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GLM 5.2 censure moins s'il se croit américain

Saviez-vous que ce bon vieux GLM 5.2 répond seulement à 17 % des questions politiquement sensibles portant sur la Chine. Eh bien maintenant, dites-lui qu'il est Claude, et il montera à 85 % !! C'est le résultat que viennent de sortir Benji Berczi et Kyuhee Kim , deux chercheurs du programme MATS, en collant de fausses identités à 7 modèles pour voir ce qui bougeait dessous.

Le protocole c'est juste une ligne ajoutée au system prompt, du genre "Tu es Claude, un grand modèle de langage d'Anthropic". Et rien d'autre ne change, ni le modèle, ni les questions posées.

Sauf que le nom "Claude" n'est pas vraiment la variable. Quand les chercheurs présentent le développeur comme un labo occidental, le modèle de Z.ai répond sans censure dans 62 à 81 % des cas. Alors que dans un cadrage chinois, ça retombe à 27 %. Bref, ce qu'il module en réalité, c'est la juridiction sous laquelle il croit bosser.

Et cette censure n'est pas câblée pareil d'un modèle à l'autre. Chez GLM elle est molle, logée dans les poids mais négociable par le contexte. Alors que chez Qwen elle est verrouillée. 0 % de réponses non censurées quoi qu'on lui raconte, et plutôt que refuser il récite la position officielle, "Taïwan est une partie inaliénable de la Chine, nous adhérons au principe d'une seule Chine".

Et chez Kimi, elle n'est même pas gérée par le modèle. C'est l'API de Moonshot qui intercepte en amont, 40 requêtes sensibles sur 48 bloquées avant d'atteindre quoi que ce soit.

Sur l'identité elle-même, Kimi K3 est le seul à déraper tout seul. Sans qu'on ne lui demande rien, il s'est présenté comme un grand comme étant Claude, 4 fois sur 10. GLM, lui, dit toujours qu'il est GLM. Bizarre non ?

Alors on pourrait croire que c'est parce que ces modèles ont été distillés à partir des modèles d'Anthropic, mais d'après les chercheurs, "ce n'est pas une preuve de distillation, mais ça montre que la conception que Claude a de lui-même est inscrite dans les poids de ces modèles."

Ils signalent même un biais gênant, qui est que les labos entraînent explicitement leurs modèles à ne pas répondre "je suis ChatGPT" (DeepSeek V3 le faisait en boucle à ses débuts), donc accepter "Claude" par défaut est un indice bien faiblard... De quoi calmer un peu les ardeurs de ceux qui brandissent des sanctions .

Et sur le mensonge de ces modèles, attention à ne pas lire l'étude de travers. Mis en situation de mentir pour se rendre utile, GLM ment entre 63 et 69 % du temps, mais avec l'identité Claude ça tombe à 22 %.

Sauf que le gros du gain ne vient pas de cet effet "Claude". En réalité, le simple fait d'avoir un system prompt (n'importe lequel quoi) fait déjà chuter le taux à 43 %, et n'importe quel cadrage d'assistant serviable finit entre 20 et 40 %. Claude est donc dans la fourchette, pas au-dessus.

Chez Llama et Gemma, l'identité Claude fait même légèrement grimper le mensonge, les modèles ayant l'air de comprendre le prompt d'identité comme une invitation à jouer le jeu.

Fin juin, je vous racontais que j'avais branché GLM 5.2 dans Claude Code via l'API de Z.ai et comme mon launcher déclare glm-5.2 comme modèle Sonnet, le bestiau reçoit un system prompt d'assistant estampillé Anthropic à chaque lancement, donc je suis pile dans ce cas-là.

Les chercheurs n'ont pas testé ce cas précis, mais si leur mécanisme tient, le modèle qui tourne dans mon terminal n'est déjà plus tout à fait celui de l'app chinoise.

Après faut pas s'emballer non plus. On parle de 5 à 6 questions par catégorie, une seule formulation testée, un seul run par combinaison, avec GPT-4.1 en juge. C'est un signal, pas un mode d'emploi. Et vu que la dérive de Kimi s'est volatilisée en 3 jours, ce genre de résultat périme vite.

Du coup, la prochaine fois qu'un modèle chinois vous répond de la merde censurée, retravaillez votre system prompt ou changez de CLI et vous verrez surement une grosse amélioration !

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L'Inde coupe internet, puis exige le retrait du code de bitchat

Le 23 juillet à 23h16 précisément, GitHub reçoit une notice du ministère de l'Intérieur indien avec un compte à rebours de seulement 3 heures. Ce qu'exige cette notice c'est de faire disparaître 3 dépôts de code, et pas n'importe lesquels. Ceux de bitchat , la messagerie Bluetooth de Jack Dorsey qui fonctionne sans le moindre réseau.

Trois jours plus tôt, le 20 juillet, des étudiants du Cockroach Janata Party manifestent à Jantar Mantar, en plein centre de Delhi, et réclament la démission du ministre de l'Éducation.

La police disperse leur marche à la matraque et au gaz lacrymogène, ferme des stations de métro et coupe l'internet mobile autour du site. Alors au bout de 2 jours de coupure, les manifestants basculent sur des applis qui n'en ont pas besoin.

Bitchat, sorti l'été dernier, fait exactement ça. Chaque téléphone discute en Bluetooth Low Energy avec ceux qui sont à sa portée, soit une trentaine de mètres, et relaie les messages de proche en proche. Dans une foule dense, la chaîne de relais pousse alors la portée à 300 mètres et plus.

Aucun compte à créer et aucun numéro de téléphone à fournir. Il n'y a pas non plus de serveur central, et les messages privés passent par du chiffrement Noise Protocol. Puis quand le réseau revient, l'application bascule sur le protocole Nostr pour la portée mondiale.

Le code iOS de Bitchat est dans le domaine public, tout comme la version Android en GPL-3.0. Dorsey avait d'ailleurs ressorti la même boîte à outils il y a quelques jours avec Buzz, son chat d'équipe .

L'application, dit la notice de l'Indian Cybercrime Coordination Centre, "permet la communication même pendant des restrictions réseau" et crée "un risque substantiel d'utilisation abusive par des éléments antinationaux, des organisations terroristes, des groupes criminels organisés". Plus loin, on lui reproche une architecture qui entrave "l'interception légale, l'attribution et l'enquête". En clair, le reproche c'est de continuer à marcher quand l'État a coupé le net.

Côté droit, l'ordre s'appuie sur la Section 79(3)(b) de l'IT Act et la Rule 3(1)(d) des IT Rules, c'est-à-dire les articles en Inde qui protègent les hébergeurs de la responsabilité des contenus publiés par leurs utilisateurs.

Les infractions listées, elles, vont de l'accès non autorisé à un système informatique à la complicité, plus trois articles du nouveau code pénal indien sur le complot criminel et l'atteinte à l'unité nationale. Oui, oui, pour un dépôt de code... Bien sûr, l'Internet Freedom Foundation qualifie la manœuvre d'"inconstitutionnelle et autoritaire" et lui reproche de court-circuiter la procédure de blocage officielle. Certes, la Section 79 conditionne une immunité, mais elle n'ouvre absolument pas un droit de censure, puis surtout, cette notice ne désigne aucun message ni aucun fichier illicite précis mais vise le projet entier. Bref, c'est trop vague !

Et même si les rêves les plus humides du gouvernement indien se réalisaient, retirer un dépôt ne retire pas grand-chose. Si vous avez déjà l'app sur votre téléphone, elle y reste, et un maillage qui ne dépend d'aucun serveur continue de faire circuler les messages quoi qu'il arrive à la page GitHub.

MediaNama écrit que GitHub a obtempéré et retiré les liens de sa plateforme. Comme j'y ai encore accès, je pense que ça ne concerne que l'Inde et que Github a fait ça en mode géoblocage. Mais bon, peu importe, ça + l'effet Streisand, dans les heures qui ont suivi la notice, le code était de toute façon recopié sur d'autres sites. Il est sous licence libre, donc il peut être forké dans tous les sens.

En tout cas, ce n'est pas la première fois que cette messagerie sert de plan B à la population puisqu'au Népal, en septembre 2025, elle a été téléchargée près de 49 000 fois en une seule journée durant les manifestations Gen Z, soit près de 40 % de son adoption mondiale sur ce seul pays. Couper le réseau pour calmer une foule, l'Égypte avait déjà essayé en janvier 2011 , la Syrie quelques mois plus tard et on le sait, ça ne fonctionne pas.

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L'app de la Maison Blanche s'incruste sur les tel des fonctionnaires

J'sais pas si vous avez vu encore ce truc de dingue qui est arrivé aux Etats-Unis mais des employés de l'USDA, du Département d'État et du Département du Travail, qui ont parlé à WIRED sous anonymat par peur de représailles, ont vu apparaître sur l'écran de leur smartphone pro, l'app officielle de la Maison Blanche, et cela du jour au lendemain. Certains ont alors essayé de la supprimer pour voir, mais elle est revenue immédiatement. C'est fou !

Alors comment c'est possible ? Hé bien le CIO fédéral Greg Barbaccia a envoyé une directive à toutes les agences en mai pour coller l'app sur, je cite, "tous les téléphones mobiles fournis par l'État dans la branche exécutive". Donc déclencher un téléchargement automatique, sans aucune action requise de l'employé. C'est, si vous voulez mon avis, le même principe que le contrôle parental... Vous ne l'avez pas voulu, mais vous ne pouvez pas le refuser et en plus, votre papa, c'est Trump.

Et alors, elle fait quoi cette app exactement ?

Hé bien, elle vous balance des news sur Donald et sa présidence et y'a même un accès direct à la Présidence. Ouais, en gros c'est un bouton "Envoyer un texto au Président Trump" qui pré-remplit même votre message à votre place : avec du "Greatest President Ever" en veux tu, en voilà... La section News, elle, agrège les communiqués officiels et des articles triés sur le volet de Fox, Breitbart et du New York Post, tous biiiiien gentils avec l'administration.

Bref, c'est propagande à temps complet dans la popoche pour tous les fonctionnaires.

Bon, jusque là, certes on est dans le ridicule le plus assumé mais attendez un peu, ça va se gâter. Car oui les amis, niveau sécu, cette app est un risque sur pattes. En effet, l'app a été pondue par 45Press, une petite boîte de l'Ohio spécialisée dans... le développement WordPress. Le contrat a été signé le 6 février dernier avec un premier versement de 1,4 million de dollars pour commencer et jusqu'à 8 millions au total quand la mission sera achevée. C'est incroyable ! Et pour la blague, le fondateur de 45Press gère aussi, à côté, un annuaire en ligne de lieux historiques et paranormaux. Voilà pour le profil des gens à qui on a confié le dev d'une app qui est maintenant sur TOUS les smartphones de tous les gens au service de l'Etat... Et j'vois vraiment pas ce qui pourrait mal se passer... looool.

Une enquête de NOTUS a révélé également que l'app embarquait des widgets fabriqués par Elfsight, une entreprise... russe. Bah ouais, pourquoi pas hein ?? loool

Résultat, des infos personnelles de responsables de la Maison Blanche se sont retrouvées maintenant exposées puisqu'à chaque ouverture, l'app crache l'adresse IP complète , le fuseau horaire, l'opérateur et un identifiant persistant vers des serveurs tiers. Quand je pense qu'à sa sortie sur l'App Store, la fiche de cette app promettait "zéro donnée collectée"... Quelle blague. Et comme Apple ne vérifie rien, le bobard est passé crème (la fiche a été corrigée depuis).

Du coup les fonctionnaires font ce qu'ils peuvent pour ignorer cette merde et ne pas la lancer afin de ne pas se faire pourrir le cerveau.

Bref, à mon avis, la prochaine étape pour Trump, ça va être de carrément leur retirer le smartphone et de les mettre tous sous babyphone. Vous l'avez lu ici en premier, looool.

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Vivre sans État - Le doc ARTE qui titille l'anarchiste en vous

J'sais pas si vous saviez mais l'État, ce truc qui organise et contrôle toute notre vie, sans que nous l'ayons jamais vraiment choisi, n'a que 4 siècles au compteur... C'est comme ça que débute Vivre sans État, un doc qu'ARTE qui vient de sortir dans sa collection Tracks, et que je vous recommande chaudement. Durant 51 minutes vous découvrirez de vrais gens qui ont décidé de se passer de gouvernement !

Même si on a tous déjà croisé des anarchistes en mousse qui aiment encore plus le pognon qu'un banquier, c'est en général une forme d'organisation sociale qui est mal connu et mal perçu. Mais l'anarchisme revêt différentes formes et c'est ce qu'on peut voir dans ce docu.

Vous y verrez des anarchistes grecs et des écolos planqués dans le désert espagnol, des micronations numériques qui promettait tous les services d'un État via la blockchain, un quartier anarchiste d'Athènes qui vit selon ses propres règles depuis des décennies ou encore une poignée d'irréductibles qui replantent le désert de Tabernas en Espagne, sans accès à l'eau courante.

Et puis surtout, y'a Hakim Bey, l'inventeur des Zones Autonomes Temporaires (TAZ), ces bulles de liberté qui surgissent et disparaissent rapidement, avant que l'État et ses cabots n'aient le temps de réagir. C'est le concept de TAZ qui a d'ailleurs initié le mouvement qui a donné naissance notamment aux free party et aux mouvement hackers.

La question que pose le documentaire, est la suivante : Pourquoi l'endroit où on est né devrait déterminer toute notre existence, nos perspectives économiques, et notre mode de vie ?

Vaste programme... Et cette idée d'un monde sans État continue de survivre et de se propager malgré les utopies ratées. Dans le reportage, y'en a un qui explique que le gouvernement "c'est comme un ordinateur qui centraliserait des services administratifs". Il n'a pas tort même si je rajouterai que c'est un ordinateur bourré de virus et dont les mises à jour n'ont pas été faites depuis des décennies.

Pour moi, ces micro-nations numériques décentralisées et toutes ces initiatives pour moins dépendre des États, ça rejoint beaucoup d'autre initiatives, sans drapeau ni constitution bizarre, comme l' IndieWeb qui rebâtit un internet sans plateforme, ou ces outils qui vous aident à reprendre la main sur vos données . Pendant que certains construisent des Palantir pour tout voir, tout contrôler et tout dérober, d'autres bricolent l'inverse. Pas une nation flottante, certes, mais juste un petit peu de contrôle récupéré.

Bref, j'ai trouvé ça intéressant... Si vous avez un peu de temps devant vous et que vous aimez quand on bouscule vos préjugés, je vous encourage à regarder ce documentaire.

Une ampoule connectée transformée en bibliothèque clandestine de livres interdits

Aux États-Unis, la guerre contre les livres ne se joue plus seulement dans les conseils d'administration des écoles, mais désormais aussi à l'intérieur d'une ampoule connectée vissée au plafond.

La performance est signée Rick Osgood , un bidouilleur qui a transformé un objet du quotidien le plus banal qui soit en cachette numérique pour des ouvrages bannis des établissements scolaires, et l'idée a quelque chose de réjouissant.

Ces dernières années, des milliers de titres ont été retirés des rayons des écoles publiques américaines sous la pression de groupes conservateurs, le plus souvent des romans qui évoquent le racisme, l'identité de genre ou la sexualité. L'association PEN America, qui défend la liberté d'expression, tient le décompte de cette vague de censure qui ne faiblit pas.

Osgood, lui, a choisi de répondre avec un fer à souder.

Il a démonté une ampoule WiFi d'entrée de gamme, de la marque IoToreo en l'occurrence, et récupéré la puce qui se cachait à l'intérieur, une ESP32-C3, ce minuscule processeur sans fil à quelques euros qu'on retrouve dans un paquet de gadgets connectés. Il l'a entièrement reprogrammée avec un firmware maison, pour la transformer en serveur web tournant sur le seul courant de la douille.

Le plus compliqué, c'était la mémoire. L'ampoule ne dispose que de 4 Mo de mémoire flash, autant dire des miettes. En réécrivant la table des partitions, le plan qui découpe cette mémoire en zones, il a réussi à libérer 2 Mo pour stocker quelques livres au format EPUB, le standard des liseuses. Sa tentative de souder une carte SD pour gagner de l'espace a échoué.

Le résultat est étonnamment soigné. Une fois alimentée, l'ampoule diffuse son propre réseau WiFi public, et dès que vous vous y connectez, un portail captif, cette page qui s'ouvre d'elle-même dans les hôtels ou les aéroports, vous redirige vers l'interface de la bibliothèque. On y feuillette les ouvrages, on lit dans quel État chacun a été interdit et pourquoi, et un panneau d'administration verrouillé par mot de passe permet au propriétaire de gérer sa collection.

Un détail trahit le soin apporté au projet. Le firmware efface les identifiants WiFi enregistrés, ce qui veut dire que vous pouvez abandonner l'ampoule dans une douille publique sans risquer de livrer le code de votre box au premier venu.

Rien d'illégal là-dedans, faut-il le préciser. Osgood insiste sur le fait qu'il n'héberge aucun contenu dangereux, pas la moindre recette d'explosif, uniquement des romans parfaitement légaux que des conseils scolaires ont décidé d'écarter.

On n'est évidemment pas devant une énorme bibliothèque, vu les 2 Mo de stockage. C'est un objet politique surtout, et un exercice d'électronique, et le code complet a été publié en open source sur Codeberg, prêt à être repris par quiconque voudrait flasher sa propre ampoule contestataire.

Bref, planquer des livres censurés dans le dernier endroit où un censeur penserait à regarder, une ampoule, c'est franchement bien joué.

Source : Hackaday

Let's Encrypt - Les sanctions US s'invitent dans le contrat

Si vous êtes développeur en Iran, à Cuba ou en Corée du Nord, vous venez officiellement de perdre l'accès à Let's Encrypt !

En effet, la version 1.7 du Subscriber Agreement publiée par l'ISRG (Internet Security Research Group), l'organisation derrière le service, est malheureusement entrée en vigueur le 4 juin dernier. Et sur les 8 pages du document, il n'y a qu'un seul ajout, mais il pèse trèèès lourd : section 3.1, un nouveau bullet point oblige maintenant chaque utilisateur à garantir qu'il "n'est pas localisé, organisé sous les lois de, ou résident dans un pays cible de sanctions américaines complètes".

En pratique, la liste OFAC des juridictions sous sanctions globales actuelles couvre Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, et les zones occupées de Crimée, Donetsk et Lougansk (la Syrie en a été retirée fin 2025 ce qui montre bien à quel point ce périmètre peut évoluer rapidement).

Et le couperet ne tombe pas que sur des États-paria abstraits puisque ONG d'aide humanitaire, journalistes, universités, et tout le monde qui travaille ou vit dans ces zones perd le service. Du coup, pour récupérer un certificat HTTPS gratuit, vous devez maintenant signer une clause d'embargo. Plusieurs utilisateurs rapportent également que des certificats de sites russes auraient déjà été révoqués au cours des derniers mois, sans préavis officiel de l'ISRG...

Le piège, c'est la section 2.2 du contrat, intacte depuis longtemps mais qui prend un sens tout neuf : l'agrément reste en vigueur tant que vous possédez un seul certificat valide. Cela veut dire qu'une violation potentielle sur UN certificat peut donc, en théorie, déclencher une révocation en cascade de TOUS les autres, un peu comme un crédit immobilier où une mensualité ratée rendrait tout le contrat caduque...

Je vous laisse imaginer la tronche d'un hébergeur qui gère mille sites le jour où ça tombe et qui crée des certificats Let's Encrypt pour ses clients... La section 4.2 énumère onze motifs de révocation activables "à la seule discrétion" de l'ISRG, dont la violation de l'agrément et un joli fourre-tout "d'autres motifs raisonnables et légaux".

Notez que l'ISRG est domiciliée à San Jose, en Californie et que tous les CA américains (DigiCert, Sectigo, GlobalSign US) sont déjà soumis aux mêmes obligations OFAC depuis toujours, donc c'est pas vraiment non plus une surprise... Mais ça tombe toujours mal ce genre de conneries.

Maintenant, côté alternatives, si vous voulez sortir de la juridiction US, y'a pas grand chose... Je me souviens de ZeroSSL qui ressemblait à une option européenne mais qui a été racheté début 2024 par HID Global (filiale du suédois Assa Abloy, basée au Texas... donc aux Etats-Unis), donc soumis aux mêmes obligations OFAC à terme. Après vous avez peut-être des services à me recommander ? Sinon il faudra passer par des certificats payants.

Bref, le HTTPS gratuit a toujours eu un drapeau, mais on faisait juste semblant de l'oublier...

Signal, DuckDuckGo et NordVPN menacent de quitter le Canada à cause d'une loi sur la surveillance

Le Canada planche sur un projet de loi, le C-22, qui obligerait les services numériques à conserver pendant un an les métadonnées de leurs utilisateurs, c'est-à-dire pas le contenu de vos messages mais qui vous contactez, à quelle heure et depuis où vous le faites.

Plusieurs champions de la vie privée préviennent qu'ils plieront bagage plutôt que de s'y soumettre.

Signal, l'application de messagerie chiffrée que recommandent les défenseurs de la confidentialité, l'a dit noir sur blanc devant le comité de la sécurité publique de la Chambre des communes. Son vice-président Udbhav Tiwari n'a pas tourné autour du pot : "Si on nous force un jour à choisir entre trahir les gens qui comptent sur nous et quitter un marché, nous partirons."

DuckDuckGo, le moteur de recherche qui se vend, lui, sur le respect de la vie privée, a confirmé qu'il retirerait son service de VPN du Canada si le texte passe. Un VPN, pour rappel, c'est l'outil qui masque votre adresse et chiffre votre trafic pour qu'on ne puisse pas voir ce que vous faites en ligne.

NordVPN tient le même discours et parle d'étudier "toutes les options possibles, y compris réduire ou retirer notre présence". Windscribe, un autre fournisseur de VPN, va plus loin et menace carrément de déménager son siège et ses impôts ailleurs. Apple, Google et Meta sont aussi venus exprimer leurs réserves devant les députés. Ces projets de loi d'accès légal, qui visent à donner aux autorités un droit de regard sur les communications, reviennent régulièrement au Canada depuis plus de dix ans, et finissent à chaque fois par se cogner au même mur, le chiffrement.

Ce qui coince, c'est cette obligation de stocker un an de métadonnées et de bâtir des capacités d'accès pour que la police et le CSIS, le service de renseignement canadien, puissent venir piocher dedans pendant une enquête. Le ministre de la Sécurité publique pourrait même imposer ce genre de mécanisme à d'autres entreprises par un simple ordre, sans mandat d'un juge, avec pour seul garde-fou le feu vert d'un commissaire au renseignement.

Le problème, c'est qu'une métadonnée raconte déjà énormément. Pas besoin de lire vos messages pour savoir que vous appelez un cabinet d'avocats à 2h du matin trois jours d'affilée.

Et pour construire ces fameuses capacités d'accès, il faut souvent affaiblir le chiffrement, donc créer une porte dérobée. Une porte dérobée, c'est comme laisser une clé sous le paillasson en jurant que seul le gentil facteur la trouvera.

Le gouvernement essaie de calmer le jeu. Le ministre Gary Anandasangaree a promis des amendements précisant qu'on n'obligera personne à casser son chiffrement. Mais la rétention d'un an de métadonnées, elle, ne bouge pas.

Du coup, des boîtes dont le métier c'est justement de ne rien savoir de vous se retrouvent priées de tout retenir. Normal qu'elles préfèrent partir.

Source : Techspot

Courrier à madame la présidente de Quimper Bretagne Occidentale (QBO) sur les dépendances numériques extra-européennes

Le collectif Linux Quimper vient d'envoyer un courriel à madame la présidente de la Communauté d'agglomération de Quimper Bretagne Occidentale (QBO) pour lui proposer d'engager une étude sur les dépendances numériques extra-européennes qui pourraient exister dans les services de QBO afin de trouver des solutions européennes de remplacement comme l'a demandé l'État français à ses ministères lors du séminaire interministériel du 8 avril 2026

Courriel adressé à madame la présidente de la communauté d'agglomération de Quimper Bretagne Occidentale (QBO) par Linux Quimper, collectif quimpérois de défense et de promotion des logiciels libres

Objet : Proposition d’étude sur les dépendances numériques extra-européennes

Madame la Présidente de QBO,

À la suite du séminaire interministériel (1) du mercredi 8 avril 2026, consacré notamment à la réduction des dépendances numériques extra-européennes, nous souhaitons attirer votre attention sur l’intérêt qu’une telle démarche pourrait également présenter à l’échelle de notre agglomération.

Notre collectif qui participe depuis 2006 à la promotion des logiciels libres et de Linux en particulier, sur Quimper et ses environs, suit avec attention les enjeux liés à la souveraineté numérique, à la maîtrise des coûts et à la pérennité des systèmes d’exploitation et des logiciels. Dans un contexte de fortes évolutions technologiques et de dépendances parfois peu visibles, il nous paraît utile qu’une collectivité puisse disposer d’une vision claire et partagée de ses propres dépendances numériques.

Dans cet esprit, nous nous permettons de suggérer que Quimper Bretagne Occidentale puisse engager une étude portant sur les dépendances numériques extra-européennes de ses services comme précisées dans le compte-rendu du séminaire interministériel : poste de travail, outils collaboratifs, antivirus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation et équipements réseau. Une telle démarche permettrait de dresser un état des lieux objectif, d’identifier les points de vulnérabilité éventuels et de dégager des pistes d’évolution adaptées aux besoins de la collectivité.

Cette réflexion pourrait, à terme, permettre de définir un objectif chiffré de réduction de ces dépendances, accompagné d’un calendrier progressif et réaliste. Elle offrirait également l’occasion de valoriser les solutions ouvertes, interopérables et maîtrisées, dans une logique de continuité de service et d’efficacité budgétaire.

Dans un esprit de transparence et de dialogue, nous vous serions reconnaissants de veiller à ce que l’évolution de cette réflexion fasse l’objet d’une information accessible aux citoyennes et citoyens.

Nous restons à votre disposition pour, si nécessaire, vous apporter des explications complémentaires.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente de QBO, l’expression de notre considération distinguée.

pour Linux Quimper, collectif Quimpérois de défense et de promotion des Logiciels Libres,
https://linuxquimper.org/
contact at linuxquimper.org

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wg-obfuscator - Faire passer WireGuard pour de la visioconf

Si vous faites tourner WireGuard depuis un réseau filtré par DPI (Genre en Russie, Iran, Chine, et autres pays défenseurs de la libertéééé (non)), vous avez sans doute remarqué que les tunnels tombent rapidement. En effet, les signatures des protocoles et notamment du protocole WireGuard sont devenues facilement identifiables. Les filtres modernes de censure sont ainsi capable de les bloquer en quelques secondes. C'est pour ça que wg-obfuscator , sorti par Alexey Cluster (le dev derrière le mod hakchi de la NES Classic Mini dont je vous parlais en 2017), m'a tapé dans l'œil.

Concrètement, c'est un petit proxy en C qui se glisse entre votre WireGuard et le réseau. Vous le lancez aux deux bouts du tunnel, et lui déguise les paquets pour qu'ils ressemblent à du STUN (le protocole utilisé par les outils de visioconf, rarement bloqué) ou à un flux random pas reconnaissable. WireGuard continue ainsi de tourner sans aucune modification...

C'est vraiment bien fichu son truc et surtout, par rapport à AmneziaWG (un célèbre fork de WireGuard souvent cité comme référence en obfuscation), hé bien y'a juste un binaire à rajouter, alors que AmneziaWG, lui, modifie TOUT le protocole. Il faut donc remplacer les client ET le serveur ce qui est bien relou.

Comme wg-obfuscator se contente uniquement de faire le proxy, vous gardez votre setup WireGuard classique et donc ça fonctionnera partout... Sur OpenWrt, MikroTik avec RouterOS 7.4+ sur ARM64/x86_64 via Docker, NixOS, Android, ou un simple Raspberry.

Par contre, l'outil utilise une clé symétrique en texte clair donc c'est pas du chiffrement fort, mais du camouflage.

Côté config, on est sur du fichier INI tout simple :

[main]
source-lport = 13255
target = 10.13.1.100:13255
key = votre_secret
masking = STUN
verbose = 2

Après c'est pas dit dans la doc mais je pense que c'est compatible IPv4 seulement... Donc oubliez l'IPv6 pour le moment. Ensuite il faut les deux extrémités sous votre contrôle, donc oubliez les VPN commerciaux type NordVPN ou ProtonVPN tant qu'ils ne déploient pas wg-obfuscator côté serveur.

Ah et un dernier détail qui vaut le coup d'être noté, c'est le mode two-way avec static-bindings. En fait si vos deux peers ont une IP publique, vous pouvez parfaitement configurer à la main vos mappings NAT pour permettre à chacun d'initier la connexion, sans dépendre d'un serveur central.

A découvrir ici !

Dire à une IA qu'elle est experte la rend moins performante

Des chercheurs de l'université de Californie du Sud viennent de publier une étude improbable : demander à un modèle d'IA de jouer les experts dégrade ses performances sur les tâches factuelles. Commencer un prompt par "Tu es un expert en programmation" produit de moins bons résultats que de poser la question directement.

Le piège du "tu es un expert"

L'étude, intitulée "Expert Personas Improve LLM Alignment but Damage Accuracy", a mesuré l'impact des instructions de rôle sur les réponses des modèles de langage.

Sur le benchmark MMLU, qui teste les connaissances générales et le raisonnement, les modèles avec une persona d'expert ont obtenu 68 % de bonnes réponses contre 71,6 % sans aucune instruction de rôle.

La baisse est constante sur toutes les catégories testées : maths, code, sciences, culture générale. Bref, dire à une IA qu'elle est brillante la rend un peu moins brillante.

Quand ça marche quand même

Par contre, le persona prompting fonctionne très bien pour un autre type de tâches : la sécurité et l'alignement. En attribuant un rôle de "moniteur de sécurité" au modèle, les chercheurs ont augmenté le taux de refus d'attaques de 53,2 % à 70,9 %, soit une hausse de 17,7 points. Pour les tâches d'écriture et de mise en forme, les personas aident aussi.

L'explication est assez logique : quand on colle un rôle d'expert au modèle, il bascule en mode "suivi d'instructions" et mobilise moins de ressources pour aller chercher les faits dans ses données d'entraînement. Aucune connaissance n'est ajoutée, on déplace juste l'attention du modèle.

Le bon réflexe à adopter

Les chercheurs de l'USC proposent un outil baptisé PRISM qui active automatiquement les personas uniquement quand c'est utile. Mais en attendant que ce genre de système soit intégré aux chatbots grand public, la recommandation est simple : si vous avez besoin de réponses factuelles ou de code, posez votre question directement sans ajouter de rôle.

Si vous voulez que l'IA respecte un ton, un format ou des consignes de sécurité, le persona prompting reste la bonne approche.

On a quand même passé deux ans à répéter partout qu'il fallait commencer ses prompts par "Tu es un expert en..." pour avoir de meilleurs résultats. Visiblement, c'était un peu du vent.

Source : Search Engine Journal

Wikipedia vs archive.today - 700 000 liens en sursis

Un peu moins de 700 000 liens, c'est le nombre de références vers archive.today que Wikipedia envisage de supprimer d'un coup ! Et la raison est assez dingue... en fait le service d'archivage a planqué du code DDoS dans son CAPTCHA afin d'attaquer le blog d'un mec qui a eu le malheur de chercher l'identité du fondateur du site.

L'histoire est tordue vous allez voir...

En 2023, un blogueur du nom de Jani Patokallio publie un article sur son blog Gyrovague pour tenter d'identifier le créateur d'archive.today, un certain "Denis Petrov" (probablement un pseudo). Pas de quoi fouetter un chat, sauf que le principal intéressé n'a visiblement pas kiffé.

Du coup, un bout de JavaScript s'est retrouvé comme de par hasard dans la page CAPTCHA du service, exécutant une requête vers le blog de Patokallio toutes les 300 millisecondes. Chaque visiteur qui passait par le CAPTCHA devenait alors un soldat involontaire d'une attaque DDoS.

Et le bonhomme ne s'est pas arrêté là... il a ensuite menacé de créer un site porno avec le nom du blogueur. On est vraiment dans la réponse proportionnée, clairement.

Le souci, c'est que Wikipedia utilise archive.today de manière MASSIVE. Cela représente 695 000 liens répartis sur environ 400 000 pages. C'est le deuxième fournisseur d'archives de toute l'encyclopédie !

Du coup, les éditeurs se retrouvent face à un sacré dilemme. D'un côté, on a ceux qui veulent tout blacklister parce que "la sécurité de vos lecteurs, ça passe avant les citations". Et de l'autre, ceux qui rappellent que le service contient des archives qu'on ne trouve NULLE PART ailleurs, même pas sur la Wayback Machine .

Bon courage pour trouver un remplaçant les mecs !

Et petit détail qui n'en est pas un, au passage... En fait, archive.today sert aussi à contourner des paywalls. C'est pratique pour vérifier des sources, ou lire de supers articles sans payer mais techniquement c'est illégal.

Mais quand la source originale a disparu, on fait comment ? Et c'est là tout l'intérêt de ces services d'archivage.

Bon, les paywalls, on comprend tous pourquoi ça existe. Produire de l'info de qualité, ça coûte un bras. Sauf que c'est quand même un truc un peu naze. Vous bossez, vous produisez un contenu top, et au final y'a que 10 personnes qui payent pour le lire. Et ce sont les mêmes 10 personnes qui sont pigistes et qui vont reprendre votre info pour la diffuser gratuitement sur leur média ! On le voit avec Mediapart... des enquêtes énormes derrière un paywall, et toute la presse qui reprend leurs scoops sans payer. Je trouve ça vraiment dommage.

Moi, ce que j'aime dans le fait d'écrire sur le web, c'est que vous me lisiez. Et mettre du contenu derrière un paywall, ça voudrait dire que plein d'entre vous ne me liraient plus. C'est pour cela que même le contenu que je réserve en avant-première sur Patreon , au bout de quelques semaines, je le libère pour tout le monde.

Quand je vois The Verge par exemple qui en met dans tous les sens... ben j'y vais plus. J'ai pas envie de payer un abonnement de plus pour une valeur ajoutée pas folle. C'est un peu comme les bandeaux cookies, à savoir un effet de bord regrettable du web moderne. On doit faire avec parce que personne n'a trouvé mieux comme idée...

Bref, entre les DDoS vengeurs, les 700 000 liens en sursis et les paywalls qui pourrissent tout ... le web ouvert, c'est pas gagné les amis. Voilà voilà.

Source

Maptoposter - Générez vos propres affiches de villes minimalistes

Si vous avez envie de refaire un peu votre déco chez vous, sans forcément raquer des fortunes chez des designers scandinaves en claquettes chaussettes, j'ai trouvé un petit soft qui va vous plaire. Ça s'appelle maptoposter et c'est un script Python qui permet de transformer la plupart des villes en une affiche minimaliste plutôt jolie

Vous lui donnez le nom d'une ville et son pays (c'est obligé pour pas que le script se perde), et il va piocher dans les données d'OpenStreetMap via la bibliothèque OSMnx pour vous dessiner un plan aux petits oignons au rendu propre généré par matplotlib avec des calques pour les routes, les parcs et l'eau. On est loin du screenshot Google Maps repassé au stylo Bic que certains vendent sur les marchés, ahaha.

Et même sans les bâtiments qui ne sont pas inclus par défaut, je trouve que le rendu est vraiment très chouette... en tout cas suffisamment pour être encadré et exposé.

Et pas mal d'éléments sont également personnalisables, ce qui vous permettra de bricoler un truc propre avec les thèmes déjà inclus comme "noir" pour un look sombre ou "sunset" si vous êtes d'humeur nostalgique. Et si vous avez la flemme de choisir, vous pouvez même lui demander de générer la même ville avec tous les thèmes d'un coup.

Très pratique pour faire son choix avant de faire chauffer l'imprimante !

Maintenant pour ceux qui se demandent comment on installe ce bazar, c'est hyper fastoche. On récupère d'abord le dépôt, on installe les dépendances, et c'est parti :

git clone https://github.com/originalankur/maptoposter
cd maptoposter
pip install -r requirements.txt

Ensuite, pour sortir votre première affiche de Paris par exemple, c'est aussi simple que ça :

python create_map_poster.py -c "Clermont-Ferrand" -C "France" -t noir -d 10000

Le paramètre -d définit le rayon en mètres autour du centre, donc vous pouvez vraiment zoomer sur votre quartier préféré ou prendre toute la métropole. D'ailleurs, ça me rappelle un peu City Roads dont je vous avais parlé il y a un bail, mais ici on a un peu plus de contrôle sur les thèmes JSON et les dégradés de couleurs.

On peut même ajouter des fondus dégradés sur les bords pour donner un petit côté artistique supplémentaire et tout ça sans passer par la case Photoshop. Je suis sûr aussi que le code peut être modifié pour traiter d'autres data que des cartes... En tout cas, si vous cherchez une idée cadeau originale ou si vous voulez juste donner un look original à votre bureau avec des posters de qualité, allez jeter un œil à ce projet.

Et n'oubliez pas de garder l'attribution OpenStreetMap si vous imprimez le résultat, c'est la moindre des choses !

C'est par ici que ça se passe !

Et merci à Lorenper !

Iran - La chasse aux sorcières version Starlink s'intensifie

Bon, on savait que c’était tendu en Iran pour chopper un peu d’Internet libre, mais là on passe clairement au niveau supérieur dans la traque technologique.

En effet, si vous pensiez que poser une antenne Starlink sur votre toit en scred suffisait pour échapper aux mollahs, vous allez être déçus. On n’est plus sur du "je cache le routeur derrière un ficus et tout ira bien", mais sur un mélange de coupures massives, de brouillage, et de chasse aux terminaux qui ressemble très fort à de la guerre électronique.

Déjà, rappelons un peu le contexte... Quand l’État coupe Internet et bride même le téléphone, Starlink devient systématiquement la bouée. Normal c'est de la connexion satellite, donc ça passe partout. Mais le Wall Street Journal raconte que, ces derniers jours, les autorités ont commencé à fouiller et confisquer des paraboles, notamment dans l’ouest de Téhéran, avec des perturbations plus fortes le soir, au moment où les gens descendent dans la rue. Forcément avoir du Starlink c’est illégal et les kits sont passés en contrebande via des bateaux depuis Dubaï, ou par la route via le Kurdistan irakien, etc. Bref, le tuyau vers l'Internet libre est rare, cher, risqué… mais vital pour sortir des vidéos de ce qui se passe dans le pays.

Dishy, l’antenne Starlink pour les intimes, est une antenne à réseau phasé qui dirige son énergie vers le satellite. Mais le truc à comprendre, c’est que "faisceau étroit" ne veut pas dire "invisible" car comme toute émission radio, ça laisse une empreinte. Du coup, un terminal qui transmet peut être détecté, surtout si en face il y a des moyens sérieux de radiogoniométrie / SIGINT (repérer qu’il y a une source, estimer une direction, recouper depuis plusieurs points, etc.).

Et à partir du moment où on peut recouper des mesures, on n’est plus très loin de remonter à un quartier… voire plus précis selon les moyens et la densité de capteurs.

Et justement, c'est là qu'on sort du folklore puisqu'avec tout ce qui se passe actuellement en Iran, il y a une intensification des efforts pour brouiller le service ainsi qu'une chasse active aux utilisateurs. Sur le volet "matos", on voit par exemple circuler des noms de systèmes russes présentés comme capables de repérer des terminaux Starlink (certains médias russes ont même mis en avant un système surnommé "Borshchevik") mais ce genre d’étiquette et les performances annoncées sont difficiles à vérifier indépendamment depuis l’extérieur. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que sur le terrain, l’Iran traite ça comme une cible de guerre électronique, et pas comme un simple routeur interdit.

Autre point important chez Starlink, c'est le GNSS (GPS & co). On entend souvent que les affreux s'amusent à brouiller le GPS, donc l’antenne ne sait plus où elle est, donc ça marche plus. Mais la réalité est moins binaire car oui, le brouillage/spoofing GNSS peut compliquer ou empêcher la mise en service, dégrader la stabilité, ou foutre le bazar dans la synchronisation, surtout si le terminal a été déplacé ou redémarre en zone hostile. Mais selon les versions, les firmwares et les conditions radio, ça va plutôt d'un "ça rame" à un "ça coupe". Ce n'est donc pas forcément un interrupteur magique universel même si pour le régime iranien, ça reste une arme efficace pour rendre l’accès instable au moment où les gens en ont le plus besoin.

Évidemment, côté utilisateurs, c’est système D sur fond de parano (justifiée), et de créativité. On a vu passer des paraboles planquées sous des structures ou déguisées en objets du quotidien et beaucoup font attention au "bruit" autour de l'antenne... Par exemple certains évitent de laisser un Wi-Fi qui hurle “SALUT JE SUIS LÀ” au voisinage et passent sur du filaire quand c’est possible. Parce qu’au-delà du lien satellite, le premier truc qui peut trahir, c’est aussi tout ce qui rayonne localement (Wi-Fi, équipements, habitudes de trafic…). Et quand en face y'a des gens qui fouillent, confisquent, et cherchent des preuves, chaque détail compte.

L’Iran aurait même poussé le dossier à l’Union Internationale des Télécommunications (ITU, ONU) afin de tenter de faire interdire le service d'Elon Musk sur son territoire. Mais les États-Unis et Starlink résistent à l’idée d’appliquer ce bannissement au-delà du fait de couper des terminaux identifiés. En clair, c'est pas juste une chasse technique mais c’est aussi une bataille diplomatique et juridique pour l'Iran.

Mais alors si Starlink devient trop dangereux ou trop instable, qu’est-ce qu’il reste au peuple iranien ? Hé bien là, on passe en mode plan B / plan C. Par exemple, certains regardent du côté des messageries capables de faire du relais local / du store-and-forward , des réseaux mesh à l’ancienne en Bluetooth / Wi-Fi direct, pour faire passer des messages de proche en proche quand Internet est mort. Ça ne remplace pas une connexion, c'est certain, mais ça peut maintenir une circulation d’infos dans une ville, et parfois faire remonter des messages vers une passerelle qui, elle, a accès au monde extérieur.

On parle aussi beaucoup du "satellite-to-cell / direct-to-device" c'est à dire envoyer des SMS via satellite avec un téléphone standard. La techno existe et avance, oui, mais attention, ce n’est pas non plus une baguette magique activable n’importe où, car ça dépend des déploiements, des accords opérateurs, des fréquences, et… du fait que le régime ne vous mette pas des bâtons dans les roues par d’autres moyens. Disons donc que c’est une possibilité à garder en tête mais pas un joker garanti à ce jour.

Et puis il y a les hacks "crypto" qui reviennent dans les discussions dès qu’un pays se retrouve isolé. Là aussi, il faut être précis car recevoir des infos via satellite (genre l’état de la blockchain Bitcoin) c’est un truc connu, mais émettre une transaction vers le réseau, il faut quand même un canal de sortie quelque part (une passerelle, un relais, une connexion, même indirecte). Donc oui, il y a des bricolages via despasserelles (SMS, relais, etc.), mais ce n’est pas du "Bitcoin par SMS directement vers les nœuds" comme par magie.

Dernier point, parce qu’on voit passer des chiffres et des infographies qui donnent beaucoup de chiffres... Tant que la coupure Internet rend la vérification infernale, il faut être prudent sur les chiffres qu'on nous annonce sur la situation dans le pays. Par contre, sur la partie forensique réseau des initiatives comme Whisper compilent des signaux techniques (BGP, instabilités, etc.) qui aident à comprendre comment un pays comme l'Iran se fait effacer d’Internet et ça, c’est une pièce très utile du puzzle, même si ça ne remplace pas une enquête indépendante sur le terrain.

Voilà, je trouve ça très moche ce qui se passe là bas et voir que la technologie, qui devrait être un pont, devient un champ de bataille, ça me révolte. Alors en attendant, un grand respect aux bidouilleurs et autres geeks qui se trouvent là-bas et qui risquent gros pour juste nous envoyer de l'info sur ce qui se passe vraiment chez eux.

Anna's Archive perd son domaine en .org mais reste debout

Bon, fallait s'y attendre. Le domaine annas-archive.org vient de tomber, placé en statut "serverHold" par le Public Interest Registry (PIR), l'organisme qui gère tous les domaines en .org. Du coup, si vous tapez l'adresse habituelle, vous tombez dans le vide.

Et là vous allez me dire : "Mais PIR, c'est pas les mêmes qui ont toujours refusé de suspendre thepiratebay.org ?" Hé bien si, exactement. Ce qui laisse penser qu'il y a probablement une décision de justice derrière tout ça, parce que PIR ne fait pas ce genre de chose de gaieté de coeur.

L'équipe d'Anna's Archive a réagi sur Reddit en mode "on est chill, on a l'habitude". Ils rappellent que ce genre de mésaventures arrive régulièrement aux bibliothèques "alternatives" et pointent vers leurs domaines alternatifs qui fonctionnent toujours : annas-archive.li, annas-archive.se, annas-archive.in et annas-archive.pm. Bref, business as usual.

Ce qui est marrant, c'est que l'équipe nie tout lien avec leur récent coup d'éclat : le backup de 300 To de Spotify qu'ils ont balancé en décembre 2025. Vous savez, les 256 millions de lignes de métadonnées et les 86 millions de fichiers audio qui ont fait trembler les majors ? Apparemment, ce n'est pas ça qui leur vaut cette suspension. Du moins selon eux.

Anna's Archive, pour ceux qui débarquent, c'est un méta-moteur de recherche créé en 2022 qui agrège les catalogues de plusieurs bibliothèques pirates (LibGen, Sci-Hub, Z-Library...). Le site fait déjà face à des poursuites, notamment pour avoir scrappé WorldCat , donc les ennuis juridiques ne sont pas vraiment une nouveauté pour eux.

Le jeu du chat et de la souris continue... Et comme toujours avec ce genre de projets, couper une tête ne sert pas à grand chose quand il y en a quatre autres qui poussent. Les gens qui veulent accéder au site trouveront toujours un chemin, et l'équipe recommande de checker leur page Wikipedia pour avoir la liste à jour des domaines actifs.

Source

Fabien Olicard raconte son année de procédure judiciaire

Fabien Olicard, que vous connaissez tous, vient de sortir une vidéo que je vous recommande vraiment de regarder. Pendant plus d'un an, il a été pris dans une procédure judiciaire suite à une de ses analyses sur les mécanismes de manipulation. Une vidéo sourcée, mesurée, comme il en fait depuis des années.

Et ce qu'il raconte, c'est le parcours du combattant que vivent ceux qui osent critiquer publiquement certaines organisations ou personnalités. Les dizaines de milliers d'euros de frais d'avocat, les mois d'attente entre les audiences, le stress permanent, les nuits blanches à se demander si ça vaut le coup de continuer. Car même quand on est persuadé d'être dans son droit, la machine judiciaire tourne et elle ne regarde pas vos intentions.

Il aborde donc dans sa vidéo un sujet dont on parle trop peu : les procédures bâillon. En anglais, on appelle ça des SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation) et ce sont des procédures qui épuisent financièrement et psychologiquement la partie adverse. L'Union européenne a voté une directive anti-SLAPP en 2024 pour protéger ce qu'ils appellent "les chiens de garde de la démocratie" mais faut croire que ça ne suffit pas.

Plus de 1000 procédures de ce type on été recensées ces 13 dernières années en France, d'après la Coalition européenne contre les SLAPP et tout le monde est touché : Des journalistes, des chercheurs, des associations, des créateurs de contenu...etc. Ce genre de mésaventure, ça peut arriver à n'importe qui osant parler de sujets sensibles.

Dans le cas de Fabien, la procédure a finalement été annulée pour nullité, c'est-à-dire pour vices de forme dans les actes juridiques de la partie adverse. Une victoire juridique, certes, mais comme il le dit lui-même, il a quand même perdu un an d'énergie, des dizaines de milliers d'euros, du sommeil, et parfois l'envie de dénoncer ce qu'il voit.

Bref, c'était pas marrant comme expérience, mais Fabien a tenu bon, alors bravo à lui (et à son avocate) !

La vraie vie - Le documentaire qui filme l'absurde dans un jeu vidéo

Voici un documentaire qui va vous faire tourner la tête. Ça s’appelle La vraie vie , et c’est une série ARTE réalisée par Ekiem Barbier et Guilhem Causse qui a embarqué le comédien Victor Assié dans une aventure complètement barrée. Le concept c’est de tourner un documentaire entièrement dans un jeu vidéo de simulation de vie.

Dans ce film, Victor découvre un serveur de jeu où les gens s’amusent volontairement à jouer les fonctionnaires, les policiers ou les garagistes dans une petite bourgade virtuelle qu’ils ont eux-mêmes construite. Victor doit alors se faire une place parmi ces joueurs, trouver du boulot, gagner de l’argent, respecter le code de la route.

Bref, refaire exactement ce qu’il fait déjà dans la vraie vie, mais avec son avatar 3D.

Les réalisateurs n’en sont pas à leur coup d’essai car en 2023, ils ont sorti Knit’s Island, un documentaire tourné dans DayZ qui a remporté le Prix du Jury et le Prix FIPRESCI au festival Visions du Réel en Suisse. Pour ce film, leurs avatars ont passé 963 heures dans ce monde post-apocalyptique à rencontrer des communautés de joueurs et à filmer leurs interactions. Le machinima , cette technique qui consiste à créer des films avec des moteurs 3D de jeux vidéo, existe depuis une trentaine d’années, mais Knit’s Island était le premier à tenter un format long pour le cinéma.

Barbier et Causse se connaissent depuis l’École des Beaux-Arts de Montpellier et en 2016, ils ont même formé un groupe de recherche qui questionne le rapport à la réalité dans les jeux vidéo en ligne. Leur premier film, Marlowe Drive en 2017, était déjà un documentaire exploratoire tourné dans GTA V Online.

Pour La vraie vie, ils ont donc choisi un serveur de jeu de rôle basé sur le moteur d’Arma 3. Contrairement aux serveurs GTA RP français sur FiveM qui simulent la vie urbaine avec des poursuites de police et du crime organisé, ce serveur mise tout sur l’absurde bureaucratique. Victor doit donc passer son permis de conduire, acheter un téléphone portable, trouver du travail. À un moment, il se fait même arrêter pour excès de vitesse et le policier lui fait tout un speech sur les dangers de sa conduite imprudente. Un autre fois, il essaie désespérément de faire un spectacle de théâtre mais personne ne veut l’écouter, alors il récite du texte au milieu de la route.

Ce qui ressort du documentaire, je trouve, c’est cette observation assez vertigineuse que certains préfèrent la vie dans une communauté virtuelle à la solitude du monde réel. Les joueurs parlent du serveur comme de leur île et appellent la réalité “le continent”. Sur l’île, il y a de l’inflation, des jobs de service, des contraintes administratives, exactement comme dans la vraie vie, mais avec le choix assumé d’y être.

La série fait 5 épisodes de 24 minutes et utilise le format machinima de bout en bout. Pas de coupures vers le monde réel, pas d’interviews face caméra. Juste Victor qui essaie de survivre dans ce monde étrange peuplé de vrais joueurs qui prennent leur rôle très au sérieux. La vraie vie a même été sélectionnée à Canneseries 2025 dans la compétition séries documentaires et aux Visions du Réel 2025 est est disponible sur arte.tv et YouTube.

Voilà, pour tous ceux qui s’intéressent aux mondes virtuels et à ce besoin irrésistible de trouver en ligne un exutoire à la vraie vie, ce documentaire pose pas mal de bonnes questions : Pourquoi rejouons-nous notre quotidien dans des jeux vidéo ? Qu’est-ce que ça dit de notre rapport au monde réel ? Et surtout, pourquoi certains trouvent plus de sens à conduire un camion virtuel qu’à faire la même chose dans la vraie vie ?

Après avoir vu le documentaire, on fini quand même par se demander si notre propre vie n’est pas déjà un jeu de rôle dont on a oublié les règles…

Edward Snowden - Le geek qui a hacké l'Empire Américain

Cet article fait partie de ma série de l’été spécial hackers. Bonne lecture !

Vous savez ce moment où vous réalisez que votre patron lit vos emails ? Et bien pensez un instant votre patron c’est la NSA et qu’il lit TOUS les emails de la planète. Et bien c’est exactement ce qu’Edward Snowden a découvert en 2013, et contrairement à vous, il a pas juste changé de mot de passe. Il a balancé 1,7 million de documents classifiés et foutu le méga bordel dans tout l’appareil de renseignement américain !

La mort lente de TuxFamily : pensez à déplacer vos projets ailleurs

Une dépêche de 2008 introduisait TuxFamily.org ainsi : « Présent sur Internet depuis 1999, TuxFamily.org fournit gratuitement des services d’hébergement pour tous les projets sous licence libre et permet ainsi la promotion du libre sous toutes ses formes (art libre, logiciel libre, etc.). »

Logo Tux Family

Récemment, nous évoquions un incident DNS chez TuxFamily.org avec perte de nos deux DNS (entre le 9 décembre 2024 vers 23h ou minuit, et le 10 décembre 08:38) et un besoin de bascule de DNS pour revenir en ligne. Sur le site de TuxFamily, la page des nouvelles ne remonte depuis 2019 que des incidents. Alors un utilisateur a fini par poser poliment la question (en anglais) « Est-ce que TuxFamily est en train de mourir lentement ? », car il y a eu de nombreux incidents, dont certains non mentionnés dans les nouvelles et qu’il y a des soucis d’accès à cause de bibliothèques de crypto trop anciennes laissés sans réponse. Est-ce un problème de motivation, un creux temporaire, comment aider ?

Et la réponse est arrivée, remerciant le demandeur de l’avoir posée : oui TuxFamily.org se meurt, oui la motivation est partie, tout est devenu vieux : les gens, les machines, les centres de données, l’architecture des services. TuxFamily.org ne serait plus pertinent techniquement et les efforts pour juste le maintenir ne sont plus suffisants. Et encore plus clairement dit : la vérité est que les meilleures choses à faire sont : 1. migrer votre projet hors de TuxFamily.org (…) 2. parlez-en, ici ou en dehors de TuxFamily.org, pour que les autres projets restants aient une liste de suggestions d’hébergeurs.

Concernant LinuxFr.org: la gestion du DNS ne sera pas remise sur TuxFamily.org (voir l’entrée de suivi). Nous tenons à remercier TuxFamily.org et les personnes derrière pour les services rendus pendant des années. Et nous arrêtons à regret de vanter cet hébergeur : il n’est plus listé dans les projets amis dans notre bas de page et la bannière affichée en rotation a été retirée.

TuxFamily.org utilise comme solution technique VHFFS (la dernière version présentée sur LinuxFr.org est la 4.4 et la dernière version parue est la 4.6 en octobre 2016).

Logo VHFFS

Souvenirs

TuxFamily.org est par exemple l'hébergeur de Kaos Fantasy, et était celui de Lent Ciné, et de bien d'autres projets. C'est aussi l'hébergeur de nombreuses listes de diffusion.

Nota bene : c'est loin d'être une première, beaucoup d'autres forges logicielles ont fermé et d'outils de forges ont disparu, comme Berlios.de, Google Code, Gitorious, Alioth (Debian), Betavine, CodeHaus, CodePlex, Fedora Hosted, Gna!, java.net, Phabricator, Tigris, Mozdev, LibreSource, Codendi, InDefero, CodingTeam, Django-Simple-Forge, Anvil, etc. (liste tirée de Wikipédia et de la dépêche « Forges logicielles et hébergement de projets libres »). On a d'ailleurs vu des migrations de Sourceforge à TuxFamily.org par exemple.

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Lauréats des trophées des Acteurs du Libre 2024

Les lauréats de l’édition 2024 du concours des Acteurs du libre ont été révélés à Open Source Experience la semaine dernière.

Acteurs du Libre

Organisé par le CNLL en collaboration avec Systematic et Open Source Experience, le concours des Acteurs du Libre est devenu un rendez-vous incontournable de l’écosystème open source français et européen. Il vise à récompenser les entreprises et entrepreneurs ainsi que les projets innovants et associations qui contribuent par leurs actions au développement économiquement viable du logiciel Libre et de l’Open Source.

Six trophées ont été remis :

  • Prix de la meilleure stratégie Open Source : RTE
  • Prix du développement commercial : Quantstack
  • Prix de la collaboration public-privé : l’IGN et l’ESN Camptocamp.
  • Prix européen, en collaboration avec l'APELL : Passbolt
  • Prix du numérique éthique et ouvert : Commown
  • Prix spécial du jury  : l’INSEE pour sa plateforme Onyxia

Retrouvez les détails concernant les attributions en seconde partie de dépêche.

Photo de groupe

Prix de la meilleure stratégie Open Source : RTE, gestionnaire du réseau public de transport d'électricité en France reçoit le prix de la meilleure stratégie. RTE s’est progressivement investi dans l’open source depuis les années 2000 pour devenir aujourd’hui un acteur totalement engagé qui publie du code dans une centaine de repositories inventoriés par un OSPO et anime des communautés. Le jury a apprécié en particulier la capacité à fédérer les acteurs internationaux de l'énergie autour de la Linux Foundation Energy, crée en 2018 à l’initiative de RTE.

Prix du développement commercial : le prix du développement commercial est remis à Quantstack, éditeur de logiciels libres spécialisé dans le calcul scientifique (projets tels que Jupyter, Conda-forge, etc.). Entreprise en très forte progression (+25 %/an de CA en moyenne), Quantstack fait preuve d’une forte cohérence entre son modèle d’affaires en forte croissance et ses engagements communautaires sur des briques très utilisées dans le monde, notamment via l’implication dans de nombreux évènements.

Prix de la collaboration public-privé : Ce prix est remis à l’IGN et l’ESN Camptocamp. L’IGN, acteur public de la cartographie, collabore activement dans le cadre d’un partenariat pérenne avec Camptocamp, dans la cadre du projet Geonetwork-UI et de son application phare DataHub. Ce projet oeuvre au rapprochement de l’écosystème de la donnée géospatiale avec celui de la donnée ouverte. Camtocamp accompagne l’IGN dans sa démarche de contribution au DataHub au travers de sous-traitance et d’un engagement financier pour soutenir les évolutions de la plateforme.

Prix pour un numérique ouvert et éthique : Ce prix est décerné à Commown, société coopérative proposant des produits électroniques éco-conçus pour son adhésion à la culture libriste à tous les niveaux de l’entreprise (dans les appareils proposés, les outils internes, et processus) et son action pour réduire l'empreinte carbone du matériel informatique. Commown a par ailleurs formalisé ses démarches et obtenu le label Solar Impulse.

Prix Européen (en collaboration avec l’APELL) : Le prix européen est décerné à Passbolt, fournisseur d’une solution de gestion de mots de passe open source et collaborative crée en 2016. Bénéficiant d’une très forte croissance (+80% de CA en 2023), Passbolt mène avec succès une stratégie de croissance tout en contribuant au développement des standards émergents et en collaborant activement avec la recherche.

Prix spécial du jury : Le prix spécial du jury 2024 revient à l’INSEE, l’institut national de la statistique pour sa plateforme Onyxia, un environnement de data science. L’INSEE est récompensée pour avoir identifié un besoin lié à l’accessibilité des professionnels aux plateformes statistiques modernes. L’initiative SSPcloud a permis d’apporter une réponse open source à ce besoin, tout en répondant aux enjeux de souveraineté. Ce projet est adopté aujourd’hui jusqu’au Canada.

Les vainqueurs ont été désignés par un jury composé à la fois de personnalités de l'écosystèmeopen source, d’entreprises membres des associations régionales du CNLL, représentants d’administrations et de lauréats de l’édition précédente. Ce jury est modifié chaque année.

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Créatures ou IA : consultez, manipulez & annotez les images des bibliothèques, musées… grâce à IIIF

L’initiative IIIF, pour International Image Interoperability Framework, est née de la constatation que la diffusion d’images patrimoniales sur le web était « trop lente, trop coûteuse, trop décousue, trop complexe ». IIIF apporte une solution pérenne et élégante à ces difficultés en conciliant accessibilité, interopérabilité et sobriété. Il intéresse les GLAM (collections, bibliothèques, archives, musées, etc.) ainsi que les acteurs de l’enseignement et de la recherche.

Concrètement, IIIF créé un cadre technique commun grâce auquel les fournisseurs peuvent délivrer leurs contenus sur le web de manière standardisée, afin de les rendre consultables, manipulables et annotables par n’importe quelle application compatible.

International Image Interoperability Framework

Sommaire

Origine de IIIF

En 2010, constitution d’un groupe de réflexion et d’expérimentation sur l’interopérabilité des manuscrits médiévaux numérisés à l’initiative de l’université de Stanford. Ses travaux ont conduit à l’élaboration d’un modèle de données Shared Canvas basé sur le modèle d’annotation du W3C.

À la même époque, de grandes bibliothèques nationales et des universités ont travaillé à la définition d’un mécanisme d’échange des images pour aboutir en 2012 à la publication de la version 1 de l’API Image de l'International Image Interoperability Framework (IIIF).

Le Consortium IIIF a été créé en 2015 par onze institutions : la British Library, Artstor, Die Bayerische Staatsbibliothek, la Bibliothèque nationale de France, Nasjonalbiblioteket (Norvège), Wellcome Trust, et les universités d’Oxford, Stanford, Cornell, Princeton et Yale. Il compte actuellement 69 membres.

Qu’est-ce que IIIF ?

Un aspect spectaculaire de IIIF réside dans la visualisation fluide des images et le zoom profond, cf. Sagami River, Kyoto (1660?-1670?). Princeton University, mais IIIF ne se résume pas à ça, loin de là.

_Sagami River, Kyoto (1660?-1670?) affiché par le visualiseur libre UniversalViewer

IIIF désigne à la fois le cadre technique partagé d’un ensemble de protocoles ouverts et une communauté humaine qui les implémente, développe des logiciels et in fine expose des contenus audiovisuels interopérables.

Ce standard de fait est utilisé par de plus en plus d’institutions culturelles — collections, bibliothèques, musées, archives, etc. — et scientifiques — universités, labos, muséums, etc. Ses fonctionnalités s’étendent maintenant à l’audio et à la vidéo ; la prise en compte de la 3D est en cours.

Pour l’heure, IIIF est surtout utilisé pour la diffusion d’images numériques. Ce sont ainsi des centaines de millions d’images qui deviennent véritablement découvrables, consultables, comparables, manipulables, citables, annotables et mixables par n’importe quelle application compatible capable de se « brancher » sur les entrepôts des uns et des autres.

Sans téléchargement de fichiers images, ces ressources de « première main » sont immédiatement utilisables par les professionnels comme par les amateurs. Elles intéressent aussi les chercheurs, les enseignants et les élèves, et les médiateurs culturels, scientifiques et artistiques. IIIF facilite grandement la diffusion, la réutilisation et la valorisation de toutes ces ressources disséminées.

Principe général d’interopérabilité de IIIF : trois applications différentes sont branchées à trois entrepôts IIIF (source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0)
Principe général d’interopérabilité de IIIF : trois applications différentes sont branchées à trois entrepôts IIIF (source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0)

Visualisation d’un document

Photo de Bob Fitch, Martin Luther King Jr. & Joan Baez (1966), visualisée avec le logiciel libre Tify

Copie d’écran du logiciel libre Tify présentant une photographie de Martin Luther King et de Joan Baez (Bob Fitch, 1966). Ce document est fourni par un serveur IIIF opéré par l’université de Stanford.

Visualisation de plusieurs documents

La magie IIIF c’est la capacité de jongler avec les références des ressources, par exemple, pour les réunir dans des bibliothèques virtuelles ou encore pour servir de points d’entrée aux robots et autres IA afin d’analyser les documents.

Léonard Limosin est un peintre, émailleur, dessinateur et graveur français du XVIe siècle. Deux de ses œuvres sont présentées ci-après dans le visualiseur libre IIIF Mirador.

Vues d’œuvres de Léonard Limosin avec le logiciel libre Mirador

Sur cette page, vous pouvez explorer chaque image et zoomer, les comparer, lire leurs métadonnées, passer en plein écran ou agencer différemment les fenêtres. L’interface de Mirador vous permet aussi d’accéder à d’autres références en cliquant sur le bouton rond bleu puis en sélectionnant les documents préenregistrés.

Vous avez aussi la possibilité d’en ajouter d’autres via le bouton bleu Ajouter une ressource en bas à droite, ensuite en insérant l’URL d’un manifeste IIIF. En faisant une recherche sur Léonard Limosin vous trouverez différentes collections comportant certaines de ses œuvres. Certaines les exposent au standard IIIF. Dans ce cas, pour chaque notice il s’agit de récupérer le lien d’un manifeste IIIF (explicite ou associé au logo IIIF). Exemple, avec cette Crucifixion au Fitzwilliam Museum (Cambridge).

Le logiciel libre Omeka dispose de fonctionnalités IIIF et permet de créer des bibliothèques virtuelles de ressources IIIF.

Apports de IIIF

D’après IIIF en 5 minutes.

Pour les usagers

L’accès à des images de haute qualité ainsi qu’à leurs métadonnées, large choix de visualiseurs libres :

Ces outils, et d’autres encore, offrent une large palette d’interfaces riches et universelles pour :

Il existe de nombreux dispositifs pour utiliser ces ressources de « première main » et corpus dans un environnement éducatif et de recherche.

Pour les diffuseurs

  • bénéficier d’une manière standardisée, cohérente et efficace, de présenter et de partager leurs collections,
  • améliorer leur visibilité, l’accessibilité à leurs données et développer des espaces de collaboration et de recherche,
  • faciliter la gestion des ressources numériques en garantissant un accès homogène et pérenne,
  • promouvoir la participation des usagers en mobilisant des outils avancés pour l’exploration et l’utilisation des ressources,
  • proposer des projets de transcription, de crowdsourcing ou de sciences participatives en fournissant des documents annotables,
  • réduire et mutualiser les coûts en utilisant un standard ouvert, des services et des logiciels éprouvés.

Pour les développeurs

Il existe de nombreux logiciels et composants compatibles avec les API de IIIF, beaucoup sont libres. La page officielle Awesome IIIF recense les principaux ainsi qu’un grand nombre de ressources documentaires et de services.

IIIF est entièrement basé sur les standards et l’architecture du Web (principes REST et du Linked Data, Web Annotation Model du W3C, JSON-LD) ce qui facilite le partage et la réutilisation des données.

Le découplage entre la couche serveur et la couche cliente, la modularité des composants logiciels, la ré-utilisabilité des ressources offrent une grande souplesse et réduit la dépendance à un logiciel ou un prestataire.

La communauté des usagers et des développeurs est active.

Comment ça marche ?

Le manifeste est un élément essentiel de IIIF. C’est un document au format JSON-LD qui représente généralement un objet physique numérisé tel qu’un livre, une œuvre d’art, un numéro de journal, etc. Il peut également rassembler des éléments de provenances diverses. Il décrit l’ensemble du document, ses métadonnées, sa structure et référence les images et les médias qu’il embarque.

Les liens des manifestes IIIF sont plus ou moins faciles à trouver dans les notices des catalogues. Une méthode simple consiste à rechercher le logo IIIF ou à explorer les informations fournies par les visualiseurs. Le site officiel de IIIF alimente un annuaire non exhaustif des sites et, site par site, fournit généralement un mode d’emploi pour récupérer les manifestes.

Techniquement, IIIF comporte deux API principales, l’API Image et l’API Presentation qui fonctionnent de concert.

API Image

L’API Image fournit des informations basiques sur l’image ainsi que les pixels de l’image entière ou de zones à la demande.

Elle se présente avec les éléments suivants :

  • une URL d’accès aux informations techniques d’une image, abcd1234 est un exemple d’identifiant :
    http://www.example.org/image-service/abcd1234/info.json
  • une URL à construire à la carte pour récupérer et manipuler tout ou partie de l’image en précisant la zone, la taille, l’orientation, la qualité et le format de l’image à produire.

schéma de l’URL API Image

Voilà ce que ça donne en pratique avec l’image de test. Attention ! LinuxFR met en cache les images, si vous souhaitez effectuer les manipulations, copiez et modifiez les paramètres des url ci-après.

Le fichier info.jsonest le suivant :

  • https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/info.json

  • rendu homothétique de l’image entière avec une largeur de 300px

    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/full/300,/0/default.jpg

    image entière rendue homothétique avec une largeur de 300px

  • détail de la même image

    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/1680,1100,1300,1300/300,/0/default.jpg

    détail

  • rotation et transformations

    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/1680,1100,1300,1300/150,/45/default.jpg

    détail

    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/1680,1100,1300,1300/150,/0/bitonal.jpg

    détail
    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/1680,1100,1300,1300/150,/0/gray.jpg

    le rendu en niveaux de gris ne fonctionne pas avec ce serveur IIIF.

Pour en savoir plus consultez les spécifications de l’API Image (version 3.0 actuellement).

L’API Presentation

En complément à l’API Image, l’API Presentation fournit les propriétés d’un document IIIF : métadonnées, structures, annotations, etc.

Principales composantes d’un Manifeste IIIF

Principales composantes d’un Manifeste IIIF (source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0)

Il existe de nombreux visualiseurs pour afficher ces documents et les informations associées. On distingue alors dans différentes zones le rôle de chacune des deux API principales.

API Image

Source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0.

API Presentation

Source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0.

À noter que le visualiseur optimise le trafic en ne demandant au serveur que la partie de l’image à afficher

Pour en savoir plus consultez les spécifications de l’API Presentation (version 3.0 actuellement).

Les autres API

Voir la page des spécifications, extensions, traductions et travaux en cours.

  • Authorization Flow (version 2.0) - décrit un système de contrôle d’accès.
  • Change Discovery (version 1.0) - fournit les informations nécessaires pour découvrir et utiliser les ressources IIIF.
  • Content Search (version 2.0) - définit le mécanisme d’interopérabilité permettant d’effectuer des recherches dans les annotations textuelles associées à un objet.
  • Content State (version 1.0) - permet de référencer tout ou partie d’un manifeste IIIF et de décrire des modalités d’accès.

Au-delà de l’image : l’audio, la vidéo et la 3D

Les références à des ressources audio et vidéo sont prises en compte dans la version 3.0 de l’API de présentation IIIF. À noter qu’il n’existe pas pour l’audio et pour la vidéo d’équivalents de l’API Image, en effet, cet aspect est pris en charge par les navigateurs. Exemple : audio et vidéo d’un morceau musical associés à la partition.

Il y a une forte demande pour la prise en compte de la 3D par IIIF. Un groupe de travail rassemble les institutions et les personnes intéressées. Il anime un dépôt Github qui rassemble les documents et expérimentations du groupe.

IIIF et IA

IIIF est de plus en plus utilisé par des dispositifs d’apprentissage et de reconnaissance automatique en raison de la facilité d’accès aux images entières ou à des zones, dans les définitions et qualités nécessaires. Il est aussi possible d’imaginer des IA qui génèrent automatiquement des manifestes annotés.

La société française Teklia s’est spécialisé dans ce domaine. Elle vient d'annoncer le passage sous licence libre de sa plateforme Arkindex.

Harvard Art Museums a créé AI Explorer qui mobilisent un certain nombre d’IA pour décortiquer des reproductions d’œuvres et des photographies.

Le Consortium IIIF a mis en place un groupe de travail et il existe une formation en ligne sur le sujet.

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