Vue normale

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierMéta-media | La révolution de l'information

Liens vagabonds : Les médias traditionnels, victimes d'obsolescence dans le monde tech ?

La presse mainstream se trouve à un tournant décisif. À mesure qu'Internet et les réseaux sociaux redéfinissent les contours de l'information, des voix influentes, comme celle de Taylor Lorenz, interrogent le rôle et la pertinence des médias traditionnels. Ancienne journaliste tech au Washington Post, la spécialiste de la “creator economy” a choisi de quitter le navire vieillissant pour se lancer en solo sur Substack. Son projet ? User Magazine, une newsletter consacrée à « couvrir la technologie du point de vue de l'utilisateur ».

Dans cette quête d'indépendance, elle rejoint un nombre croissant d'ex-journalistes "stars" des médias traditionnels devenus indépendants : Olivier Darcy, ancien rédacteur de CNN, a récemment lancé Status, une newsletter par abonnement. Jeremy Scahill et Ryan Grim, tous deux de The Intercept, ont quant à eux créé Drop Site News. Pour la spécialiste de la culture numérique, cette liberté enfin acquise signifie s’affranchir d’une hiérarchie devenue trop pesante, « d’institutions qui se préoccupent davantage des apparences que de défier le pouvoir », ainsi que des politiques restrictives du Washington Post concernant les réseaux sociaux de ses employés. 

Ce qui la guide, au-delà d’une volonté de se défier de conventions qui lui paraissent dépassées ? La volonté de pouvoir couvrir internet comme elle le souhaite, c’est-à-dire comme un outil culturel majeur, au-delà d’une simple innovation technologique. « Les médias traditionnels ont du mal à couvrir internet de manière significative. Ils s’en détournent souvent », pointe-t-elle dans une récente interview. « Ces institutions ont été conçues pour une époque différente où les informations étaient plus lentes, plus centralisées, et où quelques garde-fous pouvaient contrôler le récit ». Avec déjà plus de 39 000 abonnés inscrits à sa newsletter, la créatrice de contenus - elle se définit aussi de cette manière - prouve qu'il existe une demande croissante pour ce type d’approche . Son travail se concentre sur la nouvelle génération de créateurs qui utilisent TikTok, Instagram, et YouTube comme outils pour créer leur propre culture.

En France, la situation n'est guère différente. Les médias traditionnels semblent souvent englués dans des approches obsolètes. « On explique les enjeux liés au numérique de manière économique, superfétatoire ou fantasmée », constate François Saltiel, journaliste média. L'absence de programmes dédiés aux enjeux technologiques crée un vide que de nouvelles voix pourraient combler. Selon un rapport de l'Arcom de mars 2024, 62 % des Français s'intéressent aux questions technologiques et scientifiques, devançant ainsi l'économie, le sport, la politique et les célébrités.

Un futur à redéfinir

Les institutions peuvent-elles réinventer leur approche face à des sujets aussi évolutifs et techniques ? En se concentrant davantage sur la technologie que sur les utilisateurs, elles risquent de passer à côté de l'essentiel : comprendre comment Internet influence et façonne notre culture. Comme l'affirme le journaliste américain Jeff Jarvis : « Une grande partie de la presse reste focalisée sur les grandes entreprises technologiques, leurs dirigeants souvent masculins, et leurs algorithmes, perçus comme des boîtes noires mystérieuses que les journalistes ont du mal à expliquer. Cela pourrait sembler aussi absurde que de parler du télégraphe en termes d'étincelles, de la radio en termes d'ondes, ou de la télévision en termes de pixels. Ces technologies sont importantes non pas pour leur fonctionnement, mais pour la manière dont elles nous aident à communiquer, à innover, à créer ou à détruire. Il est donc essentiel d’aborder Internet sous des angles culturel, politique, économique, éducatif et environnemental. »

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Le niveau de confiance dans les médias varie selon l'affiliation politique, selon une étude ObSoCo, Fondation Jean-Jaurès et ARTE (Fondation Jean Jaurès)
  • Qui fait des podcasts en France… et qui en vit ? Une étude à l’écoute de ce métier précaire (Télérama)
  • Le gouvernement étudie une pérennisation de la vidéosurveillance algorithmique (Le Monde)
  • LVMH prend le contrôle de « Paris Match », après des années de convoitise (Le Monde)
  • Télévision : pourquoi la numérotation peut relancer la guerre des chaînes d'info (Les Echos)
  • Ce que révèlent cinq années de traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles (INA)
  • Dov Alfon actualise son plan stratégique pour Libération (La Lettre)
  • Procès du “Canard enchaîné” : six journalistes se portent partie civile aux côtés de Christophe Nobili (Télérama)

3 CHIFFRES

  • Près d'un tiers des 171 messages postés la semaine dernière par Elon Musk, le propriétaire de l'X, étaient faux, trompeurs ou manquaient d'un contexte essentiel (New York Times)
  • OpenAI lève 6,6 milliards de dollars lors de la plus grande levée de fonds en capital-risque de l'histoire (Axios)
  • 46 % des adultes américains déclarent avoir été confrontés à une arnaque ou à une cyberattaque (Axios)

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : Trusting News

 

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Mal informé sur la désinformation (Financial Times)
  • Les milliardaires pro-Trump de la Silicon Valley vont-ils avoir la peau de la démocratie ? (Télérama)
  • Vos échanges avec le chatbot pourraient être une mine d'or pour les entreprises d'IA (The Atlantic)
  • Mark Zuckerberg peut-il s'élever au-dessus de la mêlée politique américaine ? (Financial Times)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les acteurs au UK perdent des revenus face à l'IA, selon une étude du CREATe (Centre de Régulation de l'Économie Créative à l'Université de Glasgow). Près d'un quart des personnes interrogées ont été sollicitées pour fournir des images ou des enregistrements audio afin de créer un sosie numérique visuel ou sonore. Huit pour cent ont vu un sosie numérique créé sans leur consentement (Advanced Television)
  • Google propose la recherche filmée (Google)
  • Meta Movie Gen, générateur de vidéo, sons et musique d'ambiance synchronisée, entraîné sur 100 millions de vidéos, 1 milliard d'images (sources non précisées) (Meta)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

  • La lutte pour la vérité commence : la BBC dévoile les coulisses du combat contre la désinformation (BBC)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Audiovisuel public : la gauche pousse pour le retour d’une redevance (Télérama)

JOURNALISME

  • Reuters et CNN deviennent les derniers médias à faire payer l'accès aux actualités en ligne (WSJ)
  • Le New York Times lance une application mobile entièrement remaniée (Hollywood Reporter)
  • L'interview de Boris Johnson par la BBC a été annulée après l'envoi par mégarde de notes de briefing sur l'entretien de l'ancien Premier ministre (The Guardian)
  • CNN a demandé une interview avec Melania Trump. Son éditeur a demandé 250 000 $ en échange (CNN)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Substack s’impose comme le nouveau refuge anticonformiste du journalisme de design (Financial Times)
  • Comment la campagne de Kamala Harris a finalement fait fonctionner la stratégie de mèmes de Biden (Bloomberg)
  • Les YouTube Shorts deviennent moins courts (The Verge)

ENVIRONNEMENT 

  • Le sommet français sur l'intelligence artificielle sera axé sur l'impact environnemental des technologies énergivores (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Plus de 9 000 pages frauduleuses sur Facebook supprimées après que des Australiens aient perdu 43,4 millions de dollars à cause de deepfakes de célébrités (The Guardian)
  • À l'intérieur du chaos de la nouvelle téléréalité de MrBeast (Rolling Stone)
  • Apple vient-il de tuer les applications sociales ? (NYT)
  • Pourquoi Threads s'ouvre à d'autres réseaux sociaux (Washington Post)
  • MrBeast acquiert une startup visant à devenir le LinkedIn de l'économie des créateurs (Business Insider)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Le câble est en train de mourir. Le streaming devient le nouveau câble. Et tout empire (Washington Post)
  • Apple revoit à la baisse ses grands projets de sortie de films au cinéma (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les podcasts de discussion dominent le marché — et le feront toujours (Wired)
  • Votre prochaine interview de podcast pourrait en réalité être une réunion déguisée (Bloomberg)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • L'IA Copilot de Microsoft se dote d'une voix, de la vue et d'un persona « Hype Man » (Wired)
  • Le responsable de l'IA de Microsoft veut que Copilot apporte un « soutien émotionnel » à Windows et à Office (Wired)
  • OpenAI veut que toutes vos applications utilisent ses voix expressives d'IA (Washington Post)
  • Facebook est inondé d'images générées par l'IA montrant la dévastation causée par l'ouragan Helene (Futurism)
  • Microsoft commence à rémunérer les éditeurs pour leurs contenus mis en avant par Copilot (TechCrunch)
  • Microsoft arrête le HoloLens 2 sans successeur en vue (TechCrunch)
  • OpenAI ouvre son moteur d'IA vocale aux développeurs (Axios)
  • En Corée du Sud, la pornographie deepfake ruine la vie des femmes (Associated Press)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Comment Axios a augmenté ses revenus publicitaires pré-réservés en ciblant des audiences de niche (Digiday)
  • Amazon va augmenter le nombre de publicités sur Prime Video (Financial Times)
  • Les résumés de recherche générés par l'IA de Google affichent désormais des publicités (The Verge)

Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah

 

The post Liens vagabonds : Les médias traditionnels, victimes d'obsolescence dans le monde tech ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : YouTube, le nouveau géant de la télévision ?
    YouTube à la conquête de la télé - Lors de son événement Made On YouTube du mercredi 18 septembre, la plateforme de Google a dévoilé un plan ambitieux de transformation. Ce remaniement s’appuie sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’introduction de nouvelles fonctionnalités conçues pour séduire créateurs et utilisateurs, tout en accentuant la pression sur ses rivaux dans le marché du streaming. « YouTube est la plus grande chaîne de télévision au monde et un acteur clé de l’écosy

Liens vagabonds : YouTube, le nouveau géant de la télévision ?

YouTube à la conquête de la télé - Lors de son événement Made On YouTube du mercredi 18 septembre, la plateforme de Google a dévoilé un plan ambitieux de transformation. Ce remaniement s’appuie sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’introduction de nouvelles fonctionnalités conçues pour séduire créateurs et utilisateurs, tout en accentuant la pression sur ses rivaux dans le marché du streaming.

« YouTube est la plus grande chaîne de télévision au monde et un acteur clé de l’écosystème télévisuel. Contrairement à TikTok ou Facebook, YouTube est présent sur les téléviseurs de salon », avait déjà déclaré Evan Shapiro, cartographe de l'écosystème médias, lors d’un débat sur les prévisions 2024 pour le secteur des écrans, à la Royal Television Society à Londres. Malgré les prédictions concernant sa disparition, la télévision reste une composante majeure dans de nombreux foyers à travers le monde, et YouTube s’y implante de plus en plus. 60 % des enfants âgés de 4 à 15 ans au Royaume-Uni regardent YouTube régulièrement sur leur télévision connectée, selon des données de Barb. 

Ce repositionnement de YouTube en tant que chaîne de télévision marginalise progressivement les autres plateformes de streaming. En août, selon Nielsen, YouTube représentait 10,6 % du temps de visionnage sur les télévisions connectées, contre 7,9 % pour Netflix et 3,1 % pour Prime Video. Pour Robyn Summer, directeur commercial à l'agence marketing Essence Mediacom, YouTube pourrait même dépasser Netflix en termes d'audience quotidienne moyenne d'ici décembre 2024.

introducing fresh features to supercharge your creativity, community & business, including:

✨ AI-powered tools to ignite your imagination
🤗 deeper ways to connect with *your* people
💰 fun new opportunities to make money pic.twitter.com/0V2yWolR11

— YouTube (@YouTube) September 18, 2024

Dans cette même dynamique, YouTube introduit les « Creator Show Pages », une nouveauté qui s'inspire de la mise en page des plateformes comme Netflix ou Prime Video. D’après le vice-président des produits chez Youtube, cette fonctionnalité permettra aux consommateurs de « voir clairement l’intégralité d’une saison, ce qui pourrait les inciter à continuer à regarder ou même à télécharger la saison entière avant un vol ». Cette nouveauté s’ajoute aux avantages déjà mis en place pour optimiser l’impact des créateurs et faciliter leur portée. La place de Youtube sur les téléviseurs permet aux créateurs de considérer leur programmation, leur contenu et leurs investissements dans leurs communautés avec la même perspective que les médias traditionnels.

L'adoption de l'IA est bien sûr un élément crucial dans ce "pivot to tv". L'un des outils phares permet aux créateurs de recevoir des suggestions de concepts de vidéos, des titres, des miniatures, voire même un plan et les premières lignes du script. Le modèle vidéo de DeepMind, « Veo », désormais intégré à YouTube Shorts, sera principalement utilisé dans la fonctionnalité « Dream Screen », qui révolutionne l’écran vert en générant des arrière-plans virtuels. De plus, un nouveau bouton « Hype » placé à côté du bouton “like” permettra aux spectateurs de soutenir leurs créateurs favoris d’un simple clic, le faisant grimper dans un classement des vidéos les plus populaires.  « YouTube semble convaincu que l'IA peut simplifier presque toutes les facettes du travail des créateurs — et peut-être les inciter à produire encore plus de contenu », relate The Verge.

Malgré ces avancées technologiques prometteuses, YouTube fait encore face à des défis majeurs. Selon Les Echos, le géant de la vidéo en streaming peine encore à s'imposer comme la plateforme privilégiée pour la diffusion de programmes à gros budget. « Il faut un énorme volume de vues pour couvrir les coûts. La plupart des youtubeurs dépendent d'autres sources de revenus en plus des recettes publicitaires ». La prolifération des vidéos générées par l’IA pourrait exacerber cette problématique en rendant la compétition encore plus féroce. Dans une course où l'innovation ne laisse aucune place à l'hésitation, YouTube se prépare non seulement à consolider sa domination, mais à redéfinir les règles du jeu.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Streaming : Arte multiplie les partenariats de distribution pour sa plateforme (Les Echos)
  • La Poste sur le point d’abandonner les tarifs spéciaux pour la presse ? (Phrases)
  • Le JDNews, nouveau magazine d’actualité lié au JDD, sort en kiosque ce mercredi (Le Parisien)
  • Cafeyn se réinvente (CBNews)
  • Les Etats généraux de l’information à la rescousse de la presse locale et de ses journalistes (Laurent Brunel)
  • Inoxtag sur l’Everest, un documentaire viral qui rappelle la pollution de la plus haute montagne du monde (Le Monde)
  • Thierry Breton démissionne de son poste de commissaire européen en se disant désavoué par Ursula von der Leyen (Le Monde)

🚨Breaking news:

My official portrait for the next European Commission term ⤵ pic.twitter.com/BolWcdYiPU

— Thierry Breton (@ThierryBreton) September 16, 2024

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Plus de la moitié des utilisateurs de TikTok se tournent désormais régulièrement vers la plateforme pour s'informer

 

Source : Pew Research Center

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Quand vos collègues découvrent que vous êtes un influenceur sur les réseaux sociaux (Wall Street Journal)
  • X a été bloqué au Brésil. Est-ce important pour le journalisme ? (Reuters Institute)
  • Les nouveaux adversaires des Big Tech en Europe (Wired)
  • Le monde de l'Information en 2050 : Des scénarios possibles (INA / EGI)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Près de la moitié de la génération Z souhaiterait que TikTok « n'ait jamais été inventé », selon un sondage (Fortune)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

  • Les journalistes de Hong Kong harcelés dans une "attaque systématique et organisée" (The Guardian)
  • RSF, CFI, SINGA et la MDJ lancent un projet de soutien des journalistes en exil à Paris : “Voix en Exil” (RSF)
  • L’autorité américaine de la concurrence accuse les géants des réseaux sociaux de «surveillance de masse» (Le Figaro)
  • LinkedIn a besoin de vos données pour entraîner l'IA (Medium)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • TikTok va bientôt comparaître devant les tribunaux (The Verge)
  • Elon Musk qualifie le gouvernement australien de « fasciste » à la suite de sa loi sur la désinformation (Reuters)
  • Le gouverneur de Californie signe des lois visant à réprimer les « deepfakes » électoraux générés par l'intelligence artificielle (AP News)
  • Publicités en ligne : Google gagne son recours en justice contre l'Union européenne (euronews)

JOURNALISME

  • "Good enough is perfect" - The Economist lance des articles en traduction automatique, sans intervention humaine (PressGazette)
  • 4 $ pour une semaine ? 7 $ ? 10 $ ? Le Washington Post teste les « paiements flexibles » (NiemanLab)
  • Allemagne : le célèbre journal « taz » va arrêter sa version papier en 2025 (Ouest-France)
  • Le Guardian en pourparlers pour vendre le plus ancien journal dominical du Royaume-Uni à une start-up numérique (New York Times)
  •  La campagne de Harris dit qu'elle rencontrera la presse (selon ses conditions) (New York Times)
  • BBC News intensifie sa couverture de l'élection américaine (Adweek)
  • Le personnel technique du New York Times menace de faire grève pendant la période électorale (Semafor)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Comment Substack transforme l'information locale (inews)
  • Substack se fait une place dans le monde de la mode (Washington Post)

ENVIRONNEMENT 

  • L'IA a permis à Shein de devenir le plus grand pollueur de la fast fashion (Wired)
  • Les scientifiques deviennent une source d'espoir et d'information sur TikTok et Instagram (Los Angeles Times)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Instagram rend les comptes des adolescents privés par défaut (New York Times)
  • Meta suspend les médias d'État russes pour « activités d'ingérence étrangère » (The Guardian)
  • Patreon lance des fonctionnalités pour automatiser la charge administrative des créateurs et les aider à gagner plus d'argent (TechCrunch)
  • Kameto, streameur et patron de la KCorp : « Je ne pensais pas être un leader, moi » (Le Monde)

STREAMING, OTT, SVOD

  • La ruée vers l'or du streaming à Los Angeles est révolue, laissant les travailleurs du cinéma et de la télévision sur le banc de touche (Sherwood)
  • Comment Netflix a gagné la guerre du streaming (Financial Times)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les narrateurs de livres audio d'Amazon peuvent désormais créer leurs propres clones vocaux en IA (Wired)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Les Nations Unies veulent traiter l'IA avec la même urgence que le changement climatique (Wired)
  • BlackRock et Microsoft s'associent pour un nouveau fonds massif d'infrastructure en IA (Wall Street Journal)
  • YouTube annonce des fonctionnalités d'IA de Google DeepMind pour les créateurs de Shorts (CNBC)
  • Google présente des plans pour vous aider à distinguer les vraies images des fausses (The Verge)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Forbes Marketplace : La société SEO parasite essayant de dévorer son hôte (Lars Lofgren)
  • Pourquoi Politis devient une coopérative (Politis)

 

... et une petite dose de "cuteness" fabriquée avec l'IA :

 

AI's Tiny, elegant white peacock pic.twitter.com/cDIrUnsnvE

— March (@theXofficially) September 19, 2024

Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah

The post Liens vagabonds : YouTube, le nouveau géant de la télévision ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : Telegram au cœur d'une bataille juridique inédite
    L'arrestation de Pavel Durov marque une première historique dans le monde de la technologie.  Le 24 août, le PDG de l’application Telegram, a été arrêté à l’aéroport du Bourget, à Paris. Une information judiciaire est ouverte contre le milliardaire franco-émirati par le pôle cyber du parquet de Paris. Parmi les six chefs d'accusation, on reproche au dirigeant tech une « complicité de diffusion en bande organisée d’images de mineur présentant un caractère pornographique ». En cause, l’absence qu

Liens vagabonds : Telegram au cœur d'une bataille juridique inédite

L'arrestation de Pavel Durov marque une première historique dans le monde de la technologie.  Le 24 août, le PDG de l’application Telegram, a été arrêté à l’aéroport du Bourget, à Paris. Une information judiciaire est ouverte contre le milliardaire franco-émirati par le pôle cyber du parquet de Paris. Parmi les six chefs d'accusation, on reproche au dirigeant tech une « complicité de diffusion en bande organisée d’images de mineur présentant un caractère pornographique ». En cause, l’absence quasi-totale de modération et de coopération avec les autorités judiciaires françaises. La France surveille Telegram de près depuis que le réseau a été utilisé pour la coordination des attaques terroristes de Paris en 2015. Pour Wired, « Pavel Durov est le premier de sa génération de fondateurs de grandes plateformes à faire face à de telles conséquences sévères ». Ce cas pourrait créer un précédent pour toute l'industrie. 

Pourquoi Pavel Durov, le 'Robin Hood' d'Internet, est-il arrêté ? 

Telegram, "le dark web de poche" qui revendique 900 millions d’utilisateurs dans le monde, est critiqué pour avoir laissé prospérer des groupes diffusant des images pédopornographiques, des fausses informations, et des contenus criminels. Contrairement à d'autres réseaux sociaux, Telegram ne coopère pas par exemple avec des organisations telles que le National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), qui centralise la plus grande base de données mondiale de contenus pédopornographiques. Cette non-coopération avec les demandes de suppression de contenus et les réquisitions judiciaires fait de Telegram une plateforme à part : « Parmi les dirigeants des plus grands réseaux sociaux, Pavel Durov a toujours été un outsider », observe Wired. Contrairement à ses pairs, comme Mark Zuckerberg de Facebook ou Shou Zi Chew de TikTok, il a refusé de répondre aux convocations des autorités pour s'expliquer sur sa politique de gestion de contenu. 

⚖ Telegram abides by EU laws, including the Digital Services Act — its moderation is within industry standards and constantly improving.

✈ Telegram's CEO Pavel Durov has nothing to hide and travels frequently in Europe.

😵‍💫 It is absurd to claim that a platform or its owner…

— Telegram Messenger (@telegram) August 25, 2024

Les motivations derrière cette action judiciaire 

Telegram, dont la santé financière repose essentiellement sur la crypto-monnaie, se positionne en "outsider" en affirmant ne pas être soumis aux mêmes règles de modération que les autres grands réseaux sociaux. En effet, la plateforme considère qu'elle n'est pas concernée par le Digital Services Act (DSA), la loi européenne qui oblige les plateformes de plus de 45 millions d'utilisateurs actifs à lutter contre les contenus illégaux sous peine de sanctions. Le DSA impose des règles telles que l'interdiction de cibler les publicités selon la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle, la transparence sur la lutte contre la désinformation, et de nouvelles protections pour les mineurs. 

Telegram déclare officiellement avoir 41 millions d'utilisateurs actifs en Europe, juste en dessous de ce seuil. Cependant, des responsables de l'UE soupçonnent l'application d'avoir sous-estimé ce chiffre pour éviter d'être classée parmi les « très grandes plateformes ». En ne fournissant pas un chiffre actualisé ce mois-ci, Telegram se trouve déjà en infraction avec le DSA, note The Financial Times

L'affaire est aussi hautement politique, avec un accusé qui détient les nationalités de quatre puissances mondiales. Il y a six ans, selon le Wall Street Journal, Emmanuel Macron avait tenté de convaincre Durov de déplacer Telegram à Paris et lui a offert la nationalité française. Bien que Durov a depuis reçu le cadeau de la nationalité française (tout comme Evan Spiegel, patron de Snapchat), le siège de Telegram se trouve actuellement à Dubaï. La Russie, de son côté, prétend ne pas être au courant d'autres nationalités détenues par son ressortissant (également fondateur de VKontakte, le Facebook russe), et défend l'application de messagerie la plus populaire du pays dans un élan qui réunit gouvernement et opposition politique. Et en Ukraine, où Telegram bénéficie de la même popularité, on se demande toujours si est-elle un cheval de Troie russe.

Enjeux pour les autres plateformes 

Cette affaire pourrait créer un précédent significatif pour d'autres plateformes numériques. Evelyn Austin, de la fondation Bits of Freedom, déclare : « L’arrestation de Durov intervient à un moment particulièrement volatile pour les plateformes en ligne et leurs utilisateurs. » L'idée que les entreprises puissent être tenues responsables des actions criminelles de leurs utilisateurs gagne du terrain. Un sondage récent au Royaume-Uni montre que deux tiers des personnes interrogées estiment que les entreprises tech devraient être tenus responsables d'héberger du contenu incitant à la violence

Selon Casey Newton, journaliste spécialisé dans les technologies, la poursuite éventuelle de Telegram par la France pourrait encourager d'autres pays à adopter des mesures similaires contre les dirigeants de plateformes pour non-divulgation des données des utilisateurs. « Nous nous sommes déjà dangereusement rapprochés de cette réalité », avertit-il. « L'Inde et la Russie ont été parmi les premiers pays à utiliser des « lois de prise d'otage » pour menacer les employés des plateformes de prison en raison de décisions de modération de contenu, et d'autres pays pourraient suivre. » 

Un changement de paradigme pour l'industrie numérique ? 

L'arrestation de Pavel Durov (qui a été libéré sous caution de 5 millions d'euros mercredi) marque un tournant dans la façon dont les gouvernements traitent les plateformes numériques, en soulignant une volonté croissante de tenir les dirigeants responsables de la diffusion de contenus illégaux. À l'heure où l'équilibre entre liberté d'expression et sécurité en ligne est de plus en plus débattu, cette affaire représente un test pour Telegram et pour toutes les autres entreprises technologiques. 

En attendant, Marc Zuckerberg se retrouve de l'autre côté du mirroir de la censure, en avouant cette semaine que Meta a cédé aux pressions de l'administration Biden pour censurer du contenu sur le COVID-19 en 2021.

🚨🇺🇸BREAKING: ZUCKERBERG REGRETS CAVING TO BIDEN'S CENSORSHIP DEMANDS, CUTS DEM FUNDING

Mark Zuckerberg, in a bombshell letter to House Judiciary Chairman Jim Jordan, expresses deep regret over Meta's compliance with Biden Administration pressure to censor COVID-19 content in… pic.twitter.com/FPXdFWd55n

— Mario Nawfal (@MarioNawfal) August 26, 2024

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • L’UMICC annonce la nomination de Gaspard G en tant que secrétaire général (Influencia)
  • Agnès Vahramian nommée à la tête de France Info et Céline Pigalle à la direction de l'information de Radio France (Le Figaro)
  • Une rentrée des radios et des télévisions marquée par les Jeux paralympiques, des nouveaux castings et toujours plus de Cyril Hanouna (Le Monde)
  • « Télématin » : Julien Arnaud quitte TF1 et remplace Thomas Sotto sur France 2 (Le Parisien)
  • Le personnel politique face à une défiance généralisée de l’électorat (Le Monde)
  • L'irruption de l'IA dans la chaîne éditoriale suscite des inquiétudes au Figaro (La Lettre)
  • L'Equipe s'excuse à propos de sa Une (L'Equipe)

3 CHIFFRES

  • Près de la moitié des utilisateurs de TikTok âgés de moins de 30 ans déclarent l'utiliser pour se tenir au courant de la politique et de l'actualité, selon le Pew Research Center.
  • 56 % des utilisateurs ont déjà cessé de suivre un créateur à cause de ses opinions politiques. Pourtant, 82 % des influenceurs américains prévoient de partager leur orientation politique durant cette période électorale, selon Business Insider.
  • 4 500 années-développeur et 260 millions de dollars - c'est ce que l'IA générative aurait déjà fait économiser à Amazon, selon son directeur 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Deux tiers des Britanniques estiment que les entreprises tech devraient être tenues responsables des publications incitant aux émeutes

Source : YouGov

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Pourquoi les femmes n'utilisent-elles pas l'intelligence artificielle ? (The Economist)
  • Les Républicains inondent la télévision de publicités trompeuses sur l'immigration et les frontières (The Washington Post)
  • La plupart des avatars d'IA sont féminins, jeunes et séduisants. S'agit-il d'une tendance passagère ou d'une tendance durable ? (Reuters)
  • Les stars de YouTube veulent du respect (Wall Street Journal)
  • Le problème de Kamala avec la génération Z (Business Insider)

Crédit image : Anna Moneymaker/Getty Images

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Des pirates iraniens ont ciblé les comptes WhatsApp d'employés des administrations Biden et Trump, selon Meta (APNews)
  • Comment l'IA va fusionner le cinéma et les jeux (A16z)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION 

  • Les gens sont-ils plus susceptibles d'évaluer correctement la désinformation lorsque les enjeux politiques sont élevés ? Haha, non (NiemanLab)
  • L'UE est exhortée à annuler son accord commercial avec Israël en raison des meurtres de journalistes (PressGazette)
  • L'outil d'IA Grok d'X (anciennement Twitter) d'Elon Musk manque de garde-fous efficaces pour prévenir la désinformation électorale (independent)
  • Persécutés par le régime Maduro, les journalistes vénézuéliens ont recours à l'IA (The Guardian)

Source : The Guardian

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Brésil : le réseau social X bloqué après un ordre de la Cour suprême (AP)
  • Sarah Palin obtient un nouveau procès dans l'affaire de diffamation contre le New York Times (Reuters)
  • OpenAI soutient le projet de loi californien sur l'IA exigeant le 'filigrane' du contenu synthétique (Reuters)

JOURNALISME

  • Comment le journalisme est devenu la profession la plus dangereuse au Mexique (Financial Times)
  • Lors de la Mostra de Venise, le manque d'accès aux vedettes de cinéma laisse les journalistes internationaux frustrés (Variety)
  • Écart générationnel, rhétorique militaire et polarisation : ce qui doit changer dans le journalisme sportif italien (The Fix)
  • Un conseiller en sécurité de Reuters tué, deux journalistes blessés à Kramatorsk, en Ukraine (Reuters)
  • "Le point de non-retour" : la chute de Stand News, autrefois principal média en ligne de Hong Kong (Reuters)
  • Les lecteurs préfèrent cliquer sur un titre clair et simple, comme celui-ci (NiemanLab)

Crédit image : NiemanLab

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Cet agrégateur de nouvelles/application de rencontre aide les passionnés d'actualité à se rencontrer (NiemanLab)
  • Est-ce que nous faisons fondre notre cerveau en faisant défiler des vidéos courtes sans fin ? (Sophia Smith Galer)

ENVIRONNEMENT 

  • Le gouvernement Albanese accusé d’essayer d’‘enterrer les mauvaises nouvelles’ concernant l’état de santé de la Grande Barrière de Corail (The Guardian)
  • La longue bataille du climat dans les pages du « Monde » (Le Monde)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Si TikTok est interdit, les créateurs de haut niveau pourraient se tourner vers Facebook plutôt que vers Instagram (emarketer)
  • La lutte de marques autour de ‘Demure’ révèle un changement massif dans le pouvoir des mèmes (Wired)
  • Pizza Hut permet aux clients de payer leur pizza avec des danses TikTok (gizmodo)
  • La tournure politique marquée d'Elon Musk (Wall Street Journal)
  • X se prépare à une interdiction au Brésil (BBC)

Source : Wall Street Journal

 STREAMING, OTT, SVOD

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les frères Kelce signent un accord de podcast 'New Heights' avec Wondery d'Amazon pour plus de 100 millions de dollars (The Wrap)
  • Qu'est-ce qui fait une bonne alchimie ? Pour les podcasts de discussion, c'est fondamental (New York Times)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Le plus grand défenseur de Telegram : l’industrie mondiale de la crypto-monnaie (New York Times)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le nouvel assistant vocal Alexa d'Amazon utilisera Claude AI (The Verge)
  • Le nouvel outil d'IA du Washington Post passe au crible d'énormes ensembles de données (Axios)
  • SAG-AFTRA obtient l'adoption d'une loi en Californie pour limiter les répliques d'IA (Variety)
  • La prise de notes automatique par IA de Google Meet est disponible (The Verge)
  • Gannett ferme un site accusé de publier des critiques de produits basées sur l'IA (The Verge)
  • Bonjour, vous êtes ici parce que vous avez dit que l'édition d'images par IA était comme Photoshop (The Verge)
  • Des grands sites internet disent non à l'extraction de données par l'IA d'Apple (Wired)
  • GameNGen Google : Les modèles de diffusion sont des moteurs de jeu en temps réel (GitHub)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Les éditeurs font la promotion du jeu sur leurs plateformes (Axios)
  • Voici comment 7 directeurs d'audience de médias envisagent les résumés générés par l'IA de Google (NiemanLab)
  • Apple réduit ses effectifs dans ses applications Livres et News (The Verge)

 

 

Par KATI BREMME, ALEXANDRA KLINNIK ET AUDE NEVO

 

 

 

The post Liens vagabonds : Telegram au cœur d'une bataille juridique inédite first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : Paris 2024 à l’ère des influenceurs
    Comment faire vibrer les spectateurs au rythme des Jeux Olympiques après le flop des deux dernières éditions ? Pour attirer l'attention de la génération Z, le groupe audiovisuel américain NBCUniversal a misé gros en envoyant 27 influenceurs de renom sur le terrain. Le but ?  Rajeunir l’audience de son service de streaming, Peacock. Cette initiative illustre l’importance grandissante des influenceurs dans le paysage médiatique, sujet du dernier Cahier de Tendances de Méta-Media. Pourtant cette f

Liens vagabonds : Paris 2024 à l’ère des influenceurs

Comment faire vibrer les spectateurs au rythme des Jeux Olympiques après le flop des deux dernières éditions ? Pour attirer l'attention de la génération Z, le groupe audiovisuel américain NBCUniversal a misé gros en envoyant 27 influenceurs de renom sur le terrain. Le but ?  Rajeunir l’audience de son service de streaming, Peacock. Cette initiative illustre l’importance grandissante des influenceurs dans le paysage médiatique, sujet du dernier Cahier de Tendances de Méta-Media. Pourtant cette fois, ce sont ces mêmes influenceurs qui se sont fait voler la vedette.  

Des stars des réseaux sociaux aux Etats-Unis comme Kai Cenat, Daniel Macdonald et Zhongni « Zhong » Zhu étaient en première ligne pour partager leur expérience olympique. Mais malgré leur audience massive, ces créateurs ont rapidement été éclipsés par les véritables héros des Jeux : les athlètes eux-mêmes. 

Ilona Maher, star de l’équipe de rugby américaine, a par exemple gagné près de 2 millions de nouveaux adeptes en seulement deux semaines grâce à ses vidéos humoristiques sur la vie dans le village olympique. Elle n’est pas la seule : le nageur norvégien Henrik Christiansen et d’autres athlètes ont eux aussi réussi à captiver le public avec des contenus authentiques et spontanés, bien loin du format aseptisé des influenceurs traditionnels.  

@ilonamaherWhen in paris♬ original sound - Ilona Maher

« Je n'aime pas qu'on me qualifie d'influenceuse. Je suis d'abord une joueuse de rugby, ensuite une influenceuse », a confié Ilona Maher, qui, en plus de son succès sur le terrain, est devenue une star des réseaux sociaux. Cette dualité montre à quel point les athlètes actuels se sont adaptés à l’ère numérique. D’autant plus qu’ils ont bénéficié de l’assouplissement d’une règle du Comité International Olympique (CIO), leur permettant de bénéficier d’une activité commerciale autour des jeux. Une aubaine quand la plupart des athlètes olympiques américains de haut niveau semblent à peine s'en sortir financièrement, gagnant en moyenne 2 000 dollars par mois. Ilona Maher confirme :  « C'est ce que j'ai dû faire pour gagner de l'argent et attirer l'attention sur notre sport ». 

En parallèle, les influenceurs embauchés par NBC ont eu du mal à trouver leur place, en grande partie à cause des restrictions imposées par le CIO. Pour protéger les droits des diffuseurs officiels, ils avaient interdiction de filmer les épreuves elles-mêmes. Leur contenu a donc souvent été limité à des clichés de stades ou de cérémonies, loin de l'immersion que le public attendait. « Les gens recherchent une couverture de qualité de ce qui se passe réellement aux Jeux », analyse Christine Tran, spécialiste des médias numériques à l'Université de Toronto. « Il y a des journalistes qui ont une formation médiatique et des moyens de production pour offrir ce genre de couverture sur le terrain. Ce que les influenceurs proposent, c'est une sorte d'informalité mise en scène, qui n'a pas eu l'impact escompté ». Il était difficile pour ces derniers de casser l’image lisse de leurs contenus, à cause de la nature même de leur contrat avec NBC. « Si NBCUniversal vous emmène à Paris et vous loge, vous n'allez probablement pas commenter les mouvements ridicules de la breakdanceuse australienne ou le fait que vous n'avez pas pu voir grand-chose depuis votre siège hors de prix à la cérémonie d'ouverture » souligne Wired. 

Même si les influenceurs de NBC n'ont pas réussi à faire décoller leurs vidéos, les chaînes de médias sociaux de NBC Sports ont gagné 2 millions de nouveaux adeptes grâce à l’engouement généré par les athlètes. Peacock, a également enregistré une hausse de 75 % du nombre de téléspectateurs en journée d'une semaine à l'autre, signe que le public est bien présent, mais qu'il s’intéresse surtout aux vrais acteurs des Jeux. 

Cette situation pourrait bien changer d’ici les prochains Jeux d’été, en 2028 à Los Angeles, où une armée d'influenceurs basés en Californie pourrait être mobilisée. Certes, la place des influenceurs n’est plus à négliger dans le paysage médiatique, mais leur voix doit être utilisée de la bonne manière, pour le bon contenu et le bon format, si elle veut se faire entendre.  

Et sinon, petit tour des points qu’il ne fallait pas manquer ces trois dernières semaines :

  • OpenAI a annoncé le 25 juillet un nouvel outil de recherche “SearchGPT”, qui ne fonctionne pas très bien, appelé “OopsGPT” (The Atlantic).
  • Cet outil continue d’alimenter la bataille avec les éditeurs de presse (Axios)
  • De son côté Perplexity a lancé son “Programme des éditeurs”. Parmi les principaux éléments, l’entreprise compte désormais partager plus équitablement ses revenus avec les éditeurs. (Perplexity)
  • Sur Peacock, c’est une IA qui a été chargée des commentaires sportifs des Jeux Olympiques avec la voix du commentateur sportif Al Michaels (State)
  • La vidéo sociale envahit le monde (Doug Shapiro)
  • Les responsables d'État américains demandent à X de s'attaquer à la désinformation électorale (Social Media Today)
  • Décès de Susan Wojcicki, ancienne PDG de YouTube, à l'âge de 56 ans (The Guardian)
  • Après la condamnation de Google, la fin de l’impunité des géants du numérique ? (Mediapart)
  • Instagram impose les “Vues” comme statistique principale (Instagram)

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Instagram’s @Creators (@creators)

  • Le soutien d’Elon Musk à Donald Trump nuit aux activités de Tesla dans le secteur des véhicules électriques en Europe, qui sont déjà en difficulté (Fortune)
  • Kamala Harris ne donne pas d'interviews. Des questions ? (New York Times)
  • En Russie, l’accès à YouTube fortement ralenti par les autorités (Meduza)
  • Désinformation en action : Channel 3, le faux média russe, aggrave la situation au Royaume-Uni (The Telegraph)
  • En Australie, une publication scientifique critiquée pour avoir utilisé l'IA (The Guardian)
  • Jeux olympiques 2024: les cadreurs enfin sommés de filmer de façon non sexiste (Slate)
  •  Les sénateurs proposent un retour de la redevance pour financer l’audiovisuel public (Public Sénat)
  • La BBC va supprimer 500 postes d'ici deux ans (Variety)

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • TV5 Monde : la rédaction en état de crise permanent (La Lettre)
  • La Commission européenne prend ses distances après la mise en garde de Thierry Breton à Elon Musk (Le Monde)
  • Les JO de Paris offrent des records d'audiences aux diffuseurs et à la presse (Les Echos)

With great audience comes greater responsibility #DSA

As there is a risk of amplification of potentially harmful content in 🇪🇺 in connection with events with major audience around the world, I sent this letter to @elonmusk

📧⤵ pic.twitter.com/P1IgxdPLzn

— Thierry Breton (@ThierryBreton) August 12, 2024

3 CHIFFRES

  • La couverture quotidienne des JO sur NBCUniversal a attiré 30,6 millions de téléspectateurs, soit une augmentation de 80 % par rapport à Tokyo 2020, d’après Hollywood Reporter.
  • Selon l'ONG du Centre contre la haine en ligne, 50 publications d'Elon Musk diffusant de la désinformation sur la plateforme X ont cumulé un milliard de vues depuis janvier.
  • Plus de 22 newsletters sur Substack dans les domaines de la politique, de l'actualité, des affaires et de la technologie comptent « des dizaines de milliers » d'abonnés payants, selon Axios.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Qu’est-ce qui empêche les salariés d’utiliser ChatGPT ?

Source : University of Chicago

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Les technologies ‘intelligentes’ sont devenues ingérables. Nous avons une affection pour les technologies plus simples (Washington Post)
  • L'opération Gen-Z derrière la métamorphose en ligne de Harris (CNN)
  • Bowling, selfies et le “Dougie” : Biden séduit les influenceurs à la Maison-Blanche (New York Times)
  • À l'approche de l'élection présidentielle, quel rôle jouent les influenceurs ? (Digiday)
  • Voici comment les gens utilisent réellement l'IA (MIT)
  •  Un guide visuel des influenceurs qui façonnent l'élection de 2024 (Wired)

Capture d'écran de The Wired

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Alors que Meta se détourne de la politique, les grands comptes Instagram constatent une baisse de leurs vues (Bloomberg)
  • La recherche IA de Google impose un choix crucial aux sites : partager des données ou disparaître (Bloomberg)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • L'Iran recourt à des sites de désinformation pour influencer les élections américaines, d'après Microsoft (Washington Post)
  • Les médias sénégalais organisent une journée de blackout pour attirer l'attention sur les préoccupations concernant la liberté de la presse (AP)
  • Selon Meta, les tactiques d'IA utilisées par la Russie pour interférer avec les élections américaines échouent (The Guardian)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Comment la semaine agitée d'Elon Musk révèle les failles des législations britanniques en matière de sécurité en ligne (The Guardian)
  • TikTok s’engage à retirer définitivement de l’UE son programme de récompenses (Stratégies)
  • Un projet de loi californien visant à réglementer l'I.A. suscite l'inquiétude dans la Silicon Valley (New York Times)
  • Les électeurs de la génération Z s'opposent aux restrictions sur les réseaux sociaux, selon une nouvelle étude (Bloomberg)

JOURNALISME

  • Le New York Times cessera de soutenir les candidats dans les courses électorales de New York (New York Times)
  • Biden affirme aux créateurs qu'ils ont un avantage que les médias traditionnels n'ont pas : « Vous inspirez confiance. » (TechCrunch)
  • Kamala Harris doit s'adresser à la presse (The Guardian)
  • Le « Washington Post » critique l'attaque de Taylor Lorenz contre Joe Biden, qualifié de « criminel de guerre » (npr)
  • L'ère du journaliste indépendant prend son envol (Axios)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Twitch vient de lancer Video Stories (Twitch)
  • Les newsletters sur LinkedIn valent-elles vraiment le détour ? (journalism.co.uk)
  • La convention du parti démocrate américain sera streamée pour la première fois en format vertical(Axios )

ENVIRONNEMENT

  • Si vous voulez que les Américains prêtent attention au changement climatique, appelez-le simplement “changement climatique” (NiemanLab)
  • Les grandes entreprises technologiques cherchent à modifier les règles sur les émissions nettes nulle  (Financial Times)
  • La répétition rend les mensonges sur le climat plus crédibles — même pour ceux qui soutiennent la science climatique (NiemanLab)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • L'échange entre Elon Musk et Trump sur X a débuté par un incident technologique (The Verge)

Conversation with @realDonaldTrump with topic timestamps https://t.co/ziLJEUhnE7

— Elon Musk (@elonmusk) August 13, 2024

  • Les éditeurs renforcent leur présence sur Reddit alors que la plateforme gagne en visibilité dans les recherches (Adweek)
  • Le style très personnel de la génération Z creuse le fossé générationnel sur LinkedIn (Bloomberg)
  • Le flux d'actualités d'Elon Musk sur X se fait l'écho de ses politiques d'extrême droite (Washington Post)
  • Comment les athlètes de la génération Z ont propulsé les Jeux Olympiques de Paris 2024 dans l'ère de TikTok (Axios)
  • Kamala Harris consacre dix fois plus de budget que Trump à une campagne publicitaire numérique (Financial Times)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Les Jeux Olympiques se concluent avec une énorme hausse des audiences pour NBCUniversal (Hollywood Reporter)
  • Paramount Global va licencier 15 % de ses employés aux États-Unis et fermer un studio de télévision (Reuters)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Apple accepte finalement l'application Spotify avec les tarifs européens (The Verge)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le MIT publie une base de données complète sur les risques liés à l'IA (VentureBeat)
  • Google étend ses réponses par IA à de nouveaux pays (Reuters)
  • Eric Schmidt se rétracte sur sa déclaration selon laquelle Google serait en retard en intelligence artificielle à cause du télétravail (Wall Street Journal)
  • Google ouvre discrètement l'accès à Imagen 3 à tous les utilisateurs aux États-Unis (Venture Beat)

Capture d'écran de VentureBeat

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Instagram est de loin supérieur à Facebook aux yeux des marques (Digiday)
  • Le PDG de X appelle à une refonte de l'industrie publicitaire (Axios)

 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

 

 

The post Liens vagabonds : Paris 2024 à l’ère des influenceurs first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Podcasts d'été : Nos recommandations
    Que nous réserve l’avenir ? Méta-Media a choisi pour vous une série de podcasts pour explorer cette question. Profitez de l'été pour ouvrir vos écoutilles ! Le code a changé “Le cinéma qui aime tant exhiber ses prouesses techniques est peu bavard sur ces outils qui rendent les gens plus beaux”.  Dans le podcast Le code a changé, le journaliste Xavier de La Porte explore l'usage croissant de l'intelligence artificielle pour retoucher les visages des actrices à l'écran. Lisser les traits, effacer

Podcasts d'été : Nos recommandations

Que nous réserve l’avenir ? Méta-Media a choisi pour vous une série de podcasts pour explorer cette question. Profitez de l'été pour ouvrir vos écoutilles !

Le code a changé

“Le cinéma qui aime tant exhiber ses prouesses techniques est peu bavard sur ces outils qui rendent les gens plus beaux”.  Dans le podcast Le code a changé, le journaliste Xavier de La Porte explore l'usage croissant de l'intelligence artificielle pour retoucher les visages des actrices à l'écran. Lisser les traits, effacer les cernes, faire disparaître les pores : de plus en plus de stars réclament le recours au 'passe beauty' dans les productions, tant aux États-Unis qu'en France. Désormais, les contrats des actrices intègrent l'utilisation de ce logiciel, capable d'apporter des corrections précises, parfaitement adaptées aux mouvements du visage. Ces outils permettent une retouche bien plus fine que celle réalisée en 2008 pour L'Étrange Histoire de Benjamin Button, film récompensé par l'Oscar des meilleurs effets visuels. Si ces logiciels peuvent effacer les imperfections, ils risquent aussi d'effacer les émotions, et se concentrent presque exclusivement sur les femmes. Ils ciblent principalement les signes de vieillissement féminin, tout en ignorant par exemple l'apparition d'un début de calvitie chez les hommes... Un podcast qui nous invite à voir comment la technologie renforce les injonctions sociétales.

On the Media (OTM)

"On the Media" (OTM) est un podcast américain incontournable pour ceux qui cherchent à comprendre les mécanismes et les enjeux du monde médiatique. Animé par les journalistes Brooke Gladstone et Micah Loewinger, le programme plusieurs fois primé se distingue par sa capacité à décortiquer les complexités médiatiques, allant de la désinformation à l'évolution des mouvements politiques comme le MAGA (Make America Great Again). Par exemple dans l’épisode « How the media created J.D. Vance » du 19 juillet, l'animatrice Brooke Gladstone analyse le rôle des médias dans l'ascension du chouchou et colistier de Donald Trump à la présidentielle. De nombreux sujets sont centrés sur les événements de la semaine précédente et critiquent la manière dont ils ont été couverts par les médias. Cependant, la force d'OTM réside dans sa diversité thématique. Le programme observe à la loupe toute la palette de ce que peut représenter un média en passant par la presse en ligne, la télévision, la radio, les nouveaux médias, Netflix, YouTube, la téléréalité etc. Par exemple, dans l'épisode « Making Fun of Public Radio », Brooke Gladstone s’entretient avec les créateurs de la série télévisée « In the Know », une parodie de NPR (National Public Radio). La série qui met en scène des marionnettes un peu loufoques n’est pas sans rappeler les « Guignols de l’info » diffusé en France jusqu’en 2018. Le but de l’épisode est de décrypter les raisons pour lesquelles la radio publique est un terrain si fertile pour la satire. OTM permet donc à ses auditeurs de naviguer dans l’océan tumultueux de l’information avec un œil plus avisé. Le petit plus ? Des ressources supplémentaires sont toujours données en complément de l’émission pour aller plus loin.

 

Silicon Carne
Avec son slogan « un peu de picante dans la Tech », « Silicon Carne » se distingue par son ton décalé et son approche sans filtre des sujets brûlants de l'industrie technologique. Carlos Diaz, entrepreneur basé à San Francisco, combine une perspective d'initié avec une critique acérée, offrant un décryptage rafraîchissant des tendances et des innovations. Chaque épisode, teinté d'humour et de sarcasme, aborde des thèmes variés : des impacts des géants de la tech sur nos vies au bullshit du métavers, en passant par le Bitcoin et la situation socioéconomique à la Silicon Valley, entre burn-out et "Great Resignation". L’animateur accompagné de ses invités apporte son regard critique sur des sujets d’actualité comme le procès d’Elon Musk contre OpenAI, le bannissement de TikTok aux États-Unis, ou le lancement de ChatGPT-4o : « La guerre de l’IA fait rage ici dans la Silicon Valley, » prévient-il.
Les épisodes d'environ une heure traitent les sujets les plus brûlants de la semaine, avec des titres foisonnant d’émojis, pour parfaire la ligne éditoriale décalée. Le message est clair. Ici, on parle de sujets sérieux sans se prendre au sérieux. Par exemple, dans l'épisode « 🔎 BeReal + Voodoo 💣 Du rififi entre OpenAI et Microsoft 💰 Musk touche sa prime », « Silicon Carne » explore l'acquisition de BeReal par Voodoo pour 500 millions d'euros et les tensions entre OpenAI et Microsoft, ainsi que le bonus controversé de 46 milliards de dollars accordé à Elon Musk, illustrant les dynamiques de pouvoir en cours dans l'industrie. Un must à écouter !
Hard Fork

Le podcast "Hard Fork" diffusé par le New York Times, et animé par Kevin Roose et Casey Newton, est un guide indispensable dans un monde technologique en constante évolution. “Qu’est-ce qui est réel ? Qu’est ce qui est exagéré ?”, se demandent-ils constamment. Chaque semaine, ils offrent une analyse claire des dernières nouveautés tout en critiquant les dérives de l'industrie. Dans leur dernier épisode, ils se penchent sur la hype autour de ChatGPT : sommes-nous dans une bulle IA ? Les patrons de la tech continuent de dépenser, alors que les retours sur investissements sont encore loin. Jim Covello, le chef de la recherche sur les actions de Goldman Sachs, a notamment remis en question le moment ou même la possibilité que l’IA produise suffisamment de bénéfices pour compenser ses coûts astronomiques. Un regard informé et critique.

 

The post Podcasts d'été : Nos recommandations first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Lectures d'été : Nos recommandations (1/2)
    Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause  que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures ! The Power of one - Frances Haugen Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément

Lectures d'été : Nos recommandations (1/2)

Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause  que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures !

The Power of one - Frances Haugen

Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément des informations toxiques et favorisait la violence. Ses révélations, basées sur 22 000 pages de documents internes, ont montré que Facebook était pleinement conscient des dommages qu'il causait.

Après la publication des "Facebook Files", la valeur boursière de l'entreprise a chuté de 75 %, subissant la plus lourde perte en une seule journée jamais enregistrée pour une entreprise américaine cotée en Bourse. Frances Haugen avait rejoint Facebook en 2019, malgré la mauvaise réputation de l'entreprise, dans l'espoir de réduire la désinformation. Elle écrivait alors : “À l’époque, accepter un poste chez Facebook n’apportait aucune valeur ajoutée au CV ; au contraire, cela risquait d’entacher mon image de marque.” Son autobiographie retrace, avec le plus de sincérité possible, son parcours de "nerd", l’absence de considération éthique des boites tech, les risques encourus devant de telles révélations. La lanceuse d’alerte met en garde contre les dangers d'une technologie non régulée et appelle à une plus grande transparence et responsabilité des réseaux sociaux. Elle critique également la dynamique perverse où les compétences acquises par les législateurs sont désormais rapidement récupérées par les géants de la tech avec des offres salariales alléchantes, sapant ainsi les efforts de régulation. Les assistants parlementaires sont ainsi débauchés par les géants de la tech avec des salaires cinq fois supérieurs à ce que leurs sénateurs peuvent se permettre de leur payer… Un récit éclairant sur les “entrailles” de la tech !

Elon Musk - Walter Isaacson

Elon Musk se perçoit comme un « personnage de bande dessinée essayant de sauver le monde », avec des ambitions titanesques et un ego colossal. C’est ce que rapporte Walter Isaacson, qui a suivi l’entrepreneur milliardaire pendant deux ans. Le biographe a ainsi pu observer de près cet « homme capricieux », avec un accès privilégié à certaines réunions, emails et textos de la star de la tech. Il a ainsi été témoin de moments clés tels que le rachat de Twitter, l'explosion en vol de la fusée Starship, et la naissance de plusieurs de ses enfants.

On en retient qu'Elon Musk règne en maître absolu sur ses entreprises. Il impose des réductions drastiques de coûts dans certains domaines tout en insistant pour que d'autres dépenses soient illimitées. Chez Tesla, son obsession pour les détails du design automobile a fait exploser les coûts et vidé la trésorerie de l’entreprise. Lorsqu'il a acquis Twitter, il a licencié 75 % du personnel et s'est réjoui de renvoyer les dirigeants pour les empêcher de percevoir leurs indemnités de départ. Le rachat du réseau social est en partie due à son addiction aux tweets et à son désir de prendre une revanche sur un passé difficile. Ayant été harcelé à l’école en Afrique du Sud, l'entrepreneur souhaitait posséder son « propre terrain de jeu ». Mais comme le souligne le New York Times, « posséder un terrain de jeu ne vous empêchera pas d’être malmené »…

Cette biographie n'est pas une enquête journalistique classique, mais plutôt un exercice d'admiration qui explore les multiples facettes et les démons d’un milliardaire fantasque, qui n’obéit qu’à ses lubies passagères. Divertissant et inquiétant.

Extremely Online : The Untold Story of Fame, Power and Influence on the Internet – Taylor Lorenz

« Je souhaite raconter des histoires qui ont été effacées de l'histoire par Silicon Valley », annonce Taylor Lorenz. Dans son ouvrage, la journaliste tech du Washington Post s'intéresse à un aspect souvent négligé des réseaux sociaux : l'expérience des utilisateurs eux-mêmes. Contrairement à des livres comme Hatching Twitter de Nick Bilton ou No Filter de Sarah Frier, qui se concentrent principalement sur l'aspect corporate des entreprises technologiques, Taylor Lorenz choisit de se pencher sur les individus qui ont façonné et redéfini le paysage des médias sociaux.

L'essai se distingue par son ambition de narrer l'histoire de l'internet social à travers les yeux des utilisateurs, du boom des blogs dans les années 2000 à l'ère de TikTok. La journaliste analyse comment des figures telles que les « mamans blogueuses » ont non seulement influencé le contenu en ligne, mais ont également été des pionnières dans la monétisation de leurs marques personnelles, devenant ainsi les premières influenceuses. « Pendant une grande partie de l'histoire des médias sociaux, Silicon Valley a été extrêmement hostile envers ces utilisateurs influents. Les fondateurs de la tech éprouvaient presque de la rancune face au pouvoir qu'ils exerçaient sur internet. Lorsque la pandémie a éclaté, ils ont commencé à parler de "l'économie des créateurs" comme si c'était quelque chose de nouveau, alors qu'ils l'avaient dénigrée pendant des décennies parce qu'elle était principalement pionnière par des femmes », explique l’ancienne journaliste du New York Times.

Taylor Lorenz explore également comment les adolescents ont réinventé la célébrité à travers des plateformes comme Vine. En mettant en lumière ces acteurs apparemment marginaux, elle révèle comment ils ont perturbé les structures établies du capitalisme moderne, créé de nouveaux secteurs économiques et redéfini les attentes en matière de contenu et de pouvoir.

La journaliste a d’ailleurs appliqué ce qu'elle a observé sur les réseaux sociaux à sa propre promotion. Pour booster la visibilité de son livre, elle a répondu publiquement à un commentaire désobligeant d’Elon Musk : : « En fait, ce qui a vraiment bien fonctionné, c’est quand j’ai répondu à Elon Musk. Il avait dit quelque chose de méchant à mon sujet, et j’ai répliqué en lui suggérant de lire mon livre. Cela m’a rapporté 100 commandes. »

The Anxious Generation – Jonathan Haidt

Chez les jeunes, une crise de la santé mentale est en cours. Jonathan Haidt, dans son livre The Anxious Generation, note une augmentation de 30% des cas de dépression et d’anxiété chez les enfants et les adolescents, qu’il qualifie d' « épidémie de santé mentale ». Selon le psychologue, les parents échouent en surprotégeant leurs enfants dans le monde réel tout en les « abandonnant » dans le monde virtuel.

Dans son essai, le psychologue propose des solutions pour limiter les effets nocifs de la technologie, telles que l’interdiction des smartphones avant le lycée et des réseaux sociaux avant 16 ans. Il compare les écoles sans interdiction de téléphone à une « apocalypse zombie » où les élèves ne communiquent pas.

Cette critique rejoint l’analyse de l’anthropologue David Le Breton dans La fin de la conversation, qui affirme que les smartphones isolent, non seulement les enfants, mais aussi les adultes : « Nous sommes de moins en moins ensemble, mais de plus en plus côte à côte, les yeux rivés sur nos écrans, sans plus nous regarder. On n’a jamais autant communiqué, mais jamais aussi peu parlé ensemble. »

The post Lectures d'été : Nos recommandations (1/2) first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

Liens vagabonds : L'attentat contre Trump, révélateur d'un paysage médiatique atrophié

Rien de tel qu’une tentative d’assassinat pour alimenter la machine à rumeurs d'Internet. Samedi 13 juillet, l’attentat contre Donald Trump lors d'un meeting en Pennsylvanie, a déclenché une tempête médiatique dès les premières minutes : USA Today, par exemple, a publié son premier article seulement 19 minutes après les coups de feu, avec un titre initial : « Trump évacué de la scène par les services secrets après des bruits forts qui ont effrayé l'ancien président et la foule ». Sur les réseaux sociaux, les spéculations sur le mobile du tireur foisonnent. Et les théories du complot fleurissent dans un terreau fertile de désinformation. Elon Musk n'a laissé passer qu'environ 30 minutes avant de déclarer son soutien financier pour la campagne présidentielle du candidat républicain. Il n’a fallu que 86 minutes à Dave Portnoy, propriétaire du blog Barstool Sports pour poster un lien vers un T-shirt noir avec l'image d'un Donald Trump ensanglanté le poing levé. La soif de sensationnalisme l'emporte-t-elle sur la véracité des faits ? 

Une bataille des récits 

À l’ère des réseaux sociaux, ce drame illustre d’abord l’appétit des utilisateurs pour les fake news. Le journaliste Casey Newton constate : « Les réseaux sociaux détestent le vide, et au cours des 48 heures après l’attaque, les utilisateurs de chaque grande plateforme se sont empressés de le combler avec des nouvelles, des commentaires, des analyses, des théories du complot, des fabrications et des blagues ». C’est particulièrement le cas sur X, où la plupart des modérateurs de contenus ont été licencié après le rachat de l’entreprise en 2022. La prudence initiale des médias avant de parler de « tentative d’assassinat » a vivement été critiquée, considérée par certains comme une volonté de tromper, alors que les autorités n’avaient elles-mêmes pas encore confirmé la nature des faits.  Elon Musk, par exemple, a twitté au lendemain de l’événement : « Les médias traditionnels sont une pure machine de propagande. X est la voix du peuple » accompagné d’une image montrant plusieurs gros titres de la presse. Un porte-parole du New York Times s’explique : « Les organismes de presse peuvent tolérer les critiques, mais les informations inexactes détruisent leur bien le plus précieux : leur crédibilité ».  

 L'essor des réseaux sociaux et le déclin parallèle du journalisme traditionnel ont permis de créer ce que la chercheuse Renee DiResta appelle des « réalités sur mesure » : des versions personnalisées de la vérité qui reflètent ce que les gens veulent croire. Ainsi la désinformation ne serait pas liée à des mensonges du gouvernement et de la presse, mais plutôt à l’amour du consommateur pour cette dernière : « Nous sommes mal informés non pas parce que le gouvernement ment systématiquement ou supprime la vérité. Nous sommes mal informés parce que nous aimons la désinformation que nous recevons et nous en voulons toujours plus » expliquait l’année dernière un article du New York Times.  

L’écosystème informationnel est-il cassé ?  

De son côté, the New Yorker s’indigne : « La tentative d'assassinat d'un ancien président est traitée avec la même légèreté universelle qu'un album pop ou les publicités d'une usine de glycines chinoise ». Les memes internet sont en effet légion depuis l’événement. Un internaute s’amuse même : « vous pensez que les gens dans les années 1800 étaient aussi drôles quand John Wilkes Booth a tiré sur Lincoln ? ». Finalement, les médias ne seraient qu’un rouage d’une grande machine informationnelle qui récompense la rapidité et la provocation : « Il s’agit d’une machine hyper-efficace, vorace, insatiable – qui dévore n’importe quel évènement, quel que soit son ampleur, pour le démanteler jusqu’à ce qu’il ne reste plus de lui qu’une vieille carcasse fatiguée ». 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • L’Arcom renforce les règles de contrôle du pluralisme dans les médias audiovisuels (Le Monde)
  • Le « gendarme » de l’audiovisuel joue sa crédibilité avec l’attribution des chaînes TNT, en particulier à CNews et C8 (Le Monde)
  • IA aux Jeux Olympiques de Paris 2024 : comment les Jeux seront un terrain d'essai pour les nouvelles technologies (The National)
  • « Marianne » : CMI France et Pierre-Edouard Stérin mettent fin aux négociations exclusives face à la « volonté unanime » des salariés (Le Monde)

 

🔈 #Pluralisme | L’Arcom adopte une délibération relative au respect du principe de pluralisme des courants de pensée et d’opinion dans les médias audiovisuels 🔽

Le communiqué de presse : https://t.co/JfRT3BMK90

— Arcom (@Arcom_fr) July 18, 2024

3 CHIFFRES

  • Google s’apprête à racheter la société de cybersécurité Wiz pour 23 milliards de dollars, selon le Washington Post.
  • Netflix compte désormais 278 millions d'abonnés dans le monde, rapporte le New-York Times.
  • 8 % des fandoms de la génération Z monétisent leur intérêt pour les fandoms (par exemple, les « Swifties » professionnels rapporteront et décoderont les nouvelles et les légendes de Taylor pour les fans plus occasionnels), d’après un rapport de YouTube.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Où les journalistes travaillent-ils, si ce n'est pas dans les médias

Source : Washington Post

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Qu'est-ce que l'IA ? Tout le monde pense savoir, mais personne n'est d'accord. Et c'est un problème (MIT)
  • Une tentative d'assassinat à l'ère des réseaux sociaux (Platformer)
  • “Madmoizelle”, de média pop féministe à “vitrine pour contenus” (Arrêt sur Images)
  • Le doomscrolling sur les réseaux sociaux liée à l'anxiété existentielle, la méfiance, la suspicion et le désespoir, selon une étude (The Guardian)
  • Est-ce que les États-Unis ont toujours autant de journalistes ? (Washington Post)

Capture d'écran MIT

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les données qui alimentent l'intelligence artificielle disparaissent rapidement (New York Times)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • Pologne : RSF ouvre des discussions prometteuses pour le droit à l'information avec le nouveau gouvernement (RSF)
  • Comment le temps pris par les médias pour vérifier les faits de la fusillade de Trump a engendré une vague de critiques (Washington Post)
  • En Russie, le/la journaliste américain(e) Masha Gessen est condamné(e) par contumace pour avoir critiqué l'armée (Associated Press)
  • Vous êtes plus enclin à croire les fake news diffusées par une personne que vous connaissez à peine que par votre meilleur ami (NiemanLab)
  • Un journaliste italien a été condamné à payer 5 000 euros à la Première ministre Meloni pour un tweet se moquant de sa taille (Reuters)
  • L’EFCSN et l’AFP annoncent un partenariat (AFP)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • RSF et 25 organisations demandent à la présidente de la Commission européenne des garanties fortes en matière de libertés de la presse (RSF)
  • Le gouvernement chinois soutient les entreprises nationales d'IA, mais impose également des règles strictes pour tester leurs modèles de langage (Wall Street Journal)

JOURNALISME

  • Un procureur russe demande 18 ans de prison pour le journaliste Evan Gershkovich (Washington Post)
  • Elon Musk veut que son bot d'IA diffuse les actualités. Il a du mal à accomplir cette tâche (Wall Street Journal)
  • L'Allemagne interdit le magazine d'extrême droite « Compact » (The Guardian)
  • Les éditeurs australiens qualifient de "catastrophique" une éventuelle interdiction des actualités par Meta (Press Gazette)
  • Le Wall Street Journal licencie un journaliste de Hong Kong qui dirigeait un club de presse en difficulté (Washington Post)
  • La presse papier en Haïti est presque éteinte (ijnet)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Spotify et TikTok poussent les artistes à sortir des albums interminables (Business Insider)
  • X ne tient pas ses promesses concernant les nouvelles émissions vidéo (Bloomberg)

ENVIRONNEMENT

  • Comment rendre compte de l'environnement en Ukraine en temps de guerre ?  (The Fix)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Des influenceurs avec des millions de followers soutiennent Trump, mais peu d'entre eux soutiennent publiquement Biden (NBC News)

This is my president. pic.twitter.com/1PP9LKpEq5

— Bryce Hall (@BryceHall) July 13, 2024

  • TikTok a poussé les jeunes électeurs allemands vers un parti d'extrême droite (Wired)
  • Rencontrez les jeunes hommes qui paient pour fréquenter Mogwarts, une école en ligne pour devenir sexy (GQ)
  • Elon Musk souhaite donner 45 millions de dollars par mois pour soutenir Donald Trump (Washington Post)

I fully endorse President Trump and hope for his rapid recovery pic.twitter.com/ZdxkF63EqF

— Elon Musk (@elonmusk) July 13, 2024

  • Elon Musk veut déplacer les sièges de SpaceX et de X de Californie vers le Texas (Wired)
  • Meta permet enfin aux chercheurs d’accéder aux données d’Instagram (The Verge)

📢 New opportunity! Meta and COS have opened an RFP for a pilot program using Instagram data to study social media’s impact on youth well-being. Check out the details and see if it fits your research: https://t.co/jCheql0toa.

— Center for Open Science (@OSFramework) July 17, 2024

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Le métavers était censé être votre nouveau bureau. Vous êtes toujours sur Zoom (Wired)
  • L'Apple Vision Pro est désormais disponible au Royaume-Uni, au Canada, en France, en Allemagne et en Australie (MacRumors)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Warner Bros Discovery étudie la possibilité de séparer ses chaînes de télévision (comme CNN) de ses services de streaming (Deadline)
  • Apple est en discussions pour obtenir des licences de films supplémentaires auprès de Hollywood (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Le studio de podcasts Paradiso placé en liquidation judiciaire (La Lettre)
  • Les podcasts politiques explosent à l'approche du jour du scrutin (Press Gazette)
  • Après une année difficile, les podcasts reprennent du poil de la bête (Bloomberg)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Meta ne lancera pas son prochain grand modèle en Europe (Axios)
  • OpenAI a illégalement interdit au personnel de parler des risques liés à la sécurité, selon des lanceurs d'alerte (Washington Post)
  • Apple, Nvidia, Anthropic ont utilisé des milliers de vidéos YouTube piratées pour entraîner l'IA (Proof)
  • Les résultats fournis par l'IA de Google apparaissent de moins en moins souvent, d'après une étude (The Verge)
  • L'IA est bénéfique pour la créativité personnelle, mais peut nuire à la créativité collective, selon une étude (TechCrunch)
  •  Gemini sera omniprésente dans la diffusion des Jeux olympiques de Paris (TechCrunch)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Taboola va vendre des publicités pour Apple (Axios)
  • Les annonceurs ne montrent pas un grand enthousiasme pour les publicités sur Threads proposées par Meta (Digiday)

 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

The post Liens vagabonds : L'attentat contre Trump, révélateur d'un paysage médiatique atrophié first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : ChatGPT hallucine des faux liens vers ses médias partenaires
    Un pacte faustien déjà corrompu ? Des tests du Nieman Lab ont montré que ChatGPT dirige les utilisateurs vers des URL non fonctionnelles pour au moins 10 médias ayant des accords de licence avec OpenAI : The Associated Press, The Wall Street Journal, the Financial Times, The Times (UK), Le Monde, El País, The Atlantic, The Verge, Vox, et Politico. Mi-juin déjà, le syndicat Insider avait demandé à la direction de Business Insider de partager les détails de l'accord de licence qu'ils ont conclu à

Liens vagabonds : ChatGPT hallucine des faux liens vers ses médias partenaires

Un pacte faustien déjà corrompu ? Des tests du Nieman Lab ont montré que ChatGPT dirige les utilisateurs vers des URL non fonctionnelles pour au moins 10 médias ayant des accords de licence avec OpenAI : The Associated Press, The Wall Street Journal, the Financial Times, The Times (UK), Le Monde, El País, The Atlantic, The Verge, Vox, et Politico. Mi-juin déjà, le syndicat Insider avait demandé à la direction de Business Insider de partager les détails de l'accord de licence qu'ils ont conclu à travers leur société mère Axel Springer avec OpenAI, sur fond de craintes que ChatGPT compromette leur travail éditorial plutôt que de le valoriser. En effet, l'agent conversationnel avait été présenté à la rédaction comme un nouveau moteur de recherche, mais l'interface d'Open AI s'est avérée peu motivée à citer la source quand ils s'agissait d'un scoop d'envergure découvert par les équipes d'investigation de Business Insider.

ChatGPT peut aujourd'hui converser naturellement à travers une interface vocale, mais ne sait pas faire des liens vers ses sites partenaires. Un constat tout à fait normal, selon Tom Rubin, responsable de la propriété intellectuelle et du contenu chez OpenAI. Lors de la conférence WAN-IFRA en mai, il a déclaré qu'une « composante significative » des accords avec les médias implique l'affichage du contenu des partenaires, mais que « vous ne l'avez pas encore vu dans nos produits. » OpenAI n'a pas précisé quand ces fonctionnalités d'affichage seraient disponibles ni répondu aux questions concernant les citations actuelles de ChatGPT d'articles de Business Insider, y compris les liens vers des pages d'articles inexistantes.

Au-délà de l'attribution et les liens vers les articles complets pour plus de "transparence et d'informations supplémentaires", le package vendu aux médias par OpenAI prévoit aussi un « placement prioritaire et une mise en avant de la marque plus riche » dans les conversations, selon des informations d'Adweek basées sur des slides qui ont fuité d'Open AI.

ChatGPT is hallucinating fake URLs for at least 10 publications that have OpenAI licensing deals.

I tested the chatbot’s ability to cite its news sources for @NiemanLab. It regularly generated broken links to even its partners’ biggest investigations. https://t.co/ddXrEDWhu9

— Andrew Deck (@decka227) June 27, 2024


Andrew Deck, journaliste au Nieman Lab,  a mené une série de tests dans lesquels il demande à ChatGPT expressément de renvoyer vers les articles phares de ces partenaires, y compris des contenus récompensés par des prix Pulitzer et des enquêtes qui ont duré plusieurs années. Dans l'ensemble, ses tests ont montré que ChatGPT est actuellement incapable de renvoyer de manière fiable vers ces histoires remarquables des publications partenaires qui ont demandé un investissement considérable aux rédactions. Et l'hallucuination est internationale : ChatGPT a généré des liens fictifs vers des enquêtes nationales majeures du Monde, et du journal El País (propriété de Prisa Media), les deux ayant conclu des accords de licence de contenu avec OpenAI en mars. Face à ce dilemme, l'UER, l'Union européenne de radio-télévision, vient de publier un appel aux géants de la tech pour plus de transparence et de respect de la propriété intellectuelle. Elle leur demande notamment de pouvoir décider si et comment le contenu des médias de service public est utilisé, avec une attribution claire et correcte des sources par les outils d’IA et une vraie coopération des plateformes pour lutter contre la désinformation, en assurant la visibilité appropriée des médias.

En attendant, ChatGPT fait ce que sa génération de texte prédictif fait de mieux : prédire la version la plus probable de l'URL pour une information donnée, plutôt que la version correcte.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Législatives 2024 : comment les thèmes favoris du RN ont peu à peu colonisé les médias traditionnels (Le Monde)
  • Législatives 2024 : les débats attirent les téléspectateurs (Les Echos)
  • Le spécialiste des newsletters Kessel passe le cap du million de lecteurs (Les Echos)
  • La Russie bloque l’accès à 81 médias européens, dont les sites du “Monde” et de l’AFP (Le Monde)

3 CHIFFRES

  • Selon une étude du cabinet londonien MIDiA Research, le bassin d’audience du podcast dans le monde devrait presque doubler à horizon 2030, approchant 1,2 milliard de personnes
  • Bruxelles menace Apple d'une amende géante, équivalente à 10% de son chiffre d’affaires, d'après Le Figaro.
  • ChatGPT hallucine des URLs pour au moins 10 publications qui font partie des accords de licence en cours d'OpenAI, d'après le NiemanLab. 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : The Hustle

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • L’inconsciente irresponsabilité du journalisme politique (AOC)
  • L'avenir du streaming (selon les magnats qui s'en occupent) (New York Times)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les fact-checkers britanniques ont passé plus de temps à vérifier les déclarations des hommes politiques que les faux contenus générés par l'IA (Press Gazette)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • La zone grise : comment Israël considère certains journalistes de Gaza comme des cibles légitimes (The Guardian)
  • Julian Assange libéré mais condamné, une forme de menace pour la liberté de la presse (Le Monde)

JULIAN ASSANGE IS FREE

Julian Assange is free. He left Belmarsh maximum security prison on the morning of 24 June, after having spent 1901 days there. He was granted bail by the High Court in London and was released at Stansted airport during the afternoon, where he boarded a…

— WikiLeaks (@wikileaks) June 24, 2024

  • L'Indonésie tente de bloquer les contenus LGBTQIA sur Internet (Rest of World)
  • Le procès à huis clos du journaliste américain Evan Gershkovich commence en Russie (The Guardian)
  • Les conspirations sur le débat Trump-Biden ont déjà inondé l'Internet (Wired)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • IA : l’Autorité de la concurrence met en garde contre la domination des géants du numérique (Le Monde)

Today we open a new case + we adopt preliminary findings against @Apple under the DMA.

👉We are concerned Apple's new business model makes it too hard for app developers to operate as alternative marketplaces & reach their end users on iOS.

More🗞: https://t.co/nYm5fW61jp

— Margrethe Vestager (@vestager) June 24, 2024

JOURNALISME

  • Les grands reporters quittent Politico (Semafor)
  • Débat présidentiel : 2 candidats. Pas de public. 60 journalistes du New York Times (New York Times)
  • Le site web de MTV News s'éteint, les archives sont mises hors ligne (Variety)
  • Selon un mémo, le New York Times aurait licencié des artistes pour les remplacer par l’IA (Futurism)
  • Le problème de confiance du journalisme est-il lié à l'argent et non à la politique ? (NiemanLab)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • L'industrie de l'information est-elle prête à passer à la vidéo (une fois de plus) ? (NiemanLab)
  • Domingo et le tennis, Billy en boxeur… Twitch, le nouveau terrain de jeu du sport-spectacle (Le Figaro)
  • Les soirées PowerPoint ? Pourquoi la pire partie de votre travail s’invite dans vos fêtes ? (The San Francisco Standard)

ENVIRONNEMENT

  • L'intelligence artificielle met le réseau électrique à rude épreuve. Les entreprises technologiques cherchent une solution miracle (Washington Post)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Facebook a été envahi par des spams et des escroqueries liés à l'IA (404media)
  • Les créateurs de TikTok tiennent leurs propres assemblées avec des candidats indépendants, évitant les médias traditionnels et offrant une tribune aux théories du complot (Wired)
  • « Plus ta peau est foncée, moins tu vaux » : les inégalités salariales des influenceurs (The Guardian)
  • Instagram ne veut pas que vous regardiez le débat présidentiel (FWIW)

 IMMERSION, 360, VR, AR

  • J'ai porté des Ray-Ban Meta à Montréal pour tester leurs compétences en traduction IA. Cela ne s'est pas bien passé (Wired)

STREAMING, OTT, SVOD

  • YouTube domine le streaming (CNBC)

AUDIO, PODCAST, BORNES

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Les entreprises technologiques modifient leurs conditions d'utilisation pour faciliter l'entraînement des algorithmes d'IA avec vos données (New York Times)
  • Reddit essaie de mettre fin au crawling des robots IA (TechCrunch)
  • Malgré tout le buzz autour de l'IA, l’industrie tech a connu plus de 100 000 licenciements cette année (Finding Alpha)
  • Le robot du gouvernement sud-coréen est mort ; la presse locale suppose qu’il s’est suicidé (The New York Sun)
  • Le magazine Time signe un accord avec OpenAI (Axios)
  • Toys 'R' Us a réalisé une publicité presque entièrement basée sur l'IA (CNN)
  • Le média 404 média a payé 365,63 $ pour remplacer son site par l'IA (404 media)
  • Les grandes maisons de disques poursuivent s sociétés d'IA Suno et Udio pour violation du droit d'auteur (billboard)

Name that tune 🎶!

Sound familiar? That's because @suno_ai_ is training AI on copyrighted works...
🎧: https://t.co/GnRxCA0rDc
🎧: https://t.co/lr3Z7tHmyB
🎧: https://t.co/zXjPi68lJF

Learn more about our legal action against Suno: https://t.co/LOFOSrRp9M pic.twitter.com/OmF7iUqAd7

— RIAA (@RIAA) June 24, 2024


MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Il y a un an, Time a retiré son paywall. Voici les résultats (Adweek)

 

Kati Bremme et Alexandra Klinnik 

 

The post Liens vagabonds : ChatGPT hallucine des faux liens vers ses médias partenaires first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Les réseaux sociaux, nicotine des jeunes ?
    Vivek Murthy, principal conseiller de santé auprès de l’exécutif américain, tire la sonnette d'alarme : il est vital d'afficher des messages de prévention sur les réseaux sociaux, à l'instar des avertissements présents sur les paquets de cigarettes. « Il est temps que les autorités requièrent un message de prévention sur les réseaux sociaux pour alerter des dangers importants qu’ils représentent pour la santé mentale des adolescents », déclare le médecin chef, dans une tribune publiée par le Ne

Les réseaux sociaux, nicotine des jeunes ?

Vivek Murthy, principal conseiller de santé auprès de l’exécutif américain, tire la sonnette d'alarme : il est vital d'afficher des messages de prévention sur les réseaux sociaux, à l'instar des avertissements présents sur les paquets de cigarettes. « Il est temps que les autorités requièrent un message de prévention sur les réseaux sociaux pour alerter des dangers importants qu’ils représentent pour la santé mentale des adolescents », déclare le médecin chef, dans une tribune publiée par le New York Times.

« La crise de santé mentale chez les jeunes est une urgence »

Les données révèlent une véritable crise nationale de la santé mentale chez les jeunes, exacerbée par l’utilisation excessive des réseaux sociaux. Selon Jonathan Haidt dans son livre « The Anxious Generation », le nombre d’enfants et d’adolescents souffrant de dépression et d’anxiété a bondi de près de 30% ces dernières années, aboutissant à une "épidémie de maladie mentale". Vivek Murthy souligne que les adolescents passant plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux courent deux fois plus de risques de présenter des symptômes d’anxiété et de dépression. En moyenne, les adolescents y passent près de cinq heures par jour, augmentant considérablement leur risque de problèmes de santé mentale. Une récente étude de l’Ofcom « Children’s Media Lives » révèle même que les enfants passent entre six à huit heures par jour sur ces plateformes.

Un cercle vicieux

Piégés, les enfants ne peuvent pas quitter les plateformes parce qu’elles sont conçues sournoisement pour les maintenir captifs. « Imaginez un adolescent face aux meilleurs ingénieurs produits du monde, utilisant les sciences cérébrales les plus avancées pour maximiser le temps passé sur une plateforme », déplore le médecin chef. S'y ajoute la pression sociale quand le principal sujet de discussion dans la cour de récréation est telle ou telle nouvelle tendance découverte sur les réseaux. D'emblée, le combat s'annonce inégal.

Des effets néfastes

Les réseaux sociaux ne se contentent pas de rendre les jeunes addicts ; ils poussent à la dépression et exposent intensément à des contenus choquants. Comme un poison lent, ils minent lentement mais sûrement l'estime, en construction, des adolescents. En 2021, la série « Facebook Files » du Wall Street Journal a révélé que la plateforme exacerbait les problèmes d’image corporelle chez un tiers des adolescentes. Récemment, ce même journal a dévoilé qu’Instagram recommandait régulièrement des vidéos à caractère sexuel aux comptes d'enfants de 13 ans, et ce, quelques minutes après leur première connexion ! 

TikTok n'est pas en reste. En novembre, Amnesty International avait publié un rapport intitulé « Poussés vers les ténèbres », soulignant que le fil « Pour toi » de TikTok encourageait la mutilation et les idées suicidaires chez les jeunes. « Ils sont rapidement entraînés dans des spirales de contenus potentiellement dangereux, notamment des vidéos idéalisant et encourageant les pensées dépressives », avertissait le rapport.

Les messages de prévention : un début de lutte

Bien que les messages de prévention puissent sembler cosmétiques, ils favorisent bel et bien la prise de conscience et le changement des pratiques. Mais ce n'est qu'un début. Le Congrès doit agir pour renforcer les efforts de protection : empêcher les plateformes de collecter des données sensibles sur les enfants, restreindre l’utilisation de fonctionnalités telles que les notifications push, la lecture automatique, et le défilement infini. Les entreprises doivent être tenues de partager toutes leurs données sur les effets sur la santé avec des scientifiques indépendants et le public. « Pourquoi avons-nous échoué à répondre aux dangers des réseaux sociaux alors qu’ils ne sont ni moins urgents ni moins répandus que ceux posés par des voitures, des avions ou des aliments dangereux ? », interroge Vivek Murthy. « Ces dangers ne sont pas un échec de volonté et de parentalité : ils sont la conséquence de la libération de technologies puissantes sans mesures de sécurité adéquates, sans transparence, ni responsabilité ». Le commissaire européen Thierry Breton a justement rappelé sur Twitter au mois d'avril un message important : « Nos enfants ne sont pas les cobayes des réseaux sociaux ».

Prendre des mesures à l'échelle individuelle

À titre individuel, il est aussi nécessaire de prévoir des « zones sans technologie ». Dans les Cévennes, des collégiens addicts aux réseaux sociaux ont passé ainsi quatre jours à randonner sans smartphone, rapporte Le Monde. L'objectif : les aider à se déconnecter des écrans, avec pour seuls réseaux sociaux... des ânes.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Législatives 2024 : l'effet dissolution booste les médias d'information (Les Echos)
  • Bardella adulé sur TikTok, la gauche contre-attaque (Mediapart)
  • Législatives 2024 : comment les médias de Vincent Bolloré orchestrent l’alliance du RN et de la droite (Le Monde)
  • Le Rassemblement National déclare qu'il privatiserait la télévision publique française s'il obtient la majorité (The Guardian)
  • Davantage « d’éditorialistes de droite et droite + » : la consigne de BFMTV à ses programmateurs (Mediapart)
  • La famille Arnault s’invite dans le capital de Webedia (CB News)
  • Burkina Faso : la chaîne d’information TV5Monde suspendue pour six mois (Le Monde)
  • La France se place en tête du financement de l’IA générative en Europe (TechCrunch)
  • Radio : l’Arcom fixe l’objectif de basculer au tout-numérique en 2033 (The Media Leader)

3 CHIFFRES

  • La NBC a acquis les droits de diffusion des JO jusqu’en 2032 contre 7,8 milliards de dollars, selon Variety.
  • Cafeyn devient le principal acteur des kiosques numériques français en rachetant pour 4,5 millions d’euros son concurrent principal, Toutabo/ePresse, selon la Correspondance de la Presse.
  • Facebook est le réseau social le plus utilisé par 67 % des Français, suivi d'Instagram selon YouGov.

It's going to be a scene on the Seine. 🤩

Don't miss the #ParisOlympics Opening Ceremony on Friday, July 26 on @nbc and streaming on @peacock. pic.twitter.com/NMgOwL5kC8

— NBC Olympics & Paralympics (@NBCOlympics) June 18, 2024

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

La France se classe toujours parmi les pays ayant le moins de confiance dans les médias.

Source : Reuters Institute

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • A l’ère numérique, les magazines haut de gamme spécialisés dans les activités de plein air prospèrent en version imprimée (New York Times)
  • Perplexity, machine à “bullshit” (Wired)
  • Les influenceurs des médias sociaux ne deviennent pas riches - ils peinent à joindre les deux bouts (Wall Street Journal)
  • Milliardaires, secrets, Zegnas : la soif de pouvoir de Will Lewis (Daily Beast)

Illustration par Thomas Levinson / Daily Beast / Gettty

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Apple propose l'enregistrement et la transcription gratuits des appels sur les iPhones ; les journalistes se réjouissent (NiemanLab)
  • Stanford met fin à son programme anti-fake news : une première victoire pour Donald Trump (Platformer)
  • Hugo Décrypte est plus cité comme source d’info que Le Monde, Le Figaro et Libé réunis (Huffington Post)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • L'État islamique a propagé de fausses vidéos imitant CNN et Al Jazeera (Wired)
  • L’Unesco alerte sur la « réécriture de l’Holocauste » par l’intelligence artificielle (La Croix)
  • Comment attaquer la BBC est devenu une constante des élections au Royaume-Uni (The Guardian)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • DMA : plusieurs médias européens demandent une pression accrue sur Google et Apple (mindmedia)
  • « Chat control » : dans la lutte contre la pédopornographie, revers pour le projet de règlement européen de surveillance des messageries (Le Monde)

Signal strongly opposes this proposal.

Let there be no doubt: we will leave the EU market rather than undermine our privacy guarantees.

This proposal--if passed and enforced against us--would require us to make this choice.

It's surveillance wine in safety bottles. https://t.co/i8D4Mlcrgd

— Meredith Whittaker (@mer__edith) May 31, 2024

JOURNALISME

  • Le Washington Post se penche sur une histoire difficile : la sienne (New York Times)
  • En Suède, l'assaut de l'extrême droite contre les médias met à mal le modèle nordique (The Guardian)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Militantisme créatif : l’univers graphique du FrontPopulaire ne ressemble à aucun autre (Télérama)

Un point de branding électoral intéressant : l’univers graphique du #FrontPopulaire ne ressemble à aucun autre. 🎨

La raison : il est très décentralisé. Pour une fois, il vient moins des partis que de créations spontanées.

Petit thread décryptage de ce militantisme créatif !👇 pic.twitter.com/vfd7S2rMxm

— François d’Estais (@fdestais) June 15, 2024

ENVIRONNEMENT

  • L'Azerbaïdjan accusé de réprimer les médias avant d'accueillir la Cop29 (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • YouTube copie la fonction la plus intéressante de X (Washington Post)
  • Le milliardaire américain Frank McCourt, propriétaire de l’Olympique de Marseille, envisage de racheter TikTok (La Provence)
  • Pourquoi l'élection britannique n'est pas dominée par TikTok (The Economist)
  • Le Daily Mail prévoit de lancer une douzaine d'émissions sur YouTube en 2024 dans le cadre de sa stratégie de vidéos longues (Digiday)
  • Le débat des mèmes : Trump et Biden entrent sur le champ de bataille viral (Axios)

Capture d'écran Axios

Les utilisateurs d'Instagram s'inquiètent du fait que l'IA récupère leurs photos (Fast Company)

YouTube accentue son combat contre les adblockers (TechCrunch)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Aux Etats-Unis, Netflix lance des expériences immersives permanentes (Variety)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Le Netflix brésilien qui triomphe avec des valeurs ultraconservatrices (El Pais)
  • Comment Tubi est devenu le meilleur service de streaming gratuit en Amérique (The Guardian)
  • X souhaite produire davantage de docu-séries sportives pour les fans 'acharnés' (Axios)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Nvidia devient la société la plus valorisée au monde avec le boom de l'IA (The Guardian)
  • Une vidéo deepfake de Nigel Farage jouant à Minecraft 'bien sûr' pas réelle, selon le parti (The Guardian)

  • L'IA ne rapporte pas encore beaucoup d'argent aux entreprises de logiciels — pour l'instant (Bloomberg)
  • Au Japon, SoftBank lance une IA « anti-émotions » qui adoucit la voix des clients mécontents (SCMP)
  • Elle a remporté un prix pour des images générées par IA. Juste un problème : c'était une vraie photo (Washington Post)
  • ILya Sutskever, l'ancien scientifique en chef d'OpenAI, lance une nouvelle entreprise d'IA (TechCrunch)
  • Forbes menace Perplexity d'une action en justice pour plagiat de ses contenus (Axios)
  • OpenAI interdit, Apple cherche un partenaire IA sur le marché chinois (Wall Street Journal)

Superintelligence is within reach.

Building safe superintelligence (SSI) is the most important technical problem of our​​ time.

We've started the world’s first straight-shot SSI lab, with one goal and one product: a safe superintelligence.

It’s called Safe Superintelligence…

— SSI Inc. (@ssi) June 19, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • TikTok lance des avatars IA pour les publicités alors que la FTC met en garde les entreprises contre cette pratique (404media)
  • Discord se refait une beauté pour attirer les marques et les marketeurs sur la plateforme et améliorer l'expérience utilisateur (Digiday)
  • Les annonceurs digitaux recherchent du "contenu haut de gamme" — mais sont en désaccord sur sa définition (Business Insider)
  • Elon Musk vole à Cannes pour reconquérir les annonceurs (Financial Times)

Kati Bremme et Alexandra Klinnik

 

The post Les réseaux sociaux, nicotine des jeunes ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Reuters Institute : l'évitement de l'actualité atteint un niveau record
    Alors que les "réinitialisations de plateformes" engendrent de nouvelles incertitudes pour les éditeurs, les audiences s'inquiètent de l'IA et de la désinformation, comme le rapporte le Reuters Institute for the Study of Journalism, qui vient de sortir son rapport annuel sur les pratiques d'information en ligne. Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions Les médias doivent s’adapter rapidement à leur nouvel environnement, sous peine de disparaître. Le Reuters Instit

Reuters Institute : l'évitement de l'actualité atteint un niveau record

Alors que les "réinitialisations de plateformes" engendrent de nouvelles incertitudes pour les éditeurs, les audiences s'inquiètent de l'IA et de la désinformation, comme le rapporte le Reuters Institute for the Study of Journalism, qui vient de sortir son rapport annuel sur les pratiques d'information en ligne.

Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions

Les médias doivent s’adapter rapidement à leur nouvel environnement, sous peine de disparaître. Le Reuters Institute for the Study of Journalism a publié, ce 17 juin, son rapport annuel, sur les pratiques d’information en ligne. Coûts en hausse, chute des revenus publicitaires et fortes baisses de trafic provenant des réseaux sociaux exacerbent une situation déjà précaire. Les entreprises tech mènent la danse et réorientent leurs stratégies. Certaines dépriorisent explicitement l’actualité et le contenu politique, tandis que d’autres se focalisent davantage sur les créateurs que sur les éditeurs.

Cette « réinitialisation de plateformes » reflète un changement radical dans la consommation d’information, avec une préférence croissante du public pour les formats vidéo. Parallèlement, l’intelligence artificielle générative bouscule les rédactions. Celles-ci doivent rester prudentes dans leur usage, face à un public qui préfère avant tout que « l’humain » reste aux commandes. Le rapport met également l’accent sur un niveau de confiance toujours faible et une tendance croissante à l’évitement sélectif de l’actualité – notamment dans un contexte de conflit permanent en Ukraine et à Gaza. Telles sont les conclusions de cette enquête, menée auprès de 100 000 personnes dans 47 pays et soutenue par la Google News Initiative et YouTube. L’heure est au changement rapide pour renouer avec le public.

Voici les points clés à retenir pour les médias.

1Meta réduit le rôle de l’actualité sur ses plateformes

Meta a réduit le rôle des actualités sur Facebook, Instagram et Threads, et a restreint la portée du contenu politique (sans pour autant définir clairement les critères permettant de qualifier un contenu de « politique »). L’entreprise a également réduit son soutien aux médias, ne renouvelant pas des accords valant des millions de dollars et supprimant son onglet actualités dans plusieurs pays.

La consommation d’actualités sur Facebook (37%) a diminué de quatre points dans tous les pays au cours de l’année, avec une baisse plus marquée dans des pays comme les Philippines (-11 points), l’Argentine (-11) et la Colombie (-10).

2L’utilisation des actualités en ligne se fragmente

Face à une baisse continue de l’utilisation de Facebook pour les actualités émerge une dépendance croissante à une gamme d’alternatives, y compris les messageries et les réseaux centrés sur la vidéo.

YouTube est utilisé pour les actualités par presque un tiers (31%), WhatsApp par environ un cinquième (21%) tandis que TikTok (13%) a dépassé Twitter (10%) pour la première fois.

« Le public s’appuie de plus en plus sur des plateformes concurrentes pour accéder à toutes sortes de contenus et d’informations. Beaucoup de ces plateformes s’éloignent de plus en plus des actualités et des éditeurs, et se concentrent davantage sur d’autres types de contenu et d’autres créateurs. Cet écosystème de plateformes plus complexe, la fin des renvois massifs depuis les réseaux sociaux traditionnels, et la concurrence croissante pour l’attention signifient que les journalistes et les éditeurs devront travailler beaucoup plus dur pour capter l’attention du public, sans parler de les convaincre de payer pour les actualités », analyse Rasmus Nielsen, directeur de l’Institut Reuters.

3La vidéo devient une source plus importante d’actualités en ligne

En lien avec ces changements de plateforme, la vidéo devient une source plus importante d’actualités en ligne, en particulier pour les groupes plus jeunes. Les courtes vidéos d’actualités sont consultées chaque semaine par 66% des sondés, tandis que les formats les plus longs attirent environ la moitié (51%).

Les « consommateurs » d’actualité regardent surtout sur les plateformes en ligne (72%) plutôt que sur les sites des médias (22%), ce qui accroît les défis autour de la monétisation. Ce n’est que dans des pays comme la Norvège que la moitié des utilisateurs (45%) décalrent que leur principale consommation de vidéos se fait via des sites web, ce qui reflète la force des marques sur ce marché.

YouTube et Facebook restent les plateformes les plus importantes pour les vidéos d’actualités en ligne. YouTube est également la principale destination pour les moins de 25 ans, bien qu’Instagram et TikTok ne soient pas loin derrière.

TikTok reste populaire auprès des jeunes, la proportion de personnes l’utilisant pour les actualités est passée à 13% (+2) dans tous les marchés et à 23% pour les 18-24 ans. La portée croissante de TikTok n’a pas échappé à l’attention des politiciens, qui l’ont intégré dans leurs campagnes médiatiques. Le nouveau président populiste de l’Argentine, Javier Milei, a ainsi un compte TikTok avec 2,2 millions d’abonnés.

4Une focalisation croissante sur les influenceurs, en particulier sur YouTube et TikTok

Les utilisateurs de TikTok, Instagram et Snapchat s'informent davantage auprès des influenceurs et célébrités que des journalistes et médias traditionnels.

Sur les réseaux traditionnels, tels que Facebook et Twitter, les médias attirent encore la plupart de l’attention et mènent les conversations.

En France, Hugo Décrypte obtient plus de mentions que les marques d’actualités traditionnelles que sont le Monde et BFMTV. L’âge moyen de son audience est seulement de 27 ans, contre 40 et 45 ans pour les grandes marques.

Le créateur de contenu le plus mentionné sur TikTok au Royaume-Uni est Dylan Page, qui compte plus de 10 millions d’abonnés sur la plateforme. Aux Etats-Unis, Vitus Spehar présente un résumé quotidien, souvent couché au sol, sur @underthedesknews, une sorte de format satirique de la télévision classique.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par V Spehar (@underthedesknews)

Enfin, Taylor Swift, les Kardashian, Lionel Messi ont été largement mentionnés par les jeunes. « Les jeunes ont une vision large de l’actualité, incluant potentiellement les mises à jour sur les dates de tournée d’un chanteur, sur la mode ou sur le football », note le rapport.

« Les consommateurs adoptent la vidéo parce qu’elle est facile à utiliser et offre une large gamme de contenus pertinents et engageants. Mais de nombreuses salles de rédactions traditionnelles sont encore ancrées dans une culture basée sur le texte et peinent à adapter leur narration, tandis que le côté commercial est également réticent car les chiffres ne sont pas concluants», analyse le rapport.

5Les préoccupations concernant la désinformation ont augmenté

Les préoccupations concernant ce qui est réel et ce qui est faux sur la toile en termes d’actualités ont augmenté de trois points au cours de la dernière année. Environ six personnes sur dix (59%) se disent inquiètes. Le chiffre est considérablement plus élevé en Afrique du Sud (81%) et aux Etats-Unis (72%), deux pays qui ont tenu des élections cette année.

Plus d’un quart des utilisateurs de TikTok (27%) déclarent avoir du mal à détecter les actualités fiables, le score le plus élevé parmi les réseaux sociaux. Sur Twitter, les utilisateurs sont également nombreux à être soucieux (24%) : « Cela peut être dû au fait que les actualités jouent un rôle disproportionné sur la plateforme, en raison de la large gamme de points de vue exprimés, encouragée davantage par Elon Musk, un défenseur autoproclamé de la liberté d’expression », suggère l'étude.

Des recherches qualitatives menées au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Mexique indiquent une préoccupation croissante concernant les images 'photo-réalistes' générées par l'IA et les vidéos dites deepfake.

6Les audiences restent prudentes concernant l’utilisation de l’IA

Dans tous les pays, seule une minorité se sent actuellement à l’aise avec l’utilisation de l’actualité produite par des humains avec l’aide de l’IA (36%), et une proportion encore plus faible est à l’aise avec l’utilisation de l’actualité produite principalement par l’IA avec la supervision humaine (19%).

Aux États-Unis, les répondants sont plus à l’aise avec les diverses applications de l'IA par rapport à leurs homologues européens, ce phénomène pouvant être attribué aux messages médiatiques reçus. La couverture médiatique britannique sur l'IA est souvent décrite comme étant excessivement négative et sensationnaliste. En contraste, les récits médiatiques américains mettent davantage l'accent sur le rôle prépondérant des entreprises américaines ainsi que sur les opportunités d'emploi et de croissance associées.

Le simple fait de savoir que les médias utilisent l’IA peut diminuer la confiance. Selon les recherches, les audiences considèrent les actualités étiquetées comme générés par l’IA comme moins dignes de confiance que celles créées par les journalistes. « Cette tension signifie que les médias voudront réfléchir attentivement à quand la divulgation est nécessaire et comment la communiquer », note le rapport.

7L’évitement de l’actualité atteint un niveau record

Jusqu’à 39%, disent maintenant qu’ils évitent parfois ou souvent les nouvelles (soit quatre personnes sur dix) – une augmentation de 3 points par rapport à la moyenne de l’année dernière, avec des augmentations plus significatives au Brésil, en Espagne, en Allemagne et en Finlande. Au Royaume-Uni, il a presque été réduit de moitié depuis 2015.

Ce n'est pas seulement que les nouvelles peuvent être déprimantes, elles sont également incessantes ! Dans tous les marchés, la même proportion, environ quatre personnes sur dix (39 %), disent se sentir « épuisées » par la quantité de nouvelles de nos jours, contre 28 % en 2019, mentionnant fréquemment que la couverture des guerres, des catastrophes et de la politique éclipse d'autres sujets.

Les plateformes qui nécessitent un volume de contenu pour alimenter leurs algorithmes sont potentiellement un autre facteur contribuant à ces augmentations. « Il est notable que, dans notre enquête sur l'industrie, au début de 2024, la plupart des éditeurs ont déclaré qu'ils prévoyaient de produire plus de vidéos, plus de podcasts et plus de newsletters cette année », remarque le rapport.

8Les attentes simples du public

La plupart des sondés souhaite que les nouvelles soient exactes, justes, évitent le sensationnalisme, soient ouvertes sur les agendas et les préjugés, y compris le manque de diversité, admettent leurs erreurs - et ne ménagent pas leurs efforts lorsqu'il s'agit d'enquêter sur les riches et puissants.

La confiance dans les actualités (40%) est restée stable au cours de la dernière année, mais est toujours inférieure à quatre points par rapport à ce qu’elle était au plus fort de la pandémie.

Pour que la confiance soit acquise, il faut montrer les coulisses. Certaines grandes organisations de presse, comme la BBC, ont créé des unités ou des sous-marques qui répondent aux questions du public ou visent à expliquer comment les nouvelles sont vérifiées. BBC Verify, lancé en mai 2023, vise à montrer et à partager le travail en coulisses pour vérifier les informations, en particulier les images et les contenus vidéo, à une époque où la désinformation est en croissance. « Les gens veulent savoir non seulement ce que nous savons (et ne savons pas), mais aussi comment nous le savons », déclare Deborah Turness, PDG de BBC News.

La confiance, tant au niveau de la marque qu'au niveau général, influence le rôle que les informations peuvent jouer dans la société. Les journalistes et les organisations médiatiques ont à la fois des raisons pragmatiques de s'en préoccuper - « la confiance peut être la clé pour débloquer les revenus des utilisateurs », comme le dit Agnes Stenbom, responsable de IN/LAB chez Schibsted - et des raisons plus fondamentales de s'en préoccuper, car des années de recherche ont documenté comment les personnes qui ont moins confiance dans les informations sont moins susceptibles de croire aux informations qu'elles présentent et d'en tirer des enseignements.

CONCLUSION

Ce rapport annuel intervient à un moment où environ la moitié de la population mondiale participe à des élections nationales et régionales, alors que les guerres continuent de faire rage en Ukraine et à Gaza. Les actualités sont rétrogradées parce que les entreprises tech estiment qu’elles causent plus de problèmes qu’elles n’en valent la peine. « Le trafic en provenance des médias sociaux et des moteurs de recherche devrait devenir de plus en plus imprévisible avec le temps, mais se libérer du cycle algorithmique ne sera pas facile », prévient l’étude.

Pour le Reuters Institute, il reste de l’espoir. Certains éditeurs parviennent à établir une position plus solide : « Si les marques d’informations parviennent à montrer que leur journalisme repose sur l’exactitude, l’équité et la transparence – et que les humains restent aux commandes – les audiences sont plus susceptibles de répondre positivement ».

 

Illustration : @nickfancher Unsplash

The post Reuters Institute : l'évitement de l'actualité atteint un niveau record first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : L’ère du smartphone intelligent est-elle arrivée ?
    Lors de la Worldwide Developers Conference (WWDC) d'Apple le 10 juin 2024, Apple a fait sensation avec l'annonce du lancement de « Apple Intelligence ». Cet événement marque un tournant majeur dans la stratégie technologique de l'entreprise, qui intègre désormais l'intelligence artificielle générative dans ses produits phares tels que l'iPhone, l'iPad et le Mac. Il était temps – ce n’est pas pour rien que l’année dernière, Wired titrait « Apple Ghosts the Generative AI Revolution ». L’une des f

Liens vagabonds : L’ère du smartphone intelligent est-elle arrivée ?

Lors de la Worldwide Developers Conference (WWDC) d'Apple le 10 juin 2024, Apple a fait sensation avec l'annonce du lancement de « Apple Intelligence ». Cet événement marque un tournant majeur dans la stratégie technologique de l'entreprise, qui intègre désormais l'intelligence artificielle générative dans ses produits phares tels que l'iPhone, l'iPad et le Mac. Il était temps – ce n’est pas pour rien que l’année dernière, Wired titrait « Apple Ghosts the Generative AI Revolution ». L’une des fonctionnalités phares ? L’intégration de ChatGPT dans les produits Apple. Tim Cook, le CEO d'Apple, a déclaré : « Apple va transformer ce que les utilisateurs peuvent faire avec nos produits, et ce que nos produits peuvent faire pour nos utilisateurs ». Mais alors, est-ce vraiment si révolutionnaire ?  

Enjeux Économiques 

Apple a conclu un partenariat stratégique avec OpenAI pour intégrer ChatGPT dans ses programmes d'IA. Cette alliance permet à Apple d'améliorer significativement les capacités de Siri, rendant l'assistant vocal plus conversationnel et capable de traiter des requêtes complexes. L'objectif est de proposer une expérience utilisateur plus fluide et intuitive, ce qui pourrait renforcer la fidélité des utilisateurs et attirer de nouveaux clients. 

Aucun des deux acteurs n’a reçu d’argent dans l’affaire. Pourtant, le partenariat offre des avantages économiques importants pour les deux entreprises. Pour Apple, cela signifie une amélioration de ses produits sans coûts initiaux élevés. Pour OpenAI, l'accès direct à plus d'un milliard d'utilisateurs Apple constitue une opportunité commerciale majeure. Ces derniers auront accès à ChatGPT gratuitement, mais l’entreprise espère bien les convertir en abonnés payants pour ses services premiums.  

Si quelqu'un s'est opposé à cette collaboration, c'est bien Elon Musk. L'entrepreneur a menacé de bannir les produits Apple de ses entreprises si l'intégration d'OpenAI devenait trop intrusive : « Si Apple intégrait OpenAI au niveau du système d'exploitation, alors les appareils Apple seraient interdits dans toutes mes entreprises », a-t-il déclaré sur X. Selon Forbes, cette collaboration déplairait à Elon Musk car elle irait à l'encontre de ses intérêts personnels : « Étant donné le partenariat déjà profond d'Apple avec Google, qui implique l'offre exclusive de son moteur de recherche, il est logique que le prochain partenariat en matière d'IA soit avec Google et son moteur d'IA Gemini Gen. », explique le média. 

Impact sur les Utilisateurs 

La promesse d’Apple est de transformer l’expérience utilisateur grâce à l'intégration de l'IA générative dans ses produits. Siri, désormais alimenté par ChatGPT, pourra répondre à des requêtes plus nuancées et complexes, facilitant ainsi une interaction plus naturelle et efficace avec les appareils. La question de la protection de la vie privée peut alors se poser ? Les données des utilisateurs seront-elles partagées à OpenAI ? Apple affirme que les utilisateurs devront approuver l’envoi à ChatGPT d’une question, d’un document ou d’une photo pour que l’IA s’active.  L’entreprise aurait aussi obtenu d'OpenAI qu'il accepte de ne pas enregistrer les requêtes de ses clients sans demander la permission, protégeant ainsi leur vie privée.  

Les nouvelles fonctionnalités d'Apple Intelligence, comme la transcription et le résumé de contenus audio dans Notes et Téléphone, ainsi que la recherche avancée dans Photos, offrent une praticité accrue dans la gestion des informations personnelles. Ces innovations visent à rendre la technologie plus accessible et utile au quotidien, répondant mieux aux besoins individuels des utilisateurs. 

Fonctionnalités Phares 

  • Outils d'Écriture : Avec iOS 18, iPadOS 18 et macOS Sequoia, les utilisateurs peuvent réécrire, réviser et résumer des textes dans diverses applications comme Mail, Notes et Pages. 
  • Notifications Prioritaires : Les notifications les plus importantes sont mises en avant pour une gestion plus efficace. 
  • Transcription Audio : Les utilisateurs peuvent enregistrer, transcrire et résumer des contenus audios dans les apps Notes et Téléphone. 
  • Image Playground : Création rapide d'images amusantes avec des styles variés tels que Animation, Illustration et Sketch. 
  • Recherche Avancée dans Photos : Trouver des photos en les décrivant verbalement, facilitant ainsi la navigation dans les albums. 
  • Intégration de ChatGPT avec Siri : Siri peut utiliser les connaissances de ChatGPT avec l'approbation de l'utilisateur pour des réponses plus précises et informées. 

Apple Intelligence marque une étape importante dans l'évolution technologique de l'entreprise. On peut toutefois se poser des questions sur l’utilité réelle de toutes ses fonctionnalités. TechTrash souligne avec ironie : « tout un tas d’astuces pour résoudre les grands problèmes existentiels de nos vies ». La véritable révolution numérique est-elle vraiment pour aujourd'hui ? 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • TF1 et M6 sous la menace d’un big bang dans le PAF (Agefi)
  • Françoise Joly, directrice de l’information de TV5Monde, convoquée à un entretien préalable à son licenciement (Le Monde)
  • Le journal « Sud Ouest » en grève reconductible contre un plan social (Le Monde)
  • RSF annonce le décès à 53 ans de son directeur général, Christophe Deloire (Le Figaro)
  • Comment le Rassemblement national a su tirer profit de TikTok (Télérama)
  • CMI, Libé, Editis… les multiples casquettes de Denis Olivennes lui rapportent gros (l’Informé)
  • Audiovisuel public : l’indépendance budgétaire menacée (Le Monde)
  • Le média Madmoizelle envisage de licencier l'intégralité de ses journalistes (La Lettre)

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par @xsqueezie

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Pourquoi les Américains utilisent-ils les médias sociaux ?


Source : Pew Research Center

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Bienvenue à l'ère du smartphone A.I (New York Times)
  • Le potentiel impact « dévastateur » des AI Overviews de Google sur la visibilité des éditeurs révélé (Press Gazette)

Capture d'écran du New York Times

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Des éditeurs du monde entier affectés par la classification des actualités comme spam par Facebook (Press Gazette)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • Le nombre de journalistes tués en Ukraine atteint 81 (Counteroffensive)
  • Une journaliste chinoise liée au mouvement #MeToo condamnée à cinq ans de prison (The Guardian)
  • Le journaliste américain Evan Gershkovich bientôt jugé en Russie pour "espionnage" (france24)
  • Le procès de X contre Media Matters devrait commencer en avril 2025 (Reuters)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Droits voisins : la justice donne raison au groupe Le Figaro contre le réseau X (Le Figaro)
  • Meta met en pause ses plans de former une IA avec les données des utilisateurs européens, cédant à la pression réglementaire (TechCrunch)
  • Des chercheurs alertent sur le flou entretenu par certains grands acteurs de l'IA pour échapper à la règlementation européenne (Radboud University)

JOURNALISME

  • L'UER annonce ses demandes stratégiques sur l'IA générative et les médias (UER)
  • Le propriétaire de Business Insider a signé un énorme contrat avec OpenAI. ChatGPT ne crédite toujours pas les plus grands scoops du site (Nieman Lab)
  • La société sud-africaine Media24 ferme ses journaux (Moneyweb)
  • Le fiasco grandissant pour Will Lewis et le Washington Post (Politico)
  • Le plan de Yahoo Sports pour les Jeux Olympiques de Paris ? Une équipe de médaillés d'or comme correspondants (Hollywood Reporter)
  • Certains médias de droite paient le prix après avoir propagé des désinformations sur les élections de 2020 (NBC News)
  • Google signe un accord avec une organisation pour distribuer 100 millions de dollars aux entreprises de presse canadienne (The Canadian Press)

ENVIRONNEMENT

  • Silence des médias sur l'appel du chef de l'ONU à interdire les publicités pour le pétrole et le gaz (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Comment les Américains obtiennent des informations sur TikTok, X, Facebook et Instagram (Pew Research Center)
  • Nous sommes en 2024. Elon Musk règne sur X. Et le monde politique est toujours accro (Notus)
  • Voodoo rachète le réseau social BeReal pour 500 millions d’euros (Le Figaro)
  • Les marques de mode sur mesure du Vietnam prospèrent à l'ère de TikTok (rest of world)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Apple va lancer le Vision Pro sur les marchés internationaux (Techcrunch)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Alerte à la streamflation : Pourquoi les prix des abonnements augmentent soudainement (encore) (The Hollywood Reporter)
  • D'après Netflix, “l'univers de Bridgerton” a généré 275 millions de livres sterling pour l'économie britannique (The Guardian)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Spotify annonce la création d'une agence créative interne et teste des publicités avec des voix générées par intelligence artificielle (TechCrunch)
  • Spotify, les auteurs-compositeurs veulent que vous réussissiez. Pourquoi continuez-vous à leur faire du mal ? (Variety)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Les hackers ciblent les utilisateurs d'IA pour protester contre le "vol d'art" (404media)
  • Elon Musk retire sa plainte contre OpenAI et le PDG Sam Altman (Axios)
  • Les coachs de carrière en intelligence artificielle de LinkedIn sont maintenant disponibles (Wired)
  • Un nouvel outil d'IA qui mesure avec précision la taille des foules met en lumière les protestations qui agitent le Brésil (rest of world)
  • Amazon débloque 230 millions de dollars pour soutenir des start-up dans l’IA (amazon)
  • OpenAI aurait doublé son chiffre d’affaires en six mois (Information)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Pour les éditeurs de nouvelles et les sites tech cherchant à engager les utilisateurs, les jeux sont une affaire sérieuse (New York Times)

 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

The post Liens vagabonds : L’ère du smartphone intelligent est-elle arrivée ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : Internet, le royaume de l’éphémère
    L’internet, cet océan de connaissances en perpétuelle expansion, est-il en train de se vider de son contenu ? Selon une récente étude du Pew Research Center, de vastes pans de ce réservoir numérique sont en train de disparaître, défiant l’idée que le web est une archive immuable, au moment même où les IA génératives ingurgitent à toute vitesse ce qui en reste pour générer un nouvel Internet. Le contenu disparaît sous nos yeux L’étude révèle ainsi des statistiques alarmantes : 38% des pages exis

Liens vagabonds : Internet, le royaume de l’éphémère

L’internet, cet océan de connaissances en perpétuelle expansion, est-il en train de se vider de son contenu ? Selon une récente étude du Pew Research Center, de vastes pans de ce réservoir numérique sont en train de disparaître, défiant l’idée que le web est une archive immuable, au moment même où les IA génératives ingurgitent à toute vitesse ce qui en reste pour générer un nouvel Internet.

Le contenu disparaît sous nos yeux

L’étude révèle ainsi des statistiques alarmantes : 38% des pages existantes en 2013 ne sont plus accessibles dix ans plus tard. Même les pages les plus récentes ne sont pas à l’abri de cette tendance, avec 8% des pages existant en 2023 ayant déjà disparu. Cette « dégradation numérique » touche toutes les sphères, des sites gouvernementaux aux médias, en passant par Wikipédia. 23% des pages d’actualités contiennent au moins un lien « brisé ».

En Chine, la situation est critique. Presque toutes les infos publiées sur les portails d’info chinois, les blogs, les forums entre 1995 et 2005 ne seraient plus disponibles, rapporte le New York Times. La journaliste Li Yuan se souvient des « excellentes couvertures médiatiques » du grand tremblement de terre du Sichuan le 12 mai 2008, qui a fait plus de 69 000 morts, une époque où « les journalistes avaient plus de liberté que ne le permettrait généralement le Parti communiste ». Elle ne retrouvé aujourd'hui aucun de ces articles. 

Pourquoi ce fossé qui se creuse ?

Il est d’abord techniquement difficile et coûteux pour les sites web d’archiver du contenu plus ancien, et pas seulement en Chine. Certains sites sacrifient ainsi du matériel ancien sur l’autel de Google, pour améliorer leur référencement. Le moteur de recherche, privilégiant les sites web à chargement rapide. Pour qu’un site soit plus rapide, il suffit donc de se débarrasser de sa substantifique moelle.  « Si certains comprennent ce compromis – qui n’a jamais été agacé par la vitesse de chargement d’un site ? – en revanche, la raison de visiter un site web n’est sûrement pas la bannière pop-up, la demande d’envoi d’alertes, la vidéo qui se lance automatiquement, la multitude de publicités cliquables vous invitant à voir à quoi ressemble une femme qui avait 18 ans et qui en a maintenant 50, réagissait déjà en 2022 l’écrivain Simon Brew, au lieu de réduire tout cela, ce sont les archives qui sont rationnalisées et épurées...».

En Chine, la raison de cet effacement du web est aussi d’ordre politique. Le Parti communiste tient à maintenir à tout prix une pureté politique et une culture « harmonisée » du cyberespace chinois. Les entreprises internet ont ainsi plus d’incitation à la « sur-censure ».

Capture d'écran du site Unofficial Archives

Des actions de résistance

Face à cette menace croissante, des efforts sont déployés pour préserver le contenu en ligne. Des sites comme archive.org, un lieu d’archivages des sites internet, offrent une bouée de sauvetage pour le matériel menacé.  En Chine, le journaliste Ian Johnson a fondé le site web Unofficial Archives, qui cherche à préserver les blogs, les films et les documents en dehors de l’internet chinois. Cependant, ces efforts restent marginaux par rapport à la masse de données effacées quotidiennement.

Cette érosion rend internet moins reconnaissable, un espace qui « n’est plus pour les humains, par les humains », ont récemment alerté les universitaires Jake Renzella et Vlada Rozova sur The Conversation. Les interactions en ligne deviennent dès lors de plus en plus « artificielles » à mesure que l'intelligence artificielle et le contenu généré par des algorithmes gagnent en importance.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Des fausses nouvelles et des vidéos cherchent à saper les Jeux olympiques de Paris (New York Times)
  • La Russie vise les Jeux olympiques de Paris avec une fausse vidéo de Tom Cruise (The Guardian)
  • Grève de vingt-quatre heures au sein de l’Agence France-Presse jeudi, au sujet du statut des journalistes hors de France (Le Monde)
  • Plus d’un million d’euros ont été récoltés suite à la mobilisation Twitch “Streamers 4 Palestinians” (Ouest France)
  • La Sacem atteint un nouveau record de collecte à 1,49 milliard d'euros (Correspondance de la Presse)
  • « Il est de plus en plus difficile pour la presse judiciaire d’accomplir son travail » (Le Monde)
  • Ten Ten : tout comprendre à l’application au succès surprise, qui inquiète jusqu’au ministère de l’intérieur (Le Monde)
  • Européennes : mobilisation contre les violences numériques de genre (Next)

Visuel tiré du faux documentaire «Olympics Has Fallen»

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Le coût de la plupart des grands services de streaming a augmenté de plus de 40 % depuis leur lancement

Source : Axios

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • OpenAI ressemble de plus en plus à Facebook (The Atlantic)
  • Alerte rouge pour les médias de services publics", selon Tim Davie, le patron de la BBC (Deadline)
  • La vie, la mort et la renaissance d'un média généré par une intelligence artificielle (New York Times)
  • À mesure que l'Internet chinois disparaît, "nous perdons des parties de notre mémoire collective"(New York Times)

Capture d'écran du New York Times sur la disparition progressive des contenus sur internet en Chine

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Le moteur de recherche DuckDuckGo a lancé son propre AI Chat, agent conventionnel anonyme et sécurisé (JustGeek)
  • Nvidia, Microsoft et Apple sont plus gros que le marché boursier chinois (Bloomberg)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • Les utilisateurs de TikTok reçoivent des informations trompeuses sur les élections, selon la BBC (BBC)
  • Israël cible secrètement les législateurs américains avec une campagne d'influence sur la guerre de Gaza (New York Times)
  • Elon Musk ne comprend pas les craintes de l'UE concernant la désinformation sur X, selon une fonctionnaire (The Guardian)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Italie : Meta écope d'une amende de 3,5 millions d'euros pour « pratiques commerciales déloyales » (La Repubblica)

JOURNALISME

  • Le groupe français Keleops (01Net, Journal du Geek, Presse Citron) va racheter le site américain Gizmodo (Les Echos)
  • Will Lewis défend sans détour le remaniement du Washington Post (Vanity Fair)
  • Facebook supprime les publications d'informations locales et les qualifie de spam (Press Gazette)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Facebook et Instagram sont officiellement des plateformes vidéo (Marketing Brew)

ENVIRONNEMENT

  • Près de la moitié des journalistes couvrant la crise climatique à l'échelle mondiale ont reçu des menaces (The Guardian)


Capture d'écran du rapport Covering The Planet

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Donald Trump rejoint TikTok, l'application qu'il avait tenté d'interdire en tant que président (Variety)
  • Instagram confirme le test des publicités « inskippables » (TechCrunch)
  • X autorise officiellement la pornographie sur sa plateforme (Twitter)
  • Le bouton « J'aime » de YouTube ne s'affiche pas pour certains utilisateurs (The Verge)
  • Les professionnels des relations publiques abandonnent X pour LinkedIn (Axios)

Source : Axios

STREAMING, OTT, SVOD

  • Cauchemar à Hollywood ? Un nouveau service de streaming permet aux spectateurs de créer leurs propres émissions grâce à l'IA (The Hollywood Reporter)
  • Le Canada contraint les plateformes de streaming à participer aux contenus locaux (L’Humanité)
  • La NBA est proche d'un accord télévisé de 76 milliards de dollars, un moment décisif pour les médias et le sport (Wall Street Journal)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les clients de Spotify sont les moins susceptibles d'annuler leur abonnement (Bloomberg)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Kling, le Sora chinois proposé par Kuaishou (SCMP)
  • Un groupe d'ex ou actuels collaborateurs d'OpenAI dénonce ce qu'ils considèrent comme une culture de désinvolture (New York Times)
  • Future you, un chatbot permettant aux utilisateurs de parler à une version “future” d’eux-mêmes (The Guardian)
  • Comment diriger une armée de détectives numériques à l'ère de l'IA ? (Wired)
  • L'entreprise xAI d'Elon Musk prévoit de construire un supercalculateur d'IA à Memphis (Wall Street Journal)
  • Le nouveau conseil de l'IA de Meta est entièrement composé d'hommes blancs (TechCrunch)
  • À quoi ressemble une belle femme selon l'IA (Washington Post)
  • Le PDG de Zoom veut des clones d'IA en réunion (The Verge)
  • OpenAI a corrigé un problème qui a causé une panne globale pour les utilisateurs de ChatGPT, qui a duré plusieurs heure (TechCrunch)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • L'activité de licence d'IA de Shutterstock a généré 104 millions de dollars l'année dernière (Bloomberg)

 

Kati Bremme et Alexandra Klinnik

 

The post Liens vagabonds : Internet, le royaume de l’éphémère first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Fatie Toko : le bon côté de la tech
    Comment se débarrasser de sa peur des nouvelles technologies ? Fatie Toko, directrice de l’innovation du groupe La Poste, propose quelques pistes éclairées dans son essai « techno-optimiste » : Et si la tech pouvait sauver le monde ? Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions La société, totalement pervertie par les nouvelles technologies ? « Nos ados sont toujours plus affectés par un chagrin d’amour que par un sevrage temporaire de leur smartphon

Fatie Toko : le bon côté de la tech

Comment se débarrasser de sa peur des nouvelles technologies ? Fatie Toko, directrice de l’innovation du groupe La Poste, propose quelques pistes éclairées dans son essai « techno-optimiste » : Et si la tech pouvait sauver le monde ?

Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions

La société, totalement pervertie par les nouvelles technologies ? « Nos ados sont toujours plus affectés par un chagrin d’amour que par un sevrage temporaire de leur smartphone », nuance Fatie Toko. La directrice de l’innovation du groupe de la Poste veut croire au bien-fondé et aux effets positifs de la tech sur la société. Dans son essai Et si la tech pouvait sauver le monde ?, la franco-ivoirienne choisit de voir « le remède, pas le poison » et fustige les « discours alarmistes de certains médias ». La nouvelle vague d’innovations technologies offre un immense potentiel pour résoudre les crises à venir, assure-t-elle. Celle qui livre un récit « techno-optimiste » mais pas « techno-naïf » déroule les raisons de se réjouir : des plateformes pour accélérer le développement économique durable et la sécurité alimentaire dans les pays à faibles revenus, des capacités d’analyses d’images satellitaires et de données géographiques pour réduire la pollution, la vision par ordinateur pour protéger les écosystèmes terrestres et marins… Entretien sur les initiatives et les défis à venir du monde de la tech.

Que reprochez-vous à la couverture tech des médias ?

Les médias ont un biais négatif général sur les nouvelles technologies. Ils ont tendance à faire appel à des experts, qui complexifient des sujets déjà difficiles à appréhender pour le grand public. Je regrette ce manque de vulgarisation. Les questions posées sont souvent alarmistes : « est-ce qu’il va y avoir des robots tueurs ? », « L’IA va-t-elle nous remplacer ? ». Cette approche détourne l’attention des questions essentielles telles que la manière de s’informer, de se protéger, de tirer profit des nouvelles technologies. La peur n’est pas une fatalité, ni une nécessité absolue. Dans mon travail, je m’intéresse notamment aux initiatives émergentes en Afrique et je refuse de céder à la peur qui entoure souvent les avancées technologiques. Il existe de nombreuses initiatives, tant au niveau de politiques publiques que dans le domaine scientifique, visant à promouvoir des technologies plus éthiques, responsables et durables. Mon livre vise à mettre en lumière ces aspects positifs souvent méconnus et présenter une vision équilibrée des nouvelles technologies.  

Quelles initiatives vous incitent à être aussi optimiste ?   

Des initiatives émergent en matière de santé, d’environnement, de lutte contre les vulnérabilités et l’éducation. J’ai ainsi découvert des couveuses connectées au Cameroun qui permettent de mettre des sondes et des caméras dans les cabines des prématurés pour surveiller les signaux vitaux et la température à l’intérieur. De nombreuses solutions technologiques, des caméras par vision par ordinateur, nous permettent de voir comment les animaux réagissent aux aléas climatiques. Dans le domaine de la santé, le recours à l’intelligence artificielle, l’analyse et la visualisation des données, la réalité augmentée et immersive, permet par exemple de voir l’environnement du « bloc » à travers les yeux d’un chirurgien qui opère. Il s’agit d’une plateforme médicale tout-en-un unique, conçue pour couvrir l’ensemble du cycle d’une intervention. Cette solution peut être une assistance vitale dans la médecine humanitaire et notamment les premiers actes de secours des civils en temps de guerre.   

Si vous évoquez les raisons d’être optimiste, vous mentionnez également les défis à venir. Vous écrivez notamment que la menace la plus importante pour l’État est celle constituée par la concentration inédite des géants du numérique. « Les GAFAM risquent de devenir des véritables États plateformes qui portent atteinte à la souveraineté des nations ». Mais n’est-ce pas déjà le cas ?  

En effet. Elles sont les plus grandes bénéficiaires de la mondialisation. Elles se moquent des lois, car les outils de régulation ne peuvent pas les soumettre. Les problèmes actuels ne sont pas uniquement dus à la technologie, mais aussi à des questions de régulation et d’idéologie favorables à certaines puissances économiques. Les géants du numérique ne sont pas surpuissants juste parce qu’ils exploitent les données, mais aussi parce qu’ils bénéficient d’un environnement mondialisé et de politiques qui les favorisent. Il est crucial de mettre en place des normes mondiales pour protéger les citoyens contre les risques liés à la cybersécurité et à la manipulation de l’information. Cela nécessite une collaboration internationale pour établir une base éthique et réglementaire solide afin de protéger les individus et les consommateurs.   

 La régulation de l’IA par exemple est devenue un énorme défi pour le législateur. Dans son livre que vous citez « Les algorithmes font-ils la loi ? », Aurélie Jean explique que « la réflexion et la conception de lois pour l’encadrement des algorithmes sont fortement impactés par la discipline elle-même. Intangible, complexe et en perpétuelle évolution, elle impose son rythme avec un certain flou artistique sur sa compréhension chez les acteurs de la loi voire les lobbystes eux-mêmes ». Et souligne le manque de formation des élites et du personnel politique…  

La compréhension de ces questions est extrêmement complexe pour ceux qui ne sont pas des data scientistes. Le personnel politique ne possède pas nécessairement les compétences scientifiques requises pour appréhender la complexité de l’intelligence artificielle. L’IA pose un défi en raison de sa complexité multidisciplinaire et de sa convergence de domaines. On est tous fragile face à cette révolution technologique, car elle est difficile à lire.  

Vous expliquez que l’Afrique devient le nouveau terrain de jeu des GAFAM.   

 Le contexte de régulation est très peu contraignant dans ces régions. Cette absence de règles facilite l’adoption de technologies nouvelles. Contrairement à d’autres régions où chaque innovation suscite un débat et des craintes, en Afrique, l’adoption est rapide et sans préambule. Si une technologie démontre son utilité, elle est immédiatement intégrée et déployée. Il n’y a pas ce débat d’experts qui précède l’usage. Sous couvert de philanthropie et au nom de la connectivité, des entreprises installent des centres de données et des laboratoires d’expérimentation sur le continent. La jeunesse de la population et l’absence de régulation offrent un terrain propice à ces essais à grande échelle, à l’instar de Google qui a établi en 2019 son centre de recherche en intelligence artificielle à Accra (Ghana) et installé à Lomé (Togo) en 2022 un câble internet sous-marin dans le cadre de son projet d’infrastructure réseau pour relier l’Afrique à l’Europe. Ces initiatives amplifient les risques en termes de protection de données et de dépendance économique et infrastructurelle.   

Comment adopter une relation plus sereine avec les nouvelles technologies ?  

Il est essentiel de ne pas les craindre. Il faut commencer par chercher à comprendre. Les technologies offrent cet avantage : l’information est accessible à tous. Je mentionne Objectif IA, une formation accessible en ligne pour tous les Français, qui sensibilise et explique l’intelligence artificielle dans notre quotidien, tout en prodiguant des conseils sur l’hygiène numérique et le consentement éclairé. Il s’agit de s’informer encore et toujours. Il est crucial de réfléchir à l’usage que l’on en fait. Prenez l’exemple de ChatGPT : je l’utilise pour gagner du temps dans l’organisation de mes cours, la préparation du matériel pédagogique, la rédaction de scénarios, etc. Enfin un mot pour les jeunes : soyons modestes et tolérants envers la jeunesse. Arrêtons, nous les adultes, d’être nostalgique. Ce ne sont pas eux qui ont l’utilisation la plus compulsive de leurs écrans. Notre devoir est de les guider vers une utilisation intelligente. Le consentement est un aspect souvent négligé : nous devons accompagner les jeunes en leur posant des questions sur les implications de leurs actions en ligne, sur les coûts, les impacts. Trop souvent, nous les culpabilisons. C’est contre-productif et encourage même les jeunes à dissimuler leurs activités numériques à leurs parents, plutôt que d’en parler ouvertement. Cela les pousse à se replier dans un monde virtuel, coupés de la réalité, plutôt que d’engager des conversations sur une utilisation raisonnée des technologies.  

The post Fatie Toko : le bon côté de la tech first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • VivaTech : l'IA sur le tapis rouge
    La capitale des Lumières serait-elle en train de se transformer en « capitale de l'intelligence artificielle » ? C'est ce qu'a affirmé le président Emmanuel Macron mardi, lors d'une rencontre avec les leaders du secteur. Ce grand discours intervient la veille de l’ouverture de VivaTech, plus grand salon européen consacré aux nouvelles technologies. Par Aude Nevo et Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions A défaut de voir les stars du cinéma à Cannes, ce sont bien le

VivaTech : l'IA sur le tapis rouge

La capitale des Lumières serait-elle en train de se transformer en « capitale de l'intelligence artificielle » ? C'est ce qu'a affirmé le président Emmanuel Macron mardi, lors d'une rencontre avec les leaders du secteur. Ce grand discours intervient la veille de l’ouverture de VivaTech, plus grand salon européen consacré aux nouvelles technologies.

Par Aude Nevo et Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions

A défaut de voir les stars du cinéma à Cannes, ce sont bien les stars de l’IA qui ont défilé au salon VivaTech. Parmi elles, Dario Amodei, co-fondateur de l'entreprise américaine d'intelligence artificielle Anthropic, Arthur Mensch, patron et co-fondateur de la startup française Mistral AI, Yann Le Cun, directeur du laboratoire de recherche sur l'intelligence artificielle du groupe Meta, et le controversé patron de X, Elon Musk, qui a fait une apparition en visioconférence, devant ses adorateurs. Mais VivaTech, c’est avant tout une place de marché. Derrière chaque robot, chaque voiture, chaque casque de réalité virtuelle, se profile un entrepreneur en quête de financements. Cette année, l'IA a dominé presque toutes les discussions. Le monopole de la Chine et des États-Unis a été largement débattu, alimentant la crainte des Européens de manquer le coche. Un fossé s’est creusé entre la grande majorité, désireuse d'innover toujours plus rapidement, et ceux, plus prudents, qui appellent d'abord à la régulation. Résumé des points clés.

Le journalisme, grand absent ?

À VivaTech, temple du business et de la start-up nation, le journalisme est rarement à l'honneur. Organisée par Publicis et Les Échos, cette grand- messe des « technolâtres » ouvre grand ses portes à ses invités, qu'importe leur pedigree, pourvu qu'ils exercent une influence économique notable. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit d'Elon Musk. En terrain conquis, le magnat des affaires libertarien est intervenu à distance devant un public en extase, réuni dans le Dôme de la Porte de Versailles.

Maurice Lévy, président de VivaTech et Elon Musk, à distance.

  • Si l’on se réfère au titre original de la conférence, « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Elon Musk (sans oser le demander) », clin d’œil (daté?) au film de Woody Allen, la session promettait d’être franche et directe. La salle avait été assurée de pouvoir poser ses questions (« en 15 secondes top chrono »), l'orateur se revendiquant comme un ardent défenseur de la liberté d'expression. Si le milliardaire s’est plié de bonne grâce aux questions conventionnelles et admiratives de ses fans survoltés (telles que « Quelle est votre plus grande peur ? », « L’IA », « Votre plus grand espoir ? » — « Mars »), il a fait preuve de grossièreté face à la seule interrogation critique de la session. Lorsqu'une journaliste de Business Insider a soulevé les problèmes rencontrés par Tesla, « qui traverse une période tumultueuse avec des ventes en baisse, une chute en bourse et des licenciements », il a préféré l'humilier directement : « Passons à la question suivante, car je ne pense pas que Business Insider soit une publication sérieuse », suscitant les rires moqueurs de ses partisans. Un véritable « bad boy » dans la cour d'école, affichant ouvertement son mépris pour les médias qui ne pensent qu'au « nombre de clics ». En maître de cérémonie, Maurice Lévy, président de VivaTech, n’a pas levé un sourcil mais a préféré remercier mille fois son hôte de marque, de faire « l’honneur de sa présence »… dans un événement également organisé par un média, les Échos !
  • Dans cet exercice très cadré, il a été beaucoup question d’intelligence artificielle, “star du show Vivatech”. En début de semaine, Elon Musk a annoncé déployer son service d’intelligence artificielle, Grok, développé par sa start-up (xAI) en Europe à tous les utilisateurs ayant un abonnement X Premium. Grok sera le robot d’IA le plus drôle possible, car “si on doit tous mourir un jour, autant mourir en riant”. Pour lui, les algorithmes de Google, d’OpenAI et de Microsoft ne sont pas efficaces : “Mon inquiétude, c’est qu’ils font du politiquement correct, c’est dangereux. Le mieux pour l’IA ? C’est de penser par elle-même, d’être curieuse, c’est ce qui sera le mieux pour l’humanité. Ces IA ont été entraînées pour mentir.  Demandez à ChatGPT de vous générer une image de Waffen-SS, il en créera une d’un groupe de femmes issues de la diversité. Ce n’est pas la vérité”.

La Chine, un concurrent de taille dans la course à l’IA 

Comme chaque année, un panel d’intervenants venant de toute part a pris la parole lors des conférences. Robin Li, cofondateur et directeur général de Baidu, le moteur de recherche chinois a évoqué ses projets en matière d’IA dans la conférence « AI View from China ».

 Robin Li, cofondateur et directeur général de Baidu, et Maurice Levy, président du conseil de surveillance de Publicis Groupe. 

 Les points clés 

  • Le Google chinois est l'un des acteurs du pays les plus avancés dans l'IA. Là où la concurrence veut trouver le modèle de langage le plus performant, Baidu cherche la « super app » qui révolutionnera le secteur : « Aux États-Unis et en Europe, tout le monde se concentre sur la mise au point du modèle de fondation le plus avant-gardiste. Mais en Chine, les gens se demandent de plus en plus quelle sera l'application qui fera la différence à l'ère de l'IA » explique Robin Li. Sans le citer, il est possible que l’homme d’affaire fasse référence au succès de WeChat, messagerie largement déployée en Chine dont le succès pourrait l’avoir inspiré. Selon lui, une approche axée sur les applications peut « accélérer la transformation de l'ère de l'internet à l'ère de l'IA ». Cette super-app prendra-t-elle la forme d’un chatbot ?
  • Ernie, l’équivalent chinois de ChatGPT, a été lancé par Baidu en mars 2023. Peu connu en Europe, il est pourtant largement implanté en Chine et compte aujourd'hui 200 millions d'utilisateurs. Pour Robin Li, l’enjeu est de créer le meilleur modèle possible sur le territoire chinois : « Nous ne sommes pas aussi bon qu'OpenAI en anglais. Mais nous surpassons ChatGPT4 en chinois car Baidu est principalement entrainé avec des données chinoises ». Selon lui, « les européens devraient travailler sur des données dans leur propre langage pour espérer devenir des forces dominantes de l’IA ». Si Mistral Large, le LLM (large language model), de la startup française est par exemple entraîné en parti sur des données françaises, la proportion n’a pas été communiquée. 
  • Pour entraîner un LLM, il faut une quantité immense de données. Pour Robin Li, ce n'est pas tant l'accès à ces données qui pose problème, mais leur traitement. Cela requiert de nombreux ingénieurs, une ressource parfois insuffisante.
  • L’entrepreneur a également fait part de ses réserves quant à l’arrivée prochaine d’une intelligence artificielle qui puisse surpasser l’esprit humain. Selon lui, les « AGI » (artificial general intelligence) ne sont pas prêtes d’arriver sur le marché.  « Nombreux sont ceux qui spéculent sur l'arrivée de l'AGI, avançant des délais de deux à cinq ans. Pour ma part, je pense que cette technologie ne sera pas disponible avant au moins une décennie » a-t-il affirmé.
  • Accélérer à tout prix : c'est le vœu de Robin Li. Interrogé sur ses plus grandes craintes pour l'avenir, il répond : « Tout le monde est surpris par la vitesse à laquelle la technologie a progressé ces deux dernières années, mais pour moi, ce n'est pas encore assez rapide. C'est trop lent ».
  • Cette pensée est pourtant en adéquation avec plusieurs autres intervenants du salon, qui semblent oublier le chaos potentiel d’un manque de régulation de l’IA en termes de discrimination, de propriété intellectuelle, et de désinformation. Bruno le Maire, lors de sa visite surprise afin de remplacer Emmanuel Macron en visite en Nouvelle-Calédonie a affirmé : « l’Europe doit retrouver le goût du risque afin de créer l’IA française et européenne dont nous avons besoin pour notre économie ». 

« Ne travaillez pas sur les LLM's, ils sont entre les mains des grandes entreprises ».

Madhumita Murgia, rédactrice IA en chef chez FT et Yann LeCun VP & Chief AI Scientist chez Meta.

 Les points clés 

  • Lors de son intervention, Yann LeCun, VP & Chief AI Scientist chez Meta, a souhaité s’adresser aux étudiants. « Ne travaillez pas sur les LLM's, ils sont entre les mains des grandes entreprises. Il n'y a rien que l'on puisse mettre sur la table, vous devriez travailler sur la prochaine génération d’IA ».
  • Le « baron du deeplearning » comme il se fait appeler, a également déclaré que les LLM ont une maîtrise limitée de la logique et n'atteindront pas le niveau d'intelligence humaine : « L’intelligence n'est pas une échelle linéaire. Il existe un écart entre l'intelligence que nous pouvons reproduire et l'intelligence humaine ». « Les machines ne comprennent pas le monde réel et n'ont pas de mémoire persistante » poursuit-il.
  • Les entreprises sont de plus en plus réticentes à l’idée de partager leurs modèles en open source à cause de la concurrence : « Au cours des douze dernières années, la communauté s'est considérablement ouverte. OpenAI faisait de la recherche open source, ce qui a contribué aux avancées très rapides de l’IA. Maintenant, des intérêts commerciaux émergent. OpenAI n'est plus du tout ouvert, et Google de moins en moins. Ce changement de paradigme est très mauvais pour l’industrie ».
  • Les applications les plus prometteuses de l'IA ne se trouvent pas chez Méta, mais au sein des start-ups qui développent des systèmes dans des langages peu exploités par l'IA. « Avoir une IA qui communique dans leur propre dialecte offre un accès technologique à des personnes qui en sont actuellement privées », souligne Yann LeCun. À titre d'exemple, il évoque une initiative d'une start-up sénégalaise utilisant un modèle open source pour fournir des informations médicales en français et en Wolof, les deux langues locales du pays. Cette solution facilite l'accès aux soins dans un contexte où consulter un médecin est souvent difficile.
  • Pourquoi les talents ne restent-ils pas en Europe ? « Les futurs chercheurs vont là où ils auront le plus d’impact et le plus de chances de réussir » explique Yann LeCun. Selon lui, « le faible salaire dans la recherche scientifique publique » est l’une des raisons qui poussent les nouveaux acteurs du secteur à claquer la porte. 
  • L’enjeu est de taille pour le président français Emmanuel Macron. S’il n’a pas abordé la question des salaires des chercheurs à l'Élysée lors de son discours sur l'IA du mardi 21 mai, il a annoncé des mesures ambitieuses visant à accroître le nombre de professionnels formés dans ce domaine. Son plan prévoit de passer de 40 000 à 100 000 professionnels formés par an, et un investissement supplémentaire de 400 millions d'euros dans les neuf clusters d'IA français, reconnus comme des centres d'excellence universitaire.

If you are a student interested in building the next generation of AI systems, don't work on LLMs https://t.co/H1qX3gClEu

— Yann LeCun (@ylecun) May 22, 2024

 Où sont les femmes ? 

Bruno le Maire lors de son intervention sur les femmes dans le secteur de la tech.

Les points clés 

  • Les grandes absentes du salon, ce sont les femmes. Valérie Pécresse, présente ce mercredi a déploré ce manque de représentation :« Nous avons besoin de reconvertir beaucoup de Franciliens qui pensent que la tech n’est pas pour eux. Parallèlement, je constate en déambulant dans les stands que les femmes ne sont pas suffisamment représentées ».
  • De son côté lors de son intervention, Bruno Le Maire a promis qu’il était temps de « mettre des quotas dans les classes préparatoires ».
  • Ce constat est également partagé par Béatrice Kosowski, Présidente IBM France, lors de la conférence « From Regulator to Innovator: European AI and Sovereignty ». Selon elle, 85 000 postes seraient vacants dans le secteur du numérique. Il y a donc urgence à former des jeunes dans ce domaine, en mettant l'accent sur la parité, car « autrement, les outputs de l’IA seront biaisés ». Elle souligne que les femmes ne représentent que 32% des effectifs dans les métiers de la tech en Europe, et environ 20% en France.
  • Ce manque de représentation avait été reproché à OpenAI en décembre dernier, lorsque son nouveau conseil d’administration avait évincé toute présence féminine pour devenir le club des “Big Tech Boys”. Parmi les 702 (sur 750) employés qui avaient signé la lettre demandant le retour de Sam Altman après son éviction, plus de 75% étaient des hommes.
  • Les chiffres montrent également un écart de confiance entre hommes et femmes concernant la conduite de projets liés à l’IA. 26% des femmes se disent confiantes, contre 49% des hommes. En cause ? les représentations sociales et les stéréotypes de genre qui pèsent sur l’orientation et l’auto-censure des femmes (syndrome de l’imposteur).

 Les « musk-see » du salon 

Si la présence (à distance) d’Elon Musk, a fait jaser la « techosphère », certaines innovations ont également fait entendre parler d’elles. Tour d’horizon de ces gadgets plus ou moins utiles. 

  • Le secteur de la santé est à l’honneur cette année. La startup SquareMind propose par exemple une technologie pour aider les dermatologues dans le dépistage des cancers de la peau. Ce dispositif automatisé numérise l'intégralité de la peau du patient en très haute résolution à l’aide d’un bras mécanique. « Grâce à l'intelligence artificielle, il peut signaler l'apparition de nouveaux grains de beauté entre deux visites » explique son co-fondateur Ali Khachlouf. Autre démonstration qui a suscité l’émerveillement du public : un fauteuil roulant développé par la startup suisse Scewo qui peut monter et descendre des escaliers en toute sécurité.

Un pas en avant pour l’accessibilité des personnes en fauteuil roulant avec @scewo_official #Vivatech @VivaTech #Handicap pic.twitter.com/gt4vAf17Nv

— Mathieu Flaig (@MathieuFlex) May 22, 2024

  • Mais notre coup de cœur est sans nul doute Buddy, un petit robot à l’allure « kawai » dont le but est d’aider les enfants sur le spectre autistique dans leur apprentissage. Fabriqué par la société française Blue Frog Robotics et désigné en France comme « robot for good », Buddy a été approuvé par le ministère de l’Éducation nationale. Présenté comme « un compagnon émotionnel avec qui l’enfant pourra nouer un lien social », Buddy permet aux petits d’interagir avec un avatar ayant des traits humains (deux yeux, une bouche) sans le stress que pourrait générer une interaction réelle. « Buddy permet de simuler certains codes sociaux mais n'a aucune conscience de ce qu’il est », souligne un développeur présent au stand. Un autre projet en cours vise à utiliser Buddy pour réinclure en classe les enfants en situation d’exclusion. L’initiative née sous l’impulsion de la Fondation des hôpitaux de France présidée par Brigitte Macron a été lancée auprès de 2000 enfants malades. À l’aide d’une tablette disponible dans leur chambre d’hôpital, les jeunes patients peuvent contrôler le petit robot à distance, parler à travers lui, entendre le professeur et répondre aux questions. Des tests sont en cours pour mesurer les impacts socio-psychologiques du dispositif sur les patients. Si les résultats sont positifs, Buddy pourrait être déployé à plus grande échelle. Toutefois, on peut se questionner sur le coût d’un tel programme et son déploiement réel par la suite. L’éducation nationale étant déjà en proie à des restrictions budgétaires, qui financera ces Buddy dans nos écoles ? 

📣Salon #Vivatech 2024 #AvecFranceTravail
✅@BlueFrogRobotic présente #Buddy
↪dopé à l'#IA pour interagir avec des enfants #autistes, malades ou assistance auprès des personnes âgées
↪création d'empathie, de lien émotionnel @VivaTech @FranceTravail pic.twitter.com/8JOOjmBkos

— Eric Huguet 🌍 (@ERICHUGUET4) May 23, 2024

  • Évidemment, certaines innovations auraient pu rester au stade de l’idée. Par exemple, SmartGolf est un fournisseur de services de golf nouvelle génération, qui propose une analyse du swing et un coaching par l'IA sans balle. Le but ? Pouvoir faire du golf directement de chez soi. Pratique lorsque l’on n’a pas de terrain à proximité. Un gadget qui n’est pas sans rappeler wii sport, disponible pour la modique somme de 450 dollars. Mais le plaisir du golf ne réside-t-il pas dans le fait de taper la balle ? Du côté automobile, comme chaque année, de nombreux modèles de voitures aux designs toujours plus futuristes se sont fait concurrence. Une dizaine de constructeurs étaient présents, avec des promesses marketing plus ou moins similaires, englobant IA, énergie verte, pilotage automatique etc. Parmi eux, le cybertruck de Tesla s’est fait remarquer par ses dimensions hors norme : 5,69 mètres de longueur sur 2,4 mètres de largeur pour 3 tonnes. Non commercialisé en France (et pas prêt de l’être), le pick-up en acier inoxydable est disponible aux Etats-Unis pour environ 100 mille dollars.

 

It's the @Tesla Cybertruck. And it's at #VivaTech 💥 pic.twitter.com/rO3RoP3nGM

— Viva Technology (@VivaTech) May 22, 2024

  • Airbus a également présenté ses innovations les plus ambitieuses à VivaTech. Le cheval de bataille du géant de l'aérospatiale ? Permettre aux avions de se déplacer en totale autonomie dans les aéroports. Le projet intègre des technologies telles que l'automatisation avancée, la vision par ordinateur, et l'apprentissage automatique. Une menace pour la sécurité selon certains syndicats de pilotes. Pour minimiser l'empreinte carbone de ses essais, Airbus utilisera un camion électrique, le « Air-truck » qui reproduit les fonctions d'un cockpit d'avion. Le stand proposait également d’effectuer un vol simulé au-dessus d'Osaka à bord d'un taxi aérien du futur. L’occasion de faire un parallèle avec le volocity, un taxi volant proposant une offre 100% électrique et décarbonée. Déjà présenté au salon en 2022, il devait effectuer ses premiers vols commerciaux à l'occasion des JO de Paris 2024 pour environ 250 euros. Deux ans plus tard, le taxi volant du futur sillonnera bien le ciel de Paris afin de profiter de la vitrine médiatique des Jeux Olympiques, mais sans client ! 

J'aurais peut être dû prendre le volocopter pour rentrer plutôt que la ligne 12 😁#vivatech@jblefevre60 @kalydeoo @pierrepinna @Nicochan33 @tewoz @loutro1990 @CHRISTINESOTO12 @RLDI_Lamy @jeancayeux pic.twitter.com/gEoqJ9V2zv

— Yann Marchand (@Ym78200) May 23, 2024

Conclusion

En conclusion, la transformation de Paris en une "capitale de l'intelligence artificielle" semble bien en marche, soutenue par les ambitions du président Emmanuel Macron et l'engouement généré par le salon VivaTech. Au-delà des innovations gadget, des exercices de com' de la part des politiques, de l'aliénation de certains tech lovers, de la recherche du business à tout prix, cet événement a rassemblé les acteurs les plus influents du secteur, témoignant de l'importance croissante de l'IA dans les discussions technologiques et économiques. Rappelons que la France accueillera, les 10 et 11 février 2025, la prochaine édition du sommet international de l'intelligence artificielle. 

 

The post VivaTech : l'IA sur le tapis rouge first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : News Corp, un deal de plus entre la presse et OpenAI
    A chaque mois son nouvel accord entre un média et OpenAI. Le mois dernier, l’accord avec le Financial Times faisait la surprise, aujourd’hui, c’est au tour de News Corp. Que faut-il retenir ?  News Corp a annoncé dans un communiqué de presse ce jeudi 22 mai, la signature d’un partenariat historique de plusieurs années avec OpenAI. Le ton de la déclaration se veut enthousiaste : « Les entreprises unissent leurs forces pour enrichir les produits et plateformes d'IA générative d'OpenAI avec un jo

Liens vagabonds : News Corp, un deal de plus entre la presse et OpenAI

A chaque mois son nouvel accord entre un média et OpenAI. Le mois dernier, l’accord avec le Financial Times faisait la surprise, aujourd’hui, c’est au tour de News Corp. Que faut-il retenir ? 

  • News Corp a annoncé dans un communiqué de presse ce jeudi 22 mai, la signature d’un partenariat historique de plusieurs années avec OpenAI. Le ton de la déclaration se veut enthousiaste : « Les entreprises unissent leurs forces pour enrichir les produits et plateformes d'IA générative d'OpenAI avec un journalisme de qualité ».
     
  • Les PDG de News Corp et d’OpenAI se sont tous deux félicités de cet accord : « Nous croyons qu'un accord historique établira de nouvelles normes de véracité, de vertu et de valeur à l'ère numérique » a déclaré Robert Thomson, PDG de News Corp. Sam Altman a quant à lui déclaré : « Ensemble, nous posons les bases d'un avenir où l'IA respecte profondément, améliore et soutient les normes du journalisme de classe mondiale ».
     
  • L'accord qui pourrait valoir jusqu'à 250 millions de dollars sur cinq ans, permettra à OpenAI d'accéder au contenu actuel et archivé de toutes les publications de News Corp. Il s’agit notamment du Wall Street Journal, du New York Post, du Times et du Sunday Times.
     
  • Faute d'accord global sur les droits des éditeurs, Ils sont de plus en plus nombreux à établir des accords financiers avec OpenAI. A la fin de l’année dernière, OpenAI a conclu un contrat similaire avec Axel Springer, la société mère de Business Insider et Politico. Du côté français, Ouest France et Le Monde ont également passé des accords« Il est dans mon intérêt de trouver des accords avec tout le monde », a déclaré Louis Dreyfus, PDG du journal Le Monde, lors d'une interview. « Sans accord, elles utiliseront nos contenus de manière plus ou moins rigoureuse et plus ou moins clandestine, sans aucun bénéfice pour nous ».
     
  • Le New York Times a adopté l’approche inverse, et a porté plainte contre OpenAI en décembre dernier pour violation des droits d’auteur.
     
  • Cette série d'accords reflète le principe du « winner takes it all », où les principaux éditeurs concluent des accords avec les géants de l'IA, alors que les médias plus modestes et sans intérêt pour OpenAI, restent vulnérables au pillage de leur contenu sans compensation financière. 
  • Toutefois, le journaliste Hamilton Nolan souligne que même les médias passant ces accords pourraient ne pas y trouver leur compte. « Les montants d'argent que les entreprises de médias obtiennent dans ces accords semblent intéressants au départ, mais ce sont des cacahuètes pour OpenAI, qui vaut probablement déjà plus de 100 milliards de dollars ». Il illustre : « C’est l'équivalent d'être satisfait de soi pour avoir gagné cinq dollars en vendant vos clés de maison à des cambrioleurs ».  

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Une dotation de 70 millions pour la formation de l'élite de l'IA en France  (Les Echos)
  • Pourquoi des groupes médias français vont attaquer Google devant le tribunal de commerce (mindmedia)
  • Le groupe Lagardère annonce un protocole d'accord préliminaire en vue de céder Paris Match à LVMH (Le Figaro)
  • Elections européennes : une couverture médiatique en nette baisse (Libération)
  • Droits voisins : une première victoire en justice pour les médias et l’AFP face à X (mindmedia)
  • Lettre ouverte à Squeezie : “Tu as les moyens financiers et humains de sortir de ce cercle infini d’entre-soi masculin sur YouTube” (Causette)
  • Cafeyn s’enrichit d’une vingtaine de titres (The Media Leader)
  • Meredith Whittaker, présidente de Signal : « L’IA concentre le pouvoir dans les mains des géants de la tech » (Le Monde)
  • L'intelligence artificielle, star de la 8e édition de VivaTech (France 24)

    If you are a student interested in building the next generation of AI systems, don't work on LLMs https://t.co/H1qX3gClEu

    — Yann LeCun (@ylecun) May 22, 2024

3 CHIFFRES

  • News Corp signe un accord avec OpenAI pour un montant qui s'élèverait à plus de 250 millions de dollars sur cinq ans, selon le Wall Street Journal.
  • Spotify a reversé 253 millions d’euros aux ayants droit français de la musique en 2023, selon la filiale française de la compagnie.
  • 39 % des Américains estiment qu'il est important, au moins dans une certaine mesure, que les journalistes dont ils obtiennent leurs informations partagent leurs croyances politiques, d’après Pew Research Center.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

L'internet est éphémère


Source: Pew Research Center 

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Quand la thérapie sur TikTok est plus lucrative que de voir des clients (The Cut)
  • Ces faux articles flatteurs qui cachent de vraies publicités (60 millions de consommateurs)
  • Apocalypse Google (Arrêt sur Images)
  • Les chaînes de télévision accueillent leur public vieillissant avec un nouveau mantra : l'âge ne compte pas (Wall Street Journal)
  • Meta a abandonné les actualités. Maintenant, l'entreprise les utilise pour du contenu IA (Washington Post)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Céline Galipeau entrevoit la fin des téléjournaux (Le Devoir)
  • Selon des chercheurs britanniques, les garde-fous des chatbots d'IA peuvent être facilement contournées (The Guardian)
  • Le pape ouvre la voie à la canonisation de « l’influenceur de Dieu »  (BBC News)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Tellement facile de diffuser de la désinformation pour les bots d'IA (New York Times)
  • Meta soutient que le contenu électoral généré par l'IA n'atteint pas un « niveau systémique » (MIT)
  • Les journalistes indiens sont en première ligne dans la lutte contre les « deepfakes » électoraux (NiemanLab)

JOURNALISME

  • Google menace de suspendre le financement de Google News Initiative aux États-Unis (Axios)
  • Jim VandeHei a eu une vie plutôt agréable. Mais qu'est-ce qu'il faut en retenir ? (Washington Post)
  • Newscorp conclut un accord avec OpenAI (Newscorp)
  • Vivek Ramaswamy, anti-woke et climatosceptique, prend des parts dans BuzzFeed (Bloomberg)
  • Le poids croissant d’Apple News dans le trafic et les revenus des sites d’info américains (Semafor)
  • Les médias concluent des accords avec OpenAI qu'elles regretteront (Nolan Hamilton)
  • Israël fait marche arrière sur la saisie du matériel vidéo de l'Associated Press après une vive contestation (CNN)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

ENVIRONNEMENT

  • Avec l’IA, les émissions carbone de Microsoft ont augmenté de 30% (Bloomberg)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Linktree dépasse les 50 millions d'utilisateurs (TechCrunch)
  • Snap vise la croissance alors que TiKTok est confronté à un avenir incertain aux États-Unis (Digiday)
  • YouTube sert toujours d'hôte aux communautés extrémistes (TechTimes)
  • TikTok prend des mesures pour limiter la portée des médias russes et chinois en une année électorale importante (New York Times)
  • X devrait rétablir les étoiles, et non cacher les « j'aime » (Techcrunch)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Pixar licencie 175 personnes et se recentre sur le cinéma (New York Times)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Microsoft Edge traduira et doublera les vidéos d'actualité pendant que vous les regardez (The Verge)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Microsoft va bientôt enregistrer toutes vos actions sur votre PC ! (The Guardian)
  • Le monde est mal préparé aux percées de l'intelligence artificielle, selon un groupe d'experts de haut niveau (The Guardian)
  • Selon le responsable de Meta AI, les grands modèles linguistiques n'atteindront pas l'intelligence humaine (Financial Times)
  • La Chine crée son propre chatbot ChatGPT basé sur Xi Jinping (Readwrite)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

The post Liens vagabonds : News Corp, un deal de plus entre la presse et OpenAI first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : Google veut révolutionner notre travail, OpenAI, notre vie
    « Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière.  Cha

Liens vagabonds : Google veut révolutionner notre travail, OpenAI, notre vie

« Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière. 

ChatGPT veut révolutionner notre vie  

  • De son côté, OpenAI a dévoilé lundi 13 mai la nouvelle version de son assistant : ChatGPT-4o. Et surprise, il ne s’agit pas d’un chatbot ordinaire. Son abréviation « o » provient du mot anglais « omni », c’est-à-dire multimodal en français. Il s’agit donc d’un modèle capable de traiter du texte, de l'audio et des images en temps réel. 
  • Toutefois, il ne s’agit pas d’un nouvel outil comme Alexa ou Siri. La véritable révolution réside dans sa capacité à tenir une véritable conversation comme utiliser des onomatopées, faire des blagues, imiter une émotion (à la façon du film Her), permettre à l'utilisateur d'interrompre ou de changer totalement de sujet. « Parler à un ordinateur ne m'a jamais semblé vraiment naturel ; maintenant, c'est le cas », s’est félicité Sam Altman, PDG d'OpenAI. 
  • Auparavant, les assistants vocaux, y compris ChatGPT, pouvaient déjà répondre à des questions. Aujourd'hui, elle est fait en temps réel, et avec le sourire (en tout cas dans la vidéo démo).
  • S’il était déjà possible de prendre une photo de notre frigo avec ChatGPT4, il est désormais possible de prendre son téléphone pour filmer directement notre environnement et le montrer à l’IA. Elle comprend le contexte et peut décrire des scènes en temps réel, comme « décris-moi la ville ». 
  • La version de ChatGPT-4o est progressivement déployée pour les utilisateurs gratuits. Toutefois, le nouveau mode vocal n’est pas encore intégré à l’application. Difficile donc de vérifier s’il est à la hauteur des promesses marketing de la start-up. Sam Altman a en effet expliqué dans un tweet : « le nouveau mode vocal n'a pas encore été livré (bien que le mode texte de GPT-4o l'ait été). Ce que vous pouvez actuellement utiliser dans l'application est l'ancienne version ». 
  • Demain, ce sympathique assistant nous lira-t-il une sélection de news (fabriquées elles-mêmes par une IA ?)

Démonstration des capacités de ChatGPT-4o par OpenAI 

Gemini 1.5 veut révolutionner notre travail 

  • Mardi 14 mai, c’est au tour de Google de montrer une série de nouveautés au cours de sa conférence de presse. La promesse ? intégrer son IA Gemini 1.5 dans toutes ses gammes d’outils.
  • Cette innovation révolutionnera notre façon de travailler. Google bénéficie de l'avantage (comme Microsoft) d'avoir déjà des outils déployés dans les entreprises et sur les ordinateurs personnels. L'IA pourra analyser nos courriels et nous aider à organiser notre agenda par exemple. 
  • À partir de cette semaine, les utilisateurs aux États-Unis découvriront les résumés par IA dans leur moteur de recherche Google au-dessus des liens vers les sites web. Une nouveauté qui risque d’accentuer encore plus les inquiétudes des éditeurs de site web (une bataille des droits voisins puissance 10 est déjà en cours).
  • Enfin, Google a dévoilé son projet « Astra », assistant vocal multimodal voulant faire concurrence ChatGPT-4o. Si Astra ne montre pas encore d’émotion, Google souhaite améliorer son agent dans les prochaines semaines. 

Démonstration du projet Astra par Google 

Révolution technologique ou simple coup de communication ? 

Alors, demain, rira-t-on avec les robots pour mieux vivre avec eux, comme nous l'annonçait Laurence Devillers déjà en 2015 ? Ce qui semble être une promesse technologique révolutionnaire doit néanmoins être nuancé. Les assistants conversationnels d’OpenAI et de Google affichent toujours un taux d’erreur d’environ 20 %. Il reste donc primordial de vérifier les informations fournies avec d'autres sources. De plus, pour Benoit Raphael, journaliste expert en IA, « la hype de l'IA générative semble avoir atteint un plateau », tant en termes d’utilisateurs qu’en termes techniques. Il explique : « GPT-4o, le nouveau modèle d'OpenAI, est à peine meilleur que GPT-4, même s'il est plus rapide. Aujourd'hui, la plupart des modèles se valent ». Le principal enjeu est maintenant le marketing (plusieurs vidéos sur YouTube ont d'ailleurs transformé cette semaine en battle entre les deux géants)...

Mais ces entreprises sont bien en train de construire un avenir où les modèles d'IA recherchent, vérifient et évaluent les informations pour nous fournir une réponse concise à nos questions. Et pour Melissa Heikkilä, journaliste experte IA au MIT, "Encore plus qu'avec des chatbots plus simples, il est judicieux de rester sceptique par rapport à ce qu'ils vous disent".

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Une future entreprise unique de l’audiovisuel public sans France Médias Monde (Le Monde)
  • Le journal gratuit «20 Minutes» va supprimer son édition papier, 56 postes menacés (Libération)
  • Fréquences TNT ; plusieurs nouveaux entrants veulent lancer leur chaîne télé (Les Echos)
  • Streaming vidéo, IA... La France veut réduire le coût environnemental des services des géants du numérique (Le Figaro)
  • Le blocage de TikTok dans un territoire d'outre-mer crée un « dangereux précédent », avertissent les critiques (Politico)
  • Cannes : TikTok sur le tapis rouge (France Culture)

3 CHIFFRES

  • Selon des données collectées par Ecoprod, l’impact moyen d’un long-métrage de cinéma est de 188,7 tonnes CO2-équivalent, soit une centaine de voyages aller-retour en avion entre Paris et New York.
  • Au premier trimestre 2024, les recettes publicitaires nettes de l’ensemble des médias s’élèvent à 3,996 milliards d’euros, soit une hausse de 3,8 % par rapport au premier trimestre 2023, selon le Baromètre unifié du marché publicitaire (BUMP).
  • Les responsables de l'information sont légèrement plus optimistes quant à l'impact de l'IA. Un peu plus de la moitié des personnes interrogées (52 %) ont déclaré être « optimistes » ou « très optimistes » quant à l'effet qu'aura l'IA sur leur entreprise d'ici quelques années, d'après WAN-IFRA.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Les renvois vers les sites d'infos en provenance de Facebook ont chuté de 50 % en un an

Source : Mediapost

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • « Au début, on se fait agresser et à 45 ans, on est trop vieille pour travailler » - la misère secrète des femmes travaillant à la télévision (The Guardian)
  • Les moteurs de réponses remplacent les moteurs de recherche : carnage attendu pour les éditeurs (Washington Post)
  • Les liens rompus de Google avec le web (Platformer)
  • Comment les streamers de Twitch pourraient influencer les élections de 2024 (Wired)

Capture d'écran : Washington Post

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les adolescents qui se lient d'amitié avec les chatbots d'IA (The Verge)
  • Le PDG de YouTube : il est temps que les Emmys s'intéressent aux créateurs (Hollywood Reporter)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • L'IA me ment-elle ? Les scientifiques mettent en garde contre une capacité de tromperie croissante (The Guardian)
  • « Goodbye, Delhi » : forcée à partir après 25 ans en Inde, la correspondante de « La Croix » raconte (La Croix)
  • Un tribunal guatémaltèque ordonne la libération d'un journaliste emprisonné depuis près de deux ans pour blanchiment d'argent (AP)
  • Comment le gouvernement indien utilise les lois pour réduire au silence et intimider les journalistes (ijnet)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Le gouvernement français a-t-il le droit d’interdire TikTok en Nouvelle-Calédonie? (Le Figaro)
  • La Quadrature du Net attaque en justice le blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie (Quadrature du Net)
  • Après TikTok et X, Facebook et Instagram accusés par Bruxelles d'attenter à la santé mentale des enfants (Les Echos)

JOURNALISME

  • La nouvelle série spin-off de The Office prendra place dans un journal local en difficulté (Washington Post)
  • Sous-payé et sous-évalué : Ce que c'est que d'être un étudiant journaliste palestinien à l'heure actuelle (Teen Vogue)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • TikTok teste le téléchargement de vidéos de 60 minutes et continue de s'attaquer à YouTube (TechCrunch)

ENVIRONNEMENT

  • « Permacomputing » : la discrète communauté qui défend des outils numériques libres, sobres et décroissants (Le Monde)
  • Sous l'eau, Correio do Povo couvre la tragédie humaine des inondations dans le sud du Brésil (Latin American Journalism Review)
  • Comment les compagnies pétrolières manipulent les journalistes (Drilled)
  • Les déserts d'information occultent l'ampleur des catastrophes climatiques (The Nation)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • L'utilisation d'Internet est statistiquement associée à un plus grand bien-être, selon une nouvelle étude mondiale d'Oxford (University of Oxford)
  • Threads teste un flux semblable à TweetDeck (The Verge)
  • Pourquoi Jack Dorsey a abandonné Bluesky (The Washington Post)
  • Les réseaux sociaux chinois effacent les messages « ostentatoires de richesse et de glorification de l'argent » (The Guardian)
  • Comment WhatsApp est devenu une machine de campagne en Inde (Rest of World)
  • Reddit et OpenAI créent un partenariat (Reddit)
  • Twitter est officiellement X. com maintenant (The Verge)

 

Publié par @zuck
Voir dans Threads

 

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Stanford vient-il de créer le prototype des lunettes AR du futur ? (The Verge)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Qu'est-ce qu'on regarde à la télé ? Pour de nombreux Américains, c'est YouTube (Wall Street Journal)
  • Le retour des bouquets (The Atlantic)
  • Pour le marché du film de Cannes, les conditions sont mûres pour le succès après les premières années de pandémie (Reuters)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Sony Music met en garde les entreprises technologiques et les diffuseurs de musique contre l'utilisation de ses artistes par l'IA (Financial Times)
  • Spotify est accusé de violation du droit d’auteur par une association américaine (Billboard)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • L'Oklahoma adopte un projet de loi historique protégeant les droits des utilisateurs de Bitcoin (Forbes)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le cofondateur d'OpenAI, Ilya Sutskever, annonce son départ (New York Times)
  • Claude d’Anthropic propose maintenant son propre générateur de prompts (Anthropic)
  • Google et OpenAI se livrent une bataille pour remodeler Internet (The Verge)
  • ChatGPT sera capable de vous parler comme Scarlett Johansson dans Her (The Verge)

You can now generate production-ready prompts in the Anthropic Console.

Describe what you want to achieve, and Claude will use prompt engineering techniques like chain-of-thought reasoning to create more effective, precise and reliable prompts. pic.twitter.com/TqylVRkfP5

— Anthropic (@AnthropicAI) May 10, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Comment la publicité télévisée a perdu de son importance (Wall Street Journal)
  • Les groupes de presse britanniques mettent en garde Apple contre les projets de blocage des publicités (Financial Times

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

The post Liens vagabonds : Google veut révolutionner notre travail, OpenAI, notre vie first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : TikTok face aux contradictions de l’administration Biden
    Les choses se précipitent pour TikTok - Le Sénat américain a approuvé la loi qui contraint TikTok à être vendu à des propriétaires américains ou à être interdit, ce 23 avril. Approuvé mi-avril par la Chambre des représentants, le texte a été intégré à une initiative d'aide étrangère plus vaste afin d'en faciliter l'adoption par le Sénat. Outre la disposition relative à TikTok, la loi inclut donc un plan d'aide de 95 milliards de dollars destiné à l'Ukraine, à Israël et à Taïwan. Elle a été adop

Liens vagabonds : TikTok face aux contradictions de l’administration Biden

Les choses se précipitent pour TikTok - Le Sénat américain a approuvé la loi qui contraint TikTok à être vendu à des propriétaires américains ou à être interdit, ce 23 avril. Approuvé mi-avril par la Chambre des représentants, le texte a été intégré à une initiative d'aide étrangère plus vaste afin d'en faciliter l'adoption par le Sénat. Outre la disposition relative à TikTok, la loi inclut donc un plan d'aide de 95 milliards de dollars destiné à l'Ukraine, à Israël et à Taïwan. Elle a été adoptée par un vote de 79 voix pour et 18 voix contre, puis promulguée par le président Joe Biden le mercredi 24 avril.  

Joe Biden et TikTok, l’amour vache 

Malgré la signature de la loi interdisant l'application, Joe Biden continue d'utiliser TikTok pour promouvoir sa campagne présidentielle. À peine une heure après le vote du Sénat mardi soir, la campagne de réélection de Biden publiait de nouveaux contenus sur la plateforme. « Un environnement médiatique fragmenté nous oblige à nous présenter et à rencontrer les électeurs là où ils se trouvent », a déclaré un responsable de la campagne Biden. Un comportement paradoxal qui n'a pas échappé aux électeurs : « Si [Biden] veut regagner la confiance des jeunes, il doit être ouvert et transparent sur le raisonnement derrière cette interdiction », souligne Luke Mullen, acteur, cinéaste et activiste avec plus de 100 000 abonnés sur TikTok. « Jusqu’à présent, il n’a rien dit, ce qui ressemble à une dépréciation de notre intelligence. Les jeunes Américains ne sont pas stupides », poursuit-il. Nombreux ont été les utilisateurs à supplier le président de « garder TikTok » dans les commentaires de ses vidéos. Un internaute ironise même : « Je me demande quelle application vous a permis de poster cette vidéo ». Joe Biden a-t-il lancé un boomerang qui pourrait lui revenir en plein visage à six mois de l’élection présidentielle ? Cette mesure pourrait s'avérer être un cadeau inespéré pour Donald Trump, qui s’est empressé le mois dernier de critiquer la loi… 


Capture d’écran sous une vidéo TikTok de Joe Biden.  

Que dit TikTok ?  

ByteDance de son côté serait prêt à retirer l'application plutôt que de la céder, si les tentatives pour contester la législation échouent. La raison ? Les précieux algorithmes permettant le fonctionnement de TikTok sont considérés comme vitaux et confidentiels pour les opérations globales de ByteDance. Leur licence de propriété intellectuelle est enregistrée sous ByteDance en Chine et donc difficile à séparer de la société mère, ont déclaré des sources anonymes. Une vente pourrait également révéler à quel point ByteDance est lié à TikTok, supposément indépendant. Malgré toute la communication sur l'autonomisation accrue de TikTok, un rapport du Financial Times indique qu'ils sont plus liés que jamais.

Autre argument contre une vente : les utilisateurs actifs quotidiens de TikTok aux États-Unis ne représenteraient que 5% des utilisateurs actifs quotidiens de ByteDance dans le monde. TikTok pourrait donc survivre à la fermeture de ses opérations aux États-Unis, d’où son pari de fermer l’application plutôt que de vendre ses algorithmes. Les sources ont également souligné que la séparation des algorithmes des actifs américains de TikTok serait une procédure extrêmement complexe, et il est peu probable que ByteDance considère sérieusement cette option. En attendant, la réaction du gouvernement chinois ne se fait pas attendre : Un article dans un journal proche du régime qualifie la décision de « vol » qui « détruirait complètement la crédibilité nationale américaine, déjà entachée ».

Les auto-entrepreneurs européens également sous pression  

Si les entrepreneurs aux Etats-Unis s’inquiètent, l’impact sur le marché pourrait être beaucoup plus global. En Europe, les créateurs s’inquiètent d’une potentielle interdiction de TikTok outre-Atlantique. Isobel Perl, fondatrice de Perl Cosmetics, et Kyle Frank, fondateur de Franks Remedies, soulignent à la BBC l'importance des ventes réalisées aux États-Unis pour leurs entreprises. « Certains mois, 60 à 70 % de nos ventes mensuelles proviennent des États-Unis » explique Kyle Frank. Isobel Perl rajoute : « J'utilise principalement TikTok pour générer des ventes sur notre site web, parmi toutes les applications de médias sociaux, c'est celle qui génère le plus de trafic ».Se rendre dépendant d'une plateforme tierce expose à un risque de perte de contrôle, un problème courant pour ceux qui s'y engagent pleinement (les médias se souviennent encore bien du changement de cap de Facebook sur la mise en avant des l'actualité).

Récompenser l'addiction 

TikTok fait également face à des défis sérieux ailleurs. Par exemple, il est sous pression à cause de TikTok Lite dans l'UE (pour sa fonctionnalité désomais retirée de récompense qui permet de gagner une petite somme contre une présence et des interactions sur l'appli), il a été interdit au Kirghizistan pour "protéger les enfants", et il lutte contre une interdiction potentielle au Kenya.

Cela pourrait être la fin de TikTok tel que nous le connaissons. Affaire à suivre également pour les autres applis chinoises qui commencent à arriver sur les réseaux de l'Occident : Temu, l'appli de shopping, ou encore Xiaohongshu, l'Instagram chinois... 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Rachat de Marianne : l’hypothèse Pierre-Édouard Stérin se précise (Challenge)
  • Albert, l’intelligence artificielle française déployée par le gouvernement (DINUM)

Le code source d'Albert, l'IA générative réentrainée par l'Etat est dispo ici : https://t.co/Cc1GBmLkIr

— Emile Marzolf (@emile_marzolf) April 23, 2024

  • Christophe Jakubyszyn obtient le soutien des journalistes pour diriger « Les Echos » (Les Echos)

Avec 86 % de votes positifs pour sa nomination à la direction de la rédaction, @chrisjaku va prendre ses fonctions aux Echos dans des conditions confortables. 213 votes pour, 20 contre, sur un corps électoral de 251 journalistes. pic.twitter.com/nY8oZCnHRK

— Jean-Michel De Marchi (@JM_De_Marchi) April 25, 2024

  • Qui est David Larramendy, le successeur de Nicolas de Tavernost à la tête de M6 ? (Télérama)
  • Publicité dans les médias : entre solidarité et “rôle politique” des annonceurs (CBNews)
  • Le média en ligne « Factuel » est en cessation de paiement (Le Monde)
  • Les journalistes de La Voix du Nord saisissent le médiateur sur la question des droits voisins (La Lettre)
  • Le Groupe Le Monde sanctuarise la majorité de son capital dans un fonds d’intérêt général à but non lucratif (Télérama)
  • Le cinéma UGC Normandie des Champs-Élysées va fermer : la fin d'un « joyau » (Le Parisien)

Après le 13 juin il n'y aura plus aucune salle de cinéma sur les Champs-Elysées. Je ne pensais pas voir ça un jour. #UgcNormandie pic.twitter.com/q1stqM0QPp

— Laurent Vachaud (@Laurent76300739) April 22, 2024

QUELQUES CHIFFRES

  • Alphabet, Microsoft et Meta ont tous enregistré une forte croissance des bénéfices d'exploitation pour le premier trimestre. Alphabet a augmenté de 46%, Microsoft de 23%, et Meta a connu un bond impressionnant de 91%, selon The Information.
  • La couverture médiatique des sujets consacrés à l'intelligence artificielle est en progression de 257 % en 24 mois dans les médias français avec 54 097 sujets ou articles par mois en moyenne, selon une étude Tagaday.
  • Le visionnage de la télévision en direct reste le premier usage des Français, quel que soit le mode de réception de la télévision, selon l'Arcom. Le téléviseur (90 %) et le smartphone (89,1 %) sont les équipements les plus répandus au sein du foyer.

 LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Quel est le coût associé à l'entraînement d'un modèle d'intelligence artificielle générative ?

Source : Chief AI Office

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Ce que les journalistes et les créateurs indépendants peuvent apprendre les uns des autres (NiemanLab)
  • C'est la fin du Web tel que nous le connaissons (The Atlantic)
  • Jim VandeHei sur la nouvelle génération d'entreprises de médias (Puck)
  • Il y a beaucoup de publicistes puissants. Mais un seul travaille pour Taylor Swift (Wall Street Journal)
  • L'homme qui a tué Google Search (Ed Zitron)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • En Italie, la RAI censure l’écrivain Antonio Scurati (Le Monde)
  • La FIFA sur le point de conclure un accord télévisé avec Apple pour un nouveau tournoi (New York Times)
  • Pourquoi les Japonais aiment les CD ? (Economist)
  • TikTok pourrait bientôt utiliser votre voix clonée (Android Police)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Les fact-checks bénéficient d'une plus grande visibilité dans Google Web Search que les articles qu'ils cherchent à corriger (ACM Digital Library)
  • Mali, Burkina Faso, Niger… Le Sahel, « vaste trou noir de l’information » (La Croix)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Les fournisseurs d'accès internet ne peuvent plus manipuler la vitesse de navigation et de téléchargement de leurs clients (CBS News)
  • Elon Musk répond à l'ordonnance d'un tribunal australien contre les images X d'une agression à l'arme blanche (The Guardian)

JOURNALISME

  • 404 Média et les espoirs du journalisme en auto-gestion (CJR)
  • Biden a évité  les questions des journalistes indépendants au cours de son mandat, ce qui entraîne un dangereux précédent (New York Times)
  • Les équipes de campagne ont une nouvelle approche favorite pour répondre aux journalistes : l'humiliation publique (Notus)
  • Le journalisme indépendant est-il encore viable ? Pour la plupart des journalistes, ce n'est pas le cas (Reuters Institute)
  • Les journalistes slovaques portent du noir pour protester contre la refonte des médias (The Guardian)
  • Rio, un présentateur d'un nouveau genre (Curio)

 STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Rest of World lance un observatoire de la désinformation électorale dans le monde (Rest of World)

 ENVIRONNEMENT 

  •  Face à l'urgence climatique, scientifiques et humoristes sonnent l'alarme ensemble (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Threads compte aujourd'hui plus d'utilisateurs quotidiens aux États-Unis que X (Business Insider)
  • Selon une étude norvégienne, l'interdiction des téléphones au collège améliore les résultats scolaires et la santé mentale des filles (NHH)
  • TikTok Lite suspend dans l’UE son système de récompenses, accusé de susciter de l’addiction (Le Monde)

 

  • L'Indonésie fait appel à des influenceurs pour convaincre les habitants de s'installer dans sa nouvelle capitale en construction (Rest of World)
  • Les matchs de football européens qui attirent le plus grand nombre de personnes sur les réseaux sociaux (Sporting Pedia)
  • TikTok et Meta ne signalent pas la propagande étatique concernant la guerre à Gaza (Forbes)

 IMMERSION, 360, VR, AR

  • Meta lance MetaHorizon OS, un nouveau système d'exploitation destiné aux casques de réalité virtuelle et mixte, notamment la gamme Quest (Meta)
  • Les lunettes intelligentes Ray-Ban Meta sont désormais dotées d'une IA multimodale (The Verge)

 STREAMING, OTT, SVOD

  • La nouvelle habitude télévisuelle des Américains : S'abonner. Regarder. Annuler. Répéter (New York Times)
  • Elon Musk lance X TV (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Le nouveau pari audio du New York Times, "The Interview", de l'intérieur (The Hollywood Reporter)
  • Audible va transformer les sept livres de Harry Potter de JK Rowling en livres audio complets (Audible)

 Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  •  La société de paiement de Jack Dorsey, Block, construit son propre système de minage de Bitcoin (CNBC)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • GPT-4 Turbo dans l'API OpenAI (OpenAI)
  • L'assistant d'IA de Meta est amusant à utiliser, mais on ne peut pas lui faire confiance (New York Times)
  • Le Washington Post développe un outil de réponse alimenté par l'IA (Technical.ly)
  • OpenAI, Meta et Google s’engagent pour la protection de l’enfance (Wall Street Journal)
  • 48 % des sites d'actualités les plus utilisés bloquent les robots d'OpenAI (Reuters Institute)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • L'un des plus grands best-sellers s'est vendu à plus de 600 000 exemplaires sur TikTok Shop (The Atlantic)
  • La dernière initiative de Google pour retarder l'apocalypse des cookies (Digiday)
  • Les agences de relations publiques prennent en charge les profils LinkedIn des cadres dirigeants — et transforment le ghostwriting en une activité lucrative (Business Insider)

 Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

 

The post Liens vagabonds : TikTok face aux contradictions de l’administration Biden first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : TCL, un cas d'école de la diversification
    Des écrans aux contenus -  TCL, le fabricant chinois de téléviseurs et smartphones, a annoncé l'élargissement de son offre avec le lancement de son studio de production. La société basée à Hong Kong suit l'exemple d'autres fabricants de matériel, dont Apple (avec Apple Studios) et Roku (qui avait profité de la mort subite de Quibi), qui produisent du contenu prêt-à-diffuser directement pour leurs propres services. La première production originale issue du studio TCL, "Next Stop Paris", prévue p

Liens vagabonds : TCL, un cas d'école de la diversification

Des écrans aux contenusTCL, le fabricant chinois de téléviseurs et smartphones, a annoncé l'élargissement de son offre avec le lancement de son studio de production. La société basée à Hong Kong suit l'exemple d'autres fabricants de matériel, dont Apple (avec Apple Studios) et Roku (qui avait profité de la mort subite de Quibi), qui produisent du contenu prêt-à-diffuser directement pour leurs propres services. La première production originale issue du studio TCL, "Next Stop Paris", prévue pour une diffusion cet été sur TCLtv+, a été moquée sur les réseaux sociaux pour son aspect "Made in AI". Etrangement, le court métrage met en scène des voix de doublage professionnels et un scénario original, mais est incarné par des acteurs entièrement animés par l'IA, qui portent tous les défauts d'une technologie débutante, avec "des visuels sur-saturés aux visages et arrière-plans non naturels qui bougent constamment" et une "jeune femme qui a un visage nettement différent dans certaines scènes"... 

TCL is launching its own content production studio tasked with creating original TV content for its free, ad-supported TV service, TCL TV Plus.

The first film, "Next Stop Paris," uses real voiceover actors to provide dialogue to AI-created characters.https://t.co/Mv9WZ1Zr54 pic.twitter.com/KM9lRHMi4f

— TheDesk.net (@TheDeskDotNet) April 12, 2024

De prochaines collaborations incluront des talents clés d'Hollywood, annonce cependant TCL. Passé de l'accroche "Electronics" à "The Creative Life", TCL suit aussi le chemin de la plupart des marques d'électronique grand public qui souhaitent remplir nos vie de créativité à l'ère de l'IA générative (à l'instar de Sony, qui vend un "monde d'émotion, grâce au pouvoir de la créativité et de la technologie".)  Les entreprises chinoises sont connues pour leur capacité d'adaptation, soutenue bien-sûr par un gouvernement volontariste d'un côté, mais aussi par de fortes capacités de R&D (23 centres de recherche avec 7000 employés dédiés à la R&D dans le monde entier pour TCL). L'innovation ne se situe d'ailleurs pas seulement du côté du matériel, mais aussi du côté du modèle économique.

TCL est capable de proposer en même temps le plus grand téléviseur du monde et un device qui signe la fin des écrans : les lunettes connectées TCL NXTWEAR S XR Glasses, présentées au CES en janvier, parfaitement adaptées aux nouveaux nomades (quand on aura réglé le problème de la gestion de la luminosité). Le TCL Design Innovation Center (DIC)  tend à unifier l'expérience utilisateur entre barres de son, machines à laver, climatiseurs et téléviseurs, qui - dans un futur proche - seront tous connectés. Ne reste plus qu'à espérer que tous ces écrans, qu'ils soient réels ou virtuels, diffuseront autre chose que de vulgaires créations sans valeur générées par l'IA et que nous parviendrons à démentir la loi de Sturgeon, qui prétend que 90% de tout est de piètre qualité quand tout le monde peut tout faire, partout, tout à la fois, grâce à l'IA...

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Daniel Kretinsky cherche à vendre l’hebdomadaire Marianne (La lettre)
  • Audiovisuel public : une réforme en mal d’objectif défini (Le Monde)
  • Le monde du livre vent debout contre la publicité à la télévision (Les Échos)
  • Médiamétrie intègre désormais à ses audiences les séquences issues des émissions de télé qui circulent en masse sur les réseaux sociaux (Le Parisien)

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : Ofcom

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Le retour du téléachat avec une nouvelle chaîne FAST sur Amazon Prime et Freevee (CP Amazon)
  • Le retour du téléphone à clapet n'est pas qu'une mode ! (The New Yorker)
  • Polémique autour de la promotion du film ‘Civil War’ du producteur A24, fabriquée par l'IA (The Hollywood Reporter)
  • Apple retire WhatsApp, Threads, Signal et Telegram de son App Store en Chine, suite aux ordres des régulateurs du pays concernés par la "sécurité nationale" (WSJ)
  • Robinhood l'appli de trading pour (jeune) particulier, lance Sherwood News, un média dédié à l'information financière (Axios) (encore un peu de diversification...)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • En Ukraine, la désinformation en ligne inquiète les autorités (Le Monde)
  • Un journaliste tunisien critique envers le président a été emprisonné pour diffamation (Bloomberg)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Vos ondes cérébrales sont à vendre. Une nouvelle loi veut changer cela (New York Times)
  • Des éditeurs de presse demandent au gouvernement d'enquêter sur Google pour avoir bloqué certains médias californiens (CNN)
  • Le projet de loi sur TikTok prolonge le délai de vente de l'application (Axios)
  • Les préoccupations d'Hollywood en matière d'IA posent des problèmes nouveaux et complexes que les juristes doivent démêler (Variety)

The EDPB has adopted an Art. 64(2) opinion on consent or pay models. The EDPB considers that, in most cases, it will not be possible for large online platforms to comply with the requirements for valid consent, when offering only a binary choice
➡https://t.co/uHq6CCQFja pic.twitter.com/0oCXLJExJO

— EDPB (@EU_EDPB) April 17, 2024

JOURNALISME

  • Newsweek accélère l'utilisation de l'IA dans sa rédaction (NiemanLab)
  • La société mère d'Essence rachète Refinery29 à Vice Media (Axios)
  • The Intercept est à court d'argent (Semafor)
  • Une note de service du New York Times sur Gaza indique aux journalistes d’éviter les mots “génocide”, “nettoyage ethnique” et “territoire occupé” (The Intercept)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • LinkedIn a publié un document sur les meilleures pratiques en matière de vidéos verticales (LinkedIn)

ENVIRONNEMENT 

  • « Le bavardage politique des plateaux étouffe et dépolitise les préoccupations environnementales » (Le Monde)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Google bloque les liens vers les médias californiens dans les résultats de recherche (The Guardian)
  • Elon Musk prévoit de faire payer les nouveaux utilisateurs de X pour poster (TechCrunch)
  • Reddit prend le dessus sur Google (Business Insider)
  • Telegram revendique près de 900 millions d’utilisateurs (Financial Times)
  • TikTok lutte contre une interdiction potentielle au Kenya (Semafor)

STREAMING, OTT, SVOD

  • L'avenir dystopique de la télévision : des déchets générés par l'IA (404media)
  • Truth Social, le réseau social de Trump, lance un service de streaming vidéo (The Guardian)
  • Amazon lance son service "Amazon Live" (TechCrunch)
  • Netflix va arrêter de publier ses chiffres trimestriels d’abonnés à partir de 2025 (Variety)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Airchat est la dernière obsession de la Silicon Valley (Wired)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • VASA-1 : Microsoft lance sa propre IA de "visages parlants" (Venture Beat)
  • L'absence de mesures et d'évaluations de qualité pour les systèmes d'IA constitue un problème majeur (New York Times)
  • Les articles collaboratifs de LinkedIn, alimentés par l'IA, donnent un aperçu inquiétant de l'avenir du contenu (Fortune)
  • Meta lance Llama 3 sur Facebook (The Verge)

🥁 Llama3 is out 🥁
8B and 70B models available today.
8k context length.
Trained with 15 trillion tokens on a custom-built 24k GPU cluster.
Great performance on various benchmarks, with Llam3-8B doing better than Llama2-70B in some cases.
More versions are coming over the next… pic.twitter.com/a2Koge2R5U

— Yann LeCun (@ylecun) April 18, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Marketplace est une réussite pour Facebook (Sherwood)
  • Les leaders de l'industrie veulent que les marques évitent les sites web "faits pour la publicité" (Wall Street Journal)
  • Pourquoi le New York Times noue des liens avec les gamers tout en diversifiant son public (Digiday)

Kati Bremme et Alexandra Klinnik 

The post Liens vagabonds : TCL, un cas d'école de la diversification first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Ofcom : Les enfants passent jusqu'à huit heures par jour sur les réseaux sociaux
    La dernière décennie a été marquée par une évolution fulgurante des technologies et des médias, transformant radicalement la manière dont les jeunes interagissent avec le monde numérique. L'étude "Children's Media Lives", menée depuis dix ans par Ofcom, a scruté ces changements, offrant un aperçu détaillé de l'impact des médias sur le comportement et le développement des enfants. Cette analyse explore comment les médias numériques, devenus omniprésents, façonnent les expériences de vie des jeune

Ofcom : Les enfants passent jusqu'à huit heures par jour sur les réseaux sociaux

La dernière décennie a été marquée par une évolution fulgurante des technologies et des médias, transformant radicalement la manière dont les jeunes interagissent avec le monde numérique. L'étude "Children's Media Lives", menée depuis dix ans par Ofcom, a scruté ces changements, offrant un aperçu détaillé de l'impact des médias sur le comportement et le développement des enfants. Cette analyse explore comment les médias numériques, devenus omniprésents, façonnent les expériences de vie des jeunes générations, en mettant l'accent sur les défis (et les opportunités) qu'ils représentent pour leur croissance.

Lancée en 2004, "l'année des selfies", l'étude de l'Ofcom a vu évoluer l'usage des réseaux sociaux. Les enfants âgés de 5 à 7 ans sont de plus en plus présents en ligne - un tiers utilise les médias sociaux sans supervision, et un nombre croissant possède des profils personnels. Un quart des 5-7 ans possède un smartphone, et la moitié des enfants de moins de 13 ans est sur des réseaux sociaux, malgré l'exigence d'âge minimum.

Comparé à l'année dernière, une proportion plus élevée d'enfants de 5 à 7 ans sont en ligne pour envoyer des messages ou passer des appels vocaux/vidéo (de 59 % à 65 %) ou pour regarder du contenu en streaming en direct (de 39 % à 50 %). De même, l'utilisation globale des réseaux sociaux ou des applications parmi tous les enfants de 5 à 7 ans a augmenté d'une année sur l'autre (de 30 % à 38 %), avec WhatsApp (de 29 % à 37 %), TikTok (de 25 % à 30 %), Instagram (de 14 % à 22 %) et Discord (de 2 % à 4 %) enregistrant une croissance particulière chez ce groupe d'âge. Les jeux en ligne chez les enfants de 5 à 7 ans ont également connu une augmentation annuelle significative - 41 %, contre 34 % auparavant - avec plus d'enfants de cet âge jouant à des jeux de tir qu'auparavant (15 %, contre 10 %).

L'ère de TikTok : Vers une consommation média individualisée, omniprésente et de plus en plus rapide

Au lancement de l'étude en 2014, l'accès aux smartphones était considéré comme un passage à l'âge adolescent, généralement autour de 13 ans. Les enfants de cette époque utilisaient principalement leurs téléphones sous des contrats prépayés, limitant ainsi leur accès aux médias numériques. Par contraste, en 2024, TikTok règne en maître sur le paysage médiatique des jeunes, avec une acquisition de smartphones dès l'âge de 9 ou 10 ans. Les enfants passent aujourd'hui entre six à huit heures quotidiennes sur les médias sociaux, un chiffre qui reflète une transition profonde de la consommation média de groupe vers une expérience plus solitaire et individualisée. Les vidéos stimulantes et de courte durée, avec des montages rapides et saccadés, mettant en scène des personnages bruyants, dramatiques et exagérés, captivent de plus en plus l'attention des enfants. Les vidéos en écran divisé - et maintenant en triple écran dans certains cas - restent une caractéristique de leur régime visuel. L'Ofcom a également observé plusieurs enfants utilisant la fonction "avance rapide" de TikTok pour parcourir rapidement les vidéos à double vitesse.


Capture d'écran de la vidéo du créateur de contenu MrBeast, "J'ai donné 1 000 000 $ aux gens mais ils ont seulement 1 minute pour le dépenser...

Professionnalisation et commercialisation du contenu

Une transition vers des médias sociaux de moins en moins interactifs est notable. Si auparavant, les plates-formes étaient des espaces d'échange et de partage, elles sont désormais dominées par des contenus visuels professionnels et commerciaux. Les vidéos, en particulier, ont subi une métamorphose, devenant plus courtes, plus rapides et visuellement plus stimulantes pour capter l'attention des jeunes. Ce phénomène est exacerbé par des algorithmes qui personnalisent l'expérience utilisateur, maximisant l'engagement mais minimisant les interactions réelles. Les enfants âgés de 8 à 17 ans qui utilisent les médias sociaux sont significativement plus susceptibles de le faire passivement en "aimant" ou "suivant" d'autres comptes (44 %), plutôt que d'être des utilisateurs actifs qui partagent, commentent ou publient du contenu (28 %). Les participants à l'étude qualitative qui partageaient du contenu qu'ils avaient créé avaient tendance à le faire de manière stratégique - par exemple, en ne partageant que temporairement des publications dans leurs stories, ou parmi un cercle sélectionné et restreint d'amis sur des comptes de médias sociaux privés.

Répercussions sur le développement social et personnel, les filles plus exposées

L'influence des médias sociaux sur les interactions sociales est complexe. Bien que des plateformes comme Roblox offrent des opportunités de jeu et d'interaction, elles ne remplacent pas les interactions en personne, essentielles au développement social des enfants. Les formats populaires et intimistes comme les vidéos ASMR (surtout chez les filles) créent une fausse intimité qui apaise temporairement mais ne comble pas véritablement les besoins relationnels. De plus, la consommation isolée de contenu peut contribuer à un sentiment de solitude et d'anxiété parmi les jeunes. La recherche suggère un décalage entre l'exposition des enfants plus âgés à des contenus potentiellement nuisibles en ligne et ce qu'ils partagent avec leurs parents concernant leurs expériences en ligne. Un tiers (32 %) des 8-17 ans déclarent avoir vu quelque chose d'inquiétant ou de désagréable en ligne au cours des 12 derniers mois, mais seulement 20 % des parents de ce groupe d'âge rapportent que leur enfant leur a dit avoir vu quelque chose en ligne qui les a effrayés ou bouleversés dans la même période. Il est important de noter que toutes les filles âgées de 8 à 17 ans sont plus susceptibles que les garçons du même âge de vivre des interactions désagréables ou blessantes en ligne, que ce soit via des messages texte ou des applications de messagerie (20 % contre 14 %) ou via les médias sociaux (18 % contre 13 %).

En quête de vérité et de confiance

Dans un monde saturé d'informations souvent non vérifiées, il est alarmant de constater que les enfants peinent à discerner le vrai du faux. Ils expriment une conscience croissante des biais potentiels des contenus en ligne et commencent à chercher activement des perspectives alternatives. Cependant, cette quête de vérité est entravée par un manque de compétences en littératie médiatique, qui est crucial pour naviguer efficacement dans l'environnement numérique moderne. Selon l'étude, les adolescents plus âgés ont plus de difficulté à distinguer le vrai du faux en ligne. Les enfants âgés de 16 à 17 ans sont moins confiants dans leur capacité à distinguer le vrai du faux en ligne que l'année dernière (75 % contre 82 %).

Les cadres de référence des enfants - comment ils pensent le monde et leur place en son sein - sont de plus en plus influencés par ce qu'ils voient sur les réseaux sociaux. La plupart des enfants ne recherchent pas activement les actualités - bien que certains d'entre eux en voient des extraits de manière incidente. Lorsqu'ils y sont confrontés, cela provient rarement d'une source d'actualités traditionnelle et prend souvent la forme de commentaires. Quand d'autres informations leur parviennent, c'est souvent par le biais d'influenceurs, présentés comme aspirants ou offrant des conseils sur la santé et l'amélioration de soi. Seul un petit nombre d'enfants sont conscients que certaines des informations qu'ils voient peuvent être partiales, mais ils ont du mal à déterminer ce qui est vrai. La plupart d'entre eux ne tiennent pas compte des motivations des créateurs de contenu et de la manière dont celles-ci peuvent façonner ce qu'ils publient...

Conclusion

Ces chiffres sont publiés à un moment où les preuves de l'impact de l'utilisation généralisée des médias sociaux chez les enfants continuent de croître. Le gouvernement américain a averti que les médias sociaux posent un "risque profond" pour la santé mentale et le bien-être des enfants et des adolescents, le nombre d'enfants et d'adolescents souffrant de dépression et d'anxiété ayant augmenté de près de 30 % ces dernières années, un phénomène décrit par l'universitaire américain Jonathan Haidt dans son livre "The Anxious Generation". L'Ofcom s'apprête à rassembler un ensemble de propositions pour compléter l'Online Safety Act, visant à garantir une meilleure protection des enfants en ligne, et prépare une consultation supplémentaire plus tard cette année sur la manière dont les outils automatisés, y compris l'IA, peuvent être utilisés pour détecter de manière proactive le contenu illégal et le contenu le plus nuisible aux enfants. La consultation inclura une proposition visant à interdire la vente de téléphones portables aux moins de 16 ans, une autre pour faciliter la mise en place de contrôles parentaux sur les appareils, et une troisième pour relever l'âge minimum pour les sites de médias sociaux jusqu'à 16 ans. Des démarches plus importantes que jamais, face à l'augmentation significative de l'utilisation des réseaux sociaux chez les plus jeunes. Une bonne nouvelle révélée dans l'étude : trois quarts des parents d'enfants de 5-7 ans échangent avec leurs enfants au sujet de leur sécurité en ligne...

Illustration : Photo bruce mars sur Unsplash

The post Ofcom : Les enfants passent jusqu'à huit heures par jour sur les réseaux sociaux first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Assises du journalisme : « Le journalisme, c’est du sport »
    Être journaliste requiert aujourd'hui une endurance sans faille. Confrontés à des pressions économiques et politiques croissantes, les professionnels de l'information doivent naviguer avec habileté à travers un océan de contraintes et de fake news. Les Assises internationales du journalisme et de l'information de Tours se sont affichées sous l'étendard du journalisme sportif. Un choix symbolique, anticipant la fièvre des Jeux Olympiques mais soulignant surtout le défi de taille que représente la

Assises du journalisme : « Le journalisme, c’est du sport »

Être journaliste requiert aujourd'hui une endurance sans faille. Confrontés à des pressions économiques et politiques croissantes, les professionnels de l'information doivent naviguer avec habileté à travers un océan de contraintes et de fake news. Les Assises internationales du journalisme et de l'information de Tours se sont affichées sous l'étendard du journalisme sportif. Un choix symbolique, anticipant la fièvre des Jeux Olympiques mais soulignant surtout le défi de taille que représente la navigation dans les eaux tumultueuses de l'information en 2024.

Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions 

La 17ème édition des Assises internationales du journalisme et de l'information, qui s'est déroulée du 25 au 30 mars à Tours, a été le théâtre de discussions vives autour des défis majeurs auxquels sont confrontés les journalistes. Des sujets aussi divers que l'utilisation de l'IA par les rédactions, le rôle prépondérant de la communication dans le traitement médiatique du sport à l'approche des Jeux Olympiques, les attentes du public français en matière d'information. Sans oublier la place des femmes dans journalisme sportif, trop souvent négligée. Résumé des principaux points.

Le journalisme et l’IA : concrètement, on fait quoi ?

Comment profiter du potentiel de l’IA sans se faire dévorer ? La question a animé de nombreux débats. « Il n’y aura bientôt plus aucun contenu sans IA », a carrément prophétisé Sébastien Soriano, membre du comité de pilotage des États généraux de l’information. Quelle attitude adopter face à cet enjeu majeur et encore mal circonscris ? Florent Rimbert, responsable du développement numérique de l’Alliance de la Presse d’Information Générale (APIG), conseille de conserver « un regard critique » sans tomber dans le « rejet d’office ».

D’abord, les pratiques concrètes

Dans une volonté de démystifier l’arrivée de l’IA dans les médias français, l’événement s’est d’abord centré sur l’échange de pratiques concrètes et les précautions à prendre. 

Conférence « Le journalisme et l'IA : concrètement on fait quoi ? », animée par Xavier Eutrope, rédacteur La revue des médias INA

Chez Contexte, un hackathon interne a été organisé au sein des équipes pour imaginer de nouveaux produits utiles aux journalistes et aux abonnés. Au sein du média spécialisé dans les politiques publiques françaises et européennes, les journalistes ont toujours l’œil rivé sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Le site diffuse régulièrement des avis sur des personnalités souhaitant quitter le secteur public pour le privé. Seulement, il n’envoie jamais d’alertes, ni de mail quand un avis est prononcé. « On doit créer un système d’alertes nous-mêmes, par le biais d’un script informatique. Cette pratique nécessite du temps et de faire appel à un développeur », explique Yann Guégan, chargé de l’innovation éditoriale chez Contexte et vice-président du Conseil de déontologie journalistique et de médiation. Lors du hackathon, la rédaction a donc imaginé une IA, s’appuyant sur l’API de ChatGPT capable de créer automatiquement les alertes. « On lui donne l’url de la page à récupérer, lui décrit le tableau qu’on aimerait obtenir, et on lui demande de créer une alerte dès que ce tableau change », poursuit le journaliste. 

Au sein du Consortium international des journalistes d’investigation, une organisation derrière les enquêtes cross borders comme les Panama Papers, l’IA est utilisée depuis 2016. « Lors des Panama Papers, il y a eu une fuite de données de plusieurs millions de données d’une complexité folle. Même quand vous impliquez des centaines de journalistes, vous ne pouvez pas tout déchiffrer », explique Pierre Romera Zhang, chef de la technologie du consortium. L’équipe a donc mis en place des outils dit de vision par ordinateur. Ils ont confié à l’ordinateur la mission de décrire des éléments visuels, d’extraire du texte des images. Pour eux, l’intelligence artificielle doit permettre d’automatiser des tâches que les journalistes ne sont physiquement pas capables d’exécuter. « A partir du moment où on sait que les journalistes sont capables de lire tous les documents, on ne va pas demander aux algorithmes de le faire pour nous », poursuit-il. L’utilisation de l’IA entraîne un processus très lourd de fact-checking. Les résultats sont vérifiés par trois personnes différentes. Une quatrième personne est chargée de prendre la décision de publier ou non.

Chez Franceinfo, des outils de détection IA ont été mis en place pour repérer des anomalies dans le flot d’informations. Par exemple, des internautes qui soudainement se mettent à tweeter frénétiquement. « Cette initiative nous a permis de détecter les attentats à l’aéroport de Bruxelles et de Strasbourg avant la sortie de la moindre dépêche AFP », souligne Estelle Cognacq, directrice adjointe Franceinfo.

La déferlante de fake news

Si la désinformation ne date pas de l’arrivée de l’IA, elle a pris une ampleur inédite avec le développement de nouveaux outils. Au cours des neufs derniers mois, il est ainsi devenu pratiquement impossible, même pour les meilleurs experts de distinguer les données réelles de celles générées par l’IA, « nous avons besoin d’une solution logicielle pour ça » rappelle ainsi un récent article de la BBC. Carole Chatelain, ex-directrice de Sciences et Avenir et présidente de l’association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI) s’inquiète notamment des conséquences sur les publications scientifiques. Elle cite ainsi les travaux de Guillaume Cabenac, surnommé deception sleuth (« fin limier de la supercherie » en français), membre de l’Institut de recherche en informatique de Toulouse. Ce dernier a constaté que 3 articles sur 10 000 sont générés par l’IA. « Si cela peut paraître anecdotique, imaginez que sur les 100 000 avions qui volent dans le ciel chaque jour, il y en ait chaque fois 30 qui s’écrasent », contextualisait Guillaume Cabenac dans le Point.

Des fractures à venir

Si le secteur informationnel s’est donné comme objectif la réduction des barrières à l’entrée, l’utilisation de l’IA en tant qu’outil journalistique nécessite certaines ressources financières. Carole Chatelain mentionne ainsi les difficultés pour les journalistes indépendants, moins privilégiés pour accéder aux outils les plus perfectionnés. « Lorsque vous êtes journaliste dans une rédaction, vous bénéficiez des outils que l'entreprise met à disposition. Quand vous êtes un journaliste indépendant, qu’est-ce que vous faites quand ces abonnements coûtent 20 dollars par mois ? », alerte-t-elle.

Elle exprime également son inquiétude quant à la perte d’emploi potentielle due à l’automatisation par l’IA et appelle à des garanties pour préserver les postes. Selon un récent rapport, alertant sur une potentielle “apocalypse de l’emploi”, près de 8 millions d’emplois britanniques pourraient être supprimés perdus au profit de l’intelligence artificielle.

La question de la fracture générationnelle est également soulevée : quel sort pour les journalistes plus âgés, moins familiers de ces nouvelles technologies ? Seront-ils condamnés à être remplacés, ou pourront-ils être formés ? 

Le traitement du sport – entre poids de la communication et attente des supporters

La communication, « l’éléphant dans la pièce »

A l’approche des Jeux Olympiques, Jérôme Bouvier, président de Journalisme & Citoyenneté s’interroge : comment la liberté d’informer s’exerce « quand le sport spectacle, proie à des marques privées, édicte des règles de communication bien éloignées de l’olympisme ? ». 

La réponse ? Elle s’exerce difficilement. Surtout que le monde sportif obéit à des règles bien spécifiques qu’il est périlleux de contourner.  « Le sport est un monde à part. En politique, si vous voulez lever un lièvre, vous allez dans un parti, vous allez voir le copain d’a-côté qui va certainement vous filer des photocopies sur l’autre copain, du même parti. Je ne dis pas que c’est facile, mais il y a des points d’entrée. En sport, il y a une règle, c’est la fameuse phrase : ce qui se passe dans les vestiaires reste dans les vestiaires », analyse Thierry Vildary, journaliste France Télévisions, dans une conférence intitulée Violences, corruption, dopage, quelle investigation dans le journalisme de sport ? « C’est une règle d’omerta qui est encore plus solide que dans la mafia. Il n’y a pas de repenti dans le sport. On se tait ».  Et pour les journalistes qui dénoncent les dysfonctionnements dans le monde sportif, les pressions sont nombreuses. « J’ai eu 15 actions en justice en dix ans. Je n’ai jamais perdu », précise Marc Leplongeon, journaliste à l’Équipe. Emmanuelle Anizon, journaliste à l’Obs et autrice de Un si long silence sur la patineuse française Sarah Abitbol, violée par son entraîneur Gilles Beyer à l’âge de 15 ans, confirme : « La pression juridique est forte. Les coups de fil à la direction sont nombreux. On me promet de balancer des boules puantes sur internet. Il m’arrive de ne pas en dormir de la nuit ».

Conférence « Journalistes ou supporters » animée par Louise Audibert, journaliste indépendante

Au-delà de l’investigation, le journalisme sportif se heurte à bien d’autres obstacles. Aujourd’hui, la communication a verrouillé l’accès à l’info spontanée et même les conférences de presse sont accessibles aux seuls incrits – et… aux joueurs eux-mêmes. Surtout dans le milieu du football, le sport le plus regardé en France. Les stars du ballon rond, très présents sur leurs propres réseaux sociaux n’ont pas besoin de relais médiatiques et se suffisant à eux-mêmes. «Le football est l’un des secteurs les plus difficiles. Tout est très encadré. Il est plus facile de faire parler un homme politique, qui aura toujours quelque chose à dérouler, ou un acteur qui devra faire la promotion de son film… Un footballeur de très haut niveau n’a pas grand-chose à vendre. Il a peu d’intérêt à s’exprimer dans les médias », résume Lionel Dangoumau, directeur de la rédaction de l’Équipe. Une armée l’entoure : un communiquant, un juriste, un agent sportif… Difficile d’accéder « à la star » si une relation ne s’est pas nouée avant la célébrité. L’Équipe suit d’ailleurs les athlètes dès le plus jeune âge, pour contourner cet écueil. 

Et gare à celui qui voudrait court-circuiter la com’, et ne pas respecter les règles du jeu. Clément Gavard, journaliste chez Sofoot, en a ainsi fait les frais. Après six mois sans réponse positive du service com’ pour l’interview d’un joueur, il le contacte par ses propres moyens et obtient l’interview. Le service com’ est prévenu dès la fin de l’entretien. Et lui promet qu’il n’aura plus aucun joueur en interview. 

Les attentes contradictoires des « supporters »

Si les journalistes doivent gérer la muraille de la communication, ils sont également attentifs aux attentes contradictoires de « leurs supporters ». Selon la 7ème édition du baromètre Viavoice Les Assises 2023, qui se penche sur les attentes des citoyens envers les médias et l’utilité du journalisme, plus d’un Français sur deux estime que les journalistes de sport ne sont pas assez neutres et qu’ils affichent leurs préférences.  Des attentes qui changent quand l’équipe nationale est sur le terrain. Près d’un Français sur deux (45%) estime que les commentateurs doivent alors montrer leur 'supportérisme' national. Un chiffre qui monte à 65% parmi ceux qui s’informent très régulièrement.

Résultats de la 7ème édition du baromètre Viavoice Les Assises 2023

Pour les journalistes, il s’agit d’un travail d’équilibriste permanent. « L’émotion fait partie du sport. On se doit de le retranscrire. Si on enlève cette part d’émotion, le traitement est un peu dénaturé. Il doit y avoir de l’empathie, mais cela ne doit pas déborder », considère Lionel Dangoumau. 

 Où sont les femmes ?

Présentation des résultats de l'édition 2024 du Baromètre Viavoice

Des effectifs exclusivement masculins

Le journalisme de sport reste encore une profession et une activité largement occupée par des hommes. Selon une étude de l’Arcom, les femmes ne sont représentées qu’à hauteur de 20% sur les plateaux des émissions consacrées au sport et leur temps de parole y est seulement de 11%. Lors de la présentation du Baromètre, Frédérique Misslin, directrice adjointe RFI, constate que le chemin est encore long pour féminiser les rangs du journalisme sportif : « On a encore de gros progrès à faire. Dans notre service sport, il n’y a que des hommes. Ça fait mal. Peu de femmes tapent à la porte pour participer au service, que ce soit pour des CDD, des piges, un stage ou encore pour une mobilité interne. On fait appel à des consultantes pour les JO pour compenser. On a seulement une émission de foot présentée par une femme. C’est une vitrine ». Si le constat est amer, aucune initiative concrète pour résoudre ce problème n'a été avancée. 

Les médias doivent porter le changement

A la question du Baromètre, « à l’avenir, souhaiteriez-vous que davantage de femmes puissent faire ce métier », les Français ont répondu oui à 75%, 9% non et ils sont 16% à ne pas avoir répondu. Pour Cyril Petit, rédacteur en chef délégué au développement éditorial national Ouest France, ces résultats ne sont pas encourageants : « Je trouve inquiétant que 25% des personnes ne disent pas distinctement « oui ». C’est un mouvement global de la société qu’il faut enclencher et nous devons le porter. Le service public le fait par exemple en diffusant des compétitions féminines. »Il faut également encourager le changement, par le choix du vocabulaire employé. « Pourquoi on parle de ligue 1 féminine et simplement de ligue 1 quand il s’agit de joueurs masculins ? Est-ce que demain on ne devrait pas dire ligue 1 masculine ? ».

Conclusion

Les Assises devraient être un endroit propice pour l’introspection et les échanges constructifs. Pour le sociologue Jean-Marie Charon, « l’une des vertus des Assises, c’est que contrairement à nombre d’événements concernant les médias, il n’y a aucune volonté d’évacuer à priori les problèmes et les sujets de débat ». Les sujets qui n’ont pas été suffisamment débattus lors « de procédures très cadrées à l’initiative de l’État », sont « traités à ciel ouvert » aux Assises. Face à des discussions parfois vives, on a parfois eu l’impression d’assister à un festival de langues de bois. Si de nombreux médias sportifs ont assuré s’intéresser au traitement des violences sexuelles dans leurs colonnes, par exemple, aucun n’a instauré de dispositif concret. « Un groupe de réflexion va être mis en place », nous a assuré un dirigeant d’un grand média sportif, sans plus de précision. « Les femmes journalistes qui s’intéressent au sport s’auto-censurent, c’est malheureux, elles n’osent pas venir dans les services », déplore un autre. « Il faut être pro-actif ». A quand une vraie politique d’intégration et de réflexion sur la place des femmes dans le sport ?

 

Crédit photo de titre : Gaël Turpo

The post Assises du journalisme : « Le journalisme, c’est du sport » first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : La gen Z zappe les médias traditionnels
    Comment éviter la rupture définitive ? Les jeunes s’intéressent à l’info, mais fuient les médias traditionnels. D'un autre monde, sensationnalistes, à côté de la plaque, trop négatifs : les médias classiques n'ont pas bonne presse auprès de la génération Z. « Le mantra des médias a souvent été « si ça saigne, ça intéresse » », reconnaît Jodie Jackson, directrice du News Literacy Lab. L’info circule désormais par des portes dérobées : les créateurs de contenu et célébrités. Aux Etats-Unis, Plain

Liens vagabonds : La gen Z zappe les médias traditionnels

Comment éviter la rupture définitive ? Les jeunes s’intéressent à l’info, mais fuient les médias traditionnels. D'un autre monde, sensationnalistes, à côté de la plaque, trop négatifs : les médias classiques n'ont pas bonne presse auprès de la génération Z. « Le mantra des médias a souvent été « si ça saigne, ça intéresse » », reconnaît Jodie Jackson, directrice du News Literacy Lab. L’info circule désormais par des portes dérobées : les créateurs de contenu et célébrités. Aux Etats-Unis, Plain Bagel, créateur de contenu d’investissement, Marques Brownlee, créateur de contenu spécialisé dans la tech, HasanAbi, vidéaste politique, dominent « le marché », avec l’essor de « l’infotainment ».

Face à ce constat, une question cruciale se pose : comment gagner la confiance de ce public exigeant, avant qu’il ne soit trop tard ? Publié début mars, le nouveau rapport de FT Stratégies, du KnightLab de l’université Northwestern et de la Google News Initiative confirme ce décalage important entre les préférences de la génération Z en matière d’actualités et les offres actuelles. Et propose quelques pistes pour déjouer la lassitude de cette audience recherchée.

1 Ne pas nier la valeur du vécu

S’appuyer uniquement sur sa marque pour établir sa crédibilité auprès d’un public jeune est une erreur. Pour les jeunes « consommateurs » d’information, la crédibilité repose davantage sur le vécu – les expériences, les défis – qu’un individu accumule tout au long de sa vie. Partager ses expériences, dire d’où l’on vient, renforce l’authenticité et la capacité à se connecter avec le public sur certains sujets.  Une des erreurs communes est souvent de promouvoir et mettre en avant des journalistes les plus anciens, même s’ils ne reflètent pas l’identité ou les expériences de leur public cible.

Le média d’investigation Guiti News, spécialisé dans les questions migratoires, a rédigé de courtes biographies sur chacun de ses journalistes. Chacune est écrite par un collège de la rédaction et explique généralement pourquoi ils souhaitent couvrir ce sujet et ce qui les rend aptes à le faire.

2 S’allier avec les créateurs de contenus

Morning Brew a mis en place un programme de créateurs qui permet aux personnalités des médias sociaux de travailler pour l’entreprise tout en restant indépendants. Le rapport souligne la nécessité de créer de nouveaux postes au sein de la production d’information, comme responsable des relations avec les créateurs – pour faciliter la définition des partenariats. Ces alliances doivent être « abordées avec beaucoup de doigté, dans le respect des normes journalistiques ».

3Être humble !

Les politiques de correction devraient être plus cohérentes et transparentes sur les erreurs et les modifications apportées ultérieurement à la couverture. Le média TDLR News se plie à l’exercice, avec un certain succès. Tous les six mois, le média produit une vidéo dans lequel ils répondent exclusivement aux commentaires négatifs de la communauté. « Ce sont les vidéos qui suscitent le plus d’intérêt, avec de très bon retours », se félicite Jack Kelly, fondateur de TDLR News.

Les journalistes devraient aussi interagir davantage sur les réseaux sociaux, avec l’utilisation de tactiques telles que le « stitching » sur TikTok, ou le « remixage » sur Instagram, qui permettent aux utilisateurs de se répondre en intégrant la vidéo de quelqu’un d’autre dans la leur, comme le fait Underthedesknews sur TikTok.

4 Utiliser l’IA générative

L’IA générative peut être utilisé pour « céder » le contrôle des formats « à la prochaine génération ». Cette utilisation permettrait de répondre à ses préférences en matière de format et de mode de consommation. La BBC, en collaboration avec l’Institute of Engineering and Technology, a récemment partagé une démonstration d’un outil qui permet au consommateur de modifier la longueur, les fonctionnalités et le contenu d’une vidéo en fonction de ses préférences ou de ses besoins.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Une étude de l'Unesco alerte sur les préjugés sexistes générés par l'IA générative (Unesco)
  • « Politico » veut passer la vitesse supérieure en France (Le Monde)
  • RSF lance un bouquet anti-propagande russe (RSF)
  • Holding de l’audiovisuel public : la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, défend un projet “pragmatique” (LCP)
  • Le CNC dresse un état des lieux sur les usages de l’IA et ses impacts réels sur la filière de l’image (CNC)
  • Face à la baisse des ventes papier, le groupe Sud Ouest annonce 118 suppressions de postes (Les Echos)
  • Pour les élections européennes, l’Arcom préconise « l’équité » plutôt que l’égalité des temps de parole dans les médias (Le Monde)
  • Mal-être dans les écoles de journalisme : "Je me suis ravisée", les futurs étudiants hésitent à postuler (L’Etudiant)
  • À cause de la taxe streaming, Spotify va augmenter ses tarifs en France (Le Figaro)

Lettre ouverte à nos abonnés pic.twitter.com/MajbNCcf4U

— Spotify France (@spotifyfrance) March 7, 2024

3 CHIFFRES - Spécial Journée internationale des droits des femmes

  • D'après l'Arcom, si les présentatrices sont représentées à parité depuis 2022, les invitées (expertes, politiques et autres) et les journalistes / chroniqueuses, dont la représentation progresse tendanciellement depuis 2016, restent néanmoins minoritaires : 41 % en 2023.
  • Les médias de service public sont à l'avant-garde de l'équilibre hommes-femmes sur le lieu de travail en Europe, selon EBU. Les médias de service public emploient directement plus de 100 000 femmes, soit 47 % des employés.
  • 34% des Français estiment que le traitement médiatique est plus mauvais pour les femmes que pour les hommes. 40% des Français ont le même sentiment pour les réseaux sociaux, d'après Ipsos.

SXSW, Jour 1 : 8 mars, Paroles de femmes 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Dans l'univers des spammeurs de TikTok et des outils d'IA qui les alimentent (404media)
  • La peur qui a inspiré la création d'OpenAI (Wired)
  • Les experts chinois de TikTok apprennent aux Américains à vendre (Rest of World)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Pékin entend se débarasser vite de sa dépendance aux technologies US (Wall Street Journal)
  • Google veut rediriger le trafic des blogs de spam générés par l'IA vers des sites web légitimes (The Verge)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Une nouvelle technologie qui montre l'authenticité des images et des vidéos est lancée sur BBC News (BBC)
  • Une série de faux sites d'information ayant des liens avec la Russie apparaissent aux États-Unis (New York Times)
  • Le président populiste d'Argentine ferme la principale agence de presse du pays (Buenos Aires Herald)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Les nouvelles règles de concurrence de l'UE entrent en vigueur (The Verge)
  • Pornhub poursuit l'UE au sujet de la réglementation sur le contenu en ligne (Politico)

JOURNALISME

  • Condé Nast déclare que l'entreprise n'a pas atteint son objectif de chiffre d'affaires en 2023 (Axios)
  • CNN est le site d'information qui a connu la plus forte croissance parmi les dix premiers sites web en janvier (Press Gazette)
  • Les Palestiniens ont du mal à se connecter et à obtenir des informations dans le cadre de la fermeture des réseaux numériques à Gaza (Reuters Institute)
  • Les médias australiens pourraient demander à Meta de les rémunérer pour le contenu utilisé pour former l'IA (The Guardian)
  • Seuls 24 % des rédacteurs en chef de 12 pays sont des femmes (Reuters Institute)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • The Guardian lance une newsletter hebdomadaire sur Taylor Swift (The Guardian)
  • Les vidéos plus longues de TikTok sont là pour durer (The Verge)

ENVIRONNEMENT 

  • Selon un nouveau rapport, l'IA augmentera probablement la consommation d'énergie et accélérera la désinformation sur le climat (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Le projet d'interdiction de TikTok aux États-Unis pourrait concerner toutes les applications chinoises (Mashable)
  • Meta indique que l'accès est rétabli après la panne de Facebook et d'Instagram (New York Times)
  • Le président Biden interdirait TikTok. Mais le candidat Biden l'utilise pour sa campagne (npr)
  • LinkedIn mise sur l'information alors que ses concurrents sociaux reculent (Axios)
  • Meta abandonne les victimes de piratage informatique, drainant ainsi les ressources des forces de l'ordre (Wired)
  • Reddit lance un outil doté d'une intelligence artificielle pour détecter le harcèlement en ligne (Mashable)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • La panne de Meta a également entraîné l'arrêt des casques VR Quest, mais l'entreprise tente de remédier à ce problème (The Verge)

The article is quite accurate. Quest already works offline, but in this instance our login servers had a bug and were returning responses the headset didn’t expect which made the sessions invslid. We’ll work to make it more resilient to this super rare condition.

— Mark Rabkin (@mrabkin) March 5, 2024

STREAMING, OTT, SVOD

  • Canal+ augmente le nombre de ses abonnés et prépare son implantation à l'étranger (Digital TV)
  • Mike Tyson vs Jake Paul : Netflix mise gros sur la boxe en direct (Wall Street Journal)
  • Comment Netflix a survécu à la guerre du streaming pour rester le roi de la vidéo par abonnement (Los Angeles Times)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Apple introduit les transcriptions pour Apple Podcasts (Apple)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Le bitcoin atteint un niveau record, réalisant un retour en force étonnant (New York Times)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • OpenAI riposte à Elon Musk dans une bataille juridique portant sur des allégations de rupture de contrat (The Guardian)
  • Google commence à éliminer davantage de spams et à intégrer l'intelligence artificielle dans les résultats de recherche (The Verge)
  • Google vient de dévoiler Genie, une nouvelle intelligence artificielle capable de générer des jeux vidéo (AI Revolution)
  • Microsoft demande le rejet de l'action en justice intentée par le New York Times en matière de droits d'auteur (The Guardian)

J'étais passé à côté de ce reportage de @7a8 diffusé ce dimanche, illustré par des images générées par IA pic.twitter.com/s0XjqiE2S0

— Vincent Coquaz (@VincentCoquaz) March 8, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Les entreprises de podcasts investissent dans les traductions générées par l'IA, malgré une qualité discutable (Digiday)
  • La génération Z se désintéresse de plus en plus des voyages extravagants que les influenceurs sont amenés à faire pour les marques (Business Insider)
  • Discord s'associe à des développeurs de jeux pour vendre des avatars et des effets de profil à thème (The Verge)

 

Kati Bremme et Alexandra Klinnik

 

 

The post Liens vagabonds : La gen Z zappe les médias traditionnels first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : L’économie des créateurs, miroir aux alouettes ?
    Devant les créateurs de contenu, chaque plateforme se pavane. Dernièrement, YouTube a lancé une énième opération séduction auprès de ses poules aux œufs d’or. Dans une lettre sur ses “paris pour 2024”, publiée ce 6 janvier, la plateforme explique vouloir se battre pour une meilleure reconnaissance des créateurs de contenus. Pour Neal Mohan, le patron de YouTube, ils doivent être considérés comme des “studios de nouvelle génération”. “La plupart des gouvernements ne prennent pas en compte les cré

Liens vagabonds : L’économie des créateurs, miroir aux alouettes ?

Devant les créateurs de contenu, chaque plateforme se pavane. Dernièrement, YouTube a lancé une énième opération séduction auprès de ses poules aux œufs d’or. Dans une lettre sur ses “paris pour 2024”, publiée ce 6 janvier, la plateforme explique vouloir se battre pour une meilleure reconnaissance des créateurs de contenus. Pour Neal Mohan, le patron de YouTube, ils doivent être considérés comme des “studios de nouvelle génération. “La plupart des gouvernements ne prennent pas en compte les créateurs dans leurs données sur l’emploi”, a-t-il déploré. YouTube aurait remis plus de 70 milliards de dollars aux créateurs, aux artistes, et aux sociétés des médias ces trois dernières années, par le biais du YouTube Partner Program.

At @YouTube, we’re excited about what’s ahead this year. Today I’m sharing 4 big bets we’re making in 2024, starting with how we’re using AI to empower human creativity. We want to help everyone create. https://t.co/oLJck6hXXh 1/4 pic.twitter.com/W4p0bGMn6K

— Neal Mohan (@nealmohan) February 6, 2024

Ces chiffres encouragent des créateurs de contenus, toujours plus nombreux. A une époque marquée par l’insécurité du travail, chacun veut développer sa propre marque, assurer ses arrières. Le contenu en soi importe peu. L’important reste de produire et de pratiquer une auto-promotion constante sur les réseaux sociaux.  “Il faut crier dans le vide numérique et dire à tout le monde à quel point on est génial. Tout ce qui compte, c’est combien de personnes vous croient”, ironise Vox dans un article très fouillé intitulé Tout le monde est vendu maintenant. Dans une interview donnée au Guardian, l’auteure Naomie Klein a déclaré que le plus grand changement dans le monde depuis No Logo, paru en 1999, était que “le néolibéralisme a créé tellement de précarité que la marchandisation de soi est maintenant considéré comme le seul moyen d’atteindre une certaine sécurité économique. De plus, les réseaux sociaux nous ont donné les outils pour nous commercialiser sans arrêt”. 

Sauf que, le marché sature. Pour ceux qui souhaitent être rémunérés directement, il est difficile de percer. L’offre dépasse largement la demande, avec une explosion de chaînes YouTube, de podcasts, de newsletters Substack. “Le rapport signal/bruit est complètement déséquilibré”, pointe la journaliste Joan Westenberg. Pour elle, la théorie des 1000 vrais fans “que l’on nous vend depuis 15 ans” est un mythe. Les données de Patreon et de Substack indiquent que le taux de conversion moyen d’un follower en fan payant est d’environ 5%. “Cela signifie qu’un créateur aurait besoin d’une fanbase totale de 20 000 adeptes pour obtenir 1000 supporters payants”, constate la journaliste. Or, il s’agit d’un pari presque impossible dans cette économie de l’attention infernale et surchargée.

De nouveaux concurrents viennent barrer la route des créateurs de contenu “de bonne foi” : le contenu sur les théories du complot généré par l’IA est en train de devenir une “niche” populaire pour gagner de l’argent en ligne, alerte Media Matters. Grâce à des programmes de synthèse vocale comme Eleven Labs, des escrocs produisent très rapidement (et presque sans effort) des vidéos de plus de 60 secondes. Sachant que la version bêta du programme de créativité sur TikTok rémunère les créateurs pour les vidéos de plus d’une minute… 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Rachida Dati plaide pour une holding de l'audiovisuel public (Les Echos)
  • La presse de Bayard (La Croix, Notre temps, Phosphore...) s’enfonce dans le rouge (L’Informé)
  • Après les sénateurs, les députés adoptent un amendement qui remet en cause la loi de 1881 sur la presse (Le Monde)
  • Médias : le pure player Konbini racheté par le groupe DC Company, propriétaire du Gorafi (Konbini)
  • Loana, qui a raconté son viol, sacrifiée sur l’autel de « TPMP » (Le Monde)
  • La famille Arnault prête à entrer au capital de Webedia (Le Figaro)

3 CHIFFRES

  • 7.000 milliards de dollars (presque 3x le PIB de la France), c'est la somme que veut lever Sam Altman, pour "transformer" le marché des puces et de l'IA, selon le Wall Street Journal
  • YouTube a réalisé 9,2 milliards de dollars de revenus (+15,5% sur un an) au quatrième trimestre 2024, et les abonnements payants (streaming de musique et/ou vidéo) rapportent désormais 15 milliards de dollars par an à Google.
  • Bluesky a ajouté plus de 850 000 nouveaux utilisateurs le lendemain de son ouverture au public, sans invitation nécessaire.

After opening access yesterday, Bluesky has crossed 4M users! 🎉

• 850k+ new users have signed up
• Averaged 8.5 new accounts/second
• 2M posts were created in the last 24 hours

Sign up for Bluesky here, no invite code required: https://t.co/xjTBYE9oOJ pic.twitter.com/vDB4pdnERy

— bluesky (@bluesky) February 7, 2024

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Facebook continue de gagner des utilisateurs après 20 ans d'existence

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • TikTok a un problème de théorie du complot en matière d'IA (Mediamatters)
  • Ce que nous avons appris de 20 ans de Facebook (Vox)
  • Google se prépare pour un avenir où le search ne règne pas en maître (Wired)
  • De nombreux éditeurs commencent à repenser leurs stratégies d'abonnement (Axios)

Most people are not paying for /any/ sources of online news

Even those who /do/ pay for one or more sources often do not pay for most sources used

Much of the public barely find online news worth /paying attention to/

All of this is documented by years of @risj_oxford research https://t.co/RBOd0vyHc8

— Rasmus Kleis Nielsen (@rasmus_kleis) February 7, 2024

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Talk-show ou conversation sérieuse ? L'interview de Poutine par Tucker Carlson n'a offert ni l'un ni l'autre (The Guardian)

Ep. 73 The Vladimir Putin Interview pic.twitter.com/67YuZRkfLL

— Tucker Carlson (@TuckerCarlson) February 8, 2024

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Guerre de l’information : des armées d’influenceurs au service d’Israël (Mediapart)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Meta et TikTok attaquent l'UE en justice au sujet du règlement sur le contenu en ligne (Politico)
  • Droits voisins : l'Autorité de la concurrence regarde de près de Bard, l'IA de Google (Les Echos)
  • Le Royaume-Uni et la France proposent des règles pour lutter contre l'utilisation abusive des logiciels espions (Politico)

JOURNALISME

  • El País lance une édition imprimée remaniée pour une meilleure lisibilité (El Pais)
  • Les États-Unis vont imposer des restrictions en matière de visas aux personnes qui utilisent abusivement des logiciels espions pour cibler des journalistes et des militants (Associated Press)
  • Le journalisme sportif vous manquera quand il aura disparu (The Atlantic)
  • Avec la publicité pour les jeux, le New York Times mise sur l'habitude (Adweek)
  • Une société de médias en ligne lance un plan de couverture des élections pour la génération Z (Washington Post) 

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Snap est la dernière entreprise technologique à supprimer des emplois, en licenciant 10 % de son personnel (Axios)
  • Bluesky est désormais ouvert à tous (TechCrunch)
  • YouTube TV compte désormais plus de 8 millions d'abonnés (YouTube)
  • Facebook et Instagram vont étiqueter toutes les fausses images d'IA (BBC)
  • Les élections indiennes de 2024 dépendent de YouTube (Rest of World)
  • Meta ne recommandera pas de contenu politique sur Threads (Axios)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Fortnite conquiert le métavers grâce à la magie de Disney (The Verge)
  • Vous avez oublié le code d'accès de votre Apple Vision Pro ? Vous devrez peut-être le rapporter au magasin (Bloomberg)

Depuis sa sortie le vendredi 2 février 2024 aux États-Unis, le Vision Pro d'Apple a déjà fait couler beaucoup d'encre :

  • Sam Altman, PDG d'OpenAI, déclare que la Vision Pro d'Apple est "la deuxième technologie la plus impressionnante depuis l'iPhone" (VentureBeat)
  • Ce que les "early adopters" pensent d'Apple Vision Pro (Harvard Business Review)
  • NYT : Notre chroniqueur tech a essayé le nouveau Vision Pro d'Apple et n'a pas du tout été impressionné (NYT)
  • Apple envisage les entreprises comme un marché de choix pour l'Apple Vision Pro (TechCrunch)
  • YouTube annonce qu'une application Vision Pro est "sur la feuille de route" (The Verge)

Every great technological product brings the best memes and strange use cases.

These are the 10 best ones about the new Apple’s Vision Pro:

1. Not a phone in sight (but at what cost) pic.twitter.com/ucVrY0JyuA

— Alvaro Cintas (@dr_cintas) February 4, 2024

Vision Pro isn't just great, it's the single greatest piece of tech ive ever used pic.twitter.com/ArBgbkH0UR

— Casey Neistat (@Casey) February 3, 2024

Oh no it’s reached London#AppleVisionPro pic.twitter.com/Hh3ovCxKWm

— Zac Alsop (@zacalsopp) February 4, 2024

STREAMING, OTT, SVOD

  • Disney, Fox et Warner Bros. s'associent pour proposer un service de streaming sportif (New York Times)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Spotify gagne 10 millions d'abonnés Premium supplémentaires (Variety)
  • Spotify est désormais le deuxième plus grand fournisseur de livres audio après Audible (TechCrunch)
  • Le nouveau contrat de Spotify avec Joe Rogan boucle la boucle (Vulture)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Craig Wright prétend être le créateur de Bitcoin, Satoshi Nakamoto. Peut-il le prouver devant un tribunal ? (Wired)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • L'IA de Google porte désormais un nouveau nom : Gemini (The Verge)

We just crossed 100M Google One subscribers! Looking forward to building on that momentum with our new AI Premium Plan (launched yesterday) offering AI features like Gemini Advanced, plus Gemini in Gmail, Docs + more coming soon. https://t.co/m7zAVop7P6 pic.twitter.com/sMdwJeq0iU

— Sundar Pichai (@sundarpichai) February 9, 2024

  • Meta appelle à un effort de l'industrie pour étiqueter les contenus générés par l'I.A. (Facebook)
  • Les emplois hollywoodiens les plus menacés par l'IA (The Hollywood Reporter)
  • Politico adopte les robots d'IA générative pour la refonte de son site web (PressGazette)
  • News Corp - éditeur du Wall Street Journal et d'autres publications - déclare qu'un accord avec des entreprises spécialisées dans l'IA est "imminent" (PressGazette)
  • OpenAI ajoute de nouveaux filigranes à DALL-E 3 (The Verge)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Substack aide les créateurs à vendre des publicités (Axios)
  • Les annonceurs du Super Bowl visent le grand public avec des publicités axées sur l'IA (Digiday)

 

Kati Bremme et Alexandra Klinnik

 

The post Liens vagabonds : L’économie des créateurs, miroir aux alouettes ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

Liens vagabonds : Le modèle de Netflix évolue et rabat les cartes du « old streaming »

Dans la course des géants du streaming, Netflix semble avoir une longueur d’avance. La société a conclu cette semaine un accord de 10 ans avec la WWE - une entreprise américaine spécialisée dans l'organisation d'événements de divertissement -  pour les droits de l’émission de catch "Monday Night Raw", un programme hebdomadaire diffusé depuis 31 ans sur le petit écran. Cet accord évalué à 5 milliards de dollars contribue à la diversification des contenus de Netflix en même temps qu’il signe un « changement radical pour l'industrie du divertissement qui passe de la télévision linéaire à la diffusion en continu » analyse Axios. Passage à la loupe de la stratégie de différenciation de la plateforme :

Netflix mise sur le sport en direct pour diversifier ses contenus, mais pas que…

« Notre partenariat modifie et renforce fondamentalement le paysage médiatique, élargit considérablement la portée de la WWE et permet à Netflix d'accéder à des rendez-vous hebdomadaires en direct » a déclaré Mark Shapiro, président et directeur de TKO (société détenant WWE). Netflix n’en est cependant pas à son coup d’essai. En 2023, la société avait annoncé qu'elle organiserait son tout premier événement sportif en direct, avec des pilotes de F1 et des golfeurs professionnels s'affrontant lors d'un tournoi de golf. Quelques mois plus tôt, l’entreprise s’était déjà essayé à la diffusion en direct avec une émission de stand-up du comédien américain Chris Rock. Pour compléter ce portefeuille d’activités, l’accent a été porté sur la création de films originaux et émissions de télé réalité comme « Too hot to handle » ou « Love is Blind ».

« La société s'est lancée dans la télé-réalité, les romans à l'eau de rose et les séries internationales, tout en confiant de grosses sommes d'argent à des scénaristes de renom tels que Shonda Rhimes et Ryan Murphy » explique le Financial Times. En 2021, les dépenses annuelles en contenu avaient dépassé les 17 milliards de dollars.

Les raisons de cette diversification ? Une réaction à la perte de ses licences à l’instar de la série "Friends" au fur et à mesure que la concurrence se multiplie.

Un changement de paradigme porté par une hausse des recettes et des abonnements

Si Netflix a connu une année noire en 2022 caractérisée par une chute de sa marge d’exploitation et un lourd endettement de plus de 14 millions de dollars, l’entreprise a su remonter la pente en 2023. La plateforme a gagné 13 millions d’abonnés supplémentaires, notamment en raison de sa politique de restriction des mots de passe. Elle a augmenté considérablement ses revenus grâce à l’augmentation de ses prix et le lancement d’un abonnement financé par la publicité. Mais le véritable changement est venu de la réduction des coûts, favorisée par une grève des scénaristes à Hollywood qui a interrompu les productions. Alors que le chiffre d'affaires a augmenté de 6,6 % en 2023, le bénéfice net a progressé de 20 %.

Bien que Netflix éclipse les autres plateformes de streaming, il reste encore du chemin à faire pour que la compagnie rivalise avec Youtube qui propose du contenu créé gratuitement par ses utilisateurs.  Ce qui est certain, selon The Wired, c’est que : « l'ancien cahier des charges de Netflix a été mis au placard. Le nouveau - un mélange de programmes originaux et sous licence, de contenus financés par la publicité et d'événements en direct - ressemble de plus en plus au paradigme du câble que le streaming avait l'intention de remplacer ». La télévision traditionnelle perdra-t-elle ce combat de catch ?

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • IA : la France peine à faire entendre sa ligne pro-innovation en Europe (Les Echos)
  • Succès de Squeezie : dans les coulisses des concepts YouTube qui détrônent la télé (Libération)
  • Le Conseil d’Etat pourrait demander à l’Arcom d’être plus intransigeante envers CNews sur le respect du pluralisme (Le Monde)
  • C8 à nouveau sanctionnée par l’Arcom pour une séquence de « Touche pas à mon poste » (Le Monde)
  • Intelligence artificielle : les créateurs en appellent à Rachida Dati (La Croix)
  • Amazon va trop loin dans la surveillance des salariés selon la CNIL (Les Echos)

3 CHIFFRES

  • La consommation linéaire passe sous la barre des 50% de la consommation vidéo totale en France, selon le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).
  • Les revenus publicitaires de LinkedIn aux États-Unis augmenteront de 14,1% pour atteindre 4,56 milliards de dollars cette année, d’après Business Insider.
  • La CNIL sanctionne Amazon France d’une amende de 32 millions d’euros.

ℹ🔴 La CNIL sanctionne AMAZON FRANCE LOGISTIQUE d’une amende de 32 millions d’euros notamment pour avoir mis en place un système de #surveillance de l’activité et des performances des salariés excessivement intrusif 👉https://t.co/OPxjqboAbz pic.twitter.com/HFk4fGysSI

— CNIL (@CNIL) January 23, 2024

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

La désinformation en tête des risques mondiaux en 2024

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • La désillusion des journalistes partout dans le monde (Reuters Institute)
  • Pitchfork va me manquer, mais ce n'est que la moitié du problème (Ezra Klein)
  • Comment les algorithmes des médias sociaux 'uniformisent' notre culture en prenant des décisions à notre place (NPR)
  • L'avenir du journalisme s'assombrit (New York Times)
  • La guerre du streaming est terminée et Netflix a gagné (Financial Times)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • New York est la première ville à déclarer que les médias sociaux constituent un danger pour la santé publique (Washington Post)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Les deepfakes audio deviennent l'arme de prédilection de la désinformation électorale (Financial Times)
  • Un nombre croissant d'applications facilitent l'automatisation du militantisme pro-israélien en ligne (Washington Post)
  • Elon Musk propage des informations erronées sur les élections, mais les vérificateurs de X sont partis depuis longtemps (New York Times)
  • Clarissa Ward demande à Israël de laisser les journalistes rendre compte librement de l'actualité à Gaza (Washington Post)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • DMA : Meta et Google permettent désormais à leurs utilisateurs de pouvoir dissocier les différents plateformes (Correspondance de la Presse)
  • Digital Market Act: Meta et Google livrent un aperçu du big bang qui s'apprête à secouer l'internet européen (Le Figaro)

JOURNALISME

  • Le Los Angeles Times annonce le licenciement d’au moins 115 journalistes (Los Angeles Times)
  • La nouvelle PDG de la radio publique américaine NPR dit qu’elle déteste le mot « contenus » (NPR)
  • Au sein du complexe politico-médiatico-industriel américain en pleine déconfiture (Semafor)
  • Après les licenciements du LA Times, une nouvelle pression pour obliger Google et Facebook à payer pour l'information (San Francisco Chronicle)
  • Le HuffPost U.K. connaît des problèmes de trésorerie qui obligent les pigistes à courir après l'argent pendant des mois (Press Gazette)
  • Business Insider prévoit de réduire son effectif mondial de 8% (Press Gazette)
  • La guerre de l'information en Ukraine se retourne-t-elle contre ses propres journalistes ? (Columbia Journalism Review)
  • Guerre contre Gaza : Le photojournaliste Motaz Azaiza évacué au Qatar (Middle East Eye)
  • Les travailleurs syndiqués de Condé Nast se mettent en grève suite à l'annonce de licenciements (Axios)

L.A. Times began laying off at least 115 people in the newsroom beginning today in an effort to stem deep financial losses. Many cherished colleagues - including some with years of service - are being forced to say good-bye. @latimes https://t.co/rQDX4pFI9x

— Meg James (@MegJamesLAT) January 23, 2024

 

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Le plus grand journal norvégien s'exprime sur ce que les lecteurs aiment - et n'aiment pas - dans les articles audio (INMA)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Le gouvernement flamand veut obliger TikTok et YouTube à partager leurs revenus (The Guardian)
  • Twitch change ses règles de monétisation (The Verge)
  • Meta met en place des limitations de messagerie plus strictes pour les adolescents et des contrôles parentaux (TechCrunch)
  • Les influenceurs TikTok promettent de vous rendre riche. Le calcul n'est pas juste (Rolling Stone)
  • Nous sommes entrés dans l'ère du visage TikTok (Dazed Beauty)
  • BeReal, qui compte maintenant 23 millions d'utilisateurs actifs quotidiens, intègre des marques et des célébrités (TechCrunch)
  • X submergé par des fausses images explicites de Taylor Swift générées par l'IA (The Verge)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Microsoft licencie environ 10% des effectifs de sa branche jeux vidéo (The Verge)
  • Des conférenciers en hologramme enthousiasment les étudiants d'une université britannique novatrice (The Guardian)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Netflix débarque dans le sport en direct (CNBC)
  • Les abonnés et les revenus de Netflix augmentent grâce à la politique de répression du partage de mots de passe (Wall Street Journal)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Cette playlist Spotify qui vous comprend vraiment ? Elle a été écrite par une IA (New York Times)
  • Les réseaux de podcasts testent des outils d'IA pour la traduction des émissions, l'aide à la production et la vente de publicité (Digiday)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • NFT, chaos dans le monde de l’art (Capital)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Un nouvel outil logiciel gratuit permet aux artistes d'"empoisonner" les modèles d'IA cherchant à s'entraîner sur leurs œuvres (VentureBeat)
  • Comment l'IA peut trouver les films, les séries télévisées et les livres parfaits pour vous (Wall Street Journal)
  • La plupart des sites d'information bloquent les robots d'intelligence artificielle. Les médias de droite les accueillent à bras ouverts (Wired)
  • Schibsted remporte un franc succès avec l'IA audio (INMA)
  • L'IA annonce la prochaine génération d'escroqueries financières (Financial Times)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • La boutique TikTok est énorme. Est-ce que cela va durer ? (The New Consumer)
  • Les plateformes sociales deviennent des "moteurs de marketing", les créateurs cherchant à conclure des accords directs pour gagner de l'argent (Digiday)
  • Publicis investira 300 millions d'euros dans l'IA pour poursuivre sa transformation (Les Echos)

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

The post Liens vagabonds : Le modèle de Netflix évolue et rabat les cartes du « old streaming » first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

Baromètre de confiance Edelman : 2024, l’année du « péril de l’innovation » ?

Alors que près de la moitié de la population mondiale s’apprête à élire de nouveaux dirigeants en 2024, le Baromètre de confiance Edelman 2024 révèle un paradoxe. L'innovation rapide, qui promet une nouvelle ère de prospérité, pourrait en réalité exacerber les problèmes de confiance.

Par Aude Nevo, du MediaLab de l'Information de France Télévisions.

A commencer par l’intelligence artificielle : 100 millions de personnes ont créé un compte ChatGPT dans les deux premiers mois qui ont suivi son lancement ; mais les grèves très médiatisées des scénaristes et acteurs à Hollywood n’ont fait qu’accentuer la peur de remplacement par l'IA. Avec 32 000 répondants venant de 28 pays différents, cette étude met en lumière les forces contradictoires entre innovation, confiance, et politique, avec un regard particulièrement axé sur l’intelligence artificielle, les énergies vertes, les OGM, et la médecine génomique. Devenue facteur de polarisation, l’innovation inquiète. Comment rétablir la confiance ?


Page 2 du rapport.

Le rejet de l’innovation, quel profil type ?

Les personnes interrogées, dans une proportion de près de deux pour un, estiment que l'innovation est mal gérée. Selon le rapport : « cela est vrai pour tous les groupes d'âge, tous les niveaux de revenus et tous les sexes, et dans les pays développés comme dans les pays en développement. Les innovations sont également devenues politisées, en particulier dans les démocraties occidentales où les personnes de droite sont beaucoup plus susceptibles de les rejeter que celles de gauche ». Les différences les plus importantes entre les personnes de droite et de gauche se trouvent aux États-Unis (41 points), en Australie (23 points), en Allemagne (20 points) et au Canada (18 points).

Toutefois en ce qui concerne l'intelligence artificielle, le rejet est similaire entre la droite et la gauche, avec une différence de seulement deux points en France (58 % à gauche contre 56 % à droite). L'Argentine est le seul pays parmi les 21 étudiés où la droite est significativement moins méfiante que la gauche à l’égard de l'IA, avec une différence de 17 points.


Page 55 du rapport. "La peur de l'innovation devient politique", "Pourcentage à rejeter chaque innovation".

Les pays du G7 ne font pas confiance à l’innovation

Le Royaume-Uni (39) figure parmi les pays les moins confiants selon l'indice de confiance envers les ONG, entreprises, gouvernements et médias. Aucun des autres pays du G7 ne l'est : Canada (53) ; Italie (50) ; France (47) ; États-Unis (46) ; Allemagne (45) ; Japon (39). La Chine est quant à elle le pays avec le niveau de confiance le plus élevé (79), suivie de l’Inde (76), et des Emirats arabes unis (74).


Page 6 du rapport.

Déclin du discours d’autorité

Les scientifiques sont considérés comme aussi fiables que les pairs - c’est-à-dire « les personnes comme moi » - avec un indice de confiance de 74. Là où la désinformation sur les réseaux sociaux ne cesse de s'aggraver et les discours complotistes se multiplient, ces chiffres alarment. Selon le scientifique David Chavalarias lors de l’édition 2023 de Médias en Seine, la pandémie « a créé un terrain très favorable à la remise en cause du système ». L’Idée que les journalistes et les dirigeants nous trompent est quant à elle plus forte. Ils figurent en bas du classement avec respectivement 47 et 45 points.


Page 10 du rapport.

Selon les critères de sûreté, compréhension du public, bénéfice, et accessibilité, les entreprises sont considérées comme les acteurs les plus fiables pour intégrer les innovations dans la société, (59 pts). Là encore les médias arrivent en queue de peloton (48pts).

La confiance dans les secteurs industriels ne garantit pas la confiance dans les innovations

Le rapport révèle des écarts considérables entre la confiance dans les entreprises qui composent les secteurs industriels et les innovations industrielles, notamment un écart de 26 points entre la confiance dans les entreprises du secteur technologique (76 %) et la confiance dans l'IA (50 %).


Page 13 du rapport.

La science, soumise à des pressions politiques selon les personnes interrogées

« Nombreux sont ceux qui pensent que la science est en train de perdre son indépendance : au profit du gouvernement, des bailleurs de fonds et du processus politique » souligne l’étude. Aux États-Unis, deux tiers des personnes interrogées pensent que la science est devenue politisée (67 %) et en Chine, trois quarts des personnes interrogées disent que le gouvernement et les organisations qui financent la recherche ont trop d'influence sur les scientifiques (75 %). « Lorsque les gens estiment que l'innovation est mal gérée, ils sont plus enclins à dire que le système est biaisé en faveur des riches que ceux qui estiment que l'innovation est bien gérée » (82 % contre 53 %).


Page 17 du rapport.

« Dans le contexte de la plus grande année électorale mondiale de l'histoire, avec plus de 50 élections prévues […] Les inquiétudes concernant l'impact de l'innovation et de ceux qui la conduisent ont conduit à une plus grande méfiance à l'égard des systèmes économiques et politiques » a déclaré Kirsty Graham, présidente de Global Practices and Sectors chez Edelman.

L’IA notamment, constitue un enjeu majeur de désinformation à l’heure des élections, avec une inquiétude liée à la manipulation des images et de l’opinion publique. Il s’agit d’un constat déjà souligné fin 2023 par le New York Times à propos des élections en Argentine : « L'intelligence artificielle a manipulé les propos de certains candidats, les faisant prononcer des paroles qu'ils n'avaient jamais dites et les intégrant dans des films et des mèmes populaires ». A l’ère des deepfakes, distinguer le réel devient toujours plus ardu. Ce mois de janvier, un faux appel téléphonique de Joe Biden généré grâce à l’intelligence artificielle a demandé aux démocrates du New Hampshire de ne pas voter à la primaire.                                      

Quelles actions pour restaurer la confiance ?

L’étude propose 4 axes pour restaurer la confiance en matière d’innovation :

  • Il est nécessaire d’accorder autant d’importance à la mise en place de l’innovation qu’à son invention. Expliquer la science, les conséquences des innovations, et faire preuve de pédagogie sont les mots d’ordre, qu’il s’agisse des vaccins, de l’IA, ou de l’énergie verte.
  • Les entreprises doivent s’associer au changement : C’est aux entreprises que l’on fait le plus confiance pour introduire l'innovation dans la société. Les PDG doivent préserver les emplois et prendre position sur les nouvelles questions éthiques. En effet au cours de la dernière décennie, le baromètre de confiance a enregistré une augmentation de 15 points (de 45 % à 60 %) du nombre de personnes déclarant que si les entreprises s'associaient aux pouvoirs publics, elles leur feraient davantage confiance pour ce qui est des changements induits par la technologie. Environ huit employés sur dix estiment qu'il est important que leur PDG s'exprime publiquement sur les compétences professionnelles de demain (82 %), l'utilisation éthique de la technologie (79 %) et l'impact de l'automatisation sur l'emploi (78 %).
  • Les scientifiques doivent favoriser le dialogue pour garder leur crédit. A l’affirmation « les scientifiques ne savent pas comment communiquer avec quelqu’un comme moi », 45% des répondants ont répondu oui.
  • Les dirigeants et scientifiques doivent être à l’écoute des questions et des préoccupations des individus car ils sont plus enclins à accepter l’innovation s’ils ont l’impression d’avoir le contrôle sur leur futur.


Page 30 du rapport. "Dans toutes les institutions, l'écoute est l'une des trois principales actions de renforcement de la confiance".

Conclusion

« L'innovation s'accélère et devrait être un facteur de croissance, mais elle sera freinée si les entreprises n'accordent pas autant d'attention à l'acceptation qu'à la recherche et au développement », a déclaré Richard Edelman, PDG d'Edelman. « Le fossé entre les classes sociales, l'énorme déséquilibre de confiance entre les entreprises et les gouvernements et l'infodémie ont été les moteurs du déclin de la confiance et de la montée de la polarisation. La peur de l'innovation est devenue la quatrième bûche sur le feu du populisme ».

Aux dirigeants, scientifiques, entreprises, et médias, d’établir le dialogue pour ne pas attiser les flammes donc.

The post Baromètre de confiance Edelman : 2024, l’année du « péril de l’innovation » ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

Liens vagabonds : La carte de presse, révélateur de l’ubérisation du journalisme

Le journaliste est en perpétuelle lutte contre son environnement. Il se bat pour décrocher un contrat correct, des rémunérations décentes, une direction bienveillante, des missions significatives, l’attention du public… et la carte de presse. 50% des lauréats du prix Albert-Londres ne détiennent pas ce précieux sésame, délivré par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Certains en fabriquent même des fausses pour pouvoir faire leur métier. Ce 16 janvier, sur le site de Télérama, près de deux cents professionnels, dont plusieurs prix Albert-Londres, ont appelé dans un texte commun à revoir les conditions d’obtention de cette carte « indispensable », voire « vitale » à l’exercice du métier. Ce « gage de crédibilité » permet ainsi de traverser les check-points en zone de guerre, d’accéder aux bâtiments publics et gouvernementaux, aux audiences des tribunaux et d’éviter de se faire matraquer par des CRS…

Pour pouvoir prétendre à la carte de presse, le travail journalistique doit être payé en salaire. Or, de nombreuses entreprises contournent la loi et préfèrent payer par exemple en droits d’auteur, en factures. « La carte de presse est attribuée par une instance qui se fonde sur une loi qui ne reflète plus la réalité du journalisme actuel, touchés comme d’autres secteurs par une forme d’ubérisation, dénonce la tribune. Si les free-lance sont alternativement auteurs, réalisateurs, salariés ou entrepreneurs, c’est qu’ils ne peuvent gagner leur vie qu’en multipliant les contrats et les formats. Nous dénonçons la position de la CCIJP qui nous semble à la fois, absurde, dépassée et d’une grande injustice sociale ». Pour Hélène Lam Trong, lauréate du 39e prix Albert Londres, il est temps que la CCIJP cesse d’ignorer les « réalités multiples et variés de notre profession ».

A titre personnel, je réalise des documentaires d'information. Une profession dans laquelle les revenus ont baissé de 20%. Il est temps que la CCIJP cesse d'ignorer les réalités multiples et variées de notre profession.

— Hélène Lam Trong (@hlamtrong) January 17, 2024

Une tribune qui manquerait sa cible ?

Pour l’association Profession : Pigiste, la CCIJP ne fait qu’appliquer la loi. Le véritable problème réside dans le non-respect de la législation par les employeurs qui rémunèrent en droits d’auteurs plutôt qu’en salaire. En refusant de payer les cotisations sociales, ces employeurs paupérisent et dégradent le statut d’un métier déjà très mal en point. « Rémunérer un travail journalistique en facture, en droits d’auteur, en salaire d’intermittent, c’est illégal », rappelle Malika Butzbach, co-présidente de Profession : Pigiste et journaliste rémunérée à la pige « Si on demande l’élargissement de l’accès à la carte de presse pour ses formes de rémunération illégale, ça risque de précariser encore davantage les journalistes ». Aujourd’hui, 66% des journalistes de 30 ans et moins de 30 ans sont pigistes ou en CDD. « Quel est l’intérêt d’avoir quelqu’un en CDI quand tu peux juste avoir des auto-entrepreneurs au jour le jour ? C’est top pour les patrons ! Les pigistes, déjà c’est bien pratique, c’est les méga-intérimaires de l’espace », ironise un journaliste, habitué des boîtes de production. Pour lui, attaquer la CCIJP dédouane les employeurs de toute responsabilité.

Lier les deux combats ?

 « Critiquer la CCIJP n’empêche pas de se battre pour que les employeurs respectent la loi et pour une augmentation des tarifs », tempère la journaliste Nora Bouazzouni. Elle est rejointe par Hélène Lam Trong : « Les deux combats peuvent être menés de front. Ce n’est pas parce que certains employeurs se comportent mal que le fait que la CCIJP nous ait purement et simplement tourné le dos soit acceptable ».

A l’avenir, l’association Profession : Pigiste serait favorable à une pénalisation des employeurs qui rémunèrent de façon illégale. « On va toujours se battre pour le salariat des journalistes sous la bonne convention collective parce que c’est une protection sociale et juridique imparable », insiste Malika Butzbach. Pour le sociologue des médias Jean-Marie Charon, une approche fiscale pourrait dissuader de ce recours à ces modes de rémunération. Le défi réside donc dans la recherche d’un équilibre entre la protection des droits des journalistes, la nécessité de préserver la liberté de la presse et la conformité aux lois en vigueur.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • «Ça a été le boulot le plus difficile de ma vie» : pour TikTok, la modération jusqu’au dégoût (Libération)
  • Olympic Broadcasting Services, la très secrète entreprise qui règne sur les JO (Le Monde)
  • Macron s’offre une soirée sur mesure, comme au bon vieux temps de l’ORTF (Mediapart)
  • « Tu as M’Barkisé le prompteur ? » : les confessions de l’ex-présentateur star de BFMTV accusé de corruption (Le Parisien)
  • « Complément d’enquête » sur Jordan Bardella : France Télévisions maintient la diffusion de l’émission malgré une mise en demeure (Le Monde)
  • Les journalistes de l'AFP solidaires de leurs collègues de Gaza (AFP)
  • Cyril Hanouna va présenter « TPMP » sept jours sur sept (Le Parisien)

3 CHIFFRES

  • Près d'un tiers de l'ensemble des revenus des lecteurs numériques du Guardian provient désormais des États-Unis, d’après NiemanLab.
  • Le temps passé à regarder des contenus vidéo a atteint 4h37 par jour en moyenne pour les Français en 2023, selon Médiamétrie.
  • Des documents de Meta montrent que 100 000 enfants sont harcelés sexuellement chaque jour sur ses plates-formes, rapporte le Guardian.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

IA générative : c'est bien dans les médias que les risques sur l'emploi sont les plus grands

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Squeezie, l’indétrônable grand frère de l’Internet français (Le Monde)
  • Comment les plateformes ont tué Pitchfork (Platformer)
  • Des milliardaires voulaient sauver l'industrie de l'information. Ils perdent une fortune (New York Times)
  • Nos enfants vivent dans un monde numérique différent (New York Times)
  • Fausses chaînes YouTube : quand « Sophie décrypte » ou « 360 Vision » travaillent pour un réseau d’influence pro-Chine (Le Monde)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les utilisateurs (d'OpenAI) vont commencer à avoir accès à des reportages d'actualité en temps réel dans le monde entier, y compris les attributions et les liens  (OpenAI)
  • Amazon est sur le point de manger l'univers de la télévision (Hollywood Reporter)
  • Le nouvel objectif de Mark Zuckerberg est de créer une intelligence artificielle générale (The Verge)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Israël figure pour la première fois sur la liste des "pires geôliers de journalistes" (The Guardian)
  • Voici le grand projet d'OpenAI pour lutter contre la désinformation électorale (The Verge)
  • TikTok détaille son plan de lutte contre la désinformation électorale en 2024 (Engadget)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Un tribunal espagnol juge qu'un modérateur de Facebook a subi un traumatisme mental lié à son travail (Reuters)
  • Le Congrès tente de mettre fin aux nus d'IA et aux escroqueries Deepfake parce que les célébrités sont en colère (Vice)

JOURNALISME

  • Cinq mesures que les médias d'information peuvent prendre pour répondre à l'évitement systématique de l'information (Reuters Institute)
  • Le nouveau patron de CNN réorganise les opérations d'information et envisage un modèle d'abonnement numérique (The Wall Street Journal)
  • Gilles Marchand s’en va, mais les défis de la SSR restent (24 heures)
  • Pitchfork est intégré à GQ (Variety)
  • Les médias féministes ont pour la plupart disparu. Où vont maintenant les écrivains et les récits féministes ? (Study Hall)
  • Le personnel du LA Times prévoit une grève en prévision de fortes suppressions d'emplois (Axios)

ENVIRONNEMENT 

  • Une vague alarmante de désinformation climatique se propage sur YouTube (CNN)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • La femme de 2 milliards de dollars : comment Sheryl Sandberg est devenue l'une des patronnes les plus réussies de la tech (The Guardian)
  • Sheryl Sandberg quitte le conseil d'administration de Meta (Axios)
  • L'application de partage d'informations Artifact, créée par les fondateurs d'Instagram, va (déjà) fermer (Artifact Team)
  • L'économie des créateurs est prête pour un mouvement syndical (TechCrunch)
  • TikTok peut générer des chansons grâce à l'IA, mais cela ne devrait probablement pas être le cas (The Verge)
  • Les influenceurs italiens seront soumis à des règles plus strictes (BBC)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • YouTube et Spotify rejoignent Netflix pour ne pas lancer les applications Apple Vision Pro (Bloomberg)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Félicitations et adieu à l'âge d'or de la télévision (New York Times)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • L'industrie des podcasts en perte de vitesse (Semafor)
  • WePod lance "Sounds like Europe", un podcast transfrontalier sur l'industrie audio européenne (Laboratorio De Periodismo)
  • L'UE demande aux plateformes de streaming de musique en continu de mieux rémunérer les artistes (Engadget)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Les "Stablecoins" ont permis de réaliser 40 milliards de dollars de cryptocriminalité depuis 2022 (Wired)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Au Japon, la lauréate d'un prix littéraire reconnaît que ChatGPT a écrit une partie de son roman (Le Figaro)
  • ChatGPT devra évoluer de manière "inconfortable", selon Sam Altman (Axios)
  • L'intelligence artificielle générative entraînera des suppressions d'emplois cette année, selon les chefs d'entreprise (Financial Times)
  • Google News renforce les articles inutiles générés par l'IA (404media)
  • Google licencie “des centaines” de personnes de plus alors que la division publicitaire bascule vers des ventes alimentées par l'IA (Ars Technica)
  • Sam Altman, le père de ChatGPT, superstar du forum de Davos (Le Figaro)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Comment le Guardian a obtenu un montant record de revenus de la part de ses lecteurs aux États-Unis (NiemanLab)
  • Pourquoi les annonceurs ne s'éloigneront-ils pas de X avant le Super Bowl ? (Digiday)

Kati Bremme, Alexandra Klinnik

The post Liens vagabonds : La carte de presse, révélateur de l’ubérisation du journalisme first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

Benjamin Toff : « L'intolérance à l'information devient problématique lorsque les individus estiment qu'ils doivent l'ignorer complètement »

« De plus en plus de personnes ressentent une fatigue face à l'actualité et s'en détournent, ne serait-ce qu'occasionnellement. C’est aussi notre cas, alors même que nous étudions l’actualité pour gagner notre vie » expliquent les chercheurs en communication politique et en journalisme, Benjamin Toff, Ruth Palmer, and Rasmus Kleis Nielsen dans leur ouvrage Avoiding the News: Reluctant Audiences for Journalism [Éviter l'information : Les publics réticents au journalisme] officiellement sorti le 26 décembre 2023 aux États-Unis.

Propos recueillis par Alexandra Klinnik et Aude Nevo du MediaLab de l'Information de France Télévisions

Véritable phénomène de société, les nouveaux chiffres sur la défiance à l’égard des médias se retrouvent chaque année au cœur des sondages. Fatigue émotionnelle, manque de confiance, comment se repérer dans cette cacophonie de bruits inaudibles ? Selon l’ouvrage, 3 % des individus – sur six marchés étudiés – seraient des « infophobes » (news avoiders, en anglais), c’est-à-dire des personnes qui consomment l’actualité moins d’une fois par mois. Le chiffre irait même  jusqu’à 10 % dans certains pays et continuerait d’augmenter. Benjamin Toff, co-auteur de l’ouvrage a accepté de répondre à nos questions sur ces personnes allergiques aux infos. Qui sont-ils ? Comment leur parler ? Entretien.

Qui sont les « infophobes », ces personnes qui évitent intentionnellement les informations ? 

Je distingue les « infophobes systématiques », qui consultent peu ou pas d'informations, des « infophobes sélectifs », qui évitent uniquement un certain type d'information de façon délibérée. Les premiers nous préoccupent davantage, car ils accèdent peu ou pas à l'information, indépendamment de leur volonté. Ne pas y prêter attention les exclut de la vie publique alors même qu’ils sont déjà éloignés des sphères de pouvoir. Il existe une forte corrélation entre l'utilisation des informations et l'engagement politique.

Comment expliquez-vous l’augmentation du phénomène d’infophobie ? 

Les raisons sont variées et peuvent être liées à l'évolution des supports, à la valeur accordée à l'information dans nos sociétés, ou aux changements dans le journalisme. Des facteurs tels que l'âge, le statut socio-économique, ou le désintérêt pour la politique existent depuis longtemps. Cependant, de nos jours, les médias offrent une gamme de divertissements beaucoup plus large, rivalisant directement avec l'information pour capter l'attention. Face à une multitude infinie de perspectives sur le monde, il est plus difficile pour les personnes de donner un sens aux informations auxquelles elles ont accès. Elles sont alors de moins en moins disposées à développer des habitudes de consommation d'informations.

Qu'est-ce que cela signifie d'être un « infophobe systématique » dans un monde où l'offre d'informations est abondante et facilement accessible ?

Pour de nombreuses personnes qui évitent systématiquement les informations, cela ne demande pas beaucoup d'effort. Certaines ont complètement quitté les plateformes de réseaux sociaux, éliminant ainsi une source d'exposition aux nouvelles. D'autres utilisent ces plateformes mais sont rarement exposées à l’actualité. Cela peut s'expliquer par deux phénomènes. D’abord, les algorithmes des plateformes créent des bulles informationnelles. Ensuite, leurs connaissances sont également moins susceptibles de leur partager l'actualité.

De nombreux « infophobes systématiques » rejettent le journalisme traditionnel et lui préfèrent des sources alternatives d’information. Diriez-vous que la plupart d’entre eux n’évitent pas les informations mais les consomment autrement, via d’autres médias ? Quelles seraient ces alternatives ? 

Les « infophobes systématiques » ne consomment pas tous des sources d'informations alternatives, mais certains d'entre eux le font. Ils s'intéressent notamment aux influenceurs, qu'ils jugent plus authentiques et accessibles que les journalistes traditionnels. D'autres s'informent auprès de leurs proches, ce qui leur permet de rester informés des événements majeurs sans dépendre des médias.

Aux États-Unis, une partie significative des « infophobes » est politiquement engagée, principalement du côté conservateur. Ils s'informent via des voies alternatives, telles que les réseaux sociaux, qu'ils considèrent comme un contrepoids à la partialité libérale des médias traditionnels. Cependant, cette tendance reste minoritaire, et la plupart des « infophobes » demeurent politiquement désengagés.

Est-il vraiment problématique « d’éteindre les informations et de cultiver son jardin » comme le disait Lukas Nelson ? « Le bonheur réside-t-il dans l’ignorance » ?

Ce n'est pas nécessairement un problème. Mais les personnes submergées gagneraient plutôt à prendre du recul et à mettre en œuvre des stratégies informationnelles plus saines, davantage en adéquation avec leur personnalité et leur mode de vie. Elles pourraient privilégier des formes d'informations moins éprouvantes émotionnellement, comme la lecture d'un journal, ou l'écoute des actualités à la radio ou via un podcast. 

L'intolérance à l'information devient problématique lorsque les individus estiment qu'ils doivent l'ignorer complètement ou qu'ils n’ont pas les outils nécessaires pour développer des habitudes en matière de suivi des actualités. Ce phénomène est particulièrement visible chez les personnes déjà marginalisées dans la société. Un cercle vicieux se met alors en place car les organes de presse ne s’adressent pas à eux.

Vous constatez que : « Les individus se reprochent d'éviter l’actualité au moins aussi souvent qu'ils blâment les infos. » Comment l’expliquez-vous ? 

Le suivi des informations est souvent considéré comme une norme sociale. Il existe une dissonance cognitive chez les individus qui ont assimilé ces normes comme faisant partie de leur devoir de citoyen. Ils peinent à concilier ces croyances avec leurs comportements infophobes, ce qui les amène à exprimer des regrets de ne pas en faire plus pour suivre les informations.

Certaines personnes attribuent cette dissonance à une défaillance personnelle, même si elles estiment avoir de très bonnes raisons de ne pas consacrer plus de temps aux informations. Elles pointent leur personnalité anxieuse, leur manque d'éducation ou leur engagement politique. D'autres, en revanche, estiment que la faute incombe aux médias. Ils affirment qu'ils seraient plus intéressés si les organes d'information présentaient les nouvelles de manière plus pédagogique, moins déprimante, ou en lien avec leurs préoccupations.

Si notre attention est si précieuse, pourquoi souhaitons-nous l’allouer à quelque chose dont la pérennité peut prendre fin dès le lendemain ? 

Si nous faisons preuve d'honnêteté intellectuelle, il est clair que notre engagement dans l'information découle du désir de maintenir notre position dans nos communautés, afin de garantir les bénéfices sociaux qui en découlent. Il s'agit d'une raison majeure pour laquelle ceux qui suivent assidûment l'actualité le font. Ces avantages sociaux revêtent une signification et une valeur, constituant parfois les fondements même d'actions politiques efficaces.

L’une des bonnes stratégies pour éviter d'être submergé par l'actualité consiste à réduire les sources d'information tout-venante au profit des sources de qualité. Mais comment définir ce qu’est une source d'information de qualité ?

La définition d'une source d'information de qualité est inévitablement subjective. À mes yeux, cette évaluation repose sur deux aspects : comment les nouvelles sont-elles rapportées et de quelle nature sont-elles ? La question du "comment" se penche sur la manière dont le média cherche et rapporte des infos non accessibles autrement. Le fait-il de manière transparente, équitable et professionnelle ? Recherche-t-il à couvrir toutes les perspectives du sujet ?

La dimension du "quoi" explore si le média s'attaque à des sujets pour une société plus juste. Cette seconde composante divise sur la définition même de la qualité. Certains aiment la nuance et la complexité, tandis que d'autres préfèrent que les médias simplifient pour faciliter leur quotidien. La synthétisation est utile, mais il faut faire attention à ne pas la confondre avec la qualité fondamentale du média.

Conclusion : Comment parvenir à renouer avec l'« infophobe » ?  

Les journalistes doivent littéralement faire campagne pour le journalisme. « Pour une profession et une industrie presque entièrement fondées sur la communication, le journalisme et les médias peuvent parfois sembler curieusement inaptes à faire comprendre le sens de leur propre travail », résume l’étude du Reuters. Face à la rhétorique anti-média et les campagnes de délégitimation, il s’agit de pouvoir répondre aux critiques, de présenter des contre-arguments aux accusations portées contre le journalisme. Les arguments vagues sur la « sauvegarde de la démocratie » sont trop abstraits pour être efficaces. Cette défense est difficile à porter, dans un contexte où subsiste un flou général autour de la définition même du journalisme.  « Si le journalisme est un bien public, il mérite une défense publique bien articulée », insiste l’étude. Les lecteurs ne vont pas soudainement voir la vertu du travail des journalistes. Aux médias d’être pro-actifs,  de parler ouvertement de leurs lacunes (et de leurs qualités !) et de réaffirmer leurs valeurs devant le public. 

 D’autre part, il s’agit de prendre le lecteur par la main, de rendre son contenu le plus digeste possible. Il faut comprendre que « le cœur du problème n’est pas l’intelligence, mais l’intelligibilité » des articles. Les médias partent souvent du principe que le lecteur a déjà une certaine connaissance de la politique, des acteurs et des institutions. De manière révélatrice, en 2016, après le référendum du Royaume-Uni, sur son adhésion à l’Union européenne, Google a rapporté que les recherches sur « Qu’est-ce que l’Union européenne ? » et « Qu’est-ce que le Brexit » ont augmenté partout en Grande-Bretagne tard dans la nuit. Des résumés simples accompagnant des articles plus approfondis pourraient mieux répondre aux besoins des différents lecteurs. La personnalisation pourrait également offrir des histoires adaptées aux intérêts individuels des utilisateurs et à leurs niveaux antérieurs de connaissances. 

Enfin, il s’agit de créer un sentiment de communauté, et pas uniquement pour “l’élite”. Si les médias savent déjà comment soigner leur lectorat le plus aisé à travers des groupes LinkedIn par exemple ou en les « séduisant avec des critiques de produits de consommation et des rubriques de voyage liées à des revenus d’affiliation et à des recettes publicitaires », ils ne prennent pas soin des autres parties du public. Toute personne doit ressentir que son identité est reflétée et valorisée : les femmes, les jeunes, les classes socio-économiques inférieures… C’est-à-dire les profils qui évitent constamment l’actualité. « Faire de la représentation et de la réflexion des groupes historiquement mal desservis par les actualités nécessitera de chercher à mieux comprendre ces publics spécifiques - non pas sur quoi ils cliquent ou combien de temps ils passent sur une page web, mais leurs routines quotidiennes et leurs priorités », explique Reuters. Penser à l’humain avant le clic. 

 

 

 

The post Benjamin Toff : « L'intolérance à l'information devient problématique lorsque les individus estiment qu'ils doivent l'ignorer complètement » first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

Liens vagabonds : Face à la chute de trafic en provenance des réseaux sociaux, quelles alternatives pour les médias ?

Augmentation des coûts, baisse des recettes publicitaires, ralentissement de la croissance des abonnements…Seule la moitié des rédacteurs en chef, PDG et responsables du secteur numérique interrogés pour une étude du Reuters Institute se disent confiants quant aux perspectives du journalisme pour l'année à venir. Réalisée auprès d'un échantillon stratégique de plus de 300 dirigeants du secteur numérique issus de plus de 50 pays et territoires, l’enquête montre une forte baisse du trafic référent en provenance des médias sociaux vers les médias. Alors que de nombreux organismes d'information traditionnels peinent à se faire connaître, ou n’en n’ont pas les moyens, quelles alternatives s’offrent à eux ?  

Les raisons de cette chute  

Selon l’étude, le trafic Facebook vers les sites d'information a chuté de 48 %, le trafic en provenance de X a chuté de 27 %, et le trafic en provenance d'Instagram a chuté de 10 % (causant, parmi d'autres, l'arrêt de BuzzFeed News l'année dernière). Les raisons ? Du côté de Méta, il s’agit d’une priorisation des contenus des influenceurs au détriment des journalistes pour tenter de contrer la concurrence de TikTok. L’arrivée très médiatisée d’Elon Musk chez X a encore plus chamboulé ce petit microcosme. Désinformation, difficulté à distinguer les titres de presse des autres sources de contenu – la somme de ces événements a entrainé le départ express de nombreux journalistes vers un avenir plus radieux…sur bluesky notamment, ou encore LinkedIn. Nic Newman, auteur du rapport a commenté ces chiffres : « Atteindre le public en ligne devient de plus en plus difficile à mesure que Facebook se retire de l'actualité et que X devient moins accueillant pour les éditeurs. » 

WhatsApp, le nouvel eldorado ? 

Face à ce problème, les médias se tournent vers WhatsApp (+61) et Instagram (+39), notamment pour leurs canaux de diffusion multimodaux. Ces derniers offrent aux créateurs et aux médias la possibilité d'interagir avec leurs abonnés à travers des messages directs. Ces échanges peuvent prendre la forme de messages écrits, vocaux, images, vidéos, ainsi que de sondages. Lancée en septembre, la fonctionnalité sur WhatsApp compte aujourd’hui plus de 225 canaux de diffusion. Même si son utilisation reste timide chez les médias français – la majorité n’a pas de canaux et le Monde, parmi les plus suivis, ne compte que 66 600 abonnés – la fonctionnalité connait un franc succès outre-Atlantique. Le New York Times compte par exemple 7,3 millions d’abonnés sur sa chaîne. WhatsApp n’est plus seulement « l'application que l’on utilise lorsqu’on voyage hors de son pays » a déclaré Will Cathcart, responsable de WhatsApp« elle se généralise aujourd’hui de manière significative ».  

L'avenir dans la vidéo ?  

Face à la nature de ces plateformes, les médias doivent davantage se tourner vers le format vidéo afin d’atteindre un public plus jeune. Naturellement donc, ils planifient d’accentuer leur présence sur TikTok (+55), et YouTube (+44). Toutefois, le Reuters Institute souligne que « de nombreux médias traditionnels ont [toujours] du mal à se faire connaître par rapport aux jeunes créateurs qui maîtrisent le langage et les conventions de ses plateforme ». Dylan Page, un jeune influenceur du Royaume-Uni, a régulièrement plus de vues à ses vidéos que la BBC ou le New York Times réunis, même sur des sujets de fond, comme le conflit à Gaza.  

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • On a testé TF1+, un service de streaming qui ne s’est pas foulé (Numerama)
  • « Touche pas à mon peuple » : Cyril Hanouna, émission suicide (Le Monde)
  • Hachette stoppe net son projet de déménagement à 150 millions d'euros (Les Echos)
  • CES 2024 : les startups françaises toujours en force à Las Vegas ? (Maddyness)
  • Intelligence artificielle : les éditeurs français s’organisent pour faire reconnaître leurs droits (Le Figaro)
  • Intelligence artificielle : un «Label Création humaine» pour garantir qu’un livre a bien été écrit par un humain (Libération)
  • Canal+ prend presque 30 % de la plateforme Viaplay (Les Echos)
  • Rachida Dati, ministre de la culture : une nomination surprise, fruit d’un deal avec Emmanuel Macron (Le Monde)
  • Canal+ obtient l'autorisation de l'Autorité de la Concurrence pour le rachat d'OCS et d'Orange Studio (Autorité de la concurrence)

3 CHIFFRES

  • Les tarifs pleins des abonnements numériques à la presse auraient gonflé de 20% en moyenne l’an dernier au Royaume-Uni, selon Press Gazette.
  • Plus de la moitié des Américains (52 %) craignent que l'augmentation des "deepfakes" n'influence les élections (McAfee)
  • Twitch licencie 500 employés, soit environ 35 % de son personnel, d'après Bloomberg.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : Scott Galloway

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Voici les plus grands risques mondiaux auxquels nous serons confrontés en 2024 et au-delà (Forum économique mondial - Davos)
  • Les éditeurs indépendants de presse locale sont confrontés à de nouveaux défis dans le cadre de la réorganisation de leurs modèles économiques (Poynter)
  • L’effondrement de l’information ? (Hubert Guillaud)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • CES 2024 : tous les téléviseurs, ordinateurs portables, équipements pour la maison intelligente et autres nouveautés du salon (The Verge)
  • Fox Corp. lance une plateforme blockchain pour négocier avec les entreprises d'IA (Axios)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Lorsqu'on est témoin d'un génocide, il ne suffit pas d'éviter l'actualité (Pranav Jeevan P)
  • Fox s'associe à Polygon Labs pour lutter contre la méfiance à l'égard des deepfakes (TechCrunch)
  • Les partis politiques et les candidats ont recours à des poursuites judiciaires pour faire taire les journalistes pendant les élections : une tendance croissante au Brésil (LatAm Journalism Review)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • La Commission européenne se penche sur l'alliance Microsoft-OpenAI (Les Echos)
  • L'Ofcom débauche le personnel des grandes entreprises technologiques pour faire appliquer les nouvelles règles de l'internet (Financial Times)
  • Le Conseil de l’Europe a publié ses lignes directrices sur l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le journalisme (Conseil de l’Europe)

JOURNALISME

  • Tendances des médias d'information pour 2024 : L'IA, Whatsapp, les newsletters et la vidéo parmi les domaines de prédilection (PressGazette)
  • Un bouleversement surprise au Los Angeles Times (Poynter)
  • Chez “Libé”, débat tendu autour du traitement de la guerre à Gaza (Arrêt sur Images)
  • L'assassinat sans précédent de journalistes affecte la couverture de Gaza (New Lines Magazine)
  • NBC News procède à des licenciements (Deadline)
  • Le trafic du Washington Post a chuté de plus de 50 % au cours des dernières années (Puck)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Eric Newcomer, auteur de Substack, déclare que ses revenus ont dépassé le million de dollars en 2023 (Axios)

ENVIRONNEMENT 

  • L'éditeur spécialisé dans le climat “The Cool Down” trouve sa rentabilité après l'ajout de publicités (AdWeek)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Fox s'associe à Polygon Labs pour lutter contre la méfiance à l'égard des deepfakes (TechCrunch)
  • Comment Google a perfectionné le web (The Verge)
  • Twitch va interdire les personnes qui font semblant d'être nues (The Verge)
  • Discord licencie 17 % de ses employés (The Verge)
  • Pourquoi Platformer quitte Substack (Platformer)
  • Google licencie des centaines de personnes travaillant sur son assistant à commande vocale (Semafor)
  • Twitter a temporairement suspendu les comptes de plusieurs journalistes, dont certains critiques à l'égard d'Elon Musk (The New Republic)
  • Pourquoi MrBeast rejette Elon Musk (Wall Street Journal)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Peacock se lance dans l'inconnu en diffusant un match éliminatoire de la NFL (New York Times)
  • Le télétexte perdure en Suède grâce à la nostalgie et au contenu fiable (The Guardian)
  • Netflix supprime plus de 100 émissions dans le cadre d'un changement de programmation majeur (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • La nouvelle politique de streaming de Spotify aurait rendu 152 millions de chansons inéligibles à une compensation l'année dernière (Bloomberg)
  • Le studio de podcasts Nouvelles Écoutes se recentre sur son offre payante de documentaires et enquêtes (Télérama)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Les premiers ETF Bitcoin approuvés par les régulateurs américains (The Verge)
  • Les pédophiles utilisent de mieux en mieux les crypto-monnaies pour brouiller les pistes (The Wired)
  • Une fille aurait été violée dans le métavers. Est-ce le début d'un sombre avenir? (The Guardian)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • OpenAI déclare que les poursuites engagées contre elle par le New York Times sont "sans fondement" (New York Times)
  • Accord aux Etats-Unis sur le clonage des voix dans les jeux vidéo (Los Angeles Times)
  • L’affiche de Roland-Garros 2024 a été réalisée avec Midjourney (Numérama)
  • L'IA générative a un problème de plagiat des images (IEEE Spectrum)
  • Ces applications alimentées par l'IA peuvent entendre la cause d'une toux (MIT Technology review)
  • OpenAI fait signer 260 entreprises pour la version entreprise de ChatGPT (Bloomberg)
  • Alexa d'Amazon se dote de nouvelles expériences génératives alimentées par l'IA (TechCrunch)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • CNBC va commencer à vendre des cours payants (Axios)

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

 

The post Liens vagabonds : Face à la chute de trafic en provenance des réseaux sociaux, quelles alternatives pour les médias ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

❌
❌