc ces jeux restaient coincés avec WineD3D, l’ancienne couche de compatibilité de Wine qui existe depuis 20 ans mais qui est lente de ouf.

Heureusement, WinterSnowfall, le dev derrière D7VK, a décidé de combler ce vide. Son projet est donc un spinoff de DXVK, spécialement conçu pour D3D7. Ainsi, au lieu de traduire directement D3D7 vers Vulkan, D7VK fait une traduction en deux étapes. D3D7 vers D3D9 (via le backend DXVK), puis D3D9 vers Vulkan. C’est une passe intermédiaire c’est vrai, mais ça permet de réutiliser tout le travail déjà fait sur DXVK.

L’auteur prévient d’ailleurs que c’est un bordel technique sans nom, car Direct3D 7 date d’une époque où les jeux mixaient plusieurs APIs graphiques. Certains utilisent D3D7 pour la 3D, mais DDraw ancien ou même GDI pour l’interface. Sachez que ces jeux-là ne marcheront jamais avec D7VK car c’est trop complexe. Et ne comptez pas non plus sur un support D3D6 ou plus ancien non plus car c’est pire !

Mais pour les jeux qui utilisent D3D7 proprement, ça marche très bien. Le dev mentionne même que depuis les derniers ajustements de perf, ça tourne bien. C’est pas parfait partout, mais ça marche bien quand même.

Et c’est pas juste une question de nostalgie, hein. C’est de la préservation ! Car dans 10 ans, si vous voulez rejouer à ces classiques, vous ferez quoi ? Vous installerez une VM Windows XP ? Vous croiserez les doigts pour que GOG ait patché le jeu pour les Windows moderne ? Ou vous bootez votre bon vieux Linux, vous installez D7VK, et hop, y’aura aucun problème ? La réponse, elle est vite répondue comme disait l’autre…

L’autre truc marrant, c’est que DXVK, sur certains jeux, performe MIEUX que DirectX natif sous Windows car la traduction vers Vulkan réduit l’overhead CPU dans des scénarios limités par le processeur. Donc non seulement Linux fait tourner vos vieux jeux Windows, mais parfois, il les fait tourner plus vite que Windows lui-même. C’est fou je sais.

Le PC Gaming Wiki liste les +400 titres D3D7. Beaucoup de truellewares sous licence , certes, mais y’a aussi des pépites comme Hitman Codename 47, le jeu qui a lancé la série ou encore Arx Fatalis, le dungeon crawler immersif d’Arkane Studios sorti bien avant Dishonored. Sans parler de Sacrifice, le RTS/action de Shiny Entertainment auquel personne n’a joué, je crois, mais qui est devenu culte.

Microsoft les a oubliés mais pas la communauté Linux qui les ressuscite ! Et ça c’est le seul miracle auquel je crois ! Et c’est pas fini car D7VK, c’est juste une brique. Proton continue d’évoluer, et le Steam Deck pousse le gaming Linux vers la démocratisation. Les développeurs commencent même à activer le support anti-cheat pour Linux. Bref, la compatibilité Linux grimpe en flèche, et les performances s’améliorent !

Pour installer D7VK, suffit de copier ddraw.dll à côté de l’executable du jeu, de configurer Wine pour override cette DLL, et c’est fini. Pas besoin de patcher le jeu, pas besoin de cracks, pas besoin d’autres bidouilles. Le jeu devrait tourner dans son état d’origine !

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  • 90% des jeux Windows tournent maintenant sur Linux !
    Vous vous souvenez quand jouer sous Linux, c’était une grosse blague ? Vous installiez votre distribution préférée, vous lanciez Steam , et vous vous rendiez compte que la moitié de votre bibliothèque était inaccessible… Alors vous deviez soit garder un dual boot Windows, soit accepter de ne jouer qu’à une poignée de titres pas ouf. Et bien ça, mes amis, c’est du passé ! En effet, selon les dernières données de ProtonDB compilées par Boiling Steam , près de 90% des jeux Windows se lancent mainte

90% des jeux Windows tournent maintenant sur Linux !

Par : Korben
29 octobre 2025 à 09:32

Vous vous souvenez quand jouer sous Linux, c’était une grosse blague ? Vous installiez votre distribution préférée, vous lanciez Steam , et vous vous rendiez compte que la moitié de votre bibliothèque était inaccessible… Alors vous deviez soit garder un dual boot Windows, soit accepter de ne jouer qu’à une poignée de titres pas ouf.

Et bien ça, mes amis, c’est du passé !

En effet, selon les dernières données de ProtonDB compilées par Boiling Steam , près de 90% des jeux Windows se lancent maintenant sur Linux. Pas 90% qui plantent au bout de 5 minutes hein mais vraiment 90% qui démarrent, qui tournent, et qui se jouent jusqu’au bout. C’est une progression de dingue si on compare avec encore il y a 5 ans, où on était plutôt autour de 50% de compatibilité.

Pour rappel, ProtonDB , c’est la base de données communautaire qui recense les rapports de compatibilité des joueurs Linux qui testent leurs jeux, notent ce qui fonctionne ou pas, et partagent leurs résultats. Le système de notation est d’ailleurs assez simple. “Platinum”, c’est le jeu qui tourne parfaitement sans rien toucher. “Gold”, ça marche presque out of the box mais il faut un peu bricoler. “Silver”, c’est jouable mais imparfait. “Bronze” se situe entre Silver et Borked. Et “Borked”, c’est mort de chez mort, le jeu refuse même de se lancer.

Et les derniers chiffres montrent que la catégorie Borked, c’est-à-dire les jeux complètement cassés, est tombée à environ 10%. Il y a 3 ans, on était encore à 20%. La catégorie “Platinum” a elle-même grimpé à 42% des nouvelles sorties en octobre dernier, contre 29% l’année précédente. Cela veut dire que presque la moitié des nouveaux jeux sortent avec une compatibilité parfaite sur Linux dès le premier jour ! Qui aurait pu prédire comme dirait l’autre ?

Quoiqu’il en soit, cette évolution, on la doit en grande partie à Proton, la couche de compatibilité développée par Valve, c’est-à-dire l’outil qui traduit les appels DirectX de Windows en Vulkan pour Linux. Proton s’appuie sur Wine, le projet historique qui permet de faire tourner des applications Windows sur Linux depuis des décennies, mais Valve a mis le super paquet pour optimiser tout ça spécifiquement pour ses jeux, surtout depuis le lancement de son Steam Deck en 2022.

Le Steam Deck, c’est la console portable de Valve qui tourne sous SteamOS qui est une distribution Linux. Du coup, Valve avait besoin que les jeux Windows fonctionnent parfaitement sur leur machine. La pari était risqué mais ils l’ont relevé avec succès en investissant massivement dans Proton. Ainsi, 80% des 100 jeux les plus populaires sur Steam tournent maintenant de façon quasi-parfaite sur Linux et croyez le ou non, certains jeux tournent même plus vite sur Linux que sur Windows, grâce à une gestion plus efficace des ressources système. Y’a le même phénomène sur ROG Xbox Ally d’ailleurs…

Et surtout Proton 10, la dernière version sortie cette année, apporte encore des améliorations folles et des correctifs spécifiques pour des jeux comme The Finals, Deadlock, Dune Awakening, ainsi que des optimisations pour VRChat (un monde virtuel assez populaire sur lequel je n’ai encore jamais mis les pieds… va falloir remédier à ça je pense).

Valve sort également des versions expérimentales et des hotfixes assez régulièrement pour résoudre les problèmes au fur et à mesure qu’ils sont signalés. C’est un travail acharné et continu de leur part et ça paye enfin !!

Concernant les jeux qui ne fonctionnent pas, le plus gros problème reste les anti-cheats, c’est-à-dire les logiciels de détection de triche utilisés dans les jeux en ligne. Easy Anti-Cheat et BattlEye, les deux plus populaires, supportent officiellement Linux depuis quelques années mais les développeurs doivent activer manuellement ce support pour chaque titre. C’est une case à cocher et malheureusement, beaucoup ne le font pas, soit par flemme, soit parce qu’ils ne considèrent pas Linux comme une priorité.

Je pense par exemple à March of Giants qui détecte Wine et Proton et refuse de démarrer ou encore Blade and Soul NEO qui nécessite des configurations spécifiques. Il y a aussi Sickly Days et Summer Traces qui demandent des overrides de DLL. Tout ceci, ce sont des blocages “intentionnels” et pas des incompatibilités techniques. Les dev pourraient activer le support Linux en 5 minutes, mais ils ne le font pas. Bouuuuh !

Les DRM, c’est-à-dire les systèmes de protection anti-copie, posent aussi des problèmes. En général, Denuvo fonctionne bien, mais certaines implémentations plantent sous Linux et certains éditeurs refusent de corriger ces problèmes parce qu’ils considèrent que le marché Linux est trop petit. C’est donc un cercle vicieux. Mais comme vous pouvez le voir, la situation évolue et le fait que Windows 10 arrive en fin de support pourrait aussi pousser pas mal de joueurs vers Linux.

Sans parler de Windows 11 qui impose des restrictions matérielles que beaucoup de PC ne remplissent pas, et comme tout le monde n’a pas envie de racheter une machine récente juste pour continuer à jouer, SteamOS est une planche de salut ! Bref, si vous de votre côté, vous vous sentez enfin chaud pour Linux, vous pouvez installer SteamOS sur un PC classique ou utiliser n’importe quelle distribution Linux avec Steam et Proton activé : Ubuntu, Fedora, Arch, peu importe. Steam détectera automatiquement que vous êtes sur Linux et proposera Proton pour les jeux Windows.

Vous cliquez sur Jouer, et ça marche. Ou pas, mais dans 9 cas sur 10, ça marche.

Et n’oubliez pas avant d’acheter un titre, d’aller sur protondb.com . Vous cherchez le jeu, et vous voyez si d’autres joueurs Linux l’ont fait tourner. S’il est Platinum ou Gold, pas de souci. S’il est Silver ou Bronze, lisez bien les commentaires pour voir quelles manips sont nécessaires. Et s’il est Borked, passez votre chemin ou attendez que quelqu’un trouve une solution…

Quoiqu’il en soit, je trouve que c’est une bonne nouvelle pour les gamers et pour les linuxiens. La progression est lente mais constante et comme Valve continue d’améliorer Proton, que les développeurs de Wine ajoutent du support pour les nouvelles APIs Windows, et que certains éditeurs commencent à activer le support anti-cheat pour Linux, on arrivera bientôt à du 100% et vous verrez, à un moment, la tendance s’inversera et certains jeux, demain, ne tourneront même plus sous Windows mais uniquement sous Linux…

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