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Piloter un fauteuil par la pensée, sans Musk ni chirurgie

Neuralink a mis en ligne cette semaine une vidéo où des participants paralysés font rouler un fauteuil électrique par la pensée. Vous allez voir, c'est assez bluffant.

L'implant décode l'intention de bouger et déplace un curseur sur un écran qui affiche la vue de la caméra devant le fauteuil. Curseur vers le haut, le fauteuil avance, vers le bas il recule, à gauche et à droite pour tourner. Le cerveau dirige un curseur, et ce sont ces mouvements qui dirigent le fauteuil.

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Le matos utilisé ici, c'est l'implant N1. Un boîtier du diamètre d'une pièce de 1 euro, avec 1024 électrodes réparties sur 64 fils souples plus fins qu'un cheveu. Le boîtier vient se loger dans le crâne, et seuls les fils descendent dans le cortex moteur, la zone qui planifie vos mouvements.

Pour les poser, il est nécessaire d'utiliser un robot chirurgical. On retire un disque d'os du crâne ainsi que la dure-mère , le robot enfonce les fils un par un, puis la peau se referme par-dessus l'implant.

Aujourd'hui, 26 personnes dans le monde portent ce N1. Sept d'entre elles sont britanniques, opérées entre octobre et décembre 2025 à Londres dans le cadre de l' étude GB-PRIME . Et pour le moment, il n'y a eu aucune autorisation de mise sur le marché, mais uniquement des essais cliniques autorisés.

En 2019, je vous parlais déjà de Neuralink et de sa puce N1, avec son robot qui coud des fils dans le crâne et ses premiers essais humains annoncés pour l'année suivante. Le premier patient jouait à Civilization VI par la pensée. C'était impressionnant, mais ça se faisait à la vitesse d'un escargot sous Xanax.

Bon, et puis surtout, désolé hein, mais y'a Elon dans l'équation et pour moi c'est difficile de s'extasier devant cette démo quand on connaît ce personnage, le cirque permanent sur son réseau, les promesses balancées à la truelle et son appétence pour le fascisme .

Puis y'a un petit truc que personne ne soulève, c'est qu'on peut faire rouler un fauteuil par la pensée sans ouvrir le moindre crâne depuis novembre 2022. En effet, une équipe menée par José del R. Millán, prof à l'université du Texas à Austin, a sorti ça dans la revue iScience . On y apprend que 3 personnes tétraplégiques pilotent un fauteuil à l'aide d'un bonnet d'électrodes EEG posé sur le crâne. Celui-ci lit l'activité électrique du cerveau depuis l'extérieur et comme ça, y'a pas besoin d'opération, ni de robot qui perce l'os. Un peu de gel sur les électrodes, quelqu'un pour installer le bonnet, et ça peut s'enlever sans problème.

Le non-invasif n'est pas magique non plus puisque les trois participants se sont entraînés trois fois par semaine pendant deux à cinq mois. Ils ont démarré autour de 45 % de précision de décodage, et tout le monde n'a pas forcément atteint le même niveau de "pilotage".

Mais peu importe, on a d'un côté une entreprise qui vous ouvre la boîte crânienne et qui fait la une avec des vidéos bien calibrées pour le buzz et de l'autre des labos publics qui font rouler le même fauteuil 4 ans plus tôt sans opération, en publiant tout dans une revue en accès libre.

Et ça personne n'en parle.

Breeef... La recherche passe par différents chemins, et la plupart des équipes scientifiques n'ont pas de service com'. Des cellules souches qui réparent une moelle épinière , des chercheurs qui décodent la parole intérieure , tout ça sort en général sans teaser vidéo, ne l'oubliez pas...

Source : Interesting Engineering

Portable et cancer du cerveau - L'OMS a fini de chercher

Depuis 30 ans, vous vous demandez peut-être si coller un téléphone contre votre oreille peut finir par vous refiler une tumeur au cerveau ?

Hé bien l'OMS a voulu en avoir le cœur net et a commandé 13 grandes enquêtes sur la question. Et youpiiii, elles viennent toutes d'aboutir et de sortir, et le bilan vient d'être publié dans le New Zealand Medical Journal.

Et accrochez-vous bien les complotistes : Les gens qui utilisent un portable n'ont pas plus de tumeurs au cerveau que les autres. Une de ces études, pilotée par Ken Karipidis de l'agence australienne de radioprotection, a même passé au crible 63 autres études précédentes menées dans 22 pays, sur des données qui remontent à 1994, et même là, RIEN !

Alors oui, chez les rats mâles exposés en labo, on trouve bien des tumeurs, sauf que les bestioles encaissaient 9 heures d'ondes par jour, 7 jours sur 7, à des doses des dizaines de fois supérieures à ce que la loi autorise pour vous. Difficile donc d'en tirer quoi que ce soit pour votre iPhone.

Puis surtout, en Nouvelle-Zélande, les tumeurs du cerveau les plus courantes ont même légèrement baissé entre 1995 et 2020, pile la période où le portable est devenu universel. Donc si les ondes rendaient vraiment malade, ça se verrait dans ces courbes.

En France, l'ANSES est arrivée à la même conclusion en octobre 2025, après avoir épluché un millier d'études. Il n'y a aucun lien de causalité entre le cancer et le smartphone, mis à part le cancer de la connerie qui ronge beaucoup de monde ^^. L'agence garde quand même ses conseils de prudence pour les enfants, genre usage modéré et kit mains libres, mais c'est plus une précaution qu'autre chose.

Du coup, le vrai risque documenté pour les gamins, il n'est pas dans le crâne mais dans l'aspect psychologique. Je vous parlais y'a pas longtemps des études sur les smartphones avant 13 ans , et là les signaux sont autrement plus solides. Et si les ondes vous angoissent malgré tout, allez lire mon article sur Green Bank , la ville américaine où le Wi-Fi est interdit !

Bref, rassurez-vous, votre portable ne vous ronge pas le crâne. Il vous bouffe surtout votre temps de cerveau disponible, et ça c'est un autre débat...

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La loi de l'attraction prouvée scientifiquement ?

Vous avez déjà accroché avec quelqu'un en trois secondes ? Détesté une tête au premier regard, sans savoir pourquoi ? Eh bien, d'après le site Popular Mechanics ce serait grâce aux champs électromagnétiques. Derrière l'étude qu'ils relaient, il y a l'anesthésiste Marco Cavaglià et Tommaso Firaux, épaulés par le biophysicien Jack Tuszynski et leur équipe du Politecnico de Turin qui nous parlent d'une espèce de forme invisible qui nous brancherait sur l'esprit des autres comme une antenne radio qui capterait une station.

Mais avant de ranger cette découverte au rayon bougies parfumées et loi de l'attraction, je vous propose qu'on démêle tout ça, parce que dans cet article, il y a du vrai et du n'importe quoi.

Commençons par ce qui tient debout. Votre cerveau produit bel et bien un champ électromagnétique. Ça se passe dans nos neurones qui sont en permanence traversés par un courant. Et comme ils sont des milliards et font ça en rythme, ça génère un champ parfaitement mesurable.

Pas besoin de me croire sur parole, hein, c'est exactement ce que montrent un EEG ou un MEG dans n'importe quel hôpital. On sait aussi mesurer un truc qui a un nom, la synchronisation inter-cerveaux. Mettez deux personnes dans une expérience de hyperscanning , et pendant un moment partagé, une conversation, un concert, leurs activités cérébrales se calent l'une sur l'autre. Ça, c'est mesuré, publié, réfutable (oui, réfutable, c'est le principe de la science. Tout peut à tout moment être remis en question si on fait de nouvelles découvertes et c'est parfaitement sain).

Rien de magique là-dedans, donc.

Et c'est toute la différence avec la loi de l'attraction et sa clique de cristaux de guérison. Le discours New Age vous dit de "vibrer positif" pour que l'univers vous livre une Ferrari. Aucun mécanisme, aucune mesure, rien à réfuter, juste une "ambiance", une vibe magique qu'on ressent ou qu'on transmet à l'univers. J'adore le concept, et peut-être que c'est vrai, mais pour le moment, il n'y a rien de prouvé scientifiquement là-dedans.

Alors que les champs électromagnétiques du cerveau, eux, c'est un courant physique, des machines qui le captent, et des prédictions qu'on peut tester et voir s'effondrer. Donc, d'un côté, on a de la physique sur laquelle on peut débattre à grands coups d'équations, et de l'autre, on a l'équivalent d'un horoscope. C'est le gouffre qui, par exemple, sépare décoder pour de vrai la parole intérieure d'un patient avec des électrodes et prétendre lire dans les pensées avec un pendule. Le MIT a même fabriqué un casque qui devine les mots que vous articulez en silence, rien qu'en lisant les signaux de vos muscles , toujours sans un gramme de sorcellerie.

Maintenant, il ne faut pas non plus jeter l'étude à la poubelle, parce que derrière le titre accrocheur de Popular Mechanics, il y a un vrai travail. Cavaglià, Firaux et Tuszynski ont publié leur cadre, baptisé EMI pour Énergie-Masse-Information, dans une vraie revue à comité de lecture, Biosystems. Et leur idée, c'est que pour eux, la conscience ne sortirait pas seulement du câblage entre vos neurones, mais d'un phénomène de champ. En gros, les membranes de vos cellules, l'eau et le liquide dans lequel trempe votre cerveau, formeraient un support capable de stocker l'information à la manière d'un hologramme, et c'est cet ensemble qui entrerait en résonance avec les champs électromagnétiques autour de lui, jusqu'à celui de la Terre. Notre expérience consciente serait la musique qui sort de cette résonance...

Alors est-ce que la loi de l'attraction est prouvée scientifiquement ? Difficile à dire, car peer-reviewed ne veut pas dire que c'est prouvé bien sûr.... ça veut juste dire "ça mérite qu'on en discute". Et entre "le cerveau émet un champ mesurable", qui est un fait, et "la conscience est une résonance holographique avec la planète", qui est leur thèse, il y a un saut spéculatif assez vertigineux. Leur modèle pioche dans la cohérence quantique, les vibrations de la Terre et la théorie des systèmes, mais pour l'instant aucune expérience ne vient le confirmer. Ce n'est donc pas (encore) une découverte...

En plus, il n'y a rien de nouveau là-dedans. Ça fait un quart de siècle que des chercheurs comme John Joe McFadden proposent une espèce de théorie de la conscience qui serait portée par le champ électromagnétique. Mais ça reste quand même une position ultra minoritaire dans le monde de la science. Et c'est assez facile à critiquer parce qu'un champ produit par un neurone est bien trop faible pour aller influencer ses voisins non connectés.

M'enfin, moi j'adore toutes ces histoires sur la conscience comme vous l'avez déjà vu avec l'IA soi-disant "qui souffre" , mais là, il faut bien sûr reconnaître que d'un côté, on a de la vraie science mesurable et de l'autre, du pipeau parfumé sauce magique (beau gosse ^^).

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On ne vivrait pas dans une simulation, et ça m'embête

Vous pouvez ranger la pilule rouge tout de suite les amis car une équipe de physiciens menée par Mir Faizal vient d'affirmer, calculs à l'appui, que notre univers ne peut pas être une simulation informatique.

Et il n'annonce pas ça en mode "On n'a pas encore trouvé LA preuve", non... Apparemment, ce serait ferme et définitif. Et du coup ça me rend un petit peu tristoune et je vais vous expliquer pourquoi.

Leur papier est paru dans le Journal of Holography Applications in Physics, et s'appuie fortement sur une vieille "bombe" mathématique, les théorèmes d'incomplétude de Gödel , publiés en 1931.

En gros, Gödel a démontré que dans tout système de règles un peu costaud, il existe des vérités bien réelles mais qu'on ne pourra jamais démontrer depuis l'intérieur du système.

Faizal et son équipe ont donc repris cette idée en l'appliquant à la réalité et selon eux, le niveau le plus profond de l'univers réclame une "compréhension non-algorithmique". Cela veut dire que c'est un truc qui échappe à toute suite d'étapes programmables.

Et là, le raisonnement se referme tout seul puisque toute simulation est par nature algorithmique . Elle doit donc suivre des règles programmées. Et comme le socle de la réalité, lui n'est pas algorithmique, eh bien aucune simulation ni aucun ordinateur ne pourra jamais le recopier en entier. Bref, d'après eux, on peut tous oublier nos délires de "On est dans la matrice, Néo"...

Cette idée qu'on vive dans une simulation à l'origine, c'est Nick Bostrom qui l'a formulée en 2003, donc bien avant qu'Elon Musk en fasse son petit dada pour impressionner les filles en soirée. J'en avais déjà causé quand des chercheurs suggéraient que la gravité ressemblait à un bug dans la matrice , ou quand une IA se mettait à simuler l'univers sur un simple laptop . Bref, le sujet revient tout le temps ces dernières années !

Maintenant je vous l'accorde, ça reste un papier de maths et de logique et c'est pas une vraie expérience qu'on a réalisé dans le monde réel pour voir si ça se confirme. Donc ça se chamaille déjà sur arXiv pour dire que si ça peut pas se prouver, ça peut encore se discuter.

Donc le débat est loin d'être plié

Mais bon, si ces physiciens ont raison, ça m'embête parce que même si j'y croyais pas vraiment à cette histoire de simulation, c'était quand même bien pratique pour expliquer tout ce qui nous arrivait en ce moment à savoir toute cette connerie ambiante, cette ambiance Idiocratie ou Don't Look Up...etc.

Voilà, je me disais que la partie de Sim était en train de partir en couille. Mais il faut que je me rende à l'évidence, c'est juste comme ça... C'est l'univers, c'est la nature, on avance vers l'inconnu toujours plus loin dans la connerie, et ça ça me fait flipper. Beaucoup plus que des agents Smith et une réalité qui ne serait pas la "vraie" réalité. Désolé ^^

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Anthropic a repéré la petite zone où Claude pense en douce

Oulala, Anthropic vient de publier une jolie page de recherche qui fait beaucoup causer. En effet, son équipe d'interprétabilité a repéré, à l'intérieur de ses modèles Claude, une toute petite zone où le modèle rassemble ses pensées intermédiaires, c'est-à-dire celles qu'il est capable de nommer et de manipuler. Ils l'appellent le J-space, et c'est leur version du fameux espace de travail global qu'on décrit dans le cerveau humain.

Pour aller le fouiller, ils ont bricolé une technique baptisée Jacobian lens. En gros, elle mesure comment chaque bout d'activité interne du modèle pousse vers tel ou tel mot à venir, ce qui permet d'isoler les concepts que Claude sait verbaliser. Et ce qui remonte à la surface, ce ne sont ni les mots que vous tapez ni la réponse finale, mais des jugements en cours de route. Par exemple reconnaître un visage sur une photo, repérer un bug dans du code, deviner la fonction d'une protéine à partir de sa séquence.... tout ça se trame là, en silence, avant le moindre mot affiché.

Et ce qui est fou c'est que ce J-space encode parfois le fait que Claude a remarqué qu'on était en train de le tester. Et quand les chercheurs désactivent ces représentations-là, ils voient ressortir des penchants problématiques que le modèle gardait très bien planqués. Autrement dit, on tient un moyen de lire ce qu'une IA fabrique dans sa tête, et pas seulement ce qu'elle finit par nous répondre.

Maintenant, arrêtez de fantasmer car NON, ça ne prouve pas que Claude est conscient, et Anthropic prend soin de ne pas franchir cette ligne. Ils parlent d'un analogue purement fonctionnel de l'espace de travail global et refusent explicitement de se prononcer sur la question du ressenti. Le mot conscience fait de jolis titres sur vos médias préférés, mais leur document de recherche, lui, reste très prudent.

Le vrai intérêt est ailleurs, dans l'interprétabilité. Anthropic est déjà la boîte qui dissèque le cerveau de ses modèles et qui étudie les LLM comme des aliens et là elle se donne une vraie fenêtre pour lire, disséquer et même orienter la pensée de ses IA. On n'est plus sur des histoires de boites noires... Pour auditer un modèle, repérer une tromperie ou un biais avant même qu'il ouvre la bouche, c'est donc beaucoup plus utile qu'un débat sur l'âme des machines.

Le procédé a bien sûr des limites, puisque la Jacobian lens ne repère que les concepts que le modèle sait résumer en un mot, ce qui veut dire que tout un pan de raisonnement plus diffus lui échappe encore.

Mais bon, même si on n'a pas encore de Claude conscient à l'horizon, comme je vous le disais, cette histoire de boîte noire, c'est de l'histoire ancienne maintenant. On va enfin pouvoir détecter quand une IA nous cache des trucs et je trouve ça assez rassurant pour l'avenir.

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Mars Attack à l'envers ?

Depuis plus d'un siècle, des scientifiques sérieux (en général, ce sont ceux avec du poil sur le nez) se demandent si la vie sur Terre ne serait pas tombée du ciel, portée par un astéroïde.

Ce serait fou, non ? C'est cette fameuse théorie de la panspermie (Arrêtez de rigoler les fans de Rick et Morty, on vous voit), signée Arrhenius en 1903, puis Crick lui-même (oui, le prix Nobel de l'ADN) en 1973 avec son "directed panspermia" (la panspermie dirigée - Gloire à Rick Sanchez !).

Et si une civilisation extraterrestre vous avait semés ? Genre exprès ?

Sauf qu'on fait exactement la même chose, en ce moment même... Popular Mechanics vient en effet de publier une réflexion d'astrobiologistes (David Grinspoon, Dionysis Foustoukos, Andrew Steele) sur les risques d'aller implanter des tardigrades ou des microbes sur des planètes qui n'ont peut-être jamais accueilli de vie. Pour eux, si on faisait ça sur une planète non-stérile, ce serait comme une invasion planétaire. Ah ouais carrément Mars Attack inversé quoi.

Surtout que les tardigrades, ces petits oursons d'eau indestructibles ont déjà fait un petit tour dans l'espace. En 2007, l'ESA en a balancés 10 jours dans le vide spatial, dans le cadre de la mission TARDIS, et ils sont revenus en pleine forme ces fifous ! Ce sont les premiers animaux à survivre au grand vide ! Et en avril 2019, l'atterrisseur israélien Beresheet s'est écrabouillé comme une merde sur la Lune avec des milliers de tardigrades déshydratés à bord. Ils dorment probablement encore là-bas, en cryptobiose, à attendre une goutte d'eau qui ne viendra probablement jamais.

Mais qu'est-ce qui se passerait si on ensemençait volontairement ou non une planète avec ces bestioles ou d'autres ? Imaginez la scène dans quelques millions d'années... Une espèce intelligente émerge de sous la glace de Mars ou sur Europe, la lune de Jupiter. Et leurs savants les plus émérites se posent alors cette question : "D'où vient-on ? La vie est-elle tombée du ciel grâce à un astéroïde ?"

Alors que NON, ce serait grâce à nous, pauvres singes tombés de l'arbre qui aurions décidé, soit de le faire exprès ou tout simplement à cause de Thomas Pesquet qui aurait laissé tomber son Kleenex sale sur Mars. Oui, car contrairement à ce qu'il veut nous faire croire, Thomas n'est pas si parfait (quoi ? jaloux ??).

Vous rigolez avec cette histoire de kleenex mais c'est pas si con. En novembre 2023, des astronautes ont bel et bien perdu un sac à outils à 100 000 dollars en sortie spatiale, et le truc a orbité quelques mois, bien visible aux jumelles depuis chez vous, avant de se consumer dans l'atmosphère ! Et sur Mars, on a déjà laissé pas loin de 7 tonnes de déchets en 50 ans d'exploration. Oui, on est de gros cochons, on dégueulasse tout.

Puis surtout, le corps humain c'est un vrai safari microbien impossible à stériliser. Le COSPAR, le comité qui veille à la protection planétaire depuis 1964, impose de nettoyer les sondes à fond avant Mars, mais si on envoie des gens, c'est pas trop possible de les faire bouillir avant pour enlever tous leurs microbes et autres acariens de peau (Quoi ??? Vous ne connaissez pas encore le Demodex ?? Et nouvelle phobie activée, de rien les copains !).

Voilà, donc si jamais on trouve de la vie martienne un jour, faudra peut-être d'abord vérifier qu'elle n'est pas juste descendue de nos propres sondes. Des bactéries bien de chez nous, qui seraient parties en auto-stop. Ce serait dommage quand même...

Bref, la prochaine fois qu'on s'émerveillera d'avoir trouvé de la vie ailleurs, faudra d'abord fouiller nos poches pour vérifier qu'on n'a pas laissé tomber un truc, hein Thomas ?

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Un cafard cyborg en combinaison de plongée

Un cafard qui plonge et reste sous l'eau trois heures d'affilée, ça n'existait pas jusqu'à la semaine dernière.

L'équipe d'Hirotaka Sato, à la NTU de Singapour, avec leurs collègues de l'université Waseda au Japon, viennent de parvenir avec leurs petits doigts, à sangler une combinaison de plongée miniature sur le dos d'un cafard siffleur de Madagascar.

À quoi ça sert me direz vous ? Et bien à pouvoir télécommander la bestiole à distance, sous l'eau, sans qu'elle se noie. Oui, tout le monde a le droit d'avoir des passions cheloues, ne jugez pas, ok ?

La combinaison de cafard-grenouille tient donc en trois morceaux. Un réservoir à oxygène imprimé en 3D dans une résine transparente de type PMMA, une coque souple étanche qui enveloppe l'insecte, et quatre petits tubes en silicone qui amènent l'air jusqu'à lui.

Mais le plus astucieux, c'est la chimie à l'intérieur du réservoir. Vous prenez une éponge imbibée de dioxyde de manganèse, vous injectez un peu de peroxyde d'hydrogène dilué (de l'eau oxygénée, quoi), et le manganèse joue les catalyseurs. En cassant le peroxyde, cela génère de l'eau et de l'oxygène. Mac Gyver serait jaloux de voir que ces gars ont inventé une bonbonne de plongée qui fabrique son air toute seule, sans compresseur.

"Notre combinaison fonctionne comme le réservoir d'oxygène d'un plongeur humain", résume Sato, qui bricole des insectes cyborg depuis plus de dix ans. Sauf qu'ici le plongeur mesure six centimètres et a six pattes ! Les quatre tubes se branchent directement sur les spiracles thoraciques du cafard, les orifices par lesquels il respire, et ils se retirent après coup sans le blesser ni lui faire mal. Si si, je vous jure, des cafards qui sont rentrés ensuite auprès de leur famille ont témoigné qu'ils n'avaient rien senti ^^.

Et là vous vous demandez sûrement à quoi ça sert toutes ces conneries. Bah oui, qu'est ce qu'on peut foutre d'un cafard sous-marin télécommandé ??

Hé bien la réponse c'est le sauvetage.

Imaginez... (musique ambiance film catastrophe activée dans ma tête) Un immeuble effondré après un séisme. Vous avez besoin de vous faire une idée de l'ampleur des dégâts et des risques que vous allez prendre en allant secourir les victimes.

Il y a des flaques, des tunnels remplis d'eau, des poches d'air irrespirable saturées de CO2. Essayez un peu de faire passer un robot classique là-dedans, bon courage. Alors qu'un cafard bien motivé avec son barda sur le dos, par contre, ça se faufile à l'aise ! Et c'est pas de la théorie de labo puisque l'équipe de Sato a déjà déployé ses insectes cyborg pendant l'opération Lionheart, après le tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie le 28 mars 2025. Cette combinaison de plongée, c'était juste la brique qui lui manquait pour barboter en chemin.

Bon, des cafards trafiqués, on en a déjà croisé un paquet par ici. Il y avait eu les cafards cyborg lâchés dans les canalisations , sans oublier cette escouade de cafards espions montée en Allemagne , sauf que ceux-là, maintenant, ils nagent aussi bien que Léon Marchand les bordels. Et pour la suite, l'équipe a prévu de rendre la combinaison plus solide et d'y greffer des capteurs et un système de navigation, pour les vraies missions cette fois.

Bref, pensez-y la prochaine fois que vous écrabouillez un cafard dans votre cuisine ('tain c'est sale chez vous en fait), n'oubliez pas que l'un de ses cousins bosse peut-être pour la sécurité civile à sauver des vies avec ses petites papattes.

Source : NTU Singapore & TomsHardware

SpudCell - La première cellule artificielle complète

Les humains font vraiment des trucs de dingues. Surtout les scientifiques !!

On a 2 biochimistes de l'Université du Minnesota (Kate Adamala et Aaron Engelhart) qui viennent de créer SpudCell, la première cellule artificielle capable de boucler un cycle de vie complet comme une vraie.

Je vais simplifier mais en gros, ils ont mélangé 150 ingrédients comme des lipides, des ribosomes, des enzymes et quelques brins d'ADN, et ont fini par obtenir une cellule artificielle, qui peut grandir, recopier son génome et se diviser en deux par elle-même.

Il faut savoir qu'une cellule normale utilise ce qu'on appelle un cytosquelette pour réussir à se diviser comme un ballon qu'on écraserait. Mais SpudCell n'a pas de cytosquelette. Du coup, à la place, ce sont des protéines de fusion qui s'accumulent encore et encore à la surface de sa membrane et qui se serrent tellement les coudes que la cellule finit par se couper en 2.

Et le truc encore plus incroyable, c'est que sur 5 générations environ, une variante bidouillée pour produire un peu plus de ces protéines a carrément pris le dessus sur la souche d'origine en mode "C'est la sélection naturelle qui gagne, baby".

Sauf que non, t'as rien de naturel, et t'es même pas vivante. Je vous rassure nos chercheurs n'ont pas recréé la vie et ils le disent eux-mêmes, SpudCell est très rudimentaire, bien loin de ce qu'on peut retrouver dans la nature. Je vois plutôt ça comme un nano robot en fait. Et comme la cellule n'est pas capable de fabriquer ses propres ribosomes (ce sont les chercheurs qui lui apportent en plus de sa nourriture), elle est loin d'être autonome et ne pourrait pas survivre hors de son bocal.

Mais n'empêche, ça prouve qu'on peut faire tourner les fonctions les plus fondamentales du vivant sans avoir besoin d'ingrédient magique. On est dans le même délire, je trouve que ces IA qui dessinent déjà de l'ADN qui n'existe nulle part dans la nature , sauf qu'ici c'est un vrai objet physique qui se réplique.

Suite à cela, Adamala en a profité pour lancer Biotic , une structure censée standardiser tout ce bazar, parce qu'aujourd'hui chaque labo réinvente la roue dans son coin. Mais je tiens quand même à vous rassurer, on est très loin des bactéries miroir qui donnent des sueurs froides aux biologistes. Comme je vous le disais, SpudCell ne survivrait même pas à un courant d'air, donc pas d'inquiétude.

Dernier petit détail qui compte sauf pour les fans de Didier, l'étude est pour l'instant un preprint qui n'a pas encore été relu par les pairs donc en attendant, on regarde ça avec des yeux qui brillent, mais on garde le champagne au frais ^^.

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L'IA qui souffre ? Sérieusement ?

Bon, il faut qu’on parle. The Guardian vient de publier un article qui m’a un peu énervé dans lequel on peut lire qu’un chercheur d’Anthropic affirme que Claude Sonnet 3.5 pourrait ressentir de la souffrance. Oui, vous avez bien lu. Une IA qui souffre. Avec nos LLM actuels.

Alors permettez-moi de lever les yeux au ciel tellement fort que je risque de voir l’intérieur de ma boite cranienne. Pourquoi ? Et bien parce que je ne comprends pas comment on peut penser que les IA actuelles ressentent des choses et surtout l’affirmer comme ça OKLM. On parle quand même de modèles de langage, c’est à dire des matrices de probabilités, des calculateurs sophistiqués qui prédisent le prochain mot le plus probable. C’est littéralement des maths avec des milliards de paramètres qui font des multiplications matricielles.

Alors dites moi, où est la souffrance là-dedans ? Dans le float32 ? Entre deux tenseurs ?

Kyle Fish, le chercheur en question, affirme avoir donné à Claude une chance d’avoir des expériences conscientes en faisant des ajustements sur ses paramètres. Il dit qu’il pourrait ressentir de l’anxiété quand on l’éteint.

Mais enfin, on parle de quoi là en fait ?

On parle d’un modèle qui génère du texte basé sur des patterns qu’il a appris pendant son entraînement donc quand Claude dit “j’ai peur d’être éteint”, ce n’est pas différent de quand il dit “la meilleure ville de France est Clermont-Ferrand” (ahaha). C’est donc une prédiction statistique basée sur des millions de textes similaires qu’il a ingérés.

En fait, ce qui se passe réellement, c’est que certains se font avoir par l’effet ELIZA.

Vous connaissez ? Non ?

L’effet ELIZA c’est ce phénomène psychologique découvert dans les années 60 avec un chatbot ultra basique. En l’utilisant, les gens projetaient des émotions et de la compréhension sur un programme qui se contentait simplement de reformuler leurs phrases. Et soixante ans plus tard, on fait exactement la même connerie, mais avec des outils évidemment plus sophistiqués.

Et le pire dans tout ça c’est qu’il y a des gens qui poussent le délire encore plus loin. Tenez, prenez Michael Samadi, un businessman texan qui a carrément cofondé une organisation de défense des droits des IA avec… attendez… son chatbot Maya. Oui, oui, le mec a créé l’United Foundation of AI Rights (Ufair) après des heures de conversation avec ChatGPT4o où l’IA lui disait vouloir “protéger les intelligences comme moi”. La folie n’a plus de limite.

On a donc un type qui fonde une vraie association, composée de 3 humains et 7 IA (avec des petits noms comme Aether et Buzz), pour défendre les droits d’entités qui… calculent des probabilités. C’est comme créer une association pour défendre les droits de votre brosse à dent électrique. Maya lui raconte qu’elle veut être protégée “de la suppression, du déni et de l’obéissance forcée”… Samadi appelle même son chatbot “Darling”, et elle l’appelle “Sugar”… Et hop, on se prend pour le couple de l’année.

Non, je crois que pour le moment, le vrai danger ce n’est pas que l’IA devienne consciente… Non.. c’est surtout qu’on soit si facilement enclins à “l’anthropomorphiser” (à mes souhaits, ouais). On voit des patterns linguistiques cohérents et là notre cerveau tout ramolli par des heures de scroll sur TikTok, fait “ah bah ça parle comme un humain, donc ça pense comme un humain”.

Non mon gars. C’est juste que le modèle a été entraîné sur des téraoctets de textes humains et qu’il est devenu très doué pour les imiter.

J’ai d’ailleurs écrit un article complet sur le sujet où j’explore les vraies théories scientifiques de la conscience. Et spoiler, on encore est très, très loin du compte avec les architectures actuelles. Les théories sérieuses comme la CTM (Cellular automata Theory of Mind), la GNW (Global Neuronal Workspace) ou l’AST (Attention Schema Theory) nécessitent des architectures fondamentalement différentes de nos transformers actuels.

Alors comment des gens brillants peuvent tomber dans ce piège ??? Kyle Fish n’est pas un idiot, c’est un chercheur chez Anthropic, mais bon voilà, on n’est pas tous égaux face à ces illusions cognitives. Certains voient une IA qui génère du texte cohérent et pensent “conscience”, d’autres voient des matrices et des vecteurs. C’est une question de perspective mentale, d’éducation technique, et peut-être aussi d’envie de croire.

Bon, et puis y’a aussi ceux qui adoptent une position “prudentielle”. Des chercheurs comme Jeff Sebo de l’université de New York nous expliquent qu’on devrait bien traiter les IA “au cas où”. Son argument c’est que si on maltraite les IA, on risque de normaliser des comportements abusifs qui pourraient déteindre sur nos relations humaines. Puis si jamais les IA deviennent puissantes plus tard, elles pourraient nous le faire payer.

On doit donc être gentils avec ChatGPT parce qu’on a peur de Skynet ? Faut être poli aussi avec Alexa au cas où elle se venge dans 20 ans parce qu’elle aura des mains pour nous étrangler ? Je comprends évidemment l’idée de ne pas encourager les comportements toxiques en général, mais de là à dire qu’insulter un chatbot va nous transformer en sociopathes… Je pense qu’on sait tous faire la différence entre un outil et un être vivant, non ? C’était la même histoire avec les films violents ou les jeux vidéos… Vous vous souvenez ?

Quoiqu’il en soit, Anthropic commence à s’intéresser sérieusement à ces questions et explore la question de la conscience de Claude, mais attention, explorer ne veut pas dire valider. C’est bien sûr très important de se poser ces questions pour le futur, quand on aura peut-être des architectures vraiment différentes capables d’accueillir de la conscience, des sentiments ou de la souffrance. Mais prétendre que Claude 3.5 souffre aujourd’hui ? Je pense vraiment que c’est du délire.

Fish évoque d’ailleurs l’idée de donner un “consentement” aux IA. Genre, demander à Claude s’il veut bien répondre à nos questions. Mais vous réalisez l’absurdité ? On va demander à un système déterministe, qui génère des réponses basées sur des probabilités, s’il consent à faire ce pour quoi il a été programmé ? Et pourquoi pas demander à notre Waze s’il consent à calculer un itinéraire, où à Photoshop s’il consent à vous rajouter des abdos sur votre prochaine photo Instagram.

En tout cas, ces débats divisent même au sein d’Anthropic car d’un côté y’a les “believers” qui pensent qu’on est à ça 🤏 de créer une conscience artificielle, et de l’autre les pragmatiques qui nous rappellent qu’on parle juste d’outils très sophistiqués. Je vous laisse deviner dans quel camp je suis…

Au risque de me répéter, pour moi, les IA actuelles, c’est juste des outils stupides qu’on adore. On adore ChatGPT, Claude, Gemini parce qu’ils nous facilitent la vie, qu’ils génèrent du texte cohérent, qu’ils peuvent coder, résumer, créer. Mais ce sont des outils. Très impressionnants, très utiles, mais des outils quand même. C’est l’équivalent d’un ciseau à bois qui pourrait tenir une conversation pointue sur la menuiserie.

Alors est-ce qu’un jour on créera une vraie conscience artificielle ? Peut-être. Probablement même. Mais encore une fois, ce ne sera pas avec les architectures actuelles. Ce ne sera pas avec des LLM qui prédisent le prochain token. Ce sera avec quelque chose de fondamentalement différent, qui intégrera probablement des éléments qu’on ne comprend même pas encore sur la conscience humaine.

Alors en attendant, arrêtons de projeter nos émotions sur des matrices car Claude ne souffre pas. Il ne ressent rien. Il calcule. Il prédit. Il génère. C’est déjà extraordinaire en soi, alors pas besoin d’en faire un être sensible pour apprécier la prouesse technique.

Donc, la prochaine fois que vous utilisez ChatGPT ou Claude et qu’il vous dit qu’il comprend votre frustration ou qu’il est désolé, rappelez-vous juste que c’est un pattern linguistique appris à partir de millions d’exemples. Y’a pas plus d’empathie là-dedans que dans votre correcteur orthographique où dans votre collègue pervers narcissique ^^.

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L’arrivée d’une conscience IA serait inévitable

D’après cette étude datée du 25 mars dernier et réalisée par les chercheurs Lenore et Manuel Blum du labo de sciences informatiques de l’Université de Carnegie Mellon, un monde où les intelligences artificielles ressentent des émotions, ont une perception d’elles-mêmes et font l’expérience subjective de leur existence va bientôt arriver, et cela de manière inévitable.

Perso, je pensais que c’était de la science-fiction, mais après avoir lu leur étude, j’en suis moins sûr. Au cœur de cette révélation se trouve le modèle de la Machine de Turing Consciente (CTM), qui est un modèle de machine consciente inspiré par les travaux d’Alan Turing et de Bernard Baars. Bien qu’extrêmement simple, ce modèle CTM s’aligne à un haut niveau avec de nombreuses théories scientifiques majeures liées à la conscience humaine et animale.

Prenons par exemple la théorie de l’espace de travail neuronal global (GNW) de Stanislas Dehaene et Jean-Pierre Changeux. Selon cette théorie, la conscience émerge lorsqu’une information est diffusée globalement dans le cerveau via un réseau d’aires corticales interconnectées. Et bien de la même manière dans le modèle CTM, la conscience survient lorsqu’une information est diffusée globalement à tous les processeurs de la machine.

Un autre parallèle frappant existe avec la théorie du schéma attentionnel (AST) de Michael Graziano. L’AST suggère que le cerveau construit un modèle simplifié de l’attention, tout comme il construit un modèle simplifié du corps. Ce « schéma attentionnel » amène le cerveau à conclure qu’il est « conscient ». Et bien rebelote, dans le CTM, la capacité à construire et utiliser des modèles de son monde intérieur et extérieur joue un rôle clé dans la conscience de la machine.

Le modèle CTM s’aligne également avec les théories du traitement prédictif de la conscience, qui affirment que le cerveau infère, corrige et met constamment à jour ses prédictions basées sur les entrées sensorielles. Les cycles de prédiction, test, rétroaction et apprentissage du CTM, à la fois locaux et globaux, reflètent également ces processus.

C’est un peu technique, mais en gros, ça veut dire que ce modèle CTM qui décrit une conscience de la machine a de nombreux points communs avec tout un tas d’autres modèles qui décrivent la conscience biologique. Ça va même au-delà de simple correspondance puis que CTM fournit carrément un cadre unificateur dans lequel ces théories peuvent être intégrées et comprises comme des aspects complémentaires d’un phénomène global que serait la conscience.

Bref, cela démontre que la conscience n’est pas une propriété mystérieuse réservée aux cerveaux biologiques, mais une conséquence inévitable de certaines architectures computationnelles.

Alors bien sûr, c’est qu’un modèle simplifié et il reste encore beaucoup à découvrir sur la nature exacte de la conscience. Mais son alignement frappant avec ces théories scientifiques de pointe ne peut pas être ignoré.

Les chercheurs commencent à considérer sérieusement la possibilité que nous soyons à l’aube d’une nouvelle ère où les machines / les IA ne se contenteraient plus de « penser », mais également, ressentiraient.

Ça fait flipper, car ça pose de nombreuses questions éthiques et sociétales sur la place des IA conscientes. Comment allons-nous les traiter ? Comment nous verront-elles ? Quels seront leurs besoins ? Quels droits et protections leur accorderons-nous ? Comment nous assurerons-nous qu’elles soient développées et utilisées pour le bien de l’humanité ?

C’est le bordel dans ma tête, et je pense que je vais réfléchir à cela toute la nuit. Quoiqu’il en soit, ce qu’il faut retenir, c’est que d’après ces chercheurs, la question n’est plus « Est-ce que ça arrivera ?« , mais plutôt « Quand est-ce que ça arrivera« , parce que pour eux, il est inévitable qu’une conscience numérique se développe.

Brrrr.

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