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À partir d’avant-hierLinuxFr.org : les dépêches

Courrier à madame la présidente de Quimper Bretagne Occidentale (QBO) sur les dépendances numériques extra-européennes

Le collectif Linux Quimper vient d'envoyer un courriel à madame la présidente de la Communauté d'agglomération de Quimper Bretagne Occidentale (QBO) pour lui proposer d'engager une étude sur les dépendances numériques extra-européennes qui pourraient exister dans les services de QBO afin de trouver des solutions européennes de remplacement comme l'a demandé l'État français à ses ministères lors du séminaire interministériel du 8 avril 2026

Courriel adressé à madame la présidente de la communauté d'agglomération de Quimper Bretagne Occidentale (QBO) par Linux Quimper, collectif quimpérois de défense et de promotion des logiciels libres

Objet : Proposition d’étude sur les dépendances numériques extra-européennes

Madame la Présidente de QBO,

À la suite du séminaire interministériel (1) du mercredi 8 avril 2026, consacré notamment à la réduction des dépendances numériques extra-européennes, nous souhaitons attirer votre attention sur l’intérêt qu’une telle démarche pourrait également présenter à l’échelle de notre agglomération.

Notre collectif qui participe depuis 2006 à la promotion des logiciels libres et de Linux en particulier, sur Quimper et ses environs, suit avec attention les enjeux liés à la souveraineté numérique, à la maîtrise des coûts et à la pérennité des systèmes d’exploitation et des logiciels. Dans un contexte de fortes évolutions technologiques et de dépendances parfois peu visibles, il nous paraît utile qu’une collectivité puisse disposer d’une vision claire et partagée de ses propres dépendances numériques.

Dans cet esprit, nous nous permettons de suggérer que Quimper Bretagne Occidentale puisse engager une étude portant sur les dépendances numériques extra-européennes de ses services comme précisées dans le compte-rendu du séminaire interministériel : poste de travail, outils collaboratifs, antivirus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation et équipements réseau. Une telle démarche permettrait de dresser un état des lieux objectif, d’identifier les points de vulnérabilité éventuels et de dégager des pistes d’évolution adaptées aux besoins de la collectivité.

Cette réflexion pourrait, à terme, permettre de définir un objectif chiffré de réduction de ces dépendances, accompagné d’un calendrier progressif et réaliste. Elle offrirait également l’occasion de valoriser les solutions ouvertes, interopérables et maîtrisées, dans une logique de continuité de service et d’efficacité budgétaire.

Dans un esprit de transparence et de dialogue, nous vous serions reconnaissants de veiller à ce que l’évolution de cette réflexion fasse l’objet d’une information accessible aux citoyennes et citoyens.

Nous restons à votre disposition pour, si nécessaire, vous apporter des explications complémentaires.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente de QBO, l’expression de notre considération distinguée.

pour Linux Quimper, collectif Quimpérois de défense et de promotion des Logiciels Libres,
https://linuxquimper.org/
contact at linuxquimper.org

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  • La mort lente de TuxFamily : pensez à déplacer vos projets ailleurs
    Une dépêche de 2008 introduisait TuxFamily.org ainsi : « Présent sur Internet depuis 1999, TuxFamily.org fournit gratuitement des services d’hébergement pour tous les projets sous licence libre et permet ainsi la promotion du libre sous toutes ses formes (art libre, logiciel libre, etc.). » Récemment, nous évoquions un incident DNS chez TuxFamily.org avec perte de nos deux DNS (entre le 9 décembre 2024 vers 23h ou minuit, et le 10 décembre 08:38) et un besoin de bascule de DNS pour revenir en

La mort lente de TuxFamily : pensez à déplacer vos projets ailleurs

Une dépêche de 2008 introduisait TuxFamily.org ainsi : « Présent sur Internet depuis 1999, TuxFamily.org fournit gratuitement des services d’hébergement pour tous les projets sous licence libre et permet ainsi la promotion du libre sous toutes ses formes (art libre, logiciel libre, etc.). »

Logo Tux Family

Récemment, nous évoquions un incident DNS chez TuxFamily.org avec perte de nos deux DNS (entre le 9 décembre 2024 vers 23h ou minuit, et le 10 décembre 08:38) et un besoin de bascule de DNS pour revenir en ligne. Sur le site de TuxFamily, la page des nouvelles ne remonte depuis 2019 que des incidents. Alors un utilisateur a fini par poser poliment la question (en anglais) « Est-ce que TuxFamily est en train de mourir lentement ? », car il y a eu de nombreux incidents, dont certains non mentionnés dans les nouvelles et qu’il y a des soucis d’accès à cause de bibliothèques de crypto trop anciennes laissés sans réponse. Est-ce un problème de motivation, un creux temporaire, comment aider ?

Et la réponse est arrivée, remerciant le demandeur de l’avoir posée : oui TuxFamily.org se meurt, oui la motivation est partie, tout est devenu vieux : les gens, les machines, les centres de données, l’architecture des services. TuxFamily.org ne serait plus pertinent techniquement et les efforts pour juste le maintenir ne sont plus suffisants. Et encore plus clairement dit : la vérité est que les meilleures choses à faire sont : 1. migrer votre projet hors de TuxFamily.org (…) 2. parlez-en, ici ou en dehors de TuxFamily.org, pour que les autres projets restants aient une liste de suggestions d’hébergeurs.

Concernant LinuxFr.org: la gestion du DNS ne sera pas remise sur TuxFamily.org (voir l’entrée de suivi). Nous tenons à remercier TuxFamily.org et les personnes derrière pour les services rendus pendant des années. Et nous arrêtons à regret de vanter cet hébergeur : il n’est plus listé dans les projets amis dans notre bas de page et la bannière affichée en rotation a été retirée.

TuxFamily.org utilise comme solution technique VHFFS (la dernière version présentée sur LinuxFr.org est la 4.4 et la dernière version parue est la 4.6 en octobre 2016).

Logo VHFFS

Souvenirs

TuxFamily.org est par exemple l'hébergeur de Kaos Fantasy, et était celui de Lent Ciné, et de bien d'autres projets. C'est aussi l'hébergeur de nombreuses listes de diffusion.

Nota bene : c'est loin d'être une première, beaucoup d'autres forges logicielles ont fermé et d'outils de forges ont disparu, comme Berlios.de, Google Code, Gitorious, Alioth (Debian), Betavine, CodeHaus, CodePlex, Fedora Hosted, Gna!, java.net, Phabricator, Tigris, Mozdev, LibreSource, Codendi, InDefero, CodingTeam, Django-Simple-Forge, Anvil, etc. (liste tirée de Wikipédia et de la dépêche « Forges logicielles et hébergement de projets libres »). On a d'ailleurs vu des migrations de Sourceforge à TuxFamily.org par exemple.

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  • Lauréats des trophées des Acteurs du Libre 2024
    Les lauréats de l’édition 2024 du concours des Acteurs du libre ont été révélés à Open Source Experience la semaine dernière. Organisé par le CNLL en collaboration avec Systematic et Open Source Experience, le concours des Acteurs du Libre est devenu un rendez-vous incontournable de l’écosystème open source français et européen. Il vise à récompenser les entreprises et entrepreneurs ainsi que les projets innovants et associations qui contribuent par leurs actions au développement économiquem

Lauréats des trophées des Acteurs du Libre 2024

15 décembre 2024 à 18:30

Les lauréats de l’édition 2024 du concours des Acteurs du libre ont été révélés à Open Source Experience la semaine dernière.

Acteurs du Libre

Organisé par le CNLL en collaboration avec Systematic et Open Source Experience, le concours des Acteurs du Libre est devenu un rendez-vous incontournable de l’écosystème open source français et européen. Il vise à récompenser les entreprises et entrepreneurs ainsi que les projets innovants et associations qui contribuent par leurs actions au développement économiquement viable du logiciel Libre et de l’Open Source.

Six trophées ont été remis :

  • Prix de la meilleure stratégie Open Source : RTE
  • Prix du développement commercial : Quantstack
  • Prix de la collaboration public-privé : l’IGN et l’ESN Camptocamp.
  • Prix européen, en collaboration avec l'APELL : Passbolt
  • Prix du numérique éthique et ouvert : Commown
  • Prix spécial du jury  : l’INSEE pour sa plateforme Onyxia

Retrouvez les détails concernant les attributions en seconde partie de dépêche.

Photo de groupe

Prix de la meilleure stratégie Open Source : RTE, gestionnaire du réseau public de transport d'électricité en France reçoit le prix de la meilleure stratégie. RTE s’est progressivement investi dans l’open source depuis les années 2000 pour devenir aujourd’hui un acteur totalement engagé qui publie du code dans une centaine de repositories inventoriés par un OSPO et anime des communautés. Le jury a apprécié en particulier la capacité à fédérer les acteurs internationaux de l'énergie autour de la Linux Foundation Energy, crée en 2018 à l’initiative de RTE.

Prix du développement commercial : le prix du développement commercial est remis à Quantstack, éditeur de logiciels libres spécialisé dans le calcul scientifique (projets tels que Jupyter, Conda-forge, etc.). Entreprise en très forte progression (+25 %/an de CA en moyenne), Quantstack fait preuve d’une forte cohérence entre son modèle d’affaires en forte croissance et ses engagements communautaires sur des briques très utilisées dans le monde, notamment via l’implication dans de nombreux évènements.

Prix de la collaboration public-privé : Ce prix est remis à l’IGN et l’ESN Camptocamp. L’IGN, acteur public de la cartographie, collabore activement dans le cadre d’un partenariat pérenne avec Camptocamp, dans la cadre du projet Geonetwork-UI et de son application phare DataHub. Ce projet oeuvre au rapprochement de l’écosystème de la donnée géospatiale avec celui de la donnée ouverte. Camtocamp accompagne l’IGN dans sa démarche de contribution au DataHub au travers de sous-traitance et d’un engagement financier pour soutenir les évolutions de la plateforme.

Prix pour un numérique ouvert et éthique : Ce prix est décerné à Commown, société coopérative proposant des produits électroniques éco-conçus pour son adhésion à la culture libriste à tous les niveaux de l’entreprise (dans les appareils proposés, les outils internes, et processus) et son action pour réduire l'empreinte carbone du matériel informatique. Commown a par ailleurs formalisé ses démarches et obtenu le label Solar Impulse.

Prix Européen (en collaboration avec l’APELL) : Le prix européen est décerné à Passbolt, fournisseur d’une solution de gestion de mots de passe open source et collaborative crée en 2016. Bénéficiant d’une très forte croissance (+80% de CA en 2023), Passbolt mène avec succès une stratégie de croissance tout en contribuant au développement des standards émergents et en collaborant activement avec la recherche.

Prix spécial du jury : Le prix spécial du jury 2024 revient à l’INSEE, l’institut national de la statistique pour sa plateforme Onyxia, un environnement de data science. L’INSEE est récompensée pour avoir identifié un besoin lié à l’accessibilité des professionnels aux plateformes statistiques modernes. L’initiative SSPcloud a permis d’apporter une réponse open source à ce besoin, tout en répondant aux enjeux de souveraineté. Ce projet est adopté aujourd’hui jusqu’au Canada.

Les vainqueurs ont été désignés par un jury composé à la fois de personnalités de l'écosystèmeopen source, d’entreprises membres des associations régionales du CNLL, représentants d’administrations et de lauréats de l’édition précédente. Ce jury est modifié chaque année.

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Créatures ou IA : consultez, manipulez & annotez les images des bibliothèques, musées… grâce à IIIF

L’initiative IIIF, pour International Image Interoperability Framework, est née de la constatation que la diffusion d’images patrimoniales sur le web était « trop lente, trop coûteuse, trop décousue, trop complexe ». IIIF apporte une solution pérenne et élégante à ces difficultés en conciliant accessibilité, interopérabilité et sobriété. Il intéresse les GLAM (collections, bibliothèques, archives, musées, etc.) ainsi que les acteurs de l’enseignement et de la recherche.

Concrètement, IIIF créé un cadre technique commun grâce auquel les fournisseurs peuvent délivrer leurs contenus sur le web de manière standardisée, afin de les rendre consultables, manipulables et annotables par n’importe quelle application compatible.

International Image Interoperability Framework

Sommaire

Origine de IIIF

En 2010, constitution d’un groupe de réflexion et d’expérimentation sur l’interopérabilité des manuscrits médiévaux numérisés à l’initiative de l’université de Stanford. Ses travaux ont conduit à l’élaboration d’un modèle de données Shared Canvas basé sur le modèle d’annotation du W3C.

À la même époque, de grandes bibliothèques nationales et des universités ont travaillé à la définition d’un mécanisme d’échange des images pour aboutir en 2012 à la publication de la version 1 de l’API Image de l'International Image Interoperability Framework (IIIF).

Le Consortium IIIF a été créé en 2015 par onze institutions : la British Library, Artstor, Die Bayerische Staatsbibliothek, la Bibliothèque nationale de France, Nasjonalbiblioteket (Norvège), Wellcome Trust, et les universités d’Oxford, Stanford, Cornell, Princeton et Yale. Il compte actuellement 69 membres.

Qu’est-ce que IIIF ?

Un aspect spectaculaire de IIIF réside dans la visualisation fluide des images et le zoom profond, cf. Sagami River, Kyoto (1660?-1670?). Princeton University, mais IIIF ne se résume pas à ça, loin de là.

_Sagami River, Kyoto (1660?-1670?) affiché par le visualiseur libre UniversalViewer

IIIF désigne à la fois le cadre technique partagé d’un ensemble de protocoles ouverts et une communauté humaine qui les implémente, développe des logiciels et in fine expose des contenus audiovisuels interopérables.

Ce standard de fait est utilisé par de plus en plus d’institutions culturelles — collections, bibliothèques, musées, archives, etc. — et scientifiques — universités, labos, muséums, etc. Ses fonctionnalités s’étendent maintenant à l’audio et à la vidéo ; la prise en compte de la 3D est en cours.

Pour l’heure, IIIF est surtout utilisé pour la diffusion d’images numériques. Ce sont ainsi des centaines de millions d’images qui deviennent véritablement découvrables, consultables, comparables, manipulables, citables, annotables et mixables par n’importe quelle application compatible capable de se « brancher » sur les entrepôts des uns et des autres.

Sans téléchargement de fichiers images, ces ressources de « première main » sont immédiatement utilisables par les professionnels comme par les amateurs. Elles intéressent aussi les chercheurs, les enseignants et les élèves, et les médiateurs culturels, scientifiques et artistiques. IIIF facilite grandement la diffusion, la réutilisation et la valorisation de toutes ces ressources disséminées.

Principe général d’interopérabilité de IIIF : trois applications différentes sont branchées à trois entrepôts IIIF (source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0)
Principe général d’interopérabilité de IIIF : trois applications différentes sont branchées à trois entrepôts IIIF (source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0)

Visualisation d’un document

Photo de Bob Fitch, Martin Luther King Jr. & Joan Baez (1966), visualisée avec le logiciel libre Tify

Copie d’écran du logiciel libre Tify présentant une photographie de Martin Luther King et de Joan Baez (Bob Fitch, 1966). Ce document est fourni par un serveur IIIF opéré par l’université de Stanford.

Visualisation de plusieurs documents

La magie IIIF c’est la capacité de jongler avec les références des ressources, par exemple, pour les réunir dans des bibliothèques virtuelles ou encore pour servir de points d’entrée aux robots et autres IA afin d’analyser les documents.

Léonard Limosin est un peintre, émailleur, dessinateur et graveur français du XVIe siècle. Deux de ses œuvres sont présentées ci-après dans le visualiseur libre IIIF Mirador.

Vues d’œuvres de Léonard Limosin avec le logiciel libre Mirador

Sur cette page, vous pouvez explorer chaque image et zoomer, les comparer, lire leurs métadonnées, passer en plein écran ou agencer différemment les fenêtres. L’interface de Mirador vous permet aussi d’accéder à d’autres références en cliquant sur le bouton rond bleu puis en sélectionnant les documents préenregistrés.

Vous avez aussi la possibilité d’en ajouter d’autres via le bouton bleu Ajouter une ressource en bas à droite, ensuite en insérant l’URL d’un manifeste IIIF. En faisant une recherche sur Léonard Limosin vous trouverez différentes collections comportant certaines de ses œuvres. Certaines les exposent au standard IIIF. Dans ce cas, pour chaque notice il s’agit de récupérer le lien d’un manifeste IIIF (explicite ou associé au logo IIIF). Exemple, avec cette Crucifixion au Fitzwilliam Museum (Cambridge).

Le logiciel libre Omeka dispose de fonctionnalités IIIF et permet de créer des bibliothèques virtuelles de ressources IIIF.

Apports de IIIF

D’après IIIF en 5 minutes.

Pour les usagers

L’accès à des images de haute qualité ainsi qu’à leurs métadonnées, large choix de visualiseurs libres :

Ces outils, et d’autres encore, offrent une large palette d’interfaces riches et universelles pour :

Il existe de nombreux dispositifs pour utiliser ces ressources de « première main » et corpus dans un environnement éducatif et de recherche.

Pour les diffuseurs

  • bénéficier d’une manière standardisée, cohérente et efficace, de présenter et de partager leurs collections,
  • améliorer leur visibilité, l’accessibilité à leurs données et développer des espaces de collaboration et de recherche,
  • faciliter la gestion des ressources numériques en garantissant un accès homogène et pérenne,
  • promouvoir la participation des usagers en mobilisant des outils avancés pour l’exploration et l’utilisation des ressources,
  • proposer des projets de transcription, de crowdsourcing ou de sciences participatives en fournissant des documents annotables,
  • réduire et mutualiser les coûts en utilisant un standard ouvert, des services et des logiciels éprouvés.

Pour les développeurs

Il existe de nombreux logiciels et composants compatibles avec les API de IIIF, beaucoup sont libres. La page officielle Awesome IIIF recense les principaux ainsi qu’un grand nombre de ressources documentaires et de services.

IIIF est entièrement basé sur les standards et l’architecture du Web (principes REST et du Linked Data, Web Annotation Model du W3C, JSON-LD) ce qui facilite le partage et la réutilisation des données.

Le découplage entre la couche serveur et la couche cliente, la modularité des composants logiciels, la ré-utilisabilité des ressources offrent une grande souplesse et réduit la dépendance à un logiciel ou un prestataire.

La communauté des usagers et des développeurs est active.

Comment ça marche ?

Le manifeste est un élément essentiel de IIIF. C’est un document au format JSON-LD qui représente généralement un objet physique numérisé tel qu’un livre, une œuvre d’art, un numéro de journal, etc. Il peut également rassembler des éléments de provenances diverses. Il décrit l’ensemble du document, ses métadonnées, sa structure et référence les images et les médias qu’il embarque.

Les liens des manifestes IIIF sont plus ou moins faciles à trouver dans les notices des catalogues. Une méthode simple consiste à rechercher le logo IIIF ou à explorer les informations fournies par les visualiseurs. Le site officiel de IIIF alimente un annuaire non exhaustif des sites et, site par site, fournit généralement un mode d’emploi pour récupérer les manifestes.

Techniquement, IIIF comporte deux API principales, l’API Image et l’API Presentation qui fonctionnent de concert.

API Image

L’API Image fournit des informations basiques sur l’image ainsi que les pixels de l’image entière ou de zones à la demande.

Elle se présente avec les éléments suivants :

  • une URL d’accès aux informations techniques d’une image, abcd1234 est un exemple d’identifiant :
    http://www.example.org/image-service/abcd1234/info.json
  • une URL à construire à la carte pour récupérer et manipuler tout ou partie de l’image en précisant la zone, la taille, l’orientation, la qualité et le format de l’image à produire.

schéma de l’URL API Image

Voilà ce que ça donne en pratique avec l’image de test. Attention ! LinuxFR met en cache les images, si vous souhaitez effectuer les manipulations, copiez et modifiez les paramètres des url ci-après.

Le fichier info.jsonest le suivant :

  • https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/info.json

  • rendu homothétique de l’image entière avec une largeur de 300px

    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/full/300,/0/default.jpg

    image entière rendue homothétique avec une largeur de 300px

  • détail de la même image

    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/1680,1100,1300,1300/300,/0/default.jpg

    détail

  • rotation et transformations

    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/1680,1100,1300,1300/150,/45/default.jpg

    détail

    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/1680,1100,1300,1300/150,/0/bitonal.jpg

    détail
    https://stacks.stanford.edu/image/iiif/ff139pd0160/K90113-43/1680,1100,1300,1300/150,/0/gray.jpg

    le rendu en niveaux de gris ne fonctionne pas avec ce serveur IIIF.

Pour en savoir plus consultez les spécifications de l’API Image (version 3.0 actuellement).

L’API Presentation

En complément à l’API Image, l’API Presentation fournit les propriétés d’un document IIIF : métadonnées, structures, annotations, etc.

Principales composantes d’un Manifeste IIIF

Principales composantes d’un Manifeste IIIF (source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0)

Il existe de nombreux visualiseurs pour afficher ces documents et les informations associées. On distingue alors dans différentes zones le rôle de chacune des deux API principales.

API Image

Source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0.

API Presentation

Source : Biblissima+ — Licence Ouverte / Open License 2.0.

À noter que le visualiseur optimise le trafic en ne demandant au serveur que la partie de l’image à afficher

Pour en savoir plus consultez les spécifications de l’API Presentation (version 3.0 actuellement).

Les autres API

Voir la page des spécifications, extensions, traductions et travaux en cours.

  • Authorization Flow (version 2.0) - décrit un système de contrôle d’accès.
  • Change Discovery (version 1.0) - fournit les informations nécessaires pour découvrir et utiliser les ressources IIIF.
  • Content Search (version 2.0) - définit le mécanisme d’interopérabilité permettant d’effectuer des recherches dans les annotations textuelles associées à un objet.
  • Content State (version 1.0) - permet de référencer tout ou partie d’un manifeste IIIF et de décrire des modalités d’accès.

Au-delà de l’image : l’audio, la vidéo et la 3D

Les références à des ressources audio et vidéo sont prises en compte dans la version 3.0 de l’API de présentation IIIF. À noter qu’il n’existe pas pour l’audio et pour la vidéo d’équivalents de l’API Image, en effet, cet aspect est pris en charge par les navigateurs. Exemple : audio et vidéo d’un morceau musical associés à la partition.

Il y a une forte demande pour la prise en compte de la 3D par IIIF. Un groupe de travail rassemble les institutions et les personnes intéressées. Il anime un dépôt Github qui rassemble les documents et expérimentations du groupe.

IIIF et IA

IIIF est de plus en plus utilisé par des dispositifs d’apprentissage et de reconnaissance automatique en raison de la facilité d’accès aux images entières ou à des zones, dans les définitions et qualités nécessaires. Il est aussi possible d’imaginer des IA qui génèrent automatiquement des manifestes annotés.

La société française Teklia s’est spécialisé dans ce domaine. Elle vient d'annoncer le passage sous licence libre de sa plateforme Arkindex.

Harvard Art Museums a créé AI Explorer qui mobilisent un certain nombre d’IA pour décortiquer des reproductions d’œuvres et des photographies.

Le Consortium IIIF a mis en place un groupe de travail et il existe une formation en ligne sur le sujet.

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