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Il démonte une caméra gimbal de drone Shahed-136 récupéré en Ukraine

Un chercheur du nom de Michel a mis la main sur une caméra de surveillance issue d'un drone Shahed-136 abattu en Ukraine, et il en a fait un démontage très complet.

Le Shahed-136, ce drone iranien que la Russie a adopté massivement et qu'elle modifie au fil des mois avec des charges utiles supplémentaires, embarque ici une caméra thermique pour les missions de nuit, montée sur un gimbal motorisé, le tout dans un boîtier qui tient dans la main.

Ce qui frappe quand on regarde l'intérieur, c'est l'origine des pièces. Vous avez deux cartes basées sur un FPGA Artix-7, plus un SoC Hi3519 qui s'occupe du flux vidéo. Le Hi3519, c'est un composant chinois qu'on trouve sans peine sur AliExpress et qui équipe une bonne partie des caméras IP grand public.

Ajoutez à ça une carte d'alimentation commerciale, une carte relais classique, un télémètre, et vous avez un assemblage qui ressemble plus à un projet maker qu'à du matériel militaire.

Côté gimbal, le constat est encore plus parlant : la majorité des composants sont occidentaux. Les marquages laser ont été soigneusement grattés ou poncés pour effacer la traçabilité, mais les pièces restent identifiables au format.

C'est cohérent avec ce qu'on voit depuis le début du conflit, avec ces drones russes bourrés de puces Texas Instruments, Analog Devices, STMicroelectronics ou Infineon censées ne jamais finir dans une arme.

Ce qui est fou dans cette histoire, c'est le contraste avec les missiles russes plus haut de gamme, où les ingénieurs partent de circuits sur mesure et de composants militarisés. Ici c'est plus simple. Du dev board reconverti et du off-the-shelf, sans doute parce que produire un Shahed à 50 000 dollars la pièce ça oblige à raboter partout, et que personne ne va concevoir une carte custom pour un drone qui se crashe par définition.

Source : Hackaday

Un drone sans aucune pièce mobile : la fin des moteurs et des hélices ?

Des chercheurs de l’université Rutgers ont mis au point un concept de drone ornithoptère à état solide. Sans moteur ni engrenages, cet engin utilise la piézoélectricité pour battre des ailes.

Une avancée majeure pour la fiabilité et la miniaturisation des robots volants, même si les matériaux doivent encore progresser.

Imaginez un drone dépourvu de rotors, de pistons ou de roulements. Pas de mécanique qui s'use, pas de bruit de crécelle. C’est le pari de l’équipe d’Onur Bilgen à Rutgers. Ils ont conçu un ornithoptère, un appareil à ailes battantes, totalement "solid-state".

L'absence de pièces en mouvement promet de révolutionner l'aérospatiale en limitant les points de défaillance critiques. C'est une approche imitant la biologie sans ses contraintes mécaniques habituelles.

La piézoélectricité comme muscle artificiel

Pour supprimer la mécanique, les ingénieurs utilisent des Macro Fiber Composites. Ce sont des lamelles piézoélectriques collées sur des ailes en fibre de carbone. 

Lorsqu'une tension électrique est appliquée, le matériau se déforme, forçant l'aile à se courber. Cette structure biphasée permet de contrôler précisément la cambrure pour une efficacité aérodynamique maximale.

L'ensemble fonctionne sans aucun frottement, éliminant le besoin de lubrification ou de maintenance sur les parties mobiles classiques. Cette architecture simplifiée permet une réactivité accrue face aux turbulences de l'air environnant.

Une simulation pour préparer le futur

Si le concept est mathématiquement solide, la réalisation physique se heurte aux limites actuelles de la science des matériaux. Les composants piézoélectriques ne sont pas encore assez performants pour soulever un drone complet de manière autonome.

C'est une feuille de route technologique qui définit les besoins pour la prochaine génération de polymères actifs. L'équipe a donc développé un modèle computationnel complexe pour optimiser le design en attendant que la chimie franchisse un nouveau palier.

Vers des machines robustes et des applications industrielles

L'intérêt est quand même là : moins de pièces signifie mathématiquement moins de pannes potentielles. En supprimant les engrenages, on gagne en légèreté, en discrétion et en robustesse. Cette technologie pourrait aussi s'appliquer aux pales d'éoliennes. En modifiant leur profil en temps réel, on optimise le flux d'air sans ajouter de complexité mécanique lourde, augmentant ainsi l'efficacité énergétique du système.

Bref, vous l’avez compris, c’est une rupture technologique majeure. On passe de la mécanique pure à l’électronique solide, un peu comme pour la transition des disques durs vers les SSD. L'enjeu reste le ratio poids/puissance des polymères. 

Si la recherche aboutit, la maintenance des drones deviendra dérisoire.

Source : TechXplore

Comment les drones de combat réinventent nos chaînes de production

Les drones transforment la guerre, et toute l'industrie avec elle. Vitesse, flexibilité : les leçons du champ de bataille.

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Leonidas - L'arme anti-drone des américains

Vous savez ce qu’il y a dans votre chargeur rapide USB-C posé là, sur votre bureau ? Il y a du nitrure de gallium . Hé bien ce truc, c’est la même technologie qui permet à l’armée américaine de faire tomber 49 drones du ciel en une seule impulsion. C’est ce qui s’est passé le 26 août à Camp Atterbury dans l’Indiana, où la société Epirus a fait une démonstration de son système Leonidas devant des représentants de pays alliés.

Cette machine, baptisée en référence au roi spartiate qui défendait les Thermopyles , ne tire pas de projectiles. A la place, elle génère un champ électromagnétique dans un arc de 60 degrés et tout ce qui vole dedans tombe comme une mouche. Les circuits grillent, les servomoteurs deviennent fous, et paf, le drone s’écrase. Le truc génial c’est que le coût de revient par drone abattu n’est que de quelques centimes, contre des dizaines de milliers de dollars pour un missile traditionnel.

L’armée américaine a signé un contrat de 66 millions de dollars pour quatre prototypes, soit environ 16,5 millions pièce. Ça peut paraître cher, mais comparé au coût d’un système de défense classique et surtout au coût des munitions, c’est donné. Vous payez une fois et vous avez une quantité illimitée de destructions de drones… Pas de munitions à racheter, juste de l’électricité et un peu de maintenance.

Le système fonctionne donc avec des semi-conducteurs au nitrure de gallium au lieu des bons vieux magnétrons qu’on trouvait dans les micro-ondes de nos grands-mères. Ces puces GaN peuvent balancer des kilowatts de puissance sans chauffer comme un four, ce qui permet au système de tirer en continu. De leur côté, les Chinois développent leur propre système appelé Hurricane avec des tubes à vide old-school et ce qui est drôle c’est que la Chine produit 98% du gallium mondial.

Et comme elle a décidé de bloquer ses exportations vers les États-Unis , les entreprises américaines comme Epirus se tournent vers des alternatives. Le Japon, leader mondial du recyclage de gallium, devient donc une source cruciale pour contourner le blocage chinois.

Lors du test en Indiana, le système a détruit 100% des drones utilisés lors de leurs 5 scénarios de tests IRL. Le clou du spectacle étant la mise à terre de 49 drones d’un coup ! Regardez, c’est impressionnant.

Les observateurs présents ont décrit la scène comme surréaliste… une vague de drones qui tombent du ciel en même temps, leurs moteurs qui crépitent avant le silence… Le PDG d’Epirus, Andy Lowery, a même qualifié ça de moment historique. Un peu pompeux, mais bon, quand tu viens de prouver que ton micro-ondes géant fonctionne, tu peux te permettre.

Les Marines américains vont également recevoir une version portable appelée ExDECS (Expeditionary Directed Energy Counter-Swarm) qui peut être montée sur n’importe quel véhicule et il existe même une version “pod” qui peut être accrochée sous un avion. C’est beau la guerre quand même, non ? (Je décooooonnne !)

Le ExDECS

Matéo, 16 ans, qui fait voler son DJI au-dessus de l’aéroport parce qu’il veut faire une vidéo TikTok a intérêt à bien se tenir !!! Et Vladimir aussi ^^.

Epirus prépare déjà la version 2 qui sera deux fois plus puissante et pourra griller des drones encore plus loin… J’ai hâte de voir ça (ou pas…)

OpenIPC - Le firmware open source qui libère vos caméras IP de la surveillance chinoise

Le fait que la plupart des caméras IP qu’on achète sur Amazon ou AliExpress soient potentiellement truffées de backdoors, ça ne vous empêche pas de dormir ? Genre, vous installez une caméra pour surveiller votre maison et au final c’est vous qui êtes surveillé. Sympa, non ? Et bien sur Hackernews, j’ai découvert un projet qui va vous redonner le sourire : OpenIPC.

Il s’agit d’un firmware alternatif open source pour vos caméras IP. En gros, c’est un système d’exploitation créé par la communauté qui remplace le firmware pourri, opaque et souvent abandonné que les fabricants installent par défaut. Et le meilleur dans tout ça c’est que ça fonctionne sur une tonne de puces différentes : ARM, MIPS, et des processeurs de chez Hisilicon, Ingenic, Sigmastar, et j’en passe.

Ça permet de reprendre le contrôle total de vos streams comme ça plus de backdoors, plus de botnets, plus de malware de crypto-mining planqué dans votre caméra. C’est vous le seul maître à bord. Et vu le nombre de scandales qu’on a eus ces dernières années avec des caméras chinoises qui envoient des données on ne sait où, c’est plutôt rassurant.

Le projet utilise Buildroot pour construire sa distribution Linux et propose plusieurs streamers selon vos besoins : Majestic (le plus performant mais pas encore open source), Divinus (totalement open source), Mini ou Venc. Majestic, même s’il n’est pas encore ouvert, offre des performances de malade pour un large éventail de matériel. D’ailleurs, l’auteur cherche à l’open-sourcer dès qu’il aura sécurisé assez de fonds pour continuer le développement.

Ce qui est génial, c’est surtout que ce firmware supporte plein de fonctionnalités sympas comme le stockage cloud IPEYE externe, le streaming vers YouTube et Telegram, les proxys SOCKS5, la configuration de tunnels VPN… Bref, tout ce qu’il faut pour faire de votre caméra un vrai petit serveur multimédia sécurisé.

D’ailleurs, la communauté FPV est complètement fan du projet car des marques comme Runcam, Emax et Eachine ont déjà intégré le firmware dans leurs produits. Pour les pilotes de drones, c’est donc la révolution niveau transmission vidéo et les projets spécialisés fleurissent : caméras pour drones, casques de chantier, outils de surveillance, recherche médicale, pêche sous-marine… Les possibilités sont infinies.

Pour installer Openpic sur vos caméras, il y a deux méthodes principales. La première, c’est d’utiliser Coupler, un projet qui crée des images firmware installables via les mécanismes de mise à jour intégrés dans le firmware d’origine. Super pratique si vous ne voulez pas ouvrir votre caméra.

Et la deuxième méthode, c’est plus hardcore puisqu’il faut ouvrir la caméra, connecter un adaptateur UART sur le port série de debug, et flasher via TFTP. Ça demande de mettre les mains dans le cambouis, mais c’est pas si compliqué. Il faut juste identifier votre SoC (System on Chip), configurer un serveur TFTP, interrompre le bootloader au démarrage, et envoyer le nouveau firmware. Ahaha, je sais dit comme ça, ça fait peur, mais rassurez-vous, le projet fournit des guides détaillés pour chaque étape.

Un point important, avant de flasher, sauvegardez toujours votre firmware d’origine. On ne sait jamais, vous pourriez vouloir revenir en arrière (même si franchement, une fois qu’on a goûté à la liberté d’OpenIPC, difficile de faire marche arrière).

Le projet est distribué sous licence MIT, ce qui signifie que vous pouvez faire à peu près ce que vous voulez avec le code, même l’utiliser dans des projets commerciaux. La seule restriction, c’est l’usage militaire qui n’est pas autorisé.

Et niveau support matériel, c’est impressionnant puisque aujourd’hui, OpenIPC supporte des puces d’Ambarella, Anyka, Fullhan, Goke, GrainMedia, Ingenic, MStar, Novatek, SigmaStar, XiongMai… et la liste continue de s’allonger. Bref, si vous avez une vieille caméra qui traîne et qui n’est plus supportée par le fabricant, il y a de fortes chances qu’OpenIPC puisse lui donner une seconde vie.

Pour les développeurs, il y a même des outils sympas comme un Dashboard multi-plateforme (Linux/Mac/Windows) construit avec Avalonia UI qui permet de gérer et monitorer facilement vos caméras OpenIPC. C’est totalement pensé pour simplifier la vie des utilisateurs.

Voilà, donc au lieu de jeter votre vieille caméra chinoise, vous pouvez la revitaliser avec un firmware moderne et sécurisé. C’est bon pour votre portefeuille et pour la planète et qui sait, peut-être que ça poussera les fabricants traditionnels à être plus transparents sur leurs firmwares.

Le dépôt GitHub du projet est ici et si vous voulez approfondir, la documentation officielle est très complète et accessible même pour les débutants.

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