La guerre de l’IA fraye son chemin dans les tribunaux fédéraux américains. Un grand spectacle où s’opposent deux mastodontes autrefois amis et maintenant concurrents. Cette semaine, le monde a pu s’immiscer dans ce qui ressemble à un contentieux successoral avant même qu’OpenAI prenne son envol. Ici, personne n’est (encore) déchu de son héritage, juste un […]
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La guerre de l’IA fraye son chemin dans les tribunaux fédéraux américains. Un grand spectacle où s’opposent deux mastodontes autrefois amis et maintenant concurrents. Cette semaine, le monde a pu s’immiscer dans ce qui ressemble à un contentieux successoral avant même qu’OpenAI prenne son envol. Ici, personne n’est (encore) déchu de son héritage, juste un […]
Sam Altman et sa société, OpenAI, sont un peu comme un caillou dans la chaussure : gênants, irritants et impossibles à ignorer. Un casse-tête permanent qui touche même les plus grands. À l’occasion du DevDay en début de semaine, le groupe vient titiller le terrain de jeu de Google et Apple. Au menu : l’intégration […]
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Sam Altman et sa société, OpenAI, sont un peu comme un caillou dans la chaussure : gênants, irritants et impossibles à ignorer. Un casse-tête permanent qui touche même les plus grands. À l’occasion du DevDay en début de semaine, le groupe vient titiller le terrain de jeu de Google et Apple. Au menu : l’intégration […]
🤖 Les représentants de la presse américaine, venus à Copenhague cette semaine, l’ont tous répété : en matière d’IA dans les rédactions, les Scandinaves ont plusieurs années d’avance*. De la puissance des changements aux peurs d’être à nouveau désintermédiés, des contenus liquides aux agents IA, en passant par l’hyper-personnalisation, voici ce que j’ai retenu de […]
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🤖 Les représentants de la presse américaine, venus à Copenhague cette semaine, l’ont tous répété : en matière d’IA dans les rédactions, les Scandinaves ont plusieurs années d’avance*. De la puissance des changements aux peurs d’être à nouveau désintermédiés, des contenus liquides aux agents IA, en passant par l’hyper-personnalisation, voici ce que j’ai retenu de […]
Que nous réserve l’avenir ? Méta-Media a choisi pour vous une série de podcasts pour explorer cette question. Profitez de l'été pour ouvrir vos écoutilles !
Le code a changé
“Le cinéma qui aime tant exhiber ses prouesses techniques est peu bavard sur ces outils qui rendent les gens plus beaux”. Dans le podcast Le code a changé, le journaliste Xavier de La Porte explore l'usage croissant de l'intelligence artificielle pour retoucher les visages des actrices à l'écran. Lisser les traits, effacer
Que nous réserve l’avenir ? Méta-Media a choisi pour vous une série de podcasts pour explorer cette question. Profitez de l'été pour ouvrir vos écoutilles !
Le code a changé
“Le cinéma qui aime tant exhiber ses prouesses techniques est peu bavard sur ces outils qui rendent les gens plus beaux”. Dans le podcast Le code a changé, le journaliste Xavier de La Porte explore l'usage croissant de l'intelligence artificielle pour retoucher les visages des actrices à l'écran. Lisser les traits, effacer les cernes, faire disparaître les pores : de plus en plus de stars réclament le recours au 'passe beauty' dans les productions, tant aux États-Unis qu'en France. Désormais, les contrats des actrices intègrent l'utilisation de ce logiciel, capable d'apporter des corrections précises, parfaitement adaptées aux mouvements du visage. Ces outils permettent une retouche bien plus fine que celle réalisée en 2008 pour L'Étrange Histoire de Benjamin Button, film récompensé par l'Oscar des meilleurs effets visuels. Si ces logiciels peuvent effacer les imperfections, ils risquent aussi d'effacer les émotions, et se concentrent presque exclusivement sur les femmes. Ils ciblent principalement les signes de vieillissement féminin, tout en ignorant par exemple l'apparition d'un début de calvitie chez les hommes... Un podcast qui nous invite à voir comment la technologie renforce les injonctions sociétales.
On the Media (OTM)
"On the Media" (OTM) est un podcast américain incontournable pour ceux qui cherchent à comprendre les mécanismes et les enjeux du monde médiatique. Animé par les journalistes Brooke Gladstone et Micah Loewinger, le programme plusieurs fois primé se distingue par sa capacité à décortiquer les complexités médiatiques, allant de la désinformation à l'évolution des mouvements politiques comme le MAGA (Make America Great Again). Par exemple dans l’épisode « How the media created J.D. Vance » du 19 juillet, l'animatrice Brooke Gladstone analyse le rôle des médias dans l'ascension du chouchou et colistier de Donald Trump à la présidentielle. De nombreux sujets sont centrés sur les événements de la semaine précédente et critiquent la manière dont ils ont été couverts par les médias. Cependant, la force d'OTM réside dans sa diversité thématique. Le programme observe à la loupe toute la palette de ce que peut représenter un média en passant par la presse en ligne, la télévision, la radio, les nouveaux médias, Netflix, YouTube, la téléréalité etc. Par exemple, dans l'épisode « Making Fun of Public Radio », Brooke Gladstone s’entretient avec les créateurs de la série télévisée « In the Know », une parodie de NPR (National Public Radio). La série qui met en scène des marionnettes un peu loufoques n’est pas sans rappeler les « Guignols de l’info » diffusé en France jusqu’en 2018. Le but de l’épisode est de décrypter les raisons pour lesquelles la radio publique est un terrain si fertile pour la satire. OTM permet donc à ses auditeurs de naviguer dans l’océan tumultueux de l’information avec un œil plus avisé. Le petit plus ? Des ressources supplémentaires sont toujours données en complément de l’émission pour aller plus loin.
Silicon Carne
Avec son slogan « un peu de picante dans la Tech », « Silicon Carne » se distingue par son ton décalé et son approche sans filtre des sujets brûlants de l'industrie technologique. Carlos Diaz, entrepreneur basé à San Francisco, combine une perspective d'initié avec une critique acérée, offrant un décryptage rafraîchissant des tendances et des innovations. Chaque épisode, teinté d'humour et de sarcasme, aborde des thèmes variés : des impacts des géants de la tech sur nos vies au bullshit du métavers, en passant par le Bitcoin et la situation socioéconomique à la Silicon Valley, entre burn-out et "Great Resignation". L’animateur accompagné de ses invités apporte son regard critique sur des sujets d’actualité comme le procès d’Elon Musk contre OpenAI, le bannissement de TikTok aux États-Unis, ou le lancement de ChatGPT-4o : « La guerre de l’IA fait rage ici dans la Silicon Valley, » prévient-il.
Les épisodes d'environ une heure traitent les sujets les plus brûlants de la semaine, avec des titres foisonnant d’émojis, pour parfaire la ligne éditoriale décalée. Le message est clair. Ici, on parle de sujets sérieux sans se prendre au sérieux. Par exemple, dans l'épisode « BeReal + Voodoo Du rififi entre OpenAI et Microsoft Musk touche sa prime », « Silicon Carne » explore l'acquisition de BeReal par Voodoo pour 500 millions d'euros et les tensions entre OpenAI et Microsoft, ainsi que le bonus controversé de 46 milliards de dollars accordé à Elon Musk, illustrant les dynamiques de pouvoir en cours dans l'industrie. Un must à écouter !
Hard Fork
Le podcast "Hard Fork" diffusé par le New York Times, et animé par Kevin Roose et Casey Newton, est un guide indispensable dans un monde technologique en constante évolution. “Qu’est-ce qui est réel ? Qu’est ce qui est exagéré ?”, se demandent-ils constamment. Chaque semaine, ils offrent une analyse claire des dernières nouveautés tout en critiquant les dérives de l'industrie. Dans leur dernier épisode, ils se penchent sur la hype autour de ChatGPT : sommes-nous dans une bulle IA ? Les patrons de la tech continuent de dépenser, alors que les retours sur investissements sont encore loin. Jim Covello, le chef de la recherche sur les actions de Goldman Sachs, a notamment remis en question le moment ou même la possibilité que l’IA produise suffisamment de bénéfices pour compenser ses coûts astronomiques. Un regard informé et critique.
Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures !
The Power of one - Frances Haugen
Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément
Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures !
The Power of one - Frances Haugen
Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément des informations toxiques et favorisait la violence. Ses révélations, basées sur 22 000 pages de documents internes, ont montré que Facebook était pleinement conscient des dommages qu'il causait.
Après la publication des "Facebook Files", la valeur boursière de l'entreprise a chuté de 75 %, subissant la plus lourde perte en une seule journée jamais enregistrée pour une entreprise américaine cotée en Bourse. Frances Haugen avait rejoint Facebook en 2019, malgré la mauvaise réputation de l'entreprise, dans l'espoir de réduire la désinformation. Elle écrivait alors : “À l’époque, accepter un poste chez Facebook n’apportait aucune valeur ajoutée au CV ; au contraire, cela risquait d’entacher mon image de marque.” Son autobiographie retrace, avec le plus de sincérité possible, son parcours de "nerd", l’absence de considération éthique des boites tech, les risques encourus devant de telles révélations. La lanceuse d’alerte met en garde contre les dangers d'une technologie non régulée et appelle à une plus grande transparence et responsabilité des réseaux sociaux. Elle critique également la dynamique perverse où les compétences acquises par les législateurs sont désormais rapidement récupérées par les géants de la tech avec des offres salariales alléchantes, sapant ainsi les efforts de régulation. Les assistants parlementaires sont ainsi débauchés par les géants de la tech avec des salaires cinq fois supérieurs à ce que leurs sénateurs peuvent se permettre de leur payer… Un récit éclairant sur les “entrailles” de la tech !
Elon Musk - Walter Isaacson
Elon Musk se perçoit comme un « personnage de bande dessinée essayant de sauver le monde », avec des ambitions titanesques et un ego colossal. C’est ce que rapporte Walter Isaacson, qui a suivi l’entrepreneur milliardaire pendant deux ans. Le biographe a ainsi pu observer de près cet « homme capricieux », avec un accès privilégié à certaines réunions, emails et textos de la star de la tech. Il a ainsi été témoin de moments clés tels que le rachat de Twitter, l'explosion en vol de la fusée Starship, et la naissance de plusieurs de ses enfants.
On en retient qu'Elon Musk règne en maître absolu sur ses entreprises. Il impose des réductions drastiques de coûts dans certains domaines tout en insistant pour que d'autres dépenses soient illimitées. Chez Tesla, son obsession pour les détails du design automobile a fait exploser les coûts et vidé la trésorerie de l’entreprise. Lorsqu'il a acquis Twitter, il a licencié 75 % du personnel et s'est réjoui de renvoyer les dirigeants pour les empêcher de percevoir leurs indemnités de départ. Le rachat du réseau social est en partie due à son addiction aux tweets et à son désir de prendre une revanche sur un passé difficile. Ayant été harcelé à l’école en Afrique du Sud, l'entrepreneur souhaitait posséder son « propre terrain de jeu ». Mais comme le souligne le New York Times, « posséder un terrain de jeu ne vous empêchera pas d’être malmené »…
Cette biographie n'est pas une enquête journalistique classique, mais plutôt un exercice d'admiration qui explore les multiples facettes et les démons d’un milliardaire fantasque, qui n’obéit qu’à ses lubies passagères. Divertissant et inquiétant.
Extremely Online : The Untold Story of Fame, Power and Influence on the Internet – Taylor Lorenz
« Je souhaite raconter des histoires qui ont été effacées de l'histoire par Silicon Valley », annonce Taylor Lorenz. Dans son ouvrage, la journaliste tech du Washington Post s'intéresse à un aspect souvent négligé des réseaux sociaux : l'expérience des utilisateurs eux-mêmes. Contrairement à des livres comme Hatching Twitter de Nick Bilton ou No Filter de Sarah Frier, qui se concentrent principalement sur l'aspect corporate des entreprises technologiques, Taylor Lorenz choisit de se pencher sur les individus qui ont façonné et redéfini le paysage des médias sociaux.
L'essai se distingue par son ambition de narrer l'histoire de l'internet social à travers les yeux des utilisateurs, du boom des blogs dans les années 2000 à l'ère de TikTok. La journaliste analyse comment des figures telles que les « mamans blogueuses » ont non seulement influencé le contenu en ligne, mais ont également été des pionnières dans la monétisation de leurs marques personnelles, devenant ainsi les premières influenceuses. « Pendant une grande partie de l'histoire des médias sociaux, Silicon Valley a été extrêmement hostile envers ces utilisateurs influents. Les fondateurs de la tech éprouvaient presque de la rancune face au pouvoir qu'ils exerçaient sur internet. Lorsque la pandémie a éclaté, ils ont commencé à parler de "l'économie des créateurs" comme si c'était quelque chose de nouveau, alors qu'ils l'avaient dénigrée pendant des décennies parce qu'elle était principalement pionnière par des femmes », explique l’ancienne journaliste du New York Times.
Taylor Lorenz explore également comment les adolescents ont réinventé la célébrité à travers des plateformes comme Vine. En mettant en lumière ces acteurs apparemment marginaux, elle révèle comment ils ont perturbé les structures établies du capitalisme moderne, créé de nouveaux secteurs économiques et redéfini les attentes en matière de contenu et de pouvoir.
La journaliste a d’ailleurs appliqué ce qu'elle a observé sur les réseaux sociaux à sa propre promotion. Pour booster la visibilité de son livre, elle a répondu publiquement à un commentaire désobligeant d’Elon Musk : : « En fait, ce qui a vraiment bien fonctionné, c’est quand j’ai répondu à Elon Musk. Il avait dit quelque chose de méchant à mon sujet, et j’ai répliqué en lui suggérant de lire mon livre. Cela m’a rapporté 100 commandes. »
The Anxious Generation – Jonathan Haidt
Chez les jeunes, une crise de la santé mentale est en cours. Jonathan Haidt, dans son livre The Anxious Generation, note une augmentation de 30% des cas de dépression et d’anxiété chez les enfants et les adolescents, qu’il qualifie d' « épidémie de santé mentale ». Selon le psychologue, les parents échouent en surprotégeant leurs enfants dans le monde réel tout en les « abandonnant » dans le monde virtuel.
Dans son essai, le psychologue propose des solutions pour limiter les effets nocifs de la technologie, telles que l’interdiction des smartphones avant le lycée et des réseaux sociaux avant 16 ans. Il compare les écoles sans interdiction de téléphone à une « apocalypse zombie » où les élèves ne communiquent pas.
Cette critique rejoint l’analyse de l’anthropologue David Le Breton dans La fin de la conversation, qui affirme que les smartphones isolent, non seulement les enfants, mais aussi les adultes : « Nous sommes de moins en moins ensemble, mais de plus en plus côte à côte, les yeux rivés sur nos écrans, sans plus nous regarder. On n’a jamais autant communiqué, mais jamais aussi peu parlé ensemble. »
Comment se débarrasser de sa peur des nouvelles technologies ? Fatie Toko, directrice de l’innovation du groupe La Poste, propose quelques pistes éclairées dans son essai « techno-optimiste » : Et si la tech pouvait sauver le monde ?
Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
La société, totalement pervertie par les nouvelles technologies ? « Nos ados sont toujours plus affectés par un chagrin d’amour que par un sevrage temporaire de leur smartphon
Comment se débarrasser de sa peur des nouvelles technologies ? Fatie Toko, directrice de l’innovation du groupe La Poste, propose quelques pistes éclairées dans son essai « techno-optimiste » : Et si la tech pouvait sauver le monde ?
Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
La société, totalement pervertie par les nouvelles technologies ? « Nos ados sont toujours plus affectés par un chagrin d’amour que par un sevrage temporaire de leur smartphone », nuance Fatie Toko. La directrice de l’innovation du groupe de la Poste veut croire au bien-fondé et aux effets positifs de la tech sur la société. Dans son essai Et si la tech pouvait sauver le monde ?, la franco-ivoirienne choisit de voir « le remède, pas le poison » et fustige les « discours alarmistes de certains médias ». La nouvelle vague d’innovations technologies offre un immense potentiel pour résoudre les crises à venir, assure-t-elle. Celle qui livre un récit « techno-optimiste » mais pas « techno-naïf » déroule les raisons de se réjouir : des plateformes pour accélérer le développement économique durable et la sécurité alimentaire dans les pays à faibles revenus, des capacités d’analyses d’images satellitaires et de données géographiques pour réduire la pollution, la vision par ordinateur pour protéger les écosystèmes terrestres et marins… Entretien sur les initiatives et les défis à venir du monde de la tech.
Que reprochez-vous à la couverture tech des médias ?
Les médias ont un biais négatif général sur les nouvelles technologies. Ils ont tendance à faire appel à des experts, qui complexifient des sujets déjà difficiles à appréhender pour le grand public. Je regrette ce manque de vulgarisation. Les questions posées sont souvent alarmistes : « est-ce qu’il va y avoir des robots tueurs ? », « L’IA va-t-elle nous remplacer ? ». Cette approche détourne l’attention des questions essentielles telles que la manière de s’informer, de se protéger, de tirer profit des nouvelles technologies. La peur n’est pas une fatalité, ni une nécessité absolue. Dans mon travail, je m’intéresse notamment aux initiatives émergentes en Afrique et je refuse de céder à la peur qui entoure souvent les avancées technologiques. Il existe de nombreuses initiatives, tant au niveau de politiques publiques que dans le domaine scientifique, visant à promouvoir des technologies plus éthiques, responsables et durables. Mon livre vise à mettre en lumière ces aspects positifs souvent méconnus et présenter une vision équilibrée des nouvelles technologies.
Quelles initiatives vous incitent à être aussi optimiste ?
Des initiatives émergent en matière de santé, d’environnement, de lutte contre les vulnérabilités et l’éducation. J’ai ainsi découvert des couveuses connectées au Cameroun qui permettent de mettre des sondes et des caméras dans les cabines des prématurés pour surveiller les signaux vitaux et la température à l’intérieur. De nombreuses solutions technologiques, des caméras par vision par ordinateur, nous permettent de voir comment les animaux réagissent aux aléas climatiques. Dans le domaine de la santé, le recours à l’intelligence artificielle, l’analyse et la visualisation des données, la réalité augmentée et immersive, permet par exemple de voir l’environnement du « bloc » à travers les yeux d’un chirurgien qui opère. Il s’agit d’une plateforme médicale tout-en-un unique, conçue pour couvrir l’ensemble du cycle d’une intervention. Cette solution peut être une assistance vitale dans la médecine humanitaire et notamment les premiers actes de secours des civils en temps de guerre.
Si vous évoquez les raisons d’être optimiste, vous mentionnez également les défis à venir. Vous écrivez notamment que la menace la plus importante pour l’État est celle constituée par la concentration inédite des géants du numérique. « Les GAFAM risquent de devenir des véritables États plateformes qui portent atteinte à la souveraineté des nations ». Mais n’est-ce pas déjà le cas ?
En effet. Elles sont les plus grandes bénéficiaires de la mondialisation. Elles se moquent des lois, car les outils de régulation ne peuvent pas les soumettre. Les problèmes actuels ne sont pas uniquement dus à la technologie, mais aussi à des questions de régulation et d’idéologie favorables à certaines puissances économiques. Les géants du numérique ne sont pas surpuissants juste parce qu’ils exploitent les données, mais aussi parce qu’ils bénéficient d’un environnement mondialisé et de politiques qui les favorisent. Il est crucial de mettre en place des normes mondiales pour protéger les citoyens contre les risques liés à la cybersécurité et à la manipulation de l’information. Cela nécessite une collaboration internationale pour établir une base éthique et réglementaire solide afin de protéger les individus et les consommateurs.
La régulation de l’IA par exemple est devenue un énorme défi pour le législateur. Dans son livre que vous citez « Les algorithmes font-ils la loi ? », Aurélie Jean explique que « la réflexion et la conception de lois pour l’encadrement des algorithmes sont fortement impactés par la discipline elle-même. Intangible, complexe et en perpétuelle évolution, elle impose son rythme avec un certain flou artistique sur sa compréhension chez les acteurs de la loi voire les lobbystes eux-mêmes ». Et souligne le manque de formation des élites et du personnel politique…
La compréhension de ces questions est extrêmement complexe pour ceux qui ne sont pas des data scientistes. Le personnel politique ne possède pas nécessairement les compétences scientifiques requises pour appréhender la complexité de l’intelligence artificielle. L’IA pose un défi en raison de sa complexité multidisciplinaire et de sa convergence de domaines. On est tous fragile face à cette révolution technologique, car elle est difficile à lire.
Vous expliquez que l’Afrique devient le nouveau terrain de jeu des GAFAM.
Le contexte de régulation est très peu contraignant dans ces régions. Cette absence de règles facilite l’adoption de technologies nouvelles. Contrairement à d’autres régions où chaque innovation suscite un débat et des craintes, en Afrique, l’adoption est rapide et sans préambule. Si une technologie démontre son utilité, elle est immédiatement intégrée et déployée. Il n’y a pas ce débat d’experts qui précède l’usage. Sous couvert de philanthropie et au nom de la connectivité, des entreprises installent des centres de données et des laboratoires d’expérimentation sur le continent. La jeunesse de la population et l’absence de régulation offrent un terrain propice à ces essais à grande échelle, à l’instar de Google qui a établi en 2019 son centre de recherche en intelligence artificielle à Accra (Ghana) et installé à Lomé (Togo) en 2022 un câble internet sous-marin dans le cadre de son projet d’infrastructure réseau pour relier l’Afrique à l’Europe. Ces initiatives amplifient les risques en termes de protection de données et de dépendance économique et infrastructurelle.
Comment adopter une relation plus sereine avec les nouvelles technologies ?
Il est essentiel de ne pas les craindre. Il faut commencer par chercher à comprendre. Les technologies offrent cet avantage : l’information est accessible à tous. Je mentionne Objectif IA, une formation accessible en ligne pour tous les Français, qui sensibilise et explique l’intelligence artificielle dans notre quotidien, tout en prodiguant des conseils sur l’hygiène numérique et le consentement éclairé. Il s’agit de s’informer encore et toujours. Il est crucial de réfléchir à l’usage que l’on en fait. Prenez l’exemple de ChatGPT : je l’utilise pour gagner du temps dans l’organisation de mes cours, la préparation du matériel pédagogique, la rédaction de scénarios, etc. Enfin un mot pour les jeunes : soyons modestes et tolérants envers la jeunesse. Arrêtons, nous les adultes, d’être nostalgique. Ce ne sont pas eux qui ont l’utilisation la plus compulsive de leurs écrans. Notre devoir est de les guider vers une utilisation intelligente. Le consentement est un aspect souvent négligé : nous devons accompagner les jeunes en leur posant des questions sur les implications de leurs actions en ligne, sur les coûts, les impacts. Trop souvent, nous les culpabilisons. C’est contre-productif et encourage même les jeunes à dissimuler leurs activités numériques à leurs parents, plutôt que d’en parler ouvertement. Cela les pousse à se replier dans un monde virtuel, coupés de la réalité, plutôt que d’engager des conversations sur une utilisation raisonnée des technologies.
La capitale des Lumières serait-elle en train de se transformer en « capitale de l'intelligence artificielle » ? C'est ce qu'a affirmé le président Emmanuel Macron mardi, lors d'une rencontre avec les leaders du secteur. Ce grand discours intervient la veille de l’ouverture de VivaTech, plus grand salon européen consacré aux nouvelles technologies.
Par Aude Nevo et Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
A défaut de voir les stars du cinéma à Cannes, ce sont bien le
La capitale des Lumières serait-elle en train de se transformer en « capitale de l'intelligence artificielle » ? C'est ce qu'a affirmé le président Emmanuel Macron mardi, lors d'une rencontre avec les leaders du secteur. Ce grand discours intervient la veille de l’ouverture de VivaTech, plus grand salon européen consacré aux nouvelles technologies.
Par Aude Nevo et Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
A défaut de voir les stars du cinéma à Cannes, ce sont bien les stars de l’IA qui ont défilé au salon VivaTech. Parmi elles, Dario Amodei, co-fondateur de l'entreprise américaine d'intelligence artificielle Anthropic, Arthur Mensch, patron et co-fondateur de la startup française Mistral AI, Yann Le Cun, directeur du laboratoire de recherche sur l'intelligence artificielle du groupe Meta, et le controversé patron de X, Elon Musk, qui a fait une apparition en visioconférence, devant ses adorateurs. Mais VivaTech, c’est avant tout une place de marché. Derrière chaque robot, chaque voiture, chaque casque de réalité virtuelle, se profile un entrepreneur en quête de financements. Cette année, l'IA a dominé presque toutes les discussions. Le monopole de la Chine et des États-Unis a été largement débattu, alimentant la crainte des Européens de manquer le coche. Un fossé s’est creusé entre la grande majorité, désireuse d'innover toujours plus rapidement, et ceux, plus prudents, qui appellent d'abord à la régulation. Résumé des points clés.
Le journalisme, grand absent ?
À VivaTech, temple du business et de la start-up nation, le journalisme est rarement à l'honneur. Organisée par Publicis et Les Échos, cette grand- messe des « technolâtres » ouvre grand ses portes à ses invités, qu'importe leur pedigree, pourvu qu'ils exercent une influence économique notable. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit d'Elon Musk. En terrain conquis, le magnat des affaires libertarien est intervenu à distance devant un public en extase, réuni dans le Dôme de la Porte de Versailles.
Maurice Lévy, président de VivaTech et Elon Musk, à distance.
Si l’on se réfère au titre original de la conférence, « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Elon Musk (sans oser le demander) », clin d’œil (daté?) au film de Woody Allen, la session promettait d’être franche et directe. La salle avait été assurée de pouvoir poser ses questions (« en 15 secondes top chrono »), l'orateur se revendiquant comme un ardent défenseur de la liberté d'expression. Si le milliardaire s’est plié de bonne grâce aux questions conventionnelles et admiratives de ses fans survoltés (telles que « Quelle est votre plus grande peur ? », « L’IA », « Votre plus grand espoir ? » — « Mars »), il a fait preuve de grossièreté face à la seule interrogation critique de la session. Lorsqu'une journaliste de Business Insider a soulevé les problèmes rencontrés par Tesla, « qui traverse une période tumultueuse avec des ventes en baisse, une chute en bourse et des licenciements », il a préféré l'humilier directement : « Passons à la question suivante, car je ne pense pas que Business Insider soit une publication sérieuse », suscitant les rires moqueurs de ses partisans. Un véritable « bad boy » dans la cour d'école, affichant ouvertement son mépris pour les médias qui ne pensent qu'au « nombre de clics ». En maître de cérémonie, Maurice Lévy, président de VivaTech, n’a pas levé un sourcil mais a préféré remercier mille fois son hôte de marque, de faire « l’honneur de sa présence »… dans un événement également organisé par un média, les Échos !
Dans cet exercice très cadré, il a été beaucoup question d’intelligence artificielle, “star du show Vivatech”. En début de semaine, Elon Musk a annoncé déployer son service d’intelligence artificielle, Grok, développé par sa start-up (xAI) en Europe à tous les utilisateurs ayant un abonnement X Premium. “Grok sera le robot d’IA le plus drôle possible, car “si on doit tous mourir un jour, autant mourir en riant”. Pour lui, les algorithmes de Google, d’OpenAI et de Microsoft ne sont pas efficaces : “Mon inquiétude, c’est qu’ils font du politiquement correct, c’est dangereux. Le mieux pour l’IA ? C’est de penser par elle-même, d’être curieuse, c’est ce qui sera le mieux pour l’humanité. Ces IA ont été entraînées pour mentir. Demandez à ChatGPT de vous générer une image de Waffen-SS, il en créera une d’un groupe de femmes issues de la diversité. Ce n’est pas la vérité”.
La Chine, un concurrent de taille dans la course à l’IA
Comme chaque année, un panel d’intervenants venant de toute part a pris la parole lors des conférences. Robin Li, cofondateur et directeur général de Baidu, le moteur de recherche chinois a évoqué ses projets en matière d’IA dans la conférence « AI View from China ».
Robin Li, cofondateur et directeur général de Baidu, et Maurice Levy, président du conseil de surveillance de Publicis Groupe.
Les points clés
Le Google chinois est l'un des acteurs du pays les plus avancés dans l'IA. Là où la concurrence veut trouver le modèle de langage le plus performant, Baidu cherche la « super app » qui révolutionnera le secteur : « Aux États-Unis et en Europe, tout le monde se concentre sur la mise au point du modèle de fondation le plus avant-gardiste. Mais en Chine, les gens se demandent de plus en plus quelle sera l'application qui fera la différence à l'ère de l'IA » explique Robin Li. Sans le citer, il est possible que l’homme d’affaire fasse référence au succès de WeChat, messagerie largement déployée en Chine dont le succès pourrait l’avoir inspiré. Selon lui, une approche axée sur les applications peut « accélérer la transformation de l'ère de l'internet à l'ère de l'IA ». Cette super-app prendra-t-elle la forme d’un chatbot ?
Ernie, l’équivalent chinois de ChatGPT, a été lancé par Baidu en mars 2023. Peu connu en Europe, il est pourtant largement implanté en Chine et compte aujourd'hui 200 millions d'utilisateurs. Pour Robin Li, l’enjeu est de créer le meilleur modèle possible sur le territoire chinois : « Nous ne sommes pas aussi bon qu'OpenAI en anglais. Mais nous surpassons ChatGPT4 en chinois car Baidu est principalement entrainé avec des données chinoises ». Selon lui,« les européens devraient travailler sur des données dans leur propre langage pour espérer devenir des forces dominantes de l’IA ». Si Mistral Large, le LLM (large language model), de la startup française est par exemple entraîné en parti sur des données françaises, la proportion n’a pas été communiquée.
Pour entraîner un LLM, il faut une quantité immense de données. Pour Robin Li, ce n'est pas tant l'accès à ces données qui pose problème, mais leur traitement. Cela requiert de nombreux ingénieurs, une ressource parfois insuffisante.
L’entrepreneur a également fait part de ses réserves quant à l’arrivée prochaine d’une intelligence artificielle qui puisse surpasser l’esprit humain. Selon lui, les « AGI » (artificial general intelligence) ne sont pas prêtes d’arriver sur le marché. « Nombreux sont ceux qui spéculent sur l'arrivée de l'AGI, avançant des délais de deux à cinq ans. Pour ma part, je pense que cette technologie ne sera pas disponible avant au moins une décennie » a-t-il affirmé.
Accélérer à tout prix : c'est le vœu de Robin Li. Interrogé sur ses plus grandes craintes pour l'avenir, il répond : « Tout le monde est surpris par la vitesse à laquelle la technologie a progressé ces deux dernières années, mais pour moi, ce n'est pas encore assez rapide. C'est trop lent ».
Cette pensée est pourtant en adéquation avec plusieurs autres intervenants du salon, qui semblent oublier le chaos potentiel d’un manque de régulation de l’IA en termes de discrimination, de propriété intellectuelle, et de désinformation. Bruno le Maire, lors de sa visite surprise afin de remplacer Emmanuel Macron en visite en Nouvelle-Calédonie a affirmé :« l’Europe doit retrouver le goût du risque afin de créer l’IA française et européenne dont nous avons besoin pour notre économie ».
« Ne travaillez pas sur les LLM's, ils sont entre les mains des grandes entreprises ».
Madhumita Murgia, rédactrice IA en chef chez FT et Yann LeCun VP & Chief AI Scientist chez Meta.
Les points clés
Lors de son intervention, Yann LeCun, VP & Chief AI Scientist chez Meta, a souhaité s’adresser aux étudiants.« Ne travaillez pas sur les LLM's, ils sont entre les mains des grandes entreprises. Il n'y a rien que l'on puisse mettre sur la table, vous devriez travailler sur la prochaine génération d’IA ».
Le « baron du deeplearning » comme il se fait appeler, a également déclaré que les LLM ont une maîtrise limitée de la logique et n'atteindront pas le niveau d'intelligence humaine :« L’intelligence n'est pas une échelle linéaire. Il existe un écart entre l'intelligence que nous pouvons reproduire et l'intelligence humaine ».« Les machines ne comprennent pas le monde réel et n'ont pas de mémoire persistante » poursuit-il.
Les entreprises sont de plus en plus réticentes à l’idée de partager leurs modèles en open source à cause de la concurrence :« Au cours des douze dernières années, la communauté s'est considérablement ouverte. OpenAI faisait de la recherche open source, ce qui a contribué aux avancées très rapides de l’IA. Maintenant, des intérêts commerciaux émergent. OpenAI n'est plus du tout ouvert, et Google de moins en moins. Ce changement de paradigme est très mauvais pour l’industrie ».
Les applications les plus prometteuses de l'IA ne se trouvent pas chez Méta, mais au sein des start-ups qui développent des systèmes dans des langages peu exploités par l'IA.« Avoir une IA qui communique dans leur propre dialecte offre un accès technologique à des personnes qui en sont actuellement privées », souligne Yann LeCun. À titre d'exemple, il évoque une initiative d'une start-up sénégalaise utilisant un modèle open source pour fournir des informations médicales en français et en Wolof, les deux langues locales du pays. Cette solution facilite l'accès aux soins dans un contexte où consulter un médecin est souvent difficile.
Pourquoi les talents ne restent-ils pas en Europe ?« Les futurs chercheurs vont là où ils auront le plus d’impact et le plus de chances de réussir » explique Yann LeCun. Selon lui, « le faible salaire dans la recherche scientifique publique »est l’une des raisons qui poussent les nouveaux acteurs du secteur à claquer la porte.
L’enjeu est de taille pour le président français Emmanuel Macron. S’il n’a pas abordé la question des salaires des chercheurs à l'Élysée lors de son discours sur l'IA du mardi 21 mai, il aannoncé des mesures ambitieuses visant à accroître le nombre de professionnels formés dans ce domaine. Son plan prévoit de passer de 40 000 à 100 000 professionnels formés par an, et un investissement supplémentaire de 400 millions d'euros dans les neuf clusters d'IA français, reconnus comme des centres d'excellence universitaire.
If you are a student interested in building the next generation of AI systems, don't work on LLMs https://t.co/H1qX3gClEu
Bruno le Maire lors de son intervention sur les femmes dans le secteur de la tech.
Les points clés
Les grandes absentes du salon, ce sont les femmes. Valérie Pécresse, présente ce mercredi a déploré ce manque de représentation :« Nous avons besoin de reconvertir beaucoup de Franciliens qui pensent que la tech n’est pas pour eux. Parallèlement, je constate en déambulant dans les stands que les femmes ne sont pas suffisamment représentées ».
De son côté lors de son intervention, Bruno Le Maire a promis qu’il était temps de« mettre des quotas dans les classes préparatoires ».
Ce constat est également partagé par Béatrice Kosowski, Présidente IBM France, lors de la conférence « From Regulator to Innovator: European AI and Sovereignty ». Selon elle, 85 000 postes seraient vacants dans le secteur du numérique. Il y a donc urgence à former des jeunes dans ce domaine, en mettant l'accent sur la parité, car « autrement, les outputs de l’IA seront biaisés ». Elle souligne que les femmes ne représentent que 32% des effectifs dans les métiers de la tech en Europe, et environ 20% en France.
Ce manque de représentation avaitété reproché à OpenAI en décembre dernier, lorsque son nouveau conseil d’administration avait évincé toute présence féminine pour devenir le club des “Big Tech Boys”. Parmi les 702 (sur 750) employés qui avaient signé la lettre demandant le retour de Sam Altman après son éviction,plus de 75% étaient des hommes.
Les chiffres montrent également un écart de confiance entre hommes et femmes concernant la conduite de projets liés à l’IA. 26% des femmes se disent confiantes, contre 49% des hommes. En cause ? les représentations sociales et les stéréotypes de genre qui pèsent sur l’orientation et l’auto-censure des femmes (syndrome de l’imposteur).
Les « musk-see » du salon
Si la présence (à distance) d’Elon Musk, a fait jaser la « techosphère », certaines innovations ont également fait entendre parler d’elles. Tour d’horizon de ces gadgets plus ou moins utiles.
Le secteur de la santé est à l’honneur cette année. La startup SquareMind propose par exemple une technologie pour aider les dermatologues dans le dépistage des cancers de la peau. Ce dispositif automatisé numérise l'intégralité de la peau du patient en très haute résolution à l’aide d’un bras mécanique. « Grâce à l'intelligence artificielle, il peut signaler l'apparition de nouveaux grains de beauté entre deux visites » explique son co-fondateur Ali Khachlouf. Autre démonstration qui a suscité l’émerveillement du public : un fauteuil roulant développé par la startup suisse Scewo qui peut monter et descendre des escaliers en toute sécurité.
Mais notre coup de cœur est sans nul doute Buddy, un petit robot à l’allure « kawai » dont le but est d’aider les enfants sur le spectre autistique dans leur apprentissage. Fabriqué par la société française Blue Frog Robotics et désigné en France comme « robot for good », Buddy a été approuvé par le ministère de l’Éducation nationale. Présenté comme « un compagnon émotionnel avec qui l’enfant pourra nouer un lien social », Buddy permet aux petits d’interagir avec un avatar ayant des traits humains (deux yeux, une bouche) sans le stress que pourrait générer une interaction réelle. « Buddy permet de simuler certains codes sociaux mais n'a aucune conscience de ce qu’il est », souligne un développeur présent au stand. Un autre projet en cours vise à utiliser Buddy pour réinclure en classe les enfants en situation d’exclusion. L’initiative née sous l’impulsion de la Fondation des hôpitaux de France présidée par Brigitte Macron a été lancée auprès de 2000 enfants malades. À l’aide d’une tablette disponible dans leur chambre d’hôpital, les jeunes patients peuvent contrôler le petit robot à distance, parler à travers lui, entendre le professeur et répondre aux questions. Des tests sont en cours pour mesurer les impacts socio-psychologiques du dispositif sur les patients. Si les résultats sont positifs, Buddy pourrait être déployé à plus grande échelle. Toutefois, on peut se questionner sur le coût d’un tel programme et son déploiement réel par la suite. L’éducation nationale étant déjà en proie à des restrictions budgétaires, qui financera ces Buddy dans nos écoles ?
Évidemment, certaines innovations auraient pu rester au stade de l’idée. Par exemple, SmartGolf est un fournisseur de services de golf nouvelle génération, qui propose une analyse du swing et un coaching par l'IA sans balle. Le but ? Pouvoir faire du golf directement de chez soi. Pratique lorsque l’on n’a pas de terrain à proximité. Un gadget qui n’est pas sans rappeler wii sport, disponible pour la modique somme de 450 dollars. Mais le plaisir du golf ne réside-t-il pas dans le fait de taper la balle ? Du côté automobile, comme chaque année, de nombreux modèles de voitures aux designs toujours plus futuristes se sont fait concurrence. Une dizaine de constructeurs étaient présents, avec des promesses marketing plus ou moins similaires, englobant IA, énergie verte, pilotage automatique etc. Parmi eux, le cybertruck de Tesla s’est fait remarquer par ses dimensions hors norme : 5,69 mètres de longueur sur 2,4 mètres de largeur pour 3 tonnes. Non commercialisé en France (et pas prêt de l’être), le pick-up en acier inoxydable est disponible aux Etats-Unis pour environ 100 mille dollars.
Airbus a également présenté ses innovations les plus ambitieuses à VivaTech. Le cheval de bataille du géant de l'aérospatiale ? Permettre aux avions de se déplacer en totale autonomie dans les aéroports. Le projet intègre des technologies telles que l'automatisation avancée, la vision par ordinateur, et l'apprentissage automatique. Une menace pour la sécurité selon certains syndicats de pilotes. Pour minimiser l'empreinte carbone de ses essais, Airbus utilisera un camion électrique, le « Air-truck » qui reproduit les fonctions d'un cockpit d'avion. Le stand proposait également d’effectuer un vol simulé au-dessus d'Osaka à bord d'un taxi aérien du futur. L’occasion de faire un parallèle avec le volocity, un taxi volant proposant une offre 100% électrique et décarbonée. Déjà présenté au salon en 2022, il devait effectuer ses premiers vols commerciaux à l'occasion des JO de Paris 2024 pour environ 250 euros. Deux ans plus tard, le taxi volant du futur sillonnera bien le ciel de Paris afin de profiter de la vitrine médiatique des Jeux Olympiques, mais sans client !
En conclusion, la transformation de Paris en une "capitale de l'intelligence artificielle" semble bien en marche, soutenue par les ambitions du président Emmanuel Macron et l'engouement généré par le salon VivaTech. Au-delà des innovations gadget, des exercices de com' de la part des politiques, de l'aliénation de certains tech lovers, de la recherche du business à tout prix, cet événement a rassemblé les acteurs les plus influents du secteur, témoignant de l'importance croissante de l'IA dans les discussions technologiques et économiques. Rappelons que la France accueillera, les 10 et 11 février 2025, la prochaine édition du sommet international de l'intelligence artificielle.
A chaque mois son nouvel accord entre un média et OpenAI. Le mois dernier, l’accord avec le Financial Times faisait la surprise, aujourd’hui, c’est au tour de News Corp. Que faut-il retenir ?
News Corp a annoncé dans un communiqué de presse ce jeudi 22 mai, la signature d’un partenariat historique de plusieurs années avec OpenAI. Le ton de la déclaration se veut enthousiaste : « Les entreprises unissent leurs forces pour enrichir les produits et plateformes d'IA générative d'OpenAI avec un jo
A chaque mois son nouvel accord entre un média et OpenAI. Le mois dernier, l’accord avec le Financial Times faisait la surprise, aujourd’hui, c’est au tour de News Corp. Que faut-il retenir ?
News Corp a annoncé dans un communiqué de presse ce jeudi 22 mai, la signature d’un partenariat historique de plusieurs années avec OpenAI. Le ton de la déclaration se veut enthousiaste : « Les entreprises unissent leurs forces pour enrichir les produits et plateformes d'IA générative d'OpenAI avec un journalisme de qualité ».
Les PDG de News Corp et d’OpenAI se sont tous deux félicités de cet accord : « Nous croyons qu'un accord historique établira de nouvelles normes de véracité, de vertu et de valeur à l'ère numérique » a déclaré Robert Thomson, PDG de News Corp. Sam Altman a quant à lui déclaré : « Ensemble, nous posons les bases d'un avenir où l'IA respecte profondément, améliore et soutient les normes du journalisme de classe mondiale ».
L'accord qui pourrait valoir jusqu'à 250 millions de dollars sur cinq ans, permettra à OpenAI d'accéder au contenu actuel et archivé de toutes les publications de News Corp. Il s’agit notamment du Wall Street Journal, du New York Post, du Times et du Sunday Times.
Faute d'accord global sur les droits des éditeurs, Ils sont de plus en plus nombreux à établir des accords financiers avec OpenAI. A la fin de l’année dernière, OpenAI a conclu un contrat similaire avec Axel Springer, la société mère de Business Insider et Politico. Du côté français, Ouest France et Le Monde ont également passé des accords. « Il est dans mon intérêt de trouver des accords avec tout le monde », a déclaré Louis Dreyfus, PDG du journal Le Monde, lors d'une interview. « Sans accord, elles utiliseront nos contenus de manière plus ou moins rigoureuse et plus ou moins clandestine, sans aucun bénéfice pour nous ».
Le New York Times a adopté l’approche inverse, et a porté plainte contre OpenAI en décembre dernier pour violation des droits d’auteur.
Cette série d'accords reflète le principe du « winner takes it all », où les principaux éditeurs concluent des accords avec les géants de l'IA, alors que les médias plus modestes et sans intérêt pour OpenAI, restent vulnérables au pillage de leur contenu sans compensation financière.
Toutefois, le journaliste Hamilton Nolan souligne que même les médias passant ces accords pourraient ne pas y trouver leur compte. « Les montants d'argent que les entreprises de médias obtiennent dans ces accords semblent intéressants au départ, mais ce sont des cacahuètes pour OpenAI, qui vaut probablement déjà plus de 100 milliards de dollars ». Il illustre : « C’est l'équivalent d'être satisfait de soi pour avoir gagné cinq dollars en vendant vos clés de maison à des cambrioleurs ».
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Une dotation de 70 millions pour la formation de l'élite de l'IA en France (Les Echos)
Pourquoi des groupes médias français vont attaquer Google devant le tribunal de commerce (mindmedia)
Le groupe Lagardère annonce un protocole d'accord préliminaire en vue de céder Paris Match à LVMH (Le Figaro)
Elections européennes : une couverture médiatique en nette baisse (Libération)
Droits voisins : une première victoire en justice pour les médias et l’AFP face à X (mindmedia)
Lettre ouverte à Squeezie : “Tu as les moyens financiers et humains de sortir de ce cercle infini d’entre-soi masculin sur YouTube” (Causette)
39 % des Américains estiment qu'il est important, au moins dans une certaine mesure, que les journalistes dont ils obtiennent leurs informations partagent leurs croyances politiques, d’après Pew Research Center.
États-Unis VS TikTok – Ce mercredi 13 mars, la Chambre des représentants a voté une potentielle interdiction de l’application chinoise dans le pays. Si le sujet est sur la table depuis quelques années (Donald Trump avait lancé les hostilités en 2020, avant de changer d'avis récemment), la menace est cette fois prise très au sérieux par ByteDance, société mère de l’application. Phénomène assez rare, les Démocrates et Républicains semblent s’accorder sur la décision à prendre : « L'impulsion bipa
États-Unis VS TikTok – Ce mercredi 13 mars, la Chambre des représentants a voté une potentielle interdiction de l’application chinoise dans le pays. Si le sujet est sur la table depuis quelques années (Donald Trump avait lancé les hostilités en 2020, avant de changer d'avis récemment), la menace est cette fois prise très au sérieux par ByteDance, société mère de l’application. Phénomène assez rare, les Démocrates et Républicains semblent s’accorder sur la décision à prendre : « L'impulsion bipartite récente pour forcer l'entreprise à se désinvestir marque le défi le plus sérieux pour l'application jusqu'à présent, et elle est maintenant confrontée à un vote incertain au Sénat »analyse the Guardian.
Contexte d’une guerre froide numérique
Mercredi, la Chambre a voté massivement en faveur d'une interdiction, avec 352 membres du Congrès votant pour le projet de loi et seulement 65 s'y opposant. Le Sénat a cependant freiné en proposant d'éventuelles modifications à la mesure, brisant les espoirs des partisans d'une adoption rapide et offrant un sursis potentiel à l'application populaire de courtes vidéos. L’entreprise chinoise a quant à elle qualifié le projet de loi « d'inconstitutionnel ». Dans cette guerre froide numérique, il est loin d'être évident que les États-Unis sortiraient vainqueurs.
La vente de TikTok serait rendue obligatoire dans un délai de six mois à un acheteur approuvé par le gouvernement américain. Si ByteDance refuse de vendre TikTok, il serait illégal pour les magasins d'applications et les sociétés d'hébergement web de distribuer ou de mettre à jour l'application aux États-Unis. Celles qui dérogeraient à la règle s’exposeraient à des pénalités. Une interdiction totale semble donc difficile à mettre en place, mais l’accès pourrait être drastiquement limité. La raison ? Les législateurs craignent un risque pour la sécurité nationale des États-Unis et les données de ses utilisateurs.
reminder why lawmakers are considering a tiktok ban:
-bytedance answers to the ccp
-beijing can weaponize americans’ data
-it's in xi’s best interest to control the algorithm + further polarize americanshttps://t.co/KWCf8dxjD4
De son côté Bytedance affirme que« 60% de l'entreprise appartient à des investisseurs institutionnels mondiaux ». L'entreprise indique également avoir investi plus de 1 milliard de dollars dans un plan visant à stocker les données sensibles des utilisateurs américains sur des serveurs exploités par Oracle, société américaine de cloud computing. Lors de la récente audition des géants de la tech au Congrès, Shou Zi Chew, le CEO de TikTok, avait insité sur ses origines singapouriennes. Pour Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, le vote de la Chambre suivrait une « logique du voleur ». Il souligne : « Quand vous voyez les bonnes choses des autres, vous tentez de vous les approprier ».
Un rachat est-il réellement possible ?
Avec ses 170 millions d'utilisateurs aux États-Unis, TikTok est une acquisition hors de portée pour la plupart des entreprises. Microsoft, Google et Meta sont sous le coup de la loi antitrust, ce qui limite leurs possibilités d'achat. Steven Mnuchin, ancien secrétaire au Trésor controversé sous Donald Trump, a cependant manifesté son intérêt : « C'est une excellente entreprise et je vais constituer un groupe d’investisseurs pour acheter TikTok ».
L’hécatombe pour les créateurs de contenu
Face à la perspective d'une interdiction imminente, plusieurs créateurs expriment leur crainte :« J'achète des articles à des petites entreprises et je les présente sur ma plateforme - je les mets en valeur », a déclaré Ophelia Nichols, une créatrice basée en Alabama aux 12 millions d’abonnés. En Inde où l’application a été interdite en 2020, de nombreux créateurs peinent à faire repartir leur modèle économique: « La manière dont on gagnait en visibilité et en abonnés sur TikTok est [encore] incomparable à toute autre plateforme disponible pour le moment »,a déclaré Clyde Fernandes, directeur exécutif chez Opraahfx, une agence de marketing et de gestion d'influenceurs.
De son côté, Jason Koebler, le cofondateur de 404 Media se demande comment le gouvernement américain peut supprimer TikTok « sans violer les droits de liberté d'expression de millions d'Américains et nous mettre sur la voie où un internet relativement ouvert et mondial devient de plus en plus géographiquement cloisonné ».
Affaire à suivre…
CETTE SEMAINE EN FRANCE
L'AI Act : un premier texte qui omet les enjeux informationnels (RSF)
Le marché français de la musique pénalisé par la faiblesse des abonnements en streaming (Le Monde)
Intelligence artificielle : un accord de partenariat entre « Le Monde » et OpenAI (Le Monde)
L'année dernière, Google a versé environ 10 millions de dollars à 632 chercheurs pour avoir trouvé et signalé des failles de sécurité dans ses produits et services, d’après Bleeping Computer.
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Les Français préfèrent les journalistes aux algorithmes
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
Comment lutter contre la pollution du web ? (The Atlantic)
Bernard Arnault rivalise avec Bezos et Musk en termes de richesse et d'influence sur les médias (Wall Street Journal)
L'IA au service de l'information : le nouveau responsable de l'IA du New York Times explique ce que cette technologie puissante peut apporter au journalisme (Reuters Institute)
Kate Middleton et la fin de la réalité partagée (The Atlantic)
Mettre fin à l’enfance basée sur le téléphone dès maintenant (The Atlantic)
Lueurs d’espoirs dans un paysage médiatique morose (New York Times)
Kate Middleton et l'espoir dans l'enfer de l'information (CJR)
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
L'IA pourrait constituer une menace d'extinction pour l'homme, selon un nouveau rapport commandé par le département d'État américain (CNN)
OpenAI a signé avec le plus grand groupe de média espagnol Prisa et le Monde (OpenAI)
Le Monde devient le premier média français à signer un partenariat avec OpenAI.
ChatGPT utilisera les contenus du journal pour plus de pertinence. Le Monde touchera des revenus conséquents en contrepartie et pourra développer des fonctionnalités IA.https://t.co/WpA6UEuBdw
Une « loi sur la liberté des médias » en UE, pour protéger les journalistes et lutter contre les ingérences politiques, a été votée par le Parlement (Le Monde)
BREAKING: The European Commission sent formal requests to Bing, Facebook, Google Search, Instagram, Snapchat, TikTok, YouTube, and X:
Following these companies' designation as Very Large Online Platforms (VLOPs) or Very Large Online Search Engines (VLOSEs) by the DSA, the… pic.twitter.com/OTeFS3OeWC
La baisse de la diffusion des quotidiens britanniques s'élève en moyenne à 19 % au second semestre 2023 (Press Gazette)
Les gens se font plus confiance qu'ils ne font confiance aux informations. Ils ne devraient pas (Columbia Review)
Meta est prêt à abandonner l'information dans l'Illinois s'il est contraint de payer les éditeurs locaux (The Verge)
Une liste de subventions et de bourses destinées spécifiquement aux personnes qui s’identifient comme femmes et / ou à la réalisation de reportages sur les femmes (GIJN)
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
Mona Chalabi parle de la narration, du pouvoir des données et de la couverture de la Palestine (The Verge)
ENVIRONNEMENT
Les réparations de téléphones et d'ordinateurs portables deviennent mainstream, grâce à l'action d'iFixit (Cnet)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
Comment ByteDance pourrait sauver TikTok d'une interdiction aux États-Unis (Axios)
Le long et difficile chemin de Reddit vers l'introduction en bourse (New York Times)
L'ancien secrétaire au Trésor Steven Mnuchin est intéressé par le rachat de TikTok (CNN)
L'autorité de régulation italienne inflige une amende de 11 millions de dollars à TikTok (Reuters)
Les contenus violents en ligne sont "inévitables" pour les enfants britanniques, selon l'Ofcom (The Guardian)
Le New York Times rejette l'allégation de "piratage" de l'OpenAI dans le cadre de la lutte contre le droit d'auteur (Reuters)
Ces enfants ont enrichi leurs parents influenceurs. Verront-ils un centime de cet argent ? (Cosmopolitan)
Qui pourrait acheter TikTok ? Découvrez les personnes susceptibles d'acquérir l'application (NBC News)
Instagram joue la carte du long terme face à TikTok, et est en train de gagner (Business Insider)
IMMERSION, 360, VR, AR
L'ancien directeur d'Oculus chez Meta (et auparavant cadre chez Google) donne son avis sur le Vision Pro (Hugo’s Blog)
STREAMING, OTT, SVOD
YouTube remanie son application TV pour faciliter les achats (The Verge)
AUDIO, PODCAST, BORNES
Neil Young reviendra sur Spotify après un boycott de deux ans en raison de Joe Rogan (Wall Street Journal)
Spotify ajoute des vidéos musicales en version bêta dans certains pays - les Etats-Unis n'en font pas partie (TechCrunch)
Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT
Un juge estime qu'un informaticien n'est pas l'inventeur du bitcoin (BBC)
Ce que l'histoire de Kate Middleton nous apprend sur le bitcoin (Financial Times)
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
Entretien avec Mira Murati, directrice technique d'OpenAI, à propos de Sora et de son plan de déploiement (Wall Street Journal)
Les vidéos IA de Sora sont facilement confondues avec des images réelles lors d'un test auprès de consomateurs US (Variety)
Les journalistes alimentent l'engouement pour l'IA (BBC)
Les accords d'OpenAI avec les éditeurs pourraient poser des problèmes à ses rivaux (TechCrunch)
Oubliez les chatbots. Les agents d'intelligence artificielle sont l'avenir (Wired)
Apple a discrètement acheté la startup canadienne d'IA DarwinAI (Bloomberg)
Google Deep Mind présente SIMA : un agent d'intelligence artificielle polyvalent pour les environnements 3D (DeepMind)
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
NewsGuard propose aux marques une veille sur les “fake news” (CBNews)
L'éventuelle interdiction de TikTok aux États-Unis préoccupe les spécialistes du marketing (Digiday)
AP lance un site de commerce électronique avec Taboola (Axios)
A la Silicon Valley, les accords se multiplient pour permettre aux entreprises technologiques de se servir légalement des contenus disponibles sur Internet pour nourrir leurs IA. Le dernier en date aurait été signé entre Google et Reddit. Le géant du numérique compterait verser 60 millions de dollars par an au réseau social pour entraîner ses modèles. Ce deal s’inscrit dans une tendance croissante qui concerne en priorité les acteurs de l’information. Axel Springer, AP, Semafor, et certains gra
A la Silicon Valley, les accords se multiplient pour permettre aux entreprises technologiques de se servir légalement des contenus disponibles sur Internet pour nourrir leurs IA. Le dernier en date aurait été signé entre Google et Reddit. Le géant du numérique compterait verser 60 millions de dollars par an au réseau social pour entraîner ses modèles. Ce deal s’inscrit dans une tendance croissante qui concerne en priorité les acteurs de l’information. Axel Springer, AP, Semafor, et certains grands médias français font le choix de se lier aux géants de l'IA générative, faute d'accord global sur les droits des éditeurs. Avec, comme effet secondaire, la déstabilisation d'acteurs de moindre envergure.
Google to pay Reddit $60 million per year for faster access to its content that it has access to already that no one wants to see rank highly in Google Search anyway https://t.co/T3gYvAcBKkpic.twitter.com/pNOoMTDTiq
Deals entre OpenAI et la presse : un pari risqué ?
On vous en parlait ici, le géant de l'édition allemand Bild a conclu un partenariat historique avec OpenAI fin décembre. Dans le cadre de cet accord, Axel Springer autorisera OpenAI à utiliser le contenu de ses médias, notamment Bild, Politico et Business Insider, pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle. Le principal objectif du groupe ? Améliorer la qualité des réponses données par ChatGPT grâce à ses articles de presse tout en assurant la pérennité économique de ses médias.
En juillet, l’agence de presse américaine Associated Press (AP) annonçait également avoir conclu un accord avec la start-up, lui « conférant une licence d'utilisation pour une partie de ses archives de presse ». La publication des contenus n’était cependant pas concerné. Dans cette continuité, le site d’information politique Semafor a récemment développé un outil de recherche en partenariat avec OpenAI piloté par l'IA appelé MISO (pour « multilingual insight search optimizer »). Celui-ci permet aux journalistes de trouver et de résumer efficacement un large éventail d'articles dans différentes langues, facilitant ainsi le processus de curation de contenu. L'entreprise décrit l'outil comme« un robot personnalisé construit sur la plateforme OpenAI et utilisant le moteur de recherche Bing de Microsoft ».
Selon Mind Media, un partenariat inédit aurait également été noué entre Microsoft et les journaux Ouest France et Le Monde afin de « les aider à appliquer les fonctionnalités de l’intelligence artificielle générative à leurs activités rédactionnelles ». Ce serait le premier accord de ce type entre des médias français et une entreprise technologique de cette envergure.
Pendant ce temps, le New York Times pourrait peut-être gagner son procès contre OpenAI…
C’est ce que sous-entendent Timothy B. Lee, journaliste spécialisé dans les droits d’auteur, et James Grimmelmann professeur de droit spécialisé sur la propriété intellectuelle dans un article pour ArsTechnica. Le New York Times intentait fin décembre un procès à Open AI pour violation des droits d’auteur. L’argument principal en faveur d’Open AI serait que « Nous apprenons tous gratuitement ». L’article souligne cependant que : « Le raisonnement semble être que s'il est légal pour un être humain d'apprendre à partir d'un livre protégé par le droit d'auteur, il doit également être légal pour un grand modèle de langage d'apprendre à partir d'un million de livres protégés par le droit d'auteur » avant de poursuivre : « l’utilisation équitable dans un contexte personnel ou universitaire peut ne pas l'être si elle est pratiquée à l'échelle commerciale ».
En effet, la loi mentionne spécifiquement l'enseignement et la recherche comme exemples d'utilisation équitable. Mais pour les deux experts, les entreprises d'IA, comme OpenAI, utilisent des matériaux protégés par des droits d'auteur d'une manière qui pourrait ne pas être considérée comme une utilisation équitable, surtout lorsque les modèles génèrent des contenus qui concurrencent directement les œuvres originales. A l'époque, MP3.com et Texaco avaient perdu leurs arguments concernant l'utilisation équitable, tandis que Google a eu gain de cause. Aujourd'hui, les marchés des licences sont bien plus matures face à l'exploitation numérique des contenus et le problème de "mémorisation" des IA génératives...
En attendant des accords viables, de plus en plus de médias bloquent les robots d’exploration web (crawlers) des IA afin de protéger leurs données. Selon un relevé du Reuters Institute, à la fin de l'année 2023,48 % des sites d'information les plus utilisés dans dix pays bloquaient les robots d'OpenAI. Un plus petit nombre, 24 %, bloquait le crawler d'IA de Google. Une tentative de protection pour préserver tant bien que mal leur modèle économique et le trafic sur leurs sites.
Google grand sauveur des éditeurs ?
Dans un contexte économique difficile, Google se positionne comme sauveur des éditeurs avec son nouvel outil de gestion des paywalls dynamique « Offerwall ». Difficile à croire sachant que le crawler de son IA Gemini participe également à l’absorption des données des médias – et fragilise donc leur modèle économique. L’outil permet aux lecteurs de débloquer l'accès au contenu de leurs sites web en choisissant parmi une série d'options telles que l'achat d'un abonnement, la visualisation d'une publicité vidéo, le partage de données personnelles (en spécifiant leurs intérêts parmi une liste de choix), ou un micropaiement pour un accès à court terme. Google présente Offerwall comme un « moyen pour les éditeurs de diversifier leurs revenus et d'explorer des approches de monétisation alternative ».
CETTE SEMAINE EN FRANCE
« Qui veut voir dormir ma sœur » : l’horreur d’un Discord français à peine caché (Numérama)
Pluralisme : l'affaire CNews vire au casse-tête pour l'Arcom (Les Echos)
Sciences Po : souffrances en silence à l’école de journalisme (Arrêt sur Images)
Substack annonce avoir dépassé les 3 millions d'abonnements payants sur sa plateforme, selon leur communiqué.
1 500 milliards de dollars - la valeur de marché de Nvidia, le fabricant de puces qui alimente l'intelligence artificielle, a bondi de plus de 1 500 milliards de dollars au cours des 12 derniers mois, d’après CNBC.
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
OpenAI suspend le développeur d'un chatbot se faisant passer pour un homme politique (AI)
Le personnel de Meta a découvert que l'outil d'abonnement à Instagram permettait l'exploitation des enfants. L'entreprise a quand même continué (Wall Street Journal)
Une nouvelle étude montre que les gens peuvent changer d'avis sur la théorie du complot (The Conversation)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
Les géants du numérique signent un accord contre l’utilisation trompeuse de l’IA dans le cadre d’élections (Le Monde)
Julian Assange risque un "déni de justice flagrant" s'il est jugé aux États-Unis, selon un tribunal londonien (The Guardian)
TikTok visé par une enquête de la Commission européenne concernant la protection des mineurs (Commission européenne)
Nous ouvrons une procédure formelle pour déterminer si Tik Tok a pu enfreindre le règlement sur les services numériques (#DSA) dans certains domaines :
protection des mineurs publicité accès aux données pour les chercheurs gestion des risques contenu préjudiciable
« Nous nous dirigeons vers un monde où plus personne n'aura besoin de visiter des sites web et donc de voir des publicités d'éditeurs qui financent des trucs comme le journalisme », a averti il y a quelque jour un journaliste dans un podcast du New York Times.
Car en ce moment le monde de l’IA dans la Silicon Valley ne parle que d’un site : Perplexity.ai ! Ce service n’est pas un agent conversationnel, mais un mélange très séduisant combinant search et IA. Et préfigure … la mort possible des rev
« Nous nous dirigeons vers un monde où plus personne n'aura besoin de visiter des sites web et donc de voir des publicités d'éditeurs qui financent des trucs comme le journalisme », a averti il y a quelque jour un journaliste dans un podcast du New York Times.
Car en ce moment le monde de l’IA dans la Silicon Valley ne parle que d’un site : Perplexity.ai ! Ce service n’est pas un agent conversationnel, mais un mélange très séduisant combinant search et IA. Et préfigure … la mort possible des revenus tirés des liens vers les contenus des éditeurs.
En gros, à votre question, Perplexity fournit, à partir de multiples contenus du web, un résumé instantané parfait, un article à la volée bien présenté, avec des encadrés pertinents et à jour. Une sorte de Wikipédia dynamique et personnalisé, sans passer par le search classique.
Certes les principales sources sont affichées en haut de la page, mais rares sont ceux qui creuseront davantage le sujet, car la réponse proposée, synthèse intelligente de nombreux contenus soigneusement choisis, suffit et fait gagner du temps. Mais, pour l’instant, ces sources – souvent des éditeurs de presse-- ne sont pas rémunérées, au nom du fameux « fair use », le principe de citation du monde universitaire.
Perplexity, fondée par un ancien d’OpenAi et de DeepMind de Google, revendique 10 millions d’utilisateurs mensuels actifs et une durée moyenne de visite de 21 minutes. La version pro coûte 20 $ par mois, comme pour GPT-4. Et Jeff Bezos est un des actionnaires.
Face aux éditeurs terrifiés, le CEO et fondateur de Perplexity, Aravind Srinivas, estime que son moteur de réponses offre un meilleur référencement, une meilleure visibilité que Google, et permet d’accroître la notoriété des sources. Il reconnaît toutefois qu’il faudrait mieux monétiser cette notoriété.
« Nous devrions pouvoir dire au New York Times le nombre fois qu’un de ses extraits a été utilisé dans des réponses de Perplexity cette semaine ».
“Notre but est de devenir le lieu de facto de l’information sur Internet (….) l’appli ultime de la connaissance, le TikTok du savoir!”, a-t-il indiqué dans deux récents podcasts.
« Aujourd’hui vous perdez beaucoup de temps à obtenir une réponse qu’une dizaine de commerciaux essaient de vous donner », précise-t-il. « Google, qui travaille d’abord pour les annonceurs, n’a aucun intérêt à vous faire gagner du temps ».
Il réfléchit ainsi à des modèles d’abonnements groupés avec des médias. Mais sa diversification de revenus passera à terme par les APIs et la publicité, a ajouté il y a quelques jours Srinivas.
Sur Perplexity, explique Srinivas, « la compétence N°1 est de poser de bonnes questions ».
La recherche peut être affinée et se concentrer uniquement sur des groupes de sources, comme par exemple les seules vidéos YouTube, ou les posts Reddit. Les erreurs existent mais sont bien moins nombreuses que sur les plateformes d’IA générative.
Evidemment, le roi du search, Google, pourrait faire la même chose que Perplexity. Il le fait d’ailleurs discrètement depuis plusieurs années dans des encadrés brefs. Mais son modèle d’affaires basé sur des liens sponsorisés – déjà partiellement cannibalisé par son IA Gemini- serait en grand risque. Wall Street ne manquerait pas de sanctionner tout recul des revenus publicitaires du géant de Mountain View.
Le « search génératif » de Google (dopé à l’IA) qui a déjà fait chuter le trafic de plus d’un tiers vers les sites d’infos d’Amérique du Nord n’est pour l’instant pas disponible en Europe. Il pourrait toutefois y arriver sous une forme intégrée au search classique d’ici moins d’un an, selon des contacts pris auprès de Google.
Les prochaines étapes chez Perplexity ?
Des notifications de news ("Perplexity Push") et « des résultats encore plus fiables, des questions et des réponses sous forme audio et vidéo (dire « multimodales » !), un meilleur raisonnement et plus de personnalisation », promet Srinivas.
Paris, jeudi 15 janvier - Google annonce l'inauguration de son nouveau centre de recherche en intelligence artificielle à Paris, en présence de son PDG Sundar Pichai. L’objectif ? « Faire émerger de nouveaux partenariats académiques et former des professionnels à cette technologie ». Le nouveau Lab réunira pas moins de 300 chercheurs et ingénieurs travaillant en collaboration avec les universités et les instituts de recherche français.
"La France possède des atouts considérables dans le domaine
Paris, jeudi 15 janvier - Google annonce l'inauguration de son nouveau centre de recherche en intelligence artificielle à Paris, en présence de son PDG Sundar Pichai. L’objectif ? « Faire émerger de nouveaux partenariats académiques et former des professionnels à cette technologie ». Le nouveau Lab réunira pas moins de 300 chercheurs et ingénieurs travaillant en collaboration avec les universités et les instituts de recherche français.
"La France possède des atouts considérables dans le domaine scientifique, avec ses 500 000 chercheurs et des institutions de premier plan tels que le CNRS, Inria, Paris Saclay, l'Institut Curie, ou encore l'Université PSL (Paris Sciences & Lettres)," souligne Google. Cette collaboration avec des institutions françaises de renom vise à stimuler la recherche fondamentale et appliquée en IA, consolidant ainsi la position de la France comme leader dans ce domaine. Google prévoit également de former 100 000 professionnels français aux outils de l'IA d'ici la fin de 2025.
Oui, la France est le pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers et notamment des entreprises de la tech !
L’ouverture du hub Google dédié à l’intelligence artificielle, ouvert à tout l’écosystème français, en est le parfait exemple.
Une démarche qui soulève des questions sur le monopole numérique de Google
On pourrait pointer du doigt cette initiative comme un moyen pour Google de maintenir son hégémonie dans le domaine de l'IA, en monopolisant les ressources et les talents. C’était déjà le cas avec l’ouverture d’un laboratoire Meta en 2015, puis Google en 2018. « A l’époque, certains regrettaient l’aspiration par les géants américains des cerveaux français, dont Yann LeCun, un des parrains de l’IA moderne, chez Meta » explique Alexandre Piquard, journaliste du Monde.
TechCrunch, dans son analyse, tente de disséquer cette inauguration à la vue de tous « Google aurait pu envoyer un courriel à ses employés pour leur dire quand ils pourraient récupérer leurs badges pour le nouveau bureau. Au lieu de cela, l'entreprise a décidé qu'il s'agissait d'une opportunité de relations publiques. L'entreprise doit montrer qu'elle se préoccupe de l'IA et qu'il s'agit d'une priorité. »
Le nouveau bâtiment accueillera certes des projets d’IA, mais aussi des programmes autour de YouTube et Chrome. « Google aurait pu simplement l'appeler « Google hub » » affirme le média américain, mais l’entreprise souhaite « affirmer haut et fort qu'elle est spécialisée dans l’IA ».
Paris, un écosystème florissant de startups spécialisées dans l’IA
« En quelques années, nous sommes parvenus à créer plusieurs instituts de recherche interdisciplinaire, des chaires de recherche, à doubler le nombre de diplômés en IA et à augmenter de 500 le nombre de doctorants »,s'était félicité Emmanuel Macron en novembre, à l'occasion du lancement du laboratoire Kyutai, porté notamment par Xavier Niel (Iliad) et Rodolphe Saadé (CMA-CGM) et basé également à Paris.
Et la protection du travail journalistique français face aux IA dans tout ça ?
Bruno Le Maire, ministre de l’économie a affirmé refuser « que les systèmes d’intelligence artificielle aient un libre accès au travail des journalistes » lors de son intervention au World AI Cannes Festival vendredi 9 février. S’agirait-il d’un premier réveil officiel sur les risques de l’IA pour la profession en France ? « Quel est l’avenir d’un métier dont les informations, recueillies au prix d’un travail très exigent sont récupérés gratuitement par les systèmes d’intelligence artificielle ? » s’est-il demandé. A la question : bloquer ou ne pas bloquer les « crawlers » des intelligences artificielles sur les sites d’information on n'obtient pas la même réponses selon le média concerné.
Sur le plan européen, le ministre a appelé à la création d’un marché unique de la donnée régulée et équitable pour contrer la monopolisation des données par les géants du numériques. La France n’en a pas fini de faire parler d’elle en matière d’IA, mais Bloomberg nuance que la France n’a représenté que 2,9 % du financement mondial du capital-risque et la pénurie d'offres d'actions et d'acquisitions sur le marché local de la technologie ne sera pas réglé de sitôt par les nouveaux venus de l’IA.
Nous avons passé au crible les contenus publiés par plus de 550 influenceurs actifs en Europe
Si la quasi-totalité (97%) des comptes analysés publient du contenu commercial, seuls 20% le présentaient systématiquement comme étant de la publicité ↓https://t.co/uRcouMIEMZ
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
Le journalisme est-il préparé face à sa potentielle extinction de masse ? (The New Yorker)
Comment les séries réconfortantes ont conquis la télévision en streaming (The Hollywood Reporter)
Comment Elon Musk a cassé Twitter en le transformant en X (Washington Post)
Les licenciements et les fermetures d'entreprises ont bouleversé le secteur des médias. Qu'adviendra-t-il des jeunes qui étudient le journalisme ? (Boston Globe)
Ce qu'il faut pour réussir en tant qu'influenceur sur les médias sociaux (The Wall Street Journal)
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
Les autres grands gagnants du Super Bowl... sont les créateurs ? (Rolling Stone)
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
Une campagne d'influence chinoise favorise la désunion avant les élections américaines (New York Times)
La nouvelle ère de l'IA et des "Deepfakes" complique les élections de 2024 (Wall Street Journal)
OpenAI suspend le développeur d'un chatbot se faisant passer pour un homme politique (AINews)
Guerre Israël-Gaza : le nombre de journalistes tués atteint un niveau quasi record (CPJ)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
Intelligence artificielle : des députés proposent de faire de la CNIL l’autorité régulatrice (Le Monde)
JOURNALISME
Des suppressions d'emplois s'annoncent au Guardian alors que la baisse des revenus publicitaires frappe les éditeurs de plein fouet (The Times)
CBS News va licencier 20 journalistes dans le cadre de la réduction des effectifs de la Paramount (Los Angeles Times)
Accepter l'argent ou se battre ? Les magnats des médias sont divisés sur les accords relatifs à l'IA (The Hollywood Reporter)
Les journalistes font la grève alors que l'industrie de l'information se porte mal (npr)
Où tous ces journalistes vont-ils trouver un sens à leur vie ? (Hazlitt)
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
Oubliez le A1. Les "unes" les plus convoitées du New York Times sont désormais The Daily et son bulletin phare The Morning (Vanity Fair)
YouTube vous permet désormais d'intégrer des vidéos musicales dans vos Shorts (TechCrunch)
ENVIRONNEMENT
L’intelligence artificielle va-t-elle donner le coup de grâce au climat ? (Vert)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
L'endroit le plus civilisé pour consulter les actualités en ligne pourrait être Reddit (Columbia Journalism Review)
Dans une bataille avec X, Threads ajoute des sujets de tendance où la politique sera autorisée (TechCrunch)
TikTok prend de l'avance en tant que lieu de discussion sur les campagnes électorales (Bloomberg)
Le paradoxe des applications de rencontre : Pourquoi les applications de rencontre peuvent être pires que jamais (npr)
L’algorithme de TikTok amplifie de manière alarmante les contenus misogynes (L’ADN)
Ils voulaient faire carrière dans la technologie. Ils sont coincés dans un "atelier clandestin" de modération de contenu chez TikTok (Rest of The World)
IMMERSION, 360, VR, AR
Après avoir essayé le Vision Pro, Mark Zuckerberg déclare que le Quest 3 "est le meilleur produit, point final" (The Verge)
Cette organisation à but non lucratif utilise la réalité virtuelle pour former les journalistes ukrainiens à couvrir la guerre en toute sécurité (Reuters Institute)
Les fans d'Apple commencent à renvoyer leurs Vision Pros (The Verge)
TikTok lance une application "réimaginée" pour l'Apple Vision Pro (TechCrunch)
STREAMING, OTT, SVOD
Mickey, Minnie, Donald et Goofy de Disneyland veulent se syndiquer (CNN)
Amazon facture désormais aux membres Prime un supplément pour le streaming sans publicité. Pour certains, c'est un deal-breaker (The Wall Street Journal)
Le troisième exportateur de télévision n'est pas celui auquel on pourrait s'attendre (The Economist)
AUDIO, PODCAST, BORNES
Le secteur de l'audio se contracte malgré l'essor de la diffusion en continu (Axios)
Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT
Le bitcoin retrouve une capitalisation boursière de 1 000 milliards de dollars, la crypto-monnaie atteignant son plus haut niveau en deux ans (CNBC)
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Augmentation des coûts, baisse des recettes publicitaires, ralentissement de la croissance des abonnements…Seule la moitié des rédacteurs en chef, PDG et responsables du secteur numérique interrogés pour une étude du Reuters Institute se disent confiants quant aux perspectives du journalisme pour l'année à venir. Réalisée auprès d'un échantillon stratégique de plus de 300 dirigeants du secteur numérique issus de plus de 50 pays et territoires, l’enquête montre une forte baisse du trafic référent
Augmentation des coûts, baisse des recettes publicitaires, ralentissement de la croissance des abonnements…Seule la moitié des rédacteurs en chef, PDG et responsables du secteur numérique interrogés pour uneétude du Reuters Institute se disent confiants quant aux perspectives du journalisme pour l'année à venir. Réalisée auprès d'un échantillon stratégique de plus de 300 dirigeants du secteur numérique issus de plus de 50 pays et territoires, l’enquête montre une forte baisse du trafic référent en provenance des médias sociaux vers les médias. Alors que de nombreux organismes d'information traditionnels peinent à se faire connaître, ou n’en n’ont pas les moyens, quelles alternatives s’offrent à eux ?
Les raisons de cette chute
Selon l’étude, le trafic Facebook vers les sites d'information a chuté de 48 %, le trafic en provenance de X a chuté de 27 %, et le trafic en provenance d'Instagram a chuté de 10 % (causant, parmi d'autres, l'arrêt de BuzzFeed News l'année dernière).Les raisons ? Du côté de Méta, il s’agit d’une priorisation des contenus des influenceurs au détriment des journalistes pour tenter de contrer la concurrence de TikTok. L’arrivée très médiatisée d’Elon Musk chez X a encore plus chamboulé ce petit microcosme. Désinformation, difficulté à distinguer les titres de presse des autres sources de contenu – la somme de ces événements a entrainé le départ express de nombreux journalistes vers un avenir plus radieux…sur blueskynotamment, ou encore LinkedIn. Nic Newman, auteur du rapport a commenté ces chiffres : « Atteindre le public en ligne devient de plus en plus difficile à mesure que Facebook se retire de l'actualité et que X devient moins accueillant pour les éditeurs. »
WhatsApp, le nouvel eldorado ?
Face à ce problème, les médias se tournent vers WhatsApp (+61) et Instagram (+39), notamment pour leurs canaux de diffusion multimodaux. Ces derniers offrent aux créateurs et aux médias la possibilité d'interagir avec leurs abonnés à travers des messages directs. Ces échanges peuvent prendre la forme de messages écrits, vocaux, images, vidéos, ainsi que de sondages.Lancée en septembre, la fonctionnalité sur WhatsApp compte aujourd’hui plus de 225 canaux de diffusion. Même si son utilisation reste timide chez les médias français – la majorité n’a pas de canaux et le Monde, parmi les plus suivis, ne compte que 66 600 abonnés – la fonctionnalité connait un franc succès outre-Atlantique. Le New York Times compte par exemple 7,3 millions d’abonnés sur sa chaîne. WhatsApp n’est plus seulement « l'application que l’on utilise lorsqu’on voyage hors de son pays »a déclaré Will Cathcart, responsable de WhatsApp, « elle se généralise aujourd’hui de manière significative ».
L'avenir dans la vidéo ?
Face à la nature de ces plateformes, les médias doivent davantage se tourner vers le format vidéo afin d’atteindre un public plus jeune. Naturellement donc, ils planifient d’accentuer leur présence sur TikTok (+55), et YouTube (+44). Toutefois, le Reuters Institute souligne que « de nombreux médias traditionnels ont [toujours] du mal à se faire connaître par rapport aux jeunes créateurs qui maîtrisent le langage et les conventions de ses plateforme ».Dylan Page, un jeune influenceur du Royaume-Uni, a régulièrement plus de vues à ses vidéos que la BBC ou le New York Times réunis, même sur des sujets de fond, comme le conflit à Gaza.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
On a testé TF1+, un service de streaming qui ne s’est pas foulé (Numerama)
« Touche pas à mon peuple » : Cyril Hanouna, émission suicide (Le Monde)
Hachette stoppe net son projet de déménagement à 150 millions d'euros (Les Echos)
CES 2024 : les startups françaises toujours en force à Las Vegas ? (Maddyness)
Intelligence artificielle : les éditeurs français s’organisent pour faire reconnaître leurs droits (Le Figaro)
Intelligence artificielle : un «Label Création humaine» pour garantir qu’un livre a bien été écrit par un humain (Libération)
Canal+ prend presque 30 % de la plateforme Viaplay (Les Echos)
Rachida Dati, ministre de la culture : une nomination surprise, fruit d’un deal avec Emmanuel Macron (Le Monde)
Canal+ obtient l'autorisation de l'Autorité de la Concurrence pour le rachat d'OCS et d'Orange Studio (Autorité de la concurrence)
3 CHIFFRES
Les tarifs pleins des abonnements numériques à la presse auraient gonflé de 20% en moyenne l’an dernier au Royaume-Uni, selon Press Gazette.
Plus de la moitié des Américains (52 %) craignent que l'augmentation des "deepfakes" n'influence les élections (McAfee)
Twitch licencie 500 employés, soit environ 35 % de son personnel, d'après Bloomberg.
Les éditeurs indépendants de presse locale sont confrontés à de nouveaux défis dans le cadre de la réorganisation de leurs modèles économiques (Poynter)
CES 2024 : tous les téléviseurs, ordinateurs portables, équipements pour la maison intelligente et autres nouveautés du salon (The Verge)
Fox Corp. lance une plateforme blockchain pour négocier avec les entreprises d'IA (Axios)
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
Lorsqu'on est témoin d'un génocide, il ne suffit pas d'éviter l'actualité (Pranav Jeevan P)
Fox s'associe à Polygon Labs pour lutter contre la méfiance à l'égard des deepfakes (TechCrunch)
Les partis politiques et les candidats ont recours à des poursuites judiciaires pour faire taire les journalistes pendant les élections : une tendance croissante au Brésil (LatAm Journalism Review)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
La Commission européenne se penche sur l'alliance Microsoft-OpenAI (Les Echos)
L'Ofcom débauche le personnel des grandes entreprises technologiques pour faire appliquer les nouvelles règles de l'internet (Financial Times)
Le Conseil de l’Europe a publié ses lignes directrices sur l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le journalisme (Conseil de l’Europe)
JOURNALISME
Tendances des médias d'information pour 2024 : L'IA, Whatsapp, les newsletters et la vidéo parmi les domaines de prédilection (PressGazette)
Un bouleversement surprise au Los Angeles Times (Poynter)
Chez “Libé”, débat tendu autour du traitement de la guerre à Gaza (Arrêt sur Images)
L'assassinat sans précédent de journalistes affecte la couverture de Gaza (New Lines Magazine)