Vue lecture

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.

Education : l’IA de Pearltrees soutiendra prochainement 1/3 des professeurs français du secondaire

Pearltrees, un des leaders français des solutions numériques éducatives, annonce le lancement de l’expérimentation de son nouvel outil d’IA dédié aux enseignants. Conçue pour alléger la charge de travail des enseignants et intégrée à la plateforme Pearltrees Éducation dès janvier 2025, cette IA souveraine a pour objectif d’accompagner 120 000 professeurs en leur fournissant des solutions adaptées et personnalisées.

Lancée en 2019, Pearltrees est une plateforme collaborative de curation de contenu web. A l’intersection des technologies cloud, IA et des réseaux sociaux grand public, elle est aujourd’hui utilisée par plus de 10 millions de personnes dans le monde.

Pearltrees Éducation, sa version SaaS dédiée aux établissements scolaires, est utilisée par plus d’un tiers des professeurs et des élèves des collèges et des lycées français, soit près d’1.3 million de personnes.

Une réponse aux besoins croissants de l’éducation

Les enseignants du secondaire font face à des défis croissants : hétérogénéité des niveaux des élèves, augmentation des tâches administratives et exigences accrues en termes de personnalisation des apprentissages. L’IA Pearltrees est pensée comme un assistant pédagogique : elle propose aux enseignants des outils tels que des éléments ou plans de cours, des exercices différenciés ou des QCM.

Ces outils visent à libérer du temps aux enseignants, leur permettant ainsi de se consacrer pleinement à une pédagogie adaptée aux besoins de chaque élève.

Une mise en place progressive et collaborative

Pour garantir son efficacité, l’IA Pearltrees est testée selon une approche en deux étapes :

  • Phase Alpha (janvier à novembre 2024) : une version initiale a été testée par une vingtaine d’enseignants issus de disciplines variées. Cette phase a validé la capacité de l’IA à répondre aux attentes des professeurs tout en confirmant son potentiel.
  • Phase Beta (novembre 2024 à janvier 2025) : Une version plus avancée, intégrée dans l’interface de la plateforme Pearltrees.  est actuellement testée dans 39 établissements scolaires en France. Les retours des enseignants permettront d’affiner les fonctionnalités de l’outil.

Cette seconde phase vise à s’assurer que l’IA, dans ce contexte d’utilisation réel, est à la fois compréhensible et utilisable en autonomie par les enseignants. Si c’est le cas, l’IA Pearltrees sera généralisée à la fin janvier 2025, offrant ainsi ses bénéfices à plus de 120 000 enseignants, soit un tiers des professeurs du secondaire en France.

Des retours d’utilisateurs prometteurs

Les premiers utilisateurs saluent les atouts de l’IA Pearltrees. Pascal Pannier, professeur-documentaliste, se dit conquis par sa simplicité d’accès et la pertinence des contenus produits. Pour Vincent Sallent, seul professeur de physique-chimie dans un petit collège, “C’est comme si je travaillais avec un collègue, ce qui pour moi est très appréciable”.

Patrice Lamothe, PDG et cofondateur de Pearltrees conclut :

“L’intégration de l’IA Pearltrees s’inscrit dans la mission fondamentale de Pearltrees : offrir aux enseignants les meilleures technologies pour organiser et partager la connaissance”. 

Education-IA-Pearltrees-professeurs-francais-secondaire

IA et avenir du service public : le Sénat appelle à un cadre d’usage pour l’IA dans le système éducatif

Pour la délégation sénatoriale à la prospective, tous les secteurs d’activité seront bouleversés par l’IA générative et le secteur public n’y fera pas exception.  “IA et éducation”, est l’une des cinq thématiques de son programme de travail 2024, “L’intelligence artificielle et l’avenir du service public”. Pour les rapporteurs, il ne s’agit plus de décider si l’IA doit être intégrée dans l’éducation, elle y a déjà fait irruption, mais de savoir comment accompagner son développement et répondre aux défis qu’elle pose.

La thématique “IA et éducation” a été confiée à Bernard Fialaire (RDSE, Rhône) et Christian Bruyen (LR, Marne). Ils soulignent dans le rapport qu’ils ont présenté le 30 octobre dernier, le potentiel de l’IA pour l’accès au savoir et les apprentissages mais également le besoin de lignes directrices claires.

Les sénateurs écrivent :

“Qu’il s’agisse de personnaliser l’enseignement en l’adaptant à l’élève ou d’épauler les enseignants dans la conception des cours et l’évaluation des apprentissages, les cas d’usage de l’IA dans l’éducation sont nombreux. Cependant, faute de cadre structuré, l’appropriation de ces outils par les acteurs du système éducatif, enseignants, élèves, établissements, loin d’être systématique, apparaît encore très inégale”.

L’IA, pour un parcours scolaire personnalisé

Les jeunes ont très vite adopté les outils de GenAI. Un sondage réalisé auprès de lycéens scolarisés en région Nouvelle-Aquitaine révèle ainsi que plus de 90 % des élèves de seconde les ont déjà utilisés comme aide aux devoirs. Une étude récente de Digital Education Council a démontré que l’IA est désormais perçue comme une composante indispensable des études universitaires. ChatGPT est aujourd’hui l’outil d’IA le plus utilisé par les élèves quel que soit leur niveau d’études.

Selon les rapporteurs, l’IA pourrait permettre de personnaliser les cours en fonction du profil de chaque élève. Dans le cadre de cet apprentissage “adaptatif”, “les connaissances de l’élève, ses appétences, ses capacités, mais également, s’agissant notamment de l’apprentissage des langues, son contexte socio-culturel, peuvent être mieux pris en compte”.

L’IA peut aider les enseignants à identifier les difficultés d’apprentissage et ainsi lutter contre le risque de décrochage scolaire. Un tableau de bord permet aux enseignants
d’organiser et de suivre les apprentissages en classe et à la maison en gardant une vue
d’ensemble des travaux effectués par les élèves et de leur progression. Les sénateurs donnent pour exemple l’outil de remédiation en français et en mathématiques “MIA Seconde”, développé par EvidenceB.

Pour eux, l’approche personnalisée est très prometteuse, ils commentent :

“L’enseignant peut rendre le processus d’apprentissage plus ludique en s’appuyant, pour chaque élève, sur le juste équilibre entre un exercice trop facile, facteur de démotivation, et un exercice trop difficile, source de découragement. Il s’agit de viser la zone proximale de développement (ZPD), c’est-à-dire l’espace cognitif situé entre la zone d’autonomie et la zone de rupture, dans lequel l’élève reste mobilisé, car il se sent capable de réussir une tâche avec une aide appropriée”.

Intégration et préoccupations éthiques

L’IA pourrait également alléger la charge de travail des enseignants, notamment en automatisant certaines tâches administratives et répétitives, leur permettant de se concentrer davantage sur la pédagogie et les élèves qui connaissent le plus de difficultés.

Christian Bruyen et Bernard Fialaire soulignent également son potentiel prometteur pour un apprentissage plus inclusif : les élèves en situation de handicap, grâce à des fonctionnalités comme les sous-titres, les traducteurs en langue des signes ou les lecteurs d’écran, peuvent poser des questions et communiquer comme les autres apprenants. Ils évoquent notamment les applications développées afin d’aider les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA) à communiquer plus aisément et à favoriser leur concentration.

Leur rapport salue l’engagement de la France en matière d’IA dans l’éducation, via le programme France 2030 et des initiatives comme OpenLLM France, lauréat de l’AAP “Communs Numériques pour IA Générative”, dont l’objectif est de développer un LLM totalement ouvert dédié à l’éducation. Cependant, ils rappellent les questions éthiques soulevées par des technologies plus controversées, comme celles analysant la participation et la concentration des élèves via des capteurs physiologiques.

Outre des craintes pour l’avenir de leur profession, le rapport met en évidence le manque de confiance des enseignants vis à vis des outils d’IA:

“Nombre d’acteurs soulignent le manque de preuves scientifiques sur les apports pédagogiques de l’IA et l’efficacité des outils disponibles pour faire progresser les élèves et les accompagner vers la réussite”.

Les deux sénateurs proposent donc de mieux accompagner les enseignants, de structurer l’intégration de l’IA dans les programmes scolaires et d’assurer une évaluation indépendante des outils IA.

Trois axes principaux pour une intégration réussie

  • Accompagnement et cadre d’usage : Offrir aux enseignants un soutien dans l’utilisation de l’IA, en leur fournissant un cadre d’usage structuré et des outils adaptés ;
  • Former à l’IA et favoriser l’émergence d’une culture citoyenne de l’IA: Inclure l’IA dans les programmes de formation initiale et continue des enseignants et des cadres éducatifs, particulièrement les inspecteurs, et l’intégrer comme compétence dans le certificat numérique PIX ;
  • Évaluation et recherche : Mettre en place une évaluation indépendante et créer un observatoire de l’IA pour approfondir les études sur son impact en milieu scolaire.

rapport du Sénat recommande un cadre d’usage pour mettre l’IA au service de l’école
❌