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    Master 2 de Cyberjustice, Strasbourg, 12 et 13 novembre 2025 En clôture d’un cycle d’enseignement de 4 années universitaires sur la transformation numérique de la justice au sein du Master 2 de Cyberjustice, la Faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de l’Université de Strasbourg a organisé avec le soutien de l’Institut Robert… Plus...

Transformation numérique de la justice : séminaire 2025

9 décembre 2025 à 13:11
Master 2 de Cyberjustice, Strasbourg, 12 et 13 novembre 2025 En clôture d’un cycle d’enseignement de 4 années universitaires sur la transformation numérique de la justice au sein du Master 2 de Cyberjustice, la Faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de l’Université de Strasbourg a organisé avec le soutien de l’Institut Robert… Plus...
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  • 3 applis pour le 18 septembre et après
    Lors des mobilisations et manifestations, nos smartphones sont des outils cruciaux pour s’organiser. Bien qu’ils soient extrêmement pratiques à bien des égards, ils peuvent aussi devenir dangereux s’ils tombent dans de mauvaises mains ou sont mal utilisés (voir notre article de 2023, toujours d’actualité ). Les informations que nos téléphones contiennent doivent donc être protégées. Voici 3 applications libres et gratuites à découvrir et installer, afin de réduire ces risques autant que possible

3 applis pour le 18 septembre et après

Par : nono
16 septembre 2025 à 18:03

Lors des mobilisations et manifestations, nos smartphones sont des outils cruciaux pour s’organiser. Bien qu’ils soient extrêmement pratiques à bien des égards, ils peuvent aussi devenir dangereux s’ils tombent dans de mauvaises mains ou sont mal utilisés (voir notre article de 2023, toujours d’actualité ). Les informations que nos téléphones contiennent doivent donc être protégées. Voici 3 applications libres et gratuites à découvrir et installer, afin de réduire ces risques autant que possible en amont des mobilisations à venir (ou après !).

Un avertissement toutefois avant de commencer : ne croyez pas que ces 3 applications, ou quelque autre application, peuvent assurer une sécurité parfaite. La sécurité numérique est un sujet complexe, qui dépend avant tout de votre contexte et des menaces auxquelles vous faites face. Voyez-les comme une première étape pour se prémunir de certaines menaces, mais pas comme une assurance totale de votre sécurité. Nous listons en fin d’article des ressources et des guides qui vous permettront d’en apprendre plus sur l’autodéfense numérique.

De manière générale, la meilleure option reste de ne pas avoir son téléphone sur soi lors d’une action. Dans le cas où l’usage d’un téléphone est difficilement évitable, voici quelques recommandations d’applications qui permettent de réduire les risques.

Signal

Signal est une application de messagerie instantanée qui protège vos messages grâce à un chiffrement de bout en bout. C’est-à-dire que le chiffrement des messages est fait sur votre téléphone, et sur les téléphones de vos correspondant·es. Ni Signal, ni aucune autre tierce personne n’a accès aux clés cryptographiques qui permettent de chiffrer / déchiffrer vos messages. Signal ne connaît pas le contenu des messages, et ne sait même pas qui parle à qui. Vous pouvez également protéger l’accès à Signal via un code, à l’aide d’un paramètre dans l’application.

Signal ne semble pas conserver l’adresse IP utilisée pour se connecter. Cette information ne ressort en tout cas pas des rapports de transparence de la fondation qui développe l’application. Il n’est toutefois pas possible d’exclure techniquement que l’adresse IP de connexion soit conservée et rattachable au numéro de téléphone utilisé pour s’inscrire. Signal peut alors être contraint par la police de partager ces données. Si vous avez besoin de cacher à Signal votre adresse IP de connexion, vous pouvez alors utiliser Tor, ou un VPN.

Signal est une application libre, c’est-à-dire que, contrairement à Whatsapp ou d’autres applications commerciales, son fonctionnement est décrit publiquement dans son code source, lisible par tous·tes, ce qui permet à chacun·e de vérifier que le code fait bien ce qu’il dit faire, sans backdoors ou autre fonctionnement caché.

Si vous avez un smartphone avec Android, vous pouvez télécharger Signal depuis F-Droid, un magasin d’applications alternatif qui ne propose que des logiciels libres, en suivant ce tutoriel et en ajoutant le dépôt du Guardian Project, ou bien en téléchargeant directement l’application sur le site de Signal. L’application est également disponible sur le magasin d’applications de Google ou d’Apple.

Duress

Duress vous permet de définir un code de déverrouillage secondaire qui, lorsqu’il est saisi, effacera l’ensemble de votre téléphone. Dans une situation où un tiers chercherait à obtenir des informations sur votre téléphone par la force ou si vous avez besoin d’effacer votre téléphone en urgence, vous n’avez qu’à saisir ce code.

Si vous êtes dans une situation où il y a un risque imminent, vous pouvez alors effacer vos données en utilisant le code de Duress. Attention toutefois : si vous êtes en garde à vue et qu’un officier de police judiciaire (OPJ) vous demande votre code, provoquer l’effacement des données peut conduire à des poursuites.1

Comme Signal, cette application libre et gratuite est disponible sur F-Droid.

Wasted

Wasted fonctionne de manière similaire à Duress, mais peut aussi être activée à distance. Lors du premier lancement, Wasted génère un code secret qui, s’il est reçu par votre téléphone, lancera l’effacement de votre téléphone. Wasted peut aussi mimer une fausse application sur votre téléphone qui, si elle est ouverte, lancera également l’effacement. 

Cette application est très pratique si vous perdez votre téléphone et souhaitez l’effacer à distance, ou s’il est volé et que quelqu’un cherche à fouiller votre téléphone.

Les mêmes avertissements que pour Duress s’appliquent à Wasted : si un Officier de Police Juridicaire vous demande d’accéder à votre téléphone, provoquer la suppression de ses données peut vous faire courir un risque de poursuites.

Comme Signal et Duress, Wasted est une application libre et gratuite disponible sur le store F-Droid.

Bonus : Briar

Briar est une application de messagerie pensée pour les situations où l’accès à Internet n’est plus possible, ou si vous avez besoin d’une sécurité renforcée (par exemple dans des pays autoritaires). Elle ne nécessite aucune information personnelle pour s’inscrire. Elle passera toujours par le réseau Tor pour transmettre les messages afin de garantir votre anonymat, et peut aussi utiliser le Bluetooth si Internet n’est pas disponible ou est censuré.

L’application est elle-aussi disponible sur F-Droid, le magasin d’application de Google, ou directement depuis le site web de Briar.

Attention toutefois : utiliser le réseau Tor permet de cacher les données qui transitent à un tiers qui écouterait la communication, mais cela peut aussi attirer l’attention de la police. Dans certains pays autoritaires qui criminalisent l’usage de Tor ou de VPN, cela peut donc être dangereux. En France, l’utilisation d’un VPN est légitime et parfaitement légal et paraît peu risqué dans un contexte de manifestations. Mais la justice française a déjà reconnu que l’usage de Tor caractérisait un comportement « clandestin » pouvant permettre de condamner des personnes pour association de malfaiteurs à caractère terroriste.

Aller plus loin dans l’autodéfense numérique

Pour avoir une meilleure pratique de la sécurité numérique, accessible à tous·tes, il est intéressant de comprendre le pourquoi et le comment du fonctionnement et des enjeux autour de nos usages. Pour cela, nous vous recommandons plusieurs guides, édités par différentes organisations, qui peuvent vous aider à vous instruire sur le sujet :

  • La bibliographie sur l’autodéfense juridique et numérique compilée par La Coalition Libertés Associatives.

Si vous le souhaitez, vous pouvez rejoindre notre groupe de discussion sur l’autodéfense numérique. Vous aurez besoin d’un compte sur le réseau Matrix, que vous pouvez obtenir, entre autres, en installant l’application Element.

Et les iPhones ? Vous aurez peut-être remarqué que seule l’appli Signal est disponible sur iOS. Malheureusement, Apple a une approche beaucoup trop restrictive qui, à notre connaissance, ne permet pas l’existence d’applications comme Duress ou Wasted.

Et, si vous le pouvez, vous pouvez aussi nous faire un don pour nous permettre de continuer nos combats.

Illustration: 31C3 – Impressions par heipei, sous licence CC BY-SA 2.0.

  1. En 2024, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a fortement encadré le droit d’accès aux données d’un téléphone. Toutefois, la portée de cette décision reste incertaine, et il est aujourd’hui possible que ne pas répondre à une demande d’accès aux données du téléphone par un OPJ soit encore sanctionné par les tribunaux en France, malgré l’existence de cette décision de la CJUE. ↩︎

Liens vagabonds : Les médias traditionnels, victimes d'obsolescence dans le monde tech ?

La presse mainstream se trouve à un tournant décisif. À mesure qu'Internet et les réseaux sociaux redéfinissent les contours de l'information, des voix influentes, comme celle de Taylor Lorenz, interrogent le rôle et la pertinence des médias traditionnels. Ancienne journaliste tech au Washington Post, la spécialiste de la “creator economy” a choisi de quitter le navire vieillissant pour se lancer en solo sur Substack. Son projet ? User Magazine, une newsletter consacrée à « couvrir la technologie du point de vue de l'utilisateur ».

Dans cette quête d'indépendance, elle rejoint un nombre croissant d'ex-journalistes "stars" des médias traditionnels devenus indépendants : Olivier Darcy, ancien rédacteur de CNN, a récemment lancé Status, une newsletter par abonnement. Jeremy Scahill et Ryan Grim, tous deux de The Intercept, ont quant à eux créé Drop Site News. Pour la spécialiste de la culture numérique, cette liberté enfin acquise signifie s’affranchir d’une hiérarchie devenue trop pesante, « d’institutions qui se préoccupent davantage des apparences que de défier le pouvoir », ainsi que des politiques restrictives du Washington Post concernant les réseaux sociaux de ses employés. 

Ce qui la guide, au-delà d’une volonté de se défier de conventions qui lui paraissent dépassées ? La volonté de pouvoir couvrir internet comme elle le souhaite, c’est-à-dire comme un outil culturel majeur, au-delà d’une simple innovation technologique. « Les médias traditionnels ont du mal à couvrir internet de manière significative. Ils s’en détournent souvent », pointe-t-elle dans une récente interview. « Ces institutions ont été conçues pour une époque différente où les informations étaient plus lentes, plus centralisées, et où quelques garde-fous pouvaient contrôler le récit ». Avec déjà plus de 39 000 abonnés inscrits à sa newsletter, la créatrice de contenus - elle se définit aussi de cette manière - prouve qu'il existe une demande croissante pour ce type d’approche . Son travail se concentre sur la nouvelle génération de créateurs qui utilisent TikTok, Instagram, et YouTube comme outils pour créer leur propre culture.

En France, la situation n'est guère différente. Les médias traditionnels semblent souvent englués dans des approches obsolètes. « On explique les enjeux liés au numérique de manière économique, superfétatoire ou fantasmée », constate François Saltiel, journaliste média. L'absence de programmes dédiés aux enjeux technologiques crée un vide que de nouvelles voix pourraient combler. Selon un rapport de l'Arcom de mars 2024, 62 % des Français s'intéressent aux questions technologiques et scientifiques, devançant ainsi l'économie, le sport, la politique et les célébrités.

Un futur à redéfinir

Les institutions peuvent-elles réinventer leur approche face à des sujets aussi évolutifs et techniques ? En se concentrant davantage sur la technologie que sur les utilisateurs, elles risquent de passer à côté de l'essentiel : comprendre comment Internet influence et façonne notre culture. Comme l'affirme le journaliste américain Jeff Jarvis : « Une grande partie de la presse reste focalisée sur les grandes entreprises technologiques, leurs dirigeants souvent masculins, et leurs algorithmes, perçus comme des boîtes noires mystérieuses que les journalistes ont du mal à expliquer. Cela pourrait sembler aussi absurde que de parler du télégraphe en termes d'étincelles, de la radio en termes d'ondes, ou de la télévision en termes de pixels. Ces technologies sont importantes non pas pour leur fonctionnement, mais pour la manière dont elles nous aident à communiquer, à innover, à créer ou à détruire. Il est donc essentiel d’aborder Internet sous des angles culturel, politique, économique, éducatif et environnemental. »

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Le niveau de confiance dans les médias varie selon l'affiliation politique, selon une étude ObSoCo, Fondation Jean-Jaurès et ARTE (Fondation Jean Jaurès)
  • Qui fait des podcasts en France… et qui en vit ? Une étude à l’écoute de ce métier précaire (Télérama)
  • Le gouvernement étudie une pérennisation de la vidéosurveillance algorithmique (Le Monde)
  • LVMH prend le contrôle de « Paris Match », après des années de convoitise (Le Monde)
  • Télévision : pourquoi la numérotation peut relancer la guerre des chaînes d'info (Les Echos)
  • Ce que révèlent cinq années de traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles (INA)
  • Dov Alfon actualise son plan stratégique pour Libération (La Lettre)
  • Procès du “Canard enchaîné” : six journalistes se portent partie civile aux côtés de Christophe Nobili (Télérama)

3 CHIFFRES

  • Près d'un tiers des 171 messages postés la semaine dernière par Elon Musk, le propriétaire de l'X, étaient faux, trompeurs ou manquaient d'un contexte essentiel (New York Times)
  • OpenAI lève 6,6 milliards de dollars lors de la plus grande levée de fonds en capital-risque de l'histoire (Axios)
  • 46 % des adultes américains déclarent avoir été confrontés à une arnaque ou à une cyberattaque (Axios)

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : Trusting News

 

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Mal informé sur la désinformation (Financial Times)
  • Les milliardaires pro-Trump de la Silicon Valley vont-ils avoir la peau de la démocratie ? (Télérama)
  • Vos échanges avec le chatbot pourraient être une mine d'or pour les entreprises d'IA (The Atlantic)
  • Mark Zuckerberg peut-il s'élever au-dessus de la mêlée politique américaine ? (Financial Times)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les acteurs au UK perdent des revenus face à l'IA, selon une étude du CREATe (Centre de Régulation de l'Économie Créative à l'Université de Glasgow). Près d'un quart des personnes interrogées ont été sollicitées pour fournir des images ou des enregistrements audio afin de créer un sosie numérique visuel ou sonore. Huit pour cent ont vu un sosie numérique créé sans leur consentement (Advanced Television)
  • Google propose la recherche filmée (Google)
  • Meta Movie Gen, générateur de vidéo, sons et musique d'ambiance synchronisée, entraîné sur 100 millions de vidéos, 1 milliard d'images (sources non précisées) (Meta)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

  • La lutte pour la vérité commence : la BBC dévoile les coulisses du combat contre la désinformation (BBC)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Audiovisuel public : la gauche pousse pour le retour d’une redevance (Télérama)

JOURNALISME

  • Reuters et CNN deviennent les derniers médias à faire payer l'accès aux actualités en ligne (WSJ)
  • Le New York Times lance une application mobile entièrement remaniée (Hollywood Reporter)
  • L'interview de Boris Johnson par la BBC a été annulée après l'envoi par mégarde de notes de briefing sur l'entretien de l'ancien Premier ministre (The Guardian)
  • CNN a demandé une interview avec Melania Trump. Son éditeur a demandé 250 000 $ en échange (CNN)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Substack s’impose comme le nouveau refuge anticonformiste du journalisme de design (Financial Times)
  • Comment la campagne de Kamala Harris a finalement fait fonctionner la stratégie de mèmes de Biden (Bloomberg)
  • Les YouTube Shorts deviennent moins courts (The Verge)

ENVIRONNEMENT 

  • Le sommet français sur l'intelligence artificielle sera axé sur l'impact environnemental des technologies énergivores (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Plus de 9 000 pages frauduleuses sur Facebook supprimées après que des Australiens aient perdu 43,4 millions de dollars à cause de deepfakes de célébrités (The Guardian)
  • À l'intérieur du chaos de la nouvelle téléréalité de MrBeast (Rolling Stone)
  • Apple vient-il de tuer les applications sociales ? (NYT)
  • Pourquoi Threads s'ouvre à d'autres réseaux sociaux (Washington Post)
  • MrBeast acquiert une startup visant à devenir le LinkedIn de l'économie des créateurs (Business Insider)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Le câble est en train de mourir. Le streaming devient le nouveau câble. Et tout empire (Washington Post)
  • Apple revoit à la baisse ses grands projets de sortie de films au cinéma (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les podcasts de discussion dominent le marché — et le feront toujours (Wired)
  • Votre prochaine interview de podcast pourrait en réalité être une réunion déguisée (Bloomberg)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • L'IA Copilot de Microsoft se dote d'une voix, de la vue et d'un persona « Hype Man » (Wired)
  • Le responsable de l'IA de Microsoft veut que Copilot apporte un « soutien émotionnel » à Windows et à Office (Wired)
  • OpenAI veut que toutes vos applications utilisent ses voix expressives d'IA (Washington Post)
  • Facebook est inondé d'images générées par l'IA montrant la dévastation causée par l'ouragan Helene (Futurism)
  • Microsoft commence à rémunérer les éditeurs pour leurs contenus mis en avant par Copilot (TechCrunch)
  • Microsoft arrête le HoloLens 2 sans successeur en vue (TechCrunch)
  • OpenAI ouvre son moteur d'IA vocale aux développeurs (Axios)
  • En Corée du Sud, la pornographie deepfake ruine la vie des femmes (Associated Press)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Comment Axios a augmenté ses revenus publicitaires pré-réservés en ciblant des audiences de niche (Digiday)
  • Amazon va augmenter le nombre de publicités sur Prime Video (Financial Times)
  • Les résumés de recherche générés par l'IA de Google affichent désormais des publicités (The Verge)

Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah

 

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  • Les nouvelles start-ups de l'info : le futur du journalisme ?
    Des rescapés des grands groupes aux jeunes loups de la start-up nation, une nouvelle vague de médias bouleverse le paysage journalistique. En quête d'impact, ces entrepreneurs de l'info expérimentent de nouveaux modèles économiques et éditoriaux pour s'adapter aux exigences d'une audience en mutation. Mais à quel prix pour l'intégrité éditoriale ? Le futur du journalisme se jouera-t-il avant tout sur les réseaux sociaux ? Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l’Information de France Télévisions C

Les nouvelles start-ups de l'info : le futur du journalisme ?

Par : oansah
11 septembre 2024 à 15:41

Des rescapés des grands groupes aux jeunes loups de la start-up nation, une nouvelle vague de médias bouleverse le paysage journalistique. En quête d'impact, ces entrepreneurs de l'info expérimentent de nouveaux modèles économiques et éditoriaux pour s'adapter aux exigences d'une audience en mutation. Mais à quel prix pour l'intégrité éditoriale ? Le futur du journalisme se jouera-t-il avant tout sur les réseaux sociaux ?

Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l’Information de France Télévisions

Créateurs de contenu, entrepreneurs, influenceurs, journalistes de formation, rescapés de la bollorisation : les acteurs qui souhaitent lancer leur propre média ne manquent pas !  Chacun a sa définition bien particulière de ce que doit être l’info. Pour les uns, un puissant outil marketing. Pour d’autres, un bien public essentiel. Face à un modèle économique du journalisme traditionnel à bout de souffle, ils expérimentent avec avidité de nouvelles stratégies en ligne, pour s’adapter à une cible jeune qui s’informe prioritairement sur les réseaux. Contrairement aux mastodontes historiques, ces nouveaux entrants bénéficient de structures agiles, leur permettant d’explorer de nouveaux formats et de s’adapter rapidement aux tendances changeantes de leur audience. Comment ces médias parviennent-ils à se financer ? Quels modèles économiques émergent pour répondre aux besoins de l’ère numérique ? Et quels sont les compromis à l’œuvre entre rentabilité commerciale et intégrité éditoriale ?

Les start-uppeurs de l’info

Ce sont les plus visibles sur les réseaux sociaux. Ils ont fait des études de commerce, ont suivi un cursus marketing, communication numérique et média, et aspirent à devenir les Xavier Niel de demain. Imprégnés de la culture « start-up », ils se lancent dans le monde de l’information avec l’ambition de bâtir des empires médiatiques. Pour eux, l’information est un produit, au service d’un business à faire prospérer. C’est ainsi la philosophie totalement assumée du Crayon, un média en ligne créé il y a quatre ans, qui selon France Culture, « taille dans le buzz » et compte près de sept cent mille abonnés sur les réseaux sociaux.

Fondé par quatre jeunes entrepreneurs et créateurs de contenus – Wallerand Moullé-Berteaux, Sixtine Moullé-Berteaux, Antonin Marin (qui lui a fait des études de mathématiques), et Jules Stimpfling (diplômé du master in International Security à l'École des affaires internationales (PSIA)) – ce pure-player vise à donner la parole à tous, au nom de la liberté d’expression. Des personnalités de tous horizons, y compris de l’extrême-droite, y ont été invitées : l’influenceuse et ancienne porte-parole de Génération Identitaire Thaïs d’Escufon, Florian Philippot, et même Éric Zemmour. Quelques jours avant l’élection européenne du 9 juin, Emmanuel Macron a lui aussi pris la parole sur ce média « de débat d’idées et d’opinions », dont l’audience est majoritairement composée de 18-34 ans. L’assurance de toucher une cible jeune, avant ses passages plus traditionnels sur les plateaux de TF1 et France 2. Le Président a compris la force de frappe de ces nouveaux types de médias.

La particularité du média ? Pas de journalistes ! « On traite et analyse des faits, puis on reçoit des personnalités selon les faits. On fait du journalisme mais on n’est pas des journalistes », justifie au micro de Mediarama, Antonin Marin, co-fondateur et directeur « des rédactions » du Crayon, redéfinissant ainsi le concept même du journalisme ! « Un média, tel que défini par Naval Ravikant (une figure emblématique de la Silicon Valley) est une audience ou une communauté qui se retrouve dans une proposition de contenu », précise sur LinkedIn Wallerand Moullé-Berteaux. Le Crayon est considéré comme le « vaisseau amiral » du groupe, aux activités commerciales diversifiées : ad breaks, sponsoring, brand content... Leur agence de RP, le Surligneur, représente 40 % de leur chiffre d’affaires. Ils ont également levé un million d’euros auprès de plusieurs investisseurs et business angels dont Xavier Niel et Pierre-Edouard Stérin, fondateur de Smartbox, et libertarien conservateur. « Nous cherchons à créer une entreprise rentable, d’où nos piliers d’agence. Si on annualise les trois derniers mois, on atteint deux millions de chiffre d’affaires. Nous sommes rentables depuis le début, une obsession qui découle de ma culture du ‘make money’ », affirme Wallerand Moullé-Berteaux, pour qui il s'agit de la troisième entreprise.

Dans les cinq ans, l’entreprise vise à être un « mass media incontournable » en adoptant la philosophie du « media led company » un concept que vulgarise le fondateur du Crayon sur LinkedIn : « La media-led-company est une entreprise qui dirige son développement avec le média comme première brique d’activité pour l’amener vers des business propriétaires à destination de l’audience. » Il cite ainsi l’exemple de Welcome to the Jungle, « qui a révolutionné le monde du recrutement grâce à la puissance de son média ». En d’autres termes, le média sert de vitrine pour faire fructifier d’autres business. « Les prochains leaders du marché ne seront pas ceux qui ont les meilleurs produits, mais ceux qui possèdent un excellent positionnement et un média puissant », expliquait-il dans le podcast Jeunes Branches.

Ces nouveaux entrants remplacent le mot « information » par « contenu », redéfinissant ainsi les fondements même du journalisme traditionnel. Pour une internaute LinkedIn, il s’agit dans d’autres termes « d’une agence de com’ avec la crédibilité d’une agence de com ». Cette remarque souligne la dilution de la frontière entre communication commerciale, influence et information journalistique, rendant les motivations des créateurs de contenu ambiguës. Selon ces jeunes entrepreneurs, la prochaine ère du marketing sera celle des médias. Cette vision pose un défi majeur : comment maintenir une information de qualité, équilibrée et vérifiable, dans un modèle où le contenu est principalement guidé, non pas par une ligne éditoriale et une déontologie professionnelle, mais par des objectifs commerciaux ? Il est crucial de réfléchir aux conséquences de cette transformation sur la démocratie, car l’information, lorsqu’elle est traitée comme un simple outil marketing, risque de perdre sa valeur en tant que bien public essentiel.

Le brand content, une source de revenus pour les nouveaux médias

Le Crayon n'est qu'un exemple parmi d'autres de nouveaux médias souhaitant établir un groupe médiatique grâce à des partenariats commerciaux. Les créateurs de contenu exploitent les plateformes pour diffuser leurs productions, attirant de vastes audiences et générant des revenus grâce à la publicité et aux collaborations avec des marques. HugoDécrypte, avec ses millions de vues sur YouTube et autres réseaux sociaux, illustre parfaitement cette nouvelle forme de média, inspirée par les géants de l’info-divertissement comme Brut et Konbini. Les réseaux sociaux d’HugoDécrypte cumulent désormais plus de 14 millions de followers, surpassant ainsi Le Monde.

Sur la page Instagram d’HugoDécrypte, qui compte 3,6 millions d’abonnés, les publications réalisées pour des marques coexistent, en sandwich, avec des contenus informatifs. Le 12 décembre 2023, Hugo Travers a ainsi fait la promotion de la marque Cartier sur le compte Hugodecrypte.pop (823 000 abonnés), avec une indication de collaboration commerciale. C’est ce qu’on appelle le brand content. Cette proximité peut brouiller la distinction entre information et communication. Pour un jeune public, il peut être difficile de reconnaître un partenariat rémunéré. C'est pourquoi le Clemi a mis à disposition des ressources sur son site pour aider à comprendre ce modèle économique, (également utilisé par les médias traditionnels).

Capture d’écran du compte Instagram Hugodecrypte.pop – Collaboration commerciale Cartier

Des journalistes « traditionnels » accompagnés par des entrepreneurs

À côté de créateurs de contenus, de nombreux journalistes quittent les grands groupes pour lancer leurs propres projets, motivés par le désir de retrouver une certaine liberté éditoriale et de s’engager dans des initiatives plus en phase avec leurs valeurs. Comme le remarque Julie Joly, directrice du Nouvel Obs : « Le lien d’antan entre les journalistes et les rédactions n’existe plus : ils ne sont plus liés à une rédaction du début à la fin de la carrière. » La désillusion peut parfois être un moteur puissant.

Grégory Raymond, ancien de Capital Magazine, Brief.me et Huffington Post, raconte en souriant : « J’ai financé Big Whale avec mon chèque de départ de Prisma, après son rachat par Vivendi. » Avec Raphaël Bloch (ancien de L'Express, Les Échos et Reuters), ils co-fondent le premier média européen dédié à la token économie. Pour compléter leur équipe, ils choisissent, non pas un journaliste mais Dimitri Granger, ancien de Publicis et « crypto believer ». « Il a dix ans de plus que nous et l’expérience de la gestion d’entreprise et de la comptabilité », soit un solide allié pour affronter les nuits blanches et les affres de l’entreprenariat.

Raphaël Bloch est d’ailleurs convaincu que le journalisme et l'entrepreneuriat sont étroitement liés. Selon lui, un bon journaliste est un entrepreneur dans l'âme, même s'il ne s'en rend pas compte. Il explique sur Médianes : « Au risque de choquer, je pense fondamentalement qu'un bon journaliste est un entrepreneur. Quels que soient nos supports, que ce soit radio, télé, écrit, on gère notre sujet, on va chercher nos sources à droite, à gauche, on rend compte de notre travail au quotidien, on est finalement des entrepreneurs qui s'ignorent. » Pour « l’infopreneur », l'entrepreneuriat est non seulement nécessaire pour la survie et le succès des médias modernes, mais aussi une extension naturelle du rôle du journaliste.

Cette vision guide la stratégie et le développement de Big Whale. À trois, ils développent un modèle économique diversifié avec une approche test and learn : abonnements groupés pour des entreprises offrant des fonctionnalités premium, participation payante à des événements où sont présentés des rapports de marché, analyses de projets… Dernièrement, ils réfléchissent à un modèle économique d’un nouveau genre, « sans sacrifice financier, avec un partage de revenus entre la plateforme de publication et la communauté qui l’utilise, avec des incitations économiques pour contribuer ou enrichir les contenus ». Un peu à la manière de Wikipédia où chacun est invité à enrichir une page ? « On peut effectivement y voir un modèle proche, sauf qu’il y aura un protocole blockchain sous l’interface et des incentives financières à participer pour créer du contenu ou de l’améliorer. » À plus long terme, l’ambiance est de « décentraliser la gouvernance de ce système lorsqu’il sera éprouvé ». La communauté joue un rôle central chez Big Whale. Sur leur plateforme Discord, 1 500 abonnés actifs incarnent les « têtes chercheuses » du média, enrichissant, précisant, rebondissant sans cesse sur des informations de l’écosystème. Cette approche participative contraste avec les médias traditionnels, où l'information est émise de manière verticale. « Un média veut dire beaucoup de choses et en même temps presque plus rien. On est tous capables aujourd’hui de produire de l’info », résume Raphaël Bloch.

Ils ne sont pas les seuls journalistes de formation à s’être lancés dans les nouveaux médias financiers. Léa Lejeune, après avoir couvert les rebondissements des entrepreneurs de la Tech pour Challenges pendant de nombreuses années, a créé Plan Cash, une newsletter féministe et gratuite qui parle d’argent… Qui s’est doublée avec le temps d’une plateforme d’éducation féministe « qui parle d’argent aux femmes sans tabou », dont elle fait la promotion sur la page Instagram du média (80 000 abonnés). Dans cette aventure entrepreneuriale, la journaliste est accompagnée de Morgane Dion, plus de 12 ans d’expérience corporate dans les licornes françaises. Le modèle économique repose, entre autres, sur des formations assurées par des « experts certifiés » à « une époque où les influenceurs donnent des mauvais conseils financiers sans avoir le background et sans respecter les règles de l’AMF (Autorité des marchés financiers) » : « Les médias ont du mal à s’en sortir avec un modèle économique dans lequel ils sont dans la délivrance d’infos parce qu’il y a trop de concurrence. L’idée, c’était de gagner de l’argent sur la partie servicielle du média. Aujourd’hui, les gens sont de moins en moins prêts à payer pour de l’information mais ils sont de plus en plus prêts à payer pour des formations », assure-t-elle. Pour l'instant, l'entreprise ne bénéficie pas du statut d'entreprise de presse, car il est nécessaire que plus de 50 % de ses revenus soient issus de la production d'informations pour obtenir cette classification.

Ces nouveaux médias qui ne veulent pas travailler avec les marques

Aujourd’hui, la collaboration avec les marques n’est pas la principale source des revenus des start-ups de l’info. Selon une nouvelle étude publiée par le Centre de recherche sur les médias et le journalisme et la fondation Maharat, elles sont seulement 18 % à indiquer générer des revenus grâce à la pub. En perspective, les abonnements et autres méthodes de financement participatif sont utilisés par 30 % des acteurs. Les médias indépendants se distinguent par leur volonté de préserver une indépendance éditoriale, loin des pressions économiques exercées par les annonceurs ou les grands groupes. Cette indépendance est souvent perçue comme essentielle pour garantir la qualité et l’intégrité de l’information.

Pour assurer leur viabilité économique, les médias indépendants adoptent des stratégies de financement variés. Le financement participatif par exemple est devenu une méthode courante pour lancer de nouveaux projets. La Déferlante, un média féministe sans pub, a réussi à fédérer sa communauté dès ses débuts grâce à une campagne de financement participatif, atteignant 10 000 abonnés et embauchant neuf employés. Elle a permis à son lectorat d’entrer au capital à partir de 100 euros, une initiative qui a séduit 750 personnes. Dernièrement, c’est le média Fracas, lancé par Philippe Vion-Dury, ex-rédacteur en chef de Socialter, qui a réalisé « le plus gros lancement de média indé écolo » : « Dans la catégorie média papier, on se place dans le top 10 des lancements de médias en financement participatif, derrière des médias comme Epsiloon, La Déferlante, SoGood, Zadig ou Ebdo » a écrit Philippe Vion-Dury le 16 mai sur LinkedIn. Le média a ainsi réussi à rassembler pour son lancement 160 000 euros, 1 500 abonnés à la revue papier, et une communauté de 16 000 membres sur Instagram. LinkedIn a notamment joué un rôle dans le succès de la campagne.  Le réseau est selon lui « très indiqué pour bâtir son lectorat et sa campagne : les CSP+ y sont largement représentés, et on ne construit que très difficilement l’équilibre d’un média sans attirer à soi un lectorat capable de soutenir par la dépense ».

Des modèles hybrides, combinant abonnements et dons, permettent également de maintenir une indépendance vis-à-vis des annonceurs. Blast, un média indépendant lancé grâce à une campagne de crowdfunding qui a récolté près d’un million d’euros (contre les 100 000 demandés), en est un exemple notable. Un succès que l’on peut attribuer aussi à la notoriété du fondateur, Denis Robert.

Malgré leur dynamisme, les médias indépendants font face à des défis importants, notamment en termes de pérennité financière et de capacité à maintenir une indépendance éditoriale dans un environnement économique difficile. Pour lancer un média dans de bonnes conditions, il faut par exemple bien compter sur 30 000 euros, selon Philippe Vion-Dury. De plus, la reconnaissance en tant qu’entreprise de presse, nécessaire pour obtenir certaines subventions et avantages fiscaux, peut être difficile à obtenir pour des structures innovantes. Et quand bien même ils toucheraient les aides à la presse, ils n’accèderaient en fait qu’à une part infime du gâteau, comme le souligne le fondateur de Mediapart Edwy Plenel : « les principaux bénéficiaires sont les médias possédés par des milliardaires, notamment le richissime Bernard Arnault », qui a ainsi touché pour ses journaux plus de 14 millions d’euros d’argent public en 2022.

Les nouveaux médias ne sont pas une solution miracle. Ils doivent encore faire face à des obstacles importants, notamment la réticence des utilisateurs à payer pour des informations et la difficulté à obtenir des subventions et des avantages fiscaux réservés aux entreprises de presse traditionnelles. La reconnaissance croissante de la nécessité de soutenir les médias d'intérêt public par les aides publiques, les organismes de réglementation, et les donateurs est un pas dans la bonne direction, mais elle doit s’intensifier pour créer un environnement où ces médias pourraient véritablement prospérer.

En outre, certaines start-ups de l’info traitent le journalisme comme une industrie ordinaire, en mettant l’accent sur le marketing et l’audience. Pas besoin de journalistes, mais de producteurs de contenus couteaux suisses… Peut-on se prétendre média sans son socle fondamental ? Si cette approche apporte de la flexibilité, elle soulève des défis majeurs en termes de crédibilité et d'intégrité. Par ailleurs, les nouvelles plateformes de Web3, encore en phase émergente, promettent de transformer radicalement les usages médiatiques. Bien que leurs impacts concrets se fassent encore attendre, elles offrent des perspectives inédites pour les journalistes et les « consommateurs » d'information, notamment par des modèles décentralisés et participatifs. En fin de compte, l'avenir des nouveaux médias dépendra de leur capacité à innover sans sacrifier l'intégrité de l'information et à s'adapter aux technologies de demain.

 

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  • Liens vagabonds : Telegram au cœur d'une bataille juridique inédite
    L'arrestation de Pavel Durov marque une première historique dans le monde de la technologie.  Le 24 août, le PDG de l’application Telegram, a été arrêté à l’aéroport du Bourget, à Paris. Une information judiciaire est ouverte contre le milliardaire franco-émirati par le pôle cyber du parquet de Paris. Parmi les six chefs d'accusation, on reproche au dirigeant tech une « complicité de diffusion en bande organisée d’images de mineur présentant un caractère pornographique ». En cause, l’absence qu

Liens vagabonds : Telegram au cœur d'une bataille juridique inédite

L'arrestation de Pavel Durov marque une première historique dans le monde de la technologie.  Le 24 août, le PDG de l’application Telegram, a été arrêté à l’aéroport du Bourget, à Paris. Une information judiciaire est ouverte contre le milliardaire franco-émirati par le pôle cyber du parquet de Paris. Parmi les six chefs d'accusation, on reproche au dirigeant tech une « complicité de diffusion en bande organisée d’images de mineur présentant un caractère pornographique ». En cause, l’absence quasi-totale de modération et de coopération avec les autorités judiciaires françaises. La France surveille Telegram de près depuis que le réseau a été utilisé pour la coordination des attaques terroristes de Paris en 2015. Pour Wired, « Pavel Durov est le premier de sa génération de fondateurs de grandes plateformes à faire face à de telles conséquences sévères ». Ce cas pourrait créer un précédent pour toute l'industrie. 

Pourquoi Pavel Durov, le 'Robin Hood' d'Internet, est-il arrêté ? 

Telegram, "le dark web de poche" qui revendique 900 millions d’utilisateurs dans le monde, est critiqué pour avoir laissé prospérer des groupes diffusant des images pédopornographiques, des fausses informations, et des contenus criminels. Contrairement à d'autres réseaux sociaux, Telegram ne coopère pas par exemple avec des organisations telles que le National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), qui centralise la plus grande base de données mondiale de contenus pédopornographiques. Cette non-coopération avec les demandes de suppression de contenus et les réquisitions judiciaires fait de Telegram une plateforme à part : « Parmi les dirigeants des plus grands réseaux sociaux, Pavel Durov a toujours été un outsider », observe Wired. Contrairement à ses pairs, comme Mark Zuckerberg de Facebook ou Shou Zi Chew de TikTok, il a refusé de répondre aux convocations des autorités pour s'expliquer sur sa politique de gestion de contenu. 

⚖ Telegram abides by EU laws, including the Digital Services Act — its moderation is within industry standards and constantly improving.

✈ Telegram's CEO Pavel Durov has nothing to hide and travels frequently in Europe.

😵‍💫 It is absurd to claim that a platform or its owner…

— Telegram Messenger (@telegram) August 25, 2024

Les motivations derrière cette action judiciaire 

Telegram, dont la santé financière repose essentiellement sur la crypto-monnaie, se positionne en "outsider" en affirmant ne pas être soumis aux mêmes règles de modération que les autres grands réseaux sociaux. En effet, la plateforme considère qu'elle n'est pas concernée par le Digital Services Act (DSA), la loi européenne qui oblige les plateformes de plus de 45 millions d'utilisateurs actifs à lutter contre les contenus illégaux sous peine de sanctions. Le DSA impose des règles telles que l'interdiction de cibler les publicités selon la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle, la transparence sur la lutte contre la désinformation, et de nouvelles protections pour les mineurs. 

Telegram déclare officiellement avoir 41 millions d'utilisateurs actifs en Europe, juste en dessous de ce seuil. Cependant, des responsables de l'UE soupçonnent l'application d'avoir sous-estimé ce chiffre pour éviter d'être classée parmi les « très grandes plateformes ». En ne fournissant pas un chiffre actualisé ce mois-ci, Telegram se trouve déjà en infraction avec le DSA, note The Financial Times. 

L'affaire est aussi hautement politique, avec un accusé qui détient les nationalités de quatre puissances mondiales. Il y a six ans, selon le Wall Street Journal, Emmanuel Macron avait tenté de convaincre Durov de déplacer Telegram à Paris et lui a offert la nationalité française. Bien que Durov a depuis reçu le cadeau de la nationalité française (tout comme Evan Spiegel, patron de Snapchat), le siège de Telegram se trouve actuellement à Dubaï. La Russie, de son côté, prétend ne pas être au courant d'autres nationalités détenues par son ressortissant (également fondateur de VKontakte, le Facebook russe), et défend l'application de messagerie la plus populaire du pays dans un élan qui réunit gouvernement et opposition politique. Et en Ukraine, où Telegram bénéficie de la même popularité, on se demande toujours si est-elle un cheval de Troie russe.

Enjeux pour les autres plateformes 

Cette affaire pourrait créer un précédent significatif pour d'autres plateformes numériques. Evelyn Austin, de la fondation Bits of Freedom, déclare : « L’arrestation de Durov intervient à un moment particulièrement volatile pour les plateformes en ligne et leurs utilisateurs. » L'idée que les entreprises puissent être tenues responsables des actions criminelles de leurs utilisateurs gagne du terrain. Un sondage récent au Royaume-Uni montre que deux tiers des personnes interrogées estiment que les entreprises tech devraient être tenus responsables d'héberger du contenu incitant à la violence. 

Selon Casey Newton, journaliste spécialisé dans les technologies, la poursuite éventuelle de Telegram par la France pourrait encourager d'autres pays à adopter des mesures similaires contre les dirigeants de plateformes pour non-divulgation des données des utilisateurs. « Nous nous sommes déjà dangereusement rapprochés de cette réalité », avertit-il. « L'Inde et la Russie ont été parmi les premiers pays à utiliser des « lois de prise d'otage » pour menacer les employés des plateformes de prison en raison de décisions de modération de contenu, et d'autres pays pourraient suivre. » 

Un changement de paradigme pour l'industrie numérique ? 

L'arrestation de Pavel Durov (qui a été libéré sous caution de 5 millions d'euros mercredi) marque un tournant dans la façon dont les gouvernements traitent les plateformes numériques, en soulignant une volonté croissante de tenir les dirigeants responsables de la diffusion de contenus illégaux. À l'heure où l'équilibre entre liberté d'expression et sécurité en ligne est de plus en plus débattu, cette affaire représente un test pour Telegram et pour toutes les autres entreprises technologiques. 

En attendant, Marc Zuckerberg se retrouve de l'autre côté du mirroir de la censure, en avouant cette semaine que Meta a cédé aux pressions de l'administration Biden pour censurer du contenu sur le COVID-19 en 2021.

🚨🇺🇸BREAKING: ZUCKERBERG REGRETS CAVING TO BIDEN'S CENSORSHIP DEMANDS, CUTS DEM FUNDING

Mark Zuckerberg, in a bombshell letter to House Judiciary Chairman Jim Jordan, expresses deep regret over Meta's compliance with Biden Administration pressure to censor COVID-19 content in… pic.twitter.com/FPXdFWd55n

— Mario Nawfal (@MarioNawfal) August 26, 2024

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • L’UMICC annonce la nomination de Gaspard G en tant que secrétaire général (Influencia)
  • Agnès Vahramian nommée à la tête de France Info et Céline Pigalle à la direction de l'information de Radio France (Le Figaro)
  • Une rentrée des radios et des télévisions marquée par les Jeux paralympiques, des nouveaux castings et toujours plus de Cyril Hanouna (Le Monde)
  • « Télématin » : Julien Arnaud quitte TF1 et remplace Thomas Sotto sur France 2 (Le Parisien)
  • Le personnel politique face à une défiance généralisée de l’électorat (Le Monde)
  • L'irruption de l'IA dans la chaîne éditoriale suscite des inquiétudes au Figaro (La Lettre)
  • L'Equipe s'excuse à propos de sa Une (L'Equipe)

3 CHIFFRES

  • Près de la moitié des utilisateurs de TikTok âgés de moins de 30 ans déclarent l'utiliser pour se tenir au courant de la politique et de l'actualité, selon le Pew Research Center.
  • 56 % des utilisateurs ont déjà cessé de suivre un créateur à cause de ses opinions politiques. Pourtant, 82 % des influenceurs américains prévoient de partager leur orientation politique durant cette période électorale, selon Business Insider.
  • 4 500 années-développeur et 260 millions de dollars - c'est ce que l'IA générative aurait déjà fait économiser à Amazon, selon son directeur 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Deux tiers des Britanniques estiment que les entreprises tech devraient être tenues responsables des publications incitant aux émeutes

Source : YouGov

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Pourquoi les femmes n'utilisent-elles pas l'intelligence artificielle ? (The Economist)
  • Les Républicains inondent la télévision de publicités trompeuses sur l'immigration et les frontières (The Washington Post)
  • La plupart des avatars d'IA sont féminins, jeunes et séduisants. S'agit-il d'une tendance passagère ou d'une tendance durable ? (Reuters)
  • Les stars de YouTube veulent du respect (Wall Street Journal)
  • Le problème de Kamala avec la génération Z (Business Insider)

Crédit image : Anna Moneymaker/Getty Images

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Des pirates iraniens ont ciblé les comptes WhatsApp d'employés des administrations Biden et Trump, selon Meta (APNews)
  • Comment l'IA va fusionner le cinéma et les jeux (A16z)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION 

  • Les gens sont-ils plus susceptibles d'évaluer correctement la désinformation lorsque les enjeux politiques sont élevés ? Haha, non (NiemanLab)
  • L'UE est exhortée à annuler son accord commercial avec Israël en raison des meurtres de journalistes (PressGazette)
  • L'outil d'IA Grok d'X (anciennement Twitter) d'Elon Musk manque de garde-fous efficaces pour prévenir la désinformation électorale (independent)
  • Persécutés par le régime Maduro, les journalistes vénézuéliens ont recours à l'IA (The Guardian)

Source : The Guardian

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Brésil : le réseau social X bloqué après un ordre de la Cour suprême (AP)
  • Sarah Palin obtient un nouveau procès dans l'affaire de diffamation contre le New York Times (Reuters)
  • OpenAI soutient le projet de loi californien sur l'IA exigeant le 'filigrane' du contenu synthétique (Reuters)

JOURNALISME

  • Comment le journalisme est devenu la profession la plus dangereuse au Mexique (Financial Times)
  • Lors de la Mostra de Venise, le manque d'accès aux vedettes de cinéma laisse les journalistes internationaux frustrés (Variety)
  • Écart générationnel, rhétorique militaire et polarisation : ce qui doit changer dans le journalisme sportif italien (The Fix)
  • Un conseiller en sécurité de Reuters tué, deux journalistes blessés à Kramatorsk, en Ukraine (Reuters)
  • "Le point de non-retour" : la chute de Stand News, autrefois principal média en ligne de Hong Kong (Reuters)
  • Les lecteurs préfèrent cliquer sur un titre clair et simple, comme celui-ci (NiemanLab)

Crédit image : NiemanLab

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Cet agrégateur de nouvelles/application de rencontre aide les passionnés d'actualité à se rencontrer (NiemanLab)
  • Est-ce que nous faisons fondre notre cerveau en faisant défiler des vidéos courtes sans fin ? (Sophia Smith Galer)

ENVIRONNEMENT 

  • Le gouvernement Albanese accusé d’essayer d’‘enterrer les mauvaises nouvelles’ concernant l’état de santé de la Grande Barrière de Corail (The Guardian)
  • La longue bataille du climat dans les pages du « Monde » (Le Monde)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Si TikTok est interdit, les créateurs de haut niveau pourraient se tourner vers Facebook plutôt que vers Instagram (emarketer)
  • La lutte de marques autour de ‘Demure’ révèle un changement massif dans le pouvoir des mèmes (Wired)
  • Pizza Hut permet aux clients de payer leur pizza avec des danses TikTok (gizmodo)
  • La tournure politique marquée d'Elon Musk (Wall Street Journal)
  • X se prépare à une interdiction au Brésil (BBC)

Source : Wall Street Journal

 STREAMING, OTT, SVOD

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les frères Kelce signent un accord de podcast 'New Heights' avec Wondery d'Amazon pour plus de 100 millions de dollars (The Wrap)
  • Qu'est-ce qui fait une bonne alchimie ? Pour les podcasts de discussion, c'est fondamental (New York Times)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Le plus grand défenseur de Telegram : l’industrie mondiale de la crypto-monnaie (New York Times)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le nouvel assistant vocal Alexa d'Amazon utilisera Claude AI (The Verge)
  • Le nouvel outil d'IA du Washington Post passe au crible d'énormes ensembles de données (Axios)
  • SAG-AFTRA obtient l'adoption d'une loi en Californie pour limiter les répliques d'IA (Variety)
  • La prise de notes automatique par IA de Google Meet est disponible (The Verge)
  • Gannett ferme un site accusé de publier des critiques de produits basées sur l'IA (The Verge)
  • Bonjour, vous êtes ici parce que vous avez dit que l'édition d'images par IA était comme Photoshop (The Verge)
  • Des grands sites internet disent non à l'extraction de données par l'IA d'Apple (Wired)
  • GameNGen Google : Les modèles de diffusion sont des moteurs de jeu en temps réel (GitHub)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Les éditeurs font la promotion du jeu sur leurs plateformes (Axios)
  • Voici comment 7 directeurs d'audience de médias envisagent les résumés générés par l'IA de Google (NiemanLab)
  • Apple réduit ses effectifs dans ses applications Livres et News (The Verge)

 

 

Par KATI BREMME, ALEXANDRA KLINNIK ET AUDE NEVO

 

 

 

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  • Liens vagabonds : Paris 2024 à l’ère des influenceurs
    Comment faire vibrer les spectateurs au rythme des Jeux Olympiques après le flop des deux dernières éditions ? Pour attirer l'attention de la génération Z, le groupe audiovisuel américain NBCUniversal a misé gros en envoyant 27 influenceurs de renom sur le terrain. Le but ?  Rajeunir l’audience de son service de streaming, Peacock. Cette initiative illustre l’importance grandissante des influenceurs dans le paysage médiatique, sujet du dernier Cahier de Tendances de Méta-Media. Pourtant cette f

Liens vagabonds : Paris 2024 à l’ère des influenceurs

Comment faire vibrer les spectateurs au rythme des Jeux Olympiques après le flop des deux dernières éditions ? Pour attirer l'attention de la génération Z, le groupe audiovisuel américain NBCUniversal a misé gros en envoyant 27 influenceurs de renom sur le terrain. Le but ?  Rajeunir l’audience de son service de streaming, Peacock. Cette initiative illustre l’importance grandissante des influenceurs dans le paysage médiatique, sujet du dernier Cahier de Tendances de Méta-Media. Pourtant cette fois, ce sont ces mêmes influenceurs qui se sont fait voler la vedette.  

Des stars des réseaux sociaux aux Etats-Unis comme Kai Cenat, Daniel Macdonald et Zhongni « Zhong » Zhu étaient en première ligne pour partager leur expérience olympique. Mais malgré leur audience massive, ces créateurs ont rapidement été éclipsés par les véritables héros des Jeux : les athlètes eux-mêmes. 

Ilona Maher, star de l’équipe de rugby américaine, a par exemple gagné près de 2 millions de nouveaux adeptes en seulement deux semaines grâce à ses vidéos humoristiques sur la vie dans le village olympique. Elle n’est pas la seule : le nageur norvégien Henrik Christiansen et d’autres athlètes ont eux aussi réussi à captiver le public avec des contenus authentiques et spontanés, bien loin du format aseptisé des influenceurs traditionnels.  

@ilonamaherWhen in paris♬ original sound - Ilona Maher

« Je n'aime pas qu'on me qualifie d'influenceuse. Je suis d'abord une joueuse de rugby, ensuite une influenceuse », a confié Ilona Maher, qui, en plus de son succès sur le terrain, est devenue une star des réseaux sociaux. Cette dualité montre à quel point les athlètes actuels se sont adaptés à l’ère numérique. D’autant plus qu’ils ont bénéficié de l’assouplissement d’une règle du Comité International Olympique (CIO), leur permettant de bénéficier d’une activité commerciale autour des jeux. Une aubaine quand la plupart des athlètes olympiques américains de haut niveau semblent à peine s'en sortir financièrement, gagnant en moyenne 2 000 dollars par mois. Ilona Maher confirme :  « C'est ce que j'ai dû faire pour gagner de l'argent et attirer l'attention sur notre sport ». 

En parallèle, les influenceurs embauchés par NBC ont eu du mal à trouver leur place, en grande partie à cause des restrictions imposées par le CIO. Pour protéger les droits des diffuseurs officiels, ils avaient interdiction de filmer les épreuves elles-mêmes. Leur contenu a donc souvent été limité à des clichés de stades ou de cérémonies, loin de l'immersion que le public attendait. « Les gens recherchent une couverture de qualité de ce qui se passe réellement aux Jeux », analyse Christine Tran, spécialiste des médias numériques à l'Université de Toronto. « Il y a des journalistes qui ont une formation médiatique et des moyens de production pour offrir ce genre de couverture sur le terrain. Ce que les influenceurs proposent, c'est une sorte d'informalité mise en scène, qui n'a pas eu l'impact escompté ». Il était difficile pour ces derniers de casser l’image lisse de leurs contenus, à cause de la nature même de leur contrat avec NBC. « Si NBCUniversal vous emmène à Paris et vous loge, vous n'allez probablement pas commenter les mouvements ridicules de la breakdanceuse australienne ou le fait que vous n'avez pas pu voir grand-chose depuis votre siège hors de prix à la cérémonie d'ouverture » souligne Wired. 

Même si les influenceurs de NBC n'ont pas réussi à faire décoller leurs vidéos, les chaînes de médias sociaux de NBC Sports ont gagné 2 millions de nouveaux adeptes grâce à l’engouement généré par les athlètes. Peacock, a également enregistré une hausse de 75 % du nombre de téléspectateurs en journée d'une semaine à l'autre, signe que le public est bien présent, mais qu'il s’intéresse surtout aux vrais acteurs des Jeux. 

Cette situation pourrait bien changer d’ici les prochains Jeux d’été, en 2028 à Los Angeles, où une armée d'influenceurs basés en Californie pourrait être mobilisée. Certes, la place des influenceurs n’est plus à négliger dans le paysage médiatique, mais leur voix doit être utilisée de la bonne manière, pour le bon contenu et le bon format, si elle veut se faire entendre.  

Et sinon, petit tour des points qu’il ne fallait pas manquer ces trois dernières semaines :

  • OpenAI a annoncé le 25 juillet un nouvel outil de recherche “SearchGPT”, qui ne fonctionne pas très bien, appelé “OopsGPT” (The Atlantic).
  • Cet outil continue d’alimenter la bataille avec les éditeurs de presse (Axios)
  • De son côté Perplexity a lancé son “Programme des éditeurs”. Parmi les principaux éléments, l’entreprise compte désormais partager plus équitablement ses revenus avec les éditeurs. (Perplexity)
  • Sur Peacock, c’est une IA qui a été chargée des commentaires sportifs des Jeux Olympiques avec la voix du commentateur sportif Al Michaels (State)
  • La vidéo sociale envahit le monde (Doug Shapiro)
  • Les responsables d'État américains demandent à X de s'attaquer à la désinformation électorale (Social Media Today)
  • Décès de Susan Wojcicki, ancienne PDG de YouTube, à l'âge de 56 ans (The Guardian)
  • Après la condamnation de Google, la fin de l’impunité des géants du numérique ? (Mediapart)
  • Instagram impose les “Vues” comme statistique principale (Instagram)

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Instagram’s @Creators (@creators)

  • Le soutien d’Elon Musk à Donald Trump nuit aux activités de Tesla dans le secteur des véhicules électriques en Europe, qui sont déjà en difficulté (Fortune)
  • Kamala Harris ne donne pas d'interviews. Des questions ? (New York Times)
  • En Russie, l’accès à YouTube fortement ralenti par les autorités (Meduza)
  • Désinformation en action : Channel 3, le faux média russe, aggrave la situation au Royaume-Uni (The Telegraph)
  • En Australie, une publication scientifique critiquée pour avoir utilisé l'IA (The Guardian)
  • Jeux olympiques 2024: les cadreurs enfin sommés de filmer de façon non sexiste (Slate)
  •  Les sénateurs proposent un retour de la redevance pour financer l’audiovisuel public (Public Sénat)
  • La BBC va supprimer 500 postes d'ici deux ans (Variety)

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • TV5 Monde : la rédaction en état de crise permanent (La Lettre)
  • La Commission européenne prend ses distances après la mise en garde de Thierry Breton à Elon Musk (Le Monde)
  • Les JO de Paris offrent des records d'audiences aux diffuseurs et à la presse (Les Echos)

With great audience comes greater responsibility #DSA

As there is a risk of amplification of potentially harmful content in 🇪🇺 in connection with events with major audience around the world, I sent this letter to @elonmusk

📧⤵ pic.twitter.com/P1IgxdPLzn

— Thierry Breton (@ThierryBreton) August 12, 2024

3 CHIFFRES

  • La couverture quotidienne des JO sur NBCUniversal a attiré 30,6 millions de téléspectateurs, soit une augmentation de 80 % par rapport à Tokyo 2020, d’après Hollywood Reporter.
  • Selon l'ONG du Centre contre la haine en ligne, 50 publications d'Elon Musk diffusant de la désinformation sur la plateforme X ont cumulé un milliard de vues depuis janvier.
  • Plus de 22 newsletters sur Substack dans les domaines de la politique, de l'actualité, des affaires et de la technologie comptent « des dizaines de milliers » d'abonnés payants, selon Axios.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Qu’est-ce qui empêche les salariés d’utiliser ChatGPT ?

Source : University of Chicago

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Les technologies ‘intelligentes’ sont devenues ingérables. Nous avons une affection pour les technologies plus simples (Washington Post)
  • L'opération Gen-Z derrière la métamorphose en ligne de Harris (CNN)
  • Bowling, selfies et le “Dougie” : Biden séduit les influenceurs à la Maison-Blanche (New York Times)
  • À l'approche de l'élection présidentielle, quel rôle jouent les influenceurs ? (Digiday)
  • Voici comment les gens utilisent réellement l'IA (MIT)
  •  Un guide visuel des influenceurs qui façonnent l'élection de 2024 (Wired)

Capture d'écran de The Wired

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Alors que Meta se détourne de la politique, les grands comptes Instagram constatent une baisse de leurs vues (Bloomberg)
  • La recherche IA de Google impose un choix crucial aux sites : partager des données ou disparaître (Bloomberg)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • L'Iran recourt à des sites de désinformation pour influencer les élections américaines, d'après Microsoft (Washington Post)
  • Les médias sénégalais organisent une journée de blackout pour attirer l'attention sur les préoccupations concernant la liberté de la presse (AP)
  • Selon Meta, les tactiques d'IA utilisées par la Russie pour interférer avec les élections américaines échouent (The Guardian)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Comment la semaine agitée d'Elon Musk révèle les failles des législations britanniques en matière de sécurité en ligne (The Guardian)
  • TikTok s’engage à retirer définitivement de l’UE son programme de récompenses (Stratégies)
  • Un projet de loi californien visant à réglementer l'I.A. suscite l'inquiétude dans la Silicon Valley (New York Times)
  • Les électeurs de la génération Z s'opposent aux restrictions sur les réseaux sociaux, selon une nouvelle étude (Bloomberg)

JOURNALISME

  • Le New York Times cessera de soutenir les candidats dans les courses électorales de New York (New York Times)
  • Biden affirme aux créateurs qu'ils ont un avantage que les médias traditionnels n'ont pas : « Vous inspirez confiance. » (TechCrunch)
  • Kamala Harris doit s'adresser à la presse (The Guardian)
  • Le « Washington Post » critique l'attaque de Taylor Lorenz contre Joe Biden, qualifié de « criminel de guerre » (npr)
  • L'ère du journaliste indépendant prend son envol (Axios)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Twitch vient de lancer Video Stories (Twitch)
  • Les newsletters sur LinkedIn valent-elles vraiment le détour ? (journalism.co.uk)
  • La convention du parti démocrate américain sera streamée pour la première fois en format vertical(Axios )

ENVIRONNEMENT

  • Si vous voulez que les Américains prêtent attention au changement climatique, appelez-le simplement “changement climatique” (NiemanLab)
  • Les grandes entreprises technologiques cherchent à modifier les règles sur les émissions nettes nulle  (Financial Times)
  • La répétition rend les mensonges sur le climat plus crédibles — même pour ceux qui soutiennent la science climatique (NiemanLab)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • L'échange entre Elon Musk et Trump sur X a débuté par un incident technologique (The Verge)

Conversation with @realDonaldTrump with topic timestamps https://t.co/ziLJEUhnE7

— Elon Musk (@elonmusk) August 13, 2024

  • Les éditeurs renforcent leur présence sur Reddit alors que la plateforme gagne en visibilité dans les recherches (Adweek)
  • Le style très personnel de la génération Z creuse le fossé générationnel sur LinkedIn (Bloomberg)
  • Le flux d'actualités d'Elon Musk sur X se fait l'écho de ses politiques d'extrême droite (Washington Post)
  • Comment les athlètes de la génération Z ont propulsé les Jeux Olympiques de Paris 2024 dans l'ère de TikTok (Axios)
  • Kamala Harris consacre dix fois plus de budget que Trump à une campagne publicitaire numérique (Financial Times)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Les Jeux Olympiques se concluent avec une énorme hausse des audiences pour NBCUniversal (Hollywood Reporter)
  • Paramount Global va licencier 15 % de ses employés aux États-Unis et fermer un studio de télévision (Reuters)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Apple accepte finalement l'application Spotify avec les tarifs européens (The Verge)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le MIT publie une base de données complète sur les risques liés à l'IA (VentureBeat)
  • Google étend ses réponses par IA à de nouveaux pays (Reuters)
  • Eric Schmidt se rétracte sur sa déclaration selon laquelle Google serait en retard en intelligence artificielle à cause du télétravail (Wall Street Journal)
  • Google ouvre discrètement l'accès à Imagen 3 à tous les utilisateurs aux États-Unis (Venture Beat)

Capture d'écran de VentureBeat

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Instagram est de loin supérieur à Facebook aux yeux des marques (Digiday)
  • Le PDG de X appelle à une refonte de l'industrie publicitaire (Axios)

 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

 

 

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  • Lectures d'été : Nos recommandations (2/2)
    Notre première sélection vous a captivé ou vous cherchez encore la lecture parfaite ? Ne vous en faites pas, l'été est loin d'être fini ! Voici le deuxième volet de nos recommandations littéraires pour découvrir davantage le monde de demain. The Chaos Machine – Max Fisher Les plateformes ressemblent aux fabricants de cigarettes des années 60 : elles prétendent ne pas comprendre pourquoi les gens pourraient s’inquiéter de l’impact de leurs produits. Dans The Chaos Machine, le journaliste du New Y

Lectures d'été : Nos recommandations (2/2)

Notre première sélection vous a captivé ou vous cherchez encore la lecture parfaite ? Ne vous en faites pas, l'été est loin d'être fini ! Voici le deuxième volet de nos recommandations littéraires pour découvrir davantage le monde de demain.

The Chaos Machine – Max Fisher

Les plateformes ressemblent aux fabricants de cigarettes des années 60 : elles prétendent ne pas comprendre pourquoi les gens pourraient s’inquiéter de l’impact de leurs produits. Dans The Chaos Machine, le journaliste du New York Times, Max Fisher, souhaite montrer concrètement la duplicité des réseaux sociaux. Les algorithmes utilisés exploitent les émotions pour maximiser l’engagement, en dépit de la violence engendrée. L’auteur s’est ainsi penché sur l’influence clé des réseaux sociaux dans la victoire de Trump aux élections américaines, et dans les émeutes au Sri Lanka et en Birmanie. Il montre notamment que le plaisir de l’indignation est l’un des sentiments clé qui est exploité par les algorithmes conçus par Google pour YouTube et Meta pour Facebook, Instagram et WhatsApp. La division alimente l’engagement, ce qui à son tour génère des revenus publicitaires…

A travers les interviews de chercheurs, le journaliste explique notamment comment les algorithmes et la conception des réseaux sociaux « façonnent délibérément nos expériences », exerçant « une attraction si puissante sur notre psychologie et notre identité qu’elle change notre façon de penser, de nous comporter et de nous relier les uns aux autres ». Un ouvrage nécessaire pour prendre du recul.

Rupert Murdoch, l’empereur des médias qui manipule le monde – David Colon

« Rupert Murdoch est très bon dans ce qu'il fait. La question est : est-ce qu'il fait quoi que ce soit de bon ? » se demandait l’avocat Théodore Kheel, qui a travaillé tant pour que contre le magnat de la presse. À 93 ans, Rupert Murdoch continue d'exercer une influence colossale à l’échelle mondiale avec son empire médiatique, qui inclut The Sun, le Wall Street Journal, Fox News et bien d'autres. Dans sa biographie captivante intitulée Rupert Murdoch, l’empereur des médias qui manipule le monde, David Colon explore le rôle de Murdoch dans la concentration des médias et sa réputation controversée, le qualifiant parfois de « cancer pour la démocratie ». Ce portrait révèle comment le magnat australien a construit un réseau tentaculaire, comprenant 175 journaux, des dizaines de chaînes de télévision, un studio hollywoodien et une maison d'édition sur quatre continents.

Surnommé « grand manipulateur », « sorcier des médias », « Roi Soleil », « antéchrist » ou encore « homme le plus dangereux du monde », Rupert Murdoch est au centre d'un débat intense sur l'impact de ses méthodes. « Lire la biographie de Murdoch, c’est aussi lire en filigrane celle des propriétaires de grands médias », prévient David Colon.

Read Write Own – Chris Dixon

Dans Read Write Own, Chris Dixon offre une vision enthousiaste et idéaliste de la technologie blockchain comme remède aux maux d'Internet. L’essai se présente comme une défense argumentée de la blockchain, la présentant comme la solution idéale pour créer un Internet plus décentralisé et équitable, loin du contrôle des grandes entreprises technologiques.

Ce « puriste d’internet » aborde l'histoire du web pour contextualiser l'évolution vers la blockchain. Il argumente que les blockchains pourraient surpasser les réseaux centralisés en offrant un environnement où les règles sont codifiées dans le logiciel, éliminant ainsi la nécessité de faire confiance aux entreprises de la tech. « « Tout le monde parle de l’IA qui va tout détruire, estime l’auteur. La véritable menace est que cinq grandes entreprises finissent par tout contrôler, et que nous soyons tous soumis à ce qu’elles décident. Cela me semble très ennuyeux, monotone et dystopique. J’ai l’impression d’être une personne folle, debout sur le coin de la rue en criant : ‘Pourquoi cela ne devrait-il pas être un problème plus important pour plus de gens ?’ »

Si Read Write Own est un essai intéressant en faveur de la blockchain et de sa philosophie, il ne mentionne ni les critiques, ni les échecs récurrents dans l'écosystème crypto, et ne s'attaque pas aux questions cruciales sur la lente adoption de la blockchain et les nombreux projets frauduleux…

 

 

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  • Lectures d'été : Nos recommandations (1/2)
    Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause  que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures ! The Power of one - Frances Haugen Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément

Lectures d'été : Nos recommandations (1/2)

Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause  que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures !

The Power of one - Frances Haugen

Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément des informations toxiques et favorisait la violence. Ses révélations, basées sur 22 000 pages de documents internes, ont montré que Facebook était pleinement conscient des dommages qu'il causait.

Après la publication des "Facebook Files", la valeur boursière de l'entreprise a chuté de 75 %, subissant la plus lourde perte en une seule journée jamais enregistrée pour une entreprise américaine cotée en Bourse. Frances Haugen avait rejoint Facebook en 2019, malgré la mauvaise réputation de l'entreprise, dans l'espoir de réduire la désinformation. Elle écrivait alors : “À l’époque, accepter un poste chez Facebook n’apportait aucune valeur ajoutée au CV ; au contraire, cela risquait d’entacher mon image de marque.” Son autobiographie retrace, avec le plus de sincérité possible, son parcours de "nerd", l’absence de considération éthique des boites tech, les risques encourus devant de telles révélations. La lanceuse d’alerte met en garde contre les dangers d'une technologie non régulée et appelle à une plus grande transparence et responsabilité des réseaux sociaux. Elle critique également la dynamique perverse où les compétences acquises par les législateurs sont désormais rapidement récupérées par les géants de la tech avec des offres salariales alléchantes, sapant ainsi les efforts de régulation. Les assistants parlementaires sont ainsi débauchés par les géants de la tech avec des salaires cinq fois supérieurs à ce que leurs sénateurs peuvent se permettre de leur payer… Un récit éclairant sur les “entrailles” de la tech !

Elon Musk - Walter Isaacson

Elon Musk se perçoit comme un « personnage de bande dessinée essayant de sauver le monde », avec des ambitions titanesques et un ego colossal. C’est ce que rapporte Walter Isaacson, qui a suivi l’entrepreneur milliardaire pendant deux ans. Le biographe a ainsi pu observer de près cet « homme capricieux », avec un accès privilégié à certaines réunions, emails et textos de la star de la tech. Il a ainsi été témoin de moments clés tels que le rachat de Twitter, l'explosion en vol de la fusée Starship, et la naissance de plusieurs de ses enfants.

On en retient qu'Elon Musk règne en maître absolu sur ses entreprises. Il impose des réductions drastiques de coûts dans certains domaines tout en insistant pour que d'autres dépenses soient illimitées. Chez Tesla, son obsession pour les détails du design automobile a fait exploser les coûts et vidé la trésorerie de l’entreprise. Lorsqu'il a acquis Twitter, il a licencié 75 % du personnel et s'est réjoui de renvoyer les dirigeants pour les empêcher de percevoir leurs indemnités de départ. Le rachat du réseau social est en partie due à son addiction aux tweets et à son désir de prendre une revanche sur un passé difficile. Ayant été harcelé à l’école en Afrique du Sud, l'entrepreneur souhaitait posséder son « propre terrain de jeu ». Mais comme le souligne le New York Times, « posséder un terrain de jeu ne vous empêchera pas d’être malmené »…

Cette biographie n'est pas une enquête journalistique classique, mais plutôt un exercice d'admiration qui explore les multiples facettes et les démons d’un milliardaire fantasque, qui n’obéit qu’à ses lubies passagères. Divertissant et inquiétant.

Extremely Online : The Untold Story of Fame, Power and Influence on the Internet – Taylor Lorenz

« Je souhaite raconter des histoires qui ont été effacées de l'histoire par Silicon Valley », annonce Taylor Lorenz. Dans son ouvrage, la journaliste tech du Washington Post s'intéresse à un aspect souvent négligé des réseaux sociaux : l'expérience des utilisateurs eux-mêmes. Contrairement à des livres comme Hatching Twitter de Nick Bilton ou No Filter de Sarah Frier, qui se concentrent principalement sur l'aspect corporate des entreprises technologiques, Taylor Lorenz choisit de se pencher sur les individus qui ont façonné et redéfini le paysage des médias sociaux.

L'essai se distingue par son ambition de narrer l'histoire de l'internet social à travers les yeux des utilisateurs, du boom des blogs dans les années 2000 à l'ère de TikTok. La journaliste analyse comment des figures telles que les « mamans blogueuses » ont non seulement influencé le contenu en ligne, mais ont également été des pionnières dans la monétisation de leurs marques personnelles, devenant ainsi les premières influenceuses. « Pendant une grande partie de l'histoire des médias sociaux, Silicon Valley a été extrêmement hostile envers ces utilisateurs influents. Les fondateurs de la tech éprouvaient presque de la rancune face au pouvoir qu'ils exerçaient sur internet. Lorsque la pandémie a éclaté, ils ont commencé à parler de "l'économie des créateurs" comme si c'était quelque chose de nouveau, alors qu'ils l'avaient dénigrée pendant des décennies parce qu'elle était principalement pionnière par des femmes », explique l’ancienne journaliste du New York Times.

Taylor Lorenz explore également comment les adolescents ont réinventé la célébrité à travers des plateformes comme Vine. En mettant en lumière ces acteurs apparemment marginaux, elle révèle comment ils ont perturbé les structures établies du capitalisme moderne, créé de nouveaux secteurs économiques et redéfini les attentes en matière de contenu et de pouvoir.

La journaliste a d’ailleurs appliqué ce qu'elle a observé sur les réseaux sociaux à sa propre promotion. Pour booster la visibilité de son livre, elle a répondu publiquement à un commentaire désobligeant d’Elon Musk : : « En fait, ce qui a vraiment bien fonctionné, c’est quand j’ai répondu à Elon Musk. Il avait dit quelque chose de méchant à mon sujet, et j’ai répliqué en lui suggérant de lire mon livre. Cela m’a rapporté 100 commandes. »

The Anxious Generation – Jonathan Haidt

Chez les jeunes, une crise de la santé mentale est en cours. Jonathan Haidt, dans son livre The Anxious Generation, note une augmentation de 30% des cas de dépression et d’anxiété chez les enfants et les adolescents, qu’il qualifie d' « épidémie de santé mentale ». Selon le psychologue, les parents échouent en surprotégeant leurs enfants dans le monde réel tout en les « abandonnant » dans le monde virtuel.

Dans son essai, le psychologue propose des solutions pour limiter les effets nocifs de la technologie, telles que l’interdiction des smartphones avant le lycée et des réseaux sociaux avant 16 ans. Il compare les écoles sans interdiction de téléphone à une « apocalypse zombie » où les élèves ne communiquent pas.

Cette critique rejoint l’analyse de l’anthropologue David Le Breton dans La fin de la conversation, qui affirme que les smartphones isolent, non seulement les enfants, mais aussi les adultes : « Nous sommes de moins en moins ensemble, mais de plus en plus côte à côte, les yeux rivés sur nos écrans, sans plus nous regarder. On n’a jamais autant communiqué, mais jamais aussi peu parlé ensemble. »

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  • Liens vagabonds : Google veut révolutionner notre travail, OpenAI, notre vie
    « Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière.  Cha

Liens vagabonds : Google veut révolutionner notre travail, OpenAI, notre vie

« Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière. 

ChatGPT veut révolutionner notre vie  

  • De son côté, OpenAI a dévoilé lundi 13 mai la nouvelle version de son assistant : ChatGPT-4o. Et surprise, il ne s’agit pas d’un chatbot ordinaire. Son abréviation « o » provient du mot anglais « omni », c’est-à-dire multimodal en français. Il s’agit donc d’un modèle capable de traiter du texte, de l'audio et des images en temps réel. 
  • Toutefois, il ne s’agit pas d’un nouvel outil comme Alexa ou Siri. La véritable révolution réside dans sa capacité à tenir une véritable conversation comme utiliser des onomatopées, faire des blagues, imiter une émotion (à la façon du film Her), permettre à l'utilisateur d'interrompre ou de changer totalement de sujet. « Parler à un ordinateur ne m'a jamais semblé vraiment naturel ; maintenant, c'est le cas », s’est félicité Sam Altman, PDG d'OpenAI. 
  • Auparavant, les assistants vocaux, y compris ChatGPT, pouvaient déjà répondre à des questions. Aujourd'hui, elle est fait en temps réel, et avec le sourire (en tout cas dans la vidéo démo).
  • S’il était déjà possible de prendre une photo de notre frigo avec ChatGPT4, il est désormais possible de prendre son téléphone pour filmer directement notre environnement et le montrer à l’IA. Elle comprend le contexte et peut décrire des scènes en temps réel, comme « décris-moi la ville ». 
  • La version de ChatGPT-4o est progressivement déployée pour les utilisateurs gratuits. Toutefois, le nouveau mode vocal n’est pas encore intégré à l’application. Difficile donc de vérifier s’il est à la hauteur des promesses marketing de la start-up. Sam Altman a en effet expliqué dans un tweet : « le nouveau mode vocal n'a pas encore été livré (bien que le mode texte de GPT-4o l'ait été). Ce que vous pouvez actuellement utiliser dans l'application est l'ancienne version ». 
  • Demain, ce sympathique assistant nous lira-t-il une sélection de news (fabriquées elles-mêmes par une IA ?)

Démonstration des capacités de ChatGPT-4o par OpenAI 

Gemini 1.5 veut révolutionner notre travail 

  • Mardi 14 mai, c’est au tour de Google de montrer une série de nouveautés au cours de sa conférence de presse. La promesse ? intégrer son IA Gemini 1.5 dans toutes ses gammes d’outils.
  • Cette innovation révolutionnera notre façon de travailler. Google bénéficie de l'avantage (comme Microsoft) d'avoir déjà des outils déployés dans les entreprises et sur les ordinateurs personnels. L'IA pourra analyser nos courriels et nous aider à organiser notre agenda par exemple. 
  • À partir de cette semaine, les utilisateurs aux États-Unis découvriront les résumés par IA dans leur moteur de recherche Google au-dessus des liens vers les sites web. Une nouveauté qui risque d’accentuer encore plus les inquiétudes des éditeurs de site web (une bataille des droits voisins puissance 10 est déjà en cours).
  • Enfin, Google a dévoilé son projet « Astra », assistant vocal multimodal voulant faire concurrence ChatGPT-4o. Si Astra ne montre pas encore d’émotion, Google souhaite améliorer son agent dans les prochaines semaines. 

Démonstration du projet Astra par Google 

Révolution technologique ou simple coup de communication ? 

Alors, demain, rira-t-on avec les robots pour mieux vivre avec eux, comme nous l'annonçait Laurence Devillers déjà en 2015 ? Ce qui semble être une promesse technologique révolutionnaire doit néanmoins être nuancé. Les assistants conversationnels d’OpenAI et de Google affichent toujours un taux d’erreur d’environ 20 %. Il reste donc primordial de vérifier les informations fournies avec d'autres sources. De plus, pour Benoit Raphael, journaliste expert en IA, « la hype de l'IA générative semble avoir atteint un plateau », tant en termes d’utilisateurs qu’en termes techniques. Il explique : « GPT-4o, le nouveau modèle d'OpenAI, est à peine meilleur que GPT-4, même s'il est plus rapide. Aujourd'hui, la plupart des modèles se valent ». Le principal enjeu est maintenant le marketing (plusieurs vidéos sur YouTube ont d'ailleurs transformé cette semaine en battle entre les deux géants)...

Mais ces entreprises sont bien en train de construire un avenir où les modèles d'IA recherchent, vérifient et évaluent les informations pour nous fournir une réponse concise à nos questions. Et pour Melissa Heikkilä, journaliste experte IA au MIT, "Encore plus qu'avec des chatbots plus simples, il est judicieux de rester sceptique par rapport à ce qu'ils vous disent".

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Une future entreprise unique de l’audiovisuel public sans France Médias Monde (Le Monde)
  • Le journal gratuit «20 Minutes» va supprimer son édition papier, 56 postes menacés (Libération)
  • Fréquences TNT ; plusieurs nouveaux entrants veulent lancer leur chaîne télé (Les Echos)
  • Streaming vidéo, IA... La France veut réduire le coût environnemental des services des géants du numérique (Le Figaro)
  • Le blocage de TikTok dans un territoire d'outre-mer crée un « dangereux précédent », avertissent les critiques (Politico)
  • Cannes : TikTok sur le tapis rouge (France Culture)

3 CHIFFRES

  • Selon des données collectées par Ecoprod, l’impact moyen d’un long-métrage de cinéma est de 188,7 tonnes CO2-équivalent, soit une centaine de voyages aller-retour en avion entre Paris et New York.
  • Au premier trimestre 2024, les recettes publicitaires nettes de l’ensemble des médias s’élèvent à 3,996 milliards d’euros, soit une hausse de 3,8 % par rapport au premier trimestre 2023, selon le Baromètre unifié du marché publicitaire (BUMP).
  • Les responsables de l'information sont légèrement plus optimistes quant à l'impact de l'IA. Un peu plus de la moitié des personnes interrogées (52 %) ont déclaré être « optimistes » ou « très optimistes » quant à l'effet qu'aura l'IA sur leur entreprise d'ici quelques années, d'après WAN-IFRA.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Les renvois vers les sites d'infos en provenance de Facebook ont chuté de 50 % en un an

Source : Mediapost

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • « Au début, on se fait agresser et à 45 ans, on est trop vieille pour travailler » - la misère secrète des femmes travaillant à la télévision (The Guardian)
  • Les moteurs de réponses remplacent les moteurs de recherche : carnage attendu pour les éditeurs (Washington Post)
  • Les liens rompus de Google avec le web (Platformer)
  • Comment les streamers de Twitch pourraient influencer les élections de 2024 (Wired)

Capture d'écran : Washington Post

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les adolescents qui se lient d'amitié avec les chatbots d'IA (The Verge)
  • Le PDG de YouTube : il est temps que les Emmys s'intéressent aux créateurs (Hollywood Reporter)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • L'IA me ment-elle ? Les scientifiques mettent en garde contre une capacité de tromperie croissante (The Guardian)
  • « Goodbye, Delhi » : forcée à partir après 25 ans en Inde, la correspondante de « La Croix » raconte (La Croix)
  • Un tribunal guatémaltèque ordonne la libération d'un journaliste emprisonné depuis près de deux ans pour blanchiment d'argent (AP)
  • Comment le gouvernement indien utilise les lois pour réduire au silence et intimider les journalistes (ijnet)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Le gouvernement français a-t-il le droit d’interdire TikTok en Nouvelle-Calédonie? (Le Figaro)
  • La Quadrature du Net attaque en justice le blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie (Quadrature du Net)
  • Après TikTok et X, Facebook et Instagram accusés par Bruxelles d'attenter à la santé mentale des enfants (Les Echos)

JOURNALISME

  • La nouvelle série spin-off de The Office prendra place dans un journal local en difficulté (Washington Post)
  • Sous-payé et sous-évalué : Ce que c'est que d'être un étudiant journaliste palestinien à l'heure actuelle (Teen Vogue)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • TikTok teste le téléchargement de vidéos de 60 minutes et continue de s'attaquer à YouTube (TechCrunch)

ENVIRONNEMENT

  • « Permacomputing » : la discrète communauté qui défend des outils numériques libres, sobres et décroissants (Le Monde)
  • Sous l'eau, Correio do Povo couvre la tragédie humaine des inondations dans le sud du Brésil (Latin American Journalism Review)
  • Comment les compagnies pétrolières manipulent les journalistes (Drilled)
  • Les déserts d'information occultent l'ampleur des catastrophes climatiques (The Nation)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • L'utilisation d'Internet est statistiquement associée à un plus grand bien-être, selon une nouvelle étude mondiale d'Oxford (University of Oxford)
  • Threads teste un flux semblable à TweetDeck (The Verge)
  • Pourquoi Jack Dorsey a abandonné Bluesky (The Washington Post)
  • Les réseaux sociaux chinois effacent les messages « ostentatoires de richesse et de glorification de l'argent » (The Guardian)
  • Comment WhatsApp est devenu une machine de campagne en Inde (Rest of World)
  • Reddit et OpenAI créent un partenariat (Reddit)
  • Twitter est officiellement X. com maintenant (The Verge)

 

Publié par @zuck
Voir dans Threads

 

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Stanford vient-il de créer le prototype des lunettes AR du futur ? (The Verge)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Qu'est-ce qu'on regarde à la télé ? Pour de nombreux Américains, c'est YouTube (Wall Street Journal)
  • Le retour des bouquets (The Atlantic)
  • Pour le marché du film de Cannes, les conditions sont mûres pour le succès après les premières années de pandémie (Reuters)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Sony Music met en garde les entreprises technologiques et les diffuseurs de musique contre l'utilisation de ses artistes par l'IA (Financial Times)
  • Spotify est accusé de violation du droit d’auteur par une association américaine (Billboard)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • L'Oklahoma adopte un projet de loi historique protégeant les droits des utilisateurs de Bitcoin (Forbes)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le cofondateur d'OpenAI, Ilya Sutskever, annonce son départ (New York Times)
  • Claude d’Anthropic propose maintenant son propre générateur de prompts (Anthropic)
  • Google et OpenAI se livrent une bataille pour remodeler Internet (The Verge)
  • ChatGPT sera capable de vous parler comme Scarlett Johansson dans Her (The Verge)

You can now generate production-ready prompts in the Anthropic Console.

Describe what you want to achieve, and Claude will use prompt engineering techniques like chain-of-thought reasoning to create more effective, precise and reliable prompts. pic.twitter.com/TqylVRkfP5

— Anthropic (@AnthropicAI) May 10, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Comment la publicité télévisée a perdu de son importance (Wall Street Journal)
  • Les groupes de presse britanniques mettent en garde Apple contre les projets de blocage des publicités (Financial Times) 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

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  • Liens vagabonds : TikTok face aux contradictions de l’administration Biden
    Les choses se précipitent pour TikTok - Le Sénat américain a approuvé la loi qui contraint TikTok à être vendu à des propriétaires américains ou à être interdit, ce 23 avril. Approuvé mi-avril par la Chambre des représentants, le texte a été intégré à une initiative d'aide étrangère plus vaste afin d'en faciliter l'adoption par le Sénat. Outre la disposition relative à TikTok, la loi inclut donc un plan d'aide de 95 milliards de dollars destiné à l'Ukraine, à Israël et à Taïwan. Elle a été adop

Liens vagabonds : TikTok face aux contradictions de l’administration Biden

Les choses se précipitent pour TikTok - Le Sénat américain a approuvé la loi qui contraint TikTok à être vendu à des propriétaires américains ou à être interdit, ce 23 avril. Approuvé mi-avril par la Chambre des représentants, le texte a été intégré à une initiative d'aide étrangère plus vaste afin d'en faciliter l'adoption par le Sénat. Outre la disposition relative à TikTok, la loi inclut donc un plan d'aide de 95 milliards de dollars destiné à l'Ukraine, à Israël et à Taïwan. Elle a été adoptée par un vote de 79 voix pour et 18 voix contre, puis promulguée par le président Joe Biden le mercredi 24 avril.  

Joe Biden et TikTok, l’amour vache 

Malgré la signature de la loi interdisant l'application, Joe Biden continue d'utiliser TikTok pour promouvoir sa campagne présidentielle. À peine une heure après le vote du Sénat mardi soir, la campagne de réélection de Biden publiait de nouveaux contenus sur la plateforme. « Un environnement médiatique fragmenté nous oblige à nous présenter et à rencontrer les électeurs là où ils se trouvent », a déclaré un responsable de la campagne Biden. Un comportement paradoxal qui n'a pas échappé aux électeurs : « Si [Biden] veut regagner la confiance des jeunes, il doit être ouvert et transparent sur le raisonnement derrière cette interdiction », souligne Luke Mullen, acteur, cinéaste et activiste avec plus de 100 000 abonnés sur TikTok. « Jusqu’à présent, il n’a rien dit, ce qui ressemble à une dépréciation de notre intelligence. Les jeunes Américains ne sont pas stupides », poursuit-il. Nombreux ont été les utilisateurs à supplier le président de « garder TikTok » dans les commentaires de ses vidéos. Un internaute ironise même : « Je me demande quelle application vous a permis de poster cette vidéo ». Joe Biden a-t-il lancé un boomerang qui pourrait lui revenir en plein visage à six mois de l’élection présidentielle ? Cette mesure pourrait s'avérer être un cadeau inespéré pour Donald Trump, qui s’est empressé le mois dernier de critiquer la loi… 


Capture d’écran sous une vidéo TikTok de Joe Biden.  

Que dit TikTok ?  

ByteDance de son côté serait prêt à retirer l'application plutôt que de la céder, si les tentatives pour contester la législation échouent. La raison ? Les précieux algorithmes permettant le fonctionnement de TikTok sont considérés comme vitaux et confidentiels pour les opérations globales de ByteDance. Leur licence de propriété intellectuelle est enregistrée sous ByteDance en Chine et donc difficile à séparer de la société mère, ont déclaré des sources anonymes. Une vente pourrait également révéler à quel point ByteDance est lié à TikTok, supposément indépendant. Malgré toute la communication sur l'autonomisation accrue de TikTok, un rapport du Financial Times indique qu'ils sont plus liés que jamais.

Autre argument contre une vente : les utilisateurs actifs quotidiens de TikTok aux États-Unis ne représenteraient que 5% des utilisateurs actifs quotidiens de ByteDance dans le monde. TikTok pourrait donc survivre à la fermeture de ses opérations aux États-Unis, d’où son pari de fermer l’application plutôt que de vendre ses algorithmes. Les sources ont également souligné que la séparation des algorithmes des actifs américains de TikTok serait une procédure extrêmement complexe, et il est peu probable que ByteDance considère sérieusement cette option. En attendant, la réaction du gouvernement chinois ne se fait pas attendre : Un article dans un journal proche du régime qualifie la décision de « vol » qui « détruirait complètement la crédibilité nationale américaine, déjà entachée ».

Les auto-entrepreneurs européens également sous pression  

Si les entrepreneurs aux Etats-Unis s’inquiètent, l’impact sur le marché pourrait être beaucoup plus global. En Europe, les créateurs s’inquiètent d’une potentielle interdiction de TikTok outre-Atlantique. Isobel Perl, fondatrice de Perl Cosmetics, et Kyle Frank, fondateur de Franks Remedies, soulignent à la BBC l'importance des ventes réalisées aux États-Unis pour leurs entreprises. « Certains mois, 60 à 70 % de nos ventes mensuelles proviennent des États-Unis » explique Kyle Frank. Isobel Perl rajoute : « J'utilise principalement TikTok pour générer des ventes sur notre site web, parmi toutes les applications de médias sociaux, c'est celle qui génère le plus de trafic ».Se rendre dépendant d'une plateforme tierce expose à un risque de perte de contrôle, un problème courant pour ceux qui s'y engagent pleinement (les médias se souviennent encore bien du changement de cap de Facebook sur la mise en avant des l'actualité).

Récompenser l'addiction 

TikTok fait également face à des défis sérieux ailleurs. Par exemple, il est sous pression à cause de TikTok Lite dans l'UE (pour sa fonctionnalité désomais retirée de récompense qui permet de gagner une petite somme contre une présence et des interactions sur l'appli), il a été interdit au Kirghizistan pour "protéger les enfants", et il lutte contre une interdiction potentielle au Kenya.

Cela pourrait être la fin de TikTok tel que nous le connaissons. Affaire à suivre également pour les autres applis chinoises qui commencent à arriver sur les réseaux de l'Occident : Temu, l'appli de shopping, ou encore Xiaohongshu, l'Instagram chinois... 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Rachat de Marianne : l’hypothèse Pierre-Édouard Stérin se précise (Challenge)
  • Albert, l’intelligence artificielle française déployée par le gouvernement (DINUM)

Le code source d'Albert, l'IA générative réentrainée par l'Etat est dispo ici : https://t.co/Cc1GBmLkIr

— Emile Marzolf (@emile_marzolf) April 23, 2024

  • Christophe Jakubyszyn obtient le soutien des journalistes pour diriger « Les Echos » (Les Echos)

Avec 86 % de votes positifs pour sa nomination à la direction de la rédaction, @chrisjaku va prendre ses fonctions aux Echos dans des conditions confortables. 213 votes pour, 20 contre, sur un corps électoral de 251 journalistes. pic.twitter.com/nY8oZCnHRK

— Jean-Michel De Marchi (@JM_De_Marchi) April 25, 2024

  • Qui est David Larramendy, le successeur de Nicolas de Tavernost à la tête de M6 ? (Télérama)
  • Publicité dans les médias : entre solidarité et “rôle politique” des annonceurs (CBNews)
  • Le média en ligne « Factuel » est en cessation de paiement (Le Monde)
  • Les journalistes de La Voix du Nord saisissent le médiateur sur la question des droits voisins (La Lettre)
  • Le Groupe Le Monde sanctuarise la majorité de son capital dans un fonds d’intérêt général à but non lucratif (Télérama)
  • Le cinéma UGC Normandie des Champs-Élysées va fermer : la fin d'un « joyau » (Le Parisien)

Après le 13 juin il n'y aura plus aucune salle de cinéma sur les Champs-Elysées. Je ne pensais pas voir ça un jour. #UgcNormandie pic.twitter.com/q1stqM0QPp

— Laurent Vachaud (@Laurent76300739) April 22, 2024

QUELQUES CHIFFRES

  • Alphabet, Microsoft et Meta ont tous enregistré une forte croissance des bénéfices d'exploitation pour le premier trimestre. Alphabet a augmenté de 46%, Microsoft de 23%, et Meta a connu un bond impressionnant de 91%, selon The Information.
  • La couverture médiatique des sujets consacrés à l'intelligence artificielle est en progression de 257 % en 24 mois dans les médias français avec 54 097 sujets ou articles par mois en moyenne, selon une étude Tagaday.
  • Le visionnage de la télévision en direct reste le premier usage des Français, quel que soit le mode de réception de la télévision, selon l'Arcom. Le téléviseur (90 %) et le smartphone (89,1 %) sont les équipements les plus répandus au sein du foyer.

 LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Quel est le coût associé à l'entraînement d'un modèle d'intelligence artificielle générative ?

Source : Chief AI Office

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Ce que les journalistes et les créateurs indépendants peuvent apprendre les uns des autres (NiemanLab)
  • C'est la fin du Web tel que nous le connaissons (The Atlantic)
  • Jim VandeHei sur la nouvelle génération d'entreprises de médias (Puck)
  • Il y a beaucoup de publicistes puissants. Mais un seul travaille pour Taylor Swift (Wall Street Journal)
  • L'homme qui a tué Google Search (Ed Zitron)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • En Italie, la RAI censure l’écrivain Antonio Scurati (Le Monde)
  • La FIFA sur le point de conclure un accord télévisé avec Apple pour un nouveau tournoi (New York Times)
  • Pourquoi les Japonais aiment les CD ? (Economist)
  • TikTok pourrait bientôt utiliser votre voix clonée (Android Police)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Les fact-checks bénéficient d'une plus grande visibilité dans Google Web Search que les articles qu'ils cherchent à corriger (ACM Digital Library)
  • Mali, Burkina Faso, Niger… Le Sahel, « vaste trou noir de l’information » (La Croix)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Les fournisseurs d'accès internet ne peuvent plus manipuler la vitesse de navigation et de téléchargement de leurs clients (CBS News)
  • Elon Musk répond à l'ordonnance d'un tribunal australien contre les images X d'une agression à l'arme blanche (The Guardian)

JOURNALISME

  • 404 Média et les espoirs du journalisme en auto-gestion (CJR)
  • Biden a évité  les questions des journalistes indépendants au cours de son mandat, ce qui entraîne un dangereux précédent (New York Times)
  • Les équipes de campagne ont une nouvelle approche favorite pour répondre aux journalistes : l'humiliation publique (Notus)
  • Le journalisme indépendant est-il encore viable ? Pour la plupart des journalistes, ce n'est pas le cas (Reuters Institute)
  • Les journalistes slovaques portent du noir pour protester contre la refonte des médias (The Guardian)
  • Rio, un présentateur d'un nouveau genre (Curio)

 STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Rest of World lance un observatoire de la désinformation électorale dans le monde (Rest of World)

 ENVIRONNEMENT 

  •  Face à l'urgence climatique, scientifiques et humoristes sonnent l'alarme ensemble (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Threads compte aujourd'hui plus d'utilisateurs quotidiens aux États-Unis que X (Business Insider)
  • Selon une étude norvégienne, l'interdiction des téléphones au collège améliore les résultats scolaires et la santé mentale des filles (NHH)
  • TikTok Lite suspend dans l’UE son système de récompenses, accusé de susciter de l’addiction (Le Monde)

 

  • L'Indonésie fait appel à des influenceurs pour convaincre les habitants de s'installer dans sa nouvelle capitale en construction (Rest of World)
  • Les matchs de football européens qui attirent le plus grand nombre de personnes sur les réseaux sociaux (Sporting Pedia)
  • TikTok et Meta ne signalent pas la propagande étatique concernant la guerre à Gaza (Forbes)

 IMMERSION, 360, VR, AR

  • Meta lance MetaHorizon OS, un nouveau système d'exploitation destiné aux casques de réalité virtuelle et mixte, notamment la gamme Quest (Meta)
  • Les lunettes intelligentes Ray-Ban Meta sont désormais dotées d'une IA multimodale (The Verge)

 STREAMING, OTT, SVOD

  • La nouvelle habitude télévisuelle des Américains : S'abonner. Regarder. Annuler. Répéter (New York Times)
  • Elon Musk lance X TV (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Le nouveau pari audio du New York Times, "The Interview", de l'intérieur (The Hollywood Reporter)
  • Audible va transformer les sept livres de Harry Potter de JK Rowling en livres audio complets (Audible)

 Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  •  La société de paiement de Jack Dorsey, Block, construit son propre système de minage de Bitcoin (CNBC)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • GPT-4 Turbo dans l'API OpenAI (OpenAI)
  • L'assistant d'IA de Meta est amusant à utiliser, mais on ne peut pas lui faire confiance (New York Times)
  • Le Washington Post développe un outil de réponse alimenté par l'IA (Technical.ly)
  • OpenAI, Meta et Google s’engagent pour la protection de l’enfance (Wall Street Journal)
  • 48 % des sites d'actualités les plus utilisés bloquent les robots d'OpenAI (Reuters Institute)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • L'un des plus grands best-sellers s'est vendu à plus de 600 000 exemplaires sur TikTok Shop (The Atlantic)
  • La dernière initiative de Google pour retarder l'apocalypse des cookies (Digiday)
  • Les agences de relations publiques prennent en charge les profils LinkedIn des cadres dirigeants — et transforment le ghostwriting en une activité lucrative (Business Insider)

 Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

 

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  • Liens vagabonds : TCL, un cas d'école de la diversification
    Des écrans aux contenus -  TCL, le fabricant chinois de téléviseurs et smartphones, a annoncé l'élargissement de son offre avec le lancement de son studio de production. La société basée à Hong Kong suit l'exemple d'autres fabricants de matériel, dont Apple (avec Apple Studios) et Roku (qui avait profité de la mort subite de Quibi), qui produisent du contenu prêt-à-diffuser directement pour leurs propres services. La première production originale issue du studio TCL, "Next Stop Paris", prévue p

Liens vagabonds : TCL, un cas d'école de la diversification

Des écrans aux contenus -  TCL, le fabricant chinois de téléviseurs et smartphones, a annoncé l'élargissement de son offre avec le lancement de son studio de production. La société basée à Hong Kong suit l'exemple d'autres fabricants de matériel, dont Apple (avec Apple Studios) et Roku (qui avait profité de la mort subite de Quibi), qui produisent du contenu prêt-à-diffuser directement pour leurs propres services. La première production originale issue du studio TCL, "Next Stop Paris", prévue pour une diffusion cet été sur TCLtv+, a été moquée sur les réseaux sociaux pour son aspect "Made in AI". Etrangement, le court métrage met en scène des voix de doublage professionnels et un scénario original, mais est incarné par des acteurs entièrement animés par l'IA, qui portent tous les défauts d'une technologie débutante, avec "des visuels sur-saturés aux visages et arrière-plans non naturels qui bougent constamment" et une "jeune femme qui a un visage nettement différent dans certaines scènes"... 

TCL is launching its own content production studio tasked with creating original TV content for its free, ad-supported TV service, TCL TV Plus.

The first film, "Next Stop Paris," uses real voiceover actors to provide dialogue to AI-created characters.https://t.co/Mv9WZ1Zr54 pic.twitter.com/KM9lRHMi4f

— TheDesk.net (@TheDeskDotNet) April 12, 2024

De prochaines collaborations incluront des talents clés d'Hollywood, annonce cependant TCL. Passé de l'accroche "Electronics" à "The Creative Life", TCL suit aussi le chemin de la plupart des marques d'électronique grand public qui souhaitent remplir nos vie de créativité à l'ère de l'IA générative (à l'instar de Sony, qui vend un "monde d'émotion, grâce au pouvoir de la créativité et de la technologie".)  Les entreprises chinoises sont connues pour leur capacité d'adaptation, soutenue bien-sûr par un gouvernement volontariste d'un côté, mais aussi par de fortes capacités de R&D (23 centres de recherche avec 7000 employés dédiés à la R&D dans le monde entier pour TCL). L'innovation ne se situe d'ailleurs pas seulement du côté du matériel, mais aussi du côté du modèle économique.

TCL est capable de proposer en même temps le plus grand téléviseur du monde et un device qui signe la fin des écrans : les lunettes connectées TCL NXTWEAR S XR Glasses, présentées au CES en janvier, parfaitement adaptées aux nouveaux nomades (quand on aura réglé le problème de la gestion de la luminosité). Le TCL Design Innovation Center (DIC)  tend à unifier l'expérience utilisateur entre barres de son, machines à laver, climatiseurs et téléviseurs, qui - dans un futur proche - seront tous connectés. Ne reste plus qu'à espérer que tous ces écrans, qu'ils soient réels ou virtuels, diffuseront autre chose que de vulgaires créations sans valeur générées par l'IA et que nous parviendrons à démentir la loi de Sturgeon, qui prétend que 90% de tout est de piètre qualité quand tout le monde peut tout faire, partout, tout à la fois, grâce à l'IA...

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Daniel Kretinsky cherche à vendre l’hebdomadaire Marianne (La lettre)
  • Audiovisuel public : une réforme en mal d’objectif défini (Le Monde)
  • Le monde du livre vent debout contre la publicité à la télévision (Les Échos)
  • Médiamétrie intègre désormais à ses audiences les séquences issues des émissions de télé qui circulent en masse sur les réseaux sociaux (Le Parisien)

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : Ofcom

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Le retour du téléachat avec une nouvelle chaîne FAST sur Amazon Prime et Freevee (CP Amazon)
  • Le retour du téléphone à clapet n'est pas qu'une mode ! (The New Yorker)
  • Polémique autour de la promotion du film ‘Civil War’ du producteur A24, fabriquée par l'IA (The Hollywood Reporter)
  • Apple retire WhatsApp, Threads, Signal et Telegram de son App Store en Chine, suite aux ordres des régulateurs du pays concernés par la "sécurité nationale" (WSJ)
  • Robinhood l'appli de trading pour (jeune) particulier, lance Sherwood News, un média dédié à l'information financière (Axios) (encore un peu de diversification...)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • En Ukraine, la désinformation en ligne inquiète les autorités (Le Monde)
  • Un journaliste tunisien critique envers le président a été emprisonné pour diffamation (Bloomberg)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Vos ondes cérébrales sont à vendre. Une nouvelle loi veut changer cela (New York Times)
  • Des éditeurs de presse demandent au gouvernement d'enquêter sur Google pour avoir bloqué certains médias californiens (CNN)
  • Le projet de loi sur TikTok prolonge le délai de vente de l'application (Axios)
  • Les préoccupations d'Hollywood en matière d'IA posent des problèmes nouveaux et complexes que les juristes doivent démêler (Variety)

The EDPB has adopted an Art. 64(2) opinion on consent or pay models. The EDPB considers that, in most cases, it will not be possible for large online platforms to comply with the requirements for valid consent, when offering only a binary choice
➡https://t.co/uHq6CCQFja pic.twitter.com/0oCXLJExJO

— EDPB (@EU_EDPB) April 17, 2024

JOURNALISME

  • Newsweek accélère l'utilisation de l'IA dans sa rédaction (NiemanLab)
  • La société mère d'Essence rachète Refinery29 à Vice Media (Axios)
  • The Intercept est à court d'argent (Semafor)
  • Une note de service du New York Times sur Gaza indique aux journalistes d’éviter les mots “génocide”, “nettoyage ethnique” et “territoire occupé” (The Intercept)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • LinkedIn a publié un document sur les meilleures pratiques en matière de vidéos verticales (LinkedIn)

ENVIRONNEMENT 

  • « Le bavardage politique des plateaux étouffe et dépolitise les préoccupations environnementales » (Le Monde)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Google bloque les liens vers les médias californiens dans les résultats de recherche (The Guardian)
  • Elon Musk prévoit de faire payer les nouveaux utilisateurs de X pour poster (TechCrunch)
  • Reddit prend le dessus sur Google (Business Insider)
  • Telegram revendique près de 900 millions d’utilisateurs (Financial Times)
  • TikTok lutte contre une interdiction potentielle au Kenya (Semafor)

STREAMING, OTT, SVOD

  • L'avenir dystopique de la télévision : des déchets générés par l'IA (404media)
  • Truth Social, le réseau social de Trump, lance un service de streaming vidéo (The Guardian)
  • Amazon lance son service "Amazon Live" (TechCrunch)
  • Netflix va arrêter de publier ses chiffres trimestriels d’abonnés à partir de 2025 (Variety)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Airchat est la dernière obsession de la Silicon Valley (Wired)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • VASA-1 : Microsoft lance sa propre IA de "visages parlants" (Venture Beat)
  • L'absence de mesures et d'évaluations de qualité pour les systèmes d'IA constitue un problème majeur (New York Times)
  • Les articles collaboratifs de LinkedIn, alimentés par l'IA, donnent un aperçu inquiétant de l'avenir du contenu (Fortune)
  • Meta lance Llama 3 sur Facebook (The Verge)

🥁 Llama3 is out 🥁
8B and 70B models available today.
8k context length.
Trained with 15 trillion tokens on a custom-built 24k GPU cluster.
Great performance on various benchmarks, with Llam3-8B doing better than Llama2-70B in some cases.
More versions are coming over the next… pic.twitter.com/a2Koge2R5U

— Yann LeCun (@ylecun) April 18, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Marketplace est une réussite pour Facebook (Sherwood)
  • Les leaders de l'industrie veulent que les marques évitent les sites web "faits pour la publicité" (Wall Street Journal)
  • Pourquoi le New York Times noue des liens avec les gamers tout en diversifiant son public (Digiday)

Kati Bremme et Alexandra Klinnik 

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  • Liens vagabonds : La gen Z zappe les médias traditionnels
    Comment éviter la rupture définitive ? Les jeunes s’intéressent à l’info, mais fuient les médias traditionnels. D'un autre monde, sensationnalistes, à côté de la plaque, trop négatifs : les médias classiques n'ont pas bonne presse auprès de la génération Z. « Le mantra des médias a souvent été « si ça saigne, ça intéresse » », reconnaît Jodie Jackson, directrice du News Literacy Lab. L’info circule désormais par des portes dérobées : les créateurs de contenu et célébrités. Aux Etats-Unis, Plain

Liens vagabonds : La gen Z zappe les médias traditionnels

Comment éviter la rupture définitive ? Les jeunes s’intéressent à l’info, mais fuient les médias traditionnels. D'un autre monde, sensationnalistes, à côté de la plaque, trop négatifs : les médias classiques n'ont pas bonne presse auprès de la génération Z. « Le mantra des médias a souvent été « si ça saigne, ça intéresse » », reconnaît Jodie Jackson, directrice du News Literacy Lab. L’info circule désormais par des portes dérobées : les créateurs de contenu et célébrités. Aux Etats-Unis, Plain Bagel, créateur de contenu d’investissement, Marques Brownlee, créateur de contenu spécialisé dans la tech, HasanAbi, vidéaste politique, dominent « le marché », avec l’essor de « l’infotainment ».

Face à ce constat, une question cruciale se pose : comment gagner la confiance de ce public exigeant, avant qu’il ne soit trop tard ? Publié début mars, le nouveau rapport de FT Stratégies, du KnightLab de l’université Northwestern et de la Google News Initiative confirme ce décalage important entre les préférences de la génération Z en matière d’actualités et les offres actuelles. Et propose quelques pistes pour déjouer la lassitude de cette audience recherchée.

1 Ne pas nier la valeur du vécu

S’appuyer uniquement sur sa marque pour établir sa crédibilité auprès d’un public jeune est une erreur. Pour les jeunes « consommateurs » d’information, la crédibilité repose davantage sur le vécu – les expériences, les défis – qu’un individu accumule tout au long de sa vie. Partager ses expériences, dire d’où l’on vient, renforce l’authenticité et la capacité à se connecter avec le public sur certains sujets.  Une des erreurs communes est souvent de promouvoir et mettre en avant des journalistes les plus anciens, même s’ils ne reflètent pas l’identité ou les expériences de leur public cible.

Le média d’investigation Guiti News, spécialisé dans les questions migratoires, a rédigé de courtes biographies sur chacun de ses journalistes. Chacune est écrite par un collège de la rédaction et explique généralement pourquoi ils souhaitent couvrir ce sujet et ce qui les rend aptes à le faire.

2 S’allier avec les créateurs de contenus

Morning Brew a mis en place un programme de créateurs qui permet aux personnalités des médias sociaux de travailler pour l’entreprise tout en restant indépendants. Le rapport souligne la nécessité de créer de nouveaux postes au sein de la production d’information, comme responsable des relations avec les créateurs – pour faciliter la définition des partenariats. Ces alliances doivent être « abordées avec beaucoup de doigté, dans le respect des normes journalistiques ».

3Être humble !

Les politiques de correction devraient être plus cohérentes et transparentes sur les erreurs et les modifications apportées ultérieurement à la couverture. Le média TDLR News se plie à l’exercice, avec un certain succès. Tous les six mois, le média produit une vidéo dans lequel ils répondent exclusivement aux commentaires négatifs de la communauté. « Ce sont les vidéos qui suscitent le plus d’intérêt, avec de très bon retours », se félicite Jack Kelly, fondateur de TDLR News.

Les journalistes devraient aussi interagir davantage sur les réseaux sociaux, avec l’utilisation de tactiques telles que le « stitching » sur TikTok, ou le « remixage » sur Instagram, qui permettent aux utilisateurs de se répondre en intégrant la vidéo de quelqu’un d’autre dans la leur, comme le fait Underthedesknews sur TikTok.

4 Utiliser l’IA générative

L’IA générative peut être utilisé pour « céder » le contrôle des formats « à la prochaine génération ». Cette utilisation permettrait de répondre à ses préférences en matière de format et de mode de consommation. La BBC, en collaboration avec l’Institute of Engineering and Technology, a récemment partagé une démonstration d’un outil qui permet au consommateur de modifier la longueur, les fonctionnalités et le contenu d’une vidéo en fonction de ses préférences ou de ses besoins.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Une étude de l'Unesco alerte sur les préjugés sexistes générés par l'IA générative (Unesco)
  • « Politico » veut passer la vitesse supérieure en France (Le Monde)
  • RSF lance un bouquet anti-propagande russe (RSF)
  • Holding de l’audiovisuel public : la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, défend un projet “pragmatique” (LCP)
  • Le CNC dresse un état des lieux sur les usages de l’IA et ses impacts réels sur la filière de l’image (CNC)
  • Face à la baisse des ventes papier, le groupe Sud Ouest annonce 118 suppressions de postes (Les Echos)
  • Pour les élections européennes, l’Arcom préconise « l’équité » plutôt que l’égalité des temps de parole dans les médias (Le Monde)
  • Mal-être dans les écoles de journalisme : "Je me suis ravisée", les futurs étudiants hésitent à postuler (L’Etudiant)
  • À cause de la taxe streaming, Spotify va augmenter ses tarifs en France (Le Figaro)

Lettre ouverte à nos abonnés pic.twitter.com/MajbNCcf4U

— Spotify France (@spotifyfrance) March 7, 2024

3 CHIFFRES - Spécial Journée internationale des droits des femmes

  • D'après l'Arcom, si les présentatrices sont représentées à parité depuis 2022, les invitées (expertes, politiques et autres) et les journalistes / chroniqueuses, dont la représentation progresse tendanciellement depuis 2016, restent néanmoins minoritaires : 41 % en 2023.
  • Les médias de service public sont à l'avant-garde de l'équilibre hommes-femmes sur le lieu de travail en Europe, selon EBU. Les médias de service public emploient directement plus de 100 000 femmes, soit 47 % des employés.
  • 34% des Français estiment que le traitement médiatique est plus mauvais pour les femmes que pour les hommes. 40% des Français ont le même sentiment pour les réseaux sociaux, d'après Ipsos.

SXSW, Jour 1 : 8 mars, Paroles de femmes 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Dans l'univers des spammeurs de TikTok et des outils d'IA qui les alimentent (404media)
  • La peur qui a inspiré la création d'OpenAI (Wired)
  • Les experts chinois de TikTok apprennent aux Américains à vendre (Rest of World)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Pékin entend se débarasser vite de sa dépendance aux technologies US (Wall Street Journal)
  • Google veut rediriger le trafic des blogs de spam générés par l'IA vers des sites web légitimes (The Verge)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Une nouvelle technologie qui montre l'authenticité des images et des vidéos est lancée sur BBC News (BBC)
  • Une série de faux sites d'information ayant des liens avec la Russie apparaissent aux États-Unis (New York Times)
  • Le président populiste d'Argentine ferme la principale agence de presse du pays (Buenos Aires Herald)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Les nouvelles règles de concurrence de l'UE entrent en vigueur (The Verge)
  • Pornhub poursuit l'UE au sujet de la réglementation sur le contenu en ligne (Politico)

JOURNALISME

  • Condé Nast déclare que l'entreprise n'a pas atteint son objectif de chiffre d'affaires en 2023 (Axios)
  • CNN est le site d'information qui a connu la plus forte croissance parmi les dix premiers sites web en janvier (Press Gazette)
  • Les Palestiniens ont du mal à se connecter et à obtenir des informations dans le cadre de la fermeture des réseaux numériques à Gaza (Reuters Institute)
  • Les médias australiens pourraient demander à Meta de les rémunérer pour le contenu utilisé pour former l'IA (The Guardian)
  • Seuls 24 % des rédacteurs en chef de 12 pays sont des femmes (Reuters Institute)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • The Guardian lance une newsletter hebdomadaire sur Taylor Swift (The Guardian)
  • Les vidéos plus longues de TikTok sont là pour durer (The Verge)

ENVIRONNEMENT 

  • Selon un nouveau rapport, l'IA augmentera probablement la consommation d'énergie et accélérera la désinformation sur le climat (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Le projet d'interdiction de TikTok aux États-Unis pourrait concerner toutes les applications chinoises (Mashable)
  • Meta indique que l'accès est rétabli après la panne de Facebook et d'Instagram (New York Times)
  • Le président Biden interdirait TikTok. Mais le candidat Biden l'utilise pour sa campagne (npr)
  • LinkedIn mise sur l'information alors que ses concurrents sociaux reculent (Axios)
  • Meta abandonne les victimes de piratage informatique, drainant ainsi les ressources des forces de l'ordre (Wired)
  • Reddit lance un outil doté d'une intelligence artificielle pour détecter le harcèlement en ligne (Mashable)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • La panne de Meta a également entraîné l'arrêt des casques VR Quest, mais l'entreprise tente de remédier à ce problème (The Verge)

The article is quite accurate. Quest already works offline, but in this instance our login servers had a bug and were returning responses the headset didn’t expect which made the sessions invslid. We’ll work to make it more resilient to this super rare condition.

— Mark Rabkin (@mrabkin) March 5, 2024

STREAMING, OTT, SVOD

  • Canal+ augmente le nombre de ses abonnés et prépare son implantation à l'étranger (Digital TV)
  • Mike Tyson vs Jake Paul : Netflix mise gros sur la boxe en direct (Wall Street Journal)
  • Comment Netflix a survécu à la guerre du streaming pour rester le roi de la vidéo par abonnement (Los Angeles Times)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Apple introduit les transcriptions pour Apple Podcasts (Apple)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Le bitcoin atteint un niveau record, réalisant un retour en force étonnant (New York Times)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • OpenAI riposte à Elon Musk dans une bataille juridique portant sur des allégations de rupture de contrat (The Guardian)
  • Google commence à éliminer davantage de spams et à intégrer l'intelligence artificielle dans les résultats de recherche (The Verge)
  • Google vient de dévoiler Genie, une nouvelle intelligence artificielle capable de générer des jeux vidéo (AI Revolution)
  • Microsoft demande le rejet de l'action en justice intentée par le New York Times en matière de droits d'auteur (The Guardian)

J'étais passé à côté de ce reportage de @7a8 diffusé ce dimanche, illustré par des images générées par IA pic.twitter.com/s0XjqiE2S0

— Vincent Coquaz (@VincentCoquaz) March 8, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Les entreprises de podcasts investissent dans les traductions générées par l'IA, malgré une qualité discutable (Digiday)
  • La génération Z se désintéresse de plus en plus des voyages extravagants que les influenceurs sont amenés à faire pour les marques (Business Insider)
  • Discord s'associe à des développeurs de jeux pour vendre des avatars et des effets de profil à thème (The Verge)

 

Kati Bremme et Alexandra Klinnik

 

 

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  • Liens vagabonds : La France en Pôle Position IA ?
    Paris, jeudi 15 janvier - Google annonce l'inauguration de son nouveau centre de recherche en intelligence artificielle à Paris, en présence de son PDG Sundar Pichai. L’objectif ? « Faire émerger de nouveaux partenariats académiques et former des professionnels à cette technologie ». Le nouveau Lab réunira pas moins de 300 chercheurs et ingénieurs travaillant en collaboration avec les universités et les instituts de recherche français.  "La France possède des atouts considérables dans le domaine

Liens vagabonds : La France en Pôle Position IA ?

Paris, jeudi 15 janvier - Google annonce l'inauguration de son nouveau centre de recherche en intelligence artificielle à Paris, en présence de son PDG Sundar Pichai. L’objectif ? « Faire émerger de nouveaux partenariats académiques et former des professionnels à cette technologie ». Le nouveau Lab réunira pas moins de 300 chercheurs et ingénieurs travaillant en collaboration avec les universités et les instituts de recherche français. 

"La France possède des atouts considérables dans le domaine scientifique, avec ses 500 000 chercheurs et des institutions de premier plan tels que le CNRS, Inria, Paris Saclay, l'Institut Curie, ou encore l'Université PSL (Paris Sciences & Lettres)," souligne Google. Cette collaboration avec des institutions françaises de renom vise à stimuler la recherche fondamentale et appliquée en IA, consolidant ainsi la position de la France comme leader dans ce domaine. Google prévoit également de former 100 000 professionnels français aux outils de l'IA d'ici la fin de 2025. 

Oui, la France est le pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers et notamment des entreprises de la tech !

L’ouverture du hub Google dédié à l’intelligence artificielle, ouvert à tout l’écosystème français, en est le parfait exemple.

Nous sommes… pic.twitter.com/wn0cTbm2YD

— Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) February 15, 2024

Une démarche qui soulève des questions sur le monopole numérique de Google 

On pourrait pointer du doigt cette initiative comme un moyen pour Google de maintenir son hégémonie dans le domaine de l'IA, en monopolisant les ressources et les talents. C’était déjà le cas avec l’ouverture d’un laboratoire Meta en 2015, puis Google en 2018. « A l’époque, certains regrettaient l’aspiration par les géants américains des cerveaux français, dont Yann LeCun, un des parrains de l’IA moderne, chez Meta » explique Alexandre Piquard, journaliste du Monde. 

TechCrunch, dans son analyse, tente de disséquer cette inauguration à la vue de tous « Google aurait pu envoyer un courriel à ses employés pour leur dire quand ils pourraient récupérer leurs badges pour le nouveau bureau. Au lieu de cela, l'entreprise a décidé qu'il s'agissait d'une opportunité de relations publiques. L'entreprise doit montrer qu'elle se préoccupe de l'IA et qu'il s'agit d'une priorité. » 

Le nouveau bâtiment accueillera certes des projets d’IA, mais aussi des programmes autour de YouTube et Chrome. « Google aurait pu simplement l'appeler « Google hub » » affirme le média américain, mais l’entreprise souhaite « affirmer haut et fort qu'elle est spécialisée dans l’IA ».  

Paris, un écosystème florissant de startups spécialisées dans l’IA 

Pendant ce temps, des entreprises telles que Nabla, Dust, Gladia et Giskard témoignent de l'essor de l'IA en France. Les importantes levées de fond de Mistral AI, la start-up française valorisée à 2 milliards de dollars, ainsi que l'implantation de la startup californienne Poolside AI à Paris, mettent en lumière la dynamique croissante de ce secteur. 

« En quelques années, nous sommes parvenus à créer plusieurs instituts de recherche interdisciplinaire, des chaires de recherche, à doubler le nombre de diplômés en IA et à augmenter de 500 le nombre de doctorants », s'était félicité Emmanuel Macron en novembre, à l'occasion du lancement du laboratoire Kyutai, porté notamment par Xavier Niel (Iliad) et Rodolphe Saadé (CMA-CGM) et basé également à Paris. 

Un des avantages du pays ? Son attractivité financière (même si elle reste toute relative face aux Etats-Unis), combinée à un soutien gouvernemental. Bpifrance, un fonds soutenu par l'État, a participé à la fois au financement de Mistral et Poolside. Paul Barbaste, cofondateur d'Inclusive Brains, une startup spécialisée dans les neurosciences, explique : « C'est quatre fois moins cher. Et le gouvernement français en paie la moitié ». Au sein d'une approche européenne dans la course à l'IA, la France souhaite définitivement défendre ses atouts. 

Et la protection du travail journalistique français face aux IA dans tout ça ?  

Bruno Le Maire, ministre de l’économie a affirmé refuser « que les systèmes d’intelligence artificielle aient un libre accès au travail des journalistes » lors de son intervention au World AI Cannes Festival vendredi 9 février. S’agirait-il d’un premier réveil officiel sur les risques de l’IA pour la profession en France ? « Quel est l’avenir d’un métier dont les informations, recueillies au prix d’un travail très exigent sont récupérés gratuitement par les systèmes d’intelligence artificielle ? » s’est-il demandé. A la question : bloquer ou ne pas bloquer les « crawlers » des intelligences artificielles sur les sites d’information on n'obtient pas la même réponses selon le média concerné. 

Sur le plan européen, le ministre a appelé à la création d’un marché unique de la donnée régulée et équitable pour contrer la monopolisation des données par les géants du numériques.

La France n’en a pas fini de faire parler d’elle en matière d’IA, mais Bloomberg nuance que la France n’a représenté que 2,9 % du financement mondial du capital-risque et la pénurie d'offres d'actions et d'acquisitions sur le marché local de la technologie ne sera pas réglé de sitôt par les nouveaux venus de l’IA. 

Cela ne va pas empêcher le pays d’accueillir le prochain sommet sur la sécurité de l’intelligence artificielle en 2024, ...à Paris bien-sûr. 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Le Conseil d’Etat ordonne à l’Arcom de réexaminer le respect, par CNews, de ses obligations en matière de pluralisme (Le Monde)
  • M6 : Nicolas de Tavernost passe la main (Les Echos)
  • Bruno Le Maire a réaffirmé la volonté de la France de se positionner comme leader européen de l’IA (Siècle Digital)

 

  • Ce qu’il faut retenir du festival mondial de l'IA de Cannes (AI Business)
  • La marque France Bleu disparaîtra pour devenir « Ici » à la rentrée 2024 (Le Monde)
  • Google va créer un nouveau centre d'intelligence artificielle (IA) en France (Reuters)

« Nous allons changer de marque : nous allons nous appeler ICI » indique ce matin @celinepigalle directrice de @francebleu
pic.twitter.com/4NlNssdgk6

— Brulhatour (@Brulhatour) February 14, 2024

3 CHIFFRES

Nous avons passé au crible les contenus publiés par plus de 550 influenceurs actifs en Europe 🔍

Si la quasi-totalité (97%) des comptes analysés publient du contenu commercial, seuls 20% le présentaient systématiquement comme étant de la publicité ↓https://t.co/uRcouMIEMZ

— Commission européenne 🇪🇺 (@UEFrance) February 14, 2024

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINEInfographie: La menace de la désinformation plane sur les élections en 2024 | Statista

Vous trouverez plus d'infographies sur Statista

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Le journalisme est-il préparé face à sa potentielle extinction de masse ? (The New Yorker)
  • Comment les séries réconfortantes ont conquis la télévision en streaming  (The Hollywood Reporter)
  • Comment Elon Musk a cassé Twitter en le transformant en X (Washington Post)
  • Les licenciements et les fermetures d'entreprises ont bouleversé le secteur des médias. Qu'adviendra-t-il des jeunes qui étudient le journalisme ? (Boston Globe)
  • Ce qu'il faut pour réussir en tant qu'influenceur sur les médias sociaux (The Wall Street Journal)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les autres grands gagnants du Super Bowl... sont les créateurs ? (Rolling Stone)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Une campagne d'influence chinoise favorise la désunion avant les élections américaines (New York Times)
  • La nouvelle ère de l'IA et des "Deepfakes" complique les élections de 2024 (Wall Street Journal)
  • OpenAI suspend le développeur d'un chatbot se faisant passer pour un homme politique (AINews)
  • Guerre Israël-Gaza : le nombre de journalistes tués atteint un niveau quasi record (CPJ)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Intelligence artificielle : des députés proposent de faire de la CNIL l’autorité régulatrice (Le Monde)

JOURNALISME

  • Des suppressions d'emplois s'annoncent au Guardian alors que la baisse des revenus publicitaires frappe les éditeurs de plein fouet (The Times)
  • CBS News va licencier 20 journalistes dans le cadre de la réduction des effectifs de la Paramount (Los Angeles Times)
  • Accepter l'argent ou se battre ? Les magnats des médias sont divisés sur les accords relatifs à l'IA (The Hollywood Reporter)
  • L'année la plus faste pour Slate (Semafor)
  • Les journalistes font la grève alors que l'industrie de l'information se porte mal (npr)
  • Où tous ces journalistes vont-ils trouver un sens à leur vie ? (Hazlitt)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Oubliez le A1. Les "unes" les plus convoitées du New York Times sont désormais The Daily et son bulletin phare The Morning (Vanity Fair)
  • YouTube vous permet désormais d'intégrer des vidéos musicales dans vos Shorts (TechCrunch)

ENVIRONNEMENT 

  • L’intelligence artificielle va-t-elle donner le coup de grâce au climat ? (Vert)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • L'endroit le plus civilisé pour consulter les actualités en ligne pourrait être Reddit (Columbia Journalism Review)
  • Dans une bataille avec X, Threads ajoute des sujets de tendance où la politique sera autorisée (TechCrunch)
  • TikTok prend de l'avance en tant que lieu de discussion sur les campagnes électorales (Bloomberg)
  • Le paradoxe des applications de rencontre : Pourquoi les applications de rencontre peuvent être pires que jamais (npr)
  • L’algorithme de TikTok amplifie de manière alarmante les contenus misogynes (L’ADN)
  • Ils voulaient faire carrière dans la technologie. Ils sont coincés dans un "atelier clandestin" de modération de contenu chez TikTok (Rest of The World)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Après avoir essayé le Vision Pro, Mark Zuckerberg déclare que le Quest 3 "est le meilleur produit, point final" (The Verge)

 

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Une publication partagée par Mark Zuckerberg (@zuck)

  • Cette organisation à but non lucratif utilise la réalité virtuelle pour former les journalistes ukrainiens à couvrir la guerre en toute sécurité (Reuters Institute)
  • Les fans d'Apple commencent à renvoyer leurs Vision Pros (The Verge)
  • TikTok lance une application "réimaginée" pour l'Apple Vision Pro (TechCrunch)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Mickey, Minnie, Donald et Goofy de Disneyland veulent se syndiquer (CNN)
  • Amazon facture désormais aux membres Prime un supplément pour le streaming sans publicité. Pour certains, c'est un deal-breaker (The Wall Street Journal)
  • Le troisième exportateur de télévision n'est pas celui auquel on pourrait s'attendre (The Economist)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Le secteur de l'audio se contracte malgré l'essor de la diffusion en continu (Axios)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Le bitcoin retrouve une capitalisation boursière de 1 000 milliards de dollars, la crypto-monnaie atteignant son plus haut niveau en deux ans (CNBC)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • OpenAI présente Sora (OpenAI)

here is sora, our video generation model:https://t.co/CDr4DdCrh1

today we are starting red-teaming and offering access to a limited number of creators.@_tim_brooks @billpeeb @model_mechanic are really incredible; amazing work by them and the team.

remarkable moment.

— Sam Altman (@sama) February 15, 2024

Introducing Sora, our text-to-video model.

Sora can create videos of up to 60 seconds featuring highly detailed scenes, complex camera motion, and multiple characters with vibrant emotions. https://t.co/7j2JN27M3W

Prompt: “Beautiful, snowy… pic.twitter.com/ruTEWn87vf

— OpenAI (@OpenAI) February 15, 2024

 

https://t.co/qbj02M4ng8 pic.twitter.com/EvngqF2ZIX

— Sam Altman (@sama) February 15, 2024

  • L'IA commence à menacer les emplois de cols blancs. Peu d'industries sont à l'abri (Wall Street Journal)
  • L'IA fait revivre les voix d'enfants tués dans des fusillades (Wall Street Journal)
  • Le prochain compagnon de jeu de votre enfant pourrait être un jouet IA alimenté par ChatGP (Forbes)
  • OpenAI en passe d'atteindre le cap des 2 milliards de dollars de chiffre d'affaires grâce à une croissance fulgurante (Financial Times)
  • Intelligences artificielles, les mille et une façons de les faire dérailler (Le Monde)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

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