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    Il y a 15 ans j’écrivais un article faisant le résumé de ma première année d’activité en tant que développeur de logiciel libre. J’ai ensuite fait des bilans réguliers durant les 9 ans qui ont suivi où j’y ai discuté de sujets divers et variés tels que les premiers pas, la contribution, les échecs, etc. Je pensais avoir conclu ce cycle mais plus tard, après avoir vécu de nouvelles aventures comme voir le projet Kitsu prendre son essor, collaborer avec le projet Blender, ou devenir parent, je me

15 ans de projets libres : bilan

Il y a 15 ans j’écrivais un article faisant le résumé de ma première année d’activité en tant que développeur de logiciel libre. J’ai ensuite fait des bilans réguliers durant les 9 ans qui ont suivi où j’y ai discuté de sujets divers et variés tels que les premiers pas, la contribution, les échecs, etc.

Je pensais avoir conclu ce cycle mais plus tard, après avoir vécu de nouvelles aventures comme voir le projet Kitsu prendre son essor, collaborer avec le projet Blender, ou devenir parent, je me suis dit que je pouvais encore partager des choses. Voici donc mon retour d’expérience de ces cinq dernières années à temps plein sur Kitsu !

Sommaire

Contributions sur 15 ans

Il y a 15 ans j’écrivais un article faisant le résumé de ma première année d’activité en tant que développeur de logiciel libre. J’ai ensuite fait des bilans réguliers durant les 9 ans qui ont suivi. J’ai discuté de sujets divers et variés tels que les premiers pas, la contribution, les échecs, etc. Enfin, j’avais conclu ces 10 années sur la satisfaction que j’avais tirée de toutes ces réalisations. Je pensais avoir fait le tour mais après 5 nouvelles années, j’ai eu le sentiment d’avoir encore des choses à partager.

Durant cette période, ma contribution a été faite exclusivement sur mon projet Kitsu (licence AGPL) porté par mon entreprise CGWire. Kitsu est un logiciel de gestion de projets pour les studios d’animation et de VFX basé sur Javascript (Vue.js), Python (Flask) et Postgres. C’est une brique importante de leur système d’information. Autour de ce logiciel, nous fournissons des services d’hébergement et de support. Ce qui me permet d’en vivre à temps plein depuis maintenant bientôt 10 ans.

Pour ce bilan, après un récapitulatif sur l’état d’avancement de Kitsu, je vais aborder différents thèmes : la collaboration avec un projet à très grand succès, être parent et développeur, l’organisation de notre premier événement dédié à notre solution, trouver un modèle d’affaires viable, faire du logiciel libre à l’heure de l’IA générative, et enfin je sortirai du champ Kitsu avec des réflexions autour des données personnelles et des LLM.

Bilans précédents : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9

État du projet Kitsu

Aujourd’hui, Kitsu est reconnu comme une solution solide par tout le secteur de l’animation. Nous équipons environ 500 studios de 1 à 1000 personnes (la majorité d’entre eux est composée de 20 à 50 personnes) dans plus de 30 pays dans le monde.

Les films et séries utilisant Kitsu sont principalement des productions indépendantes. Nombre d’entre eux ont reçu des prix prestigieux avec notamment des succès récurrents au Festival d’Annecy (la référence en animation 2D) mais aussi à Cannes, aux Césars ou aux Oscars. Le film qui a reçu le plus de récompenses est Flow (pour le coup en 3D !).

C’est un résultat assez réjouissant. Toutefois, nous ne sommes jamais sortis de cette sphère indé, les gros studios ont toujours boudé notre solution, préférant le standard américain géré par Autodesk. Nous sommes donc restés sur des performances financières très modestes comparées à celles des start-ups classiques (500 k€/an de CA). Ce résultat est toutefois à mitiger, car le secteur subit une forte crise depuis 2023, y survivre est déjà une performance en soi.

Du point de vue de l’équipe, nous sommes 5 à travailler dessus à temps plein et bénéficions de contributions régulières de notre communauté (tickets, PR, plugins et récemment une application mobile). Il y a donc une activité soutenue autour du produit.

Pour ce qui est de la licence, Kitsu est toujours sous AGPL. Son installation et son usage sont pleinement documentés, mais il dépend encore beaucoup de la structure commerciale derrière (CGWire). Son fonctionnement est bien compris par plusieurs membres de la communauté, mais pas assez pour qu’ils le maintiennent eux-mêmes.

En somme, le projet avance lentement mais sûrement et se porte bien. L’outil remplit son rôle, la communauté est contente et se développe. Nous avons pu conserver la licence tout du long et l’adoption est grandissante.

La rencontre avec Blender

À travers mon projet précédent, feu Cozy Cloud, et plus récemment les événements OSS Founders, j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer des fondateurs de projets libres populaires. Parmi eux, on compte les CEO de Matomo, Nextcloud ou Strapi. Ces échanges sont toujours grisants, intéressants et informatifs, mais ça n’est pas allé plus loin que quelques bonnes discussions et poignées de main.

Avec Kitsu, pour la première fois, j’ai eu l’occasion de collaborer directement avec un projet libre à succès et pas des moindres : Blender (un outil de création 3D en plein boom). J’ai non seulement pu assister aux premières loges de leur ascension récente, mais j’y ai aussi un peu participé.

En effet, la plupart des studios utilisant Blender se sont tournés naturellement vers notre solution pour gérer leurs projets. La fondation portait un outil similaire de gestion (Attract) mais son développeur principal n’était autre que Francesco Siddi (aujourd’hui CEO). Son implication grandissante dans tous les domaines de la fondation lui laissait peu de temps pour s’en occuper. Voyant les progrès de Kitsu, il s’est tout simplement dit qu’il était plus simple de nous soutenir que de continuer à maintenir son projet.

Ainsi, Kitsu a été choisi pour suivre les projets vidéo du Blender Studio, mais a aussi été plébiscité par celui-ci. Nous avons donc gagné en notoriété et avons bénéficié d’une visibilité internationale. Le studio ne s’est pas arrêté là puisqu’il nous a également un peu soutenus financièrement en commandant quelques fonctionnalités dans le logiciel. En contrepartie, notre logiciel leur a bien été utile pour s’organiser et faciliter la création de leurs films. J’en profite tout de même pour les remercier une nouvelle fois pour leur aide !

Un autre élément important, qui nous a beaucoup impactés, c’est la présentation que Ton Roosendal m’a faite du projet Blender lors de ma visite au studio (encore CEO à l’époque, mais il intervenait moins car il avait commencé les soins du cancer dont il sera guéri plus tard). Il a partagé avec moi les valeurs profondes de la fondation. Leur mission principale est de donner à n’importe quel artiste la liberté de créer en lui fournissant des outils de création numérique haut de gamme. Blender est en fait bien plus qu’un logiciel, c’est un vrai mouvement pour un monde plus ouvert.

Ce qui m’a amené à pousser la mission de Kitsu dans ce sens : l’idée n’était plus seulement de permettre de collaborer sereinement au sein des équipes d’animation. Nous voulions aussi permettre à n’importe quel studio dans le monde d’avoir les outils d’organisation et la méthode pour mener un projet de long métrage ou de série au bout, malgré des budgets toujours plus serrés.

En effet, les narratifs de film d’animation sont encore trop peu diversifiés et s’inspirent souvent de ceux de Disney. Chaque film indépendant qui émerge propose une autre vision du monde. Cette diversité nous libère des conceptions véhiculées par les films à grands budgets. Comme les maigres budgets des films indés ne suffisent pas toujours à finaliser le projet avec la qualité souhaitée, de bons outils d’organisation sont nécessaires pour optimiser les efforts. Ceux-ci étaient difficilement accessibles (chers et complexes à mettre en œuvre), Kitsu de par son aspect libre et sa simplicité, a rendu possible l’utilisation de ces outils.

De cette manière, de nombreuses œuvres originales comme Flow, Jim Queen, In Waves, Linda veut du poulet, Allah n’est pas obligé ont pu aller au bout de leur vision artistique. Et dans le monde entier, le phénomène s’est répété, comme encore récemment avec des films comme Bravecat en Amérique latine ou Igi (en cours) en Géorgie. Ces nouveaux points comptent, car ils libèrent nos imaginaires en nous offrant un autre regard sur le monde.

Vous l’avez compris : rencontrer et être accepté par l’équipe et la communauté de Blender a été transformateur pour notre projet. Nous avons, d’une part pu étendre notre visibilité, mais surtout viser une finalité encore plus porteuse.

Diapositive de présentation du pipeline du Blender Studio
Diapositive de présentation du pipeline du Blender Studio

Logiciel libre et parentalité

Dans un tout autre registre, il y a 3 ans environ je suis devenu père. Cet heureux événement a eu un impact significatif sur mes projets et mes contributions.

Cela ne surprendra personne, mais ça prend beaucoup de temps et d’énergie d’être parent. D’autant plus que cela s’est passé sur fond de crise du secteur de l’animation, ce qui a fait que je n’ai pas pu vraiment lever le pied sur Kitsu.

J’ai donc forcément dû sacrifier pas mal d’activités. À partir de ce moment-là, toute contribution était devenue trop difficile pour que je me motive. J’ai dû aussi arrêter l’organisation des meetups que j’ai mentionnés dans mon précédent post. Même suivre l’actualité des différentes associations du libre ne m’était pas toujours facile.

Mon emploi du temps a été chamboulé et les soirées drainaient suffisamment mon énergie pour me démotiver à regarder d’autres dépôts de code ou à démarrer de nouveaux projets. J’ai donc pris conscience à quel point c’est difficile pour un parent de contribuer. Je suis d’autant plus admiratif quand je rencontre un développeur parent désormais.

Pour tempérer, cela s’améliore avec le temps. Pour preuve, j’ai pu écrire cet article ! Et cette situation peut aussi être vue comme l’occasion de se donner des limites strictes et de se concentrer sur un problème donné plutôt que de papillonner sur plein de projets différents.

La pression de l’offre gratuite

Vouloir vendre un logiciel “gratuit” n’est pas chose aisée. En réalité, on vend de l’hébergement et du support autour de Kitsu. Alors, certes, l’accès gratuit facilite la dissémination, mais cela nous amène aussi à quelques écueils.

Un premier souci est que les installations auto-hébergées sont rarement propres et que le logiciel n’est pas toujours utilisé de façon optimale. Cela nous arrive donc de croiser des utilisateurs mécontents sans comprendre l’origine du problème. Mais quand on creuse un peu, ils utilisent une version auto-hébergée et n’ont pas la dernière version ou ne sont simplement pas au courant de la disponibilité d’une fonctionnalité.

Les studios pensent faire des économies en se passant de nous, mais se priver d’un éditeur pour un logiciel clé a aussi un coût (installation, maintenance, impact des incidents, sous-optimisation). Et cela nous impacte négativement aussi dans le sens où on peut générer de l’insatisfaction sans que nous y puissions faire quoi que ce soit.

Ce problème est tout de même compensé par un autre phénomène : beaucoup de gens sont contents de pouvoir accéder à ce type d’outils alors que leur budget ne le permet pas. On ne compte plus les studios qui viennent nous remercier sur notre stand sans qu’on ait jamais entendu parler d’eux.

Pour autant, cela crée une situation où notre plus gros concurrent devient nous-mêmes. Nous sommes contraints d’argumenter en notre faveur auprès d’un utilisateur déjà convaincu. Il nous est aussi arrivé d’avoir des clients utilisant notre cloud, qui, au renouvellement, nous annoncent le prix qu’ils souhaitent payer en nous menaçant de basculer en auto-hébergement si nous refusons.

Et avec la crise du secteur, beaucoup de studios ont décidé de basculer sur la version auto-hébergée. Récemment, nous avons lancé une offre légère de support à petit prix. Le succès a été très timoré. Cela nous a mis dans la position inconfortable de devoir quémander des sous à des sociétés qui tirent un bénéfice conséquent de notre solution.

Cela crée une situation difficile à gérer. Nous ne l’avions pas anticipé, nous pensions que les productions avec des budgets significatifs n’oseraient pas se priver de la garantie de fonctionnement proposée par le fournisseur.

Ce manque à gagner freine clairement notre progression et surtout nous met toujours sur le fil. Quand les perspectives ne sont pas bonnes, cela nous met particulièrement sous pression. Malgré la dynamique vertueuse du logiciel libre, cela peut aussi engendrer des situations désagréables pour les mainteneurs. Pour pallier à ça, nous essayons aussi de mettre en place des fonctionnalités propriétaires externes au logiciel : système de synchronisation entre différents studios, serveur MCP, optimisations des traitements vidéo, configuration multi-régions, etc. Nous avons pas mal d’espoir que cela remotive les studios avec un budget à rebasculer sur une offre complète.

Pour résumer, le fait que Kitsu soit libre stimule énormément l’écosystème de l’animation. Pour autant, cela génère une pression importante sur l’entreprise soutenant son développement. Maintenir le projet à flot tout en restant libre requiert beaucoup de travail.

Standardisation

Mais le fait que l’application se diffuse facilement fournit aussi un avantage non négligeable : petit à petit, l’outil devient le standard de l’industrie. D’autant plus que notre modèle de données et nos interfaces sont plutôt légers comparés aux offres concurrentes. Kitsu est donc l’outil facile à adopter, sur lequel on peut démarrer très vite en passant de studio en studio.

Encore mieux, chaque studio peut scripter facilement des connexions avec ses propres outils et avec le Kitsu d’un autre studio. Comme il est courant de fonctionner en coproduction (plusieurs studios financent et fabriquent le projet), le côté standard de Kitsu facilite bien la collaboration.

Côté école, Kitsu a la cote aussi. Pour les étudiants, la facilité de prise en main les aide à mettre en place leurs premiers projets. Cela leur fournit aussi un cadre de studio. Ainsi, ils seront ce qui est attendu d’eux en matière de reporting et de communication une fois qu’ils intégreront une équipe. Les futurs professionnels de l’image connaissent déjà Kitsu et seront motivés pour en parler.

Étant donné que la difficulté du film réside dans la partie artistique, fournir une brique clé en main, facilement accessible, retire une bonne épine dans le pied à toutes les parties prenantes de l’industrie. Quand Kitsu devient le choix par défaut, le problème de l’outil d’organisation se règle. Les équipes de production peuvent se concentrer sur leurs métiers respectifs et, par conséquent, livrer de plus beaux films.

Le premier Kitsu Summit

Fort de ce succès, nous avons pu organiser le premier événement sur une journée entièrement dédiée à notre projet. 70 personnes ont été réunies autour de 12 conférences parlant de l’utilisation de Kitsu. Nous avons aussi accueilli quelques sponsors.

Cela nous a permis de faire se rencontrer tout un tas d’acteurs de notre écosystème. La communauté a pu échanger dans la joie et la bonne humeur. Nous avons aussi discuté avec tout un tas de personnes que nous ne voyons jamais directement. Ce genre d’événements est évidemment très stimulant.

Nous avons également pu récupérer beaucoup de captations vidéo. Ce qui nous a fourni un conséquent matériel vidéo à diffuser. Cela renforce notre crédibilité. Toutefois, organiser un tel événement a requis beaucoup d’énergie et a été assez coûteux (nous étions largement à perte). Nous ne sommes donc pas encore en capacité d’en faire un tous les ans, mais la motivation pour un autre est là !

Keynote d’ouverture au Kitsu Summit 2026
Keynote d’ouverture au Kitsu Summit 2026

Le code à l’heure de l’IA générative

Comme si la crise du secteur ne suffisait pas, notre métier de développeur a été révolutionné récemment. Les IA génératives génèrent du code correct rapidement. Quand j’enfile ma casquette de développeur, je passe donc plus de temps à discuter avec un agent qu’à intervenir sur le code directement.

Bien qu’étant une petite équipe, ces nouvelles possibilités, nous ont pas mal occupés. Nous avons pu lancer des refactorings longtemps attendus, en planifier d’autres et lancer des audits à répétition sur notre existant (à chaque avancée des modèles). Nous avons pu aussi prendre beaucoup plus de tickets. En interne, nous avons également développé plein de petits utilitaires pour nous faciliter la vie, surtout au niveau de notre infrastructure d’hébergement.

La partie assurance qualité du projet a été la plus boostée, mais nous avons aussi pu fournir de nombreuses fonctionnalités rapidement et trouver des solutions à des problèmes posés depuis longtemps (exemple : appliquer une gomme sur des dessins vectoriels).

Les contributions ne sont pas en reste. Elles sont déjà plus nombreuses, plus conséquentes, et de meilleure qualité. Voici quelques exemples : support d’OpenID, serveur MCP, app mobile pour valider les vidéos stockées sur la plateforme, plugin applicatif, etc. Pour les encaisser, nous faisons appel aux modèles eux-mêmes afin de faciliter les relectures.

Néanmoins, qui dit plus de code, dit plus de travail. Cela nous demande aussi de repenser notre organisation en vue de gérer cette nouvelle masse. Surtout si les contributions et tickets s’accélèrent, nous allons devoir revoir complètement notre infrastructure d’intégration continue (automatisation de l’analyse et traitement des tickets, des pull requests, des remontées Sentry, etc.).

Nous avons aussi pu utiliser pour la première fois Kitsu pour gérer un projet de développement complet. En effet, lancer un agent sur un projet long n’offre pas de retours clairs sur l’avancement. Avec notre outil, nous avons pu suivre toute la progression, fournir des retouches via notre système de discussion et surtout nous avons pu tracker la consommation complète de tokens (ainsi que le temps total passé). C’est un usage détourné de Kitsu mais c’est intéressant qu’à l’heure de l’IA, les développements se suivent plus comme un projet industriel classique : de manière linéaire avec un suivi de consommation.

Mais tout ceci vient avec de lourdes contreparties. La manière dont sont fabriqués et distribués les modèles est délétère : extraction massive de ressources, esclavagisme des travailleurs du clic, consommation excessive d’énergie, concentration du contrôle des modèles et communication menaçante des acteurs du secteur. Et pour revenir à un souci plus terre-à-terre, le prix du token n’est pas encore déterminé. Ce qui est possible aujourd’hui ne le sera pas forcément demain.

Pour mitiger ces aspects, nous avons rédigé un manifeste pour placer quelques garde-fous : https://www.cg-wire.com/sustainable-ai-manifesto. Ces lignes nous permettent de garder un minimum de respect pour nos utilisateurs, mais elles ne résolvent pas tous les problèmes mentionnés.

Dans les autres aspects négatifs, j’aimerais aussi souligner le fait que la perte de contrôle induite par l’utilisation d’un logiciel tiers, n’est pas négligeable. On passe d’un stade où on peut tout coder chez soi sans connexion internet et de manière privée à une situation où on envoie tout sur un cloud extérieur facturé à l’usage et analysant nos données (Andrew Kelley en parle mieux que moi).

Les reviews aussi sont plus délicates. Avant, faire une review permettait de faire progresser le contributeur. Désormais, la review sert principalement à valider le code. L’impact d’une relecture est donc moindre. Il faut aussi revoir beaucoup plus de code généré avec une logique exhaustive. Certes, les modèles respectent les règles de l’art, mais pour autant la charge cognitive à la relecture est plus importante.

Autre souci, les agents de code poussent à la consommation et proposent toujours d’aller plus loin. L’agent ne se fatiguant jamais, le fait de définir des limites devient difficile. Minimalisme et code agentique ne font pas bon ménage.

Enfin, le plaisir de coder n’est plus le même. Passer une bonne journée à résoudre des problèmes, nettoyer son code, écrire la documentation associée est bien plus plaisant que de discuter des fonctionnalités, de l’architecture et des objectifs avec un LLM.

Voilà pour un premier tour d’horizon. Le sujet de l’IA générative dans le code est très complexe. Je n’ai pas de recommandation à faire. L’idée ici est de partager un premier retour d’expérience. Ce changement est encore très récent et il est difficile d’avoir du recul dessus. Au passage, je recommande l’excellente publication Limites Numériques, qui pose pas mal de bonnes questions sur le sujet des LLM et IA génératives, notamment sur la partie expérience utilisateur.

Développement d’un serveur MCP suivi avec Kitsu
Développement d’un serveur MCP suivi avec Kitsu

IA et données personnelles

Cela me permet de faire la transition vers un sujet qui me tient particulièrement à cœur : la question des données personnelles (cf. l’ère Cozy Cloud). En effet, à travers les interactions avec les LLM, nous produisons et fournissons des données personnelles plus que jamais. Le besoin de récupérer le contrôle dessus se fait donc encore plus ressentir.

D’autant plus qu’un nouveau champ d’usage semble possible. Puisqu’avec plus de données de contexte, les réponses deviennent plus pertinentes et peuvent se baser sur des rapprochements intelligents. La mise à disposition d’un assistant virtuel paré à nous servir devient envisageable.

Aujourd’hui, des outils libres comme Hermes ou OpenClaw permettent déjà de mettre en place un tel agent pour organiser nos besoins personnels. Mais pour en tirer pleinement parti, il faut un accès à un LLM local (très coûteux aujourd’hui) et à des données personnelles structurées et privées. On peut évidemment fonctionner avec des LLMs du marché et la suite Google mais cela revient à se livrer totalement à un acteur tiers. Et comme on l’avait constaté avec Cozy Cloud, les données sont trop fragmentées entre plateformes concurrentes. C’est donc plus difficile de faire ça aussi bien qu’avec des services maîtrisés et déployés sur son propre hardware.

J’ai aussi pu observer que le principe d’autohébergement s’est popularisé : le Mac Studio est en rupture de stock, le Framework Desktop a un succès retentissant, Google propose des VM personnelles (Gemini Spark), NVidia propose sa box, etc. Toutefois, s’auto-héberger devient de plus en plus un sport de riches. Le prix du matériel explose et pour faire tourner un bon LLM, il faut compter plusieurs milliers d’euros.

Tout ça pour dire que l’informatique personnelle va probablement prendre une nouvelle dimension, mais cela profitera probablement surtout aux classes très aisées. Je suivrai tout de même cela de près et encouragerai toute initiative libre et protectrice de la vie privée dans ce domaine.

Conclusion

Ces cinq dernières années ont été très riches en événements, apprentissages, rencontres et découvertes.

Même si j’ai moins codé, j’ai beaucoup appris sur les dynamiques du logiciel libre et des modèles d’affaires liés tout en suivant les dernières évolutions technologiques. Mais surtout, j’ai pu voir mon projet se développer et rendre ses utilisateurs heureux. Enfin, j’ai pu travailler avec un des projets les plus excitants du monde libre.

Mon constat est que réaliser un projet utile et libre a un impact positif net sur le secteur ciblé. Cela amène à faire des rencontres inespérées auparavant. Mais plus l’outil progresse, plus l’alimenter nécessite des moyens conséquents. Les trouver requiert beaucoup d’énergie et amène à des situations ingrates. C’est dans ces moments que la mission prend tout son sens. Il faut savoir pourquoi on se lève le matin pour garder la motivation et trouver l’énergie pour continuer.

Kitsu a aussi permis à une brique libre de faire une percée dans un secteur où les solutions propriétaires étaient quasi omniprésentes (en dehors de l’adoption récente de Blender). C’est un pas de plus vers un monde numérique plus vertueux.

Tout ceci n’a pas été de tout repos, mais je dois dire que c’est une sacrée aventure dont je ne me lasse pas. J’ai tout de même hâte d’arriver à une forme de stabilité. Les aléas du marché créent une incertitude qui n’est pas toujours confortable. J’espère pouvoir vous dire que j’y suis arrivé lors de mon prochain bilan en y ajoutant plein d’autres apprentissages et nouvelles !

Session de validation de plans dans Kitsu (images : Wing it par le Blender Studio)
Session de validation de plans dans Kitsu (images : Wing it par le Blender Studio)

Questions-réponses tirées du journal

Est ce que tu penses que les difficultés dont tu parles sont liées à votre licence ? (piratebab2)

Avec la licence libre, on perd l’effet d’entraînement qui permet d’avoir plus de fuel pour continuer à faire grossir l’équipe et de rajouter des services. Et comme le marché est petit, d’une certaine manière ça diminue le nombre d’entreprises atteignables. Avec une approche propriétaire, il aurait été plus difficile de convaincre les premiers utilisateurs et le côté standard aurait été plus difficile à atteindre et la crise nous aurait aussi impactés. Ça n’aurait pas été simple non plus.

Avez-vous pensé à faire de la formation pour mettre du beurre dans les épinards ? (piratebab2)

Nous avions essayé sans succès, mais c’est peut-être une idée à relancer maintenant que la surface fonctionnelle du logiciel est plus importante. D’autant plus que les formations sont beaucoup subventionnées dans le secteur. Le coût pour un studio est faible.

Vous pouvez fournir une assistance à la mise en place de l’auto-hébergement, puis un contrat de maintenance (piratebab2)

Oui on a ajouté ça récemment avec notre programme Partners : https://www.cg-wire.com/partners/
Ça prend un peu, on va essayer de pousser ça pour se créer un flux de revenu supplémentaire. Si ça prend vraiment ça peut nous booster significativement (100 studios qui s’inscrivent = 350k€ / an en plus).

Pour pouvoir faire des formations professionnelles dont le paiement est pris en charge par les dispositifs en vigueur il faut avoir une certification Qaliopi ce qui entraîne des frais non négligeables parce que c’est payant. (Ysabeau 🧶)

Merci pour les infos. Dans le secteur de l’animation c’est L’AFDAS qui gère tout ça (la plupart des gens sont intermittents du spectacle), et idéalement il faut passer par un organisme de formation agréé.

Merci pour les suggestions !

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  • Sortie de Crème CRM en version 2.8
    Le 7 avril 2026 est sortie la version 2.8 du logiciel de gestion de la relation client Crème CRM (sous licence AGPL-3.0). Au programme notamment, de nombreuses améliorations autour des droits, l’épinglage de fiches et des totaux calculés dans les vues en liste. Les nouveautés sont détaillées dans la suite de la dépêche. lien nᵒ 1 : Site officiellien nᵒ 2 : Démo en lignelien nᵒ 3 : Le dépôt de sourcelien nᵒ 4 : Images Docker de démoSommaire Description du logiciel Principales nouveautés de l

Sortie de Crème CRM en version 2.8

Le 7 avril 2026 est sortie la version 2.8 du logiciel de gestion de la relation client Crème CRM (sous licence AGPL-3.0).

Icone de Crème CRM

Au programme notamment, de nombreuses améliorations autour des droits, l’épinglage de fiches et des totaux calculés dans les vues en liste. Les nouveautés sont détaillées dans la suite de la dépêche.

Sommaire

Description du logiciel

Crème CRM est un logiciel de gestion de la relation client, généralement appelé CRM (pour Customer Relationship Management). Il dispose évidemment des fonctionnalités basiques d’un tel logiciel :

  • un annuaire, dans lequel on enregistre contacts et sociétés : il peut s’agir de clients, bien sûr, mais aussi de partenaires, prospects, fournisseurs, adhérents, etc. ;
  • un calendrier pour gérer ses rendez‐vous, appels téléphoniques, conférences, etc. ; chaque utilisateur peut avoir plusieurs calendriers, publics ou privés ;
  • les opportunités d’affaires, gérant tout l’historique des ventes ;
  • les actions commerciales, avec leurs objectifs à remplir ;
  • les documents (fichiers) et les classeurs.

Crème CRM dispose en outre de nombreux modules optionnels le rendant très polyvalent :

  • campagnes de courriels ;
  • devis, bons de commande, factures et avoirs ;
  • tickets, génération des rapports et graphiques…

L’objectif de Crème CRM est de fournir un logiciel libre de gestion de la relation client pouvant convenir à la plupart des besoins, simples ou complexes. À cet effet, il propose quelques concepts puissants qui se combinent entre eux (entités, relations, filtres, vues, propriétés, blocs), et il est très configurable (bien des problèmes pouvant se résoudre par l’interface de configuration) ; la contrepartie est qu’il faudra sûrement passer quelques minutes dans l’interface de configuration graphique pour avoir quelque chose qui vous convienne vraiment (la configuration par défaut ne pouvant être optimale pour tout le monde). De plus, afin de satisfaire les besoins les plus particuliers, son code est conçu pour être facilement étendu, tel un cadriciel (framework).

Du côté de la technique, Crème CRM est codé notamment avec Python/Django et fonctionne avec les bases de données MySQL, SQLite et PostgreSQL.

Principales nouveautés de la version 2.8

Voici les changements les plus notables de cette version :

Meilleure synchronisation avec les sorties de Django

C’est une version plus petite qu’à l’accoutumée (Creme 2.7 est sortie le 2 septembre 2025 et nous sortons une version par an). Cela nous permet de nous caler enfin sur les cycles de sortie de Django (dont les versions LTS—gérée pendant 3 ans—sortent en avril une fois tous les 2 ans) et donc éviter d’avoir des périodes où une version de Crème CRM est encore gérée mais pas la version de Django sous-jacente.

Améliorations des droits

Les utilisateurs peuvent avoir plusieurs rôles. Il arrive que des personnes aient plusieurs casquettes, et finissent par posséder plusieurs utilisateurs, se connectant avec le bon utilisateur en fonction des tâches à effectuer. Mais c’est un peu contraignant de devoir à chaque fois se déconnecter puis se reconnecter (et ça peut aussi être gênant d’avoir plusieurs utilisateurs pour une seule identité). Un utilisateur peut désormais posséder plusieurs rôles, et peut passer de l’un à l’autre sans devoir se déconnecter. Voir ce lien pour plus de détails.

Sélection d’un de ses rôles dans me menu principal

Les rôles peuvent désormais être désactivés. De manière générale, on essaie d’ajouter, au fur et à mesure des versions, la possibilité pour les différents objets que les utilisateurs peuvent supprimer de pouvoir d’abord passer par un état “désactivé”. Cela permet de tester un certain temps si un objet ne manque pas au final ; s’il y a un souci on peut revenir en arrière. C’est donc au tour des rôles d’avoir une telle fonctionnalité.

Les rôles gèrent maintenant les types de fiches qu’on peut lister, et 2 permissions spéciales peuvent être données : administration des utilisateurs & des rôles (il fallait être super-utilisateur pour les administrer dans les versions précédentes).

Épinglage de fiche

Vous pouvez désormais épingler les fiches auxquelles vous accédez souvent, pour aller dans leur vue détaillée.

Bouton d’épinglage dans l’entête d’une fiche

Vous pouvez accéder aux dernières fiches épinglées dans l’entrée de menu « Accès rapide » ; cette entrée remplace l’entrée qui proposait uniquement les fiches visitées récemment, et propose ces dernières ainsi que les fiches épinglées :

Entrée « Accès rapide » dans le menu

Totaux calculés dans les vues en liste

Certaines colonnes de vue en liste affichent désormais des totaux calculés sur toutes les fiches de cette liste :

  • la somme et la moyenne des totaux (avec et sans TVA) des Factures/Devis/Avoirs/Bons de commande.
  • la somme et la moyenne des chiffres d’affaires estimé & final des opportunités d’affaire.

Amélioration des champs personnalisés

Les champs personnalisés (les champs de fiches ajoutés par les utilisateurs) peuvent posséder :

– une description ; celle-ci est utilisée notamment dans les formulaires afin de donner plus de détails aux utilisateurs sur le sens dudit champ.
– une valeur par défaut, utilisée à la création de nouvelles fiches ; voir ce lien pour plus de détails.

Quelques autres améliorations notables

  • L’éditeur de texte HTML (utilisé pour les corps HTML d’e-mail par exemple) a subi une grosse mise-à-jour (l’interface est bien plus légère et moderne maintenant), et est utilisé à plus d’endroits.
  • On peut désormais télécharger plusieurs Documents, Factures ou Devis en une fois sous forme d’archive zip.

Le futur

La prochaine version devrait être la 3.0, et se concentrera sur une grosse revisite de l’interface graphique. À l’année prochaine !

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  • DevOps Live Paris 2025 : conférences, solutions et retours d’expérience
    Les 5 et 6 novembre 2025, Paris Expo Porte de Versailles accueillera DevOps Live Paris, l’un des cinq salons intégrés du Tech Show Paris, un événement européen dédié aux architectures cloud, à la cybersécurité, à la data et aux infrastructures critiques. L’événement offre : un programme centré sur la pratique et le partage (320 conférences techniques et 275 exposants) un salon tourné vers les solutions lien nᵒ 1 : InscriptionUn programme centré sur la pratique et le partage L’édition 2025

DevOps Live Paris 2025 : conférences, solutions et retours d’expérience

17 octobre 2025 à 10:32

Les 5 et 6 novembre 2025, Paris Expo Porte de Versailles accueillera DevOps Live Paris, l’un des cinq salons intégrés du Tech Show Paris, un événement européen dédié aux architectures cloud, à la cybersécurité, à la data et aux infrastructures critiques.

DevOps Live Tech Show Paris les 5 et 6 novembre 2025

L’événement offre :

  • un programme centré sur la pratique et le partage (320 conférences techniques et 275 exposants)
  • un salon tourné vers les solutions

Un programme centré sur la pratique et le partage

L’édition 2025 mettra en avant les approches concrètes du DevOps moderne : automatisation, IA, sécurité intégrée, observabilité et culture d’équipe.
Plus de 320 conférences techniques et 275 exposants permettront d’explorer les solutions et retours d’expérience des équipes qui opèrent à l’échelle.

Parmi les conférences phares :
FinOps et DevOps : développement piloté par les coûts dans un monde cloud-économiqueÉmilie-Brenda Naoussi (Air France)
DevSecOps sans le buzz : comment industrialiser la sécurité sans ralentir la livraisonAyoub Houkmi (Vestiaire Collective)
Culture DevOps : au-delà de l’architecture, la clé de systèmes innovants et durablesJoël Guimfack (Laboratoire Native SAS)

D’autres sessions aborderont :
• le DevOps augmenté par l’IA et les agents intelligents,
• la sécurité des containers (0 CVE dans vos containers : et si c’était possible ?),
• ou encore la mise en place de plateformes LLMOps pour le développement d’agents conversationnels.

Un salon tourné vers les solutions

Au-delà des conférences, DevOps Live Paris est aussi un espace de démonstration et d’expérimentation.

Les visiteurs pourront rencontrer des acteurs clés de l’écosystème tels que : Scafe, CBTW, Chainguard, Mindflow, Scalingo ou encore Spectrum Group / Atlassian…

C’est l’occasion d’échanger directement avec les équipes techniques derrière les outils et plateformes qui façonnent la chaîne CI/CD, la sécurité applicative et l’automatisation cloud.

Avec un seul badge, l’accès est ouvert à l’ensemble du Tech Show Paris : Cloud & AI Infrastructure, Cloud & Cyber Security Expo, Data & AI Leaders Summit et Data Centre World.

👉 Inscrivez-vous ici : https://www.techshowparis.fr/linuxfr

Pour les entreprises et projets issus de la communauté souhaitant rejoindre l’événement, une opportunité de stand à tarif préférentiel est proposée, incluant également une visibilité renforcée sur nos réseaux et supports de communication. Il suffit de contacter l’équipe organisatrice pour en bénéficier. Contactez-nous.

NdM: LinuxFr est partenaire média de l’événement. Benoît Sibaud modérera la table ronde du jeudi 6 novembre 10h00 – 10h45 « FinOps et DevOps : Développement piloté par les coûts dans un monde cloud-économique ».
Annonce de la table ronde

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  • Sortie de Crème CRM en version 2.7
    Le 2 septembre 2025 est sortie la version 2.7 du logiciel de gestion de la relation client Crème CRM (sous licence AGPL-3.0), un peu plus d’un an après Creme 2.6 (5 août 2024). Au programme notamment, le passage à Django 5.2, les types de fiches personnalisés et un système de processus automatisés. Les nouveautés sont détaillées dans la suite de la dépêche. lien nᵒ 1 : Site officiellien nᵒ 2 : Démo en lignelien nᵒ 3 : Le dépôt de sourcelien nᵒ 4 : Images Docker de démoSommaire Description du

Sortie de Crème CRM en version 2.7

Le 2 septembre 2025 est sortie la version 2.7 du logiciel de gestion de la relation client Crème CRM (sous licence AGPL-3.0), un peu plus d’un an après Creme 2.6 (5 août 2024).

Icone de Crème CRM

Au programme notamment, le passage à Django 5.2, les types de fiches personnalisés et un système de processus automatisés. Les nouveautés sont détaillées dans la suite de la dépêche.

Sommaire

Description du logiciel

Crème CRM est un logiciel de gestion de la relation client, généralement appelé CRM (pour Customer Relationship Management). Il dispose évidemment des fonctionnalités basiques d’un tel logiciel :

  • un annuaire, dans lequel on enregistre contacts et sociétés : il peut s’agir de clients, bien sûr, mais aussi de partenaires, prospects, fournisseurs, adhérents, etc. ;
  • un calendrier pour gérer ses rendez‐vous, appels téléphoniques, conférences, etc. ; chaque utilisateur peut avoir plusieurs calendriers, publics ou privés ;
  • les opportunités d’affaires, gérant tout l’historique des ventes ;
  • les actions commerciales, avec leurs objectifs à remplir ;
  • les documents (fichiers) et les classeurs.

Crème CRM dispose en outre de nombreux modules optionnels le rendant très polyvalent :

  • campagnes de courriels ;
  • devis, bons de commande, factures et avoirs ;
  • tickets, génération des rapports et graphiques…

L’objectif de Crème CRM est de fournir un logiciel libre de gestion de la relation client pouvant convenir à la plupart des besoins, simples ou complexes. À cet effet, il propose quelques concepts puissants qui se combinent entre eux (entités, relations, filtres, vues, propriétés, blocs), et il est très configurable (bien des problèmes pouvant se résoudre par l’interface de configuration) ; la contrepartie est qu’il faudra sûrement passer quelques minutes dans l’interface de configuration graphique pour avoir quelque chose qui vous convienne vraiment (la configuration par défaut ne pouvant être optimale pour tout le monde). De plus, afin de satisfaire les besoins les plus particuliers, son code est conçu pour être facilement étendu, tel un cadriciel (framework).

Du côté de la technique, Crème CRM est codé notamment avec Python/Django et fonctionne avec les bases de données MySQL, SQLite et PostgreSQL.

Principales nouveautés de la version 2.7

Voici les changements les plus notables de cette version :

Le passage à Django 5.2

La nouvelle version LTS (Long Time Support, car maintenue pendant 3 ans) du cadriciel Web est sortie en avril 2025.

Pour les personnes qui déploient Creme, cela implique de nouvelles versions minimales :

  • La version minimale de Python est maintenant la 3.10
  • Pour les systèmes de gestion de base de données (SGBD) les versions minimales sont SQLite 3.31, MySQL 8.0.11, PostgreSQL 14 & MariaDB 10.5.

Python 3.13 est désormais géré officiellement.

Les types de fiches personnalisés

Il a bien sûr toujours été possible de créer ses propres types de fiches (entités) via du code (c’est même plutôt simple, notamment grâce aux outils que fournis Django).
Mais ici il s’agit de créer des types de manière visuelle, via l’interface de configuration. Pour créer un nouveau type il suffit de lui donner un nom (genre “Boutique”), ainsi que son nom au pluriel (donc “Boutiques” dans notre exemple). Ensuite des champs personnalisés peuvent être ajoutés, comme pour n’importe quel type de fiche. Et évidemment vous pouvez utiliser derrière tous les outils de configuration classiques pour construire l’interface qui vous convient (blocs, boutons, formulaires, menu…).

Techniquement, les tables correspondant aux types sont en fait toutes créés dès l’installation (mais seuls les types activés sont visibles) ce qui permet de fonctionner sereinement même sur les SGBD ne gérant pas les transactions de schéma. C’est pourquoi le nombre de types personnalisés est limité (à 20 en l’occurrence, cela devrait être largement suffisant en pratique).

Ce nouveau système était attendu depuis longtemps, et devrait encore un peu abaisser la barrière d’entrée en permettant d’éviter d’écrire du code dans pas mal de cas.

Création d’un nouveau type de fiche

Les processus automatisés

Ce nouveau système permet de programmer des actions qui seront effectuées de manière automatique lorsque certains évènements se produisent. Pour mieux comprendre les possibilités offertes, voici un processus créé lors de l’installation de Creme 2.7 : lorsqu’une fiche Opportunité d’affaire est modifiée et que son nouveau statut est un statut considéré comme gagné, alors la société cible de l’Opportunité devient cliente (si elle ne l’était pas déjà évidemment).

Dans cette première version, les évènements qui peuvent déclencher un processus sont :

  • une fiche est créée
  • une fiche est modifiée
  • une propriété (il s’agit d’une sorte de tag) est ajoutée à une fiche
  • une relation est ajoutée entre 2 fiches

Les actions actuellement disponibles sont :

  • ajouter une propriété
  • ajouter une relation
  • envoyer un courriel

Cette version initiale nous a demandé pas mal de travail afin de trouver une conception satisfaisante, mais de nombreuses améliorations sont d’ores et déjà prévues (notamment les évènements temporels & une action qui peut modifier une fiche).

Les processus automatisés étaient, à l’instar des types personnalisés, très attendus ; et combiner ces 2 nouveaux systèmes ouvre pas mal de perspectives.

Un processus automatisé créé par un utilisateur pour les Activités

La version plus détaillée est ici

Quelques autres améliorations notables

  • La génération des numéros des Factures/Devis/Bons de commande a été entièrement revue. Elle se configure maintenant depuis l’interface (là où avant on pouvait juste rentrer des préfixes dans le fichier de configuration) et offre de nombreuses options.
  • La configuration des boutons peut désormais se faire par rôle (comme c’était déjà le cas avec les blocs, formulaires, etc.).
  • Les vues de liste & les filtres peuvent être clonés (afin de gagner du temps, plutôt que de partir de zéro).
  • Le calendrier a été mis-à-jour (version 6.1.18 de la bibliothèque JavaScript FullCalendar), et un nouveau bloc permet d’afficher son calendrier sur la page d’accueil.
  • Pas mal de code de suppression a été amélioré, que ça soit pour empêcher plus souvent la suppression à cause de dépendances (plutôt que supprimer des choses en cascade), ou pour mieux afficher lesdites dépendances bloquantes.

Le futur

La prochaine version devrait être plus courte que la 2.7 (qui a été un peu plus grosse que prévu à la base), afin de mieux coller aux sorties de Django. À l’année prochaine !

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  • L’architecture d’entreprise dans l’anthropocène : Le logiciel libre pour améliorer sa résilience
    Cet article fait suite à : “L’architecture d’entreprise dans l’anthropocène : une stratégie numérique soutenable”. Le but de cette suite d’articles est d’essayer d’éclairer l’évolution du domaine métier de l’architecture d’entreprise sous le prisme de l’anthropocène. En effet, au delà de la question de la soutenabilité, l’un des enjeux importants dans l’anthropocène, et peut-être le plus important, est la résilience de l’organisation. Certaines entreprises ont déjà lancé des changements profonds

L’architecture d’entreprise dans l’anthropocène : Le logiciel libre pour améliorer sa résilience

Cet article fait suite à : “L’architecture d’entreprise dans l’anthropocène : une stratégie numérique soutenable”. Le but de cette suite d’articles est d’essayer d’éclairer l’évolution du domaine métier de l’architecture d’entreprise sous le prisme de l’anthropocène.
En effet, au delà de la question de la soutenabilité, l’un des enjeux importants dans l’anthropocène, et peut-être le plus important, est la résilience de l’organisation.
Certaines entreprises ont déjà lancé des changements profonds avec le support du CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) tandis que d’autres se lancent dans un exercice de propective pour définir la direction à suivre. A ce propos, le cabinet “Sinon Virgule” a d’ailleurs produit une excellente étude à la demande de la MACIF, La MAIF et la Caisse des dépôts sur le devenir de leur métier : “Peut-on assurer un monde qui s’effondre ?”.

    Sommaire

    Pourquoi le logiciel libre afin d’améliorer sa résilience numérique ?

    La résilience d’un système numérique va bien au delà de la redondance matérielle et logicielle de ses systèmes.
    En effet, dans le contexte géo-politique instable actuel, comme nous avons pu le voir pour la guerre en Ukraine avec l’explosion des coûts de l’énergie ou aujourd’hui avec l’augmentation du protectionnisme aux USA entraînant l’augmentation des taxes douanières, cette résilience implique un meilleur contrôle de ses infrastructures, ses technologies et ses données afin de s’assurer une certaine autonomie et indépendance vis à vis de ces évolutions géo-politiques.
    Sur ce sujet de l’impact géo-politique, le CIGREF a d’ailleurs écrit une note intéressante très récemment : Géopolitique et stratégie numérique.

    Au-delà des contraintes géopolitiques, l’usage du logiciel libre permet de lutter contre l’infobésité des géants de la tech pour soutenir votre stratégie de soutenabilité numérique mais aussi des impacts financiers de l’ajout de technologie comme l’IA générative qui ne vous apporteront peu ou pas de valeur métier mais juste à supporter la croissance des gafam dans le développement d’une technologie qui n’est pas encore mature (voir Gartner hype cycle).

    Les raisons de passer aux logiciels libres sont vastes : géopolitique, souveraineté, autonomie numérique, … Et les exemples aussi :

    C'est Quoi le logiciel libre ?

    Le logiciel libre ne se présente plus après plus de 40 ans d’existence. C’est devenu, en entreprise, un commun. Tout le monde s’y est mis même Microsoft qui luttait contre lui au début de son existence.
    Regardons néanmoins, quelques grandes dates de l’écosystème du libre depuis les années 1970. Attention ce chronogramme n’est pas exhaustif. Pour avoir une vue complète, je vous invite à vous connecter au portail du logiciel libre sur Wikipédia :
    Chronogramme

    Le logiciel libre s’est développé non grâce à une organisation type entreprise (cathédrale) mais par la coopération entre individus sans contre-partie financière hormis la reconnaissance de ses pairs : La cathédrale et le bazar.
    En 40 ans, ce modèle d’intelligence collective a fournit des logiciels d’une telle qualité que ceux-ci sont devenus un standards dans un bon nombre de domaines.

    Définition du logiciel libre :

    Selon la Free Software Foundation, un logiciel est considéré comme « libre » s’il donne à l’utilisateur quatre libertés fondamentales :

    • La liberté d’utiliser le logiciel à n’importe quelle fin
    • De l’étudier et de modifier le code source
    • De redistribuer des copies du logiciel
    • D’améliorer le logiciel et de partager ces améliorations avec la communauté.

    L’essence du logiciel libre est donc une question d’éthique et de liberté des utilisateurs. Le logiciel libre tend à renforcer les droits de l’utilisateur.

    L’Open Source Initiative (OSI) définit un logiciel open source comme un logiciel dont la licence respecte certains critères, principalement la libre redistribution du logiciel, l’accès au code source, la possibilité de créer des travaux dérivés et l’intégrité du code de l’auteur.

    Quelques chiffres aujourd’hui :
    Chiffres

    Comment développer son usage dans une organisation ?

    Fondé en 2014, le groupement TODO propose un cadre pour construire un département dédier à l’open source dans une organisation, nommé OSPO : Open Source Programmme Office. TODO est une communauté de practiciens qui visent à créer les meilleures pratiques et outils pour opérer des OSPO dans les organisations.

    Pour les moyennes et grandes organisations, une approche OSPO est intéressante. Un OSPO agit comme le point centralisé des activités open source d'une organisation, coordonnant les politiques d'utilisation, les stratégies de contribution, les procédures de conformité et les initiatives d'engagement communautaire.

    Le mindmap proposé par TODO synthétise bien les capacités que l’OSPO peut porter :

    Mindmap

    Un programme d'opérations peut aider de nombreuses organisations à obtenir de meilleurs résultats grâce à l'open source comme le font déjà :

    Avec quoi ?

    La liste des logiciels libre est longue, voici quelques bibliothèques répertoriant ceux-ci :

    Pour donner une exemple concret, prenons 2 building blocks qui se retrouvent généralement dans les organisations : le poste de travail et l’ERP ou plutôt le PGI (progiciel de gestion intégré) en français.

    Le poste de travail type bureautique avec des logiciels libres :
    Les solutions sont nombreuses. On peut s’appuyer sur une solution pré-packagée comme openDesk mais qui nécessite une infrastructure kubernetes pour être exploitée. Une approche plus simple sera privilégiée pour les petites et moyennes organisations.
    La suite openDesk, à ne pas confondre avec les meubles de bureau opendesk, a été financé par le Ministére fédéral Allemand de l’intérieur et du territoire afin de réduire la dépendance de l’administration publique des fournisseurs de logiciels propriétaires.
    Cette suite comprend le socle de logiciels libres suivants :

    OpenDesk

    Une solution plus légère pourrait se limiter à Cryptpad pour la partie Office et Nextcloud pour la partie workplace. Avec bien sûr un poste de travail tournant sur une distribution gnu-Linux comme Ubuntu avec Mozilla Firefox et Thunderbird en client lourd :

    Poste de travail bureautique

    L'ERP avec les logiciels libres :
    L’Enterprise Ressource Planning ou PGI, la solution est plus simple et plus complexe à la fois. Plus simple en terme de définition de la solution car une seule application embarquera l’ensemble des fonctionnalités et plus complexe à la fois car ces applications type ERP embarquent beaucoup de fonctionnalités et donc sont complexes à gérer.

    L’organisation de grande taille préférera un ERP de type SAP ou Oracle E-busines suite, tandis que pour une petite ou moyenne structure le logiciel libre apporte de nombreuses solutions comme : ERPNext, Triton, Dolibarr, OpenConcerto, ….

    Si nous prenons l’exemple de Dolibarr, les fonctionnalités couvertes sont les suivantes :

    Mindmap

    En conclusion

    Dans l’anthropocène le logiciel libre est une excellente voie pour asseoir ou améliorer la résilience de son système d’information dans ce contexte géopolitique incertain et qui ne devrait pas s’améliorer (cf Tellus institute).

    Les logiciels libres ne pourront certes pas supplanter toutes les applications de votre patrimoine applicatif mais pour ce qui existe pourquoi ne pas en profiter ? Regardez, même Microsoft est passé de “linux est un cancer” en 2001 à “Nous aimons linux” en 2014.

    Les logiciels sont des logiciels d’excellente qualité comme ils l’ont déjà démontré. Le problème est peut être que les logiciels libres souffrent d’une image trop “tech”.

    Au delà de cela, il existe aussi des applications métiers qui permettront de libérer une partie de votre SI :

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    • Projets Libres! Saison 3 épisode 2 : stratégies pour startups Open Source
      Pour ce second enregistrement de la saison 3, Projets Libres! reçoit Emily Omier. Emily est consultante en stratégie Open Source, et podcasteuse. Avec elle nous abordons des thèmes intéressants, comme : les raisons de monter une startup Open Source ; la relation entre produit et projet ; les changements de licences ; le rôle de la communauté ; les aspirations des fondateurs ; qu'est-ce qu'on entend par avoir du succès ? Nous mettons aussi en lumière sa casquette de créatrice de contenu, av

    Projets Libres! Saison 3 épisode 2 : stratégies pour startups Open Source

    Pour ce second enregistrement de la saison 3, Projets Libres! reçoit Emily Omier.

    Emily est consultante en stratégie Open Source, et podcasteuse.

    Avec elle nous abordons des thèmes intéressants, comme :

    • les raisons de monter une startup Open Source ;
    • la relation entre produit et projet ;
    • les changements de licences ;
    • le rôle de la communauté ;
    • les aspirations des fondateurs ;
    • qu'est-ce qu'on entend par avoir du succès ?

    Nous mettons aussi en lumière sa casquette de créatrice de contenu, avec le podcast The Business of Open Source , et de co-fondatrice de la conférence Open Source Founders Summit.

    Bonne écoute!

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    • BlueMind sort sa version 5.0 : tous les détails techniques
      BlueMind est une suite logicielle libre (AGPL v3) de messagerie d’entreprise, d’agendas et de travail collaboratif. Poursuivant l’objectif global de permettre aux utilisateurs de concrétiser l’abandon des messageries Microsoft, Exchange et 365, cette nouvelle version apporte plusieurs nouveautés et des changements profonds d’architecture, pour supporter les différents clients et simplifier la transition des utilisateurs. lien nᵒ 1 : Site de BlueMindlien nᵒ 2 : Consulter les changelogsSommaire

    BlueMind sort sa version 5.0 : tous les détails techniques

    BlueMind est une suite logicielle libre (AGPL v3) de messagerie d’entreprise, d’agendas et de travail collaboratif.

    Poursuivant l’objectif global de permettre aux utilisateurs de concrétiser l’abandon des messageries Microsoft, Exchange et 365, cette nouvelle version apporte plusieurs nouveautés et des changements profonds d’architecture, pour supporter les différents clients et simplifier la transition des utilisateurs.

    Sommaire

    Nouveautés architecture

    Le Remplacement de Cyrus-IMAP

    Jusqu’à sa version 4 incluse, BlueMind intégrait Cyrus-imap – une brique open source bien connue – comme serveur de stockage des mails.

    BlueMind 5 a remplacé Cyrus Imap par un composant maison.

    Il y a plusieurs raisons derrière ce choix :

    1. La première consistait à se libérer de la dépendance à un code non écrit par BlueMind qui apportait des limitations techniques de plus en plus contraignantes sans possibilité réelle d’évolution.
    2. La deuxième raison majeure concernait le stockage objet, un point faible de Cyrus qui ne correspondait plus aux besoins d’évolution de BlueMind.
      Jusque-là, beaucoup d’éléments de BlueMind étaient construits de façon à s’adapter ou contourner les limitations de Cyrus-imap. Le choix a donc été fait de s’en affranchir.

    Les limitations de Cyrus IMAP

    Cyrus accuse son âge et engendre des limites de plus en plus fortes dans un contexte de messagerie moderne, en plus des contraintes inhérentes au protocole IMAP, loin d’être toujours efficient (performances & limites fonctionnelles). Les principaux inconvénients de Cyrus sont :

    • Consommation de ressources élevée (RAM et CPU). Le modèle 1 connexion = 1 process a fait long feu.
    • Pas adapté au stockage objet, car conçu pour stockage disque local (les mails et toutes les méta-données sont stockés directement sur le filesystem local, et les traitements sont adaptés à ceci).
    • Les partages sont limités au périmètre d’un backend, donc à ce que peut supporter un seul serveur. Pas de partage global. Les mécanismes de contournement sont très archaïques, limités et peu fiables.
    • Modèle de mail figé et limité, qui ne permet pas d’ajouter des informations (catégories enrichies, infos diverses de collaboration ou gérées par des plugins, etc.) ou de façon très limitée.

    À noter : BlueMind 4 intègre de nombreux contournements ou palliatifs afin de dépasser ces limites.

    La fin de la réplication

    BlueMind propose le support natif d’Outlook, sans ajout d’extension ou modification d’Outlook (que ce soit au niveau des IHM, des fonctionnalités ou du comportement), car c’est ce que veulent les utilisateurs : Outlook (tel qu’il fonctionne aujourd’hui chez nous avec Exchange). Cela se traduit par le support des protocoles/formats natifs d’Exchange/Outlook, soit MAPI côté serveur.

    Cependant, MAPI fonctionne comme une base de données, par synchronisation, et les requêtes qu’effectue Outlook ne sont absolument pas compatibles avec le fonctionnement/principes d’un serveur IMAP.

    Pour supporter MAPI et répondre de façon correcte et rapidement à ses requêtes, qui nécessitent des lectures/écritures très rapides et très fréquentes, il était nécessaire de contourner le serveur IMAP Cyrus et donc de stocker les données des e-mails (plus exactement les méta-données et la structure des e-mails) dans une base de données. Le corps des e-mails étant gardé uniquement dans Cyrus.

    C’est ce qui a été fait dans BlueMind 4, mais cela engendre une double gestion des données et donc la nécessité d’assurer la cohérence globale entre les deux stockages de données (Cyrus et la BD) avec la complexité inhérente à ce type de système.

    Assurer cette cohérence était le rôle de la réplication de BlueMind 4 qui utilisait la réplication native Cyrus. Cette opération est coûteuse et nécessite d’attendre que Cyrus ait effectué ses opérations avant de les répliquer. Ce processus asynchrone passait par des workers de réplication qui devaient faire un retour après chaque opération afin de communiquer les modifications à Outlook (et aux mobiles). Il pouvait occasionner un délai entre les actions et donc générer une différence entre le client et le serveur. Une opération contradictoire pouvait casser la synchronisation avec Outlook.

    Nous arrivions donc aux limites du système, contraignant les transitions vers une architecture cloud-ready, les grosses montées en charge, le support très avancé du client Outlook et les interfaces intelligentes vers les outils de Digital Workplace.

    Les gains

    Avec la version 5 de BlueMind, Cyrus a donc tiré sa révérence. Les fonctionnalités de stockage et gestion qui lui incombaient encore sont maintenant prises en charge directement par le cœur de BlueMind, de façon plus moderne et sans les limitations précitées.

    En v5, quand un e-mail arrive, là où BlueMind stockait dans Cyrus puis attendait la notification de la réplication avant de stocker en base de données, BlueMind effectue simplement un insert en base de données, suivi d’une copie du mail dans le stockage sur le disque (ou objet), et a immédiatement tous les éléments nécessaires à la communication avec Outlook.

    À noter : Au-delà d’Outlook, cette nouvelle infrastructure prend en compte et améliore la communication avec les clients IMAP, mobiles, Thunderbird et Apple Mail.

    Des gains importants sont constatés au niveau de :

    • La consommation de ressources, notamment la RAM.
    • La fin de la limitation de partages au niveau d’un backend.
    • Le format d’un e-mail, maintenant évolutif, qui permet le développement de fonctionnalités comme les catégories.
    • L’implémentation possible et réalisée du stockage objet.

    Le stockage objet

    En version 5, avec la suppression de Cyrus, BlueMind a fait le choix de passer nativement sur un stockage objet pour les raisons suivantes :

    • Capacité à traiter de gros volumes.
    • Avoir une architecture plus cloud-ready au niveau du stockage.
    • Permettre la corbeille à double-fond (l’e-mail est stocké sous forme d’un fichier sur le disque ou réseau, auquel est associé une clé - hash du mail - en BD. Lorsqu’un client demande un accès au fichier, BlueMind sait très rapidement dire au client où sont stockées les données et comment y accéder).
    • Backup plus simple et direct.
    • Meilleure sécurité. Par exemple, l’API S3 permet de rendre immuable un objet, une fois qu’il est écrit il ne peut pas être modifié et donc, un ransomware par exemple, ne pourra jamais chiffrer le fichier.

    L’ensemble de BlueMind a été modifié pour s’adapter à la conception objet. En effet, il ne s’agit pas uniquement de changer les appels de lecture ou d’écriture des informations, mais d’adapter l’application (modélisation et traitements), du backend aux clients comme le webmail, aux paradigmes du stockage objet (latences sur la récupération des objets, gestion des listes d’objets ou mails via les méta-données, etc.) sous peine d’obtenir une application aux performances déplorables.

    BlueMind v5 est compatible S3 et Scality et permet de fonctionner avec un disque local en émulant nativement un stockage objet sur des disques.

    Ainsi, les installations actuelles ou nouvelles de BlueMind n’ont pas à subir de modifications, le disque local suffit et le stockage objet est possible sur les partitions habituelles.

    OpenID et le SSO

    À partir de sa version 5, BlueMind prend en charge le protocole OpenID, notamment pour avoir un support SSO (Single-Sign On) et pouvoir s’inclure dans un système d’information proposant déjà un service de SSO.

    OpenID est mis en place par l’intermédiaire de Keycloak.

    Cela va permettre d’ajouter progressivement de nouvelles fonctionnalités comme le MFA (authentification multi-facteurs).

    Note : Le Keycloak intégré à BlueMind n’a pas vocation à être la brique SSO centrale du SI client. Si un client veut mettre en place un SSO global pour son système d’information, il faut qu’il mette en place un système externe (un Keycloak par exemple). BlueMind a choisi de rester maître de sa brique Keycloak et de communiquer avec la brique SSO externe.

    AuditLog

    Afin d’améliorer la traçabilité métier (voir le parcours d’un email dans le système), BlueMind 5 inclut un Auditlog, outil basé sur ElasticSearch et RocksDB, qui permet de stocker de nombreuses informations pertinentes dans le cadre de l’administration d’un serveur BlueMind :

    • Toutes les opérations de chaque e-mail : les déplacements, les suppressions, les différents flags (lu/non-lu, important, deleted…), les timestamps et les auteurs.
    • Les événements et les séries d’événements, ou sur les ACL les grant et revoke accès sur les partages de dossiers, de mailshares, sur les calendriers ou les carnets de contacts, etc.
    • Les connexions des utilisateurs, peu importe le moyen de connexion.

    Auditlog est actuellement disponible uniquement en CLI. Une IHM sera proposée ultérieurement.

    Nouveautés utilisateur

    Le nouveau webmail est le webmail officiel

    Le nouveau webmail, proposé en test à partir de BlueMind 4.6, s’est considérablement enrichi et est maintenant l’interface officielle. Il est aux normes de l’architecture logicielle de BlueMind (application JS qui fonctionne via API et synchronisation en utilisant le cache du navigateur).

    L’ancien webmail, qui était basé sur Roundcube, peut encore être installé (il ne l’est plus par défaut sur les nouvelles installations), mais il n’est plus recommandé, notamment pour des raisons de sécurité.

    Parmi les nouveautés du webmail :

    • Meilleure intégration des carnets d’adresse.
    • Corbeille à double fond.
    • Disponibilité d’un mode sombre et accessibilité encore augmentée.
    • Plus de capacités de tris et filtres.
    • Prévisualisation des messages attachés à un mail.
    • Support du S/MIME.

    Autres nouveautés

    De nombreuses autres nouveautés sont apportées par la v5, comme :

    • Un plugin BlueMind Visioconférence pour Outlook.
    • La gestion des délégations « à la » Microsoft.
    • Le transfert d’invitation de réunion.
    • Les disponibilités affichables sous forme d’agenda dans l’agenda.
    • Gestion de l’état Annulé d’une réunion.

    Le détail des nouveautés est disponible dans le changelog.

    Le passage en version 5

    La version 5 recommande maintenant 24 Go minimum.

    L’outil de migration bm-migrator permet de passer d’Office365/Exchange/Zimbra/Kerio/Kopano/Dovecot, etc., à BlueMind 5, en automatisant la récupération de presque toutes les données.

    À noter : Une migration nécessite toujours un travail et des tests préparatoires.

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    • Sortie de Crème CRM en version 2.6
      Le 5 août 2024 est sortie la version 2.6 du logiciel de gestion de la relation client Crème CRM (sous licence AGPL-3.0), environ 11 mois après Creme 2.5 (11 septembre 2023). Au programme notamment, un système de notification, des améliorations pour le calendrier ou des filtres réservés aux rapports. Les nouveautés sont détaillées dans la suite de la dépêche. lien nᵒ 1 : Site officiellien nᵒ 2 : Démo en lignelien nᵒ 3 : Le dépôt de sourcelien nᵒ 4 : Images Docker de démoSommaire Description d

    Sortie de Crème CRM en version 2.6

    Le 5 août 2024 est sortie la version 2.6 du logiciel de gestion de la relation client Crème CRM (sous licence AGPL-3.0), environ 11 mois après Creme 2.5 (11 septembre 2023).

    Icône de Crème CRM

    Au programme notamment, un système de notification, des améliorations pour le calendrier ou des filtres réservés aux rapports. Les nouveautés sont détaillées dans la suite de la dépêche.

    Sommaire

    Description du logiciel

    Crème CRM est un logiciel de gestion de la relation client, généralement appelé CRM (pour Customer Relationship Management). Il dispose évidemment des fonctionnalités basiques d’un tel logiciel :

    • un annuaire, dans lequel on enregistre contacts et sociétés : il peut s’agir de clients, bien sûr, mais aussi de partenaires, prospects, fournisseurs, adhérents, etc. ;
    • un calendrier pour gérer ses rendez‐vous, appels téléphoniques, conférences, etc. ; chaque utilisateur peut avoir plusieurs calendriers, publics ou privés ;
    • les opportunités d’affaires, gérant tout l’historique des ventes ;
    • les actions commerciales, avec leurs objectifs à remplir ;
    • les documents (fichiers) et les classeurs.

    Crème CRM dispose en outre de nombreux modules optionnels le rendant très polyvalent :

    • campagnes de courriels ;
    • devis, bons de commande, factures et avoirs ;
    • tickets, génération des rapports et graphiques…

    L’objectif de Crème CRM est de fournir un logiciel libre de gestion de la relation client pouvant convenir à la plupart des besoins, simples ou complexes. À cet effet, il propose quelques concepts puissants qui se combinent entre eux (entités, relations, filtres, vues, propriétés, blocs), et il est très configurable (bien des problèmes pouvant se résoudre par l’interface de configuration) ; la contrepartie est qu’il faudra sûrement passer quelques minutes dans l’interface de configuration graphique pour avoir quelque chose qui vous convienne vraiment (la configuration par défaut ne pouvant être optimale pour tout le monde). De plus, afin de satisfaire les besoins les plus particuliers, son code est conçu pour être facilement étendu, tel un cadriciel (framework).

    Du côté de la technique, Crème CRM est codé notamment avec Python/Django et fonctionne avec les bases de données MySQL, SQLite et PostgreSQL.

    Principales nouveautés de la version 2.6

    Voici les changements les plus notables de cette version :

    Le nouveau système de notification

    Depuis toujours Crème possède un système de Mémentos (Reminders), qui permet de recevoir des e-mails pour vous prévenir d’une échéance. Ce système est utilisé par les Alertes & les ToDos ; par exemple vous recevez un e-mail lorsqu’une Alerte qui vous est attribuée va expirer dans 30 minutes. Et comme vous pouvez créer des Alertes dont la date d’expiration est un champ date de la fiche associée, cela permet par exemple d’être prévenu qu’une activité importante à laquelle vous participez va bientôt avoir lieu.

    Le nouveau système de notification qui a été introduit amène 2 avancées principales :

    • les notifications envoyées ne sont pas limitées à des e-mails, vous pouvez aussi les voir dans votre navigateur (donc sans quitter Crème).
    • si les mémentos ont été retravaillés pour utiliser ce nouveau système, d’autres parties de Crème en profitent aussi. Par exemple, une notification vous est envoyée si un administrateur a changé votre mot de passe ; ou bien quand un job d’import CSV vient de s’achever.

    Une notification web est arrivée

    Chaque notification est associée à un canal, et vous pouvez configurer les canaux pour savoir si la notification est envoyée dans le navigateur, par e-mail ou bien les 2. Si le canal n’est pas obligatoire, vous pouvez aussi choisir de ne pas recevoir les notifications du tout. Chaque utilisateur peut utiliser sa propre configuration si la configuration générale du canal ne lui convient pas.

    La configuration des canaux

    Améliorations du calendrier

    • Le composant JavaScript FullCalendar est passé à la version 5. Même si ce n’est pas la toute dernière version (il faut dire qu’il y a pas mal de changements cassants entre chaque version), on profite de pas mal d’améliorations diverses.
    • Il est maintenant possible de configurer graphiquement le calendrier (premier jour de la semaine, plage horaire, jour travaillés…). Il y a une configuration globale utilisée par tout le monde, mais comme presque toujours dans Creme, il est possible de créer des configurations par rôle.

    La configuration des calendriers du module « Activités »

    Filtres spécifiques aux Rapports

    Les Rapports utilisent généralement un filtre, afin d’affiner leurs résultats. Ces filtres sont les mêmes que ceux qu’utilisent les vues en liste ; par exemple si vous faites un Rapport sur les Devis, il peut utiliser les filtres disponibles sur la liste des Devis.

    Un problème que cela entraîne est que beaucoup d’utilisateurs créent des filtres un peu spécifiques afin de les utiliser dans leurs Rapports, mais ces filtres viennent « polluer » la vue en liste correspondante (car la sélection de filtres proposent de nombreux filtres non pertinents). Afin de corriger ce souci, il est désormais possible de créer des filtres utilisables uniquement dans les Rapports. Les Rapports peuvent bien sûr continuer à utiliser les filtres classiques, mais les filtres spécifiques aux Rapports ne sont pas utilisables dans les vues en liste évidemment.

    La création d’un rapport avec un filtre spécifique sélectionné

    Quelques autres améliorations notables

    • Python 3.12 est officiellement géré.
    • Dans le module facturation, vous pouvez maintenant configurer les statuts sélectionnés par défaut (dans les formulaires), ainsi que les statuts utilisés par les Factures lorsque leur numéro est généré.
    • Un nouveau bouton, qui peut être mis sur la vue détaillée des Contacts, est disponible: « Créer un appel non abouti » (détails).
    • La configuration des blocs d’un rôle peut maintenant être créée en clonant la configuration d’un autre rôle (les rôles pouvant avoir des configurations assez proches, ça peut être un gain de temps appréciable).
    • Les blocs basés sur OpenStreetMap sont maintenant utilisés dans l’installation par défaut (à place de ceux basés sur GoogleMaps).
    • Un rôle «Utilisateur normal» est créé dans les nouvelles installations. Dans la mesure où c’est une bonne chose que tout le monde ne soit pas connecté en tant que super-utilisateur, ce rôle devrait permettre de gagner du temps et servir au moins de base de travail.
    • Un bouton permettant de transformer un simple Contact en utilisateur a été ajouté. Auparavant il fallait fusionner ce Contact avec le Contact automatiquement créé à la création d’un utilisateur.
    • Les Graphes ont reçu de nombreuses améliorations : plus de champs sont disponibles en abscisse, plus de champs sont disponibles pour le filtrage, les couleurs associées aux petits modèles auxiliaires (du genre « Statut ») sont utilisées…
    • La validation des URLs est désormais moins stricte dans les champs informatifs. Cela posait pas mal de problèmes notamment lors des imports, les gens mettant rarement le « http:// » dans leur base de données.

    Le futur

    La prochaine version marquera notamment le passage à Django 5.2, la future LTS qui sortira en avril 2025. À l’année prochaine !

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