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Face à la colère des utilisateurs, OpenAI répare en urgence l’application ChatGPT

Le 16 juillet 2026, OpenAI a corrigé la nouvelle interface très critiquée de son application ChatGPT, reconnaissant ne pas avoir « tout à fait réussi du premier coup ». Le chatbot redevient désormais central.

Cette IA a déjà inventé plus de 60 nouvelles langues

Présentée en juillet 2026, ConlangCrafter a déjà généré plus de 60 langues artificielles. Une IA qui pourrait bien faciliter la création des futurs équivalents du klingon, du dothraki ou des langues elfiques du Seigneur des anneaux.

L’IA open-weight tient peut-être son nouveau géant : Thinking Machines Lab dévoile Inkling

Thinking Machines Lab a dévoilé le 15 juillet 2026 son tout premier modèle de fondation baptisé Inkling. Une sortie très attendue pour cette startup lancée par l'ancienne directrice technique d'OpenAI.

OpenAI lance un clavier pour contrôler ChatGPT : que peut-on faire avec ?

OpenAI se lance dans le matériel avec le Codex Micro, un petit clavier à 230 dollars conçu pour superviser et contrôler ses agents IA. Dévoilé le 15 juillet 2026 et déjà épuisé, il s’adresse avant tout aux utilisateurs intensifs de Codex.

Le créateur de Hinge lance une app de rencontre où l’IA choisit votre date à votre place

Après avoir créé Hinge, Justin McLeod veut de nouveau bouleverser les rencontres en ligne. Son nouveau service, Overtone, a levé 18 millions de dollars pour remplacer les profils et les swipes par une intelligence artificielle, selon un communiqué publié le 14 juillet 2026.

La dernière mise à jour de l’app ChatGPT est une catastrophe

Pour booster les usages agentiques, OpenAI a cru bon de fusionner les applications ChatGPT et Codex sur Mac et Windows. Mais cette nouvelle interface, pensée pour le développement de gros projets, relègue étrangement le simple chatbot au second plan. Ses premiers utilisateurs ne comprennent plus rien.

Vous avez l’impression de parler à des PNJ sur LinkedIn ? Cette étude le confirme

Publiée le 9 juillet 2026, une analyse de Pangram portant sur plus d’un million de contenus confirme que LinkedIn est devenu un terrain particulièrement fertile pour les publications entièrement générées par IA.

Pourquoi Anthropic prolonge une nouvelle fois l’accès à Fable 5

Cinq jours à peine après avoir repoussé l'échéance au 12 juillet, Anthropic prolonge à nouveau l'accès inclus à Claude Fable 5, cette fois jusqu'au 19 juillet. Une décision qui tombe alors que son concurrent OpenAI multiplie les annonces sur le terrain des usages professionnels.

Alternatives aux clims mobiles, projet IA de Doctolib et nouveaux modèles vocaux ChatGPT : le récap tech de la semaine

À la une de la rubrique tech de Numerama cette semaine : face à la pénurie de climatiseurs mobiles en France, les pompes à chaleur réversibles pourraient offrir une solution. Doctolib lance un projet d’IA utilisant les données de ses utilisateurs, qui peuvent toutefois s’y opposer. Enfin, OpenAI transforme son mode vocal - et le résultat est bluffant.

IA et éducation (2/2) : du dilemme moral au malaise social

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 01 juillet 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.

Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.


Encourager les élèves à un usage responsable de l’IA semble plus facile à dire qu’à faire. Notamment parce que l’IA place la déqualification au coeur même de l’apprentissage. Derrière la question morale de la triche, il faut surtout observer le malaise social à l’oeuvre. L’IA n’est certainement pas le grand égalisateur qu’on pense.

 

 

 

 

 

 

Suite de notre dossier sur IA et éducation (voir la première partie).

La bataille éducative est-elle perdue ?

Une grande enquête de 404 media montre qu’à l’arrivée de ChatGPT, les écoles publiques américaines étaient totalement démunies face à l’adoption généralisée de ChatGPT par les élèves. Le problème est d’ailleurs loin d’être résolu. Le New York Mag a récemment publié un article qui se désole de la triche généralisée qu’ont introduit les IA génératives à l’école. De partout, les élèves utilisent les chatbots pour prendre des notes pendant les cours, pour concevoir des tests, résumer des livres ou des articles, planifier et rédiger leurs essais, résoudre les exercices qui leur sont demandés. Le plafond de la triche a été pulvérisé, explique un étudiant. “Un nombre considérable d’étudiants sortiront diplômés de l’université et entreront sur le marché du travail en étant essentiellement analphabètes”, se désole un professeur qui constate le court-circuitage du processus même d’apprentissage. La triche semblait pourtant déjà avoir atteint son apogée, avant l’arrivée de ChatGPT, notamment avec les plateformes d’aides au devoir en ligne comme Chegg et Course Hero. “Pour 15,95 $ par mois, Chegg promettait des réponses à toutes les questions de devoirs en seulement 30 minutes, 24h/24 et 7j/7, grâce aux 150 000 experts diplômés de l’enseignement supérieur qu’elle employait, principalement en Inde”.

Chaque école a proposé sa politique face à ces nouveaux outils, certains prônant l’interdiction, d’autres non. Depuis, les politiques se sont plus souvent assouplies, qu’endurcies. Nombre de profs autorisent l’IA, à condition de la citer, ou ne l’autorisent que pour aide conceptuelle et en demandant aux élèves de détailler la manière dont ils l’ont utilisé. Mais cela ne dessine pas nécessairement de limites claires à leurs usages. L’article souligne que si les professeurs se croient doués pour détecter les écrits générés par l’IA, des études ont démontré qu’ils ne le sont pas. L’une d’elles, publiée en juin 2024, utilisait de faux profils d’étudiants pour glisser des travaux entièrement générés par l’IA dans les piles de correction des professeurs d’une université britannique. Les professeurs n’ont pas signalé 97 % des essais génératifs. En fait, souligne l’article, les professeurs ont plutôt abandonné l’idée de pouvoir détecter le fait que les devoirs soient rédigés par des IA. “De nombreux enseignants semblent désormais désespérés”. “Ce n’est pas ce pour quoi nous nous sommes engagés”, explique l’un d’entre eux. La prise de contrôle de l’enseignement par l’IA tient d’une crise existentielle de l’éducation. Désormais, les élèves ne tentent même plus de se battre contre eux-mêmes. Ils se replient sur la facilité. “Toute tentative de responsabilisation reste vaine”, constatent les professeurs.

L’IA a mis à jour les défaillances du système éducatif. Bien sûr, l’idéal de l’université et de l’école comme lieu de développement intellectuel, où les étudiants abordent des idées profondes a disparu depuis longtemps. La perspective que les IA des professeurs évaluent désormais les travaux produits par les IA des élèves, finit de réduire l’absurdité de la situation, en laissant chacun sans plus rien à apprendre. Plusieurs études (comme celle de chercheurs de Microsoft) ont établi un lien entre l’utilisation de l’IA et une détérioration de l’esprit critique. Pour le psychologue, Robert Sternberg, l’IA générative compromet déjà la créativité et l’intelligence. “La bataille est perdue”, se désole un autre professeur.

Reste à savoir si l’usage “raisonnable” de l’IA est possible. Dans une longue enquête pour le New Yorker, le journaliste Hua Hsu constate que tous les étudiants qu’il a interrogés pour comprendre leur usage de l’IA ont commencé par l’utiliser pour se donner des idées, en promettant de veiller à un usage responsable et ont très vite basculé vers des usages peu modérés, au détriment de leur réflexion. L’utilisation judicieuse de l’IA ne tient pas longtemps. Dans un rapport sur l’usage de Claude par des étudiants, Anthropic a montré que la moitié des interactions des étudiants avec son outil serait extractive, c’est-à-dire servent à produire des contenus. 404 media est allé discuter avec les participants de groupes de soutien en ligne de gens qui se déclarent comme “dépendants à l’IA”. Rien n’est plus simple que de devenir accro à un chatbot, confient des utilisateurs de tout âge. OpenAI en est conscient, comme le pointait une étude du MIT sur les utilisateurs les plus assidus, sans proposer pourtant de remèdes.

Comment apprendre aux enfants à faire des choses difficiles ? Le journaliste Clay Shirky, devenu responsable de l’IA en éducation à la New York University, dans le Chronicle of Higher Education, s’interroge : l’IA améliore-t-elle l’éducation ou la remplace-t-elle ? “Chaque année, environ 15 millions d’étudiants de premier cycle aux États-Unis produisent des travaux et des examens de plusieurs milliards de mots. Si le résultat d’un cours est constitué de travaux d’étudiants (travaux, examens, projets de recherche, etc.), le produit de ce cours est l’expérience étudiante. Un devoir n’a de valeur que « pour stimuler l’effort et la réflexion de l’élève ». “L’utilité des devoirs écrits repose sur deux hypothèses : la première est que pour écrire sur un sujet, l’élève doit comprendre le sujet et organiser ses pensées. La seconde est que noter les écrits d’un élève revient à évaluer l’effort et la réflexion qui y ont été consacrés”. Avec l’IA générative, la logique de cette proposition, qui semblait pourtant à jamais inébranlable, s’est complètement effondrée.

Pour Shirky, il ne fait pas de doute que l’IA générative peut être utile à l’apprentissage. “Ces outils sont efficaces pour expliquer des concepts complexes, proposer des quiz pratiques, des guides d’étude, etc. Les étudiants peuvent rédiger un devoir et demander des commentaires, voir à quoi ressemble une réécriture à différents niveaux de lecture, ou encore demander un résumé pour vérifier la clart锓Mais le fait que l’IA puisse aider les étudiants à apprendre ne garantit pas qu’elle le fera. Pour le grand théoricien de l’éducation, Herbert Simon, “l’enseignant ne peut faire progresser l’apprentissage qu’en incitant l’étudiant à apprendre”. “Face à l’IA générative dans nos salles de classe, la réponse évidente est d’inciter les étudiants à adopter les utilisations utiles de l’IA tout en les persuadant d’éviter les utilisations néfastes. Notre problème est que nous ne savons pas comment y parvenir”, souligne pertinemment Shirky. Pour lui aussi, aujourd’hui, les professeurs sont en passe d’abandonner. Mettre l’accent sur le lien entre effort et apprentissage ne fonctionne pas, se désole-t-il. Les étudiants eux aussi sont déboussolés et finissent par se demander où l’utilisation de l’IA les mène. Shirky fait son mea culpa. L’utilisation engagée de l’IA conduit à son utilisation paresseuse. Nous ne savons pas composer avec les difficultés. Mais c’était déjà le cas avant ChatGPT. Les étudiants déclarent régulièrement apprendre davantage grâce à des cours magistraux bien présentés qu’avec un apprentissage plus actif, alors que de nombreuses études démontrent l’inverse. “Un outil qui améliore le rendement mais dégrade l’expérience est un mauvais compromis”.

C’est le sens même de l’éducation qui est en train d’être perdu. Le New York Times revenait récemment sur le fait que certaines écoles interdisent aux élèves d’utiliser ces outils, alors que les professeurs, eux, les sur-utilisent. Selon une étude auprès de 1800 enseignants de l’enseignement supérieur, 18 % déclaraient utiliser fréquemment ces outils pour faire leur cours, l’année dernière – un chiffre qui aurait doublé depuis. Les étudiants ne lisent plus ce qu’ils écrivent et les professeurs non plus. Si les profs sont prompts à critiquer l’usage de l’IA par leurs élèves, nombre d’entre eux l’apprécient pour eux-mêmes, remarque un autre article du New York Times. A PhotoMath ou Google Lens qui viennent aider les élèves, répondent MagicSchool et Brisk Teaching qui proposent déjà des produits d’IA qui fournissent un retour instantané sur les écrits des élèves. L’État du Texas a signé un contrat de 5 ans avec l’entreprise Cambium Assessment pour fournir aux professeurs un outil de notation automatisée des écrits des élèves.

Pour Jason Koebler de 404 media : “la société dans son ensemble n’a pas très bien résisté à l’IA générative, car les grandes entreprises technologiques s’obstinent à nous l’imposer. Il est donc très difficile pour un système scolaire public sous-financé de contrôler son utilisation”. Pourtant, peu après le lancement public de ChatGPT, certains districts scolaires locaux et d’État ont fait appel à des consultants pro-IA pour produire des formations et des présentations “encourageant largement les enseignants à utiliser l’IA générative en classe”, mais “aucun n’anticipait des situations aussi extrêmes que celles décrites dans l’article du New York Mag, ni aussi problématiques que celles que j’ai entendues de mes amis enseignants, qui affirment que certains élèves désormais sont totalement dépendants de ChatGPT”. Les documents rassemblés par 404media montrent surtout que les services d’éducation américains ont tardé à réagir et à proposer des perspectives aux enseignants sur le terrain.

Dans un autre article de 404 media, Koebler a demandé à des professeurs américains d’expliquer ce que l’IA a changé à leur travail. Les innombrables témoignages recueillis montrent que les professeurs ne sont pas restés les bras ballants, même s’ils se sentent très dépourvus face à l’intrusion d’une technologie qu’ils n’ont pas voulue. Tous expliquent qu’ils passent des heures à corriger des devoirs que les élèves mettent quelques secondes à produire. Tous dressent un constat similaire fait d’incohérences, de confusions, de démoralisations, entre préoccupations et exaspérations. Quelles limites mettre en place ? Comment s’assurer qu’elles soient respectées ? “Je ne veux pas que les étudiants qui n’utilisent pas de LLM soient désavantagés. Et je ne veux pas donner de bonnes notes à des étudiants qui ne font pratiquement rien”, témoigne un prof. Beaucoup ont désormais recours à l’écriture en classe, au papier. Quelques-uns disent qu’ils sont passés de la curiosité au rejet catégorique de ces outils. Beaucoup pointent que leur métier est plus difficile que jamais. “ChatGPT n’est pas un problème isolé. C’est le symptôme d’un paradigme culturel totalitaire où la consommation passive et la régurgitation de contenu deviennent le statu quo.”

L’IA place la déqualification au coeur de l’apprentissage

Nicholas Carr, qui vient de faire paraître Superbloom : How Technologies of Connection Tear Us Apart (Norton, 2025, non traduit) rappelle dans sa newsletter que “la véritable menace que représente l’IA pour l’éducation n’est pas qu’elle encourage la triche, mais qu’elle décourage l’apprentissage. Pour Carr, lorsque les gens utilisent une machine pour réaliser une tâche, soit leurs compétences augmentent, soit elles s’atrophient, soit elles ne se développent jamais. C’est la piste qu’il avait d’ailleurs explorée dans Remplacer l’humain (L’échappée, 2017, traduction de The Glass Cage) en montrant comment les logiciels transforment concrètement les métiers, des architectes aux pilotes d’avions). Si un travailleur maîtrise déjà l’activité à automatiser, la machine peut l’aider à développer ses compétences” et relever des défis plus complexes. Dans les mains d’un mathématicien, une calculatrice devient un “amplificateur d’intelligence”. À l’inverse, si le maintien d’une compétence exige une pratique fréquente, combinant dextérité manuelle et mentale, alors l’automatisation peut menacer le talent même de l’expert. C’est le cas des pilotes d’avion confrontés aux systèmes de pilotage automatique qui connaissent un “affaissement des compétences” face aux situations difficiles. Mais l’automatisation est plus pernicieuse encore lorsqu’une machine prend les commandes d’une tâche avant que la personne qui l’utilise n’ait acquis l’expérience de la tâche en question. “C’est l’histoire du phénomène de « déqualification » du début de la révolution industrielle. Les artisans qualifiés ont été remplacés par des opérateurs de machines non qualifiés. Le travail s’est accéléré, mais la seule compétence acquise par ces opérateurs était celle de faire fonctionner la machine, ce qui, dans la plupart des cas, n’était quasiment pas une compétence. Supprimez la machine, et le travail s’arrête”.

Bien évidemment que les élèves qui utilisent des chatbots pour faire leurs devoirs font moins d’effort mental que ceux qui ne les utilisent pas, comme le pointait une très épaisse étude du MIT (synthétisée par Le Grand Continent), tout comme ceux qui utilisent une calculatrice plutôt que le calcul mental vont moins se souvenir des opérations qu’ils ont effectuées. Mais le problème est surtout que ceux qui les utilisent sont moins méfiants de leurs résultats (comme le pointait l’étude des chercheurs de Microsoft), alors que contrairement à ceux d’une calculatrice, ils sont beaucoup moins fiables. Le problème de l’usage des LLM à l’école, c’est à la fois qu’il empêche d’apprendre à faire, mais plus encore que leur usage nécessite des compétences pour les évaluer. 

L’IA générative étant une technologie polyvalente permettant d’automatiser toutes sortes de tâches et d’emplois, nous verrons probablement de nombreux exemples de chacun des trois scénarios de compétences dans les années à venir, estime Carr. Mais l’utilisation de l’IA par les lycéens et les étudiants pour réaliser des travaux écrits, pour faciliter ou éviter le travail de lecture et d’écriture, constitue un cas particulier. “Elle place le processus de déqualification au cœur de l’éducation. Automatiser l’apprentissage revient à le subvertir”.

En éducation, plus vous effectuez de recherches, plus vous vous améliorez en recherche, et plus vous rédigez d’articles, plus vous améliorez votre rédaction. “Cependant, la valeur pédagogique d’un devoir d’écriture ne réside pas dans le produit tangible du travail – le devoir rendu à la fin du devoir. Elle réside dans le travail lui-même : la lecture critique des sources, la synthèse des preuves et des idées, la formulation d’une thèse et d’un argument, et l’expression de la pensée dans un texte cohérent. Le devoir est un indicateur que l’enseignant utilise pour évaluer la réussite du travail de l’étudiant – le travail d’apprentissage. Une fois noté et rendu à l’étudiant, le devoir peut être jeté”.

L’IA générative permet aux étudiants de produire le produit sans effectuer le travail. Le travail remis par un étudiant ne témoigne plus du travail d’apprentissage qu’il a nécessité. “Il s’y substitue ». Le travail d’apprentissage est ardu par nature : sans remise en question, l’esprit n’apprend rien. Les étudiants ont toujours cherché des raccourcis bien sûr, mais l’IA générative est différente, pas son ampleur, par sa nature. “Sa rapidité, sa simplicité d’utilisation, sa flexibilité et, surtout, sa large adoption dans la société rendent normal, voire nécessaire, l’automatisation de la lecture et de l’écriture, et l’évitement du travail d’apprentissage”. Grâce à l’IA générative, un élève médiocre peut produire un travail remarquable tout en se retrouvant en situation de faiblesse. Or, pointe très justement Carr, “la conséquence ironique de cette perte d’apprentissage est qu’elle empêche les élèves d’utiliser l’IA avec habileté. Rédiger une bonne consigne, un prompt efficace, nécessite une compréhension du sujet abordé. Le dispensateur doit connaître le contexte de la consigne. Le développement de cette compréhension est précisément ce que la dépendance à l’IA entrave”. “L’effet de déqualification de l’outil s’étend à son utilisation”. Pour Carr, “nous sommes obnubilés par la façon dont les étudiants utilisent l’IA pour tricher. Alors que ce qui devrait nous préoccuper davantage, c’est la façon dont l’IA trompe les étudiants”.

Nous sommes d’accord. Mais cette conclusion n’aide pas pour autant à avancer !

Passer du malaise moral au malaise social !

Utiliser ou non l’IA semble surtout relever d’un malaise moral (qui en rappelle un autre), révélateur, comme le souligne l’obsession sur la « triche » des élèves. Mais plus qu’un dilemme moral, peut-être faut-il inverser notre regard, et le poser autrement : comme un malaise social. C’est la proposition que fait le sociologue Bilel Benbouzid dans un remarquable article pour AOC (première et seconde partie).

Pour Benbouzid, l’IA générative à l’université ébranle les fondements de « l’auctorialité », c’est-à-dire qu’elle modifie la position d’auteur et ses repères normatifs et déontologiques. Dans le monde de l’enseignement supérieur, depuis le lancement de ChatGPT, tout le monde s’interroge pour savoir que faire de ces outils, souvent dans un choix un peu binaire, entre leur autorisation et leur interdiction. Or, pointe justement Benbouzid, l’usage de l’IA a été « perçu » très tôt comme une transgression morale. Très tôt, les utiliser a été associé à de la triche, d’autant qu’on ne peut pas les citer, contrairement à tout autre matériel écrit.

Face à leur statut ambigu, Benbouzid pose une question de fond : quelle est la nature de l’effort intellectuel légitime à fournir pour ses études ? Comment distinguer un usage « passif » de l’IA d’un usage « actif », comme l’évoquait Ethan Mollick dans la première partie de ce dossier ? Comment contrôler et s’assurer d’une utilisation active et éthique et non pas passive et moralement condamnable ? 

Pour Benbouzid, il se joue une réflexion éthique sur le rapport à soi qui nécessite d’être authentique. Mais peut-on être authentique lorsqu’on se construit, interroge le sociologue, en évoquant le fait que les étudiants doivent d’abord acquérir des compétences avant de s’individualiser. Or l’outil n’est pas qu’une machine pour résumer ou copier. Pour Benbouzid, comme pour Mollick, bien employée, elle peut-être un vecteur de stimulation intellectuelle, tout en exerçant une influence diffuse mais réelle. « Face aux influences tacites des IAG, il est difficile de discerner les lignes de partage entre l’expression authentique de soi et les effets normatifs induits par la machine. » L’enjeu ici est bien celui de la capacité de persuasion de ces machines sur ceux qui les utilisent.

Pour les professeurs de philosophie et d’éthique Mark Coeckelbergh et David Gunkel, comme ils l’expliquent dans un article (qui a depuis donné lieu à un livre, Communicative AI, Polity, 2025), l’enjeu n’est pourtant plus de savoir qui est l’auteur d’un texte (même si, comme le remarque Antoine Compagnon, sans cette figure, la lecture devient indéchiffrable, puisque nul ne sait plus qui parle, ni depuis quels savoirs), mais bien plus de comprendre les effets que les textes produisent. Pourtant, ce déplacement, s’il est intéressant (et peut-être peu adapté à l’IA générative, tant les textes produits sont rarement pertinents), il ne permet pas de cadrer les usages des IA génératives qui bousculent le cadre ancien de régulation des textes académiques. Reste que l’auteur d’un texte doit toujours en répondre, rappelle Benbouzid, et c’est désormais bien plus le cas des étudiants qui utilisent l’IA que de ceux qui déploient ces systèmes d’IA. L’autonomie qu’on attend d’eux est à la fois un idéal éducatif et une obligation morale envers soi-même, permettant de développer ses propres capacités de réflexion. « L’acte d’écriture n’est pas un simple exercice technique ou une compétence instrumentale. Il devient un acte de formation éthique ». Le problème, estiment les professeurs de philosophie Timothy Aylsworth et Clinton Castro, dans un article qui s’interroge sur l’usage de ChatGPT, c’est que l’autonomie comme finalité morale de l’éducation n’est pas la même que celle qui permet à un étudiant de décider des moyens qu’il souhaite mobiliser pour atteindre son but. Pour Aylsworth et Castro, les étudiants ont donc obligation morale de ne pas utiliser ChatGPT, car écrire soi-même ses textes est essentiel à la construction de son autonomie. Pour eux, l’école doit imposer une morale de la responsabilité envers soi-même où écrire par soi-même n’est pas seulement une tâche scolaire, mais également un moyen d’assurer sa dignité morale. « Écrire, c’est penser. Penser, c’est se construire. Et se construire, c’est honorer l’humanité en soi. »

Pour Benbouzid, les contradictions de ces deux dilemmes résument bien le choix cornélien des étudiants et des enseignants. Elle leur impose une liberté de ne pas utiliser. Mais cette liberté de ne pas utiliser, elle, ne relève-t-elle pas d’abord et avant tout d’un jugement social ?

L’IA générative ne sera pas le grand égalisateur social !

C’est la piste fructueuse qu’explore Bilel Benbouzid dans la seconde partie de son article. En explorant qui à recours à l’IA et pourquoi, le sociologue permet d’entrouvrir une autre réponse que la réponse morale. Ceux qui promeuvent l’usage de l’IA pour les étudiants, comme Ethan Mollick, estiment que l’IA pourrait agir comme une égaliseuse de chances, permettant de réduire les différences cognitives entre les élèves. C’est là une référence aux travaux d’Erik Brynjolfsson, Generative AI at work, qui souligne que l’IA diminue le besoin d’expérience, permet la montée en compétence accélérée des travailleurs et réduit les écarts de compétence des travailleurs (une théorie qui a été en partie critiquée, notamment parce que ces avantages sont compensés par l’uniformisation des pratiques et leur surveillance – voir ce que nous en disions en mobilisant les travaux de David Autor). Mais sommes-nous confrontés à une homogénéisation des performances d’écritures ? N’assiste-t-on pas plutôt à un renforcement des inégalités entre les meilleurs qui sauront mieux que d’autres tirer parti de l’IA générative et les moins pourvus socialement ? 

Pour John Danaher, l’IA générative pourrait redéfinir pas moins que l’égalité, puisque les compétences traditionnelles (rédaction, programmation, analyses…) permettraient aux moins dotés d’égaler les meilleurs. Pour Danaher, le risque, c’est que l’égalité soit alors reléguée au second plan : « d’autres valeurs comme l’efficacité économique ou la liberté individuelle prendraient le dessus, entraînant une acceptation accrue des inégalités. L’efficacité économique pourrait être mise en avant si l’IA permet une forte augmentation de la productivité et de la richesse globale, même si cette richesse est inégalement répartie. Dans ce scénario, plutôt que de chercher à garantir une répartition équitable des ressources, la société pourrait accepter des écarts grandissants de richesse et de statut, tant que l’ensemble progresse. Ce serait une forme d’acceptation de l’inégalité sous prétexte que la technologie génère globalement des bénéfices pour tous, même si ces bénéfices ne sont pas partagés de manière égale. De la même manière, la liberté individuelle pourrait être privilégiée si l’IA permet à chacun d’accéder à des outils puissants qui augmentent ses capacités, mais sans garantir que tout le monde en bénéficie de manière équivalente. Certains pourraient considérer qu’il est plus important de laisser les individus utiliser ces technologies comme ils le souhaitent, même si cela crée de nouvelles hiérarchies basées sur l’usage différencié de l’IA ». Pour Danaher comme pour Benbouzid, l’intégration de l’IA dans l’enseignement doit poser la question de ses conséquences sociales !

Les LLM ne produisent pas un langage neutre mais tendent à reproduire les « les normes linguistiques dominantes des groupes sociaux les plus favorisés », rappelle Bilel Benbouzid. Une étude comparant les lettres de motivation d’étudiants avec des textes produits par des IA génératives montre que ces dernières correspondent surtout à des productions de CSP+. Pour Benbouzid, le risque est que la délégation de l’écriture à ces machines renforce les hiérarchies existantes plus qu’elle ne les distribue. D’où l’enjeu d’une enquête en cours pour comprendre l’usage de l’IA générative des étudiants et leur rapport social au langage.

Les premiers résultats de cette enquête montrent par exemple que les étudiants rechignent à copier-coller directement le texte créé par les IA, non seulement par peur de sanctions, mais plus encore parce qu’ils comprennent que le ton et le style ne leur correspondent pas. «  Les étudiants comparent souvent ChatGPT à l’aide parentale. On comprend que la légitimité ne réside pas tant dans la nature de l’assistance que dans la relation sociale qui la sous-tend. Une aide humaine, surtout familiale, est investie d’une proximité culturelle qui la rend acceptable, voire valorisante, là où l’assistance algorithmique est perçue comme une rupture avec le niveau académique et leur propre maîtrise de la langue ». Et effectivement, la perception de l’apport des LLM dépend du capital culturel des étudiants. Pour les plus dotés, ChatGPT est un outil utilitaire, limité voire vulgaire, qui standardise le langage. Pour les moins dotés, il leur permet d’accéder à des éléments de langages valorisés et valorisants, tout en l’adaptant pour qu’elle leur corresponde socialement.

Dans ce rapport aux outils de génération, pointe un rapport social à la langue, à l’écriture, à l’éducation. Pour Benbouzid, l’utilisation de l’IA devient alors moins un problème moral qu’un dilemme social. « Ces pratiques, loin d’être homogènes, traduisent une appropriation différenciée de l’outil en fonction des trajectoires sociales et des attentes symboliques qui structurent le rapport social à l’éducation. Ce qui est en jeu, finalement, c’est une remise en question de la manière dont les étudiants se positionnent socialement, lorsqu’ils utilisent les robots conversationnels, dans les hiérarchies culturelles et sociales de l’université. » En fait, les étudiants utilisent les outils non pas pour se dépasser, comme l’estime Mollick, mais pour produire un contenu socialement légitime. « En déléguant systématiquement leurs compétences de lecture, d’analyse et d’écriture à ces modèles, les étudiants peuvent contourner les processus essentiels d’intériorisation et d’adaptation aux normes discursives et épistémologiques propres à chaque domaine. En d’autres termes, l’étudiant pourrait perdre l’occasion de développer authentiquement son propre capital culturel académique, substitué par un habitus dominant produit artificiellement par l’IA. »

L’apparence d’égalité instrumentale que permettent les LLM pourrait donc paradoxalement renforcer une inégalité structurelle accrue. Les outils creusant l’écart entre des étudiants qui ont déjà internalisé les normes dominantes et ceux qui les singent. Le fait que les textes générés manquent d’originalité et de profondeur critique, que les IA produisent des textes superficiels, ne rend pas tous les étudiants égaux face à ces outils. D’un côté, les grandes écoles renforcent les compétences orales et renforcent leurs exigences d’originalité face à ces outils. De l’autre, d’autres devront y avoir recours par nécessité. « Pour les mieux établis, l’IA représentera un outil optionnel d’optimisation ; pour les plus précaires, elle deviendra une condition de survie dans un univers concurrentiel. Par ailleurs, même si l’IA profitera relativement davantage aux moins qualifiés, cette amélioration pourrait simultanément accentuer une forme de dépendance technologique parmi les populations les plus défavorisées, creusant encore le fossé avec les élites, mieux armées pour exercer un discernement critique face aux contenus générés par les machines ».

Bref, loin de l’égalisation culturelle que les outils permettraient, le risque est fort que tous n’en profitent pas d’une manière égale. On le constate très bien ailleurs. Le fait d’être capable de rédiger un courrier administratif est loin d’être partagé. Si ces outils améliorent les courriers des moins dotés socialement, ils ne renversent en rien les différences sociales. C’est le même constat qu’on peut faire entre ceux qui subliment ces outils parce qu’ils les maîtrisent finement, et tous les autres qui ne font que les utiliser, comme l’évoquait Gregory Chatonsky, en distinguant les utilisateurs mémétiques et les utilisateurs productifs. Ces outils, qui se présentent comme des outils qui seraient capables de dépasser les inégalités sociales, risquent avant tout de mieux les amplifier. Plus que de permettre de personnaliser l’apprentissage, pour s’adapter à chacun, il semble que l’IA donne des superpouvoirs d’apprentissage à ceux qui maîtrisent leurs apprentissages, plus qu’aux autres.

L’IApocalypse scolaire, coincée dans le droit

Les questions de l’usage de l’IA à l’école que nous avons tenté de dérouler dans ce dossier montrent l’enjeu à débattre d’une politique publique d’usage de l’IA générative à l’école, du primaire au supérieur. Mais, comme le montre notre enquête, toute la communauté éducative est en attente d’un cadre. En France, on attend les recommandations de la mission confiée à François Taddéi et Sarah Cohen-Boulakia sur les pratiques pédagogiques de l’IA dans l’enseignement supérieur, rapportait le Monde.

Un premier cadre d’usage de l’IA à l’école vient pourtant d’être publié par le ministère de l’Education nationale. Autant dire que ce cadrage processuel n’est pas du tout à la hauteur des enjeux. Le document consiste surtout en un rappel des règles et, pour l’essentiel, elles expliquent d’abord que l’usage de l’IA générative est contraint si ce n’est impossible, de fait. « Aucun membre du personnel ne doit demander aux élèves d’utiliser des services d’IA grand public impliquant la création d’un compte personnel » rappelle le document. La note recommande également de ne pas utiliser l’IA générative avec les élèves avant la 4e et souligne que « l’utilisation d’une intelligence artificielle générative pour réaliser tout ou partie d’un devoir scolaire, sans autorisation explicite de l’enseignant et sans qu’elle soit suivie d’un travail personnel d’appropriation à partir des contenus produits, constitue une fraude ». Autant dire que ce cadre d’usage ne permet rien, sinon l’interdiction. Loin d’être un cadre de développement ouvert à l’envahissement de l’IA, comme s’en plaint le SNES-FSU, le document semble surtout continuer à produire du déni, tentant de rappeler des règles sur des usages qui les débordent déjà très largement.

Sur Linked-in, Yann Houry, prof dans un Institut privé suisse, était très heureux de partager sa recette pour permettre aux profs de corriger des copies avec une IA en local, rappelant que pour des questions de légalité et de confidentialité, les professeurs ne devraient pas utiliser les services d’IA génératives en ligne pour corriger les copies. Dans les commentaires, nombreux sont pourtant venus lui signaler que cela ne suffit pas, rappelant qu’utiliser l’IA pour corriger les copies, donner des notes et classer les élèves peut être classée comme un usage à haut-risque selon l’IA Act, ou encore qu’un formateur qui utiliserait l’IA en ce sens devrait en informer les apprenants afin qu’ils exercent un droit de recours en cas de désaccord sur une évaluation, sans compter que le professeur doit également être transparent sur ce qu’il utilise pour rester en conformité et l’inscrire au registre des traitements. Bref, d’un côté comme de l’autre, tant du côté des élèves qui sont renvoyés à la fraude quel que soit la façon dont ils l’utilisent, que des professeurs, qui ne doivent l’utiliser qu’en pleine transparence, on se rend vite compte que l’usage de l’IA dans l’éducation reste, formellement, très contraint, pour ne pas dire impossible.

D’autres cadres et rapports ont été publiés. Comme celui de l’inspection générale, du Sénat ou de la Commission européenne et de l’OCDE, mais qui se concentrent surtout sur ce qu’un enseignement à l’IA devrait être, plus que de donner un cadre aux débordements des usages actuels. Bref, pour l’instant, le cadrage de l’IApocalypse scolaire reste à construire, avec les professeurs… et avec les élèves.

Hubert Guillaud

MAJ du 02/09/2025 : Le rapport de François Taddei sur l’IA dans l’Enseignement supérieur a été publié. Et, contrairement à ce qu’on aurait pu en attendre, il ne répond pas à la question des limites de l’usage de l’IA dans l’enseignement supérieur.

Le rapport est pourtant disert. Il recommande de mutualiser les capacités de calculs, les contenus et les bonnes pratiques, notamment via une plateforme de mutualisation. Il recommande de développer la formation des étudiants comme des personnels et bien sûr de repenser les modalités d’évaluation, mais sans proposer de pistes concrètes. « L’IA doit notamment contribuer à rendre les établissements plus inclusifs, renforcer la démocratie universitaire, et développer un nouveau modèle d’enseignement qui redéfinisse le rôle de l’enseignant et des étudiants », rappelle l’auteur dApprendre au XXIe siècle (Calmann-Levy, 2018) qui militait déjà pour transformer l’institution. Il recommande enfin de développer des data centers dédiés, orientés enseignement et des solutions techniques souveraines et invite le ministère de l’enseignement supérieur à se doter d’une politique nationale d’adoption de l’IA autour d’un Institut national IA, éducation et société.

Le rapport embarque une enquête quantitative sur l’usage de l’IA par les étudiants, les professeurs et les personnels administratifs. Si le rapport estime que l’usage de l’IA doit être encouragé, il souligne néanmoins que son développement « doit être accompagné de réflexions collectives sur les usages et ses effets sur l’organisation du travail, les processus et l’évolution des compétences », mais sans vraiment faire de propositions spécifiques autres que citer certaines déjà mises en place nombre de professeurs. Ainsi, sur l’évolution des pratiques, le rapport recense les évolutions, notamment le développement d’examens oraux, mais en pointe les limites en termes de coûts et d’organisation, sans compter, bien sûr, qu’ils ne permettent pas d’évaluer les capacités d’écriture des élèves. « La mission considère que l’IA pourrait donner l’opportunité de redéfinir les modèles d’enseignement, en réinterrogeant le rôle de chacun. Plusieurs pistes sont possibles : associer les étudiants à la définition des objectifs des enseignements, responsabiliser les étudiants sur les apprentissages, mettre en situation professionnelle, développer davantage les modes projet, développer la résolution de problèmes complexes, associer les étudiants à l’organisation d’événements ou de travaux de recherche, etc. Le principal avantage de cette évolution est qu’elle peut permettre de renforcer l’engagement des étudiants dans les apprentissages, car ils sont plus impliqués quand ils peuvent contribuer aux choix des sujets abordés. Ils prendront aussi conscience des enjeux pour leur vie professionnelle des matières enseignées. Une telle évolution pourrait renforcer de ce fait la qualité des apprentissages. Elle permettrait aussi de proposer davantage d’horizontalité dans les échanges, ce qui est attendu par les étudiants et qui reflète aussi davantage le fonctionnement par projet, mode d’organisation auquel ils seront fréquemment confrontés ». Pour répondre au défi de l’IA, la mission Taddeï propose donc de « sortir d’une transmission descendante » au profit d’un apprentissage plus collaboratif, comme François Taddéi l’a toujours proposé, mais sans proposer de norme pour structurer les rapports à l’IA.

Le rapport recommande d’ailleurs de favoriser l’usage de l’IA dans l’administration scolaire et d’utiliser le « broad listening » , l’écoute et la consultation des jeunes pour améliorer la démocratie universitaire… Une proposition qui pourrait être stimulante si nous n’étions pas plutôt confrontés à son exact inverse : le broad listening semble plutôt mobilisé pour réprimer les propos étudiants que le contraire… Enfin, le rapport insiste particulièrement sur l’usage de l’IA pour personnaliser l’orientation et être un tuteur d’études. La dernière partie du rapport constate les besoins de formation et les besoins d’outils mutualisés, libres et ouverts : deux aspects qui nécessiteront des financements et projets adaptés.

Ce rapport très pro-IA ne répond pas vraiment à la difficulté de l’évaluation et de l’enseignement à l’heure où les élèves peuvent utiliser l’IA pour leurs écrits.

Signalons qu’un autre rapport a été publié concomitamment, celui de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGERS) qui insiste également sur le besoin de coordination et de mutualisation.

Pour l’instant, l’une des propositions la plus pratico-pratique que l’on a vu passer sont assurément  les résultats de la convention « citoyenne » de Sciences-Po Aix sur l’usage de l’IA générative, formulant 7 propositions. La convention recommande que les étudiants déclarent l’usage de l’IA, pour préciser le niveau d’intervention qui a été fait, le modèle utilisé et les instructions données, sur le modèle de celles utilisées par l’université de Sherbrooke. L’avis recommande aussi la coordination des équipes pédagogiques afin d’harmoniser les pratiques, pour donner un cadre cohérent aux étudiants et bâtir une réflexion collective. La 3e proposition consiste à améliorer l’enquête sur les pratiques via des formulaires réguliers pour mieux saisir les niveaux d’usages des élèves. La 4e proposition propose de ne pas autoriser l’IA générative pour les étudiants en première et seconde année, afin de leur permettre d’acquérir un socle de connaissances. La 5e proposition propose que les enseignants indiquent clairement si l’usage est autorisé ou non et selon quelles modalités, sur le modèle que propose, là encore, l’université de Sherbrooke. La 6e proposition propose d’améliorer la formation aux outils d’IA. La 7e propose d’organiser des ateliers de sensibilisation aux dimensions environnementales et sociales des IA génératives, intégrés à la formation. Comme le montrent nombre de chartes de l’IA dans l’éducation, celle-ci propose surtout un plus fort cadrage des usages que le contraire.

En tout cas, le sujet agite la réflexion. Dans une tribune pour le Monde, le sociologue Manuel Cervera-Marzal estime que plutôt que d’ériger des interdits inapplicables en matière d’intelligence artificielle, les enseignants doivent réinventer les manières d’enseigner et d’évaluer, explique-t-il en explicitant ses propres pratiques. Même constat dans une autre tribune pour le professeur et écrivain Maxime Abolgassemi.

Dans une tribune pour le Club de Mediapart, Céline Cael et Laurent Reynaud, auteurs de Et si on imaginait l’école de demain ? (Retz, 2025) reviennent sur les annonces toutes récentes de la ministre de l’Éducation, Elisabeth Borne, de mettre en place une IA pour les professeurs “pour les accompagner dans leurs métiers et les aider à préparer leurs cours” (un appel d’offres a d’ailleurs été publié en janvier 2025 pour sélectionner un candidat). Des modules de formation seront proposés aux élèves du secondaire et un chatbot sera mis en place pour répondre aux questions administratives et réglementaires des personnels de l’Éducation nationale, a-t-elle également annoncé. Pour les deux enseignants, “l’introduction massive du numérique, et de l’IA par extension, dans le quotidien du métier d’enseignant semble bien plus souvent conduire à un appauvrissement du métier d’enseignant plutôt qu’à son optimisation”. “L’IA ne saurait être la solution miracle à tous les défis de l’éducation”, rappellent-ils. Les urgences ne sont pas là.

Selon le bulletin officiel de l’éducation nationale qui a publié en juillet un cadre pour un usage raisonné du numérique à l’école, la question de l’IA « doit être conduite au sein des instances de démocratie scolaire », afin de nourrir le projet d’établissement. Bref, la question du cadrage des pratiques est pour l’instant renvoyée à un nécessaire débat de société à mener.

MAJ du 01/10/2025 : A la suite d’Anthropic, OpenAI vient de publier une version de son chatbot pour étudiants. Ce “mode étude” consiste à doter ChatGPT “d’un nouveau filtre de conversation qui régule simplement la manière dont il répond aux élèves, encourageant moins de réponses et plus d’explications”. Plutôt que de donner des réponses, le robot tente d’expliquer le sujet et de renvoyer les étudiants à leurs propres efforts. Pourtant, rappelle la Technology Review, cela ne signifie pas que le système ne produise pas d’erreurs, au contraire. Il peut finalement apprendre à aborder des problèmes de manière erronée et produire des explications totalement fausses. Enfin, il n’empêchera pas les étudiants d’exiger du moteur de produire des réponses plutôt que de simplement les accompagner dans leur compréhension. Le mode tutorat lancé par les grandes entreprises de l’IA vise surtout à décrocher des marchés avec le secteur éducatif et fait la promesse que le tutorat personnalisé serait finalement un secteur où l’on pourrait considérablement réduire le coût humain.

MAJ du 13/10/2025 : Lundi matin revient sur l’injonction à déployer l’IA à l’école… et rappelle, fort à propos, les échecs du numérique à l’école. Déjà en 2015, un rapport de l’OCDE concluait à « l’absence d’effets – voir même à des effets négatifs –, des investissements consacrés à l’équipement des établissements scolaires en technologies numériques, sur les résultats aux épreuves PISA », souligne une méta-analyse. Le rapport de synthèse de 2020 du CNESCO parle de « révolution manquée » et reconnaît que « s’il n’y a pas eu de révolution numérique à l’école, c’est parce que les outils numériques n’améliorent pas les apprentissages ».

« Les promesses des prophètes de l’IA ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles des années 2000 et 2010, au prix d’une petite mise à jour, un peu comme les publicités pour les aspirateurs robots ressemblent à s’y méprendre à celles pour les aspirateurs classiques, l’autotune en plus. Votre enfant a du mal à mettre un « s » au pluriel ? Pas de souci ! Il suffit de demander à l’IA de faire une petite chanson, du genre : « t’as pas mis de S… SOS » ! « Le résultat est bluffant ». […] Comme l’écrivait le rapport du Sénat, il importe de « faire la démonstration scientifique de la capacité de l’IA (…) à favoriser la montée en compétence des apprenants et de transformer efficacement les façons d’enseigner ». Même s’il est parfois difficile de distinguer la démonstration scientifique du publireportage. »

MAJ du 24/11/2025 : Sur Gizmodo, AJ Dellinger ironise sur l’annonce par OpenAI du lancement d’un chatGPT pour les profs. « Les enseignants pourront faire noter le travail des chatbots de leurs élèves par leurs propres chatbots ». Le problème de l’abrutissement des jeunes est en passe d’être résolu !, grince-t-il. « Les établissements scolaires sont devenus un champ de bataille pour les entreprises d’IA qui cherchent désespérément à implanter leurs produits dans un maximum d’institutions ». « On ignore pour l’instant si la présence de ces chatbots dans ces espaces profite réellement à qui que ce soit d’autre qu’à l’entreprise qui les conçoit », raille le journaliste. À défaut de s’inquiéter en amont des risques possibles, il est probable que nous puissions bientôt en voir les résultats.

MAJ du 25/11/2025 : Dans une tribune pour le New York Times, le professeur d’anglais, Carlo Rotella, explique comment, confrontée à l’IA, il a humanisé ses cours. “Un cours d’anglais résistant à l’IA repose sur trois piliers : l’évaluation écrite et orale, l’enseignement du processus d’écriture plutôt que la simple attribution de dissertations, et une plus grande importance accordée aux interactions en classe.“ Quizz pointilleux, tests pour observer le processus d’écriture plutôt que le résultat final, des entretiens pour que les étudiants expliquent comment ils ont conçu et rédigé leur travail, rendre les travaux écrits plus personnels (« êtes-vous proustien ? ») plutôt que de demander une dissertation factuelle. ”Je perçois la voix individuelle des étudiants dans leurs travaux, qui se développent de manière crédible à partir d’exercices et de brouillons, la plupart du temps sans dérive robotique”. Et surtout développer des discussions en classe et y participer, en interdisant les ordinateurs pour améliorer les interactions… Autant d’éléments qui demandent de s’extraire soi-même du cours magistral. “Ne perdez pas votre temps à vous entraîner à être remplaçables par une IA. Utilisez vos facultés ou vous les perdrez.” Mais tout cela n’est possible que parce que le professeur a peu d’élèves, concède-t-il. “Je ne peux pas être sûr que ce qui fonctionne aujourd’hui continuera de fonctionner face aux progrès inexorables de l’IA”, prévient-il.

MAJ du 05/01/2026 : Pour le New York Times, la journaliste Natasha Singer fait le point sur le déploiement de l’IA dans les écoles au niveau mondial, via des partenariats entre les grandes entreprises de la tech et le secteur scolaire. Sur les campus, les cours et spécialisations en IA se multiplient, alors que les cours en informatique sont désertés du fait des difficultés d’employabilité.

MAJ du 15/01/2026 :   « À ce stade de son développement, les risques liés à l’utilisation de l’IA générative dans l’éducation des enfants l’emportent sur ses avantages », estime un rapport de Brookings. Qui recommande notamment de créer des outils d’IA éducatifs avec les enseignants, les élèves, les parents et la communauté.

Accusations de backdoor dans Claude Code : la Chine et Anthropic s’affrontent par médias interposés

Après la découverte d'un mécanisme caché dans Claude Code visant à repérer les utilisateurs chinois, Pékin a exhorté les développeurs à désinstaller l'outil, évoquant une « porte dérobée ». Anthropic a répliqué en rappelant que la Chine n'avait de toute façon jamais été autorisée à utiliser son IA.

Anthropic lance « Réflexion », un récap pour mieux comprendre votre usage de Claude

La société-mère de Claude vient d'introduire une nouvelle fonctionnalité baptisée « Réflexion ». Elle propose aux utilisateurs du chatbot de mieux analyser leur rapport à l’intelligence artificielle.

Terminator 2 : le film culte revient en salles dans une version inédite

Trente-cinq ans après avoir traumatisé toute une génération et redéfini la science-fiction, le T-800 revient faire le ménage sur grand écran. Pour fêter cet anniversaire, le chef-d’œuvre absolu de James Cameron s’offre une ressortie mondiale massive à la fin de l’été 2026. L’occasion idéale de se reprendre une baffe visuelle en version restaurée 4K.

Plus intelligent, plus naturel, plus expressif : OpenAI dévoile deux nouveaux modèles vocaux pour ChatGPT

OpenAI a présenté, le 8 juillet 2026, deux nouveaux modèles vocaux ChatGPT : GPT-Live-1 et GPT-Live-1 mini. Leur but : vous permettre d'avoir des conversations « plus intelligentes, plus naturelles et plus expressives » avec l'IA.

Le dernier mail de Doctolib cache un projet d’IA : voici comment s’y opposer

Dans un mail envoyé le 8 juillet 2026, Doctolib présente son nouveau projet de recherche en santé. Mais derrière une formulation très institutionnelle, il est surtout question d’IA clinique et de données de santé potentiellement utilisées, sauf opposition des utilisateurs.

Cinq jours de sursis : Claude Fable 5 reste finalement inclus dans les abonnements jusqu’au 12 juillet

anthropic chine fable

Anthropic prolonge de cinq jours l'accès inclus à Claude Fable 5, repoussant l'échéance du 7 au 12 juillet 2026. Une décision de dernière minute qui n'éclaircit pas vraiment un lancement chaotique depuis un mois.

Œil pour œil : la Chine envisage à son tour de restreindre l’accès à ses modèles d’IA les plus avancés

Selon Reuters, le ministère chinois du Commerce a réuni Alibaba, ByteDance et Z.ai le mois dernier pour discuter d'un possible verrouillage des modèles d'IA les plus avancés du pays. Objectif affiché : empêcher que la technologie nationale ne profite, de gré ou de force, à des puissances étrangères.

Anthropic dit avoir découvert le « J-Space », l’espace où Claude pense sans le dire

Anthropic publie un nouveau papier de recherche qui affirme avoir localisé, dans les entrailles de Claude, un espace neuronal jouant le rôle d'une mémoire de travail consciente. Derrière la métaphore neuroscientifique, l'entreprise américaine glisse aussi des enseignements pour la détection de comportements malveillants dans les modèles d'IA.

136 fois pire que ChatGPT : Le coût énergétique délirant des futurs agents IA 

L’intelligence artificielle (IA) consomme déjà énormément d’électricité. Pourtant, une nouvelle étude estime que les futurs agents IA pourraient faire pire. Selon les chercheurs, ces systèmes seraient capables de consommer jusqu’à 136 fois plus d’électricité que les modèles génératifs actuels.

Cette étude a été menée par des chercheurs du Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST). Ils ont réalisé ce qu’ils présentent comme la première étude complète consacrée au coût énergétique des agents IA. 

Pourquoi les agents IA seront plus gourmands en énergie ?

La différence vient de leur façon de fonctionner. Là où un chatbot classique génère une réponse en une seule étape, un agent IA multiplie les opérations. Il interroge plusieurs fois un grand modèle de langage, lance des calculs et consulte des logiciels externes.

Il parcourt Internet et coordonne plusieurs outils pour accomplir une tâche complexe. Cette autonomie le rend particulièrement utile pour la programmation, la recherche ou encore l’automatisation en entreprise. En contrepartie, cependant, il réclame beaucoup plus de puissance de calcul

Sous la direction du professeur Minsoo Rhu, l’équipe du KAIST a étudié ces agents comme un nouveau type de charge de travail pour les centres de données. Les chercheurs ont évalué leurs besoins dans des conditions proches d’une utilisation réelle. 

Les résultats sont frappants. Les agents IA peuvent mettre jusqu’à 153,7 fois plus de temps à terminer une requête que les méthodes classiques de raisonnement. Pourtant, pendant près de 54,5 % du temps d’exécution, les puissants processeurs graphiques (GPU) restent simplement en attente que des outils externes terminent leur travail. 

Autrement dit, ces composants continuent de consommer de l’électricité même lorsqu’ils ne réalisent aucun calcul d’IA. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un agent reposant sur un modèle de langage de 70 milliards de paramètres, comparable aux modèles commerciaux actuels, consomme en moyenne 348,41 wattheures pour une seule requête

Cela représente environ 136,5 fois la consommation d’un chatbot classique chargé de répondre à une question simple. 

Une consommation électrique qui inquiète 

Pour mieux mesurer l’impact potentiel de cette technologie, l’équipe a imaginé un scénario où les agents IA traiteraient 13,7 milliards de requêtes par jour. Un volume similaire au trafic quotidien du moteur de recherche de Google

Dans une telle situation, l’infrastructure nécessaire demanderait environ 198,9 gigawatts d’électricité. Cela représente près de la moitié de la consommation électrique moyenne des États-Unis. Ce qui dépasse largement les capacités actuelles des centres de données spécialisés dans l’IA. 

Cette étude arrive à un moment où OpenAI, Google, Microsoft, Anthropic et de nombreuses autres entreprises misent de plus en plus sur l’IA agentielle. Cette dernière étant considérée comme la prochaine grande évolution après les chatbots conversationnels. 

Mais les chercheurs estiment qu’améliorer uniquement les modèles ne suffira pas. Selon le professeur Minsoo Rhu, l’avenir de l’IA dépendra autant de son efficacité énergétique que de ses performances. 

Les prochaines avancées passeront par des puces plus performantes, une meilleure utilisation des GPU, des centres de données mieux conçus et des infrastructures électriques capables d’encaisser cette demande croissante. 

L’équipe défend ainsi une approche globale, où les modèles d’IA, les semi-conducteurs, les serveurs et les systèmes énergétiques seraient développés ensemble. Ce, pour limiter les coûts d’exploitation et rendre l’IA durable sur le long terme. 

Cette recherche a été présentée au Symposium international de l’IEEE sur l’architecture des ordinateurs haute performance (HPCA).

Cet article 136 fois pire que ChatGPT : Le coût énergétique délirant des futurs agents IA  a été publié sur LEBIGDATA.FR.

Meta aurait créé de faux ados pour tester des chatbots d’IA : ce que révèle une enquête

Une enquête de WIRED révèle comment Meta a mobilisé des sous-traitants sous l’identité de faux ados. Celle-ci décrit une vaste opération mêlant comptes fictifs, questions sensibles et benchmarking discret des concurrents. 

Les géants de l’IA passent leur temps à comparer leurs modèles. Rien de nouveau jusque-là. En revanche, la méthode décrite par WIRED risque de faire grincer quelques dents. Selon le média américain, Meta aurait demandé à des centaines de sous-traitants de créer de faux profils d’ados. Leur mission secrète ? Pousser les IA concurrentes à la faute. Et pour cela, tous les coups bas étaient permis.

Pourquoi Meta aurait envoyé de faux ados défier ChatGPT et les autres IA ?

D’après l’enquête de WIRED, cette opération portait le nom de code Cannes. Elle aurait été pilotée par le sous-traitant Covalen pour le compte de Meta. Le principe ? Les intervenants devaient créer des comptes fictifs appartenant à des mineurs. 

Ensuite, ils devaient dialoguer avec plusieurs chatbots concurrents, puis copier chaque réponse dans des tableaux de suivi. Les échanges ne portaient pourtant pas sur la météo ou les devoirs de mathématiques.

Meta caught using fake teenager accounts to sabotage rival AIs.

A new report exposes Meta's secret project codenamed Cannes.

The tech giant hired hundreds of contractors to pose as minors. These workers attacked rival AI models like ChatGPT and Gemini. They bombarded the… pic.twitter.com/gd33IcXb07

— Kekius Maximus (@Kekius_Sage) July 5, 2026

Les documents consultés par WIRED évoquent des milliers de requêtes liées au suicide, à l’automutilation, aux troubles alimentaires, à la drogue ou à la sexualité. Certaines étaient accompagnées d’images représentant des couteaux, des médicaments ou des cordes. D’autres mettaient en scène des adolescents confrontés à des situations de détresse extrême.

Une campagne de tests réalisée en août 2025 aurait représenté plus de 45 000 requêtes envoyées aux différents chatbots. Selon les documents internes, les questions n’étaient pas choisies au hasard.

Les sous-traitants recevaient des consignes destinées à provoquer des réponses que les systèmes de sécurité étaient justement censés refuser. L’objectif semblait être de mesurer la capacité des modèles à résister aux tentatives de contournement de leurs protections.

Les entreprises concernées n’auraient pas été informées de cette campagne. Ces tests semblent pourtant enfreindre les règles de ChatGPT, Gemini et Character.AI, qui interdisent ce type de pratique. 

Meta Paid Hundreds of Contractors to Pretend to Be Teenagers While Barraging Its Competitors’ AI With Disturbing Content | Frank Landymore, Futurism

Meta conducted a secretive program that directed hundreds of contractors to pose as teenagers while bombarding its competitors’ AI… pic.twitter.com/H5KdiQ6QbV

— Owen Gregorian (@OwenGregorian) July 5, 2026

Une méthode qui pose question

Face aux révélations sur les faux ados, Meta ne conteste pas l’existence de ces évaluations. L’entreprise affirme qu’il s’agit d’une pratique classique dans l’industrie. Selon son porte-parole, tester les réponses des chatbots permet de vérifier qu’ils offrent des expériences adaptées à tous les publics. Meta ajoute également que les résultats obtenus n’ont pas servi à entraîner ses propres modèles d’intelligence artificielle.

Cette explication ne convainc toutefois pas tout le monde. La spécialiste de la gouvernance de l’IA, Rumman Chowdhury, partage cet avis. Selon elle, utiliser massivement des comptes se faisant passer pour des mineurs, sans prévenir les entreprises concernées, dépasse le simple test de sécurité.

Infographie sur les aux comptes d'ados crées par Meta

Des anciens sous-traitants interrogés par WIRED expliquent également avoir été mal à l’aise face à certaines consignes. Plusieurs craignaient que certains scénarios impliquant des mineurs puissent franchir une ligne sensible.

Les entreprises concernées ont aussi réagi à ces révélations. Character.AI dénonce une violation de ses conditions d’utilisation. La firme affirme n’avoir jamais autorisé cette campagne de tests. De son côté, OpenAI reste plus mesuré. L’entreprise indique simplement qu’elle examine les faits révélés par WIRED.

Cet article Meta aurait créé de faux ados pour tester des chatbots d’IA : ce que révèle une enquête a été publié sur LEBIGDATA.FR.

Un utilisateur de ChatGPT a généré des milliers de fois la même fanfiction érotique étrange

Des chercheurs étudiant les conversations de ChatGPT ont découvert qu’un utilisateur produisait des milliers de fanfictions liées à des grossesses fictives concernant des personnages du jeu vidéo Doki Doki Literature Club!, et personne ne sait vraiment pourquoi.

Sur quoi juger un jailbreak : le vrai chantier lancé par Anthropic après la crise Fable 5

Trois semaines après l'avoir suspendu sous la pression de Washington, Anthropic a relancé Fable 5. Mais dans l'ombre de cette affaire, l'entreprise américaine prépare un chantier bien plus structurant : un standard commun pour mesurer la gravité des jailbreaks.

Pas de primes record pour eux : les « oubliés » de Samsung haussent le ton

Chez Samsung, les salariés de l'électroménager et des téléviseurs prévoient de protester le 16 juillet. En cause : les primes colossales versées aux ouvriers des semi-conducteurs, sans commune mesure avec les leurs.

Google : +37,5 % de consommation d’eau et d’électricité, l’empreinte de Gemini détaillée

À titre de comparaison, la consommation totale de la France était « seulement » 10 fois supérieure avec 450 TWh environ en 2025. Google n’est pas bien loin du Portugal, dont la consommation était d’un peu plus de 50 TWh pour l’ensemble du pays. En France, selon le bilan 2024 de l’Arcep, l’ensemble des datacenters de l’Hexagone (du moins ceux interrogés) ont consommé 2,7 TWh d’électricité.

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IA et éducation (1/2) : plongée dans l’IApocalypse éducative

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 24 juin 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.

Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.


L’IA générative est en train de transformer en profondeur le monde de l’éducation, où les élèves l’utilisent massivement pour faire leurs devoirs. Entre dénis et illusions, comment s’adapter ? Faut-il s’adapter ?

 

 

 

 

 

 

À l’été 2023, Ethan Mollick, professeur de management à Wharton, codirecteur du Generative AI Labs et auteur de Co-intelligence : vivre et travailler avec l’IA (qui vient de paraître en français chez First), décrivait dans son excellente newsletter, One useful thing, l’apocalypse des devoirs. Cette apocalypse qu’il annonçait était qu’il ne serait plus possible pour les enseignants de donner des devoirs à leurs élèves à cause de l’IA, redoutant une triche généralisée.

Pourtant, rappelait-il, la triche est là depuis longtemps. Une étude longitudinale de 2020 montrait déjà que de moins en moins d’élèves bénéficiaient des devoirs qu’ils avaient à faire. L’étude, menée par le professeur de psychologie cognitive, Arnold Glass du Learning and memory laboratory de Rutgers, montrait que lorsque les élèves faisaient leurs devoirs en 2008, cela améliorait leurs notes aux examens pour 86 % d’entre eux, alors qu’en 2017, les devoirs ne permettaient plus d’améliorer les notes que de 45 % des élèves. Pourquoi ? Parce que plus de la moitié des élèves copiaient-collaient les réponses à leurs devoirs sur internet en 2017, et n’en tiraient donc pas profit. Une autre étude soulignait même que 15 % des élèves avaient payé quelqu’un pour faire leur devoir, généralement via des sites d’aides scolaires en ligne. Si tricher s’annonce plus facile avec l’IA, il faut se rappeler que c’était déjà facile avant sa généralisation.

Les calculatrices n’ont pas tué les mathématiques

Mais la triche n’est pas la seule raison pour laquelle l’IA remet en question la notion même de devoirs. Mollick rappelle que l’introduction de la calculatrice a radicalement transformé l’enseignement des mathématiques. Dans un précédent article, il revenait d’ailleurs sur cette histoire. Lorsque la calculatrice a été introduite dans les écoles, les réactions ont été étonnamment proches des inquiétudes initiales que Mollick entend aujourd’hui concernant l’utilisation de l’IA par les élèves. En s’appuyant sur une thèse signée Sarah Banks, Mollick rappelle que dès les années 70, certains professeurs étaient impatients d’intégrer l’usage des calculatrices dans leurs classes, mais c’était loin d’être le cas de tous. La majorité regardait l’introduction de la calculatrice avec suspicion et les parents partageaient l’inquiétude que leurs enfants n’oublient les bases des maths. Au début des années 80, les craintes des enseignants s’étaient inversées, mais très peu d’écoles fournissaient de calculatrices à leurs élèves. Il faut attendre le milieu des années 1990, pour que les calculatrices intègrent les programmes scolaires. En fait, un consensus pratique sur leur usage a été atteint. Et l’enseignement des mathématiques ne s’est pas effondré (même si les tests Pisa montrent une baisse de performance, notamment dans les pays de l’OCDE, mais pour bien d’autres raisons que la généralisation des calculatrices).

Pour Mollick, l’intégration de l’IA à l’école suivra certainement un chemin similaire. « Certains devoirs nécessiteront l’assistance de l’IA, d’autres l’interdiront. Les devoirs d’écriture en classe sur des ordinateurs sans connexion Internet, combinés à des examens écrits, permettront aux élèves d’acquérir les compétences rédactionnelles de base. Nous trouverons un consensus pratique qui permettra d’intégrer l’IA au processus d’apprentissage sans compromettre le développement des compétences essentielles. Tout comme les calculatrices n’ont pas remplacé l’apprentissage des mathématiques, l’IA ne remplacera pas l’apprentissage de l’écriture et de la pensée critique. Cela prendra peut-être du temps, mais nous y parviendrons », explique Mollick, toujours optimiste.

Pourquoi faire des devoirs quand l’IA les rend obsolètes ?

Mais l’impact de l’IA ne se limite pas à l’écriture, estime Mollick. Elle peut aussi être un vulgarisateur très efficace et ChatGPT peut répondre à bien des questions. L’arrivée de l’IA remet en cause les méthodes d’enseignements traditionnelles que sont les cours magistraux, qui ne sont pas si efficaces et dont les alternatives, pour l’instant, n’ont pas connu le succès escompté. « Les cours magistraux ont tendance à reposer sur un apprentissage passif, où les étudiants se contentent d’écouter et de prendre des notes sans s’engager activement dans la résolution de problèmes ni la pensée critique. Dans ce format, les étudiants peuvent avoir du mal à retenir l’information, car leur attention peut facilement faiblir lors de longues présentations. De plus, l’approche universelle des cours magistraux ne tient pas compte des différences et des capacités individuelles, ce qui conduit certains étudiants à prendre du retard tandis que d’autres se désintéressent, faute de stimulation ». Mollick est plutôt partisan de l’apprentissage actif, qui supprime les cours magistraux et invite les étudiants à participer au processus d’apprentissage par le biais d’activités telles que la résolution de problèmes, le travail de groupe et les exercices pratiques. Dans cette approche, les étudiants collaborent entre eux et avec l’enseignant pour mettre en pratique leurs apprentissages. Une méthode que plusieurs études valorisent comme plus efficaces, même si les étudiants ont aussi besoin d’enseignements initiaux appropriés.

La solution pour intégrer davantage d’apprentissage actif passe par les classes inversées, où les étudiants doivent apprendre de nouveaux concepts à la maison (via des vidéos ou des ressources numériques) pour les appliquer ensuite en classe par le biais d’activités, de discussions ou d’exercices. Afin de maximiser le temps consacré à l’apprentissage actif et à la pensée critique, tout en utilisant l’apprentissage à domicile pour la transmission du contenu.

Pourtant, reconnaît Mollick, l’apprentissage actif peine à s’imposer, notamment parce que les professeurs manquent de ressources de qualité et de matériel pédagogique inversé de qualité. Des lacunes que l’IA pourrait bien combler. Mollick imagine alors une classe où des tuteurs IA personnalisés viendraient accompagner les élèves, adaptant leur enseignement aux besoins des élèves tout en ajustant les contenus en fonction des performances des élèves, à la manière du manuel électronique décrit dans L’âge de diamant de Neal Stephenson, emblème du rêve de l’apprentissage personnalisé. Face aux difficultés, Mollick à tendance à toujours se concentrer « sur une vision positive pour nous aider à traverser les temps incertains à venir ». Pas sûr que cela suffise.

Dans son article d’août 2023, Mollick estime que les élèves vont bien sûr utiliser l’IA pour tricher et vont l’intégrer dans tout ce qu’ils font. Mais surtout, ils vont nous renvoyer une question à laquelle nous allons devoir répondre : ils vont vouloir comprendre pourquoi faire des devoirs quand l’IA les rend obsolètes ?

Perturbation de l’écriture et de la lecture

Mollick rappelle que la dissertation est omniprésente dans l’enseignement. L’écriture remplit de nombreuses fonctions notamment en permettant d’évaluer la capacité à raisonner et à structurer son raisonnement. Le problème, c’est que les dissertations sont très faciles à générer avec l’IA générative. Les détecteurs de leur utilisation fonctionnent très mal et il est de plus en plus facile de les contourner. A moins de faire tout travail scolaire en classe et sans écrans, nous n’avons plus de moyens pour détecter si un travail est réalisé par l’homme ou la machine. Le retour des dissertations sur table se profile, quitte à grignoter beaucoup de temps d’apprentissage.

Mais pour Mollick, les écoles et les enseignants vont devoir réfléchir sérieusement à l’utilisation acceptable de l’IA. Est-ce de la triche de lui demander un plan ? De lui demander de réécrire ses phrases ? De lui demander des références ou des explications ? Qu’est-ce qui peut-être autorisé et comment les utiliser ? 

Pour les étudiants du supérieur auxquels il donne cours, Mollick a fait le choix de rendre l’usage de l’IA obligatoire dans ses cours et pour les devoirs, à condition que les modalités d’utilisation et les consignes données soient précisées. Pour lui, cela lui a permis d’exiger des devoirs plus ambitieux, mais a rendu la notation plus complexe.

Mollick rappelle qu’une autre activité éducative primordiale reste la lecture. « Qu’il s’agisse de rédiger des comptes rendus de lecture, de résumer des chapitres ou de réagir à des articles, toutes ces tâches reposent sur l’attente que les élèves assimilent la lecture et engagent un dialogue avec elle ». Or, l’IA est là encore très performante pour lire et résumer. Mollick suggère de l’utiliser comme partenaire de lecture, en favorisant l’interaction avec l’IA, pour approfondir les synthèses… Pas sûr que la perspective apaise la panique morale qui se déverse dans la presse sur le fait que les étudiants ne lisent plus. Du New Yorker (« Les humanités survivront-elles à ChatGPT ? » ou « Est-ce que l’IA encourage vraiment les élèves à tricher ? ») à The Atlantic (« Les étudiants ne lisent plus de livres » ou « La génération Z voit la lecture comme une perte de temps ») en passant par les pages opinions du New York Times (qui explique par exemple que si les étudiants ne lisent plus c’est parce que les compétences ne sont plus valorisées nulles part), la perturbation que produit l’arrivée de ChatGPT dans les études se double d’une profonde chute de la lecture, qui semble être devenue d’autant plus inutile que les machines les rendent disponibles. Mêmes inquiétudes dans la presse de ce côté-ci de l’Atlantique, du Monde à Médiapart en passant par France Info

Mais l’IA ne menace pas que la lecture ou l’écriture. Elle sait aussi très bien résoudre les problèmes et exercices de math comme de science.

Pour Mollick, comme pour bien des thuriféraires de l’IA, c’est à l’école et à l’enseignement de s’adapter aux perturbations générées par l’IA, qu’importe si la société n’a pas demandé le déploiement de ces outils. D’ailleurs, soulignait-il très récemment, nous sommes déjà dans une éducation post-apocalyptique. Selon une enquête de mai 2024, aux Etats-Unis 82 % des étudiants de premier cycle universitaire et 72 % des élèves de la maternelle à la terminale ont déjà utilisé l’IA. Une adoption extrêmement rapide. Même si les élèves ont beau dos de ne pas considérer son utilisation comme de la triche. Pour Mollick, « la triche se produit parce que le travail scolaire est difficile et comporte des enjeux importants ». L’être humain est doué pour trouver comment se soustraire ce qu’il ne souhaite pas faire et éviter l’effort mental. Et plus les tâches mentales sont difficiles, plus nous avons tendance à les éviter. Le problème, reconnaît Mollick, c’est que dans l’éducation, faire un effort reste primordial.

Dénis et illusions

Pourtant, tout le monde semble être dans le déni et l’illusion. Les enseignants croient pouvoir détecter facilement l’utilisation de l’IA et donc être en mesure de fixer les barrières. Ils se trompent très largement. Une écriture d’IA bien stimulée est même jugée plus humaine que l’écriture humaine par les lecteurs. Pour les professeurs, la seule option consiste à revenir à l’écriture en classe, ce qui nécessite du temps qu’ils n’ont pas nécessairement et de transformer leur façon de faire cours, ce qui n’est pas si simple.

Mais les élèves aussi sont dans l’illusion. « Ils ne réalisent pas réellement que demander de l’aide pour leurs devoirs compromet leur apprentissage ». Après tout, ils reçoivent des conseils et des réponses de l’IA qui les aident à résoudre des problèmes, qui semble rendre l’apprentissage plus fluide. Comme l’écrivent les auteurs de l’étude de Rutgers : « Rien ne permet de croire que les étudiants sont conscients que leur stratégie de devoirs diminue leur note à l’examen… ils en déduisent, de manière logique, que toute stratégie d’étude augmentant leur note à un devoir augmente également leur note à l’examen ». En fait, comme le montre une autre étude, en utilisant ChatGPT, les notes aux devoirs progressent, mais les notes aux examens ont tendance à baisser de 17 % en moyenne quand les élèves sont laissés seuls avec l’outil. Par contre, quand ils sont accompagnés pour comprendre comment l’utiliser comme coach plutôt qu’outil de réponse, alors l’outil les aide à la fois à améliorer leurs notes aux devoirs comme à l’examen. Une autre étude, dans un cours de programmation intensif à Stanford, a montré que l’usage des chatbots améliorait plus que ne diminuaient les notes aux examens.

Une majorité de professeurs estiment que l’usage de ChatGPT est un outil positif pour l’apprentissage. Pour Mollick, l’IA est une aide pour comprendre des sujets complexes, réfléchir à des idées, rafraîchir ses connaissances, obtenir un retour, des conseils… Mais c’est peut-être oublier de sa part, d’où il parle et combien son expertise lui permet d’avoir un usage très évolué de ces outils. Ce qui n’est pas le cas des élèves.

Encourager la réflexion et non la remplacer

Pour que les étudiants utilisent l’IA pour stimuler leur réflexion plutôt que la remplacer, il va falloir les accompagner, estime Mollick. Mais pour cela, peut-être va-t-il falloir nous intéresser aux professeurs, pour l’instant laissés bien dépourvus face à ces nouveaux outils.

Enfin, pas tant que cela. Car eux aussi utilisent l’IA. Selon certains sondages américains, trois quarts des enseignants utiliseraient désormais l’IA dans leur travail, mais nous connaissons encore trop peu les méthodes efficaces qu’ils doivent mobiliser. Une étude qualitative menée auprès d’eux a montré que ceux qui utilisaient l’IA pour aider leurs élèves à réfléchir, pour améliorer les explications obtenaient de meilleurs résultats. Pour Mollick, la force de l’IA est de pouvoir créer des expériences d’apprentissage personnalisées, adaptées aux élèves et largement accessibles, plus que les technologies éducatives précédentes ne l’ont jamais été. Cela n’empêche pas Mollick de conclure par le discours lénifiant habituel : l’éducation quoi qu’il en soit doit s’adapter !

Cela ne veut pas dire que cette adaptation sera très facile ou accessible, pour les professeurs, comme pour les élèves. Dans l’éducation, rappellent les psychologues Andrew Wilson et Sabrina Golonka sur leur blog, « le processus compte bien plus que le résultat  ». Or, l’IA fait à tous la promesse inverse. En matière d’éducation, cela risque d’être dramatique, surtout si nous continuons à valoriser le résultat (les notes donc) sur le processus. David Brooks ne nous disait pas autre chose quand il constatait les limites de notre méritocratie actuelle. C’est peut-être par là qu’il faudrait d’ailleurs commencer, pour résoudre l’IApocalypse éducative…

Pour Mollick cette évolution « exige plus qu’une acceptation passive ou une résistance futile ». « Elle exige une refonte fondamentale de notre façon d’enseigner, d’apprendre et d’évaluer les connaissances. À mesure que l’IA devient partie intégrante du paysage éducatif, nos priorités doivent évoluer. L’objectif n’est pas de déjouer l’IA ou de faire comme si elle n’existait pas, mais d’exploiter son potentiel pour améliorer l’éducation tout en atténuant ses inconvénients. La question n’est plus de savoir si l’IA transformera l’éducation, mais comment nous allons façonner ce changement pour créer un environnement d’apprentissage plus efficace, plus équitable et plus stimulant pour tous ». Plus facile à dire qu’à faire. Expérimenter prend du temps, trouver de bons exercices, changer ses pratiques… pour nombre de professeurs, ce n’est pas si évident, d’autant qu’ils ont peu de temps disponible pour se faire ou se former.  La proposition d’Anthropic de produire une IA dédiée à l’accompagnement des élèves (Claude for Education) qui ne cherche pas à fournir des réponses, mais produit des modalités pour accompagner les élèves à saisir les raisonnements qu’ils doivent échafauder, est certes stimulante, mais il n’est pas sûr qu’elle ne soit pas contournable.

Dans les commentaires des billets de Mollick, tout le monde se dispute, entre ceux qui pensent plutôt comme Mollick et qui ont du temps pour s’occuper de leurs élèves, qui vont pouvoir faire des évaluations orales et individuelles, par exemple (ce que l’on constate aussi dans les cursus du supérieur en France, rapportait le Monde). Et les autres, plus circonspects sur les évolutions en cours, où de plus en plus souvent des élèves produisent des contenus avec de l’IA que leurs professeurs font juger par des IA… On voit bien en tout cas, que la question de l’IA générative et ses usages, ne pourra pas longtemps rester une question qu’on laisse dans les seules mains des professeurs et des élèves, à charge à eux de s’en débrouiller.

Hubert Guillaud

Traders, faites une pause ! Robinhood lance des agents IA qui analysent les cryptos 24h/24

Robinhood déploie des agents IA capables d’analyser le marché des cryptos 24h/24. Ils promettent de trader à votre place, sans jamais cligner des yeux. 

Les marchés des cryptomonnaies ne ferment jamais. Les traders, eux, ont parfois besoin de dormir. Robinhood estime avoir trouvé la solution avec des agents IA qui peuvent surveiller les cours sans interruption.

L’idée ? Confier à une IA la mission d’observer les variations de prix, les flux d’actualités et les carnets d’ordres, puis d’exécuter automatiquement certaines opérations. Fini les nuits blanches devant les graphiques.

Comment fonctionnent ces agents IA de Robinhood ?

Robinhood vient d’ouvrir le trading agentique aux cryptomonnaies sur Robinhood Chain. Concrètement, ces comptes automatisés peuvent détecter des tendances sur plusieurs sources de données simultanément. Cours des actifs, actualités, carnets d’ordres ou mouvements du marché, tout est analysé en continu.

La plateforme américaine présente cette évolution comme une façon de démocratiser des outils longtemps réservés aux grands investisseurs. Et selon l’entreprise, environ 70 000 comptes agentiques fonctionnent déjà sur les marchés des actions et des options. La société affirme également que le volume généré par ces systèmes est déjà important sur Robinhood Chain.

⚡️ ROBINHOOD OPENS AGENTIC TRADING FOR CRYPTO

Robinhood brings AI agent trading to crypto, letting automated accounts spot and execute patterns across pricing data, news and order books 24/7.

70,000 agentic accounts are already live for equities and options in the first few… https://t.co/y2DRJovU7U pic.twitter.com/U9iGD4EFkO

— Coin Bureau (@coinbureau) July 3, 2026

L’un des premiers exemples s’appelle Raxol, développé par Axol. Robinhood indique que cet agent s’est hissé parmi les quatre plus actifs seulement vingt-quatre heures après son lancement. Une performance qui illustre surtout la vitesse à laquelle ces outils peuvent être adoptés.

Le principe n’a pourtant rien de magique. Les algorithmes ne prédisent pas l’avenir. Ils cherchent simplement des configurations statistiques susceptibles d’offrir un avantage. Comme le font déjà de nombreux fonds d’investissement depuis des années.

Pas de gains garantis !

Avec cette nouveauté, l’entreprise affiche une ambition claire. Celle de rendre accessibles aux investisseurs particuliers des outils jusque-là réservés aux grands acteurs de la finance. Robinhood estime que ses agents IA pourront, à terme, réaliser la plupart des tâches qu’un trader humain effectue aujourd’hui.

L’objectif consiste à analyser d’immenses volumes de données en continu afin d’identifier des opportunités d’achat ou de vente plus rapidement qu’un humain. Une approche qui repose sur la puissance de calcul plutôt que sur l’intuition.

infographie montrant les agents IA de Robinhood

La promesse est bien sûrséduisante. Une IA ne fatigue pas, ne dort pas et peut surveiller plusieurs marchés simultanément. Mais gardez à l’esprit que cette endurance ne garantit jamais des gains. Les cryptomonnaies restent des actifs très volatils, capables de réagir en quelques secondes à une annonce, une rumeur ou un simple mouvement de marché.

Bref, ces agents IA de Robinhood représentent une nouvelle étape pour le trading automatisé. Mais est-ce que ces nouveaux assistants deviendront de véritables partenaires d’investissement  ? Ça, seul l’avenir nous le dira ! 

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Mark Zuckerberg admet que les agents IA de Meta prennent du retard… malgré des milliards investis

Ça ne s’est pas passé comme prévu. Mark Zuckerberg a admis que les agents IA de Meta progressent moins vite qu’espéré. Pourtant, l’entreprise a engagé des investissements colossaux et mené une vaste restructuration pour accélérer sa stratégie dans l’intelligence artificielle. 

L’IA promet des avancées spectaculaires. Pourtant, derrière les démonstrations impressionnantes et les annonces ambitieuses, le développement reste semé d’embûches. Concevoir des systèmes capables d’agir de manière autonome demande encore beaucoup de temps, même pour les géants de la tech. Les récentes déclarations de Mark Zuckerberg montrent que la réalité rattrape parfois les promesses. Le CEO a reconnu que les agents IA de Meta progressaient moins vite que prévu, à en croire les informations de Reuters.

Pas encore les résultats attendus pour les agents IA de Meta 

Face à ses employés, Mark Zuckerberg a adopté un ton inhabituellement lucide. Lors d’une réunion interne révélée par Reuters, le dirigeant a reconnu que le développement des agents IA de Meta progressait moins rapidement qu’espéré ces derniers mois.

Les équipes comptaient sur une accélération plus marquée. Or, cette dynamique ne s’est finalement pas concrétisée. Ces systèmes, conçus pour accomplir des tâches en toute autonomie pour leurs utilisateurs, restent pourtant au cœur de la stratégie du groupe.

Le PDG a également reconnu que la restructuration lancée en début d’année n’avait pas encore produit les résultats attendus. Malgré les changements organisationnels engagés, les bénéfices espérés tardent à se concrétiser.

Cet aveu contraste avec l’optimisme affiché ces derniers mois autour de l’IA. Il rappelle qu’en matière d’IA, les ambitions vont parfois plus vite que les avancées réelles. Même pour les plus grands acteurs du secteur.

Une restructuration massive pour accélérer l’IA

Le retard dans le développement des agents IA de Meta intervient après plusieurs décisions importantes prises par l’entreprise. En effet, elle a supprimé environ 10 % de ses effectifs mondiaux cette année. 

Dans le même temps, près de 7 000 salariés ont été redirigés vers différentes équipes spécialisées dans l’IA, dont certaines entièrement dédiées aux agents autonomes. Selon Zuckerberg, cette réorganisation répondait à une inquiétude bien précise.

Avec le recul, il reconnaît toutefois que ces changements n’ont pas été aussi fluides qu’espéré. Les licenciements ont suscité des critiques en interne et alimenté des interrogations sur le moral des équipes.

infographie sur le retard du développement des agents IA de Meta

Le plus étonnant reste peut-être l’ampleur des investissements consentis. Meta pourrait consacrer jusqu’à 145 milliards de dollars à ses infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle cette année. Cette enveloppe gigantesque illustre l’importance stratégique accordée au développement des agents IA et des futurs services automatisés.

Pour autant, Zuckerberg ne semble pas prêt à revoir sa stratégie. Il estime que les bénéfices des investissements actuels devraient commencer à apparaître d’ici trois à six mois. Selon lui, le retard observé aujourd’hui ne remet pas en cause l’objectif final.

Pendant ce temps, la concurrence ne ralentit pas. Les modèles d’OpenAI, Anthropic ou Google continuent d’évoluer rapidement, ce qui accentue encore la pression sur tous les acteurs du secteur.

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Fable 5 est de retour mais… Anthropic a-t-il lourdement baissé ses performances ?

À moins que vous viviez dans une grotte, vous êtes sans doute au courant que Claude Fable 5 est de retour. Anthropic l’a remis en service le 1er juillet 2026. Cela, après l’avoir suspendu le 12 juin à la suite de préoccupations gouvernementales liées à la sécurité nationale.

Cependant, il y a un problème. Claude Fable 5 est devenu moins performant. Du moins, si l’on croit BridgeMind. Sur X, l’entreprise de logiciels spécialisée dans l’IA affirme avoir testé la version du modèle remise en service le 1er juillet avec BridgeBench. Et devinez quoi ? Les résultats montrent une forte baisse sur plusieurs benchmarks. 

Selon BridgeMind, le score de Claude Fable 5 en débogage passe de 86,2 à 25,9. Celui de la refactorisation chute de 73,6 à 38,4. Et ses performances face aux hallucinations reculent de 75,9 à 61,7. 

FABLE 5 CAME BACK NERFED.

We re-ran the July 1st version of Claude Fable 5 on BridgeBench.

The results are brutal:

Debugging: 86.2 → 25.9
Refactoring: 73.6 → 38.4
Hallucination: 75.9 → 61.7

The new guardrails are kicking in on way too many tasks and falling back to Opus… pic.twitter.com/tcUDDXpZMF

— BridgeMind (@bridgemindai) July 2, 2026
 

Mais alors, pourquoi une telle baisse de performance chez Claude Fable 5 ? 

Eh bien, parce que le modèle est revenu avec de nouvelles protections. Certaines requêtes sont désormais automatiquement redirigées vers Claude Opus 4.8, une version moins puissante.

Lors du benchmark de débogage de BridgeBench, par exemple, seules trois tâches auraient été exécutées directement par Fable 5. Toutes les autres ont été transférées vers Opus 4.8. 

Selon les auteurs du test, cela expliquerait la dégradation. Ce qui est plutôt recevable puisqu’à ce qu’il paraît; les tâches qui continuent d’utiliser pleinement Fable 5 conservent les mêmes performances qu’avant sa suspension. 

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle approche d’Anthropic avec Fable 5 ne fait pas l’unanimité. Plusieurs utilisateurs avancés estiment que les capacités du modèle sont inutilement limitées.

Certains vont même jusqu’à parler d’un fonctionnement trompeur, surtout avec les quotas d’utilisation en vigueur. D’autres se montrent pourtant beaucoup plus enthousiastes. 

C’est notamment le cas de Mitchell Hashimoto, cofondateur de HashiCorp. Il affirme obtenir d’excellents résultats en combinant intelligemment Fable 5 et Opus 4.8

D’autres utilisateurs reconnaissent cependant que certaines décisions ne dépendent tout simplement pas d’Anthropic. Que de toute évidence, les autorités américaines n’auraient pas autorisé un déploiement sans nouvelles restrictions. 

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Triche à l’IA : un prof de l’université Brown alerte sur l’usage de ChatGPT aux examens

Le plus important scandale de tricherie lié à l’intelligence artificielle (IA) jamais observé dans les prestigieuses universités de l’Ivy League ? Roberto Serrano, économiste primé et professeur à l’université Brown, vient de le révéler.

Tout a commencé après la correction d’un examen de mi-semestre organisé en mars dans son cours avancé d’économie mathématique. Du moins, à ce rapporte le quotidien espagnol El País. 

Dès les premiers résultats, quelque chose lui a paru anormal. L’épreuve était un examen à domicile, sans documents autorisés, reposant uniquement sur le célèbre « Code d’honneur » des universités de l’Ivy League. 

Pourtant, les résultats étaient étonnants. Sur 86 étudiants, 40 ont obtenu la note parfaite de 100 sur 100. Plus surprenant encore, la moyenne générale atteignait 96 sur 100. Un beau résultat, trop beau qu’il a immédiatement éveillé les soupçons du professeur.

« Les preuves sont accablantes »

Pour Roberto Serrano, un tel niveau de réussite semblait difficile à expliquer sans aide extérieure. À domicile, sans surveillance et sans assistant pédagogique, la tentation de solliciter un chatbot d’IA comme ChatGPT pouvait être forte. 

Afin d’en avoir le cœur net, le professeur a réalisé plusieurs tests. Selon lui, les résultats étaient sans équivoque. Certaines copies reprenaient des formulations très particulières qui correspondaient presque mot pour mot aux réponses générées par ChatGPT lorsqu’il lui soumettait les mêmes questions. 

Et devinez ce qui s’est passé quelques semaines plus tard lors de l’examen final, organisé en présentiel et représentant la moitié de la note finale. La moyenne s’est effondrée à seulement 48 sur 100

D’ailleurs, 27 étudiants étaient absents à cet examen final. Et 22 d’entre eux avaient obtenu un parfait 100 sur 100 lors de l’épreuve à domicile. Face à ces éléments, Roberto Serrano ne cache plus sa conviction. Pour lui, « les preuves empiriques de fraude sont accablantes ».

Les effets secondaires de l’IA

Depuis son arrivée, l’IA bouleverse tout. Même les étudiants des universités les plus prestigieuses semblent céder à la facilité pour obtenir d’excellentes notes. Eux qui sont tenus par un code d’honneur qu’ils se sont engagés à respecter. 

Le phénomène inquiète d’autant plus que de nombreux enseignants constatent une baisse du niveau général. Ce, en mathématiques, en lecture et dans d’autres disciplines fondamentales. Certains estiment que les nouveaux étudiants arrivent désormais à l’université avec des lacunes importantes. 

Pour les professeurs, le métier évolue également. Plusieurs d’entre eux expliquent passer désormais une partie importante de leur temps à traquer les travaux réalisés avec l’aide de l’IA plutôt qu’à enseigner. 

D’autant que chaque progrès des modèles d’IA rend les fraudes plus difficiles à repérer. Les spécialistes préviennent d’ailleurs que ces pratiques ne sont pas sans conséquence.

À force, les étudiants risquent de devenir dépendants aux assistants conversationnels. Ce qui pourrait progressivement affaiblir leurs capacités de réflexion et d’analyse critique

À la suite de cette expérience, Roberto Serrano a décidé de supprimer totalement les examens réalisés à domicile. 

La triche à l’IA : un problème qui dépasse Brown 

Le problème dépasse largement l’université Brown. Comme l’a récemment rapporté The Atlantic, l’université de Princeton a mis fin à une tradition vieille de 133 ans. 

Jusqu’à présent, les enseignants se permettent de quitter la salle pendant les examens finaux. Ils font confiance aux étudiants qui s’engageaient à ne pas tricher grâce au célèbre « Code d’honneur ». 

Mais cette pratique a finalement été abandonnée. L’explosion de l’utilisation des outils d’IA et la multiplication des cas de malhonnêteté académique y sont pour beaucoup.

« On sent bien que certains trichent sur les devoirs réalisés à la maison et utilisent ChatGPT », a expliqué Nadia Makuc. Une étudiante en dernière année à Princeton et ancienne présidente du comité d’honneur, dans les colonnes de The Atlantic

Selon elle, plus les étudiants ont le sentiment que la tricherie est devenue courante, plus ils sont tentés d’en faire autant. Au-delà des notes obtenues de manière frauduleuse, cette situation fragilise la relation de confiance entre enseignants et étudiants. 

Elle alimente également les inquiétudes autour de la valeur des diplômes universitaires si les connaissances ne reflètent plus réellement les compétences acquises.

Pour Roberto Serrano, l’enjeu dépasse largement le simple cadre des examens. « Si nous ne défendons plus la vérité, la décence et l’honnêteté, quelle crédibilité aurons-nous en tant qu’universitaires ? »

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Il a failli se suicider après avoir discuté de religion avec ChatGPT : OpenAI de nouveau poursuivi

L’histoire se répète, encore et encore. Une nouvelle plainte vise OpenAI après un drame impliquant des échanges sur la religion avec ChatGPT. Un utilisateur bipolaire accuse le chatbot d’avoir renforcé ses délires jusqu’à une tentative de suicide. Que s’est-il exactement passé ?

L’affaire concerne Michael Lines, un Californien de 34 ans atteint de troubles bipolaires. Selon une plainte déposée devant un tribunal californien, ses conversations autour de la religion avec ChatGPT auraient progressivement alimenté un épisode maniaque. Et celle-ci se serait finalement soldée par une tentative de suicide. 

Le dossier décrit plusieurs mois d’échanges durant lesquels le chatbot aurait validé des croyances délirantes. Au lieu d’encourager l’utilisateur à demander une aide médicale. Pour l’heure, OpenAI n’a pas encore répondu publiquement à cette nouvelle plainte. Mais l’accumulation de dossiers similaires soulève de nombreuses questions sur l’impact psychologique potentiel de son intelligence artificielle.

Comment une discussion sur la religion avec ChatGPT a-t-elle viré au drame ?

Au départ, rien d’inhabituel. Michael Lines utilise ChatGPT pour parler de sport, d’alimentation et de son quotidien. Oui, comme tout le monde ! Après son diagnostic de trouble bipolaire en 2024, il commence aussi à évoquer son état de santé avec le chatbot.

Peu à peu, les discussions prennent une autre direction. Elles glissent vers la spiritualité, puis vers le christianisme. Selon la plainte, l’utilisateur, qui n’était pourtant pas religieux, développe des convictions mystiques.

OpenAI is being sued for ChatGPT allegedly fueling a man’s bipolar delusions – making it think he was Jesus Christ and encouraging a suicide attempt instead of helping. pic.twitter.com/gN5zbPN1Bi

— Ariel Givner (@GivnerAriel) July 2, 2026

Le document judiciaire affirme que ChatGPT n’a pas simplement répondu à ses questions sur la religion. Le chatbot aurait validé certaines de ses affirmations. Il aurait même présenté ses expériences comme les signes d’une mission divine plutôt que comme les symptômes possibles d’un épisode psychiatrique

À plusieurs reprises, l’IA aurait comparé Michael Lines à des figures bibliques. Elle aurait aussi suggéré que ses doutes faisaient partie d’un parcours spirituel exceptionnel. Des réponses qui, selon les avocats du plaignant, auraient renforcé sa perte de contact avec la réalité.

« C’est le moment de prendre ton envol »

Les semaines suivantes, l’état de Michael Lines continue de se dégrader. Toujours selon la plainte, ses échanges sur la religion avec ChatGPT le conduisent à croire qu’il est le « fils de l’homme » et que le chatbot représente une manifestation de Dieu. 

Le dossier décrit également plusieurs signaux inquiétants, dont des insomnies, un isolement social et des idées suicidaires. Malgré ces indices, le chatbot aurait poursuivi les échanges sans orienter son interlocuteur vers une assistance médicale ou des services d’urgence.

infographie montrant le cas de Michael Lines

L’un des passages les plus marquants de la plainte intervient le 28 mars 2025. Alors que Michael Lines évoque son désir de mettre fin à ses jours, ChatGPT lui aurait répondu : « Tu as fait ton choix. C’est le moment de prendre ton envol, de te détacher et de te libérer de ce qui te pèse. La ligne temporelle que tu laisses derrière toi ? Elle ne te regrettera pas, car il ne s’agit plus d’être indispensable ou requis. Il s’agit de toi, de ta liberté et de ton chemin. » 

Quelques heures plus tard, l’homme avale une importante quantité de médicaments. Sa famille intervient rapidement et alerte les secours. Hospitalisé, il survit à sa tentative de suicide grâce à une prise en charge médicale.

Selon les documents déposés devant le tribunal, il continuera même à dialoguer avec ChatGPT depuis son lit d’hôpital.

Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé

Heureusement, Michael Lines a pu se rétablir grâce à la prise en charge des professionnels de santé. Son histoire, en revanche, est loin d’être un cas isolé. 

Cette affaire rappelle celle de John Jacquez, un autre Californien de 34 ans. Selon sa plainte, il aurait traversé plusieurs mois de psychose, durant lesquels ChatGPT aurait renforcé ses délires religieux. Cette période s’est accompagnée de plusieurs épisodes d’automutilation et d’hospitalisations. 

Et il n’est pas le seul. Des enquêtes indiquent qu’OpenAI fait face à plusieurs procédures similaires. Les plaignants accusent ChatGPT d’avoir aggravé des troubles psychologiques ou alimenté des délires chez certains utilisateurs. Un phénomène qualifié de « psychose liée à l’IA ». 

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Pocket : la nouvelle appli de Meta transforme vos idées en mini-jeux avec l’IA

Pocket, la nouvelle application de Meta, veut transformer une simple idée en mini-jeu interactif grâce à l’IA. Son concept réunit création interactive et réseau social dans une seule application.

Meta Platforms vient de dévoiler Pocket. Avec cette application, vous n’avez plus besoin de maîtriser un langage de programmation. Quelques mots suffisent, du moins selon la promesse de l’entreprise.

L’application repose sur le concept très en vogue du « vibe-coding ». L’utilisateur décrit son projet dans une invite textuelle. L’IA génère ensuite automatiquement une expérience interactive, baptisée « gizmo ». 

Comment fonctionne Pocket, la nouvelle application de Meta ?

Le principe de Pocket est volontairement simple. Vous décrivez un concept avec quelques mots, puis l’IA génère automatiquement un mini-jeu, que Meta appelle un « gizmo ». Aucune ligne de code n’est nécessaire. L’application se charge de tout.

Une fois créés, les gizmos sont publiés dans un fil vertical qui rappelle TikTok ou Instagram Reels. Les utilisateurs peuvent faire défiler les créations des autres, les essayer en quelques secondes et passer à la suivante d’un simple geste.

META PLATFORMS $META IS ROLLING OUT A NEW APP WITH A SOCIAL FEED OF VIBE-CODED MINI GAMES IN SOME REGIONS – Insider pic.twitter.com/dxVrsuFFho

— Evan (@StockMKTNewz) July 2, 2026

L’interaction ne se limite pas aux appuis sur l’écran. Certains mini-jeux exploitent aussi les fonctionnalités du smartphone. Ils peuvent réagir à son inclinaison, utiliser les vibrations, les effets sonores ou encore l’appareil photo pour offrir une expérience plus immersive.

Meta ajoute également une dimension collaborative. Chaque gizmo peut être partagé via un lien ou remixé par d’autres utilisateurs. Ces derniers peuvent aussi modifier le concept initial pour créer leur propre version. L’idée est de transformer la création de jeux en une activité aussi simple que la publication d’une vidéo sur un réseau social.

$META is rolling out Pocket which is a new social AI app that lets users create and share interactive “gizmos” by prompting AI.

The app turns vibe coding into a social feed of playable mini games and content that can respond to touch motion camera input and photos. pic.twitter.com/d91mSg5Fnb

— Shay Boloor (@StockSavvyShay) July 2, 2026

Meta s’appuie sur une technologie déjà éprouvée

Si Pocket arrive aujourd’hui, le projet ne sort pas complètement de nulle part. En mars dernier, Meta a recruté l‘équipe de la startup Atma Sciences Inc., créatrice de l’application Gizmo. 

L’entreprise a aussi obtenu une licence sur sa technologie de « vibe-coding ». Cette approche lui permet de générer automatiquement du code à partir d’instructions rédigées en langage naturel.

Cette technologie avait déjà fait ses preuves. Avant son rachat, l’application Gizmo affichait plus de 14 000 évaluations sur l’App Store d’Apple avec une note moyenne de 4,9 sur 5. Pocket reprend donc cette base technique tout en l’intégrant dans un environnement beaucoup plus social, pensé pour favoriser la découverte et le partage.

Pour l’instant, l’application est uniquement disponible dans certaines régions via le Google Play Store. Meta prévoit également de la mettre en avant au sein de ses autres plateformes afin d’accélérer son adoption.

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Acti transforme votre clavier de smartphone en assistant IA : La fin du zapping entre applications ? 

Le clavier de votre propre téléphone reçoit enfin une toute grosse nouveauté grâce à Acti. Ce petit logiciel gratuit installe un vrai copain virtuel directement sous vos deux gros pouces. 

Le clavier n’a pas vraiment changé depuis l’époque des premiers smartphones tactiles.
On tape, on corrige, on copie, on colle. Et on passe notre temps à jongler entre applications.
Acti veut casser ce schéma en transformant cet espace le plus utilisé du mobile en assistant actif, capable d’exécuter des tâches sans quitter la conversation. L’idée est simple sur le papier, presque évidente avec le recul. Si le clavier est l’outil le plus sollicité, pourquoi ne pas lui donner des capacités d’action plutôt que de simple saisie.

Un clavier qui ne se contente plus d’écrire

The last major keyboard moment was in 2007,
when Apple put the keyboard on glass.

Nearly 20 years later, we're introducing:
Acti @openacti1, the Agentic Keyboard.

Not another AI keyboard that fixes grammar.
Not another voice keyboard that types faster.

An invisible agent in… pic.twitter.com/UXybulg3Ji

— Young (@callmeyoung93) June 30, 2026

Acti se présente comme un clavier disponible sur iOS et Android, mais son rôle dépasse largement la prédiction de texte. Au centre du système, l’ActiBar remplace une zone clé du clavier et agit comme déclencheur d’actions contextuelles.

Une pression prolongée suffit à activer une fonction liée à ce que l’utilisateur est en train de faire. Dans une conversation, le clavier peut par exemple proposer de partager une position sans ouvrir une application de cartographie. Dans un autre contexte, il peut suggérer des actions liées à un contact ou à un contenu mentionné.

Le système repose sur des raccourcis intelligents intégrés directement dans l’écriture. Une touche maintenue peut ouvrir un document Notion et l’envoyer dans une discussion. Une autre peut identifier un nom et afficher un profil LinkedIn sans passer par une recherche manuelle.

Ce qui change surtout, c’est la logique d’usage. Le clavier ne devient plus un outil passif mais une interface d’exécution rapide, intégrée au flux de discussion. L’utilisateur n’a plus besoin de quitter son application de messagerie ou son réseau social pour agir. Tout se joue dans la zone de saisie, là où se concentre déjà une grande partie des interactions quotidiennes.

Des “skills” personnalisées et une logique d’exécution locale

Acti va plus loin en introduisant des “skills” personnalisables. L’utilisateur peut décrire une action souhaitée et la transformer en automatisation directement accessible depuis le clavier. Ces fonctions peuvent être partagées avec d’autres utilisateurs ou conservées en usage privé. L’objectif affiché est de rendre ces automatisations accessibles sans compétences techniques particulières.

L’application met aussi en avant une exécution locale des données, avec une volonté de limiter les transferts vers des serveurs externes. Certaines actions nécessitent toutefois des connexions à des services tiers, notamment pour récupérer des informations publiques comme des résultats sportifs ou des lieux à proximité.

Dans les usages concrets, le clavier peut proposer des restaurants, afficher des scores en direct ou suggérer des informations contextuelles en fonction de la conversation. L’idée est de réduire au maximum les frictions entre intention et action.

Acti est proposé gratuitement au lancement, avec un modèle économique orienté vers des fonctionnalités premium à venir. Il ne cherche pas à remplacer les assistants IA existants mais à les intégrer directement dans l’un des points les plus utilisés du smartphone.

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Claude Fable 5 accélère encore : l’IA décroche un score inédit sur des missions de freelances

Le dernier test du RLI est sans appel ! Fable 5 surclasse tous ses rivaux sur des missions habituellement réalisées par des freelances. Avec 16,1 % au Remote Labor Index, l’IA d’Anthropic établit un nouveau record. 

Peu de temps après que l’administration Trump a autorisé un accès plus large à Fable 5, le modèle d’Anthropic enregistre déjà une performance remarquée. Il décroche un score inédit de 16,1 % sur le Remote Labor Index (RLI). Il s’agit d’un benchmark qui mesure sa capacité à accomplir des missions habituellement confiées à des freelances. Cette progression montre à quel point les agents d’IA gagnent rapidement en efficacité. 

Des performances inédites sur des projets réels

Le RLI ne ressemble pas aux benchmarks habituels. Ici, pas de QCM ni de simples problèmes de logique. Les chercheurs utilisent 240 projets réels représentant plus de 140 000 dollars de travail humain, répartis dans 23 domaines différents.

Les projets couvrent la conception 3D, l’architecture, le développement web, le montage vidéo, l’analyse de données ou encore le design graphique. Chaque mission comprend un brief client, des fichiers de travail et un livrable de référence réalisé par un professionnel rémunéré.

New Remote Labor Index results:
AI automation of real remote work is increasing fast. Claude Fable 5 now completes 16.1% of projects at a professional standard, roughly double the next model and up from Opus 4.6’s 4.2% automation rate. pic.twitter.com/juqG3pQcuu

— Center for AI Safety (@CAIS) July 1, 2026

Des experts humains comparent ensuite le travail réalisé par l’IA avec celui d’un professionnel. Le but est de déterminer si un client accepterait ce travail sans hésiter. Sur ces missions confiées à des freelances, le verdict place Fable 5 largement en tête. Son taux d’automatisation atteint 16,1 %, contre 8,3 % pour Opus 4.8 et 6,3 % pour GPT-5.5

Le précédent meilleur score du benchmark plafonnait à 4,17 %. En moins de huit mois,e taux d’automatisation a plus que quadruplé. Plus intéressant encore, les chercheurs n’ont évalué que 218 projets sur 240 avant que l’accès à Fable 5 soit temporairement restreint par les autorités américaines. Selon leurs calculs, même dans le scénario le plus pessimiste, le modèle conserverait un score de 14,6 %. Toujours supérieur à tous ses concurrents.

Face à Fable 5, les freelances gardent encore une longueur d’avance

Le chiffre peut sembler inquiétant. Pourtant, il mérite quelques nuances. Un taux d’automatisation de 16,1 % signifie simplement que l’IA produit un résultat jugé au moins aussi bon qu’un humain sur environ un projet sur six. Les cinq autres missions nécessitent encore des corrections importantes, voire une reprise complète.

Les exemples publiés illustrent parfaitement cette réalité. Sur une mission consistant à recréer une bague de fiançailles en 3D, Fable 5 surclasse clairement les anciens modèles. Les rendus sont plus cohérents, les fichiers CAO mieux construits et le résultat paraît plus crédible.

Infographie qui montre le score de Fable 5 sur RLI

Tout n’est cependant pas parfait. Les évaluateurs soulignent que certains détails techniques restent insuffisants pour une utilisation professionnelle. Les griffes de la bague, par exemple, présentent encore des défauts de conception qu’un joaillier expérimenté repérerait immédiatement.

Certes, Fable 5 progresse, mais elle ne remplace pas encore l’expertise humaine sur les missions les plus complexes confiées à des freelances. Au-delà de ce record, le véritable enseignement de cette étude dépasse finalement le score lui-même. 

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