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Le pilote open-source Vulkan pour AMD “RADV” de chez Mesa bientôt disponible sous Windows ?

Nous en avions parlé en mars dans l’article « AMD mise tout sur RADV » : Maintenant qu’AMD a remplacé son pilote graphique AMDVLK sous Linux par le pilote RADV de chez Mesa, il est techniquement possible de faire de même sous Windows, unifiant les solutions graphiques sur un pilote libre quel que soit le système…

RADV est le pilote graphique libre fournissant la prise en charge de l’accélération 3D via Vulkan sous Linux. Il est développé communautairement chez Mesa.

Et cette fois-ci, c’est Valve qui mise tout sur RADV : l’éditeur de la plate-forme de jeu vidéo Steam finance des travaux explorant la faisabilité de RADV sous Windows !

Logo LinuxFr automnal près de la puce NAVI 31 XT sur une carte Radeon RX 7900 XT
L’automne arrive, mettons nos cartes graphiques AMD bien au chaud auprès de nos pilotes libres…

Cette dépêche est aussi l’occasion de détailler l’implication de Valve dans Mesa ainsi que la présence grandissante de Mesa dans le marché des pilotes graphiques, qui s’étend désormais bien au-delà de Linux !

Sommaire

Pour simplifier la rédaction et la lecture, cette dépêche fait le choix éditorial d’appeler « pilote graphique » un pilote qui implémente des interfaces de programmation graphique (Vulkan, DirectX, OpenGL, etc.), et pas seulement un pilote impliqué dans le pilotage d’une carte graphique. Ainsi l’expression « pilote graphique » est utilisée pour être distinguée du « pilote noyau » (ou KMD, Kernel Mode Driver) qui s’interface directement avec le matériel mais ne fournit pas d’interface de programmation graphique comme Vulkan et les autres.

Vulkan, la solution graphique multiplateforme

Vulkan est une API graphique multiplateforme utilisée pour accélérer des applications graphiques comme des jeux vidéo, les effets de composition de votre bureau, des applications de rendu 3D comme Blender, ou encore pour accélérer le calcul (Vulkan compute peut faire tourner des moteurs de LLM sur votre machine, par exemple).

RADV, le pilote Vulkan libre pour carte AMD de chez Mesa

À l’origine, le pilote Vulkan maison de chez AMD était AMDVLK, il était utilisé sous Linux et sous Windows. Initialement propriétaire, la version Linux avait été ensuite libérée.

Mais si vous utilisez Vulkan sous Linux, vous utilisez RADV, pas AMDVLK. Que s’est-il donc passé ?

RADV, le pilote qui s’impatientait d’AMD

En 2016, s’impatientant de cette libération promise qui ne venait pas encore, David Airlie — contributeur à Mesa — avait initié avec Bas Nieuwenhuizen le projet RADV, un compétiteur pour AMDVLK. Phoronix décrivait la situation ainsi en 2016 :

Plusieurs mois avant même la publication officielle de la spécification Vulkan, AMD avait annoncé qu’ils lanceraient dans un premier temps un pilote Linux Vulkan à code source fermé, qui serait ensuite ouvert. Plus de six mois se sont écoulés depuis la sortie de Vulkan 1.0, mais ce pilote Linux Vulkan n'a toujours pas été libéré, et AMD n'a pas non plus indiqué quand cette mise à disposition du code pourrait effectivement avoir lieu.

En l'absence de pilote Radeon Vulkan open source, David Airlie et Bas Nieuwenhuizen ont entrepris de développer leur propre pilote Radeon Vulkan « communautaire », au moins à titre de solution provisoire et éventuellement pour faire pression sur AMD afin qu’ils publient leur pilote Vulkan officiel. Bas Nieuwenhuizen est un contributeur indépendant, tandis que David Airlie est le responsable du sous-système DRM et un développeur chez Red Hat qui participe depuis longtemps aux efforts de développement de pilotes Linux AMD/ATI open source.
-- https://www.phoronix.com/review/radeon-vulkan-radv (30/08/2016)

David avait écrit à l’époque sur son blog :

J'attendais qu'un pilote open source fasse son apparition quand je me suis rendu compte que je ferais mieux de le développer moi-même. Après en avoir discuté avec Bas, nous avons décidé de voir jusqu'où nous pouvions aller.
-- https://airlied.livejournal.com/81460.html (20/07/2016)

RADV vient de souffler sa 10ème bougie, et RADV a remplacé AMDVLK sous Linux et s’attaque désormais à Windows…

RADV, le pilote qui a déjà remplacé AMDVLK sous Linux

Comme rapporté dans la précédente dépêche « La pile graphique d’AMD sous Linux est désormais complètement libre », AMD avait annoncé le 21 mai 2025 que la version 25.10.1 de la suite Radeon Software for Linux serait la dernière à livrer des composants logiciels propriétaires. À l’époque AMD avait dit que « le pilote Vulkan de Mesa », (et donc, RADV) « sera officiellement pris en charge », et qu’ils abandonnaient les « pilotes OpenGL et Vulkan propriétaires ». On pouvait alors se demander ce qui adviendrait d’AMDVLK, si « le pilote propriétaire » devait s’entendre au sens de « le pilote à code fermé », ou dans le sens de « le pilote de chez AMD ».

L’histoire a montré que RADV a totalement remplacé AMDVLK sous Linux.

RADV à l’attaque de Windows

Grâce au travail préliminaire de Collabora et aux investissements de Valve pour poursuivre ces efforts, RADV pourrait bientôt être disponible sous Windows…

L’expérimentation de Faith Ekstrand

En juillet 2024 Faith Ekstrand avait proposé une requête de fusion à Mesa pour porter le pilote RADV sous Windows. Faith est un développeur de chez Collabora.

Quelques mois plus tard en octobre 2024 Faith Ekstrand avait présenté l’avancement de son travail lors de sa conférence « A little Windows with your Mesa » [pdf] lors de l’XDC (X.Org Developer's Conference). Une démonstration technique montrant une démo Vulkan tourner sous Windows 11 avec RADV avait été présentée.

Il s’agissait donc de faire fonctionner RADV sur WDDM (Windows Driver Display Model) au lieu du DRM (Direct Rendering Manager) de Linux.

Ce n’était qu’une démonstration, le code n’a jamais été fusionné dans Mesa, et la discussion n’avait pas bougé depuis. Cela prouvait pourtant que oui, cela était tout à fait faisable, et que si AMD le souhaitait, il leur suffisait de contracter avec Collabora.

La confirmation de Louis-Francis Ratté-Boulianne

C’est ce que vient de faire… non pas AMD, mais Valve, l’éditeur de la plate-forme de jeu vidéo Steam.

Comme le rapporte Phoronix :

Valve finance des ingénieurs de Collabora pour mener des travaux exploratoires préliminaires visant à porter le pilote open source Radeon Vulkan « RADV » sous Microsoft Windows.
-- https://www.phoronix.com/news/Valve-Sponsors-RADV-Windows (29/07/2026)

Le développeur Louis-Francis Ratté-Boulianne a rendu public ces travaux préliminaires dans un article sur le blog de Collabora intitulé « Cracking Windows Open: Porting RADV to WIN32 », Ouvrir une brèche vers Windows : porter RADV sur WIN32.

Louis-Francis précise que cette nouvelle expérimentation est fondée sur le travail déjà réalisé par Faith en 2024. Le projet est désormais à un niveau d’avancement élevé : le jeu Counter-Strike 2 (distribué, édité et développé par Valve) tourne déjà !

Une alternative à Dozen

Dozen (aussi connu comme VulkanOn12 chez Microsoft) est un pilote Mesa implémentant Vulkan sur DX12 (DirectX 12). Il est donc déjà possible d’utiliser un pilote libre Vulkan sous Windows, mais il est moins avancé que RADV, et il requiert le pilote propriétaire DX12 de la carte graphique, donc ici le pilote d’AMD. RADV s’interface directement avec le pilote noyau AMD sans intermédiaire graphique, permettant de bénéficier de tous les avantages de RADV déjà disponible sous Linux, dès lors que ce pilote Windows implémente des interfaces compatibles, sans dépendre des interfaces DX12 (contrôlées par Microsoft) ou du niveau d’implémentation du pilote DX12 d’AMD.

Le niveau de libération de la pile Vulkan sur AMD sous Windows peut donc être comparé ainsi :

Implémentation RADV Dozen AMDVLK
Vulkan libre libre propriétaire
Intermédiaire (DX12) propriétaire
Pilote noyau (KMD) propriétaire propriétaire propriétaire

L’implication de Valve dans RADV et Mesa

David Airlie et Bas Nieuwenhuizen ne sont pas les seules personnes ayant travaillé ou travaillant sur RADV, Samuel Pitoiset en est aussi un développeur incontournable. Samuel Pitoiset a été embauché par Valve en 2015 et est membre de la « Valve Linux driver team ». Samuel était en 2024 et en 2025 le plus gros contributeur Mesa (7.87% des commits de l’année en 2024, 6.78% en 2025).

Samuel participe aussi au développement d’ACO (Amd COmpiler), le compilateur de shader (code qui s’exécute sur la carte graphique. Principalement développé par Daniel Schürmann, le compilateur ACO a remplacé LLVM dans RADV (pilote Vulkan), et petit-à-petit, a aussi remplacé LLVM dans RadeonSI (pilote OpenGL) et dans RustiCL (pilote OpenCL). Daniel a été recruté par Valve en 2019.

Valve est un contributeur majeur de Mesa, finançant le travail de très nombreux développeurs. Il est difficile de suivre la carrière de chacun mais voici rassemblées quelques informations glanées ici ou là :

Contributeur Mesa Relation avec Valve Période documentée Spécialité Références
Samuel Pitoiset Emploi 2016 → aujourd’hui RADV, ACO, NIR 1 2 3
Andres Rodriguez Emploi au moins 2016 RADV, RadeonSI, AMDGPU, DRM 1 2 3
Keith Packard Contrat (Indépendant) au moins 2017 → 2018 RADV, ANV, DRM, affichage 1 2
Pierre-Loup Griffais Emploi au moins 2017 → aujourd’hui RADV, Vulkan, Proton, Steam 1 2 3
Timothy Arceri Emploi 2017 → période ultérieure RadeonSI, GLSL, OpenGL 1 2
Connor Abbott Emploi 2017 → période ultérieure NIR, compilation, RADV, Turnip 1 2 3
Daniel Schürmann Contrat (Indépendant) 2018 → au moins 2025 ACO, RADV, NIR 1 2 3
Tony Wasserka Emploi 2020 → au moins 2024 RADV, Vulkan 1 2
Martin Roukala Contrat (Indépendant) 2020 → aujourd’hui Mesa CI, tests, infrastructure 1 2 3
Hans-Kristian Arntzen Contrat (Indépendant) au moins 2020 → aujourd’hui RADV, Vulkan, VKD3D-Proton 1 2 3
Andrés Gómez Sous-traitance (Igalia) au moins 2020 → au moins 2021 Mesa CI, RADV, ANV, DXVK 1 2
Timur Kristóf Contrat (Indépendant) au moins 2021 → aujourd’hui RADV, ACO, NIR 1 2
Natalie Vock Contrat (Indépendant) 2022 → aujourd’hui RADV, ACO, NIR, ray tracing 1 2 3 4
Charlie Turner Sous-traitance (Igalia) au moins 2022 Mesa CI, tests, RADV, ANV 1 2
Dhruv Mark Collins Sous-traitance (Igalia) 2022 → aujourd’hui Turnip, Adreno, Vulkan 1 2
Robin Kertels Contrat (Indépendant) au moins 2022 → aujourd’hui KosmicKrisp, Vulkan, DXVK 1 2 3
Alyssa Rosenzweig Contrat (Indépendant) 2023 → 2024 Panfrost, PanVK, AGX, NIR, compilation 1 2 3 4
Rhys Perry Contrat (Indépendant) au moins 2024 → 2026 RADV, ACO, NIR, ray tracing 1 2 3
Mike Blumenkrantz Contrat (Indépendant) au moins 2024 → aujourd’hui Zink, RADV, Vulkan, infrastructure 1 2 3
Anna Maniscalco Emploi au moins 2024 → aujourd’hui Turnip, Vulkan, Adreno 1 2 3
Mary Guillemard Contrat (Indépendant) 2025 → aujourd’hui NVK, Vulkan, pilotes NVIDIA 1
Thomas Andersen Contrat (Indépendant) au moins 2025 → aujourd’hui NVK, Vulkan, NVIDIA 1 2
Danylo Piliaiev Sous-traitance (Igalia) au moins 2025 → aujourd’hui Turnip, Adreno, Vulkan 1
Job Noorman Sous-traitance (Igalia) au moins 2025 → aujourd’hui Turnip, NIR, compilateur 1
Autumn Ashton Emploi au moins 2025 → aujourd’hui NVK, RADV, Vulkan, DXVK, VKD3D-Proton 1 2 3
Marek Olšák Emploi 2026 → aujourd’hui RadeonSI, Gallium3D, RADV 1 2
Louis-Francis Ratté-Boulianne Sous-traitance (Collabora) au moins 2026 → aujourd’hui RADV, Vulkan, WDDM 1 2

La liste est très certainement incomplète, car d’autres personnes comme Louis-Francis Ratté-Boulianne peuvent travailler sur des missions de Valve sans travailler directement pour Valve. Ces personnes travaillent pour d’autres entités intermédiaires comme Collabora ou Igalia et les relations et le détail des missions ne sont pas forcément publiques ou faciles à trouver.

Dans cette table, la période documentée tente de retranscrire les périodes de contrat. Par exemple il est connu que Charlie Turner a travaillé pour Valve sur la CI (Intégration Continue) de Mesa en 2022 et nous savons aussi qu’il travaillait déjà sur ce même projet en 2021 sans qu’il soit évident si c’était déjà à la demande de Valve ou non.

Igalia et Collabora sont des sous-traitants et intégrateurs spécialisés dans le développement de solutions libres (pas seulement graphiques).

Mesa part conquérir le monde

Si un même pilote Vulkan peut fonctionner à la fois sur Linux et Windows, d’autres pilotes pour d’autres API ou d’autres matériels peuvent-ils suivre le même chemin ?

Et pour OpenGL sous Windows ?

Il est déjà possible d’utiliser une solution Mesa pour OpenGL sous Windows, grâce au pilote GLON12 développé par Microsoft chez Mesa. GLON12 convertit à la volée les appels OpenGL vers la solution propriétaire DirectX 12, et l’on peut déjà tester cette solution grâce à pal100 qui empaquette ces pilotes pour Windows. Cela dit, c’est fragile. La rédaction a testé, et les versions actuelles ont des bugs d’affichage assez sérieux (au moins avec le pilote propriétaire AMD sous-jacent), il faut remonter à 2024 pour avoir un rendu correct.

Il existe aussi chez Mesa le pilote Zink traduisant les appels OpenGL vers Vulkan, et donc jusqu’à maintenant, vers AMDVLK sous Windows. Mais si RADV devenait une solution sérieuse sous Windows, alors Mesa pourrait fournir OpenGL sous Windows en prenant en charge toute la pile d’exécution depuis OpenGL, s’arrêtant seulement à la limite du pilote noyau Windows, sans aucun logiciel intermédiaire tiers.

Et DirectX 12 dans tout ça ?

Là encore, RADV sous Windows permettrait aussi d’utiliser une solution libre pour DirectX ! Il existe plusieurs pilotes DirectX écrits pour convertir les appels Direct3D vers Vulkan initialement développés pour être exécutés dans Wine ou Proton sous Linux. Ces pilotes DirectX sont donc déjà écrits pour tourner dans un environnement Windows. Bien qu’ils soient moins testés sur un véritable Windows que dans un environnement Wine, ils existent. RADV serait la dernière brique pour court-circuiter entièrement les pilotes propriétaires graphiques sous Windows.

La couche la plus basse, le pilote noyau AMD, resterait propriétaire.

Tout ce qui tourne sur RADV

Voici ce qui est déjà faisable sous Linux, et ce qui serait bientôt réalisable sous Windows :

API Solution possible Windows (aussi possible sous Linux)
Vulkan RADV
OpenGL Zink sur RADV
Direct3D 12 vkd3d sur RADV
Direct3D 9 à 11 DXVK sur RADV
Direct3D 8 D3D8-to-D3D9 sur DXVK sur RADV
OpenCL RustiCL Zink sur RADV

Pour OpenGL et OpenCL utiliser Zink sur RADV n’est pas la solution recommandée sous Linux (mieux vaut utiliser RadeonSI et RustiCL), mais techniquement ça marche, c’est pourquoi on sait que ça pourrait aussi marcher sous Windows.

Donc grâce à Zink, Mesa pourrait fournir OpenGL sur les systèmes qui auraient RADV mais pas RadeonSI. De même pour OpenCL.

Voici un tableau plus général des opportunités que propose ou pourrait proposer l’écosystème libre (si RADV sur Windows devient viable) :

API Solution recommandée Linux Solution possible Windows et Linux Autre solution possible Windows
Vulkan Mesa RADV Mesa RADV Mesa Dozen (VulkanOn12)
OpenGL Mesa Gallium3D avec Mesa RadeonSI Mesa Zink sur Mesa RADV Mesa GLON12 (OpenGLOn12)
Direct3D 12 vkd3d sur Mesa RADV vkd3d sur Mesa RADV vkd3d sur Mesa Dozen
Direct3D 9 à 11 DXVK sur Mesa RADV DXVK sur Mesa RADV DXVK sur Mesa Dozen
Direct3D 8 D3D8-to-D3D9 sur DXVK sur Mesa RADV D3D8-to-D3D9 sur DXVK sur Mesa RADV D3D8-to-D3D9 sur DXVK sur Mesa Dozen
OpenCL Mesa RustiCL avec Mesa RadeonSI Mesa RustiCL avec Mesa Zink sur Mesa RADV Microsoft OpenCLOn12 avec Mesa CLOn12Compiler

Et pour Vulkan sur macOS ?

Valve est d’abord une plate-forme de vente de jeux vidéo. Ce qui leur importe le plus, c’est que vous puissiez leur acheter des jeux (développés par eux ou par n’importe qui). À ce titre, il importe à Valve que le maximum de jeux fonctionne sur votre machine, quelle que soit votre machine. Valve peut donc, si nécessaire, décider de fournir à ses utilisateurs ses propres pilotes, distribués avec Steam.

En participant au développement de RADV sous Linux et Windows, Valve se donne le pouvoir de contrôler la qualité de la pile logicielle d’exécution des jeux qu’ils vendent, jusqu’au pilote graphique inclus.

Pour macOS, la solution n’est pas à voir du côté de RADV (les derniers macs n’ont plus de cartes graphiques AMD de toute façon), mais du côté de MolktenVK et KosmicKrisp, des pilotes libres convertissant les appels Vulkan vers l’API Metal de macOS.

Sur macOS Vulkan est déjà disponible grâce à MoltenVK, une implémentation propriétaire traduisant Vulkan pour l’API Metal de macOS. Valve a investi dans MoltenVK. Cela permet par exemple à Valve de faire tourner leur jeu Dota2 sur macOS et pouvoir continuer à le vendre aux utilisateurs de macOS sans se soucier de l’obsolétisation d’OpenGL sur macOS par Apple. Valve avait poussé à ce que MoltenVK soit libéré, ce qui fut fait en 2018 grâce à un travail conjoint de Valve, de The Brenwill Workshop (la société à l’origine de MoltenVK), LunarG et Khronos. LunarG est un autre sous-traitant spécialisé dans les solutions graphiques et Vulkan libres. Khronos est le consortium à but non lucratif définissant le standard Vulkan. Le code source de MoltenVK est hébergé par Khronos directement.

KosmicKrisp est lui un pilote Mesa qui fait de même (convertir Vulkan vers Metal) mais de façon intimement spécialisée pour les puces AGX que l’on trouve dans les ordinateurs Apple M1, M2, etc. (aussi appelé « Apple Silicon »).

Et pour Intel et Nvidia sous Linux et Windows ?

Pour les utilisateurs Linux utilisant une carte Intel ou Nvidia, il y a déjà chez Mesa le pilote Vulkan officiel ANV développé par Intel, et le pilote expérimental NVK pour Nvidia. Il y a des connexions : Faith Ekstrand avait initié NVK chez Collabora et Collabora est connu pour travailler avec Valve… RADV pour AMD avait été initié en réutilisant du code d’ANV d’Intel… Tout cet écosystème est tissé de liens profonds que ce soit en termes de relations personnelles ou de mutualisation de code.

Pour les utilisateurs Windows utilisant une carte Intel ou Nvidia, rien n’est à l’horizon du côté de chez Mesa, excepté Dozen. Il faut donc utiliser les pilotes graphiques propriétaires de chez Intel et Nvidia (que ce soit le pilote Vulkan propriétaire directement, ou le pilote DX12 propriétaire comme sous-couche à Dozen). La situation est donc pour le moment la même qu’avec AMD sous Windows jusqu’à ce que RADV devienne utilisable pour le grand public.

Mesa prend le contrôle des pilotes Vulkan

Si on se concentre uniquement sur l’API Vulkan, voici ce que pourrait proposer l’écosystème libre dans un futur proche :

Système Matériel AMD Matériel Intel Matériel Nvidia Matériel Apple
Linux Mesa RADV Mesa ANV Mesa NVK Mesa Asahi
Windows Mesa RADV Mesa Dozen Mesa Dozen
macOS Khronos MoltenVK Khronos MoltenVK Khronos MoltenVK Mesa KosmicKrisp

C’est une très bonne nouvelle. Vulkan avait été conçue pour devenir « l’API graphique universelle », sauf qu’au final le marché était resté très divisé : DX12 sur Windows, Metal sur macOS, Vulkan ailleurs (et ne parlons même pas des consoles…). La présence de Vulkan sous Windows dépendant entièrement du bon-vouloir des fabricants de carte graphiques, et ni Apple ni les fabricants de carte graphiques n’ont jamais développé un pilote Vulkan pour macOS…

Pour un distributeur de jeu vidéo comme Valve c’est excellent : ça signifie que si nécessaire, le jeu peut être distribué avec RADV sur Windows et Linux pour les utilisateurs de cartes graphiques AMD, et MoltenVK ou KosmicKrisp sur macOS afin de fournir une expérience Vulkan finement contrôlée, et autres combinaisons sus-mentionnées. Cela permet de contrôler et donc d’assurer au maximum la compatibilité d’un jeu.

Pour les développeurs et éditeurs de jeu, le bénéfice est le même. Si nécessaire, il devient possible d’indiquer au distributeur un pilote libre à intégrer avec le jeu.

Pour le joueur, il peut utiliser lui-même une autre option s’il la préfère ou en a besoin.

Ainsi, que ce soit avec des solutions propriétaires ou libre, Vulkan est déjà disponible quasiment partout, et le devient désormais encore plus souvent sous forme de pilote libre, grâce à Khronos et Mesa.

  • Dis Mesa, tu veux faire quoi cette nuit ?
  • La même chose que chaque nuit, Vulkan, tenter de conquérir le MONDE !

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Une Radeon de 2007 fait tourner la PS3 (mal, mais elle tourne)

La carte graphique minimum dont on a besoin pour émuler une PS3 est sortie... après la PS3. C'est AniLeo et kd-11, de l'équipe RPCS3 , qui viennent de descendre le minimum officiel de l'émulateur à la Radeon HD 2900 XT, sortie en mai 2007. La PS3, elle, arrivait en France en mars de la même année.

Certes, c'est moins de deux mois d'écart mais pour émuler une console, en général, on a besoin de matériel largement postérieur.

RPCS3 accepte donc maintenant les Radeon HD 2000, 3000 et 4000, la première génération TeraScale d'ATi. Le plancher précédent, c'était la HD 5550. Deux conditions quand même : ça ne marche que sous Linux, avec le pilote libre Mesa r600. Windows reste dehors, le vieux pilote d'AMD étant trop bancal pour l'émulateur.

Maintenant, ce qui bloquait vraiment n'était pas la puissance. L'émulateur tenait pour acquis que toutes les cartes qu'il supporte savent faire un certain type d'écriture en mémoire. Ces vieilles Radeon ne savent pas, et personne n'avait prévu le cas, alors l'affichage plantait dès le démarrage, sur un pointeur nul... snif. Le correctif consiste donc à vérifier si la carte sait le faire, et à s'en passer quand ce n'est pas le cas. Et voilà, une pull request plus tard et c'était du tout bon pour la Radeon HD 2900 XT !

Reste que la plus musclée de ces vieilles puces, la HD 4890 de 2009 avec son gigaoctet de mémoire, donne des résultats à géométrie très variable. Sur les captures de l'équipe, OutRun Online Arcade tourne entre 52 et 59 fps, et Metal Gear Solid HD Collection oscille entre 45 et 60 selon la densité de la scène. Jusque-là, ça va.

Par contre, la démo de FIFA 08 tombe à 15 fps, et le jeu Rain à 15 aussi, et là c'est la cata. Cette HD 4890 est pourtant plusieurs fois plus puissante que le RSX, la puce graphique de la PS3, mais ça ne suffit pas, parce que l'émulateur lui refile du boulot que la console ne lui demandait pas, comme décoder les textures à la place du processeur. Et surtout, parce que la mémoire n'est pas rangée pareil.

Sur PS3, la mémoire vidéo et la mémoire système sont bien deux réservoirs séparés, sauf que les jeux ont le droit de piocher directement dans les deux. Tout est à portée de main. Sur PC, les deux sont vraiment cloisonnés, du coup l'émulateur passe son temps à recopier les données de l'un vers l'autre.

En descendant dans la gamme, la sanction est immédiate. La HD 3870 doit tomber à 273p, l'équivalent d'une PSP, pour afficher les jeux les plus simples. La HD 2600 XT, elle, plafonne à 12,9 fps sur Portal à cette même définition. Bref, ça ne sert plus à rien de descendre plus bas, celle-là est carrément plus faible que la puce de la console qu'elle est censée émuler.

Côté manipulation, il faut mentir au pilote. Ces cartes annoncent une version d'OpenGL trop ancienne, et l'émulateur refuse de démarrer tant qu'il la voit. Deux variables d'environnement au lancement suffisent à lui faire croire le contraire :

MESA_GL_VERSION_OVERRIDE=4.3 MESA_GLSL_VERSION_OVERRIDE=440 ./rpcs3.AppImage

Et si ça plante encore, l'équipe conseille de basculer le réglage Shader Mode sur "Legacy Recompiler".

Je vous parlais de RPCS3 en 2021 quand il servait surtout à rendre les vieux jeux plus beaux avec le FSR d'AMD et voilà maintenant qu'il sait les faire tourner sur du matériel de leur époque.

Le billet de l'équipe , que je vous invite à lire, détaille les réglages et les résultats carte par carte. Si vous avez une TeraScale au fond d'un placard, vous savez quoi en faire.

Steam Machine - Il passe à 64 Go de RAM et 4 To de SSD avec un simple tournevis

*-- Contient des liens affiliés -- *

La Steam Machine de Valve vient à peine d'arriver dans les salons que le youtubeur ETA Prime l'a déjà éventrée sur son établi. Et je sais pas vous, mais moi j'ai bien envie de voir ça avant de lâcher les 1039 euros qu'elle va couter. Ce petit cube vient de sortir d'usine avec ses 16 Go de mémoire et un SSD de 512 Go ou 2 To, et la vraie question que tous les geeks se posent c'est ... roulements de tambour ... : Est-ce qu'on peut l'ouvrir et bidouiller dedans ?

ET BIEN OUI ! Et c'est même plus facile que ce que vous pensez !!!

Tout commence donc avec deux vis T8 à l'arrière (qui ne tombent pas, elles restent solidaires du châssis, c'est qualiiii) et quatre autres sous les pieds. La façade avant, elle, tient juste avec des aimants.

Un coup de spudger , on fait coulisser tout le bloc hors de sa coque en plastique, et là vous tombez sur un gros radiateur en aluminium avec ses caloducs en cuivre, une alimentation intégrée, et la carte mère prise en sandwich au milieu. C'est propre et ça permet d'éviter le gros bloc d'alim qui traine sous la TV.

Le slot M.2, les ports USB avant, le lecteur SD, les USB arrière et l'Ethernet sont montés sur des petites cartes filles reliées par des nappes, ce qui rend le tout très modulaire. Ainsi, si le connecteur USB vous lâche dans 2 ans, bah y'a juste qu'à remplacer le module concerné et basta !

Même le Wi-Fi et le Bluetooth, soudés sur la carte d'entrées-sorties avant, se changent en remplaçant ce seul bloc. Notez que le seul élément un peu fermé, c'est le ventilateur car il est custom, dessiné spécifiquement pour la machine, donc oubliez votre rêve de coller un Noctua à la place. Et pour accéder à la RAM, par contre, il faut sortir le ventilateur et son carénage, débrancher les antennes Wi-Fi, puis dégager le radiateur.

Bonne nouvelle aussi, y'aura pas besoin de refaire la pâte thermique puisque la carte mère se soulève d'un bloc pour libérer les deux emplacements SO-DIMM en dessous. Valve n'en utilise qu'un seul d'origine, avec une barrette de 16 Go en DDR5 à 5600 MT/s, en single channel. ETA Prime a viré ça pour deux barrettes Crucial de 32 Go, soit 64 Go au total.

Au reboot, SteamOS Holo lui a par contre affiché 62 Go de mémoire système (?). Et pour le stockage, le SSD d'origine est un format court 2230 , mais il y a la place pour un 2280 classique. Du coup notre Youtubeur y a mis un Kingston Fury Renegade de 4 To, cloné depuis le disque d'usine avec Etcher pour garder ses jeux et son compte.

La barrette SO-DIMM DDR5 d'origine, à côté des Crucial de 32 Go

Côté tripes, le menu système le confirme bien... La bête contient un AMD Custom CPU 1772 en architecture Zen 4, six cœurs et douze threads à 4,86 GHz, accompagné d'un GPU RDNA 3 (un Navi 33, pour les curieux) avec 8 Go de VRAM. Malheureusement (et là, vous allez chialer), ces 8 Go de mémoire vidéo sont soudés et donc non extensibles. Donc même avec 64 Go de RAM système, vous ne gagnerez quasiment rien en jeu, puisque c'est la VRAM qui fait le boulot graphique. C'est couillon...

Le menu système après upgrade : 62 Go de RAM, mais toujours 8 Go de VRAM

Cela signifie que vu les prix de la RAM en ce moment, ça ne vaut pas le coup de l'upgrader sur la Steam Machine. Les 16 Go d'origine suffisent largement pour la plupart des gens (Le prix de la mémoire était justement une des raisons pour lesquelles la Steam Machine coûte plus cher qu'une PS5 Pro, haha).

Pareil pour le SSD, payer un M.2 4 To, c'est se faire mal au portefeuille pour rien alors qu'un disque dur externe USB de 5 To coûte trois fois moins cher. Un peu plus lent au chargement, certes, mais c'est largement suffisant pour stocker votre ludothèque.

Mais je suis quand même content de voir que Valve a sorti une vraie machine ouverte, réparable avec un simple tournevis, là où la concurrence nous soude tout comme des déglingos et interdit le moindre accès.

Merci à ETA Prime pour le démontage en règle !!

Source : la vidéo d'ETA Prime

Cache-aware scheduling - Le patch Linux qui vise +360% de perf sur MySQL

L' ordonnanceur du noyau Linux vient de recevoir une proposition de mise à jour qui fait grimper les perfs de façon assez spectaculaire sur certaines charges. Hygon, le fondeur chinois qui fabrique des x86 sous licence de l'architecture Zen d'AMD, a envoyé une série de patches pour étendre le cache-aware scheduling, et les chiffres annoncés montent jusqu'à 360% de mieux en termes de transactions par seconde sur MySQL.

Pour comprendre le délire, faut revenir au cache-aware scheduling de base, le fameux CAS, conçu par les ingénieurs d'Intel (Tim Chen, Chen Yu et Peter Zijlstra) et tout juste mergé dans Linux 7.2. Sur un CPU moderne avec plusieurs caches de dernier niveau, le fameux LLC, l'ordonnanceur essaie de regrouper sur le même domaine de cache les tâches qui partagent des données. Du coup, moins de ratés de cache, moins de données qui font des allers-retours entre les caches, et donc de la perf en plus sans toucher au matos mais juste en plaçant mieux les tâches.

Le hic, c'est que ce CAS de base raisonne au niveau d'un seul LLC. Tant que votre charge tient dans un domaine de cache, nickel. Mais dès que la charge dépasse ce que peut contenir un seul cache partagé, l'ordonnanceur ne sait pas regrouper les tâches au niveau du dessus : elles se dispersent sur des cœurs qui ne partagent plus le même cache, et toute la localité s'évapore. Et ça tombe mal pour Hygon, dont les puces récentes ne sont pas un bloc unique mais un assemblage de chiplets (le C86-7490 en réunit quatre), avec plusieurs caches partagés éparpillés sur la galette.

D'où l'idée de développer ces patches, qui permettent un regroupement hiérarchique et offrent la possibilité de s'étendre ou de se contracter dynamiquement selon la taille de la charge et la topologie de la machine.

Hygon annonce donc jusqu'à +49% sur Hackbench , +20% sur Schbench (non, pas le rappeur), et ce fameux +360% sur MySQL !! C'est le feu !

Maintenant, avant de revendre votre PC pour en prendre un sous Hygon, attention ! Ces chiffres, ce sont des "jusqu'à", mesurés sur des topologies multi-domaines, donc typiquement de gros serveurs à plusieurs chiplets. Sur votre laptop avec un seul LLC, vous ne verrez donc sans doute rien passer.... Ouais, je sais, sniiiif. Le 360% n'est pas un gain universel, mais plutôt le pic sur la config qui souffrait le plus du problème.

Un fondeur chinois qui, parti d'une licence Zen d'AMD, en vient à pousser du code dans Linux pour faire tourner tout le monde plus vite, Intel et AMD compris, c'est chouette quand même. Si ça vous intéresse, les patches viennent d'être postés sur la mailing list du kernel , donc rien n'est encore intégré mais si ça passe la revue, c'est de la perf gratuite pour les machines qui en bavent le plus.

Source

Un bug qui gèle l'écran des portables AMD sous Linux traîne depuis 2017, et c'est Claude qui a aidé à le corriger

Si vous utilisez un ordinateur portable à puce graphique AMD Radeon sous Linux, vous avez peut-être déjà vu l'écran se figer d'un coup, sans raison apparente, à peu près une fois par semaine. Ce bug agace les utilisateurs depuis des années, et un correctif vient enfin de pointer le bout de son nez.

Le coupable se cache dans AMDGPU, le pilote graphique libre qu'AMD maintient pour Linux. On parle ici du logiciel qui fait le lien entre la carte graphique et le système d'exploitation.

Le problème ne date pas d'hier. En fouillant l'historique du code, le développeur à l'origine du correctif a remonté la piste jusqu'à une modification introduite en 2017. Presque huit ans de gels d'écran.

Le symptôme typique, c'est une erreur "flip_done timed out" dans les journaux du système. Pour faire simple, l'ordinateur attend que l'écran affiche l'image suivante, ce signal n'arrive jamais. Et tout gèle.

Le souci touche plusieurs machines, bien connues du monde Linux, comme le Lenovo ThinkPad T14 Gen1 en version AMD ou le Framework Laptop 13 équipé d'un processeur Ryzen 7 7840U. Jusqu'ici, le seul remède consistait à désactiver le PSR, pour "Panel Self Refresh".

Cette fonction d'économie d'énergie laisse l'écran réafficher tout seul sa dernière image fixe sans réveiller la carte graphique, histoire d'économiser de la batterie. Pratique sur un portable, sauf que c'est précisément elle qui déclenchait les gels.

Le plus intéressant, c'est la méthode employée. Le correctif a été mis au point en "vibe debugging" avec Claude Code, l'assistant de programmation d'Anthropic, le concurrent direct d'OpenAI. Le développeur a décrit le bug à l'IA, qui l'a aidé à explorer le code et à affiner les correctifs, plutôt que de dérouler une procédure de débogage classique.

Concrètement, les patchs revoient la gestion du "vblank" et du "page-flip" dans le bloc d'affichage DCN, c'est-à-dire la mécanique interne qui synchronise le moment où une nouvelle image remplace l'ancienne à l'écran. D'autres tentatives avaient échoué par le passé, mais cette série semble enfin tenir la route.

Maintenant patience, rien n'est encore intégré dans le noyau Linux officiel. Les correctifs doivent passer par les tests et la validation des mainteneurs avant d'arriver chez tout le monde, ce qui peut quand même prendre plusieurs versions du kernel.

Bref, on est là devant un bug fantôme qui date d'lil y a huit ans, débusqué en discutant avec une IA, voilà qui résume assez bien l'année 2026 côté développement.

Source : Phoronix

Lemonade - L'IA locale sur NPU AMD, GPU et Mac

Vous n'avez pas de Mac Silicon, mais vous avez vu passer mon article de ce matin sur vLLM-MLX et son serveur d'IA local ? Hé bien bonne nouvelle, je suis tombé ce midi sur Lemonade SDK , un serveur d'IA local communautaire sponsorisé par AMD (et largement codé par leurs ingénieurs), qui joue dans la même cour, mais côté PC + Mac !

C'est la même logique qu'avec vLLM-MLX, vous installez le serveur (un paquet clé en main selon votre OS, pas de bidouille pip), et il expose un endpoint compatible API OpenAI sur http://localhost:13305/api/v1. Vos scripts tapent dessus au lieu d'envoyer vos prompts, et votre pognon, chez OpenAI.

Le démarrage tient en une ligne. Un lemonade run Gemma-4-E2B-it-GGUF lance un modèle, et un lemonade launch claude branche carrément Claude Code sur votre machine.

Sauf que là où vLLM-MLX s'appuie sur MLX pour les puces Apple, Lemonade vise les NPU Ryzen AI et les GPU Radeon. Et c'est tout l'intérêt du truc car depuis la 10.0 sortie en mars, le NPU XDNA2 des machines Ryzen AI récentes sert enfin à faire tourner des LLM sous Linux, et plus juste à décorer la fiche technique !

La 10.5 apporte également 2 nouveautés qui valent le coup. D'abord, le support macOS passe de bêta à officiel. Toutes les grosses fonctions sont validées sur Mac (le texte via llama.cpp et Metal, le reste via les autres moteurs embarqués) et ensuite, ça bascule sur ROCm 7.13 pour llama.cpp et la génération d'images.

J'ai pas de PC Ryzen AI sous la main pour tâter du fameux NPU, donc j'ai fait mes tests sur mon GPU Metal à moi. Notez qu'un lemonade list crache tout le catalogue, Qwen, Gemma, Llama, DeepSeek et compagnie.

Et ça dépote ! Un petit Qwen3-0.6B dans le chat intégré tourne à ~96 tokens par seconde avec mes 32 Go de RAM, c'est donc une réponse quasi instantanée. Après un modèle de 0,6 milliard de paramètres, c'est le poids plume du ring, donc comptez nettement moins sur un gros 8B, mais ça tourne nickel.

Du coup, sur Mac, vLLM-MLX joue la carte du natif Apple via MLX, alors que l'intérêt de Lemonade c'est surtout le cross-plateforme et le NPU Ryzen AI. Et comparé à Ollama , vous gagnez ce NPU mais aussi les fonctions audio (synthèse vocale, transcription) + un gestionnaire graphique de modèles pour piocher vos modèles. Et tout ça est sous licence Apache 2.0.

Bref, que vous soyez team Mac ou team Ryzen, c'est zéro ligne de facture API en fin de mois et surtout vos données qui restent chez vous !

Source : Phoronix

La pile graphique d’AMD sous Linux est désormais complètement libre

À l’occasion de la sortie de la version 25.10.1 de la suite Radeon Software for Linux du 21 mai 2025, AMD a annoncé que la série 25.10 est la dernière à livrer des composants logiciels propriétaires.

Ces composants propriétaires étaient déjà optionnels depuis bien longtemps, la plupart des utilisateurs de cartes AMD ne s’en servait déjà pas, et le plus grand nombre ignorait peut-être jusqu’à l’existence de certains d’entre eux…

Ce jalon est l’accomplissement de 18 années d’un travail acharné commencé en 2007 avec la publication de documentations des cartes graphiques ATI après le rachat par AMD… Les plus anciens se souviendront de RadeonHD… Et désormais, ce sont les derniers bouts de logiciel propriétaire qui sont poussés vers la sortie.

Autocollant LinuxFr.org cartes AMD par Thomas Debesse Nos logiciels libres sont plus sereins lorsqu’ils reposent sur des pilotes libres…

Sommaire

L’offre complètement libre de pilotes graphiques AMD sous Linux

Voici comment se composera très bientôt l’offre officielle de pilotes graphiques AMD pour Linux :

Noyau Vulkan OpenGL HIP OpenCL
Linux amdgpu AMD AMDVLK ou Mesa RADV Mesa radeonsi AMD ROCm AMD ROCm

OpenGL et Vulkan sont des interfaces de programmation (API) graphiques, VA-API est une interface de programmation multimédia, et HIP et OpenCL sont des interfaces de programmation pour le calcul spécialement conçues pour satisfaire aux particularités architecturales des cartes graphiques.

Il est à noter que même si vous n’utilisez pas la suite Radeon Software for Linux, votre distribution vous fournit déjà le pilote Linux et les pilotes Mesa mentionnés.

  • Pilote noyau
    • Linux amdgpu pour les cartes GCN1 et suivantes (pilote officiel).
  • Pilote graphique Vulkan
    • AMD AMDVLK pour les cartes RDNA1 et suivantes (pilote officiel) ;
    • Mesa RADV, pour les cartes GCN1 et suivantes (pilote officiel).
  • Pilote graphique OpenGL
    • Mesa RadeonSI pour les cartes GCN1 et suivantes (pilote officiel).
  • Pilote multimédia VA-API
    • Mesa RadeonSI pour les cartes GCN1 et suivantes (pilote officiel).
  • Pilote de calcul HIP
    • AMD ROCm pour une sélection de cartes RDNA2 et suivantes (pilote officiel),
      il n’existe pas d’autre implémentation de pilote HIP pour les autres cartes.
  • Pilote de calcul OpenCL
    • AMD ROCm pour une sélection de cartes RDNA2 et suivantes (pilote officiel) ;
    • Mesa RustiCL pour les cartes GCN1 et suivantes.

Ces pilotes concernent donc les cartes GCN et RDNA. La famille de cartes GCN pour « Graphics Core Next » sont les cartes sorties à partir de la série HD 7000 en 2012, aussi nommées « Southern Islands » et qui ont inspiré le nom du pilote RadeonSI. La famille RDNA pour « Radeon DNA » (ADN Radeon) est une évolution de cette micro-architecture GCN et les cartes RDNA1 commencent avec les modèles RX 5000 en 2019 et les cartes RDNA2 avec les modèles RX 6000 en 2020.

Le tableau suivant se limite aux générations de cartes graphiques pour lesquelles il existe au moins un pilote fonctionnel faisant partie de la suite officielle Radeon Software for Linux. Il s’agit donc seulement de compatibilité technique. Les générations et modèles officiellement pris en charge par le support commercial d’AMD est évidemment plus restreint, et plus fluctuant, et puis ça dépend de l’API… La compatibilité technique effective intéressera probablement plus le lecteur.

GCN1 GCN2 GCN3 GCN4 GCN5 RDNA1 RDNA2 RDNA3
Noyau Linux amdgpu ⭐️ 🐧️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️
Vulkan AMD AMDVLK ⭐️ ❌️ ❌️ ❌️ ❌️ ❌️ ✅️ ✅️ ✅️
Vulkan Mesa RADV ⭐️ 🐧️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️
OpenGL Mesa RadeonSI ⭐️ 🐧️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️
VA-API Mesa RadeonSI ⭐️ 🐧️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️
HIP AMD ROCm ⭐️ ❌️ ❌️ ❌️ ❌️ ❌️ ❌️ 🧐️ 🧐️
OpenCL AMD ROCm ⭐️ ❌️ ❌️ ❌️ ❌️ ❌️ ❌️ 🧐️ 🧐️
OpenCL Mesa RustiCL 🐧️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️ ✅️

✅️ = Pilote fonctionnel.
🧐️ = Pilote fonctionnel pour une sélection de modèles.
❌️ = Pilote non-fonctionnel.
⭐️ = Pilote faisant partie de la suite officielle Radeon Software for Linux (pour RADV : après les versions 25.10).
🐧️ = Pilote empaqueté en standard dans les distributions Linux usuelles.

La famille de cartes RDNA4 venant tout juste d’être mise sur le marché, conjecturer sa prise en charge est un exercice périlleux. On sait que le pilote ROCm n’est pas encore prêt, par exemple. Il est évident que les prochaines versions de tous ces pilotes les prendront en charge dans un futur proche.

Les derniers pilotes graphiques AMD propriétaires qui subsistaient encore étaient donc les pilotes OGLP, AMDVLK-Pro, et AMF.

Maintenant que tout est libre, ce qu’on attend désormais d’AMD est de faire fonctionner leur pilote de calcul HIP et leur pilote de virtualisation graphique GIM sur plus de matériel…

RADV officiellement supporté

La phrase est explicite, à partir de la sortie de la suite Radeon Software for Linux en version 25.20, « The Mesa Vulkan driver will be officially supported ». Autrement dit, le pilote Vulkan de Mesa sera officiellement supporté par AMD.

Le pilote Mesa pour les cartes AMD est RADV, initié originellement par Valve alors qu’AMDVLK était encore propriétaire.

Cette formulation n’exclut pas le pilote Vulkan libre AMDVLK d’AMD. AMDVLK sera donc très certainement encore supporté comme il l’est déjà.

Ce qui va changer pour Vulkan concerne AMDVLK-Pro, c’est ce que signifie la phrase « The AMD proprietary OpenGL and Vulkan drivers will no longer be included in the release », qui signifie aussi que le pilote OGLP pour OpenGL est également poussé vers la sortie.

Ce que support veut dire

Ce terme de support couvre les paquets de pilotes qu’AMD propose eux-mêmes, par exemple pour Ubuntu, Red Hat Linux Entreprise ou SUSE Linux Enreprise, ce sont les paquets dans le dépôt repo.radeon.com.

Mais AMD participe déjà activement au développement de pilotes Mesa comme le pilote OpenGL RadeonSI. Apprendre qu’AMD ne fera pas que redistribuer mais supportera officiellement le pilote Mesa RADV dans sa suite de pilotes permet d’espérer une contribution similaire à RADV. En d’autres termes, si un bug affecte RADV, ils pourront considérer qu’il est de leur responsabilité de le corriger dans RADV directement.

De plus, cela encourage désormais AMD à implémenter la prise en charge des futures cartes directement dans RADV avant que les cartes elles-mêmes ne soient mises sur le marché, ce qui était le principal argument en faveur d’AMDVLK-Pro et AMDVLK comparé à RADV.

Ainsi, si vous utilisez une carte AMD et quand bien même vous utiliseriez le pilote RADV fourni par votre distribution, vous profiterez des effets de ces travaux de maintenance d’AMD comme vous en profitez déjà pour RadeonSI.

C’est une très bonne nouvelle pour tout le monde car RADV est le pilote Vulkan installé par défaut (car faisant partie de la suite Mesa) par toutes les distributions Linux… et ce pilote devrait désormais profiter directement des efforts d’AMD.

Le départ des derniers

Il est important de noter que parce que ces pilotes en espace utilisateur sont écrits pour fonctionner par-dessus le pilote noyau amdgpu, il reste toujours possible d’utiliser ces pilotes désormais abandonnés, que ce soit OGLP, AMF et AMDVLK-Pro qui nous quittent désormais, ou les plus anciens PAL et ORCA, pour ceux qui recherchent un environnement spécifique tout en utilisant une distribution très récente. Et ce sera probablement encore vrai pendant des années, à condition de conserver votre ancien matériel compatible avec ces pilotes désormais obsolètes.

En réalité ça fait longtemps qu’il n’est plus nécessaire d’employer un logiciel propriétaire pour utiliser ses cartes graphiques AMD sous Linux. Toutes les API supportées par AMD avaient déjà des implémentations libres depuis longtemps.

Ce qu’AMD est en train de faire est de se débarrasser définitivement des rares alternatives propriétaires qui survivaient encore…

Adieu OGLP

OGLP était jusqu’à maintenant le pilote OpenGL propriétaire d’AMD sous Linux. AMD recommande le pilote libre Mesa RadeonSI pour OpenGL sous Linux depuis très longtemps. Le pilote libre Mesa RadeonSI lui est très supérieur, que ce soit en termes de fonctionnalité, de performance, et de qualité, et AMD contribue directement à ce pilote RadeonSI. Il est très probable que la majorité d’entre vous n’ait même pas connaissance que le pilote OGLP existait, ni même connaissait son nom.

OGLP proposait une implémentation OpenGL et OpenGL ES.

Mon expérience dans l’évaluation de pilotes graphiques pour le jeu Unvanquished m’a fait constater que le pilote OGLP présentait les mêmes bugs que le pilote propriétaire AMD pour Windows, Adrenalin. Il est donc extrêmement probable que c’était une simple recompilation du même pilote, mais pour Linux, comme à l’époque de Catalyst et fglrx.

En effet déjà à l’époque de fglrx pour ATI, et encore aujourd’hui pour Nvidia, les pilotes propriétaires graphiques de ces concepteurs de cartes graphiques sont généralement exactement le même pilote quel que soit le système, avec une couche de compatibilité pour le système, ce qui est logique dans une optique de réduction des coûts de développement.

OGLP était donc très certainement le pilote OpenGL de la suite fglrx, le pendant Linux du pilote Windows Adrenalin, mais porté pour le pilote noyau libre amdgpu au lieu du pilote fglrx abandonné il y a déjà des années.

On pourra s’étendre en conjectures sur pourquoi AMD maintenait encore le pilote OGLP jusqu’en 2025, il est probable que celui-ci répondait à des exigences contractuelles professionnelles. Sur le plan technique pendant longtemps le pilote Mesa s’était limité à implémenter seulement le « core profile » d’OpenGL et pas le « compatibility profile » qui pouvait être requis par certaines applications industrielles, et cela justifiait alors l’existence d’un pilote propriétaire pour satisfaire la clientèle. Mais Mesa a depuis implémenté ce « compatibility profile » et ce depuis longtemps désormais, il est donc possible que ne subsistait plus que des exigences contractuelles — peut-être même pas techniques — pour justifier la fourniture de ce pilote OGLP.

Adieu AMDVLK-Pro

Le pilote AMDVLK-Pro était en fait le pilote libre AMDVLK amalgamé de composants propriétaires.

Le pilote AMDVLK est un pilote libre qui implémente l’API graphique Vulkan.

Contrairement au pilote OpenGL officiel RadeonSI qui est développé en collaboration avec Mesa, le pilote Vulkan AMDVLK est développé exclusivement par AMD, mais c’est tout de même un pilote libre.

Au tout début AMDVLK était aussi un pilote propriétaire mais conçu dès le départ pour devenir un pilote libre plus tard, avec la promesse qu’il soit libéré un jour. Le pilote AMDVLK, alors qu’il était encore propriétaire, avait permis à beaucoup d’utilisateurs de Linux de profiter des fonctionnalités Vulkan de leurs cartes graphiques AMD sans avoir à attendre un pilote libre, que ce soit AMDVLK lui-même une fois libéré, ou le pilote RADV développé par Mesa.

Le pilote AMDVLK-Pro était donc en quelque sorte la continuité de ce pilote qui distribuait au plus tôt les fonctionnalités aux utilisateurs, en remettant à plus tard la libération de ces fonctionnalités. Quand AMDVLK avait été libéré, AMDVLK-Pro en était donc devenu la variante propriétaire qui implémentait et distribuait les dernières nouveautés.

Là encore, il est pertinent de supposer que le pilote AMDVLK est construit sur la même base de code que le pilote Windows. Quand bien même existe désormais le pilote Mesa RADV pour Linux, il est peu probable que le pilote libre AMDVLK disparaisse de l’écosystème Linux de si tôt.

Peut-être un jour AMDVLK, bien que libre, suivra le sort d’OGLP si un jour AMDVLK n’apportera rien de plus que RADV et ce depuis un temps certain ? L’avenir nous le dira.

Adieu AMF

AMF (Advanced Multimedia Framework) s’en ira également, c’est une bibliothèque d’accélération matérielle pour le décodage et l’encodage de formats vidéo. AMD recommande d’utiliser à la place l’implémentation VA-API de Mesa.

Souvenir des pilotes AMD abandonnés sur le bord du chemin

Parmi les pilotes AMD propriétaires conçus pour tourner sur le pilote noyau amdgpu, AMD a déjà abandonné ORCA et PAL. C’était des pilotes de calcul OpenCL (conçus pour les cartes GCN 2 à 4 pour ORCA, et GCN 5 pour PAL) qui ont été remplacés par ROCm.

On peut aussi supposer que PAL et ORCA étaient des portages du pilote OpenCL de Windows mais conçus pour tourner sur le pilote noyau amdgpu à la manière d’OGLP et d’AMDVLK.

Pour les plus pointilleux, PAL (Platform Abstraction Library) était en fait le nom de la bibliothèque d’abstraction entre le code propriétaire commun et le système Linux, et par métonymie on appelait PAL le pilote OpenCL qui utilise PAL comme interface. Dans la même veine, certains parlent parfois de ROCr OpenCL pour l’implémentation actuelle de OpenCL de la suite ROCm, ROCr étant le ROCm Runtime. Le nom ORCA n’échappe probablement pas à cette règle d’usage, mais je n’ai jamais trouvé d’explication de ce nom (je ne suis même pas sûr que ce soit un acronyme), la chaîne orca était simplement utilisée dans le nom du paquet (par exemple : opencl-orca-amdgpu-pro-icd).

PAL et ORCA ont longtemps été regrettés, car ils prenaient en charge la totalité des cartes de leurs générations, contrairement à ROCm. On peut lire à ce sujet sur LinuxFr.org l’article de 2022 « OpenCL sous Linux : l’état des pilotes AMD est désormais pire que ce qu’il était à l’époque de fglrx ». Heureusement, Mesa fournit désormais RustiCL qui leur est désormais supérieur sur bien des points. Cela pourrait faire l’objet d’une dépêche à venir… 😉

Et avant cela, il y a bien longtemps avant de s’embarquer dans son aventure amdgpu, AMD fournissait la suite Catalyst entièrement propriétaire, qui exécutait au-dessus du pilote noyau propriétaire fglrx des pilotes propriétaires OpenGL et OpenCL pour le graphisme et le calcul.

Mais… et les firmwares ?

Les micrologiciels (firmwares) des cartes graphiques ne sont toujours pas libres, mais ceux-ci ne s’exécutent pas avec le système d’exploitation de votre ordinateur dans le processeur principal de votre machine, ils s’exécutent dans la carte graphique directement, c’est donc un tout autre sujet.

Certains réclament aussi la libération de ces micrologiciels, mais d’ici à ce que ce rêve devienne un jour réalité, si ce jour vient un jour, vous savez déjà que votre Linux, lui, il peut déjà prendre en charge toutes les fonctionnalités de votre carte avec des logiciels libres sous Linux.

Préférer le DisplayPort à l’HDMI pour les très hautes définitions…

Un petit couac cependant… Les pilotes AMD sous Linux ne peuvent légalement pas implémenter la version 2.1 du protocole HDMI, donc si vous avez besoin d’utiliser des définitions telles que le 4K à 120 Hz ou le 5K à 240 Hz, il faut privilégier le DisplayPort. Ce n’est pas la faute d’AMD : AMD avait en fait implémenté cette prise en charge mais n’a légalement pas le droit de la publier dans un pilote libre. Le HDMI Forum a restreint l'accès public aux spécifications en 2021, et publier cette partie du code du pilote serait contraire à ces nouvelles conditions. Ce code de prise en charge HDMI 2.1 est censé être implémenté dans le pilote noyau amdgpu, et AMD n’a aucune intention d’abandonner son pilote libre, alors que sa stratégie est précisément de tout libérer !

Prochain objectif : l’universalité du calcul et de la virtualisation ?

Enfin, je dis que « Linux peut déjà prendre en charge toutes les fonctionnalités de votre carte avec des logiciels libres » mais si vous souhaitez profiter de ROCm et GIM ce n’est vrai qu’à condition de bien choisir votre carte. 😬

AMD a la volonté d’améliorer la situation de ROCm, tel qu’en témoigne un sondage il y a quelque mois invitant les utilisateurs à exprimer leurs souhaits dans le cadre de l’effort d’AMD d’étendre la prise en charge. Mais ça prend du temps ! Et si, se faire attendre, c’est se faire désirer, il ne faudrait pas trop attendre pour AMD au risque que le désir se détourne vers d’autres propositions.

Et du côté de la virtualisation de carte graphique (GPU-IOV), le pilote GIM est libre aussi mais la situation est encore pire : il ne prend en charge que deux accélérateurs (ces produits n’ont pas de sortie vidéo)… Certains diront que c’est un progrès car la version précédente ne prenait en charge qu’un seul accélérateur… Il a été annoncé qu’une prise en charge matérielle plus large serait « sur la feuille de route » mais si ça prend le même temps que ROCm ou plus, il faudra se montrer très patient. 😄

En attendant, on peut célébrer cette victoire : La pile graphique d’AMD sous Linux est désormais complètement libre !

🥂🍾

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Linux 6.10 booste le chiffrement AES-XTS pour les CPU AMD et Intel

Si vous avez un CPU AMD ou Intel de dernière génération et que vous êtes sous Linux, vous allez pouvoir profiter de sacrés gains de performances côté chiffrement AES-XTS. En effet, un certain Eric Biggers de chez Google a bossé dur pour implémenter de nouvelles versions optimisées de l’algorithme AES-XTS, spécialement conçues pour tirer parti des instructions AES-NI, AVX, VAES et AVX-512 des processeurs modernes.

Du coup, on obtient jusqu’à 155% de gains sur des CPU AMD Zen 4 !

Alors qu’est-ce que ça change pour vous ?

Eh bien si vous utilisez le chiffrement de disque complet (comme LUKS par exemple) ou que vous chiffrez vos fichiers sensibles avec des outils comme eCryptfs ou fscrypt, vous devriez voir une belle différence à l’usage. Fini les lenteurs et les ralentissements, place à la vitesse et à la réactivité ! Vos données seront protégées sans que vous ayez à sacrifier les performances. C’est plutôt une bonne nouvelle, avouez.

Pour en profiter, vous devrez donc avoir :

  • Un système avec un processeur Intel ou AMD compatible VAES et AVX-512.
  • Une installation de Linux à jour, avec la version 6.10 du noyau minimum.

Linux 6.10 apporte aussi d’autres améliorations côté sécurité et chiffrement. Je vous fais un petit résumé en chinois :

  • Interdiction d’utiliser des courbes elliptiques avec un ordre inférieur à 224 bits (FIPS 186-5)
  • Prise en charge de ECDSA avec la courbe NIST P521
  • Support de l’accélération matérielle pour Intel QuickAssist Technology (QAT) avec migration à chaud
  • Et un nouveau driver pour le moteur de sécurité des puces NVIDIA Tegra

Allez, bonne journée !

Source

Geohot atomise les firmwares AMD et ça fait mal

Je sais pas si vous avez vu passer ça, mais dernièrement, il y a eu un peu de grabuge entre George Hotz (Geohot) et AMD, puisque ce dernier a essayé de faire tourner son framework IA Tiny Grad sur des GPU AMD.

Sauf que voilà, AMD lui a donné du fil à retordre avec ses firmwares propriétaires. Le driver open-source d’AMD se révélant être une jolie mascarade puisque tout les morceaux de code critiques sont bien protégés et sous licence.

Pourtant, Geohot n’a pas lésiné. Des mois à éplucher le code, à bypasser la stack logicielle, à discuter avec les pontes d’AMD. Mais rien à faire, les mecs veulent pas cracher leurs précieux blobs binaires. « Trop risqué, pas assez de ROI, faut voir avec les avocats. » Bref, c’est mort.

Pendant ce temps, Nvidia se frotte les mains avec son écosystème IA bien huilé. Des pilotes certifiés, des perfs au rendez-vous, une bonne communauté de devs… Tout roule pour eux, alors qu’AMD continue de s’enfoncer dans sa logique propriétaire, au détriment de ses utilisateurs.

La goutte d’eau pour Geohot ? Un « conseil » de trop de la part d’AMD qui l’a incité à « lâcher l’affaire« . Résultat, geohot est passé en mode « je vais vous montrer qui c’est le patron« . Si AMD ne veut pas jouer le jeu de l’open-source, alors il va leur exposer leurs bugs de sécu à la face du monde !

Et c’est ce qu’il a fait puisque durant un live de plus de 8h, il s’est attaché à trouver plusieurs exploit dans le firmware des GPU AMD. Il est fort !

Dans l’IA, l’aspect hardware compte évidemment mais le software c’est le nerf de la guerre. Les boîtes noires, les firmwares buggés, le code legacy, c’est plus possible et les sociétés qui tournent le dos à la communauté des développeurs et des hackers font, selon moi, le mauvais choix.

Et ce qui arrive à AMD n’est qu’un exemple de plus.

Bref, comme d’habitude, gros respect à Geohot pour son combat de vouloir encore et toujours que la technologie profite au plus grand nombre. En attendant, suite à sa mésaventure avec AMD, il a annoncé qu’il switchait tout son labo sur du matos Nvidia et qu’il bazardait ses 72 Radeon 7900 XTX sur eBay. Si vous voulez des GPU d’occase pour pas cher (et apprendre à les faire planter ^^), c’est le moment !

Et si le code source de ses exploits vous intéresse, tout est sur Github.

Merci George !

Le support des cartes AMD débarque sur Ollama

Bonne nouvelle, Ollama vient tout juste d’annoncer un truc qui devrait vous faire plaisir : le support des cartes graphiques AMD en preview ! Cela signifie que toutes les fonctionnalités d’Ollama peuvent maintenant être accélérées par les cartes graphiques AMD, que ce soit sur Linux ou Windows.

Mais au fait, c’est quoi Ollama ? Pour les deux du fond qui suivent pas, je vous refais un topo vite fait. Ollama, c’est un outil hyper pratique qui permet de faire tourner des grands modèles de langage open-source directement sur votre machine locale. Genre Mistral, Llama 2 et toute la clique.

Alors, quelles sont les cartes AMD compatibles ?

Pas de panique, je vous ai préparé une petite liste bien détaillée. Dans la famille des Radeon RX, on retrouve les monstres comme les 7900 XTX, 7900 XT, 7800 XT, 6900 XT et compagnie. Pour les pros, la gamme Radeon PRO est aussi de la partie avec les W7900, W6800X Duo, Vega II… Bref, y a du beau monde au rendez-vous. Et si vous êtes un fan des cartes Instinct, pas de jaloux, les MI300X, MI250, MI100 et autres sont aussi supportées.

Ollama promet également que d’autres modèles de cartes graphiques suivront. Alors on croise les doigts et on surveille les annonces comme le lait sur le feu. En attendant, si vous voulez vous lancer dans l’aventure Ollama avec votre carte AMD, c’est simple comme bonjour.

Téléchargez Ollama pour Linux ou Windows, installez le bouzin et hop, vous voilà parés pour faire chauffer votre GPU AMD ! C’est pas beau la vie ? Je vous ai même fait un tutoriel ici !

Allez, je vous laisse, j’ai un rendez-vous urgent avec mon Llama2 uncensored qui me fait de l’œil.

Source

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