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Revue de presse de l’April pour la semaine 35 de l’année 2026

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[Basta!] «Interdire l'IA»: des développeurs de logiciels libres rejettent l'intelligence artificielle

✍ Rachel Knaebel, le vendredi 28 août 2026.

La vaste communauté de développeurs de logiciels libres de Debian a discuté pendant l’été d’interdire le code produit avec des LLM. Pour certains, il faut bannir l’IA. Pour d’autres, l’IA est certes nuisible, mais incontournable, et, surtout, déjà là.

Note: le vote est clos et c’est la proposition “choix 5: usage responsable de l’IA générative” qui a gagné.

[Le Monde Informatique] AWS annonce le rachat de DuckLabs, le modèle open source sera préservé

✍ Elgodjam Hanna, le jeudi 27 août 2026.

Amazon Web Services va intégrer DuckLabs, l’entreprise d’Amsterdam à l’origine de DuckDB, une base de données analytique open source conçue pour être embarquée directement dans les applications. Annoncée le 26 août, l’opération doit permettre à AWS de renforcer ses capacités dans l’analytique tout en donnant à l’équipe de DuckLabs davantage de moyens pour développer son écosystème.

Et aussi:

[Les Echos] Nvidia continue de bâtir son empire en mettant la main sur la plateforme IA Hugging Face

Le jeudi 27 août 2026.

Selon plusieurs médias américains, le géant des puces électroniques va racheter la plateforme franco-américaine Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. Une acquisition qui constituerait l’une des plus importantes de Nvidia à ce jour.

Et aussi:

[Les Numeriques] Toujours garantie sans IA, la suite bureautique LibreOffice 26.8 fait le plein d'améliorations

✍ Antoine Roche, le jeudi 27 août 2026.

La version 26.8 de LibreOffice est disponible et promet bien des améliorations et correctifs dans trois principaux domaines : la qualité typographique des documents générés, la diversité des systèmes d’écriture qu’elle prend correctement en charge, ainsi que la fidélité avec laquelle les documents conservent leur intégrité lors de leur échange avec d’autres suites bureautiques. Et tout ça, sans intelligence artificielle.

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Revue de presse de l’April pour la semaine 25 de l’année 2026

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[ZDNET] La Commission européenne a reculé sur le logiciel libre, critiquent les libristes

✍ Thierry Noisette, le dimanche 21 juin 2026.

Bien qu’il marque des progrès, le projet de règlement européen publié par la Commission de Bruxelles a reculé, en particulier sur le principe du ’libre par défaut’, dénoncent le CNLL et l’April. La bataille va s’engager dans le ’trilogue’ avec le Parlement européen et le Conseil.

Et aussi:

[Next] Mastodon se lance dans les newsletters

✍ Mathilde Saliou, le jeudi 18 juin 2026.

Outre des collections, la version 4.6 de Mastodon propose des newsletters, une fonctionnalité qui permettra aux internautes de suivre les travaux des…

[Sud Ouest] Saint-Loubès: les logiciels libres s'invitent à la médiathèque

✍ Jean-Pierre Nowak, le jeudi 18 juin 2026.

Des bénévoles de l’Association bordelaise des utilisateurs de logiciels libres et de Libre Tic ont animé un atelier pour présenter les avantages de l’informatique ouverte aux usagers de Saint-Loubès

[ZDNET] L'arrivée d'Euro-Office 1.0 sème la zizanie dans le monde de l'open source: «La compatibilité n'est pas synonyme de souveraineté»

✍ Steven Vaughan-Nichols, le mardi 16 juin 2026.

La nouvelle alternative open source basée sur le cloud à Microsoft 365 et Google Workspace est désormais disponible. Les partisans de LibreOffice critiquent vivement sa dépendance vis-à-vis des formats de documents Microsoft.

[Silicon.fr] L'open source n'est plus 'gratuit par défaut'

✍ Philippe Leroy, le mardi 16 juin 2026.

Utiliser un modèle open source implique désormais de comprendre son entraînement, de documenter précisément son usage, de garantir sa conformité avec les exigences réglementaires selon la classification du système.

Et aussi:

[cio-online.com] Open Source: la Cnaf s'engage dans le projet Catala de l'Inria

✍ Emmanuelle Delsol, le lundi 15 juin 2026.

L’administration va contribuer au projet Open Source pour améliorer son moteur de règles et traduire le droit en code pour le calcul des prestations.

[Basta!] «Se soucier des usagers»: un fournisseur d'accès à Internet citoyen veut reprendre SFR à la place de Bouygues, Free et Orange

✍ Rachel Knaebel, le vendredi 12 juin 2026.

Bouygues, Free et Orange ont annoncé un accord pour reprendre, et démanteler, l’entreprise SFR. Il y avait pourtant une offre alternative, à 1 euro, venue d’un fournisseur d’accès à Internet associatif, comme il en existe des dizaines en France.

[Les Numeriques] Je me suis passé de Google pendant un mois grâce à /e/OS et au Fairphone 6: la vie privée à portée de clics

✍ Corentin Bechade, le vendredi 12 juin 2026.

Il n’y a pas qu’iOS et Android dans la vie. Si Google et Apple ont largement vampirisé le marché mobile, il existe une alternative européenne plus respectueuse de vos données personnelles et de votre vie privée: /e/OS. Après un mois d’utilisation, voici mon avis sur cet OS entièrement émancipé des géants du web.

[cio-online.com] Walter Arnaud devient Dinum ; l'Etat accélère dans la création de l'Ariane

✍ Reynald Fléchaux, le vendredi 12 juin 2026.

Les deux chargés de mission, censés repenser les rôles de la Dinum et de la DITP, en prennent la tête, suite au conseil des ministres du 10 juin. Le signe de la volonté du gouvernement d’accélérer dans la reprise en main de la stratégie numérique de l’Etat.

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🪶 Les journaux LinuxFr.org les mieux notés de mai 2026

LinuxFr.org propose des dépêches et articles, soumis par tout un chacun, puis revus et corrigés par l’équipe de modération avant publication. C’est la partie la plus visible de LinuxFr.org, ce sont les dépêches qui sont le plus lues et suivies, sur le site, via Atom/RSS, ou bien via partage par messagerie instantanée, par courriel, ou encore via médias sociaux.

Bannière LinuxFr.org

Ce que l’on sait moins, c’est que LinuxFr.org vous propose également de publier directement vos propres articles, sans validation a priori de lʼéquipe de modération. Ceux-ci s’appellent des journaux. Voici un florilège d’une dizaine de ces journaux parmi les mieux notés par les utilisateurs et les utilisatrices… qui notent. Lumière sur ceux du mois de mai passé.

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Revue de presse de l’April pour la semaine 7 de l’année 2026

[Alliancy] La CAIH dévoile un plan stratégique et lance un programme open source pour réduire la dépendance numérique des hôpitaux

✍ Tiago Gil, le jeudi 12 février 2026.

La centrale d’achat informatique hospitalière (CAIH) engage une nouvelle feuille de route sur cinq ans et initie le programme Alternative, destiné à bâtir un socle numérique souverain pour les systèmes d’information de santé.

[LeMagIT] L’Anssi réaffirme son engagement en faveur du logiciel libre (€)

✍ Valéry Rieß-Marchive, le mercredi 11 février 2026.

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information vient de réitérer son engagement en faveur du logiciel libre. Dans la continuité d’une politique établie et confortée de longue date.

Et aussi:

[Républik IT] Les candidats aux Municipales vont-ils adopter le Logiciel Libre?

✍ Bertrand Lemaire, le mercredi 11 février 2026.

L’APRIL relance son initiative «Pacte du Logiciel Libre» à l’occasion du prochain scrutin municipal.

Et aussi:

Voir aussi:

[ZDNET] LibreOffice dénonce le format OOXML

Le mercredi 11 février 2026.

The Document Foundation (TDF) intensifie sa critique contre Microsoft, accusant le géant américain de privilégier ses intérêts commerciaux au détriment de l’interopérabilité.

[Les Numeriques] “Le vibe coding tue l'open-source”: quand l'IA dévore ce qui la nourrit, les économistes sonnent l'alerte

✍ Aymeric Geoffre-Rouland, le lundi 9 février 2026.

Quand un développeur demande à Claude ou ChatGPT d’écrire du code, l’IA pioche dans des milliers de bibliothèques libres sans que l’humain ne lise jamais leur documentation. Résultat: les mainteneurs de ces projets open-source, qui vivent de la visibilité générée par les visites et les interactions, voient leur audience s’effondrer. Une étude économique chiffre ce paradoxe: l’IA qui accélère le développement logiciel asphyxie l’écosystème qui le rend possible.

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LibreOffice 26.2 : Markdown, accessibilité et plein d’autres nouveautés et améliorations

En février, il y a la corvée commerciale de la Saint-Valentin et les réjouissances intellectuelles consécutives à la sortie d’une nouvelle version de la suite bureautique LibreOffice. C’est, bien évidemment, sur LibreOffice 26.2 que l’on va se pencher. Au menu, du très visible, comme les boites de dialogues, du très attendu comme la prise en compte du Markdown ou du moins visible comme le travail sur l’accessibilité.

Il va de soi que les notes de version sont plus exhaustives et qu’il ne s’agit ici que d’une sélection.

Logo de LibreOffice

Sommaire

Avant de commencer : toutes les captures d’écran ont été faites, volontairement, sur une interface très personnalisée.

L’accessibilité

L’accessibilité de la suite bureautique est un important chantier pour lequel une personne a été recrutée en 2023 (en). Cette version-ci a fait l’objet d’améliorations sensibles. Parallèlement, Sophie Gautier, coordinatrice de The Document Foundation1 (Foundation coordinator) est en train de monter un groupe de travail qui a pour objectif la publication d’un rapport de conformité en matière d’accessibilité pour répondre à la norme européenne EN 301 549 (en) d’accessiblité numérique. La langue de travail de ce groupe est l’anglais.

Concernant les améliorations de cette version :

  • la boite de dialogue « Vérifier les mises à jour », Aide > Vérifier les mises à jour… est devenue accessible aux lecteurs d’écran ;
  • les fonctions d’accessibilité des aperçus des bordures, onglet « Bordures » des boites de dialogue, ont été revues afin qu’elles ne perturbent plus les dispositifs d’assistance ;
  • sur Linux : la boite de dialogue Outils> Orthographe est annoncée correctement par le lecteur d’écran ;
  • quand on supprimait la sélection accessible, le curseur se déplaçait automatiquement au début du texte, ce comportement perturbant est supprimé ;
  • dans Writer, les fautes d’orthographe ne sont plus signalées par les dispositifs d’assistance si la vérification orthographique n’est pas activée ;
  • l’accessibilité au clavier de la boite de dialogue des extensions : Outils >  Extensions est accessible aux lecteurs d’écran ;
  • et enfin, il est possible de naviguer entre les onglets verticaux avec des raccourcis clavier.

Support du Markdown

Le Markdown est devenu le format de balisage léger standard « de fait ». Et c’est celui supporté par LinuxFR. Son support a été introduit dans cette version, c’est un des formats d’enregistrement qui s’est ajouté à la série des autres formats de la suite, pas un format d’export. Pour l’utiliser pour vos sites, passant pour LinuxFR, vous devrez :

  • soit ouvrir le fichier .md dans un éditeur de texte, n’importe lequel, même Mousepad fait l’affaire par exemple, et copier-coller ensuite le tout à partir de l’éditeur de texte là où vous le voulez ;
  • soit, si cela est possible, importer le fichier .md dans ce qui vous sert pour gérer le site comme le fait par exemple l’extension ODT2SPIP pour le système de gestion de contenu SPIP qui permet de créer une nouvelle page dans SPIP avec un fichier.ODT.

Comment ça marche avec LinuxFR ? Plutôt bien. Les styles de caractère Accentuation (ici en italiques) et Accentuation forte (ici gras) sont bien reconnu ainsi que Texte source pour « télétype », les indications in-texte encadrées de l’accent grave U+0060. Les styles de paragraphes :

  • Bloc de citation (paragraphes de citation précédés d’une ligne blanche et du signe « > » dans la saisie de contenu sur LinuxFR) ;
  • Contenu de tableau ;
  • Corps de texte ;
  • Liste, par contre la numérotation des listes ordonnée ne semble pas bien fonctionner, il faut saisir les numéros à la main ;
  • Texte préformaté pour écrire des blocs de code ;
  • Titre 1, Titre 2, Titre 3 et Titre de tableau.

Les tableaux sont bien repris ainsi que les liens insérés via l’insertion d’hyperliens.

Ce qui ne semble pas fonctionner du tout : ce sont les notes, elles disparaissent corps et biens. C’est peut-être dû au passage dans l’éditeur de texte qui transforme un peu le document. Et, évidemment, il faut rajouter les images avec la syntaxe LinuxFR.

Petite remarque, si vous utilisez un LibreOffice 25.8, vous avez peut-être pu constater qu’il était question d’enregistrement au format .md, cette information a été ajoutée trop précocement car la version 25.8 ne gère pas le Markdown.

L’interface et les boites de dialogue

Les boites de dialogue, notamment de styles et de formats, ont beaucoup changé. Longtemps elles se sont affichées avec une présentation par onglets en haut et le contenu dessous.

Puis il y a une période de transition en 2025 qui a fait grincer une collection complète de dents où on avait, selon l’endroit où on était, soit des onglets soit une navigation par menu latéral. Cette dernière avait un gros défaut : par exemple pour la configuration des styles dans Writer il fallait descendre tout en bas pour accéder aux options qui étaient cachées. Et il n’y avait pas de barre de défilement pour aller plus vite.

LibreOffice 26.2 voit ces défauts corrigés : les boites de dialogue sont harmonisées dans toute la suite et leur menu latéral, toujours sans barre de défilement qui s’avère finalement inutile, montre clairement tous les types de paramètres auxquels on peut accéder. Et, comme on peut le voir, LibreOffice a intégré une meilleure prise en charge des systèmes d’écritures asiatiques et complexes en affichant deux colonnes, une pour les polices occidentales, ou pour les polices asiatiques ou complexes. Une personne a également été recrutée en 2023 (en) pour travailler sur le support des systèmes d’écriture de droite à gauche (RTL) et complexes (CTL).

Boite de dialogue Style de paragraphe avec la navigation par onglets à gauche, puis les deux colonnes de choix de police, occidental ou asiatique ou complexe

Si toutefois, vous préférez revenir à l’affichage avec les onglets, il suffit d’aller dans le menu Outils > Options > Apparenceau niveau de « Boites de dialogue » et cocher l’option Horizontal en haut.

Choix de la position des onglets des boites de dialogue, LibreOffice 26.2

Il faut savoir que les onglets en haut ne s’affichent que sur une seule ligne et qu’il faudra donc naviguer avec les flèches quand il y a de nombreuses options.

Boite de dialogue avec les onglets en haut

Writer

Il y a un certain nombre d’amélioration autour de la compatibilité avec le format DOCX : séparation de tableaux flottants en plusieurs tableaux, suppression de la numérotation des notes de bas de page à l’ouverture d’un fichier DOCX, etc.

On relèvera deux nouvelles options d’alignement des paragraphes : « Début » et « Fin ». Si vous utilisez l’alphabet latin, vous ne verrez aucune différence avec les deux options « Forcer à gauche/en haut » et « Forcer à droite/en bas ». Elles ont été développées pour réutiliser plus facilement les styles entre les divers systèmes d’écriture.

Comparaison des nouveaux types d’alignement de LibreOffice 26.2

Pour continuer sur la lancée du travail pour la prise en compte des systèmes d’écriture dont le fonctionnement est différent de celui de l’alphabet latin, il est possible de changer la direction du texte : de gauche à droite ou de droite à gauche en cours de travail. Cela peut se paramétrer dans les styles.

Définition de la direction du texte dans le style de paragraphe

Calc

Un gros travail sur les performances a été fait : vitesse de défilement, rapidité des classeurs avec de nombreuses formes et du rejet des modifications. On voit apparaître de nouvelles options de tri (Données >Trier) qui dépendent de la « locale » (langue définie dans les Options de LibreOffice). On peut ainsi déterminer quel caractère est utilisé comme séparateur de décimal pour le tri naturel.

Les nouvelles options de tri de Calc 26.2

On peut relever aussi une avancée ergonomique qui va plaire à toutes celles et ceux qui utilisent les matrices, on peut maintenant modifier les formules matricielles avec la combinaison de touches : F2 + ↑ Maj + Ctrl + Entrée, il n’est plus nécessaire de modifier la formule elle-même.

Et aussi : si vous utilisez (pourquoi diable ?) le format d’enregistrement XLSX, c’est le format EXCEL2010+ qui est le format par défaut, il change de nom pour devenir « Classeur Excel 2010-365 ».2

En vrac

Base est devenu complètement multi-utilisateur, TDF a, d’ailleurs, recruté une personne pour travailler sur l’application.

Concernant les diagrammes (ou chart) : dans le Volet latéral, quand le graphique est en mode modification et que l’on va, au niveau de « Couleurs », sur la palette, on a une prévisualisation en direct dans le diagramme ce qui permet de tester le choix de couleurs plus facilement.

Les polices embarquées dont la licence ne permettait pas l’édition étaient jusqu’à présent ignorées et remplacées à l’affichage, ni vu, ni connu par une fonte de substitution. Ce défaut a été corrigé.

L’export PDF gère les liens avec les documents externes : Fichier > Exporter au format PDF > Liens.

Export PDF de LibreOffice 26.2 et suppression des liens entre documents

Les dictionnaires hongrois, mongol et portugais du Portugal ont été mis à jour ainsi que les règles de césure de la langue hongroise.

JSON, pour JavaScript Object Notation, est un format standard utilisé pour représenter des données structurées. Il est utilisé notamment pour échanger les informations entre un navigateur et un serveur. C’est, par exemple, le format de sauvegarde des marques-pages de Firefox ou de certains fichiers d’archives de Mastodon. Les documents XML et JSON génériques avec des plages pouvant être liées sont maintenant automatiquement mappés à des feuilles dans Calc. Une plage pouvant être liée est une section d’un document contenant des enregistrements tabulaires. Lorsqu’un document contient plusieurs plages pouvant être liées, chaque plage est mappée à une seule feuille3.

Et si vous avez envie de vous amuser avec les fonctions expérimentales (à activer dansOutils > Options > LibreOffice > Avancé), vous pouvez jouer avec la nouvelle de boite de dialogue « Gestion des macros ».

Pour finir

Cette dépêche a, bien, évidemment, été rédigée avec LibreOffice et, cette fois-ci dans un fichier enregistré en Markdown. Les seules balises que j’ai dû entrer à la main sont celles des images. Kate a l’air de modifier le fichier et, quand je réouvre le .md dans LibreOffice, il y a des styles qui ont sauté mais la mise en forme reste visuellement la même. Kate rajoute aussi des barres obliques devant les « > », aux crochets [ ] et même à certains hyperliens (images). Il y a peut-être des éditeurs de texte plus adaptés ou des réglages à faire.

J’ai rédigé cette dépêche en même temps qu’un article sur LibreOffice 26.2 pour mon site. Si l’article n’est pas vraiment dupliqué, il n’est pas étonnant d’y trouver des morceaux ici.

Que tout cela ne nous empêche d’adresser tous nos remerciements à celles et ceux qui font de LibreOffice une suite bureautique si agréable à utiliser et si performante.

Post-scriptum : si vous voulez savoir comment modifier les couleurs de l’interface comme sur les captures d’écran, ça peut s’envisager, demandez gentiment, avec un peu de chance.


  1. The Document Foundation ou TDF est la fondation de droit allemand qui pilote le projet LibreOffice. 

  2. Il y a deux formats OOXML différents et donc deux formats XLSX différents, la version 2007 et la version actuelle depuis 2010. S’il vous est vraiment nécessaire d’enregistrer au format XLSX, il faut utiliser la version de 2010. 

  3. Notes de version. 

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LOTemplate nouvelle version 2.2

LOTemplate est un générateur de documents sous licence AGPL v3 qui permet de générer des documents (ODT, DOCX, ODS, XLSX, PDF, …) à partir d'un document modèle avec des variables et d'un fichier json pour les données.
Logo LOTemplate

Comment faire faire à LibreOffice (headless, sans interface graphique) ce que l’on ne peut pas faire avec LibreOffice (GUI, avec interface graphique) ?

Et comme c’est Noël nous avons ajouté un meilleur système de log en cadeau.

Dans la version 2.2 de LOTemplate, nous avons ajouté la possibilité d’exporter des PDF en y ajoutant un filigrane de son choix avec comme paramètres :

  • Texte de filigrane
  • Couleur de filigrane
  • Police
  • Taille de police
  • Le nombre de répétition sur la page

Pour cela, nous utilisons l’API uno de LibreOffice, qui expose plus de paramètres que l’interface graphique de LibreOffice. En effet, si l’on cherche a faire cela dans l’interface graphique de LibreOffice, on ne peut choisir que le texte. Le filigrane apparaît ensuite en vert et à la verticale.

Options PDF

Exemple d’un export moche

Mais en cherchant dans l’aide de LibreOffice, on trouve sur la page d’aide de l’outil d’export PDF en ligne de commande qu’il existe les options suivantes :

  • Watermark
  • WatermarkColor
  • WatermarkFontHeight
  • WatermarkRotateAngle
  • WatermarkFontName
  • TiledWatermark

C’est donc possible, LibreOffice peut le faire mais uniquement avec l’API uno. Pour faire court, rien ne l’indique dans la doc de l’API uno. Toutefois on retrouve cette page (EN) en date de décembre 2022 qui explique l’amélioration qui permet cela.

En suivant un des liens de la page on arrive à cette page (EN).

Et là on peut lire : Fix the problem by only adding the option at an UNO API level for now, this relaxes the hardcoded color without cluttering the UI.

Super, c’est possible !

Ce ne sont que des propriétés de l’export PDF. La solution a donc été simple à implémenter, avec un peu de recherche.

En résumé, savoir chercher sur internet et lire la doc reste encore utile !

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Les recrutements de The Document Foundation, mode d’emploi

Depuis le mois de juillet 2025, Florian Effenberger, directeur administratif de The Document Foundation (TDF), la fondation qui porte le projet LibreOffice, écrit des articles sur le site community.documentfoundation.org (EN) sur le fonctionnement de TDF.

LinuxFr.org s’était fait le relai de son article sur le fonctionnement administratif. Ce nouvel article a été traduit par Sophie Gautier (EN) aidée de DeepL, il porte sur les politiques de recrutement au sein de la fondation. Il m’a semblé intéressant pour le lectorat de LinuxFr.org et il permet de mieux comprendre cette partie du fonctionnement de TDF. J’ai ajouté des notes pour éclaircir ou préciser certaines notions.

Sommaire

Bonjour,

dans l’article d’aujourd’hui, j’aimerais apporter quelques éclaircissements sur la question suivante : « Pourquoi le recrutement prend-il autant de temps ? » ou « Pourquoi le poste n’a-t-il pas encore été pourvu ? »

Définir le poste et le budget

La première tâche consiste à définir le poste à pourvoir. Il y a beaucoup à faire pour LibreOffice, mais dans le même temps, seuls certains postes peuvent être créés directement chez TDF, car le budget n’est pas illimité. En général, nous essayons de recruter pour des postes qui sont soit essentiels au fonctionnement de la fondation, soit qui permettent à la communauté d’agir, soit pour des tâches qui nécessitent un engagement rapide et fiable. Une connaissance de la fondation, qui doit être partagée de manière ouverte et transparente avec la communauté, est un autre aspect qui nous aide à identifier les postes à pourvoir.

Les postes à pourvoir doivent également être budgétés, ce qui nécessite une bonne compréhension de la rémunération. Vous verrez plus loin pourquoi cela n’est pas anodin. En général, nous budgétisons une rémunération moyenne basée sur notre expérience, rémunération qui est parfois supérieure, parfois inférieure.

Il n’est pas toujours facile de s’entendre sur les postes à pourvoir. À titre d’exemple, lors des premières embauches développeurs et de développeuses, une discussion a eu lieu sur « Comment s’assurer qu’iels ne font pas concurrence à d’autres projets open source ou aux entreprises de l’écosystème ? » (EN) et si « les développeurs internes de TDF ne concurrenceront pas les contributeurs commerciaux et ne développeront pas d’implémentations alternatives aux projets open source activement maintenus par les contributeurs bénévoles ou les entreprises de LibreOffice » (EN).

Les opinions divergent évidemment sur ce point, mais ces discussions peuvent prendre beaucoup de temps et s’étaler sur plusieurs mois.

Rédiger la description du poste

La deuxième tâche consiste à rédiger une description de poste appropriée (EN), qui permettra de comprendre le rôle, tout en laissant suffisamment de flexibilité pour évoluer et se développer dans le poste. Nous avons un modèle contenant les éléments administratifs les plus importants, mais la description du poste est essentielle pour savoir quelles compétences rechercher chez le ou la candidate, et elle fera également partie du contrat ultérieurement.

Interviewer les personnes

L’une des tâches les plus difficiles consiste à mener les entretiens d’embauche. Le nombre de candidatures à nos offres d’emploi a augmenté au cours des dernières années, et il n’est pas rare aujourd’hui de recevoir 30, 40 voire plus de candidatures pour un seul poste. Il est impossible de les interviewer tous, car un entretien bien préparé, mené et évalué prend facilement deux à trois heures de temps pour deux à trois personnes, plus le ou la candidate.

Ces entretiens sont généralement menés par des personnes qui ont les connaissances techniques nécessaires pour le poste, souvent des membres de l’équipe, et à un stade ultérieur, également par des représentant·e·s du conseil d’administration et/ou moi-même en tant que directeur exécutif.

La présélection des personnes à interviewer est une tâche exigeante : il faut évaluer leurs compétences, examiner leurs prétentions salariales et, enfin et surtout, s’assurer qu’iels s’intégreront bien dans l’équipe. Bien que je ne dispose pas de statistiques précises, mon intuition me dit que le nombre final de personnes à interviewer représente généralement entre 10 et 20 % du nombre total de candidats et des candidates.

Recrutements internationaux et paramètres contractuels

Une fois les candidates et candidats finaux sélectionnés, une autre tâche très exigeante consiste à convenir des paramètres contractuels. Deux éléments entrent ici en jeu, ce qui fait des différences profondes entre TDF et de nombreuses autres organisations.

Nous recrutons dans le monde entier

Ceci est assez inhabituel pour une organisation de notre taille. En général, les autres organisations recrutent dans les pays où elles ont une représentation légale et un bureau. Cela signifie que toutes les personnes qui souhaitent postuler à un emploi chez TDF devraient vivre en Allemagne ou être prêtes à s’y installer avant de commencer à travailler.

L’une de nos grandes forces est que nous travaillons avec des talents du monde entier. Nous visons la diversité, des points de vue différents, des cultures différentes et, enfin et surtout, des fuseaux horaires différents, afin de pouvoir servir la communauté 24 heures sur 24. 😉

Nous voulons offrir des emplois

Contrairement à d’autres organisations ou entreprises, nous proposons des vrais emplois lorsque cela est possible. Si des personnes s’engagent à travailler pour nous, à mettre leur dévouement, leurs compétences et leur passion au service du projet, nous considérons qu’il est juste de leur offrir la sécurité d’un emploi. Seul·e·s les salarié·e·s bénéficient de véritables congés, de congés maladie, de jours fériés et d’autres avantages.

Ainsi, si vous comparez le processus de recrutement chez TDF avec votre propre emploi, demandez-vous d’abord si vous êtes sous contrat ou si on vous a réellement proposé un emploi dans votre pays de résidence, sans avoir à déménager.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Dans plusieurs pays, TDF pourrait en théorie employer du personnel même sans bureau physique, mais dans d’autres, cela n’est pas possible. Cependant, gérer nous-mêmes toutes les règles et réglementations locales et nous enregistrer auprès des autorités représente un défi de taille, d’autant plus que nous n’avons généralement qu’un ou deux employés par pays, ce qui multiplie les difficultés. D’autres pays ont également des audits de sécurité sociale (EN) et des obligations déclaratives auxquelles nous devons nous conformer en plus de nos obligations en Allemagne.

Un exemple moins connu en Allemagne est l’examen ophtalmologique G37 (DE)1, que l’employeur doit proposer à ses employés (et non aux sous-traitants). D’autres pays peuvent avoir des réglementations similaires.

TDF travaille donc avec des prestataires de services qui s’occupent de l’emploi, de la paie et de la conformité locale.

Quels sont les défis à relever ?

Tout cela a un coût : TDF paie les frais de l’employeur, des frais de gestion d’environ 600 USD (environ 520 €) par mois, plus 19 % de TVA en plus. Cela semble cher, mais c’est beaucoup moins coûteux que de créer notre propre bureau à l’étranger.

De plus, les paramètres par pays sont souvent très différents et difficiles à comparer. En Autriche, par exemple, il existe des conventions collectives pour beaucoup plus de postes, et il semble courant d’avoir quatorze salaires mensuels. Aux États-Unis, le nombre moyen de jours de congé annuel est beaucoup plus faible que dans plusieurs pays européens, et le délai de préavis est plus court. Certains pays n’accordent qu’un nombre limité de jours de congé maladie, ce qui est rare en Allemagne.

L’évaluation équitable des salaires est un autre défi. C’est déjà difficile pour l’Allemagne, où nous connaissons le mieux le marché, mais pour d’autres pays, c’est encore plus compliqué. Afin de comparer les candidats et les candidates, nous devons comprendre chaque candidature. Nous devons évaluer comment les paramètres contractuels demandés se comparent aux normes du pays concerné, afin de traiter tout le monde de manière équitable, quel que soit leur lieu de résidence. Cela signifie qu’il faut convertir les rémunérations, les congés et d’autres paramètres pour les rendre comparables. Nous devons également évaluer si une demande de salaire potentiellement inférieure est réellement moins coûteuse, en raison des coûts administratifs plus élevés liés à l’emploi hors d’Allemagne.

Au cours des négociations contractuelles, certaines surprises peuvent survenir. Récemment, dans un pays, j’ai été confronté à des horaires de travail très rigides. D’autres pays ont des réglementations spécifiques en matière d’assurance maladie. Dans certains pays, il faudrait désigner une personne responsable pour s’assurer de la conformité à toutes les réglementations locales, souvent dans des pays où nous n’avons personne qui connaisse le système juridique ou la langue.

Même une fois le contrat signé, des surprises peuvent survenir. Par exemple, nous devons également nous occuper d’obtenir le certificat A1 (EN)2 pour les employés du prestataire de services, car sinon cela leur serait préjudiciable. Cette année, il nous a fallu plusieurs semaines et de nombreuses demandes pour obtenir les documents.

J’espère que cela vous aide à comprendre pourquoi les choses prennent parfois plus de temps que prévu ici.

TDF fait tout son possible pour être très flexible en matière d’emploi, s’efforce de traiter tout le monde de manière équitable et de fournir des contrats de travail appropriés, mais cela prend plus de temps que de recruter dans un seul pays.

Florian


  1. Cet examen doit être au proposé aux personnes travaillant sur écran. Il a pour objectif de dépister des problèmes médicaux tels que les troubles de la vision, les maladies du système musculo-squelettique et les troubles neurologiques. C’est plus ou moins l’équivalent de la visite d’information et de prévention française (ou « visite médicale d’embauche). 

  2. Le certificat A1 est un document de l’Union européenne. Il atteste que la personne salariée ou indépendante qui travaille temporairement dans un autre pays reste affiliée au régime de sécurité sociale et continue à bénéficier des droits sociaux de son pays d’origine. 

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Tout ça ne nous rajeunit pas, LibreOffice a 15 ans

Le 28 septembre 2010, naissait la suite bureautique libre LibreOffice. Il y a donc tout juste quinze ans. L’occasion de fêter un logiciel clé qui est une des grandes réussites du mouvement des logiciels libres.

Cigogne amenant dans son bec les fichiers de LibreOffice le 28 septembre 2010

Une dépêche à déguster avec votre boisson et votre gâteau préféré pour célébrer l’évènement.

Le 28 septembre 2010 sortait la première version de LibreOffice, un fork (une fourchette si vous préférez) de la suite bureautique OpenOffice. Pour reprendre les termes d’Italo Vignoli, dans un article (en) du blog de The Document Foundation :

plus qu’une simple scission technique c’était une déclaration d’indépendance, de transparence et de liberté. LibreOffice devait être libre : à utiliser, à modifier, et libre de toute contrainte commerciale.

Cela fait partie des statuts de la fondation à but non lucratif, The Document Foundation, qui pilote le projet et dont l’objet social est la promotion et le développement de logiciels bureautiques libres accessibles à tous et à toutes gratuitement et basés sur des standards ouverts. LibreOffice, pour ce faire devant être :

mis à la disposition de tous, y compris des entreprises et des administrations, pour une utilisation libre et ouverte, sans préjudice de la propriété intellectuelle de leurs propres fichiers, afin d’assurer leur pleine participation à une société numérique (préambule des statuts).

Aujourd’hui, LibreOffice rassemble une communauté réellement internationale. La suite est traduite dans plus de cent-vingt langues. Elle recense quelque chose comme plus de deux-cent-dix millions d’utilisateurs et d’utilisatrices dans le monde entier.

Dans un article (en) à l’attention de la communauté LibreOffice, Florian Effenberger, directeur administratif de The Document Foundation évoque les débuts de LibreOffice.

Je me souviens très bien de la magie de ces tous premier jours, de la discussion dans un restaurant à Budapest un soir de septembre 2010, à l’envoi du courriel d’annonce à partir de ma chambre d’étudiant, un courriel rédigé et coordonné très exactement la nuit précédente par notre équipe de marketing, en passant par la signature des documents constitutifs [de la fondation] à l’hôtel Astrid à Bruxelles pendant le FOSDEM 2012. Juste avant, et en seulement huit jours, des milliers de donateurs et de donatrices du monde entier avaient contribué à notre capital social dans le cadre d’une collecte de fond.

Et tout un chacun ou chacune peut y participer selon ses moyens même quand on n’a pas de capacités de développement : avec des traductions, la rédaction de pages du wiki, l’ajout d’« extensions et de modèles (en), l’aide des utilisateurs et utilisatrices, la documentation du logiciel, et, évidemment, par des dons.

La dernière version de LibreOffice est toute fraîche : sortie en août.

Souhaitons longue vie à LibreOffice !

P. S. : n’hésitez pas à partager aussi la recette de votre gâteau et de votre boisson préférée.

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Une plongée dans les coulisses administratives de TDF

The Document Foundation (TDF) est la fondation de droit allemand qui chapeaute le projet LibreOffice. Son directeur administratif, Florian Effenberg a rédigé une série d’articles sur le fonctionnement de TDF sur le site community.documentfoundation.org (EN) qui est, globalement, le site qui sert à informer la communauté sur TDF et la suite bureautique. Cet article porte sur la gestion administrative de la fondation.

Cette dépêche est une traduction de l’article de Florian, faite par Sophie Gautier (EN) aidée de DeepL et publiée ici avec leur autorisation et parce que ça me semblait intéressant pour mieux comprendre le fonctionnement de la fondation. J’ai gardé les liens originaux, sauf, dans le cas de liens vers Wikipédia, pour donner l’adresse en français quand elle existait et j’ai ajouté des notes qui m’ont paru nécessaires pour une meilleure compréhension.

Sommaire

Afin de mieux comprendre le fonctionnement de TDF et d’offrir plus de transparence et d’informations à la communauté, j’aimerais vous faire découvrir les coulisses de TDF et partager avec vous des informations complémentaires sur la fondation.

J’ai déjà commencé à partager des informations et des détails sur des tâches administratives spécifiques (EN), et je continuerai à y publier d’autres articles au fil du temps.

Ce texte décrit le fonctionnement actuel de TDF, notre structure, afin de vous aider à comprendre pourquoi et comment certaines choses fonctionnent (ou ne fonctionnent pas). Bien sûr, il s’agit du statu quo. J’ai quelques idées de changements et d’améliorations pour l’avenir, que je partagerai ultérieurement dans un message séparé.

Le défi consiste à trouver un équilibre entre l’amélioration de la structure générale de TDF, la réalisation de notre mission et la résolution des problèmes du passé. Si nous passons tout notre temps à améliorer notre structure, nous ne remplirons pas notre mission et ne réglerons pas les problèmes du passé. Et si nous ne trouvons pas le temps de nous attaquer aux problèmes difficiles du passé, cela pourrait également nous nuire.

Une fondation virtuelle

The Document Foundation est l’une des organisations libres et open source les plus importantes, et LibreOffice est l’un des projets de logiciels libres les plus reconnus.

On pense souvent que nous disposons de bureaux, d’infrastructures administratives, de salles de réunion et d’un espace de cotravail quelque part à Berlin. Certains cherchent même notre siège social, mais ne trouvent aucun de nous. 😉

L’organisation de TDF est différente. Les employés travaillent à domicile, d’autres dans des bureaux partagés. Il n’y a pas d’espace physique partagé, tout est connecté virtuellement. C’est un choix délibéré, car notre équipe internationale est répartie dans de nombreux pays, où un seul bureau serait peu pertinent.

L’inconvénient est l’absence d’infrastructure centralisée, comme le stockage des ressources et des supports marketing. Nous travaillons avec des prestataires de services et des particuliers, mais cela ajoute certainement une couche de complexité, car tout le monde n’a pas l’espace nécessaire chez lui pour stocker des documents TDF volumineux au sous-sol, et la location de stockage externe est également difficile dans de nombreuses petites villes.

C’est pourquoi, par exemple, nous vous demandons d’envoyer les documents originaux, comme les justificatifs de voyage, directement à notre adresse berlinoise plutôt que de nous les remettre en main propre lors d’événements ou de conférences. Il n’existe pas de stockage centralisé à proximité des membres de l’équipe.

Une équipe internationale

Notre équipe, composée actuellement de quinze personnes (et nous en recrutons actuellement deux ! (EN)), est répartie dans le monde entier, sur différents pays, continents et fuseaux horaires. Si, par coïncidence, nous comptons plusieurs personnes à Munich ou dans ses environs, nous avons également des collègues en Espagne, au Mexique, au Canada, en France, au Brésil, en Italie, en Suède et en Finlande. D’autres organisations ne recrutent souvent que dans des bureaux physiques, ce qui, dans le cas de TDF, impliquerait de recruter uniquement en Allemagne. Depuis longtemps déjà, TDF a choisi de travailler avec des collaborateurs du monde entier. C’est pourquoi un espace de bureau classique est peu pertinent, car il ne serait accessible qu’à un nombre restreint de personnes et inaccessible à d’autres.

Cela donne du sens à TDF, car nous pouvons recruter des talents dans le monde entier, mais cela implique des frais administratifs importants sur le plan juridique, ainsi que des réglementations différentes (comme les vacances, les jours fériés ou les congés maladie) selon les pays, sans parler des fuseaux horaires ou des attestations A1 que j’ai évoquées récemment (EN)1.

De plus, il est déjà très difficile d’effectuer des recherches de rémunération approfondies dans un seul pays. J’ai vu des fourchettes de rémunération allant de 20 000 € à 80 000 € par an pour un poste spécifique, ce qui n’est pas très utile pour déterminer une rémunération équitable. À l’échelle internationale, entre pays et continents, la tâche est encore plus exigeante, notamment en raison de la nécessité de documenter les informations pour un contrôle rigoureux. Cela explique pourquoi les recrutements prennent parfois plus de temps, car nous devons également effectuer nos vérifications préalables.

L’aspect international de TDF implique également que les tâches administratives telles que la comptabilité mensuelle, où nous traduisons les registres comptables (EN), notre rapport annuel qui doit être traduit de l’anglais vers l’allemand pour le dépôt officiel (EN) et le budget officiel qui est traduit en allemand par le comptable pour le dépôt officiel, et en anglais pour le vote (EN) sont effectuées en deux langues en parallèle, ce qui représente également une charge de travail importante. Je ne connais pas d’autres organisations qui traduisent tous les documents autant que TDF. Nous nous efforçons d’établir une norme rigoureuse, mais cela a un coût.

Une couverture de nombreux domaines

En matière de fonctions, TDF se distingue également de nombreuses autres organisations. Ailleurs, les fonctions se chevauchent souvent, voire, sont assurés par plusieurs personnes, tandis que TDF a choisi de couvrir un maximum de domaines afin d’optimiser sa mission. Les membres de l’équipe peuvent se substituer à d’autres en cas de congés ou de maladie, mais il est rare qu’une personne effectue pleinement le même travail qu’une autre, ce qui complique la tâche.

Par exemple, toute tâche administrative importante (comme la signature de nouveaux contrats) est probablement bloquée jusqu’à ma disponibilité. Autre exemple : tout déploiement d’infrastructure plus important est probablement bloqué en fonction des disponibilités de Guilhem2 pour ne citer que deux exemples. Il en va de même pour les déclarations de TVA, du moins par le passé, les déclarations AWV Z4 des banques fédérales (EN), et bien d’autres encore.

Si cela permet à TDF de couvrir davantage de zones, cela représente un coût personnel : certains collaborateurs travaillent parfois pendant les vacances ou les week-ends, ou, dans le cas des infrastructures, de nuit ou les jours fériés, afin de minimiser l’impact.

Nous avons des délais fixes à respecter malgré les vacances, les absences ou les congés maladie. Prenons l’exemple des devises multiples : pour accepter des dons dans le monde entier, le dernier jour du mois, nous devons nous assurer qu’il ne reste aucun solde en devise étrangère sur PayPal. Bien que la situation se soit nettement améliorée par rapport au passé, où il y avait des soldes, nous devons toujours effectuer des vérifications régulières, notamment l’après-midi du 31 décembre, lorsque la plupart des gens se rendent déjà aux festivités du Nouvel An.

Retour en arrière

Jusqu’à ces dernières années, la réduction des coûts administratifs était poussée à l’extrême. Les membres de l’équipe payaient de leur poche de nombreuses choses, y compris leurs équipements de travail essentiels comme les ordinateurs portables, les téléphones portables et autres. De plus, pour réduire les coûts, les membres de l’équipe TDF utilisaient généralement les transports en commun les plus abordables, même si cela impliquait de longues attentes nocturnes pour les correspondances, ou parfois de parcourir quelques kilomètres à pied pour rentrer chez eux afin d’éviter des transports plus coûteux. Si ce phénomène est désormais passé, il a affecté plusieurs employés et bénévoles pendant plus de cinq ans, limitant considérablement notre croissance et notre impact.

Pas d’assouplissement des exigences

On pourrait penser qu’en tant qu’association à but non lucratif, les exigences administratives sont assouplies. C’est faux : TDF est soumise (au moins) aux mêmes contrôles et doit satisfaire aux mêmes exigences (voire plus) que toute organisation commerciale : droit du travail, droit de la concurrence, déclarations fiscales et de TVA, sécurité sociale (EN), et bien d’autres. Être une organisation à but non lucratif ne présente aucun avantage, si ce n’est l’aspect financier, c’est-à-dire l’exonération d’impôts sur les dons. Nous sommes soumis aux mêmes autorités que toute autre entreprise : règles, réglementations et obligations déclaratives.

Le plaisir des déclarations

Par exemple, le changement semestriel et régulier du conseil d’administration engendre une charge administrative importante. De nombreuses déclarations doivent être effectuées et plusieurs sites web doivent être mis à jour, ce qui peut facilement représenter plusieurs heures de travail administratif. Par exemple, les marques déposées sont soumises au droit de la concurrence et doivent donc être tenues à jour. Pire encore, TDF a actuellement (nous suivons cela de près) son adresse enregistrée à environ 126 (cent vingt-six) endroits différents. L’un des plus pénibles cauchemars concerne la moindre modification des comptes bancaires : nous avons besoin de numéros d’identification fiscale, de copies de passeport (dont certaines sont rejetées car impossibles à vérifier dans les systèmes de sécurité) et de plusieurs signatures papier, ce qui représente également une charge de travail considérable.

De plus, toute modification de la composition du conseil d’administration nécessite une mise à jour du registre de transparence (DE)3.

Bien que nous parvenions à déclarer de nombreuses informations par voie numérique, cela peut engendrer une charge de travail importante. Nos déclarations d’adhésion trimestrielles nécessitent la signature du président du comité de gestion et du directeur général sur le même document (numérique), ce qui ajoute des allers-retours. Et pour certains documents, cela ne suffit pas, car la signature du conseil d’administration est obligatoire (EN).

Des exigences strictes

Une autre échéance cruciale est la déclaration de notre réserve de trésorerie actuelle auprès de l’assurance responsabilité civile. Dès que le seuil est atteint, TDF doit déclarer le montant actualisé, ce qui nécessite un suivi régulier et rigoureux.

Le non-respect de cette échéance peut ne pas poser de problème immédiatement, mais peut s’avérer néfaste pour TDF lors d’un audit. Le paiement des per diem4 est un « classique », et c’est pourquoi je suis personnellement réticent à ce sujet. Nous devons évaluer le pays de départ et d’arrivée des voyageurs, les repas pris en charge par TDF (par exemple, le petit-déjeuner et la restauration), les documenter et effectuer les calculs correctement. Tout manquement à cette obligation peut entraîner des problèmes ultérieurs, et les frais administratifs sont considérables.

La documentation est essentielle

La publication des procès-verbaux (EN) et des décisions (EN) est un autre domaine qui demande beaucoup de travail. D’un côté, il faut prendre des notes et les rédiger dans des procès-verbaux lisibles, de l’autre, caviarder des informations sensibles, une tâche ardue. Je suis heureux que nous ayons amélioré la publication de ces documents, mais cela reste une tâche chronophage, même sans tenir compte des éventuelles traductions.

Une autre tâche de TDF est la documentation des actifs. Chaque année, lors de la clôture annuelle de l’exercice, nous devons répertorier précisément les actifs (par exemple, le matériel) dont nous disposons encore, leur emplacement et ceux qui sont défectueux. C’est pourquoi vous recevez de temps à autre un courriel vous demandant de confirmer que vous possédez toujours un matériel et que vous en avez toujours besoin. Il ne s’agit pas de méfiance, mais de remplir nos obligations de documentation (et également d’envoyer du matériel à d’autres personnes au cas où il ne serait plus nécessaire chez quelqu’un).

Une bureaucratie contraignante

À propos du matériel, certaines personnes ont souligné notre réticence à expédier hors d’Europe. Cela est moins lié aux frais de port qu’aux douanes. Si nous commandons du matériel quelque part et que nous n’en avons plus besoin, il ne peut pas être renvoyé tout simplement à TDF à Berlin. Les formalités douanières interviendraient et des formulaires devraient être remplis, ce qui coûterait du temps et de l’argent, et nous n’avons pas encore trouvé de solution efficace. C’est particulièrement complexe pour un domaine douanier comptant très peu de membres actifs de la communauté, car il y a plus de risques de ne trouver personne d’autre à qui livrer dans le même domaine.

Un autre point soulevé concerne le désagrément ressenti concernant les documents de remboursement de voyage expédiés à Berlin. Ce n’est pas notre choix délibéré ; nous préférerions tout faire numériquement et éviter les envois. Cependant, pour des raisons fiscales, nous sommes tenus d’avoir un formulaire et des documents signés à portée de main, c’est pourquoi nous devons en informer la communauté.

De plus, nos marques doivent être renouvelées régulièrement, y compris avec une preuve d’usage. Si les formalités peuvent être prises en charge par des experts juridiques, TDF doit fournir des justificatifs pour ces derniers.

Heureusement, les choses sont parfois plus simples. Après un changement de fournisseur de carte de crédit, la vérification PCI DSS est devenue beaucoup plus simple. Nous en avons besoin pour accepter les dons par carte de crédit, alors qu’auparavant, il s’agissait d’un long formulaire nécessitant la documentation des paramètres de pare-feu et d’autres détails.

Il est parfois même tout simplement impossible de clôturer un compte bancaire (EN) ou un compte de cryptomonnaie (EN).

Ce qui reste un mystère, cependant, ce sont les paiements bancaires vers l’étranger. Les frais sont élevés (des montants de l’ordre de 40 à 50 € par virement bancaire sont assez courants), parfois les paiements sont complètement impossibles. Pour d’autres paiements, nous devons documenter et expliquer à la banque les détails du paiement, en raison des règles de lutte contre le blanchiment d’argent, qui s’appliquent occasionnellement en raison de nos activités internationales, y compris dans des pays considérés par les banques comme « à haut risque » (c’est le terme que j’ai entendu). Donc, si votre remboursement prend un peu plus de temps, ce n’est peut-être pas dû à la lenteur de TDF, mais plutôt à la bureaucratie…

Il y a toujours plus à faire

Je ne m’étendrai pas sur tous les défis que certaines réglementations européennes nous imposent, comme le RGPD, DORA et le CRA (EN), mais elles ajoutent également du travail.

À pays différent, coutumes différentes

L’une des idées reçues les plus fréquentes est que le système allemand est responsable de la complexité de la situation. Ne nous laissons pas prendre par cette idée fausse. Je ne dis pas que tout est parfait ici, mais je n’ai encore jamais vu de législation où tout soit parfait. Chaque pays a ses particularités. Tant que vous n’y êtes pas confronté, tout va bien, et peut-être qu’une législation est plus adaptée à votre domaine d’activité. Cela ne signifie pas pour autant que, de manière générale, certaines législations sont « meilleures » que d’autres. Concernant la langue, il est assez courant que chaque législation a sa ou ses langues principales dans lesquelles la correspondance officielle doit être rédigée. Je doute que vous puissiez effectuer vos déclarations officielles au Royaume-Uni en français ou en italien, ou soumettre votre clôture annuelle des comptes pour la France en japonais. Ce n’est pas parce que certaines législations ont l’anglais comme langue principale, et parce qu’il constitue, le cas échéant, le dénominateur commun de notre communauté, qu’il faut présumer que c’est une langue que tout le monde maîtrise. Les difficultés linguistiques sont un problème auquel nous sommes confrontés dans chaque législation.

Même si nous ne sommes pas situés dans un pays en particulier, nous pouvons être concernés par certaines législations. Citons par exemple les réglementations sur la sécurité en ligne, les réglementations relatives aux organismes à but non lucratif dans d’autres pays (EN) ou les exigences en matière de déclarations fiscales (EN) pour recevoir des paiements de l’étranger.

Impact sur les personnes

Je ne suis de loin pas le seul concerné, obligé de prendre des mesures supplémentaires pour que tout cela fonctionne au sein d’une communauté internationale. Au cours de la dernière décennie, plusieurs d’entre nous ont vu leurs vacances ou leurs week-ends interrompus ou perturbés, pour gérer des tâches parfois urgentes, pressantes ou soumises à des délais serrés, ou des questions juridiques complexes. Pour tout imprévu et toute urgence, il n’y a généralement, comme indiqué ci-dessus, qu’un seul interlocuteur principal capable de gérer les détails, sans remplaçant. À long terme, cela n’a aucun effet positif sur les personnes qui ne peuvent jamais se déconnecter de leur travail. Il en va de même, bien sûr, pour tous les bénévoles du conseil d’administration et du comité des adhésions, pour qui la situation est encore plus pressante, car ils remplissent un rôle purement bénévole. Parfois, la multitude de tâches en parallèle, ainsi que les problèmes existants à résoudre, font que le travail stratégique arrive en retard, tout comme la représentation de TDF lors d’événements et ailleurs, ce qui est très insatisfaisant.

Pourquoi j’écris tout cela

Nous n’avons jamais vraiment partagé beaucoup de détails sur le fonctionnement de TDF. Des éléments sont disséminés sur le wiki et le forum, mais pas d’une façon exhaustive (c’est que nous espérons, tout du moins). La communauté constate parfois que des choses ne se produisent pas, tardent à se produire ou n’ont pas la priorité espérée. Ce n’est pas une mauvaise intention. Des choses peuvent être oubliées, négligées ou passer entre les mailles du filet, mais cela est parfois simplement dû au fait que TDF est une organisation importante, qu’elle mène de nombreuses activités en parallèle et qu’elle est active à l’international. Contrairement à d’autres grandes organisations, elle s’efforce de maintenir un profil bas en matière d’administration, de ressources humaines, de services juridiques, de finances, etc.

Ce que nous devons faire

Nous pourrions bien sûr décider de ne pas investir dans des projets pour remplir notre mission et d’utiliser les fonds pour développer les aspects administratifs, mais cela n’apporterait rien de concret à la communauté et à nos objectifs statutaires. Bien que je n’aie pas de plan précis, j’imagine que nous pouvons agir pour améliorer presque immédiatement notre communauté.

  • Nous devons comprendre que certaines configurations sont une décision délibérée. Cependant, nous devons être conscients que cela a un coût important et ne tombe pas du ciel, et que cela peut prendre du temps sur d’autres tâches.
  • Nous devons nous soutenir mutuellement. Lorsque TDF vous demande d’envoyer une copie numérisée de tous vos justificatifs de voyage, puis de les expédier à notre adresse berlinoise, ce n’est pas pour vous contrarier ni pour retarder les choses. Lorsque nous vous demandons si vous possédez encore certains équipements, ce n’est pas par défiance, mais pour remplir nos obligations. Lorsque chacun s’investit un peu, cela permet de ne pas faire tout reposer sur les épaules de quelques personnes.
  • Nous devons planifier correctement. Bien que je ne sois heureusement pas impliqué dans l’organisation de voyages ni dans les réservations d’hôtels, je suis conscient que la situation est tout aussi exigeante. TDF n’est pas une agence de voyages. Si les gens ne répondent pas à leurs projets de voyage, ou les modifient fréquemment ou à la dernière minute, cela représente beaucoup de travail et de charge pour TDF. Ici aussi, si chacun·e planifie correctement et s’investit un peu, nous pouvons accomplir beaucoup plus ensemble. D’ailleurs, TDF a essayé de collaborer avec plusieurs agences de voyages pour externaliser le problème, mais elles ont soit refusé d’emblée, soit proposé des offres trop onéreuses ou ne répondant pas à nos besoins.
  • Les personnes qui assument un rôle au sein du conseil d’administration ou du comité des membres doivent savoir qu’elles se voient confier de nouvelles responsabilités, souvent dans des domaines totalement étrangers à leur engagement principal dans le projet. Être membre d’une instance dirigeante n’est pas une récompense pour votre travail au sein du projet ; cela implique de grandes responsabilités, et vous devez être prêt à les assumer.
  • Nous devons écouter celles et ceux qui ont de l’expérience dans leur domaine et qui font ce travail depuis un certain temps. Poser des questions et adopter un point de vue différent est une bonne chose et peut même aider à aborder le projet sous un angle différent et avec un esprit neuf. En revanche, supposer que quelqu’un n’ayant jamais occupé un poste similaire connaîtrait tout mieux que nous est mal avisé.
  • Privilégiez d’abord les connaissances internes. Il est courant dans les grandes entreprises de faire appel à des consultants externes pour vous imposer des évidences. Cela entraîne des retards et des coûts supplémentaires, alors que le résultat aurait pu être obtenu bien plus facilement et à moindre coût. Malheureusement, nul n’est prophète en son pays, mais n’oublions pas que nous possédons de grandes compétences chez TDF. C’est nous tous qui avons bâti TDF, c’est nous tous qui avons créé l’un des projets libres et open source les plus importants, et c’est nous tous qui faisons fonctionner les choses au quotidien. S’il est tentant de s’appuyer sur des géants, n’oublions pas que, pour certaines choses, nous pouvons être nous-mêmes des géants et faire confiance à notre propre jugement.
  • Nous devons tolérer les erreurs. Il y a quelques années, j’ai carrément vu plusieurs personnes quitter TDF après avoir été réprimandées pour une seule erreur. Une véritable « culture de l’erreur » est essentielle, car c’est seulement en faisant des erreurs que nous pouvons apprendre, grandir et évoluer.

J’ai quelques idées d’amélioration et de changements à apporter, que je partagerai ultérieurement dans un autre message.

Qui suis-je ?

Si vous vous demandez pourquoi j’écris tout cela et quel est mon parcours, permettez-moi de vous donner quelques informations me concernant.

J’ai commencé comme bénévole chez OpenOffice.org en 2004, au sein du projet marketing allemand. Trois ans plus tard, j’ai été nommé coresponsable du projet marketing international (EN). En 2010, j’ai eu l’honneur d’en devenir le responsable (EN), succédant à mon mentor John McCreesh (EN), malheureusement décédé en 2016. J’ai beaucoup appris de beaucoup d’entre vous pendant cette période, et j’ai rencontré beaucoup d’entre vous pour la première fois à cette époque, et je conserve précieusement toutes ces expériences.

En Allemagne, nous avons créé une association à but non lucratif en 2005, appelée OpenOffice.org Deutschland e.V., plus tard Freies Office Deutschland e.V., où j’ai d’abord été coordinateur du travail jeunesse, puis membre du conseil d’administration, puis du conseil consultatif. Cette association est la fondatrice légale de The Document Foundation.

Avec notre conseiller juridique Mike Schinagl, j’ai piloté le processus juridique et rédigé les statuts de notre fondation (pdf EN). De 2012 à 2014, j’ai été le premier président du conseil d’administration de TDF (EN), et depuis le 1er mars 2014, j’en suis le directeur exécutif. Auparavant, j’ai travaillé comme journaliste indépendant, consultant en stratégies open source et administrateur système, et j’ai une formation en droit.

J’ai vu TDF grandir et se développer depuis ses débuts, où ce n’était qu’une simple idée, jusqu’à ce qu’elle est aujourd’hui.

J’espère que ce message vous éclairera sur le fonctionnement de TDF, afin que nous puissions discuter des améliorations à apporter.


  1. Une attestation A1 est une attestation qui indique quelles réglementations s’appliquent aux personnes en matière de sécurité sociale et ce qui est pertinent quand on travaille temporairement dans un pays étranger. 

  2. Guilhem Moulin, est responsable de l’infrastructure de TDF. 

  3. « Le registre de transparence est un registre central qui enregistre des informations sur les bénéficiaires effectifs des sociétés et autres personnes morales en Allemagne. Elle a été introduite en 2017 pour répondre aux exigences de la directive européenne sur le blanchiment d’argent et pour créer plus de transparence dans les structures des entreprises. »Business Center, Niederrhein. Les « bénéficiaires effectifs » sont les personnes physiques qui contrôlent les structures, ici le conseil d’administration. 

  4. Frais de mission. 

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LibreOffice 25.2 : ODF 1.4, interface et traduction

Un petit aperçu de cette nouvelle version de la suite bureautique sortie le 6 février 2025. Cela ne saurait remplacer la lecture des Notes de version dont la lecture est grandement conseillée car elle est exhaustive. On relèvera dans le cadre de cette dépêche principalement ce qui concerne l’interface, les aspects linguistiques, la compatibilité et l’interopérabilité.

Logo de LibreOffice

La plupart des captures d’écran de cette dépêche ont été faites avec un thème personnel. L’apparence, notamment au niveau des couleurs, de votre LibreOffice sera donc différente. C’est un parti pris assumé.

Sommaire

L’interface

Pour rappel depuis plusieurs versions, il est possible d’afficher une interface soit « classique » avec des barres d’outils, soit sous la forme d’onglets avec des variantes, par exemple « barre d’outils standard » et « barre d’outils unique » ou encore « onglets » et « onglets compacts ». On peut décider d’appliquer ces changements à toute la suite ou à seulement une application de la suite. Cela se passe dans Affichage > Interface. C’est pris en compte immédiatement.

le choix de l’interface dans LibreOffice 25.02

On pouvait déjà aussi choisir, dans Outils > Options > Affichage un jeu d’icônes et leur taille et, dans Outils Options > Apparence paramétrer quelques couleurs et choisir entre un thème clair et un thème sombre. Avec cette version, on peut tout configurer ou presque en créant un nouveau thème, on peut même en ajouter d’autres. Pour l’instant, le site des extensions et modèles de LibreOffice en propose cinq (il n’y en avait que trois à la sortie de la version). Pour récupérer un thème, cliquer sur le bouton à droite des thèmes (1), il téléchargera et installera le thème de votre choix. On peut préférer de faire le thème soi-même ou d’en modifier un en cliquant sur la flèche à droite des items (2). Les changements se font après un redémarrage.

Configuration de l’apparence de LibreOffice 25.02

En théorie, on peut avoir une image en fond de l’application, en pratique, cela doit dépendre des environnements de bureau ou de certains paramètres avancés. Avec ma configuration, Mageia 9 + Xfce cela ne s’affiche pas. Au niveau des changements de couleur : il faut faire attention aux rapports de contraste.

Le thème automatique et un thème personnalisé
En haut (1) un aperçu du thème « automatique » et en dessous (2) un aperçu du mien. Dans les deux cas, l’interface est en mode barre d’outils unique, mais avec une barre d’outils très très personnalisée. Ça ne se voit pas trop sur la capture.

On peut ainsi également configurer la couleur des caractères non imprimables tels que les marques de paragraphes ¶.

Dans les autres avancées ergonomiques bienvenues : on peut choisir de n’afficher dans le menu Fichier > Derniers documents utilisés que les documents du « module actuel », donc soit uniquement les fichiers de Writer ou de Calc ou d’Impress ou de Draw ou de Base, soit tous les fichiers, les fichiers épinglés restant au-dessus de la liste quels qu’ils soient. Dans Writer : on peut gérer la liste des modifications dans le volet latéral (que vous devriez systématiquement avoir affiché tellement il est utile). Calc a une nouvelle boite de dialogue qui permet de sélectionner ou supprimer les doublons : Données > Duplicates et l’assistant Fonction a été amélioré pour permettre de les trouver plus facilement.

La nouvelle boite de dialogue de Calc
La boite de dialogue de recherche des doublons

ODF 1.4, compatibilité et interopérabilité

LibreOffice 25.02 est compatible avec la version 1.4 du format Open Document (ODF) qui, semble-t-il n’a pas encore fait l’objet d’une sortie officielle. En tout cas, ça n’est pas signalé sur la page consacrée aux annonces (en) concernant ce format. A priori, la version 14.4 n’est donc pas encore officiellement un standard OASIS (en) tout en étant semble-t-il prêt pour l’être si on croit cette discussion (en).

Par défaut les fichiers sont au format ODF 1.4.Extended. Ce qui peut se modifier au niveau du menu Outils > Options Chargement/enregistrement.

Paramétrage de la version ODF par défaut des fichiers dans LibreOffice

On notera que, plus les versions ODF évoluent, moins les suites bureautiques qui n’ont pas fait évoluer le support des formats et les vieilles versions de LibreOffice pourront ouvrir et travailler correctement les nouveaux fichiers s’ils sont complexes.

Indépendamment de la prise en compte du format ODF 1.4, le développement de LibreOffice a continué à travailler sur d’autres points. Ainsi on a notamment :

  • une meilleure récupération des polices lors de l’import d’un fichier .DOCX, l’incorporation des polices au fichier ne suffisant pas toujours pour un bon affichage, notamment en cas de fontes qui doivent être ignorées (en),
  • toujours pour Writer, une meilleure interaction avec LOK, (LibreOffice Kit) une bibliothèque de LibreOffice (en),
  • dans Calc, le support de l’export et de l’import de connections.xml au format OOXML, qui permet un meilleur import des fichiers au format XLSX et évite des pertes de données, rapport de bug 158857 (en),
  • le support de macOS Quick Look, une application de Mac OS qui permet de visualiser tous les fichiers sans avoir à les ouvrir, dans LibreOffice 25.02, elle prend en charge les formats de fichiers les plus courants de la suite (en),
  • et une mise à jour en version 0.1.8 de libvisio, une bibliothèque de LibreOffice (en) qui sert pour la gestion des fichiers au format Microsoft Visio, le logiciel de création d’organigrammes et de diagrammes de Microsoft.

Traduction et langues

Cette version, comme on peut le voir sur les captures d’écrans précédentes, n’est pas intégralement traduite. La traduction de l’interface était assurée par Jean-Baptiste Faure qui passe la main. LibreOffice a donc besoin de volontaires pour assurer la localisation de l’application en français. Si cela vous intéresse, envoyez un courriel à la liste de discussion francophone discuss@fr.libreoffice.org. La liste est modérée, même si vous n’y êtes pas abonné·e, la modération l’enverra sur la liste. Un très très grand merci à Jean-Baptiste pour toutes ces années.

Ceci est indépendant du fait que le français de la République de Guinée (fr-GN) existe maintenant comme langue par défaut des fichiers et pour le formatage spécifique à la région.

Les dictionnaires orthographiques pour l’anglais (GB et ZA), le danois, le mongol, le thaï, le coréen, l’ukrainien et le slovaque ont été mis à jour. Le support pour le thésaurus et l’AutoCorrection thaï a été ajouté tandis que le thésaurus slovène a été mis à jour. Ces dictionnaires peuvent être ajoutés à LibreOffice sous la forme d’extensions (en) ainsi que les correcteurs orthographiques.

Si cela vous intéresse, il existe même une extension (en) développée par les Ministères économiques et financiers français, TerMef qui « est le gestionnaire des référentiels terminologiques des Ministères économiques et financiers (Mef) au format de l’internet sémantique. » Elle vous donne les définitions officielles des termes, pas uniquement en informatique, susceptibles d’être utiles dans les rapports avec l’administration française, on aura donc une définition de « format » et une définition de « formation professionnelle ».

Cette extension, qui s’affiche dans le volet latéral. On entre le terme recherché avec les options voulues et on appuie sur le premier bouton à gauche (1)1. L’extension vous sort une série de définition, en cliquant sur celle qui nous intéresse (2), ici « Formater », elle affiche la notice du terme. L’extension est sous licence MPL (en).
Fonctionnement de l’extension TerMef

Quelques statistiques sur cette version

Au 13 février, selon le blog de la suite (en), donc après une semaine, LibreOffice 25.2 aura été téléchargée directement 647 961 fois. Son annonce sur les différents réseaux sociaux, dont Mastodon a été vue, partagée, aimée et commentée 11 313 fois.

À noter : la première mise à jour mineure, 25.2.1 vient de sortir, le 27 février (au moment où je termine enfin la rédaction de cette dépêche).

Un très grand merci à celles et ceux qui font de LibreOffice une superbe suite bureautique.


  1. J’imagine que les boutons ont des icônes spécifiques, mais elles ne s’affichent pas ici. 

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LibreOffice 24.8 : fonctions, fonctionnalités, améliorations et nouveautés

Deuxième de la nouvelle numérotation année.mois, on ne relèvera plus le fait après celle-ci, et on peut dire adieu aux versions avec « l’ancienne numérotation ». Elle est sortie le 22 août 2024. Un petit tour sur ce qui change entre améliorations des performances et de la localisation, meilleure prise en compte du format OOXML, nouvelles fonctions dans Calc, modifications de l’interface notamment dans Writer et réforme des césures.

Logo de LibreOffice

Sommaire

Quelques nouveautés en un schéma très inspiré de celui d’Italo Vignoli sur l’annonce de la sortie de la LibreOffice 24.8 (en).

LibreOffice 24.8 en schéma

Pas de panique si cela vous semble illisible. C’est une image vectorielle et le contenu des bulles est développé ci-après dans l’ordre du dessin à savoir : le traitement de texte Writer, le logiciel de présentation Impress, l’application de dessin Draw, la gestion des bases de données Base et le tableur Calc. Tout n’est pas entièrement traduit : les fonctionnalités encore en anglais seront données avec une traduction en français.

Avant toute chose : apparition d’un nouveau bouton sur le panneau de démarrage

Cela ne figure pas dans le schéma, mais il y a un nouveau bouton « Faire un don » en bas à gauche de l’écran de démarrage. Il mène à la page de dons de LibreOffice qui propose maintenant plusieurs options : Paypal, carte bancaire, virement SEPA et Liberapay. Cela faisait partie des orientations d’Eliane Domingos pour son mandat de présidente de The Document Foundation, la fondation de droit allemand qui chapeaute le projet LibreOffice.

le bouton d’appel aux dons : deux mains entrelacées en forme de cœur

Writer entre refonte de la césure et enrichissement du Volet latéral

Ce qui change dans Writer

Pour commencer : le Volet latéral (qui devrait toujours être affiché). Pour l’afficher, soit passer par le menu Affichage > Volet latéral soit utiliser la combinaison de touche Ctrl + F5.

La grande nouveauté du Volet latéral : un panneau de recherche. Il est accessible par l’icône tout en bas de la série. Dans l’illustration c’est une loupe, jeu d’icônes Colibre. Selon le thème d’icônes, elle peut aussi représenter des jumelles.

Le panneau de recherche

Il est possible en passant par le Navigateur, l’icône en forme de boussole dans le Volet latéral, de supprimer des notes de bas de page ou de fin ou des commentaires. Clic droit sur « Commentaires » pour faire apparaître le menu contextuel.

Suppression d’un commentaire

Toujours au sujet des commentaires, il est possible d’en ajuster la largeur du panneau.

Une nouvelle fonctionnalité du Navigateur : l’insertion de renvois par glisser-déposer. Les options varient en fonction du type de renvoi.
Insertion de renvois à partir du Navigateur, les options

Quand on trie les titres par ordre alphabétique (clic droit sur la mention Titres dans le Navigateur), ils s’affichent « à plat » les uns au-dessus des autres.

Tri des titres par ordre alphabétique dans le Navigateur

Une nouveauté : les puces utilisées dans le document peuvent être sélectionnées dans la liste déroulante des puces.

Ajout d’une puce à la liste

L’aide au formatage a aussi été améliorée. Il y en a une nouvelle qui encadre le texte sélectionné de crochets, d’accolades ou de guillemets. Mais la fonctionnalité a bénéficié d’un bon toilettage : les marques de formatage ont été modifiées et s’affichent en bleu. L’affichage de ces marques se fait via Outil > Options > LibreOffice Writer > Aides au formatage. Ci-dessous un aperçu de différentes marques de formatage ou « caractères invisibles ».

Différentes marques de formatage ou « caractères invisibles ».

Pour plus de lisibilité, la mise en évidence des styles ne s’applique plus qu’aux styles utilisés. Pour l’afficher : en bas du panneau Styles du Volet latéral, cocher la case Mise en évidence.

Les styles mis en évidence dans le texte.

Les options de césure ont été complètement refondues pour devenir entièrement conformes aux spécifications de l’ODF. On peut ainsi exclure un mot de la coupure de mots : Format > Caractère > Position. Il est possible, selon l’exemple des notes de version, de conserver la vérification orthographique et la mise en page. Ce qui n’était pas forcément le cas avec le contournement précédent où il fallait indiquer que la langue du mot était [Aucun]. Et, évidemment, on peut en faire un style de caractère.

Configurer un mot comme ne pouvant être coupé
Parmi les autres changements de la fonctionnalité : les mots avec traits d’union peuvent être configurés sans césure. La configuration des coupures de mots est plus fine, on peut les interdire en bas de page, en dernière ligne de paragraphe, etc. Cela se configure dans le format ou le style de paragraphe.

Les différentes options de césure

Pour terminer avec ces notes sur Writer : la compatibilité avec les formats .DOC, .DOCX et .RTF bénéficie de nouvelles améliorations, notamment pour les notes de fin basées sur des sections.

Impress : mise à jour directe, navigation et internationalisation

Les nouveautés d’Impress qui dont développées ci-dessous

Il devient possible de saisir les notes et de les afficher dans le mode d’affichage normal, Affichage > Note Pane (panneau des notes), elles s’afficheront en dessous de la diapositive.

Cocher la case « Note Pane », les notes s’affichent en dessous de la diapositive.

Une barre de défilement est apparue à droite de la fenêtre en mode d’affichage « Normal ». Cela rend possible la navigation entre les diapositives, avec l’avantage qu’on peut les faire défiler avec leurs notes. Auparavant, il fallait obligatoirement passer par le Volet diapo.

La nouvelle barre de défilement

Une nouvelle option figure dans Diaporama > Paramètres du diaporama : « Édition de diaporama en mode direct ». Le diaporama peut ainsi être mis à jour en cours de présentation. La case est cochée par défaut.

Édition de diaporama en mode direct

Une amélioration ergonomique bienvenue. Quand on travaille sur une boite de texte, la barre d’outils Formatage de texte s’affiche à la place de la barre d’outils Dessin.

La barre d’outils Formatage affichée en deuxième ligne

Le menu Diapo > Naviguer s’enrichit d’une nouvelle ligne  : « Go to slide » (aller à la diapo) qui ouvre une boite de dialogue pour atteindre sur une diapositive spécifique. Cette ligne figure aussi dans Draw.

Pour atteindre une diapositive rapidement dans Impress ou dans Draw.

En vrac : les fichiers PPTX utilisant de nombreuses formes personnalisées s’ouvrent plus rapidement, les modèles de présentation fournis par la communauté indonésienne ont été retravaillés pour être mieux internationalisés et les rendre accessibles d’autres systèmes d’écriture. Pour finir, il est possible de configurer le nombre par défaut de diapositives en ligne en mode Trieuse de diapos. Ce nombre est fixé à quatre par défaut. Cela fait partie de la configuration avancée de LibreOffice : Outils > Option > LibreOffice > Avancé > Ouvrir la configuration avancée. Chercher la référence SorterSlidesPerRow et changer la valeur. Ici elle est fixée à 4.

Configuration du nombre de diapositives par ligne

Draw : des couches mises en évidence

Les améliorations dans Draw traitées dans le corps du texte

Outre la navigation par page, équivalente à celle indiquée pour la navigation entre diapos dans Impress, les modèles de mosaïque sont pris en charge lors de l’import de fichier PDF. Et aussi, le survol des onglets des couches met en évidence les objets qu’elles contiennent.

Accessoirement (vraiment ?), il y a un bug d’affichage dans Draw et dans Impress concernant les unités de la taille et de la position des objets : la valeur est en pouces, et il n’y a pas moyen de changer ça (ou je n’ai pas trouvé). Le symbole du système international n’apparaît pas. Mais on peut saisir les valeurs sous cette forme : « 10 cm » et ça fonctionne. On peut imaginer que la prochaine mise à jour corrige le tir.

Base : Firebird et connexion MS Access

Amélioration dans Base en schéma, les trois bulles sont développées dans le texte

Petit rappel : le module de base de données Base est ce qu’on appelle un « frontal » qui permet d’accéder aux données. Il lui faut donc une connexion à un moteur de base de données. Par défaut, les bases de données créées dans Base le sont avec une connexion intégrée à Firebird. Mais on peut configurer d’autres connexions. Dans les versions les plus anciennes de LibreOffice, par exemple, la connexion intégrée était connectée avec HSQLDB. Avec cette version il est possible de configurer une base avec une connexion aux fichiers mdb de MS Access. Il faudra utiliser le fournisseur de données ACE.OLEDB.12.0.

Dans Firebird, les données s’enregistrent maintenant automatiquement et un bug qui provoquait une perte de données lors de la mise à jour de données a été corrigé, bug tdf#117513.

Calc : plus de fonctions, de la sensibilité à la casse et plus d’accessibilité

Les nouveautés de Calc développées dans le corps du texte

Cette version de Calc voit arriver neuf nouvelles fonctions, elles ont toutes leur page d’aide en anglais sauf LET :
• FILTER : filtre une plage de données ou une liste à partir de conditions spécifiques,
• RANDARRAY : génère une liste de nombres aléatoires entre deux limites,
• SEQUENCE : génère une liste de nombres séquentiels dans un tableau,
• SORT : trie le contenu d’une plage ou d’une liste,
• SORTBY : trie le contenu d’une plage ou d’une liste en fonction des valeurs d’une plage ou d’une liste correspondants,
• UNIQUE : renvoie la liste des valeurs uniques d’une plage ou d’une liste de valeurs,
• XLOOKUP : RECHERCHEX en français, permet notamment de croiser les informations de deux tableaux,
• LET : assigne des noms aux résultats des calculs,
• XMATCH : recherche une valeur dans un tableau à une dimension et renvoie la position relative de l’élément.

L’Autofiltre, Données ou Maj + Ctrl + L, se voit ajouter une case à cocher « Lock » (bloquer). Elle empêche la perte d’une sélection non applicable lors d’une recherche.

La nouvelle case à cocher « Lock » est à droite de la case de la case pour tout sélectionner.

La validité des données, cette fonctionnalité qui permet de s’assurer que les données saisies correspondent à des critères définis, est devenue sensible à la casse. On y accède via Données > Validité. Il faut cocher la case « Case sensitive » (sensible à la casse).

La nouvelle case à cocher dans la boite de dialogue

Un autre ajout bien utile : dans le menu Feuille > Insérer des cellules, la boite de dialogue qui s’ouvre permet d’ajouter plusieurs lignes ou colonnes. Dans l’exemple on va ajouter quatre lignes.

La boite dialogue Insérer des cellules

Et aussi, sans ordre particulier :

  • amélioration du copier-coller entre Calc et Google Sheets,
  • le rafraichissement des cellules modifiées a été optimisé,
  • sélection de plages de feuilles lors de l’export en PDF,
  • les formats des cellules de tables dynamiques au format OOXML sont conservées à l’import à l’export,
  • le curseur de la cellule est mieux accessible des personnes qui ont des troubles de perception des couleurs.1

Puisqu’on parle de couleur : on peut mettre en valeur l’arrière-plan des cellules actives : Outils > Options > LibreOffice Calc > Affichage > Edit Cell Highlighting (mettre en valeur la cellule active). Pour ce dernier point, je n’ai pas trouvé comment cela fonctionnait une fois la case cochée.

Postface conclusive

Cette présentation des nouveautés et changements de la très efficace suite bureautique libre n’est évidemment pas du tout exhaustive. Les notes de version portent aussi sur : Math, le noyau général, les filtres, les diagrammes, l’aide, la localisation, etc. Elles sont intégralement traduites en français.

Par ailleurs, Italo Vignoli dans la note de blog annonciatrice de la sortie (en) traite aussi du nombre de commits avec un diagramme, de la migration depuis des suites bureautiques propriétaires vers LibreOffice ou encore des configurations minimum pour installer la 24.8.

Cette dépêche est une version en grande partie ré-écrite de mon article sur la sortie de LibreOffice 24.8 et s’appuie sur les notes de versions. Certaines tournures du texte des notes de version en ont été reprises littéralement. Et, hum, le dessin avec les bulles des fonctionnalités des applications a été fait avec Inkscape (la force de l’habitude).

Un grand merci à celles et ceux qui font de LibreOffice une suite bureautique si terriblement efficace.


  1. D’où le « personnes dyschromatopsiques » des schémas qui tenait mieux dans les bulles. 

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Eliane Domingos : nouvelle présidente de The Document Foundation

The Document Foundation, TDF pour les intimes, la fondation qui chapeaute la suite bureautique libre LibreOffice, a élu, le 19 février 2024 son nouveau Conseil d’administration, à sa tête Eliane Domingos de Souza. Elle est élue pour deux ans. C’est aussi une bonne opportunité pour évoquer rapidement le fonctionnement de TDF et le rôle du conseil d’administration (BoD).

Logo LibreOffice

Sommaire

Parcours d’une militante

Eliane Domingos est consultante en cotravail et formatrice en migration vers LibreOffice. Elle est membre de la communauté LibreOffice depuis plus onze ans et a été membre du BoD de TDF de 2014 à 2016.

Après avoir commencé à militer pour une bureautique libre avec OpenOffice.org, elle continue ensuite avec LibreOffice. Elle vit à Rio de Janeiro et fait partie de la communauté brésilienne LibreOffice où elle promeut la suite dans diverses manifestations et sur les réseaux sociaux. Elle fait maintenant partie, depuis quelques années, du comité d’organisation du congrès latino-américain (es) de LibreOffice (LATAM).

Elle a créé et animé le LibreOffice Magazine (en), une publication, en portugais brésilien, de la communauté brésilienne réalisée uniquement avec des logiciels libres : Draw, Inkscape, Gimp et Shutter. Le magazine donnait des nouvelles de la suite, des interviews et des tutoriels. Il a fait l’objet de vingt-sept numéros : d’octobre 2012 à décembre 2017. On peut toujours les télécharger en version PDF et ODG (pt). L’objectif du magazine était de montrer que LibreOffice, c’était plus qu’un tableur et traitement de texte, d’où le choix de Draw. Elle voulait aussi démontrer la puissance de Draw et ce qu’il est possible de faire avec. Comme souvent, le projet s’est arrêté faute de volontaires pour continuer à l’alimenter malgré une forte audience.

Pendant la « campagne électorale » au BoD elle s’était livrée à l’exercice de la vidéo avec de petites vidéos expliquant l’importance de LibreOffice. En fin d’année 2023, elle avait, notamment, réalisé cette sympathique petite vidéo avec un t-shirt « à programme » dont le slogan, en anglais, était : « TDF and community t♡gether for LibreOffice  » (TDF et la communauté ensemble pour LibreOffice).

The Document Foundation 

The Document Foundation (TDF) est une fondation de droit allemand à but non lucratif dont l’objectif est la promotion et le développement de logiciels bureautiques libres accessibles à tous et à toutes gratuitement et basés sur des standards ouverts. Le logiciel, à savoir la suite bureautique libre LibreOffice doit être :

mis à la disposition de tous, y compris des entreprises et des administrations, pour une utilisation libre et ouverte, sans préjudice de la propriété intellectuelle de leurs propres fichiers, afin d’assurer leur pleine participation à une société numérique (préambule des statuts).

Pour ce faire TDF, entre autres actions, pilote le développement de la suite LibreOffice et la diffuse sur son site, permet à tout un chacun d’ajouter extensions et modèles sur le site dédié, encourage la traduction de LibreOffice et a embauché récemment des personnes pour travailler sur l’accessibilité de la suite bureautique.

TDF est pilotée par trois conseils :

  1. le conseil d’administration (le BoD, Board of Directors, en allemand « der Vorstand ») dont Eliane Domingos est l’actuelle présidente,
  2. le conseil des membres (Board of Trustees, en allemand « das Mitglieder-Kuratorium sowie »),
  3. le bureau des membres (Membership Committee, en allemand «  das Mitglieder-Komitee »).

L’activité au sein de ces conseils est bénévole (article 6 des statuts).

Ces instances peuvent s’aider d’autres instances comme le comité de direction technique (ESC, Engineering Steering Committee) composé de personnes physiques dotées de compétences transversales dans :

le développement, le codage, la traduction, l’expérience utilisateur, l’assurance qualité (QA), l’ingénierie de mise en production, la création de paquets, etc. (wiki de LibreOffice)

Ou encore le conseil consultatif (AB, Advisory Board) qui est une instance statutaire et dont la mission est de conseiller le BoD. Il est composé de personnes morales (en) telles que : Collabora (en), la ville de Munich, KDE, GNOME (en) ou la FSFE.

Le BoD (conseil d’administration), rôle et composition

Le conseil d’administration (ou « BoD » pour Board of Directors) est élu avec une représentation proportionnelle des voix individuelles par un scrutin à vote unique transférable en utilisant la méthode Meek. Il est élu par les membres de la communauté pour deux ans. Il comporte sept membres et trois suppléants, dans l’ordre alphabétique de prénoms : Björn Michaelsen, Eike Rathke, Eliane Domingos (présidente), Italo Vignoli, László Németh, Mike Saunders, Osvaldo Gervasi, Paolo Vecchi, Simon Phipps (vice-président) et Sophie Gautier.

Eliane Domingos succède à Thorsten Behrens (en). C’est la première fois dans l’histoire de TDF qu’il y a autant de femmes (deux) au conseil d’administration.

Le BoD « est l’administrateur principal des projets et des équipes de la Fondation. Les membres du Conseil sont des représentants judiciaires et extrajudiciaires de la fondation. » Gouvernance de LibreOffice. Il a aussi pour rôle de prévenir d’éventuels conflits d’intérêt au sein de la fondation. Il a, statutairement, la mission de veiller à ce « qu’un tiers maximum des membres du conseil d’administration, du comité des membres et du conseil consultatif travaillent pour la même entreprise, organisation ou unité ou l’une de ses organisations filiales pendant que les employés travaillent. » (statuts, article 8). Le BoD peut exclure des membres d’un comité ou en ajouter si nécessaire pour éviter ces risques. Il a également pour obligation de publier toutes les informations concernant le fonctionnement de TDF et celui des conseils (article 8.3).

Une promesse pour LibreOffice

La gouvernance de TDF a, ces dernières années, dérivé du modèle original des statuts. Au menu : manque de transparence, conflits d’intérêts, etc. générant des tensions et un climat délétère pouvant amener des bénévoles et des personnes salariées à quitter le projet. À cela s’ajoute un inconfort sur le mode de délivrance de la version « de bureau » de la suite, des voix s’étant élevées pour qu’elle ne soit plus gratuite. Et enfin, un audit mené en 2023 soulignait qu’il était possible que, compte tenu du fonctionnement actuel de la fondation, elle pourrait ne plus être considérée comme une organisation à but non-lucratif.

Face à ce triste constat, un groupe de personnes s’est constitué à la fin de l’année 2023 pour rédiger un manifeste « Une promesse pour LibreOffice » et présenter une liste. Sur les onze personnes de la liste, cinq ont été élues : Eliane Domingos, évidemment, Mike Saunders (Alllemagne), Paolo Vecchi et Osvaldo Gervasi (Italie) ainsi que Sophie Gautier (France)1.

Cette promesse, traduite en huit langues dont le français indique, en creux, les dysfonctionnements de TDF. Les signataires s’engagent à les corriger, notamment en 2 :

  • rétablissant les appels d’offres afin d’offrir « des opportunités pour tous, qu’il s’agisse de développeurs individuels ou de grandes organisations »,
  • agissant avec transparence (exit les réunions privées) avec des réunions moins nombreuses mais plus efficaces et à des horaires variables (mondialisation oblige) et en publiant des rapports publics mensuels traduits dans de nombreuses langues,
  • installant un système de démocratie délégative,
  • veillant à ce que la maîtrise de l’anglais ne soit plus une obligation pour participer,
  • organisant au moins une des deux conférences officielles de LibreOffice en dehors de l’Europe,
  • valorisant tous les contributeurs de la même manière pour que plus personne se sente comme un membre de la communauté de « seconde classe ».

Les signataires de la promesse s’engageant également à ce que TDF soit reconnue dans le monde entier au niveau gouvernemental et à développer l’écosystème.

Des orientations pour son mandat ?

Au cours de la mandature 2014 – 2016, le BoD fonctionnait sur la base de réunions hebdomadaires et les membres du BoD n’avaient pas d’attribution particulière. Pour ce mandat, Eliane Domingos pense que certains des administrateurs et administratrices pourraient se voir confier la surveillance d’un secteur pour une meilleure efficacité.

Ainsi, il pourrait y avoir une personne en charge du marketing, une pour s’occuper des dons, une pour suivre le développement de la suite, etc. Elle espère que cela permettra de rétablir une meilleure ambiance au sein du projet.

Sur l’aspect financier, elle pense qu’il serait peut-être pertinent de diversifier les sources de paiement pour les dons. Elle se base notamment sur son expérience où, au Brésil, nombre de personnes souhaiteraient pouvoir faire des dons sans pour autant donner leur numéro de carte de paiement. Sur cette question, elle estime également qu’il y aurait des efforts de promotion à faire.

Enfin, elle défend également une meilleure diversité au sein de TDF.

Pour compléter ?

Vous trouverez des liens vers les listes de tous les autres membres des différents conseils d’administration de TDF par mandat en passant, par exemple, via la page de l’actuel BoD. TDF étant de droit allemand, les statuts sont en allemand, une traduction en anglais figure toutefois en haut de la page qui leur est consacrée avec toutes les réserves de rigueur sur le fait que seule la version allemande a force juridique.

Si vous voulez suivre le travail du BoD, les minutes des réunions seront publiées sur le Nextcloud de TDF.

Un grand merci à Jean-Baptiste Faure pour sa relecture.


  1. Les candidatures et les élections au BoD ne se font pas sur une base géographique, mais il m’a semblé utile d’indiquer les lieux de résidence. 

  2. Les passages en italiques sont tirés de la « Promesse ». 

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LibreOffice 24.2 : nouvelle année, nouvelle numérotation, nouvelle version

Une nouvelle version de la formidablement libre suite bureautique LibreOffice vient de sortir. Non contente de s’offrir une nouvelle numérotation pour la nouvelle année, elle nous offre surtout une accessibilité accrue, une meilleure internationalisation notamment pour les langues qui n’utilisent pas l’alphabet latin et une meilleure compatibilité avec l’Office Open XML (OOXML).

On trouvera plus bas un bouquet choisi des évolutions de LibreOffice, les notes de version sont là pour l’exhaustivité.

Logo de LibreOffice

Sommaire

Sur la nouvelle numérotation

La question de ce changement de numérotation de LibreOffice a fait tourbillonner un bon paquet d’électrons sur LinuxFr. Dans un premier lien annonçant la sortie de la 7.6, puis un deuxième annonçant celle de la bêta 24.2 pour tests et enfin dans un journal (avec quelques erreurs) signalant en avant-première quelques fonctionnalités et améliorations.

Mais un rappel peut s’avérer nécessaire. Donc la numérotation des versions de LibreOffice est passée d’un schéma de type SemVer (en) : numéro majeur de version. numéro mineur. patch, exemple 7.6.4 qui est la dernière à porter ce type de numérotation à un schéma de type CalVer (en). On a donc :

  • année de sortie de la version : 24
  • mois de sortie : 2
  • micro : 0.

Les mises à jour de cette version, selon le calendrier de sortie porteront ainsi les numéros : 24.2.1, 24.2.2, 24.2.3, etc. jusqu’à la dernière 24.2.7 dont la sortie est prévue fin octobre 2024. La durée de vie d’une version de LibreOffice est de neuf mois.

Pas de changement pour le reste : deux versions « vivantes » vont continuer à coexister, une seulement maintenue, l’actuelle 7.6.4 et une en pleine évolution, l’actuelle 24.2. Sans oublier les versions de développement et les archives.

L’accessibilité enfin une priorité

L’accessibilité n’a pas toujours été une priorité de LibreOffice, il semblerait qu’avec les dernières versions, cela change fort heureusement. Par exemple, les versions antérieures ont ajouté la possibilité de marquer comme décorative une illustration ou un cadre, ce qui signale aux lecteurs d’écran de les ignorer et allège la lecture pour des éléments qui n’apportent pas une information supplémentaire.

La version 24.2 corrige beaucoup de défauts pour Windows, Mac, et Linux. On se contentera de relever ce qui concerne Linux :

  • les vues arborescentes comme celle de la configuration avancée, menu Outils → Options → LibreOffice → Avancé → Ouvrir la configuration avancée1 sont correctement annoncées, passant, lues correctement par les lecteurs d’écran ;
  • un paramètre système permet de réduire ou désactiver les animations est pris en compte par LibreOffice, permettant de désactiver les petits traits animés qui encadrent des cellules copiées dans Calc ;
  • dans Calc, signalement des étiquettes d’entête de lignes et colonnes en conformité avec la spécification ARIA, elles sont utilisées par le lecteur d’écran Orca pour annoncer les cellules ;
  • les lecteurs d’écran peuvent annoncer correctement le texte des éléments des éditions multilignes dont on trouve un exemple dans le menu Aide → Vérifier les mises à jours… ;
  • les barres d’état des boites de dialogues sont signalées avec le rôle accessible correct ;
  • les cases à cocher dans la boite de dialogue d’orthographe peuvent être activées avec la touche espace ;
  • dans Writer, les paragraphes de style « Bloc de citation » utilisent le modèle d’accessibilité du même nom qui permet aux lecteurs d’écran de les annoncer sous forme de citation entre guillemets ;
  • l’activation et la désactivation des boutons peut se faire à l’aide de l’action d’accessibilité correspondante ;
  • le lecteur d’écran Orca indique si le soulignement est actif ou non.

Pour compléter, il est bon de rappeler ces deux logiciels qui facilitent l’utilisation de Linux, donc de LibreOffice : le logiciel de commandes vocales NoComprendo qui a fait l’objet de deux dépêches sur ce site. Il permet de lancer verbalement quelques raccourcis clavier (passant de soulager les articulations ou de suppléer à des problèmes de motricité) et le logiciel de dictée vocale Elograf développé pour Mageia.

L’internationalisation parce qu’il n’y a pas que l’alphabet latin

La meilleure prise en compte des langues qui utilisent d’autres systèmes d’écriture que l’alphabet latin fait partie également des points forts du développement des dernières versions de LibreOffice. The Document Foundation (TDF), la fondation qui chapeaute le projet a d’ailleurs lancé un appel à recrutement en novembre 2023 pour un poste de développeur. Il était plus particulièrement demandé aux candidats ou candidates des compétences linguistiques et sur Unicode.

Dans Impress certains des modèles livrés avec LibreOffice avaient des polices incorrectes pour les systèmes d’écriture CJC qui est la qualification d’Unicode pour les écritures chinoises, japonaises et coréennes et CTL. CTL pour « Complex Text Layout » qui concerne le rendu de polices complexes. CTL qualifie un système d’écriture dans lequel la forme et la position d’un graphème dépend de ses relations avec les autres graphèmes, c’est le cas notamment du Devanagari ou de l’alphabet arabe dont le sens du texte peut être bidirectionnel. La version 24.2 a corrigé ce bogue.

Des modèles avec les paramètres requis pour les textes japonais ont été ajoutés dans la catégorie « localisation »2 ce qui, en outre, améliore l’inter-opérabilité avec MsWord pour les personnes dont l’interface est en japonais.

Math peut afficher les formules aussi bien dans le sens gauche-droite que droite-gauche (ça c’est nouveau). L’application accepte maintenant également les opérateurs et les symboles arabes et persans (juste retour des choses dans l’histoire de la science mathématique).

L’interface, adieu les veuves et les orphelines

Les changements peuvent être visuels ou concerner des intitulés, un choix parmi ce qui a été signalé dans les notes de version.

La boite de dialogue des propriétés des fichiers, menu Fichier → Propriétés suit enfin le schéma du Dublin Core et ça passe bien dans les fichiers EPUB. Mais il faudra tout de même ajouter l’auteur, si ce n’est pas vous, dans SIGIL après la création de l’EPUB.

La nouvelle boite de dialogue des propriétés des fichiers avec ses champs tout neufs

À ce sujet : remplir lesdites propriétés devrait être une habitude, allez donc faire un tour dans le menu Outils → Options → Chargement/enregistrement → Général pour cocher la case « Éditer les propriétés du document avant l’enregistrement ». Elle apparaîtra au premier enregistrement, et pourra toujours être modifiée par la suite en passant par le menu Fichier → Propriétés.

La récupération automatique des fichiers est cochée par défaut pour une première installation. Si vous ne l’avez pas fait sur votre LibreOffice, on ne saurait que trop vous conseiller de le faire : menu Outils → Options → Chargement/enregistrement → Général. Sur l’illustration, j’ai configuré 5 minutes. Cette récupération ne remplace pas l’enregistrement au fil de l’eau des fichiers. Elle permet seulement de récupérer le document après un arrêt intempestif de LibreOffice.

Configuration de l’enregistrement automatique et des propriétés.

Si vous voulez protéger un fichier (onglet sécurité des propriétés), LibreOffice affiche maintenant une barre indiquant la force du mot de passe : plus elle est grande plus il est fort. Et il devient impératif, ce qui n’est pas forcément une bonne chose : on peut vouloir simplement protéger un fichier des modifications intempestives sans plus.

Apposer un mot de passe à un fichier

Suggestion : les mots de passe des fichiers de LibreOffice sont quasiment incraquables (pas sans beaucoup de temps), si l’idée n’est que d’éviter des modifications involontaires notamment de formules de feuilles de calcul, pensez à mettre le mot de passe dans les commentaires des propriétés.

Un autre changement sympathique : sur la barre d’outils l’icône qui représente un oméga, Ω, et qui ouvre un menu déroulant avec les caractères « spéciaux » favoris et les derniers utilisés. Cela affiche maintenant aussi la description du caractère et donc son numéro de code Unicode. Vous saurez ainsi que le numéro Unicode du manchot 🐧 est U+1f427.

Choisir un caractère spécial

Et si vous avez bien modifié votre barre d’outils et supprimé ce bouton, vous pouvez le remettre en passant par Outils → Personnaliser, onglet Menu, il s’appelle « symbole ».

Cette version signe aussi le glas des veuves et des orphelines (format des paragraphes), remplacées par des scissions qu’on autorise (ou pas). D’ici là que la casse y passe aussi…

Et, puisqu’on parle de Writer, une nouveauté qui en annonce peut-être d’autres : il est possible de styler les commentaires, un style existe pour ça. Les notes de version laissent présager que ce pourrait être l’amorce d’une plus grande variété de styles pour les commentaires.

Modifier le style de commentaire

Compatibilité OOXML et autre

Au rythme où ça va, LibreOffice va finir par être plus compatible avec l’OOXML que la suite MsOffice elle-même 😉. Plus sérieusement outre ce qui a été dit plus haut sur le japonais, j’ai relevé deux innovations majeures pour Writer.

LibreOffice utilise le style « Première page » pour récupérer l’entête et le pied de page d’un document au format DOCX sans plus créer un nouveau style de page.

L’algorithme de coupure des lignes justifiées a été modifié, pour l’instant, seulement pour les fichiers au format DOCX, LibreOffice reprend celui implémenté par MsWord 2013. Par la suite il sera utilisé comme justification par défaut dans la prochaine version majeure de LibreOffice. L’algorithme permet de gagner jusqu’à 20 % d’espace.

Et aussi, dans un autre domaine, Draw importe les fichiers TIFF multipages en plaçant une image par page.

Pour compléter (peut-être)

À la source de cette dépêche, j’ai écrit un premier article sur les nouveautés de LibreOffice 24. principalement pour avoir des illustrations. L’article a une structure différente et relève aussi d’autres nouveautés.

On ne saurait terminer sans remercier les personnes qui font de LibreOffice une suite aussi formidable et agréable à utiliser, sans oublier celles et ceux qui ont ajouté à Mageia deux outils d’accessibilité indispensables.


  1. La traduction des notes de version ne correspond pas forcément à celle de l’interface de LibreOffice, je reprends ici celle de l’interface qui n’est pas encore entièrement traduite en français. 

  2. Notes de version (je n’ai pas pu vérifier cela pour la dépêche, et pour cause). 

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