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Unitree - Le firmware que personne ne signe

Le 26 février dernier, lors d'une réunion d'Austin Hackers Anonymous au Texas, le chercheur Andreas Makris a fait la démo d'un outil qui permet de générer de faux firmwares Unitree, que le robot avale sans broncher comme s'ils sortaient de l'usine de Hangzhou...

Car oui, Mesdames et Messieurs, les robots Unitree ne sont pas capables de déterminer si le firmware avec lequel ils se mettent à jour a été créé par Unitree ou par quelqu'un d'autre.

C'est ouf, non ? Le problème en fait, c'est que les paquets de mise à jour d'Unitree, c'est-à-dire les fichiers .upk qu'un Go2 ou un G1 télécharge tout seul, sont chiffrés avec TEA, un algo hyper minimaliste sorti de Cambridge en 1994.

La clé de chiffrement issue de cet algorithme se calcule ensuite à partir de trois constantes planquées dans le binaire du robot, + une graine aléatoire qui est stockée dans le paquet lui-même. Hop, comme ça vous avez la clé... Tout le monde a la clé, en fait !

Les trois constantes, en clair dans la doc de l'outil.

Et comme TEA est un algo symétrique, la clé qui déchiffre est aussi celle qui chiffre. Unitree s'en sert pour cacher le contenu de ses mises à jour, sauf que le robot, lui, comme il a été programmé avec les pieds, il en déduit que le paquet est légitime. C'est con, hein ? Une vraie signature, avec une clé privée gardée au chaud chez le fabricant, rendrait la contrefaçon impossible même en connaissant tout le reste.

Alors avant que vous ne débranchiez votre robot, je tiens à préciser un truc que Makris dit lui-même dans son dépôt : il n'existe pas de moyen public de livrer un firmware maison au robot. En effet, le canal de mise à jour passe par MQTT et n'accepte pas les paquets persos.

Cette faille a une belle note de 7,8 sur 10 mais exige un accès local et une action du propriétaire. Donc rassurez-vous, personne ne va reflasher votre chien robot qui fait des petits tours dans votre usine depuis un van garé sur le parking.

Le scénario réaliste, c'est plutôt le firmware véreux qu'on vous refile via un prestataire qui "met à jour" votre flotte, ou la clé USB d'un labo partenaire. Vous l'installez, votre robot le valide et vous n'avez aucun moyen de vérifier qu'il sort bien de chez Unitree. Bref, pour du matériel qu'on retrouve dans des labos de recherche et sur des sites industriels, c'est pas terrible !

Les firmwares décortiqués couvrent les gammes Go2 et G1, du Go2 Air au G1 Edu+, plus les modules moteur. Le NVD (National Vulnerability Database), lui, considère que toute l'offre actuelle du constructeur est concernée et surtout gag, y'a pas de correctif !!

On est quand même près de 5 mois après la publication, et y'a toujours rien. Je pense quand même qu'Unitree devrait revoir ses priorités et surtout revoir complètement la façon dont ils protègent leurs mises à jour.

De son côté, Makris n'a pas prévenu le fabricant. C'est pas un oubli, mais un choix car comme il l'explique dans son avis de publication , Unitree a montré une certaine hostilité face aux communications de divulgation. Donc, autant dire que le divorce est acté entre les chercheurs et l'entreprise chinoise.

Du coup ça nous fait quand même un quatrième épisode sur tout ce bordel. Le hack Bluetooth en 1 minute dont je vous parlais en décembre , les deux CVE sur le Go2 que je vous ai remis en mars , le backdoor vers un cloud chinois que Benn Jordan a popularisé en mai, et maintenant les mises à jour.

À l'époque, je me souviens que Benn Jordan conseillait carrément de ne plus jamais toucher au firmware pour garder l'accès root et surveiller ce que le robot envoie, sauf qu'on sait maintenant qu'une mise à jour officielle ne prouve rien, et que chacun peut forger la sienne. Breeeeef... pour du matos vendu à des labos et des industriels, je trouve ça vraiment pas sérieux.

Merci à Sammy pour le tuyau !

Source

Unitree - Le robot au modèle IA invisible

Un coussin qui traîne par terre, des boîtes de médicaments à compter dans un tiroir, du linge à balancer dans le panier, des assiettes à caler dans le lave-vaisselle et un lit médicalisé à remonter de quelques crans. Voilà le programme du robot G1 dans la vidéo qu'Unitree a mise en ligne lundi matin . Deux minutes quinze, en 4K, et ça a fait un million de vues en deux jours.

Et rassurez-vous, si vous lui dites d'arrêter en plein réglage du lit parce que ça vous pince la peau des fesses, il s'arrêtera net.

Voir cette vidéo sur YouTube

Le truc qui pilote tout ça s'appelle UnifoLM-OminiA-0.3. Unitree le décrit comme "un modèle unique qui prend en charge des tâches variées de soins à domicile et de bien-être, avec une compréhension interactive omni-modale, une exécution totalement autonome, stable et résistante aux perturbations".

En clair, un seul cerveau pour les oreilles, les yeux, les bras et les jambes, là où il fallait avant trois ou quatre systèmes qui se refilaient le bébé. Sauf que ce cerveau, vous ne pouvez pas y jeter un œil.

Les deux modèles précédents de la maison, vous pouviez les récupérer quand vous vouliez car unifolm-world-model-action et unifolm-vla sont sur GitHub avec le code d'entraînement, et les poids sont posés sur HuggingFace . Alors que celui-là, non.

Donc à l'heure où j'écris ces lignes, vous ne trouverez ni dépôt, ni checkpoint, ni fiche technique. Juste la vidéo ci-dessus que vous venez de regarder. Après on n'en sait rien, ça sortira peut-être la semaine prochaine, mais pour l'instant celui-ci reste au chaud chez Unitree.

Et on ne sait pas non plus combien d'essais il a fallu pour attraper la bonne boîte sur l'étagère, le taux de réussite sur le tri du linge ou combien de temps il a fallu pour remplir votre lave-vaisselle.

Mais même sans métrique, c'est quand même une belle vidéo démo. Après on connaît les chinois... Le mois dernier je m'énervais déjà parce qu' un G1 avait collé un coup de pied dans le ventre d'un gamin pendant une démo d'arts martiaux au jardin botanique d'Urumqi, et je trouve ça dommage qu'on doive continuer à juger ces bestioles sur des montages YouTube plutôt qu'à partir de vraies métriques.

Côté prix, comptez 13 500 dollars minimum pour le G1 sur le site d'Unitree , taxes et livraison en plus. Le tarif d'une petite citadine d'occasion, quoi ! En janvier je vous avais épluché les prix de tous les humanoïdes réellement commandables , et c'est bien Unitree qui casse le marché.

Sauf que la main à 3 doigts qui attrape les boîtes de médicaments dans la démo, c'est en option et vous vous en doutez, on ne connaît pas non plus son prix.

Par contre, avant d'acheter ce truc et de le mettre dans votre entreprise, sachez quand même que le 8 juin dernier, le Pentagone a ajouté Unitree à sa liste des entreprises militaires chinoises, sous son nom officiel de Hangzhou Yushu Technology et sur la même liste, vous trouverez aussi BYD, Alibaba et TP-Link. Ils ont fait cela car 5 jours plus tôt, trois représentants américains déposaient le GUARD Act, un texte qui obligerait les agences fédérales à passer au crible tous les robots humanoïdes et quadrupèdes chinois avant leur vente aux États-Unis, et visiblement ils ont trouvé des trucs.

Par contre, chez nous, c'est la fête du slip, il n'y a rien de tout ça. Aucune liste, aucun audit obligatoire ! Vous commandez la bestiole en ligne, et la seule doc publique sur son cerveau, c'est ce clip de 2 minutes.

Alors vous vous dites peut-être que j'exagère sauf qu'en mai, je vous racontais comment un robot-chien Unitree utilisé par la police se faisait pirater en une minute et renvoyait ses vidéos vers un cloud chinois . Du coup, quand la même entreprise sort un robot qui filme des chambres d'hosto, moi, ça me donne envie d'aller voir le code.

Bref, la démo est bluffante mais j'attends le dépôt GitHub pour voir si c'est du sérieux.

Source

Il détourne un chien robot Unitree pour aider son père

Prenez un chien robot d'Unitree, du genre qui patrouille dans les usines, ajoutez-y un siège baquet, un harnais et pas mal de code et vous obtiendrez un nouveau genre de jambes bioniques du futur ! Jake Laser a réalisé ça pour son père, en fauteuil roulant depuis une dizaine d'années à cause d'une sclérose en plaques et le résultat est bien délire.

La machine de départ est donc un quadrupède industriel Unitree à roues motorisées et pattes articulées qui sur sol lisse, roule comme un véhicule à roues mais qui sur terrain accidenté, peut déplier ses gambettes, grimper des escaliers, enjamber les obstacles et traverser des paysages rocheux sans broncher.

Rien à voir cela dit avec le Unitree Go2 grand public que vous connaissez qui est plus un jouet. Là c'est la version B2-W pour les entreprises vendue autour de 100 000 dollars, qui sert d'habitude à inspecter des entrepôts ou des sites dangereux. Pour info, Unitree, c'est la même boîte qui vend aussi un mecha à 500 000 dollars , histoire de vous situer le niveau de matériel.

Le transformer en engin sur lequel on peut monter, ça a demandé du vrai boulot d'ingénierie. Après avoir testé plusieurs positions d'assise, Jake a fixé un siège baquet de course directement sur la colonne du robot, les jambes du passager vers l'avant pour que les pattes robotisées puissent bouger librement en dessous.

Il a ajouté un harnais bien costaud et surtout, il a dû recalibrer tout le logiciel de balance du robot pour compenser le poids d'un humain qui se déplace en permanence. Un B2-W sait s'équilibrer avec une charge fixe, mais beaucoup moins avec quelqu'un qui bouge dessus, se penche et change le centre de gravité à chaque seconde.

Mais une fois le code ajusté, les capteurs et les moteurs gardent l'équilibre même en marchant sur un terrain pourri. Le pilotage passe ensuite par un joystick double sans fil qui gère tout : avancer, tourner, se déplacer en crabe, et ajuster la hauteur du robot pour monter et descendre plus facilement.

Et le plus fou, c'est qu'un B2-W ne devrait porter qu'une quarantaine de kilos quand il marche alors que là il trimballe un adulte plus son siège, soit largement le double. Vous l'aurez compris, c'est pas homologué hein ^^.

Capture : JLaservideo (YouTube)

Jake voulait aussi que son père soit fier de son engin alors il s'est inspiré des Bugatti des années 40 pour l'habiller avec une carrosserie galbée, de la fibre de carbone, des phares chromés + éclairage LED sous le châssis et enjoliveurs custom. On est à mi-chemin entre le robot de combat et la voiture de collection ^^.

Bien sûr, avant d'y installer son père, Jake a fait subir à son robot plein de tests d'efforts et de sécurité. Il lui a fait grimper des rebords super hauts, traverser des échelles, monter des tonnes d'escaliers bien tordus et franchir des lits de rivière rocheux, le tout sans jamais perdre l'équilibre. C'est seulement une fois la fiabilité prouvée que son père est monté à bord. Et après des années coincé dans un fauteuil classique, il a pu retourner sur des sentiers et dans des endroits qui étaient devenus, pour lui, des souvenirs lointains.

Bien sûr, c'est un exemplaire unique, et pas un dispositif médical que vous pourrez commander, mais je trouve que l'idée de détourner de la robotique industrielle pour redonner de l'autonomie à quelqu'un c'est vraiment chouette. On a déjà vu des robots japonais faire ça pour des personnes en situation de handicap , et ce genre de bidouille prouve que la techno existe déjà, et qu'il ne manque que des gens motivés pour la détourner dans le bon sens.

Bref, matez la vidéo, vous allez kiffer la partie où le père de Jake capte qu'il peut de nouveau aller où il veut (dans la limite de l'autonomie disponible)

Source : Yanko Design

Test du MOVA ViAX 500 : cette tondeuse a converti un jardinier qui ne voulait pas de robot dans son jardin

- Contient des liens affiliés Amazon -

J'ai reçu en test ce robot tondeuse d'une gamme grand public accessible pour le tester en conditions réelles. J'ai moi-même un petit jardin, mais pour le tester, j'ai préféré apporter l'objet chez une personne de mon entourage qui avait un jardin plus grand, plus compliqué, meilleur terrain de test.

Sauf que voilà, le propriétaire du jardin ne voulait pas de cette machine, il me l'a dit assez clairement, et il a fallu exactement trois jours de tonte automatique pour qu'il révise complètement son jugement, ce qui en dit beaucoup sur ce que le MOVA ViAX 500 fait réellement une fois posé sur une pelouse.

Aucun câble périphérique à enterrer, aucune antenne RTK à planter en vue dégagée du ciel, ce boîtier de correction satellite que la plupart des tondeuses dites sans fil imposent pourtant encore aujourd'hui. Vous branchez la station de charge près d'une prise, et c'est tout, ça fonctionne, dans le silence.

La cartographie de votre jardin se fait au téléphone, en pilotant le robot comme une voiture télécommandée pour lui faire faire le tour du terrain, pendant qu'il regarde et mémorise, ce qui a pris dans notre cas une petite vingtaine de minutes, et est franchement ludique.

Screenshot

MOVA a équipé son robot de ce que la marque appelle l'UltraEyes 2.0, un assemblage de deux caméras à haute plage dynamique et d'un LiDAR 360°, ce télémètre laser rotatif qui balaie les alentours en continu pour mesurer les distances, avec une reconnaissance annoncée de plus de 300 types d'obstacles.

Sur les 270 m² du jardin d'essai, en pente par endroits, encombrés de plusieurs voitures garées à l'arrache et des jouets qu'un brave toutou sème un peu partout, la machine n'a absolument rien écrasé ou percuté. Zéro accroc. Ni le chien, qui n'a même pas tiqué à la vue du robot, ni ses jouets.

Le disque de 20 cm et ses trois lames rasoir pivotantes coupent quelques millimètres à chaque passage et redéposent l'herbe broyée au sol, où elle se décompose en engrais. Du coup, aucun sac de tonte ne nécessite des aller-retours pénibles à la déchetterie. Le niveau sonore est quasi inaudible, le voisinage du dimanche ne s'en apercevra même pas si vous passez le robot à des heures "interdites".

C'est quand même une bascule philosophique, cette histoire : soit vous gardez la main sur votre gazon et sur sa pousse, soit vous déléguez tout ça à un robot. Le débat de l'aspirateur robot, transposé dehors. Si vous voulez mon avis, un transat et un bouquin valent mieux qu'un après-midi derrière une tondeuse thermique.

La hauteur de coupe se règle à la main sur la machine entre 2 et 6 cm, ce qui ne pose aucun problème, il suffit de le régler une fois pour toutes selon vos préférences. Après il faut être honnête, les 40% de pente annoncés sont un peu optimistes, deviennent plutôt 25 % quand on veut rouler serein. Pour le reste, tout est vraiment ok, ce qui est une bonne surprise pour un produit de cette gamme, quand même franchement accessible.

MOVA affiche 749 € en prix conseillé, mais le ViAX 500 se trouve régulièrement autour de 599 € sur Amazon. C'est vraiment un super produit si vous avez un jardin de taille raisonnable à entretenir, et que vous ne voulez pas vous prendre la tête avec ça.

Vous pouvez commander la bête ici sur Amazon !

Un cafard cyborg en combinaison de plongée

Un cafard qui plonge et reste sous l'eau trois heures d'affilée, ça n'existait pas jusqu'à la semaine dernière.

L'équipe d'Hirotaka Sato, à la NTU de Singapour, avec leurs collègues de l'université Waseda au Japon, viennent de parvenir avec leurs petits doigts, à sangler une combinaison de plongée miniature sur le dos d'un cafard siffleur de Madagascar.

À quoi ça sert me direz vous ? Et bien à pouvoir télécommander la bestiole à distance, sous l'eau, sans qu'elle se noie. Oui, tout le monde a le droit d'avoir des passions cheloues, ne jugez pas, ok ?

La combinaison de cafard-grenouille tient donc en trois morceaux. Un réservoir à oxygène imprimé en 3D dans une résine transparente de type PMMA, une coque souple étanche qui enveloppe l'insecte, et quatre petits tubes en silicone qui amènent l'air jusqu'à lui.

Mais le plus astucieux, c'est la chimie à l'intérieur du réservoir. Vous prenez une éponge imbibée de dioxyde de manganèse, vous injectez un peu de peroxyde d'hydrogène dilué (de l'eau oxygénée, quoi), et le manganèse joue les catalyseurs. En cassant le peroxyde, cela génère de l'eau et de l'oxygène. Mac Gyver serait jaloux de voir que ces gars ont inventé une bonbonne de plongée qui fabrique son air toute seule, sans compresseur.

"Notre combinaison fonctionne comme le réservoir d'oxygène d'un plongeur humain", résume Sato, qui bricole des insectes cyborg depuis plus de dix ans. Sauf qu'ici le plongeur mesure six centimètres et a six pattes ! Les quatre tubes se branchent directement sur les spiracles thoraciques du cafard, les orifices par lesquels il respire, et ils se retirent après coup sans le blesser ni lui faire mal. Si si, je vous jure, des cafards qui sont rentrés ensuite auprès de leur famille ont témoigné qu'ils n'avaient rien senti ^^.

Et là vous vous demandez sûrement à quoi ça sert toutes ces conneries. Bah oui, qu'est ce qu'on peut foutre d'un cafard sous-marin télécommandé ??

Hé bien la réponse c'est le sauvetage.

Imaginez... (musique ambiance film catastrophe activée dans ma tête) Un immeuble effondré après un séisme. Vous avez besoin de vous faire une idée de l'ampleur des dégâts et des risques que vous allez prendre en allant secourir les victimes.

Il y a des flaques, des tunnels remplis d'eau, des poches d'air irrespirable saturées de CO2. Essayez un peu de faire passer un robot classique là-dedans, bon courage. Alors qu'un cafard bien motivé avec son barda sur le dos, par contre, ça se faufile à l'aise ! Et c'est pas de la théorie de labo puisque l'équipe de Sato a déjà déployé ses insectes cyborg pendant l'opération Lionheart, après le tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie le 28 mars 2025. Cette combinaison de plongée, c'était juste la brique qui lui manquait pour barboter en chemin.

Bon, des cafards trafiqués, on en a déjà croisé un paquet par ici. Il y avait eu les cafards cyborg lâchés dans les canalisations , sans oublier cette escouade de cafards espions montée en Allemagne , sauf que ceux-là, maintenant, ils nagent aussi bien que Léon Marchand les bordels. Et pour la suite, l'équipe a prévu de rendre la combinaison plus solide et d'y greffer des capteurs et un système de navigation, pour les vraies missions cette fois.

Bref, pensez-y la prochaine fois que vous écrabouillez un cafard dans votre cuisine ('tain c'est sale chez vous en fait), n'oubliez pas que l'un de ses cousins bosse peut-être pour la sécurité civile à sauver des vies avec ses petites papattes.

Source : NTU Singapore & TomsHardware

oomwoo - Le robot aspirateur open source à monter soi-même

La société Maker's Pet vient de lancer oomwoo , un robot aspirateur open source que vous construisez vous-même ! C'est fait à base de Raspberry Pi 5, LiDAR 2D, ROS 2, châssis imprimé en 3D, et le tout fonctionne en local.

Sauf qu'il y a un détail rigolo, pour l'instant il fait à peu près tout... sauf aspirer ^^.

Je m'explique... Votre Roborock ou votre iRobot, vous ne le savez pas mais vous ne le possédez pas vraiment. Il se balade partout, cartographie votre apart ou votre maison, envoie tout sur des serveurs distants et surtout, le jour où le fabricant ferme boutique, bah votre robot il termine à la casse.

Alors c'est vrai, des bidouilleurs libèrent déjà ces engins du cloud en leur greffant un firmware ouvert. Mais oomwoo prend le problème à l'envers, puisqu'au lieu de libérer un robot fermé, vous en montez un qui soit libre dès la première vis !

Côté matos, vous allez avoir besoin, comme je vous le disais, d'un Raspberry Pi 5 (ou d'un Pi 4), d'un petit LiDAR 2D, de quelques moteurs et d'un châssis que vous sortirez de votre imprimante 3D. Son cerveau, lui, tourne sous ROS 2 avec Nav2 pour la navigation, et vous pouvez tout tester virtuellement dans une simulation Gazebo avant même de visser quoi que ce soit.

Côté maison connectée, ça se branche direct sur Home Assistant et toutes les datas restent chez vous en local. Le LiDAR c'est vraiment le cœur du projet puisque c'est ce capteur qui donne la vue en relief aux petits robots . Avant ça coûtait une petite fortune, mais aujourd'hui, ça peut se trouver pour une trentaine d'euros comme ce LDS02RR qui équipe notamment les Roborock.

Et pour orchestrer toute cette joyeuse bande hardware, le projet utilise un micro-contrôleur à quelques euros qui gère toutes les entrées et les sorties, pendant que le RPi se tape le gros des calculs.

oomwoo en est à sa toute première version, en mode RFC (request for comments), autrement dit le truc se conçoit en public au grand jour et leur objectif premier, c'est donc d'avoir un robot qui cartographie votre appart au LiDAR et se balade tout seul avant même de penser à aspirer.

Alors oui, pour le moment, c'est uniquement de la simulation et aucun proto n'a été assemblé mais ça ne saurait tarder. Quoiqu'il en soit, vous pouvez suivre toutes les étapes du projet en live sur GitHub et intervenir si vous voulez aider .

Après, un aspi robot qui n'aspire pas, ça ne vous inspire peut-être pas (jeux de moooots) mais c'est surtout un projet en train de naitre, qui si vous l'attrapez en route, vous permettra d'apprendre de nouveaux concepts en robotique comme le SLAM, la navigation autonome ou ROS 2 sans avoir à lâcher un billet dans du matos hors de prix (ils visent 200 dollars de matos au max).

Bref, c'est moins un aspirateur qu'un cours de robotique déguisé mais ça vaut le coup d'oeil. Le code vous attend sur GitHub .

Isaac 1 - Un Baymax à 8000$ qui plie votre linge

Isaac 1, c'est le nouveau robot domestique de Weave Robotics , et sa spécialité c'est de plier le linge, faire les lits et ranger le bazar qui traîne chez vous. Il a l'air rigolo, il est mignon, il a des grands bras et me fait penser un peu à ce robot de dessin animé qui s'appelle Baymax.

La bête se déplace sur une base motorisée, se replie à 90cm pour se faire oublier dans un coin et se déploie jusqu'à 1,75 m quand il faut bosser, avec ses grands bras terminés par des pinces à 2 doigts.

Au programme chez vous : vos t-shirts pliés, votre lit fait, vos coussins redressés et le bazar du salon rangé à la demande.

La démo en vidéo vaut le coup d'œil !

Ranger le bazar, redresser les coussins, faire le lit : le programme d'Isaac 1

Toutefois, ce robot n'est pas encore 100% autonome. En effet, il peut nécessiter l'intervention d'un opérateur humain quand il galère sur un truc. Mais l'objectif à terme pour Weave Robotics, c'est clairement la full autonomie.

Replié à 90 cm, caméras physiquement coupées

La première version, Isaac 0 ressemblait à ça d'ailleurs :

Alors ça vous plait ?

Bah si vous en voulez un, faudra revendre la caravane et le chien parce que ça coûte 8000 $ ou 449 $ d'abonnement par mois (avec caution à 250$, faut pas déconner).

Les livraisons démarrent en Californie à l'automne, avant le reste des États-Unis, et pour l'Europe y'a aucune date pour le moment.

Après 8000$ c'est pas donné quand même pour un robot qui fait que ça.

Le pliage de linge, c'est de toute façon le cimetière des startups robotiques. Je suis désolé, mais Laundroid a coulé en 2019 avec environ 20 millions de dollars de dettes, FoldiMate a fermé en 2021 sans jamais rien livrer, et le Memo de Sunday Robotics est arrivé sur le même créneau l'an dernier.

Même les humanoïdes généralistes s'y mettent, comme Figure 02 avec sa lessive , et si vous voulez quand même comparer les tarifs du secteur, j'ai déjà fait le tour de ce que coûte un robot humanoïde chez soi .

Maintenant, il y a 2 types de personnes dans le monde : ceux qui ont ce genre de truc, et ceux qui comme moi s'habillent en allant chercher directement leurs fringues dans le tas de linge propre qui traîne par terre dans la chambre.

Allez, si ça vous tente, les précommandes sont ouvertes . Moi je vous laisse, j'ai du linge à ne surtout pas replier.

Source

Reflect v1.0 - Programmer un humanoïde en une phrase

Un humanoïde qui traverse un immeuble, appelle l'ascenseur, ouvre un colis avec un outil et range les courses dans un tiroir, tout seul, et sur une seule consigne qui lui est donnée en langage naturel, ce n'est pas de la sorcellerie ! Non, c'est la démo qu'a sortie Flexion Robotics , une startup suisse, qui lance Reflect v1.0, son nouveau "cerveau" IA pour robots.

Car Flexion ne fabrique pas de robots. Cette spin-off zurichoise, fondée en 2024 par d'anciens chercheurs Nvidia, vend du logiciel, une couche d'intelligence qui se pose sur un humanoïde existant et le pilote de bout en bout.

Là où Alibaba donne un corps à son IA avec une suite logicielle complète, Flexion ne vise que le cerveau. Vous écrivez ce que vous voulez en langage naturel, et le robot part faire sa vie pour vous satisfaire au mieux. Vous pouvez même changer la consigne en plein vol, du genre "non, reviens par ici" et il abandonnera tout pour revenir dans vos bras.

En général, en robotique (comme avec les LLMs finalement...), l'autonomie longue sur les tâches, c'est l'enfer. Une mission de 16 étapes, des erreurs qui s'enchaînent et paf, tout s'écroule. Alors pour encaisser ça, ils ont entraîné leur propre modèle de vision-langage, un chef d'orchestre qui surveille, raisonne et replanifie en direct. Et ils ont misé sur l'apprentissage par renforcement à tous les étages, du mouvement fin jusqu'à la décision. Et voilà comment (en labo), ils passent de 38 % à 90 % de réussite sur ce genre de missions longues.

Ensuite côté capacités, c'est du costaud puisqu'on a un robot qui manipule des colis de 100 g à 3,5 kg, repositionne les cartons, appuie sur les boutons d'ascenseur au centimètre près, utilise des outils, enchaîne les escaliers et slalome entre les obstacles avec sa charge. Et quand il rate une prise, s'pas grââve, il retente ou replanifie sa route grâce à ses caméras.

En ce moment, les annonces d'humanoïdes pleuvent en Chine... On a eu par exemple Agibot qui affiche 99 % de succès sur une démo usine de six jours, ShengShu qui présente Motubrain , son cerveau unifié, et ça ne risque pas de s'arrêter, sans parler des robots chinois un peu plus bas de gamme, revendus en marque blanche qui commencent à pulluler comme les aspi robots ou les tondeuses autonomes...

À voir maintenant si l'un d'eux ira un peu trop loin en milieu ouvert... En attendant, Flexion est très honnête puisque la société explique que Reflect v1.0 reste limité à des tâches bien définies, et qu'ils ne sont pas encore prêts pour l'autonomie universelle... pour l'instant.

Source : Interesting Engineering

Robots humanoïdes - On attend vraiment qu'il y ait un mort ?

Je sais pas si vous vous intéressez un petit peu à la robotique, mais cette semaine il y a eu deux vidéos qui sont sorties et je voudrais réagir par rapport à ça.

La première, c'est lors d'une démonstration dans la rue d'un robot qui à un moment lève la jambe et éclate le ventre d'un enfant qui se trouvait à côté. Et la seconde c'est à Vivatech lors d'une chorégraphie débile où deux robots ont arraché des télés.

Et ça fait marrer tout le monde... Au passage, ces deux robots, c'est le même modèle : l'Unitree G1, le petit humanoïde chinois qu'on voit partout tellement il est dropshippé et rebrandé.

Et Unitree, ça devrait normalement vous parler, parce que je vous ai déjà raconté ici que n'importe qui pouvait en prendre le contrôle avec un smartphone , et qu'ils balançaient vos données vers un cloud chinois , référencée dans le MITRE depuis plus d'un an et toujours pas bouchée.

Et donc on lâche au milieu du public, gamins compris, ces machines douteuses qui effectuent toutes sortes de mouvements rapides. Et le problème, c'est que ces robots de service comme ce G1 ou d'autres équivalents humanoïdes débarquent partout... Robot serveur au resto, robot d'accueil dans les halls d'entreprises, robots livreurs qui se baladent sur le trottoir... etc. La France l'a même déjà testé sur un site nucléaire.

Alors pourquoi pas, mais en voyant ces "incidents" et tous les abrutis que ça fait marrer, je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle avec l'automobile. En effet, dans le secteur automobile, il existe différentes normes qui imposent des limites strictes dont une sur la rapidité avec laquelle un véhicule effectue une action. Il faut que ce soit lent pour que le conducteur ait le temps de percuter et de reprendre la main si la voiture fait une connerie. Ce sont notamment ces principes que Comma respecte pour ses boitiers .

La voiture n'a pas le droit de changer de trajectoire plus vite que ce que le conducteur peut encaisser, et lui doit toujours pouvoir reprendre la main d'un simple coup de frein. Le véhicule doit prendre 0,9 seconde minimum pour un déport d'un mètre. C'est plutôt sain comme réglementation, je trouve. Alors pourquoi une bagnole qui braque trop sec, c'est interdit alors qu'un robot qui balance un kick de ninja dans un gosse, ça passe crème ?

Évidemment, sur un robot à la con comme ceux qu'on voit sur les vidéos, "reprendre la main" c'est pas vraiment possible car il n'y a aucun intérêt à piloter un robot. Ce sont des appareils qui doivent pouvoir fonctionner sans qu'un humain les opère... Sinon, ce serait juste des jouets télécommandés.

Mais par contre, la vitesse à laquelle ils agissent, c'est un facteur qu'il serait bon de maitriser car à la place des télés, il y aurait pu avoir les visages de spectateurs par exemple.

En fait, le problème que j'ai avec ces démos, c'est la proximité entre le public et des robots qu'on laisse faire des gestes rapides, des danses de ninjas, des tas de mouvements qui pourraient infliger des blessures graves à des adultes comme à des enfants.

Dans les usines, les robots qui bossent au contact d'humains suivent des normes (ISO 10218 et ISO/TS 15066) avec deux principes tout bêtes. Un, la surveillance vitesse-distance est surveillée à l'aide d'un scanner qui repère l'humain qui entre dans la zone et qui ordonne au robot de ralentir ou de s'arrêter tout seul avant le contact. Deux, la limitation de force où même si ça touche, la machine ne tapera jamais assez fort pour blesser quelqu'un. Bref, le périmètre de sécurité et la douceur dont je parle, l'industrie les applique depuis des années mais ailleurs, notamment dans des événements avec du public à proximité, ces règles ne me semblent plus respectées.

Je pense que comme pour n'importe quelle machine, si celle-ci est amenée à effectuer des mouvements rapides sans contrôle humain, il faut absolument un périmètre de sécurité autour. Une zone suffisamment grande pour qu'un opérateur ou un système de sécurité puisse tout arrêter si le robot sort de cette zone.

Et si le robot doit évoluer dans un périmètre avec des humains, il doit être suffisamment "doux", suffisamment lent pour qu'on puisse esquiver un geste malencontreux ou que l'accrochage avec une personne n'ait pas de grandes conséquences.

Autrement, un jour il y aura un mort à cause de ça.

Chez Figure , un ancien responsable sécurité affirme notamment dans une plainte que la main de leur humanoïde frappe avec une force qui dépasse le double de ce qu'il faut pour fracturer un crâne. Et chez Unitree, on a aussi vu partir complètement en vrille leur robot H1 à côté d'un technicien qui a eu chaud. À chaque fois, on a eu de la chance mais un jour, on n'en aura pas.

Bref, une fois encore, le problème c'est pas la machine mais les débilos aux commandes...

Qwen-Robot Suite - Alibaba donne un corps à son IA

Voici une news concernant l'intelligence artificielle, qui je pense devrait vous plaire si vous vous intéressez à la robotique. Alibaba qu'on ne présente plus, vient de sortir sa Qwen-Robot Suite, 3 modèles IA signés Tongyi Lab (les gens derrière Qwen ) imaginé pour donner un corps à l'IA. Parce qu'une machine capable de décrire votre cuisine au millimètre près mais complétement infoutue d'y attraper une tasse, voilà un peu ce qu'on a en robotique en ce moment...

Car "comprendre" le monde, ça les modèles savent faire. Mais agir dedans, c'est une autre paire de manches. Cette Qwen-Robot Suite découpe donc ça en trois briques, RobotNav pour se déplacer, RobotManip pour saisir des objets, et RobotWorld qui joue les boules de cristal en prédisant ce qui va se passer avant même que le robot ne bouge. Et si vous voulez expérimenter tout ça tout de suite, sans mettre les mains dans le cambouis, y'a même une démo Chat2Robot , où vous tapez une instruction dans votre navigateur et un bras robotique l'exécute en direct !

Mais le plus parlant dans leurs démos, c'est ce chien-robot Unitree Go2 ( bourré de failles de sécu, qui balance toutes vos données en chine ) qui, une fois lâché chez vous avec sa seule petite caméra bas de gamme, peut se balader dans toute la maison pour vous rendre tout un tas de services. Sauf qu'ici il opère dans des lieux qu'il n'a jamais vus, en suivant vos consignes vocales de pièce en pièce, et il peut même refaire tout le trajet à l'envers sur commande. C'est en tout cas, assez cool de voir ces world models enfin capables d'apprendre à résoudre des problèmes auxquels il n'a encore jamais été confronté.

L'astuce, c'est d'entraîner un seul modèle sur les données de plein de robots différents d'un coup, au lieu de repartir de zéro pour chaque machine. Du coup un geste appris sur un bras X se transfère direct sur un autre bras Y, et chaque robot profite ainsi, en quelque sorte, de l'expérience accumulée par tous les congénères du lot. Et tout ça a été nourri avec plus de 38 000 heures de données, uniquement en l'open-source, dont des vidéos de gens filmés en train de faire des trucs, et adapté pour que la machine puisse apprendre en regardant faire des humains .

Et niveau perfs, ça tape fort apparemment !

Sur les benchmarks de manipulation, RobotManip passe devant π0.5, un modèle de Physical Intelligence dont je vous avais déjà parlé, avec quand même 7 points d'avance, sur un benchmark de manipulation standard. Il finit aussi premier sur RoboChallenge, le classement généraliste du secteur. Bon, ce sont des chiffres de labo bien sûr, mais le saut par rapport à la concurrence fait mal ^^.

Ce que Qwen veut faire surtout, c'est de tout passer par le langage naturel comme ça une commande de bras, un virage de voiture, un point de navigation et compagnie... tout devient une simple phrase. Cela permet aux modèles Qwen classiques d'appeler ces briques comme des outils, et de brancher l'intelligence artificielle classique (les LLMs) directement sur l'action physique (les World Model). La presse parle déjà d'un "moment Android" pour la robotique, autrement dit un cerveau logiciel que n'importe quel fabricant de bras ou de roues pourrait embarquer sans avoir à fabriquer la quincaillerie. Ce serait fou !

Après, Chat2Robot tourne sur 50 tâches seulement et n'est pas parfait. Le tout est en test pilote chez quelques clients d'Alibaba Cloud, donc c'est pas encore pour votre robot aspirateur... Mais si le concept de robot à la maison vous intéresse, c'est une approche intéressante je trouve. Entre Physical Intelligence, Gemini Robotics chez Google et GR00T chez NVIDIA, tout le monde semble chercher le même Graal, à savoir une IA généraliste capable de piloter n'importe quel corps mécanique. Bref, Alibaba ne vend pas de robot, mais le cerveau qui va dedans, et le fait que ce soit entièrement open-source et orienté langage me fait dire qu'on risque de voir plein de projets cools et surtout accessibles se monter autour de ça.

D'ailleurs, à force de voir ces robots de service débarquer partout, je me demande quand on va leur imposer un minimum de sécurité face au public.

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Asimov - Le robot humanoïde open source jusqu'à la dernière vis

"Free the robot" !!!

C'est le slogan de Menlo Research, et pour une fois c'est pas du flan. En effet, leur Asimov v1 est un humanoïde de 1,20 m et 35 kg, entièrement open source ! Tout est fourni gratuitement donc, les plans de la mécanique, les schémas électriques, le modèle de simulation, ainsi que le code embarqué.

Vous avez donc la CAO complète, la nomenclature des pièces, le modèle MuJoCo pour simuler avant même de souder, et le firmware. Ensuite, y'a 2 façons de l'avoir : Soit le kit DIY (499 dollars d'acompte, puis environ 15 000 dollars au final, livré cet été), soit vous sortez la nomenclature complète et le manuel d'assemblage, et vous sourcez chaque pièce à la main. Ça peut faire un beau projet si vous avez un peu de blé mais surtout des compétences en électronique et du temps !

C'est vrai qu'en général, 1 robot "open source" sur 10, c'est un README qui se la raconte avec 3 STL et rien d'autre derrière, mais là je vous promets, c'est du solide. En janvier dernier, Asimov c'était juste une paire de jambes avec 12 degrés de liberté et basta. Et nous voilà quelques mois plus tard avec un humanoïde complet composé de 25 actionneurs (plus deux orteils passifs sur ressort pour le contact au sol), des bras qui lèvent 15 kg chacun, une tête avec caméra et micros, et un haut-parleur dans le torse pour causer.

Asimov v1, le robot humanoïde open source de Menlo Research

Et côté tripes, c'est du sérieux également avec 2 cerveaux à bord, un Raspberry Pi 5 pour le réseau et le média, et un Radxa CM5 pour le contrôle moteur en temps réel. Des bus CAN charrient ensuite les ordres dans tout le squelette. Niveau matériaux, c'est de l'alu 7075 pour les pièces qui encaissent, du nylon PA12 fritté pour le reste. Et la licence matérielle c'est du CERN-OHL-S-2.0 (je ne la connaissais pas celle-là), et de la GPL-2.0 pour le soft. Donc on est sur du vrai open hardware copyleft !

Maintenant, Menlo a baptisé son kit " Here Be Dragons ". Pour ceux qui n'auraient pas la ref, c'est la mention qu'on collait sur les vieilles cartes médiévales pour dire "ici, terrain inconnu, c'est à vos risques et périls".

Et c'est pas un hasard puisque vous devrez compter 50 à 100 heures rien que pour passer du carton de pièces à un robot qui s'allume proprement et sans danger. Attendez, pas pour le faire marcher, hein, juste pour l'allumage. Et utiliser votre imprimante 3D du dimanche pour les pièces porteuses, oubliez. Faudra passer par de l'alu usiné.

En effet, le plastique risque d'avoir du jeu et foutra en l'air les calculs du contrôleur, donc au mieux le robot marchera mal, au pire il viendra vous buter dans votre sommeil. Ensuite, le reste s'imprime, mais en nylon industriel. Et je vous passe la prise de tête avec le câblage des bus CAN et autres petites surprises... Un bidouilleur prévenu en vaut deux !

Du coup, entre lâcher 15 000 balles pour le kit clé en main et tout sourcer soi-même, perso si j'avais la thune (et l'usage d'un robot), j'opterais pour le kit. Mais si vous avez un atelier, une fraiseuse CNC et la patience d'un moine, la version DIY revient sans doute moins cher. Bref, chacun son délire.

Reste la vraie question que vous vous posez surement (ou pas) : Ça vaut quoi face à la concurrence ?

Hé bien un Unitree G1 tourne autour de 16 000 dollars, soit à peu près le même tarif. Sauf que chez Unitree, les plans du bestiau restent propriétaires et je vous parle pas du soft qui balance tout chez nos amis Chinois.

Alors qu'avec Asimov, vous êtes le propriétaire du robot jusqu'à la dernière vis. L'idée de Menlo c'est d'accélérer l'itération en ouvrant complètement leur robot afin que tout ça s'améliore dans un espèce de cercle vertueux. Et surtout les labos et les geeks de tout poil pourront avoir leur robot bien à eux. Sans ça, sur le marché ce sera uniquement Robot Apple, Robot Google, Robot Tesla ou NoName Chinois et voilà... Ce serait dommage quand même, je trouve.

Et si l'idée vous titille, jetez un œil à YOR, un autre robot open source à monter soi-même , ou à ce que coûte vraiment un humanoïde à la maison en 2026 .

Bref, si vous avez 15 000 balles, 100 heures devant vous et l'âme d'un bidouilleur, le bipède vous attend sur GitHub. Et les autres comme moi, regarderont ce dépôt en bavant... ce qui est déjà pas mal ^^.

Merci à philobois pour le lien !

Unitree lance son robot mecha à 500 000 dollars

500 000 dollars. C'est le prix d'entrée annoncé pour le GD01 d'Unitree, un robot mecha de 2,7 mètres de haut que vous pouvez littéralement piloter depuis son torse, façon Pacific Rim version chinoise. Unitree, le fabricant chinois déjà connu pour ses chiens-robots quadrupèdes, passe au stade de la production en série pour son engin transformable.

Le robot pèse 500 kilos avec son pilote à bord, soit clairement plus qu'un quad de loisir. Sa particularité, et c'est là qu'on bascule dans le délire science-fiction, c'est qu'il peut passer de la marche bipède à un mode quadrupède pour les terrains plus accidentés.

La vidéo de démonstration montre le patron Wang Xingxing en train de piloter l'engin, qui défonce un mur de briques d'un coup de poing métallique. Voilà voilà.

Côté chinois, ce n'est pas vraiment une surprise. Les fabricants locaux pèsent déjà environ 90% des ventes mondiales de robots humanoïdes en 2025, et Unitree fait partie des leaders du secteur. La boîte a même déposé son dossier d'introduction en bourse à Shanghai en mars dernier, avec 4,2 milliards de yuans à lever (environ 530 millions d'euros), dont 85% fléchés vers la recherche et développement. Le business des robots commence à devenir sérieux.

Au passage, ça marque une vraie différence d'approche avec les humanoïdes plus classiques, type Optimus chez Tesla ou Atlas chez Boston Dynamics (le fabricant américain de robots quadrupèdes et humanoïdes).

Eux visent un robot de taille humaine, autonome, destiné à assister ou remplacer des tâches du quotidien. Unitree, à l'inverse, propose un engin que vous habitez de l'intérieur, plus proche d'un exosquelette géant que d'un assistant compagnon. Pas le même produit, pas le même marché.

Unitree positionne le GD01 sur des usages assez spécifiques : parcs d'attractions, tournages de films, opérations de sauvetage en milieu hostile, expériences immersives. Pas franchement le genre de robot que vous garez dans le garage en rentrant du boulot. Le constructeur prévient d'ailleurs que le prix est "préliminaire" et qu'il bougera selon les optimisations à venir.

Bon, avant de rêver à votre propre mecha, quelques bémols quand même. Les experts pointent des soucis assez basiques : c'est galère d'entrer et de sortir du cockpit, l'autonomie batterie est limitée, le confort est minimal, et personne ne sait encore comment encadrer ce genre d'engin côté réglementation. Sans parler de la maintenance d'une bête mécanique de 500 kilos. Alors, vous sortez la carte bleue ?

Source : Gagadget

Unitree Go2 - Le robot chien qui obéit à TOUT le monde

Le robot chien Unitree Go2, c'est celui qu'on a vu se faire pirater via Bluetooth en décembre dernier. Hé bien rebelote puisque 2 nouvelles CVE viennent de tomber, et c'est encore plus lourd. Hé oui c'est à base de root shell, de persistance après reboot... et tout ça sans aucune authentification sur le protocole réseau.

La première faille ( CVE-2026-27509 ) est la plus vicieuse puisque le Go2 utilise DDS (Data Distribution Service), un protocole publish-subscribe qu'on retrouve partout dans l' industrie de la robotique . Ça tourne avec CycloneDDS, sauf que Unitree l'a déployé SANS la moindre authentification.

Du coup, n'importe qui sur le même réseau peut envoyer des messages au robot, et un topic DDS spécifique avec le paramètre api_id=1002 permet carrément d'uploader du code Python arbitraire. Code qui s'exécute ensuite directement en root via subprocess.Popen. Et voilà comment on obtient un reverse shell en quelques lignes !

Avec un accès root, ensuite c'est open bar. Caméras, moteurs, capteurs LiDAR... et comme le DDS tourne sans chiffrement, même le trafic légitime entre le robot et sa télécommande passe en clair sur le réseau.

Le truc qui pique, c'est que DDS-Security existe vraiment puisque c'est un standard documenté qui gère authentification et chiffrement. C'est juste que Unitree a simplement décidé de ne pas l'implémenter. Même pas un tout petit token basique... snif.

La deuxième faille ( CVE-2026-27510 ) est la plus tordue. Pour celle-ci, il faut un téléphone Android rooté avec l'app Unitree installée. De là, vous modifiez la base SQLite locale, la table dog_programme, et vous injectez un binding hotkey qui exécute une commande au prochain appui sur la télécommande. Et comme le robot stocke ça dans un fichier hotkey_list.txt, votre payload persiste même après reboot. Et hop, encore un shell root !

Unitree a sorti le firmware V1.1.13 qui corrige la faille SQLite absolument rien pour la faille DDS. Le protocole tourne toujours sans auth sur les versions EDU (V1.1.7 à V1.1.11), et vu que ça nécessiterait de revoir toute l'architecture réseau du robot, j'imagine que c'est pas pour demain la veille.

Ça fait donc 3 failles en moins d'un an sur la même bestiole. Entre ça et les aspirateurs DJI piratés par milliers, la sécu des robots grand public en prend un sacré coup en ce moment. Et pour un quadrupède à plusieurs milliers d'euros qu'on retrouve dans des labos de recherche ou des usines, parce que la terre entière le dropship avec son logo, ça la fout mal.

Bref, si vous avez un Go2, mettez à jour en V1.1.13 via l'app Unitree et pour le DDS, collez votre robot sur un réseau Wi-Fi dédié en attendant mieux.

C'est dommage quand même parce que la possibilité d'authentification existait... fallait juste l'activer.

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Helix 02 - Le robot qui vide votre lave-vaisselle pour de vrai

Vous vous souvenez peut-être de Figure 01 qui nous avait tous bluffés l'année dernière en se faisant couler un petit café (qui a dit "dans sa couche ??) ?

Hé bien, la startup Figure AI ne chôme pas (contrairement à nous le vendredi matin) puisqu'elle vient de dévoiler son Helix 02, la nouvelle version de son cerveau numérique.

Et là, accrochez-vous bien parce qu'on passe un cap ! En effet, ce robot est désormais capable de vider un lave-vaisselle de manière totalement autonome.

Alors je sais ce que vous vous dites : "Super, un truc à 150 000 balles pour faire ce que mon ado refuse de faire gratuitement". Sauf que la prouesse technique derrière est assez dingue. Jusqu'à présent, les robots humanoïdes, notamment ceux de Boston Dynamics (le fameux Atlas), fonctionnaient beaucoup sur de la "théorie du contrôle". En gros, des maths complexes pour garder l'équilibre, et du code impératif pour dire "lève le bras de 30 degrés". C'est hyper précis, mais c'est lourd à coder et ça manque de souplesse.

Là, Figure a tout misé sur une approche pixels-to-action de type "End-to-End". C'est ce qu'ils appellent le System 0.

En gros, ils ont viré un peu moins de 110 000 lignes de code C++ (le langage bien verbeux qu'on adore détester) pour les remplacer par un modèle d'IA unifié. Le robot "regarde" avec ses caméras et le réseau de neurones décide directement des mouvements. Et c'est comme ça que d'un coup, le robot gère tout : l'équilibre, la manipulation des objets glissants, et même la correction de ses propres erreurs en temps réel.

C'est un peu comme si votre Roomba avait soudainement appris à faire du parkour tout en tenant un plateau de verres en cristal.

Bon, vous vous en doutez, le marketing ne nous dévoile pas tout car il y a un petit piège derrière cette innovation. En fait cette approche "tout IA" a aussi des limites car si le modèle hallucine un mouvement, le robot peut très bien décider de lancer votre assiette en porcelaine de Limoges à travers la pièce. C'est donc pour ça qu'ils gardent quand même des garde-fous (System 1 et System 2) pour la planification à long terme. Mais c'est pas encore demain que je laisserai ce machin seul avec mon chat, sauf si je veux le transformer en frisbee ^^.

D'ailleurs, si vous suivez un peu l'actu des robots humanoïdes , vous savez que la concurrence est rude notamment avec l' Optimus de Tesla . Mais perso, je trouve que Figure a carrément une longueur d'avance sur la fluidité "humaine", là où Optimus fait encore un peu "mec bourré qui essaie de marcher droit". J'adorerai avoir un kit de dev pour jouer avec ce truc, mais vu le prix, je vais plutôt me rabattre sur Raspberry Pi... on fait avec ce qu'on a !

Et pour nous les bidouilleurs dans tout ça ?

Hé bien si vous n'avez pas 150 000 $ sous le matelas, sachez qu'il existe des projets open-source comme le ToddlerBot (un petit robot à environ 250$ imprimable en 3D) qui permettent de s'initier à la robotique bipède sans vendre un rein. C'est moins classe que Helix, mais au moins, si ça tombe, ça casse juste du PLA. Un coup de colle et c'est reparti !

Bref, on n'est pas encore au stade où il viendra vous border le soir, mais pour ce qui est des corvées ménagères, ça sent bon la fin de l'esclavage humain (pour le remplacer par celui des machines, mais chut, faut pas leur dire).

Amusez-vous bien !

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Deep-Boo – Le robot qui déchire tout à Mario Party

Voici un projet open source qui risque de faire vibrer votre fibre de geek !

Prénommé Deep-Boo, ce robot joueur de Mario Party taillé comme Tibo In Shape est capable de manipuler physiquement une manette pour exploser ses adversaires.

Son créateur, Josh Mosier, a présenté ce petit bijou à l' Open Sauce 2025 et vous allez voir, c'est aussi bien pensé que c'est fun.

Le robot Deep-Boo prêt à en découdre ( Source )

En fait, Deep-Boo ne se contente pas de tricher uniquement via du code car c'est un vrai automate physique qui "voit" l'écran grâce à une carte de capture HDMI et réagit ainsi presque instantanément à ce qui se passe. Pour arriver à cela, Josh a utilisé OpenCV pour analyser les formes et les couleurs en 720p / 60 FPS. Cela permet au robot de détecter les moments cruciaux du gameplay, comme les compte à rebours ou les positions des joueurs.

Côté matériel, on est sur de la bidouille high level puisque l'automate de Josh embarque un microcontrôleur ESP32 qui pilote 12 solénoïdes pour presser les boutons A, B, X, Y et les gâchettes. Mais le vrai défi, c'était le joystick car pour contrôler les mouvements à 360°, il a fallu concevoir un manipulateur parallèle sphérique (SPM) avec des moteurs pas à pas NEMA 17.

L'architecture complexe du manipulateur de joystick ( Source )

Et là où ça devient vraiment impressionnant, c’est son utilisation de la fonction StallGuard des drivers TMC2209. Ça permet de calibrer les moteurs sans interrupteurs physiques en détectant quand le joystick arrive en butée. C’est pas idiot et ça offre une sacrée précision pour les mini-jeux qui demandent de la finesse.

Josh a même prévu un "Puppet System" c'est à dire un troisième Joy-Con connecté en Bluetooth à l'ESP32 pour reprendre la main manuellement si besoin. C’est un peu comme Mario Party en carton mais avec des muscles en métal et un cerveau dopé à la vision intelligente.

Le stand Deep-Boo a attiré les foules à l'Open Sauce 2025 ( Source )

Lors de l'évènement, le petit fantôme mécanique a même défié Ludwig , le célèbre streameur, au jeu de "button mashing" Domination.

Et sans surprise, notre petit robot l'a complétement fumé avec un score de 99 !

Voilà et comme vous connaissez mon amour pour le DIY, vous vous doutez bien que je ne vais pas vous laisser comme ça sur votre faim ! En effet, si vous voulez vous lancer dans la robotique de gaming, tout le code et les fichiers de design sont dispo sur le dépôt GitHub de Josh !

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Boston Dynamics et Google DeepMind s'allient pour donner un vrai cerveau à Atlas

Vous vous souvenez de mes explications sur comment Boston Dynamics comptait construire un cerveau pour Atlas ? Hé bien, ils viennent de trouver le partenaire parfait pour y arriver. Et pas n'importe lequel !

Annoncé au CES 2026 à Las Vegas lors de la présentation Hyundai, le fabricant de robots s'allie avec Google DeepMind pour intégrer les modèles fondationnels Gemini Robotics directement dans leurs humanoïdes. Du coup, Atlas va pouvoir percevoir son environnement, raisonner, utiliser des outils et même interagir avec des humains. Bref, passer du robot acrobate impressionnant au robot vraiment utile.

Atlas en pied, prêt à conquérir les usines ( Source )

L'idée, c'est de combiner le meilleur des deux mondes. D'un côté, vous avez l'intelligence athlétique de chez Boston Dynamics, ces années d'expertise à créer des machines capables de faire des saltos et de se relever après une gamelle. De l'autre, les modèles multimodaux de DeepMind qui comprennent le langage, la vision et peuvent générer des actions. Le mariage parfait entre le corps et l'esprit, en quelque sorte.

Alberto Rodriguez, le directeur du comportement robot chez Boston Dynamics (un ancien prof du MIT qui a lâché sa chaire pour rejoindre l'aventure), explique qu'ils avaient besoin d'un partenaire capable de développer des modèles fiables et scalables. Et Carolina Parada de DeepMind confirme que leurs modèles Gemini Robotics ont justement été conçus pour apporter l'IA dans le monde physique. Hop, le puzzle s'assemble.

Le regard d'Atlas, bientôt alimenté par Gemini

Mais ne vous attendez pas à voir un Atlas débarquer chez vous pour faire le ménage demain matin. Sniiiif... La cible, c'est l'industrie manufacturière, et plus précisément les usines du groupe Hyundai (qui possède Boston Dynamics, rappelons-le). Parce que même dans les chaînes de production les plus automatisées, il reste des dizaines de milliers de tâches manuelles impossibles à robotiser avec les méthodes traditionnelles. Le coût et le temps de développement sont juste délirants.

Avec un humanoïde doté d'un cerveau généraliste, on peut théoriquement lui apprendre une nouvelle tâche en une journée au lieu d'un an. C'est le même principe que ChatGPT, mais appliqué au monde physique et ça, c'est un vrai changement de paradigme.

La recherche conjointe démarre dans les prochains mois. Alors est-ce que ça va révolutionner les usines ? Peut-être. Est-ce que c'est le début d'une nouvelle ère pour la robotique humanoïde ? Moi j'y crois.

En tout cas, dans tout ce bordel ambiant autour des robots et de l'IA, cette alliance entre le hardware le plus avancé et le software le plus puissant a du sens. Et si vous voulez en savoir plus sur l'évolution d'Atlas ces dernières années , je vous avais déjà fait un petit récap.

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Quand les robots humanoïdes se font pirater en 1 minute via Bluetooth

Vous vous souvenez de ces robots chiens et humanoïdes Unitree qu'on voit partout sur les réseaux depuis quelques mois ? Hé bien des chercheurs en sécurité viennent de découvrir qu'on pouvait les pirater en moins d'une minute, sans même avoir besoin d'un accès internet. Et le pire, c'est que la faille est tellement débile qu'elle en devient presque comique.

Lors de la conférence GEEKCon à Shanghai, l'équipe de DARKNAVY a fait une démonstration qui fait froid dans le dos. L'expert Ku Shipei a pris le contrôle d'un robot humanoïde Unitree G1 (quand même 100 000 yuans, soit environ 14 000 balles) en utilisant uniquement des commandes vocales et une connexion Bluetooth. Après environ une minute de manipulation, l'indicateur lumineux sur la tête du robot est passé du bleu au rouge, il a alors cessé de répondre à son contrôleur officiel, puis sous les ordres de Ku, il s'est précipité vers un journaliste en balançant son poing.

Sympa l'ambiance.

En fait, le problème vient de la façon dont ces robots gèrent leur configuration Wi-Fi via Bluetooth Low Energy (BLE). Quand vous configurez le réseau sur un robot Unitree, il utilise le BLE pour recevoir le nom du réseau et le mot de passe, sauf que ce canal ne filtre absolument pas ce que vous lui envoyez. Vous pouvez donc injecter des commandes directement dans les champs SSID ou mot de passe avec le pattern « ;$(cmd);# », et hop, exécution de code en tant que root.

Et le truc encore plus dingue, c'est que tous les robots Unitree partagent la même clé AES codée en dur pour chiffrer les paquets de contrôle BLE, donc si vous avez cracké un G1, vous avez cracké tous les G1, H1, Go2 et B2 de la planète. Et là vous allez me dire : Et la sécurité du handshake ? Hé bien elle vérifie juste si la chaîne contient « unitree » comme secret. Bravo les gars ^^.

Du coup, la vulnérabilité devient wormable, c'est à dire qu'un robot infecté peut scanner les autres robots Unitree à portée Bluetooth et les compromettre automatiquement à son tour, créant ainsi un botnet de robots qui se propage sans intervention humaine. Imaginez ça dans un entrepôt avec 50 robots !! Le bordel que ça serait...

Moi ce qui m'inquiète avec ces robots, c'est l'architecture d'exfiltration de données car le G1 est équipé de caméras Intel RealSense D435i, de 4 microphones et de systèmes de positionnement qui peuvent capturer des réunions confidentielles, photographier des documents sensibles ou cartographier des locaux sécurisés. Et tout ça peut être streamé vers des serveurs externes sans que vous le sachiez surtout que la télémétrie est transmise en continu vers des serveurs en Chine... Vous voyez le tableau.

En avril 2025 déjà, des chercheurs avaient trouvé une backdoor non documentée dans le robot chien Go1 qui permettait un contrôle à distance via un tunnel réseau et l'accès aux caméras, donc c'est pas vraiment une surprise que les modèles plus récents aient des problèmes similaires, hein ?

J'imagine que certains d'entre vous bidouillent des robots avec Raspberry Pi ou Arduino, alors si vous voulez pas finir avec un robot qui part en freestyle, y'a quelques trucs à faire. Déjà, pour la config Wi-Fi via BLE, ne passez jamais le SSID et le mot de passe en clair mais utilisez un protocole de dérivation de clé comme ECDH pour établir un secret partagé. Et surtout validez et sanitisez toutes les entrées utilisateur avant de les balancer dans un shell.

Et puis changez les clés par défaut, car ça paraît con mais c'est le problème numéro un. Générez des clés uniques par appareil au premier boot ou lors de l'appairage. Vous pouvez stocker ça dans l'EEPROM de l'Arduino ou dans un fichier protégé sur le Pi.

Pensez aussi à isoler vos robots sur un réseau dédié... Si vous utilisez un Pi, créez un VLAN séparé et bloquez tout trafic sortant non autorisé avec iptables. Comme ça, même si un robot est compromis, il ne pourra pas exfiltrer de données ni attaquer d'autres machines.

Ah et désactivez aussi le Bluetooth quand vous n'en avez pas besoin ! Sur un Pi, ajoutez « dtoverlay=disable-bt » dans /boot/config.txt et sur Arduino, c'est encore plus simple, si vous utilisez pas le BLE, ne l'incluez pas dans votre projet.

Bref, ces robots sont de vrais chevaux de Troie ambulants. Ils ont des capteurs, des caméras, des micros, et maintenant ils peuvent être compromis par n'importe qui à portée de Bluetooth... Donc si vous bossez sur des projets robotiques, prenez le temps de sécuriser vos communications sans fil avant de vous retrouver avec un robot qui décide de vous tuer !! Et bookmarkez ce lien car c'est là où je mets toutes mes meilleures news robotiques !

Et si vous êtes encore en train de lire mes articles à cette heure-ci, je vous souhaite un excellent Noël !

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La Chine a maintenant des RoboCops qui règlent la circulation

En Chine, RoboCop c'est plus vraiment de la science-fiction puisque la ville de Hangzhou vient de déployer un robot humanoïde qui fait la circulation à un carrefour. Et je trouve ça un poil flippant ^^.

Ce robot qui s'appelle Hangxing-1 a commencé son boulot le 1er décembre dernier, à l'intersection de Binsheng Road et Changhe Road dans le district de Binjiang. Le truc mesure 1m80, il est équipé de caméras haute définition et de capteurs qui lui offrent une bonne vision de ce qui se passe autour de lui et il roule sur des petites roues omnidirectionnelles, affublé d'un uniforme haute visibilité avec des bandes de police. Bref, impossible de le louper.

Et son job, c'est de faire des gestes pour diriger les voitures, les scooters et les piétons. Les ingénieurs ont modélisé ses mouvements sur ceux de vrais policiers pour que ce soit bien standardisé et il peut siffler de manière électronique en synchro avec les feux de circulation. Et le truc marrant, c'est qu'il est capable de détecter les infractions en temps réel, comme les motards sans casque, les voitures qui dépassent la ligne d'arrêt ou encore les piétons qui traversent au rouge. Et quand il chope quelqu'un en flagrant délit, il balance un message vocal bien poli.

Bien sûr, on est en Chine, donc toutes les infractions sont logguées et envoyées direct dans la base de données de la police.

Côté autonomie, le robot peut tenir plusieurs heures sur une charge, ce qui couvre largement les heures de pointe et quand la batterie est à plat, il retourne tout seul au bistrot à sa station de recharge. La machine a été développée entièrement à Hangzhou, fruit d'une collab entre la police locale et des boîtes tech du coin.

D'après les premières observations locales, le respect des règles à ce carrefour se serait nettement amélioré depuis que le robot est en poste. Bon, y'a quand même des flics humains pas loin pendant cette phase test, au cas où les avertissements vocaux du robot ne suffiraient pas.

Hangxing-1 fonctionne pour l'instant dans deux modes : gestion du trafic et sensibilisation civique. Mais la ville prévoit de l'upgrader avec des capacités de langage naturel pour qu'il puisse donner des directions et répondre aux questions des passants. Le robot est d'ailleurs connecté au "City Brain" d'Alibaba, le système de gestion urbaine intelligent déployé à Hangzhou.

Et Hangzhou n'est pas la seule ville à jouer avec ces robots puisque Chengdu a déployé 5 robots policiers sur la place Tianfu, Mianyang utilise des chiens robots pour patrouiller dans les quartiers d'affaires, et Shenzhen teste des robots humanoïdes d'Engine AI qui serrent la main aux passants. Le gouvernement chinois veut clairement multiplier ce genre de déploiements.

Perso, je trouve ça plus mignon (et apparemment plus efficace) qu'un policier municipal même s'il ne faut pas oublier que ce robot vous filme, vous identifie, enregistre la moindre de vos infractions et les balance à la vraie police...

Ce monde commence sérieusement à ressembler à un épisode de Black Mirror.

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Des robots plus petits qu'un grain de sel qui nagent, pensent et agissent tout seuls

J'ai toujours été fasciné par les nanobots dans les films de science-fiction... Ces petites bestioles microscopiques qu'on injecte dans le corps pour réparer des trucs ou tuer des méchants et qui encore jusqu'à aujourd'hui paraissait impossible...

Eh bien on n'en est plus très loin, les amis, car des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie et du Michigan viennent de créer les plus petits robots autonomes et programmables jamais conçus. Et quand je dis petits, je vous parle de machines qui font moins d'un demi-millimètre, donc plus petits qu'un grain de sel. C'est à peine visibles à l’œil nu alors bon courage pour les retrouver si vous en perdez un sur votre bureau.

D'après ce que je comprends, c'est que c'est le premier micro-robot capable de sentir, de penser et d'agir. Bah oui, parce que jusqu'à aujourd'hui, les robots de cette taille avaient besoin d'être contrôlés de l'extérieur, avec des champs magnétiques ou des joysticks. Mais là, ces petits gars sont complètement autonomes.

Alors comment est-ce qu'ils bougent sans moteur ni hélice ? Hé bien au lieu de pousser l'eau directement, les robots génèrent un champ électrique qui déplace les ions dans le liquide. Ces ions poussent ensuite les molécules d'eau, et hop, ça avance. Y'a aucune pièce mobile ce qui veut dire que ces robots peuvent nager pendant des mois sans s'user.

Côté "cerveau", c'est l'équipe de David Blaauw au Michigan qui s'en est chargée. Son labo détient le record du plus petit ordinateur au monde, donc forcément, ça aide. Le processeur embarqué consomme seulement 75 nanowatts ce qui est 100 000 fois moins qu'une montre connectée. Pour réussir cette prouesse, les chercheurs ont dû repenser toute l'architecture de programmation pour faire rentrer des instructions complexes dans cet espace très réduit.

Et leur énergie, ils la tirent de la lumière grâce à des cellules solaires qui recouvrent leur surface et récupèrent l'énergie lumineuse. Et le plus cool, c'est que les impulsions de lumière servent aussi à programmer chaque robot individuellement grâce à des identifiants uniques.

Ces petites machines embarquent aussi des capteurs de température capables de détecter des variations d'un tiers de degré Celsius et pour communiquer entre eux, les robots se tortillent, un peu comme la danse des abeilles. En faisant cela, ils peuvent se coordonner en groupe et effectuer des mouvements complexes tous ensemble.

Et le plus dingue dans tout ça c'est leur coût de fabrication. Ça coûte un centime par robot ! Donc c'est top pour de la production en masse car avec cette avancée, vont suivre de nombreuses applications médicales concrètes... Imaginez des robots qu'on injecte dans votre petit corps de victime pour aller délivrer un médicament pile au bon endroit. Ou analyser l'état de vos cellules sans avoir à vous ouvrir le bide. Voire reconnecter des nerfs sectionnés ? On peut tout imagine avec ce nouveau genre de médecine de précision...

Bienvenue dans l'ère des machines microscopiques autonomes mes amis ! Et à un centime pièce la bestiole, j'imagine qu'ils ne vont pas se gêner pour en fabriquer des milliards !

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Le fondateur de Boston Dynamics revient en force avec un robot à roues qui fait des backflips

Vous connaissez Marc Raibert ?

C'est le mec qui a fondé Boston Dynamics, la boîte derrière ces fameux robots qui font flipper tout le monde sur YouTube ( Spot le chien robot , Atlas l'humanoïde qui fait du parkour, Wildcat le chat sauvage ...). Et bien le bonhomme a lancé un nouveau projet avec son RAI Institute , et cette fois c'est un robot à roues qui fait des acrobaties de malade.

Ça s'appelle l'UMV pour Ultra Mobility Vehicle, et l'idée c'est de créer un engin qui "pense" et bouge comme un athlète de haut niveau. Comme vous pouvez le voir sur la vidéo, son inspiration ce sont les riders de vélo trial. Oui oui, ces kamikaze qui font des wheelies sur des escaliers et des backflips sur des rochers. Le but c'est donc de combiner l'efficacité des robots à roues (rapides et économes en énergie) avec les capacités de saut des robots à pattes.

Le robot pèse environ 23 kg et peut mesurer entre 80 cm replié et plus de 1m50 en extension (comme Zemmour quoi). Y'a aussi deux moteurs pour la direction et la vitesse, plus quatre moteurs dédiés aux sauts. Le cadre inférieur est en fibre de carbone pour rester léger, et le haut du robot sert de contrepoids pour les manœuvres agressives. Un peu comme un rider humain qui déplace son poids pour garder l'équilibre.

Et le truc de ouf, c'est que le robot n'a pas été programmé manuellement pour faire des bunny hops ou des flips. Il a tout appris tout seul via du reinforcement learning (apprentissage par renforcement). L'équipe l'a fait s'entraîner dans des millions de simulations sur NVIDIA Isaac Lab, et ensuite ils ont transféré ces apprentissages dans le monde réel. C'est ce qu'ils appellent du "zero-shot transfer" où en gros le robot passe direct de la simulation au monde réel... Débrouille-toi mon grand.

Résultat, l'engin est capable de faire des sauts d'un mètre, des flips avant, des wheelies prolongés, et des bunny hops en continu, le tout en gardant un équilibre parfait grâce à ce qu'ils appellent l'"intelligence athlétique". Alors moi j'ai aucune intelligence athlétique car j'ai été dispensé d'EPS toute ma jeunesse, mais en gros, le robot a développé une compréhension intuitive de la physique de son propre corps, comme un sportif qui sait instinctivement comment répartir son poids.

Pour la suite, l'équipe prévoit d'intégrer de la perception haute performance avec LiDAR et caméras, pour que le robot puisse naviguer de façon autonome en terrain difficile. On est clairement dans l'évolution de ce qu'on appelle l'"embodied AI" c'est à dire des IA qui ont un corps physique et qui apprennent à l'utiliser comme des athlètes.

Bref, si l'apprentissage par renforcement peut maîtriser ce niveau d'équilibre dynamique aujourd'hui, dans combien de temps on aura des humanoïdes qui courent plus vite que nous sur n'importe quel terrain ?? Pfiou, ça va arriver vite et j'espère juste qu'ils n'apprendront pas à ouvrir les portes de nos maisons avant qu'on ait le temps de se barrer. Skynet representzzzz !

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Toyota Walk Me - Le fauteuil roulant robot qui marche comme un crabe

Je pense que comme moi, vous n’avez jamais vu un fauteuil roulant monter des escaliers ? Hé ça va changer en lisant cet article puisque Toyota vient de présenter un truc complètement dingue lors du Japan Mobility Show 2025. Il s’agit d’un fauteuil roulant autonome avec des pattes articulées qui lui permettent de se déplacer comme un crabe.

Le bestiau s’appelle “Walk Me” et c’est pas juste un concept de designer sous acide puisque ce machin dispose de quatre pattes repliables inspirées de la locomotion animale, notamment celle des chèvres, des crabes et des petits vieux chez Auchan le mardi matin à 8h30. Et quand je dis inspirées, c’est pas du bullshit marketing car les ingénieurs de Toyota ont vraiment étudié comment ces animaux se déplaçaient sur des terrains accidentés pour reproduire leurs mouvements.

Concrètement, quand le Walk Me grimpe un escalier, les papattes avant déterminent la hauteur de la marche et tirent la structure vers le haut, pendant que les papattes arrière maintiennent l’équilibre et poussent le corps. C’est fluide, c’est stable, et surtout, contrairement à vous qui ne pouvez rien faire sans votre femme, c’est autonome ! Donc pas besoin de quelqu’un derrière pour vous porter ou vous pousser.

Et pour éviter de se vautrer ou de percuter des obstacles, le Walk Me embarque des capteurs LiDAR et des caméras qui scannent en permanence l’environnement. Le système crée alors une représentation 3D en temps réel de ce qui l’entoure et s’adapte automatiquement comme ça, si un obstacle apparaît (genre un bébé ninja), il s’arrête tout seul !

Et le truc malin, c’est que quand vous n’avez pas besoin des pattes, elles se replient sous le siège, du coup le fauteuil devient suffisamment compact pour rentrer dans un coffre de voiture ou dans vos bagages. Le système peut même se déployer et se stabiliser tout seul sans intervention de l’utilisateur.

Bon, bien sûr, le Walk Me reste un prototype sans date de commercialisation annoncée mais sa présentation au Japan Mobility Show montre que Toyota prend au sérieux la mobilité inclusive. Y’a encore du boulot avant de voir ce genre d’engin dans les rues, mais ça donne quand même un bon aperçu d’un futur où les fauteuils roulants ne seront plus limités par les escaliers, les trottoirs défoncés ou les terrains un peu roots qu’on ne connait que trop bien en France…

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Memo - Le robot qui ne juge pas à quel point vous êtes crado

Et encore un robot qui plie du linge !!!

C’est comme si votre belle-mère avait emménagé chez vous, sauf que celui-là ne vous fera pas de remarques sur votre façon d’organiser le frigo ^^. La startup Sunday vient en effet, de présenter Memo, un robot domestique qui promet de vous libérer des tâches ménagères. En tout cas, avec ce truc, plus besoin de faire des gosses… Mais siii, vous savez ces mini prisonniers que vous utilisez pour vider et remplir vos lave vaisselles et que des cinglés veulent sacrifier afin de donner un sens à leur vie.

Blague à part, Memo est développé par Tony Zhao et Cheng Chi, deux diplômés de Stanford qui ont bossé chez Tesla, DeepMind, Waymo, Meta et Neuralink, s’inscrivant dans la lignée de ces autres robots domestiques innovants . L’équipe compte maintenant 25 ingénieurs et chercheurs et ce robot a été pensé différemment des autres machines du genre.

Au lieu de s’entraîner dans des simulations industrielles ou des labos aseptisés, Memo a appris en observant de vrais humains faire leurs corvées dans plus de 500 foyers réels. Et sa techno clé, c’est le gant breveté “Skill Capture Glove”.

Des volontaires ont porté ce gant pendant qu’ils faisaient leur ménage, et le système a capturé leurs mouvements. Comment ils plient le linge, comment ils rangent les chaussures dans l’entrée, comment ils chargent le lave-vaisselle, comment ils se… euh, pardon, je m’égare. Bref, Sunday a envoyé plus de 2 000 gants à ces “Memory Developers” et a collecté environ 10 millions d’enregistrements de tâches domestiques réelles. D’après eux, c’est l’une des plus grosses bases de données spécialisées pour robots domestiques qui existe !

L’idée de départ c’est que la plupart des robots domestiques sont des adaptations de machines industrielles. Ils fonctionnent bien dans des environnements structurés pour l’occasion, mais ils plantent lamentablement dès qu’ils se retrouvent face au chaos d’une vraie maison. Des chaussettes qui traînent n’importe où, des assiettes empilées n’importe comment, un chat qui passe devant eux au mauvais moment et c’est la catastrophe !

Du coup, grâce à ces millions d’exemples de situations domestiques authentiques, Memo peut gérer ce qu’ils appellent les “tâches à horizon long”. Ce sont des actions en plusieurs étapes où il faut prendre des décisions selon le contexte comme débarrasser une table, remplir et vider un lave-vaisselle, plier du linge, ranger les chaussures qui trainent dans l’entrée, et même préparer un espresso.

Bon après faudra pas lui demander de gérer un ado en crise existentielle qui n’a plus de Wifi, mais c’est déjà pas si mal.

Côté design, comme vous pouvez le voir, Memo ne ressemble pas du tout aux robots humanoïdes qui font des saltos sur scène. Il a une base roulante au lieu de jambes, ce qui lui permet de rester stable même si le courant se coupe. Donc pas de risque qu’il vous tombe dessus pendant votre sieste.

Son torse peut également monter et descendre pour atteindre des objets à différentes hauteurs et visuellement, il a vraiment un air rétrofuturiste assez mignon avec son corps blanc brillant, ses deux bras super longs, et un visage de cartoon avec des grands yeux en boutons… Ah et vous pouvez même lui mettre différentes casquettes de couleur pour lui donner un look west coast.

Ça me rappelle un peu Baymax dans Big Hero 6. Son corps est également recouvert de silicone souple, ce qui le rend plus dodu et rassurant qu’un robot humanoïde classique froid avec son look de T-1000.

La sécurité a été également bien pensée, d’après ce qu’ils expliquent. Memo est en effet conçu pour être “safe” en présence d’enfants. Si un gamin le pousse ou lui rentre dedans, il ne va pas riposter en lui mettant un coup de savate comme Nawell. Et sa stabilité passive fait qu’il ne peut pas tomber brutalement même en cas de coupure de courant, contrairement à un père de famille bourré et violent.

Et concernant la vie privée, Sunday insiste sur le fait que leur méthode d’apprentissage est respectueuse puisque le robot n’a pas besoin de vous filmer en permanence pour apprendre, vu qu’il utilise les données collectées via le fameux gant et sa bibliothèque de compétences en expansion permanente.

Voilà, le programme de bêta-test “ Founding Families ” a ouvert le 19 novembre et ils vont sélectionner 50 familles qui recevront des exemplaires numérotés de Memo avec un support rapproché de l’équipe. JE ME PORTE VOLONTAIRE POUR TESTER CE TRUC !! Et ensuite, le produit final sera commercialisé au plus tôt fin 2026 avec un prix de départ estimé autour de 20 000 dollars. Ouais, c’est pas donné, mais bon, si vous calculez le coût “d’élevage” d’un enfant jusqu’à ce qu’il soit capable de plier une chaussette correctement, vous vous rendrez compte que c’est peut-être pas si cher ^^.

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ToddlerBot - Le robot humanoïde à 4300 $ qui ridiculise les géants de la tech

Voici une info qui risque de faire grincer des dents chez Boston Dynamics et Tesla (ou pas ^^). Un doctorant de Berkeley, du nom de Haochen Shi, a décidé de partager généreusement avec le monde entier les plans d’un robot humanoïde fonctionnel pour seulement 4300 dollars de base. Oui, le prix d’une Nintendo Switch 2 (je rigole ^^) pour un robot bipède capable d’apprendre par lui-même.

Notre petit prodige s’appelle ToddlerBot , il mesure 33 centimètres de haut et possède 17 degrés de liberté. Pour vous donner une idée, c’est largement suffisant pour qu’il puisse marcher, manipuler des objets avec ses bras et effectuer des tâches complexes. Le tout avec des pièces imprimées en 3D et des servomoteurs qu’on trouve sur AliExpress.

Et notre ami Shi n’a pas juste mis en ligne un énième projet de robotique universitaire. Non, le gars a carrément publié l’intégralité du projet en open source sur GitHub sous licence MIT. Les fichiers CAD, le code Python, les schémas électroniques, tout y est. Vous pouvez donc littéralement cloner le repo et commencer à imprimer votre robot ce soir.

Côté hardware, l’architecture repose sur un Jetson Nano ou un Raspberry Pi selon votre budget. Les servomoteurs pour les jambes offrent un couple respectable pour cette échelle, pendant que les bras utilisent des modèles plus légers. Au final, le coût de base est de 4300 $, mais peut varier selon où vous achetez vos composants et les options que vous choisissez.

Mais attendez, le hardware n’est que la moitié de l’histoire. Du côté software, ToddlerBot intègre un système de téléopération complet qui permet de le contrôler à distance pour collecter des données d’entraînement. Cette approche de collecte de données est cruciale pour l’apprentissage par renforcement.

D’ailleurs, par rapport aux autres projets de robots humanoïdes low-cost, ToddlerBot se démarque par sa simplicité d’assemblage. Là où des projets comme Poppy nécessitent des compétences avancées en électronique, ToddlerBot peut être monté relativement facilement avec des outils basiques.

Ce qui change vraiment la donne ici, c’est l’écosystème qui commence à se former autour. Des makers du monde entier partagent déjà leurs modifications… certains ont ajouté des caméras pour la vision par ordinateur, d’autres expérimentent avec des matériaux différents pour les pièces imprimées. Les possibilités de personnalisation sont infinies.

Pour l’entraînement IA, le projet propose des environnements de simulation préconfigurés. Ça rend le transfert sim-to-real, comme disent les chercheurs, accessible au commun des mortels. Vous pouvez donc apprendre à votre robot à marcher, ramasser des objets ou même jouer au foot miniature. Les modèles pré-entraînés sont disponibles, mais rien ne vous empêche de partir de zéro avec vos propres algorithmes d’apprentissage par renforcement.

Un aspect que je trouve particulièrement cool dans ce projet c’est que ToddlerBot est conçu pour être modulaire. Vous voulez des bras plus longs ? Modifiez les fichiers CAD. Besoin de plus de puissance de calcul ? Remplacez le Raspberry Pi par un Jetson Orin. Cette flexibilité transforme chaque robot en plateforme d’expérimentation unique.

Les implications sont énormes car si n’importe qui peut construire un robot humanoïde pour le prix d’une console de jeu, on entre dans une nouvelle ère de la robotique. Fini le monopole des labos universitaires, des millionnaires et des géants de la tech. Bien sûr, il faut quand même des compétences techniques pour exploiter pleinement le potentiel du projet, mais la barrière d’entrée n’a jamais été aussi basse.

Et ce côté DIY ajoute une dimension émotionnelle qu’on ne retrouve pas avec un produit commercial. C’est votre création, votre code, vos améliorations.

Alors vous voulez vous lancer, commencez par commander les servomoteurs (comptez 3-4 semaines de livraison depuis la Chine) et pendant ce temps, imprimez les pièces et familiarisez-vous avec le code. La documentation du projet est bien faite et la communauté est vraiment accueillante avec les débutants.

N’empêche, un robot humanoïde fonctionnel à imprimer en 3D… Qui l’aurait cru ?

Course de robot DIY - Saint-Brock Robot Race

Le 29 mars 2025 à Saint-Brieuc, pour la deuxième année, une course de robot mobile autonome sera organisée par Mace Robotics & Saint-Brieuc Factory. Pour cette deuxième édition, venez avec votre robot DIY et participez à cette course de vitesse.

Des robots pourront aussi être prêtés si nécessaire pour l’événement (utilisation de robot MR-Pico basé sur une carte Raspberry Pi Pico, avec logiciel sous licence MIT et matériel sous CC-BY-SA, sources).

    Cette course est ouverte aux particuliers, associations, étudiants, geeks, entreprises, …

    Règlement :

    • Robot 100 % autonome et se déplacer avec des roues, pattes ou chenilles.
    • Poids total du robot : 500 g maximum avec la batterie incluse
    • Dimensions max du robot (100x100x100 mm)

    Affiche

    La participation à cette course est gratuite.

    Photo de l'édition 2023 :

    Photo de l'édition 2023

    Informations & inscriptions

    Lieu : 22000 Saint-Brieuc (Saint-brieuc-factory – Quai Armez)

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    OpenCat – Le framework open source des animaux de compagnie robotiques

    Aujourd’hui, j’aimerai vous parler OpenCat, un framework open source qui va vous aider à créer vos propres robots animaux de compagnie, c’est à dire des quadrupèdes hyper réalistes et Ô surprise parfaitement abordables. Pour cela, OpenCat permet de piloter des servomoteurs haute performance utilisés comme articulations, une structure de corps optimisée et des contrôleurs low-cost comme Arduino, ESP32 ou Raspberry Pi.

    Vous pouvez également ajouter plein de modules trop cools comme une caméra intelligente, des capteurs IoT ou encore une commande vocale. Avec le code de contrôle open source hyper efficace, vos robots vont littéralement prendre vie !

    OpenCat, c’est pas non plus juste un délire de geek barbu puisque ça a déjà été déployé sur des robots commerciaux comme le chat Nybble et le chien Bittle de Petoi. Ces petites merveilles de technologie peuvent courir, marcher et même s’auto-équilibrer comme de vrais animaux.

    Les créateurs d’OpenCat partagent tout ça en open source pour une bonne raison : Ils veulent favoriser la collaboration dans le développement de la robotique, de l’IoT et de l’IA sur des robots quadrupèdes abordables. Ils veulent également diffuser des ressources éducatives sur la robotique au plus grand nombre et inspirer les étudiants, les ados et même les enfants. C’est beau quand même !

    Bref, si vous aussi vous rêvez de construire vos propres robots animaux de compagnie, foncez sur OpenCat ! C’est le moment de mettre les mains dans le cambouis, d’apprendre en s’amusant et de participer à cette aventure.

    RaspRover – Le kit robot 4×4 pour Raspberry Pi 4 et 5

    Vous rêvez de vous initier au monde de la robotique et de l’intelligence artificielle ?

    Ca tombe bien puisque ce kit RaspRover va vous permettre de réaliser ce doux rêve ! Ce petit robot 4×4 hyper versatile est le compagnon idéal pour partir à l’aventure car il embarque un Raspberry Pi dernière génération (modèles 4 ou 5) ce qui va vous permettre de laisser libre cours à votre créativité en le programmant vous-même.

    Et pas besoin d’être un crack en informatique pour dompter ce robot puisque tout est pensé pour faciliter sa prise en main. En effet, sous le capot, vous trouverez un double contrôleur avec d’un côté le Raspberry Pi qui gère les fonctions IA de haut niveau pendant que de l’autre, un microcontrôleur se charge des opérations basiques à haute fréquence. Comme ça, chaque action que vous lui demandez est précise et fluide.

    Côté perception, le RaspRover a du flair grâce à sa caméra mobile grand angle qui lui offre une vision périphérique à 160°. Couplée à l’IA de reconnaissance d’images de OpenCV, cette caméra détecte et piste les visages ou les objets. Bref, de quoi lui permettre d’interagir avec son environnement sans souci.

    Et ce n’est pas tout puisqu’il dispose d’une panoplie de capteurs (IMU 9 axes, télémètre laser…) qui décuplent ses talents : cartographie, évitement d’obstacles, localisation précise… et son architecture modulaire et ses nombreuses interfaces (GPIO, USB, I2C, UART…) lui permettent d’accueillir une foule d’accessoires : bras robotique, capteurs environnementaux, module 4G/5G… De quoi l’adapter à une infinité de scénarios comme de l’agriculture de précision, l’inspection de sites industriels, de la télé-surveillance, pour l’éducation, la recherche…

    Et bien sûr, il carbure à l’open source ce qui veut dire que vous pouvez personnaliser son code et ajouter vos propres fonctionnalités. De plus, grâce au protocole ESP-NOW, plusieurs RaspRover peuvent même communiquer et collaborer entre eux ! Imaginez l’escouade de robots que vous allez pouvoir programmer avec ce truc.

    Si ça vous dit, y’a un super Wiki qui vous explique comment monter et programmer tout ça.

    Unitree G1 – Le robot humanoïde à tout faire pour 16 000$

    Unitree, le fabricant chinois de robots bien connu (sauf par moi visiblement) pour ses quadrupèdes comme le Go2 et le B2, nous réserve une sacrée surprise avec son nouveau robot humanoïde baptisé G1. Et apparemment, ce n’est pas un gadget de geek.

    Avec un prix de départ à 16 000 $, le G1 est une « affaire intéressante » comparé à d’autres robots humanoïdes comme l’Atlas de Boston Dynamics (qui coûte bien plus cher). Ce qui frappe d’emblée quand on regarde la vidéo, c’est la flexibilité hallucinante de ce robot. Grâce à ses 23 degrés de liberté dans les articulations, il peut bouger dans tous les sens, bien au-delà des capacités humaines. C’est un peu flippant ^^. Il peut même se plier pour se ranger facilement dans un coin.

    Mais ce n’est pas qu’un contorsionniste en manque de reconnaissance. C’est aussi un sacré costaud avec ses 35kg (ou 47 kg… les infos divergent…) et sa vitesse de déplacement de 2 m/s. Ses moteurs délivrent jusqu’à 120 Nm de couple, de quoi soulever des charges d’environ 3 kg avec ses petits bras. Et avec sa batterie de 9000 mAh, il peut tenir environ 2 heures sur une seule charge (sur le papier). Bref, de quoi l’utiliser pour divers travaux sans craindre qu’il tombe à plat trop vite.

    Côté look, Unitree a joué la carte du robot futuriste avec son casque aux allures de Daft Punk et son visage illuminé qui cache des capteurs 3D LiDAR et une caméra de profondeur. Mais ce sont surtout ses mains robotiques à trois doigts qui impressionnent le plus. Elles lui permettent d’attraper et de manipuler des objets avec une précision et une dextérité bluffantes.

    Ce robot apprend aussi en permanence grâce à des techniques d’imitation et d’apprentissage par renforcement. Il peut simuler les mouvements humains et acquérir de nouvelles compétences au fur et à mesure. Son cerveau embarque 8 cœurs haute performance pour un traitement ultra-rapide des informations. Et avec le WiFi 6 et le Bluetooth 5.2, il est hyper connecté ! Pour ceux qui cherchent à le développer davantage, le modèle G1 EDU inclut même en option le module de calcul haute performance NVIDIA Jetson Orin.

    Alors Terminator en devenir ou pas ? Bien qu’il puisse encaisser des coups, il reste très docile. Enfin, pour l’instant… Car Unitree prévoit de l’entraîner dans des environnements simulés pour muscler encore plus son IA.

    Bref, ce G1 de Unitree apporte un peu de fraicheur, surtout qu’à ce prix, ça commence à devenir accessible pour le commun des friqués. Certaines de ses fonctionnalités impressionnantes sont encore en développement, mais avec le rythme auquel avancent les technologies robotiques, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne devienne encore plus polyvalent et sache se rendre indispensable.

    Bref, pour en savoir plus, rendez vous sur le site Unitree.

    Perso, je me porte volontaire pour le tester.

    Source

    Exolegend #2 – Plongez au coeur de la robotique avec le hackathon d’Exotec

    — Article en partenariat avec Exotec —

    Il y a 10 jours, j’ai eu l’immense plaisir d’assister à l’annonce d’Exolegend #2 pour faire un petit reportage et découvrir cet événement unique en son genre. Exolegend, initié par Exotec, est un hackathon de programmation robotique qui se tiendra du 16 au 18 février à Lille, au BTWIN Village.

    Vous vous en doutez, ce n’est pas un simple événement, mais une expérience immersive où les participants vont devoir relever le défi de programmer des robots qui devront évoluer dans un labyrinthe et combattre leurs pairs.

    Pour la petite histoire, Exotec est une société qui conçoit des systèmes automatisés pour les usines et les entrepôts. Ils développent notamment le Skypod, un robot qui permet aux entreprises d’automatiser toute la gestion logistique dans leurs entrepôts.

    Ce robot, déjà adopté par Décathlon, Carrefour, Geodis…etc, est capable de transporter jusqu’à 30kg de marchandises en vue de préparer des commandes, atteignant des vitesses allant jusqu’à 4 mètres par seconde et accédant à n’importe quelle produit référencé en moins de 2 minutes. Il est également très agile et capable de se déplacer en trois dimensions (oui, il grimpe jusqu’à 12 mètres de haut) sans nécessiter la mise en place d’infrastructure complexe.

    L’objectif d’Exolegend est de faire connaitre leur savoir faire mais également recruter les ingénieurs les plus talentueux. Le programme de cette édition 2024 est plutôt captivant, vous allez voir. Les participants à ce hackathon n’ont pas besoin d’être déjà experts en robotique et auront à leur disposition un simulateur ainsi que des robots prêts à l’emploi. Et leur défi sera de programmer ces robots en C++ pour relever différentes missions dans les thématiques suivantes :

    1. Conquête de territoire : Les participants devront utiliser 2 robots pour recouvrir le maximum de cases de l’arène avec de la peinture jaune ou bleue.
    2. Navigation et stratégie : Dans celle-ci, il s’agit de guider les robots à travers l’arène, en évitant les obstacles et en déployant des tactiques efficaces pour dominer au maximum l’espace.
    3. Défense et attaque : Les équipes devront protéger leurs propres robots tout en attaquant les adversaires, notamment en faisant exploser le ballon accroché sur les robots.
    4. Temps limité et terrain rétrécissant : Les matchs durent 120 secondes, et le labyrinthe rétrécit régulièrement. Le but est de gagner en couvrant le plus grand territoire et en éliminant le plus grand nombre d’ennemis.

    L’événement rassemblera 50 équipes, guidées par 60 experts d’Exotec, prêtes à concourir dans une arène simulée et quatre arènes réelles. Les meilleurs participants se verront récompensés par des prix attractifs, notamment du coaching et des drones de la marque DJI.

    Ce hackathon est ouvert à tous, que l’on s’inscrive seul ou en équipe, et il ne requiert pas de frais d’inscription. Les inscriptions sont closes cette année avec plus de 150 participants mais le public est le bienvenu au Btwin Village de Lille le dimanche 18 février de 9h à 16h pour assister aux finales et découvrir le pilotage de robots.

    Vous trouverez toutes les informations sur Exolegend ici.

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