De la BBC au Los Angeles Times jusqu’à Yahoo!, le consultant et chercheur David Caswell martèle une conviction : l’IA va drastiquement bouleverser l’écosystème de l’information et toute résistance est inutile. Seule une poignée de médias traditionnels, prêts à « reculer » pour mieux sauter ont une chance de s’adapter. Quitte à consentir à certains […]
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De la BBC au Los Angeles Times jusqu’à Yahoo!, le consultant et chercheur David Caswell martèle une conviction : l’IA va drastiquement bouleverser l’écosystème de l’information et toute résistance est inutile. Seule une poignée de médias traditionnels, prêts à « reculer » pour mieux sauter ont une chance de s’adapter. Quitte à consentir à certains […]
Hâte de 2026 ? Avant d’embrasser pleinement la nouvelle année, l’équipe de Méta-Media vous propose une rétrospective des informations à retenir du monde des médias de l’année passée. Post-réalité, Journalism Trust Initiative, Substack où encore un label pour naviguer dans la jungle des réseaux sociaux, voilà une sélection de sujets qui ne manqueront pas de […]
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Hâte de 2026 ? Avant d’embrasser pleinement la nouvelle année, l’équipe de Méta-Media vous propose une rétrospective des informations à retenir du monde des médias de l’année passée. Post-réalité, Journalism Trust Initiative, Substack où encore un label pour naviguer dans la jungle des réseaux sociaux, voilà une sélection de sujets qui ne manqueront pas de […]
Le cinéma est depuis toujours une forme de réalité parallèle, mais avec l’IA, nous entrons dans une ère où cette réalité est littéralement fabriquée de toutes pièces, sans caméra, sans décor, sans acteurs, sans tournage — une réalité synthétique, simulée, émise plutôt que captée. Interview avec Hadrien Gautrot et Ilia Gerber pour comprendre ce nouveau […]
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Le cinéma est depuis toujours une forme de réalité parallèle, mais avec l’IA, nous entrons dans une ère où cette réalité est littéralement fabriquée de toutes pièces, sans caméra, sans décor, sans acteurs, sans tournage — une réalité synthétique, simulée, émise plutôt que captée. Interview avec Hadrien Gautrot et Ilia Gerber pour comprendre ce nouveau […]
Après l’emballement, le discernement ? Bien que l’IA offre un potentiel d’automatisation et de personnalisation, Nic Newman, co-auteur du Reuters Institute Digital News Report, souligne que son rôle reste limité par rapport à l’ensemble des tâches journalistiques. Le chercheur examine également les divers sentiments au sein des médias, les défis à relever et les implications […]
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Après l’emballement, le discernement ? Bien que l’IA offre un potentiel d’automatisation et de personnalisation, Nic Newman, co-auteur du Reuters Institute Digital News Report, souligne que son rôle reste limité par rapport à l’ensemble des tâches journalistiques. Le chercheur examine également les divers sentiments au sein des médias, les défis à relever et les implications […]
La presse mainstream se trouve à un tournant décisif. À mesure qu'Internet et les réseaux sociaux redéfinissent les contours de l'information, des voix influentes, comme celle de Taylor Lorenz, interrogent le rôle et la pertinence des médias traditionnels. Ancienne journaliste tech au Washington Post, la spécialiste de la “creator economy” a choisi de quitter le navire vieillissant pour se lancer en solo sur Substack. Son projet ? User Magazine, une newsletter consacrée à « couvrir la technolog
La presse mainstream se trouve à un tournant décisif. À mesure qu'Internet et les réseaux sociaux redéfinissent les contours de l'information, des voix influentes, comme celle de Taylor Lorenz, interrogent le rôle et la pertinence des médias traditionnels. Ancienne journaliste tech au Washington Post, la spécialiste de la “creator economy” a choisi de quitter le navire vieillissant pour se lancer en solo sur Substack. Son projet ? User Magazine, une newsletter consacrée à « couvrir la technologie du point de vue de l'utilisateur ».
Dans cette quête d'indépendance, elle rejoint un nombre croissant d'ex-journalistes "stars" des médias traditionnels devenus indépendants : Olivier Darcy, ancien rédacteur de CNN, a récemment lancé Status, une newsletter par abonnement. Jeremy Scahill et Ryan Grim, tous deux de The Intercept, ont quant à eux créé Drop Site News.Pour la spécialiste de la culture numérique, cette liberté enfin acquise signifie s’affranchir d’une hiérarchie devenue trop pesante, « d’institutions qui se préoccupent davantage des apparences que de défier le pouvoir », ainsi que des politiques restrictives du Washington Post concernant les réseaux sociaux de ses employés.
Ce qui la guide, au-delà d’une volonté de se défier de conventions qui lui paraissent dépassées ?La volonté de pouvoir couvrir internet comme elle le souhaite, c’est-à-dire comme un outil culturel majeur, au-delà d’une simple innovation technologique. « Les médias traditionnels ont du mal à couvrir internet de manière significative. Ils s’en détournent souvent », pointe-t-elle dans une récente interview. « Ces institutions ont été conçues pour une époque différente où les informations étaient plus lentes, plus centralisées, et où quelques garde-fous pouvaient contrôler le récit ». Avec déjà plus de 39 000 abonnés inscrits à sa newsletter, la créatrice de contenus - elle se définit aussi de cette manière - prouve qu'il existe une demande croissante pour ce type d’approche . Son travail se concentre sur la nouvelle génération de créateurs qui utilisent TikTok, Instagram, et YouTube comme outils pour créer leur propre culture.
En France, la situation n'est guère différente. Les médias traditionnels semblent souvent englués dans des approches obsolètes. « On explique les enjeux liés au numérique de manière économique, superfétatoire ou fantasmée », constate François Saltiel, journaliste média. L'absence de programmes dédiés aux enjeux technologiques crée un vide que de nouvelles voix pourraient combler. Selon un rapport de l'Arcom de mars 2024, 62 % des Français s'intéressent aux questions technologiques et scientifiques, devançant ainsi l'économie, le sport, la politique et les célébrités.
Un futur à redéfinir
Les institutions peuvent-elles réinventer leur approche face à des sujets aussi évolutifs et techniques ? En se concentrant davantage sur la technologie que sur les utilisateurs, elles risquent de passer à côté de l'essentiel : comprendre comment Internet influence et façonne notre culture. Comme l'affirme le journaliste américain Jeff Jarvis : « Une grande partie de la presse reste focalisée sur les grandes entreprises technologiques, leurs dirigeants souvent masculins, et leurs algorithmes, perçus comme des boîtes noires mystérieuses que les journalistes ont du mal à expliquer. Cela pourrait sembler aussi absurde que de parler du télégraphe en termes d'étincelles, de la radio en termes d'ondes, ou de la télévision en termes de pixels. Ces technologies sont importantes non pas pour leur fonctionnement, mais pour la manière dont elles nous aident à communiquer, à innover, à créer ou à détruire. Il est donc essentiel d’aborder Internet sous des angles culturel, politique, économique, éducatif et environnemental. »
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Le niveau de confiance dans les médias varie selon l'affiliation politique, selon une étude ObSoCo, Fondation Jean-Jaurès et ARTE (Fondation Jean Jaurès)
Qui fait des podcasts en France… et qui en vit ? Une étude à l’écoute de ce métier précaire (Télérama)
Le gouvernement étudie une pérennisation de la vidéosurveillance algorithmique (Le Monde)
LVMH prend le contrôle de « Paris Match », après des années de convoitise (Le Monde)
Télévision : pourquoi la numérotation peut relancer la guerre des chaînes d'info (Les Echos)
Ce que révèlent cinq années de traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles (INA)
Dov Alfon actualise son plan stratégique pour Libération (La Lettre)
Procès du “Canard enchaîné” : six journalistes se portent partie civile aux côtés de Christophe Nobili (Télérama)
3 CHIFFRES
Près d'un tiers des 171 messages postés la semaine dernière par Elon Musk, le propriétaire de l'X, étaient faux, trompeurs ou manquaient d'un contexte essentiel (New York Times)
OpenAI lève 6,6 milliards de dollars lors de la plus grande levée de fonds en capital-risque de l'histoire (Axios)
46 % des adultes américains déclarent avoir été confrontés à une arnaque ou à une cyberattaque (Axios)
Les milliardaires pro-Trump de la Silicon Valley vont-ils avoir la peau de la démocratie ? (Télérama)
Vos échanges avec le chatbot pourraient être une mine d'or pour les entreprises d'IA (The Atlantic)
Mark Zuckerberg peut-il s'élever au-dessus de la mêlée politique américaine ? (Financial Times)
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
Les acteurs au UK perdent des revenus face à l'IA, selon une étude du CREATe (Centre de Régulation de l'Économie Créative à l'Université de Glasgow). Près d'un quart des personnes interrogées ont été sollicitées pour fournir des images ou des enregistrements audio afin de créer un sosie numérique visuel ou sonore. Huit pour cent ont vu un sosie numérique créé sans leur consentement (Advanced Television)
Meta Movie Gen, générateur de vidéo, sons et musique d'ambiance synchronisée, entraîné sur 100 millions de vidéos, 1 milliard d'images (sources non précisées) (Meta)
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION
La lutte pour la vérité commence : la BBC dévoile les coulisses du combat contre la désinformation (BBC)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
Audiovisuel public : la gauche pousse pour le retour d’une redevance (Télérama)
JOURNALISME
Reuters et CNN deviennent les derniers médias à faire payer l'accès aux actualités en ligne (WSJ)
Le New York Times lance une application mobile entièrement remaniée (Hollywood Reporter)
L'interview de Boris Johnson par la BBC a été annulée après l'envoi par mégarde de notes de briefing sur l'entretien de l'ancien Premier ministre (The Guardian)
CNN a demandé une interview avec Melania Trump. Son éditeur a demandé 250 000 $ en échange (CNN)
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
Substack s’impose comme le nouveau refuge anticonformiste du journalisme de design (Financial Times)
Comment la campagne de Kamala Harris a finalement fait fonctionner la stratégie de mèmes de Biden (Bloomberg)
Les YouTube Shorts deviennent moins courts (The Verge)
ENVIRONNEMENT
Le sommet français sur l'intelligence artificielle sera axé sur l'impact environnemental des technologies énergivores (The Guardian)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
Plus de 9 000 pages frauduleuses sur Facebook supprimées après que des Australiens aient perdu 43,4 millions de dollars à cause de deepfakes de célébrités (The Guardian)
À l'intérieur du chaos de la nouvelle téléréalité de MrBeast (Rolling Stone)
Apple vient-il de tuer les applications sociales ? (NYT)
Pourquoi Threads s'ouvre à d'autres réseaux sociaux (Washington Post)
MrBeast acquiert une startup visant à devenir le LinkedIn de l'économie des créateurs (Business Insider)
STREAMING, OTT, SVOD
Le câble est en train de mourir. Le streaming devient le nouveau câble. Et tout empire (Washington Post)
Apple revoit à la baisse ses grands projets de sortie de films au cinéma (Bloomberg)
AUDIO, PODCAST, BORNES
Les podcasts de discussion dominent le marché — et le feront toujours (Wired)
Votre prochaine interview de podcast pourrait en réalité être une réunion déguisée (Bloomberg)
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
L'IA Copilot de Microsoft se dote d'une voix, de la vue et d'un persona « Hype Man » (Wired)
Le responsable de l'IA de Microsoft veut que Copilot apporte un « soutien émotionnel » à Windows et à Office (Wired)
OpenAI veut que toutes vos applications utilisent ses voix expressives d'IA (Washington Post)
Facebook est inondé d'images générées par l'IA montrant la dévastation causée par l'ouragan Helene (Futurism)
Microsoft commence à rémunérer les éditeurs pour leurs contenus mis en avant par Copilot (TechCrunch)
Microsoft arrête le HoloLens 2 sans successeur en vue (TechCrunch)
OpenAI ouvre son moteur d'IA vocale aux développeurs (Axios)
En Corée du Sud, la pornographie deepfake ruine la vie des femmes (Associated Press)
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
Comment Axios a augmenté ses revenus publicitaires pré-réservés en ciblant des audiences de niche (Digiday)
Amazon va augmenter le nombre de publicités sur Prime Video (Financial Times)
Les résumés de recherche générés par l'IA de Google affichent désormais des publicités (The Verge)
Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah
YouTube à la conquête de la télé - Lors de son événement Made On YouTube du mercredi 18 septembre, la plateforme de Google a dévoilé un plan ambitieux de transformation. Ce remaniement s’appuie sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’introduction de nouvelles fonctionnalités conçues pour séduire créateurs et utilisateurs, tout en accentuant la pression sur ses rivaux dans le marché du streaming.
« YouTube est la plus grande chaîne de télévision au monde et un acteur clé de l’écosy
YouTube à la conquête de la télé - Lors de son événement Made On YouTube du mercredi 18 septembre, la plateforme de Google a dévoilé un plan ambitieux de transformation. Ce remaniement s’appuie sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’introduction de nouvelles fonctionnalités conçues pour séduire créateurs et utilisateurs, tout en accentuant la pression sur ses rivaux dans le marché du streaming.
« YouTube est la plus grande chaîne de télévision au monde et un acteur clé de l’écosystème télévisuel. Contrairement à TikTok ou Facebook, YouTube est présent sur les téléviseurs de salon », avait déjà déclaré Evan Shapiro, cartographe de l'écosystème médias, lors d’un débat sur les prévisions 2024 pour le secteur des écrans, à la Royal Television Society à Londres. Malgré les prédictions concernant sa disparition, la télévision reste une composante majeure dans de nombreux foyers à travers le monde, et YouTube s’y implante de plus en plus. 60 % des enfants âgés de 4 à 15 ans au Royaume-Uni regardent YouTube régulièrement sur leur télévision connectée, selon des données de Barb.
Ce repositionnement de YouTube en tant que chaîne de télévision marginalise progressivement les autres plateformes de streaming. En août, selon Nielsen, YouTube représentait 10,6 % du temps de visionnage sur les télévisions connectées, contre 7,9 % pour Netflix et 3,1 % pour Prime Video. Pour Robyn Summer, directeur commercial à l'agence marketing Essence Mediacom, YouTube pourrait même dépasser Netflix en termes d'audience quotidienne moyenne d'ici décembre 2024.
introducing fresh features to supercharge your creativity, community & business, including:
AI-powered tools to ignite your imagination deeper ways to connect with *your* people fun new opportunities to make money pic.twitter.com/0V2yWolR11
Dans cette même dynamique, YouTube introduit les « Creator Show Pages », une nouveauté qui s'inspire de la mise en page des plateformes comme Netflix ou Prime Video. D’après le vice-président des produits chez Youtube, cette fonctionnalité permettra aux consommateurs de « voir clairement l’intégralité d’une saison, ce qui pourrait les inciter à continuer à regarder ou même à télécharger la saison entière avant un vol ». Cette nouveauté s’ajoute aux avantages déjà mis en place pour optimiser l’impact des créateurs et faciliter leur portée. La place de Youtube sur les téléviseurs permet aux créateurs de considérer leur programmation, leur contenu et leurs investissements dans leurs communautés avec la même perspective que les médias traditionnels.
L'adoption de l'IA est bien sûr un élément crucial dans ce "pivot to tv". L'un des outils phares permet aux créateurs de recevoir des suggestions de concepts de vidéos, des titres, des miniatures, voire même un plan et les premières lignes du script. Le modèle vidéo de DeepMind, « Veo », désormais intégré à YouTube Shorts, sera principalement utilisé dans la fonctionnalité « Dream Screen », qui révolutionne l’écran vert en générant des arrière-plans virtuels. De plus, un nouveau bouton « Hype » placé à côté du bouton “like” permettra aux spectateurs de soutenir leurs créateurs favoris d’un simple clic, le faisant grimper dans un classement des vidéos les plus populaires. « YouTube semble convaincu que l'IA peut simplifier presque toutes les facettes du travail des créateurs — et peut-être les inciter à produire encore plus de contenu », relate The Verge.
Malgré ces avancées technologiques prometteuses, YouTube fait encore face à des défis majeurs. Selon Les Echos, le géant de la vidéo en streaming peine encore à s'imposer comme la plateforme privilégiée pour la diffusion de programmes à gros budget. « Il faut un énorme volume de vues pour couvrir les coûts. La plupart des youtubeurs dépendent d'autres sources de revenus en plus des recettes publicitaires ». La prolifération des vidéos générées par l’IA pourrait exacerber cette problématique en rendant la compétition encore plus féroce. Dans une course où l'innovation ne laisse aucune place à l'hésitation, YouTube se prépare non seulement à consolider sa domination, mais à redéfinir les règles du jeu.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Streaming : Arte multiplie les partenariats de distribution pour sa plateforme (Les Echos)
La Poste sur le point d’abandonner les tarifs spéciaux pour la presse ? (Phrases)
Le JDNews, nouveau magazine d’actualité lié au JDD, sort en kiosque ce mercredi (Le Parisien)
En 2024, seulement 26 % des Américains déclarent obtenir souvent ou parfois des informations via des supports imprimés, d’après le Pew Research Center.
94 % des personnes estiment que les journalistes devraient expliquer leur utilisation de l'IA, selon Trusting News.
À l'ère où les réseaux sociaux dictent la guerre des idées, un duel impitoyable éclate entre Elon Musk et le juge Alexandre de Moraes, l'un des procureurs les plus agressifs au monde contre la désinformation : qui, des géants de la tech ou des États, contrôle vraiment l'avenir de nos démocraties ? Leur conflit a pris une tournure décisive lorsque Moraes a ordonné la suspension de X (anciennement Twitter) au Brésil le samedi 31 août. Liée au refus de Musk de bloquer des comptes accusés de désinf
Mais en attendant, le discours sur la liberté d'expression semble avoir changé de camp. The Economistremarque que « ce qui a changé, c'est qu'aujourd'hui les objections les plus bruyantes à la répression de la liberté d'expression viennent de la droite, comme Elon Musk, le patron de X, tandis que de nombreux libéraux autoproclamés applaudissent ce qu'ils considèrent comme un coup porté contre les milliardaires soutenant Trump. »
Pour la politologue Asma Mhalla, le bras de fer entre Elon Musk et Alexandre de Moraes ainsi que l'arrestation de Pavel Durov (fondateur de Telegram) illustrent une réalité contemporaine préoccupante : les réseaux sociaux sont devenus des "espaces géopolitiques de luttes informationnelles". Ils ne sont plus de simples plateformes d’échange ou de divertissement, mais des champs de bataille où s’affrontent des idéologies, des nations et des intérêts privés. Asma Mhalla souligne que les Big Data, ces entreprises qui contrôlent la collecte et la gestion des données mondiales, sont désormais des acteurs politiques, idéologiques et même militaires.Qui décide de ce qui est considéré comme acceptable ou non dans les discussions publiques ? Sur quels critères ? Quels intérêts ces décisions servent-elles réellement ?
There will almost certainly be some outages and performance issues. We've never seen traffic like this. Hang with us!
Cette situation pose la question fondamentale : comment trouver l’équilibre entre la protection de la souveraineté nationale et le pouvoir des entreprises technologiques transnationales ? Dans ce nouvel ordre numérique, la ligne entre défense de la démocratie et censure devient de plus en plus floue. Le défi pour les démocraties sera de concilier la liberté d'expression, la lutte contre la désinformation et la préservation de leur souveraineté face à l'influence croissante des géants de la tech.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Podcasts : ETX Majelan accélère dans l'audio à destination des professionnels (Les Echos)
Le Groupe Le Monde entérine dans ses statuts la mise à jour de sa charte d’éthique et de déonologie (La Correspondance de la Presse)
Le JT de 20 heures France 2 va être allongé pour durer une heure (Le Monde)
Xavier Niel est entré au board de ByteDance (maison-mère de TikTok) (The Information)
Le « binge-watching », ou le besoin immémorial de s’immerger dans la fiction (The Conversation)
L’entraînement de l'IA constitue une violation des droits d'auteur (Diskurs)
Les YouTubeurs sont presque trop faciles à duper (Pas étonnant que la Russie trouve ses idiots utiles parmi ceux qui sont extrêmement actifs en ligne) (The Atlantic)
Illustration : Aaron Fernandez - The New York Times.
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
La désinformation de gauche est en plein essor (New York Times)
Yle doit faire face à des changements structurels et à d'importantes réductions budgétaires (Public Media Alliance)
X, le réseau social de Musk, cède aux exigences de l'UE sur la protection des données liées au scraping de Grok AI (Bloomberg)
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION
Vous voulez lutter contre la désinformation ? Apprenez aux gens comment fonctionnent les algorithmes (NiemanLab)
Un vaste réseau pro-Narendra Modi utilise l'IA et des faux comptes pour saper le Pakistan (NewsGuard)
Le réseau d'influenceurs de droite Tenet Media aurait diffusé de la désinformation russe (Wired)
Le YouTuber conservateur Benny Johnson. Photo-Illustration : Wired ; Getty.
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'UE adhèrent au traité de haute sécurité sur l'IA du Conseil de l'Europe (TechCrunch)
Selon la CNIL irlandaise, X a accepté de manière définitive de suspendre l'apprentissage de son IA Grok avec les données des utilisateurs européens (Data Protection)
Internet Archive perd son appel dans une affaire majeure de droits d'auteur (Wired)
La détention pendant près de 24 heures d'un journaliste britannique sous la loi antiterroriste suscite des condamnations (PressGazette)
JOURNALISME
De plus en plus de journalistes quittent les grandes villes et découvrent l'Amérique (Columbia Review)
The Economist propose Espresso, son application d'actualités quotidienne en format court, gratuitement pour les étudiants du monde entier (The Economist)
La famille Murdoch se dispute secrètement la succession. Des médias demandent à un tribunal de rendre l'affaire publique (CNN Business)
La collaboration permet de préserver le journalisme indépendant au Venezuela (NiemanLab)
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
Les studios adoptent la 'culture des créateurs et des mèmes' alors que des films comme Twisters et Beetlejuice Beetlejuice intègrent des mèmes dans leur marketing (Digiday)
Un journal britannique a lancé une émission de débat politique qui a généré plus de 30 millions de vues sur YouTube (Press Gazette)
Netflix tente de vous rendre accro à la télé-réalité avec un meilleur doublage (Wall Street Journal)
Avec son application Narae, Mondadori veut convertir les lectrices de romance aux «webnovels» (Le Figaro)
Bannière ou pas bannière : la fonction 'Open to Work' de LinkedIn met certains chercheurs d'emploi mal à l'aise. Mais peut-elle vraiment vous aider à décrocher un poste ? (Business Insider)
Illustration : Matt Harrison Clough pour BI.
ENVIRONNEMENT
Il y a un angle possible sur le changement climatique dans chaque sujet de presse (Poynter)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
Apple a contribué à faire annuler une partie d'un projet de loi sur la sécurité des enfants (Wall Street Journal)
La Silicon Valley a soutenu Harris pendant des décennies. Rendra-t-elle la pareille ? (Washington Post)
Pas d'écrans avant deux ans, recommande l'autorité de santé suédoise aux parents (The Guardian)
TikTok élargit ses ressources pour les élections avant novembre (New York Times)
TikTok aide à attirer les utilisateurs au cinéma, selon une étude (Hollywood Reporter)
L'extrême droite allemande panique devant Telegram (Wired)
STREAMING, OTT, SVOD
“C’est une période très difficile à Hollywood” : le monde des scénaristes se réduit (The Guardian)
Le dirigeant de Sony parie sur le contenu original (Financial Times)
YouTube développe des outils de détection de l'IA pour la musique et les visages, ainsi que des contrôles des créateurs pour la formation à l'IA (TechCrunch)
Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT
Le crypto-business de Trump : Cela pourrait-il créer des problèmes s'il remporte l'élection ? (Euronews)
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
L’IA générative peut amplifier les faux souvenirs (MIT)
Les écoles coréennes en proie à la crise des deepfakes pornographiques (BBC)
Canva affirme que ses fonctionnalités d'IA justifient l'augmentation de prix de 300 % (The Verge)
L'arrestation de Pavel Durov marque une première historique dans le monde de la technologie. Le 24 août, le PDG de l’application Telegram, a été arrêté à l’aéroport du Bourget, à Paris. Une information judiciaire est ouverte contre le milliardaire franco-émirati par le pôle cyber du parquet de Paris. Parmi les six chefs d'accusation, on reproche au dirigeant tech une « complicité de diffusion en bande organisée d’images de mineur présentant un caractère pornographique ». En cause, l’absence qu
L'arrestation de Pavel Durov marque une première historique dans le monde de la technologie. Le 24 août, le PDG de l’application Telegram, a été arrêté à l’aéroport du Bourget, à Paris. Une information judiciaire est ouverte contre le milliardaire franco-émirati par le pôle cyber du parquet de Paris. Parmi les six chefs d'accusation, on reproche au dirigeant tech une « complicité de diffusion en bande organisée d’images de mineur présentant un caractère pornographique ». En cause, l’absence quasi-totale de modération et de coopération avec les autorités judiciaires françaises. La France surveille Telegram de près depuis que le réseau a été utilisé pour la coordination des attaques terroristes de Paris en 2015. Pour Wired, « Pavel Durov est le premier de sa génération de fondateurs de grandes plateformes à faire face à de telles conséquences sévères ». Ce cas pourrait créer un précédent pour toute l'industrie.
Pourquoi Pavel Durov, le 'Robin Hood' d'Internet, est-il arrêté ?
Telegram, "ledark web de poche" qui revendique 900 millions d’utilisateurs dans le monde, est critiqué pour avoir laissé prospérer des groupes diffusant des images pédopornographiques, des fausses informations, et des contenus criminels. Contrairement à d'autres réseaux sociaux, Telegram ne coopère pas par exemple avec des organisations telles que le National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), qui centralise la plus grande base de données mondiale de contenus pédopornographiques. Cette non-coopération avec les demandes de suppression de contenus et les réquisitions judiciaires fait de Telegram une plateforme à part : « Parmi les dirigeants des plus grands réseaux sociaux, Pavel Durov a toujours été un outsider »,observe Wired. Contrairement à ses pairs, comme Mark Zuckerberg de Facebook ou Shou Zi Chew de TikTok, il a refusé de répondre aux convocations des autorités pour s'expliquer sur sa politique de gestion de contenu.
Telegram abides by EU laws, including the Digital Services Act — its moderation is within industry standards and constantly improving.
Telegram's CEO Pavel Durov has nothing to hide and travels frequently in Europe.
It is absurd to claim that a platform or its owner…
Telegram, dont la santé financière repose essentiellement sur la crypto-monnaie, se positionne en "outsider" en affirmant ne pas être soumis aux mêmes règles de modération que les autres grands réseaux sociaux. En effet, la plateforme considère qu'elle n'est pas concernée par le Digital Services Act (DSA), la loi européenne qui oblige les plateformes de plus de 45 millions d'utilisateurs actifs à lutter contre les contenus illégaux sous peine de sanctions. Le DSA impose des règles telles que l'interdiction de cibler les publicités selon la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle, la transparence sur la lutte contre la désinformation, et de nouvelles protections pour les mineurs.
Telegram déclare officiellement avoir 41 millions d'utilisateurs actifs en Europe, juste en dessous de ce seuil. Cependant, des responsables de l'UE soupçonnent l'application d'avoir sous-estimé ce chiffre pour éviter d'être classée parmi les « très grandes plateformes ». En ne fournissant pas un chiffre actualisé ce mois-ci, Telegram se trouve déjà en infraction avec le DSA, note The Financial Times.
L'affaire est aussi hautement politique, avec un accusé qui détient les nationalités de quatre puissances mondiales. Il y a six ans, selon le Wall Street Journal,Emmanuel Macron avait tenté de convaincre Durov de déplacer Telegram à Paris et lui a offert la nationalité française. Bien que Durov a depuis reçu le cadeau de la nationalité française (tout comme Evan Spiegel, patron de Snapchat), le siège de Telegram se trouve actuellement à Dubaï. La Russie, de son côté, prétend ne pas être au courantd'autres nationalités détenues par son ressortissant (également fondateur de VKontakte, le Facebook russe), et défend l'application de messagerie la plus populaire du pays dans un élan qui réunit gouvernement et opposition politique. Et en Ukraine, où Telegram bénéficie de la même popularité, on se demande toujours si est-elle un cheval de Troie russe.
Enjeux pour les autres plateformes
Cette affaire pourrait créer un précédent significatif pour d'autres plateformes numériques. Evelyn Austin, de la fondation Bits of Freedom, déclare : « L’arrestation de Durov intervient à un moment particulièrement volatile pour les plateformes en ligne et leurs utilisateurs. » L'idée que les entreprises puissent être tenues responsables des actions criminelles de leurs utilisateurs gagne du terrain. Un sondage récent au Royaume-Uni montre que deux tiers des personnes interrogées estiment que les entreprises tech devraient être tenus responsables d'héberger du contenu incitant à la violence.
Selon Casey Newton, journaliste spécialisé dans les technologies, la poursuite éventuelle de Telegram par la France pourrait encourager d'autres pays à adopter des mesures similaires contre les dirigeants de plateformes pour non-divulgation des données des utilisateurs. « Nous nous sommes déjà dangereusement rapprochés de cette réalité », avertit-il. « L'Inde et la Russie ont été parmi les premiers pays à utiliser des « lois de prise d'otage » pour menacer les employés des plateformes de prison en raison de décisions de modération de contenu, et d'autres pays pourraient suivre. »
Un changement de paradigme pour l'industrie numérique ?
L'arrestation de Pavel Durov (qui a été libéré sous caution de 5 millions d'euros mercredi) marque un tournant dans la façon dont les gouvernements traitent les plateformes numériques, en soulignant une volonté croissante de tenir les dirigeants responsables de la diffusion de contenus illégaux. À l'heure où l'équilibre entre liberté d'expression et sécurité en ligne est de plus en plus débattu, cette affaire représente un test pour Telegram et pour toutes les autres entreprises technologiques.
En attendant, Marc Zuckerberg se retrouve de l'autre côté du mirroir de la censure, en avouant cette semaine que Meta a cédé aux pressions de l'administration Biden pour censurer du contenu sur le COVID-19 en 2021.
BREAKING: ZUCKERBERG REGRETS CAVING TO BIDEN'S CENSORSHIP DEMANDS, CUTS DEM FUNDING
Mark Zuckerberg, in a bombshell letter to House Judiciary Chairman Jim Jordan, expresses deep regret over Meta's compliance with Biden Administration pressure to censor COVID-19 content in… pic.twitter.com/FPXdFWd55n
Près de la moitié des utilisateurs de TikTok âgés de moins de 30 ans déclarent l'utiliser pour se tenir au courant de la politique et de l'actualité, selon le Pew Research Center.
56 % des utilisateurs ont déjà cessé de suivre un créateur à cause de ses opinions politiques. Pourtant, 82 % des influenceurs américains prévoient de partager leur orientation politique durant cette période électorale, selon Business Insider.
4 500 années-développeur et 260 millions de dollars - c'est ce que l'IA générative aurait déjà fait économiser à Amazon, selon son directeur
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Deux tiers des Britanniques estiment que les entreprises tech devraient être tenues responsables des publications incitant aux émeutes
Brésil : le réseau social X bloqué après un ordre de la Cour suprême (AP)
Sarah Palin obtient un nouveau procès dans l'affaire de diffamation contre le New York Times (Reuters)
OpenAI soutient le projet de loi californien sur l'IA exigeant le 'filigrane' du contenu synthétique (Reuters)
JOURNALISME
Comment le journalisme est devenu la profession la plus dangereuse au Mexique (Financial Times)
Lors de la Mostra de Venise, le manque d'accès aux vedettes de cinéma laisse les journalistes internationaux frustrés (Variety)
Écart générationnel, rhétorique militaire et polarisation : ce qui doit changer dans le journalisme sportif italien (The Fix)
Un conseiller en sécurité de Reuters tué, deux journalistes blessés à Kramatorsk, en Ukraine (Reuters)
"Le point de non-retour" : la chute de Stand News, autrefois principal média en ligne de Hong Kong (Reuters)
Les lecteurs préfèrent cliquer sur un titre clair et simple, comme celui-ci (NiemanLab)
Crédit image : NiemanLab
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
Cet agrégateur de nouvelles/application de rencontre aide les passionnés d'actualité à se rencontrer (NiemanLab)
Est-ce que nous faisons fondre notre cerveau en faisant défiler des vidéos courtes sans fin ? (Sophia Smith Galer)
ENVIRONNEMENT
Le gouvernement Albanese accusé d’essayer d’‘enterrer les mauvaises nouvelles’ concernant l’état de santé de la Grande Barrière de Corail (The Guardian)
La longue bataille du climat dans les pages du « Monde » (Le Monde)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
Si TikTok est interdit, les créateurs de haut niveau pourraient se tourner vers Facebook plutôt que vers Instagram (emarketer)
La lutte de marques autour de ‘Demure’ révèle un changement massif dans le pouvoir des mèmes (Wired)
Pizza Hut permet aux clients de payer leur pizza avec des danses TikTok (gizmodo)
Que nous réserve l’avenir ? Méta-Media a choisi pour vous une série de podcasts pour explorer cette question. Profitez de l'été pour ouvrir vos écoutilles !
Le code a changé
“Le cinéma qui aime tant exhiber ses prouesses techniques est peu bavard sur ces outils qui rendent les gens plus beaux”. Dans le podcast Le code a changé, le journaliste Xavier de La Porte explore l'usage croissant de l'intelligence artificielle pour retoucher les visages des actrices à l'écran. Lisser les traits, effacer
Que nous réserve l’avenir ? Méta-Media a choisi pour vous une série de podcasts pour explorer cette question. Profitez de l'été pour ouvrir vos écoutilles !
Le code a changé
“Le cinéma qui aime tant exhiber ses prouesses techniques est peu bavard sur ces outils qui rendent les gens plus beaux”. Dans le podcast Le code a changé, le journaliste Xavier de La Porte explore l'usage croissant de l'intelligence artificielle pour retoucher les visages des actrices à l'écran. Lisser les traits, effacer les cernes, faire disparaître les pores : de plus en plus de stars réclament le recours au 'passe beauty' dans les productions, tant aux États-Unis qu'en France. Désormais, les contrats des actrices intègrent l'utilisation de ce logiciel, capable d'apporter des corrections précises, parfaitement adaptées aux mouvements du visage. Ces outils permettent une retouche bien plus fine que celle réalisée en 2008 pour L'Étrange Histoire de Benjamin Button, film récompensé par l'Oscar des meilleurs effets visuels. Si ces logiciels peuvent effacer les imperfections, ils risquent aussi d'effacer les émotions, et se concentrent presque exclusivement sur les femmes. Ils ciblent principalement les signes de vieillissement féminin, tout en ignorant par exemple l'apparition d'un début de calvitie chez les hommes... Un podcast qui nous invite à voir comment la technologie renforce les injonctions sociétales.
On the Media (OTM)
"On the Media" (OTM) est un podcast américain incontournable pour ceux qui cherchent à comprendre les mécanismes et les enjeux du monde médiatique. Animé par les journalistes Brooke Gladstone et Micah Loewinger, le programme plusieurs fois primé se distingue par sa capacité à décortiquer les complexités médiatiques, allant de la désinformation à l'évolution des mouvements politiques comme le MAGA (Make America Great Again). Par exemple dans l’épisode « How the media created J.D. Vance » du 19 juillet, l'animatrice Brooke Gladstone analyse le rôle des médias dans l'ascension du chouchou et colistier de Donald Trump à la présidentielle. De nombreux sujets sont centrés sur les événements de la semaine précédente et critiquent la manière dont ils ont été couverts par les médias. Cependant, la force d'OTM réside dans sa diversité thématique. Le programme observe à la loupe toute la palette de ce que peut représenter un média en passant par la presse en ligne, la télévision, la radio, les nouveaux médias, Netflix, YouTube, la téléréalité etc. Par exemple, dans l'épisode « Making Fun of Public Radio », Brooke Gladstone s’entretient avec les créateurs de la série télévisée « In the Know », une parodie de NPR (National Public Radio). La série qui met en scène des marionnettes un peu loufoques n’est pas sans rappeler les « Guignols de l’info » diffusé en France jusqu’en 2018. Le but de l’épisode est de décrypter les raisons pour lesquelles la radio publique est un terrain si fertile pour la satire. OTM permet donc à ses auditeurs de naviguer dans l’océan tumultueux de l’information avec un œil plus avisé. Le petit plus ? Des ressources supplémentaires sont toujours données en complément de l’émission pour aller plus loin.
Silicon Carne
Avec son slogan « un peu de picante dans la Tech », « Silicon Carne » se distingue par son ton décalé et son approche sans filtre des sujets brûlants de l'industrie technologique. Carlos Diaz, entrepreneur basé à San Francisco, combine une perspective d'initié avec une critique acérée, offrant un décryptage rafraîchissant des tendances et des innovations. Chaque épisode, teinté d'humour et de sarcasme, aborde des thèmes variés : des impacts des géants de la tech sur nos vies au bullshit du métavers, en passant par le Bitcoin et la situation socioéconomique à la Silicon Valley, entre burn-out et "Great Resignation". L’animateur accompagné de ses invités apporte son regard critique sur des sujets d’actualité comme le procès d’Elon Musk contre OpenAI, le bannissement de TikTok aux États-Unis, ou le lancement de ChatGPT-4o : « La guerre de l’IA fait rage ici dans la Silicon Valley, » prévient-il.
Les épisodes d'environ une heure traitent les sujets les plus brûlants de la semaine, avec des titres foisonnant d’émojis, pour parfaire la ligne éditoriale décalée. Le message est clair. Ici, on parle de sujets sérieux sans se prendre au sérieux. Par exemple, dans l'épisode « BeReal + Voodoo Du rififi entre OpenAI et Microsoft Musk touche sa prime », « Silicon Carne » explore l'acquisition de BeReal par Voodoo pour 500 millions d'euros et les tensions entre OpenAI et Microsoft, ainsi que le bonus controversé de 46 milliards de dollars accordé à Elon Musk, illustrant les dynamiques de pouvoir en cours dans l'industrie. Un must à écouter !
Hard Fork
Le podcast "Hard Fork" diffusé par le New York Times, et animé par Kevin Roose et Casey Newton, est un guide indispensable dans un monde technologique en constante évolution. “Qu’est-ce qui est réel ? Qu’est ce qui est exagéré ?”, se demandent-ils constamment. Chaque semaine, ils offrent une analyse claire des dernières nouveautés tout en critiquant les dérives de l'industrie. Dans leur dernier épisode, ils se penchent sur la hype autour de ChatGPT : sommes-nous dans une bulle IA ? Les patrons de la tech continuent de dépenser, alors que les retours sur investissements sont encore loin. Jim Covello, le chef de la recherche sur les actions de Goldman Sachs, a notamment remis en question le moment ou même la possibilité que l’IA produise suffisamment de bénéfices pour compenser ses coûts astronomiques. Un regard informé et critique.
Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures !
The Power of one - Frances Haugen
Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément
Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures !
The Power of one - Frances Haugen
Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément des informations toxiques et favorisait la violence. Ses révélations, basées sur 22 000 pages de documents internes, ont montré que Facebook était pleinement conscient des dommages qu'il causait.
Après la publication des "Facebook Files", la valeur boursière de l'entreprise a chuté de 75 %, subissant la plus lourde perte en une seule journée jamais enregistrée pour une entreprise américaine cotée en Bourse. Frances Haugen avait rejoint Facebook en 2019, malgré la mauvaise réputation de l'entreprise, dans l'espoir de réduire la désinformation. Elle écrivait alors : “À l’époque, accepter un poste chez Facebook n’apportait aucune valeur ajoutée au CV ; au contraire, cela risquait d’entacher mon image de marque.” Son autobiographie retrace, avec le plus de sincérité possible, son parcours de "nerd", l’absence de considération éthique des boites tech, les risques encourus devant de telles révélations. La lanceuse d’alerte met en garde contre les dangers d'une technologie non régulée et appelle à une plus grande transparence et responsabilité des réseaux sociaux. Elle critique également la dynamique perverse où les compétences acquises par les législateurs sont désormais rapidement récupérées par les géants de la tech avec des offres salariales alléchantes, sapant ainsi les efforts de régulation. Les assistants parlementaires sont ainsi débauchés par les géants de la tech avec des salaires cinq fois supérieurs à ce que leurs sénateurs peuvent se permettre de leur payer… Un récit éclairant sur les “entrailles” de la tech !
Elon Musk - Walter Isaacson
Elon Musk se perçoit comme un « personnage de bande dessinée essayant de sauver le monde », avec des ambitions titanesques et un ego colossal. C’est ce que rapporte Walter Isaacson, qui a suivi l’entrepreneur milliardaire pendant deux ans. Le biographe a ainsi pu observer de près cet « homme capricieux », avec un accès privilégié à certaines réunions, emails et textos de la star de la tech. Il a ainsi été témoin de moments clés tels que le rachat de Twitter, l'explosion en vol de la fusée Starship, et la naissance de plusieurs de ses enfants.
On en retient qu'Elon Musk règne en maître absolu sur ses entreprises. Il impose des réductions drastiques de coûts dans certains domaines tout en insistant pour que d'autres dépenses soient illimitées. Chez Tesla, son obsession pour les détails du design automobile a fait exploser les coûts et vidé la trésorerie de l’entreprise. Lorsqu'il a acquis Twitter, il a licencié 75 % du personnel et s'est réjoui de renvoyer les dirigeants pour les empêcher de percevoir leurs indemnités de départ. Le rachat du réseau social est en partie due à son addiction aux tweets et à son désir de prendre une revanche sur un passé difficile. Ayant été harcelé à l’école en Afrique du Sud, l'entrepreneur souhaitait posséder son « propre terrain de jeu ». Mais comme le souligne le New York Times, « posséder un terrain de jeu ne vous empêchera pas d’être malmené »…
Cette biographie n'est pas une enquête journalistique classique, mais plutôt un exercice d'admiration qui explore les multiples facettes et les démons d’un milliardaire fantasque, qui n’obéit qu’à ses lubies passagères. Divertissant et inquiétant.
Extremely Online : The Untold Story of Fame, Power and Influence on the Internet – Taylor Lorenz
« Je souhaite raconter des histoires qui ont été effacées de l'histoire par Silicon Valley », annonce Taylor Lorenz. Dans son ouvrage, la journaliste tech du Washington Post s'intéresse à un aspect souvent négligé des réseaux sociaux : l'expérience des utilisateurs eux-mêmes. Contrairement à des livres comme Hatching Twitter de Nick Bilton ou No Filter de Sarah Frier, qui se concentrent principalement sur l'aspect corporate des entreprises technologiques, Taylor Lorenz choisit de se pencher sur les individus qui ont façonné et redéfini le paysage des médias sociaux.
L'essai se distingue par son ambition de narrer l'histoire de l'internet social à travers les yeux des utilisateurs, du boom des blogs dans les années 2000 à l'ère de TikTok. La journaliste analyse comment des figures telles que les « mamans blogueuses » ont non seulement influencé le contenu en ligne, mais ont également été des pionnières dans la monétisation de leurs marques personnelles, devenant ainsi les premières influenceuses. « Pendant une grande partie de l'histoire des médias sociaux, Silicon Valley a été extrêmement hostile envers ces utilisateurs influents. Les fondateurs de la tech éprouvaient presque de la rancune face au pouvoir qu'ils exerçaient sur internet. Lorsque la pandémie a éclaté, ils ont commencé à parler de "l'économie des créateurs" comme si c'était quelque chose de nouveau, alors qu'ils l'avaient dénigrée pendant des décennies parce qu'elle était principalement pionnière par des femmes », explique l’ancienne journaliste du New York Times.
Taylor Lorenz explore également comment les adolescents ont réinventé la célébrité à travers des plateformes comme Vine. En mettant en lumière ces acteurs apparemment marginaux, elle révèle comment ils ont perturbé les structures établies du capitalisme moderne, créé de nouveaux secteurs économiques et redéfini les attentes en matière de contenu et de pouvoir.
La journaliste a d’ailleurs appliqué ce qu'elle a observé sur les réseaux sociaux à sa propre promotion. Pour booster la visibilité de son livre, elle a répondu publiquement à un commentaire désobligeant d’Elon Musk : : « En fait, ce qui a vraiment bien fonctionné, c’est quand j’ai répondu à Elon Musk. Il avait dit quelque chose de méchant à mon sujet, et j’ai répliqué en lui suggérant de lire mon livre. Cela m’a rapporté 100 commandes. »
The Anxious Generation – Jonathan Haidt
Chez les jeunes, une crise de la santé mentale est en cours. Jonathan Haidt, dans son livre The Anxious Generation, note une augmentation de 30% des cas de dépression et d’anxiété chez les enfants et les adolescents, qu’il qualifie d' « épidémie de santé mentale ». Selon le psychologue, les parents échouent en surprotégeant leurs enfants dans le monde réel tout en les « abandonnant » dans le monde virtuel.
Dans son essai, le psychologue propose des solutions pour limiter les effets nocifs de la technologie, telles que l’interdiction des smartphones avant le lycée et des réseaux sociaux avant 16 ans. Il compare les écoles sans interdiction de téléphone à une « apocalypse zombie » où les élèves ne communiquent pas.
Cette critique rejoint l’analyse de l’anthropologue David Le Breton dans La fin de la conversation, qui affirme que les smartphones isolent, non seulement les enfants, mais aussi les adultes : « Nous sommes de moins en moins ensemble, mais de plus en plus côte à côte, les yeux rivés sur nos écrans, sans plus nous regarder. On n’a jamais autant communiqué, mais jamais aussi peu parlé ensemble. »
Rien de tel qu’une tentative d’assassinat pour alimenter la machine à rumeurs d'Internet. Samedi 13 juillet, l’attentat contre Donald Trump lors d'un meeting en Pennsylvanie, a déclenché une tempête médiatique dès les premières minutes : USA Today, par exemple, a publié son premier article seulement 19 minutes après les coups de feu, avec un titre initial : « Trump évacué de la scène par les services secrets après des bruits forts qui ont effrayé l'ancien président et la foule ». Sur les réseau
Rien de tel qu’une tentative d’assassinat pour alimenter la machine à rumeurs d'Internet. Samedi 13 juillet, l’attentat contre Donald Trump lors d'un meeting en Pennsylvanie, a déclenché une tempête médiatique dès les premières minutes : USA Today, par exemple, a publié son premier article seulement 19 minutes après les coups de feu, avec un titre initial : « Trump évacué de la scène par les services secrets après des bruits forts qui ont effrayé l'ancien président et la foule ». Sur les réseaux sociaux, les spéculations sur le mobile du tireur foisonnent. Et les théories du complot fleurissent dans un terreau fertile de désinformation. Elon Musk n'a laissé passer qu'environ 30 minutes avant de déclarer son soutien financier pour la campagne présidentielle du candidat républicain. Il n’a fallu que 86 minutes à Dave Portnoy, propriétaire du blog Barstool Sports pour poster un lien vers un T-shirt noir avec l'image d'un Donald Trump ensanglanté le poing levé. La soif de sensationnalisme l'emporte-t-elle sur la véracité des faits ?
Une bataille des récits
À l’ère des réseaux sociaux, ce drame illustre d’abord l’appétit des utilisateurs pour les fake news. Le journaliste Casey Newton constate : « Les réseaux sociaux détestent le vide, et au cours des 48 heures après l’attaque, les utilisateurs de chaque grande plateforme se sont empressés de le combler avec des nouvelles, des commentaires, des analyses, des théories du complot, des fabrications et des blagues ». C’est particulièrement le cas sur X, où la plupart des modérateurs de contenus ont été licencié après le rachat de l’entreprise en 2022. La prudence initiale des médias avant de parler de « tentative d’assassinat » a vivement été critiquée, considérée par certains comme une volonté de tromper, alors que les autorités n’avaient elles-mêmes pas encore confirmé la nature des faits. Elon Musk, par exemple, a twitté au lendemain de l’événement : « Les médias traditionnels sont une pure machine de propagande. X est la voix du peuple » accompagné d’une image montrant plusieurs gros titres de la presse. Un porte-parole du New York Times s’explique : « Les organismes de presse peuvent tolérer les critiques, mais les informations inexactes détruisent leur bien le plus précieux : leur crédibilité ».
L'essor des réseaux sociaux et le déclin parallèle du journalisme traditionnel ont permis de créer ce que la chercheuse Renee DiResta appelle des « réalités sur mesure » : des versions personnalisées de la vérité qui reflètent ce que les gens veulent croire. Ainsi la désinformation ne serait pas liée à des mensonges du gouvernement et de la presse, mais plutôt à l’amour du consommateur pour cette dernière : « Nous sommes mal informés non pas parce que le gouvernement ment systématiquement ou supprime la vérité. Nous sommes mal informés parce que nous aimons la désinformation que nous recevons et nous en voulons toujours plus » expliquait l’année dernière un article du New York Times.
L’écosystème informationnel est-il cassé ?
De son côté, the New Yorker s’indigne : « La tentative d'assassinat d'un ancien président est traitée avec la même légèreté universelle qu'un album pop ou les publicités d'une usine de glycines chinoise ». Les memes internet sont en effet légion depuis l’événement. Un internaute s’amuse même : « vous pensez que les gens dans les années 1800 étaient aussi drôles quand John Wilkes Booth a tiré sur Lincoln ? ». Finalement, les médias ne seraient qu’un rouage d’une grande machine informationnelle qui récompense la rapidité et la provocation : « Il s’agit d’une machine hyper-efficace, vorace, insatiable – qui dévore n’importe quel évènement, quel que soit son ampleur, pour le démanteler jusqu’à ce qu’il ne reste plus de lui qu’une vieille carcasse fatiguée ».
CETTE SEMAINE EN FRANCE
L’Arcom renforce les règles de contrôle du pluralisme dans les médias audiovisuels (Le Monde)
Le « gendarme » de l’audiovisuel joue sa crédibilité avec l’attribution des chaînes TNT, en particulier à CNews et C8 (Le Monde)
IA aux Jeux Olympiques de Paris 2024 : comment les Jeux seront un terrain d'essai pour les nouvelles technologies (The National)
« Marianne » : CMI France et Pierre-Edouard Stérin mettent fin aux négociations exclusives face à la « volonté unanime » des salariés (Le Monde)
#Pluralisme | L’Arcom adopte une délibération relative au respect du principe de pluralisme des courants de pensée et d’opinion dans les médias audiovisuels
8 % des fandoms de la génération Z monétisent leur intérêt pour les fandoms (par exemple, les « Swifties » professionnels rapporteront et décoderont les nouvelles et les légendes de Taylor pour les fans plus occasionnels), d’après un rapport de YouTube.
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Où les journalistes travaillent-ils, si ce n'est pas dans les médias
RSF et 25 organisations demandent à la présidente de la Commission européenne des garanties fortes en matière de libertés de la presse (RSF)
Le gouvernement chinois soutient les entreprises nationales d'IA, mais impose également des règles strictes pour tester leurs modèles de langage (Wall Street Journal)
JOURNALISME
Un procureur russe demande 18 ans de prison pour le journaliste Evan Gershkovich (Washington Post)
Elon Musk veut que son bot d'IA diffuse les actualités. Il a du mal à accomplir cette tâche (Wall Street Journal)
L'Allemagne interdit le magazine d'extrême droite « Compact » (The Guardian)
Les éditeurs australiens qualifient de "catastrophique" une éventuelle interdiction des actualités par Meta (Press Gazette)
Le Wall Street Journal licencie un journaliste de Hong Kong qui dirigeait un club de presse en difficulté (Washington Post)
La presse papier en Haïti est presque éteinte (ijnet)
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
Spotify et TikTok poussent les artistes à sortir des albums interminables (Business Insider)
X ne tient pas ses promesses concernant les nouvelles émissions vidéo (Bloomberg)
ENVIRONNEMENT
Comment rendre compte de l'environnement en Ukraine en temps de guerre ? (The Fix)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
Des influenceurs avec des millions de followers soutiennent Trump, mais peu d'entre eux soutiennent publiquement Biden (NBC News)
Elon Musk veut déplacer les sièges de SpaceX et de X de Californie vers le Texas (Wired)
Meta permet enfin aux chercheurs d’accéder aux données d’Instagram (The Verge)
New opportunity! Meta and COS have opened an RFP for a pilot program using Instagram data to study social media’s impact on youth well-being. Check out the details and see if it fits your research: https://t.co/jCheql0toa.
— Center for Open Science (@OSFramework) July 17, 2024
IMMERSION, 360, VR, AR
Le métavers était censé être votre nouveau bureau. Vous êtes toujours sur Zoom (Wired)
L'Apple Vision Pro est désormais disponible au Royaume-Uni, au Canada, en France, en Allemagne et en Australie (MacRumors)
STREAMING, OTT, SVOD
Warner Bros Discovery étudie la possibilité de séparer ses chaînes de télévision (comme CNN) de ses services de streaming (Deadline)
Apple est en discussions pour obtenir des licences de films supplémentaires auprès de Hollywood (Bloomberg)
AUDIO, PODCAST, BORNES
Le studio de podcasts Paradiso placé en liquidation judiciaire (La Lettre)
Les podcasts politiques explosent à l'approche du jour du scrutin (Press Gazette)
Après une année difficile, les podcasts reprennent du poil de la bête (Bloomberg)
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
Meta ne lancera pas son prochain grand modèle en Europe (Axios)
OpenAI a illégalement interdit au personnel de parler des risques liés à la sécurité, selon des lanceurs d'alerte (Washington Post)
Apple, Nvidia, Anthropic ont utilisé des milliers de vidéos YouTube piratées pour entraîner l'IA (Proof)
Les résultats fournis par l'IA de Google apparaissent de moins en moins souvent, d'après une étude (The Verge)
L'IA est bénéfique pour la créativité personnelle, mais peut nuire à la créativité collective, selon une étude (TechCrunch)
Gemini sera omniprésente dans la diffusion des Jeux olympiques de Paris (TechCrunch)
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
Taboola va vendre des publicités pour Apple (Axios)
Les annonceurs ne montrent pas un grand enthousiasme pour les publicités sur Threads proposées par Meta (Digiday)
Comment parvenir à réinventer la presse ? « Il y a une urgence », estime Mattia Peretti, lauréat du programme Knight du Centre international des journalistes (ICFJ). Dans le cadre d'une conférence intitulée : « Comment réinventer le journalisme », le consultant IA, accompagné de professionnelles des médias, a donné quelques pistes pour redresser la situation. Avec une obsession : améliorer l'expérience utilisateur et penser davantage au lecteur plutôt qu'à son ego. Sous son impulsion s’est for
Comment parvenir à réinventer la presse ? « Il y a une urgence », estime Mattia Peretti, lauréat du programme Knight du Centre international des journalistes (ICFJ). Dans le cadre d'une conférence intitulée : « Comment réinventer le journalisme », le consultant IA, accompagné de professionnelles des médias, a donné quelques pistes pour redresser la situation. Avec une obsession : améliorer l'expérience utilisateur et penser davantage au lecteur plutôt qu'à son ego. Sous son impulsion s’est formée la communauté « News Alchemists », dont le but est de penser le futur du journalisme : « Le nom de ce groupe est une métaphore, pour illustrer sa capacité à générer des idées et des solutions novatrices, à l'image des alchimistes qui transforment les métaux en or ». Retour sur les principaux enseignements.
Par Aude Nevo du MediaLab de l'Information de France Télévisions.
1Se concentrer sur les produits plutôt que sur les profits
Il est urgent de réinventer le journalisme en mettant l'accent sur la qualité des produits plutôt que sur les profits. L'objectif principal doit être de concevoir des contenus et des expériences qui ajoutent de la valeur à la vie des gens, les aident à naviguer dans un monde complexe et les connectent les uns aux autres. Il est de plus en plus reconnu que la durabilité financière passe par cette capacité à fournir des informations et des expériences qui enrichissent la vie des consommateurs. « La durabilité financière est certes un enjeu important, mais les gens paieront pour des informations, des produits et des expériences qui ajoutent de la valeur à leur vie » explique Mattia Peretti.
Par exemple, The Guardian a réussi à augmenter ses revenus en misant sur des contenus de qualité accessibles à tous. Le média a choisi d'offrir l'intégralité de ses articles en ligne, tout en sollicitant des contributions volontaires de la part des lecteurs. Par ces demandes, le journal donne aux lecteurs l'impression de faire partie de la communauté du journal. Avec des profits de 13,5 millions d'euros et 148 millions de visiteurs uniques mensuels, ce modèle prouve sa rentabilité et semble pérenne pour le moment. De même, des initiatives comme ProPublica aux États-Unis ont démontré que le journalisme d'investigation de haute qualité peut attirer un soutien financier substantiel de la part des lecteurs et des donateurs, sans compromettre l'intégrité éditoriale.
2Faire preuve d’empathie
L'empathie est le nouveau pilier essentiel du journalisme. Cette approche met en évidence l'importance de comprendre les attentes et les préoccupations des publics pour offrir un contenu pertinent et accessible : « Lorsque le contenu se veut accessible à différents publics, la première étape est toujours de comprendre ce qu'ils apprécient, où ils se trouvent bien sûr, mais aussi ce qui les touche » rappelle Aldana Vales, directrice de l'expérience des publics chez Gannett, USA Today Network. Annika Ruoranen, responsable des services numériques chez Yle ajoute également qu'être à l'écoute des intérêts des utilisateurs ne « signifie pas perdre son objectivité journalistique ». Il est donc possible de répondre aux besoins du public tout en respectant une rigueur et une impartialité journalistiques.
Pour réussir à instaurer cette démarche de compréhension, il est essentiel d’adapter le contenu en fonction du public visé et d'inclure une diversité de voix : « L’objectif est de rendre le contenu accessible pour le plus grand nombre » insiste Aldana Vales. Pour permettre de personnaliser le contenu en fonction du public visé, la technologie est un allié de taille. A commencer par l’intelligence artificielle générative qui permet de changer le format d’un contenu très aisément. Plus le contenu est adapté aux besoins spécifiques de la cible, plus l’expérience utilisateur sera positive : « Un portefeuille numérique plus solide ne se résume pas seulement au contenu, mais à l'expérience construite autour de ce contenu. Le numérique foisonne d'opportunités pour créer expériences personnalisées » souligne Annika Ruoranen. Par exemple, certaines personnes préfèrent le texte, d'autres l'audio. Certains ont besoin d'une version longue, d'autres d'une version courte. La technologie permet d’adapter un format à chaque individu.
Il ne suffit pas seulement detravailler les sujets, les angles et les tons de voix, mais de trouver une synergie entre le fond et la forme. Le Financial Times a lancé en mars 2024 la version bêta de son chatbot « Ask FT », accessible à une centaine d’abonnés payants de la catégorie FT Professional. Ces derniers peuvent poser des questions sur des événements récents ou des sujets plus généraux couverts par le journal. Le service fournit rapidement des informations fiables issues de ses archives et favorise une interaction directe avec les lecteurs.
Un autre exemple d'adaptation de contenu pour améliorer l'expérience utilisateur provient de la journaliste britannique Sophia Smith Galer. Elle a créé un bot, nommé Sophina, capable de transformer rapidement un article de presse en un script optimisé pour devenir viral sur les réseaux sociaux. Au festival international du journalisme de Pérouse, Sophia Smith Galer explique : « À l'avenir, Sophina pourra non seulement écrire des scripts, mais aussi fournir des conseils sur la stratégie vidéo et proposer des moteurs d'engagement plus personnalisés ». Pour l’instant, l’outil est gratuit pour les ONG de fact-checking, tandis que les autres utilisateurs doivent payer un abonnement pour l'utiliser. L'objectif donc ? Permettre aux journalistes de trouver leur place en ligne, là où la concurrence avec les influenceurs fait rage, et personnaliser leurs contenus en fonction de l’audience cible.
3Adopter une perspective holistique
Si le journaliste souhaite comprendre son public, il doit impérativement penser l’expérience utilisateur de manière holistique : publier du contenu signifie comprendre comment les gens « consomment » l'information et de quelle manière le journalisme peut s'intégrer dans cette dynamique. Le travail journalistique ne s’arrête pas à l’écriture d’un article, il comprend également la réflexion sur la manière de mettre en relation le lecteur avec un contenu. Ce travail est ancré dans le réel et il est important de penser à ce que vit un lecteur avant, pendant, et après sa lecture. Alors seulement, il sera possible d’améliorer son expérience de manière concrète. Aldana Vales confirme : « Cette approche permet de créer des produits d'information, des expériences de lecture, et instaurer des habitudes. Ce parcours débute par la capacité à initier les gens à notre journalisme ».
Elle illustre ensuite ce point avec un exemple concret : Une équipe locale du USA Today Network, dédiée aux audiences, a récemment envisagé de distribuer des sous-verres dans les bars, équipés de QR codes permettant d'accéder aux infos locales. La question était de savoir quel contenu serait assez attractif pour que les clients interrompent leurs conversations, scannent le code et lisent les informations. Cela témoigne non seulement de « l’importance de l'expérience utilisateur sur la plateforme, mais également de l'interaction au moment de la consommation du contenu » explique-t-elle.
Cette approche holistique est aussi requise pour l'adoption des technologies émergentes dans les rédactions. Par exemple, lors de la conception d'un algorithme éditorial, il est crucial de considérer l'origine et le contexte des données utilisées : d'où viennent-elles ? Quels éléments pourraient manquer dans l'ensemble de données, étant donné leur histoire et leur contexte ? Comment former et ré-entraîner l'algorithme ? Comment sera-t-il appliqué ? Une réflexion globale permet d'éviter l'introduction de biais dans le travail et garantit la création d'un outil à la fois utile et utilisable.
De manière « similaire à la médecine holistique », qui traite la personne dans sa totalité en tenant compte des aspects mentaux et sociaux plutôt que de se focaliser uniquement sur les symptômes d'une maladie, « les salles de rédaction doivent fonctionner comme des organismes où chaque équipe collabore pour créer une valeur collective supérieure à la somme de leurs contributions individuelles »explique Alyssa Zeislerancienne chef de la R&D et de produit pour le Wall Street Journal.
4 Apporter une expérience positive
Promouvoir une expérience positive à travers le journalisme devient crucial pour maintenir l'intérêt du public et contrer la fatigue informationnelle. Sannuta Raghu, Productrice Exécutive, IA & Infos chez Scroll India, travaille sur un programme télévisé axé sur des solutions pour le changement climatique. Il cherche à créer des émotions positives même face à des informations souvent difficiles à appréhender. « Ce projet se concentre sur la manière dont il est possible de parvenir à un état où la valeur informative dépasse l'impact émotionnel négatif des infos. Tout se résume à la manière de diffuser les contenus. Réfléchir à des formats non anxiogènes et pertinents mènera à une expérience positive nette » explique-t-elle. Ce projet, nommé EcoIndia et réalisé en partenariat avec Deutsche Welle (DW), le radiodiffuseur international allemand, est une série de vidéos conçues pour inciter les téléspectateurs à bâtir un avenir plus propre et plus vert. Il a été récompensé en 2023 par le prix Ramnath Goenka, attribué aux meilleurs journalistes indiens, pour son reportage sur les agricultrices du Maharashtra. En parallèle, Sannuta Raghu mène actuellement un projet de recherche afin de déterminer les formats les plus appropriés pour livrer les nouvelles à « impact positif net ». Elle devrait arriver aux conclusions de son étude d’ici quelques mois.
Cette initiative vise à raviver l’intérêt des téléspectateurs, souvent fatigués par un flot constant de mauvaises nouvelles, un phénomène mis en lumière par le dernier rapport du Reuters Institute qui révèle que jusqu’à 39 % des personnes évitent parfois ou souvent les informations,une augmentation de 3 points par rapport à 2023. Elle s’inscrit dans une tendance plus large, qui perdure depuis plusieurs années : le journalisme de solution. Un exemple historique est le podcast « People Fixing the World » de la BBC lancé en 2019, où les journalistes interviewent des individus porteurs d'idées pour améliorer le monde. Chaque projet est examiné pour évaluer sa faisabilité, offrant aux auditeurs une immersion concrète dans des initiatives positives et réalisables. Depuis son lancement, près de 400 épisodes ont été diffusés. Aujourd'hui encore, les médias qui orientent leur ligne éditoriale vers les informations à impact positif demeurent relativement minoritaires.
5Utiliser le lexique approprié
Le journalisme est une industrie des mots, donc le choix des termes est primordial. Il est essentiel de faire attention au lexique utilisé afin de ne pas induire de confusion. Annika Ruoranen souligne l'importance de cette précision lexicale : « Tout le monde dans l'équipe doit comprendre que lorsqu'on parle d'audience ou d'utilisateur, cela signifie quelque chose de précis. Nous essayons de parler de choses similaires, mais cela ne veut pas toujours dire la même chose. »
Aldana Vales renforce cet aspect en affirmant que dans d'autres secteurs, il est possible d’utiliser le terme 'utilisateur', mais pour la presse, il est important de parler de 'lecteur' ou 'd’auditeur' : « J’utilise seulement le terme 'utilisateur' quand je parle de plateforme de communication. Utiliser le bon terme pour la bonne occasion devrait être une règle pour tout le monde ». On notera tout de même qu’Aldana Vales a parlé plusieurs fois de « consommateurs », mot plutôt lié à l’industrie du marketing que des médias au cours de la conférence. Un signe du difficile équilibre entre choix éditorial et nécessité économique...
Vivek Murthy, principal conseiller de santé auprès de l’exécutif américain, tire la sonnette d'alarme : il est vital d'afficher des messages de prévention sur les réseaux sociaux, à l'instar des avertissements présents sur les paquets de cigarettes. « Il est temps que les autorités requièrent un message de prévention sur les réseaux sociaux pour alerter des dangers importants qu’ils représentent pour la santé mentale des adolescents », déclare le médecin chef, dans une tribune publiée par le Ne
Vivek Murthy, principal conseiller de santé auprès de l’exécutif américain, tire la sonnette d'alarme : il est vital d'afficher des messages de prévention sur les réseaux sociaux, à l'instar des avertissements présents sur les paquets de cigarettes. « Il est temps que les autorités requièrent un message de prévention sur les réseaux sociaux pour alerter des dangers importants qu’ils représentent pour la santé mentale des adolescents », déclare le médecin chef, dans une tribune publiée par le New York Times.
« La crise de santé mentale chez les jeunes est une urgence »
Les données révèlent une véritable crise nationale de la santé mentale chez les jeunes, exacerbée par l’utilisation excessive des réseaux sociaux. Selon Jonathan Haidt dans son livre « The Anxious Generation », le nombre d’enfants et d’adolescents souffrant de dépression et d’anxiété a bondi de près de 30% ces dernières années, aboutissant à une "épidémie de maladie mentale". Vivek Murthy souligne que les adolescents passant plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux courent deux fois plus de risques de présenter des symptômes d’anxiété et de dépression. En moyenne, les adolescents y passent près de cinq heures par jour, augmentant considérablement leur risque de problèmes de santé mentale. Une récente étude de l’Ofcom « Children’s Media Lives » révèle même que les enfants passent entre six à huit heures par jour sur ces plateformes.
Un cercle vicieux
Piégés, les enfants ne peuvent pas quitter les plateformes parce qu’elles sont conçues sournoisement pour les maintenir captifs. « Imaginez un adolescent face aux meilleurs ingénieurs produits du monde, utilisant les sciences cérébrales les plus avancées pour maximiser le temps passé sur une plateforme », déplore le médecin chef. S'y ajoute la pression sociale quand le principal sujet de discussion dans la cour de récréation est telle ou telle nouvelle tendance découverte sur les réseaux. D'emblée, le combat s'annonce inégal.
Des effets néfastes
Les réseaux sociaux ne se contentent pas de rendre les jeunes addicts ; ils poussent à la dépression et exposent intensément à des contenus choquants. Comme un poison lent, ils minent lentement mais sûrement l'estime, en construction, des adolescents. En 2021, la série « Facebook Files » du Wall Street Journal a révélé que la plateforme exacerbait les problèmes d’image corporelle chez un tiers des adolescentes. Récemment, ce même journal a dévoilé qu’Instagram recommandait régulièrement des vidéos à caractère sexuel aux comptes d'enfants de 13 ans, et ce, quelques minutes après leur première connexion !
TikTok n'est pas en reste. En novembre, Amnesty International avait publié un rapport intitulé « Poussés vers les ténèbres », soulignant que le fil « Pour toi » de TikTok encourageait la mutilation et les idées suicidaires chez les jeunes. « Ils sont rapidement entraînés dans des spirales de contenus potentiellement dangereux, notamment des vidéos idéalisant et encourageant les pensées dépressives », avertissait le rapport.
Les messages de prévention : un début de lutte
Bien que les messages de prévention puissent sembler cosmétiques, ils favorisent bel et bien la prise de conscience et le changement des pratiques. Mais ce n'est qu'un début. Le Congrès doit agir pour renforcer les efforts de protection : empêcher les plateformes de collecter des données sensibles sur les enfants, restreindre l’utilisation de fonctionnalités telles que les notifications push, la lecture automatique, et le défilement infini. Les entreprises doivent être tenues de partager toutes leurs données sur les effets sur la santé avec des scientifiques indépendants et le public. « Pourquoi avons-nous échoué à répondre aux dangers des réseaux sociaux alors qu’ils ne sont ni moins urgents ni moins répandus que ceux posés par des voitures, des avions ou des aliments dangereux ? », interroge Vivek Murthy. «Ces dangers ne sont pas un échec de volonté et de parentalité : ils sont la conséquence de la libération de technologies puissantes sans mesures de sécurité adéquates, sans transparence, ni responsabilité ». Le commissaire européen Thierry Breton a justement rappelé sur Twitter au mois d'avril un message important : « Nos enfants ne sont pas les cobayes des réseaux sociaux ».
Prendre des mesures à l'échelle individuelle
À titre individuel, il est aussi nécessaire de prévoir des « zones sans technologie ». Dans les Cévennes, des collégiens addicts aux réseaux sociaux ont passé ainsi quatre jours à randonner sans smartphone, rapporte Le Monde. L'objectif : les aider à se déconnecter des écrans, avec pour seuls réseaux sociaux... des ânes.
Bardella adulé sur TikTok, la gauche contre-attaque (Mediapart)
Législatives 2024 : comment les médias de Vincent Bolloré orchestrent l’alliance du RN et de la droite (Le Monde)
Le Rassemblement National déclare qu'il privatiserait la télévision publique française s'il obtient la majorité (The Guardian)
Davantage « d’éditorialistes de droite et droite + » : la consigne de BFMTV à ses programmateurs (Mediapart)
La famille Arnault s’invite dans le capital de Webedia (CB News)
Burkina Faso : la chaîne d’information TV5Monde suspendue pour six mois (Le Monde)
La France se place en tête du financement de l’IA générative en Europe (TechCrunch)
Radio : l’Arcom fixe l’objectif de basculer au tout-numérique en 2033 (The Media Leader)
3 CHIFFRES
La NBC a acquis les droits de diffusion des JO jusqu’en 2032 contre 7,8 milliards de dollars, selon Variety.
Cafeyn devient le principal acteur des kiosques numériques français en rachetant pour 4,5 millions d’euros son concurrent principal, Toutabo/ePresse, selon la Correspondance de la Presse.
Facebook est le réseau social le plus utilisé par 67 % des Français, suivi d'Instagram selon YouGov.
Lors de la Worldwide Developers Conference (WWDC) d'Apple le 10 juin 2024, Apple a fait sensation avec l'annonce du lancement de « Apple Intelligence ». Cet événement marque un tournant majeur dans la stratégie technologique de l'entreprise, qui intègre désormais l'intelligence artificielle générative dans ses produits phares tels que l'iPhone, l'iPad et le Mac. Il était temps – ce n’est pas pour rien que l’année dernière, Wired titrait « Apple Ghosts the Generative AI Revolution ». L’une des f
Lors de la Worldwide Developers Conference (WWDC) d'Apple le 10 juin 2024, Apple a fait sensation avec l'annonce du lancement de « Apple Intelligence ». Cet événement marque un tournant majeur dans la stratégie technologique de l'entreprise, qui intègre désormais l'intelligence artificielle générative dans ses produits phares tels que l'iPhone, l'iPad et le Mac. Il était temps – ce n’est pas pour rien que l’année dernière, Wired titrait « Apple Ghosts the Generative AI Revolution ». L’une des fonctionnalités phares ? L’intégration de ChatGPT dans les produits Apple. Tim Cook, le CEO d'Apple, a déclaré : « Apple va transformer ce que les utilisateurs peuvent faire avec nos produits, et ce que nos produits peuvent faire pour nos utilisateurs ». Mais alors, est-ce vraiment si révolutionnaire ?
Enjeux Économiques
Apple a conclu un partenariat stratégique avec OpenAI pour intégrer ChatGPT dans ses programmes d'IA. Cette alliance permet à Apple d'améliorer significativement les capacités de Siri, rendant l'assistant vocal plus conversationnel et capable de traiter des requêtes complexes. L'objectif est de proposer une expérience utilisateur plus fluide et intuitive, ce qui pourrait renforcer la fidélité des utilisateurs et attirer de nouveaux clients.
Aucun des deux acteurs n’a reçu d’argent dans l’affaire. Pourtant, le partenariat offre des avantages économiques importants pour les deux entreprises. Pour Apple, cela signifie une amélioration de ses produits sans coûts initiaux élevés. Pour OpenAI, l'accès direct à plus d'un milliard d'utilisateurs Apple constitue une opportunité commerciale majeure. Ces derniers auront accès à ChatGPT gratuitement, mais l’entreprise espère bien les convertir en abonnés payants pour ses services premiums.
Si quelqu'un s'est opposé à cette collaboration, c'est bien Elon Musk. L'entrepreneur a menacé de bannir les produits Apple de ses entreprises si l'intégration d'OpenAI devenait trop intrusive : « Si Apple intégrait OpenAI au niveau du système d'exploitation, alors les appareils Apple seraient interdits dans toutes mes entreprises », a-t-il déclaré sur X. Selon Forbes, cette collaboration déplairait à Elon Musk car elle irait à l'encontre de ses intérêts personnels : « Étant donné le partenariat déjà profond d'Apple avec Google, qui implique l'offre exclusive de son moteur de recherche, il est logique que le prochain partenariat en matière d'IA soit avec Google et son moteur d'IA Gemini Gen. », explique le média.
Impact sur les Utilisateurs
La promesse d’Apple est de transformer l’expérience utilisateur grâce à l'intégration de l'IA générative dans ses produits. Siri, désormais alimenté par ChatGPT, pourra répondre à des requêtes plus nuancées et complexes, facilitant ainsi une interaction plus naturelle et efficace avec les appareils. La question de la protection de la vie privée peut alors se poser ? Les données des utilisateurs seront-elles partagées à OpenAI ? Apple affirme que les utilisateurs devront approuver l’envoi à ChatGPT d’une question, d’un document ou d’une photo pour que l’IA s’active. L’entreprise aurait aussi obtenu d'OpenAI qu'il accepte de ne pas enregistrer les requêtes de ses clients sans demander la permission, protégeant ainsi leur vie privée.
Les nouvelles fonctionnalités d'Apple Intelligence, comme la transcription et le résumé de contenus audio dans Notes et Téléphone, ainsi que la recherche avancée dans Photos, offrent une praticité accrue dans la gestion des informations personnelles. Ces innovations visent à rendre la technologie plus accessible et utile au quotidien, répondant mieux aux besoins individuels des utilisateurs.
Fonctionnalités Phares
Outils d'Écriture : Avec iOS 18, iPadOS 18 et macOS Sequoia, les utilisateurs peuvent réécrire, réviser et résumer des textes dans diverses applications comme Mail, Notes et Pages.
Notifications Prioritaires : Les notifications les plus importantes sont mises en avant pour une gestion plus efficace.
Transcription Audio : Les utilisateurs peuvent enregistrer, transcrire et résumer des contenus audios dans les apps Notes et Téléphone.
Image Playground : Création rapide d'images amusantes avec des styles variés tels que Animation, Illustration et Sketch.
Recherche Avancée dans Photos : Trouver des photos en les décrivant verbalement, facilitant ainsi la navigation dans les albums.
Intégration de ChatGPT avec Siri : Siri peut utiliser les connaissances de ChatGPT avec l'approbation de l'utilisateur pour des réponses plus précises et informées.
Apple Intelligence marque une étape importante dans l'évolution technologique de l'entreprise. On peut toutefois se poser des questions sur l’utilité réelle de toutes ses fonctionnalités. TechTrash souligne avec ironie : « tout un tas d’astuces pour résoudre les grands problèmes existentiels de nos vies ». La véritable révolution numérique est-elle vraiment pour aujourd'hui ?
CETTE SEMAINE EN FRANCE
TF1 et M6 sous la menace d’un big bang dans le PAF (Agefi)
Françoise Joly, directrice de l’information de TV5Monde, convoquée à un entretien préalable à son licenciement (Le Monde)
Le journal « Sud Ouest » en grève reconductible contre un plan social (Le Monde)
RSF annonce le décès à 53 ans de son directeur général, Christophe Deloire (Le Figaro)
Comment le Rassemblement national a su tirer profit de TikTok (Télérama)
CMI, Libé, Editis… les multiples casquettes de Denis Olivennes lui rapportent gros (l’Informé)
Audiovisuel public : l’indépendance budgétaire menacée (Le Monde)
Le média Madmoizelle envisage de licencier l'intégralité de ses journalistes (La Lettre)
L’internet, cet océan de connaissances en perpétuelle expansion, est-il en train de se vider de son contenu ? Selon une récente étude du Pew Research Center, de vastes pans de ce réservoir numérique sont en train de disparaître, défiant l’idée que le web est une archive immuable, au moment même où les IA génératives ingurgitent à toute vitesse ce qui en reste pour générer un nouvel Internet.
Le contenu disparaît sous nos yeux
L’étude révèle ainsi des statistiques alarmantes : 38% des pages exis
L’internet, cet océan de connaissances en perpétuelle expansion, est-il en train de se vider de son contenu ?Selon une récente étude du Pew Research Center, de vastes pans de ce réservoir numérique sont en train de disparaître, défiant l’idée que le web est une archive immuable, au moment même où les IA génératives ingurgitent à toute vitesse ce qui en reste pour générer un nouvel Internet.
Le contenu disparaît sous nos yeux
L’étude révèle ainsi des statistiques alarmantes : 38% des pages existantes en 2013 ne sont plus accessibles dix ans plus tard. Même les pages les plus récentes ne sont pas à l’abri de cette tendance, avec 8% des pages existant en 2023 ayant déjà disparu. Cette « dégradation numérique » touche toutes les sphères, des sites gouvernementaux aux médias, en passant par Wikipédia. 23% des pages d’actualités contiennent au moins un lien « brisé ».
En Chine, la situation est critique. Presque toutes les infos publiées sur les portails d’info chinois, les blogs, les forums entre 1995 et 2005 ne seraient plus disponibles, rapporte le New York Times. La journaliste Li Yuan se souvient des « excellentes couvertures médiatiques » du grand tremblement de terre du Sichuan le 12 mai 2008, qui a fait plus de 69 000 morts, une époque où « les journalistes avaient plus de liberté que ne le permettrait généralement le Parti communiste ». Elle ne retrouvé aujourd'hui aucun de ces articles.
Pourquoi ce fossé qui se creuse ?
Il est d’abord techniquement difficile et coûteux pour les sites web d’archiver du contenu plus ancien, et pas seulement en Chine. Certains sites sacrifient ainsi du matériel ancien sur l’autel de Google, pour améliorer leur référencement. Le moteur de recherche, privilégiant les sites web à chargement rapide. Pour qu’un site soit plus rapide, il suffit donc de se débarrasser de sa substantifique moelle. « Si certains comprennent ce compromis – qui n’a jamais été agacé par la vitesse de chargement d’un site ? – en revanche, la raison de visiter un site web n’est sûrement pas la bannière pop-up, la demande d’envoi d’alertes, la vidéo qui se lance automatiquement, la multitude de publicités cliquables vous invitant à voir à quoi ressemble une femme qui avait 18 ans et qui en a maintenant 50, réagissait déjà en 2022 l’écrivain Simon Brew, au lieu de réduire tout cela,ce sont les archives qui sont rationnalisées et épurées...».
En Chine, la raison de cet effacement du web est aussi d’ordre politique. Le Parti communiste tient à maintenir à tout prix une pureté politique et une culture « harmonisée » du cyberespace chinois. Les entreprises internet ont ainsi plus d’incitation à la « sur-censure ».
Capture d'écran du site Unofficial Archives
Des actions de résistance
Face à cette menace croissante, des efforts sont déployés pour préserver le contenu en ligne. Des sites comme archive.org, un lieu d’archivages des sites internet, offrent une bouée de sauvetage pour le matériel menacé. En Chine, le journaliste Ian Johnson a fondé le site web Unofficial Archives, qui cherche à préserver les blogs, les films et les documents en dehors de l’internet chinois. Cependant, ces efforts restent marginaux par rapport à la masse de données effacées quotidiennement.
Cette érosion rend internet moins reconnaissable, un espace qui « n’est plus pour les humains, par les humains », ont récemment alerté les universitaires Jake Renzella et Vlada Rozova sur The Conversation. Les interactions en ligne deviennent dès lors de plus en plus « artificielles » à mesure que l'intelligence artificielle et le contenu généré par des algorithmes gagnent en importance.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Des fausses nouvelles et des vidéos cherchent à saper les Jeux olympiques de Paris (New York Times)
La Russie vise les Jeux olympiques de Paris avec une fausse vidéo de Tom Cruise (The Guardian)
Grève de vingt-quatre heures au sein de l’Agence France-Presse jeudi, au sujet du statut des journalistes hors de France (Le Monde)
Plus d’un million d’euros ont été récoltés suite à la mobilisation Twitch “Streamers 4 Palestinians” (Ouest France)
Comment se débarrasser de sa peur des nouvelles technologies ? Fatie Toko, directrice de l’innovation du groupe La Poste, propose quelques pistes éclairées dans son essai « techno-optimiste » : Et si la tech pouvait sauver le monde ?
Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
La société, totalement pervertie par les nouvelles technologies ? « Nos ados sont toujours plus affectés par un chagrin d’amour que par un sevrage temporaire de leur smartphon
Comment se débarrasser de sa peur des nouvelles technologies ? Fatie Toko, directrice de l’innovation du groupe La Poste, propose quelques pistes éclairées dans son essai « techno-optimiste » : Et si la tech pouvait sauver le monde ?
Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
La société, totalement pervertie par les nouvelles technologies ? « Nos ados sont toujours plus affectés par un chagrin d’amour que par un sevrage temporaire de leur smartphone », nuance Fatie Toko. La directrice de l’innovation du groupe de la Poste veut croire au bien-fondé et aux effets positifs de la tech sur la société. Dans son essai Et si la tech pouvait sauver le monde ?, la franco-ivoirienne choisit de voir « le remède, pas le poison » et fustige les « discours alarmistes de certains médias ». La nouvelle vague d’innovations technologies offre un immense potentiel pour résoudre les crises à venir, assure-t-elle. Celle qui livre un récit « techno-optimiste » mais pas « techno-naïf » déroule les raisons de se réjouir : des plateformes pour accélérer le développement économique durable et la sécurité alimentaire dans les pays à faibles revenus, des capacités d’analyses d’images satellitaires et de données géographiques pour réduire la pollution, la vision par ordinateur pour protéger les écosystèmes terrestres et marins… Entretien sur les initiatives et les défis à venir du monde de la tech.
Que reprochez-vous à la couverture tech des médias ?
Les médias ont un biais négatif général sur les nouvelles technologies. Ils ont tendance à faire appel à des experts, qui complexifient des sujets déjà difficiles à appréhender pour le grand public. Je regrette ce manque de vulgarisation. Les questions posées sont souvent alarmistes : « est-ce qu’il va y avoir des robots tueurs ? », « L’IA va-t-elle nous remplacer ? ». Cette approche détourne l’attention des questions essentielles telles que la manière de s’informer, de se protéger, de tirer profit des nouvelles technologies. La peur n’est pas une fatalité, ni une nécessité absolue. Dans mon travail, je m’intéresse notamment aux initiatives émergentes en Afrique et je refuse de céder à la peur qui entoure souvent les avancées technologiques. Il existe de nombreuses initiatives, tant au niveau de politiques publiques que dans le domaine scientifique, visant à promouvoir des technologies plus éthiques, responsables et durables. Mon livre vise à mettre en lumière ces aspects positifs souvent méconnus et présenter une vision équilibrée des nouvelles technologies.
Quelles initiatives vous incitent à être aussi optimiste ?
Des initiatives émergent en matière de santé, d’environnement, de lutte contre les vulnérabilités et l’éducation. J’ai ainsi découvert des couveuses connectées au Cameroun qui permettent de mettre des sondes et des caméras dans les cabines des prématurés pour surveiller les signaux vitaux et la température à l’intérieur. De nombreuses solutions technologiques, des caméras par vision par ordinateur, nous permettent de voir comment les animaux réagissent aux aléas climatiques. Dans le domaine de la santé, le recours à l’intelligence artificielle, l’analyse et la visualisation des données, la réalité augmentée et immersive, permet par exemple de voir l’environnement du « bloc » à travers les yeux d’un chirurgien qui opère. Il s’agit d’une plateforme médicale tout-en-un unique, conçue pour couvrir l’ensemble du cycle d’une intervention. Cette solution peut être une assistance vitale dans la médecine humanitaire et notamment les premiers actes de secours des civils en temps de guerre.
Si vous évoquez les raisons d’être optimiste, vous mentionnez également les défis à venir. Vous écrivez notamment que la menace la plus importante pour l’État est celle constituée par la concentration inédite des géants du numérique. « Les GAFAM risquent de devenir des véritables États plateformes qui portent atteinte à la souveraineté des nations ». Mais n’est-ce pas déjà le cas ?
En effet. Elles sont les plus grandes bénéficiaires de la mondialisation. Elles se moquent des lois, car les outils de régulation ne peuvent pas les soumettre. Les problèmes actuels ne sont pas uniquement dus à la technologie, mais aussi à des questions de régulation et d’idéologie favorables à certaines puissances économiques. Les géants du numérique ne sont pas surpuissants juste parce qu’ils exploitent les données, mais aussi parce qu’ils bénéficient d’un environnement mondialisé et de politiques qui les favorisent. Il est crucial de mettre en place des normes mondiales pour protéger les citoyens contre les risques liés à la cybersécurité et à la manipulation de l’information. Cela nécessite une collaboration internationale pour établir une base éthique et réglementaire solide afin de protéger les individus et les consommateurs.
La régulation de l’IA par exemple est devenue un énorme défi pour le législateur. Dans son livre que vous citez « Les algorithmes font-ils la loi ? », Aurélie Jean explique que « la réflexion et la conception de lois pour l’encadrement des algorithmes sont fortement impactés par la discipline elle-même. Intangible, complexe et en perpétuelle évolution, elle impose son rythme avec un certain flou artistique sur sa compréhension chez les acteurs de la loi voire les lobbystes eux-mêmes ». Et souligne le manque de formation des élites et du personnel politique…
La compréhension de ces questions est extrêmement complexe pour ceux qui ne sont pas des data scientistes. Le personnel politique ne possède pas nécessairement les compétences scientifiques requises pour appréhender la complexité de l’intelligence artificielle. L’IA pose un défi en raison de sa complexité multidisciplinaire et de sa convergence de domaines. On est tous fragile face à cette révolution technologique, car elle est difficile à lire.
Vous expliquez que l’Afrique devient le nouveau terrain de jeu des GAFAM.
Le contexte de régulation est très peu contraignant dans ces régions. Cette absence de règles facilite l’adoption de technologies nouvelles. Contrairement à d’autres régions où chaque innovation suscite un débat et des craintes, en Afrique, l’adoption est rapide et sans préambule. Si une technologie démontre son utilité, elle est immédiatement intégrée et déployée. Il n’y a pas ce débat d’experts qui précède l’usage. Sous couvert de philanthropie et au nom de la connectivité, des entreprises installent des centres de données et des laboratoires d’expérimentation sur le continent. La jeunesse de la population et l’absence de régulation offrent un terrain propice à ces essais à grande échelle, à l’instar de Google qui a établi en 2019 son centre de recherche en intelligence artificielle à Accra (Ghana) et installé à Lomé (Togo) en 2022 un câble internet sous-marin dans le cadre de son projet d’infrastructure réseau pour relier l’Afrique à l’Europe. Ces initiatives amplifient les risques en termes de protection de données et de dépendance économique et infrastructurelle.
Comment adopter une relation plus sereine avec les nouvelles technologies ?
Il est essentiel de ne pas les craindre. Il faut commencer par chercher à comprendre. Les technologies offrent cet avantage : l’information est accessible à tous. Je mentionne Objectif IA, une formation accessible en ligne pour tous les Français, qui sensibilise et explique l’intelligence artificielle dans notre quotidien, tout en prodiguant des conseils sur l’hygiène numérique et le consentement éclairé. Il s’agit de s’informer encore et toujours. Il est crucial de réfléchir à l’usage que l’on en fait. Prenez l’exemple de ChatGPT : je l’utilise pour gagner du temps dans l’organisation de mes cours, la préparation du matériel pédagogique, la rédaction de scénarios, etc. Enfin un mot pour les jeunes : soyons modestes et tolérants envers la jeunesse. Arrêtons, nous les adultes, d’être nostalgique. Ce ne sont pas eux qui ont l’utilisation la plus compulsive de leurs écrans. Notre devoir est de les guider vers une utilisation intelligente. Le consentement est un aspect souvent négligé : nous devons accompagner les jeunes en leur posant des questions sur les implications de leurs actions en ligne, sur les coûts, les impacts. Trop souvent, nous les culpabilisons. C’est contre-productif et encourage même les jeunes à dissimuler leurs activités numériques à leurs parents, plutôt que d’en parler ouvertement. Cela les pousse à se replier dans un monde virtuel, coupés de la réalité, plutôt que d’engager des conversations sur une utilisation raisonnée des technologies.
La capitale des Lumières serait-elle en train de se transformer en « capitale de l'intelligence artificielle » ? C'est ce qu'a affirmé le président Emmanuel Macron mardi, lors d'une rencontre avec les leaders du secteur. Ce grand discours intervient la veille de l’ouverture de VivaTech, plus grand salon européen consacré aux nouvelles technologies.
Par Aude Nevo et Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
A défaut de voir les stars du cinéma à Cannes, ce sont bien le
La capitale des Lumières serait-elle en train de se transformer en « capitale de l'intelligence artificielle » ? C'est ce qu'a affirmé le président Emmanuel Macron mardi, lors d'une rencontre avec les leaders du secteur. Ce grand discours intervient la veille de l’ouverture de VivaTech, plus grand salon européen consacré aux nouvelles technologies.
Par Aude Nevo et Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
A défaut de voir les stars du cinéma à Cannes, ce sont bien les stars de l’IA qui ont défilé au salon VivaTech. Parmi elles, Dario Amodei, co-fondateur de l'entreprise américaine d'intelligence artificielle Anthropic, Arthur Mensch, patron et co-fondateur de la startup française Mistral AI, Yann Le Cun, directeur du laboratoire de recherche sur l'intelligence artificielle du groupe Meta, et le controversé patron de X, Elon Musk, qui a fait une apparition en visioconférence, devant ses adorateurs. Mais VivaTech, c’est avant tout une place de marché. Derrière chaque robot, chaque voiture, chaque casque de réalité virtuelle, se profile un entrepreneur en quête de financements. Cette année, l'IA a dominé presque toutes les discussions. Le monopole de la Chine et des États-Unis a été largement débattu, alimentant la crainte des Européens de manquer le coche. Un fossé s’est creusé entre la grande majorité, désireuse d'innover toujours plus rapidement, et ceux, plus prudents, qui appellent d'abord à la régulation. Résumé des points clés.
Le journalisme, grand absent ?
À VivaTech, temple du business et de la start-up nation, le journalisme est rarement à l'honneur. Organisée par Publicis et Les Échos, cette grand- messe des « technolâtres » ouvre grand ses portes à ses invités, qu'importe leur pedigree, pourvu qu'ils exercent une influence économique notable. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit d'Elon Musk. En terrain conquis, le magnat des affaires libertarien est intervenu à distance devant un public en extase, réuni dans le Dôme de la Porte de Versailles.
Maurice Lévy, président de VivaTech et Elon Musk, à distance.
Si l’on se réfère au titre original de la conférence, « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Elon Musk (sans oser le demander) », clin d’œil (daté?) au film de Woody Allen, la session promettait d’être franche et directe. La salle avait été assurée de pouvoir poser ses questions (« en 15 secondes top chrono »), l'orateur se revendiquant comme un ardent défenseur de la liberté d'expression. Si le milliardaire s’est plié de bonne grâce aux questions conventionnelles et admiratives de ses fans survoltés (telles que « Quelle est votre plus grande peur ? », « L’IA », « Votre plus grand espoir ? » — « Mars »), il a fait preuve de grossièreté face à la seule interrogation critique de la session. Lorsqu'une journaliste de Business Insider a soulevé les problèmes rencontrés par Tesla, « qui traverse une période tumultueuse avec des ventes en baisse, une chute en bourse et des licenciements », il a préféré l'humilier directement : « Passons à la question suivante, car je ne pense pas que Business Insider soit une publication sérieuse », suscitant les rires moqueurs de ses partisans. Un véritable « bad boy » dans la cour d'école, affichant ouvertement son mépris pour les médias qui ne pensent qu'au « nombre de clics ». En maître de cérémonie, Maurice Lévy, président de VivaTech, n’a pas levé un sourcil mais a préféré remercier mille fois son hôte de marque, de faire « l’honneur de sa présence »… dans un événement également organisé par un média, les Échos !
Dans cet exercice très cadré, il a été beaucoup question d’intelligence artificielle, “star du show Vivatech”. En début de semaine, Elon Musk a annoncé déployer son service d’intelligence artificielle, Grok, développé par sa start-up (xAI) en Europe à tous les utilisateurs ayant un abonnement X Premium. “Grok sera le robot d’IA le plus drôle possible, car “si on doit tous mourir un jour, autant mourir en riant”. Pour lui, les algorithmes de Google, d’OpenAI et de Microsoft ne sont pas efficaces : “Mon inquiétude, c’est qu’ils font du politiquement correct, c’est dangereux. Le mieux pour l’IA ? C’est de penser par elle-même, d’être curieuse, c’est ce qui sera le mieux pour l’humanité. Ces IA ont été entraînées pour mentir. Demandez à ChatGPT de vous générer une image de Waffen-SS, il en créera une d’un groupe de femmes issues de la diversité. Ce n’est pas la vérité”.
La Chine, un concurrent de taille dans la course à l’IA
Comme chaque année, un panel d’intervenants venant de toute part a pris la parole lors des conférences. Robin Li, cofondateur et directeur général de Baidu, le moteur de recherche chinois a évoqué ses projets en matière d’IA dans la conférence « AI View from China ».
Robin Li, cofondateur et directeur général de Baidu, et Maurice Levy, président du conseil de surveillance de Publicis Groupe.
Les points clés
Le Google chinois est l'un des acteurs du pays les plus avancés dans l'IA. Là où la concurrence veut trouver le modèle de langage le plus performant, Baidu cherche la « super app » qui révolutionnera le secteur : « Aux États-Unis et en Europe, tout le monde se concentre sur la mise au point du modèle de fondation le plus avant-gardiste. Mais en Chine, les gens se demandent de plus en plus quelle sera l'application qui fera la différence à l'ère de l'IA » explique Robin Li. Sans le citer, il est possible que l’homme d’affaire fasse référence au succès de WeChat, messagerie largement déployée en Chine dont le succès pourrait l’avoir inspiré. Selon lui, une approche axée sur les applications peut « accélérer la transformation de l'ère de l'internet à l'ère de l'IA ». Cette super-app prendra-t-elle la forme d’un chatbot ?
Ernie, l’équivalent chinois de ChatGPT, a été lancé par Baidu en mars 2023. Peu connu en Europe, il est pourtant largement implanté en Chine et compte aujourd'hui 200 millions d'utilisateurs. Pour Robin Li, l’enjeu est de créer le meilleur modèle possible sur le territoire chinois : « Nous ne sommes pas aussi bon qu'OpenAI en anglais. Mais nous surpassons ChatGPT4 en chinois car Baidu est principalement entrainé avec des données chinoises ». Selon lui,« les européens devraient travailler sur des données dans leur propre langage pour espérer devenir des forces dominantes de l’IA ». Si Mistral Large, le LLM (large language model), de la startup française est par exemple entraîné en parti sur des données françaises, la proportion n’a pas été communiquée.
Pour entraîner un LLM, il faut une quantité immense de données. Pour Robin Li, ce n'est pas tant l'accès à ces données qui pose problème, mais leur traitement. Cela requiert de nombreux ingénieurs, une ressource parfois insuffisante.
L’entrepreneur a également fait part de ses réserves quant à l’arrivée prochaine d’une intelligence artificielle qui puisse surpasser l’esprit humain. Selon lui, les « AGI » (artificial general intelligence) ne sont pas prêtes d’arriver sur le marché. « Nombreux sont ceux qui spéculent sur l'arrivée de l'AGI, avançant des délais de deux à cinq ans. Pour ma part, je pense que cette technologie ne sera pas disponible avant au moins une décennie » a-t-il affirmé.
Accélérer à tout prix : c'est le vœu de Robin Li. Interrogé sur ses plus grandes craintes pour l'avenir, il répond : « Tout le monde est surpris par la vitesse à laquelle la technologie a progressé ces deux dernières années, mais pour moi, ce n'est pas encore assez rapide. C'est trop lent ».
Cette pensée est pourtant en adéquation avec plusieurs autres intervenants du salon, qui semblent oublier le chaos potentiel d’un manque de régulation de l’IA en termes de discrimination, de propriété intellectuelle, et de désinformation. Bruno le Maire, lors de sa visite surprise afin de remplacer Emmanuel Macron en visite en Nouvelle-Calédonie a affirmé :« l’Europe doit retrouver le goût du risque afin de créer l’IA française et européenne dont nous avons besoin pour notre économie ».
« Ne travaillez pas sur les LLM's, ils sont entre les mains des grandes entreprises ».
Madhumita Murgia, rédactrice IA en chef chez FT et Yann LeCun VP & Chief AI Scientist chez Meta.
Les points clés
Lors de son intervention, Yann LeCun, VP & Chief AI Scientist chez Meta, a souhaité s’adresser aux étudiants.« Ne travaillez pas sur les LLM's, ils sont entre les mains des grandes entreprises. Il n'y a rien que l'on puisse mettre sur la table, vous devriez travailler sur la prochaine génération d’IA ».
Le « baron du deeplearning » comme il se fait appeler, a également déclaré que les LLM ont une maîtrise limitée de la logique et n'atteindront pas le niveau d'intelligence humaine :« L’intelligence n'est pas une échelle linéaire. Il existe un écart entre l'intelligence que nous pouvons reproduire et l'intelligence humaine ».« Les machines ne comprennent pas le monde réel et n'ont pas de mémoire persistante » poursuit-il.
Les entreprises sont de plus en plus réticentes à l’idée de partager leurs modèles en open source à cause de la concurrence :« Au cours des douze dernières années, la communauté s'est considérablement ouverte. OpenAI faisait de la recherche open source, ce qui a contribué aux avancées très rapides de l’IA. Maintenant, des intérêts commerciaux émergent. OpenAI n'est plus du tout ouvert, et Google de moins en moins. Ce changement de paradigme est très mauvais pour l’industrie ».
Les applications les plus prometteuses de l'IA ne se trouvent pas chez Méta, mais au sein des start-ups qui développent des systèmes dans des langages peu exploités par l'IA.« Avoir une IA qui communique dans leur propre dialecte offre un accès technologique à des personnes qui en sont actuellement privées », souligne Yann LeCun. À titre d'exemple, il évoque une initiative d'une start-up sénégalaise utilisant un modèle open source pour fournir des informations médicales en français et en Wolof, les deux langues locales du pays. Cette solution facilite l'accès aux soins dans un contexte où consulter un médecin est souvent difficile.
Pourquoi les talents ne restent-ils pas en Europe ?« Les futurs chercheurs vont là où ils auront le plus d’impact et le plus de chances de réussir » explique Yann LeCun. Selon lui, « le faible salaire dans la recherche scientifique publique »est l’une des raisons qui poussent les nouveaux acteurs du secteur à claquer la porte.
L’enjeu est de taille pour le président français Emmanuel Macron. S’il n’a pas abordé la question des salaires des chercheurs à l'Élysée lors de son discours sur l'IA du mardi 21 mai, il aannoncé des mesures ambitieuses visant à accroître le nombre de professionnels formés dans ce domaine. Son plan prévoit de passer de 40 000 à 100 000 professionnels formés par an, et un investissement supplémentaire de 400 millions d'euros dans les neuf clusters d'IA français, reconnus comme des centres d'excellence universitaire.
If you are a student interested in building the next generation of AI systems, don't work on LLMs https://t.co/H1qX3gClEu
Bruno le Maire lors de son intervention sur les femmes dans le secteur de la tech.
Les points clés
Les grandes absentes du salon, ce sont les femmes. Valérie Pécresse, présente ce mercredi a déploré ce manque de représentation :« Nous avons besoin de reconvertir beaucoup de Franciliens qui pensent que la tech n’est pas pour eux. Parallèlement, je constate en déambulant dans les stands que les femmes ne sont pas suffisamment représentées ».
De son côté lors de son intervention, Bruno Le Maire a promis qu’il était temps de« mettre des quotas dans les classes préparatoires ».
Ce constat est également partagé par Béatrice Kosowski, Présidente IBM France, lors de la conférence « From Regulator to Innovator: European AI and Sovereignty ». Selon elle, 85 000 postes seraient vacants dans le secteur du numérique. Il y a donc urgence à former des jeunes dans ce domaine, en mettant l'accent sur la parité, car « autrement, les outputs de l’IA seront biaisés ». Elle souligne que les femmes ne représentent que 32% des effectifs dans les métiers de la tech en Europe, et environ 20% en France.
Ce manque de représentation avaitété reproché à OpenAI en décembre dernier, lorsque son nouveau conseil d’administration avait évincé toute présence féminine pour devenir le club des “Big Tech Boys”. Parmi les 702 (sur 750) employés qui avaient signé la lettre demandant le retour de Sam Altman après son éviction,plus de 75% étaient des hommes.
Les chiffres montrent également un écart de confiance entre hommes et femmes concernant la conduite de projets liés à l’IA. 26% des femmes se disent confiantes, contre 49% des hommes. En cause ? les représentations sociales et les stéréotypes de genre qui pèsent sur l’orientation et l’auto-censure des femmes (syndrome de l’imposteur).
Les « musk-see » du salon
Si la présence (à distance) d’Elon Musk, a fait jaser la « techosphère », certaines innovations ont également fait entendre parler d’elles. Tour d’horizon de ces gadgets plus ou moins utiles.
Le secteur de la santé est à l’honneur cette année. La startup SquareMind propose par exemple une technologie pour aider les dermatologues dans le dépistage des cancers de la peau. Ce dispositif automatisé numérise l'intégralité de la peau du patient en très haute résolution à l’aide d’un bras mécanique. « Grâce à l'intelligence artificielle, il peut signaler l'apparition de nouveaux grains de beauté entre deux visites » explique son co-fondateur Ali Khachlouf. Autre démonstration qui a suscité l’émerveillement du public : un fauteuil roulant développé par la startup suisse Scewo qui peut monter et descendre des escaliers en toute sécurité.
Mais notre coup de cœur est sans nul doute Buddy, un petit robot à l’allure « kawai » dont le but est d’aider les enfants sur le spectre autistique dans leur apprentissage. Fabriqué par la société française Blue Frog Robotics et désigné en France comme « robot for good », Buddy a été approuvé par le ministère de l’Éducation nationale. Présenté comme « un compagnon émotionnel avec qui l’enfant pourra nouer un lien social », Buddy permet aux petits d’interagir avec un avatar ayant des traits humains (deux yeux, une bouche) sans le stress que pourrait générer une interaction réelle. « Buddy permet de simuler certains codes sociaux mais n'a aucune conscience de ce qu’il est », souligne un développeur présent au stand. Un autre projet en cours vise à utiliser Buddy pour réinclure en classe les enfants en situation d’exclusion. L’initiative née sous l’impulsion de la Fondation des hôpitaux de France présidée par Brigitte Macron a été lancée auprès de 2000 enfants malades. À l’aide d’une tablette disponible dans leur chambre d’hôpital, les jeunes patients peuvent contrôler le petit robot à distance, parler à travers lui, entendre le professeur et répondre aux questions. Des tests sont en cours pour mesurer les impacts socio-psychologiques du dispositif sur les patients. Si les résultats sont positifs, Buddy pourrait être déployé à plus grande échelle. Toutefois, on peut se questionner sur le coût d’un tel programme et son déploiement réel par la suite. L’éducation nationale étant déjà en proie à des restrictions budgétaires, qui financera ces Buddy dans nos écoles ?
Évidemment, certaines innovations auraient pu rester au stade de l’idée. Par exemple, SmartGolf est un fournisseur de services de golf nouvelle génération, qui propose une analyse du swing et un coaching par l'IA sans balle. Le but ? Pouvoir faire du golf directement de chez soi. Pratique lorsque l’on n’a pas de terrain à proximité. Un gadget qui n’est pas sans rappeler wii sport, disponible pour la modique somme de 450 dollars. Mais le plaisir du golf ne réside-t-il pas dans le fait de taper la balle ? Du côté automobile, comme chaque année, de nombreux modèles de voitures aux designs toujours plus futuristes se sont fait concurrence. Une dizaine de constructeurs étaient présents, avec des promesses marketing plus ou moins similaires, englobant IA, énergie verte, pilotage automatique etc. Parmi eux, le cybertruck de Tesla s’est fait remarquer par ses dimensions hors norme : 5,69 mètres de longueur sur 2,4 mètres de largeur pour 3 tonnes. Non commercialisé en France (et pas prêt de l’être), le pick-up en acier inoxydable est disponible aux Etats-Unis pour environ 100 mille dollars.
Airbus a également présenté ses innovations les plus ambitieuses à VivaTech. Le cheval de bataille du géant de l'aérospatiale ? Permettre aux avions de se déplacer en totale autonomie dans les aéroports. Le projet intègre des technologies telles que l'automatisation avancée, la vision par ordinateur, et l'apprentissage automatique. Une menace pour la sécurité selon certains syndicats de pilotes. Pour minimiser l'empreinte carbone de ses essais, Airbus utilisera un camion électrique, le « Air-truck » qui reproduit les fonctions d'un cockpit d'avion. Le stand proposait également d’effectuer un vol simulé au-dessus d'Osaka à bord d'un taxi aérien du futur. L’occasion de faire un parallèle avec le volocity, un taxi volant proposant une offre 100% électrique et décarbonée. Déjà présenté au salon en 2022, il devait effectuer ses premiers vols commerciaux à l'occasion des JO de Paris 2024 pour environ 250 euros. Deux ans plus tard, le taxi volant du futur sillonnera bien le ciel de Paris afin de profiter de la vitrine médiatique des Jeux Olympiques, mais sans client !
En conclusion, la transformation de Paris en une "capitale de l'intelligence artificielle" semble bien en marche, soutenue par les ambitions du président Emmanuel Macron et l'engouement généré par le salon VivaTech. Au-delà des innovations gadget, des exercices de com' de la part des politiques, de l'aliénation de certains tech lovers, de la recherche du business à tout prix, cet événement a rassemblé les acteurs les plus influents du secteur, témoignant de l'importance croissante de l'IA dans les discussions technologiques et économiques. Rappelons que la France accueillera, les 10 et 11 février 2025, la prochaine édition du sommet international de l'intelligence artificielle.
A chaque mois son nouvel accord entre un média et OpenAI. Le mois dernier, l’accord avec le Financial Times faisait la surprise, aujourd’hui, c’est au tour de News Corp. Que faut-il retenir ?
News Corp a annoncé dans un communiqué de presse ce jeudi 22 mai, la signature d’un partenariat historique de plusieurs années avec OpenAI. Le ton de la déclaration se veut enthousiaste : « Les entreprises unissent leurs forces pour enrichir les produits et plateformes d'IA générative d'OpenAI avec un jo
A chaque mois son nouvel accord entre un média et OpenAI. Le mois dernier, l’accord avec le Financial Times faisait la surprise, aujourd’hui, c’est au tour de News Corp. Que faut-il retenir ?
News Corp a annoncé dans un communiqué de presse ce jeudi 22 mai, la signature d’un partenariat historique de plusieurs années avec OpenAI. Le ton de la déclaration se veut enthousiaste : « Les entreprises unissent leurs forces pour enrichir les produits et plateformes d'IA générative d'OpenAI avec un journalisme de qualité ».
Les PDG de News Corp et d’OpenAI se sont tous deux félicités de cet accord : « Nous croyons qu'un accord historique établira de nouvelles normes de véracité, de vertu et de valeur à l'ère numérique » a déclaré Robert Thomson, PDG de News Corp. Sam Altman a quant à lui déclaré : « Ensemble, nous posons les bases d'un avenir où l'IA respecte profondément, améliore et soutient les normes du journalisme de classe mondiale ».
L'accord qui pourrait valoir jusqu'à 250 millions de dollars sur cinq ans, permettra à OpenAI d'accéder au contenu actuel et archivé de toutes les publications de News Corp. Il s’agit notamment du Wall Street Journal, du New York Post, du Times et du Sunday Times.
Faute d'accord global sur les droits des éditeurs, Ils sont de plus en plus nombreux à établir des accords financiers avec OpenAI. A la fin de l’année dernière, OpenAI a conclu un contrat similaire avec Axel Springer, la société mère de Business Insider et Politico. Du côté français, Ouest France et Le Monde ont également passé des accords. « Il est dans mon intérêt de trouver des accords avec tout le monde », a déclaré Louis Dreyfus, PDG du journal Le Monde, lors d'une interview. « Sans accord, elles utiliseront nos contenus de manière plus ou moins rigoureuse et plus ou moins clandestine, sans aucun bénéfice pour nous ».
Le New York Times a adopté l’approche inverse, et a porté plainte contre OpenAI en décembre dernier pour violation des droits d’auteur.
Cette série d'accords reflète le principe du « winner takes it all », où les principaux éditeurs concluent des accords avec les géants de l'IA, alors que les médias plus modestes et sans intérêt pour OpenAI, restent vulnérables au pillage de leur contenu sans compensation financière.
Toutefois, le journaliste Hamilton Nolan souligne que même les médias passant ces accords pourraient ne pas y trouver leur compte. « Les montants d'argent que les entreprises de médias obtiennent dans ces accords semblent intéressants au départ, mais ce sont des cacahuètes pour OpenAI, qui vaut probablement déjà plus de 100 milliards de dollars ». Il illustre : « C’est l'équivalent d'être satisfait de soi pour avoir gagné cinq dollars en vendant vos clés de maison à des cambrioleurs ».
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Une dotation de 70 millions pour la formation de l'élite de l'IA en France (Les Echos)
Pourquoi des groupes médias français vont attaquer Google devant le tribunal de commerce (mindmedia)
Le groupe Lagardère annonce un protocole d'accord préliminaire en vue de céder Paris Match à LVMH (Le Figaro)
Elections européennes : une couverture médiatique en nette baisse (Libération)
Droits voisins : une première victoire en justice pour les médias et l’AFP face à X (mindmedia)
Lettre ouverte à Squeezie : “Tu as les moyens financiers et humains de sortir de ce cercle infini d’entre-soi masculin sur YouTube” (Causette)
39 % des Américains estiment qu'il est important, au moins dans une certaine mesure, que les journalistes dont ils obtiennent leurs informations partagent leurs croyances politiques, d’après Pew Research Center.
« Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière.
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« Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière.
ChatGPT veut révolutionner notre vie
De son côté, OpenAI a dévoilé lundi 13 mai la nouvelle version de son assistant : ChatGPT-4o. Et surprise, il ne s’agit pas d’un chatbot ordinaire. Son abréviation « o » provient du mot anglais « omni », c’est-à-dire multimodal en français. Il s’agit donc d’un modèle capable de traiter du texte, de l'audio et des images en temps réel.
Toutefois, il ne s’agit pas d’un nouvel outil comme Alexa ou Siri. La véritable révolution réside dans sa capacité à tenir une véritable conversation comme utiliser des onomatopées, faire des blagues, imiter une émotion (à la façon du film Her), permettre à l'utilisateur d'interrompre ou de changer totalement de sujet. « Parler à un ordinateur ne m'a jamais semblé vraiment naturel ; maintenant, c'est le cas »,s’est félicité Sam Altman, PDG d'OpenAI.
Auparavant, les assistants vocaux, y compris ChatGPT, pouvaient déjà répondre à des questions. Aujourd'hui, elle est fait en temps réel, et avec le sourire (en tout cas dans la vidéo démo).
S’il était déjà possible de prendre une photo de notre frigo avec ChatGPT4, il est désormais possible de prendre son téléphone pour filmer directement notre environnement et le montrer à l’IA. Elle comprend le contexte et peut décrire des scènes en temps réel, comme « décris-moi la ville ».
La version de ChatGPT-4o est progressivement déployée pour les utilisateurs gratuits. Toutefois, le nouveau mode vocal n’est pas encore intégré à l’application. Difficile donc de vérifier s’il est à la hauteur des promesses marketing de la start-up. Sam Altman a en effet expliqué dans un tweet : « le nouveau mode vocal n'a pas encore été livré (bien que le mode texte de GPT-4o l'ait été). Ce que vous pouvez actuellement utiliser dans l'application est l'ancienne version ».
Demain, ce sympathique assistant nous lira-t-il une sélection de news (fabriquées elles-mêmes par une IA ?)
Démonstration des capacités de ChatGPT-4o par OpenAI
Gemini 1.5 veut révolutionner notre travail
Mardi 14 mai, c’est au tour de Google de montrer une série de nouveautés au cours de sa conférence de presse. La promesse ? intégrer son IA Gemini 1.5 dans toutes ses gammes d’outils.
Cette innovation révolutionnera notre façon de travailler. Google bénéficie de l'avantage (comme Microsoft) d'avoir déjà des outils déployés dans les entreprises et sur les ordinateurs personnels. L'IA pourra analyser nos courriels et nous aider à organiser notre agenda par exemple.
À partir de cette semaine, les utilisateurs aux États-Unis découvriront les résumés par IA dans leur moteur de recherche Google au-dessus des liens vers les sites web. Une nouveauté qui risque d’accentuer encore plus les inquiétudes des éditeurs de site web (une bataille des droits voisins puissance 10 est déjà en cours).
Enfin, Google a dévoilé son projet « Astra », assistant vocal multimodal voulant faire concurrence ChatGPT-4o. Si Astra ne montre pas encore d’émotion, Google souhaite améliorer son agent dans les prochaines semaines.
Démonstration du projet Astra par Google
Révolution technologique ou simple coup de communication ?
Alors, demain, rira-t-on avec les robots pour mieux vivre avec eux, comme nous l'annonçait Laurence Devillers déjà en 2015 ? Ce qui semble être une promesse technologique révolutionnaire doit néanmoins être nuancé. Les assistants conversationnels d’OpenAI et de Google affichent toujours un taux d’erreur d’environ 20 %. Il reste donc primordial de vérifier les informations fournies avec d'autres sources. De plus, pour Benoit Raphael, journaliste expert en IA, « la hype de l'IA générative semble avoir atteint un plateau », tant en termes d’utilisateurs qu’en termes techniques. Il explique : « GPT-4o, le nouveau modèle d'OpenAI, est à peine meilleur que GPT-4, même s'il est plus rapide. Aujourd'hui, la plupart des modèles se valent ». Le principal enjeu est maintenant le marketing (plusieurs vidéos sur YouTube ont d'ailleurs transformé cette semaine en battle entre les deux géants)...
Mais ces entreprises sont bien en train de construire un avenir où les modèles d'IA recherchent, vérifient et évaluent les informations pour nous fournir une réponse concise à nos questions. Et pour Melissa Heikkilä, journaliste experte IA au MIT, "Encore plus qu'avec des chatbots plus simples, il est judicieux de rester sceptique par rapport à ce qu'ils vous disent".
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Une future entreprise unique de l’audiovisuel public sans France Médias Monde (Le Monde)
Le journal gratuit «20 Minutes» va supprimer son édition papier, 56 postes menacés (Libération)
Fréquences TNT ; plusieurs nouveaux entrants veulent lancer leur chaîne télé (Les Echos)
Streaming vidéo, IA... La France veut réduire le coût environnemental des services des géants du numérique (Le Figaro)
Le blocage de TikTok dans un territoire d'outre-mer crée un « dangereux précédent », avertissent les critiques (Politico)
Selon des données collectées par Ecoprod, l’impact moyen d’un long-métrage de cinéma est de 188,7 tonnes CO2-équivalent, soit une centaine de voyages aller-retour en avion entre Paris et New York.
Au premier trimestre 2024, les recettes publicitaires nettes de l’ensemble des médias s’élèvent à 3,996 milliards d’euros, soit une hausse de 3,8 % par rapport au premier trimestre 2023, selon le Baromètre unifié du marché publicitaire (BUMP).
Les responsables de l'information sont légèrement plus optimistes quant à l'impact de l'IA. Un peu plus de la moitié des personnes interrogées (52 %) ont déclaré être « optimistes » ou « très optimistes » quant à l'effet qu'aura l'IA sur leur entreprise d'ici quelques années, d'après WAN-IFRA.
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Les renvois vers les sites d'infos en provenance de Facebook ont chuté de 50 % en un an
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
« Au début, on se fait agresser et à 45 ans, on est trop vieille pour travailler » - la misère secrète des femmes travaillant à la télévision (The Guardian)
Les moteurs de réponses remplacent les moteurs de recherche : carnage attendu pour les éditeurs (Washington Post)
Les liens rompus de Google avec le web (Platformer)
Comment les streamers de Twitch pourraient influencer les élections de 2024 (Wired)
Pour le marché du film de Cannes, les conditions sont mûres pour le succès après les premières années de pandémie (Reuters)
AUDIO, PODCAST, BORNES
Sony Music met en garde les entreprises technologiques et les diffuseurs de musique contre l'utilisation de ses artistes par l'IA (Financial Times)
Spotify est accusé de violation du droit d’auteur par une association américaine (Billboard)
Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT
L'Oklahoma adopte un projet de loi historique protégeant les droits des utilisateurs de Bitcoin (Forbes)
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
Le cofondateur d'OpenAI, Ilya Sutskever, annonce son départ (New York Times)
Claude d’Anthropic propose maintenant son propre générateur de prompts (Anthropic)
Google et OpenAI se livrent une bataille pour remodeler Internet (The Verge)
ChatGPT sera capable de vous parler comme Scarlett Johansson dans Her (The Verge)
You can now generate production-ready prompts in the Anthropic Console.
Describe what you want to achieve, and Claude will use prompt engineering techniques like chain-of-thought reasoning to create more effective, precise and reliable prompts. pic.twitter.com/TqylVRkfP5
Les choses se précipitent pour TikTok - Le Sénat américain a approuvé la loi qui contraint TikTok à être vendu à des propriétaires américains ou à être interdit, ce 23 avril. Approuvé mi-avril par la Chambre des représentants, le texte a été intégré à une initiative d'aide étrangère plus vaste afin d'en faciliter l'adoption par le Sénat. Outre la disposition relative à TikTok, la loi inclut donc un plan d'aide de 95 milliards de dollars destiné à l'Ukraine, à Israël et à Taïwan. Elle a été adop
Les choses se précipitent pour TikTok - Le Sénat américain a approuvé la loi qui contraint TikTok à être vendu à des propriétaires américains ou à être interdit, ce 23 avril. Approuvé mi-avril par la Chambre des représentants, le texte a été intégré à une initiative d'aide étrangère plus vaste afin d'en faciliter l'adoption par le Sénat. Outre la disposition relative à TikTok, la loi inclut donc un plan d'aide de 95 milliards de dollars destiné à l'Ukraine, à Israël et à Taïwan. Elle a été adoptée par un vote de 79 voix pour et 18 voix contre, puis promulguée par le président Joe Biden le mercredi 24 avril.
Joe Biden et TikTok, l’amour vache
Malgré la signature de la loi interdisant l'application, Joe Biden continue d'utiliser TikTok pour promouvoir sa campagne présidentielle. À peine une heure après le vote du Sénat mardi soir, la campagne de réélection de Biden publiait de nouveaux contenus sur la plateforme. « Un environnement médiatique fragmenté nous oblige à nous présenter et à rencontrer les électeurs là où ils se trouvent », a déclaré un responsable de la campagne Biden. Un comportement paradoxal qui n'a pas échappé aux électeurs: « Si [Biden] veut regagner la confiance des jeunes, il doit être ouvert et transparent sur le raisonnement derrière cette interdiction »,souligne Luke Mullen, acteur, cinéaste et activiste avec plus de 100 000 abonnés sur TikTok. « Jusqu’à présent, il n’a rien dit, ce qui ressemble à une dépréciation de notre intelligence. Les jeunes Américains ne sont pas stupides », poursuit-il. Nombreux ont été les utilisateurs à supplier le président de « garder TikTok » dans les commentaires de ses vidéos. Un internaute ironise même : « Je me demande quelle application vous a permis de poster cette vidéo ». Joe Biden a-t-il lancé un boomerang qui pourrait lui revenir en plein visage à six mois de l’élection présidentielle ? Cette mesure pourrait s'avérer être un cadeau inespéré pour Donald Trump, qui s’est empressé le mois dernier de critiquer la loi…
ByteDance de son côté serait prêt à retirer l'application plutôt que de la céder, si les tentatives pour contester la législation échouent. La raison ? Les précieux algorithmes permettant le fonctionnement de TikTok sont considérés comme vitaux et confidentiels pour les opérations globales de ByteDance. Leur licence de propriété intellectuelle est enregistrée sous ByteDance en Chine et donc difficile à séparer de la société mère, ont déclaré des sources anonymes. Une vente pourrait également révéler à quel point ByteDance est lié à TikTok, supposément indépendant. Malgré toute la communication sur l'autonomisation accrue de TikTok, un rapport du Financial Times indique qu'ils sont plus liés que jamais.
Autre argument contre une vente : les utilisateurs actifs quotidiens de TikTok aux États-Unis ne représenteraient que 5% des utilisateurs actifs quotidiens de ByteDance dans le monde. TikTok pourrait donc survivre à la fermeture de ses opérations aux États-Unis, d’où son pari de fermer l’application plutôt que de vendre ses algorithmes. Les sources ont également souligné que la séparation des algorithmes des actifs américains de TikTok serait une procédure extrêmement complexe, et il est peu probable que ByteDance considère sérieusement cette option. En attendant, la réaction du gouvernement chinois ne se fait pas attendre : Un article dans un journal proche du régime qualifie la décision de « vol » qui « détruirait complètement la crédibilité nationale américaine, déjà entachée ».
Les auto-entrepreneurs européens également sous pression
Si les entrepreneurs aux Etats-Unis s’inquiètent, l’impact sur le marché pourrait être beaucoup plus global. En Europe, les créateurs s’inquiètent d’une potentielle interdiction de TikTok outre-Atlantique. Isobel Perl, fondatrice de Perl Cosmetics, et Kyle Frank, fondateur de Franks Remedies, soulignent à la BBC l'importance des ventes réalisées aux États-Unis pour leurs entreprises. « Certains mois, 60 à 70 % de nos ventes mensuelles proviennent des États-Unis » explique Kyle Frank. Isobel Perl rajoute : « J'utilise principalement TikTok pour générer des ventes sur notre site web, parmi toutes les applications de médias sociaux, c'est celle qui génère le plus de trafic ».Se rendre dépendant d'une plateforme tierce expose à un risque de perte de contrôle, un problème courant pour ceux qui s'y engagent pleinement (les médias se souviennent encore bien du changement de cap de Facebook sur la mise en avant des l'actualité).
Cela pourrait être la fin de TikTok tel que nous le connaissons. Affaire à suivre également pour les autres applis chinoises qui commencent à arriver sur les réseaux de l'Occident : Temu, l'appli de shopping, ou encore Xiaohongshu, l'Instagram chinois...
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Rachat de Marianne : l’hypothèse Pierre-Édouard Stérin se précise (Challenge)
Albert, l’intelligence artificielle française déployée par le gouvernement (DINUM)
Le code source d'Albert, l'IA générative réentrainée par l'Etat est dispo ici : https://t.co/Cc1GBmLkIr
Christophe Jakubyszyn obtient le soutien des journalistes pour diriger « Les Echos » (Les Echos)
Avec 86 % de votes positifs pour sa nomination à la direction de la rédaction, @chrisjaku va prendre ses fonctions aux Echos dans des conditions confortables. 213 votes pour, 20 contre, sur un corps électoral de 251 journalistes. pic.twitter.com/nY8oZCnHRK
Alphabet, Microsoft et Meta ont tous enregistré une forte croissance des bénéfices d'exploitation pour le premier trimestre. Alphabet a augmenté de 46%, Microsoft de 23%, et Meta a connu un bond impressionnant de 91%, selon The Information.
La couverture médiatique des sujets consacrés à l'intelligence artificielle est en progression de 257 % en 24 mois dans les médias français avec 54 097 sujets ou articles par mois en moyenne, selon une étude Tagaday.
Le visionnage de la télévision en direct reste le premier usage des Français, quel que soit le mode de réception de la télévision, selon l'Arcom. Le téléviseur (90 %) et le smartphone (89,1 %) sont les équipements les plus répandus au sein du foyer.
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Quel est le coût associé à l'entraînement d'un modèle d'intelligence artificielle générative ?
L'assistant d'IA de Meta est amusant à utiliser, mais on ne peut pas lui faire confiance (New York Times)
Le Washington Post développe un outil de réponse alimenté par l'IA (Technical.ly)
OpenAI, Meta et Google s’engagent pour la protection de l’enfance (Wall Street Journal)
48 % des sites d'actualités les plus utilisés bloquent les robots d'OpenAI (Reuters Institute)
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
L'un des plus grands best-sellers s'est vendu à plus de 600 000 exemplaires sur TikTok Shop (The Atlantic)
La dernière initiative de Google pour retarder l'apocalypse des cookies (Digiday)
Les agences de relations publiques prennent en charge les profils LinkedIn des cadres dirigeants — et transforment le ghostwriting en une activité lucrative (Business Insider)
Au Festival International de journalisme de Pérouse, les journalistes se réunissent pour des "thérapies en direct" dans un contexte de montée de la désinformation amplifiée par l'IA et de la toute-puissance des grandes plateformes. Et affûtent leurs armes pour les combats à venir.
Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l’Information de France Télévisions
« Imaginez Pérouse comme un groupe d'Alcooliques Anonymes... mais pour les journalistes », plaisante Maria Ressa, journaliste philippine et laur
Au Festival International de journalisme de Pérouse, les journalistes se réunissent pour des "thérapies en direct" dans un contexte de montée de la désinformation amplifiée par l'IA et de la toute-puissance des grandes plateformes. Et affûtent leurs armes pour les combats à venir.
Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l’Information de France Télévisions
« Imaginez Pérouse comme un groupe d'Alcooliques Anonymes... mais pour les journalistes », plaisante Maria Ressa, journaliste philippine et lauréate du Prix Nobel de la paix. Au Festival International de journalisme de Pérouse, la presse s’est adonnée à des « thérapies en direct ». Avec pour toile de fond : des fresques de la Renaissance et les paysages vallonnés de la capitale d’Ombrie. Le besoin de se rassembler, dont on parle tant, ne concerne pas uniquement les communautés auxquelles les médias s'adressent. Les journalistes eux-mêmes ont besoin de se regénérer pour affronter les défis à venir. Les enjeux sont immenses : la montée de la désinformation amplifiée par l’intelligence artificielle, la toute-puissance des grandes plateformes - ces "frenemies" abonnés au capitalisme de surveillance, la perte d’une réalité commune. A l’ère où près de la moitié de la population mondiale s'apprête à élire ses représentants, les signaux d'alarme s’intensifient. « 2024 est l’année où la démocratie pourrait tomber d’une falaise », prévient Maria Ressa. « La situation n’a jamais été aussi mauvaise qu’aujourd’hui et plus la démocratie recule, plus les journalistes en paient le prix. Lorsqu’il s’agit d’une bataille pour les faits, les journalistes sont des activistes ».
Résumé des principaux champs de bataille.
Les médias de service public : « trop vieux, blancs et angoissés » ?
« Les jeunes ne nous feront pas confiance juste parce qu’on est la BBC » constate Naja Nielsen, directrice digitale à BBC News. Le simple fait d’être une marque historique n’est plus un gage d’attrait. Même si l’institution britannique reste la première marque anglophone au monde, la confiance de l’audience a baissé de 19% en cinq ans. Comment continuer à être une référence auprès d’un jeune public fuyant ? Cette question existentielle a fait l’objet d’une table ronde centrée sur le rôle des médias publics, « les fondements d’une société saine ». Un impératif demeure : une refonte pour une couverture moins négative et plus diversifiée.
De gauche à droite : Rasmus Nielsen, Renée Kaplan, Naja Nielsen et Anne Lagercrantz
Les points clés :
Les médias de service public jouent un rôle crucial dans le renforcement de la résilience des citoyens face au manipulations de divers acteurs. « Les médias de service public sont parmi les plus fiables et utilisés dans de nombreux pays. Ils rendent les gens plus résistants à la désinformation des États étrangers», a souligné Rasmus Nielsen, directeur du Reuters Institute for the Study of Journalism.
Un des principaux défis reste de maintenir une viabilité financière dans un contexte de réduction des financements publics. La BBC a perdu 30% de son budget depuis 2010 et supprimé 1 800 emplois. Les gouvernements conservateurs ont imposé soit un gel de la redevance, soit une augmentation inférieure à l’inflation.
Il s’agit également de résister à la montée en puissance des plateformes de streaming. L’objectif est de rester « pertinents pour les publics pour lesquels la télévision linéaire ne l’est plus», rappelle Rasmus Nielsen. En 2022, selon l’Ofcom, le régulateur des télécoms du Royaume-Uni, les Britanniques regardaient en moyenne quatre heures et demie de vidéos par jour, dont seulement deux heures de télévision en direct.
Même dans les pays où la confiance dans les médias publics est forte, une certaine lassitude de la part du public émerge. « En Suède, les jeunes sont plus anxieux et pessimistes, quant à l’avenir, et beaucoup d’entre eux sont d’origine étrangère. Jusqu’à 50% des 16-29 évitent les actualités parce qu’elles les mettent de mauvaise humeur», s’alarme Anne Lagercrantz, de la SVT, qui reconnaît être dans « une panique positive » (quoi que cela puisse signifier).
La chaîne de télévision publique suédoise tente de s’adapter à son public jeune et de parler à chacun. Sa rédaction est ainsi devenue « video-centric». Ils ont également doublé les rédactions locales, passant de 27 à 50 « pour être au plus proche de leur audience ».
Tous les intervenants du panel s’accordent : il s’agit de faire face aux critiques justifiées sur le manque de diversité des médias de service public. « Une collègue de la CBC, (le plus grand diffuseur du Canada) m’a raconté qu’ils avaient demandé à un public diversifié pourquoi ils ne prêtaient pas attention aux médias de service public. Leur réponse : « Parce que vous êtes vieux, blancs et angoissés », se remémore Anne Lagercrantz. Cette constatation doit entraîner un sursaut de la part des institutions.
Naja Nielsen de la BBC, « sans être optimiste», a appelé à une approche plus courageuse et honnête dans la recherche de la vérité, sans « agenda caché ». Elle a également insisté sur la nécessité de faire communauté, à une époque où la solitude est devenue une épidémie silencieuse.
Lors d’une conférence parallèle sur l’utilité des médias, Janine Gibson, du Financial Times, a rappelé l’utilité de prendre en compte les retours de l’audience, et parfois de manière plus « intime » : « Au FT, nous avons tous les ans une journée animée, par le PDG, où chaque manager doit mener un entretien avec un abonné payant, et retranscrire leurs feedbacks. Et ils ne sont pas toujours gentils », partage Maxime Loisel.
Zéro : le juste prix de la presse ?
Quelle est la valeur des actualités pour une plateforme ? « Aucune », a répondu Jesper Doub, ex-Meta. Celle-ci pourrait même être négative. Meta pourrait quitter le monde de l’info, sans perte commerciale du moins à court terme, a assuré l’ancien employé de Facebook, dans une table ronde intitulée « Qu’est-ce qui a mal tourné entre la presse et les big tech ? ». « Si vous obligez une entreprise privée à payer pour quelque chose qu’elle n’apprécie pas, elle en voudra encore moins », estime Madhav Chinnapa, ancien directeur du développement de l'écosystème de l'information chez Google. Dans une conférence parallèle, des économistes de renom ont posé un constat d’une différente nature sur le juste prix de la presse, devant être attribué par les plateformes.
Les points clés :
« Aujourd’hui les rédactions sont clairement lésées», souligne Anya Schiffrin de la School of International and Public Affairs Columbia University. « Google a fait le tour du monde en racontant que seulement 2% des recherches sont directement liées à l’actualité ». D’après des recherches, la quantité d’informations utilisées et exploitées pourrait plutôt s’approcher des… 35% ! (Et sur Alexa, 20%).
Une compensation équitable aux Etats-Unis seule devrait dépasser les 12 Milliards de dollars
Google, et dans une moindre mesure, Meta, ont décidé arbitrairement de donner aux éditeurs ce qu’ils estiment approprié, sans suivre de critères ou de règle précis, simplement parce qu’ils ont un pouvoir considérable. « C’est presque comme s’ils appartenaient à une religion différente de la mienne. Leur attitude est de dire qu’ils envoient du trafic et qu’il faut arrêter de se plaindre», s’étonne Anya Schiffrin. « Ils donnent de l’argent aux éditeurs individuellement dans l’espoir de diviser la classe et de les amener à s’opposer à la réglementation», poursuit-elle.
En réaction à cette dynamique, Jonathan Heawood, directeur exécutif de Public Interest News Foundation, se veut optimiste et espère un « win-win» avec l’arrivée du Digital Market Competition and Consumer Act. Avec ce nouvel arrangement, le régulateur sera en mesure de demander aux plateformes l’accès aux données pertinentes, afin de savoir quel est la part de trafic réel généré par les nouvelles, et la façon dont elles sont monétisées. « Je ne dis pas que c’est la solution pour sauver le journalisme. C’est de l’argent dû et il est temps d’en extraire une partie », explique-t-il.
Les journalistes peuvent tirer parti de l’intelligence artificielle pour mieux faire valoir leur prix. C’est en tout cas la position optimiste d’Andrea Carson, de la Trobe University, qui estime que les journalistes occupent une position privilégiée dans la bataille IA : « Les entreprises sont dans une course aux armements car ils ont besoin de bons contenus. C’est un des rares moments de l’histoire où les journalistes sont en position de force, car le modèle est en train de se détériorer. Ils ont besoin d’informations précises. Et pas seulement maintenant, mais aussi dans le futur».
Journalistes influenceurs : récupère ton argent !
Un journaliste est-il un influenceur (qui s’ignore) ? Peut-il accepter des partenariats avec des marques, au risque de franchir la ligne rouge de l’éthique ? Ces questions ont animé un panel en très grande forme intitulée « La montée des influenceurs : ce que les journalistes doivent apprendre ».
De gauche à droite : Mercy Abang, Enrique Anarte Lazo, Fatu Ogwuche et Johanna Rudiger
Les points clés :
Si aucun des participants ne se considère comme un « influenceur », préférant le terme « créateurs de contenus » ou « journalistes », ils comprennent néanmoins la nature de cette attribution. « Je ne considère pas que ce que je fais soit très différent de ce que d'autres journalistes ont fait sur Twitter, lorsqu'ils ne se contentaient pas de partager ce qu'ils écrivaient, mais analysaient la situation. En fin de compte, même si vous ne partagez pas votre opinion, vous aidez les gens à comprendre le monde. Pour moi, c'est une forme d'influence. Et je le fais sans compromettre les normes d'impartialité de mon organisation», partage Enrique Anarte Lazo, du Thomson Reuters Foundation, qui réalise des vidéos informatives sur les réseaux sociaux.
Dans une profession décimée par les coupes budgétaires et les licenciements successifs, il faut assurer ses arrières et donc… monétiser son contenu si on se lance sur TikTok&co. « Si vous produisez du contenu pour YouTube, pour Facebook, prenez votre argent Vous vous ferez arnaquer de toute façon. Je pense que les journalistes ont plus que jamais besoin de comprendre le business du journalisme», lance Mercy Abang, CEO de Hostwriter face à un public conquis. « Si vous êtes journaliste, il faut aller sur TikTok, Twitter », insiste-t-elle en rappelant que le jeune public s’informe avant tout sur les réseaux sociaux.
Comment faire des partenariats avec des marques sans me compromettre ? « Est-ce que c’est si différent de la publicité publiée dans le journal? », s’interroge Enrique Anarte Lazo.
Les jeunes générations qui les soutiennent ne semblent pas être aussi préoccupés par cette question morale, allant jusqu’à encourager les journalistes à demander rémunération. C’est ce que raconte avec amusement Johanna Rudiger, head of social media strategy à Deutsche Welle Culture & Documentaries, qui multiplie les vidéos informatives à côté de son travail à temps plein : “Ma communauté pense parfois que je suis payée pour mes vidéos. Et quand ils découvrent que ce n’est pas le cas, ils ont pitié de moi et essaient de me donner des conseils pour mieux gagner ma vie». Tout travail mérite salaire.
Une festivalière se demande si le statut de « news influenceur » ne suscite pas inévitablement une compétition interne avec les autres journalistes de la rédaction. « La vraie concurrence reste les gens qui diffusent la désinformation. Plus on s’éloigne des réseaux sociaux, plus on permet à la désinformation de se propager», souligne Enrique Anarte Lazo… et considère ses collègues plutôt comme une source d’inspiration.
La désinformation, une épidémie hors de contrôle ?
Le fil rouge de chaque conférence était sans aucun doute la désinformation. Avec ce terrible constat en arrière-plan : malgré la multiplication d’organisations de fact-checking dans le monde, la désinformation perdure. Et va s’accroître notamment avec le déferlement de l’IA générative. De faux influenceurs, voire de faux médecins, générés par l'IA ont des millions de vues sur leurs comptes de médias sociaux.
Certaines plateformes abandonnent le navire ou jouent un rôle ambigu. « Les plateformes ont joué un rôle majeur dans les opérations de fact-checking dans le monde, mais nous ne savons pas pour combien de temps. Et cela suscite beaucoup d’inquiétude. Nous recevons beaucoup de signaux contradictoires », remet en contexte Marie Bohner, responsable du développement et des partenariats de l’investigation numérique. Twitter, temple du chaos, par exemple, ne répond aux demandes des journalistes que par un mail « out-of-office ». « J’ai essayé de les contacter 10 fois en quatre mois, avec le même résultat nul », déplore Marianna Spring, spécialiste de la désinformation à la BBC. Enfin, certains terrains sont désertés par les journalistes « Il nous faut des fact-checkers sur TikTok. On en manque cruellement », martèle Shayan Sardarizadeh de BBC Verify.
De gauche à droite : Lee Mwiti, Lucas Graves, Tai Nalon, Shayan Sardarizadeh, et Marie Bohner
Quelques chiffres rappelés lors du festival :
Selon le rapport annuel de l’International Fact-Checking Network, 72% des organisatins interrogéesont déclaré qu’elles étaient confrontées au harcèlement en 2023 dans le cadre de leur travail quotidien.
D’après une étude de MIT, les mensonges se propagent six fois plus rapidement que « les faits ennuyeux », rappelle Maria Ressa.
L’IA, l’éléphant dans la pièce
L’IA générative a également habité tous les esprits et de nombreuses conférences. Voici quelques réflexions et initiatives :
De gauche à droite : Chris Moran, Charlie Beckett, Julie Pace, et Vivian Schiller
Pour David Caswell, expert IA, la principale difficulté rencontrée par les petites rédactions dans le cadre des projets d’IA concerne la confiance : « Le plus grand obstacle n’était pas l’argent, ni les subtilités techniques, mais la confiance. Ils pouvaient absolument le faire, ils l’ont fait. Mais tous ont dû surmonter un certain manque de confiance en leur capacité à le faire dès le début». Pour lui d’ailleurs, les petites rédactions ont un avantage indéniable sur les plus grosses pour faire avancer leurs projets IA : « Elles ne sont pas en train de tout suranalyser. Les grandes rédactions osent moins expérimenter », souligne-t-il.
"Sophina" est un générateur de scripts de vidéo TikTok, présenté par la journaliste britannique Sophia Smith Galer, ex-BBC News et VICE News. Pour le former, la journaliste a utilisé plus d'une centaine de ses propres scripts vidéo. L'objectif de "Sophina" est d'aider à transformer divers types de contenu, comme des articles ou des podcasts, en scripts vidéo optimisés pour maximiser leur visibilité et leur potentiel de viralité sur les réseaux sociaux.
Conclusion :
Dans un monde où les enjeux technologiques et médiatiques sont de plus en plus entremêlés, Maria Ressa nous exhorte à garder espoir. Elle affirme : « Si les plateformes tech modéraient leur cupidité juste un petit peu, on serait capable de sauver la démocratie ». Pour la journaliste, il faut redoubler d’efforts, si on ne veut pas d’un monde à la Black Mirror où l’actualité aura disparu. « Nous menons le bon combat au moment qui compte », assure-t-elle. D'alcooliques anonymes à soldats de l'info...
Contrairement à ce que l'on peut penser, certains individus diffuseurs de fake news n'agissent pas dans le seul but de promouvoir une idéologie spécifique ou de discréditer un adversaire politique. Il existe une catégorie d’individus motivés par un désir pur et simple de « chaos ». Ces derniers semblent intéressés par des histoires qui sapent la confiance dans tous les systèmes de pouvoir.
Une étude de la Cambridge University, intitulée « Le Besoin de Chaos et les Motivations derrière le Partage
Contrairement à ce que l'on peut penser, certains individus diffuseurs de fake news n'agissent pas dans le seul but de promouvoir une idéologie spécifique ou de discréditer un adversaire politique. Il existe une catégorie d’individus motivés par un désir pur et simple de « chaos ». Ces derniers semblent intéressés par des histoires qui sapent la confiance dans tous les systèmes de pouvoir.
Une étude de la Cambridge University, intitulée « Le Besoin de Chaos et les Motivations derrière le Partage de Rumeurs Politiques Hostiles » (The « Need for Chaos » and Motivations to Share Hostile Political Rumors) explore cette tendance. Les participants, indépendamment de leur affiliation politique, ont montré une propension à partager des fausses informations concernant divers politiciens américains, qu'ils soient démocrates ou républicains, tels que Bernie Sanders, Ted Cruz, Hillary Clinton et Donald Trump. Selon le chercheur Michael Bang Peterson, les « ingénieurs du chaos » sont plus susceptible d’être en accord avec les affirmations telles que : « Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes de nos institutions, nous devons les démolir et tout recommencer à zéro » ou « J'ai besoin de chaos autour de moi, c'est trop ennuyeux s'il ne se passe rien ».
Qui sont ces ingénieurs du chaos ?
« Ces individus ne sont pas des idéalistes qui cherchent à détruire l'ordre établi afin de construire une société meilleure pour tous » explique Michael Bang Peterson dans une interview dans The Atlantic. Par exemple, un électeur du New Hampshire, bien établi financièrement, a exprimé son désirque Donald Trump « brise le système » pour engendrer « quatre années misérables pour tout le monde ».
Pour certains, le besoin de chaos représente une stratégie de dernier recours pour obtenir une reconnaissance du système. Une métaphore du journaliste Derek Thompson décrit le phénomène :
« Vous êtes un homme d'âge moyen et vous jouez à un jeu, qu'il s'agisse de dames ou d'échecs.Vous avez l'habitude de gagner.Mais vous avez perdu plusieurs fois de suite, et toujours contre les mêmes personnes.Aujourd'hui, vous perdez à nouveau et cela ne vous semble pas normal.Vous n'avez pas fait de faux pas.Quelque chose ne va pas. Quelque chose doit être truqué. Ils doivent tricher.Dans un accès de rage, vous renversez la table et les pièces s'éparpillent et se brisent.Pourquoi faire cela ?Casser le jeu rend la situation pire pour tout le monde.Mais il ne s'agit pas d'améliorer les choses.Il s'agit d'avoir le sentiment d'agir et de contrôler la situation. Il s'agit de ne pas se sentir perdant.On pourrait parler de chaos.Mais au moins, c'est le chaos que vous avez choisi ».
Bien que l’étude ne prenne en compte que la population américaine, on observe des tendances similaires en France. La vieille rumeur, selon laquelle Brigitte Macron serait en réalité un homme transgenre, a récemment repris de l’ampleur après avoir été relayée par la figure américaine pro-Trump Candace Owens. Raphael Llorca, chercheur à la fondation Jean-Jaurès souligne : « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse de porter atteinte aux puissants qui nous dirigent ». Selon lui, cette tendance à propager le chaos n'est pas le fait d'extrémistes, mais plutôt de « citoyens lambdas » qui se laissent emporter par le besoin de déstabiliser les structures de pouvoir établies. Lors de son intervention à l’édition 2023 de Médias en Seine, David Chavalarias, directeur de recherche au CNRS s’alarmait : « la pandémie a créé un terrain très favorable à la remise en cause du système ».Par exemple, les climatosceptiques, issus principalement de la mouvance antivax, propagent des théories du complot visant à déstabiliser les institutions et à semer le doute sur les politiques environnementales. D’après l’étude du chercheur, les algorithmes de recommandation de X concentreraient le pouvoir social entre les mains des comptes les plus toxiques avec une estimation de +80 à +180% de compte nocifs dans le top 1% des influenceurs depuis 2023.
Des chiffres alarmants, d'autant plus que de nombreux politiciens privilégient désormais les influenceurs aux journalistes pour diffuser leur message. Un exemple frappant est celui de Joe Biden, qui a organisé jeudi 28 mars une soirée de levée de fonds, entouré d'influenceurs. Wired explique que la presse était quant à elle « dans la loge ». Les influenceurs ont désormais autant accès au président que les journalistes, et les messages politiques se noient dans le chaos des réseaux sociaux...
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Des ministres entraînés à la « prise de parole médiatique » par des journalistes (Le Monde)
« HugoDécrypte » lance son site d’annonces d’emploi, pour "rapprocher les jeunes des entreprises" (Le Monde)
Quels sites bloquent GPTbot d’OpenAI, Gemini de Google et Claude d’Anthropic en France le 4 avril 2024? (Olivier Martinez)
L’Équipe applique l’IA générative aux commentaires de ses internautes (Mind media)
3 CHIFFRES
Les médias français investissent 3 milliards d’euros par an dans la production de l’information, d'après une étude menée dans le cadre des États généraux de l’information.
Les start-up françaises ont levé seulement 454 millions d'euros en mars, selon le Journal du net.
D'après The Information, OpenAI et Microsoft élaborent des plans pour un centre de données de 100 milliards de dollars connu sous le nom de code Stargate.
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Parmi toutes les offres du New York Times, les utilisateurs passent désormais plus de temps sur les applications de jeux du NYT que sur n'importe quel autre contenu.
Source : Graphique créé par ValueAct Capital, basé sur des données de Yipit et apparu dans un récent rapport de la Sec
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
La "beastification de YouTube" touche peut-être à sa fin (Washington Post)
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
YouTube TV est en passe de devenir la plus grande plateforme de télévision payante aux États-Unis (The Desk.net)
Le New York Times va bientôt vendre ses publicités en fonction de l'"attention", une alternative aux normes du secteur telles que la visibilité et les impressions (Marketing Brew)
Le search génératif de Google est arrivé au Royaume-Uni (BBC)
Comment Google a perdu du terrain dans la course à l'IA (FT)
Google envisage de rendre payante la recherche assistée par l'IA, ce qui constituerait un changement majeur de son modèle économique (Financial Times)
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
Après des mois de persécution, Al Jazeera sera bientôt interdite en Israël (RSF)
Du pizzagate aux élections de 2020, les procès en diffamation obligent les menteurs à payer ou à s’excuser (New York Times)
Un pirate informatique vigilant a mis hors service Internet en Corée du Nord. Maintenant, il retire son masque (Wired)
TrueMedia.org propose des outils pour lutter contre les contenus manipulés par l’intelligence artificielle (New York Times)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
Google accepte de détruire les données de navigation collectées en mode Incognito (The Verge)
Les États-Unis et le Royaume-Uni signent un accord historique sur les tests de sécurité de l'IA (Financial Time)
JOURNALISME
Comment les dirigeants de Vice ont brûlé leur salle de rédaction (The Verge)
Journalistes victimes de la guerre entre Israël et Gaza (CPJ)
Comment l'écosystème de l'information pourrait-il se présenter à l'ère de l'IA générative ? (Reuters Institute)
Le Haut Conseil pour le climat alerte sur un « risque de recul de l’ambition » de la France (Le Monde)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
Yahoo annonce l'acquisition d'Artifact, la plateforme de découverte de l'actualité créée par les cofondateurs d'Instagram, Kevin Systrom et Mike Kriege (Yahoo)
Les imitations de RuPaul's Drag Race générées par l'IA inondent Instagram et TikTok (Wired)
Substack prépare les écrivains à une implosion semblable à celle de Twitter (Home with The Armadillo)
Comment les médias sociaux se sont transformés en centre commercial (Wired)
Pour échapper à l'algorithme, les fashionistas font leur shopping via Substack (Vogue Business)
La campagne Premium "gratuite" de X donne aux gens des chèques bleus qu'ils n'ont pas demandés (The Verge)
TikTok s'adresse à des religieuses, des vétérans et des éleveurs dans le cadre d'une campagne de marketing éclair (New York Times)
IMMERSION, 360, VR, AR
Le jeu de pêche en réalité virtuelle sud-coréen attire 1 million d'utilisateurs (Financial Times)
STREAMING, OTT, SVOD
Le diffuseur de K-Entertainment Kocowa+ poursuit son déploiement avec des lancements en Europe et en Océanie (Deadline)
AUDIO, PODCAST, BORNES
Apple s'intéresse aux podcasts par abonnement (Semafor)
Les PDG de la tech trouvent des animateurs de podcast sympathiques qui les aident à faire passer leurs messages (Bloomberg)
Google Podcasts a disparu - et ma confiance en Google s'en trouve amoindrie (The Verge)
Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT
Google poursuit des escrocs en crypto-monnaies pour avoir incité les gens à investir dans des produits qu'ils ne récupéreront jamais (The Verge)
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
ChatGPT devient accessible (aux US) sans avoir à créer un compte (TechCrunch)
Jon Stewart sur les fausses promesses de l'IA
"J'ai vu mon visage parler une autre langue" : les influenceurs clonés par l'IA (Financial Times)
L'art délicat de l'ingénierie de prompt humaine : Comment parler à une personne comme ChatGPT (ArsTechnica)
Un laboratoire révèle comment les dispositifs de sécurité de l'IA peuvent être facilement contournés (The Guardian)
Une exposition sur la Seconde Guerre mondiale alimentée par l'IA permet aux visiteurs de parler aux héros de la "Grande Génération" (Straight Arrow News)
La boutique GPT d'OpenAI déclenche des plaintes pour violation du droit d'auteur (Wired)
"L'IA vous aide à compenser vos faiblesses", rapporte l’auteur qui a remporté le plus grand prix littéraire japonais avec l’aide de ChatGPT. (El Pais)
On peut désormais éditer des images dans DALL-E (The Verge)
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
Le plan de Spotify pour monétiser les événements en direct (Adweek)
Des marques ont payé pour des publicités sur Forbes.com. Certaines l’ont fait sur un site copié (Wall Street Journal)
Être journaliste requiert aujourd'hui une endurance sans faille. Confrontés à des pressions économiques et politiques croissantes, les professionnels de l'information doivent naviguer avec habileté à travers un océan de contraintes et de fake news. Les Assises internationales du journalisme et de l'information de Tours se sont affichées sous l'étendard du journalisme sportif. Un choix symbolique, anticipant la fièvre des Jeux Olympiques mais soulignant surtout le défi de taille que représente la
Être journaliste requiert aujourd'hui une endurance sans faille. Confrontés à des pressions économiques et politiques croissantes, les professionnels de l'information doivent naviguer avec habileté à travers un océan de contraintes et de fake news. Les Assises internationales du journalisme et de l'information de Tours se sont affichées sous l'étendard du journalisme sportif. Un choix symbolique, anticipant la fièvre des Jeux Olympiques mais soulignant surtout le défi de taille que représente la navigation dans les eaux tumultueuses de l'information en 2024.
Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions
La 17ème édition des Assises internationales du journalisme et de l'information, qui s'est déroulée du 25 au 30 mars à Tours, a été le théâtre de discussions vives autour des défis majeurs auxquels sont confrontés les journalistes. Des sujets aussi divers que l'utilisation de l'IA par les rédactions, le rôle prépondérant de la communication dans le traitement médiatique du sport à l'approche des Jeux Olympiques, les attentes du public français en matière d'information. Sans oublier la place des femmes dans journalisme sportif, trop souvent négligée. Résumé des principaux points.
Le journalisme et l’IA : concrètement, on fait quoi ?
Comment profiter du potentiel de l’IA sans se faire dévorer ? La question a animé de nombreux débats. « Il n’y aura bientôt plus aucun contenu sans IA », a carrément prophétisé Sébastien Soriano, membre du comité de pilotage des États généraux de l’information. Quelle attitude adopter face à cet enjeu majeur et encore mal circonscris ? Florent Rimbert, responsable du développement numérique de l’Alliance de la Presse d’Information Générale (APIG), conseille de conserver « un regard critique » sans tomber dans le « rejet d’office ».
D’abord, les pratiques concrètes
Dans une volonté de démystifier l’arrivée de l’IA dans les médias français, l’événement s’est d’abord centré sur l’échange de pratiques concrètes et les précautions à prendre.
Conférence « Le journalisme et l'IA : concrètement on fait quoi ? », animée par Xavier Eutrope, rédacteur La revue des médias INA
Chez Contexte, un hackathon interne a été organisé au sein des équipes pour imaginer de nouveaux produits utiles aux journalistes et aux abonnés. Au sein du média spécialisé dans les politiques publiques françaises et européennes, les journalistes ont toujours l’œil rivé sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Le site diffuse régulièrement des avis sur des personnalités souhaitant quitter le secteur public pour le privé. Seulement, il n’envoie jamais d’alertes, ni de mail quand un avis est prononcé. « On doit créer un système d’alertes nous-mêmes, par le biais d’un script informatique. Cette pratique nécessite du temps et de faire appel à un développeur », explique Yann Guégan, chargé de l’innovation éditoriale chez Contexte et vice-président du Conseil de déontologie journalistique et de médiation. Lors du hackathon, la rédaction a donc imaginé une IA, s’appuyant sur l’API de ChatGPT capable de créer automatiquement les alertes. « On lui donne l’url de la page à récupérer, lui décrit le tableau qu’on aimerait obtenir, et on lui demande de créer une alerte dès que ce tableau change », poursuit le journaliste.
Au sein du Consortium international des journalistes d’investigation, une organisation derrière les enquêtes cross borders comme les Panama Papers, l’IA est utilisée depuis 2016. « Lors des Panama Papers, il y a eu une fuite de données de plusieurs millions de données d’une complexité folle. Même quand vous impliquez des centaines de journalistes, vous ne pouvez pas tout déchiffrer », explique Pierre Romera Zhang, chef de la technologie du consortium. L’équipe a donc mis en place des outils dit de vision par ordinateur. Ils ont confié à l’ordinateur la mission de décrire des éléments visuels, d’extraire du texte des images. Pour eux, l’intelligence artificielle doit permettre d’automatiser des tâches que les journalistes ne sont physiquement pas capables d’exécuter. « A partir du moment où on sait que les journalistes sont capables de lire tous les documents, on ne va pas demander aux algorithmes de le faire pour nous », poursuit-il. L’utilisation de l’IA entraîne un processus très lourd de fact-checking. Les résultats sont vérifiés par trois personnes différentes. Une quatrième personne est chargée de prendre la décision de publier ou non.
Chez Franceinfo, des outils de détection IA ont été mis en place pour repérer des anomalies dans le flot d’informations. Par exemple, des internautes qui soudainement se mettent à tweeter frénétiquement. « Cette initiative nous a permis de détecter les attentats à l’aéroport de Bruxelles et de Strasbourg avant la sortie de la moindre dépêche AFP », souligne Estelle Cognacq, directrice adjointe Franceinfo.
La déferlante de fake news
Si la désinformation ne date pas de l’arrivée de l’IA, elle a pris une ampleur inédite avec le développement de nouveaux outils. Au cours des neufs derniers mois, il est ainsi devenu pratiquement impossible, même pour les meilleurs experts de distinguer les données réelles de celles générées par l’IA, « nous avons besoin d’une solution logicielle pour ça» rappelle ainsi un récent article de la BBC.Carole Chatelain, ex-directrice de Sciences et Avenir et présidente de l’association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI) s’inquiète notamment des conséquences sur les publications scientifiques. Elle cite ainsi les travaux de Guillaume Cabenac, surnommé deception sleuth (« fin limier de la supercherie » en français), membre de l’Institut de recherche en informatique de Toulouse. Ce dernier a constaté que 3 articles sur 10 000 sont générés par l’IA. « Si cela peut paraître anecdotique, imaginez que sur les 100 000 avions qui volent dans le ciel chaque jour, il y en ait chaque fois 30 qui s’écrasent », contextualisait Guillaume Cabenac dans le Point.
Des fractures à venir
Si le secteur informationnel s’est donné comme objectif la réduction des barrières à l’entrée, l’utilisation de l’IA en tant qu’outil journalistique nécessite certaines ressources financières. Carole Chatelain mentionne ainsi les difficultés pour les journalistes indépendants, moins privilégiés pour accéder aux outils les plus perfectionnés. « Lorsque vous êtes journaliste dans une rédaction, vous bénéficiez des outils que l'entreprise met à disposition. Quand vous êtes un journaliste indépendant, qu’est-ce que vous faites quand ces abonnements coûtent 20 dollars par mois ? », alerte-t-elle.
Elle exprime également son inquiétude quant à la perte d’emploi potentielle due à l’automatisation par l’IA et appelle à des garanties pour préserver les postes. Selon un récent rapport, alertant sur une potentielle “apocalypse de l’emploi”, près de 8 millions d’emplois britanniques pourraient être supprimés perdus au profit de l’intelligence artificielle.
La question de la fracture générationnelle est également soulevée : quel sort pour les journalistes plus âgés, moins familiers de ces nouvelles technologies ? Seront-ils condamnés à être remplacés, ou pourront-ils être formés ?
Le traitement du sport – entre poids de la communication et attente des supporters
La communication, « l’éléphant dans la pièce »
A l’approche des Jeux Olympiques, Jérôme Bouvier, président de Journalisme & Citoyenneté s’interroge : comment la liberté d’informer s’exerce « quand le sport spectacle, proie à des marques privées, édicte des règles de communication bien éloignées de l’olympisme ? ».
La réponse ? Elle s’exerce difficilement. Surtout que le monde sportif obéit à des règles bien spécifiques qu’il est périlleux de contourner. « Le sport est un monde à part. En politique, si vous voulez lever un lièvre, vous allez dans un parti, vous allez voir le copain d’a-côté qui va certainement vous filer des photocopies sur l’autre copain, du même parti. Je ne dis pas que c’est facile, mais il y a des points d’entrée. En sport, il y a une règle, c’est la fameuse phrase : ce qui se passe dans les vestiaires reste dans les vestiaires », analyse Thierry Vildary, journaliste France Télévisions, dans une conférence intitulée Violences, corruption, dopage, quelle investigation dans le journalisme de sport ? « C’est une règle d’omerta qui est encore plus solide que dans la mafia. Il n’y a pas de repenti dans le sport. On se tait ». Et pour les journalistes qui dénoncent les dysfonctionnements dans le monde sportif, les pressions sont nombreuses. « J’ai eu 15 actions en justice en dix ans. Je n’ai jamais perdu », précise Marc Leplongeon, journaliste à l’Équipe. Emmanuelle Anizon, journaliste à l’Obs et autrice de Un si long silence sur la patineuse française Sarah Abitbol, violée par son entraîneur Gilles Beyer à l’âge de 15 ans, confirme : « La pression juridique est forte. Les coups de fil à la direction sont nombreux. On me promet de balancer des boules puantes sur internet. Il m’arrive de ne pas en dormir de la nuit ».
Conférence « Journalistes ou supporters » animée par Louise Audibert, journaliste indépendante
Au-delà de l’investigation, le journalisme sportif se heurte à bien d’autres obstacles. Aujourd’hui, la communication a verrouillé l’accès à l’info spontanée et même les conférences de presse sont accessibles aux seuls incrits – et… aux joueurs eux-mêmes. Surtout dans le milieu du football, le sport le plus regardé en France. Les stars du ballon rond, très présents sur leurs propres réseaux sociaux n’ont pas besoin de relais médiatiques et se suffisant à eux-mêmes. «Le football est l’un des secteurs les plus difficiles. Tout est très encadré. Il est plus facile de faire parler un homme politique, qui aura toujours quelque chose à dérouler, ou un acteur qui devra faire la promotion de son film… Un footballeur de très haut niveau n’a pas grand-chose à vendre. Il a peu d’intérêt à s’exprimer dans les médias », résume Lionel Dangoumau, directeur de la rédaction de l’Équipe. Une armée l’entoure : un communiquant, un juriste, un agent sportif… Difficile d’accéder « à la star » si une relation ne s’est pas nouée avant la célébrité. L’Équipe suit d’ailleurs les athlètes dès le plus jeune âge, pour contourner cet écueil.
Et gare à celui qui voudrait court-circuiter la com’, et ne pas respecter les règles du jeu. Clément Gavard, journaliste chez Sofoot, en a ainsi fait les frais. Après six mois sans réponse positive du service com’ pour l’interview d’un joueur, il le contacte par ses propres moyens et obtient l’interview. Le service com’ est prévenu dès la fin de l’entretien. Et lui promet qu’il n’aura plus aucun joueur en interview.
Les attentes contradictoires des « supporters »
Si les journalistes doivent gérer la muraille de la communication, ils sont également attentifs aux attentes contradictoires de « leurs supporters ». Selon la 7ème édition du baromètre Viavoice Les Assises 2023, qui se penche sur les attentes des citoyens envers les médias et l’utilité du journalisme, plus d’un Français sur deux estime que les journalistes de sport ne sont pas assez neutres et qu’ils affichent leurs préférences. Des attentes qui changent quand l’équipe nationale est sur le terrain. Près d’un Français sur deux (45%) estime que les commentateurs doivent alors montrer leur 'supportérisme' national. Un chiffre qui monte à 65% parmi ceux qui s’informent très régulièrement.
Résultats de la 7ème édition du baromètre Viavoice Les Assises 2023
Pour les journalistes, il s’agit d’un travail d’équilibriste permanent. « L’émotion fait partie du sport. On se doit de le retranscrire. Si on enlève cette part d’émotion, le traitement est un peu dénaturé. Il doit y avoir de l’empathie, mais cela ne doit pas déborder », considère Lionel Dangoumau.
Où sont les femmes ?
Présentation des résultats de l'édition 2024 du Baromètre Viavoice
Des effectifs exclusivement masculins
Le journalisme de sport reste encore une profession et une activité largement occupée par des hommes. Selon une étude de l’Arcom, les femmes ne sont représentées qu’à hauteur de 20% sur les plateaux des émissions consacrées au sport et leur temps de parole y est seulement de 11%. Lors de la présentation du Baromètre, Frédérique Misslin, directrice adjointe RFI, constate que le chemin est encore long pour féminiser les rangs du journalisme sportif : « On a encore de gros progrès à faire. Dans notre service sport, il n’y a que des hommes. Ça fait mal. Peu de femmes tapent à la porte pour participer au service, que ce soit pour des CDD, des piges, un stage ou encore pour une mobilité interne. On fait appel à des consultantes pour les JO pour compenser. On a seulement une émission de foot présentée par une femme. C’est une vitrine ». Si le constat est amer, aucune initiative concrète pour résoudre ce problème n'a été avancée.
Les médias doivent porter le changement
A la question du Baromètre, « à l’avenir, souhaiteriez-vous que davantage de femmes puissent faire ce métier », les Français ont répondu oui à 75%, 9% non et ils sont 16% à ne pas avoir répondu. Pour Cyril Petit, rédacteur en chef délégué au développement éditorial national Ouest France, ces résultats ne sont pas encourageants : «Je trouve inquiétant que 25% des personnes ne disent pas distinctement « oui ». C’est un mouvement global de la société qu’il faut enclencher et nous devons le porter. Le service public le fait par exemple en diffusant des compétitions féminines. »Il faut également encourager le changement, par le choix du vocabulaire employé. « Pourquoi on parle de ligue 1 féminine et simplement de ligue 1 quand il s’agit de joueurs masculins ? Est-ce que demain on ne devrait pas dire ligue 1 masculine ? ».
Conclusion
Les Assises devraient être un endroit propice pour l’introspection et les échanges constructifs. Pour le sociologue Jean-Marie Charon, « l’une des vertus des Assises, c’est que contrairement à nombre d’événements concernant les médias, il n’y a aucune volonté d’évacuer à priori les problèmes et les sujets de débat ». Les sujets qui n’ont pas été suffisamment débattus lors « de procédures très cadrées à l’initiative de l’État », sont « traités à ciel ouvert » aux Assises. Face à des discussions parfois vives, on a parfois eu l’impression d’assister à un festival de langues de bois. Si de nombreux médias sportifs ont assuré s’intéresser au traitement des violences sexuelles dans leurs colonnes, par exemple, aucun n’a instauré de dispositif concret. « Un groupe de réflexion va être mis en place », nous a assuré un dirigeant d’un grand média sportif, sans plus de précision. « Les femmes journalistes qui s’intéressent au sport s’auto-censurent, c’est malheureux, elles n’osent pas venir dans les services », déplore un autre. « Il faut être pro-actif ». A quand une vraie politique d’intégration et de réflexion sur la place des femmes dans le sport ?
États-Unis VS TikTok – Ce mercredi 13 mars, la Chambre des représentants a voté une potentielle interdiction de l’application chinoise dans le pays. Si le sujet est sur la table depuis quelques années (Donald Trump avait lancé les hostilités en 2020, avant de changer d'avis récemment), la menace est cette fois prise très au sérieux par ByteDance, société mère de l’application. Phénomène assez rare, les Démocrates et Républicains semblent s’accorder sur la décision à prendre : « L'impulsion bipa
États-Unis VS TikTok – Ce mercredi 13 mars, la Chambre des représentants a voté une potentielle interdiction de l’application chinoise dans le pays. Si le sujet est sur la table depuis quelques années (Donald Trump avait lancé les hostilités en 2020, avant de changer d'avis récemment), la menace est cette fois prise très au sérieux par ByteDance, société mère de l’application. Phénomène assez rare, les Démocrates et Républicains semblent s’accorder sur la décision à prendre : « L'impulsion bipartite récente pour forcer l'entreprise à se désinvestir marque le défi le plus sérieux pour l'application jusqu'à présent, et elle est maintenant confrontée à un vote incertain au Sénat »analyse the Guardian.
Contexte d’une guerre froide numérique
Mercredi, la Chambre a voté massivement en faveur d'une interdiction, avec 352 membres du Congrès votant pour le projet de loi et seulement 65 s'y opposant. Le Sénat a cependant freiné en proposant d'éventuelles modifications à la mesure, brisant les espoirs des partisans d'une adoption rapide et offrant un sursis potentiel à l'application populaire de courtes vidéos. L’entreprise chinoise a quant à elle qualifié le projet de loi « d'inconstitutionnel ». Dans cette guerre froide numérique, il est loin d'être évident que les États-Unis sortiraient vainqueurs.
La vente de TikTok serait rendue obligatoire dans un délai de six mois à un acheteur approuvé par le gouvernement américain. Si ByteDance refuse de vendre TikTok, il serait illégal pour les magasins d'applications et les sociétés d'hébergement web de distribuer ou de mettre à jour l'application aux États-Unis. Celles qui dérogeraient à la règle s’exposeraient à des pénalités. Une interdiction totale semble donc difficile à mettre en place, mais l’accès pourrait être drastiquement limité. La raison ? Les législateurs craignent un risque pour la sécurité nationale des États-Unis et les données de ses utilisateurs.
reminder why lawmakers are considering a tiktok ban:
-bytedance answers to the ccp
-beijing can weaponize americans’ data
-it's in xi’s best interest to control the algorithm + further polarize americanshttps://t.co/KWCf8dxjD4
De son côté Bytedance affirme que« 60% de l'entreprise appartient à des investisseurs institutionnels mondiaux ». L'entreprise indique également avoir investi plus de 1 milliard de dollars dans un plan visant à stocker les données sensibles des utilisateurs américains sur des serveurs exploités par Oracle, société américaine de cloud computing. Lors de la récente audition des géants de la tech au Congrès, Shou Zi Chew, le CEO de TikTok, avait insité sur ses origines singapouriennes. Pour Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, le vote de la Chambre suivrait une « logique du voleur ». Il souligne : « Quand vous voyez les bonnes choses des autres, vous tentez de vous les approprier ».
Un rachat est-il réellement possible ?
Avec ses 170 millions d'utilisateurs aux États-Unis, TikTok est une acquisition hors de portée pour la plupart des entreprises. Microsoft, Google et Meta sont sous le coup de la loi antitrust, ce qui limite leurs possibilités d'achat. Steven Mnuchin, ancien secrétaire au Trésor controversé sous Donald Trump, a cependant manifesté son intérêt : « C'est une excellente entreprise et je vais constituer un groupe d’investisseurs pour acheter TikTok ».
L’hécatombe pour les créateurs de contenu
Face à la perspective d'une interdiction imminente, plusieurs créateurs expriment leur crainte :« J'achète des articles à des petites entreprises et je les présente sur ma plateforme - je les mets en valeur », a déclaré Ophelia Nichols, une créatrice basée en Alabama aux 12 millions d’abonnés. En Inde où l’application a été interdite en 2020, de nombreux créateurs peinent à faire repartir leur modèle économique: « La manière dont on gagnait en visibilité et en abonnés sur TikTok est [encore] incomparable à toute autre plateforme disponible pour le moment »,a déclaré Clyde Fernandes, directeur exécutif chez Opraahfx, une agence de marketing et de gestion d'influenceurs.
De son côté, Jason Koebler, le cofondateur de 404 Media se demande comment le gouvernement américain peut supprimer TikTok « sans violer les droits de liberté d'expression de millions d'Américains et nous mettre sur la voie où un internet relativement ouvert et mondial devient de plus en plus géographiquement cloisonné ».
Affaire à suivre…
CETTE SEMAINE EN FRANCE
L'AI Act : un premier texte qui omet les enjeux informationnels (RSF)
Le marché français de la musique pénalisé par la faiblesse des abonnements en streaming (Le Monde)
Intelligence artificielle : un accord de partenariat entre « Le Monde » et OpenAI (Le Monde)
L'année dernière, Google a versé environ 10 millions de dollars à 632 chercheurs pour avoir trouvé et signalé des failles de sécurité dans ses produits et services, d’après Bleeping Computer.
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Les Français préfèrent les journalistes aux algorithmes
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
Comment lutter contre la pollution du web ? (The Atlantic)
Bernard Arnault rivalise avec Bezos et Musk en termes de richesse et d'influence sur les médias (Wall Street Journal)
L'IA au service de l'information : le nouveau responsable de l'IA du New York Times explique ce que cette technologie puissante peut apporter au journalisme (Reuters Institute)
Kate Middleton et la fin de la réalité partagée (The Atlantic)
Mettre fin à l’enfance basée sur le téléphone dès maintenant (The Atlantic)
Lueurs d’espoirs dans un paysage médiatique morose (New York Times)
Kate Middleton et l'espoir dans l'enfer de l'information (CJR)
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
L'IA pourrait constituer une menace d'extinction pour l'homme, selon un nouveau rapport commandé par le département d'État américain (CNN)
OpenAI a signé avec le plus grand groupe de média espagnol Prisa et le Monde (OpenAI)
Le Monde devient le premier média français à signer un partenariat avec OpenAI.
ChatGPT utilisera les contenus du journal pour plus de pertinence. Le Monde touchera des revenus conséquents en contrepartie et pourra développer des fonctionnalités IA.https://t.co/WpA6UEuBdw
Une « loi sur la liberté des médias » en UE, pour protéger les journalistes et lutter contre les ingérences politiques, a été votée par le Parlement (Le Monde)
BREAKING: The European Commission sent formal requests to Bing, Facebook, Google Search, Instagram, Snapchat, TikTok, YouTube, and X:
Following these companies' designation as Very Large Online Platforms (VLOPs) or Very Large Online Search Engines (VLOSEs) by the DSA, the… pic.twitter.com/OTeFS3OeWC
La baisse de la diffusion des quotidiens britanniques s'élève en moyenne à 19 % au second semestre 2023 (Press Gazette)
Les gens se font plus confiance qu'ils ne font confiance aux informations. Ils ne devraient pas (Columbia Review)
Meta est prêt à abandonner l'information dans l'Illinois s'il est contraint de payer les éditeurs locaux (The Verge)
Une liste de subventions et de bourses destinées spécifiquement aux personnes qui s’identifient comme femmes et / ou à la réalisation de reportages sur les femmes (GIJN)
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
Mona Chalabi parle de la narration, du pouvoir des données et de la couverture de la Palestine (The Verge)
ENVIRONNEMENT
Les réparations de téléphones et d'ordinateurs portables deviennent mainstream, grâce à l'action d'iFixit (Cnet)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
Comment ByteDance pourrait sauver TikTok d'une interdiction aux États-Unis (Axios)
Le long et difficile chemin de Reddit vers l'introduction en bourse (New York Times)
L'ancien secrétaire au Trésor Steven Mnuchin est intéressé par le rachat de TikTok (CNN)
L'autorité de régulation italienne inflige une amende de 11 millions de dollars à TikTok (Reuters)
Les contenus violents en ligne sont "inévitables" pour les enfants britanniques, selon l'Ofcom (The Guardian)
Le New York Times rejette l'allégation de "piratage" de l'OpenAI dans le cadre de la lutte contre le droit d'auteur (Reuters)
Ces enfants ont enrichi leurs parents influenceurs. Verront-ils un centime de cet argent ? (Cosmopolitan)
Qui pourrait acheter TikTok ? Découvrez les personnes susceptibles d'acquérir l'application (NBC News)
Instagram joue la carte du long terme face à TikTok, et est en train de gagner (Business Insider)
IMMERSION, 360, VR, AR
L'ancien directeur d'Oculus chez Meta (et auparavant cadre chez Google) donne son avis sur le Vision Pro (Hugo’s Blog)
STREAMING, OTT, SVOD
YouTube remanie son application TV pour faciliter les achats (The Verge)
AUDIO, PODCAST, BORNES
Neil Young reviendra sur Spotify après un boycott de deux ans en raison de Joe Rogan (Wall Street Journal)
Spotify ajoute des vidéos musicales en version bêta dans certains pays - les Etats-Unis n'en font pas partie (TechCrunch)
Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT
Un juge estime qu'un informaticien n'est pas l'inventeur du bitcoin (BBC)
Ce que l'histoire de Kate Middleton nous apprend sur le bitcoin (Financial Times)
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
Entretien avec Mira Murati, directrice technique d'OpenAI, à propos de Sora et de son plan de déploiement (Wall Street Journal)
Les vidéos IA de Sora sont facilement confondues avec des images réelles lors d'un test auprès de consomateurs US (Variety)
Les journalistes alimentent l'engouement pour l'IA (BBC)
Les accords d'OpenAI avec les éditeurs pourraient poser des problèmes à ses rivaux (TechCrunch)
Oubliez les chatbots. Les agents d'intelligence artificielle sont l'avenir (Wired)
Apple a discrètement acheté la startup canadienne d'IA DarwinAI (Bloomberg)
Google Deep Mind présente SIMA : un agent d'intelligence artificielle polyvalent pour les environnements 3D (DeepMind)
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
NewsGuard propose aux marques une veille sur les “fake news” (CBNews)
L'éventuelle interdiction de TikTok aux États-Unis préoccupe les spécialistes du marketing (Digiday)
AP lance un site de commerce électronique avec Taboola (Axios)
Plus l'époque est teintée d'incertitude, plus les enthousiastes de la futurologie se hâtent de rejoindre la file d'attente à SXSW pour s'assurer une place et boire les paroles d'Amy Webb sur les tendances qui façonneront l'année à venir. En 2024, l'incertitude semble avoir atteint son paroxysme, avec des gens qui patientaient pendant 3 heures pour venir écouter la directrice du Future Today Institute. Et l’attente en valait la peine pour les adeptes de néologismes, avec pléthore de nouveaux term
Plus l'époque est teintée d'incertitude, plus les enthousiastes de la futurologie se hâtent de rejoindre la file d'attente à SXSW pour s'assurer une place et boire les paroles d'Amy Webb sur les tendances qui façonneront l'année à venir. En 2024, l'incertitude semble avoir atteint son paroxysme, avec des gens qui patientaient pendant 3 heures pour venir écouter la directrice du Future Today Institute. Et l’attente en valait la peine pour les adeptes de néologismes, avec pléthore de nouveaux termes (supercycle technologique, FUD, Gen T, LAM, IO, Face Computers, explications voir ci-dessous) censés aider à rendre moins flou notre avenir, accompagnés de quelques scénarios catastrophe et bien-sûr d’une bonne dose d’IA générative.
Par Kati Bremme, Directrice de l’Innovation et Rédactrice en chef Méta-Media
Et il a fallu attendre encore quinze minutes de plus à la suite d’un problème technique avec sa présentation (Amy Webb s’avouera coupable du syndrome de « Je-n’envoie-pas-mes-slides-à-l’avance-parce-que-je-veux-les-mettre-à-jour-jusqu’à-la-dernière-minute »), avant que le public ne puisse découvrir les « tendances pas tendance » (les trends not trendy). Elle en détaille 3 principales, tirées des 1000 pages du rapport du Future Today Institute, qui regroupe à la fois nouvelles technologies et industries : L’Intelligence Artificielle, technologie à usage général au même titre que l’électricité, la machine à vapeur ou Internet, l’écosystème connecté des objets et la biotechnologie.
FUD (Fear Uncertainty Doubt) face au supercycle technologique
Et comme pour rassurer ses auditeurs en quête de réponses, Amy Webb déclare que nous vivons effectivement dans « l'environnement opérationnel le plus complexe » qu’elle n’ait vu en 20 ans, un nouveau « supercycle technologique » (Technological Supercycle). Et le problème de notre époque est que les dirigeants, dépassés par la vitesse d’évolution du monde qui nous entourne, rempli de FUD (Fear Uncertainty Doubt / Peur Incertitude Doute), prennent des décisions basées sur une combinaison de peur simple et de FOMO (Fear of Missing Out, peur de passer à côté) sans même parfois avoir commencé leur transformation digitale.
Nous sommes tous concernés, rassemblés dans une nouvelle génération : la Génération Transformation, qui est forcée de se transformer à une vitesse bien plus rapide qu’elle n’est capable de comprendre ce qui lui arrive. Même s’il persiste des éléments de stabilité. L’année dernière, Amy Webb avait testé les LLM sur leur tendance aux biais (qui ne font que traduire les dysfonctionnements du monde réel) en leur demandant de dessiner l’image d’un CEO. Impossible de sortir autre chose qu’un homme blanc avec des tempes grisonnantes.
Elle répète l’exercice un an après, et même en tordant le prompt en ajoutant qu’il s’agit d’un CEO d’une usine qui fabrique des produits hygiéniques pour femmes, le résultat reste le même :
Illustration d’un CEO d’une usine à tampons, vu par ChatGPT4
Un jour après la Journée de la femme, il y a définitivement du progrès à faire, qu’il s’agisse de Midjourney, DALL-E ou Anthropic. La première tendance IA est donc logiquement la responsabilité. Les équipes éthiques ne sont toujours pas considérées comme des parties prenantes, et l’apprentissage par renforcement ridiculement agressif de type Google Gemini ne résout pas non plus le problème de base.
La deuxième tendance évoquée autour de l’IA : le « Concept to Concrete ». Après le text2text, le text2image, le text2code et même le text2flirt, la tendance va des instructions littérales pour des réponses littérales aux concepts pour une pensée assistée (Pica, Sora sont quelques exemples). Plus besoin de prompt engineers, on pourra bientôt penser ce que l’on veut faire faire à l’IA. Tout ceci devant la troisième tendance : L’IA non sécurisée. L'ère pionnière où les entreprises divulgaient des articles scientifiques relatifs à leurs travaux sur l'intelligence artificielle générative est révolue, les enjeux financiers étant désormais bien trop importants.
Présentation du Future Today Institute
Contrairement à ce qui est chéri en Europe, la culture américaine ne voit pas d’un bon œil les modèles Open Source comme Llama 2 (on se souvient de l’épisode Llama 2 Uncensored). Amy Webb évoque quand même le vent capable de dégager le ciel dans la vallée de la Rhône, en parlant de Mistral, tout en s’étonnant que la startup française ait publié son modèle sous la forme peu habituelle de torrent (format peer to peer), allant à l’encontre de toute gestion de droit de propriété intellectuelle et de sécurité et contrôle, une preuve pour la directrice du Future Today Institute que les modèles non sécurisés deviendraient de plus en plus fous.
Et pour l’instant, l’IA n’a pas besoin de licence, elle ne va pas en prison au cas où elle ferait du mal à quelqu’un.
En attendant, l’IA a besoin de données pour s’alimenter, ce qui nous amène à la prochaine tendance : les LAM, les Large Action Models. Dans l’écosystème connecté des Objets, on arrive bientôt au bout des données disponibles, les LLM ont besoin de nouvelles données. La solution : des sensors partout, des objets connectés portables, censés nous faire interagir de façon innovante, mais secrètement captant toutes nos émotions pour alimenter de grands modèles - non plus du langage -, mais d'action, et pour prédire nos envies. Amy Webb parle d’une explosion cambrienne des appareils connectés, avec quelques-uns qui sembleront bizarres, mais d’autres (comme PockEngine, ou encore Rabbit R1 présenté au CES cette année) qui seront capables de traiter des données qui ne sont pas du texte, et qui seront notre nouveau réseau neuronal portable personnel, une sorte de deuxième cerveau dans la poche (un smartphone puissance 100), et qui apprendront de nos actions de tous les jours.
Une cinquième tendance, qui va dans le même sens : Face Computers everywhere (impossible de traduire en français cette expression entendue plusieurs fois ici à Austin. Ordinateurs faciaux ??). Il est ici question de l’Apple Vision Pro, un ordinateur que l’on s’attache au visage, et qui, selon Amy Webb, dans 18 itérations (ce qu’il a fallu à l’iPhone pour devenir grand public) pourrait conquérir le monde des objets connectés à nos émotions et à nos cerveaux qui alimentent l’Internet spatial. La prochaine étape est donc la « Battle for Face Supremacy » (même problème de traduction, la bataille pour la suprématie au visage ??). L’humain devient la prochaine interface, avec des scénarios de futur peu souhaitables : Que se passe-t-il lorsque mon grand modèle d'action hallucine ? Et si les objets connectés conduisaient à un système de crédit social à la chinoise ?
Le supermarché du futur imaginé par Amy Webb
On pourrait utiliser notre capacité d’attention pour des récompenses, par exemple au supermarché. La fracture numérique deviendra alors encore plus économique, entre ceux qui pourront payer pour un Adblocker dans leur casque, et ceux qui devront attendre le passage de la publicité avant de pouvoir faire leurs achats pour ne pas être victime d’une tarification dynamique (Pas d’attention, pas de coupon).
Ou on pourra même utiliser nos séquences de vie pour prédire la mort. Bienvenue dans les Large Death Model, les grands modèles de la fin de vie, le saint graal de tout assureur.
Pour l’industrie des médias les impacts directs (en bleu clair, les plus lointains sont en rouge, on aurait bien inversé ces codes couleur) se situent du côté des : IA, IA générative, AR/VR/XR, métavers (il est toujours là) et Web3
Encadré (sujet non traité dans sa conférence, mais dans les 1000 pages du rapport) AI et news : Concentrez-vous sur la valeur, pas sur les outils
Lorsqu'il s’agit des technologies implémentées dans les rédactions, selon le Tech Trends Report, l'accent devrait être mis sur la création de valeur plutôt que sur les outils eux-mêmes. Quand des startups lancent quotidiennement de nouvelles applications d'IA, leur impact durable sur l’information reste incertain. Il est alors crucial d'évaluer comment ces technologies modifient la création de valeur, notamment dans l’info, et de comprendre les implications de l'intégration de ces outils technologiques dans le processus éditorial et la chaîne de valeur des médias.
Grâce à l'intelligence artificielle, les lecteurs peuvent accéder à une quantité d'informations sans précédent. La capacité à explorer et à synthétiser l'information efficacement pourra établir un intermédiaire inédit entre les éditeurs et leur public. Les médias se demandent s’ils peuvent encore capter leur audience directement ou si le public ne préfère pas obtenir ses informations via des résumés automatiques dans la recherche, des interfaces conversationnelles ou des nouvelles plateformes auxquelles on ne pense même pas encore. En tout cas, les formats sous lesquels le public consomme l’information seront de plus en plus variés et fluides.
Blacklight de The Markup
Dans ce nouveau contexte, les médias doivent embaucher des employés ayant des compétences techniques similaires à celles recherchées dans les entreprises de tech. Quand les journalistes maîtrisent les compétences techniques (en complément à leur sens éditorial), cela donne lieu à des réalisations impressionnantes. The Markup a consacré 18 mois au développement de Blacklight, un outil d'analyse des traceurs sur les sites internet, tandis que The Wall Street Journal a élaboré un réseau de bots pour déconstruire et décrire le fonctionnement de l'algorithme de TikTok.
Les outils d'intelligence artificielle générative réduisent les obstacles à la diffusion de fake news à grande échelle, rendant la quête de solutions efficaces contre la désinformation et la mésinformation de plus en plus urgente. Cette urgence est exacerbée par la propension de l'IA à affirmer des inexactitudes avec assurance. Google a bien intégré une fonctionnalité permettant de "vérifier" les réponses de Bard (désormais Gemini) via une interface de vérification des faits par codes couleurs. L'expérience de chat de Bing peut fournir des notes de bas de page pour étayer ses affirmations. Des solutions de ce type seront cruciales pour renforcer la confiance des consommateurs dans les résultats fournis par l'IA et pour éviter que les "hallucinations" de l'IA ne viennent détourner le débat public.
Le journalisme sensoriel
Avec l'avènement des technologies immersives dans le grand public, les journalistes acquièrent une nouvelle capacité : celle de narrer des récits qui sollicitent directement les sens des auditeurs. Ce nouvel horizon narratif, qui forge des connexions émotionnelles profondes entre les protagonistes des récits et le public, s'accompagne toutefois de défis éthiques inédits que les journalistes devront comprendre et soulever.
Scénario News 2027 (plutôt 2025, ndlr) :
Et si les rédactions étaient remplacées par une IA capable de résumer le monde ? L'essor des technologies d'intelligence artificielle générative transforme radicalement la manière dont l'information est consommée, avec des modèles de langage avancés qui offrent des résumés d'actualités personnalisés en temps réel. Des systèmes comme iOS et Android intègrent désormais des briefings d'actualités basés sur les interactions personnelles des utilisateurs et de l'info internationale, créant des synthèses minutieuses qui englobent une variété de sources, des médias sociaux aux sites d'informations et bien au-delà. Cette personnalisation pousse l'engagement utilisateur, faisant des appareils un pivot central dans la compréhension du monde par le consommateur.
Cette innovation pose des défis majeurs pour les médias traditionnels. Peu de journaux réussissent à négocier des accords de licence profitables avec les géants de la tech, tandis que la majorité lutte pour leur survie, incapable de prouver l'impact de leur travail dans un écosystème où la transparence des plateformes fait défaut. L'interaction directe entre les consommateurs et les médias historiques décline, soulevant des questions sur l'avenir de l'information de qualité et la responsabilité des plateformes dans la diffusion de l'actualité.
Dernière tendance présentée par Amy Webb : la Biotechnologie. Comme la loi de Moore est en train de faillir, ce sont les ADN et ARN qui viendront au secours des puces. Des technologies comme Groq (à ne pas confondre avec Grok d’Elon Musk) pourraient permettre à ChatGPT de tourner 14 fois plus vite. La biologie générative (DeepMind GNoME) nous mène à l’Intelligence organoïde (IO) qui utilise des morceaux de tissu organique, comme dans une expérimentation de la Johns Hopkins University. On pourra fabriquer des Biocomputeurs composés de cellules de cerveau humaines, faire pousser des ordinateurs plutôt que les construire, même à partir de nos propres cellules. Et si on prenait des vacances ?
Les organes-sur-puce sont de petits dispositifs qui contiennent de minuscules morceaux de tissu humain à l'intérieur, et ils sont spécialement conçus pour maintenir les tissus fonctionnels comme ils le seraient dans le corps humain. Crédit image : Penn Medicine News
Il paraît que ce n’est pas la technologie qui est le problème, mais la façon dont les gens l’utilisent. Peut-on faire confiance aux messies de la tech qui mèneront peut-être bientôt des tests biotech dans des zones économiques pauvres ? Amy Webb appelle les gouvernements à installer des « Départements de la Transition » (« peu importe quel âge ils ont»), et les entreprises à se souvenir de leur écosystème de valeurs. Sa présentation a permis de mettre de nouveaux mots sur des tendances et réalités déjà connues, qui restent malgré tout assez pixellisées. On devrait peut-être poser la question à ChatGPT, comment on pourra au mieux suivre le conseil d’Amy Webb de se « battre pour notre avenir ». En tout cas, il faut se dépécher, le Futur est déjà bien arrivé aujourd’hui.
Images générées par Le Future Today Institute, avec Midjourney
Comment éviter la rupture définitive ? Les jeunes s’intéressent à l’info, mais fuient les médias traditionnels. D'un autre monde, sensationnalistes, à côté de la plaque, trop négatifs : les médias classiques n'ont pas bonne presse auprès de la génération Z. « Le mantra des médias a souvent été « si ça saigne, ça intéresse » », reconnaît Jodie Jackson, directrice du News Literacy Lab. L’info circule désormais par des portes dérobées : les créateurs de contenu et célébrités. Aux Etats-Unis, Plain
Comment éviter la rupture définitive ? Les jeunes s’intéressent à l’info, mais fuient les médias traditionnels. D'un autre monde, sensationnalistes, à côté de la plaque, trop négatifs : les médias classiques n'ont pas bonne presse auprès de la génération Z. « Le mantra des médias a souvent été « si ça saigne, ça intéresse » », reconnaît Jodie Jackson, directrice du News Literacy Lab. L’info circule désormais par des portes dérobées : les créateurs de contenu et célébrités. Aux Etats-Unis, Plain Bagel, créateur de contenu d’investissement, Marques Brownlee, créateur de contenu spécialisé dans la tech, HasanAbi, vidéaste politique, dominent « le marché », avec l’essor de « l’infotainment ».
Face à ce constat, une question cruciale se pose : comment gagner la confiance de ce public exigeant, avant qu’il ne soit trop tard ? Publié début mars,le nouveau rapport de FT Stratégies, du KnightLab de l’université Northwestern et de la Google News Initiative confirme ce décalage important entre les préférences de la génération Z en matière d’actualités et les offres actuelles. Et propose quelques pistes pour déjouer la lassitude de cette audience recherchée.
1Ne pas nier la valeur du vécu
S’appuyer uniquement sur sa marque pour établir sa crédibilité auprès d’un public jeune est une erreur. Pour les jeunes « consommateurs » d’information, la crédibilité repose davantage sur le vécu – les expériences, les défis – qu’un individu accumule tout au long de sa vie. Partager ses expériences, dire d’où l’on vient, renforce l’authenticité et la capacité à se connecter avec le public sur certains sujets. Une des erreurs communes est souvent de promouvoir et mettre en avant des journalistes les plus anciens, même s’ils ne reflètent pas l’identité ou les expériences de leur public cible.
Le média d’investigation Guiti News, spécialisé dans les questions migratoires, a rédigé de courtes biographies sur chacun de ses journalistes. Chacune est écrite par un collège de la rédaction et explique généralement pourquoi ils souhaitent couvrir ce sujet et ce qui les rend aptes à le faire.
2S’allier avec les créateurs de contenus
Morning Brew a mis en place un programme de créateurs qui permet aux personnalités des médias sociaux de travailler pour l’entreprise tout en restant indépendants. Le rapport souligne la nécessité de créer de nouveaux postes au sein de la production d’information, comme responsable des relations avec les créateurs – pour faciliter la définition des partenariats. Ces alliances doivent être « abordées avec beaucoup de doigté, dans le respect des normes journalistiques ».
3Être humble !
Les politiques de correction devraient être plus cohérentes et transparentes sur les erreurs et les modifications apportées ultérieurement à la couverture. Le média TDLR News se plie à l’exercice, avec un certain succès. Tous les six mois, le média produit une vidéo dans lequel ils répondent exclusivement aux commentaires négatifs de la communauté. « Ce sont les vidéos qui suscitent le plus d’intérêt, avec de très bon retours », se félicite Jack Kelly, fondateur de TDLR News.
Les journalistes devraient aussi interagir davantage sur les réseaux sociaux, avec l’utilisation de tactiques telles que le « stitching » sur TikTok, ou le « remixage » sur Instagram, qui permettent aux utilisateurs de se répondre en intégrant la vidéo de quelqu’un d’autre dans la leur, comme le fait Underthedesknews sur TikTok.
4Utiliser l’IA générative
L’IA générative peut être utilisé pour « céder » le contrôle des formats « à la prochaine génération ». Cette utilisation permettrait de répondre à ses préférences en matière de format et de mode de consommation. La BBC, en collaboration avec l’Institute of Engineering and Technology, a récemment partagé une démonstration d’un outil qui permet au consommateur de modifier la longueur, les fonctionnalités et le contenu d’une vidéo en fonction de ses préférences ou de ses besoins.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Une étude de l'Unesco alerte sur les préjugés sexistes générés par l'IA générative (Unesco)
« Politico » veut passer la vitesse supérieure en France (Le Monde)
3 CHIFFRES - Spécial Journée internationale des droits des femmes
D'après l'Arcom, si les présentatrices sont représentées à parité depuis 2022, les invitées (expertes, politiques et autres) et les journalistes / chroniqueuses, dont la représentation progresse tendanciellement depuis 2016, restent néanmoins minoritaires : 41% en 2023.
Les médias de service public sont à l'avant-garde de l'équilibre hommes-femmes sur le lieu de travail en Europe, selon EBU. Les médias de service public emploient directement plus de 100 000 femmes, soit 47 % des employés.
34% des Français estiment que le traitement médiatique est plus mauvais pour les femmes que pour les hommes. 40% des Français ont le même sentiment pour les réseaux sociaux, d'après Ipsos.
SXSW, Jour 1 : 8 mars, Paroles de femmes
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
Dans l'univers des spammeurs de TikTok et des outils d'IA qui les alimentent (404media)
La peur qui a inspiré la création d'OpenAI (Wired)
Les experts chinois de TikTok apprennent aux Américains à vendre (Rest of World)
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
Pékin entend se débarasser vite de sa dépendance aux technologies US (Wall Street Journal)
Google veut rediriger le trafic des blogs de spam générés par l'IA vers des sites web légitimes (The Verge)
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
Une nouvelle technologie qui montre l'authenticité des images et des vidéos est lancée sur BBC News (BBC)
Une série de faux sites d'information ayant des liens avec la Russie apparaissent aux États-Unis (New York Times)
Le président populiste d'Argentine ferme la principale agence de presse du pays (Buenos Aires Herald)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
Les nouvelles règles de concurrence de l'UE entrent en vigueur (The Verge)
Pornhub poursuit l'UE au sujet de la réglementation sur le contenu en ligne (Politico)
JOURNALISME
Condé Nast déclare que l'entreprise n'a pas atteint son objectif de chiffre d'affaires en 2023 (Axios)
CNN est le site d'information qui a connu la plus forte croissance parmi les dix premiers sites web en janvier (Press Gazette)
Les Palestiniens ont du mal à se connecter et à obtenir des informations dans le cadre de la fermeture des réseaux numériques à Gaza (Reuters Institute)
Les médias australiens pourraient demander à Meta de les rémunérer pour le contenu utilisé pour former l'IA (The Guardian)
Seuls 24 % des rédacteurs en chef de 12 pays sont des femmes (Reuters Institute)
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
The Guardian lance une newsletter hebdomadaire sur Taylor Swift (The Guardian)
Les vidéos plus longues de TikTok sont là pour durer (The Verge)
ENVIRONNEMENT
Selon un nouveau rapport, l'IA augmentera probablement la consommation d'énergie et accélérera la désinformation sur le climat (The Guardian)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
Le projet d'interdiction de TikTok aux États-Unis pourrait concerner toutes les applications chinoises (Mashable)
Meta indique que l'accès est rétabli après la panne de Facebook et d'Instagram (New York Times)
Le président Biden interdirait TikTok. Mais le candidat Biden l'utilise pour sa campagne (npr)
LinkedIn mise sur l'information alors que ses concurrents sociaux reculent (Axios)
Meta abandonne les victimes de piratage informatique, drainant ainsi les ressources des forces de l'ordre (Wired)
Reddit lance un outil doté d'une intelligence artificielle pour détecter le harcèlement en ligne (Mashable)
IMMERSION, 360, VR, AR
La panne de Meta a également entraîné l'arrêt des casques VR Quest, mais l'entreprise tente de remédier à ce problème (The Verge)
The article is quite accurate. Quest already works offline, but in this instance our login servers had a bug and were returning responses the headset didn’t expect which made the sessions invslid. We’ll work to make it more resilient to this super rare condition.
Devant les créateurs de contenu, chaque plateforme se pavane. Dernièrement, YouTube a lancé une énième opération séduction auprès de ses poules aux œufs d’or. Dans une lettre sur ses “paris pour 2024”, publiée ce 6 janvier, la plateforme explique vouloir se battre pour une meilleure reconnaissance des créateurs de contenus. Pour Neal Mohan, le patron de YouTube, ils doivent être considérés comme des “studios de nouvelle génération”. “La plupart des gouvernements ne prennent pas en compte les cré
Devant les créateurs de contenu, chaque plateforme se pavane. Dernièrement, YouTube a lancé une énième opération séduction auprès de ses poules aux œufs d’or. Dans une lettre sur ses “paris pour 2024”, publiée ce 6 janvier, la plateforme explique vouloir se battre pour une meilleure reconnaissance des créateurs de contenus. Pour Neal Mohan, le patron de YouTube, ils doivent être considérés comme des “studios de nouvelle génération”. “La plupart des gouvernements ne prennent pas en compte les créateurs dans leurs données sur l’emploi”, a-t-il déploré. YouTube aurait remis plus de 70 milliards de dollars aux créateurs, aux artistes, et aux sociétés des médias ces trois dernières années, par le biais du YouTube Partner Program.
At @YouTube, we’re excited about what’s ahead this year. Today I’m sharing 4 big bets we’re making in 2024, starting with how we’re using AI to empower human creativity. We want to help everyone create. https://t.co/oLJck6hXXh 1/4 pic.twitter.com/W4p0bGMn6K
Ces chiffres encouragent des créateurs de contenus, toujours plus nombreux. A une époque marquée par l’insécurité du travail, chacun veut développer sa propre marque, assurer ses arrières. Le contenu en soi importe peu. L’important reste de produire et de pratiquer une auto-promotion constante sur les réseaux sociaux. “Il faut crier dans le vide numérique et dire à tout le monde à quel point on est génial. Tout ce qui compte, c’est combien de personnes vous croient”, ironise Vox dans un article très fouillé intitulé Tout le monde est vendu maintenant. Dans une interview donnée au Guardian, l’auteure Naomie Klein a déclaré que le plus grand changement dans le monde depuis No Logo, paru en 1999, était que “le néolibéralisme a créé tellement de précarité que la marchandisation de soi est maintenant considéré comme le seul moyen d’atteindre une certaine sécurité économique. De plus, les réseaux sociaux nous ont donné les outils pour nous commercialiser sans arrêt”.
Sauf que, le marché sature. Pour ceux qui souhaitent être rémunérés directement, il est difficile de percer. L’offre dépasse largement la demande, avec une explosion de chaînes YouTube, de podcasts, de newsletters Substack. “Le rapport signal/bruit est complètement déséquilibré”, pointe la journaliste Joan Westenberg. Pour elle, la théorie des 1000 vrais fans “que l’on nous vend depuis 15 ans” est un mythe. Les données de Patreon et de Substack indiquent que le taux de conversion moyen d’un follower en fan payant est d’environ 5%. “Cela signifie qu’un créateur aurait besoin d’une fanbase totale de 20 000 adeptes pour obtenir 1000 supporters payants”, constate la journaliste. Or, il s’agit d’un pari presque impossible dans cette économie de l’attention infernale et surchargée.
De nouveaux concurrents viennent barrer la route des créateurs de contenu “de bonne foi” : le contenu sur les théories du complot généré par l’IA est en train de devenir une “niche” populaire pour gagner de l’argent en ligne, alerte Media Matters. Grâce à des programmes de synthèse vocale comme Eleven Labs, des escrocs produisent très rapidement (et presque sans effort) des vidéos de plus de 60 secondes. Sachant que la version bêta du programme de créativité sur TikTok rémunère les créateurs pour les vidéos de plus d’une minute…
CETTE SEMAINE EN FRANCE
Rachida Dati plaide pour une holding de l'audiovisuel public (Les Echos)
La presse de Bayard (La Croix, Notre temps, Phosphore...) s’enfonce dans le rouge (L’Informé)
Après les sénateurs, les députés adoptent un amendement qui remet en cause la loi de 1881 sur la presse (Le Monde)
Médias : le pure player Konbini racheté par le groupe DC Company, propriétaire du Gorafi (Konbini)
Loana, qui a raconté son viol, sacrifiée sur l’autel de « TPMP » (Le Monde)
La famille Arnault prête à entrer au capital de Webedia (Le Figaro)
3 CHIFFRES
7.000 milliards de dollars (presque 3x le PIB de la France), c'est la somme que veut lever Sam Altman, pour "transformer" le marché des puces et de l'IA, selon le Wall Street Journal
YouTube a réalisé 9,2 milliards de dollars de revenus (+15,5% sur un an) au quatrième trimestre 2024, et les abonnements payants (streaming de musique et/ou vidéo) rapportent désormais 15 milliards de dollars par an à Google.
Bluesky a ajouté plus de 850 000 nouveaux utilisateurs le lendemain de son ouverture au public, sans invitation nécessaire.
After opening access yesterday, Bluesky has crossed 4M users!
• 850k+ new users have signed up
• Averaged 8.5 new accounts/second
• 2M posts were created in the last 24 hours
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
Guerre de l’information : des armées d’influenceurs au service d’Israël (Mediapart)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
Meta et TikTok attaquent l'UE en justice au sujet du règlement sur le contenu en ligne (Politico)
Droits voisins : l'Autorité de la concurrence regarde de près de Bard, l'IA de Google (Les Echos)
Le Royaume-Uni et la France proposent des règles pour lutter contre l'utilisation abusive des logiciels espions (Politico)
JOURNALISME
El País lance une édition imprimée remaniée pour une meilleure lisibilité (El Pais)
Les États-Unis vont imposer des restrictions en matière de visas aux personnes qui utilisent abusivement des logiciels espions pour cibler des journalistes et des militants (Associated Press)
Le journalisme sportif vous manquera quand il aura disparu (The Atlantic)
Avec la publicité pour les jeux, le New York Times mise sur l'habitude (Adweek)
Une société de médias en ligne lance un plan de couverture des élections pour la génération Z (Washington Post)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
Snap est la dernière entreprise technologique à supprimer des emplois, en licenciant 10 % de son personnel (Axios)
Disney, Fox et Warner Bros. s'associent pour proposer un service de streaming sportif (New York Times)
AUDIO, PODCAST, BORNES
Spotify gagne 10 millions d'abonnés Premium supplémentaires (Variety)
Spotify est désormais le deuxième plus grand fournisseur de livres audio après Audible (TechCrunch)
Le nouveau contrat de Spotify avec Joe Rogan boucle la boucle (Vulture)
Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT
Craig Wright prétend être le créateur de Bitcoin, Satoshi Nakamoto. Peut-il le prouver devant un tribunal ? (Wired)
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
L'IA de Google porte désormais un nouveau nom : Gemini (The Verge)
We just crossed 100M Google One subscribers! Looking forward to building on that momentum with our new AI Premium Plan (launched yesterday) offering AI features like Gemini Advanced, plus Gemini in Gmail, Docs + more coming soon. https://t.co/m7zAVop7P6pic.twitter.com/sMdwJeq0iU
Politico adopte les robots d'IA générative pour la refonte de son site web (PressGazette)
News Corp - éditeur du Wall Street Journal et d'autres publications - déclare qu'un accord avec des entreprises spécialisées dans l'IA est "imminent" (PressGazette)
OpenAI ajoute de nouveaux filigranes à DALL-E 3 (The Verge)
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
Substack aide les créateurs à vendre des publicités (Axios)
Les annonceurs du Super Bowl visent le grand public avec des publicités axées sur l'IA (Digiday)
Dans la course des géants du streaming, Netflix semble avoir une longueur d’avance. La société a conclu cette semaine un accord de 10 ans avec la WWE - une entreprise américaine spécialisée dans l'organisation d'événements de divertissement - pour les droits de l’émission de catch "Monday Night Raw", un programme hebdomadaire diffusé depuis 31 ans sur le petit écran. Cet accord évalué à 5 milliards de dollars contribue à la diversification des contenus de Netflix en même temps qu’il signe un «
Dans la course des géants du streaming, Netflix semble avoir une longueur d’avance. La société a conclu cette semaine un accord de 10 ans avec la WWE - une entreprise américaine spécialisée dans l'organisation d'événements de divertissement - pour les droits de l’émission de catch "Monday Night Raw", un programme hebdomadaire diffusé depuis 31 ans sur le petit écran. Cet accord évalué à 5 milliards de dollars contribue à la diversification des contenus de Netflix en même temps qu’il signe un « changement radical pour l'industrie du divertissement qui passe de la télévision linéaire à la diffusion en continu »analyse Axios.Passage à la loupe de la stratégie de différenciation de la plateforme :
Netflix mise sur le sport en direct pour diversifier ses contenus, mais pas que…
« Notre partenariat modifie et renforce fondamentalement le paysage médiatique, élargit considérablement la portée de la WWE et permet à Netflix d'accéder à des rendez-vous hebdomadaires en direct »a déclaré Mark Shapiro, président et directeur de TKO (société détenant WWE). Netflix n’en est cependant pas à son coup d’essai. En 2023, la société avait annoncé qu'elle organiserait son tout premier événement sportif en direct, avec des pilotes de F1 et des golfeurs professionnels s'affrontant lors d'un tournoi de golf. Quelques mois plus tôt, l’entreprise s’était déjà essayé à la diffusion en direct avec une émission de stand-up du comédien américain Chris Rock. Pour compléter ce portefeuille d’activités, l’accent a été porté sur la création de films originaux et émissions de télé réalité comme« Too hot to handle » ou « Love is Blind ».
« La société s'est lancée dans la télé-réalité, les romans à l'eau de rose et les séries internationales, tout en confiant de grosses sommes d'argent à des scénaristes de renom tels que Shonda Rhimes et Ryan Murphy »explique le Financial Times.En 2021, les dépenses annuelles en contenu avaient dépassé les 17 milliards de dollars.
Les raisons de cette diversification ? Une réaction à la perte de ses licences à l’instar de la série "Friends" au fur et à mesure que la concurrence se multiplie.
Un changement de paradigme porté par une hausse des recettes et des abonnements
Si Netflix a connu une année noire en 2022 caractérisée par une chute de sa marge d’exploitation et un lourd endettement de plus de 14 millions de dollars, l’entreprise a su remonter la pente en 2023. La plateforme a gagné 13 millions d’abonnéssupplémentaires, notamment en raison de sa politique de restriction des mots de passe. Elle a augmenté considérablement ses revenus grâce à l’augmentation de ses prix et le lancement d’un abonnement financé par la publicité. Mais le véritable changement est venu de la réduction des coûts, favorisée par une grève des scénaristes à Hollywood qui a interrompu les productions. Alors que le chiffre d'affaires a augmenté de 6,6 % en 2023, le bénéfice net a progressé de 20 %.
Bien que Netflix éclipse les autres plateformes de streaming, il reste encore du chemin à faire pour que la compagnie rivalise avec Youtube qui propose du contenu créé gratuitement par ses utilisateurs. Ce qui est certain, selon The Wired, c’est que : « l'ancien cahier des charges de Netflix a été mis au placard. Le nouveau - un mélange de programmes originaux et sous licence, de contenus financés par la publicité et d'événements en direct - ressemble de plus en plus au paradigme du câble que le streaming avait l'intention de remplacer ». La télévision traditionnelle perdra-t-elle ce combat de catch ?
CETTE SEMAINE EN FRANCE
IA : la France peine à faire entendre sa ligne pro-innovation en Europe (Les Echos)
Succès de Squeezie : dans les coulisses des concepts YouTube qui détrônent la télé (Libération)
Le Conseil d’Etat pourrait demander à l’Arcom d’être plus intransigeante envers CNews sur le respect du pluralisme (Le Monde)
C8 à nouveau sanctionnée par l’Arcom pour une séquence de « Touche pas à mon poste » (Le Monde)
Intelligence artificielle : les créateurs en appellent à Rachida Dati (La Croix)
Amazon va trop loin dans la surveillance des salariés selon la CNIL (Les Echos)
3 CHIFFRES
La consommation linéaire passe sous la barre des 50% de la consommation vidéo totale en France, selon le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).
Les revenus publicitaires de LinkedIn aux États-Unis augmenteront de 14,1% pour atteindre 4,56 milliards de dollars cette année, d’après Business Insider.
La CNIL sanctionne Amazon France d’une amende de 32 millions d’euros.
La CNIL sanctionne AMAZON FRANCE LOGISTIQUE d’une amende de 32 millions d’euros notamment pour avoir mis en place un système de #surveillance de l’activité et des performances des salariés excessivement intrusif https://t.co/OPxjqboAbzpic.twitter.com/HFk4fGysSI
La guerre du streaming est terminée et Netflix a gagné (Financial Times)
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
New York est la première ville à déclarer que les médias sociaux constituent un danger pour la santé publique (Washington Post)
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
Les deepfakes audio deviennent l'arme de prédilection de la désinformation électorale (Financial Times)
Un nombre croissant d'applications facilitent l'automatisation du militantisme pro-israélien en ligne (Washington Post)
Elon Musk propage des informations erronées sur les élections, mais les vérificateurs de X sont partis depuis longtemps (New York Times)
Clarissa Ward demande à Israël de laisser les journalistes rendre compte librement de l'actualité à Gaza (Washington Post)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
DMA : Meta et Google permettent désormais à leurs utilisateurs de pouvoir dissocier les différents plateformes (Correspondance de la Presse)
Digital Market Act: Meta et Google livrent un aperçu du big bang qui s'apprête à secouer l'internet européen (Le Figaro)
JOURNALISME
Le Los Angeles Times annonce le licenciement d’au moins 115 journalistes (Los Angeles Times)
La nouvelle PDG de la radio publique américaine NPR dit qu’elle déteste le mot « contenus » (NPR)
Au sein du complexe politico-médiatico-industriel américain en pleine déconfiture (Semafor)
Après les licenciements du LA Times, une nouvelle pression pour obliger Google et Facebook à payer pour l'information (San Francisco Chronicle)
Le HuffPost U.K. connaît des problèmes de trésorerie qui obligent les pigistes à courir après l'argent pendant des mois (Press Gazette)
Business Insider prévoit de réduire son effectif mondial de 8% (Press Gazette)
La guerre de l'information en Ukraine se retourne-t-elle contre ses propres journalistes ? (Columbia Journalism Review)
Guerre contre Gaza : Le photojournaliste Motaz Azaiza évacué au Qatar (Middle East Eye)
Les travailleurs syndiqués de Condé Nast se mettent en grève suite à l'annonce de licenciements (Axios)
L.A. Times began laying off at least 115 people in the newsroom beginning today in an effort to stem deep financial losses. Many cherished colleagues - including some with years of service - are being forced to say good-bye. @latimeshttps://t.co/rQDX4pFI9x
Un nouvel outil logiciel gratuit permet aux artistes d'"empoisonner" les modèles d'IA cherchant à s'entraîner sur leurs œuvres (VentureBeat)
Comment l'IA peut trouver les films, les séries télévisées et les livres parfaits pour vous (Wall Street Journal)
La plupart des sites d'information bloquent les robots d'intelligence artificielle. Les médias de droite les accueillent à bras ouverts (Wired)
Schibsted remporte un franc succès avec l'IA audio (INMA)
L'IA annonce la prochaine génération d'escroqueries financières (Financial Times)
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
La boutique TikTok est énorme. Est-ce que cela va durer ? (The New Consumer)
Les plateformes sociales deviennent des "moteurs de marketing", les créateurs cherchant à conclure des accords directs pour gagner de l'argent (Digiday)
Publicis investira 300 millions d'euros dans l'IA pour poursuivre sa transformation (Les Echos)
Alors que près de la moitié de la population mondiale s’apprête à élire de nouveaux dirigeants en 2024, le Baromètre de confiance Edelman 2024 révèle un paradoxe. L'innovation rapide, qui promet une nouvelle ère de prospérité, pourrait en réalité exacerber les problèmes de confiance.
Par Aude Nevo, du MediaLab de l'Information de France Télévisions.
A commencer par l’intelligence artificielle : 100 millions de personnes ont créé un compte ChatGPT dans les deux premiers mois qui ont suivi son lan
Alors que près de la moitié de la population mondiale s’apprête à élire de nouveaux dirigeants en 2024, le Baromètre de confiance Edelman 2024 révèle un paradoxe. L'innovation rapide, qui promet une nouvelle ère de prospérité, pourrait en réalité exacerber les problèmes de confiance.
Par Aude Nevo, du MediaLab de l'Information de France Télévisions.
A commencer par l’intelligence artificielle : 100 millions de personnes ont créé un compte ChatGPT dans les deux premiers mois qui ont suivi son lancement ; mais les grèves très médiatisées des scénaristes et acteurs à Hollywood n’ont fait qu’accentuer la peur de remplacement par l'IA. Avec 32 000 répondants venant de 28 pays différents, cette étude met en lumière les forces contradictoires entre innovation, confiance, et politique, avec un regard particulièrement axé sur l’intelligence artificielle, les énergies vertes, les OGM, et la médecine génomique. Devenue facteur de polarisation, l’innovation inquiète. Comment rétablir la confiance ?
Page 2 du rapport.
Le rejet de l’innovation, quel profil type ?
Les personnes interrogées, dans une proportion de près de deux pour un, estiment que l'innovation est mal gérée. Selon le rapport : « cela est vrai pour tous les groupes d'âge, tous les niveaux de revenus et tous les sexes, et dans les pays développés comme dans les pays en développement. Les innovations sont également devenues politisées, en particulier dans les démocraties occidentales où les personnes de droite sont beaucoup plus susceptibles de les rejeter que celles de gauche ». Les différences les plus importantes entre les personnes de droite et de gauche se trouvent aux États-Unis (41 points), en Australie (23 points), en Allemagne (20 points) et au Canada (18 points).
Toutefois en ce qui concerne l'intelligence artificielle, le rejet est similaire entre la droite et la gauche, avec une différence de seulement deux points en France (58 % à gauche contre 56 % à droite). L'Argentine est le seul pays parmi les 21 étudiés où la droite est significativement moins méfiante que la gauche à l’égard de l'IA, avec une différence de 17 points.
Page 55 du rapport. "La peur de l'innovation devient politique", "Pourcentage à rejeter chaque innovation".
Les pays du G7 ne font pas confiance à l’innovation
Le Royaume-Uni (39) figure parmi les pays les moins confiants selon l'indice de confiance envers les ONG, entreprises, gouvernements et médias. Aucun des autres pays du G7 ne l'est : Canada (53) ; Italie (50) ; France (47) ; États-Unis (46) ; Allemagne (45) ; Japon (39). La Chine est quant à elle le pays avec le niveau de confiance le plus élevé (79), suivie de l’Inde (76), et des Emirats arabes unis (74).
Page 6 du rapport.
Déclin du discours d’autorité
Les scientifiques sont considérés comme aussi fiables que les pairs - c’est-à-dire « les personnes comme moi » - avec un indice de confiance de 74. Là où la désinformation sur les réseaux sociaux ne cesse de s'aggraver et les discours complotistes se multiplient, ces chiffres alarment. Selon le scientifique David Chavalarias lors de l’édition 2023 de Médias en Seine, la pandémie « a créé un terrain très favorable à la remise en cause du système ». L’Idée que les journalistes et les dirigeants nous trompent est quant à elle plus forte. Ils figurent en bas du classement avec respectivement 47 et 45 points.
Page 10 du rapport.
Selon les critères de sûreté, compréhension du public, bénéfice, et accessibilité, les entreprises sont considérées comme les acteurs les plus fiables pour intégrer les innovations dans la société, (59 pts).Là encore les médias arrivent en queue de peloton (48pts).
La confiance dans les secteurs industriels ne garantit pas la confiance dans les innovations
Le rapport révèle des écarts considérables entre la confiance dans les entreprises qui composent les secteurs industriels et les innovations industrielles, notamment un écart de 26 points entre la confiance dans les entreprises du secteur technologique (76 %) et la confiance dans l'IA (50 %).
Page 13 du rapport.
La science, soumise à des pressions politiques selon les personnes interrogées
« Nombreux sont ceux qui pensent que la science est en train de perdre son indépendance : au profit du gouvernement, des bailleurs de fonds et du processus politique » souligne l’étude. Aux États-Unis, deux tiers des personnes interrogées pensent que la science est devenue politisée (67 %) et en Chine, trois quarts des personnes interrogées disent que le gouvernement et les organisations qui financent la recherche ont trop d'influence sur les scientifiques (75 %).« Lorsque les gens estiment que l'innovation est mal gérée, ils sont plus enclins à dire que le système est biaisé en faveur des riches que ceux qui estiment que l'innovation est bien gérée » (82 % contre 53 %).
Page 17 du rapport.
« Dans le contexte de la plus grande année électorale mondiale de l'histoire, avec plus de 50 élections prévues […] Les inquiétudes concernant l'impact de l'innovation et de ceux qui la conduisent ont conduit à une plus grande méfiance à l'égard des systèmes économiques et politiques» a déclaré Kirsty Graham, présidente de Global Practices and Sectors chez Edelman.
L’IA notamment, constitue un enjeu majeur de désinformation à l’heure des élections, avec une inquiétude liée à la manipulation des images et de l’opinion publique. Il s’agit d’un constat déjà souligné fin 2023 par le New York Times à propos des élections en Argentine : « L'intelligence artificielle a manipulé les propos de certains candidats, les faisant prononcer des paroles qu'ils n'avaient jamais dites et les intégrant dans des films et des mèmes populaires ». A l’ère des deepfakes, distinguer le réel devient toujours plus ardu. Ce mois de janvier, un faux appel téléphonique de Joe Biden généré grâce à l’intelligence artificielle a demandé aux démocrates du New Hampshire de ne pas voter à la primaire.
Quelles actions pour restaurer la confiance ?
L’étude propose 4 axes pour restaurer la confiance en matière d’innovation :
Il est nécessaire d’accorder autant d’importance à la mise en place de l’innovation qu’à son invention. Expliquer la science, les conséquences des innovations, et faire preuve de pédagogie sont les mots d’ordre, qu’il s’agisse des vaccins, de l’IA, ou de l’énergie verte.
Les entreprises doivent s’associer au changement : C’est aux entreprises que l’on fait le plus confiance pour introduire l'innovation dans la société. Les PDG doivent préserver les emplois et prendre position sur les nouvelles questions éthiques. En effet au cours de la dernière décennie, le baromètre de confiance a enregistré une augmentation de 15 points (de 45 % à 60 %) du nombre de personnes déclarant que si les entreprises s'associaient aux pouvoirs publics, elles leur feraient davantage confiance pour ce qui est des changements induits par la technologie. Environ huit employés sur dix estiment qu'il est important que leur PDG s'exprime publiquement sur les compétences professionnelles de demain (82 %), l'utilisation éthique de la technologie (79 %) et l'impact de l'automatisation sur l'emploi (78 %).
Les scientifiques doivent favoriser le dialogue pour garder leur crédit. A l’affirmation « les scientifiques ne savent pas comment communiquer avec quelqu’un comme moi »,45% des répondants ont répondu oui.
Les dirigeants et scientifiques doivent être à l’écoute des questions et des préoccupations des individus car ils sont plus enclins à accepter l’innovation s’ils ont l’impression d’avoir le contrôle sur leur futur.
Page 30 du rapport. "Dans toutes les institutions, l'écoute est l'une des trois principales actions de renforcement de la confiance".
Conclusion
« L'innovation s'accélère et devrait être un facteur de croissance, mais elle sera freinée si les entreprises n'accordent pas autant d'attention à l'acceptation qu'à la recherche et au développement », a déclaré Richard Edelman, PDG d'Edelman. « Le fossé entre les classes sociales, l'énorme déséquilibre de confiance entre les entreprises et les gouvernements et l'infodémie ont été les moteurs du déclin de la confiance et de la montée de la polarisation. La peur de l'innovation est devenue la quatrième bûche sur le feu du populisme ».
Aux dirigeants, scientifiques, entreprises, et médias, d’établir le dialogue pour ne pas attiser les flammes donc.
Le journaliste est en perpétuelle lutte contre son environnement. Il se bat pour décrocher un contrat correct, des rémunérations décentes, une direction bienveillante, des missions significatives, l’attention du public… et la carte de presse. 50% des lauréats du prix Albert-Londres ne détiennent pas ce précieux sésame, délivré par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Certains en fabriquent même des fausses pour pouvoir faire leur métier. Ce 16 janvier, su
Le journaliste est en perpétuelle lutte contre son environnement. Il se bat pour décrocher un contrat correct, des rémunérations décentes, une direction bienveillante, des missions significatives, l’attention du public… et la carte de presse. 50% des lauréats du prix Albert-Londres ne détiennent pas ce précieux sésame, délivré par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Certains en fabriquent même des fausses pour pouvoir faire leur métier. Ce 16 janvier,sur le site de Télérama,près de deux cents professionnels, dont plusieurs prix Albert-Londres, ont appelé dans un texte commun à revoir les conditions d’obtention de cette carte « indispensable », voire « vitale » à l’exercice du métier. Ce « gage de crédibilité » permet ainsi de traverser les check-points en zone de guerre, d’accéder aux bâtiments publics et gouvernementaux, aux audiences des tribunaux et d’éviter de se faire matraquer par des CRS…
Pour pouvoir prétendre à la carte de presse, le travail journalistique doit être payé en salaire. Or, de nombreuses entreprises contournent la loi et préfèrent payer par exemple en droits d’auteur, en factures. « La carte de presse est attribuée par une instance qui se fonde sur une loi qui ne reflète plus la réalité du journalisme actuel, touchés comme d’autres secteurs par une forme d’ubérisation, dénonce la tribune. Si les free-lance sont alternativement auteurs, réalisateurs, salariés ou entrepreneurs, c’est qu’ils ne peuvent gagner leur vie qu’en multipliant les contrats et les formats. Nous dénonçons la position de la CCIJP qui nous semble à la fois, absurde, dépassée et d’une grande injustice sociale ». Pour Hélène Lam Trong, lauréate du 39e prix Albert Londres, il est temps que la CCIJP cesse d’ignorer les « réalités multiples et variés de notre profession ».
A titre personnel, je réalise des documentaires d'information. Une profession dans laquelle les revenus ont baissé de 20%. Il est temps que la CCIJP cesse d'ignorer les réalités multiples et variées de notre profession.
Pour l’association Profession : Pigiste, la CCIJP ne fait qu’appliquer la loi. Le véritable problème réside dans le non-respect de la législation par les employeurs qui rémunèrent en droits d’auteurs plutôt qu’en salaire. En refusant de payer les cotisations sociales, ces employeurs paupérisent et dégradent le statut d’un métier déjà très mal en point. « Rémunérer un travail journalistique en facture, en droits d’auteur, en salaire d’intermittent, c’est illégal », rappelle Malika Butzbach, co-présidente de Profession : Pigiste et journaliste rémunérée à la pige « Si on demande l’élargissement de l’accès à la carte de presse pour ses formes de rémunération illégale, ça risque de précariser encore davantage les journalistes ». Aujourd’hui, 66% des journalistes de 30 ans et moins de 30 ans sont pigistes ou en CDD. « Quel est l’intérêt d’avoir quelqu’un en CDI quand tu peux juste avoir des auto-entrepreneurs au jour le jour ? C’est top pour les patrons ! Les pigistes, déjà c’est bien pratique, c’est les méga-intérimaires de l’espace », ironise un journaliste, habitué des boîtes de production. Pour lui, attaquer la CCIJP dédouane les employeurs de toute responsabilité.
Lier les deux combats ?
« Critiquer la CCIJP n’empêche pas de se battre pour que les employeurs respectent la loi et pour une augmentation des tarifs », tempère la journaliste Nora Bouazzouni. Elle est rejointe par Hélène Lam Trong : « Les deux combats peuvent être menés de front. Ce n’est pas parce que certains employeurs se comportent mal que le fait que la CCIJP nous ait purement et simplement tourné le dos soit acceptable ».
A l’avenir, l’association Profession : Pigiste serait favorable à une pénalisation des employeurs qui rémunèrent de façon illégale. « On va toujours se battre pour le salariat des journalistes sous la bonne convention collective parce que c’est une protection sociale et juridique imparable », insiste Malika Butzbach. Pour le sociologue des médias Jean-Marie Charon, une approche fiscale pourrait dissuader de ce recours à ces modes de rémunération. Le défi réside donc dans la recherche d’un équilibre entre la protection des droits des journalistes, la nécessité de préserver la liberté de la presse et la conformité aux lois en vigueur.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
«Ça a été le boulot le plus difficile de ma vie» : pour TikTok, la modération jusqu’au dégoût (Libération)
Olympic Broadcasting Services, la très secrète entreprise qui règne sur les JO (Le Monde)
Macron s’offre une soirée sur mesure, comme au bon vieux temps de l’ORTF (Mediapart)
« Tu as M’Barkisé le prompteur ? » : les confessions de l’ex-présentateur star de BFMTV accusé de corruption (Le Parisien)
« Complément d’enquête » sur Jordan Bardella : France Télévisions maintient la diffusion de l’émission malgré une mise en demeure (Le Monde)
Les journalistes de l'AFP solidaires de leurs collègues de Gaza (AFP)
Cyril Hanouna va présenter « TPMP » sept jours sur sept (Le Parisien)
3 CHIFFRES
Près d'un tiers de l'ensemble des revenus des lecteurs numériques du Guardian provient désormais des États-Unis, d’après NiemanLab.
Le temps passé à regarder des contenus vidéo a atteint 4h37 par jour en moyenne pour les Français en 2023, selon Médiamétrie.
Des documents de Meta montrent que 100 000 enfants sont harcelés sexuellement chaque jour sur ses plates-formes, rapporte le Guardian.
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
IA générative : c'est bien dans les médias que les risques sur l'emploi sont les plus grands
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
Squeezie, l’indétrônable grand frère de l’Internet français (Le Monde)
Comment les plateformes ont tué Pitchfork (Platformer)
Des milliardaires voulaient sauver l'industrie de l'information. Ils perdent une fortune (New York Times)
Nos enfants vivent dans un monde numérique différent (New York Times)
Fausses chaînes YouTube : quand « Sophie décrypte » ou « 360 Vision » travaillent pour un réseau d’influence pro-Chine (Le Monde)
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
Les utilisateurs (d'OpenAI) vont commencer à avoir accès à des reportages d'actualité en temps réel dans le monde entier, y compris les attributions et les liens (OpenAI)
Amazon est sur le point de manger l'univers de la télévision (Hollywood Reporter)
Le nouvel objectif de Mark Zuckerberg est de créer une intelligence artificielle générale (The Verge)
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
Israël figure pour la première fois sur la liste des "pires geôliers de journalistes" (The Guardian)
Voici le grand projet d'OpenAI pour lutter contre la désinformation électorale (The Verge)
TikTok détaille son plan de lutte contre la désinformation électorale en 2024 (Engadget)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
Un tribunal espagnol juge qu'un modérateur de Facebook a subi un traumatisme mental lié à son travail (Reuters)
Le Congrès tente de mettre fin aux nus d'IA et aux escroqueries Deepfake parce que les célébrités sont en colère (Vice)
JOURNALISME
Cinq mesures que les médias d'information peuvent prendre pour répondre à l'évitement systématique de l'information (Reuters Institute)
Le nouveau patron de CNN réorganise les opérations d'information et envisage un modèle d'abonnement numérique (The Wall Street Journal)
Gilles Marchand s’en va, mais les défis de la SSR restent (24 heures)
Augmentation des coûts, baisse des recettes publicitaires, ralentissement de la croissance des abonnements…Seule la moitié des rédacteurs en chef, PDG et responsables du secteur numérique interrogés pour une étude du Reuters Institute se disent confiants quant aux perspectives du journalisme pour l'année à venir. Réalisée auprès d'un échantillon stratégique de plus de 300 dirigeants du secteur numérique issus de plus de 50 pays et territoires, l’enquête montre une forte baisse du trafic référent
Augmentation des coûts, baisse des recettes publicitaires, ralentissement de la croissance des abonnements…Seule la moitié des rédacteurs en chef, PDG et responsables du secteur numérique interrogés pour uneétude du Reuters Institute se disent confiants quant aux perspectives du journalisme pour l'année à venir. Réalisée auprès d'un échantillon stratégique de plus de 300 dirigeants du secteur numérique issus de plus de 50 pays et territoires, l’enquête montre une forte baisse du trafic référent en provenance des médias sociaux vers les médias. Alors que de nombreux organismes d'information traditionnels peinent à se faire connaître, ou n’en n’ont pas les moyens, quelles alternatives s’offrent à eux ?
Les raisons de cette chute
Selon l’étude, le trafic Facebook vers les sites d'information a chuté de 48 %, le trafic en provenance de X a chuté de 27 %, et le trafic en provenance d'Instagram a chuté de 10 % (causant, parmi d'autres, l'arrêt de BuzzFeed News l'année dernière).Les raisons ? Du côté de Méta, il s’agit d’une priorisation des contenus des influenceurs au détriment des journalistes pour tenter de contrer la concurrence de TikTok. L’arrivée très médiatisée d’Elon Musk chez X a encore plus chamboulé ce petit microcosme. Désinformation, difficulté à distinguer les titres de presse des autres sources de contenu – la somme de ces événements a entrainé le départ express de nombreux journalistes vers un avenir plus radieux…sur blueskynotamment, ou encore LinkedIn. Nic Newman, auteur du rapport a commenté ces chiffres : « Atteindre le public en ligne devient de plus en plus difficile à mesure que Facebook se retire de l'actualité et que X devient moins accueillant pour les éditeurs. »
WhatsApp, le nouvel eldorado ?
Face à ce problème, les médias se tournent vers WhatsApp (+61) et Instagram (+39), notamment pour leurs canaux de diffusion multimodaux. Ces derniers offrent aux créateurs et aux médias la possibilité d'interagir avec leurs abonnés à travers des messages directs. Ces échanges peuvent prendre la forme de messages écrits, vocaux, images, vidéos, ainsi que de sondages.Lancée en septembre, la fonctionnalité sur WhatsApp compte aujourd’hui plus de 225 canaux de diffusion. Même si son utilisation reste timide chez les médias français – la majorité n’a pas de canaux et le Monde, parmi les plus suivis, ne compte que 66 600 abonnés – la fonctionnalité connait un franc succès outre-Atlantique. Le New York Times compte par exemple 7,3 millions d’abonnés sur sa chaîne. WhatsApp n’est plus seulement « l'application que l’on utilise lorsqu’on voyage hors de son pays »a déclaré Will Cathcart, responsable de WhatsApp, « elle se généralise aujourd’hui de manière significative ».
L'avenir dans la vidéo ?
Face à la nature de ces plateformes, les médias doivent davantage se tourner vers le format vidéo afin d’atteindre un public plus jeune. Naturellement donc, ils planifient d’accentuer leur présence sur TikTok (+55), et YouTube (+44). Toutefois, le Reuters Institute souligne que « de nombreux médias traditionnels ont [toujours] du mal à se faire connaître par rapport aux jeunes créateurs qui maîtrisent le langage et les conventions de ses plateforme ».Dylan Page, un jeune influenceur du Royaume-Uni, a régulièrement plus de vues à ses vidéos que la BBC ou le New York Times réunis, même sur des sujets de fond, comme le conflit à Gaza.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
On a testé TF1+, un service de streaming qui ne s’est pas foulé (Numerama)
« Touche pas à mon peuple » : Cyril Hanouna, émission suicide (Le Monde)
Hachette stoppe net son projet de déménagement à 150 millions d'euros (Les Echos)
CES 2024 : les startups françaises toujours en force à Las Vegas ? (Maddyness)
Intelligence artificielle : les éditeurs français s’organisent pour faire reconnaître leurs droits (Le Figaro)
Intelligence artificielle : un «Label Création humaine» pour garantir qu’un livre a bien été écrit par un humain (Libération)
Canal+ prend presque 30 % de la plateforme Viaplay (Les Echos)
Rachida Dati, ministre de la culture : une nomination surprise, fruit d’un deal avec Emmanuel Macron (Le Monde)
Canal+ obtient l'autorisation de l'Autorité de la Concurrence pour le rachat d'OCS et d'Orange Studio (Autorité de la concurrence)
3 CHIFFRES
Les tarifs pleins des abonnements numériques à la presse auraient gonflé de 20% en moyenne l’an dernier au Royaume-Uni, selon Press Gazette.
Plus de la moitié des Américains (52 %) craignent que l'augmentation des "deepfakes" n'influence les élections (McAfee)
Twitch licencie 500 employés, soit environ 35 % de son personnel, d'après Bloomberg.
Les éditeurs indépendants de presse locale sont confrontés à de nouveaux défis dans le cadre de la réorganisation de leurs modèles économiques (Poynter)
CES 2024 : tous les téléviseurs, ordinateurs portables, équipements pour la maison intelligente et autres nouveautés du salon (The Verge)
Fox Corp. lance une plateforme blockchain pour négocier avec les entreprises d'IA (Axios)
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION
Lorsqu'on est témoin d'un génocide, il ne suffit pas d'éviter l'actualité (Pranav Jeevan P)
Fox s'associe à Polygon Labs pour lutter contre la méfiance à l'égard des deepfakes (TechCrunch)
Les partis politiques et les candidats ont recours à des poursuites judiciaires pour faire taire les journalistes pendant les élections : une tendance croissante au Brésil (LatAm Journalism Review)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
La Commission européenne se penche sur l'alliance Microsoft-OpenAI (Les Echos)
L'Ofcom débauche le personnel des grandes entreprises technologiques pour faire appliquer les nouvelles règles de l'internet (Financial Times)
Le Conseil de l’Europe a publié ses lignes directrices sur l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le journalisme (Conseil de l’Europe)
JOURNALISME
Tendances des médias d'information pour 2024 : L'IA, Whatsapp, les newsletters et la vidéo parmi les domaines de prédilection (PressGazette)
Un bouleversement surprise au Los Angeles Times (Poynter)
Chez “Libé”, débat tendu autour du traitement de la guerre à Gaza (Arrêt sur Images)
L'assassinat sans précédent de journalistes affecte la couverture de Gaza (New Lines Magazine)
« C’est l’un des combats les plus importants à suivre en matière de droits d’auteur en 2024 », assure Venture. Fin 2023, le New York Times a engagé un bras de fer avec OpenAI et Microsoft. Le média américain les poursuit pour violation du droit d’auteur. ChatGPT d’OpenAI et Bing Chat de Microsoft se seraient nourris de « millions » d’articles de l’entreprise, sans son autorisation. Des extraits littéraux, tels que les critiques de produits de Wirecutter, accessibles uniquement par abonnement, se
« C’est l’un des combats les plus importants à suivre en matière de droits d’auteur en 2024 », assure Venture. Fin 2023, le New York Times a engagé un bras de fer avec OpenAI et Microsoft. Le média américain les poursuit pour violation du droit d’auteur. ChatGPT d’OpenAI et Bing Chat de Microsoft se seraient nourris de « millions » d’articles de l’entreprise, sans son autorisation. Des extraits littéraux, tels que les critiques de produits de Wirecutter, accessibles uniquement par abonnement, seraient ainsi disponibles. Pour le média, cette utilisation non autorisée entraîne automatiquement une perte de revenus d’abonnements et de clics publicitaires. L’outil serait désormais un concurrent direct au journal en tant que source d’information. Rappelons que le New York Times dispose d’environ 10 millions d’abonnés, ChatGPT, de plus de 100 millions d’utilisateurs.
The historic NYT v. @OpenAI lawsuit filed this morning, as broken down by me, an IP and AI lawyer, general counsel, and longtime tech person and enthusiast.
Tl;dr - It's the best case yet alleging that generative AI is copyright infringement. Thread. pic.twitter.com/Zqbv3ekLWt
Les sociétés d’IA génératives « profitent gratuitement de l’investissement massif du Times dans le journalisme pour créer des produits de substitution sans autorisation, ni paiement », pointe le média. Investissement massif qui se traduit par la publication de 250 articles originaux par jour en moyenne, dont « beaucoup prennent des mois ou plus pour être rédigés ». Ces articles sont produits par 2 600 employés sur un total de 5800, d’après Press Gazette. Le New York Times demande une interdiction permanente de l’utilisation non autorisée de son travail notamment à OpenAI et Microsoft de détruire tout modèle de chatbot et les données d’entraînement utilisant le matériel protégé par le droit d’auteur du New York Times. Selon les experts juridiques, une affaire portant sur l’IA et le droit d’auteur pourrait très certainement arriver devant la Cour suprême.
La voie des deals
Si les batailles juridiques sur le droit d’auteur liées à l’IA générative « couvent » depuis un an, certaines entreprises médiatiques sont parvenues à conclure des accords sur l’utilisation de leur contenu. Le mois dernier, Open AI a signé un deal avec Axel Springer, éditeur de Business Insider et Politico, pour pouvoir afficher des parties d’articles dans les réponses de ChatGPT. Open AI proposerait ainsi à certains médias entre 1 et 5 millions de dollars par an, pour obtenir une licence de leurs articles afin de former ses modèles d’IA. « C’est un montant minime même pour les petits éditeurs, ce qui pourrait rendre difficile la conclusion d’accords pour OpenAI », pointe The Information. Apple serait prêt également à débourser au moins 50 millions de dollars sur plusieurs années pour utiliser des données, dans le cadre de la formation en IA, avec des entreprises médiatiques, d’après The Verge.
Le secteur de l'IA générative semble ainsi se diriger vers une période cruciale où le droit d'auteur sera au cœur des discussions. Les batailles juridiques actuelles marquent les débuts de ce débat qui façonnera inévitablement l'avenir de l'industrie.
CES DEUX DERNIÈRES SEMAINES EN FRANCE
“Le Masque et la plume” : le dernier “dimanche soir” de Jérôme Garcin (Télérama)
Les chaînes d'info exonérées d'une taxe (Les Echos)
BFMTV : Laurent Ruquier arrête son émission quotidienne... après seulement trois mois d'antenne (La Tribune)
CNews, volontiers cinglante envers ses rivales, voit ses audiences continuer de progresser (Le Monde)
Vague de hausse de prix dans la presse quotidienne (Les Echos)
Macron, Borne, Mbappé, Musk, Palmade… : voici les 200 personnalités les plus médiatisées en 2023 (Ouest France)
3 CHIFFRES
Apple a discuté d'accords pluriannuels d'une valeur d'au moins 50 millions $ pour former ses systèmes d'IA générative sur les articles de presse des éditeurs (New York Times)
Selon une étude, près de la moitié des adolescents britanniques se sentent dépendants des médias sociaux(The Guardian)
Le moteur de recherche alimenté par l'IA Perplexity AI, évalué aujourd'hui à 520 millions de dollars, lève 70 millions de dollars (TechCrunch)
Pourquoi les plus grands podcasteurs de la génération Z travaillent depuis leur lit (Fast Company)
TikTok encourage des vidéos plus longues. Certains créateurs s'inquiètent du changement d'ambiance (CNN Business)
Comment le Watergate a installé le journalisme en véritable contre-pouvoir (Médiapart)
ENVIRONNEMENT
Selon les scientifiques, le monde se souviendra de 2023 comme de l'année où l'humanité a révélé son incapacité à lutter contre la crise climatique (The Guardian)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
YouTube est le dernier bastion du journalisme impartial en Inde (Rest of World)
Opinion | La mort de X et les deepfakes audio en 2024 (Poynter)
Twitch va interdire les personnes qui font semblant d'être nues (The Verge)
L'Inde s'en prend à Apple pour ses notifications de piratage téléphonique (The Washington Post)
After Alex Jones’ reinstatement, I’m fairly certain X will go the way of Myspace before 2024’s end. And with it, so will go an incredibly interesting — yet woefully underutilized — crowdsourced fact-checking experiment @CommunityNotes: https://t.co/LvjTPPUiIk
La nouvelle touche Copilot de Microsoft est le premier grand changement apporté aux claviers Windows depuis 30 ans (The Verge)
The era of the "AI PC" is upon us.
Microsoft has announced a new dedicated AI Copilot keyboard button that will be required on new Windows PCs soon, as it gears up to ship a major AI update for Windows 11 this fall
Pourquoi la promesse de « vidéogérer » les villes avec des caméras couplées à une intelligence artificielle séduit et inquiète (Le Monde)
Les intelligences artificielles pourraient ne pas voler votre emploi, mais elles pourraient vous empêcher d'être embauché (Wired)
Apple dévoile Ferret, sa première IA open source, plus puissante que GPT-4 (Tom’s Guide)
La routine quotidienne de Sam Altman, PDG d'OpenAI : jeûne de 15 heures et somnifères à faible dose (Business Insider)
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
Les grandes entreprises technologiques ont dominé le marché cette année. Selon les analystes, il ne serait pas judicieux de parier contre elles en 2024 (Business Insider)
2023 a été la pire année pour l'industrie de l'information depuis la pandémie (Poynter)
En regardant Miami, Rio se présente comme une Silicon Valley tropicale (Bloomberg)
Neuf questions à se poser à l'heure où Google s'apprête à abandonner les cookies tiers (Digiday)