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La banque en ligne de mire pour Lydia

Sumeria
Quinze ans après ses débuts et quelques épisodes mouvementés, Lydia Solutions annonce aujourd'hui atteindre la rentabilité pour l'ensemble de ses activités – échanges d'argent et comptes de paiement – et profite de l'occasion pour exposer sa vision d'avenir, qui passera par l'acquisition d'une licence bancaire de plein exercice.

Le jalon est extrêmement important, pour la jeune pousse, bien sûr, mais aussi comme une illustration de la manière par laquelle la FinTech – celle des origines, pas celle qui se contente de créer des produits technologiques pour l'industrie financière – est réellement capable de révolutionner les modèles économiques en vigueur depuis la nuit des temps. Qu'on y réfléchisse : Sumeria, la marque qui portera ses ambitions bancaires futures, parvient à l'équilibre à peine plus de deux ans après son lancement.

Certes, elle n'est pas partie de rien et s'est appuyée sur l'expertise et les composants élaborés dans le cadre de l'application de règlements entre proches Lydia. Mais elle existe maintenant comme une solution financièrement autonome, exclusivement grâce à son compte courant dont, notamment, un client sur cinq choisit l'offre payante, dans une tendance qui voit en outre de plus en plus d'utilisations comme compte principal, ce que reflète un autre chiffre : 26 paiements mensuels par carte émise, en moyenne.

La recette du succès comporte deux composantes essentielles, qui valident brillamment toutes les promesses de la FinTech telle qu'elle est née vers 2007-2008. Il s'agit d'abord d'offrir aux consommateurs (en l'occurrence) une expérience incomparable, toujours pensée selon leur point de vue. Deuxième point, la maîtrise technique inscrite au cœur de l'entreprise lui procure un avantage extraordinaire sur ses coûts structurels… ce qui facilite évidemment sa capacité à créer un modèle profitable.

Dans ce contexte et plus particulièrement au vu des attentes de ses clients les plus fidèles (dont, en priorité, ceux qui gèrent l'essentiel de leur relation à l'argent avec Sumeria), Lydia Solutions souhaite donc passer à l'étape suivante et proposer en propre, dans la continuité de sa stratégie, un catalogue de produits plus complet, incluant par exemple crédit, épargne, investissement… Pour cette raison, elle a entamé en 2025 les démarches en vue d'obtenir un agrément d'établissement de crédit.

En filigrane, la licorne réagit d'une certaine manière (en la citant explicitement) à l'annonce récente par Revolut de sa toute nouvelle licence en France. Cette dernière démontre que l'initiative n'est pas une chimère. Plus important, je pense, elle constitue un défi à relever pour Lydia, de s'imposer comme un concurrent sérieux à ce qui ressemble à un rouleau compresseur mondial aux plus de 80 millions de clients. Le pari est ambitieux mais pas si fou qu'il y paraît : l'ancrage local a aussi de la valeur !

Sumeria

Flock : quel niveau de surveillance êtes-vous prêts à tolérer ?

Aux Etats-Unis, la fronde contre le développement des détecteurs automatiques des numéros de plaques d’immatriculations est forte. Si quelques caméras Flock ont été vandalisées, ce sont surtout nombre de conseils municipaux abonnés au système qui rejettent et résilient leurs contrats avec l’entreprise qui les installe, suite notamment aux révélations de l’utilisation du système par l’ICE, la police qui de l’immigration américaine, qui s’en sert pour traquer les étrangers sans lien avec des infractions de circulations. 

Pour faire face à la fronde, Flock a fini par réagir et a annoncé une série de changements dans les modalités de partage d’information avec les forces de l’ordre américaine. Des changements surtout cosmétiques, ironise Gizmodo. L’entreprise, en effet, propose désormais que par défaut, la durée de conservation des informations passe de 30 à 7 jours. Mais en fait, précise l’entreprise, « les forces de l’ordre peuvent prolonger ou réduire cette période. Chaque collectivité continuera de choisir la durée de conservation adaptée à sa stratégie de sécurité publique et conforme aux politiques locales ou étatiques. » Elle annonce également un dispositif supplémentaire (le mode « Preuve ») qui permettra à la police de conserver « des données LAPI (systèmes de Lecture automatisée de plaques d’immatriculation) spécifiques à titre de preuve pour une enquête en cours, dans un stockage à long terme ». L’ACLU (American Civil Liberties Union) a publié une réponse moqueuse (« Flock semble davantage viser à résoudre un problème d’image qu’à s’attaquer aux atteintes majeures à la vie privée et aux autres préjudices engendrés par ses produits ») et maintient sa campagne invitant les citoyens à agir pour « se débarrasser du Flock » (Get the Flock out). L’Institut pour la Justice a pour sa part publié une base de données pour recenser les abus d’utilisation des systèmes de lecture automatisée de plaques d’immatriculation. L’ACLU rappelle que si Flock souhaite évaluer l’efficacité de son outil et notamment mieux surveiller les usages abusifs qu’en fait la police, l’entreprise devrait le soumettre à l’analyse d’un évaluateur indépendant. Flock a déjà par le passé annoncé des mesures de sécurité liées au motif de recherche, mais elles n’ont produit aucune amélioration, bien au contraire. Comme, le rappelle Gizmodo, « il est difficile d’imaginer qu’une personne prête à détruire une caméra Flock changera d’avis simplement parce que la durée recommandée de conservation des données passe de 30 à 7 jours »

Dans un entretien à la BBC, le PDG de Flock, Garrett Langley, ajoute qu’il s’est rallié à l’idée d’organisations telles que l’ACLU et l’Electronic Frontier Foundation (EFF), selon lesquelles la police devrait disposer d’un numéro de dossier en cours pour pouvoir consulter les données de Flock. Pour Cooper Quentin, de l’EFF, « les requêtes dans les bases de données [de lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation], devraient impérativement faire l’objet d’un mandat judiciaire ». Ce n’est pas le cas. 

Alors que le gouvernement américain surveille activement sur les réseaux sociaux les publications anti-Flock devenues virales, rapporte 404 media, et menace le site DeFlock, qui cartographie la présence des caméras, son initiateur, Will Freeman, rappelle qu’il n’a jamais appelé à neutraliser les caméras ni à masquer les plaques d’immatriculation, contrairement à ce qu’affirment les récents bulletins des forces de l’ordre. Le vandalisme montre surtout que les gens sont mécontents de voir ces systèmes installés à leur insu ou sans leur consentement. Mais le sabotage semble surtout assez anecdotique, bien moindre en tout cas que la contestation qui pousse les citoyens à demander des comptes aux autorités locales qui tissent des partenariats avec l’entreprise Flock

Comme l’explique une enquête de New Republic sur la montée de la contestation contre les systèmes de caméras LAPI, « Flock constitue un système de surveillance de masse d’une puissance – et d’une rentabilité – stupéfiante. Ses caméras LAPI sont utilisées par plus de 1 000 entreprises et environ un tiers des 18 000 services de police des États-Unis ». L’ACLU l’estime à le nombre de caméras de surveillance des plaques d’immatriculations déployées aux Etats-Unis à 90 000. Quant à l’entreprise, elle a généré un chiffre d’affaires de 285 millions de dollars en 2024. Le géant du capital-risque Andreessen Horowitz a récemment valorisé l’entreprise à 7,5 milliards de dollars. 

Alors qu’il valorise son entreprise en promettant rien de moins que l’élimination de la criminalité des Etats-Unis d’ici une décennie, l’année dernière, Garrett Langley a qualifié DeFlock d’« organisation terroriste ». A l’heure où les actions de résistance anti-tech sont devenues, aux Etats-Unis, une menace terroriste, Will Freeman répond que son site, DeFlock, est surtout un outil de transparence. 

Les études (2019 et 2024), jusqu’à présent, montrent surtout que l’efficacité des caméras à prévenir le crime est plus que douteuse. « En 2022, l’entreprise s’est vantée que ses caméras à San Marino, en Californie, avaient entraîné une baisse de 80 % des cambriolages en cinq mois ; Forbes a révélé par la suite que les cambriolages avaient en réalité augmenté dans les années suivant l’installation des caméras de Flock ». « Même si les caméras et le réseau de surveillance de Flock contribuent à élucider certains crimes, les critiques estiment que le prix à payer en matière de vie privée est trop élevé. La police a été prise en flagrant délit d’utilisation illégale des données de Flock pour localiser une femme cherchant à avorter, pour traquer et harceler des individus, surveiller des manifestations ou prêter main-forte aux services d’immigration de l’ICE pour arrêter des individus depuis de simples suspiscions. » 

« Au minimum, cette surveillance de masse implique le suivi, sans mandat, de toute personne circulant sur la voie publique », a averti l’ACLU. « Au pire, elle instaure un État policier numérique où les forces de l’ordre […] peuvent traquer manifestants, opposants politiques, immigrés, patients et autres personnes non soupçonnées de crime, et utiliser ces informations pour leur nuire. »

Une contestation de droite comme de gauche

Sous la pression populaire d’opposants à Flocks, locaux et actifs, « Austin, au Texas, a suspendu son programme Flock en juin dernier face à la contestation locale, tandis qu’Evanston, dans l’Illinois, y a mis fin en août. Selon la NPR, au moins 30 localités « ont soit désactivé leurs caméras Flock, soit annulé leurs contrats depuis le début de l’année 2025 ». » A Ithaca, les manifestations ont fait reculer la police. Par des pétitions, des interventions publiques et des tribunes dans la presse locale, le collectif local, Flock Off, a quelque peu freiné les activités de l’entreprise. En octobre, le bureau du shérif du comté a cessé de partager les données Flock avec les comtés collaborant avec l’ICE. En février, suite à une  manifestation devant l’hôtel de ville, la police locale a réduit le nombre de services avec lesquels elle partageait les données. « À bien des égards, cela prouve qu’au niveau local, la démocratie peut encore fonctionner », estime le responsable du groupe Flock Off local. Le prochain objectif de Flock Off est de faire résilier purement et simplement le contrat passé avec la ville.

« Si les groupes opposés à Flock émergent généralement de bastions progressistes, certains États dirigés par des républicains ont également pris des mesures pour restreindre la surveillance par ces systèmes. Les libertariens, en particulier, s’opposent à Flock : le magazine libertarien Reason a publié plusieurs articles critiquant l’entreprise, qu’il accuse de mener un programme de surveillance de masse orwellien », rapporte New Republic

Le New York Times s’est également intéressé à « ces caméras que la police adore et que les citoyens détestent ». Au Texas, rapportent les journalistes Fernando Alfonso III et Kashmir Hill, « il est un point sur lequel progressistes et conservateurs s’accordent : ils ne veulent pas de caméras braquées sur leurs voitures ». Pourtant, les Américains sont habitués à la vidéosurveillance. « Ils en installent sur leurs sonnettes et les acceptent au coin des rues, dans les bureaux et les restaurants ». Mais, ce qui distingue les caméras Flock, rappellent les journalistes, « c’est qu’elles sont connectées entre elles, formant un vaste réseau national interrogeable ; cette situation surprend souvent les habitants – qui ignoraient que leurs autorités locales avaient souscrit à ce service – et suscite des craintes d’une surveillance digne de « Big Brother ». De plus, il est difficile de ne plus les voir une fois qu’on a commencé à les remarquer. » Le Texas est devenu un baromètre, estiment les journalistes. « Flock a commencé à vendre ses services aux services de police début 2020, en installant quelques dizaines de caméras dans une banlieue de Houston. Six ans plus tard, 700 services de police texans ont passé contrat avec l’entreprise. L’opposition regroupe des progressistes inquiets de la surveillance gouvernementale, des conservateurs méfiants à l’égard de l’extension du pouvoir de l’État, ainsi que des citoyens et des élus soucieux de leur vie privée et préoccupés par les possibles dérives du réseau. » A l’image de Hannah Foust, qui vit à Carrollton (Texas), qui a commencé à publier des messages sur les lecteurs de plaques d’immatriculation dans des groupes Reddit et a lancé une pétition en ligne pour obtenir le retrait de ces caméras de sa commune. Devant le conseil municipal, elle explique : « Je ne commets aucun délit, mais je ne veux pas nécessairement que quiconque – et encore moins des agences gouvernementales ou une entreprise privée – puisse voir où je dépose mes enfants, quel itinéraire je privilégie pour me rendre au travail, si je préfère H-E-B ou Kroger, ou quel lieu de culte je fréquente. » À travers le Texas, l’opposition à ces caméras transcende les clivages partisans. Les contrats de Flock ont ​​été résiliés aussi bien à Austin, ville progressiste, qu’à Bandera, une localité conservatrice de la région de Hill Country comptant environ 900 habitants. « Au Congrès, Keith Self, un républicain dont la circonscription se situe au nord de Dallas, a déposé un projet de loi en juillet. Ce texte imposerait aux agences fédérales chargées de l’application de la loi d’obtenir un mandat avant d’accéder aux données collectées par les systèmes de surveillance étatiques et locaux – notamment les lecteurs de plaques d’immatriculation – ou de les interroger. » Pour un colonel de l’armée à la retraite et ancien juge de comté, « nous sommes en train de basculer vers un État de surveillance », estime-t-il, en flirtant avec des dénonciations que l’on retrouve dans les pire propos conspirationnistes d’extrême-droite, comme ceux que colporte, à longueur d’émission, la War Room de Steve Bannon.

Flock, la plateforme d’hypersurveillance des déplacements

« Flock facture environ 3 000 dollars par caméra et par an, a précisé M. Langley. En contrepartie, l’entreprise installe et entretient les caméras, fournit une base de données consultable répertoriant tous les véhicules qui passent devant elles et envoie des alertes si les caméras repèrent des voitures figurant sur une liste de surveillance prioritaire – comme la base de données du FBI recensant les véhicules volés et les plaques d’immatriculation associées à des personnes disparues ou recherchées. Ces dernières années, grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, Flock a ajouté une fonctionnalité permettant de rechercher des voitures en fonction de leur marque, de leur type, de leur couleur ou de détails spécifiques, tels que des autocollants sur le pare-chocs ou des dommages visibles 

« Pour effectuer une recherche, les agents précisent le type de délit, allant de la cruauté envers les animaux à l’homicide. Ils saisissent ensuite un numéro de plaque d’immatriculation ou une description du véhicule ainsi qu’un lieu, ou optent simplement pour l’option par défaut : « Tous les réseaux sélectionnés ». La recherche affiche les images des voitures correspondantes, en indiquant précisément l’heure et le lieu où elles ont été repérées, ainsi que le service de police auquel appartenaient les caméras. Par défaut, les photos prises par les caméras sont supprimées au bout de 30 jours, bien que les services de police puissent modifier la durée de conservation.

Si un service de police souhaite accéder à d’autres caméras ailleurs dans l’État ou dans le pays, il doit partager l’accès aux siennes. La plupart des organismes effectuent des recherches et partagent des informations à l’échelle nationale. » 

L’éditorialiste et animateur de télévision de droite radicale américain Tucker Carlson, qui pourrait être candidat à la prochaine élection présidentielle américaine, s’est récemment moqué de l’assimilation faite par M. Langley entre un projet de cartographie participative et le terrorisme. Carlson a déclaré n’avoir pris conscience que récemment de l’ampleur du réseau Flock après avoir consulté le site de DeFlock ; il a confié au New York Times que cette découverte l’avait « horrifié ». Il s’est dit surpris qu’un système de surveillance aussi vaste ait pu se développer en suscitant si peu d’attention de la part du public… Tant et si bien que le PDG de Flock a depuis présenté ses excuses pour ses propos assimilant le site DeFlock au terrorisme. 

« Que l’on soit libertarien, conservateur, partisan du mouvement MAGA ou progressiste, tout le monde a des objections à l’encontre de Flock », a déclaré Chad Marlow de l’ACLU. Reste que si l’opposition au Texas attire peut-être l’attention, elle n’a pas freiné la croissance de Flock. À travers l’État, de nouvelles villes signent des contrats plus rapidement que d’autres ne les résilient, a indiqué Jennifer Szimanski, porte-parole de la Combined Law Enforcement Associations of Texas, un syndicat de police représentant plus de 28 000 agents. Selon elle, la raison repose sur les résultats impressionnants du réseau. Certains services de police texans ont retrouvé des centaines de véhicules volés après avoir installé ces caméras, a-t-elle précisé, et dans les petites municipalités, les vols dans les véhicules ont pratiquement cessé. Pour elle, le risque d’utilisation abusive du système par les policiers texans n’était pas plus élevé qu’avec les autres bases de données auxquelles ils ont accès, et que Flock fournissait un historique de chaque recherche, précisant qui l’avait effectuée et pour quel motif.

La possibilité de rechercher n’importe quel véhicule circulant sur les routes du pays est certes pratique pour les autorités, mais Barry Friedman, professeur de droit et directeur du Policing Project, soutient que la création d’une vaste base de données sur les déplacements des Américains est inconstitutionnelle : « il s’agit d’une collecte de données indiscriminée, et non d’une surveillance ciblant des infractions spécifiques ». « Si le quatrième amendement existe, c’est parce que l’on estimait que le gouvernement ne devrait pas pouvoir s’en prendre à n’importe qui, même en l’absence de tout acte répréhensible. » 

Jusqu’à présent, les tribunaux ont rejeté cette interprétation, tout en laissant entendre que la situation pourrait évoluer à mesure que la technologie se généralise. Dans une affaire où des habitants avaient poursuivi la ville de Norfolk (Virginie) pour l’installation de 172 caméras Flock, un juge fédéral a statué que les lecteurs de plaques pourraient un jour devenir si omniprésents que leur utilisation s’apparenterait à une surveillance de masse indiscriminée et inconstitutionnelle, mais que ce n’était pas encore le cas. « Je ne pense pas que les juges réalisent que le pays est désormais couvert par ces dispositifs et qu’ils sont tous interconnectés », a déclaré Sid Thaxter, de l’Association nationale des avocats de la défense pénale.

En attendant, la police américaine invite les agents à ne plus mentionner le fait qu’ils ont eu recours à une technologie de détection automatique des numéros de plaques d’immatriculations dans leur rapports ou auprès des personnes qu’ils appréhendent, rapporte 404media. « Lorsque les forces de l’ordre utilisent Flock pour procéder à une arrestation dans le comté de Wapello, en Iowa, elles ne souhaitent pas que la personne concernée le sache. Une politique d’utilisation des caméras de lecture automatique de plaques du comté ordonne explicitement à la police de garder ce dispositif secret. » Un moyen de rendre encore plus invisible les abus que Flock annonce vouloir limiter. 

Pour Tech Policy Press, Jake Laperruque responsable du projet « Sécurité et surveillance » au sein du Center for Democracy & Technology (CDT), « les systèmes de lecture automatisée de plaques d’immatriculation en général, et le fournisseur de premier plan Flock en particulier, sont confrontés à un moment de prise de conscience publique aux États-Unis. Cette technologie de surveillance provoque des réactions négatives majeures dans tout le pays et devient un sujet de campagne majeur ». Mais pour Laperruque, les risques actuels liés à la vie privée liés aux systèmes de détection des plaques d’immatriculation ne sont que la pointe de l’iceberg et vont s’étendre considérablement dans les années à venir. « À moins qu’ils ne soient sérieusement maîtrisés, ces systèmes deviendront un outil de surveillance de masse bien plus répandu qu’aujourd’hui ». La raison, notamment : de nouvelles fonctionnalités ajoutées à Flock à partir d’analyses automatisées par l’agence fédérale des douanes créant des alertes sur des comportements de conduite suspects et signalant des véhicules à arrêter, rapporte AP News. Un comportement innocent au volant, comme prendre une route secondaire, conduire à des heures indues ou se rendre dans un endroit inhabituel, pourrait devenir des motifs de contrôle. 404 media a révélé également que les vidéos captées par les caméras étaient utilisées pour identifier des formes ou des conducteurs. Une fonctionnalité de recherche en texte libre permet de trouver des personnes tatouées ou portant des maillots de sport spécifiques ; ces recherches incluent parfois l’origine ethnique de la personne visée. A terme, connectée à la reconnaissance faciale, elle pourrait permettre de rechercher des personnes partout sur les routes. « Ces systèmes risquent fort de se transformer en un « œil omniscient » permettant de rechercher n’importe quel type de véhicule, d’objet ou de personne, avec la même facilité que nous recherchons aujourd’hui des mots dans un fichier texte ». Reste à savoir s’il faut limiter ce pouvoir par une accréditation judiciaire pour chercher dans ces images, comme le propose Laperruque ou limiter le développement du réseau. 

Wired rappelle que Flock Safety, géant de la surveillance des véhicules, affirme depuis des années que sa technologie « ne peut ni reconnaître, ni identifier, ni suivre des individus ». Ses pages dédiées à la confiance du public assurent aux clients que la technologie est conçue pour des enquêtes spécifiques, au cas par cas, et « non pour surveiller les gens ». Ce n’est plus le cas, notamment via l’ajout d’innombrables outils qui donnent accès « aux métadonnées des caméras, aux dossiers d’arrestation, aux dossiers d’enquête, aux journaux d’appels, aux résultats d’analyses balistiques ainsi qu’à des bases de données commerciales contenant des numéros de sécurité sociale, dates de naissance, numéros de téléphone, adresses e-mail, informations sur les proches et les associés ». Les requêtes préconfigurées d’OS Investigate, le logiciel de Flock, inversent la logique de recherche. « Un agent n’a plus besoin de plaque, de nom ou d’infraction pour lancer une recherche : il lui suffit d’indiquer un lieu, une période et un schéma comportemental, et le système identifie les personnes correspondant à ces critères. » Pour utiliser ce moteur de recherche, Flock propose des requêtes préconfigurées, comme «« Trouve-moi des témoins en te basant sur les véhicules les plus aperçus dans [tel quartier] au cours des [X derniers jours] durant [telle plage horaire quotidienne] ». Un agent remplit les champs vides et valide la demande. Le résultat est une liste de plaques d’immatriculation que d’autres outils du logiciel convertissent ensuite en noms et adresses de domicile.»

« Dix-neuf de ces requêtes visent à identifier des schémas comportementaux plutôt qu’à consulter un dossier spécifique. Quatorze d’entre elles ne nécessitent ni plaque d’immatriculation, ni nom, ni description physique ; l’agent indique simplement un lieu, un créneau horaire et un comportement.

Certaines requêtes ciblent des véhicules ayant visité au moins trois commerces dans une ville en trois jours, plusieurs banques en une semaine ou plusieurs stations-service entre minuit et 5 heures du matin. Aucune de ces cinq requêtes ne mentionne de cible ou d’incident précis.

L’outil utilisé pour ces recherches intègre un filtre qui exclut les bus, les semi-remorques, les fourgonnettes utilitaires et les remorques ; ainsi, un livreur visitant cinq magasins est retiré de la liste, tandis qu’un conducteur ordinaire effectuant la même tournée y figure toujours. Ce type de recherche s’applique également aux déplacements interurbains : véhicules ayant quitté une ville pour une autre avant d’y revenir dans la semaine, ayant effectué plusieurs allers-retours sur une période de 14 jours ou ayant traversé trois zones successivement.»

Flock se défend en expliquant que ce produit en cours de développement ne proposera pas à terme toutes ces fonctionnalités lors de son lancement commercial. Pour Jay Stanley de l’ACLU : « Nous assistons à un déploiement agressif de l’IA par Flock ; on observe, à certains égards, une frontière très mince entre ce qui est techniquement possible et ce qui est réellement mis en œuvre. » Pour Chad Marlow, avocat à la tête de la campagne « Get The Flock Out » de l’ACLU, le danger est de passer de : « Voyez-vous des schémas criminels ? à Trouvez-moi des schémas criminels, car ces requêtes donneront des résultats différents ». Le risque est de glisser très vite au moment où un agent demandera à une IA quelles personnes elle considère comme les plus susceptibles de commettre des crimes. « Elle ne se fondera pas sur une norme juridique de suspicion criminelle, mais sur ses propres critères internes. » Le code définit déjà les filtres auxquels la requête sera soumise. Le logiciel de Flock associe des recherches de véhicules à des interrogations de fichiers de police classant les individus selon le sexe, la race, l’origine ethnique, la taille, le poids, la corpulence, ainsi que la présence de cicatrices, de marques distinctives et de tatouages. Une fonction permet d’effectuer une recherche uniquement à partir d’une description, en ciblant des enregistrements correspondant à des critères tels que « homme, environ 1,80 m, sweat à capuche noir, tatouage sur l’avant-bras » à proximité d’un lieu donné. L’outil permet à l’agent de délimiter ces critères en choisissant un rayon d’action ou en dessinant des formes libres sur une carte. Selon Stanley, cette pratique s’apparente étroitement à la question examinée par la Cour suprême des États-Unis en juin dernier : la Cour a alors statué que les individus conservent un droit à la vie privée concernant les données retraçant leurs déplacements et que le quatrième amendement s’applique lorsque la police réclame ces informations à une entreprise. Dans le cas présent, les services de police achètent directement cette capacité technologique, ouvrant la voie à des recherches exploratoires (fishing expeditions) d’une ampleur inédite.

L’année dernière, un policier du Texas a effectué des recherches sur plus de 83 000 caméras à travers le pays pour retrouver une femme ayant pratiqué un avortement elle-même, selon des journaux de recherche obtenus initialement par 404 Media. Une enquête récente du Washington Post a révélé qu’une cinquantaine d’agents de police avaient été inculpés ou accusés d’usage abusif des systèmes de lecture de plaques d’immatriculation : 26 d’entre eux les utilisaient pour surveiller leur épouse, leur petite amie, leur ex-compagne ou des femmes qu’ils souhaitaient rencontrer. En août dernier, les autorités de régulation de l’Illinois ont conclu que Flock avait enfreint la loi de l’État en menant un programme pilote – aujourd’hui suspendu – qui donnait au service des douanes et de la protection des frontières accès aux caméras situées dans l’État.

Flock laisse à ses clients le soin de définir la plupart des règles. Les responsables des services décident qui obtient des identifiants, si les données des caméras doivent être partagées au-delà des limites de la ville ou de l’État, et s’il convient d’activer les paramètres proposés par l’entreprise pour prévenir les abus. L’outil d’audit, conçu pour repérer les schémas suspects dans les recherches effectuées par un service, a été lancé en avril 2026 en tant qu’option activable par les forces de l’ordre. Or, selon le Washington Post, de nombreux services de police ont jusqu’à présent peu surveillé les recherches qu’accomplissent leurs agents sur ces systèmes.

L’Electronic Frontier Foundation a examiné des ensembles de données portant sur plus de 12 millions de recherches enregistrées sur une période de 10 mois ; elle a constaté qu’environ 20 % d’entre elles ne mentionnaient qu’un terme vague tel que « enquête », « suspect » ou « requête ». Plus de 50 services ont effectué des centaines de recherches dont le champ « motif » faisait référence à des manifestations.

Comment réguler le changement de nature de la surveillance ?

« Flock ambitionne bien au-delà de la simple lecture automatique des plaques d’immatriculation ; l’objectif est de devenir une plateforme numérique pour le maintien de l’ordre », explique Bob Ferguson, gouverneur de Washington, à l’origine d’une proposition de loi pour réguler le déploiement des caméras. « Nous sommes à l’aube de l’ère de la police automatisée et la capacité à créer des chatbots en langage naturel capables d’effectuer des recherches dans d’immenses bases de données deviendra bientôt la norme. »

Pour Jason Pye, du Due Process Institute, il y a peu de preuves que ces technologies contribuent à faire baisser la criminalité. Il rappelle que, contrairement à ce qu’affirme l’administration Trump, la criminalité violente américaine est en baisse depuis les années 90 (758,2 crimes pour 100 000 habitants en 1991 contre 348,6 en 2024). La raison de cette baisse n’est pas unique, elle n’est pas liée uniquement à l’augmentation de l’incarcération (qui s’est stabilisée dans les années 2000 alors que la criminalité a continué à chuter), mais également à l’amélioration des perspectives économiques, aux mutations des marchés de la drogue, voire même au vieillissement de la population. Si des études montrent que les LAPI peuvent aider la police à identifier des véhicules volés, à générer des pistes d’enquête et, parfois, à élucider des crimes. Établir qu’ils jouent un rôle significatif dans la baisse de la criminalité observée après 2020 est une tout autre affaire, bien plus complexe à démontrer. 

Et Pye de citer deux études portant sur l’effet des LAPI : la première note que le déploiement à Atlantic City est associé à une baisse des fusillades, des vols de véhicules et des atteintes aux bien, mais sans reconnaître que le déploiement des caméras puisse être le seul facteur explicatif. La seconde passe en revue l’ensemble des recherches sur le sujet et montre que les preuves que ces systèmes génèrent des avantages plus larges en matière de lutte contre la criminalité restent mitigées. Pye observe ensuite Atlanta, qui compte plus de 3000 systèmes Flock. Or, malgré ce réseau de surveillance sans précédent, les taux d’élucidation des crimes ne se sont pas améliorés. « Par exemple, une arrestation a eu lieu dans 54,3 % des cas d’homicide en 2021. En 2025, seuls 48 % des homicides ont été élucidés. Il existe toutefois des catégories de crimes pour lesquelles les taux d’élucidation se sont améliorés, notamment les cambriolages et les vols dans des véhicules. » De plus, malgré l’un des plus importants réseaux de surveillance des Etats-Unis, le taux de crimes violents à Atlanta a augmenté entre 2024 et 2025 (mais a beaucoup diminué, elle aussi, depuis au moins 2011). Cela ne signifie pas que les LAPI n’apportent rien à la sécurité publique, estime Pye. Ils peuvent être efficaces pour certaines tâches ou certains crimes, mais cela ne signifie pas qu’ils soient à l’origine de la baisse de la criminalité aux Etats-Unis. Et quand bien même ce serait le cas, la question de savoir quel niveau de surveillance l’Amérique est-elle prête à accepter en contrepartie de sa sécurité reste entière, estime Pye. Qui rappelle qu’avec ces systèmes, « il n’est pas nécessaire d’être soupçonné d’un crime pour que les autorités disposent potentiellement d’un relevé indiquant que votre voiture se trouvait à proximité d’une manifestation politique, d’une église, d’une armurerie, d’une clinique médicale ou du domicile d’un tiers. Il s’agit d’une forme de surveillance fondamentalement différente de celle d’un policier vérifiant ponctuellement une plaque d’immatriculation sur l’autoroute ». Le problème, c’est bien le caractère amplificateur de la surveillance que produit la mise en réseau des caméras et la possibilité de les interroger. « Cette situation soulève des questions quant aux personnes habilitées à consulter ces données, aux justifications requises pour effectuer une recherche, à l’étendue du partage de l’information, à la durée de conservation des données et aux conséquences d’une utilisation abusive du système – une éventualité inévitable. Ces questions ne disparaissent pas pour autant du simple fait que les systèmes de lecture automatique de plaques d’immatriculation aident parfois la police à élucider des crimes. » Reste que c’est « une chose qu’un agent de police voit votre voiture traverser un carrefour. C’est tout autre chose qu’un réseau de caméras enregistre discrètement chaque apparition de votre véhicule, stocke ces informations et les rend consultables dans le temps et entre différentes juridictions ». « La question est de savoir si le gouvernement devrait pouvoir exploiter des millions, voire des milliards, d’observations publiques ordinaires et légales pour en faire une carte détaillée et consultable des déplacements des personnes, sans aucun soupçon individualisé ni contrôle significatif ». 

« Supposons que des preuves plus solides finissent par démontrer que Flock prévient certains crimes. Je resterais néanmoins mal à l’aise avec ce compromis. La sécurité publique est importante, certes, mais ce n’est pas le seul critère essentiel dans une société libre. Le respect de la vie privée et l’autonomie sont tout aussi importants. Pouvoir vaquer à ses occupations quotidiennes sans que le gouvernement n’enregistre discrètement ses déplacements est fondamental. Les caméras de Flock ne se limitent pas aux personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes. Elles collectent des informations sur tous les automobilistes qui passent devant elles, dont l’immense majorité n’a absolument rien fait de mal.

Bien sûr, ces informations peuvent être utiles à la police. C’est précisément ce qui rend la question si complexe. Presque n’importe quel système de surveillance peut améliorer la sécurité publique s’il fournit au gouvernement davantage d’informations sur nous. Installez suffisamment de caméras à des endroits stratégiques, conservez suffisamment de données et donnez-y accès à un nombre suffisant d’agences : tôt ou tard, ces informations contribueront à résoudre des crimes. L’argument selon lequel « le gouvernement pourrait trouver cela utile un jour » est un critère inacceptable pour déterminer le niveau de surveillance que les Américains sont prêts à tolérer. » Pour Pye, la surveillance omniprésente ne devrait pas devenir une composante normale de la vie américaine

Pour The Conversation, le philosophe et criminologue de l’Institut catholique de Lille, Tony Ferri, rappelait que c’est la nature des systèmes de surveillance, quels qu’ils soient, de s’étendre (même si dans son article, il n’évoque pas les dispositifs de lecture automatisés des plaques d’immatriculation). « Un dispositif de contrôle naît pour une cible précise, dans un contexte qui rend son acceptation facile » (…) « puis, par la force de son infrastructure technique désormais disponible, il s’étend, se prolonge, se banalise, bien au-delà de sa justification initiale ». Pris isolément, ces solutions peuvent paraître légitimes. Mais, comme le disait la CNIL elle-même dans un avis de 2022 : « ces outils ne constituent pas une simple évolution technologique, mais une modification de la nature des dispositifs ». Un changement de nature et pas seulement de degré, face auquel nous avons pour l’instant bien peu de réponses pour en limiter la déflagration à l’encontre des libertés publiques.

Ah, oui, les systèmes LAPI se déploient également en France, même si pour l’instant, ce n’est pas avec la même intensité qu’aux Etats-Unis (on compterait 700 lecteurs en France mis en œuvre par la police nationale, la gendarmerie et les douanes, sans compter ceux des municipalités et des acteurs privés, comme les opérateurs de parkings et d’autoroute). Depuis 2024, un système de traitement central a été mis en place. En 2026, le récent projet de loi RIPOST renforce leur utilisation (par exemple à des fins administratives sans avoir à justifier d’une enquête spécifique), étend le régime d’infraction permettant leur consultation ainsi que la durée de conservation des informations à un an, comme s’en inquiétait, bien légitimement, la Quadrature du Net. La plateforme d’hypersurveillance des déplacements se porte bien chez nous aussi !

Hubert Guillaud

Rentrée 2026 : Deviens bénévole pour lutter contre la précarité numérique et sociale

Inscription à la cantine, abonnement de transport, achat d’un ordinateur… La rentrée, c’est souvent un nouveau départ mais aussi de nombreuses galères numériques qui peuvent devenir de vrais freins pour les personnes qui en sont éloignées. Pour aider les 16 millions de personnes en difficulté sur le numérique, Emmaüs Connect lance un grand appel au bénévolat pour mobiliser de nouveaux volontaires.

Comment suivre des études quand on n’a pas les moyens d’acheter un équipement adapté et fonctionnel ? Comment accéder en ligne à ses droits de retraite ou souscrire un abonnement de transport quand on ne possède pas de compétences numériques ? Et comment inscrire son enfant aux services essentiels de son école si l'on ne dispose pas de moyen de connexion ? Lorsque l'on ne maîtrise pas les outils numériques ou que l'on ne possède pas de matériel adapté (ordinateur, tablette, smartphone), ces démarches du quotidien deviennent impossibles. 

En France, 16 millions de personnes sont en difficulté car elles n’ont pas de connexion, n’utilisent jamais Internet ou ne savent pas suffisamment s’en servir. Et cette exclusion numérique touche une large partie de la population où tous les profils sont concernés : étudiants, jeunes en insertion, demandeurs d’emploi, seniors, parents.

Parmi les situations les plus fréquentes, celle des étudiants est particulièrement révélatrice. Chaque année, des milliers d'entre eux commencent leur année universitaire sans ordinateur adapté. Sans matériel numérique, impossible de suivre les cours en ligne, de rendre ses devoirs, d'accéder à la plateforme de son établissement ou simplement de travailler dans de bonnes conditions. Selon l'Observatoire national de la vie étudiante, 26 % des étudiants déclarent rencontrer d'importantes difficultés financières, rendant l'achat d'un ordinateur souvent inaccessible.

Devenir bénévole pour agir concrètement contre l’exclusion numérique

Chaque année, des centaines de bénévoles s’engagent aux côtés d’Emmaüs Connect pour accompagner les personnes en difficulté vers plus d’autonomie numérique. Depuis 13 ans, l’association a aidé plus de 250 000 personnes grâce à son réseau de 1500 bénévoles dans 7 régions de France.

En rejoignant Emmaüs Connect, chacun peut contribuer selon ses envies, son expérience et le temps dont il dispose. Il n'est pas nécessaire d'être un expert en informatique : la motivation, l'écoute et l'envie d'aider sont les qualités les plus importantes.

Des missions bénévoles variées

Dans les lieux d’action de l’association, de nombreuses missions bénévoles sont proposées :

  • accueillir et orienter les publics dans les espaces de solidarité numérique ;
  • animer des ateliers sur le numérique pour apprendre aux personnes débutantes à utiliser un ordinateur, un smartphone ou réaliser leurs démarches en ligne ;
  • répondre aux problématiques spécifiques des personnes lors des accompagnements individuels (accès à leurs droits, à l’emploi, à la mobilité, etc.) ;
  • participer aux distributions solidaires d'ordinateurs, de smartphones ou de tablettes ;
    conseiller les personnes dans le choix d'un équipement adapté à leurs besoins ;
  • participer au réemploi solidaire en reconditionnant des équipements numériques afin de leur offrir une seconde vie ;
  • devenir ambassadeur·rice de l’association et aller à la rencontre des partenaires et nouveaux volontaires pendant des événements.

Pour chaque mission, les bénévoles sont accompagnés et formés par les équipes bénévoles et salariées. Que tu sois actif, étudiant, retraité, il y a forcément une mission pour toi !

Comment devenir bénévole chez Emmaüs Connect ?

Pour devenir bénévole et rejoindre les 1500 bénévoles déjà engagés, il suffit de remplir le formulaire en lien. Un temps d’accueil et une immersion au sein de nos locaux sont ensuite proposés pour mieux comprendre nos actions et découvrir l’ensemble des missions bénévoles.

Quelques heures de ton temps peuvent faire toute la différence... et permettre à quelqu'un de démarrer sa rentrée, son premier emploi ou une nouvelle étape de sa vie dans de bonnes conditions.

Dès cette rentrée, engage-toi pour un numérique plus solidaire en devenant bénévole chez Emmaüs Connect !

Liens vagabonds : L’agent qui navigue plus vite que son ombre

Le 3 septembre, juste après une panne géante de Grok, Claude et ChatGPT (dont les raisons restent obscures), OpenAI a lancé GPT-6 Astra en le présentant comme l’état de l’art sur l’usage de l’ordinateur et du navigateur, “le modèle le plus intelligent et aligné au monde”. Son président, Greg Brockman, a résumé l’exploit : le […]

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Médias : les 10 choses à retenir de l’été 2026

Entre l’onde de choc des AI Overviews qui assèchent désormais aussi le trafic web français, l’avènement d’un monde post-littéraire et d’une écriture formatée à l’IA, le déclin mesurable de la parole et la grande fatigue face aux algorithmes, l’été 2026 n’a laissé aucun répit aux acteurs de l’information. Pour vous aider à prendre un peu […]

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Un score de crédit accessible à tous les français

Qapso
Dans de nombreux pays dans le monde, les consommateurs sont officiellement notés sur leur fiabilité financière, ce qui conditionne notamment leur accès au crédit et les modalités qui leur sont appliquées. En France, le système est différent et plus opaque. Mais le spécialiste Algoan permet désormais à chacun de consulter son score.

La jeune pousse développe depuis plusieurs années un mécanisme d'évaluation du comportement des personnes (ou des ménages) avec leur argent, que mettent en œuvre de plus en plus d'établissements afin de déterminer leur éligibilité à un prêt. Grâce à Qapso, sa nouvelle marque dédiée, elle ajoute une transparence bienvenue à sa solution en offrant aux utilisateurs de Bankin', l'outil de gestion budgétaire bien connu, la possibilité de découvrir gratuitement comment ils se situent sur cette échelle.

Concrètement, il suffit de connecter ses comptes bancaires dans l'application et une analyse des transactions enregistrées au cours des trois derniers mois produit un score de synthèse, assorti des faits saillants qui le déterminent et de commentaires objectifs, par exemple sur la faculté d'emprunt. Car la large diffusion de la technologie d'Algoan dans l'industrie fait de la réponse de Qapso, basée sur les mêmes algorithmes, une référence sérieuse et légitime en la matière, même si elle n'est pas universelle.

En outre la démarche ne s'arrête pas en si bon chemin. Ceux qui s'intéressent plus à leur santé financière qu'à l'obtention d'un crédit bénéficient d'un suivi dans le temps. Ainsi, au fil de leur existence, ils voient la progression de leur score, toujours avec des explications sur les facteurs importants qui l'affectent. Surtout, dans une logique d'accompagnement opérationnel, le service émet des recommandations personnalisées en vue de les aider à optimiser leur position, quel que soit leur point de départ.

Accueil Qapso

L'initiative d'Algoan, qui se rapproche de celles des officines de notation internationales (Equifax, Experian…), ouvre une fenêtre essentielle sur les processus jusqu'à maintenant un peu mystérieux qui conduisent les banques à accorder ou non un prêt. Il ne s'agit pas seulement de comprendre comment le système fonctionne mais plutôt d'en appréhender les ressorts internes afin d'apprendre à devenir un « meilleur » client… et se mettre de la sorte en capacité de réaliser ses projets, petits et grands.

L'intégration du service de Qapso dans l'application Bankin' représente aussi un événement notable, en complétant (enfin !) son approche historique principalement centrée sur l'observation du passé (et quelques projections vers l'avenir, tout au plus) avec une composante qui commence à prodiguer des conseils proactifs. Dans cette perspective, j'attends maintenant que ce qui est fait en priorité pour l'éligibilité au crédit se prolonge dans une vision globale d'amélioration du bien-être financier…

L'excès de confiance expose les jeunes à la fraude

ABN AMRO
Historiquement, la fraude en ligne, notamment bancaire, affectait en priorité les seniors, particulièrement fragiles dans un univers qu'ils maîtrisaient mal. Or, aujourd'hui, l'évolution des menaces expose de plus en plus les jeunes adultes qui considèrent que leur culture « digitale » native suffit toujours à leur permettre de les reconnaître.

Elle est loin, l'époque où les messages des cybercriminels étaient faciles à repérer grâce à l'invraisemblance de leur contenus et les erreurs manifestes qu'ils comportaient. Seules les personnes encore novices du web, essentiellement parmi les plus âgées, se laissaient piéger… surtout en raison de l'inquiétude que suscitaient ces sollicitations insolites et inattendues, d'ailleurs, plus que par leur « qualité » intrinsèque.

Désormais, l'intelligence artificielle a changé la donne. Les attaques deviennent extrêmement sophistiquées – empruntant fréquemment des photos, des voix ou des vidéos de correspondants familiers impossibles à distinguer de leurs équivalents réels, comme le révèlent régulièrement les tests à l'aveugle – et rendent obsolètes les méthodes classiques de détection des arnaques que chacun connaît bien, maintenant.

Cette mutation du risque renverse aussi profondément le profil des victimes privilégiées. Selon une étude citée par ABN AMRO, et contrairement à ce que l'on observait il y a quelques années, les 18-35 ans sont en première ligne, devant les 65 ans et plus : 14% de cette classe d'âge a subi une fraude au cours de l'année précédente. Et les principales raisons d'une telle hécatombe sont l'excès de confiance dans sa capacité à repérer une escroquerie… et le mépris des nouvelles règles de prudence.

ABN AMRO – Better Smart Safe

Dans un retournement ironique de contexte, les consommateurs d'un certain âge, qui se sont également appropriés les usages numériques entretemps, sont plutôt prompts à écouter les recommandations de leur banquier et à mettre en œuvre les outils qu'ils leur fournissent en support, tandis que les jeunes générations, beaucoup plus investies dans des comportements à risque, ont tendance à les dédaigner. Selon l'institution néerlandaise, ils ne sont, par exemple, que 4 sur 10 à vérifier, qu'un appel de leur conseiller est légitime via l'option ad hoc de leur application mobile.

Plus généralement, leur habitude d'échanger en continu sur les réseaux sociaux, pour tous leurs besoins, dont leurs achats, et d'y réagir instantanément leur joue des tours. Deux autres statistiques le révèlent indirectement : 58% de cette catégorie ne prennent pas le temps de vérifier les contacts sur les boutiques en ligne qu'ils fréquentent et à peine plus de la moitié consultent leur réputation sur les sites spécialisés. En résumé, les préconisations élémentaires prodiguées pour leur sécurité ne les atteignent pas.

Pour ABN AMRO, ces constats procurent une occasion de lancer une campagne de sensibilisation dédiée. Une de plus ! La compréhension des erreurs commises par les victimes de la fraude devrait pourtant encourager à repenser fondamentalement les stratégies de défense. Concrètement, si les jeunes ne répondent pas aux injonctions actuelles face aux dangers auxquels ils s'exposent, il ne semble guère utile de redoubler de conseils. Une autre approche, adaptée à leurs pratiques, est indispensable.

RBC aide au développement de l'énergie solaire

RBC
Avec son programme d'énergie solaire pour les collectivités, RBC imagine un moyen astucieux de respecter ses engagements en matière de responsabilité environnementale tout en permettant à des organismes publics ou associatifs de réduire leurs charges financières pour l'équipement de leurs locaux en panneaux photovoltaïques.

L'audience visée, qui, concrètement, comprend tous les acteurs porteurs de projets communautaires du Canada, est souvent confrontée à une équation économique difficile pour sa transition vers les énergies renouvelables, qui représente un investissement significatif face auquel il est généralement impossible de démontrer un flux de revenus : le seul impact mesurable est une réduction du montant des factures d'électricité… qui ne suffit guère à faire accepter un dossier de financement.

De son côté, la banque se veut proactive dans sa démarche de « neutralité » carbone, notamment à travers son approvisionnement généralisé en énergie verte. Elle a cependant ses limites, certaines infranchissables. Ainsi, par exemple, étant locataire – et non propriétaire – d'une grande partie de son parc immobilier, elle n'est pas en mesure d'installer elle-même des panneaux solaires pour l'alimentation de ses locaux. Elle doit alors se résoudre à compenser ses émissions résiduelles de gaz à effet de serre.

RBC – Community Solar Program

Le programme d'énergie solaire consiste « simplement » à mettre en correspondance les deux problématiques. En pratique, RBC propose aux collectivités participantes de signer une convention sur 10 ans pour l'acquisition des crédits d'énergie renouvelable générés par leur installation, qui leur procurera un flux de trésorerie garanti, autorisant une réduction de leurs coûts. En amont, la mise en place du dispositif est également susceptible de mieux convaincre les décideurs de la viabilité du projet.

Naturellement, le système n'est pérenne qu'en fonction de la stabilité dans le temps des mécanismes de crédits sur lesquels il s'appuie. Une fois cette réserve posée, une idée complémentaire surgit immédiatement : serait-il envisageable d'implémenter une solution similaire au cœur des outils de financement de la transition écologique ? La banque pourrait intégrer directement dans ses offres de prêt l'achat de certificats de compensation, qui viendrait donc en déduction des échéances de remboursement…

La MAS investit dans la FinTech

MAS
Les autorités monétaires des grands pays de l'innovation financière ont mis en place de long date des initiatives de soutien au développement de la FinTech. Elles prennent des formes variées mais celle que vient de lancer la MAS à Singapour se distingue par son investissement, à hauteur de 220 millions de dollars (environ 150 millions d'euros).

Avec la place de Londres, l'île du sud-est asiatique s'est imposée au fil des années comme une terre d'accueil incontournable pour les entrepreneurs de la finance et quelques 1 800 firmes, faisant travailler 10 000 personnes directement, y sont implantées, en général en vue de rayonner à l'international. Mais le contexte évolue toujours plus vite, les ruptures technologiques s'accumulent et la prochaine génération de jeunes pousses émerge aujourd'hui, autour de l'IA, l'informatique quantique…

Afin de ne pas perdre – voire de renforcer – la position de leader du pays, la banque centrale prend des mesures agressives, avec un plan d'aide opérationnel. Avec son budget conséquent, fixé pour les trois années à venir, il prend en compte toutes les dimensions de la promotion d'un secteur essentiel pour son économie avec quatre objectifs en ligne de mire : consolider les initiatives, accélérer les avancées de la FinTech, implémenter une infrastructure technologique et soutenir l'accès aux talents.

MAS – FinTech Innovation

En pratique, les fonds alloués se répartiront entre six canaux complémentaires :
  • La main-d'œuvre, comprenant entre autres la mise en place d'un mécanisme spécifique, subventionné, pour le recrutement de stagiaires ;
  • Le projet institutionnel, visant à encourager la création et le déploiement d'outils innovants, notamment dans les domaines de pointe, autant par les acteurs historiques que par les jeunes pousses ;
  • L'intelligence artificielle, pour l'enrichissement et l'adoption des composants dédiés à la FinTech, dont certains sont déjà identifiés ;
  • Les plates-formes, destinées à participer à l'élaboration et la propagation de solutions à l'intention de l'industrie dans son ensemble, dans une logique de contribution à la définition de standards mondiaux ;
  • Le centre d'excellence, portant la vocation de rassembler les fonctions innovantes, y compris celles d'acteurs globaux, sur le territoire de Singapour ;
  • Le prix de l'expansion, dans le cadre d'une compétition existante, qui accompagnera les structures entrant dans une phase de croissance à l'échelle (« scale-up »).
De toute évidence, la MAS a de grandes ambitions pour l'avenir de son secteur financier et elle met les moyens nécessaires à leur concrétisation. Les pays qui, aujourd'hui, se lamentent sur leurs difficultés à créer un écosystème d'innovation compétitif dans leur environnement pourraient en prendre de la graine…

L'Australie sceptique sur la monnaie digitale

Reserve Bank of Australia
Après les doutes exprimés par la Banque d'Italie sur les « stablecoins », voilà que son homologue australienne égratigne un autre concept en vogue, la monnaie numérique de banque centrale (MNBC), qui en constitue en quelque sorte le pendant public. Cette fois, l'avis officiel est aussi explicitement partagé par les consommateurs.

L'organisme s'était déjà prononcé en propre en 2024, concluant à un faible intérêt de ce genre d'instrument, à l'intention du grand public, pour l'économie du pays. Afin de compléter ce point de vue, dans une démarche louable, qui mériterait d'inspirer le reste du monde, les premiers concernés ont été consultés, à travers des réunions d'échange, afin de connaître leur perception sur le sujet, notamment en termes de bénéfices et de défis potentiels par rapport à la situation qu'ils connaissent aujourd'hui.

La nouvelle étude, enrichie de ces résultats, prend également en compte l'évolution des réflexions et des initiatives menées dans différentes régions, la Chine et la zone euro étant spécifiquement citées. Sur ce plan, elle observe un ralentissement marqué des projets et elle réitère sa position selon laquelle les objectifs poursuivis dans ces différents cas ne semblent pas pertinents dans son contexte, ce qui ne l'incite pas, de toute évidence, à réviser son opinion initiale et lui suggère de rester passive.

Du côté des citoyens interrogés, les réactions sont claires et nettes, sur la même ligne. Globalement, ils sont indifférents aux promesses d'une MNBC, en considérant que les systèmes de paiement dont ils disposent actuellement répondent largement à leurs besoins, y compris à travers les innovations introduites ces derniers temps, capables de couvrir des cas d'usage émergents. Les risques induits par le rôle des banques commerciales dans ces mécanismes ne les font pas plus changer d'attitude.

Digital Currency in Australia

Point notable, la Reserve Bank of Australia souligne que les commentaires formulés à l'encontre d'une monnaie de banque centrale valent tout autant pour toutes les variantes de « tokenisation » de l'argent, qu'il s'agisse de dépôt bancaire virtualisé ou bien de « stablecoin ». Elle en déduit logiquement que l'avenir de ces outils privatisés dans le paysage des paiements vaut d'être questionné sans préjugés.

Naturellement, tous les passionnés d'innovation savent qu'il ne faut pas nécessairement s'arrêter aux avis de futurs utilisateurs pour créer des solutions révolutionnaires. L'enquête de la RBA ne signe donc pas automatiquement un rejet définitif. Il n'en reste pas moins que la proposition de valeur des MNBC – et des autres formes de monnaie numérique, donc –, telle qu'elle est présentée pour l'instant, ne séduit pas une de ses cibles. Ce constat, lui, représente un obstacle rédhibitoire à un éventuel succès.

Orange adopte Wero, prudemment

WERO
Six ans après le lancement de l'initiative européenne de paiement souverain, Orange devient la première entreprise française à accepter les paiements marchand avec Wero, pour le règlement des factures de ses abonnés aux offres Sosh. Le jalon, quoique important et attendu, porte cependant sur un périmètre extrêmement limité.

D'abord utilisable exclusivement pour des transactions entre particuliers, le déploiement de ce qui est vanté comme la future alternative aux réseaux de cartes américains dans le commerce, en ligne dans un premier temps, a commencé, doucement, dans plusieurs pays… et l'hexagone les rejoint donc aujourd'hui, grâce à Orange. Les clients de l'enseigne verront ainsi apparaître une nouvelle option lors de leur passage en caisse virtuelle, leur permettant de finaliser la transaction dans leur application bancaire.

Sans aller jusqu'à estimer qu'il s'agit d'une pure opération de communication, la démarche reste toutefois tellement circonscrite qu'elle paraît relever de l'expérimentation. En effet, à ce stade, seuls les clients de BNP Paribas pourront effectivement profiter de la nouveauté, l'établissement ayant été retenu, selon toute vraisemblance, en raison du recours à la plate-forme d'acceptation de sa filiale Axepta. Les clients d'autres banques devraient pouvoir en bénéficier d'ici la fin de l'année.

Wero x Orange

Surtout, le cas d'usage retenu est marginal. En effet, les opérateurs de télécommunication se montrent très insistants auprès de leurs abonnés pour qu'ils adoptent le prélèvement automatique. En conséquence, je pense que la population susceptible d'être exposée au choix de Wero sera restreinte, comprenant uniquement les quelques personnes qui ont refusé le mode de règlement privilégié et les cas de régularisation sur incident. Les responsables du projet avancent prudemment…

L'annonce d'Orange constitue une excellente nouvelle pour l'EPI et son porte-monnaie virtuel. Néanmoins, chacune de ses étapes prend un temps infini et laisse de la sorte les consommateurs et les commerçants s'accoutumer toujours un peu plus aux systèmes existants. Alors que les opérations en boutique physique ne sont pas encore prises en charge (et que leurs modalités de mise en œuvre suscite des doutes), la phase la plus longue et la plus délicate – de séduction et d'enrôlement des utilisateurs au-delà des seuls échanges d'argent entre proches – n'est toujours pas sérieusement engagée.

J.P. Morgan investit encore pour le chèque

J.P. Morgan Chase
Quand certains pays se préparent à abandonner le chèque imprimé, vestige d'un autre temps, aux États-Unis, J.P. Morgan Chase entame le déploiement de robots sophistiqués et d'outils à base d'intelligence artificielle afin d'optimiser leur traitement pour les entreprises qui en dépendent encore fortement dans leurs opérations courantes.

Comme observé dans le reste du monde, les américains délaissent peu à peu le chèque au profit d'instruments de paiement plus modernes et plus efficaces, avec un volume annuel en baisse de plus de 85% depuis son pic à la fin du siècle dernier. Pourtant son usage résiste, à hauteur de 2,8 milliards d'opérations en 2025, dans certains secteurs et chez certaines classes de population ou d'entreprises. Apparemment, ce niveau persistant suffit donc à justifier un investissement significatif de la part de la banque.

En l'occurrence, la première motivation réside dans le maintien de la confiance des clients pour lesquels le besoin est particulièrement criant, à savoir les organisations qui reçoivent des chèques en masse, avec un nombre important de correspondants, et recourent pour ce faire à l'offre de « lockbox ». Il s'agit d'une boîte aux lettres sécurisée dédiée, placée sous la responsabilité directe de la banque, auxquelles les payeurs adressent leurs règlements, pris en charge pour le compte du bénéficiaire.

Naturellement, la lecture et l'encaissement de chèque sont automatisés depuis des décennies ; il s'agit même d'une des plus anciennes mises en œuvre industrielle de la reconnaissance de caractères, y compris manuscrits. À cet existant, J.P. Morgan ajoute cependant une dimension supplémentaire : un robot mécanique capable, en totale autonomie, d'ouvrir les enveloppes, retirer les éventuelles agrafes et décoder tous les documents transmis, notamment pour faciliter les réconciliations de facture.

Dans un premier temps, l'institution équipe un de ses six centres, à Chicago, les autres devant suivre si les résultats sont au rendez-vous. Aucune indication n'est fournie quant au coût du projet mais on peut penser qu'il est loin d'être négligeable, entre les composants nécessaires, matériels et logiciels, et les probables exigences d'aménagement adapté des locaux. Est-il bien raisonnable d'engager des frais conséquents pour l'amélioration marginale d'un service voué à disparaître à terme ?

Après tout, même si la banque ne souhaite pas l'élimination du chèque (ce qui serait surprenant), ses clients, eux, préféreraient majoritairement, selon toute vraisemblance, l'éradiquer au profit de solutions plus rapides, mieux sécurisées et moins propices à la fraude, moins onéreuses… C'est bien dans cette direction que des initiatives devraient donc être menées en priorité, de manière à faciliter la transition des émetteurs de chèque, en prenant en compte les contraintes auxquelles il sont confrontés.

J.P. Morgan Chase – Lockbox

Soutien à Autistici/Inventati, hébergeur désigné comme « terroriste » par l’administration Trump

La Quadrature du Net, comme d’autres organisations, est signataire d’une lettre ouverte publiée sur Sabot Media dénonçant la répression dont est victime Autistici/Inventati, hébergeur associatif italien, de la part du gouvernement états-unien. Nous republions cette lettre traduite en français par la communauté CHATONS.org.

En tant qu’organisation de défense des droits humains et numériques, La Quadrature du Net apporte tout son soutien au collectif Autistici/Inventati. Vous pouvez retrouver la lettre originale sur le site de Sabot Media.

Le 26 août 2026, les États-Unis ont désigné le collectif numérique italien Autistici/Inventati comme « Specially Designated Global Terrorist » (Terroristes internationaux) et l’ont ajouté à la liste d’organisations placées sous sanctions états-uniennes appelée « Specially Designated Nationals list », sous l’ordre exécutif 13224. Les organisations états-uniennes en lien avec Autistici/Inventati (banques, fournisseurs…) bénéficient d’une autorisation temporaire de mener à bien les transactions déjà engagées avec A/I avant cette classification. Cette autorisation prend fin le 25 septembre 2026 à 00h01 à l’heure de Washington. Après cette date limite, les relations devront être suspendues, sous peine de sanctions.

Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d’email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L’organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux. Son infrastructure est construite en réponse à la censure, à la surveillance furtive et aux saisies de serveurs. Elle minimise les données personnelles, utilise des systèmes distribués et traite la confidentialité comme un bien commun nécessaire à la participation politique plutôt que comme un produit.

L’annonce publique des États-Unis pointe des organisations qui sont censées avoir utilisé l’infrastructure d’A/I. Elle ne montre pas qu’A/I a planifié les actions citées, choisi des cibles, dirigé ses utilisateurs et utilisatrices ou créé le contenu hébergé. Cette annonce soulève une question qui va bien plus loin que la question du collectif A/I : est-ce que le fait de maintenir une infrastructure dédiée à des communications confidentielles de mouvements défavorisés, peut lui-même être traité comme du terrorisme ?

Cette théorie met en danger les hébergeurs indépendants, les services de communication chiffrés, les librairies radicales, les archives des mouvements sociaux, les éditeurs et les petits projets bénévoles, partout dans le monde. Elle encourage les banques, les registraires de noms de domaine, les entreprises d’hébergement à couper tout accord immédiatement, et à poser les questions juridiques ensuite. Elle transforme la minimisation de la collecte des données en quelque chose de suspect, la confidentialité en dissimulation, et l’infrastructure en culpabilité par association.

Les grandes plateformes numériques commerciales sont habituellement distinguées du discours et du comportement de leurs utilisateurs et utilisatrices par un principe de responsabilité limitée, en tant qu’intermédiaires. Ces protections ne sont pas absolues et ne permettent pas de déroger à la loi sur les sanctions. C’est précisément pour cela que cette annonce est si lourde de conséquences : le pouvoir de sanction de l’exécutif états-unien peut imposer une isolation économique sans qu’un tribunal ait jugé si un hébergeur est légalement responsable du contenu tiers.

Autistici/Inventati n’est pas neutre politiquement, tout comme les bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles qui pourraient signer cette lettre. Mais l’affinité politique est distincte d’un contrôle opérationnel. Fournir un compte d’email, une plateforme de publication ou un serveur n’est pas la même chose que de planifier tout ce qu’un utilisateur ou une utilisatrice pourrait ensuite faire ou dire.

Nous appelons donc à :

La révocation immédiate de cette classification, ou son réexamen rapide et transparent, accompagné de la publication de la base factuelle et légale sur laquelle s’appuie cette décision. Cette transparence doit être suffisante pour une analyse et une contestation publiques.

Une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.

La confidentialité, le chiffrement, le pseudonymat et le refus de conserver des données identifiantes ne doivent pas être traités comme des preuves d’activité ou d’intention terroriste.

Une protection pour l’investigation, la recherche, l’archivage et le plaidoyer indépendants.

Les journalistes, les bibliothèques, les chercheurs et chercheuses et les archivistes communautaires devraient être en capacité de documenter cette affaire sans être traités comme des parties intégrantes de l’entité désignée.

La résistance à la sur-conformité des institutions.

Les banques, les registraires, les hébergeurs, les fournisseurs de certifications et les entreprises des NTIC devraient rendre publiques les restrictions auxquelles elles sont soumises, notifier leurs contraintes légales chaque fois que c’est permis, et éviter de détruire de l’information ou des relations au-delà de ce que la loi requiert réellement.

Une réponse publique de la part des institutions qui défendent les libertés numériques, la liberté d’expression et les libertés individuelles.

Garder le silence, ce serait permettre la création d’un précédent sur le ciblage des infrastructures autonomes.

Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle.

Le but de la classification économique, c’est l’isolation. Notre réponse est une solidarité indépendante, informée et disciplinée. Nous voulons préserver les archives publiques, analyser les allégations du gouvernement états-unien, résister à la sur-conformité et défendre la capacité des mouvements à communiquer sans se soumettre à la surveillance des entreprises ou des États.

Un cas d'usage de stablecoin disqualifié

Banca d'Italia
Comme la ruée vers la blockchain (toujours en cours), l'engouement actuel de l'industrie financière pour les stablecoins me semble reposer sur des illusions technologiques. Mais les messages ayant plus de portée quand ils émanent d'institutions respectables, découvrons ce qu'en pense la Banque d'Italie pour les transferts internationaux.

Afin d'analyser la situation du marché et vérifier une des promesses de la coqueluche du secteur, les chercheurs de l'établissement ont conduit une expérimentation anonyme, en conditions réelles, sur dix couloirs différents (dans les deux directions entre leur propre pays et l'Argentine, le Brésil, l'Afrique du Sud, les Émirats Arabes Unis et le Japon), représentatifs de contextes diversifiés, à travers l'envoi et la réception de 200 USDC (un des stablecoins les plus populaires du moment, lié au dollar américain).

Les résultats sont éloquents (et, franchement, sans surprise). D'emblée, les contraintes réglementaires en vigueur au Japon excluent ce dernier du champ de l'étude. Ensuite, en dehors d'un cas particulier (de l'Italie vers l'Argentine, étonnamment compétitif), le coût des opérations (jusqu'à 9% !) n'est pas systématiquement avantageux, ni en comparaison avec les moyennes publiées par la Banque Mondiale ni, surtout, par rapport aux tarifs pratiqués par Wise, leader de fait des échanges transfrontaliers.

Par ailleurs, les délais de traitement sont essentiellement régis par la disponibilité d'un réseau de paiement instantané aux extrémités de la chaîne de transmission (dont le cœur était assuré par la blockchain d'Ethereum), l'objectif du test étant bien de simuler une transaction typique du grand public, partant de et aboutissant à un compte bancaire en devise locale. En général inférieurs à 20 minutes de bout en bout, ils peuvent atteindre un ou deux jours, notamment avec les Émirats. Là aussi, Wise est compétitif.

Banca d'Italia – Stablecoin

La Banque d'Italie enfonce des portes ouvertes – mais c'est probablement nécessaire au vu des mythes qui circulent – en soulignant que, sur les deux aspects, le facteur limitant réside dans les mécanismes de conversion entre les monnaies fiduciaires et le stablecoin traversant effectivement les frontières. Ils ont toujours constitué le point de friction principal du domaine, certes sous des formes variées (par exemple avec les systèmes de correspondants), mais ce n'est pas en changeant de canal intermédiaire qu'il a la moindre chance d'être résolu. Détail amusant, le rapport déclare que la capacité à utiliser l'USDC (ou autre ?) directement, dans les commerces, éliminerait le problème : il pourrait en dire autant d'une monnaie mondiale universelle !

Ces constats ne devraient pas être une découverte : depuis les premières aventures des acteurs de la finance avec la blockchain, il est évident que son interface avec le monde réel représente le nœud de contention insurmontable, pour toutes sortes de considérations, de coûts, de délais, de sécurité, de confidentialité… À l'inverse, il n'est nul besoin de cette technologie terriblement inefficace pour optimiser ce qui peut l'être par un « simple » travail de refonte des processus et des infrastructures qui les supportent… comme l'a brillamment démontré Wise pour les transferts internationaux.

Infonuagique, la fin des illusions

Nuage
Depuis une vingtaine d'années, les entreprises de tous secteurs, petites puis grandes, se sont laissées séduire par les promesses de l'infonuagique public… sans toujours bien en appréhender les contraintes. Aujourd'hui, un article d'Information Week suggère qu'un retour de balancier est en cours, avec un rapatriement interne de plus en plus fréquent de certaines applications.

Pour beaucoup de clients des services « cloud » d'Amazon, Google, Microsoft…, une des principales motivations de leur choix résidait dans la réduction des coûts d'infrastructure qu'ils espéraient en dégager au vu des tarifs agressifs pratiqués, rendus possibles par l'industrialisation à outrance de ces géants de l'informatique. Il est vrai que les investissements en matériel, les frais de personnel engendrés par leur pilotage et leur exploitation, les factures annexes (électricité)… résistent mal à la comparaison.

Hélas, à l'usage, il ressort que l'avantage économique supposé ne s'est que rarement matérialisé, ce qui conduit donc les responsables à considérer une ré-internalisation, surtout pour les charges de calcul stratégiques, pour lesquelles le besoin de reprise de contrôle se fait également sentir (quelques incidents retentissants, bien qu'ils restent exceptionnels, donnent à réfléchir). Les politiques de déploiement par défaut, voire systématique, dans l'infonuagique cèdent la place à une approche pragmatique.

La période actuelle n'est pourtant pas particulièrement propice à une telle transition, avec l'explosion des coût de la mémoire qui risque d'impacter fortement les budgets des projets d'équipement. Ne vaudrait-il pas mieux chercher à optimiser l'existant plutôt que de revenir à une situation antérieure dont les inconvénients n'ont évidemment pas disparu entre temps ? Dans cette perspective, il faudrait commencer par effectuer une analyse sérieuse de l'état du système d'information et de ses faiblesses structurelles.

Ainsi, les déceptions attribuées aux solutions du marché sont en fait dues à un grave malentendu (que je souligne depuis longtemps). Il était absurde, notamment dans les grands groupes, de croire que l'infonuagique allait permettre d'abaisser les coûts de manière significative sans prévoir au préalable une remise en question du patrimoine informatique, celui-ci comportant bien trop de spécificités uniques et s'appuyant sur des composants disparates et parfois exotiques pour s'adapter sans difficulté.

Le seul véritable moyen de réaliser des économies sur la puissance de calcul, avec le « cloud » privé comme public, incidemment, consiste à uniformiser et rendre flexibles les logiciels qui l'exploitent. L'implémentation d'un modèle banalisé de serveur (virtuel) universel et d'une capacité intrinsèque de déploiement à la demande constitue un pré-requis indispensable autant à l'optimisation économique qu'à la maîtrise de son destin. C'est un travail en profondeur sur l'architecture qui devrait être engagé avant même de se poser la moindre question sur l'hébergement des applications.

Nuages

Visa avance dans la cybersécurité

Visa
Tandis que le recours à l'intelligence artificielle prend de l'ampleur dans les offensives contre tous les secteurs économiques, Visa enrichit sa solution propulsée à l'IA d'analyse de vulnérabilités, mise au point dans le sillage de sa collaboration avec Anthropic, et lui ajoute des capacités d'assistance à la remédiation qui deviennent indispensables.

Le constat qui justifie la nouveauté aurait pu être fait dès la publication de la première version du « Vulnerability Agentic Harness », mais il fallait bien laisser un peu de temps à ses concepteurs pour lui adjoindre ces fonctions supplémentaires. C'est que la détection de failles de sécurité grâce à l'IA n'a désormais plus rien d'exceptionnel, y compris pour les cybercriminels. Le défi réside aujourd'hui plutôt dans la faculté des firmes à colmater les innombrables brèches repérées avec la réactivité nécessaire.

Les signalements automatisés arrivent à un rythme tellement effréné que bien des organisations admettent que leurs équipes informatiques (et leurs fournisseurs) n'arrivent plus à suivre. Conséquence principale, les corrections prennent du retard et les délais induits sont mis à profit par les personnes mal intentionnées afin de réaliser leurs méfaits. La seule solution envisageable, et concrétisée par Visa, consiste donc à miser aussi sur l'intelligence artificielle lors des travaux de remise à niveau.

Outre une ouverture sur d'autres modèles d'IA que celui d'Anthropic, l'évolution qu'apporte l'institution à son outil porte donc en priorité sur cet aspect. Un module additionnel propose ainsi des modifications de code destinées à neutraliser les défauts identifiés. Pour plus d'efficacité, il opère en boucle fermée : il est en mesure d'évaluer les changements réalisés et d'informer les développeurs des erreurs résiduelles, jusqu'à validation finale, matérialisée par l'éradication « officielle » de l'anomalie en cause.

Visa Vulnerability Agentic Harness

En parallèle de cette mise à jour technologique, sachant que VVAH (son petit nom) est distribué sous licence libre, Visa complète également son offre d'accompagnement. Celle-ci comporte notamment diverses composantes pédagogiques, permettant entre autres aux entreprises de s'approprier la plate-forme, et une formule d'assistance sur le terrain, en vue d'aider ses clients dans son utilisation, par exemple pour l'analyse des résultats, la définition des priorités et l'établissement d'une stratégie à long terme.

Depuis la récente apparition d'applications capables de rechercher les vulnérabilités des logiciels à une échelle industrielle grâce à l'intelligence artificielle, les responsables de sécurité ont tendance à perdre le sommeil, surtout dans les industries les plus sensibles, en raison autant de l'ampleur des risques qu'ils découvrent soudainement que du nombre ingérable d'alertes qu'ils reçoivent et qu'ils doivent trier dans la précipitation et donc avec de fortes probabilités d'erreur. Ils ont besoin en urgence absolue de solutions – informatiques et humaines – telles que celles que déploie Visa.

Liens vagabonds: Vers une démystification de la Silicon Valley ?

La Silicon Valley perdrait-elle ses derniers lauriers ? Aux États-Unis comme en Europe, les critiques se multiplient : addiction des adolescents aux réseaux sociaux, opacité des algorithmes, prolifération des centres de données ou mise en lumière d’une idéologie techno-fasciste. Dernier épisode en date : l’accord transactionnel scellé le 26 août par Meta avec plusieurs États […]

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AXA aide les parents solos

AXA
Dans un monde qui change en permanence, l'assurance doit régulièrement s'adapter aux grandes évolutions sociétales. Les garanties contre le harcèlement, notamment scolaire, se sont ainsi fortement développées depuis quelques années. AXA s'attaque maintenant aux défis qu'affrontent les parents solos au quotidien.

Les médias abordent de plus en plus fréquemment le sujet, surtout en période de rentrée des classes, pendant laquelle la pression est particulièrement sensible. Aujourd'hui, environ une famille sur quatre est composée d'un seul adulte et, dans une immense majorité des cas (82%), c'est une femme, dans une position statistiquement plus fragile qu'un homme, qui assume seule la charge des enfants, avec ses impacts importants sur son budget, son emploi du temps, sa santé psychologique…

Ces risques sont donc ceux que couvre dorénavant le contrat « Accidents de la Vie » d'AXA France. Les parents concernés – quelles qu'en soient les conditions, divorce, séparation ou deuil – bénéficieront ainsi pendant les 12 mois qui suivent l'événement déclencheur de services d'assistance qui leur permettront de faire face aux urgences de leur nouvelle situation et de reprendre pied progressivement dans leur vie d'après : garde des enfants, soutien scolaire, support psychologique (par téléphone)…

AXA – Parents Solos

Un second volet ajoute en outre un accompagnement administratif et juridique au dispositif. Il inclut notamment un accès à des informations qui peuvent s'avérer difficiles à obtenir par soi-même pour qui se trouve soudainement confronté au besoin d'effectuer des demandes d'aide sociale ou de connaître ses droits, par exemple. Si nécessaire, l'assureur propose également la mise en relation avec des associations spécialisés et des recommandations d'avocats (sans inclure leurs prestations, toutefois).

Traditionnellement, les accidents de la vie, tels que les conçoit l'industrie, englobaient les accidents et la maladie (dont, soit dit en passant, la couverture d'AXA introduit désormais aussi des composantes dédiées aux parents solos). Cependant, les comportements et les habitudes de la population évoluent avec le temps. Naturellement, la transition vers un modèle familial monoparental a toujours représenté un cataclysme pour ceux qui la subissent mais, au XXIème siècle, il s'agit presque de la norme. Il paraît donc indispensable de prévoir une assistance ad hoc dans ces circonstances.

Nous ne lisons pas les conditions d’utilisation, et c’est problématique

Il y a quelques années, on vous offrait un cadeau virtuel sur un réseau social. En échange, il suffisait de cliquer sur un « J’accepte » ou de cocher une case déjà cochée. Personne n’a lu le document qui s’ouvrait alors. Personne. C’est le destin commun de presque tous les internautes, le vôtre et le mien compris. Pourtant, ce clic discret n’est pas anodin. Il est le petit rouage invisible d’…

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Souveraineté numérique : reprendre le contrôle couche par couche

Le numérique repose sur une chaîne de valeur complexe, de l’extraction des matières premières jusqu’à l’application utilisée par un agent ou un usager. Lorsqu’une collectivité hérite de cette chaîne telle quelle, elle se retrouve dépendante, à chaque niveau, de quelques géants étrangers. La souveraineté numérique ne s’obtient pas d’un coup : elle se reconstruit couche par couche.

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Démocratiser la gestion de patrimoine avec l'IA

Vanguard
Rêve ancien mais, hélas, jamais concrétisé, la gestion de patrimoine pour tous semble aujourd'hui réveiller les appétits, à l'aune des promesses de l'intelligence artificielle. Le géant américain Vanguard annonce ainsi l'acquisition d'Altruist, en espérant que sa plate-forme aide les conseillers spécialisés à démultiplier leur force de frappe.

Avec les générations successives de « robots-conseillers », la première vague de démocratisation du secteur vise, depuis une quinzaine d'années, à proposer une alternative aux personnes ne disposant pas des moyens de bénéficier des services d'un professionnel. L'absence d'une dimension d'accompagnement de proximité dans ces outils les a malheureusement relégués à un rôle de plate-forme d'investissement certes accessible, mais avec laquelle le client est largement laissé seul devant ses choix.

La vision cible a maintenant changé, y compris chez les trublions d'autrefois, qui, pour les plus évolués, ont mis en place des modèles de conseil humain pour les utilisateurs « haut de gamme ». L'objectif privilégié consiste désormais à rendre ces approches plus efficaces, de manière à en abaisser les coûts et parvenir de la sorte à les ouvrir à une population plus large… qui ne pourra cependant englober l'immense majorité des ménages, modestes, voués, pour l'instant (à jamais ?), à rester à l'écart de la tendance.

Altruist se positionne clairement sur ce créneau, avec une solution propulsée à l'IA pour l'optimisation des processus administratifs qui consomment tellement de temps et d'énergie chez les conseillers, qu'ils préfèreraient consacrer à aider plus d'individus dans le pilotage de leur argent : ouvertures de compte (et les contraintes, notamment réglementaires, associées), suivi des portefeuilles et rapports contextualisés (incluant aussi un portail dédié pour les clients), pilotage des opérations, facturation…

Vanguard x Altruist

Le domaine de la gestion de patrimoine est historiquement en retard dans sa transformation « digitale » et cette situation crée une opportunité pour des jeunes pousses qui voient dans l'intelligence artificielle un moyen de combler le déficit (en France, Patrimind, dont je parlais récemment en fournit un autre exemple). En revanche, leurs offres adressent en priorité des enjeux de productivité dans les métiers existants plutôt que d'envisager une modernisation pourtant nécessaire de l'expérience client.

Je reste toutefois optimiste pour l'avenir, même si celui ci semble encore lointain, car, comme je le remarquais dans un article précédent, je pense que les acteurs qui commencent à convaincre la profession de recourir à l'IA dans leur quotidien – et l'irruption de Vanguard dans la bataille devrait accélérer le mouvement – prendront certainement conscience, avec leurs clients, des possibilités d'étendre progressivement leur périmètre d'intervention, en particulier en permettant à leurs outils d'offrir les niveaux de conseil primaires qui font aussi partie du train-train des spécialistes et peuvent couvrir une part importante des besoins des moins fortunés.

CommBank prépare l'abandon du chèque

CommBank
Tandis que l'Australie doit entamer son processus d'abandon du chèque comme moyen de paiement à partir de 2028, x15ventures, la filiale de capital-risque de CommBank, présente dès maintenant une solution de substitution pour un cas d'usage courant en entreprise : les règlements en volume à l'intention de bénéficiaires mal identifiés.

À l'ère des échanges électroniques généralisés, le chèque imprimé paraît totalement anachronique mais, bien que son utilisation soit en régression constante, il conserve un attrait incomparable pour les organisations qui doivent, pour une raison ou une autre (indemnisation sur litige, remboursement de trop perçu…), verser des fonds à des clients dont elle ne possède que peu d'informations de contact : un courrier à une adresse préalablement enregistrée et le tour est joué (du moins de leur point de vue).

Afin de transposer ces pratiques dans la banque du XXIème siècle, PaidIt déploie un annuaire généralisé des données de paiement des consommateurs, accompagné d'un service qui permet d'automatiser l'émission d'un règlement vers un individu à partir des éléments d'identification disponibles, aussi fragmentaires soient-ils. Afin d'en garantir l'efficacité, l'ensemble s'appuie sur les infrastructures existantes, dont les plates-formes locales de virement instantané (NPP, PayId) et d'identité bancaire (ConnectId).

En pratique, l'organisation qui souhaite réaliser une transaction commence par interroger PaidIt avec les informations qu'elle possède. Dans l'hypothèse d'une correspondance sans ambiguïté, elle obtient une réponse positive et le transfert est initié sans délai, vers le compte et via le protocole préférés du destinataire. S'il subsiste un doute sur la reconnaissance des données transmises, une demande de compléments est retournée et il va alors falloir contacter la personne afin qu'elle s'enrôle.

PaidIt by CommBank

Naturellement, à ce stade, on retombe sur les mêmes limitations que pour l'envoi d'un chèque. En revanche, si la requête parvient bien à son bénéficiaire, celui-ci est invité à inscrire ses références de compte dans le registre (pour réutilisation pour les besoins ultérieurs) ou à assigner le nouveau règlement à son profil existant, de manière à recevoir son dû en quelques secondes et sans autres complications administratives.

Le principe est donc similaire à celui mis en œuvre dans la plupart des systèmes de paiement entre particuliers, la seule différence, et la seule complexité supplémentaire, avec PaidIt résidant dans les mécanismes de réconciliation des informations personnelles des consommateurs, alors que le numéro de téléphone constitue généralement un identifiant universel dans les dispositifs destinés au grand public.

PaidIt est d'ores et déjà exploité par CommBank dans certaines circonstances spécifiques dont, apparemment, le versement de dividendes aux actionnaires (quoique avec des délais de traitement…). La démarche de la banque soulève toutefois une interrogation : le registre de PaidIt aurait vocation, par essence, à devenir un référentiel de place, partagé par tous les établissements australiens. Sa création par une filiale de l'un d'eux risque de freiner son adoption… et son ambition vis-à-vis du chèque.

Toujours est-il que l'initiative mériterait d'intéresser et d'inspirer toutes les institutions financières – ou, de préférence, leurs regroupements nationaux – qui désirent éliminer le chèque de leurs offres, qu'une stratégie officielle de retrait ait été décrétée ou non.

La banque en temps réel, pas à pas

Citi
Avec la généralisation des communications instantanées, toutes les interactions personnelles et commerciales s'exécutent désormais en temps réel. Toutes ? Pas tout à fait, puisque la banque continue à introduire des délais dans nombre de ses processus, vestiges des débuts de l'informatique qui résistent toujours à la modernisation.

Les clients particuliers des établissements traditionnels sont certes accoutumés aux décalages dans l'apparition de leurs dépenses sur leurs relevés de compte mais ils pourraient croire que les investisseurs institutionnels bénéficient d'un meilleur niveau de service, surtout avec des opérations sur les marchés, quand la réactivité est primordiale. Or il n'en est rien, en tous cas en ce qui concerne les traitements qui se déroulent en arrière-plan, notamment dans l'univers de la conservation de titres.

Voilà pourquoi Citi Investor Services, qui fait partie de cette catégorie, est fière de présenter sa nouvelle solution « Custody+ », portant la promesse d'une accélération drastique de ses capacités… à défaut d'un engagement au 100% temps réel. 80% des activités, dont les transactions portant sur les actifs détenus, par exemple, seront enfin gérées au fil de l'eau grâce à cette avancée, qui s'appuie sur une nouvelle infrastructure universelle de pilotage des événements mise en place à l'échelle de l'entreprise.

Sans grande surprise, la démarche de la banque n'émane pas d'une volonté endogène d'optimiser son modèle et de l'aligner sur les exigences de rapidité de ses clients, encore rarement exprimées explicitement. Ce sont bien des facteurs externes qui la conduisent à remettre en question ses pratiques d'une autre époque, à savoir l'évolution globale des marchés vers une réduction des délais de compensation et la prise de conscience de l'avantage qu'offre leur fonctionnement instantané aux cryptoactifs.

Citi profite ainsi de son annonce pour rappeler sa prochaine entrée dans le cirque du bitcoin. Dans un registre similaire, elle souligne que les opérations sur les dépôts « tokenisés » grâce à sa solution ad hoc sont déjà réalisées en temps réel. Dans une logique absurde, ce message veut laisser entendre que la transition vers ce genre d'approche technique est une condition de l'accélération alors que l'initiative dont il est question démontre clairement qu'elle relève uniquement d'un choix stratégique.

Citi Investor Services

Testudo assure contre les risques de l'IA

Testudo
Dans de nombreuses entreprises, l'intelligence artificielle générative est perçue comme une extraordinaire source d'opportunités mais également de risques impossibles à maîtriser, qui entravent leurs initiatives, notamment celles qui s'adressent directement aux clients. L'américaine Testudo leur propose désormais une assurance dédiée.

Les dirigeants ont de quoi s'inquiéter : alors que les applications de l'IA se propagent à grande vitesse dans leurs organisations, leurs garanties de responsabilité civile excluent progressivement celles-ci de leur périmètre. En parallèle, les litiges sont de plus en plus nombreux, qu'ils portent sur les conséquences d'erreurs commises par les outils ou sur des questions de propriété intellectuelle, pour ne citer que les cas les plus fréquents, et les montants d'indemnisation réclamés se chiffrent en millions de dollars.

Naturellement, la jeunesse de la technologie et la nouveauté de ses impacts (notamment par rapport à des logiciels traditionnels) expliquent les réticences des assureurs. Mais elles n'empêchent pas Testudo de développer ses modèles actuariels propres, adossés à Lloyd's, grâce à une approche adaptée. Elle s'appuie en particulier sur une veille permanente des dossiers traités par la justice, de manière à pouvoir ajuster ses paramètres en quasi temps réel, en fonction des profils spécifiques de ses clients.

Pour ces derniers, l'offre se décline en trois composantes successives. En premier lieu, la jeune pousse réalise une analyse de leur exposition, sur la base, entre autres, de leur domaine d'activité et des cas d'usages d'IA effectivement mis en œuvre. Ainsi armée, elle déploie ensuite son protocole de communication contextualisé de l'actualité via lequel elle transmet à chaque entreprise les informations susceptibles de la concerner, décisions judiciaires, interventions réglementaires, incidents et autres sinistres… de manière à lui permettre de prendre des mesures préventives ad hoc.

La dernière partie consiste en la couverture à proprement parler, personnalisée par rapport au résultat de l'étude préliminaire et rafraîchie régulièrement au fil des événements identifiés dans l'univers de l'IA. Elle prend en charge, à hauteur d'un maximum de 10 millions de dollars (selon les polices), les différends suscités par les impacts d'hallucinations, y compris d'éventuels dommages physiques, les divulgations de données confidentielles, les violations de copyright, les infractions réglementaires…

Testudo se donne pour mission d'apporter de la confiance dans l'économie de l'IA et il est vrai qu'elle en a besoin. Combien d'expérimentations sont mises en sommeil en raison des dangers qu'entraînerait le moindre écart dans le comportement des modèles ? Une multitude d'acteurs se positionnent aujourd'hui sur leur encadrement, afin d'éviter ces dérives, mais il leur est difficile de garantir qu'elles sont totalement éliminées. Une assurance fournit alors la dernière couche de protection, qui deviendra vite indispensable. Pas étonnant que Goldman Sachs ait investi dans la startup !

Testudo

NatWest teste un nouvel outil d'accessibilité

NatWest
Grâce à une collaboration avec la jeune pousse spécialisée Be My Eyes, NatWest expérimente une approche révolutionnaire pour assister ses clients souffrant de handicap visuel dans leurs démarches bancaires courantes et réduire de la sorte leur exposition aux dangers de l'univers « digital », leur risque d'exclusion et leur dépendance.

Naturellement, les entreprises qui font preuve d'un minimum d'engagement pour l'accessibilité de leurs services mettent en œuvre diverses solutions afin d'aider les individus affectés par une quelconque déficience à utiliser leurs outils numériques, notamment à travers le respect des standards internationaux pour les sites web ou les recommandations des fournisseurs de systèmes pour les applications mobiles. En revanche, les interactions avec le monde réel restent fréquemment un problème.

La méthode adoptée par Be My Eyes répond justement à ce besoin, correspondant par exemple, dans le cas de NatWest, à la lecture d'un courrier ou l'activation d'une nouvelle carte de crédit, toutes tâches difficiles à accomplir en totale autonomie. Son principe consiste alors à partager ce que la personne sollicitant une assistance a sous les yeux, via la caméra de son téléphone ou, encore mieux, ses lunettes connectées, avec un collaborateur qui se charge de la guider pas à pas dans l'exécution de l'action requise.

NatWest x Be My Eyes

Concrètement, les consommateurs intéressés devront installer le logiciel de Be My Eyes – qui, dans son fonctionnement normal, propose de recourir à des bénévoles pour leurs demandes du quotidien – et rechercher le support de NatWest dans son annuaire intégré. Dès lors, ils sont pris en charge par un employé de la banque, formé dans ce but, pour traiter leur problématique sans crainte pour la sécurité et la confidentialité de leur interaction. L'option est entièrement gratuite (du moins dans la phase pilote).

Historiquement, la technologie favorise l'inclusion des individus portant une incapacité, pour peu que les organisations avec lesquelles ils échangent portent attention à leurs attentes. Les impacts en sont toutefois, en général, plus importants dans les usages « digitaux », l'intégration de contraintes d'adaptation étant alors plus « automatique ». Or, comme le démontre NatWest (et, surtout, Be My Eyes), dont j'aime l'exploitation des lunettes connectées pour une application véritablement utile, les opportunités d'amélioration de l'expérience dans le monde réel sont également envisageables.

Quelle différenciation pour une banque ?

CommBank
Dans l'univers financier banalisé contemporain, les grandes institutions n'imaginent plus guère de solutions pour se différencier par rapport à leurs concurrentes. L'australienne CommBank recourt donc à une stratégie éculée et enrichit son programme d'avantages. N'existerait-il donc plus aucun moyen de revigorer, voire réinventer, le secteur ?

S'appuyant sur des enquêtes qui, sans surprise dans le contexte actuel de tension sur le pouvoir d'achat, révèlent que les consommateurs sont plus que jamais intéressés par les systèmes de récompenses attachés à leurs cartes de crédit, la banque annonce qu'elle en étend désormais la portée à l'ensemble de son catalogue. Ses clients accumuleront ainsi des points de fidélité aussi sur leurs crédits immobiliers, leurs comptes d'épargne, leurs contrats d'assurance… (les critères applicables n'étant pas précisés).

Pour un maximum d'attractivité auprès des 9 millions d'adeptes de son programme « Yello », CommBank insiste en outre sur la faculté qu'elle offre de convertir ces primes facilement, depuis ses applications web et mobile, en réductions sur des dépenses courantes – courses du quotidien, pleins de carburant, factures d'eau, de téléphonie, d'électricité… – comme sur des projets plus exceptionnels – notamment les sorties ou les voyages – par l'intermédiaire d'un certain nombre de partenaires renommés.

L'objectif de la démarche paraît parfaitement transparent. Alors que les dispositifs du genre sont devenus universels sur le marché des cartes de crédit, du moins dans les pays anglo-saxons, où ils constituent un argument de séduction de nouveaux porteurs, il est plutôt question ici de fidéliser les clients en leur faisant valoir l'extension aux autres produits bancaires des bénéfices qu'ils apprécient déjà. Le principe fait évidemment sens à une époque où les consommateurs deviennent volages et n'hésitent plus à multiplier leurs fournisseurs, traditionnels ou acteurs de la FinTech.

CommBank Rewards

Toujours est-il que la méthode employée fait partie de celles qui révèlent un épuisement de la capacité d'innovation. En effet, quand l'offre est identique d'une enseigne à une autre, les seules options subsistant pour se distinguer consistent soit à baisser les prix, soit à promettre des cadeaux, cette dernière étant souvent préférée car elle procure à son bénéficiaire un sentiment de récompense positif qui se répète dans la durée tandis que la première est adoptée par les nouveaux entrants en phase de conquête.

Cette situation ne devrait pourtant pas être inévitable. Historiquement, la relation avec leur conseiller individuel et la qualité de son accompagnement figuraient parmi les principaux facteurs de loyauté des clients envers leur teneur de compte. Or cet aspect a quasiment disparu des radars de l'industrie, entre autres en raison de la transition vers des interactions « digitales ». Il me semble cependant envisageable de recréer un équivalent de ce conseil personnalisé et contextualisé avec les outils numériques disponibles aujourd'hui et d'en faire un avantage concurrentiel inestimable.

Liens vagabonds: La Chine est-elle prête à détrôner YouTube ?

Après TikTok et l’éphémère engouement pour RedNote pendant l’interdiction américaine de TikTok, Bilibili se lance discrètement sur la scène internationale. Cette semaine, la plateforme vidéo collaborative chinoise relance son application internationale sur Android, avant une arrivée prochaine sur iOS, avec de nouvelles langues comme l’anglais, le japonais, le thaï, le malais, le vietnamien et l’arabe. […]

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L'innovation IA en crowdsourcing chez Starling

Starling Bank
Tous ses clients ne se sentant pas qualifiés pour exploiter son assistant intelligent, Starling Bank lui ajoute maintenant une rubrique « smart tools » qui leur propose des sortes de recettes prêtes à l'emploi pour divers besoins courants. Et elle promet de l'enrichir chaque semaine, y compris avec des suggestions en provenance de ses utilisateurs.

L'outil de la néo-banque a dépassé depuis quelques temps le stade du chatbot qui aide à la navigation dans les comptes, les produits, la documentation… via une interface en langage naturel. Vanté comme pionnier au Royaume-Uni, il sait aussi exécuter des actions pour le compte de son « maître ». Les plus aguerris s'en servent pour automatiser des tâches récurrentes mais une partie de la clientèle reste à l'écart de ces possibilités, faute de confiance en sa capacité à piloter l'intelligence artificielle.

L'onglet « smart tools » est conçu pour cette population. Au lieu de se contenter de quelques exemples de consignes (« prompts ») simples puis de laisser la personne se débrouiller devant l'invitation à engager la conversation avec l'IA, il liste un certain nombre de services prédéfinis, offrant plus ou moins de latitude de personnalisation, beaucoup plus faciles à mettre en œuvre et, surtout, rassurants pour les néophytes, puisqu'ils portent la garantie implicite de ne pas prendre de risques insoupçonnés.

Au lancement, seules quatre fonctions sont incluses. Deux d'entre elles s'adressent aux particuliers, dans une approche relativement élémentaire, puisqu'il est question d'un quizz sur les habitudes de dépenses et de préparation de budget pour les étudiants. Les petites entreprises, quant à elles, bénéficient d'un module d'épargne automatisée pour les taxes (dans lequel le responsable indique comment identifier les opérations concernées) et d'un guide de migration vers la dématérialisation des impôts.

Starling Smart Tools

D'ici la fin du mois, deux options supplémentaires rejoindront le catalogue, l'une pour la mise en place et l'alimentation d'une réserve d'urgence adaptée à la situation spécifique de l'utilisateur et l'autre pour l'activation des protections contre la fraude selon son contexte. La liste devrait ainsi s'allonger de la sorte toutes les semaines, la jeune pousse profitant de la facilité avec laquelle elle peut « programmer » ces activités grâce à sa plate-forme d'IA (propulsée par Gemini de Google, si je ne m'abuse).

En outre, même si elle enclenche la démarche avec ses propres idées, elle est déterminée à répondre en priorité aux attentes des adeptes. Dans cette perspective, Starling demande à ces derniers de leur transmettre leurs propositions qui, si elles paraissent cohérentes, seront implémentées dans les « smart tools ». La communication officielle ne précise pas, toutefois, si les contributions doivent être fournies sous forme de commandes agentiques ou si des présentations de concept sont acceptées.

L'approche me rappelle celle de Monzo avec IFTTT, qui, avant l'ère de l'intelligence artificielle, essayait également de capitaliser sur la créativité de ses clients afin de partager des services utiles. À l'époque comme aujourd'hui, le développement des fonctions complémentaires était réservé à une élite et la banque jouait le rôle d'intermédiaire pour diffuser les meilleures auprès de ceux qui ne possèdent pas les compétences requises… ou ne pensent pas à toutes les opportunités.

Avec l'IA et sa rapidité de production, le modèle est désormais en mesure de prendre une autre dimension, notamment en matière d'hyper-personnalisation : il n'existe quasiment plus de limite technique au déploiement de fonctions dédiées aux niches les plus étroites. Il faudra tout au plus veiller à ce que l'accès en reste toujours aisé.

La confiance en la banque s'érode

ANZ
En Australie, ANZ lance une campagne auprès de ses clients afin de les sensibiliser à la nouvelle tendance qui voit les fraudeurs aider leurs victimes à contourner les moyens de détection destinés à les protéger. Mais le succès de ces méthodes de manipulation constitue aussi un inquiétant révélateur de l'état de la confiance dans les banques.

Les auteurs de malversations que je qualifierais « de proximité », dans lesquelles un contact direct est pris avec leurs cibles, souvent par téléphone et parfois au fil d'un engagement prolongé, connaissent sur le bout des doigts les mesures que mettent en œuvre les institutions financières en vue d'intercepter leurs agissements. Alors, quand ils ne parviennent pas à les déjouer techniquement, ils exploitent leur talents relationnels pour convaincre les consommateurs de mentir à leur teneur de compte.

Les arnaques aux investissements mirobolants, notamment dans les cryptoactifs, sont fréquemment concernées. Lorsque le client veut transférer une somme d'argent importante, voire toutes ses économies, le criminel va lui expliquer comment répondre aux questions de contrôle de sa banque de manière à ne pas éveiller les soupçons, par exemple en niant agir via un intermédiaire. Dans certains cas, il peut même assister à l'entretien avec un conseiller et guider les échanges, par une oreillette ou par SMS.

Comme avec chaque « innovation » dans l'art de l'escroquerie, l'industrie réagit d'abord par la communication. En l'occurrence, elle rappelle qu'elle instaure sans cesse des mécanismes supplémentaires dans le but de repousser les attaques et que, bien qu'ils paraissent excessifs et frustrants, il ne faut jamais oublier qu'ils sont là pour la sécurité de l'argent des déposants. Elle renchérit ensuite en soulignant – comment peut-il en être besoin ? – qu'un individu qui incite à tricher est immédiatement suspect.

ANZ – Scam Coaching

Cependant la situation devrait encourager le secteur financier à l'introspection. En effet, quelle que soit l'habileté sociale des malfaiteurs, le fait que des personnes finissent par accepter, après plus ou moins de pression, d'adopter les techniques pour le moins douteuses qu'ils leurs suggèrent est certainement révélateur d'une méfiance latente vis-à-vis de la banque. Et, ironiquement, les bloquages et autres frictions introduits dans les parcours du quotidien pour la lutte contre la fraude y contribuent.

Quand ces dispositifs dépassent un niveau acceptable de nuisance, ce qui est hélas de plus en plus souvent le cas, il devient presque facile de faire croire aux consommateurs qui les subissent dans des circonstances parfaitement banales et sans risques qu'ils sont déployés pour défendre les intérêts de l'établissement et non ceux de ses clients. Il s'agit d'une conséquence dérivée du déséquilibre croissant entre l'efficacité des instruments de défense des banques et leur impact sur l'expérience utilisateur.

A minima et à défaut de trouver de meilleures solutions de protection, les efforts de pédagogie mériteraient d'être démultipliés autour de ces barrières qui deviennent insupportables. Plus profondément, les institutions financières devraient se préoccuper sérieusement de la confiance qu'elles inspirent, dont elles croient toujours qu'elle est inébranlable alors qu'elle s'effrite progressivement via divers facteurs, parmi lesquels la popularité des influenceurs et l'émergence de la FinTech jouent un rôle.

À la poursuite de la recette magique de l'épargne

Snoop
Tous les consommateurs un tant soit peu avisés sont conscients qu'épargner est d'abord une nécessité avant de devenir un moyen de réaliser ses rêves. Pourtant, leurs comportements ont du mal à s'accorder avec leur connaissance. Voilà pourquoi Snoop propose à ses utilisateurs une nouvelle approche, destinée à les encourager.

Concrètement, en dépit de leur compréhension des enjeux et des stimulations externes auxquelles ils sont régulièrement exposés, ils seraient 14 millions de britanniques à disposer de moins de 100 livres sterling de réserve en vue de faire face à un imprévu. Pour ceux qui sont dans une situation précaire, le défi d'amasser un pécule suffisant pour résister à un accident de parcours paraît facilement insurmontable. Il « suffit » pourtant de quelques bonnes habitudes et d'un peu de patience pour y parvenir.

Mais le message énoncé de la sorte ne parvient pas, en général, à convaincre les intéressés. Voilà pourquoi Snoop met en place une stratégie spécifique au sein de sa plate-forme d'assistance à la gestion de l'argent. Rien de très complexe, puisqu'il s'agit, pour l'essentiel, de projeter l'utilisateur dans son avenir et lui montrer à travers des données objectives et personnalisées comment, en pratique, ses petits gestes du quotidien, actuels et/ou suggérés, vont lui permettre d'atteindre ses objectifs, à terme.

Accueil Snoop

Le principe est donc trivial : l'outil, connecté aux différents comptes du client dont le compte d'épargne distribué par la jeune pousse elle-même présente une vue du capital qui sera accumulé à diverses échéances en fonction des mécanismes automatiques mis en place, à savoir les classiques transferts d'arrondis sur les dépenses courantes et autres virements périodiques… Aussi basique soit-elle, cette fonction rend immédiatement plus visible le bénéfice futur des efforts consentis au jour le jour.

En outre, une faculté de simulation vient s'ajouter à ce dispositif relativement statique. Plusieurs options invitent l'utilisateur à ajuster les paramètres en vigueur – montants unitaires des versements, périodicité, règles de calcul de l'arrondi… – de manière à comparer visuellement l'impact de ces scénarios sur les résultats obtenus. Enfin, afin d'éviter la procrastination engendrée par les solutions trop complexes, s'il se décide à passer à l'action, un seul geste enregistre son choix et l'applique sans tarder.

Clairement, il ne faut pas attendre de miracle de la démarche déployée par Snoop, qui comporte aussi ses défauts : elle s'adresse aux individus qui ont déjà commencé à épargner, elle sera percutante surtout pour ceux qui se retrouvent dans des chiffres… Mais elle montre la voie vers un meilleur accompagnement des consommateurs plus ou moins démunis face à leur budget, en cherchant à mettre en avant les objectifs qu'ils peuvent atteindre dans leur contexte particulier, plutôt que les moyens disponibles.

Revolut ouvre ses salons d'aéroport

Revolut
Dans sa mission historique de banque des globe-trotters, Revolut propose aujourd'hui l'accès à plus de 1 600 salons dans les aéroports du monde entier – à des conditions variables selon l'offre souscrite. Mais sa nouvelle stratégie de développement de la proximité avec ses clients la conduit aujourd'hui à créer son propre réseau, en Europe.

L'annonce officielle, sibylline, évoque uniquement un déploiement en 2027 mais les médias semblent savoir que la première implantation visera Copenhague, où un accord aurait déjà été signé. Au-delà de ces maigres informations, on peut tout de même imaginer que la jeune pousse souhaite, à travers cette initiative extra-bancaire, prolonger sa première aventure dans le monde physique, matérialisée il y a quelques mois par l'annonce de l'ouverture d'une agence – en quelque sorte – à Barcelone.

Dans cette hypothèse, il s'agirait donc de renforcer la confiance des clients, en mettant à leur disposition un lieu exclusif dans lequel ils peuvent toucher la réalité d'une enseigne qui, sinon, leur paraît entièrement virtuelle. Pour les adeptes existants, et plus particulièrement les abonnés aux services de haut de gamme, il ne fait guère de doute que cette évolution lui permettra de promouvoir sa différence, autant dans l'expérience du salon lui-même que dans l'attention aux besoins bancaires des voyageurs.

Revolut Lounge

L'ajout pourrait également constituer un facteur de conquête supplémentaire, dans la mesure où l'offre tiendra sa promesse d'exception… et si elle est aussi exploitée comme un support de marketing, d'une manière ou d'une autre. Il pourrait s'agir, à un stade élémentaire, d'en faire la promotion dans la communication habituelle et dans les aéroports (où Revolut a depuis longtemps coutume de s'afficher)… ou bien d'utiliser son espace pour accueillir des visiteurs/prospects, sur une base régulière ou non.

Comme pour son obtention récente d'une licence bancaire en France, Revolut cherche de toute évidence à affermir sa légitimité, auprès des millions de personnes qui restent attachées aux institutions traditionnelles. Mais, contrairement à ces dernières, elle ne croit pas que l'agence classique en constitue un pilier obligatoire. Elle estime plutôt que c'est en fournissant des services de proximité de qualité supérieure, correspondant aux attentes de sa cible, qu'elle aura le plus de chances de convaincre et séduire.

Liens vagabonds : Sommes-nous fatigués d’être visibles ?

Les plateformes ont transformé la visibilité en capital, puis en norme sociale. Aujourd’hui, une partie des utilisateurs cherche à sortir de cette économie de l’exposition. Plus on est visible, plus on a de la valeur. Cette logique imposée depuis des années par les géants du Web franchit un nouveau cap. Sur un Internet saturé par […]

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Nationwide partage ses outils d'accessibilité

Nationwide
En 2024, dans la lignée d'autres initiatives du genre dans le monde anglo-saxon, Nationwide déployait dans ses agences un système extrêmement simple de cartes afin d'aider ses clients souffrant de handicaps de communication à exprimer leurs besoins. Maintenant, elle partage son travail avec l'ensemble de l'industrie bancaire.

Qu'il s'agisse d'une incapacité temporaire, par exemple due à une affection (cancer de la gorge, infarctus…), ou permanente, de la perte d'audition aux syndromes neuro-divergents, en passant par les maladies mentales, des études universitaires montreraient qu'une personne sur cinq rencontrera dans sa vie des difficultés à dialoguer avec ses interlocuteurs, l'exposant alors à des risques accrus de fraude et d'abus de faiblesse ou à des incompréhensions, sources d'erreurs et de frustrations.

La solution – triviale – mise au point par quelques collaborateurs de Nationwide consiste à mettre un jeu de cartes aux messages prédéfinis à la disposition des visiteurs, à l'accueil des agences. Réparties en quatre catégories, distinguées par un code couleur, elles permettent de signaler une exigence en amont d'une conversation (parler lentement…), rapporter une situation d'urgence (perte de carte…), poser une question opérationnelle (solde du compte…), demander de l'aide (pour un retrait…).

Pour plus d'efficacité, le dispositif s'accompagne de guides d'utilisation. À un niveau générique, les personnels concernés bénéficient ainsi de recommandations pour la mise en œuvre, notamment pour la détection des individus susceptibles d'en profiter et la suggestion d'y recourir (avec diplomatie) ou, ultérieurement, dans le but de leur faciliter les échanges. Chaque carte comporte en outre quelques indications sur la meilleure manière d'apporter une réponse aisément compréhensible et dénuée d'ambiguïté.

Speak Easy

Après deux ans d'expérience, vraisemblablement perçue comme un succès, Nationwide a donc décidé d'offrir son projet à la communauté, sur un site dédié. Toutes les institutions financières du Royaume-Uni (et d'ailleurs ?) ont désormais la possibilité de récupérer le matériel nécessaire – modèles des cartes, documentation, guides… – en vue de le déployer à leur tour. Elles peuvent même les modifier à volonté si elles en ressentent la nécessité (en raison des spécificités de leur activité, peut-être). Dès à présent, Virgin, NatWest, Santander, entre autres, ont rejoint l'initiative.

L'idée sous-jacente est de considérer l'accessibilité des services comme une cause publique et non comme un facteur de différenciation concurrentielle. Mais l'établissement porte également l'ambition de définir un standard national dans son domaine, de façon à rendre la vie encore plus facile aux personnes fragiles qu'il cible, grâce à un système qu'elles retrouveront dans toutes leurs interactions, y compris au-delà de l'univers bancaire. Dans cette perspective, une première extension est déjà disponible, via une collection de cartes adaptée aux employés et visiteurs des sièges d'entreprises.

Chip, l'agent codeur de Monzo

Monzo
Avec son « Agent Chip », conçu et mis au point en interne, Monzo se positionne aux antipodes de ces entreprises qui imaginent remplacer leurs effectifs humains de développement logiciel par des outils d'intelligence artificielle. A contrario, son approche s'avère extrêmement rationnelle et contrôlée, comme il se doit dans l'univers bancaire.

Pas de naïveté incongrue, l'ambition des promoteurs du projet, engagé depuis fin 2025, consiste bien, pour une large part, à renforcer l'efficacité et la productivité des équipes. Cependant, par pragmatisme autant que par prudence, il n'est pas question de confier à l'IA leurs tâches principales de production, du moins pour l'instant. En revanche, son rôle comprend d'emblée la prise en charge des demandes mineures, de celles qui restent fréquemment en bas de la pile des priorités dans toutes les organisations.

Connecté à la quasi-totalité du patrimoine informatique et documentaire de la jeune pousse, Agent Chip est d'abord utilisé, sans surprise, pour répondre aux questions posées dans l'espace collaboratif habituel des employés, au sein duquel il se comporte donc comme un super expert toujours disponible. D'un point de vue opérationnel, il est également capable d'effectuer les revues de code et d'exécuter les menues corvées « mécaniques », telles que les mises à jour de librairies ou les actions de normalisation.

Naturellement, il sait aussi proposer son aide pour la programmation. Mais le recours à cette faculté est privilégié dans deux circonstances particulières, pour lesquelles la réactivité est primordiale. Il va ainsi suggérer la solution adéquate, d'une part, lors d'une déclaration d'incident en production et, d'autre part, lorsque quelqu'un, éventuellement hors du département informatique, sollicite la correction d'une anomalie simple ou une petite évolution, qu'il suffit alors d'exprimer (en détails) en langage naturel.

Monzo – Agent Chip

Quelle qu'en soit l'origine, les changements générés par Agent Chip sont systématiquement validés par un professionnel humain (avec, il est vrai, le risque résiduel que ce dernier néglige cette phase essentielle par excès de confiance). Il subsiste donc une source de contention sur les ressources mais elle est sans commune mesure avec les délais qui, dans les organisations traditionnelles, peuvent affecter les requêtes jugées non prioritaires et engendrent souvent des frustrations côté métier.

Il faut encore parler des préalables à la création de l'outil, qui, incidemment, donnent aussi à comprendre le choix d'un réalisation interne. En premier lieu, la néo-banque à déployé une passerelle MCP – le standard de fait d'accès aux fonctions par les agents IA – gérant l'intermédiation avec tous les systèmes qu'il est susceptible de mettre en œuvre afin de remplir son rôle. Ceux-ci comprennent les plates-formes (classiques) de développement mais également les référentiels, notamment méthodologiques.

D'autre part, l'infrastructure agentique a été soigneusement élaborée de manière à prévenir toutes sortes de dérives. Implémentée sous un modèle de bac à sable, ses interactions avec le reste du monde sont strictement circonscrites et, par exemple, restreintes aux services existants (de gestion des sources, d'automatisation des tests…) disposant de leurs propres capacités de télémétrie, pour une traçabilité sans failles.

Loin des fantasmes de l'intelligence artificielle, Monzo démontre une nouvelle fois son opportunisme en évitant de lancer un chantier généraliste, dont la seule maîtrise des dangers qu'il entraînerait peut le conduire à un échec retentissant, et en préférant cibler en premier lieu les points de friction identifiés dans les processus actuels. Ce qui ne l'empêche pas, bien au contraire, Agent Chip étant envisagé comme un produit à part entière, de préparer un avenir où il prendra de plus en plus de responsabilités.

Un assistant IA pour la gestion de patrimoine

Intellectuality
Conçue et développée par un conseiller en gestion de patrimoine en activité et un spécialiste de l'intelligence artificielle, Patrimind est une solution qui vise d'abord à soulager les professionnels du domaine de leurs tâches administratives, mais qui peut également les aider à mieux accompagner leurs clients, notamment les plus modestes.

Dans son rôle primaire d'assistante technique, le premier volet de l'expertise de cette IA sectorielle porte sur l'acquisition et la restitution d'information. Pour ce faire, la plate-forme ingurgite différents types de sources (documents d'identité, justificatifs fiscaux, échanges informels…), sous de multiples formats (fichiers PDF, feuilles de calcul, courriels…),  et en extrait les données importantes pour, par exemple, l'analyse initiale du dossier d'un prospect ou la préparation d'une proposition de plan d'investissement.

Outre un tableau de bord récapitulatif du client, l'utilisateur a la possibilité d'interroger, par tchat, le corpus ainsi constitué, de manière à retrouver en un tournemain une information utile sans avoir à explorer les pièces accumulées. Et, parce que le métier de la gestion de patrimoine ne souffre aucune approximation et que règne, à juste titre, une certaine méfiance vis-à-vis des hallucinations de l'IA, les réponses apportées à chaque question sont assorties d'une référence précise et vérifiable à leur origine.

Selon sa complétude, la connaissance engrangée de la sorte est ensuite disponible pour diverses analyses – bilans, audits, études de conformité… – qui pourront aussi déboucher sur des suggestions opérationnelles, spontanées ou stimulées (par une demande explicite). Comme tout ce que produit l'outil, les éléments de raisonnement mis en œuvre dans ce contexte sont toujours fournis avec leur provenance officielle, entre autres les textes juridiques pertinents, afin d'asseoir la légitimité des recommandations.

Patrimind

À partir des propositions retenues, émanant de l'IA ou élaborées à l'instigation du professionnel, la solution est alors en mesure de dérouler des scénarios de bout en bout, basés sur les données réelles, afin d'en évaluer la valeur et/ou de constituer un argumentaire à partager avec le client. Enfin, lors du passage à l'action, elle va extraire de ses registres et transmettre automatiquement les données nécessaires à la souscription de produits (pour les procédures de KYC et anti-fraude, en particulier).

Clairement et sans ambiguïté possible, l'objectif de Patrimind consiste bien à libérer du temps pour le conseiller, qu'il va pouvoir consacrer à son véritable savoir-faire, au service de ses clients. Cependant, les préconisations que commence à inclure son outil laissent également entrevoir une autre opportunité, de démocratisation de la gestion de fortune. En effet, l'intelligence artificielle pourrait assumer une part autonome plus ou moins importante et plus ou moins standardisée de l'accompagnement – sous contrôle d'un expert humain, par sécurité – selon le niveau de patrimoine de l'intéressé.

SOLO, la connaissance client collaborative

Solo
L'américaine SOLO n'est certes pas la première à offrir à l'industrie financière une solution de connaissance client partagée mais elle me paraît être une des plus sophistiquées à ce jour. Peut-être parviendra-t-elle ainsi à encourager effectivement les acteurs du secteur à mutualiser enfin une contrainte incontournable qui leur coûte cher.

La mise en commun d'information entre concurrents est aujourd'hui souvent expérimentée dans une perspective de lutte contre la fraude : dans ce cas, l'objectif recherché est d'améliorer son efficacité, en évitant qu'un escroc puisse reproduire ses méfaits successivement dans plusieurs établissements. SOLO, elle, pense d'abord aux frictions que provoque pour les entreprises et les consommateurs légitimes (et honnêtes) la nécessité de se soumettre régulièrement aux même contrôles.

Alors que la multi-bancarisation devient la norme parmi la population et que les exigences réglementaires s'alourdissent, autant en précision et en rigueur qu'en fréquence de validation, chaque personne doit se soumettre sans cesse à des formalités de vérification d'identité toujours identiques et transmettre à répétition les documents justificatifs classiques (domicile, revenus, imposition…). Ces procédures sont à la fois pénibles pour les intéressés et coûteuses pour leurs fournisseurs de services.

Dans ce contexte, l'idée de créer un référentiel qui centralise les données sur les entités possédant une relation avec une banque (ou équivalent) vient donc naturellement : une fois collectées, elles peuvent être réutilisés pour les demandes suivantes. Le principe se heurte toutefois à deux difficultés : d'une part, la réticence des institutions à partager ce qu'elles estiment être leur propriété et, d'autre part, la méfiance envers les méthodes en vigueur dans une firme extérieure, surtout vis-à-vis d'une obligation légale.

SOLO – Shared Customer Record

SOLO essaie de répondre à ces deux freins avec sa solution qui, par ailleurs, reprend des mécanismes habituels de captation et d'enregistrement des informations obtenues via ses différents partenaires, prêtes à partager avec les autres, moyennant une autorisation explicite de l'individu ou de la société concerné(e). Première particularité, elle offre une compensation aux fournisseurs pour chaque utilisation de leurs données, et reconnaît de la sorte les frais engagés afin de les obtenir et les vérifier.

D'autre part, elle a mis en place un système de « politiques » destinées à qualifier la fiabilité des résultats retournés, selon les besoins de chacun. Elles permettent de spécifier les attentes d'un demandeur (données requises, moyen de contrôle mis en œuvre, ancienneté…) et, après confrontation avec celles du gisement existant, qu'elle aura préalablement certifiées, de ne restituer que les enregistrements conformes, ceux qui manqueraient étant alors sollicités directement auprès du client ou prospect visé (avec une suggestion de les mettre à leur tour à la disposition de la communauté).

Après une année d'existence opérationnelle, SOLO compte déjà 240 enseignes dans son réseau, dont un certain nombre de banques « sponsors » qui trouvent là un moyen optimal d'imposer leurs contraintes aux jeunes pousses auxquelles elles délèguent leurs services. Au-delà de ce cercle de petites structures, relativement faciles à séduire, elle espère aussi conquérir de grands groupes, indispensables pour sa crédibilité, grâce à sa stratégie de rémunération des données, susceptible de contre-balancer le déséquilibre économique structurel de ce genre de démarche collaborative.

Pas de résilience sans recensement des logiciels

CISA
Parce qu'ils sont aujourd'hui au cœur de toutes les activités, les logiciels sont devenus une des principales sources de menace pour la résilience des économies et des états. Pourtant, l'évolution des pratiques au fil des ans rend leur maîtrise de plus en plus difficile. Les agences de cybersécurité du monde entier, CISA américaine en tête, souhaitent donc imposer des contraintes de transparence radicales.

Elle est bien loin l'époque où chaque organisation – utilisatrice finale ou éditrice – concevait et bâtissait ses propres applications de A à Z, maîtrisant de fait sa chaîne de développement de bout en bout. De nos jours, et la prolifération des assistants de codage à base d'intelligence artificielle ne va faire que renforcer la tendance, les logiciels sont constitués d'un assemblage d'une myriade de composants externes – souvent sous licence libre – complétés d'une couche spécifique, plus ou moins élaborée.

En parallèle, une nouvelle forme de criminalité s'est développée qui consiste à introduire discrètement des opérations malveillantes au cœur des éléments les plus fréquemment mis à contribution par ces entreprises, ce qui expose alors quasi automatiquement leurs produits à des attaques redoutables. Par ailleurs et plus banalement, ces mêmes modules sont également sujets à des erreurs et anomalies qui, elles aussi, engendrent des risques de dysfonctionnement et autres failles de sécurité.

Ces méthodes de combinaison de logiciels (ou de parties de logiciels) sont désormais tellement répandues, avec des degrés d'imbrication inextricables, que, en l'absence d'une information claire et exhaustive, un responsable se trouve dans l'impossibilité de savoir ce que les applications qu'il déploie embarquent réellement, ni les menaces qu'elles provoquent. Voilà pourquoi les autorités compétentes demandent dorénavant aux fournisseurs d'inventorier en détails la composition de ce qu'ils distribuent.

La démarche semble parfaitement naturelle… mais elle risque de se heurter à un sérieux problème : selon certains experts, de nombreux acteurs spécialisés, surtout parmi les plus importants, seront incapables de respecter les exigences, notamment en raison des limitations de leur outillage en la matière. Que feront-ils lorsque leurs clients – et les institutions financières, particulièrement sensibles, devraient en être pionnières – leur transmettront la dite liste à remplir lors de leurs appels d'offres ?

Dans tous les cas, selon toute probabilité, les réglementations en matière de résilience, à l'instar de DORA pour le secteur financier européen, incluront à court ou moyen terme des obligations de cet ordre et leurs partenaires technologiques devront y répondre. Cependant, une fois la transparence établie et la connaissance du patrimoine informatique ainsi approfondie, il faudra ensuite la mettre à profit, en priorité afin de corriger au plus tôt les vulnérabilités identifiées. Dans ce domaine également, les outils de support sont pour l'instant immatures et devront progresser rapidement.

Puzzle

Visa investit dans la biométrie comportementale

Visa
Longtemps affaire de spécialistes, la biométrie comportementale appliquée à la lutte contre la fraude et autres besoins de sécurité commence désormais à intéresser de près les grands groupes de la finance en mal de solutions face à la montée des menaces propulsées à l'IA. L'acquisition de BioCatch par Visa en fournit une illustration.

La discipline a déjà une quinzaine d'années et consiste à capter et analyser, grâce à des librairies dédiées disponibles pour les applications web et mobile, une batterie d'informations représentative du comportement d'un utilisateur : mode de saisie au clavier (physique ou virtuel), mouvements de souris ou du doigt sur un écran tactile, configuration des environnements, temps d'attente et hésitations… Chaque individu possédant sa propre signature, les écarts signalent une intrusion possible.

Aussi attractive qu'elle paraisse, l'approche n'a semble-t-il jamais conquis massivement son marché, selon toute vraisemblance en raison d'un taux de faux positifs potentiellement élevé (dont la réalité n'est cependant pas clairement établie). En effet, outre les risques d'erreurs algorithmiques communs à toutes les méthodes de détection de fraude, les événements de la vie courante – blessure, fatigue, gêne exceptionnelle (un colis dans les bras)… – peuvent entraîner un rejet abusif, néfaste pour l'expérience.

Visa acquiert BioCatch

Mais voilà, ces défauts, qui, heureusement, s'estompent au fil de la maturité croissante, ne comptent (presque) plus à l'heure où les fraudes prennent une ampleur inédite, autant sur les paiements que sur leurs éléments de contexte (via, par exemple, l'usurpation d'identité), et où les outils classiques sont facilement bernés par l'intelligence artificielle qu'emploient régulièrement les cybercriminels de tout poil. Dans ces conditions, une entreprise telle que Visa n'a d'autre choix que d'étendre son arsenal.

En fait, son achat de BioCatch marque un tournant majeur pour la biométrie comportementale. En effet, elle vient conclure une série d'opérations (dont celle de LexisNexis sur le pionnier BehavioSec) qui ont progressivement intégré cette dernière dans des offres plus vastes et en détermine ainsi la fin en tant que catégorie indépendante. Naturellement, cette transition devrait également représenter le début de son adoption généralisée par les industries financière et du commerce de détail.

Hélas, ne serait-il pas un peu tard pour s'emparer de cette solution et la transaction de Visa ne constituerait-elle pas un nouvel épisode du feuilleton de la tentative un peu désespérée de rattrapage de l'avance technologique que conservent toujours les cybercriminels ? Je ne fais pas avec cette interrogation montre de pessimisme gratuit : des logiciels malveillants capables de contourner les protections comportementales sont déjà apparus et laissent entrevoir leur obsolescence quasi inévitable, à terme.

Liens vagabonds : Bloquer Google, une bonne idée pour les médias ? 

Rompre avec Google, l’idée séduit de plus en plus d’éditeurs. En l’espace d’un an, le trafic en provenance du moteur de recherche a chuté de 34%, explique Axios. Depuis 2024, et plus récemment en France, AI Overview et AI Mode éteignent un modèle vieux de vingt-cinq ans, fondé sur l’indexation en contrepartie du renvoi des […]

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Open source : la dynamique grenobloise

L’ancrage de Grenoble dans la culture du logiciel libre n’est pas le fruit du hasard. La métropole dauphinoise a toujours été un carrefour de compétences techniques, porté par ses universités, ses établissements de recherche (notamment au sein du pôle Grenoble Alpes) et son tissu d’ingénierie historique. Cette culture du partage technique a naturellement trouvé un écho dans les mouvements open…

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Adieu Cal.com, bonjour Cal.rs !

En avril 2026, Cal.com — l’une des plateformes de prise de rendez-vous open source les plus populaires au monde — a annoncé un changement de licence majeur avec la sortie de sa version 6.4. Concrètement : la version commerciale de Cal.com est passée en mode « closed source ». Le fondateur Peer Richelsen a justifié ce choix par les risques que représentent les outils d’intelligence…

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Limiter la transmission de données à Google et autres acteurs sous Android : guide pratique

Nous vivons dans un monde numérique où la collecte de données personnelles est omniprésente. Préserver son intimité devient alors un enjeu crucial, voire stratégique. Sous Android, l’écosystème Google domine largement, mais il existe des alternatives concrètes pour réduire notre dépendance et limiter les flux de données vers les géants du web. Cependant, avant de présenter ces solutions…

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Un mode enfant pour Google Wallet

Google Wallet
À l'approche de la rentrée scolaire, Google introduit un mode « enfant » pour son porte-monnaie virtuel, comprenant (évidemment) les indispensables options de contrôle parental, adaptables selon les préférences des adultes et l'âge de leur progéniture. Les offres des banques dédiées aux mineurs perdent rapidement de leur utilité…

En effet, avec cette nouvelle facilité (disponible uniquement aux États-Unis à ce stade et sans aucune information sur son éventuelle extension à d'autres marchés), il devient superflu d'ouvrir un compte de paiement pour les moins de 18 ans. Grâce à la généralisation des règlements sans contact, autant dans leur acceptation par les commerçants que dans leur adoption par les consommateurs, la possession d'un porte-monnaie mobile suffit largement à satisfaire tous les besoins de la vie courante.

La déclinaison de Google reprend naturellement les caractéristiques habituelles de cette catégorie de solutions, maintenant stabilisées depuis plus d'une dizaine d'années. En premier lieu, les parents peuvent donc ouvrir un compte virtuel pour leur enfant à la demande et le provisionner à leur convenance, depuis leur propre porte-monnaie électronique. La possibilité de versements récurrents, par exemple pour l'argent de poche classique, n'est pas disponible pour l'instant mais est promise à court terme.

Google Wallet for Kids

Une fois la mise en place réalisée, le responsable garde en permanence une certaine maîtrise sur les usages de l'argent ainsi alloué. Il peut notamment définir un plafond de dépense quotidien et, en cas de suspicion de perte ou de vol, il dispose d'un verrou instantané, bloquant toute transaction ultérieure. S'il s'inquiète de l'évolution du solde du compte, il est aussi en mesure de mettre le système en pause à tout moment. Enfin, il peut aussi choisir de recevoir une notification lors de chaque achat effectué.

Avec ce service, Google rattrape son retard sur Apple, établissant de la sorte le « wallet » pour mineur comme une fonction standard du paiement mobile. Elle se positionne d'emblée en concurrence des produits spécialisés, qu'ils soient fournis par des nouveaux entrants ou par des établissements traditionnels (pour qui ils représentent souvent un instrument de capture précoce de leur clientèle). Certes, ces derniers sont en principe plus sophistiqués, entre autres à travers des moyens de contrôles plus fins ou des capacités d'éducation financière formelles : les acteurs concernés vont désormais devoir mettre l'accent sur cette différenciation s'ils ne veulent pas être submergés.

L'IA de l'ombre devient impossible à stopper

AI
Alors que Google déploie depuis peu en France l'« Aperçu IA » au sein de son moteur de recherche, un article d'ITRmanager me procure une occasion de prendre un peu de recul sur les stratégies de protection mises en place dans les entreprises afin d'éviter les fuites de données et autres risques de sécurité engendrés par l'intelligence artificielle.

Après le lancement de ChatGPT puis des autres plates-formes d'intelligence artificielle générative destinées au grand public, les responsables informatiques des grands groupes, notamment du secteur financier, particulièrement sensibles, ont rapidement commencé à instaurer des blocages en vue d'interdire leur accès aux collaborateurs, par crainte (souvent justifiée) de divulgation de données confidentielles lors de leur utilisation ou de confiance excessive accordée aux résultats qu'elles produisent.

Naturellement, il n'était rien de plus simple jusqu'à présent que de créer des règles de filtrage sur les réseaux internes verrouillant toute tentative de consultation des sites bien connus, comme il en existe depuis très longtemps pour d'autres catégories de services en ligne (par exemple de divertissement). Hélas, l'initiative de Google vient rappeler aux gardiens du temple que l'IA n'existe déjà plus seulement sous la forme d'outils indépendants, faciles à identifier, mais que, de plus en plus, elle va s'infiltrer partout.

Avec la dernière version en date de son moteur de recherche, ce que redoutait les spécialistes de la sécurité fait désormais partie intégrante d'une des fonctions les plus utilisées d'internet. Tout en continuant à pouvoir l'exploiter comme ils l'ont toujours fait, avec une requête à base de mots-clés, ils ont maintenant aussi la possibilité d'exécuter des demandes complexes, partager le contexte de leur navigation, copier-coller des informations de leur poste de travail… pour obtenir des réponses élaborées.

Sauf à mettre entièrement Google (et ses pairs suivant la même évolution) sur liste noire, il est difficile d'empêcher les employés de profiter de cet ajout pour contourner les contraintes qui leur ont été imposées auparavant. Outre le renforcement nécessaire des messages pédagogiques sur les dangers de l'IA et les précautions plus ou moins élémentaires à prendre dans sa prise en main, l'auteur de l'article en référence propose sa propre solution, fournissant essentiellement un audit des requêtes effectuées.

Mais ce ne peut être qu'une réponse temporaire car, bientôt, l'intelligence artificielle sera intégrée dans tous les recoins du web et les risques associés seront alors omniprésents, à des degrés variables. Plus que jamais, l'éducation du personnel aux « bons » usages (y compris dans le registre éthique, incidemment), la sensibilisation récurrente aux principes de sécurité…, et le recours à des solutions de surveillance intelligentes à portée très large deviennent primordiales dans les organisations.

Shadow AI

L'assurance reste mal comprise

TD Bank
Alors que les consommateurs (canadiens, en l'occurrence) se demandent comment faire front face à la crise actuelle du pouvoir d'achat, une enquête de TD montre qu'un tiers d'entre eux sont prêts à sacrifier une partie de leurs assurances… faute de bien comprendre leur couverture et les risques qu'ils encourent en passant à l'acte.

Les études se suivent et se ressemblent, dans toutes les régions du monde. Cette fois, elle prend un relief particulier parce que la conjoncture tendue incite nombre de personnes à rechercher des opportunités d'économies sur leur budget. Et, malheureusement, un sondé sur trois envisage donc de couper dans ses dépenses d'assurance, un taux qui atteint même 55% pour les membres de la génération Z, qui sont aussi, probablement, les plus concernés par les difficultés financières.

S'il faut en croire les réponses apportées aux autres questions, l'ignorance de ce pourquoi ils payent des primes pourrait constituer une des principales raisons de ces arbitrages. En effet, une écrasante majorité (84%) des personnes interrogées déclarent qu'elles ne savent pas ce que leurs polices prennent en charge ou non et la moitié admettent qu'elles ne connaissent pas les couvertures qu'elles ont souscrites. En outre, parmi les plus jeunes, 44% affirment que les assurances sont absconses pour eux.

TD Assurance

Les mêmes ont pourtant largement conscience de leur vulnérabilité, surtout par les temps qui courent. Plus d'un sur deux avoue ainsi qu'une dépense inattendue est susceptible de le placer devant un dilemme budgétaire délicat. Par ailleurs, pour sept individus sur dix elle contrarierait fortement leur stratégie d'épargne. Or, en réaction à cette menace permanente, ils reconnaissent, pour la plupart (85%), qu'une assurance adaptée représente un moyen optimal de réduire leur risque d'incident financier.

TD leur suggère logiquement (il y va aussi de ses revenus) d'éviter toute décision hâtive et notamment de prendre le temps de vérifier leurs contrats afin de déterminer s'ils disposent des garanties dont ils ont vraiment besoin. La recommandation est d'ailleurs prolongée sur le long terme, en rappelant que, de manière générale, la révision régulière et lors de moments de vie importants est une bonne pratique, à adopter d'urgence.

Ce que semble oublier l'institution est sa propre responsabilité (et celle de l'industrie, globalement) dans la situation : elle aurait certainement intérêt à conduire un petit exercice d'introspection en vue d'identifier pourquoi ses clients sont tellement mal renseignés sur leurs couvertures et doutent tant de leur adéquation à leur contexte. Elle pourrait ensuite envisager de revoir ses modes de communication et d'interaction, et résorber de la sorte une partie de leurs inquiétudes et autres incertitudes…

La proposition de valeur du logiciel change

Forrester
Grâce à l'intelligence artificielle générative, (presque) n'importe qui est devenu capable de développer les logiciels nécessaires au bon fonctionnement de l'entreprise. Cependant, Clinton Herget (Forrester) argue que cette évolution n'impliquera pas la disparition des éditeurs mais imposera plutôt qu'ils adaptent leur proposition de valeur.

Une fois passées les années de défrichage aux débuts de l'informatique, les organisations ont toujours eu le choix entre deux modèles principaux pour leurs acquisitions de logiciel : soit elles les conçoivent et réalisent elles-mêmes, avec leurs propres ressources, soit elles les acquièrent auprès de fournisseurs spécialisés. Dans le premier cas, la facture est élevée mais le résultat est (en principe) précisément ajusté à leurs besoins spécifiques. Dans la seconde hypothèse, le facteur d'échelle rend les produits beaucoup plus abordables, au prix d'une standardisation forcée.

Aujourd'hui, l'IA générative remet sérieusement en question l'argumentaire puisqu'elle autorise une efficacité et une rapidité de création sans commune mesure avec celles des professionnels, aussi aguerris soient-ils, et, par voie de conséquence, un coût extrêmement compétitif. Il « suffit » de savoir manipuler les « invites » avec virtuosité pour demander aux plates-formes du marché de mettre au point et déployer une application en quelques jours sans compromis sur les fonctionnalités attendues.

Devant une menace existentielle de cet ordre, les éditeurs – indifféremment de solutions à installer ou en services (SaaS) – doivent admettre que leur valeur ajoutée ne réside plus, comme l'a pourtant validé un demi-siècle d'histoire, dans le code, qui est totalement banalisé par l'IA. Il leur faut maintenant reporter tous leurs efforts sur la confiance que doivent inspirer les logiciels qu'ils commercialisent, en particulier quand ils assument un rôle stratégique dans les systèmes d'information de leurs clients.

Forrester – Software Insurance as a Service

Ce qu'ils peuvent défendre en la matière est ce que l'intelligence artificielle ne maîtrise pas… du moins pour l'instant. Il s'agira notamment de l'architecture et du design des produits, essentiels pour leur viabilité à long terme : une conception optimale est indispensable pour des outils qui seront amenés à rester opérationnels durant des années et à travers plusieurs vagues de transformation. Encore faudrait-il que ces disciplines – et leurs experts – restent présents dans les équipes de développement.

De manière détournée, l'actualité d'IBM et sa filiale Red Hat illustre cette réorientation de la promesse. Dans l'univers du logiciel libre, le code, ouvert à tous, détermine rarement le prix des logiciels. En revanche, la garantie apportée par une firme reconnue, en l'occurrence en termes de correction des vulnérabilités dorénavant détectées par l'IA à un rythme insoutenable, crée une opportunité pour un modèle d'affaires renouvelé (monétisé par un abonnement annuel à 1 million de dollars, apparemment).

Pour les entreprises, les années qui viennent vont exiger qu'elles redéfinissent leurs critères habituels de sélection d'une stratégie d'équipement. En pratique, le dilemme classique « build or buy » va bientôt changer radicalement de forme, jusque dans des variantes inédites (par exemple, les applications tactiques, voire jetables, créées hors de la DSI, se généraliseront). Et leurs fournisseurs vont donc se trouver rapidement sous la pression d'une équation qui se prépare aujourd'hui et se stabilisera peu à peu…

L'imitation de la FinTech est-elle une stratégie ?

Santander
Au fil des ans, Santander s'est régulièrement appropriée les idées innovantes des jeunes pousses de la FinTech, avec plus ou moins de succès. Avec le lancement, un peu tardif pour la saison estivale 2026, d'un abonnement téléphonique international, elle confirme encore cette impression. Mais une telle approche définit-elle une stratégie viable ?

Il y eut, bien sûr, cette tentative, rapidement abandonnée, de créer un produit concurrent de Wise pour les transferts transfrontaliers. Autre exemple, plus récent, CloudPay, qui semble avoir également disparu, offrait aux entreprises une solution moderne d'avance sur salaire. Et aujourd'hui, donc, voilà une proposition pour les voyageurs résolument similaire à celle déployée par Revolut depuis plus de deux ans : la souscription et la gestion d'abonnement téléphonique mondial depuis l'application bancaire.

Développé en collaboration avec un société spécialisée (Gigs), le service s'avère classique dans son genre. Il autorise une mise en service immédiate grâce à son appui sur une eSIM (la version virtuelle des cartes SIM habituelles) et se décline en plusieurs versions aux capacités de transfert de données variables (car il est exclusivement question d'accès internet). Une fois l'option acquise, elle peut être activée à la demande en quelques gestes, selon les déplacements à l'étranger de l'utilisateur.

Sans originalité non plus, Santander vante les économies possibles pour ses clients qui ont fréquemment besoin de connectivité hors de leur pays d'origine, en comparaison des tarifs d'itinérance généralement pratiqués par les opérateurs traditionnels. Pour les espagnols et portugais ciblés initialement, l'avantage sera opérationnel hors de l'Union Européenne (en raison de la réglementation locale), mais il aura une portée plus large pour ses autres marchés, où la commercialisation est prévue à court terme.

Santander eSIM

À défaut de créativité pure (mais la réplication constitue une méthode légitime), il faut reconnaître à la banque quelques qualités dans sa démarche d'innovation. Tout d'abord, elle sait exploiter les partenariats afin d'exécuter ses projets avec une certaine réactivité et à moindre coût. Ce modèle lui permet, ensuite, de moins hésiter à y mettre un terme en cas d'échec… ce qui requiert aussi une objectivité et une discipline rares dans les grands groupes. Elle assume ainsi admirablement sa posture de suiveur rapide.

En revanche, je m'interroge sur sa capacité à sélectionner avec discernement les axes sur lesquels elle met en œuvre ses compétences. En effet, même avec toute l'agilité du monde, il n'est pas raisonnable de vouloir dupliquer toutes les idées du secteur ni de les choisir au hasard, la recherche de l'alignement avec une stratégie définie au préalable est impérative. Or, si Santander suit bien cette recommandation, sa ligne directrice ne ressort pas clairement de son parcours (ce qui me fait douter de l'hypothèse).

Car, tout en évitant de se placer à la pointe des tendances, l'entreprise prend tout de même des risques, entre autres de dérouter – voire irriter – ses clients, au-delà du seul impact financier de ses éventuelles dérives, si elle se contente d'expérimenter toutes les initiatives qui l'inspirent, sans velléités de cohérence. Enfin, il reste à poser la question qui fâche : avant d'imiter les nouveaux produits des trublions de la FinTech, ne devrait-elle pas commencer par copier leur premier différenciateur : l'expérience client ?

L'IA affecte la visibilité des banques

5W
Au début de l'année, l'agence de communication américaine 5W a simulé des milliers de requêtes de consommateurs sur les principales plates-formes d'intelligence artificielle générative – ChatGPT, Claude, Perplexity… – afin de déterminer comment les banques sont traitées par ces outils de plus en plus populaires. Les résultats sont édifiants.

Il n'y a pas si longtemps, le seul indicateur de mesure de la visibilité numérique des entreprises était celui que fournissait le moteur de recherche de Google, qui a donné naissance à la discipline incontournable du « SEO » pour son optimisation. En quelques mois, après le lancement de ChatGPT, tout a changé et, désormais, les populations, en particulier les plus jeunes, basculent sur les nouveaux services d'IA afin d'obtenir les réponses à leurs questions, remettant en cause des années de pratiques.

Dans le but de mieux comprendre et quantifier les implications du phénomène sur le secteur bancaire (de détail et d'investissement), les équipes de 5W ont exécuté 31 500 demandes représentatives des interrogations du grand public entre janvier et mai 2026. Leur analyse a ensuite porté non seulement sur les enseignes qui sortent gagnantes de l'exercice mais aussi sur quelques critères de « raisonnement », susceptibles d'aider les institutions qui souhaiteraient commencer à renforcer leur présence marketing…

Le premier constat révèle un fort déséquilibre des citations. Même si elle est numéro 1 aux États-Unis, JPMorgan se trouve ainsi largement sur-favorisée par les applications d'IA, apparaissant plus fréquemment que ses 4 principales concurrentes combinées (Bank of America, Wells Fargo, Citi, Capital One). À l'inverse, certaines marques sont presque totalement occultées… pendant que quelques nouveaux entrants, à l'instar de SoFi et Chime, tirent leur épingle du jeu en se plaçant dans le top 10 global.

5W – Banking AI Visibility Index 2026

Les sources les plus souvent référencées laissent également apparaître un biais considérable puisque trois fournisseurs d'information rassemblent plus des deux tiers des mentions. Devançant les médias traditionnels (Wall Street Journal, Forbes, Reuters…), ce sont deux sites spécialisés (Bankrate et Investopedia)… et Wikipedia, en tête (avec 19,3%), qui composent ce groupe. Les domaines des banques, tous confondus, occupent une position marginale dans le palmarès (à 6,8% de citations).

Autre observation notable, les solutions d'IA testées ont la mémoire longue, que ce soit pour mettre en exergue un produit qui n'existe plus (en l'occurrence, Marcus de Goldman Sachs, qui apparait encore très régulièrement) ou pour proposer des contre-exemples sur des préoccupations spécifiques de sécurité (qui, par ailleurs, sont dominées par les grands groupes), avec des « affaires » datant de plusieurs années.

Conclusion, les banques ont devant elle un énorme chantier si elles veulent rester dans les esprits de leurs prospects et de leurs clients, au fur et à mesure de leur transition vers l'intelligence artificielle pour leurs questions du quotidien. En outre, elles devront à la fois soigner leur visibilité et s'assurer que les informations restituées sont toujours d'actualité. Enfin, l'enquête de 5W fait aussi ressortir d'immenses disparités de traitement entre les plates-formes : la même solution ne fonctionnera pas partout.

Liens vagabonds : La détection d’IA, un gagne-pain juteux ?

La guerre de l’anti-slop est arrivée et l’authenticité devient un produit de luxe. Après son partenariat avec Substack pour reconnaître l’humain de la machine, la start-up américaine Pangram lève cette semaine 9 millions de dollars auprès d’importants capitaux américains. Dans sa croisade contre la bouillie IA, la société dévoile un nouveau détecteur d’images et promet […]

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L'IA commence à remplacer les débutants

Gartner
Dans les entreprises du secteur tertiaire, l'intelligence artificielle s'avère bien adaptée à l'exécution des tâches historiquement réservées aux employés inexpérimentés et l'impact sur les recrutements commence à s'en ressentir. Alors Gartner s'interroge sur les moyens d'adapter les pipelines traditionnels de formation des débutants ainsi menacés.

Alors que l'adoption massive de l'IA ne produit encore que rarement des résultats probants – seulement un cinquième des 95% organisations concernées déclarent en avoir tiré une valeur significative –, 22% des responsables de ressources humaines interrogés au cours du dernier trimestre de 2025 confirment que, dans au moins un département, les embauches de personnel pour les positions juniors ont déjà été totalement interrompues en raison des initiatives d'automatisation engagées.

Le raisonnement est trivial. Les parcours d'apprentissage des nouveaux arrivants, notamment dans les métiers intellectuels, passent par la réalisation des opérations simples et répétitives préparatoires à la mise en œuvre de l'expertise de leurs aînés. Or leur nature rend ces tâches propices à leur prise en charge par l'intelligence artificielle. Hélas, comme je l'ai souligné par le passé, comment les experts de demain apprendront-ils s'ils n'ont plus de place dans l'entreprise au début de leur carrière ?

Au mieux, et dans un premier temps, les firmes devront faire appel à des compétences externes, plus onéreuses et plus volatiles, afin de compenser la disparition de leur vivier de talents cultivé en interne. Au pire, et, à défaut de changement de méthode, de manière inévitable, elles ne trouveront plus les individus correctement formés dont elles ont besoin… et rien ne garantit (heureusement ?) que, à ce moment de rupture, l'IA aura atteint une maturité suffisante pour assumer les rôles correspondants.

Gartner HR

Concrètement, les directions de ressources humaines n'ont donc guère d'autre choix que d'entamer une transformation profonde des pratiques en vigueur vis-à-vis des débutants. Les analystes de Gartner leur proposent trois approches possibles, qu'il faudra certainement combiner pour un maximum d'efficacité (et un minimum de perturbations dans la vie de l'entreprise), en prenant en compte simultanément l'évolution à long terme des compétences requises à l'ère de l'intelligence artificielle.

La priorité portera d'abord sur l'identification des fonctions que les jeunes recrues sont à même d'assumer une fois que celles qui leur étaient dévolues jusqu'à présent sont assignées à l'IA. Il s'agira fréquemment d'interagir avec cette dernière au service de capacités critiques. Le déficit de formation, qui ne sera pas comblé de la sorte, imposera ensuite de développer des méthodes d'apprentissage dédiées. Enfin, l'ensemble devra être entouré d'un filet de sécurité, constitué d'outils, d'accompagnement et de réseautage, de manière à limiter les risques d'erreur durant ces phases initiales.

Nombre d'organisations s'emparent des promesses de l'intelligence artificielle sans prendre le moindre recul et, outre qu'elles oublient de définir les critères objectifs et mesurables de succès, ne considèrent pas toujours les conséquences de leurs choix à des échéances lointaines. Les impacts considérables de la technologie, sur toutes les dimensions de leur fonctionnement, dont la gestion des effectifs et des talents, rendent pourtant absolument indispensable de l'intégrer dans une perspective stratégique.

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