Vue normale

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierMéta-media | La révolution de l'information
  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : YouTube, le nouveau géant de la télévision ?
    YouTube à la conquête de la télé - Lors de son événement Made On YouTube du mercredi 18 septembre, la plateforme de Google a dévoilé un plan ambitieux de transformation. Ce remaniement s’appuie sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’introduction de nouvelles fonctionnalités conçues pour séduire créateurs et utilisateurs, tout en accentuant la pression sur ses rivaux dans le marché du streaming. « YouTube est la plus grande chaîne de télévision au monde et un acteur clé de l’écosy

Liens vagabonds : YouTube, le nouveau géant de la télévision ?

YouTube à la conquête de la télé - Lors de son événement Made On YouTube du mercredi 18 septembre, la plateforme de Google a dévoilé un plan ambitieux de transformation. Ce remaniement s’appuie sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’introduction de nouvelles fonctionnalités conçues pour séduire créateurs et utilisateurs, tout en accentuant la pression sur ses rivaux dans le marché du streaming.

« YouTube est la plus grande chaîne de télévision au monde et un acteur clé de l’écosystème télévisuel. Contrairement à TikTok ou Facebook, YouTube est présent sur les téléviseurs de salon », avait déjà déclaré Evan Shapiro, cartographe de l'écosystème médias, lors d’un débat sur les prévisions 2024 pour le secteur des écrans, à la Royal Television Society à Londres. Malgré les prédictions concernant sa disparition, la télévision reste une composante majeure dans de nombreux foyers à travers le monde, et YouTube s’y implante de plus en plus. 60 % des enfants âgés de 4 à 15 ans au Royaume-Uni regardent YouTube régulièrement sur leur télévision connectée, selon des données de Barb. 

Ce repositionnement de YouTube en tant que chaîne de télévision marginalise progressivement les autres plateformes de streaming. En août, selon Nielsen, YouTube représentait 10,6 % du temps de visionnage sur les télévisions connectées, contre 7,9 % pour Netflix et 3,1 % pour Prime Video. Pour Robyn Summer, directeur commercial à l'agence marketing Essence Mediacom, YouTube pourrait même dépasser Netflix en termes d'audience quotidienne moyenne d'ici décembre 2024.

introducing fresh features to supercharge your creativity, community & business, including:

✨ AI-powered tools to ignite your imagination
🤗 deeper ways to connect with *your* people
💰 fun new opportunities to make money pic.twitter.com/0V2yWolR11

— YouTube (@YouTube) September 18, 2024

Dans cette même dynamique, YouTube introduit les « Creator Show Pages », une nouveauté qui s'inspire de la mise en page des plateformes comme Netflix ou Prime Video. D’après le vice-président des produits chez Youtube, cette fonctionnalité permettra aux consommateurs de « voir clairement l’intégralité d’une saison, ce qui pourrait les inciter à continuer à regarder ou même à télécharger la saison entière avant un vol ». Cette nouveauté s’ajoute aux avantages déjà mis en place pour optimiser l’impact des créateurs et faciliter leur portée. La place de Youtube sur les téléviseurs permet aux créateurs de considérer leur programmation, leur contenu et leurs investissements dans leurs communautés avec la même perspective que les médias traditionnels.

L'adoption de l'IA est bien sûr un élément crucial dans ce "pivot to tv". L'un des outils phares permet aux créateurs de recevoir des suggestions de concepts de vidéos, des titres, des miniatures, voire même un plan et les premières lignes du script. Le modèle vidéo de DeepMind, « Veo », désormais intégré à YouTube Shorts, sera principalement utilisé dans la fonctionnalité « Dream Screen », qui révolutionne l’écran vert en générant des arrière-plans virtuels. De plus, un nouveau bouton « Hype » placé à côté du bouton “like” permettra aux spectateurs de soutenir leurs créateurs favoris d’un simple clic, le faisant grimper dans un classement des vidéos les plus populaires.  « YouTube semble convaincu que l'IA peut simplifier presque toutes les facettes du travail des créateurs — et peut-être les inciter à produire encore plus de contenu », relate The Verge.

Malgré ces avancées technologiques prometteuses, YouTube fait encore face à des défis majeurs. Selon Les Echos, le géant de la vidéo en streaming peine encore à s'imposer comme la plateforme privilégiée pour la diffusion de programmes à gros budget. « Il faut un énorme volume de vues pour couvrir les coûts. La plupart des youtubeurs dépendent d'autres sources de revenus en plus des recettes publicitaires ». La prolifération des vidéos générées par l’IA pourrait exacerber cette problématique en rendant la compétition encore plus féroce. Dans une course où l'innovation ne laisse aucune place à l'hésitation, YouTube se prépare non seulement à consolider sa domination, mais à redéfinir les règles du jeu.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Streaming : Arte multiplie les partenariats de distribution pour sa plateforme (Les Echos)
  • La Poste sur le point d’abandonner les tarifs spéciaux pour la presse ? (Phrases)
  • Le JDNews, nouveau magazine d’actualité lié au JDD, sort en kiosque ce mercredi (Le Parisien)
  • Cafeyn se réinvente (CBNews)
  • Les Etats généraux de l’information à la rescousse de la presse locale et de ses journalistes (Laurent Brunel)
  • Inoxtag sur l’Everest, un documentaire viral qui rappelle la pollution de la plus haute montagne du monde (Le Monde)
  • Thierry Breton démissionne de son poste de commissaire européen en se disant désavoué par Ursula von der Leyen (Le Monde)

🚨Breaking news:

My official portrait for the next European Commission term ⤵ pic.twitter.com/BolWcdYiPU

— Thierry Breton (@ThierryBreton) September 16, 2024

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Plus de la moitié des utilisateurs de TikTok se tournent désormais régulièrement vers la plateforme pour s'informer

 

Source : Pew Research Center

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Quand vos collègues découvrent que vous êtes un influenceur sur les réseaux sociaux (Wall Street Journal)
  • X a été bloqué au Brésil. Est-ce important pour le journalisme ? (Reuters Institute)
  • Les nouveaux adversaires des Big Tech en Europe (Wired)
  • Le monde de l'Information en 2050 : Des scénarios possibles (INA / EGI)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Près de la moitié de la génération Z souhaiterait que TikTok « n'ait jamais été inventé », selon un sondage (Fortune)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

  • Les journalistes de Hong Kong harcelés dans une "attaque systématique et organisée" (The Guardian)
  • RSF, CFI, SINGA et la MDJ lancent un projet de soutien des journalistes en exil à Paris : “Voix en Exil” (RSF)
  • L’autorité américaine de la concurrence accuse les géants des réseaux sociaux de «surveillance de masse» (Le Figaro)
  • LinkedIn a besoin de vos données pour entraîner l'IA (Medium)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • TikTok va bientôt comparaître devant les tribunaux (The Verge)
  • Elon Musk qualifie le gouvernement australien de « fasciste » à la suite de sa loi sur la désinformation (Reuters)
  • Le gouverneur de Californie signe des lois visant à réprimer les « deepfakes » électoraux générés par l'intelligence artificielle (AP News)
  • Publicités en ligne : Google gagne son recours en justice contre l'Union européenne (euronews)

JOURNALISME

  • "Good enough is perfect" - The Economist lance des articles en traduction automatique, sans intervention humaine (PressGazette)
  • 4 $ pour une semaine ? 7 $ ? 10 $ ? Le Washington Post teste les « paiements flexibles » (NiemanLab)
  • Allemagne : le célèbre journal « taz » va arrêter sa version papier en 2025 (Ouest-France)
  • Le Guardian en pourparlers pour vendre le plus ancien journal dominical du Royaume-Uni à une start-up numérique (New York Times)
  •  La campagne de Harris dit qu'elle rencontrera la presse (selon ses conditions) (New York Times)
  • BBC News intensifie sa couverture de l'élection américaine (Adweek)
  • Le personnel technique du New York Times menace de faire grève pendant la période électorale (Semafor)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Comment Substack transforme l'information locale (inews)
  • Substack se fait une place dans le monde de la mode (Washington Post)

ENVIRONNEMENT 

  • L'IA a permis à Shein de devenir le plus grand pollueur de la fast fashion (Wired)
  • Les scientifiques deviennent une source d'espoir et d'information sur TikTok et Instagram (Los Angeles Times)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Instagram rend les comptes des adolescents privés par défaut (New York Times)
  • Meta suspend les médias d'État russes pour « activités d'ingérence étrangère » (The Guardian)
  • Patreon lance des fonctionnalités pour automatiser la charge administrative des créateurs et les aider à gagner plus d'argent (TechCrunch)
  • Kameto, streameur et patron de la KCorp : « Je ne pensais pas être un leader, moi » (Le Monde)

STREAMING, OTT, SVOD

  • La ruée vers l'or du streaming à Los Angeles est révolue, laissant les travailleurs du cinéma et de la télévision sur le banc de touche (Sherwood)
  • Comment Netflix a gagné la guerre du streaming (Financial Times)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les narrateurs de livres audio d'Amazon peuvent désormais créer leurs propres clones vocaux en IA (Wired)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Les Nations Unies veulent traiter l'IA avec la même urgence que le changement climatique (Wired)
  • BlackRock et Microsoft s'associent pour un nouveau fonds massif d'infrastructure en IA (Wall Street Journal)
  • YouTube annonce des fonctionnalités d'IA de Google DeepMind pour les créateurs de Shorts (CNBC)
  • Google présente des plans pour vous aider à distinguer les vraies images des fausses (The Verge)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Forbes Marketplace : La société SEO parasite essayant de dévorer son hôte (Lars Lofgren)
  • Pourquoi Politis devient une coopérative (Politis)

 

... et une petite dose de "cuteness" fabriquée avec l'IA :

 

AI's Tiny, elegant white peacock pic.twitter.com/cDIrUnsnvE

— March (@theXofficially) September 19, 2024

Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah

The post Liens vagabonds : YouTube, le nouveau géant de la télévision ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Les nouvelles start-ups de l'info : le futur du journalisme ?
    Des rescapés des grands groupes aux jeunes loups de la start-up nation, une nouvelle vague de médias bouleverse le paysage journalistique. En quête d'impact, ces entrepreneurs de l'info expérimentent de nouveaux modèles économiques et éditoriaux pour s'adapter aux exigences d'une audience en mutation. Mais à quel prix pour l'intégrité éditoriale ? Le futur du journalisme se jouera-t-il avant tout sur les réseaux sociaux ? Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l’Information de France Télévisions C

Les nouvelles start-ups de l'info : le futur du journalisme ?

Par : oansah
11 septembre 2024 à 15:41

Des rescapés des grands groupes aux jeunes loups de la start-up nation, une nouvelle vague de médias bouleverse le paysage journalistique. En quête d'impact, ces entrepreneurs de l'info expérimentent de nouveaux modèles économiques et éditoriaux pour s'adapter aux exigences d'une audience en mutation. Mais à quel prix pour l'intégrité éditoriale ? Le futur du journalisme se jouera-t-il avant tout sur les réseaux sociaux ?

Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l’Information de France Télévisions

Créateurs de contenu, entrepreneurs, influenceurs, journalistes de formation, rescapés de la bollorisation : les acteurs qui souhaitent lancer leur propre média ne manquent pas !  Chacun a sa définition bien particulière de ce que doit être l’info. Pour les uns, un puissant outil marketing. Pour d’autres, un bien public essentiel. Face à un modèle économique du journalisme traditionnel à bout de souffle, ils expérimentent avec avidité de nouvelles stratégies en ligne, pour s’adapter à une cible jeune qui s’informe prioritairement sur les réseaux. Contrairement aux mastodontes historiques, ces nouveaux entrants bénéficient de structures agiles, leur permettant d’explorer de nouveaux formats et de s’adapter rapidement aux tendances changeantes de leur audience. Comment ces médias parviennent-ils à se financer ? Quels modèles économiques émergent pour répondre aux besoins de l’ère numérique ? Et quels sont les compromis à l’œuvre entre rentabilité commerciale et intégrité éditoriale ?

Les start-uppeurs de l’info

Ce sont les plus visibles sur les réseaux sociaux. Ils ont fait des études de commerce, ont suivi un cursus marketing, communication numérique et média, et aspirent à devenir les Xavier Niel de demain. Imprégnés de la culture « start-up », ils se lancent dans le monde de l’information avec l’ambition de bâtir des empires médiatiques. Pour eux, l’information est un produit, au service d’un business à faire prospérer. C’est ainsi la philosophie totalement assumée du Crayon, un média en ligne créé il y a quatre ans, qui selon France Culture, « taille dans le buzz » et compte près de sept cent mille abonnés sur les réseaux sociaux.

Fondé par quatre jeunes entrepreneurs et créateurs de contenus – Wallerand Moullé-Berteaux, Sixtine Moullé-Berteaux, Antonin Marin (qui lui a fait des études de mathématiques), et Jules Stimpfling (diplômé du master in International Security à l'École des affaires internationales (PSIA)) – ce pure-player vise à donner la parole à tous, au nom de la liberté d’expression. Des personnalités de tous horizons, y compris de l’extrême-droite, y ont été invitées : l’influenceuse et ancienne porte-parole de Génération Identitaire Thaïs d’Escufon, Florian Philippot, et même Éric Zemmour. Quelques jours avant l’élection européenne du 9 juin, Emmanuel Macron a lui aussi pris la parole sur ce média « de débat d’idées et d’opinions », dont l’audience est majoritairement composée de 18-34 ans. L’assurance de toucher une cible jeune, avant ses passages plus traditionnels sur les plateaux de TF1 et France 2. Le Président a compris la force de frappe de ces nouveaux types de médias.

La particularité du média ? Pas de journalistes ! « On traite et analyse des faits, puis on reçoit des personnalités selon les faits. On fait du journalisme mais on n’est pas des journalistes », justifie au micro de Mediarama, Antonin Marin, co-fondateur et directeur « des rédactions » du Crayon, redéfinissant ainsi le concept même du journalisme ! « Un média, tel que défini par Naval Ravikant (une figure emblématique de la Silicon Valley) est une audience ou une communauté qui se retrouve dans une proposition de contenu », précise sur LinkedIn Wallerand Moullé-Berteaux. Le Crayon est considéré comme le « vaisseau amiral » du groupe, aux activités commerciales diversifiées : ad breaks, sponsoring, brand content... Leur agence de RP, le Surligneur, représente 40 % de leur chiffre d’affaires. Ils ont également levé un million d’euros auprès de plusieurs investisseurs et business angels dont Xavier Niel et Pierre-Edouard Stérin, fondateur de Smartbox, et libertarien conservateur. « Nous cherchons à créer une entreprise rentable, d’où nos piliers d’agence. Si on annualise les trois derniers mois, on atteint deux millions de chiffre d’affaires. Nous sommes rentables depuis le début, une obsession qui découle de ma culture du ‘make money’ », affirme Wallerand Moullé-Berteaux, pour qui il s'agit de la troisième entreprise.

Dans les cinq ans, l’entreprise vise à être un « mass media incontournable » en adoptant la philosophie du « media led company » un concept que vulgarise le fondateur du Crayon sur LinkedIn : « La media-led-company est une entreprise qui dirige son développement avec le média comme première brique d’activité pour l’amener vers des business propriétaires à destination de l’audience. » Il cite ainsi l’exemple de Welcome to the Jungle, « qui a révolutionné le monde du recrutement grâce à la puissance de son média ». En d’autres termes, le média sert de vitrine pour faire fructifier d’autres business. « Les prochains leaders du marché ne seront pas ceux qui ont les meilleurs produits, mais ceux qui possèdent un excellent positionnement et un média puissant », expliquait-il dans le podcast Jeunes Branches.

Ces nouveaux entrants remplacent le mot « information » par « contenu », redéfinissant ainsi les fondements même du journalisme traditionnel. Pour une internaute LinkedIn, il s’agit dans d’autres termes « d’une agence de com’ avec la crédibilité d’une agence de com ». Cette remarque souligne la dilution de la frontière entre communication commerciale, influence et information journalistique, rendant les motivations des créateurs de contenu ambiguës. Selon ces jeunes entrepreneurs, la prochaine ère du marketing sera celle des médias. Cette vision pose un défi majeur : comment maintenir une information de qualité, équilibrée et vérifiable, dans un modèle où le contenu est principalement guidé, non pas par une ligne éditoriale et une déontologie professionnelle, mais par des objectifs commerciaux ? Il est crucial de réfléchir aux conséquences de cette transformation sur la démocratie, car l’information, lorsqu’elle est traitée comme un simple outil marketing, risque de perdre sa valeur en tant que bien public essentiel.

Le brand content, une source de revenus pour les nouveaux médias

Le Crayon n'est qu'un exemple parmi d'autres de nouveaux médias souhaitant établir un groupe médiatique grâce à des partenariats commerciaux. Les créateurs de contenu exploitent les plateformes pour diffuser leurs productions, attirant de vastes audiences et générant des revenus grâce à la publicité et aux collaborations avec des marques. HugoDécrypte, avec ses millions de vues sur YouTube et autres réseaux sociaux, illustre parfaitement cette nouvelle forme de média, inspirée par les géants de l’info-divertissement comme Brut et Konbini. Les réseaux sociaux d’HugoDécrypte cumulent désormais plus de 14 millions de followers, surpassant ainsi Le Monde.

Sur la page Instagram d’HugoDécrypte, qui compte 3,6 millions d’abonnés, les publications réalisées pour des marques coexistent, en sandwich, avec des contenus informatifs. Le 12 décembre 2023, Hugo Travers a ainsi fait la promotion de la marque Cartier sur le compte Hugodecrypte.pop (823 000 abonnés), avec une indication de collaboration commerciale. C’est ce qu’on appelle le brand content. Cette proximité peut brouiller la distinction entre information et communication. Pour un jeune public, il peut être difficile de reconnaître un partenariat rémunéré. C'est pourquoi le Clemi a mis à disposition des ressources sur son site pour aider à comprendre ce modèle économique, (également utilisé par les médias traditionnels).

Capture d’écran du compte Instagram Hugodecrypte.pop – Collaboration commerciale Cartier

Des journalistes « traditionnels » accompagnés par des entrepreneurs

À côté de créateurs de contenus, de nombreux journalistes quittent les grands groupes pour lancer leurs propres projets, motivés par le désir de retrouver une certaine liberté éditoriale et de s’engager dans des initiatives plus en phase avec leurs valeurs. Comme le remarque Julie Joly, directrice du Nouvel Obs : « Le lien d’antan entre les journalistes et les rédactions n’existe plus : ils ne sont plus liés à une rédaction du début à la fin de la carrière. » La désillusion peut parfois être un moteur puissant.

Grégory Raymond, ancien de Capital Magazine, Brief.me et Huffington Post, raconte en souriant : « J’ai financé Big Whale avec mon chèque de départ de Prisma, après son rachat par Vivendi. » Avec Raphaël Bloch (ancien de L'Express, Les Échos et Reuters), ils co-fondent le premier média européen dédié à la token économie. Pour compléter leur équipe, ils choisissent, non pas un journaliste mais Dimitri Granger, ancien de Publicis et « crypto believer ». « Il a dix ans de plus que nous et l’expérience de la gestion d’entreprise et de la comptabilité », soit un solide allié pour affronter les nuits blanches et les affres de l’entreprenariat.

Raphaël Bloch est d’ailleurs convaincu que le journalisme et l'entrepreneuriat sont étroitement liés. Selon lui, un bon journaliste est un entrepreneur dans l'âme, même s'il ne s'en rend pas compte. Il explique sur Médianes : « Au risque de choquer, je pense fondamentalement qu'un bon journaliste est un entrepreneur. Quels que soient nos supports, que ce soit radio, télé, écrit, on gère notre sujet, on va chercher nos sources à droite, à gauche, on rend compte de notre travail au quotidien, on est finalement des entrepreneurs qui s'ignorent. » Pour « l’infopreneur », l'entrepreneuriat est non seulement nécessaire pour la survie et le succès des médias modernes, mais aussi une extension naturelle du rôle du journaliste.

Cette vision guide la stratégie et le développement de Big Whale. À trois, ils développent un modèle économique diversifié avec une approche test and learn : abonnements groupés pour des entreprises offrant des fonctionnalités premium, participation payante à des événements où sont présentés des rapports de marché, analyses de projets… Dernièrement, ils réfléchissent à un modèle économique d’un nouveau genre, « sans sacrifice financier, avec un partage de revenus entre la plateforme de publication et la communauté qui l’utilise, avec des incitations économiques pour contribuer ou enrichir les contenus ». Un peu à la manière de Wikipédia où chacun est invité à enrichir une page ? « On peut effectivement y voir un modèle proche, sauf qu’il y aura un protocole blockchain sous l’interface et des incentives financières à participer pour créer du contenu ou de l’améliorer. » À plus long terme, l’ambiance est de « décentraliser la gouvernance de ce système lorsqu’il sera éprouvé ». La communauté joue un rôle central chez Big Whale. Sur leur plateforme Discord, 1 500 abonnés actifs incarnent les « têtes chercheuses » du média, enrichissant, précisant, rebondissant sans cesse sur des informations de l’écosystème. Cette approche participative contraste avec les médias traditionnels, où l'information est émise de manière verticale. « Un média veut dire beaucoup de choses et en même temps presque plus rien. On est tous capables aujourd’hui de produire de l’info », résume Raphaël Bloch.

Ils ne sont pas les seuls journalistes de formation à s’être lancés dans les nouveaux médias financiers. Léa Lejeune, après avoir couvert les rebondissements des entrepreneurs de la Tech pour Challenges pendant de nombreuses années, a créé Plan Cash, une newsletter féministe et gratuite qui parle d’argent… Qui s’est doublée avec le temps d’une plateforme d’éducation féministe « qui parle d’argent aux femmes sans tabou », dont elle fait la promotion sur la page Instagram du média (80 000 abonnés). Dans cette aventure entrepreneuriale, la journaliste est accompagnée de Morgane Dion, plus de 12 ans d’expérience corporate dans les licornes françaises. Le modèle économique repose, entre autres, sur des formations assurées par des « experts certifiés » à « une époque où les influenceurs donnent des mauvais conseils financiers sans avoir le background et sans respecter les règles de l’AMF (Autorité des marchés financiers) » : « Les médias ont du mal à s’en sortir avec un modèle économique dans lequel ils sont dans la délivrance d’infos parce qu’il y a trop de concurrence. L’idée, c’était de gagner de l’argent sur la partie servicielle du média. Aujourd’hui, les gens sont de moins en moins prêts à payer pour de l’information mais ils sont de plus en plus prêts à payer pour des formations », assure-t-elle. Pour l'instant, l'entreprise ne bénéficie pas du statut d'entreprise de presse, car il est nécessaire que plus de 50 % de ses revenus soient issus de la production d'informations pour obtenir cette classification.

Ces nouveaux médias qui ne veulent pas travailler avec les marques

Aujourd’hui, la collaboration avec les marques n’est pas la principale source des revenus des start-ups de l’info. Selon une nouvelle étude publiée par le Centre de recherche sur les médias et le journalisme et la fondation Maharat, elles sont seulement 18 % à indiquer générer des revenus grâce à la pub. En perspective, les abonnements et autres méthodes de financement participatif sont utilisés par 30 % des acteurs. Les médias indépendants se distinguent par leur volonté de préserver une indépendance éditoriale, loin des pressions économiques exercées par les annonceurs ou les grands groupes. Cette indépendance est souvent perçue comme essentielle pour garantir la qualité et l’intégrité de l’information.

Pour assurer leur viabilité économique, les médias indépendants adoptent des stratégies de financement variés. Le financement participatif par exemple est devenu une méthode courante pour lancer de nouveaux projets. La Déferlante, un média féministe sans pub, a réussi à fédérer sa communauté dès ses débuts grâce à une campagne de financement participatif, atteignant 10 000 abonnés et embauchant neuf employés. Elle a permis à son lectorat d’entrer au capital à partir de 100 euros, une initiative qui a séduit 750 personnes. Dernièrement, c’est le média Fracas, lancé par Philippe Vion-Dury, ex-rédacteur en chef de Socialter, qui a réalisé « le plus gros lancement de média indé écolo » : « Dans la catégorie média papier, on se place dans le top 10 des lancements de médias en financement participatif, derrière des médias comme Epsiloon, La Déferlante, SoGood, Zadig ou Ebdo » a écrit Philippe Vion-Dury le 16 mai sur LinkedIn. Le média a ainsi réussi à rassembler pour son lancement 160 000 euros, 1 500 abonnés à la revue papier, et une communauté de 16 000 membres sur Instagram. LinkedIn a notamment joué un rôle dans le succès de la campagne.  Le réseau est selon lui « très indiqué pour bâtir son lectorat et sa campagne : les CSP+ y sont largement représentés, et on ne construit que très difficilement l’équilibre d’un média sans attirer à soi un lectorat capable de soutenir par la dépense ».

Des modèles hybrides, combinant abonnements et dons, permettent également de maintenir une indépendance vis-à-vis des annonceurs. Blast, un média indépendant lancé grâce à une campagne de crowdfunding qui a récolté près d’un million d’euros (contre les 100 000 demandés), en est un exemple notable. Un succès que l’on peut attribuer aussi à la notoriété du fondateur, Denis Robert.

Malgré leur dynamisme, les médias indépendants font face à des défis importants, notamment en termes de pérennité financière et de capacité à maintenir une indépendance éditoriale dans un environnement économique difficile. Pour lancer un média dans de bonnes conditions, il faut par exemple bien compter sur 30 000 euros, selon Philippe Vion-Dury. De plus, la reconnaissance en tant qu’entreprise de presse, nécessaire pour obtenir certaines subventions et avantages fiscaux, peut être difficile à obtenir pour des structures innovantes. Et quand bien même ils toucheraient les aides à la presse, ils n’accèderaient en fait qu’à une part infime du gâteau, comme le souligne le fondateur de Mediapart Edwy Plenel : « les principaux bénéficiaires sont les médias possédés par des milliardaires, notamment le richissime Bernard Arnault », qui a ainsi touché pour ses journaux plus de 14 millions d’euros d’argent public en 2022.

Les nouveaux médias ne sont pas une solution miracle. Ils doivent encore faire face à des obstacles importants, notamment la réticence des utilisateurs à payer pour des informations et la difficulté à obtenir des subventions et des avantages fiscaux réservés aux entreprises de presse traditionnelles. La reconnaissance croissante de la nécessité de soutenir les médias d'intérêt public par les aides publiques, les organismes de réglementation, et les donateurs est un pas dans la bonne direction, mais elle doit s’intensifier pour créer un environnement où ces médias pourraient véritablement prospérer.

En outre, certaines start-ups de l’info traitent le journalisme comme une industrie ordinaire, en mettant l’accent sur le marketing et l’audience. Pas besoin de journalistes, mais de producteurs de contenus couteaux suisses… Peut-on se prétendre média sans son socle fondamental ? Si cette approche apporte de la flexibilité, elle soulève des défis majeurs en termes de crédibilité et d'intégrité. Par ailleurs, les nouvelles plateformes de Web3, encore en phase émergente, promettent de transformer radicalement les usages médiatiques. Bien que leurs impacts concrets se fassent encore attendre, elles offrent des perspectives inédites pour les journalistes et les « consommateurs » d'information, notamment par des modèles décentralisés et participatifs. En fin de compte, l'avenir des nouveaux médias dépendra de leur capacité à innover sans sacrifier l'intégrité de l'information et à s'adapter aux technologies de demain.

 

The post Les nouvelles start-ups de l'info : le futur du journalisme ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

Liens vagabonds : L'attentat contre Trump, révélateur d'un paysage médiatique atrophié

Rien de tel qu’une tentative d’assassinat pour alimenter la machine à rumeurs d'Internet. Samedi 13 juillet, l’attentat contre Donald Trump lors d'un meeting en Pennsylvanie, a déclenché une tempête médiatique dès les premières minutes : USA Today, par exemple, a publié son premier article seulement 19 minutes après les coups de feu, avec un titre initial : « Trump évacué de la scène par les services secrets après des bruits forts qui ont effrayé l'ancien président et la foule ». Sur les réseaux sociaux, les spéculations sur le mobile du tireur foisonnent. Et les théories du complot fleurissent dans un terreau fertile de désinformation. Elon Musk n'a laissé passer qu'environ 30 minutes avant de déclarer son soutien financier pour la campagne présidentielle du candidat républicain. Il n’a fallu que 86 minutes à Dave Portnoy, propriétaire du blog Barstool Sports pour poster un lien vers un T-shirt noir avec l'image d'un Donald Trump ensanglanté le poing levé. La soif de sensationnalisme l'emporte-t-elle sur la véracité des faits ? 

Une bataille des récits 

À l’ère des réseaux sociaux, ce drame illustre d’abord l’appétit des utilisateurs pour les fake news. Le journaliste Casey Newton constate : « Les réseaux sociaux détestent le vide, et au cours des 48 heures après l’attaque, les utilisateurs de chaque grande plateforme se sont empressés de le combler avec des nouvelles, des commentaires, des analyses, des théories du complot, des fabrications et des blagues ». C’est particulièrement le cas sur X, où la plupart des modérateurs de contenus ont été licencié après le rachat de l’entreprise en 2022. La prudence initiale des médias avant de parler de « tentative d’assassinat » a vivement été critiquée, considérée par certains comme une volonté de tromper, alors que les autorités n’avaient elles-mêmes pas encore confirmé la nature des faits.  Elon Musk, par exemple, a twitté au lendemain de l’événement : « Les médias traditionnels sont une pure machine de propagande. X est la voix du peuple » accompagné d’une image montrant plusieurs gros titres de la presse. Un porte-parole du New York Times s’explique : « Les organismes de presse peuvent tolérer les critiques, mais les informations inexactes détruisent leur bien le plus précieux : leur crédibilité ».  

 L'essor des réseaux sociaux et le déclin parallèle du journalisme traditionnel ont permis de créer ce que la chercheuse Renee DiResta appelle des « réalités sur mesure » : des versions personnalisées de la vérité qui reflètent ce que les gens veulent croire. Ainsi la désinformation ne serait pas liée à des mensonges du gouvernement et de la presse, mais plutôt à l’amour du consommateur pour cette dernière : « Nous sommes mal informés non pas parce que le gouvernement ment systématiquement ou supprime la vérité. Nous sommes mal informés parce que nous aimons la désinformation que nous recevons et nous en voulons toujours plus » expliquait l’année dernière un article du New York Times.  

L’écosystème informationnel est-il cassé ?  

De son côté, the New Yorker s’indigne : « La tentative d'assassinat d'un ancien président est traitée avec la même légèreté universelle qu'un album pop ou les publicités d'une usine de glycines chinoise ». Les memes internet sont en effet légion depuis l’événement. Un internaute s’amuse même : « vous pensez que les gens dans les années 1800 étaient aussi drôles quand John Wilkes Booth a tiré sur Lincoln ? ». Finalement, les médias ne seraient qu’un rouage d’une grande machine informationnelle qui récompense la rapidité et la provocation : « Il s’agit d’une machine hyper-efficace, vorace, insatiable – qui dévore n’importe quel évènement, quel que soit son ampleur, pour le démanteler jusqu’à ce qu’il ne reste plus de lui qu’une vieille carcasse fatiguée ». 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • L’Arcom renforce les règles de contrôle du pluralisme dans les médias audiovisuels (Le Monde)
  • Le « gendarme » de l’audiovisuel joue sa crédibilité avec l’attribution des chaînes TNT, en particulier à CNews et C8 (Le Monde)
  • IA aux Jeux Olympiques de Paris 2024 : comment les Jeux seront un terrain d'essai pour les nouvelles technologies (The National)
  • « Marianne » : CMI France et Pierre-Edouard Stérin mettent fin aux négociations exclusives face à la « volonté unanime » des salariés (Le Monde)

 

🔈 #Pluralisme | L’Arcom adopte une délibération relative au respect du principe de pluralisme des courants de pensée et d’opinion dans les médias audiovisuels 🔽

Le communiqué de presse : https://t.co/JfRT3BMK90

— Arcom (@Arcom_fr) July 18, 2024

3 CHIFFRES

  • Google s’apprête à racheter la société de cybersécurité Wiz pour 23 milliards de dollars, selon le Washington Post.
  • Netflix compte désormais 278 millions d'abonnés dans le monde, rapporte le New-York Times.
  • 8 % des fandoms de la génération Z monétisent leur intérêt pour les fandoms (par exemple, les « Swifties » professionnels rapporteront et décoderont les nouvelles et les légendes de Taylor pour les fans plus occasionnels), d’après un rapport de YouTube.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Où les journalistes travaillent-ils, si ce n'est pas dans les médias

Source : Washington Post

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Qu'est-ce que l'IA ? Tout le monde pense savoir, mais personne n'est d'accord. Et c'est un problème (MIT)
  • Une tentative d'assassinat à l'ère des réseaux sociaux (Platformer)
  • “Madmoizelle”, de média pop féministe à “vitrine pour contenus” (Arrêt sur Images)
  • Le doomscrolling sur les réseaux sociaux liée à l'anxiété existentielle, la méfiance, la suspicion et le désespoir, selon une étude (The Guardian)
  • Est-ce que les États-Unis ont toujours autant de journalistes ? (Washington Post)

Capture d'écran MIT

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les données qui alimentent l'intelligence artificielle disparaissent rapidement (New York Times)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • Pologne : RSF ouvre des discussions prometteuses pour le droit à l'information avec le nouveau gouvernement (RSF)
  • Comment le temps pris par les médias pour vérifier les faits de la fusillade de Trump a engendré une vague de critiques (Washington Post)
  • En Russie, le/la journaliste américain(e) Masha Gessen est condamné(e) par contumace pour avoir critiqué l'armée (Associated Press)
  • Vous êtes plus enclin à croire les fake news diffusées par une personne que vous connaissez à peine que par votre meilleur ami (NiemanLab)
  • Un journaliste italien a été condamné à payer 5 000 euros à la Première ministre Meloni pour un tweet se moquant de sa taille (Reuters)
  • L’EFCSN et l’AFP annoncent un partenariat (AFP)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • RSF et 25 organisations demandent à la présidente de la Commission européenne des garanties fortes en matière de libertés de la presse (RSF)
  • Le gouvernement chinois soutient les entreprises nationales d'IA, mais impose également des règles strictes pour tester leurs modèles de langage (Wall Street Journal)

JOURNALISME

  • Un procureur russe demande 18 ans de prison pour le journaliste Evan Gershkovich (Washington Post)
  • Elon Musk veut que son bot d'IA diffuse les actualités. Il a du mal à accomplir cette tâche (Wall Street Journal)
  • L'Allemagne interdit le magazine d'extrême droite « Compact » (The Guardian)
  • Les éditeurs australiens qualifient de "catastrophique" une éventuelle interdiction des actualités par Meta (Press Gazette)
  • Le Wall Street Journal licencie un journaliste de Hong Kong qui dirigeait un club de presse en difficulté (Washington Post)
  • La presse papier en Haïti est presque éteinte (ijnet)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Spotify et TikTok poussent les artistes à sortir des albums interminables (Business Insider)
  • X ne tient pas ses promesses concernant les nouvelles émissions vidéo (Bloomberg)

ENVIRONNEMENT

  • Comment rendre compte de l'environnement en Ukraine en temps de guerre ?  (The Fix)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Des influenceurs avec des millions de followers soutiennent Trump, mais peu d'entre eux soutiennent publiquement Biden (NBC News)

This is my president. pic.twitter.com/1PP9LKpEq5

— Bryce Hall (@BryceHall) July 13, 2024

  • TikTok a poussé les jeunes électeurs allemands vers un parti d'extrême droite (Wired)
  • Rencontrez les jeunes hommes qui paient pour fréquenter Mogwarts, une école en ligne pour devenir sexy (GQ)
  • Elon Musk souhaite donner 45 millions de dollars par mois pour soutenir Donald Trump (Washington Post)

I fully endorse President Trump and hope for his rapid recovery pic.twitter.com/ZdxkF63EqF

— Elon Musk (@elonmusk) July 13, 2024

  • Elon Musk veut déplacer les sièges de SpaceX et de X de Californie vers le Texas (Wired)
  • Meta permet enfin aux chercheurs d’accéder aux données d’Instagram (The Verge)

📢 New opportunity! Meta and COS have opened an RFP for a pilot program using Instagram data to study social media’s impact on youth well-being. Check out the details and see if it fits your research: https://t.co/jCheql0toa.

— Center for Open Science (@OSFramework) July 17, 2024

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Le métavers était censé être votre nouveau bureau. Vous êtes toujours sur Zoom (Wired)
  • L'Apple Vision Pro est désormais disponible au Royaume-Uni, au Canada, en France, en Allemagne et en Australie (MacRumors)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Warner Bros Discovery étudie la possibilité de séparer ses chaînes de télévision (comme CNN) de ses services de streaming (Deadline)
  • Apple est en discussions pour obtenir des licences de films supplémentaires auprès de Hollywood (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Le studio de podcasts Paradiso placé en liquidation judiciaire (La Lettre)
  • Les podcasts politiques explosent à l'approche du jour du scrutin (Press Gazette)
  • Après une année difficile, les podcasts reprennent du poil de la bête (Bloomberg)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Meta ne lancera pas son prochain grand modèle en Europe (Axios)
  • OpenAI a illégalement interdit au personnel de parler des risques liés à la sécurité, selon des lanceurs d'alerte (Washington Post)
  • Apple, Nvidia, Anthropic ont utilisé des milliers de vidéos YouTube piratées pour entraîner l'IA (Proof)
  • Les résultats fournis par l'IA de Google apparaissent de moins en moins souvent, d'après une étude (The Verge)
  • L'IA est bénéfique pour la créativité personnelle, mais peut nuire à la créativité collective, selon une étude (TechCrunch)
  •  Gemini sera omniprésente dans la diffusion des Jeux olympiques de Paris (TechCrunch)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Taboola va vendre des publicités pour Apple (Axios)
  • Les annonceurs ne montrent pas un grand enthousiasme pour les publicités sur Threads proposées par Meta (Digiday)

 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

The post Liens vagabonds : L'attentat contre Trump, révélateur d'un paysage médiatique atrophié first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Les réseaux sociaux, nicotine des jeunes ?
    Vivek Murthy, principal conseiller de santé auprès de l’exécutif américain, tire la sonnette d'alarme : il est vital d'afficher des messages de prévention sur les réseaux sociaux, à l'instar des avertissements présents sur les paquets de cigarettes. « Il est temps que les autorités requièrent un message de prévention sur les réseaux sociaux pour alerter des dangers importants qu’ils représentent pour la santé mentale des adolescents », déclare le médecin chef, dans une tribune publiée par le Ne

Les réseaux sociaux, nicotine des jeunes ?

Vivek Murthy, principal conseiller de santé auprès de l’exécutif américain, tire la sonnette d'alarme : il est vital d'afficher des messages de prévention sur les réseaux sociaux, à l'instar des avertissements présents sur les paquets de cigarettes. « Il est temps que les autorités requièrent un message de prévention sur les réseaux sociaux pour alerter des dangers importants qu’ils représentent pour la santé mentale des adolescents », déclare le médecin chef, dans une tribune publiée par le New York Times.

« La crise de santé mentale chez les jeunes est une urgence »

Les données révèlent une véritable crise nationale de la santé mentale chez les jeunes, exacerbée par l’utilisation excessive des réseaux sociaux. Selon Jonathan Haidt dans son livre « The Anxious Generation », le nombre d’enfants et d’adolescents souffrant de dépression et d’anxiété a bondi de près de 30% ces dernières années, aboutissant à une "épidémie de maladie mentale". Vivek Murthy souligne que les adolescents passant plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux courent deux fois plus de risques de présenter des symptômes d’anxiété et de dépression. En moyenne, les adolescents y passent près de cinq heures par jour, augmentant considérablement leur risque de problèmes de santé mentale. Une récente étude de l’Ofcom « Children’s Media Lives » révèle même que les enfants passent entre six à huit heures par jour sur ces plateformes.

Un cercle vicieux

Piégés, les enfants ne peuvent pas quitter les plateformes parce qu’elles sont conçues sournoisement pour les maintenir captifs. « Imaginez un adolescent face aux meilleurs ingénieurs produits du monde, utilisant les sciences cérébrales les plus avancées pour maximiser le temps passé sur une plateforme », déplore le médecin chef. S'y ajoute la pression sociale quand le principal sujet de discussion dans la cour de récréation est telle ou telle nouvelle tendance découverte sur les réseaux. D'emblée, le combat s'annonce inégal.

Des effets néfastes

Les réseaux sociaux ne se contentent pas de rendre les jeunes addicts ; ils poussent à la dépression et exposent intensément à des contenus choquants. Comme un poison lent, ils minent lentement mais sûrement l'estime, en construction, des adolescents. En 2021, la série « Facebook Files » du Wall Street Journal a révélé que la plateforme exacerbait les problèmes d’image corporelle chez un tiers des adolescentes. Récemment, ce même journal a dévoilé qu’Instagram recommandait régulièrement des vidéos à caractère sexuel aux comptes d'enfants de 13 ans, et ce, quelques minutes après leur première connexion ! 

TikTok n'est pas en reste. En novembre, Amnesty International avait publié un rapport intitulé « Poussés vers les ténèbres », soulignant que le fil « Pour toi » de TikTok encourageait la mutilation et les idées suicidaires chez les jeunes. « Ils sont rapidement entraînés dans des spirales de contenus potentiellement dangereux, notamment des vidéos idéalisant et encourageant les pensées dépressives », avertissait le rapport.

Les messages de prévention : un début de lutte

Bien que les messages de prévention puissent sembler cosmétiques, ils favorisent bel et bien la prise de conscience et le changement des pratiques. Mais ce n'est qu'un début. Le Congrès doit agir pour renforcer les efforts de protection : empêcher les plateformes de collecter des données sensibles sur les enfants, restreindre l’utilisation de fonctionnalités telles que les notifications push, la lecture automatique, et le défilement infini. Les entreprises doivent être tenues de partager toutes leurs données sur les effets sur la santé avec des scientifiques indépendants et le public. « Pourquoi avons-nous échoué à répondre aux dangers des réseaux sociaux alors qu’ils ne sont ni moins urgents ni moins répandus que ceux posés par des voitures, des avions ou des aliments dangereux ? », interroge Vivek Murthy. « Ces dangers ne sont pas un échec de volonté et de parentalité : ils sont la conséquence de la libération de technologies puissantes sans mesures de sécurité adéquates, sans transparence, ni responsabilité ». Le commissaire européen Thierry Breton a justement rappelé sur Twitter au mois d'avril un message important : « Nos enfants ne sont pas les cobayes des réseaux sociaux ».

Prendre des mesures à l'échelle individuelle

À titre individuel, il est aussi nécessaire de prévoir des « zones sans technologie ». Dans les Cévennes, des collégiens addicts aux réseaux sociaux ont passé ainsi quatre jours à randonner sans smartphone, rapporte Le Monde. L'objectif : les aider à se déconnecter des écrans, avec pour seuls réseaux sociaux... des ânes.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Législatives 2024 : l'effet dissolution booste les médias d'information (Les Echos)
  • Bardella adulé sur TikTok, la gauche contre-attaque (Mediapart)
  • Législatives 2024 : comment les médias de Vincent Bolloré orchestrent l’alliance du RN et de la droite (Le Monde)
  • Le Rassemblement National déclare qu'il privatiserait la télévision publique française s'il obtient la majorité (The Guardian)
  • Davantage « d’éditorialistes de droite et droite + » : la consigne de BFMTV à ses programmateurs (Mediapart)
  • La famille Arnault s’invite dans le capital de Webedia (CB News)
  • Burkina Faso : la chaîne d’information TV5Monde suspendue pour six mois (Le Monde)
  • La France se place en tête du financement de l’IA générative en Europe (TechCrunch)
  • Radio : l’Arcom fixe l’objectif de basculer au tout-numérique en 2033 (The Media Leader)

3 CHIFFRES

  • La NBC a acquis les droits de diffusion des JO jusqu’en 2032 contre 7,8 milliards de dollars, selon Variety.
  • Cafeyn devient le principal acteur des kiosques numériques français en rachetant pour 4,5 millions d’euros son concurrent principal, Toutabo/ePresse, selon la Correspondance de la Presse.
  • Facebook est le réseau social le plus utilisé par 67 % des Français, suivi d'Instagram selon YouGov.

It's going to be a scene on the Seine. 🤩

Don't miss the #ParisOlympics Opening Ceremony on Friday, July 26 on @nbc and streaming on @peacock. pic.twitter.com/NMgOwL5kC8

— NBC Olympics & Paralympics (@NBCOlympics) June 18, 2024

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

La France se classe toujours parmi les pays ayant le moins de confiance dans les médias.

Source : Reuters Institute

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • A l’ère numérique, les magazines haut de gamme spécialisés dans les activités de plein air prospèrent en version imprimée (New York Times)
  • Perplexity, machine à “bullshit” (Wired)
  • Les influenceurs des médias sociaux ne deviennent pas riches - ils peinent à joindre les deux bouts (Wall Street Journal)
  • Milliardaires, secrets, Zegnas : la soif de pouvoir de Will Lewis (Daily Beast)

Illustration par Thomas Levinson / Daily Beast / Gettty

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Apple propose l'enregistrement et la transcription gratuits des appels sur les iPhones ; les journalistes se réjouissent (NiemanLab)
  • Stanford met fin à son programme anti-fake news : une première victoire pour Donald Trump (Platformer)
  • Hugo Décrypte est plus cité comme source d’info que Le Monde, Le Figaro et Libé réunis (Huffington Post)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • L'État islamique a propagé de fausses vidéos imitant CNN et Al Jazeera (Wired)
  • L’Unesco alerte sur la « réécriture de l’Holocauste » par l’intelligence artificielle (La Croix)
  • Comment attaquer la BBC est devenu une constante des élections au Royaume-Uni (The Guardian)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • DMA : plusieurs médias européens demandent une pression accrue sur Google et Apple (mindmedia)
  • « Chat control » : dans la lutte contre la pédopornographie, revers pour le projet de règlement européen de surveillance des messageries (Le Monde)

Signal strongly opposes this proposal.

Let there be no doubt: we will leave the EU market rather than undermine our privacy guarantees.

This proposal--if passed and enforced against us--would require us to make this choice.

It's surveillance wine in safety bottles. https://t.co/i8D4Mlcrgd

— Meredith Whittaker (@mer__edith) May 31, 2024

JOURNALISME

  • Le Washington Post se penche sur une histoire difficile : la sienne (New York Times)
  • En Suède, l'assaut de l'extrême droite contre les médias met à mal le modèle nordique (The Guardian)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Militantisme créatif : l’univers graphique du FrontPopulaire ne ressemble à aucun autre (Télérama)

Un point de branding électoral intéressant : l’univers graphique du #FrontPopulaire ne ressemble à aucun autre. 🎨

La raison : il est très décentralisé. Pour une fois, il vient moins des partis que de créations spontanées.

Petit thread décryptage de ce militantisme créatif !👇 pic.twitter.com/vfd7S2rMxm

— François d’Estais (@fdestais) June 15, 2024

ENVIRONNEMENT

  • L'Azerbaïdjan accusé de réprimer les médias avant d'accueillir la Cop29 (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • YouTube copie la fonction la plus intéressante de X (Washington Post)
  • Le milliardaire américain Frank McCourt, propriétaire de l’Olympique de Marseille, envisage de racheter TikTok (La Provence)
  • Pourquoi l'élection britannique n'est pas dominée par TikTok (The Economist)
  • Le Daily Mail prévoit de lancer une douzaine d'émissions sur YouTube en 2024 dans le cadre de sa stratégie de vidéos longues (Digiday)
  • Le débat des mèmes : Trump et Biden entrent sur le champ de bataille viral (Axios)

Capture d'écran Axios

Les utilisateurs d'Instagram s'inquiètent du fait que l'IA récupère leurs photos (Fast Company)

YouTube accentue son combat contre les adblockers (TechCrunch)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Aux Etats-Unis, Netflix lance des expériences immersives permanentes (Variety)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Le Netflix brésilien qui triomphe avec des valeurs ultraconservatrices (El Pais)
  • Comment Tubi est devenu le meilleur service de streaming gratuit en Amérique (The Guardian)
  • X souhaite produire davantage de docu-séries sportives pour les fans 'acharnés' (Axios)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Nvidia devient la société la plus valorisée au monde avec le boom de l'IA (The Guardian)
  • Une vidéo deepfake de Nigel Farage jouant à Minecraft 'bien sûr' pas réelle, selon le parti (The Guardian)

  • L'IA ne rapporte pas encore beaucoup d'argent aux entreprises de logiciels — pour l'instant (Bloomberg)
  • Au Japon, SoftBank lance une IA « anti-émotions » qui adoucit la voix des clients mécontents (SCMP)
  • Elle a remporté un prix pour des images générées par IA. Juste un problème : c'était une vraie photo (Washington Post)
  • ILya Sutskever, l'ancien scientifique en chef d'OpenAI, lance une nouvelle entreprise d'IA (TechCrunch)
  • Forbes menace Perplexity d'une action en justice pour plagiat de ses contenus (Axios)
  • OpenAI interdit, Apple cherche un partenaire IA sur le marché chinois (Wall Street Journal)

Superintelligence is within reach.

Building safe superintelligence (SSI) is the most important technical problem of our​​ time.

We've started the world’s first straight-shot SSI lab, with one goal and one product: a safe superintelligence.

It’s called Safe Superintelligence…

— SSI Inc. (@ssi) June 19, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • TikTok lance des avatars IA pour les publicités alors que la FTC met en garde les entreprises contre cette pratique (404media)
  • Discord se refait une beauté pour attirer les marques et les marketeurs sur la plateforme et améliorer l'expérience utilisateur (Digiday)
  • Les annonceurs digitaux recherchent du "contenu haut de gamme" — mais sont en désaccord sur sa définition (Business Insider)
  • Elon Musk vole à Cannes pour reconquérir les annonceurs (Financial Times)

Kati Bremme et Alexandra Klinnik

 

The post Les réseaux sociaux, nicotine des jeunes ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Fatie Toko : le bon côté de la tech
    Comment se débarrasser de sa peur des nouvelles technologies ? Fatie Toko, directrice de l’innovation du groupe La Poste, propose quelques pistes éclairées dans son essai « techno-optimiste » : Et si la tech pouvait sauver le monde ? Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions La société, totalement pervertie par les nouvelles technologies ? « Nos ados sont toujours plus affectés par un chagrin d’amour que par un sevrage temporaire de leur smartphon

Fatie Toko : le bon côté de la tech

Comment se débarrasser de sa peur des nouvelles technologies ? Fatie Toko, directrice de l’innovation du groupe La Poste, propose quelques pistes éclairées dans son essai « techno-optimiste » : Et si la tech pouvait sauver le monde ?

Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions

La société, totalement pervertie par les nouvelles technologies ? « Nos ados sont toujours plus affectés par un chagrin d’amour que par un sevrage temporaire de leur smartphone », nuance Fatie Toko. La directrice de l’innovation du groupe de la Poste veut croire au bien-fondé et aux effets positifs de la tech sur la société. Dans son essai Et si la tech pouvait sauver le monde ?, la franco-ivoirienne choisit de voir « le remède, pas le poison » et fustige les « discours alarmistes de certains médias ». La nouvelle vague d’innovations technologies offre un immense potentiel pour résoudre les crises à venir, assure-t-elle. Celle qui livre un récit « techno-optimiste » mais pas « techno-naïf » déroule les raisons de se réjouir : des plateformes pour accélérer le développement économique durable et la sécurité alimentaire dans les pays à faibles revenus, des capacités d’analyses d’images satellitaires et de données géographiques pour réduire la pollution, la vision par ordinateur pour protéger les écosystèmes terrestres et marins… Entretien sur les initiatives et les défis à venir du monde de la tech.

Que reprochez-vous à la couverture tech des médias ?

Les médias ont un biais négatif général sur les nouvelles technologies. Ils ont tendance à faire appel à des experts, qui complexifient des sujets déjà difficiles à appréhender pour le grand public. Je regrette ce manque de vulgarisation. Les questions posées sont souvent alarmistes : « est-ce qu’il va y avoir des robots tueurs ? », « L’IA va-t-elle nous remplacer ? ». Cette approche détourne l’attention des questions essentielles telles que la manière de s’informer, de se protéger, de tirer profit des nouvelles technologies. La peur n’est pas une fatalité, ni une nécessité absolue. Dans mon travail, je m’intéresse notamment aux initiatives émergentes en Afrique et je refuse de céder à la peur qui entoure souvent les avancées technologiques. Il existe de nombreuses initiatives, tant au niveau de politiques publiques que dans le domaine scientifique, visant à promouvoir des technologies plus éthiques, responsables et durables. Mon livre vise à mettre en lumière ces aspects positifs souvent méconnus et présenter une vision équilibrée des nouvelles technologies.  

Quelles initiatives vous incitent à être aussi optimiste ?   

Des initiatives émergent en matière de santé, d’environnement, de lutte contre les vulnérabilités et l’éducation. J’ai ainsi découvert des couveuses connectées au Cameroun qui permettent de mettre des sondes et des caméras dans les cabines des prématurés pour surveiller les signaux vitaux et la température à l’intérieur. De nombreuses solutions technologiques, des caméras par vision par ordinateur, nous permettent de voir comment les animaux réagissent aux aléas climatiques. Dans le domaine de la santé, le recours à l’intelligence artificielle, l’analyse et la visualisation des données, la réalité augmentée et immersive, permet par exemple de voir l’environnement du « bloc » à travers les yeux d’un chirurgien qui opère. Il s’agit d’une plateforme médicale tout-en-un unique, conçue pour couvrir l’ensemble du cycle d’une intervention. Cette solution peut être une assistance vitale dans la médecine humanitaire et notamment les premiers actes de secours des civils en temps de guerre.   

Si vous évoquez les raisons d’être optimiste, vous mentionnez également les défis à venir. Vous écrivez notamment que la menace la plus importante pour l’État est celle constituée par la concentration inédite des géants du numérique. « Les GAFAM risquent de devenir des véritables États plateformes qui portent atteinte à la souveraineté des nations ». Mais n’est-ce pas déjà le cas ?  

En effet. Elles sont les plus grandes bénéficiaires de la mondialisation. Elles se moquent des lois, car les outils de régulation ne peuvent pas les soumettre. Les problèmes actuels ne sont pas uniquement dus à la technologie, mais aussi à des questions de régulation et d’idéologie favorables à certaines puissances économiques. Les géants du numérique ne sont pas surpuissants juste parce qu’ils exploitent les données, mais aussi parce qu’ils bénéficient d’un environnement mondialisé et de politiques qui les favorisent. Il est crucial de mettre en place des normes mondiales pour protéger les citoyens contre les risques liés à la cybersécurité et à la manipulation de l’information. Cela nécessite une collaboration internationale pour établir une base éthique et réglementaire solide afin de protéger les individus et les consommateurs.   

 La régulation de l’IA par exemple est devenue un énorme défi pour le législateur. Dans son livre que vous citez « Les algorithmes font-ils la loi ? », Aurélie Jean explique que « la réflexion et la conception de lois pour l’encadrement des algorithmes sont fortement impactés par la discipline elle-même. Intangible, complexe et en perpétuelle évolution, elle impose son rythme avec un certain flou artistique sur sa compréhension chez les acteurs de la loi voire les lobbystes eux-mêmes ». Et souligne le manque de formation des élites et du personnel politique…  

La compréhension de ces questions est extrêmement complexe pour ceux qui ne sont pas des data scientistes. Le personnel politique ne possède pas nécessairement les compétences scientifiques requises pour appréhender la complexité de l’intelligence artificielle. L’IA pose un défi en raison de sa complexité multidisciplinaire et de sa convergence de domaines. On est tous fragile face à cette révolution technologique, car elle est difficile à lire.  

Vous expliquez que l’Afrique devient le nouveau terrain de jeu des GAFAM.   

 Le contexte de régulation est très peu contraignant dans ces régions. Cette absence de règles facilite l’adoption de technologies nouvelles. Contrairement à d’autres régions où chaque innovation suscite un débat et des craintes, en Afrique, l’adoption est rapide et sans préambule. Si une technologie démontre son utilité, elle est immédiatement intégrée et déployée. Il n’y a pas ce débat d’experts qui précède l’usage. Sous couvert de philanthropie et au nom de la connectivité, des entreprises installent des centres de données et des laboratoires d’expérimentation sur le continent. La jeunesse de la population et l’absence de régulation offrent un terrain propice à ces essais à grande échelle, à l’instar de Google qui a établi en 2019 son centre de recherche en intelligence artificielle à Accra (Ghana) et installé à Lomé (Togo) en 2022 un câble internet sous-marin dans le cadre de son projet d’infrastructure réseau pour relier l’Afrique à l’Europe. Ces initiatives amplifient les risques en termes de protection de données et de dépendance économique et infrastructurelle.   

Comment adopter une relation plus sereine avec les nouvelles technologies ?  

Il est essentiel de ne pas les craindre. Il faut commencer par chercher à comprendre. Les technologies offrent cet avantage : l’information est accessible à tous. Je mentionne Objectif IA, une formation accessible en ligne pour tous les Français, qui sensibilise et explique l’intelligence artificielle dans notre quotidien, tout en prodiguant des conseils sur l’hygiène numérique et le consentement éclairé. Il s’agit de s’informer encore et toujours. Il est crucial de réfléchir à l’usage que l’on en fait. Prenez l’exemple de ChatGPT : je l’utilise pour gagner du temps dans l’organisation de mes cours, la préparation du matériel pédagogique, la rédaction de scénarios, etc. Enfin un mot pour les jeunes : soyons modestes et tolérants envers la jeunesse. Arrêtons, nous les adultes, d’être nostalgique. Ce ne sont pas eux qui ont l’utilisation la plus compulsive de leurs écrans. Notre devoir est de les guider vers une utilisation intelligente. Le consentement est un aspect souvent négligé : nous devons accompagner les jeunes en leur posant des questions sur les implications de leurs actions en ligne, sur les coûts, les impacts. Trop souvent, nous les culpabilisons. C’est contre-productif et encourage même les jeunes à dissimuler leurs activités numériques à leurs parents, plutôt que d’en parler ouvertement. Cela les pousse à se replier dans un monde virtuel, coupés de la réalité, plutôt que d’engager des conversations sur une utilisation raisonnée des technologies.  

The post Fatie Toko : le bon côté de la tech first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • VivaTech : l'IA sur le tapis rouge
    La capitale des Lumières serait-elle en train de se transformer en « capitale de l'intelligence artificielle » ? C'est ce qu'a affirmé le président Emmanuel Macron mardi, lors d'une rencontre avec les leaders du secteur. Ce grand discours intervient la veille de l’ouverture de VivaTech, plus grand salon européen consacré aux nouvelles technologies. Par Aude Nevo et Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions A défaut de voir les stars du cinéma à Cannes, ce sont bien le

VivaTech : l'IA sur le tapis rouge

La capitale des Lumières serait-elle en train de se transformer en « capitale de l'intelligence artificielle » ? C'est ce qu'a affirmé le président Emmanuel Macron mardi, lors d'une rencontre avec les leaders du secteur. Ce grand discours intervient la veille de l’ouverture de VivaTech, plus grand salon européen consacré aux nouvelles technologies.

Par Aude Nevo et Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions

A défaut de voir les stars du cinéma à Cannes, ce sont bien les stars de l’IA qui ont défilé au salon VivaTech. Parmi elles, Dario Amodei, co-fondateur de l'entreprise américaine d'intelligence artificielle Anthropic, Arthur Mensch, patron et co-fondateur de la startup française Mistral AI, Yann Le Cun, directeur du laboratoire de recherche sur l'intelligence artificielle du groupe Meta, et le controversé patron de X, Elon Musk, qui a fait une apparition en visioconférence, devant ses adorateurs. Mais VivaTech, c’est avant tout une place de marché. Derrière chaque robot, chaque voiture, chaque casque de réalité virtuelle, se profile un entrepreneur en quête de financements. Cette année, l'IA a dominé presque toutes les discussions. Le monopole de la Chine et des États-Unis a été largement débattu, alimentant la crainte des Européens de manquer le coche. Un fossé s’est creusé entre la grande majorité, désireuse d'innover toujours plus rapidement, et ceux, plus prudents, qui appellent d'abord à la régulation. Résumé des points clés.

Le journalisme, grand absent ?

À VivaTech, temple du business et de la start-up nation, le journalisme est rarement à l'honneur. Organisée par Publicis et Les Échos, cette grand- messe des « technolâtres » ouvre grand ses portes à ses invités, qu'importe leur pedigree, pourvu qu'ils exercent une influence économique notable. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit d'Elon Musk. En terrain conquis, le magnat des affaires libertarien est intervenu à distance devant un public en extase, réuni dans le Dôme de la Porte de Versailles.

Maurice Lévy, président de VivaTech et Elon Musk, à distance.

  • Si l’on se réfère au titre original de la conférence, « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Elon Musk (sans oser le demander) », clin d’œil (daté?) au film de Woody Allen, la session promettait d’être franche et directe. La salle avait été assurée de pouvoir poser ses questions (« en 15 secondes top chrono »), l'orateur se revendiquant comme un ardent défenseur de la liberté d'expression. Si le milliardaire s’est plié de bonne grâce aux questions conventionnelles et admiratives de ses fans survoltés (telles que « Quelle est votre plus grande peur ? », « L’IA », « Votre plus grand espoir ? » — « Mars »), il a fait preuve de grossièreté face à la seule interrogation critique de la session. Lorsqu'une journaliste de Business Insider a soulevé les problèmes rencontrés par Tesla, « qui traverse une période tumultueuse avec des ventes en baisse, une chute en bourse et des licenciements », il a préféré l'humilier directement : « Passons à la question suivante, car je ne pense pas que Business Insider soit une publication sérieuse », suscitant les rires moqueurs de ses partisans. Un véritable « bad boy » dans la cour d'école, affichant ouvertement son mépris pour les médias qui ne pensent qu'au « nombre de clics ». En maître de cérémonie, Maurice Lévy, président de VivaTech, n’a pas levé un sourcil mais a préféré remercier mille fois son hôte de marque, de faire « l’honneur de sa présence »… dans un événement également organisé par un média, les Échos !
  • Dans cet exercice très cadré, il a été beaucoup question d’intelligence artificielle, “star du show Vivatech”. En début de semaine, Elon Musk a annoncé déployer son service d’intelligence artificielle, Grok, développé par sa start-up (xAI) en Europe à tous les utilisateurs ayant un abonnement X Premium. Grok sera le robot d’IA le plus drôle possible, car “si on doit tous mourir un jour, autant mourir en riant”. Pour lui, les algorithmes de Google, d’OpenAI et de Microsoft ne sont pas efficaces : “Mon inquiétude, c’est qu’ils font du politiquement correct, c’est dangereux. Le mieux pour l’IA ? C’est de penser par elle-même, d’être curieuse, c’est ce qui sera le mieux pour l’humanité. Ces IA ont été entraînées pour mentir.  Demandez à ChatGPT de vous générer une image de Waffen-SS, il en créera une d’un groupe de femmes issues de la diversité. Ce n’est pas la vérité”.

La Chine, un concurrent de taille dans la course à l’IA 

Comme chaque année, un panel d’intervenants venant de toute part a pris la parole lors des conférences. Robin Li, cofondateur et directeur général de Baidu, le moteur de recherche chinois a évoqué ses projets en matière d’IA dans la conférence « AI View from China ».

 Robin Li, cofondateur et directeur général de Baidu, et Maurice Levy, président du conseil de surveillance de Publicis Groupe. 

 Les points clés 

  • Le Google chinois est l'un des acteurs du pays les plus avancés dans l'IA. Là où la concurrence veut trouver le modèle de langage le plus performant, Baidu cherche la « super app » qui révolutionnera le secteur : « Aux États-Unis et en Europe, tout le monde se concentre sur la mise au point du modèle de fondation le plus avant-gardiste. Mais en Chine, les gens se demandent de plus en plus quelle sera l'application qui fera la différence à l'ère de l'IA » explique Robin Li. Sans le citer, il est possible que l’homme d’affaire fasse référence au succès de WeChat, messagerie largement déployée en Chine dont le succès pourrait l’avoir inspiré. Selon lui, une approche axée sur les applications peut « accélérer la transformation de l'ère de l'internet à l'ère de l'IA ». Cette super-app prendra-t-elle la forme d’un chatbot ?
  • Ernie, l’équivalent chinois de ChatGPT, a été lancé par Baidu en mars 2023. Peu connu en Europe, il est pourtant largement implanté en Chine et compte aujourd'hui 200 millions d'utilisateurs. Pour Robin Li, l’enjeu est de créer le meilleur modèle possible sur le territoire chinois : « Nous ne sommes pas aussi bon qu'OpenAI en anglais. Mais nous surpassons ChatGPT4 en chinois car Baidu est principalement entrainé avec des données chinoises ». Selon lui, « les européens devraient travailler sur des données dans leur propre langage pour espérer devenir des forces dominantes de l’IA ». Si Mistral Large, le LLM (large language model), de la startup française est par exemple entraîné en parti sur des données françaises, la proportion n’a pas été communiquée. 
  • Pour entraîner un LLM, il faut une quantité immense de données. Pour Robin Li, ce n'est pas tant l'accès à ces données qui pose problème, mais leur traitement. Cela requiert de nombreux ingénieurs, une ressource parfois insuffisante.
  • L’entrepreneur a également fait part de ses réserves quant à l’arrivée prochaine d’une intelligence artificielle qui puisse surpasser l’esprit humain. Selon lui, les « AGI » (artificial general intelligence) ne sont pas prêtes d’arriver sur le marché.  « Nombreux sont ceux qui spéculent sur l'arrivée de l'AGI, avançant des délais de deux à cinq ans. Pour ma part, je pense que cette technologie ne sera pas disponible avant au moins une décennie » a-t-il affirmé.
  • Accélérer à tout prix : c'est le vœu de Robin Li. Interrogé sur ses plus grandes craintes pour l'avenir, il répond : « Tout le monde est surpris par la vitesse à laquelle la technologie a progressé ces deux dernières années, mais pour moi, ce n'est pas encore assez rapide. C'est trop lent ».
  • Cette pensée est pourtant en adéquation avec plusieurs autres intervenants du salon, qui semblent oublier le chaos potentiel d’un manque de régulation de l’IA en termes de discrimination, de propriété intellectuelle, et de désinformation. Bruno le Maire, lors de sa visite surprise afin de remplacer Emmanuel Macron en visite en Nouvelle-Calédonie a affirmé : « l’Europe doit retrouver le goût du risque afin de créer l’IA française et européenne dont nous avons besoin pour notre économie ». 

« Ne travaillez pas sur les LLM's, ils sont entre les mains des grandes entreprises ».

Madhumita Murgia, rédactrice IA en chef chez FT et Yann LeCun VP & Chief AI Scientist chez Meta.

 Les points clés 

  • Lors de son intervention, Yann LeCun, VP & Chief AI Scientist chez Meta, a souhaité s’adresser aux étudiants. « Ne travaillez pas sur les LLM's, ils sont entre les mains des grandes entreprises. Il n'y a rien que l'on puisse mettre sur la table, vous devriez travailler sur la prochaine génération d’IA ».
  • Le « baron du deeplearning » comme il se fait appeler, a également déclaré que les LLM ont une maîtrise limitée de la logique et n'atteindront pas le niveau d'intelligence humaine : « L’intelligence n'est pas une échelle linéaire. Il existe un écart entre l'intelligence que nous pouvons reproduire et l'intelligence humaine ». « Les machines ne comprennent pas le monde réel et n'ont pas de mémoire persistante » poursuit-il.
  • Les entreprises sont de plus en plus réticentes à l’idée de partager leurs modèles en open source à cause de la concurrence : « Au cours des douze dernières années, la communauté s'est considérablement ouverte. OpenAI faisait de la recherche open source, ce qui a contribué aux avancées très rapides de l’IA. Maintenant, des intérêts commerciaux émergent. OpenAI n'est plus du tout ouvert, et Google de moins en moins. Ce changement de paradigme est très mauvais pour l’industrie ».
  • Les applications les plus prometteuses de l'IA ne se trouvent pas chez Méta, mais au sein des start-ups qui développent des systèmes dans des langages peu exploités par l'IA. « Avoir une IA qui communique dans leur propre dialecte offre un accès technologique à des personnes qui en sont actuellement privées », souligne Yann LeCun. À titre d'exemple, il évoque une initiative d'une start-up sénégalaise utilisant un modèle open source pour fournir des informations médicales en français et en Wolof, les deux langues locales du pays. Cette solution facilite l'accès aux soins dans un contexte où consulter un médecin est souvent difficile.
  • Pourquoi les talents ne restent-ils pas en Europe ? « Les futurs chercheurs vont là où ils auront le plus d’impact et le plus de chances de réussir » explique Yann LeCun. Selon lui, « le faible salaire dans la recherche scientifique publique » est l’une des raisons qui poussent les nouveaux acteurs du secteur à claquer la porte. 
  • L’enjeu est de taille pour le président français Emmanuel Macron. S’il n’a pas abordé la question des salaires des chercheurs à l'Élysée lors de son discours sur l'IA du mardi 21 mai, il a annoncé des mesures ambitieuses visant à accroître le nombre de professionnels formés dans ce domaine. Son plan prévoit de passer de 40 000 à 100 000 professionnels formés par an, et un investissement supplémentaire de 400 millions d'euros dans les neuf clusters d'IA français, reconnus comme des centres d'excellence universitaire.

If you are a student interested in building the next generation of AI systems, don't work on LLMs https://t.co/H1qX3gClEu

— Yann LeCun (@ylecun) May 22, 2024

 Où sont les femmes ? 

Bruno le Maire lors de son intervention sur les femmes dans le secteur de la tech.

Les points clés 

  • Les grandes absentes du salon, ce sont les femmes. Valérie Pécresse, présente ce mercredi a déploré ce manque de représentation :« Nous avons besoin de reconvertir beaucoup de Franciliens qui pensent que la tech n’est pas pour eux. Parallèlement, je constate en déambulant dans les stands que les femmes ne sont pas suffisamment représentées ».
  • De son côté lors de son intervention, Bruno Le Maire a promis qu’il était temps de « mettre des quotas dans les classes préparatoires ».
  • Ce constat est également partagé par Béatrice Kosowski, Présidente IBM France, lors de la conférence « From Regulator to Innovator: European AI and Sovereignty ». Selon elle, 85 000 postes seraient vacants dans le secteur du numérique. Il y a donc urgence à former des jeunes dans ce domaine, en mettant l'accent sur la parité, car « autrement, les outputs de l’IA seront biaisés ». Elle souligne que les femmes ne représentent que 32% des effectifs dans les métiers de la tech en Europe, et environ 20% en France.
  • Ce manque de représentation avait été reproché à OpenAI en décembre dernier, lorsque son nouveau conseil d’administration avait évincé toute présence féminine pour devenir le club des “Big Tech Boys”. Parmi les 702 (sur 750) employés qui avaient signé la lettre demandant le retour de Sam Altman après son éviction, plus de 75% étaient des hommes.
  • Les chiffres montrent également un écart de confiance entre hommes et femmes concernant la conduite de projets liés à l’IA. 26% des femmes se disent confiantes, contre 49% des hommes. En cause ? les représentations sociales et les stéréotypes de genre qui pèsent sur l’orientation et l’auto-censure des femmes (syndrome de l’imposteur).

 Les « musk-see » du salon 

Si la présence (à distance) d’Elon Musk, a fait jaser la « techosphère », certaines innovations ont également fait entendre parler d’elles. Tour d’horizon de ces gadgets plus ou moins utiles. 

  • Le secteur de la santé est à l’honneur cette année. La startup SquareMind propose par exemple une technologie pour aider les dermatologues dans le dépistage des cancers de la peau. Ce dispositif automatisé numérise l'intégralité de la peau du patient en très haute résolution à l’aide d’un bras mécanique. « Grâce à l'intelligence artificielle, il peut signaler l'apparition de nouveaux grains de beauté entre deux visites » explique son co-fondateur Ali Khachlouf. Autre démonstration qui a suscité l’émerveillement du public : un fauteuil roulant développé par la startup suisse Scewo qui peut monter et descendre des escaliers en toute sécurité.

Un pas en avant pour l’accessibilité des personnes en fauteuil roulant avec @scewo_official #Vivatech @VivaTech #Handicap pic.twitter.com/gt4vAf17Nv

— Mathieu Flaig (@MathieuFlex) May 22, 2024

  • Mais notre coup de cœur est sans nul doute Buddy, un petit robot à l’allure « kawai » dont le but est d’aider les enfants sur le spectre autistique dans leur apprentissage. Fabriqué par la société française Blue Frog Robotics et désigné en France comme « robot for good », Buddy a été approuvé par le ministère de l’Éducation nationale. Présenté comme « un compagnon émotionnel avec qui l’enfant pourra nouer un lien social », Buddy permet aux petits d’interagir avec un avatar ayant des traits humains (deux yeux, une bouche) sans le stress que pourrait générer une interaction réelle. « Buddy permet de simuler certains codes sociaux mais n'a aucune conscience de ce qu’il est », souligne un développeur présent au stand. Un autre projet en cours vise à utiliser Buddy pour réinclure en classe les enfants en situation d’exclusion. L’initiative née sous l’impulsion de la Fondation des hôpitaux de France présidée par Brigitte Macron a été lancée auprès de 2000 enfants malades. À l’aide d’une tablette disponible dans leur chambre d’hôpital, les jeunes patients peuvent contrôler le petit robot à distance, parler à travers lui, entendre le professeur et répondre aux questions. Des tests sont en cours pour mesurer les impacts socio-psychologiques du dispositif sur les patients. Si les résultats sont positifs, Buddy pourrait être déployé à plus grande échelle. Toutefois, on peut se questionner sur le coût d’un tel programme et son déploiement réel par la suite. L’éducation nationale étant déjà en proie à des restrictions budgétaires, qui financera ces Buddy dans nos écoles ? 

📣Salon #Vivatech 2024 #AvecFranceTravail
✅@BlueFrogRobotic présente #Buddy
↪dopé à l'#IA pour interagir avec des enfants #autistes, malades ou assistance auprès des personnes âgées
↪création d'empathie, de lien émotionnel @VivaTech @FranceTravail pic.twitter.com/8JOOjmBkos

— Eric Huguet 🌍 (@ERICHUGUET4) May 23, 2024

  • Évidemment, certaines innovations auraient pu rester au stade de l’idée. Par exemple, SmartGolf est un fournisseur de services de golf nouvelle génération, qui propose une analyse du swing et un coaching par l'IA sans balle. Le but ? Pouvoir faire du golf directement de chez soi. Pratique lorsque l’on n’a pas de terrain à proximité. Un gadget qui n’est pas sans rappeler wii sport, disponible pour la modique somme de 450 dollars. Mais le plaisir du golf ne réside-t-il pas dans le fait de taper la balle ? Du côté automobile, comme chaque année, de nombreux modèles de voitures aux designs toujours plus futuristes se sont fait concurrence. Une dizaine de constructeurs étaient présents, avec des promesses marketing plus ou moins similaires, englobant IA, énergie verte, pilotage automatique etc. Parmi eux, le cybertruck de Tesla s’est fait remarquer par ses dimensions hors norme : 5,69 mètres de longueur sur 2,4 mètres de largeur pour 3 tonnes. Non commercialisé en France (et pas prêt de l’être), le pick-up en acier inoxydable est disponible aux Etats-Unis pour environ 100 mille dollars.

 

It's the @Tesla Cybertruck. And it's at #VivaTech 💥 pic.twitter.com/rO3RoP3nGM

— Viva Technology (@VivaTech) May 22, 2024

  • Airbus a également présenté ses innovations les plus ambitieuses à VivaTech. Le cheval de bataille du géant de l'aérospatiale ? Permettre aux avions de se déplacer en totale autonomie dans les aéroports. Le projet intègre des technologies telles que l'automatisation avancée, la vision par ordinateur, et l'apprentissage automatique. Une menace pour la sécurité selon certains syndicats de pilotes. Pour minimiser l'empreinte carbone de ses essais, Airbus utilisera un camion électrique, le « Air-truck » qui reproduit les fonctions d'un cockpit d'avion. Le stand proposait également d’effectuer un vol simulé au-dessus d'Osaka à bord d'un taxi aérien du futur. L’occasion de faire un parallèle avec le volocity, un taxi volant proposant une offre 100% électrique et décarbonée. Déjà présenté au salon en 2022, il devait effectuer ses premiers vols commerciaux à l'occasion des JO de Paris 2024 pour environ 250 euros. Deux ans plus tard, le taxi volant du futur sillonnera bien le ciel de Paris afin de profiter de la vitrine médiatique des Jeux Olympiques, mais sans client ! 

J'aurais peut être dû prendre le volocopter pour rentrer plutôt que la ligne 12 😁#vivatech@jblefevre60 @kalydeoo @pierrepinna @Nicochan33 @tewoz @loutro1990 @CHRISTINESOTO12 @RLDI_Lamy @jeancayeux pic.twitter.com/gEoqJ9V2zv

— Yann Marchand (@Ym78200) May 23, 2024

Conclusion

En conclusion, la transformation de Paris en une "capitale de l'intelligence artificielle" semble bien en marche, soutenue par les ambitions du président Emmanuel Macron et l'engouement généré par le salon VivaTech. Au-delà des innovations gadget, des exercices de com' de la part des politiques, de l'aliénation de certains tech lovers, de la recherche du business à tout prix, cet événement a rassemblé les acteurs les plus influents du secteur, témoignant de l'importance croissante de l'IA dans les discussions technologiques et économiques. Rappelons que la France accueillera, les 10 et 11 février 2025, la prochaine édition du sommet international de l'intelligence artificielle. 

 

The post VivaTech : l'IA sur le tapis rouge first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

Liens vagabonds : Face à la chute de trafic en provenance des réseaux sociaux, quelles alternatives pour les médias ?

Augmentation des coûts, baisse des recettes publicitaires, ralentissement de la croissance des abonnements…Seule la moitié des rédacteurs en chef, PDG et responsables du secteur numérique interrogés pour une étude du Reuters Institute se disent confiants quant aux perspectives du journalisme pour l'année à venir. Réalisée auprès d'un échantillon stratégique de plus de 300 dirigeants du secteur numérique issus de plus de 50 pays et territoires, l’enquête montre une forte baisse du trafic référent en provenance des médias sociaux vers les médias. Alors que de nombreux organismes d'information traditionnels peinent à se faire connaître, ou n’en n’ont pas les moyens, quelles alternatives s’offrent à eux ?  

Les raisons de cette chute  

Selon l’étude, le trafic Facebook vers les sites d'information a chuté de 48 %, le trafic en provenance de X a chuté de 27 %, et le trafic en provenance d'Instagram a chuté de 10 % (causant, parmi d'autres, l'arrêt de BuzzFeed News l'année dernière). Les raisons ? Du côté de Méta, il s’agit d’une priorisation des contenus des influenceurs au détriment des journalistes pour tenter de contrer la concurrence de TikTok. L’arrivée très médiatisée d’Elon Musk chez X a encore plus chamboulé ce petit microcosme. Désinformation, difficulté à distinguer les titres de presse des autres sources de contenu – la somme de ces événements a entrainé le départ express de nombreux journalistes vers un avenir plus radieux…sur bluesky notamment, ou encore LinkedIn. Nic Newman, auteur du rapport a commenté ces chiffres : « Atteindre le public en ligne devient de plus en plus difficile à mesure que Facebook se retire de l'actualité et que X devient moins accueillant pour les éditeurs. » 

WhatsApp, le nouvel eldorado ? 

Face à ce problème, les médias se tournent vers WhatsApp (+61) et Instagram (+39), notamment pour leurs canaux de diffusion multimodaux. Ces derniers offrent aux créateurs et aux médias la possibilité d'interagir avec leurs abonnés à travers des messages directs. Ces échanges peuvent prendre la forme de messages écrits, vocaux, images, vidéos, ainsi que de sondages. Lancée en septembre, la fonctionnalité sur WhatsApp compte aujourd’hui plus de 225 canaux de diffusion. Même si son utilisation reste timide chez les médias français – la majorité n’a pas de canaux et le Monde, parmi les plus suivis, ne compte que 66 600 abonnés – la fonctionnalité connait un franc succès outre-Atlantique. Le New York Times compte par exemple 7,3 millions d’abonnés sur sa chaîne. WhatsApp n’est plus seulement « l'application que l’on utilise lorsqu’on voyage hors de son pays » a déclaré Will Cathcart, responsable de WhatsApp« elle se généralise aujourd’hui de manière significative ».  

L'avenir dans la vidéo ?  

Face à la nature de ces plateformes, les médias doivent davantage se tourner vers le format vidéo afin d’atteindre un public plus jeune. Naturellement donc, ils planifient d’accentuer leur présence sur TikTok (+55), et YouTube (+44). Toutefois, le Reuters Institute souligne que « de nombreux médias traditionnels ont [toujours] du mal à se faire connaître par rapport aux jeunes créateurs qui maîtrisent le langage et les conventions de ses plateforme ». Dylan Page, un jeune influenceur du Royaume-Uni, a régulièrement plus de vues à ses vidéos que la BBC ou le New York Times réunis, même sur des sujets de fond, comme le conflit à Gaza.  

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • On a testé TF1+, un service de streaming qui ne s’est pas foulé (Numerama)
  • « Touche pas à mon peuple » : Cyril Hanouna, émission suicide (Le Monde)
  • Hachette stoppe net son projet de déménagement à 150 millions d'euros (Les Echos)
  • CES 2024 : les startups françaises toujours en force à Las Vegas ? (Maddyness)
  • Intelligence artificielle : les éditeurs français s’organisent pour faire reconnaître leurs droits (Le Figaro)
  • Intelligence artificielle : un «Label Création humaine» pour garantir qu’un livre a bien été écrit par un humain (Libération)
  • Canal+ prend presque 30 % de la plateforme Viaplay (Les Echos)
  • Rachida Dati, ministre de la culture : une nomination surprise, fruit d’un deal avec Emmanuel Macron (Le Monde)
  • Canal+ obtient l'autorisation de l'Autorité de la Concurrence pour le rachat d'OCS et d'Orange Studio (Autorité de la concurrence)

3 CHIFFRES

  • Les tarifs pleins des abonnements numériques à la presse auraient gonflé de 20% en moyenne l’an dernier au Royaume-Uni, selon Press Gazette.
  • Plus de la moitié des Américains (52 %) craignent que l'augmentation des "deepfakes" n'influence les élections (McAfee)
  • Twitch licencie 500 employés, soit environ 35 % de son personnel, d'après Bloomberg.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : Scott Galloway

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Voici les plus grands risques mondiaux auxquels nous serons confrontés en 2024 et au-delà (Forum économique mondial - Davos)
  • Les éditeurs indépendants de presse locale sont confrontés à de nouveaux défis dans le cadre de la réorganisation de leurs modèles économiques (Poynter)
  • L’effondrement de l’information ? (Hubert Guillaud)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • CES 2024 : tous les téléviseurs, ordinateurs portables, équipements pour la maison intelligente et autres nouveautés du salon (The Verge)
  • Fox Corp. lance une plateforme blockchain pour négocier avec les entreprises d'IA (Axios)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Lorsqu'on est témoin d'un génocide, il ne suffit pas d'éviter l'actualité (Pranav Jeevan P)
  • Fox s'associe à Polygon Labs pour lutter contre la méfiance à l'égard des deepfakes (TechCrunch)
  • Les partis politiques et les candidats ont recours à des poursuites judiciaires pour faire taire les journalistes pendant les élections : une tendance croissante au Brésil (LatAm Journalism Review)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • La Commission européenne se penche sur l'alliance Microsoft-OpenAI (Les Echos)
  • L'Ofcom débauche le personnel des grandes entreprises technologiques pour faire appliquer les nouvelles règles de l'internet (Financial Times)
  • Le Conseil de l’Europe a publié ses lignes directrices sur l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le journalisme (Conseil de l’Europe)

JOURNALISME

  • Tendances des médias d'information pour 2024 : L'IA, Whatsapp, les newsletters et la vidéo parmi les domaines de prédilection (PressGazette)
  • Un bouleversement surprise au Los Angeles Times (Poynter)
  • Chez “Libé”, débat tendu autour du traitement de la guerre à Gaza (Arrêt sur Images)
  • L'assassinat sans précédent de journalistes affecte la couverture de Gaza (New Lines Magazine)
  • NBC News procède à des licenciements (Deadline)
  • Le trafic du Washington Post a chuté de plus de 50 % au cours des dernières années (Puck)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Eric Newcomer, auteur de Substack, déclare que ses revenus ont dépassé le million de dollars en 2023 (Axios)

ENVIRONNEMENT 

  • L'éditeur spécialisé dans le climat “The Cool Down” trouve sa rentabilité après l'ajout de publicités (AdWeek)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Fox s'associe à Polygon Labs pour lutter contre la méfiance à l'égard des deepfakes (TechCrunch)
  • Comment Google a perfectionné le web (The Verge)
  • Twitch va interdire les personnes qui font semblant d'être nues (The Verge)
  • Discord licencie 17 % de ses employés (The Verge)
  • Pourquoi Platformer quitte Substack (Platformer)
  • Google licencie des centaines de personnes travaillant sur son assistant à commande vocale (Semafor)
  • Twitter a temporairement suspendu les comptes de plusieurs journalistes, dont certains critiques à l'égard d'Elon Musk (The New Republic)
  • Pourquoi MrBeast rejette Elon Musk (Wall Street Journal)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Peacock se lance dans l'inconnu en diffusant un match éliminatoire de la NFL (New York Times)
  • Le télétexte perdure en Suède grâce à la nostalgie et au contenu fiable (The Guardian)
  • Netflix supprime plus de 100 émissions dans le cadre d'un changement de programmation majeur (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • La nouvelle politique de streaming de Spotify aurait rendu 152 millions de chansons inéligibles à une compensation l'année dernière (Bloomberg)
  • Le studio de podcasts Nouvelles Écoutes se recentre sur son offre payante de documentaires et enquêtes (Télérama)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Les premiers ETF Bitcoin approuvés par les régulateurs américains (The Verge)
  • Les pédophiles utilisent de mieux en mieux les crypto-monnaies pour brouiller les pistes (The Wired)
  • Une fille aurait été violée dans le métavers. Est-ce le début d'un sombre avenir? (The Guardian)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • OpenAI déclare que les poursuites engagées contre elle par le New York Times sont "sans fondement" (New York Times)
  • Accord aux Etats-Unis sur le clonage des voix dans les jeux vidéo (Los Angeles Times)
  • L’affiche de Roland-Garros 2024 a été réalisée avec Midjourney (Numérama)
  • L'IA générative a un problème de plagiat des images (IEEE Spectrum)
  • Ces applications alimentées par l'IA peuvent entendre la cause d'une toux (MIT Technology review)
  • OpenAI fait signer 260 entreprises pour la version entreprise de ChatGPT (Bloomberg)
  • Alexa d'Amazon se dote de nouvelles expériences génératives alimentées par l'IA (TechCrunch)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • CNBC va commencer à vendre des cours payants (Axios)

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

 

The post Liens vagabonds : Face à la chute de trafic en provenance des réseaux sociaux, quelles alternatives pour les médias ? first appeared on Méta-media | La révolution de l'information.

❌
❌