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  • 3 assureurs s'allient contre le risque climatique
    Parce que la prévention constitue le premier moyen de lutte contre les impacts du dérèglement climatique sur leurs métiers, trois assureurs français, associés avec deux fournisseurs d'expertise, combinent leurs forces dans le développement d'une plate-forme commune destinée à aider les particuliers et les entreprises à réduire leur exposition.La multiplication des phénomènes météorologiques autrefois exceptionnels – sécheresse, inondations, tempêtes… – est désormais un fait incontournable, qui

3 assureurs s'allient contre le risque climatique

Par : Patrice
1 février 2026 à 22:00
Geoya
Parce que la prévention constitue le premier moyen de lutte contre les impacts du dérèglement climatique sur leurs métiers, trois assureurs français, associés avec deux fournisseurs d'expertise, combinent leurs forces dans le développement d'une plate-forme commune destinée à aider les particuliers et les entreprises à réduire leur exposition.

La multiplication des phénomènes météorologiques autrefois exceptionnels – sécheresse, inondations, tempêtes… – est désormais un fait incontournable, qui affecte dangereusement la capacité des acteurs de l'assurance à remplir leur mission de couverture des dommages aux bâtiments. À défaut de disposer de levier sur la fréquence des sinistres, ils peuvent à tout le moins s'attacher à en limiter les conséquences, notamment financières, de manière à conserver leur raison d'être.

Avec Geoya, Generali France, MAIF et Société Générale Assurances, en collaboration avec Saretec (spécialiste de l'évaluation des dégâts) et Sixsense (conseil pour l'adaptation), visent à appréhender le défi ensemble. Son objectif est d'offrir un accompagnement opérationnel aux plus de 5 millions de clients des trois partenaires pour le diagnostic des menaces pesant sur leur résidence, leurs usines, leurs entrepôts, leurs bureaux… ainsi que pour la définition et la mise en œuvre de solutions.

En pratique, les propriétaires individuels et les PME se verront proposer un outil d'auto-diagnostic grâce auquel il obtiendront une analyse fiable des vulnérabilités de leurs locaux. Si nécessaire ou s'ils le souhaitent, ils pourront le compléter avec une visite d'expert, virtuelle ou physique afin d'affiner les résultats. Le bilan qui leur sera transmis leur procurera non seulement un état des lieux mais également une liste de mesures concrètes à prendre, avec une suggestion de travaux à prévoir et leur coût estimé.

Accueil Geoya

Les grandes structures, quant à elles, pourront bénéficier d'un soutien rapproché, comprenant, au besoin, une étude approfondie sur site, un plan de remédiation personnalisé et la possibilité d'une assistance à la maîtrise d'ouvrage. Dans tous les cas, une aide est apportée aux demandeurs pour l'accès aux subventions et autres financements publics auxquels ils sont éligibles. En revanche, la communication officielle ne mentionne pas les conditions tarifaires applicables aux services de Geoya.

Initialement, la plate-forme se consacrera exclusivement au risque d'inondation – qui représente aujourd'hui la première dépense d'indemnisation des catastrophes naturelles – pour le compte des trois compagnies cofondatrices. Rapidement, elle sera ouverte, via un modèle de souscription, à toutes les entreprises du secteur qui seraient intéressées et, plus tard, elle aura vocation à couvrir les autres domaines d'exposition, tels que le retrait-gonflement des argiles, les tempêtes en tout genre…

Si j'estime positive (et indispensable) la démarche engagée de la sorte pour la prévention, j'avoue être surpris de l'approche collaborative de Geoya. Celle-ci laisse en effet entendre que la thématique est perçue comme une charge générique, mise en commun pour plus d'efficacité économique… alors qu'il me semble qu'elle serait largement susceptible d'être abordée également comme un facteur de différenciation concurrentielle, a minima, peut-être, dans son articulation avec l'assurance elle-même…

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  • La fin d'une ère pour Société Générale
    Anticipée depuis plusieurs mois, à l'occasion de la cession de Shine, l'annonce de la vente par le groupe Société Générale de la dernière FinTech importante de son portefeuille, Treezor, marque la fin de son désengagement d'une stratégie d'innovation qui n'a jamais été soutenue au niveau qu'elle méritait et la laisse un peu démunie.Le bilan de l'aventure est un peu toujours le même. À l'origine, l'acquisition de la première startup française spécialiste de la « banque en service » était pleine

La fin d'une ère pour Société Générale

Par : Patrice
29 janvier 2026 à 21:30
Treezor
Anticipée depuis plusieurs mois, à l'occasion de la cession de Shine, l'annonce de la vente par le groupe Société Générale de la dernière FinTech importante de son portefeuille, Treezor, marque la fin de son désengagement d'une stratégie d'innovation qui n'a jamais été soutenue au niveau qu'elle méritait et la laisse un peu démunie.

Le bilan de l'aventure est un peu toujours le même. À l'origine, l'acquisition de la première startup française spécialiste de la « banque en service » était pleine de promesses d'expansion fonctionnelle et géographique. Mais la réalité s'est avérée moins ambitieuse. Certes, Treezor a continué à développer sa clientèle mais elle n'a pas pleinement profité, comme ont pu le faire d'autres acteurs (indépendants) sur le même domaine, de l'évolution radicale des opportunités de son marché.

Désormais distancée par la concurrence européenne, la jeune pousse va donc entrer maintenant dans le giron de Shares et compléter la plate-forme « digitale » de cette dernière, destinée aux institutions financières désireuses de moderniser leur socle technologique. Cette transition est aussi représentative de la mutation qu'a connue la FinTech depuis ses origines, d'une vision de distributeur de services disruptifs par rapport à l'industrie existante à celle de fournisseur de solutions informatiques.

Pour Société Générale, la séparation avec Treezor signale également l'abandon d'une ligne d'activité qui représente pourtant, à mon avis, une portion importante de l'avenir du secteur. Même si l'objectif de son intégration portait initialement sur une utilisation interne pour accélérer sa transformation, son approche d'exposition de capacités par API lui ouvrait une porte sur un modèle voué à une forte expansion. Je ne crois pas que la banque possède une expertise équivalente dans sa structure historique.

Comme je l'écrivais déjà lors de la précédente opération, Société Générale se recentre sur son cœur de métier au point de – si j'exclus ses aventures autour de la blockchain (qui me semblent relever de l'égarement) – revenir à ce qu'elle était avant 2010. D'une certaine manière, elle tire ainsi un trait sur une bonne décennie de tentatives d'innovation. Il n'est évidemment pas anormal de mettre un terme à des expériences non concluantes. Il est plus gênant de n'en retirer aucune valeur tangible après des années d'efforts et d'investissement (près de 8 dans le cas de Treezor, achetée en 2018).

Treezor

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  • Un conseil scientifique pour Société Générale
    Société Générale vient de dévoiler la liste des huit membres composant son conseil scientifique consultatif. La diversité des compétences rassemblées offre une perspective intéressante sur les thématiques prioritaires pour la banque… dans la mesure où le dispositif proposera de vraies orientations et n'aura pas uniquement un rôle représentatif.Je passerai sur les deux personnes aux profils d'économistes, avec une vision assez politique et internationale, résolument hors de mon champ d'expertise

Un conseil scientifique pour Société Générale

Par : Patrice
23 juin 2025 à 22:00
Société Générale
Société Générale vient de dévoiler la liste des huit membres composant son conseil scientifique consultatif. La diversité des compétences rassemblées offre une perspective intéressante sur les thématiques prioritaires pour la banque… dans la mesure où le dispositif proposera de vraies orientations et n'aura pas uniquement un rôle représentatif.

Je passerai sur les deux personnes aux profils d'économistes, avec une vision assez politique et internationale, résolument hors de mon champ d'expertise, ainsi que sur Subra Suresh, professeur au MIT, qui semble assumer essentiellement une mission de coordination. Il nous reste alors un spécialiste de l'économie urbaine, une professeure d'économie comportementale, un gourou de l'intelligence artificielle, une chercheuse focalisée sur le changement climatique et un défenseur des droits de l'homme.

Les deux derniers, et, dans une certaine mesure, le premier (à travers son approche sur les sols et sur les transports, notamment) font écho à des préoccupations de responsabilité sociale et environnementale. La prépondérance de celle-ci constitue une bonne nouvelle, d'autant qu'elle sera abordée là dans une perspective scientifique, imposant une nécessaire rationalité face à des tentations de communication dénuée de fond. Espérons que son poids se ressentira sur les plans d'action de Société Générale.

SG – Conseil Scientifique

A contrario, l'intégration de l'intelligence artificielle dans le périmètre n'est évidemment pas étonnante, l'inscription au tableau de chasse de Yann LeCun, entre autres directeur scientifique IA de Meta, l'étant un peu plus. Avec ses positions souvent plus prudentes et plus pragmatiques que celles qui sont fréquemment mises en avant, son approche en la matière pourrait s'avérer bénéfique en termes d'efficacité ou, tout simplement, de réalisme, particulièrement dans le contexte d'une institution financière.

Enfin, je suis surpris, agréablement, par l'introduction de l'économie comportementale dans la palette, avec, pour Christina Gravert, qui l'incarne, une prédilection, là encore, pour les sujets relatifs à l'environnement (que j'aurais donc pu inclure dans la première partie ci-dessus). J'ose croire qu'elle signale une prise de conscience des enjeux de la compréhension et de la prise en compte des mécanismes psychologiques qui régissent les moindres choix et gestes de nos congénères… lorsqu'ils gèrent leur argent ou celui de leur entreprise comme quand ils adoptent des habitudes durables et responsables.

Société Générale n'est pas la première banque à s'engager dans une démarche de ce genre (parmi les exemples relativement récents, je peux citer Santander en 2016 et UniCredit en 2019). Je ne sais pas si elles sont encore opérationnelles mais leur impact sur les stratégies paraît pour le moins discret. Pour renverser la tendance, il faudrait probablement commencer par assigner un mandat clair au comité, définir un niveau de contribution conséquent (une réunion trimestrielle ne produira jamais rien de très concret)… et éviter de le reléguer immédiatement à un mandat consultatif…

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  • BoursoBank automatise la renégociation de prêt
    Pionnière du crédit immobilier 100% en ligne (que le reste de l'industrie persiste en majorité à considérer comme un besoin inexistant parmi les français), BoursoBank renchérit aujourd'hui avec la faculté pour ses clients d'en renégocier le taux d'intérêt de manière presque automatique, dès que les conditions deviennent avantageuses.Le principe du dispositif est absolument inédit : les clients de l'établissement souscrivant un emprunt à partir du 15 mai 2025 seront spontanément alertés via leur

BoursoBank automatise la renégociation de prêt

Par : Patrice
18 mai 2025 à 21:30
BoursoBank
Pionnière du crédit immobilier 100% en ligne (que le reste de l'industrie persiste en majorité à considérer comme un besoin inexistant parmi les français), BoursoBank renchérit aujourd'hui avec la faculté pour ses clients d'en renégocier le taux d'intérêt de manière presque automatique, dès que les conditions deviennent avantageuses.

Le principe du dispositif est absolument inédit : les clients de l'établissement souscrivant un emprunt à partir du 15 mai 2025 seront spontanément alertés via leur application bancaire (web ou mobile) dès que l'opportunité de faire baisser leurs mensualités se présentera, accompagnée d'une description claire et transparente des nouvelles caractéristiques proposées. Ils pourront alors réaliser en quelques clics les formalités de conversion en totale autonomie, sans frais, pour une prise en compte instantanée.

Naturellement, la conjoncture actuelle n'est pas particulièrement propice à la mise en œuvre d'une telle option, les taux étant relativement bas. Cependant, outre la volatilité des marchés, le prêt immobilier étant une opération au très long cours (une vingtaine d'années en moyenne) dont la charge est, pour la plupart des ménages, un des premiers postes de leur budget, la promesse de pouvoir profiter d'une réduction dès que possible, sans complications administratives, se révèlera extrêmement alléchante.

BoursoBank – Renégociation de Prêt Immobilier

Le service est un vrai plus, pensé pour les clients et non pour l'entreprise, au point que cette dernière est prête à y laisser une partie de sa marge. Mais n'est-il pas finalement plus judicieux d'offrir directement les meilleures conditions aux emprunteurs que d'attendre qu'ils se rendent compte par eux-mêmes qu'une évolution des taux d'intérêt pourrait les concerner et que, dans un sentiment d'être exploités par leur banque, ils se laissent alors séduire par la concurrence (via une promotion, par exemple) ?

Voilà une magnifique démonstration de ce que peut être la finance « digitale », capitalisant sur les technologies – ici dans une capacité à exécuter un processus de renégociation de bout en bout – au bénéfice du client, qui figure toujours au centre des préoccupations, et via une expérience utilisateur optimale. Au-delà du différenciateur concurrentiel que constitue l'option sur un marché où tous les produits se ressemblent, elle fournit également un encouragement subtil à la souscription entièrement en ligne.

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  • BoursoFirst, la banque privée pour les experts
    Le vétéran hexagonal de la banque 100% « digitale » Boursorama dévoile pour la première fois une offre destinée à une clientèle de haut de gamme, avec laquelle il réussit simultanément à trahir un peu de son héritage culturel et à maintenir, envers et contre tout, hélas, son approche historiquement focalisée sur les produits financiers.L'idée de départ paraît judicieuse puisque, selon ses calculs, 400 000 clients parmi les 7 millions que compte aujourd'hui BoursoBank entrent dans la catégorie

BoursoFirst, la banque privée pour les experts

Par : Patrice
12 décembre 2024 à 21:30
Boursorama
Le vétéran hexagonal de la banque 100% « digitale » Boursorama dévoile pour la première fois une offre destinée à une clientèle de haut de gamme, avec laquelle il réussit simultanément à trahir un peu de son héritage culturel et à maintenir, envers et contre tout, hélas, son approche historiquement focalisée sur les produits financiers.

L'idée de départ paraît judicieuse puisque, selon ses calculs, 400 000 clients parmi les 7 millions que compte aujourd'hui BoursoBank entrent dans la catégorie des hauts patrimoines tels qu'ils sont définis par l'INSEE. Quand un segment aussi attractif – et aussi lucratif, potentiellement – prend une telle ampleur, il est évidemment temps de concocter une solution mieux adaptée à ses besoins. Et il est également envisageable de séduire les millions d'autres qui se sentent mal servis par leur banque actuelle.

Que contient donc BouroFirst afin de conquérir les ménages aisés ? Pour 29 euros par mois et via un espace dédié dans les applications habituelles de l'établissement, ses adeptes bénéficieront, en guise de friandise, de quelques privilèges sur les services classiques (tarification avantageuse des opérations de bourse, rémunération relevée sur le livret d'épargne, carte de paiement en métal avec, entre autres, programme de récompenses et accès aux salons d'aéroport, promotions exclusives à venir…).

Mais l'essentiel réside dans une gamme étendue de produits, hautement spécialisés, dont la souscription se fait bien entendu entièrement en ligne. Nous parlons ici de produits structurés sur mesure, de contrats d'assurance-vie luxembourgeois, de fonds de « private equity » (c'est-à-dire sur des entreprises non cotées), de crédit lombard, de comptes à terme… avec des conditions qui correspondent à la clientèle visée (par exemple un ticket minimum de 100 000 euros pour les supports d'investissement).

BoursoBank Lance BoursoFirst

Au premier abord, des outils aussi complexes (et, pour certains d'entre eux, extrêmement risqués entre les mains d'un néophyte) devraient être réservés à des experts aguerris de la finance… et on peut espérer qu'ils n'intéresseront guère les autres. Mais BoursoFirst a tout de même prévu un accompagnement personnalisé, assuré par… des conseillers humains (au téléphone), proposant information détaillée sur les instruments proposés, réalisation de bilans patrimoniaux, aide à la sélection des meilleures options en fonction des objectifs et des préférences de chacun.

Je suis curieux de découvrir combien de clients parmi ceux que BoursoBank range dans une classe aisée seront réellement sensibles aux charmes des produits structurés ou du « private equity ». Intuitivement, j'aurais tendance à penser que la majorité des individus concernés cherchent éventuellement à profiter de toutes les opportunités des marchés, à condition qu'ils n'aient pas à perdre du temps à comprendre les arcanes de dispositifs plus ou moins exotiques ni à suivre leur portefeuille au quotidien. En d'autres termes, la promesse fondamentale de la banque privée, que ne tient pas BoursoFirst.

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  • SG abandonne l'agrégation de comptes externes
    Dans un message à ses clients, Société Générale annonce une mise à jour majeure de ses outils de banque à distance pour cet automne. Outre l'arrivée imminente de Wero et l'introduction de nouveaux assistants intelligents, dont on surveillera la qualité, le changement le plus notable est le retrait de l'agrégation de comptes externes.Autrefois, avant que l'ouverture des données bancaires ne devienne une exigence réglementaire, rendant donc la tâche d'autant plus compliquée, offrir aux clients la

SG abandonne l'agrégation de comptes externes

Par : Patrice
11 juillet 2024 à 21:50
Société Générale
Dans un message à ses clients, Société Générale annonce une mise à jour majeure de ses outils de banque à distance pour cet automne. Outre l'arrivée imminente de Wero et l'introduction de nouveaux assistants intelligents, dont on surveillera la qualité, le changement le plus notable est le retrait de l'agrégation de comptes externes.

Autrefois, avant que l'ouverture des données bancaires ne devienne une exigence réglementaire, rendant donc la tâche d'autant plus compliquée, offrir aux clients la faculté d'assembler une vue à 360° de l'ensemble de leurs comptes, quel que soit l'établissement dans lequel ils sont détenus, représentait un passage obligé de la différentiation concurrentielle. Des efforts considérables étaient également déployés afin d'améliorer l'ergonomie de cette fonction, à travers, entre autres, l'adjonction de descriptifs intelligibles sur les transactions et leur catégorisation budgétaire.

La décision de Société Générale révèle la triste réalité derrière les ambitions – et les illusions – des débuts : les clients n'ont jamais véritablement adhéré à la proposition et diverses sources font ainsi état d'un taux d'adoption généralement compris entre 5 et 10%, pour un niveau de satisfaction médiocre, justifiant difficilement les coûts de fonctionnement et de maintenance associés. Les raisons de cette désaffection sont nombreuses et j'en ai régulièrement évoquées certaines dans ces colonnes.

Il est d'abord question de positionnement. Si les banques se sont lancées dans l'agrégation, c'est surtout dans une réaction défensive destinée à s'assurer de conserver et entretenir les interactions avec des utilisateurs tentés par le recours à d'autres intermédiaires. Malheureusement, cette approche à reculons n'a pas encouragé la création d'expériences utilisateur optimales, ni l'ajout de capacités complémentaires susceptibles de rivaliser avec les spécialistes pour lesquels l'enjeu est la survie.

D'autre part, et de manière plus cruciale, le principe même, tel qu'il a été et est encore décliné dans l'immense majorité des cas, ne répond à aucun besoin des populations visées. La seule possibilité de disposer d'un aperçu extensif de son argent et de l'historique des flux n'est guère utile à des personnes qui sont avant tout préoccupées par l'avenir, qu'il s'agisse d'un achat à réaliser dans la minute ou de leurs rêves lointains, et pour lesquelles l'obstacle est l'aptitude à la projection et l'anticipation.

C'est justement dans cette perspective que l'abandon programmé par Société Générale paraît extraordinairement inopportun. En effet, alors qu'elle nous promet un « accompagnement au quotidien fondé sur l'analyse des données bancaires de l'abonné » et un « compagnon placement » offrant des « conseils en adéquation avec sa situation patrimoniale et budgétaire », elle se défait de l'opportunité de réduire dans ces traitements l'angle mort des comptes externes, pourtant de plus en plus significatif.

L'enseigne rouge et noire semble de la sorte manquer une double occasion. D'une part, la mise en place d'un assistant personnalisé aurait pu fournir un prétexte idéal à l'utilisation du service d'agrégation et redonner à ce dernier un coup de pouce bienvenu. D'autre part, en l'absence de cette option, elle prend le risque que ses nouveaux modules de conseil, s'appuyant sur des données partielles, perdent en pertinence et, en conséquence, n'acquièrent pas la confiance dont ils ont grand besoin pour s'imposer.

SG 160 ans

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  • Bye bye Shine…
    La recherche d'un repreneur était engagée depuis quelque temps, l'annonce par Société Générale de la cession de Shine, la néo-banque à l'intention des freelances acquise en 2020, n'est donc pas une surprise. Elle confirme à la fois la difficulté de se réinventer pour un grand groupe et le virage stratégique de sa nouvelle direction.C'était il y a à peine plus de quatre ans, la jeune pousse alors à la recherche des moyens de se développer se laissait séduire par une promesse de soutien tout en c

Bye bye Shine…

Par : Patrice
19 juin 2024 à 21:30
Shine
La recherche d'un repreneur était engagée depuis quelque temps, l'annonce par Société Générale de la cession de Shine, la néo-banque à l'intention des freelances acquise en 2020, n'est donc pas une surprise. Elle confirme à la fois la difficulté de se réinventer pour un grand groupe et le virage stratégique de sa nouvelle direction.

C'était il y a à peine plus de quatre ans, la jeune pousse alors à la recherche des moyens de se développer se laissait séduire par une promesse de soutien tout en conservant son indépendance. À l'époque, je ne croyais pas à cette dernière et prédisait un mariage douloureux. Je me suis trompé : Shine est restée tellement autonome qu'elle n'a pas bénéficié des synergies espérées (seule une offre de crédit de Franfinance s'est concrétisée) et n'a donc guère progressé durant tout cet épisode.

Désormais, une fois réglées les nécessaires validations administratives (qui prendront plusieurs mois), le trublion rejoindra le giron d'Ageras, une entreprise d'origine danoise et de portée internationale spécialisée dans les services aux professionnels. Son intégration d'une offre bancaire paraît raisonnable… si ce n'est qu'elle fera double emploi au sein de son catalogue existant. Peut-être la technologie et l'expertise de Shine seront-elles reprises mais l'avenir de la marque elle-même semble compromis.

Du côté de Société Générale, la vente est présentée comme une opération de recentrage des activités. Ayant déjà abandonné, sur le même créneau, l'aventure Prismea du Crédit du Nord, l'établissement, qui n'évoque même pas le rôle potentiel de Boursorama, prétend répondre aux attentes de la cible des travailleurs indépendants grâce à son modèle de réseau historique. Voilà une triste démonstration de la profonde incompréhension de ce qui constitue la véritable valeur des startups spécialisées.

Bye bye Shine

L'enseigne au logo rouge et noir s'enfonce de la sorte un peu plus dans sa stratégie de rationalisation opérationnelle, censée redresser son attractivité auprès des investisseurs et sa capitalisation boursière. Hélas, la capitulation totale qui l'accompagne sur le front de l'innovation risque de – et devrait, si les « marchés » étaient cartésiens – produire un effet contraire. Et au passage, Shine, qui avait tout pour devenir une star de la FinTech française, aura fait les frais de ces péripéties qui ne la concernent en rien.

Je crois qu'il ne subsiste maintenant que Treezor dans le portefeuille de Société Générale pour porter le flambeau de la transformation. Les conditions étant plus ou moins identiques, en particulier du point de vue des synergies et de la valeur générée, il faut probablement s'attendre à un désengagement de plus. Enfin, quand le terrain sera dégagé, il restera à se rendre à l'évidence : le groupe sera revenu à son état de 2010, en plus précaire et sans perspective pour son avenir… en dehors d'un éventuel rebond orchestré via Boursorama – hypothèse qui s'éloigne – ou de son acquisition.

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  • Weather2C valide les sinistres climatiques
    L'attribution par Qorus d'un prix de l'innovation à son implémentation par Société Générale Assurances nous procure aujourd'hui une occasion de nous attarder sur la solution de Weather Claim Control, qui permet aux gestionnaires de vérifier quasi instantanément la légitimité des déclarations de sinistre sur événement climatique.Si le principe de l'assurance paramétrique a actuellement le vent en poupe, il n'est hélas pas applicable à toutes les polices. Ainsi, en dépit de son adéquation particu

Weather2C valide les sinistres climatiques

Par : Patrice
21 février 2024 à 21:36
Weather Claim Control
L'attribution par Qorus d'un prix de l'innovation à son implémentation par Société Générale Assurances nous procure aujourd'hui une occasion de nous attarder sur la solution de Weather Claim Control, qui permet aux gestionnaires de vérifier quasi instantanément la légitimité des déclarations de sinistre sur événement climatique.

Si le principe de l'assurance paramétrique a actuellement le vent en poupe, il n'est hélas pas applicable à toutes les polices. Ainsi, en dépit de son adéquation particulière aux risques météorologiques, il est plus difficile à mettre en œuvre quand les dommages résultant ne répondent pas à un barème fixe prédéterminé, par exemple sur les propriétés immobilières. Cette restriction n'empêche cependant pas d'exploiter des technologies similaires pour l'optimisation du traitement de ces cas complexes.

Telle est donc la stratégie de la jeune pousse (française, en dépit de son nom) Weather Claim Control. Elle propose aux assureurs d'intégrer dans leur processus de prise en charge – via un accès web indépendant ou, encore mieux, pour une meilleure expérience utilisateur, par l'intermédiaire d'une API – ses modèles d'analyse des phénomènes météorologiques, afin de qualifier en un tournemain (3 informations à saisir et un clic) les demandes reçues, sur la base de critères formels et objectifs.

Pour une précision maximale, indispensable pour éviter toute contestation, le moteur du système s'appuie sur des sources fiables multiples, qu'il complète par des algorithmes autorisant la détection d'événements hyper localisés, tels que les tornades ou les rafales de vent, susceptibles d'échapper aux réseaux de stations nationaux. Ajusté selon les conditions contractuelles de la compagnie qui l'adopte, il fournit soit une confirmation de l'éligibilité à une indemnisation, soit un certificat indépendant justifiant le refus.

La réactivité lors de la première étape de sa démarche, consistant à accepter (ou non) la requête, constitue évidemment le principal bénéfice pour l'assuré. Rêvons un peu, elle pourrait ensuite être complétée par une évaluation automatique des dégâts, via une solution d'imagerie, assortie d'une proposition immédiate de compensation et son versement. L'avantage de la rapidité est également sensible du côté de la compagnie, qui économise sur le temps de recherche (et ses éventuels aléas).

En revanche, quand la startup évoque le renforcement de la confiance grâce à la mise en avant d'une preuve irréfutable en cas de rejet, elle tend à tomber dans un optimisme probablement excessif. Un de ses arguments commerciaux reposant sur le constat d'une moyenne de près d'un tiers des déclarations sur les garanties « tempête » admises à tort, il existe un danger que les cibles de réduction de coûts prennent le dessus et engendrent une grogne des clients, nonobstant les justificatifs officiels. Il faudra user de toujours plus de diplomatie et de pédagogie afin de faire passer la pilule.

Naturellement, le positionnement de Weather Claim Control est bienvenu dans le contexte présent du dérèglement climatique et de ses impacts considérables sur les assurances. Tous les moyens d'accroître la fiabilité et l'automatisation des actes de gestion sont bons à prendre dans la perspective d'une explosion des risques, et celui-ci offre une excellente complémentarité aux approches paramétriques.

Ouragan

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  • 3 banques françaises mutualisent leurs GAB
    Dans le sillage d'une tendance qui se répand (lentement) en Europe, en réponse aux évolutions sociétales vis-à-vis des espèces… mais aussi des agences bancaires, trois grandes institutions de l'hexagone – BNP Paribas, le Crédit Mutuel et Société Générale – déploient [PDF] en ce début d'année leurs tout premiers automates mutualisés.Presque un an après l'annonce initiale de la constitution du consortium, la mise en œuvre préliminaire n'apportera guère d'avantages aux utilisateurs, puisque une pe

3 banques françaises mutualisent leurs GAB

Par : Patrice
15 janvier 2024 à 21:30
Cash Services
Dans le sillage d'une tendance qui se répand (lentement) en Europe, en réponse aux évolutions sociétales vis-à-vis des espèces… mais aussi des agences bancaires, trois grandes institutions de l'hexagone – BNP Paribas, le Crédit Mutuel et Société Générale – déploient [PDF] en ce début d'année leurs tout premiers automates mutualisés.

Presque un an après l'annonce initiale de la constitution du consortium, la mise en œuvre préliminaire n'apportera guère d'avantages aux utilisateurs, puisque une petite soixantaine d'appareils sont pour l'instant concernés, sur lesquels seul le retrait d'argent est opérationnel, exactement comme l'autorise actuellement l'ensemble du réseau national (quoique, il est vrai, moyennant une éventuelle facturation sur les opérations réalisées hors de l'établissement émetteur de la carte employée).

Il faudra attendre la fin de l'année pour accéder aux options avancées : dépôts de chèques et d'espèces, collecte de monnaie et le « libre-service bancaire », c'est-à-dire la possibilité de consulter le solde de son compte et les dernières transactions enregistrées, mais également d'exécuter des virements. En parallèle, les installations se poursuivront, avec l'objectif d'atteindre quelques 7 000 implantations en 2026, soit une multiplication par trois de la densité pour les clients des enseignes impliquées.

Cash Services

La mise en commun des GAB constitue un mouvement naturel dans un contexte de rationalisation rendu nécessaire à la fois par la baisse régulière de l'usage du liquide dans les échanges commerciaux et les coûts toujours plus élevés d'entretien et de gestion des équipements. Les velléités de différenciation concurrentielle grâce au maillage du territoire cèdent désormais le pas face aux exigences de rentabilité.

En filigrane, et les banques rassemblées dans l'initiative Cash Services se gardent soigneusement d'en parler, il est aussi question des agences. En effet, la multiplication de terminaux capables de prendre en charge des opérations basiques, fortement mise en avant, représentera une opportunité évidente de réduire leur nombre tout en donnant l'impression aux intéressés qu'ils conservent un accès de proximité à leur banque.

En ce sens, la promesse, à terme, d'une solution à l'intention des communes désireuses d'offrir un service minimum à leurs populations (qui rappelle celle que Brinks commercialise depuis plusieurs années) devient un moyen habile (?) de faire supporter aux usagers le prix d'une présence physique (bien que sans relation humaine). En dépit des dénégations récurrentes, le paysage de la banque « en dur » est clairement en pleine évolution et il ne faudra probablement plus attendre longtemps avant de voir arriver en France les stratégies d'optimisation qui ont déferlé sur le Royaume-Uni.

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