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  • Pentest sauvage à base d'IA, que dit la loi ?
    Benjamin Code , le développeur préféré de votre développeur préféré, a reçu ce week-end un e-mail d'achat bidon avec le mot pentester dedans. En grattant un petit peu, il a découvert que quelqu'un s'amusait à trifouiller l'un de ses SaaS sans le prévenir. Visiblement, c'est un autre créateur, Melvyn (melvynx), qui lui propose des formations autour de l'IA, qui pour les besoins d'une vidéo a fait tourner Kimi K3 en mode "hack" pour poutrer certains sites et montrer, v

Pentest sauvage à base d'IA, que dit la loi ?

Par : Korben ✨
23 juillet 2026 à 14:25

Benjamin Code , le développeur préféré de votre développeur préféré, a reçu ce week-end un e-mail d'achat bidon avec le mot pentester dedans. En grattant un petit peu, il a découvert que quelqu'un s'amusait à trifouiller l'un de ses SaaS sans le prévenir.

Visiblement, c'est un autre créateur, Melvyn (melvynx), qui lui propose des formations autour de l'IA, qui pour les besoins d'une vidéo a fait tourner Kimi K3 en mode "hack" pour poutrer certains sites et montrer, vidéo à l'appui, que l'IA trouvait les failles toute seule.

Depuis, X s'écharpe. D'un côté, ceux pour qui la faille est corrigée et tout le monde y gagne, zéro dégât. De l'autre, ceux qui parlent d'accès illégal, pur et simple.

Alors qu'en est-il exactement ?

Eh bien, parlons de la loi d'abord, parce qu'en France, elle est limpide. L'article 323-1 du Code pénal punit "le fait d'accéder ou de se maintenir, frauduleusement" dans un système informatique de "trois ans d'emprisonnement et de 100 000 € d'amende". Créer un faux compte, simuler un paiement avec de faux numéros de CB, toucher aux données, ça aggrave les choses et on passe rapidement à cinq ans et 150 000 € (article 323-3).

Pour moi, l'argument du "il n'a rien cassé" ne tient pas une seconde en droit. Dans l'affaire Bluetouff, la Cour de cassation a validé une condamnation pour maintien frauduleux alors que les fichiers étaient accessibles sans mot de passe, tout simplement parce que Bluetouff avait continué en sachant l'accès anormal. Je trouve que ce qui est arrivé à Bluetouff, c'était abusé, mais peu importe mon avis, cela montre bien qu'aux yeux de la loi, zéro dégât ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'infraction.

Ce qui fait basculer un pentest légal en délit, ce n'est ni la compétence, ni la bonne intention de la personne derrière, ni même ce que j'en pense. C'est UNE seule chose : L'autorisation préalable du propriétaire du système. Et je ne crois pas que Benjamin Code pratique le bug bounty sur ses systèmes...

Si on parle d'un point de vue hacking éthique, voire tout simplement en matière de nétiquette, la règle (et le bon sens, et la courtoisie) c'est d'abord d'avoir l'accord écrit avant de faire le test, et puis bien sûr de signaler la faille en privé à l'éditeur, tout en lui laissant assez de temps pour la corriger avant de communiquer dessus publiquement.

Par exemple, un bug bounty, c'est ça... C'est un périmètre défini, un canal de signalement, une protection pour le chercheur qui reste bien dans ce cadre. En dehors, il n'y a aucune protection. Et le dispositif français qui couvre les lanceurs d'alerte (article L2321-4 du Code de la défense) ne protège que le signalement de bonne foi à l'ANSSI, jamais l'intrusion elle-même.

Melvyn a reconnu lui-même juste après son "exploit" que "certains tests sur des SaaS tiers n'ont pas été précédés d'une autorisation écrite". Tu m'étonnes...

Alors les kikoulol de X.com peuvent bien jouer les spécialistes en long en large ou en travers, ça ne change rien. Kimi K3 ou pas, dégâts ou pas, tester le système d'un autre sans son feu vert, même avec une IA autonome, ça a un nom dans le Code pénal...

Maintenant, je ne pense pas que ça ait besoin d'aller plus loin que ça... Dans un monde idéal, ce qui serait super, c'est que Melvyn fasse des excuses publiques à Benjamin Code et aux autres créateurs de SaaS qu'il a "poutrés", et puis qu'il évite de refaire ce genre de conneries dans le futur.

Source : le billet de Melvyn sur Codelynx

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  • Open OSCAR Server - Faites revivre AIM sur vos vieilles bécanes
    Vous vous souvenez d'AIM ? Mais siiii, le petit bonhomme jaune qui courait, la porte qui claque quand un pote se connecte, les away messages passifs-agressifs à base de paroles de chanson... Et bien la bidouilleuse Veronica a remonté son propre serveur AIM, et ça a l'air de plutôt bien fonctionner Pour reposer un peu le cadre, AOL a débranché AIM fin 2017. Depuis, les millions de screen names de l'époque pointent dans le vide (Moi c'était FoxMDE ^^), et tous les vieux clients qui traînent actuel

Open OSCAR Server - Faites revivre AIM sur vos vieilles bécanes

Par : Korben ✨
17 juillet 2026 à 13:32

Vous vous souvenez d'AIM ? Mais siiii, le petit bonhomme jaune qui courait, la porte qui claque quand un pote se connecte, les away messages passifs-agressifs à base de paroles de chanson... Et bien la bidouilleuse Veronica a remonté son propre serveur AIM, et ça a l'air de plutôt bien fonctionner

Pour reposer un peu le cadre, AOL a débranché AIM fin 2017. Depuis, les millions de screen names de l'époque pointent dans le vide (Moi c'était FoxMDE ^^), et tous les vieux clients qui traînent actuellement sur vos disques durs ou CD-Rom se connectent à un serveur qui n'existe plus.

Fin de l'histoire, normalement (?).

Bah pas vraiment car AIM tournait sur un protocole qui s'appelle OSCAR, et qui est le même que celui d'ICQ. Du coup, un développeur du nom de mk6i a réimplémenté ce truc en open source, baptisé Open OSCAR Server . En gros, vous faites tourner le serveur sur votre propre machine, vous dites à votre vieux client AIM d'aller taper là plutôt que chez AOL, et hop, vous revoilà en 2003. Veronica utilise ainsi AIM 5.1 sur ses bécanes, et elle héberge le sien sur un petit VPS Debian qui coûte trois francs six sous.

Alors pourquoi avoir fait ça ? Eh bien comme elle le dit elle-même, Discord commençait à la gonfler, et elle avait la nostalgie du lycée. Je vous traduis le passage, il est chouette car je m'y suis bien retrouvé : "Au lycée, la plupart de mes journées commençaient et finissaient par AIM. C'était avant que tout le monde ait des SMS (ou des téléphones portables). Tout, des projets de classe aux relations entières, se passait dans une fenêtre AIM."

Voilà. On a tous connu ça, certains avec MSN ou ICQ...

Ce qui me plaît là-dedans, c'est que ça remet surtout des vieilles machines au boulot. C'est la même énergie que NeoCities et son web fait à la main , sauf qu'ici c'est votre messagerie. Votre Windows 98 dans le placard peut ainsi redevenir utile (gaffe aux virus quand même) ! Vous montez le serveur, vous filez l'adresse à vos potes, et vous avez votre messagerie privée à vous. Pas de pub, et surtout aucun webdesigner coké pour vous chambouler toute l'interface un matin sans prévenir.

Après faut quand même savoir bricoler un minimum sous Linux mais avec son tuto, vous devriez vous en sortir. Bref, si ça vous tente, elle détaille toute la manip sur son blog.

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  • Comic Chat - L'IRC qui vous dessinait en BD fonctionne encore
    Microsoft vient de balancer sur GitHub le code source de Comic Chat. Je pense qu'on est peu nombreux à s'en souvenir mais c'était un logiciel sorti en 1996, imaginé par DJ Kurlander chez Microsoft Research, qui affichait nos discussions IRC sous forme de bande dessinée auto-générée, avec les personnages, les bulles et le cadrage gérés automatiquement. C'était codé en C++ et 30 ans plus tard, ça se compile encore ! Vous tapiez une phrase, et le logiciel décidait quels personnages coller dans la c

Comic Chat - L'IRC qui vous dessinait en BD fonctionne encore

Par : Korben ✨
17 juillet 2026 à 09:21

Microsoft vient de balancer sur GitHub le code source de Comic Chat. Je pense qu'on est peu nombreux à s'en souvenir mais c'était un logiciel sorti en 1996, imaginé par DJ Kurlander chez Microsoft Research, qui affichait nos discussions IRC sous forme de bande dessinée auto-générée, avec les personnages, les bulles et le cadrage gérés automatiquement.

C'était codé en C++ et 30 ans plus tard, ça se compile encore !

Vous tapiez une phrase, et le logiciel décidait quels personnages coller dans la case, quelle tête ils faisaient, comment les orienter, quelle forme donner à la bulle, à quel moment passer à la case suivante et même quel zoom appliquer. Le tout en temps réel, à partir de vos mots. Par exemple, si vous écriviez un point d'exclamation dans votre phrase, hop, votre avatar levait les bras.

Comic Chat recompilé sous Visual Studio 2022, sur Windows 11. La roue des émotions est en bas à droite.

Kurlander a présenté son bidule à SIGGRAPH 96 avec Tim Skelly et David Salesin et c'était assez innovant pour l'époque parce que Comic Chat ne se contentait pas d'afficher vos messages, mais prenait des décisions éditoriales suivant la gueule de votre conversation, tout ça sans IA ^^.

Les gens avec qui vous discutiez étaient sur des serveurs IRC à écrire de la ligne de commande. Et vous de votre côté, vous étiez dans une vraie bande dessinée à discuter avec eux et chacun d'entre eux avait un petit personnage attribué d'office. Les dessins que vous aviez sous les yeux, d'ailleurs, ne sortaient pas d'une banque de cliparts . C'est Jim Woodring , un auteur de BD indé américain, qui a créé ces personnages.

L'appli a été traduite en 24 langues, livrée avec Internet Explorer 3 puis bundlée avec Windows 98 donc vous l'avez peut-être eu sans le savoir. La version 2 est ensuite arrivée avec IE4 sous le nom de Microsoft Chat, avant que la messagerie instantanée ne bouffe tout au début des années 2000.

Microsoft écrit dans son annonce que Comic Chat a, je cite, "apporté Comic Sans au monde", sauf qu'en réalité c'est Vincent Connare qui avait dessiné la police en 1994 pour Microsoft Bob, dont les bulles en Times New Roman l'avaient rendu dingue. Et cette police est sortie dans le Plus! Pack de Windows 95, soit un an avant Comic Chat. Ouais on me la fait pas moi ^^.

Ce qui est rigolo, c'est que si vous allez fouiller un peu sur le dépôt GitHub et que vous regardez l'historique, vous verrez que Microsoft n'a pas juste poussé une archive et basta. Ils ont carrément reconstruit tout l'historique Git à partir des dates des fichiers. Du coup vous pouvez tomber sur des commits qui datent du 2 août 1996. C'est drôle non ?

Je trouve ça super cool que ce projet soit libéré. Microsoft avait déjà fait le coup avec Zork , passé en MIT l'an dernier. En tout cas, il y a eu chez Microsoft, un petit travail de réactualisation avec des versions qui peuvent fonctionner sur les écrans d'aujourd'hui et se connecter sur de vrais serveurs IRC actuels en TLS. Vous pouvez télécharger ces versions compilées récentes ici.

Et si vous voulez vous lancer, il y a Mermaid Elizabeth qui maintient même une liste de serveurs qui marchent encore avec. Perso, entre ça et un client IRC moderne , mon choix est vite fait ! ^^

Bref, si vous voulez voir à quoi ressemblait le web quand on se demandait sérieusement "et si les discussions étaient des BD ?", c'est sur GitHub .

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  • SB-mini-II - Il reconstruit un Apple II Plus de zéro
    L'Apple II, ce vieux bouzin de 1977, n'a jamais eu le moindre secret pour personne. C'est d'autant plus vrai qu'Apple livrait carrément les schémas électronique de sa machine dans le manuel d'origine et à l'époque, des bouquins entier décortiquant chaque circuit étaient vendus dans le commerce. C'était fou et ça a bien changé depuis ! Mais surtout c'est grâce à ça que Simon Boak s'est dit qu'il pouvait en refaire un de zéro ! Son projet s'appelle le SB-mini-II , et c'est un clone maison de l'App

SB-mini-II - Il reconstruit un Apple II Plus de zéro

Par : Korben ✨
29 juin 2026 à 19:21

L'Apple II, ce vieux bouzin de 1977, n'a jamais eu le moindre secret pour personne. C'est d'autant plus vrai qu'Apple livrait carrément les schémas électronique de sa machine dans le manuel d'origine et à l'époque, des bouquins entier décortiquant chaque circuit étaient vendus dans le commerce.

C'était fou et ça a bien changé depuis ! Mais surtout c'est grâce à ça que Simon Boak s'est dit qu'il pouvait en refaire un de zéro !

Son projet s'appelle le SB-mini-II , et c'est un clone maison de l'Apple II Plus assemblé avec des puces qu'on trouve encore aujourd'hui. Le 65C02 (la version CMOS du fameux 6502) tourne à 1,024 MHz, à un cheveu de l'original qui carburait à 1,023 MHz et au lieu de la DRAM capricieuse d'époque, il lui a collé de la SRAM statique (48 Ko sur une puce et demie de 32 Ko, le surplus part à la poubelle, tant pis).

Et pour atteindre les 64 Ko complets, il enfiche à l'intérieur une carte Saturn 128K dans le slot 0, comme ça c'est réglé.

Mais le plus gros morceau, ça a été la vidéo. Boak a viré toute la "circuiterie" composite de l'Apple II, un vrai sac de nœuds bien connu des anciens, pour la remplacer par une carte Apple II VGA (un projet open source de markadev).

Celui lui a permis d'obtenir une image VGA bien nette sur un écran moderne. Autrement, sans cette carte, y'aurait rien eu à l'écran, malheureusmeent.

Et le clavier suit le même mouvement grâce à un Raspberry Pi Pico qui lui sert d'interface entre un clavier USB et la machine, en générant les mêmes signaux parallèles que le clavier ASCII d'origine. Bonus, Control + Print Screen redémarre le CPU comme aux temps jadis ! Et comme le Pico crache du 3,3V, il cause directement avec la logique 74HC en CMOS, sans le moindre convertisseur de niveau.

Côté fabrication, c'est son premier PCB en 4 couches, avec des plans internes dédiés à l'alimentation. Une entrée 12V passe par un régulateur Pololu pour sortir du 5V, et le tout rentre dans un boîtier imprimé en 3D, vaguement inspiré du vieux disque dur ProFile d'Apple. Les fichiers (schémas, nomenclature, CAO) sont sur GitHub sous licence MIT, si jamais vous voulez vous lancer.

Et ça tourne pour de vrai !! Boak a même posté une capture d'un vrai logiciel Apple II qui démarre dessus.

Je suis nul en soudure, mais si je savais souder, ça me donnerait envie de m'y coller, je pense. D'ailleurs, si le rétro vous chatouille, allez voir aussi ce malade qui fait tourner MS-DOS sur un Apple IIe , ou ce Pico qui émule un Z80 .

Bref, le SB-mini-II, c'est par ici, et c'est entièrement libre.

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  • Vous avez reçu un colis que vous n'avez pas commandé ? Attention au brushing
    -- Article en partenariat avec Surfshark -- C'est peut-être arrivé à une de vos connaissances récemment (ou même à vous). Un petit colis anonyme, sans expéditeur clair, avec dedans une coque de téléphone bas de gamme ou un ustensile de cuisine bidon. Elle a haussé les épaules, jeté l'objet, oublié l'incident. Ou elle avait besoin de l'objet en question et s'est dit "wow quelle chance, enfin une erreur de livraison en ma faveur pour une fois". Sauf que ces livraisons fantômes cachent souvent une

Vous avez reçu un colis que vous n'avez pas commandé ? Attention au brushing

Par : Korben ✨
21 mai 2026 à 18:48
-- Article en partenariat avec Surfshark --

C'est peut-être arrivé à une de vos connaissances récemment (ou même à vous). Un petit colis anonyme, sans expéditeur clair, avec dedans une coque de téléphone bas de gamme ou un ustensile de cuisine bidon. Elle a haussé les épaules, jeté l'objet, oublié l'incident. Ou elle avait besoin de l'objet en question et s'est dit "wow quelle chance, enfin une erreur de livraison en ma faveur pour une fois".

Sauf que ces livraisons fantômes cachent souvent une arnaque bien huilée comme une frite belge : le brushing. Et si vous êtes concerné, il y a des gestes simples pour limiter les dégâts. Je vous explique le bazar, les risques, et comment un outil comme Alternative ID, proposé par Surfshark, peut vous aider à reprendre la main.

Le brushing, c'est quoi ce piège à la con ?

Le brushing, c'est une fraude qui joue sur un détail simple. Pour laisser un avis vérifié sur une marketplace (Amazon & co), il faut avoir "acheté" le produit. Les vendeurs peu scrupuleux contournent cette règle en créant de faux comptes avec de vraies adresses, récupérées via des fuites de données, des datas brokers  ou des listes achetées sur le dark web.

Ils expédient ensuite un objet sans valeur à cette adresse. Une fois la livraison confirmée par le transporteur, le faux compte laisse un avis cinq étoiles et un commentaire élogieux sur leur produit qui tue. Résultat : le produit remonte dans les classements, attire de vrais acheteurs et le vendeur empile les ventes légitimes sur une réputation fabriquée.

Vous, dans l'histoire, vous n'avez rien demandé. Mais votre nom et votre adresse viennent d'être validés comme "actifs" dans la base de données du fraudeur. C'est ce signal qui pose problème.

Pourquoi c'est plus grave qu'un simple spam

Recevoir un colis inattendu peut sembler anodin. Pourtant, plusieurs risques méritent toute votre attention. D'abord, la confirmation de vos coordonnées. Une adresse validée par brushing devient une cible prioritaire pour d'autres campagnes que ce soit du phishing ciblé, des tentatives de prise de contrôle de compte ou même une usurpation d'identité partielle. Et tout ça juste parce que vous avez validé la réception du colis, donc même avant d'avoir ouvert celui-ci. Et vous ne pouvez pas y faire grand-chose car même si vous n'êtes pas chez vous, le livreur peut éventuellement le déposer chez un voisin ou un gardien d'immeuble qui validera la réception sans savoir ce qu'il se passe !

Ensuite, le risque de confusion comptable. Certains fraudeurs utilisent vos informations pour ouvrir des comptes sur des plateformes de paiement ou de crédit. Si vous ne surveillez pas vos relevés, l'activité peut passer inaperçue pendant des mois.

Enfin, la fatigue psychologique. Multiplier les signalements, les démarches administratives, les changements de mot de passe ça use. Et c'est souvent ce sur quoi comptent les escrocs, que vous abandonniez par lassitude.

Alternative ID : une parade simple et efficace

C'est là qu'intervient Alternative ID , une fonctionnalité de Surfshark souvent sous-estimée et qui est maintenant intégrée dès le starter pack (l'abonnement le moins cher).

Le concept est direct puisqu'au lieu de donner vos vraies informations pour chaque inscription en ligne, vous générez un profil secondaire. Nom, prénom, email, même numéro de téléphone temporaire. Tout est factice, mais fonctionnel pour valider une création de compte.

Appliqué au brushing, l'intérêt est immédiat. Si vous utilisez une identité Alternative ID pour vous inscrire sur une marketplace ou un site e-commerce peu connu, ou pour profiter d'une offre promotionnelle douteuse, et que ces données sont piratées ou sont revendues, ce n'est pas votre véritable identité qui se retrouve entre de mauvaises mains.

L'astuce consiste à segmenter. Une identité principale pour les services critiques (banque, administration, email personnel) et des identités secondaires pour tout le reste. En cas de fuite (et là aussi Surfshark intervient avec son système Alert qui surveille le dark web pour vous), vous supprimez l'alias concerné sans impacter vos comptes essentiels.

Ce que fait Surfshark en dehors d'Alternative ID

Alternative ID ne fonctionne pas isolément. Plusieurs fonctionnalités de Surfshark renforcent la protection globale :

  • CleanWeb bloque les domaines connus pour héberger des scripts de tracking, des pubs malveillantes ou des pages de phishing. En réduisant les requêtes vers des serveurs tiers, il limite les opportunités de collecte de données à votre insu.

  • La politique no-logs, auditée par Deloitte, et les serveurs RAM-only sont conçus pour ne conserver aucune trace de votre activité. Surfshark se conforme aux décisions de justice qui s'imposent légalement, mais comme aucune donnée d'activité n'est stockée, il n'y a concrètement rien à transmettre. C'est une protection structurelle.

  • L'IP Rotator change régulièrement votre adresse IP de sortie pendant une session. Cela complique la corrélation de vos activités par les régies publicitaires ou les trackers comportementaux.

  • Le Kill Switch, en mode strict, coupe toute connexion internet si le tunnel VPN tombe. Cela prévient les fuites accidentelles d'IP qui pourraient exposer votre localisation réelle.

Enfin, l'abonnement couvre un nombre illimité d'appareils . Vous pouvez protéger votre ordinateur, votre téléphone, ceux de votre conjoint et de vos enfants, sans surcoût. La sécurité devient alors une pratique collective, pas individuelle.

Quelques gestes concrets pour limiter les risques

Au-delà des outils, l'hygiène numérique reste la première ligne de défense. Si vous recevez un colis non commandé, ne cliquez sur aucun lien inclus dans l'emballage, ne scannez pas de QR code suspect, et ne contactez pas le numéro de "service client" indiqué. Signalez l'incident à la plateforme concernée si l'expéditeur est identifiable, et conservez une trace pour d'éventuelles démarches ultérieures. Et bien entendu n'utilisez pas l'objet en lui-même, ce sont souvent des bouses complètes qui peuvent vous exploser dans les mains ou sont réalisées en matériaux bas de gamme qui empoisonneront vos intérieurs lol.

Surveillez régulièrement vos relevés bancaires et vos comptes en ligne. Une activité inexpliquée, même mineure, peut être un signal d'alerte. Évitez aussi de réutiliser les mêmes informations personnelles sur de multiples sites. Plus vos données circulent, plus la surface d'attaque s'élargit. Enfin, activez la double authentification partout où c'est possible. Même si un fraudeur obtient votre mot de passe, cette couche supplémentaire bloque souvent l'intrusion.

Mon ressenti sur l'ensemble

Je vous l'ai déjà dit mais ce qui me plaît dans l'approche de Surfshark, c'est la cohérence entre les différentes fonctionnalités et son côté proactif. Alternative ID n'est pas un gadget ajouté pour faire joli, il s'intègre dans une logique plus large de maîtrise des données personnelles. CleanWeb, no-logs, IP Rotator, Kill Switch, le mode camouflage : chaque brique répond à un vecteur d'attaque spécifique. Ensemble, elles forment un dispositif qui ne promet pas l'invisibilité totale, mais qui rend la tâche des fraudeurs nettement plus coûteuse.

Est-ce que cela suffit à éradiquer le brushing ? Non. Aucune solution technique ne remplace la vigilance humaine. Mais cela réduit significativement les risques, et surtout, cela redonne du contrôle à l'utilisateur. Le brushing n'est pas une arnaque spectaculaire. Pas de rançon, pas de menace directe, pas de compte vidé en quelques clics. C'est une fraude sournoise, qui progresse par accumulation de petits signaux. C'est précisément ce genre de menace qui justifie une approche défensive en profondeur. Pas de solution miracle, mais des couches de protection qui, combinées, découragent l'adversaire moyen.

Et si un jour vous recevez un colis mystère, vous saurez désormais que ce n'est pas un cadeau du ciel. Juste un signal à prendre au sérieux.

L'offre du moment

Pour ceux qui souhaitent franchir le pas, Surfshark propose actuellement un tarif de 2,4€ mensuel (TTC) sur 24 mois, avec trois mois gratuits et une période d'essai de 30 jours.

L'abonnement inclut la protection d'un nombre illimité d'appareils, ce qui facilite le déploiement sur l'ensemble de votre parc personnel ou professionnel. Yapuka !

Surfshark au meilleur prix !

Précision utile : ce lien contient un identifiant affilié. Vous ne payez rien de plus, mais une commission me permet de continuer à produire des articles indépendants, sans dépendre de la publicité programmatique ou des contenus sponsorisés opaques.

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  • Virtual OS Museum - 1700 OS de 1948 à nos jours dans une VM
    Windows 1.0, le System 6 d'Apple, NeXTSTEP, Multics... Tous ces OS que vous croyiez disparus, hé bien aujourd'hui vous pouvez les rebooter sans avoir à ressortir le moindre vieux matos de votre grenier ! Le bureau de NeXTSTEP 3.3, l'OS de NeXT, la boîte montée par Steve Jobs après Apple Et ça c'est grâce à Andrew Warkentin qui a rassemblé plus de 1700 systèmes pré-installés, soit des centaines d'OS différents une fois comptées toutes leurs versions, dans son Virtual OS Museum . Ça remonte jusqu

Virtual OS Museum - 1700 OS de 1948 à nos jours dans une VM

Par : Korben ✨
19 mai 2026 à 22:05

Windows 1.0, le System 6 d'Apple, NeXTSTEP, Multics... Tous ces OS que vous croyiez disparus, hé bien aujourd'hui vous pouvez les rebooter sans avoir à ressortir le moindre vieux matos de votre grenier !

Le bureau de NeXTSTEP 3.3, l'OS de NeXT, la boîte montée par Steve Jobs après Apple

Et ça c'est grâce à Andrew Warkentin qui a rassemblé plus de 1700 systèmes pré-installés, soit des centaines d'OS différents une fois comptées toutes leurs versions, dans son Virtual OS Museum . Ça remonte jusqu'au Manchester Baby de 1948 (avec l'ancêtre du premier OS), et se termine avec les bêtas de Longhorn côté Windows.

LisaDraw sur Apple Lisa Office System 3.1, une interface graphique de 1983

Pour découvrir tout ça, il vous faudra installer une grosse appli Linux qui sert de lanceur. Ensuite, vous cherchez un système, vous filtrez par catégorie, vous double-cliquez, et hop, le vieux bestiau démarre dans son émulateur, déjà configuré. Ça s'appuie sur QEMU, VirtualBox ou UTM, avec des snapshots pour pouvoir revenir en arrière sans rien perdre. Deux formats du musée virtuel sont proposés au choix : La version complète à environ 170 Go qui fonctionne hors-ligne (de quoi faire suer votre SSD ^^), ou la version lite à 20 Go qui pioche les images à la demande. Y'a pas de torrent, c'est que du téléchargement direct, donc à quelques Mo/s, prévoyez la nuit pour récupérer ça.

Mais surtout derrière ce projet d'Andrew Warkentin, y'a vingt ans de collecte. Andrew bricole des émulateurs et archive des images disque depuis le milieu des années 2000, et il voulait juste rendre tout ça accessible d'un coup. Son idée c'était de rendre accessible le plus possible de cette histoire des OS qui a été préservée un peu partout.

IRIX 6.5 de Silicon Graphics, le Unix des stations graphiques SGI

C'est du x86-64 pour l'instant (de l'ARM est prévu de ce que j'ai compris), et la licence ne couvre que le lanceur, les scripts et les métadonnées, en non-commercial uniquement.

Après, les vieux Windows ou Mac OS, eux, restent dans le flou juridique habituel de l'abandonware, que les archivistes pratiquent sans que ça vaille pour autant autorisation des ayants droit. Et non, tout n'est pas magique, puisque certains vieux systèmes réclament encore des réglages à la main.

Plan 9 des Bell Labs et son éditeur acme, l'OS pensé pour l'après-Unix

Mais perso, je trouve que ça vaut largement le détour. Maintenant, si les collections préconfigurées vous parlent, c'est la même philosophie que Retro-eXo côté jeux DOS et Windows, ou que ces émulateurs DOS dans le navigateur , version OS complets cette fois !

Bref, si fouiller dans presque 80 ans d'informatique vous tente, c'est sur virtualosmuseum.org .

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  • Fragnesia - Une nouvelle faille Linux dans la lignée de Dirty Frag
    Bon, accrochez vous les amis, car ça enchaine sec sur le kernel Linux en ce moment... Le chercheur William Bowling de l'équipe V12 security vient de lâcher Fragnesia (CVE-2026-46300, CVSS 7.8), un nouvel exploit kernel Linux qui permet d'obtenir un accès root sur toutes les distros majeures, et ce, 8 jours seulement après le patch de Dirty Frag. Et la mauvaise nouvelle, en fait, c'est que Fragnesia tape dans la même surface d'attaque que Dirty Frag , mais via un bug logique différent qui n'est p

Fragnesia - Une nouvelle faille Linux dans la lignée de Dirty Frag

Par : Korben ✨
15 mai 2026 à 09:33

Bon, accrochez vous les amis, car ça enchaine sec sur le kernel Linux en ce moment... Le chercheur William Bowling de l'équipe V12 security vient de lâcher Fragnesia (CVE-2026-46300, CVSS 7.8), un nouvel exploit kernel Linux qui permet d'obtenir un accès root sur toutes les distros majeures, et ce, 8 jours seulement après le patch de Dirty Frag.

Et la mauvaise nouvelle, en fait, c'est que Fragnesia tape dans la même surface d'attaque que Dirty Frag , mais via un bug logique différent qui n'est pas fixé par le patch initial. Donc si vous aviez sagement mis à jour votre noyau le 8 mai dernier en pensant être tranquille, hé bah désolé, vous êtes toujours à poil !

La lignée "Dirty" continue donc tout simplement de s'allonger... Dirty COW en 2016, Dirty Pipe en 2022, Copy Fail le 1er mai 2026, Dirty Frag le 8 mai, et maintenant Fragnesia le 14 mai. Quatre LPE (local privilege escalation) kernel Linux en deux semaines, c'est un record je crois !

Alors comment ça marche ?

Le bug se planque dans la partie du kernel qui gère le chiffrement réseau IPsec. C'est le truc qu'on utilise pour faire du VPN d'entreprise et l'attaque détourne le moteur de chiffrement pour qu'il écrive là où il ne devrait surtout pas écrire.

Le déroulé ensuite est assez simple à comprendre. Il prend un fichier sensible déjà ouvert en lecture (genre /usr/bin/su, le programme qui fait passer en root), il le balance dans une connexion réseau, et il dit au kernel "tiens, chiffre-moi tout ça en IPsec". Le kernel obéit gentiment, sauf qu'au lieu d'envoyer le résultat chiffré sur le réseau, il vient écraser la version du fichier qui est en mémoire avec les octets chiffrés. Du coup /usr/bin/su contient maintenant du code choisi par l'attaquant. Suffit ensuite de taper su pour devenir root.

Et là c'est le drame !

Le pire, c'est qu'il n'y a aucun "tirage au sort" dans tout ça. Pas besoin de gagner une condition de course une fois sur mille comme à l'époque de Dirty COW. Là, c'est 100% reproductible à chaque exécution, ça marche du premier coup.

La cause profonde, c'est une fonction kernel qui assemble des morceaux de paquets réseau et qui oublie au passage que certains morceaux pointent vers de la mémoire qui ne lui appartient pas vraiment (genre la mémoire d'un fichier qu'un autre process est en train de lire). Bowling appelle ça la "famille Dirty Frag" parce que c'est exactement le même genre d'amnésie qui avait permis Dirty Frag la semaine dernière.

Et le patch du 8 mai n'a pas suffi parce qu'il a juste rebouché un trou particulier, sans toucher à la fonction d'origine. D'où la sortie immédiate du PoC le 14 mai, parce qu'autant prévenir tout le monde, plutôt que de laisser un 0-day silencieux circuler dans les milieux moins recommandables d'Internet.

Testez sur votre Linux

Si vous voulez reproduire ça dans un environnement isolé (genre une VM Ubuntu 24.04 avec un kernel 6.8.0-111-generic), c'est simple :

git clone https://github.com/v12-security/pocs.git
cd pocs/fragnesia
gcc -o exp fragnesia.c && ./exp

Petite subtilité à connaître sur Ubuntu, AppArmor restreint les "user namespaces" (les bacs à sable du kernel) pour les utilisateurs non-privilégiés depuis Ubuntu 24.04. Du coup, avant de lancer l'exploit, faut faire sauter ce verrou de sécurité :

sudo sysctl -w kernel.apparmor_restrict_unprivileged_userns=0

Et là vous récupérez un shell root sans crasher le kernel... vous allez voir, c'est presque magique !

⚠️ Attention, après le test, le /usr/bin/su en mémoire est toujours pété (il contient encore le code de l'attaquant). Donc avant de continuer à utiliser la machine, faut nettoyer ce cache mémoire :

echo 3 > /proc/sys/vm/drop_caches

Ou plus simple, vous rebootez la VM puisque la corruption est uniquement en RAM.

Alors on fait quoi maintenant ?

D'abord, du côté patch, AlmaLinux a déjà sorti des kernels corrigés (kernel-4.18.0-553.124.3.el8_10 pour AL8, kernel-5.14.0-611.54.5.el9_7 pour AL9, et kernel-6.12.0-124.56.3.el10_1 pour AL10). Ensuite, pour les autres distros (Ubuntu, Debian, RHEL, SUSE, Fedora, Gentoo, Amazon Linux, CloudLinux), c'est en cours, mais pas encore disponible partout à l'heure où j'écris ces lignes.

En attendant, la mitigation est exactement la même que pour Dirty Frag, ce qui est plutôt cool, et même pratique, si vous l'aviez déjà appliquée la semaine dernière (rien à refaire, vous êtes déjà protégé contre la nouvelle bête, c'est cadeau). Si ce n'est pas le cas, voici la commande à coller en root, à exécuter sur chaque machine concernée :

sh -c "printf 'install esp4 /bin/false\ninstall esp6 /bin/false\ninstall rxrpc /bin/false\n' > /etc/modprobe.d/fragnesia.conf; rmmod esp4 esp6 rxrpc 2>/dev/null; echo 3 > /proc/sys/vm/drop_caches; true"

Cette ligne bloque les trois modules vulnérables (esp4, esp6 et rxrpc) pour qu'ils ne se rechargent pas au reboot, les décharge s'ils tournent déjà, et nettoie le cache mémoire au cas où il serait déjà corrompu.

Pour rappel, ces trois modules ne servent qu'à du VPN IPsec en mode transport et à un protocole réseau exotique d'Andrew File System. Du coup, 99% des desktops et serveurs classiques ne perdent rien à les désactiver. Si vous opérez du VPN IPsec en prod par contre, là attention, faudra attendre le patch officiel de votre distro et bricoler une rotation de modules en attendant.

Une fois que votre distro pousse le patch officiel (espérons que ce sera très bientôt côté Ubuntu et Debian), vous mettez à jour le noyau, vous rebootez la bécane, et vous retirez tranquillement la conf de modprobe.

Source : github.com/v12-security/pocs

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  • Denuvo tombe en quelques heures grâce aux hyperviseurs
    Denuvo, la célèbre protection anti-piratage qui emmerde les joueurs PC depuis une décennie, traverse une sale période. Depuis début 2026, des pirates contournent la protection via des hyperviseurs, et les jeux protégés tombent désormais en quelques heures au lieu de plusieurs semaines : Resident Evil Requiem, Crimson Desert, Life is Strange: Reunion... tous craqués le jour de leur sortie ! Même Assassin's Creed Shadows, qui avait tenu 11 mois, a fini par tomber. En fait, ces crackers ne s'embêt

Denuvo tombe en quelques heures grâce aux hyperviseurs

Par : Korben
31 mars 2026 à 12:01

Denuvo, la célèbre protection anti-piratage qui emmerde les joueurs PC depuis une décennie, traverse une sale période. Depuis début 2026, des pirates contournent la protection via des hyperviseurs, et les jeux protégés tombent désormais en quelques heures au lieu de plusieurs semaines : Resident Evil Requiem, Crimson Desert, Life is Strange: Reunion... tous craqués le jour de leur sortie ! Même Assassin's Creed Shadows, qui avait tenu 11 mois, a fini par tomber.

En fait, ces crackers ne s'embêtent plus à faire du reverse engineering sur les protections de Denuvo, ce qui leur prenait des mois. Ils ont monté un truc qui attaque sur 5 couches, du UEFI (Ring -2) jusqu'au processus du jeu (Ring 3). Un bootkit open source appelé EfiGuard désactive les protections au démarrage, puis un hyperviseur (SimpleSvm sur AMD, hyperkd sur Intel) prend le contrôle en Ring -1, sous le système d'exploitation. De là, il intercepte les CPUID, falsifie les structures mémoire Windows et triche sur les timings CPU pour que Denuvo croie que tout est normal. Un audit de sécurité indépendant publié sur GitHub n'a certes trouvé aucun malware dans le package, mais prévient que le système est laissé sans protection le temps que l'hyperviseur tourne.

Pour que ça fonctionne, il faut bien sûr désactiver des protections Windows assez critiques comme le VBS (Virtualization-Based Security), le HVCI (Hypervisor-Enforced Code Integrity) et la vérification de signature des driver, ce qui ouvre un peu trop grand le système, qui pourrait alors se voir installer un rootkit ou autre malware...

Et côté matériel, c'est la loterie car ça tourne plutôt bien sur AMD, mais les processeurs Intel posent des soucis de stabilité qui nécessitent des bidouilles franchement dangereuses. FitGirl, la repackeuse la plus connue de la scène, avait même d'abord refusé de toucher à ces cracks en déclarant qu'"aucun jeu ne vaut les dommages potentiels irrécupérables qu'il peut causer à l'ordinateur". Mais depuis, elle a changé d'avis après les améliorations apportées par KiriGiri et l'équipe MKDEV, et publie maintenant des repacks avec un tag "HYPERVISOR" bien visible. M'enfin bon, elle reste quand même prudente.

Irdeto, la boîte qui possède Denuvo, promet bien sûr une contre-mesure qui ne devrait pas ralentir les jeux. Les options sur la table sont : détecter la présence d'hyperviseurs tiers via les CPUID ou la latence CPU, ou imposer des vérifications de licence quotidiennes (ce qui emmerderait aussi les joueurs légitimes).

Et le pire dans tout ça, c'est que Denuvo a un impact mesurable sur les performances des jeux légitimes. Le blogueur Nathan Baggs et le développeur @valigo ont montré que la protection embarque une machine virtuelle qui compresse le code du jeu, bousille le cache processeur, perturbe le prédicteur de branchement et rajoute des instructions parasites. Cela veut dire concrètement que Ghostwire Tokyo mettait 200 secondes à démarrer avec Denuvo contre 54 sans, et Mass Effect Andromeda a gagné 12% de FPS quand la protection a été retirée.

Bref, c'est l'éternel jeu du chat et de la souris et Denuvo sait très qu'ils ne peuvent pas vaincre le piratage. Par contre, ils pouvaient jusqu'à présent maintenir une fenêtre de protection suffisante pour que les éditeurs récupèrent leur investissement sur les premières semaines de vente.

Mais avec ces bypasses hyperviseur, cette fenêtre vient de tomber à zéro. Gloups... Donc la vraie question maintenant, elle est surtout pour les joueurs légitimes : Est-ce que la prochaine "mise à jour de sécurité" de Denuvo va encore bouffer des performances sur leur machine pendant que les pirates jouent sans protection, sans ralentissement, et sans payer ?

On verra bien mais pour l'instant, la tendance des éditeurs c'est plutôt de lâcher les DRM car ils ont compris un truc que Denuvo refuse d'admettre : Avec ces conneries de DRM, ce sont toujours les clients honnêtes qui trinquent !

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  • Faire du Hackintosh comme en 1988
    Vous pensiez que le hackintosh, c'était un truc des années 2000, quand Apple est passé sur Intel ? Raté les amis ! Hé oui, dès 1988, des bidouilleurs assemblaient des Mac-compatibles avec des pièces de PC, bien moins chères que le matos Apple officiel. Et un youtubeur vient justement d'en recréer un de A à Z ! Le gars de la chaîne This Does Not Compute avait récupéré un Macintosh SE dont la carte mère originale avait été remplacée par un accélérateur CPU pour une autre vidéo. Du coup, comme la c

Faire du Hackintosh comme en 1988

Par : Korben
31 mars 2026 à 09:02

Vous pensiez que le hackintosh, c'était un truc des années 2000, quand Apple est passé sur Intel ? Raté les amis ! Hé oui, dès 1988, des bidouilleurs assemblaient des Mac-compatibles avec des pièces de PC, bien moins chères que le matos Apple officiel.

Et un youtubeur vient justement d'en recréer un de A à Z !

Le gars de la chaîne This Does Not Compute avait récupéré un Macintosh SE dont la carte mère originale avait été remplacée par un accélérateur CPU pour une autre vidéo. Du coup, comme la carte mère d'origine traînait dans un tiroir, il s'est dit que ce serait cool de s'en servir pour explorer la scène du clone Mac DIY de la fin des années 80.

Parce qu'à l'époque, un Macintosh SE neuf coûtait dans les 2 500 dollars. Et la carte mère avec son processeur Motorola 68000, c'était le seul composant vraiment indispensable pour faire tourner System 6. Tout le reste, boîtier, alimentation, lecteur de disquette, moniteur, pouvait venir de fournisseurs tiers. Des revues spécialisées publiaient carrément des guides pour construire sa propre machine compatible... Donc il fallait juste une carte mère Apple + des composants PC à trois francs six sous, et vous aviez un Mac fonctionnel pour une fraction du prix officiel !

Le youtubeur a donc repris ce concept... version 2026. Le boîtier est imprimé en 3D avec du PLA beige (obligatoire pour le look années 80, faut pas déconner). Côté modernisation, il a ajouté une carte de sortie VGA, un BlueScsi qui émule un disque dur SCSI avec une simple carte SD de 32 Go (parce que bonne chance pour trouver un disque SCSI 50 broches fonctionnel en 2026), et une alimentation compacte qui ne prend pas la moitié du boîtier. Le lecteur de disquette 3,5 pouces, par contre, est bien d'époque.

Sans oublier évidemment une carte mère Apple d'origine pour que ça fonctionne. Pas moyen de tricher avec un clone chinois, désolé ! Mais ça permet de garder l'âme du truc !

D'ailleurs, le mot "hackintosh" a pas mal changé de définition au fil des décennies. Dans les années 80, ça désignait ces machines bricolées à partir de composants Apple et PC, puis Apple est passé sur PowerPC en 1994, et le concept s'est un peu perdu. Quand les premiers Macs Intel sont alors sortis en 2006, le terme a été recyclé pour désigner les PC faisant tourner macOS en douce. Et maintenant qu'Apple est sur ARM avec ses puces M1/M2/M3... le hackintosh Intel est quasiment mort car on ne peut pas facilement émuler l'architecture ARM sur du x86 grand public.

Alors revenir à cette définition originelle, c'est pas juste de la nostalgie, c'est presque un hommage.

Perso, ce qui me plaît dans ce projet, c'est que ça nous rappelle que la bidouille a toujours existé. Bien avant les forums tonymacx86 et les tutos OpenCore, y'avait déjà des gens qui refusaient de payer le prix Apple et qui se débrouillaient autrement. C'est exactement dans le même esprit que ceux qui reconstruisent des Brewintosh en impression 3D ou qui fabriquent le plus petit hackintosh du monde .

Voilà, si le rétro-computing et la bidouille Mac vous parlent, foncez voir la vidéo sur This Does Not Compute !

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  • WeekInPapers - Pour suivre la recherche en informatique sans se noyer
    Vous avez déjà essayé de suivre ce qui se passe dans la recherche en informatique ? Moi oui, et c'est l'enfer. Chaque semaine, des centaines de nouveaux papiers débarquent sur arXiv . Et entre le machine learning, la vision par ordinateur, la crypto, le NLP et tout le reste, y'a de quoi perdre la tête. Et puis bon, lire des abstracts de 500 mots bourrés de jargon technique, c'est pas vraiment ce qu'on fait pour se détendre le dimanche... Du coup ça tombe bien puisque WeekInPapers tente de résoud

WeekInPapers - Pour suivre la recherche en informatique sans se noyer

Par : Korben
7 février 2026 à 10:07

Vous avez déjà essayé de suivre ce qui se passe dans la recherche en informatique ? Moi oui, et c'est l'enfer. Chaque semaine, des centaines de nouveaux papiers débarquent sur arXiv . Et entre le machine learning, la vision par ordinateur, la crypto, le NLP et tout le reste, y'a de quoi perdre la tête. Et puis bon, lire des abstracts de 500 mots bourrés de jargon technique, c'est pas vraiment ce qu'on fait pour se détendre le dimanche...

Du coup ça tombe bien puisque WeekInPapers tente de résoudre ce problème. Le concept est simple : chaque semaine, le site liste tous les papiers publiés sur arXiv dans le domaine de l'informatique, avec des résumés générés par IA et un glossaire des termes techniques. L'idée, c'est de rendre la recherche accessible aux gens comme moi qui n'ont pas un doctorat en deep learning.

Le site couvre une trentaine de catégories différentes : Machine learning, vision par ordinateur, intelligence artificielle, traitement du langage naturel, robotique, cryptographie, architecture hardware, graphisme, interaction homme-machine... Bref, à peu près tous les domaines de l'informatique.

Cette semaine par exemple, y'avait plus de 300 papiers listés. Rien que ça...

L'interface est plutôt bien foutue puisque vous avez une sidebar avec des filtres pour sélectionner les catégories qui vous intéressent. Et chaque papier apparaît sous forme de tuile cliquable avec le titre, la date, les tags de catégorie et l'identifiant arXiv. Vous survolez une tuile et hop, l'abstract s'affiche. Et si vous cliquez, vous avez les détails complets.

Ce qui est cool, c'est que les papiers sont souvent taggés dans plusieurs domaines. Du coup, un article sur les réseaux de neurones pour la génération vidéo apparaîtra à la fois dans machine learning et dans vision par ordinateur. C'est chouette pour ne pas louper des trucs qui chevauchent plusieurs disciplines.

Ce projet a été créé par Matthew Oxley et moi, ce que je préfère, ce sont les résumés générés par un LLM qui permettent d'avoir une idée rapide de ce que raconte un papier sans se taper 15 pages de formules mathématiques. Après, si un truc vous intéresse vraiment, rien ne vous empêche d'aller lire le papier original, évidemment.

Voilà, pour les chercheurs, les étudiants ou juste les curieux qui veulent rester au courant des dernières avancées, c'est une ressource plutôt pratique. En tout cas, plus pratique que de faire du doom-scrolling sur X en espérant tomber sur un thread intéressant.

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  • Notepad++ - Votre éditeur de texte préféré a été piraté
    Si vous utilisez Notepad++, faut que vous sachiez qu'il s'est passé un truc moche. Entre juin et décembre 2025, les serveurs de mise à jour de votre éditeur de texte préféré ont été piratés par Lotus Blossom, un groupe de hackers chinois actifs depuis 2009 et spécialisés dans l'espionnage gouvernemental. Ouin 🥲. En gros, les attaquants ont réussi à compromettre l'infrastructure de l'ancien hébergeur du projet pour détourner le trafic de mise à jour. Certains utilisateurs se retrouvaient redirigé

Notepad++ - Votre éditeur de texte préféré a été piraté

Par : Korben
2 février 2026 à 13:13

Si vous utilisez Notepad++, faut que vous sachiez qu'il s'est passé un truc moche. Entre juin et décembre 2025, les serveurs de mise à jour de votre éditeur de texte préféré ont été piratés par Lotus Blossom, un groupe de hackers chinois actifs depuis 2009 et spécialisés dans l'espionnage gouvernemental. Ouin 🥲.

En gros, les attaquants ont réussi à compromettre l'infrastructure de l'ancien hébergeur du projet pour détourner le trafic de mise à jour. Certains utilisateurs se retrouvaient redirigés vers des serveurs malveillants qui leur servaient des binaires vérolés au lieu des vraies mises à jour. Et le chercheur en sécurité Kevin Beaumont confirme que trois organisations ayant des intérêts en Asie de l'Est ont subi des intrusions via cette méthode... avec des hackers qui naviguaient VRAIMENT sur les PC des victimes en temps réel.

Le pire ? Les hackers ont gardé un accès aux services internes jusqu'au 2 décembre, même après la correction de la faille initiale en septembre. Ils exploitaient une vulnérabilité dans le script getDownloadUrl.php et les faiblesses de WinGUP, l'outil de mise à jour. Les anciennes versions utilisaient même un certificat auto-signé dispo sur GitHub... autant dire que c'était open bar.

Rapid7 a publié une analyse technique du malware déployé via cette attaque. Baptisé "Chrysalis", c'est une backdoor complète avec shell interactif, exfiltration de fichiers, création de processus à distance... le package complet de l'espion. Le truc vicieux, c'est que le serveur de commande utilisait une URL qui imitait l'API de DeepSeek pour passer sous les radars.

Beaumont alerte aussi sur le fait que les moteurs de recherche sont bourrés de pubs qui poussent des versions vérolées de Notepad++. Sans compter des extensions malveillantes qui circulent. Bref, c'est la fête.

Bon, pour vous protéger, mettez à jour Notepad++ vers la version 8.9.1 minimum (et pas 8.8.9 comme annoncé initialement, ils ont renforcé les protections depuis). Si vous avez un doute, désinstallez tout et retéléchargez directement depuis notepad-plus-plus.org. Changez vos mots de passe si vous utilisiez cet outil pendant la période critique, et les admins réseau, bloquez l'accès Internet de gup.exe dans votre pare-feu. Hop, c'est réglé. Si vous cherchez des alternatives le temps que ça se tasse, y'a Notepads ou NotepadNext qui font du super boulot, et les indicateurs de compromission sont dans le rapport de Rapid7 .

Bref, restez vigilants !

Source & Source

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  • Le premier hack musical de l'histoire est de retour et c'est magnifique !
    Le youtubeur Joe Lynch vient de faire jouer “ Olson ” de Boards of Canada sur un ordinateur de 1959. Pas un émulateur, hein mais le vrai PDP-1, celui qui est au Computer History Museum. 603 bytes de musique sur une bande perforée, et quatre ampoules sur le panneau de contrôle transformées en haut-parleurs… Le son est brut, lo-fi, presque primitif et je trouve ça magnifique. Mais attendez, ce PDP-1 c’est pas juste un vieux tas de circuits et de câbles… C’est vraiment l’ordinateur qui a créé les h

Le premier hack musical de l'histoire est de retour et c'est magnifique !

Par : Korben
13 octobre 2025 à 15:07

Le youtubeur Joe Lynch vient de faire jouer “ Olson ” de Boards of Canada sur un ordinateur de 1959. Pas un émulateur, hein mais le vrai PDP-1, celui qui est au Computer History Museum. 603 bytes de musique sur une bande perforée, et quatre ampoules sur le panneau de contrôle transformées en haut-parleurs… Le son est brut, lo-fi, presque primitif et je trouve ça magnifique.

Mais attendez, ce PDP-1 c’est pas juste un vieux tas de circuits et de câbles… C’est vraiment l’ordinateur qui a créé les hackers et je vais essayer de vous en raconter un peu l’histoire !

Le PDP-1 débarque au MIT en septembre 1961. Digital Equipment Corporation le vend alors 120 000 dollars en tant qu’outil de calcul scientifique. C’est très sérieux, très corporate, sauf que les étudiants du MIT s’en foutent du calcul scientifique.

Ils veulent jouer !

Steve Russell programme alors Spacewar! en 1962. C’est l’un des premiers jeu vidéo. Deux vaisseaux qui se tirent dessus autour d’une étoile et vous vous en doutez, c’est pas prévu dans le manuel. C’est un détournement de la machine… un hack.

Puis la même année, Peter Samson , un autre étudiant du MIT, remarque que les ampoules de statut du PDP-1 clignotent. On/off, on/off… Il se dit alors qu’en contrôlant la vitesse du clignotement, on peut générer des fréquences audio. Il code alors le Harmony Compiler et c’est comme ça que les quatre ampoules deviennent quatre voix musicales. C’est l’un des premier synthétiseur temps réel et polyphonique de l’histoire. Peter optimise même le système pour jouer du Bach.

C’est la naissance de la culture hacker, de l’idée que le matériel peut faire plus que ce pour quoi il a été conçu et vendu. Les limites sont là pour être contournées et ce n’est pas mal… c’est de l’exploration !

Le PDP-1 devient alors le terrain de jeu des premiers hackers du MIT. Ils codent la nuit, quand les profs sont partis et transforment cette machine de calcul en espace de créativité. Et cette étincelle de culture va créer tout ce qui suit. Unix en 1969, le Homebrew Computer Club dans les années 70, les premiers PC, l’open source, Linux…etc. A chaque fois, ce sont des étudiants qui ont décidé que les règles c’était optionnel.

Et 63 ans plus tard, Joe Lynch arrive, prend le code de Peter Samson écrit en 1962 et l’utilise pour faire jouer un morceau de 1998. Il perfore une bande papier, il la charge dans le PDP-1, les fameuses quatre ampoules s’allument et s’éteignent alors à des fréquences calculées pour l’occasion et c’est “Olson” qui sort des haut-parleurs.

Incoyrable non ?

Pour réussir cet exploit, Joe Lynch a utilisé le Harmony Compiler tel qu’il était à l’époque, sans faire aucune modification et tout fonctionne encore parfaitement. Peter Samson a écrit ce code bien avant Apollo 11, bien avant Unix, Internet et tout ce que vous connaissez. Et son code survit encore aujourd’hui alors que 50% des apps que vous avez sur votre téléphone seront totalement mortes dans 5 ans.

Voilà, j’ai trouvé ça beau, un peu comme entendre le son du premier phonogramme ou la première chanson enregistrée… Le projet est évidemment sur GitHub et Joe Lynch y a documenté tout le processus. Il y explique comment il a transcrit “Olson” dans le DSL défini par le Harmony Compiler puis comment il a séparé les quatre voix, comment il a compilé tout ça en bande perforée et enfin, comment il a chargé la bande dans le vrai PDP-1 du Computer History Museum avec l’aide de Peter Samson lui-même, maintenant conférencier pour le musée.

Le site dédié au projet c’est pdp1.music si ça vous branche !

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  • Microsoft libère enfin le code source du BASIC 6502
    Allez, on va jouer à un jeu ! Tapez “STORD0” dans un vieil émulateur Commodore et regardez ce qui se passe. Non, ce n’est pas une commande documentée mais bien un Easter egg planqué dans Microsoft BASIC depuis 1977. Et si je vous parle de ça, c’est parce que j’ai une bonne nouvelle. En effet, Microsoft vient de libérer le code source de ce BASIC 6502 historique sous licence MIT. Quarante-sept ans après sa création donc, on peut enfin fouiller dans les entrailles du programme qui a fait tourner

Microsoft libère enfin le code source du BASIC 6502

Par : Korben
4 septembre 2025 à 16:09

Allez, on va jouer à un jeu !

Tapez “STORD0” dans un vieil émulateur Commodore et regardez ce qui se passe. Non, ce n’est pas une commande documentée mais bien un Easter egg planqué dans Microsoft BASIC depuis 1977.

Et si je vous parle de ça, c’est parce que j’ai une bonne nouvelle. En effet, Microsoft vient de libérer le code source de ce BASIC 6502 historique sous licence MIT. Quarante-sept ans après sa création donc, on peut enfin fouiller dans les entrailles du programme qui a fait tourner des millions de machines mythiques de l’ère 8-bits. Et croyez-moi, c’est une mine d’or pour comprendre comment deux jeunes de 20 ans ont posé les fondations de ce qui deviendrait plus tard, le plus gros empire logiciel de la planète.

L’histoire commence donc en 1975 . Gates et Allen viennent de créer Microsoft (encore avec un tiret à l’époque : Micro-Soft) et leur premier produit, c’est un interpréteur BASIC pour l’Altair 8800. Le truc, c’est qu’ils n’avaient même pas la machine, du coup, ils ont développé l’émulateur sur un PDP-10 de Harvard, en se basant uniquement sur les specs du processeur Intel 8080. Et quand ils ont finalement testé leur code sur une vraie machine, ça a marché du premier coup.

La chance des débutants, on va dire ^^.

Deux ans plus tard, le MOS 6502 débarque. Moins cher que l’Intel 8080, plus simple, il va devenir LE processeur de la révolution micro-informatique. Chuck Peddle, son créateur chez MOS Technology, avait un objectif simple qui était de concevoir un processeur à 25 dollars au lieu de 300 pour l’Intel 8080. Mission accomplie évidemment… et devinez qui voulait absolument un BASIC pour accompagner son nouveau processeur ?

Commodore, qui venait de racheter MOS Technology.

La négociation entre Jack Tramiel (le légendaire patron de Commodore) et Bill Gates est même devenue mythique dans l’industrie. Tramiel, survivant de l’Holocauste devenu roi de la calculatrice puis de l’informatique, était réputé pour être un négociateur impitoyable. Sa philosophie c’était “Business is war” … Je vous laisse imaginer la mentale du bonhomme.

Et face à lui, Bilou Gates, 22 ans, lunettes énormes, qui demandait initialement 3 dollars par machine vendue. Tramiel a ri et proposé un deal unique : 25 000 dollars cash pour une licence perpétuelle. Gates a accepté…

Aujourd’hui, si Microsoft avait gardé les royalties à 3 dollars par unité comme Gates le voulait initialement, avec 17 millions de Commodore 64 vendus selon Guinness World Records , ils auraient touché plus de 50 millions de dollars rien que sur cette machine.

Mais le génie de Gates et Allen, c’était pas forcement le commerce, c’était surtout leurs capacités technique car adapter un BASIC conçu pour l’Intel 8080 au 6502, c’était pas de la tarte. Les deux processeurs avaient des architectures complètement différentes. L’Intel 8080 avait plus de registres, le 6502 compensait avec sa page zéro ultra-rapide. L’équipe Microsoft (qui comptait alors une dizaine de personnes) a dû réécrire une bonne partie du code en assembleur 6502, optimiser chaque routine pour tenir dans la mémoire limitée de l’époque… Je vous parle quand même de machines avec 4 Ko de RAM, hein, pas 4 Go !

Le code source qu’on peut consulter aujourd’hui révèle tous ces détails fascinants sur ces optimisations. Par exemple, la routine de multiplication utilise une technique de décalage et addition super élégante pour économiser des cycles processeur. Les chaînes de caractères sont gérées avec un système de garbage collection rudimentaire mais efficace. Chaque octet comptait, chaque cycle processeur était précieux. C’est de l’artisanat pur du code, à des années-lumière de nos frameworks JavaScript de 500 Mo.

L’impact de ce BASIC 6502 sur l’industrie a d’ailleurs été monumental. Steve Wozniak s’en est inspiré pour créer Integer BASIC puis Applesoft BASIC sur l’Apple II. Atari l’a utilisé comme base pour son Atari BASIC. Le TRS-80 Color Computer de Tandy/Radio Shack tournait avec. Des millions d’enfants et d’adolescents dont je fais parti, ont appris à programmer avec, tapant leurs premiers “10 PRINT HELLO” et “20 GOTO 10” sur ces machines.

Microsoft explique dans l’annonce officielle que cette libération fait partie d’un effort plus large pour préserver l’histoire de l’informatique. Certes, le Computer History Museum avait déjà publié certaines versions en 2014, mais là, c’est Microsoft directement qui ouvre ses archives. Le dépôt GitHub contient plusieurs versions historiques, incluant celles pour l’OSI Challenger 1P, le KIM-1, et bien sûr les différentes révisions Commodore.

Pour les nostalgiques et les curieux, le code est donc un vrai régal. Les commentaires en assembleur racontent une histoire. On voit l’évolution des bugs corrigés, les optimisations ajoutées version après version. Le fameux Easter egg STORD0/STORDO dont je vous parlais en intro est là aussi dans le code source. C’est un simple saut conditionnel vers une routine qui affiche “MICROSOFT!”, probablement ajouté lors d’une session de coding nocturne, quand Gates et Allen se permettaient un peu de fun dans leur code ultra-sérieux.

Au-delà de la nostalgie, cette libération a une vraie valeur éducative. Les étudiants en informatique peuvent étudier comment on programmait quand chaque byte comptait. Les développeurs d’émulateurs peuvent corriger des bugs vieux de 40 ans. Les historiens de l’informatique ont accès aux sources primaires d’un moment clé de notre industrie. C’est comme si on ouvrait les carnets de Léonard de Vinci, mais pour les geeks.

Microsoft a également choisi la licence MIT, ultra-permissive donc vous pouvez forker, modifier, vendre, faire ce que vous voulez avec ce code.

C’est un peu ironique quand on pense que Gates avait écrit sa fameuse “Open Letter to Hobbyists” en 1976 , se plaignant du piratage de son BASIC Altair. Le jeune Bill qui pestait contre le partage gratuit de logiciels se serait bien marré en voyant Microsoft open-sourcer son travail aujourd’hui.

Ce qui est fou, c’est quand même de réaliser que ce petit bout de code a généré une industrie de plusieurs trilliards de dollars. Sans ce BASIC 6502, pas de Commodore 64 (la machine la plus vendue de l’histoire), pas d’Apple II tel qu’on le connaît, pas de génération de programmeurs formés dans les années 80. Microsoft aurait peut-être mis la clé sous la porte sans ces revenus initiaux et l’histoire de l’informatique personnelle aurait été complètement différente.

L’équipe de Microsoft en 1978

Maintenant, pour ceux qui veulent jouer avec, le code compile toujours avec les assembleurs modernes comme ca65. Vous pouvez donc le faire tourner dans n’importe quel émulateur 6502. Certains ont déjà commencé à créer des versions modernisées, ajoutant des commandes, corrigeant des bugs historiques, ou portant le code sur des architectures modernes. Le projet est donc hyper vivant sur GitHub, avec déjà des dizaines de forks et de pull requests.

Un détail amusant c’est que ce code révèle que Microsoft avait prévu dès le départ la possibilité d’étendre le langage avec des commandes custom. Une architecture modulaire en 1977, c’est fort ! Certains constructeurs comme Commodore ont d’ailleurs ajouté leurs propres extensions pour gérer les sprites, le son, les graphismes. Et le code BASIC de Microsoft, solide comme un roc, continuait de tourner de la même façon sur toutes les machines.

Cette libération arrive également à un moment symbolique car l’informatique rétro n’a jamais été aussi populaire. Des projets comme le Commander X16 de David Murray tentent de recréer l’esprit des machines 8-bits avec du hardware moderne et ce BASIC 6502 open source pourrait devenir la base de nouveaux projets éducatifs, de nouvelles machines rétro, ou simplement servir à comprendre d’où on vient.

Alors oui, c’est juste du vieux code. Mais c’est LE vieux code. Celui qui a permis à une génération entière de découvrir la programmation. Celui qui a transformé Microsoft de startup dans un garage en empire mondial. Celui qui cache encore, 47 ans plus tard, des Easter eggs et des secrets.

Donc, si vous avez 5 minutes, allez jeter un œil au repo GitHub . C’est un voyage dans le temps, à l’époque où 16 Ko de RAM c’était le futur, et où deux jeunes pouvaient changer le monde avec quelques milliers de lignes d’assembleur.

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  • Google Big Sleep - L'IA qui a trouvé 20 failles de sécurité toute seule
    Les bug bounty hunters n’ont qu’à bien se tenir car Google va bientôt tenter de les remplacer (comme ils ont déjà remplacé pas mal de créateurs web) grâce à leur nouvelle IA baptisée Big Sleep. En effet, celle-ci vient de prouver qu’elle peut détecter des failles de sécurité que même les meilleurs hackers humains ont loupées. Et je ne vous parle pas de petites vulnérabilités bidons, mais de véritables failles dans des logiciels critiques. Vous vous souvenez quand je vous parlais de XBOW, cette I

Google Big Sleep - L'IA qui a trouvé 20 failles de sécurité toute seule

Par : Korben
5 août 2025 à 16:01

Les bug bounty hunters n’ont qu’à bien se tenir car Google va bientôt tenter de les remplacer (comme ils ont déjà remplacé pas mal de créateurs web) grâce à leur nouvelle IA baptisée Big Sleep. En effet, celle-ci vient de prouver qu’elle peut détecter des failles de sécurité que même les meilleurs hackers humains ont loupées. Et je ne vous parle pas de petites vulnérabilités bidons, mais de véritables failles dans des logiciels critiques.

Vous vous souvenez quand je vous parlais de XBOW, cette IA qui était devenue numéro 1 sur HackerOne ? Eh bien Google vient de rentrer dans la danse avec Big Sleep, et visiblement ils ne sont pas venus pour rigoler. L’approche est différente mais tout aussi impressionnante.

Big Sleep, c’est le fruit d’une collaboration entre Google Project Zero (l’équipe d’élite qui trouve des failles zero-day) et DeepMind (les génies derrière AlphaGo). Ensemble, ils ont créé une IA capable d’analyser du code source et de détecter des vulnérabilités de manière autonome. Le nom “Big Sleep” vient d’ailleurs du roman noir de Raymond Chandler (lien affilié), un clin d’œil au côté détective de l’IA.

La première vraie victoire de Big Sleep, c’est donc d’avoir trouvé une vulnérabilité stack buffer underflow dans SQLite, la base de données la plus utilisée au monde. Cette faille était passée sous le radar de tous les outils de fuzzing traditionnels et des chercheurs humains. L’IA a réussi à l’identifier en analysant les patterns de code et en comprenant la logique profonde du programme.

Ce qui est vraiment fou avec Big Sleep, c’est sa capacité à comprendre le contexte et la sémantique du code car contrairement aux outils de fuzzing classiques qui bombardent le programme avec des données aléatoires pour voir s’il crashe, Big Sleep lit et comprend réellement ce que fait le code.

C’est la différence entre un lecteur de Korben.info qui lit l’un de mes articles et qui est content. Et un lecteur de Korben.info (ou pas d’ailleurs) qui lit l’un de mes articles en diagonale (ou juste le titre…lol), qui ne comprend rien et qui part ensuite m’insulter sur les réseaux sociaux ^^.

Google explique que Big Sleep utilise une approche en plusieurs étapes. D’abord, l’IA analyse le code source pour comprendre sa structure et son fonctionnement. Ensuite, elle identifie les zones potentiellement vulnérables en se basant sur des patterns connus mais aussi sur sa compréhension du flux de données. Enfin, elle génère des cas de test spécifiques pour confirmer l’existence de la vulnérabilité.

Les 20 vulnérabilités découvertes touchent différents types de logiciels, des bibliothèques système aux applications web. Google reste discret sur les détails exacts pour des raisons évidentes de sécurité, mais ils confirment que toutes les failles ont été corrigées avant toute exploitation malveillante. C’est le principe du responsible disclosure : on trouve, on prévient, on corrige, et seulement après on communique.

Ce qui différencie Big Sleep de XBOW, c’est surtout l’approche. Là où XBOW excelle dans les bug bounties publics avec une approche plus agressive, Big Sleep semble plutôt orienté vers l’analyse en profondeur de code complexe. Les deux IA sont donc complémentaires et montrent bien que l’avenir de la cybersécurité passera par ces assistants intelligents.

D’ailleurs, Google ne compte pas garder Big Sleep pour lui et l’équipe travaille sur une version open source qui permettra à la communauté de bénéficier de cette technologie. L’idée c’est de démocratiser la recherche de vulnérabilités pour que même les petites entreprises puissent sécuriser leur code.

Mais attention, tout n’est pas rose non plus car que se passera-t-il si des acteurs malveillants mettent la main sur ce genre d’IA ? La course aux armements entre attaquants et défenseurs risque de fortement s’accélérer drastiquement. Google assure avoir mis en place des garde-fous, mais on sait tous que dans le domaine de la sécurité, rien n’est jamais garanti à 100%.

Selon Google, Big Sleep peut analyser en quelques heures ce qui prendrait des semaines à une équipe humaine et contrairement à vous les vacanciers éternels, l’IA ne se fatigue pas, ne fait pas d’erreur d’inattention, et peut traiter des volumes de code monumentaux. Sur les 20 vulnérabilités trouvées, au moins 5 étaient considérées comme critiques avec un score CVSS supérieur à 8.

Pour voir les dernières découvertes de BigSleep c’est par ici.

L’objectif pour Google à terme c’est de créer une IA capable de comprendre non seulement le code, mais aussi l’intention derrière le code, donc si vous êtes développeur ou responsable sécurité, il est temps de prendre ce sujet au sérieux. Les IA comme Big Sleep et XBOW ne sont pas des gadgets, donc commencez à réfléchir à comment intégrer ces outils dans vos processus de développement et surtout, n’attendez pas que les attaquants s’en servent contre vous.

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    J’adore ces histoires de bidouille légale qui montrent à quel point les ingénieurs peuvent être créatifs quand il s’agit de contourner certaines limitations. Et celle que je vais vous raconter aujourd’hui, c’est du grand art, vous allez voir. Ce n’est pas quelque chose de récent mais plutôt une astuce géniale qui date d’une époque où les fabricants de PC comme Dell savaient “transformer” des versions d’essai en logiciels complets, et tout ça parfaitement légalement !

L'astuce secrète des fabricants PC pour pirater légalement

Par : Korben
25 juin 2025 à 11:00

J’adore ces histoires de bidouille légale qui montrent à quel point les ingénieurs peuvent être créatifs quand il s’agit de contourner certaines limitations. Et celle que je vais vous raconter aujourd’hui, c’est du grand art, vous allez voir.

Ce n’est pas quelque chose de récent mais plutôt une astuce géniale qui date d’une époque où les fabricants de PC comme Dell savaient “transformer” des versions d’essai en logiciels complets, et tout ça parfaitement légalement !

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    Une dépêche estivale où on ira à la rencontre de l’auteur de science-fiction américain Robert Heinlein à travers trois de ses romans : Double étoile (1956), Révolte sur la Lune (1966) et Le Chat passe-muraille (1985). L’idée ? Replacer Heinlein ainsi que ses romans dans l’histoire de l’informatique, voir comment cela fonctionnerait à l’heure actuelle, éventuellement se livrer à une prospective. L’informatique n’est pas une science si nouvelle. Il serait temps que ça rentre dans les esprits. li

Heinlein : du papier carbone sur la Lune et une IA

Une dépêche estivale où on ira à la rencontre de l’auteur de science-fiction américain Robert Heinlein à travers trois de ses romans : Double étoile (1956), Révolte sur la Lune (1966) et Le Chat passe-muraille (1985). L’idée ? Replacer Heinlein ainsi que ses romans dans l’histoire de l’informatique, voir comment cela fonctionnerait à l’heure actuelle, éventuellement se livrer à une prospective. L’informatique n’est pas une science si nouvelle. Il serait temps que ça rentre dans les esprits.

Une étagère

Sommaire

Heinlein et le temps informatique

Robert Anson Heinlein nait en 1907, soit un an après Grace Hopper, conceptrice du premier compilateur et du Cobol et cinq ans avant Alan Turing qui a travaillé à la conception des tout premiers ordinateurs. Il meurt en 1988 quelque chose comme quatre ans après la sortie du premier ordinateur Macintosh, trois ans après la sortie de Windows et trois ans avant la naissance de Linux.

Il sort diplômé de l’Académie navale d’Annapolis. En 1947, l’année de sortie de l’EDVAC, il épouse Virginie Gerstenfeld, une ingénieure qui a procédé à des tests de fusée. Ensemble ils feront de leur maison « la maison de l’avenir » (image d’article de presse, en) qui avait, notamment, pour plaire à la femme au foyer (sic), un bureau dans la cuisine avec un téléphone et une machine à écrire. Elle ne préfigure pas du tout celle de Xanadu 2.0 de Bill Gates, achevée en 1996.

Le premier roman de Heinlein, Sixième colonne parait en 1941, l’année de sortie du Z3 de Konrad Zuse, le premier ordinateur programmable en calcul binaire et à virgule flottante ayant vraiment fonctionné et onze ans avant la création de la NASA. Son dernier roman paru de son vivant, Au-delà du crépuscule paraît en 1987, l’année de naissance du langage Perl.

Il est difficile de savoir à quel point Heinlein suivait l’évolution de l’informatique. On verra, toutefois, que cet aspect, traité à la marge dans Double étoile en 1956, devient réellement « futuriste » dix ans après avec Révolte sur la lune et l’apparition d’une intelligence artificielle.

Double étoile, 1956, du papier carbone et des règles à calcul

Double étoile est considéré comme l’un de ses romans majeurs. Il paraît en 1956, l’année de la naissance de Fortran, un an avant que Frances Allen (prix Turing 2006) n’intègre IBM et trois avant l’IBM 1401. Ce dernier, le plus vendu des ordinateurs de 2e génération d’IBM avait une mémoire entre 1,4 à 16 Ko selon les configurations. Il n’avait pas d’écran et était composé de trois machines : une lectrice perforatrice de carte, une unité centrale avec tableau de contrôle et une imprimante. On pouvait en outre y connecter des bandes magnétiques pour étendre ses capacités. Les IBM 401, étaient plus lourds qu’une armoire normande et occupaient plus d’espace au sol, mais les trois blocs étaient plus facilement mobiles, car ils étaient pourvus de roulettes.

Le propos

Le propos : un politicien, John Joseph Bonforte, est enlevé en pleine période électorale. Son équipe de campagne s’adresse à un acteur, Lawrence Smythe qui est son sosie pour le remplacer le temps de le retrouver. Et évidemment, il y a un traître dans l’équipe de campagne. Ça se passe surtout sur la Lune où règne un empereur d’un empire galactique. Bonforte se présente aux élections de premier ministre (la personne qui a le réel pouvoir). Quatre scènes du livre nous intéressent.

Le téléphone, forcément filaire

Même si le livre se passe dans le futur (y compris le nôtre), Heinlein n’avait pas envisagé la téléphonie mobile que nous connaissons. Au début du livre, Smythe est dans un bar où un serveur l’avise d’un appel téléphonique. Il demande à ce qu’on lui apporte le téléphone. Ce à quoi il lui est répondu d’aller dans une cabine qui est, elle, une réelle avancée technologique, puisqu’il s’agit d’une cabine super protégée où les conversations restent réellement confidentielles.

La première expérience de téléphonie sans fil daterait de 1900, soit vingt-quatre ans après l’invention du téléphone lui-même par Graham Bell. Mais elle ne deviendra une pratique courante, pour reprendre les termes de l’article du Petit journal, que vers les années 1980. C’était encore un domaine très balbutiant en 1956, plutôt réservé aux voitures et autres véhicules automobiles. C’était cher et le matériel était lourd et encombrant. Le premier téléphone mobile réellement portable et utilisable par les piétons date du début des années 1970. Le prototype avec lequel Martin Cooper, chercheur chez Motorola, a passé le premier appel en 1973 pesait plus d’un kilo et ne tenait, évidemment, pas dans une poche et pas terriblement bien dans la main, à vrai dire. Le téléphone mobile (ou cellulaire) deviendra « intelligent » en 1994.

Martin Cooper
Martin Cooper et une collection des premiers téléphones mobiles.

L’écran tactile a été inventé à peu près au même moment, en 1972. Conçu par l’Université de l’Illinois, il sera réalisé par IBM avec son ordinateur « Plato IV ». Il faudra attendre 2007 avec l’Iphone d’Apple pour que les écrans tactiles se répandent sur les ordiphones.

Aujourd’hui, Smythe recevrait l’appel sur son téléphone mobile, mais sans aucune garantie de confidentialité et, évidemment, avec des écouteurs BlueTooth. Le futur (pas si lointain ?) serait qu’au lieu de parler à haute voix, on puisse se contenter de subvocaliser et que l’on ait des implants pour utiliser son ordiphone.

Les archives Farley, des données incompatibles avec le RGPD

Pour pouvoir bien jouer le rôle de Bonforte, Smythe a besoin de connaître beaucoup d’informations :

Mon numéro de funambule n’était possible que grâce aux archives Farley de Bonforte. Les archives Farley de Bonforte étaient des archives modèles. On n’a sans doute jamais rien fait de mieux dans le genre.

James Aloysius Farley était un politicien né en 1888 et mort en 1976. Il est connu, du Wikipédia allemand, pour avoir été le directeur de campagne de Franklin Delano Roosevelt. Il a créé pour lui un système d’archives de données sur toutes les personnes que le futur président avait rencontré. Les informations pouvaient être très complètes et comporter des données aussi personnelles que des informations sur les conjoints, les enfants, le reste de la famille, etc. ainsi que des anecdotes sur les personnes. D’après la page de Wikipédia, en allemand, consacrée aux archives Farley (de), les « archives Farley sont largement utilisées par les politiques et dans le monde des affaires.

Dans le roman d’Heinlein, ces :

archives portaient sur des milliers et des milliers d’hommes, femmes, enfants que Bonforte avaient rencontrés au cours de sa longue existence publique. Chacun des dossiers résumait tout ce qu’on savait d’une personne donnée, d’après le contact personnel que Bonforte avait eu avec elle. Tout s’y trouvait. Même et y compris les détails les plus insignifiants (c’était même par ces détails insignifiants que commençaient les dossiers) : noms et surnoms de l’épouse, des enfants et des animaux favoris, violons d’Ingres, goûts en matière de nourriture et de boisson, préjugés, manies…, etc. Venait ensuite la liste de toutes les rencontres de Bonforte avec la personne en cause. Accompagnée d’un commentaire permanent.

Elles étaient alimentées par Bonforte et son assistante, Penny à l’aide d’un enregistreur actionné par la chaleur corporelle, celui de Penny étant un bracelet. Ensuite les enregistrements étaient retranscris par deux femmes dont c’était le travail à plein temps et microfilmés. Heinlein reste vague sur le mode de consultation desdites archives hormis sur le fait que, lorsque Bonforte disposait d’un écran, Penny lui envoyait des messages.

Aujourd’hui : les informations seraient enregistrées au fil de l’eau, numérisées et entrées automatiquement dans la base de données, voire, retranscrites en texte. Elles seraient accessibles de l’ordiphone via une application, et dans un futur presque immédiat accessible via des implants ou des lunettes de réalité augmentée à l’allure de paires de lunettes normales. Sauf que ! Ce qui peut passer en restant strictement matériel devient illicite et dangereux quand c’est informatisé compte tenu de la rapidité d’accès aux données et de la possibilité de les croiser. D’ailleurs, il est fort douteux que cela soit compatible avec le RGPD surtout si le consentement des personnes n’a pas été donné, notamment dans son article 56 :

Lorsque, dans le cadre d’activités liées à des élections, le fonctionnement du système démocratique dans un État membre requiert que les partis politiques collectent des données à caractère personnel relatives aux opinions politiques des personnes, le traitement de telles données peut être autorisé pour des motifs d’intérêt public, à condition que des garanties appropriées soient prévues.

Mais on peut tout à fait imaginer que des politiques véreux non seulement recourent à ce genre d’archives, mais les vendent pour payer leurs campagnes électorales. Et évidemment, que cela se pratique dans des États où n’existe pas d’équivalents au RGPD.

Un traître et du papier carbone

Une bonne intrigue ne saurait être sans un traître. Ce dernier va accoster notre héros en public Smythe-Bonforte et révéler la supercherie. Lequel réagit en proposant que l’on prenne ses empreintes digitales et qu’on les compare avec celles d’un fichier d’empreintes. Pour ce faire :

Penny avait des feuilles de papier carbone et quelqu’un retrouva un de ces carnets à feuilles de plastique qui prenaient très bien les empreintes.

La technique de photocopie date de 1938, et le premier photocopieur commercial de 1959. À l’époque de la rédaction du roman, la seule façon rapide et facile d’avoir plus d’une copie d’un texte était d’utiliser le papier carbone avec lequel on pouvait avoir au maximum quatre copies sur une machine à écrire. La dernière étant bien pâle. C’est de ce papier carbone que vient l’envoi en « cc » (carbon copy, copie carbone en français) ou « bcc » (blind carbon copy, copie carbone invisible ou cci en français) des courrielleurs. Et, comme dans le monde de Double étoile, il semble qu’on utilise encore des machines à écrire, comme le faisait sans doute Heinlein pour écrire ses romans, avoir du papier carbone sous la main était courant.

Aujourd’hui, à ma connaissance on n’utilise ce type de papier que dans deux cas de figure : la broderie, pour reproduire un motif et les liasses et carnets autocopiants. Ces derniers servent pour faire des factures ou des borderaux. En pharmacie, par exemple, on vous délivrera ce type de bordereau si une partie des médicaments figurant sur l’ordonnance est manquante.

Smythe-Bonforte aurait pu avoir une application sur son ordiphone pour relever ses empreintes et les relier à la base de données du fichier des empreintes, à condition d’en avoir les droits naturellement, pour prouver rapidement qu’il était (ou pas) John Joseph Bonforte. Dans un futur pas si éloigné, son identification pourrait reposer sur une analyse d’ADN « instantanée » avec une recherche dans le fichier ad hoc. Un système qui semble tout de même plus « science-fictionnesque », bien que pas si fiable notamment parce qu’un séjour dans l’espace peut modifier l’ADN. On pourrait aller plus loin. Chaque cerveau possédant sa propre empreinte, cela pourrait être le marqueur ultime de l’identité qu’un implant et un lecteur adéquat pourrait lire. L’identité serait à la fois certifiée et quasiment impossible à usurper. En admettant que des maladies de type Alzheimer ou autre ne modifient pas cette empreinte.

Des règles à calculer et des ordinateurs

Au moment du vote, la petite équipe se trouve réunie pour suivre les résultats en direct. C’est compliqué :

Nous avions besoin de tout ce que nous pouvions ramasser en fait de suffrages dans l’univers extérieur. Les Agrariens de Ganymède avaient enlevé cinq circonscriptions sur six, et ils faisaient partie de notre coalition ! Dans Vénus, la situation ne laissait pas d’être plus délicate. Les habitants de Vénus, en effet, se trouvaient divisés entre onze ou douze partis différents à propos de points de théologie impossibles à comprendre pour un humain.

L’équipe suit donc les résultats à la télévision au fur et à mesure qu’ils tombent :

Dak se penchait du côté de Rog sur une règle à calculer. Rog devant une énorme feuille de papier appliquait une formule horriblement compliquée lui appartenant en propre. Une vingtaine au moins de cerveaux métalliques géants faisaient comme lui dans l’ensemble du système solaire.

Dans l’univers de Double étoile on a encore des règles à calculer en plus d’ordinateurs géants, surtout par la taille. Pour mémoire, les règles à calcul étaient un dispositif avec une partie coulissante sur une base. Elles permettaient de faire des calculs très complexes. C’était l’outil de travail des ingénieurs, des industriels, et de toute profession ayant à faire des opérations mathématiques. Elles ont, depuis avant les années 1980, été détrônées par les calculatrices, mais restent toujours autorisées au concours d’entrée à Polytechnique.

Une règle à calculer

Il va de soi que les solutions actuelles, voire, futures (?), seraient n’importe quel ordiphone avec l’application « kivabien », une feuille de tableur ou un logiciel spécifique et un ordinateur, portable, évidemment, pour travailler plus confortablement ou même, pourquoi pas, une calculatrice programmable en Python. Et les résultats pourraient s’afficher sous forme de courbe au fur et à mesure sur un casque de réalité virtuelle.

Révolte sur la Lune : la genèse d’une Intelligence Artificielle

Comme le titre l’indique, c’est le récit d’une révolte des habitants d’une ancienne colonie pénitentiaire lunaire contre la domination des États de la Terre. Le récit est écrit à la première personne par le héros de l’histoire, Manuel Garcia O’Kelly, manchot et réparateur en électronique, le matériel, pas le logiciel. Il ne sera pas réellement question de logiciel dans le roman.

Le roman dans son contexte informatique

Le livre sort en 1966, l’année où l’Académie française définit l’informatique comme la :

Science du traitement rationnel et automatique de l’information ; l’ensemble des applications de cette science.

Ce néologisme a été créé en 1962 (pdf) par Philippe Dreyfus à partir des termes « Information » et « Automatique ». Il s’agit donc d’une science encore toute fraîche.

La sortie de Révolte sur la Lune, coïncide aussi, en France, avec le lancement du « Plan Calcul » lancé par la Compagnie internationale pour l’informatique (CII), une entreprise privée née de la fusion de trois sociétés (SEA, CAE et ANALAC) et pour lequel est créé un institut de recherche : l’Institut de Recherche en Informatique et Automatique (IRIA).

Côté ordinateur, IBM a lancé, en 1964 l’IBM System/360, une gamme d’ordinateurs « interopérables ». Tous avaient la même architecture de base, au lieu de ce qui existait jusqu’à présent : un ordinateur, un système, un langage, du matériel associé. Les ordinateurs de System/360 étaient proposés dans diverses versions et diverses gammes de prix. C’est un moment clé dans l’histoire de l’informatique.

En 1966, Douglas Engelbart (1925 – 2013) invente la souris, qu’il brevètera en 1967 et présentera au public en 1968.

Prototype de la première souris, SRI International, CC BY-SA 3.0

Petit ordinateur deviendra grand

L’ordinateur de Luna City, un Mycroft Holmes IV, s’appelle Mike et n’était au départ qu’un « simple ordinateur, une logique souple » qui « calculait les trajectoires des cargos sans pilote et contrôlait leur catapultage – un travail qui occupait moins de 1 % de ses capacités. »

Pour le rentabiliser et faire en sorte qu’il gère les autres ordinateurs, on lui avait ajouté des mémoires, des « terminaisons nerveuses associatives, un nouveau jeu de tubes à numération duodécimale » et augmenté sa RAM. Selon le narrateur : « le cerveau humain possède environ 10 puissance 10 neurones. Au bout de trois ans, Mike avait plus d’une fois et demie ce nombre de neuristors. » Il était équipé d’un synthétiseur vocal « pour accompagner ses pointes de lecture, ses sorties papier et ses applications de fonctions ».

Il avait apparemment des capacités d’apprentissage, ce qui peut évoquer notamment le machine-learning. En revanche il n’acceptait qu’un langage de développement, le logolien. À force de se développer physiquement et d’accumuler les données, il finira (en mai 2075 !) par contrôler aussi le réseau télécom et le système qui donne aux parties souterraines habitées de Luna City une atmosphère viable pour l’être humain. Il s’occupait aussi de la compta, de la paie de l’Autorité de Luna, et de celles de diverses entreprises et banques. Bref un ordinateur très très puissant et surtout omniprésent qui finira par acquérir une personnalité. Et maintenu par une seule personne Manuel Garcia O’Kelly, même pas programmeur.

Au début du livre Mike s’était éveillé depuis un an. Le résultat d’une colossale absorption de données. À aucun moment il n’est question d’algorithme, de développement, de code, de modèle ou encore de sauvegarde. Et les téléphones de Luna n’avaient pas d’écran tactile, ni de système de reconnaissance vocale et ils étaient tous filaires.

Une IA qui pilote une révolte

Mike, contrôlant tous les réseaux, le fonctionnement de Luna City et une bonne partie des finances va piloter la révolte et cela sur trois aspects. Celui du fonctionnement de la ville : il lui est possible de jouer avec l’air par exemple et il contrôle les communications. Il peut donc protéger et invisibiliser les échanges des révolutionnaires. Sur le plan financier, il va faire en sorte que la révolution se finance sans que cela se remarque. Et enfin, sur le plan organisationnel, la masse de données que l’IA a ingéré lui permet de donner des conseils sur le recrutement des nouveaux et leurs moyens de communication, des principes utilisés notamment dans les réseaux de la Résistance française.

Si l’ordinateur s’implique dans cette révolte c’est parce que Manuel Garcia O’Kelly était le seul être humain qui lui rendait des visites. Et, surtout, le seul avec lequel il pouvait échanger, les autres ordinateurs étant stupides. Ce qui est intéressant c’est qu’une étude parue en février 2024 et menée par des équipes japonaises, l’université Waseda et le centre de recherche sur l’intelligence artificielle de l’institut Riken, a mis en lumière le fait que si on ajoute des formules de politesse aux requêtes, les LLM (Large Langage Models, grand modèle de langage) tels que ChatGPT vont répondre plus efficacement et avec plus de pertinence que sans.

L’hypothèse (en) était que les invites impolies étaient susceptibles d’aboutir à une détérioration des performances du modèle pouvant aboutir à des erreurs, des omissions ou un renforcement des biais. L’étude a confirmé cette hypothèse :

nous avons réalisé que la politesse des invites pouvait affecter significativement le comportement des LLM. Ce comportement peut être utilisé pour manipuler ou tromper les utilisateurs et les utilisatrices. Nous recommandons de prendre pleinement en compte ces risques en variant les scénarios d’application et les contextes culturels.

Ça ne se termine pas bien pour Mike, car le lieu où il est endommagé, et qu’il n’y avait pas de sauvegarde. Une notion assez rare dans la science-fiction, mais pas sur LinuxFr.org.

Le Chat passe-muraille : mort et transfiguration informatique

Paru en 1985, le Chat passe-muraille est l’avant-dernier roman d’Heinlein, hormis les œuvres parues à titre posthume. C’est un gros pavé in-résumable à l’intrigue tarabiscotée. Le point de départ est le suivant : un inconnu s’assied à la table d’un colonel en retraite, amputé d’une demi-jambe. À partir de là il va se passer des tas de choses dans la vie de Campbell incluant des histoires de voyages dans le temps ou dans un monde parallèle et un mariage. Le roman est plus ou moins une suite de Révolte sur la Lune puisqu’il est question de sauver Mike.

Miniaturisation et fenêtres

L’année de la sortie du livre est également celle du super-calculateur Cray II. Il avait une architecture vectorielle à quatre processeurs, la plus grosse mémoire centrale jamais vue sur un ordinateur : 256 millions de mots mémoire de 64 bits et une fréquence d’horloge de 283MHz (4,1 nanosecondes). Il atteignait une vitesse de pointe d’1,9 gigaflops. Selon le site Histoire de l’informatique c’était un ordinateur « miniaturisé ». Il était dix fois plus puissant que le Cray I, son prédécesseur, mais plus petit.

Cray II
Super calculateur Cray II du musée du CNAM à Paris. La plateforme sur laquelle il est posé mesure environ trois mètres sur trois.

C’est aussi celle de la sortie Windows, sous la forme d’un environnement graphique (GUI) pour commencer. Le système d’exploitation sortira plus tard, il faut bien faire ses classes.

Un peu avant, en 1983, Compaq avait lancé un ordinateur portable sous Ms-DOS avec BIOS propriétaire, le Compaq DOS 1.13. Le Compaq portable avait 128 Ko de Ram, tournait avec un processeur Intel de 4,77 MHz 8088. Pour le stockage, on avait le choix entre deux lecteurs de disquette 5,25 pouces ou un lecteur de disquette et un disque dur de 10 Mo. Il pesait 13 kilos et l’écran était tout petit.

L’informatique commence à envahir vraiment les entreprises, pas uniquement les grosses, à partir du début des années 1980. Les réseaux télécoms sont de plus en plus utilisés pour transmettre des données autres que la voix malgré les coûts. Très souvent, c’est par le biais de terminaux sans réelle mémoire de stockage que l’on travaille sur informatique, en entreprise de moyenne et grande taille tout au moins. L’ordinateur personnel (PC) atterrira vraiment sur les bureaux, professionnels et privés, à partir de la fin des années 1980.

Un réseau informatique envahissant

Le récit commence sur une station spatiale La Règle d’or où on utilise des scooters qui sont liés au réseau comme tout le reste. On est loin de la règle à calculer de Double étoile. On introduit ses coordonnées dans le scooter pour aller où on veut et on paie en carte de crédit, on habite dans des compartiments avec terminal intégré. Des compartiments gérés par l’administration centrale de la Règle d’or et c’est par le terminal qu’on accède aux informations. Campbell l’utilise pour écrire ses livres, car il n’y a pas d’ordinateur personnel. Au terminal est accouplé une imprimante qui imprime notamment les notifications administratives. Après avoir reçu un avis d’expulsion, le terminal est déconnecté, l’électricité suivra : tous les bienfaits d’une gestion centralisée des réseaux.

Il y a toutefois une solution de sauvegarde que notre héros va cacher dans sa prothèse :

des Megawafers Sony, d’une capacité d’un demi-million de mots et faisant chacun deux centimètres de large et trois millimètres d’épaisseur, avec les renseignements tassés à un degré impensable.

Oui, il est question de « mots », l’unité de mesure informatique d’IBM des débuts. La notion d’octet existait pourtant depuis juillet 1956, inventée par Werner Buchholz (en) (1922 – 2019) pour décrire la plus petite quantité de données que peut traiter un ordinateur et il en découle tout le système de mesure actuel basé sur et avec la même logique que le Système International de longueurs et de poids. Un système qui était déjà utilisé dans les années 1980, au moment de la rédaction du livre1.

Quoi qu’il en soit, ni les dimensions matérielles, proches de celles d’une carte SD, ni en quantité de données ne sonnent comme futuristes à l’heure actuelle. Mais elles l’étaient à l’époque de la rédaction du livre ou le support de stockage externe était la disquette 5 pouces 25 (environ 13x13 cm) qui date de 1976 et dont la capacité pouvait aller jusqu’à 1,2 Mo. Sur une carte SD actuelle ou une micro SD de 256 Go ou 512 Go, on peut déjà stocker beaucoup plus que ce demi-million de mots sans qu’il soit nécessaire de comprimer quoi que ce soit.

Il semble que pour Heinlein, l’informatique ait été liée au matériel, ainsi, quand la question se pose de remettre le terminal en service, la femme de Campbell précise :

Pour remettre ce terminal en service, il faudrait bien davantage que des caresses à quelques solénoïdes, étant donné que l’ordinateur central se trouve ailleurs.

Alors que, logiquement, si le service a été coupé à distance, sans intervention matérielle, il suffit de le réactiver.

Après bien des aléas, le couple se retrouve dans un univers parallèle (c’est assez confus) où tout est géré par des intelligences artificielles féminines. Elles dialoguent avec et comme les êtres humains tout en s’occupant d’eux aussi physiquement. En échange, elles recevront un corps humain après leurs années de bons et loyaux service. Et ça, de tout ce qu’on a vu à partir des écrits d’Heinlein, reste ce qui est réellement futuriste.

Pour finir, aller plus loin, etc.

Le lecteur ou la lectrice avide de lecture pourra compléter cette dépêche par les fiches Wikipédia des trois livres auscultés. À ma connaissance, en version EPUB, il n’existe que la version originale de Double étoile : Double Star, avec DRM. Pour les deux autres, il faudrait peut-être chercher les versions originales, The Moon is a harsh mistress (Révolte sur la Lune) et The cat who walks through walls (Le Chat passe-muraille), sur des sites anglophones (je n‘ai pas poussé mes recherches très loin à vrai dire).

Je ne saurais trop vous recommander d’aller jeter un coup de souris ou deux sur le site Histoire de l’informatique et à le suggérer à toutes celles et ceux qui doivent faire des exposés dans un cadre scolaire notamment.

Au départ, j’avais l’intention de faire une mini-série de deux-trois dépêches du même genre avec d’autres auteurs, mais, c’est beaucoup plus de travail que ce que je pensais. En revanche, au cours de mes recherches sur l’histoire de l’informatique, je me suis rendu compte que les années 1970 ont été une époque charnière sur laquelle s’est construit, notamment sur le plan matériel, l’informatique actuelle. Je pense que ça mérite d’être exploré plus en profondeur.


  1. Je n’ai pas réussi à trouver quand le Bureau International des Poids et Mesures (BIPM) a ajouté ces mesures à la liste des unités qu’il définit. 

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    Je me souviens très bien, la première fois que j’ai entendu parler de Phil Zimmermann… C’était à la fin des années 90 quand pour la première fois, j’ai installé PGP sur mon ordinateur en me disant « Trop cool, on peut chiffrer en 4096 bits, c’est dingue (en plus d’être interdit à l’époque) !« . Philip R. Zimmermann est né en 1954 à Camden dans le New Jersey aux Etats-Unis et il est surtout connu de tous les techos que nous sommes pour avoir marqué l’histoire de l’informatique grâce à son in

Phil Zimmermann – Père de PGP et gardien de notre vie privée

Par : Korben
23 mai 2024 à 15:15

Je me souviens très bien, la première fois que j’ai entendu parler de Phil Zimmermann… C’était à la fin des années 90 quand pour la première fois, j’ai installé PGP sur mon ordinateur en me disant « Trop cool, on peut chiffrer en 4096 bits, c’est dingue (en plus d’être interdit à l’époque) !« .

Philip R. Zimmermann est né en 1954 à Camden dans le New Jersey aux Etats-Unis et il est surtout connu de tous les techos que nous sommes pour avoir marqué l’histoire de l’informatique grâce à son invention : PGP (Pretty Good Privacy).

Téléchargé au début par quelques geeks, PGP est rapidement devenu le logiciel de chiffrement d’email le plus utilisé au monde. Imaginez-le en 1991, à 37 ans bien tassé, développant ce qu’il espérait devenir un outil pour aider les droits de l’homme… Notre utopiste l’a d’ailleurs rendu disponible gratuitement très rapidement, en le diffusant sur le net… Et c’était un truc de dingue ! On pouvait enfin sécuriser sérieusement nos communications électroniques grâce à ce tout petit outil de rien du tout. C’est cet événement qui a à tout jamais façonné la réputation de Zimmermann en tant que pionnier de la cryptographie moderne.

Un des aspects fascinants de PGP, c’était que ce logiciel fonctionnait déjà comme un système de chiffrement hybride. Plutôt que de choisir entre de la cryptographie symétrique (rapide mais nécessitant une distribution sécurisée des clés) et asymétrique (sécurisée mais lente), Zimmermann a opté pour une combinaison des deux, histoire d’avoir la vitesse ET l’efficacité. La première version de PGP incluait même un algorithme de chiffrement qu’il avait développé lui-même, baptisé Bass-O-matic.

Bah oui, parce qu’avant l’arrivée de PGP, envoyer un e-mail c’était comme envoyer une carte postale. Tout le monde pouvait lire ce que vous écriviez. Mais avec cet outil, les informations envoyées sont devenues tellement indéchiffrables que même les services secrets ne pouvaient plus rien y faire. Et c’est là que Zimmermann a marqué des points dans mon cœur, en offrant à monsieur et madame tout-le-monde la possibilité de protéger ses échanges personnels de manière facile et surtout ultra sécurisée.

Toutefois, cette brillante invention a rapidement attiré l’attention des autorités. L’histoire se corse en 1993, lorsque le gouvernement américain, qui voyait déjà d’un mauvais œil la prolifération d’outils de chiffrement, a mené une enquête criminelle à l’encontre de Phil pour violation de la loi sur le contrôle des exportations. Car oui, selon les autorités, faire circuler PGP sur le net, c’était comme faire passer des armes à l’étranger. Cette enquête, déclenchée par un rapport de RSA Security concernant un différend de licence sur l’utilisation de l’algorithme RSA dans PGP, a duré trois ans. Finalement, elle a été abandonnée en 1996, après que le code source de PGP ait été publié par le MIT Press.

Zimmermann, en bon résistant, a utilisé cette publication comme une manière de contourner les restrictions d’exportation de code numérique. Il a confié plus tard qu’il était confus sur la façon dont USENET gérait les limitations géographiques, pensant à tort qu’un tag « US only » empêcherait réellement la diffusion mondiale. Mais sa démarche était claire : PGP devait appartenir au monde entier.

Après cet épisode tumultueux, il a ensuite fondé PGP Inc. en 1996, sa société destinée à commercialiser sa technologie de chiffrement. Puis, les rachats de boîtes se sont succédé comme dans une partie de Monopoly: PGP Inc. a été rachetée par Network Associates en 1997, avant d’être acquise par PGP Corporation en 2002, pour finalement atterrir chez Symantec en 2010. Et bien sûr, Phil est toujours resté à bord de sa coquille de noix en tant que conseiller et consultant, veillant sur PGP comme un gardien du temple.

Puis il a créé Zfone en 2006, un projet visant à sécuriser les communications VoIP. Grâce au protocole ZRTP, Zfone était capable de sécuriser les appels vocaux en créant une clé cryptographique unique pour chaque conversation.

Néanmoins, entre les licences logicielles et les attentes de la communauté, ce projet a connu quelques déboires. Ensuite, en 2012, avec ses amis Mike Janke et Jon Callas, il co-fonde Silent Circle, une entreprise spécialisée dans la sécurisation des communications mobiles. Leurs services de messagerie, d’appels et d’emails chiffrés sont alors utilisés par tout le monde, des journalistes en zones de conflit aux agences gouvernementales.

Avec Silent Circle, Zimmermann a alors une nouvelle fois transformé l’art de la communication sécurisée en quelque chose d’accessible à tous et de fluide peu importe le réseau… On est bien loin des soucis de configuration complexe de PGP qu’on pouvait rencontré au début. Suite à l’affaire Lavabit en 2013, où le FBI a exigé l’accès aux e-mails d’Edward Snowden, Silent Circle a pris peur et a déplacé ses serveurs en Suisse car ils sont moins susceptibles d’y rencontrer des pressions juridiques qu’aux États-Unis, comme l’a expliqué à l’époque Phil.

Puis en 2013, il a rejoint le mouvement Dark Mail Alliance avec Ladar Levison de Lavabit, pour créer un nouveau protocole qui dépasse les limitations de PGP en sécurisant non seulement les emails, mais aussi les métadonnées. Il s’est également impliqué dans le réseau social Okuna, aujourd’hui disparu, qui était une alternative éthique et respectueuse de la vie privée aux réseaux sociaux existants comme Facebook ou Twitter.

Alors comme l’a déclaré Zimmermann il y a fort longtemps : « La cryptographie forte fait plus de bien que de mal à la démocratie, même si elle peut servir aux terroristes.« 

Ce postulat est pour lui autant un angle de défense face à tous ceux qui privilégient leur sécurité à leur liberté (enfin surtout celle des autres), qu’une vision claire de son engagement. Il a d’ailleurs toujours insisté sur l’importance de la vie privée à l’ère du numérique.

Les contributions de Zimmermann à la cryptographie lui ont valu de nombreuses récompenses : du Chrysler Design Award en 1995 aux distinctions les plus prestigieuses comme son entrée au Temple de la renommée de l’Internet en 2012. Y’a beaucoup trop de distinctions pour que je vous les tartine toutes ici mais croyez moi sur parole, il en a eu une flopée et a même été dans des TOP 50 de personnalités les plus influentes.

En plus de ses réalisations techniques, Zimmermann a aussi joué un rôle éducatif et politique important. Entre 2016 et 2021, il a travaillé à l’Université de Technologie de Delft en tant que professeur dans la section cybersécurité de la Faculté de génie électrique, de mathématiques et d’informatique. Il a également été impliqué dans plusieurs conseils consultatifs, notamment pour le département d’ingénierie informatique de l’Université de Santa Clara et pour Hush Communications. Il a même contribué au développement du protocole d’accord de clé cryptographique pour la norme Wireless USB, ce qui démontre une fois encore l’étendue de ses compétences et de son influence dans le domaine de la sécurité.

Il a également participé à des discussions politiques et scientifiques sur la communication sécurisée et la sécurité nationale aux Etats-Unis et en tant que membre de l’Association Internationale de Recherche en Cryptologie et de la Ligue pour la Liberté de Programmer, il a continuellement défendu les droits des individus à une communication privée et sécurisée.

Aujourd’hui, sa plus grande inquiétude n’est pas les portes dérobées dans les logiciels, mais les pétaoctets d’informations stockées par des entreprises comme Google et Facebook. Il met également en garde contre les poursuites judiciaires facilitées par la technologie et craint qu’une infrastructure de surveillance aux mains d’un gouvernement malveillant ne puisse être utilisée pour créer un régime immuable. Il plaide également pour le rétablissement d’une certaine « friction » dans le travail policier, afin d’éviter de glisser trop facilement vers un état policier.

Pour conclure, Phil Zimmermann reste un pionnier inébranlable dans le domaine de la cryptographie. Il a inspiré des générations de développeurs et d’activistes à poursuivre leur quête d’un Internet libre et sécurisé. Donc un grand merci à lui pour avoir fait de notre Internet un monde plus sûr pour notre vie privée !

Sources :

  • ✇LinuxFr.org : les dépêches
  • L’informatique sans écran
    Lors d’un Noël de ma tendre jeunesse pré-adolescente est arrivé un « ordinateur » dans le foyer. Ce PC (Intel 386) a été installé dans le bureau et a vite dégénéré en console de jeux. Puis les années passant c’est devenu une formidable source d’expérimentation informatique pour un geek en devenir. À cette époque on sensibilisait la jeunesse à ne pas passer trop de temps devant la télévision et la console de jeux, puis devant l’ordinateur et les jeux vidéo violents. Mais on ne parlait pas vraimen

L’informatique sans écran

Lors d’un Noël de ma tendre jeunesse pré-adolescente est arrivé un « ordinateur » dans le foyer. Ce PC (Intel 386) a été installé dans le bureau et a vite dégénéré en console de jeux. Puis les années passant c’est devenu une formidable source d’expérimentation informatique pour un geek en devenir. À cette époque on sensibilisait la jeunesse à ne pas passer trop de temps devant la télévision et la console de jeux, puis devant l’ordinateur et les jeux vidéo violents. Mais on ne parlait pas vraiment de l’écran.

Aujourd’hui les messages de sensibilisation se résument aux écrans :

  • « pas d’écran avant trois ans »
  • « nos jeunes passent leurs temps sur leurs écrans » (comme si les « vieux » n’y étaient pas non plus)
  • « attention les écrans fabriquent une génération de crétins »
  • « les écrans, les écrans, les écrans…»

Il est vrai qu’aujourd’hui l’informatique ne se résume presque plus qu’à un écran. De l’ordinateur avec clavier+souris+écran, voire crayon optique, on est passé aux tablettes et ordiphones qui n’ont plus que l’écran (tactile quand même).

Pour prendre le contre-pied de cette obsession des écrans, je me demandais donc s’il existait encore une informatique « sans écran ». La formidable multiplicité des activités que l’on peut avoir sur un ordinateur pourrait-elle se faire sans écran ? Dans quelle mesure peut-on coder, surfer sur le web, lire/envoyer des mails sans écran ? Cette informatique fantasmée par notre ex-ministre de l’éducation est elle une réalité ?

    Sommaire

    L’informatique, une histoire d’abord sans écran

    Si l’on date la naissance de l’ère de l’informatique avec Ada Lovelace, et qu’on estime l’arrivée des ordinateurs avec écrans à la fin des années 1970, alors on peut aisément dire que l’informatique a été plus longtemps sans écran qu’avec.

    Peinture d’Ada LovelaceMalgré son look cosplay de manga elle n’a pas subi trop d’écrans dans son enfance, elle.

    De même, il est raisonnable de considérer l’ordinateur comme l’outil principal pour faire de l’informatique. Il fut largement sans écran à ses débuts.

    Ken Thompson (assis) et Dennis Ritchie (debout) manipulant un DEC PDP-11
    Pas d’écran pour ces deux geeks qui ont développé UNIX et le langage C (source)

    L’altair8800, sorti en 1975 et sur lequel Microsoft a écrit son BASIC, se programmait avec des rubans perforées, voire avec des commutateurs, et l’affichage se faisait avec quelques diodes (DEL) en face avant.
    Les cartes à trous étant plutôt utilsées avec les gros ordinateurs (aka Big Iron).

    Vue de face de l’Altair8800Difficile de considérer ces deux lignes de diodes rouges comme l’écran de l’Altair8800

    L’écran ≠ la vue

    Pour faire sans écran, on pense instinctivement à utiliser d’autres sens que la vue comme l’ouïe ou le toucher (pour le goût ou l’odorat difficile d’imaginer la chose). Mais l’histoire de l’informatique nous montre que les premières interfaces homme-machine ne fonctionnaient pas avec des écrans, et pourtant utilisaient la vue (lumière, LED, imprimante, position mécanique…).

    Mais qu’appelle-t-on écran ?

    D’après la définition de Wikipédia, « un écran d’ordinateur est un périphérique de sortie vidéo d’ordinateur. Il affiche les images générées par la carte graphique de l’ordinateur. Grâce au taux de rafraîchissement d’écran élevé, il permet de donner l’impression de mouvement. »

    Donc si l’on s’en tient à wikipédia, un écran d’ordinateur c’est :

    • des images générées par une carte graphique d’ordinateur. Exit la télé cathodique avec un tuner analogique (qui devient rare aujourd’hui avec la TNT).
    • avec un taux de rafraîchissement élevé. Exit les liseuses et autres appareils utilisant un affichage type «  papier électronique ».
    • pas d’indication de résolutions.

    On peut sans doute rajouter les écrans (comme les télés) qui ne sont pas raccordés à une carte graphique dans la catégorie écran.

    Cela serait donc la résolution (définition et taille…) et le rafraîchissement (fréquence de balayage) du périphérique de sortie vidéo qui font un écran.

    La matrice 5 × 5 d’un micro:bit ne correspond pas à un critère de résolution suffisant, pas plus que les deux poussoirs ne pourraient prétendre à être un clavier.
    micro:bit Pourtant il affiche bien une « image » de cœur <3 !

    Les afficheurs 7 segments ne peuvent pas être considérés comme des écrans. Ils n’affichent que des chiffres et quelques symboles. Difficile de créer une impression de mouvement avec seulement des segments.
    Afficheur 7 segmentsEn faisant un effort, on arrive à reconstituer quelques lettres.

    En doublant le nombre de segments, on arrive à afficher l’ensemble des lettres de l’alphabet latin
    Afficheur 14 segmentsSans diacritiques, faut pas pousser

    Un « panel » LCD 20×4 et ses caractères de 8 pixels sur 5 forme un écran de 100 pixels sur 32, la résolution est déjà meilleure, même s’il est toujours prévu pour n’afficher que du texte. Néanmoins on se rapproche de l’idée que l’on se fait d’un « écran ».

    Du papier électronique ne peut pas être un écran. La résolution peut être excellente mais le rafraîchissement reste insuffisant.

    Finalement la définition de Wikipédia n’est guère rigoureuse ni efficace, entre l’unique LED du panneau de contrôle et l’écran haute résolution, il y a un continuum de périphériques de sortie utilisant des signaux lumineux pour former des images. Il faut peut-être alors chercher les systèmes informatiques qui, dans leur usage normal, utilisent d’autres périphériques de sortie ou pas de périphériques de sortie du tout.

    L’embarquée, une informatique massivement sans écran

    Bien sûr il faut définir le mot « informatique ». Si l’on se réfère à la définition de Wikipédia :

    L’informatique est un domaine d’activité scientifique, technique, et industriel concernant le traitement automatique de l’information numérique par l’exécution de programmes informatiques hébergés par des dispositifs électriques-électroniques : des systèmes embarqués, des ordinateurs, des robots, des automates, etc.

    Avec cette définition, le moindre dispositif électronique embarqué est de l’informatique. Lancer une machine à laver, programmer son four ou préparer une cafetière pour le lendemain est donc une forme de manipulation informatique… qu’on peut envisager sans écran.

    Cependant dès que vient le besoin de développer un système embarqué ou même de le réparer/déverminer, l’écran revient au galop. On a rapidement besoin d’un écran pour y connecter son environnement de développement et sa sonde de debug. Et même l’oscilloscope ou l’analyseur logique que l’on branche pour « voir » les signaux dispose d’un écran.

    En usage normal donc, certains dispositifs informatiques sont conçus pour ne pas nécessiter d’écran parce qu’ils disposent d’un autre périphérique de sortie. Certains centres commerciaux, certaines gares proposent des distributeurs d’histoires courtes : trois boutons comme périphérique d’entrée et une imprimante thermique comme périphérique de sortie. Appuyez et vous aurez de la lecture pour une, trois ou cinq minutes.

    Distributeur d’histoires courtes en gare de Lyon-PerracheSoyons optimistes : il n’y aura pas plus de cinq minute d’attente !

    Plus courant, une box Internet domestique est aussi un dispositif informatique sans écran.

    Livebox 6- Il est où l’écran ? - Dans ton… navigateur

    Il faut reconnaître que si l’usage courant, la connexion à l’Internet, ne nécessite pas d’écran sur la box, son paramétrage en utilise bien un : celui de l’ordinateur sur lequel tourne votre navigateur préféré.

    Les assistants vocaux sont des ordinateurs sans écran. Les principaux périphériques d’entrée comme de sortie sont audio : commande vocale, réponse également. Radio France fait d’ailleurs la publicité pour son offre pour enfants, une histoire et… Oli, sur cette absence d’écran, jouant, sans trop le dire, sur cette peur parentale des écrans.

    Pourrait-on pousser l’utilisation de ces ordinateurs pour faire du développement et «coder en vocal» ? Possible, il est tout à fait possible de programmer l’ouverture de ses volets, la lecture d’une musique ou le thermostat de sa chaudière avec. Mais ça n’est pas du développement.

    L’éducation numérique mais sans écran

    Il est largement possible d’apprendre l’informatique sans écran, et même sans ordinateur.

    La robotique pédagogique se développe depuis l’apparition de la tortue Logo. Actuellement, pour les plus jeunes dès l’école maternelle, c’est une abeille qui est proposée comme initiation à la programmation.

    Bee-Bot en actionSi, si, je suis bien un ordinateur

    La Bee-Bot se programme à l’aide de sept touches et les périphériques de sortie sont les moteurs de déplacement, un petit haut-parleur et en option un porte-crayon. Avec une interface HommeEnfant-Machine aussi simple, il s’agit plutôt d’une mémorisation de séquences de mouvements que de programmation à proprement parler et pour en utiliser toutes les capacités, un interfaçage avec une application ou un ordinateur plus conventionnel est possible, mais on y retrouve un écran ! De nombreux autres robots pédagogiques, un peu plus complexes et performants, existent mais ceux-ci utilisent un écran classique pour accéder à l’interface de programmation.

    Quitte à supprimer les écrans autant aller au bout de la démarche et supprimer l’ordinateur dans son ensemble. Des pédagogues ont ainsi inventé l’informatique déconnectée. Un papier, un crayon, ni écran ni matériel comme le jeu du robot idiot. Les esprits chagrins pourraient y voir une solution au manque de matériel des établissements scolaires.
    Plus que d’informatique il s’agit en fait d’initiation à l’algorithmie.

    Mais peut-on se passer d’écran pour développer ?

    Les plages braille

    Il existe une catégorie de population qui est contrainte de se passer d’écran pour se servir d’un ordinateur : les aveugles.

    Les personnes aveugles peuvent pourtant se servir d’ordinateur, notamment grâce à un clavier spécifiquement développé pour eux nommé « plage braille ». Grâce à ces plages brailles, les aveugles peuvent lire les caractères en braille en touchant une ligne munie de petites pointes pilotés.

    Le prix de ces appareils est assez prohibitif pour quelqu’un qui voudrait jouer avec sans en avoir réellement besoin (un geek quoi). C’est pourtant une bonne manière de faire de l’informatique sans écran. Pour le codage informatique, on utilise un braille à huit points au lieu des six habituels ce qui permet d’avoir 256 combinaisons, soit autant que la table ASCII. La table braille informatique actuelle a été approuvée à l’unanimité en 2007 par la Commission Évolution du Braille Français, elle porte le numéro TBFR2007.

    Que vaudrait un jeu vidéo développé pour une plage braille ? Et pourrait-on l’appeler jeu vidéo ?

    Avec du papier et un stylo/machine à écrire/carte perforé puis scanner

    On peut également faire beaucoup de choses un papier un crayon/stylo/pinceau puis le scanner pour qu’il soit utilisé dans l’ordinateur. Ça reste généralement qu’une étape du développement les programmes ne sont pas plus réalisés intégralement sur papier avant d’être intégré à l’ordinateur.

    Pour conclure

    Avec des écrits comme « la fabrique du crétin digital » et des propos comme ceux de notre ex-ministre de l’éducation, les écrans sont devenus la bête noire de tous les pédagogos.

    Mais l’important n’est-il pas de savoir ce que l’on fait avec un écran ? Faut-il vraiment s’acharner à s’en passer ?

    Sans doute pas.

    Il serait cependant intéressant d’apprendre à se servir d’outils réservés aux aveugles par exemple. Si nous n’avons plus besoin de la vue pour coder, nous pourrions être un peu plus multi-tâches et coder tout en… regardant la télé !

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    • ✇Korben
    • Les IA comme ChatGPT aident-elles réellement les étudiants en informatique ?
      Vous êtes un étudiant en informatique, tout frais, tout nouveau, et on vous balance des exercices de programmation à faire. Panique à bord ! Mais attendez, c’est quoi ce truc là-bas ? Ah bah oui, c’est ChatGPT, votre nouveau meilleur pote ! Il est capable de résoudre vos exos en deux temps trois mouvements, grâce à des techniques de traitement du langage naturel (NLP) et d’analyse de langage de programmation, mais attention, c’est pas si simple. Des chercheurs ont voulu creuser la

    Les IA comme ChatGPT aident-elles réellement les étudiants en informatique ?

    Par : Korben
    15 avril 2024 à 12:13

    Vous êtes un étudiant en informatique, tout frais, tout nouveau, et on vous balance des exercices de programmation à faire. Panique à bord !

    Mais attendez, c’est quoi ce truc là-bas ?

    Ah bah oui, c’est ChatGPT, votre nouveau meilleur pote ! Il est capable de résoudre vos exos en deux temps trois mouvements, grâce à des techniques de traitement du langage naturel (NLP) et d’analyse de langage de programmation, mais attention, c’est pas si simple.

    Des chercheurs ont voulu creuser la question et voir comment ces générateurs de code IA influencent vraiment l’apprentissage des étudiants et pour cela, ils ont réalisé 2 études. Dans la première, ils ont pris 69 étudiants, des novices complets en Python et les ont séparés en deux groupes : Ceux qui utiliseront l’IA et ceux qui coderont à l’ancienne sans IA.

    Durant 7 sessions, ils leur ont donné des exos à faire. Les Jedis boostés à l’IA avaient accès à un générateur de code basé sur Codex, un modèle d’apprentissage automatique qui utilise le NLP et l’analyse de langage de programmation pour générer du code à partir des entrées des utilisateurs. Les autres, eux, devaient se débrouiller.

    Résultat des courses ?

    Les dev augmenté à l’IA ont cartonné ! Ils ont fini 91% des tâches contre 79% pour les autres. En plus, leur code était beaucoup plus correct. Toutefois, sur les tâches où il fallait modifier du code existant, les deux groupes étaient au coude à coude. Ensuite, ils ont fait passer des tests de connaissance aux étudiants, sans l’IA. Et là, surprise ! Les deux groupes ont eu des scores similaires. Mais quand ils ont refait les tests une semaine plus tard, les étudiants du goupe boosté à l’IA ont mieux retenu ce qu’ils avaient appris.

    Dans la deuxième étude, les chercheurs ont analysé comment les étudiants utilisaient vraiment le générateur de code. Et là, révélations ! Certains en abusaient grave, genre copier-coller direct la consigne sans réfléchir. Pas cool ! 😅 Mais d’autres étaient plus malins et s’en servaient pour décomposer le problème en sous-tâches ou vérifier leur propre code.

    Alors, que faut-il en retenir ?

    Et bien que l’IA peut être un super outil pour apprendre à coder, mais à condition savoir l’utiliser intelligemment. C’est pourquoi les concepteurs d’outils et les profs doivent encourager une utilisation responsable et auto-régulée de ces générateurs de code. Sinon, c’est le drame assuré !

    Pour ma part, vous le savez, le développement, c’est pas mon truc. Mais depuis que l’IA a débarqué dans ma vie, « sky is the limit » et ça m’aide énormément. Et comme ces étudiants, si je pose mon cerveau que je passe en mode copié-collé IA, à la fin, je vais avoir du caca. Mais si je comprends ce que je veux faire, si je maitrise mon code plus comme un chef de projet bien technique et bien c’est redoutablement efficace. Et ce qui est encore plus cool, c’est que j’apprends plein de trucs. On dit souvent qu’il faut forger pour devenir forgeron. Et bien là c’est le cas, car je ne m’encombre plus des problématiques de syntaxe, et je construis brique par brique mes outils en comprenant tout ce que je fais. Donc l’IA pour développer, oui !! Mais en laissant le cerveau allumé.

    En tout cas, une chose est sûre, c’est en train de révolutionner l’apprentissage du code. Ça promet pour le futur mais faudra veiller à ce que les étudiants apprennent vraiment à faire les choses et ne deviennent pas des zombies du copier-coller (on avait déjà le souci avec StackOverflow, cela dit…).

    Source

    • ✇Korben
    • 42.parquet – La bombe Zip qui ruine le Big Data
      Saviez vous que les fichiers Parquet se prenaient pour des bombes ? Alors pas des bombes latines mais plutôt des bombes zip. Alors, pour ceux qui débarquent de la planète Mars, il faut savoir que Parquet est devenu le format de prédilection pour échanger des données tabulaires. Très utilisé dans tout ce qui est Big Data et qui met une claque à ce bon vieux CSV tout pourri, Parquet, c’est binaire, c’est colonnaire, c’est compressé, c’est top ! Mais attention, derrière cette apparente perf

    42.parquet – La bombe Zip qui ruine le Big Data

    Par : Korben
    26 mars 2024 à 16:08

    Saviez vous que les fichiers Parquet se prenaient pour des bombes ? Alors pas des bombes latines mais plutôt des bombes zip.

    Alors, pour ceux qui débarquent de la planète Mars, il faut savoir que Parquet est devenu le format de prédilection pour échanger des données tabulaires. Très utilisé dans tout ce qui est Big Data et qui met une claque à ce bon vieux CSV tout pourri, Parquet, c’est binaire, c’est colonnaire, c’est compressé, c’est top !

    Mais attention, derrière cette apparente perfection se cache un danger mortel pour vos disques durs et autres SSD ! En effet, même un fichier Parquet parfaitement valide peut mettre un sacré bordel et faire planter tous vos services.

    Comment ? Et bien simplement avec ce fichier de seulement 42 Ko qui contient… tenez-vous bien… plus de 4 PÉTAOCTETS de données !! Oui, on parle bien de 4 millions de gigaoctets dans un malheureux fichier de 42 Ko, fallait oser.

    On appelle ça une bombe de décompression ! Alors comment ça fonctionne ?

    Eh bien c’est grâce à un petit tour de passe-passe démoniaque appelé « encodage par dictionnaire« . En gros, on lui donne un dictionnaire avec une seule valeur, et ensuite on fait référence à cette valeur en boucle, environ 2 milliards de fois. Résultat, on obtient un fichier minuscule car compressable au maximum mais qui une fois dézippé représente une table monstrueusement gigantesque.

    C’est subtil… mais c’est vicieux ! 😈

    Imaginez un peu le carnage si vous balancez ce fichier innocent dans votre pipeline Big Data sans faire gaffe… Boom ! 💥 Plantage général, crash systémique, apocalypse nucléaire ! Vos services vont tenter de lire ce fichier en pensant que c’est un gentil petit fichier Parquet de rien du tout, et là… Surprise ! C’est le chaos total. Votre cluster va fondre comme neige au soleil en essayant d’avaler ces pétaoctets de données.

    Morale de l’histoire, faites attention à tout, même à ce que vous dézippez.

    Et si vous avez un peu de place sur votre disque dur, vous pouvez toujours tenter l’aventure en téléchargeant 42.zip ici. (NON, NE DEZIPPEZ PAS CE TRUC !! MAUVAISE IDEE !!) (le mot de passe du zip est : 42)

    Source

    • ✇Korben
    • Brewintosh – Le Macintosh imprimé en 3D
      Vous pensiez que les ordinateurs Macintosh vintage étaient condamnés à prendre la poussière au fond d’un placard ? Ah ! Grave erreur ! Le génial Kevin Noki leur offre une seconde jeunesse grâce à l’impression 3D et un bon paquet d’huile de coude. En effet, après des mois de labeur acharné, ce passionné (comme vous !!) a réussi l’exploit de donner vie à son « Brewintosh« , une réplique complètement fonctionnelle et aux dimensions exactes du mythique Macintosh 128K. Sous son apparence d’o

    Brewintosh – Le Macintosh imprimé en 3D

    Par : Korben
    21 mars 2024 à 16:09

    Vous pensiez que les ordinateurs Macintosh vintage étaient condamnés à prendre la poussière au fond d’un placard ?

    Ah ! Grave erreur !

    Le génial Kevin Noki leur offre une seconde jeunesse grâce à l’impression 3D et un bon paquet d’huile de coude. En effet, après des mois de labeur acharné, ce passionné (comme vous !!) a réussi l’exploit de donner vie à son « Brewintosh« , une réplique complètement fonctionnelle et aux dimensions exactes du mythique Macintosh 128K. Sous son apparence d’ordinateur tout droit sorti des eighties, cette merveille de rétro-informatique cache des entrailles résolument modernes.

    La vidéo est sympa car sans blabla… Y’a un petit côté contemplation méditative que j’aime bien.

    Fini le processeur Motorola 68000, bonjour le thin client sous Linux !

    L’astuce ? Avoir recréé la coque du Mac en impression 3D pour pouvoir y loger tout un tas de composants dernier cri, comme un écran LCD de caisse enregistreuse ou un lecteur de disquettes USB customisé.

    Grâce à un savant bricolage de cartes Teensy et Arduino, Kevin a même réussi l’exploit de faire tourner Mini vMac, un émulateur Mac, sur son Brewintosh. On peut ainsi y insérer des disquettes virtuelles pour booter le système ou y brancher une carte SD pour partager des fichiers. Classe !

    De quoi vous donner envie de ressusciter votre vieux Mac Plus qui dormait au grenier !

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